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Chapitre 15 : Adomantxys

Chapitre 15 : Adomantxys

« Belzak. Vous vouliez me voir ? »

« Te voilà donc … Loïc. Oui, je voulais te voir. Tu passes une bonne partie de ton temps aux côtés de Dyamia, non ? Est-ce parce qu’elle fut la première création de la femme de ton ancien meilleur ami ? Celui que tu as éliminé de sang-froid ? »

« Je ne crois pas que cela ait un rapport, malheureusement. Mais elle est notre source d’énergie la plus puissante. Nous en avons besoin et il vaut mieux avoir quelques bons termes avec elle … plutôt que de s’en faire une ennemie. »

« HUMPF ! Ne perd pas de temps avec elle ! Bon … Suis-moi. »

Il ne l’apprécie guère. Cet homme était l’ancien chef des scientifiques qui avaient travaillé au sujet des pokémons humanisés. C’était grâce à la mère de Ric que tout cela avait pris une telle ampleur …mais surtout une belle réussite.

Loïc accompagne l’autre homme. Celui-ci est à peine plus âgé que lui, cinq à dix ans au grand maximum qui les distance. Mais la différence réside dans les capacités de l’homme. Celui-ci … Belzak … est au-dessus de la majorité des humains. Capables de parler diverses langues, on doit que son QI dépasse les 200 et … il y a de fortes chances que ça soit le cas. Mais cette intelligence a un prix : il est amoral. Il ne pense ni au bien, ni au mal. Tant qu’il peut accomplir ce qu’il désire.

« Au sujet de cette Pyronille, il va falloir envisager de la jeter. Elle est devenue inutile. »

« Inutile ? Qu’est-ce que vous … voulez dire par là ? »

L’homme au crâne dégarni et muni de lunettes pose ses yeux émeraude sur Loïc, fronçant les sourcils. Il semble ne pas apprécier le fait que les autres ne comprennent pas ce qu’il veut dire, même si cela parait si simple lorsqu’il prononce ces mots.

« Inutile, c’est inutile. Elle est bonne à être envoyée aux ordures. De toute façon, vu le nombre d’hommes qui sont passés sur elle, elle ne sera même plus utile en tant que pokémon de combat. Bref … Elle est à jeter. »

« A jeter ? Les pokémons humanisés ne sont pas des objets si je peux me permettre. »

« Tu fais dans le sentimental maintenant ? Tu te ramollis grandement … Vraiment … Mais bref, passons, je n’ai pas de temps à perdre avec ce genre de préoccupations. »

« Que vouliez-vous donc me montrer alors ? Nous sommes dans la section expérimentale, non ? Est-ce normal que je vienne avec vous ? Ce n’est pas dans mes autorisations habituelles. Je trouve cela un peu étonnant de votre part. »

« Hahaha … Ne t’en fait donc pas. C’est bien parce que tu es présent depuis plus de vingt ans. Tu es l’un des anciens maintenant … et ton rôle dans la Triafa, bien que tu n’as jamais accepté de véritable poste de chef, reste bien présent. Tous te connaissent. Et depuis que tu es revenu définitivement parmi nous, les choses s’accélèrent. »

« Tout cela par la faute de ce Ric : son fils. »

« LEUR fils, tu veux dire. Car il est bien le digne héritier de son père et de sa mère. D’ailleurs, les observations montrent qu’il colle parfaitement à ce que j’ai fait à son sujet. »

« Hein ? » dit Loïc, haussant un sourcil. Il avait cru mal entendre, très mal entendre.

« Oh rien de bien important. Néanmoins, je vais te montrer le dernier projet de la Triafa. Un projet qui nous emmènera directement dans l’espace d’ici quelques temps. Oui ! Et aucune nation au monde ne pourra nous arrêter ! »

Des projets déments. Le souci, c’est qu’il était capable de les réaliser. C’est pourquoi Loïc préférait se taire et tout simplement le suivre. Dans l’espace ? Il est vrai qu’il avait déjà entendu parler d’un projet spatial, qui était déjà en place … En fait, non … Cela remontait déjà à plus de vingt ans … vingt longues années.

« La station orbitale est déjà dans l’espace mais cela, tu es au courant, n’est-ce pas ? Tu as même pu passer les épreuves nécessaires pour t’y rendre pendant un long mois. »

« Je m’en rappelle. Cela était assez mémorable … Mais pourquoi me parler de la station orbitale maintenant ? Même les différents pays du monde n’osent interférer par rapport à celle-ci. Nous avons une équipe de scientifiques là-bas, non ? »

« Et voilà ce qu’ils ont trouvé … Un morceau de météorite ! »

Il est sûr que ce n’est pas le morceau en lui-même qui est intéressant … mais autre chose. Quoi donc ? Il va bientôt le savoir. Tout cela est si proche … D’ailleurs, il peut observer la pierre à travers une vitre.

« Sais-tu ce que l’on a trouvé sur cette météorite ? Un virus … Un virus des plus puissants. Un virus horriblement fort … mais aussi comportant de l’ADN lié aux pokémons ! »

« Ne me dites pas que … »

« C’est déjà en préparation. Il faut du temps et de la patience. Mais les résultats sont là : l’énergie utilisée pour donner naissance à ce pokémon est moindre que celle qu’il produit. »

« Même si je ne suis pas scientifique, je sais ce que cela veut dire. Une source d’énergie éternelle ? Qui ne peut que continuer à augmenter ? »

« Dans les faits, c’est ainsi. La réalité est toute autre car un moment, il faudra stopper ce surplus d’énergie … et déjà, l’humanoïde est en train de se former. Je prévois de grandes choses pour elle. Des ondes cérébrales montrent que cette créature est douée de psychisme et d’une très grande intelligence. »

« Attention à ce qu’elle ne se retourne pas contre nous, cela serait dommage. Est-ce qu’elle a déjà un nom ? Ceux des dragons ne m’ont pas paru … très élaborés. Enfin, ils ressemblaient plus à des prénoms issus des races des pokémons dont ils sont issus. Est-ce qu’ici, un peu d’originalité sera présente ? » demande Loïc, légèrement intéressé bien qu’il ne peut pas voir où en est l’évolution de ce … virus.

« Son nom ? Il est bien simple : Adomantxys. »

« Adomantxys ? En référence à ce métal mythologique qui n’existe pas ? »

Le vieil homme au crâne dégarni émet un grand rire tout en le félicitant, Loïc demandant ensuite à partir. Belzak le laisse s’éloigner tandis que Loïc quitte cet endroit. Adomantxys ? C’est donc pour cela que la Triafa utilise toute l’énergie de Dyamia depuis le temps ? Hum … Et surtout, maintenant, il faudrait abandonner la Pyronille ?

« Cela commence à devenir bien trop compliqué. La station orbitale fut-elle crée uniquement pour cela ? Les pokémons humanoïdes ont maintenant peu à peu une place dans le monde. »

Mais est-ce pour autant qu’il faut continuer avec la génétique ? Du moins, de telles manipulations ? Humpf … Ce n’est pas à lui de réfléchir à toute cette histoire, loin de là. Ce n’est pas son travail, ce ne sont pas ses objectifs. Il a d’autres préoccupations en tête et elles ne concernant pas le nouveau projet du chef de la Triafa.

Chapitre 14 : Un message

Chapitre 14 : Un message

« Pardon mais j’aimerai pouvoir voir la Pyronille. » demande la Trioxhydre alors que les scientifiques se regardent. L’un d’entre eux répond :

« Malheureusement, ce n’est pas possible. Bien qu’elle ne soit pas en pleine insémination pour obtenir plus d’énergie, cette permission est refusée. »

« Oh … Je vois … Je voulais lui parler encore une fois. » murmure Tritani alors qu’elle s’apprête à partir, passant une main sur son cou blessé.

« Laissez-la voir Dyamia. Si elle a quelque chose à lui dire, qu’elle le fasse maintenant. »

La femme aux cheveux violets se retourne, faisant face au vieil homme nommé Loïc. Celui-ci a son air sérieux et calme tandis que les scientifiques se regardent à nouveau, celui qui avait pris la parole, disant d’une voix un peu gênée :

« Mais malheureusement, nous ne pouvons pas. Si la Pyronille commence à avoir un peu trop de visites, elle risque de ne plus accepter les inséminations. »

« Je ne crois pas que vous vous plaigniez des « visites » auparavant, lorsque vous alliez sacrifier jusqu’à trois à quatre personnes par jour, non ? Laissez-la voir Dyamia. »

« Je … Bon … D’accord. Laissez-la rentrer. » dit le scientifique aux autres, la femme aux cheveux violets se tournant vers Loïc avant d’incliner la tête.

« Merci beaucoup pour ce que vous venez de faire. »

« Tu n’as pas à me remercier. Je ne fais pas cela pour toi ou pour elle. Juste que les scientifiques se prennent un peu trop pour les fonctionnaires avec leurs règles. »

La remarque fait mouche sur les scientifiques, certains se renfrognant alors que la femme aux cheveux violets pénètre maintenant à l’intérieur. Des couloirs, plusieurs couloirs mais elle sait quel chemin elle doit prendre. Finalement, elle arrive jusqu’au double dôme, là où Dyamia semble étonnée de la voir.

Elle pénètre à l’intérieur, Dyamia n’étant pas accompagnée du Mastouffe. Elle invite Tritani à s’asseoir avant de la regarder pendant quelques secondes. Il est vrai qu’elle ne devait pas s’attendre à avoir de la visite, surtout de sa part.

« En quoi est-ce que je peux t’aider, Tritani ? »

« Je crois que cet endroit est sous écoute, n’est-ce pas ? » demande la Trioxhydre, la Pyronille hochant la tête positivement avant que Tritani ne rapproche sa bouche de son oreille.

« Oh, un petit secret ! Pourquoi pas ? »

« Ric … ne me fait pas confiance … mais il m’a dit si je te … si je vous vois … que je dois vous prévenir qu’il viendra vous délivrer bien assez tôt. Faites-lui confiance à ce sujet. Voilà tout … C’est tout ce que j’avais à vous dire. »

« Vraiment tout ? » rétorque la Pyronille alors que Tritani retire sa bouche près de l’oreille de la jeune fille. Finalement, Dyamia s’installe correctement sur le lit, balançant ses pieds dans le vide avant de reprendre : « Tu es juste venue me faire passer ce message ? C’est étonnant. Tu es pourtant une ennemie, non ? Alors pourquoi tu as eu la possibilité de parler avec lui … hein ? C’est … étrange, tu ne trouves pas ? »

« Je ne crois … pas. » murmure la Trioxhydre, rougissant légèrement.

« Hum … Cela te fait quel effet de posséder un corps humain ? Toi qui étais dans la nature, tu n’as connu les humains qu’à travers les barreaux d’une cage non ? Lorsque tu as été capturée avec ton frère et d’autres dragons, n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce que tu n’as jamais cherché à te venger des humains ? »

« Je … ne sais pas … Je ne crois pas que c’était dans mes intentions au départ. »

« Hmm … Je ne sais pas trop. Dis-moi tout, n’est-ce pas ? Tu veux que l’on parle de Ric ? J’ai l’impression qu’il s’est passé quand même quelque chose. »

« Je … ne crois pas que je puisse ne parler ainsi. Je suis désolée mais … »

« Oh ? Tu es désolée ? Pourtant, tu meures d’envie de me le dire alors fais-le non ? Ne m’oblige pas à te tirer les vers du nez, ce n’est pas très … sympathique. Qu’est-ce qui s’est passé avec Ric ? Normalement, vous étiez à une réunion non ? Tu as pu le voir ? »

« J’ai même … pu danser avec lui. » bredouille Tritani, rougissante comme une enfant en baissant la tête. Rien à voir avec la confiance en soi qui règne normalement chez les dragons.

« Oh ? Et alors ? Dis-moi en plus ! Comment est-ce qu’il danse ? »

« Il est assez hésitant mais il fait toujours attention à sa partenaire. Il est vraiment … spécial comme garçon, non ? Enfin, je crois … Je le trouve très spécial. »

« Spécial … à tes yeux ? Ou au niveau de son caractère ? » murmure la jeune fille, remarquant la gêne chez la Trioxhydre. Elle semble s’amuser de cela.

« Je ne sais pas … du tout. Mais il dansait si bien … mais en même temps … Ce qui s’est passé avec cette Gardevoir … Il a essayé de m’étrangler mais je crois qu’il a arrêté quand il a compris. Je … suis perdue un peu. »

« Perdue ? Alors que tu connais pourtant la réponse, n’est-ce pas ? Tu sais parfaitement ce que tout cela veut dire. Maintenant, il faut que tu l’acceptes. »

« Je … Surement … Oui … C’est surement cela. Est-ce que l’on peut encore parler de Ric ? Si ça ne vous dérange pas, mademoiselle Dyamia ? »

Du mademoiselle pour elle ? Hohoho ! Cela lui plait bien ! Surtout lorsque cela est dit par une personne qui semble plus âgée et mature qu’elle. Mais oui … Des fois, il vaut se méfier des apparences. Même si elle n’est que sous les traits d’une petite fille … elle est quand même spéciale … très spéciale même. Et elle veut bien parler de Ric avec elle.

« J’aimerai parler avec Emairon. Où se trouve-t-il ? »

« Euh … Loïc, vous avez un autre rendez-vous, bien plus urgent. »

« Hum ? De quoi est-ce que tu parles là ? »

« Vous savez de qui je veux parler. Il vous attend. » murmure l’homme qui s’adresse à Loïc, celui-ci poussant un soupir. Ah … Peut-être qu’il y a de sérieux problèmes pour qu’il soit contacté par cet homme. Enfin bon …

« Dites-lui que j’arrive dès maintenant. Je ne veux pas avoir de soucis avec le chef. »

« Comme vous le désirez. Je le contacte dès maintenant donc. »

Hum … Problématique. Ce n’est pas bon signe. S’il veut le voir, c’est que soit, il commence à se poser des questions, soit il est trop sûr de lui. Néanmoins, ce qui doit être fait sera fait. Loïc se dirige vers un couloir, pénétrant dans un ascenseur qui l’emmène à la partie souterrain de la base de la Triafa la plus importante au Jipen.

Chapitre 13 : Candeur

Chapitre 13 : Candeur

« Meurs ! MEURS ! MEURS ! »

Je serre, je serre de toutes mes forces mais j’ai l’impression que c’est inutile. Pourtant, je vois bien du sang qui apparait au niveau de mes ongles. Je serre … et pourtant … rien ne se passe. Rien du tout. La Trioxhydre m’observe sans cligner des yeux. C’est quoi ça ?! C’EST QUOI CA ?! Pourquoi est-ce que je fais est inutile ?! Je ne peux même pas venger Lania !

« Tu ne pourras pas étrangler une dragonne de la sorte, Ric. Je suis désolée. » me souffle-t-elle avec une pointe de tristesse. NON ! JE NE TOMBERAI PAS DANS CE PIEGE ! PAS DU TOUT MÊME ! PAS DU TOUT !

« COMBATS MOI ! Viens te battre ! Donne-moi une raison de te tuer ! Que ça soit de la légitime défense ! Viens me blesser ! »

« Non. Je ne veux pas. » me répond la femme aux cheveux violets. Elle amorce un mouvement de main ganté de violet vers moi mais je retire l’une des miennes d’autour de son cou, la repoussant violemment. Je ne tomberai pas dans ce piège !

« ASSEZ ! JE VAIS T’Y FORCER ! TU VAS VOIR ! »

Ma main libre se lève alors qu’elle s’abat sur la joue de la Trioxhydre. Du moins, c’est ce que je comptais faire … mais je me suis arrêté. Elle … Elle a fermé les yeux. Elle … Elle a détourné la tête pour ne pas avoir mal. Et surtout … Elle tremble ? Je … Je suis … Je fais quoi là ? Qu’est-ce que je fais ?

« J’ai été trahi une fois par Loïc … »

« Hein ? » dit la Tritani en rouvrant les yeux alors que j’ai retiré ma seconde main de son cou.

« J’ai été trahi une seconde fois par Emairon … »

« Je … Enfin … Je devrais peut-être m’expliquer. »

« Et tu veux que je fasse confiance à la personne qui a sauvé leurs vies ? Et tu voudrais que je croie cela ? Hahaha … Je ne suis plus stupide ! Il ne faut plus me prendre pour un idiot ! Si tu ne me veux vraiment aucun mal alors disparais ! Je ne veux pas te voir ! »

« Je peux quand même te dire où retrouver Dyamia ? »

« Et tomber dans un piège ? Non merci ! Je ne me ferai pas avoir de la sorte ! Et tu peux toujours me regarder de la sorte, je ne me ferai pas avoir, est-ce bien compris ? »

« Est-ce que je peux au moins m’exprimer ? »

Je la fixe longuement. Je sais qu’elle veut me dire la vérité ! Je le sais parfaitement ! Elle ressemble à Séphyria … pas au niveau du caractère, loin de là. Mais elle a une certaine noblesse issue des dragons. Elle aurait pu devenir … Elle aurait pu me tuer ! Comme Calsidya ! Comme Séphyria ! Mais … Non … Je ne veux pas … Je ne veux pas me faire avoir une nouvelle fois. Je fais un geste de la main pour lui intimer de partir. Finalement, elle souffle d’une voix lente et triste :

« Je comprends … Il est vrai que je n’ai rien fait pour mériter cette confiance que tu estimes si importante. Je veux juste te dire alors que Dyamia va bien, je peux lui parler. Est-ce que tu as un message à lui faire passer ? »

« Si tu dis la vérité, tu peux juste lui dire que je viendrai la délivrer et que c’est une promesse. Mais je te préviens … La prochaine fois que je te vois, je tire à vue. »

« … … …D’accord. J’ai parfaitement com … »

« QU’EST-CE QU’IL T’A FAIT, TRITANI ?! »

J’ai à peine le temps de réagir qu’une puissante flamme violette vient s’abattre sur moi. Du moins, c’est ce que j’ai cru puisque la Trioxhydre me percute, me faisant tomber en arrière, elle sur moi. Elle est si près … vraiment si près.

« Oups… J’ai glissé. »

Hein ? Elle se fout de ma gueule ? Là, j’y crois réellement pas ! Là, c’est vraiment du foutage de gueule ! Elle m’a délibérément sauvé la vie ! Par contre, celui qui m’a attaqué, c’est … Un autre Trioxhydre ? C’est celui qui me regardait avec un air méchant pendant la danse !

« Est-ce que tu vas bien ? » me chuchote-t-elle du bout des lèvres.

« TUES-LE, TRITANI ! TUES LE MAINTENANT ! TANT QU’IL EST A TERRE ! »

« Non, je ne crois pas. Je ne pense pas que je peux accepter ça. »

Cinq pieux de glace foncent vers Tritani mais la femme aux cheveux violets les évite avec aisance, s’envolant dans les airs pour arriver aux côtés de son frère. Et là ? Je vois Calsidya, celle-ci ayant transformé ses deux mains en griffes de glace.

« Tsss ! Elle est seule ! Ca va être facile de se débarrasser … »

« On s’en va. Une pokémon de glace face à des dragons ? On ne peut pas prendre le risque. On rentre. » coupe Tritani tout en me regardant longuement.

« Hein ? Mais qu’est-ce que tu racontes ! On peut pas les laisser partir ! On lui a mis la main dessus ! JE VAIS LE BUTER POUR CE QUE TU AS FAIT A MA SŒUR ! »

« Hmmm … De la viande de dragon. Je suis sûre que ma mâchoire appréciera. » murmure la Momartik à côté de côté alors qu’elle tend ses mains sur les côtés. Aussitôt, elle fait un applaudissement, une mâchoire gigantesque venant claquer devant moi, faite de glace. Une mâchoire qui aurait pu contenir plusieurs personnes en elle.

« Elle est trop dangereuse … contrairement à ce que l’on croit. On s’en va maintenant. »

« Tsss ! TU LE PAYERAS SALOPARD ! TU VAS VOIR ! »

Les deux Trioxhydres s’en vont, me laissant seul avec Calsidya. Je pousse un soupir alors que Calsidya se tourne vers moi, semblant en colère. Mais sa colère disparait aussitôt avant qu’elle ne me touche les bras et le visage

« Tu n’es pas blessé, Ric ? Dis-moi où tu as mal. »

« Au cœur … C’est tout. Voilà … Tu le sais maintenant. »

Au cœur ? Qu’est-ce que je raconte ? Elle semble un peu étonnée, cherchant à comprendre où je veux en venir avant de me prendre dans ses bras. Elle me garde contre elle pendant quelques secondes avant de souffler qu’il est temps de rentrer. Oui … Il est temps de rentrer … vraiment temps. Quel idiot.

Quel idiot … J’avais une partie de ma vengeance à portée de main. La Trioxhydre était là … Je pouvais la tuer. J’aurai pu ! Mais je n’ai pas réussi … Je n’ai pas réussi à la tuer. Je n’y suis pas arrivé. Je suis faible face aux femmes. Je suis faible face à ce regard. Je suis faible face à ces paroles. Je suis tellement faible …

J’ai honte de ma personne. J’ai honte de ce que je suis. J’ai honte de ce que j’ai failli faire. La Trioxhydre ne m’a pas attaqué. Je sais que … En tant que membre de la Triafa, elle est dangereuse. Je dois la considérer comme une ennemie à éliminer mais je n’ai pas pu. Elle n’a rien fait pour me dévoiler pendant la danse alors qu’elle aurait pu. Elle ne m’a pas attaqué ne serait-ce qu’une seule fois. Je suis perdu … véritablement perdu.

Chapitre 12 : Haïr

Chapitre 12 : Haïr

« Ah … Qu’est-ce que c’est que ça ? Me faire encore accoster par une femme … de la Triafa ? C’est bizarre, j’ai vraiment eu l’impression qu’elle me connait. »

Je ne sais pas … ce qui se passe réellement autour de moi mais j’avoue que je me sens un peu étrange dernièrement. Néanmoins, je prends finalement le papier qu’elle … m’a fait récupérer dans son décolleté. En y réfléchissant bien, cette femme était étrangement … belle, comme issue d’un autre monde. Je commence à lire la lettre à voix haute :

« Bonsoir Ric. Je ne pense pas que tu m’aies reconnue si j’ai réussi à te donner ce mot. Néanmoins, je voulais que l’on se retrouve à cette adresse. Peut-être que tu ne connais pas les rues mais ça ne sera guère difficile. Je vais te guider à partir de la sortie du bâtiment. Peut-être que mon nom te fut inconnu mais je tiens à te dire qui je suis : la Trioxhydre que tu as pu voir il y a de cela quelques temps lors de la mort de cette Gardevoir nommée Lania. Je t’attends. »

Que … Que … Je … BORDEL ! C’ETAIT LA TRIOXHYDRE ?! PUTAIN ! C’ETAIT LA TRIOXHYDRE ?! Je frappe avec rage contre le balcon, m’ensanglantant la main droite et le papier que je tiens. NON ! Je retire aussitôt le papier, évitant de gâcher l’unique chance que j’ai de me venger. Cette Trioxhydre … C’était cette Trioxhydre ! Elle a perdu sa chance de me tuer … mais moi … Elle va le regretter amèrement ! OH QUE OUI !

Je ne lui laisserai pas cette chance de s’enfuir. Pas du tout même ! Je me dirige à l’intérieur, cherchant du regard Séphyria et les autres. Ils sont dans un coin, discutant entre eux. Alphons et Roubé aussi. BON ! Je sors par la porte, signalant que j’ai quelque chose à faire. Il est temps de régler mes comptes avec elle ! Je ne la laisserai pas vivre !

Où est-elle ? Où est-ce qu’elle se trouve ? OU EST-CE QU’ELLE EST ?! Je suis le chemin qu’elle a écrit. Est-ce un piège ? JE M’EN FOUS ! Je sais parfaitement que je fais une horrible connerie mais j’en ai rien à faire ! Je veux la voir morte ! MORTE COMME LES AUTRES ! MORTE ! MORTE !


C’est tout ce que je veux de cette enflure ! Qu’elle crève ! Qu’elle disparaisse ! Comme les autres ! Je leurs promets une mort lente et douloureuse ! Que ça soit à elle, Emairon ou Loïc. Je ne leur laisserai pas vivre une journée de plus … dès l’instant où je les retrouverai. Finalement, j’arrive jusqu’au lieu du rendez-vous … Une ruelle assez grande bien qu’il n’y a personne à cette heure-ci. Et il n’y a pas de fenêtre de ce côté. Donc … C’était bien un piège ? Je ne sais pas … Je ne sais pas du tout.

« Tu es donc bien venu. Tant mieux. »

Une … femme qui vole dans les airs. Des ailes noires décharnées. La femme aux cheveux violets avec son masque bleu. Je serre les poings alors qu’elle atterrit finalement devant moi. Avec lenteur, elle retire son masque bleu, faisant un sourire envers moi :

« J’avais peur que tu crois que c’est un piège. »

« Que c’est un piège ? Pour qui ? POUR QUI ?! Je vais te … »

« Tu ne veux pas plutôt retirer ton masque ? Il est inutile maintenant. » me dit-elle. Mon masque ? C’est vrai … C’est vrai que je le porte encore !

Je le prends dans ma main avant de le jeter au sol. Je l’écrase du pied, le brisant en morceaux de plastique. Saleté ! SALETE ! Saleté de Trioxhydre ! Elle semble étonnée de ma réaction mais je ne faillirai pas ! Je ne me ferai pas avoir !

« Tu sembles … un peu énervé, je me trompe ? Est-ce bien à cause de moi ? »

QUOI ?! Elle le fait exprès ? ELLE LE FAIT EXPRES HEIN ?! Je vais la buter ! Je vais la tuer ! La tuer réellement ! Mais je n’ai pas mon arme ! Pas du tout ! Je vais l’étrangler ! Je vais l’étrangler ! Ca sera tout ! Ca sera la meilleure chose à faire !

« Et tu penses que ça serait à cause de qui hein ? Tu es tellement vantarde que tu penses pouvoir me dire qui tu es et ensuite te tenir face à moi ?! »

« Ne t’énerve pas s’il te plaît … Je ne suis pas du tout là pour ça. Tu ne vois pas ? Je ne suis pas armée, je ne suis pas accompagnée. »

« JE M’EN CONTREFOUS ! Tu as tué Lania … Je ne te pardonnerai pas ! »

« Lania ? Je … ne suis pas responsable de sa mort. » murmure-t-elle avec lenteur, la tête tournée sur le côté, regardant le sol. Ses yeux améthyste sont sincères, je sais qu’elle dit la vérité mais elle est autant responsable que Loïc et Emairon ! Sans elle, ils n’auraient jamais réussi à s’enfuir ! JAMAIS ! JAMAIS !

« Ne te fout pas de ma gueule ! Je ne marche pas dans ta combine ! J’ai été trahi une fois … Je ne serai pas trahi une seconde fois ! POURQUOI JE DEVRAIS TE FAIRE CONFIANCE ?! POURQUOI ?! TU ES UNE ENNEMIE ! »

« Car je … » commence-t-elle à dire, posant une main sur sa poitrine. « Non. Il est vrai. La confiance ne se gagne pas qu’avec des mots mais avec des actes. Tu n’as aucune raison de m’accorder ta confiance. Il est vrai … J’ai été beaucoup trop hâtive. »

« Ah … Ah … Je vais te tuer … Tu sais bien que je vais te tuer, n’est-ce pas ? »

« Je ne te le permettrai pas. »

ET ELLE CROIT QUE J’AI BESOIN DE SON AUTORISATION OU QUOI ?! Je vais la buter ! JE VAIS LA DEFONCER ! Je vais l’égorger ! Je ne vais pas me gêner ! Je ne vais pas … J’avais réussi à me faire à la mort de Lania. J’avais réussi … J’avais réussi à dormir ! J’avais réussi à éviter de trop y penser ! J’AVAIS REUSSI !

« Mais tu as tout gâché ! TOUT ! Saleté de Trioxhydre ! »

« Ces paroles me font vraiment mal. Pourquoi tu ne veux pas m’écouter ? Je sais où se trouve Dyamia. Je pourrai te donner l’endroit exact si tu le désires. »

« Je … ne veux … PLUS AUCUN MOT DE TA PART ! Rien à faire de ce que tu vas dire ! Rien à faire de ce que tu es ! J’en ai strictement rien à faire ! »

« Alors … Tu peux m’appeler au moins par mon prénom … non ? »

« Le nom d’un déchet ne m’intéresse pas. Qu’importe si je le connais ou pas. J’en ai rien à faire de ton existence. Rien du tout. »

« Peut-être que … Je me suis trompée … » dit-elle avec lenteur, déglutissant. J’ai l’impression de la mettre mal à l’aise.

« Mais qu’est-ce que tu espérais ?! Que j’allais t’accueillir en te prenant dans mes bras ?! Que j’allais te serrer contre moi ?! Et te dire merci ? NON MAIS POUR QUI TU ME PRENDS ?! POUR QUEL IMBECILE TU ME PRENDS ?! »

« Je n’ai jamais pensé une telle chose … Pas du tout même. Ce n’était pas ce que je pensais. Ce n’était pas cela … Je suis … vraiment désolée. »

Elle semble comme intimidée par mes paroles mais je ne décolère pas. C’est quoi ça ? Une Trioxhydre ? Mon œil ! Les dragons sont quand même bien plus glorieux que ça ! Pas aussi … gênés et intimidés ? Pourtant, même dans cette timidité, je continue de voir la noblesse peint sur son visage … la noblesse et la royauté de sa race.

« ASSEZ ! JE NE ME FERAI PLUS AVOIR DE LA SORTE ! JE VAIS TE TUER ! »

Elle est maintenant surprise alors que je coure vers elle, me jetant sur sa personne. Néanmoins, elle tend les bras en avant, me faisant atterrir contre elle … sans même que cela ne la dérange ? Elle n’a pas reculé d’un pli ? Ses yeux violets sont à ma portée. Je peux les voir … Ils sont si brillants, si beaux, si magnifiques. Séphyria a des yeux superbes … et fiers. C’était ça la première fois que j’ai pu la voir en face de moi mais cette Trioxhydre, ses yeux, ils sont différents. J’ai l’impression de …

« NON ! CREVE RACLURE ! »

Mes mains se placent autour de son cou alors que je commence à serrer fortement. Je vais l’étrangler ! Elle ne tiendra pas face à ça ! JE VAIS LA TUER COMME CA !

Chapitre 11 : Accorder cette danse

Chapitre 11 : Accorder cette danse

« Pfff … Vraiment ? VRAIMENT ? J’ai l’air d’un … Je préfère rien dire. »

Non mais sérieusement. Le noir et blanc, ça fait depuis des décennies que la télévision a décidé de passer à la vitesse supérieure. Pourquoi est-ce que je porte ça ? Alphonse n’est guère mieux bien qu’il a mis un peu de fantaisie avec une rose et un nœud papillon. Moi, j’ai un nœud papillon mais de couleur noire. Pfff !

« Tu es magnifique, Ric. » me dit Séphyria. Je ne sais pas vraiment si elle peut dire ça alors que je me retrouve devant la grâce incarnée. Avec une robe bleue laissant paraître un décolleté de moyenne taille, Séphyria me fait face. Les épaules nues, la robe moule quand même bien son corps. Elle a aussi attaché ses cheveux bleus en queue-de-cheval. Elle est vraiment magnifique, je ne peux que penser cela en la regardant. Magnifique.

« Si tu peux détourner les yeux aussi pour pouvoir me regarder ? »
Aie ! Calsidya fait sa petite jalouse et je suis bien obligé de constater qu’elle aussi s’est mise en valeur. Une robe un peu plus ample mais de couleur complètement blanche. Elle porte aussi un serre-tête de couleur blanc qui se place parfaitement autour de ses deux cornes de glace. Ainsi, personne ne lui posera de question à ce sujet. Elle a aussi de longs gants blancs qui lui vont jusqu’aux coudex.

« Tu es très belle aussi. Je ne peux que constater ça. » dis-je. Elle semble satisfaite de ma réponse alors que nous nous mettons tous en route. Nous tous portons un masque blanc bien simple sauf qu’Alphonse a voulu rajouté une moustache et une barbichette. Vraiment … Il sait que l’on va se rendre à la Triafa ? Au beau milieu de dizaines d’ennemis ?

Néanmoins, nous arrivons jusqu’à l’endroit du rendez-vous jusqu’à ce qu’un garde nous demande nos noms. Personne derrière nous ? Tant mieux. Pourquoi ? Car Calsidya fait un petit geste de la main gantée et le garde nous laisse penser. Un peu de manipulation mentale. Si on m’avait dit qu’elle était capable de tout ça, je ne l’aurai jamais cru.

« Bon … Et maintenant ? » dis-je en contemplant la magnifique salle. Sans même prendre la parole, Séphyria prend ma main et nous fait s’éloigner des trois autres personnes.

De la danse ? C’est vrai que des personnes dansent mais je ne pensais pas que cela ressemblait à … ça pour la Triafa. J’ai l’impression de ne pas être au bon endroit.
Mais me voilà maintenant en train de danser avec nos masques sur les visages. Je … Comment … Je ne sais pas danser ! Mais Séphyria me guide avec facilité, la danse n’est pas trop difficile mais je regarde surtout par terre pour ne pas lui marcher sur les pieds. J’ai l’air d’un idiot, d’un véritable idiot.

« Un peu de temps rien que pour nous deux … enfin. »

Hein ? Séphyria a dit quoi ? Je relève mon visage et je ne peux pas voir les émotions peintes sur son visage. Mais je suis sûre qu’elle a dit quelque chose … Est-ce que par hasard ? Enfin … La situation lui pèse un peu sur l’estomac. Le fait que Calsidya ne soit pas une ennemie mais une amie … Je comprends parfaitement quand même.

« Tu danses vraiment bien, Séphyria. »

« Ric … Je serai quand même ta préférée, tu crois ? Car … Je sais qu’un jour … Enfin, que toi et Calsidya … Vous vous unirez. Ne me mens pas, je sais que ça arrivera. C’est ainsi et pas autrement. Ça sera d’abord de l’affection … puis ensuite, ça sera … le reste. Tu sais, je ne deviendrai jamais violente car dans le fond, qu’importe ce que l’on dit, je reste une pokémon … et enfin, un dresseur peut posséder plusieurs pokémons. »

« Ne t’imagine donc pas tout ça. Tu resteras spéciale à mes yeux, tu sais ? Tu es quand même la première femme qui m’a aimé et inversement. Enfin … Tu as eu ma première fois et c’est important, que ça soit un homme ou une femme. »

« Oui … Enfin, Dyamia risque de m’en vouloir réellement à ce sujet. Mais regarde, cela fait déjà trois femmes qui t’aiment. Cela fait beaucoup … Mais ce sont trois pokémons. Voilà tout … Enfin bon … Comment dire … Ric ? »

« La première personne est spéciale. Tu auras toujours une place de choix dans mon cœur. Je ne sais pas si je serai prêt un jour à faire ce que tu crois, je ne sais pas du tout. Mais si tel est le cas, je te donnerai toujours plus que les autres. Sauf peut-être Dyamia mais elle, c’est encore une enfant donc bon … »

« Oh … Fais attention. Si elle décide un jour de libérer les pouvoirs qui l’habitent, tu risques d’être surpris, Ric, très surpris même. Elle est vraiment spéciale … Très spéciale ma grande sœur. Elle est un peu plus âgée que moi. » dit Séphyria avant que l’on soit interrompu après notre danse. Une femme … Une étrange femme aux cheveux violets et au masque bleu s’approche de nous.

« Est-ce que je peux avoir sa main pour la prochaine danse, mademoiselle ? »

« Euh … Est-ce que … » commence-je à dire alors que Séphyria retire sa main.

« C’est un bal, il est normal que les partenaires changent pendant celui-ci. Bonne chance R… » me répond Séphyria avant de s’arrêter. Il est mieux … qu’elle ne dise pas mon nom oui. Ca serait bien mieux pour ne pas se faire repérer.

Mais pourquoi est-ce que je suis en train de danser hein ? Pourquoi ? Je me pose sincèrement la question. Enfin … Je ne suis pas encore en train de danser mais la femme en face de moi. Elle a des gants violets … mais aussi des bracelets de fourrure noire. Elle porte une élégante robe violette, allant de pair avec ses cheveux de même couleur qui forme deux tresses sur les côtés de son visage. Non… Ce ne sont pas des tresses, ses cheveux violets mi-longs lui vont jusqu’au niveau de la poitrine. D’ailleurs, cela me change de celle de Calsidya. Elle n’est pas imposante, juste dans une bonne moyenne. Mais la femme dans sa robe violette reste … je ne sais pas comment dire … somptueuse ?

« Vous êtes très en beauté, mademoiselle. Je tenais à vous le dire. »

« Un compliment dès le départ ? Vous ne perdez pas de temps, n’est-ce pas ? »

« Je tenais juste à être galant … et à ne pas mentir, j’en suis désolé si cela vous choque. »

« Non, non. Je suis flattée. Et puis, les commentaires sincères ne sont-ils pas … purs ? »

« Je l’espère. Quand ils sont dit rapidement, sur le moment, ils ont une … certaine force. Mais pardonnez-moi, pourquoi m’avoir invité ? »

« Car j’ai remarqué que vos pas de danse étaient assez fébriles mais teints d’une envie véritable de répondre aux attentes de votre partenaire. Je tiens à me présenter, même si vous ne le faites pas : je m’appelle Tritani. »

« Pardon de ne pas pouvoir vous révéler mon nom. C’est … important. » murmure-je avec déconfiture alors que j’ai l’impression de retrouver la noblesse de Séphyria dans cette femme. Avec élégance et délicatesse, elle me guide dans la nouvelle danse. Elle danse vraiment bien … très bien même. Mais pendant celle-ci, je ressens un léger froid m’envahir. Je tourne ma tête vers un homme aux cheveux violets qui semble vouloir me tuer du regard. Le compagnon de la femme avec qui je suis ? Et je remarque aussi … que plusieurs pokémons sont présents ici … malgré leurs masques.

« Merci pour cette danse. Avez-vous remarqué que malgré votre absence de concentration, vous avez dansé parfaitement ? »

« Hein ? C’est vrai ? Pardon, je suis vraiment désolé, je … »

Elle me murmure de me taire avant de se coller contre moi. Je baisse la tête, remarquant un … papier coincé entre son décolleté. Elle veut que je le prenne ? Je déglutis légèrement, le récupérant avant qu’elle ne s’éloigne sans un mot. Déjà le papier est caché dans ma veste, à l’intérieur même de la manche. Je … nage en pleine incompréhension.

La femme aux cheveux violets est retournée auprès de l’homme qui l’avait lancé un regard haineux à travers le masque. Vraiment … Je ne sais pas trop quoi penser. Séphyria me demande s’il y a un problème et je murmure que je vais prendre un peu l’air et ne pas la déranger. Je préfère être seul en lisant cela.

« Qu’est-ce que tu faisais encore ?! C’était qui cet homme ? »

« Est-ce que tu peux arrêter d’être jaloux ? J’en ai assez. Je n’ai pas de compte à te rendre. Je vais prendre l’air. »

La femme aux cheveux violets laisse l’homme seul alors qu’elle quitte la place. Lorsqu’elle est seule, elle retire son masque, un sourire aux lèvres. Cela s’était fait à l’instinct. Elle le sait parfaitement maintenant … Ce n’est pas dû au hasard, loin de là.

Chapitre 10 : Tenue de rigueur

Chapitre 10 : Tenue de rigueur

« Bon sang … Mais c’est impossible de gagner ? Ah ! »

Je ne sais pas ce que je fais, j’ai l’air vraiment ridicule avec tout cela ! Vraiment l’air … Complètement l’air même ! Je ne sais pas ce que je fais mais ça me distrait et ça m’occupe. J’ai vraiment l’air cinglé, du genre qui découvre de nouvelles choses. Quand même ! Quel idiot ! Mais quel idiot ! RAAAAAAAAH ! Je dépense tout l’argent de la Momartik !

« Je vais m’arrêter là. Je ne veux pas en devoir plus à Calsidya. »

Je n’ai plus de billes, plus rien du tout et je tourne ma tête à gauche et à droite. Tiens ? Où est-ce qu’ils sont tous passés ? Ils ne devaient pas rester près de moi ? Je ne suis pas tellement en sécurité quand je suis seul hmm… Je me lève, m’apprêtant à partir avant d’entendre le bling bling singulier de quelqu’un qui vient de gagner. Qu’est-ce que … Je cours en direction du bruit et remarque que je ne suis pas le seul. Quelqu’un vient de gagner ? WOW ! C’est vraiment impressionnant ! Et …

« Séphyria ? » dis-je avec étonnement en voyant le visage de la gagnante.

« Ric ? Oh … Ce n’est pas bien important. » répond t-elle doucement avant de se lever. Elle récupère son bac contenant un lot impressionnant de billes.

Ah ouais ? On n’a pas la même vision de la chose ! Je la félicite et la prends dans mes bras alors que finalement, Calsidya fait son grand retour, un bac aussi dans les mains, remplit de nombreuses billes lui aussi.

« Au final, je suis le seul à m’être planté complètement dans ça ? Je suis si nul que ça ? »

« Mais non, mais non, Ric. C’est juste qu’entre nous, tu n’as pas quelques pouvoirs qui t’aident. Enfin … Je suis sûre que Séphyria avec ses caractéristiques de dragonne en ait capable. Moi aussi … Tu sais, il suffit juste de traverser un doigt … ou alors d’utiliser mes pouvoirs psychiques et donc de … »

« Hein ? Des pouvoirs psychiques ? Mais tu n’es pas une pokémon psy normalement. »

« Oh ? Et alors, je n’ai pas le droit d’être spéciale, Ric ? Je suis spéciale, très spéciale. »

Elle pose un doigt sur mon nez avant de rigoler. Pfiou … J’ai vraiment l’air d’un idiot quand je pense de la sorte. Néanmoins, elle n’a pas tort. Pas du tout même. Elle est spéciale. Bon, par contre, où est-ce qu’Alphonse et Roubé se trouvent ? Car je ne les vois pas. Néanmoins, nous nous dirigeons à la caisse où nous pouvons … enfin non, où elles peuvent choisir.

« Quand même, il y a un sacré choix et … »

« Et si tu veux de l’argent, tu prends les objets que tu le désires et tu vas dans les boutiques à côté du casino. A partir de là, tu peux changer les objets contre de l’argent. Car oui, les jeux d’argent ne sont pas autorisés au Jipen mais c’est ainsi que la Triafa se fait de l’argent. »

« Vraiment … Tu es érudite ou quoi ? C’est impressionnant. »

Elle prend cela comme un compliment et elle rougit en me remerciant. Elle signale que ce n’est pas grand-chose mais qu’elle a toujours apprécié en savoir un peu plus sur les différentes cultures humaines. Elle a eu de la chance d’être l’une des dernières pokémons humanisées parmi les pierres précieuses. C’est pourquoi elle est très proche de Séphyria plutôt que de Lania. A part les deux bosses glacées sur son crâne, qu’elle cache avec ses cheveux la majorité du temps, elle n’a rien de totalement différent.

« Bon ! Je pense que nous aurons besoin d’argent et avec ce que nous avons gagné, normalement, il y aura même un peu de bénéfice. Séphyria ? Tu as choisi quoi ? Que l’on aille le revendre ensuite. »

« Je ne trouve rien de bien intéressant pour le moment. Donc … Autant prendre au hasard. »

Elle marquait un point. Les deux femmes récupèrent différents objets avec les billes, quittant le bâtiment avec moi. Quelques minutes plus tard, Calsidya et Séphyria revinrent avec un joli paquet d’argent jipenais, Séphyria tendant sa part à la Momartik.

« C’est ton argent, je n’ai fait que te l’emprunter, Calsidya. »

« Oh ! Tu ne vas pas commencer comme ça hein ? C’est notre argent à tous les trois. Si je vis avec vous, il est normal de tout partager. Même Ric ! » répond la Momartik, me souriant. Hey, hey, hey ! Je ne suis pas un objet ! Enfin, je sais que seulement … Bon ! D’accord, elle est très gentille et sympathique ! Et je le sais parfaitement que même si elle me désire, elle se comporte comme une damoiselle ! Pfff ! Voilà, c’est dit ! C’est dit dans ma tête !

Tsss ! Bon ! Retour à l’hôtel ! Il faudrait que j’appelle Alphonse et Roubé mais visiblement, ils sont occupés puisqu’ils ne décrochent pas. Je suis quand même un peu anxieux et … Hein ? Calsidya pose une main sur mon front, me murmurant :

« Calme-toi donc … Ils vont bien. Si cela avait été grave, ils auraient essayé de te rejoindre par tous les moyens non ? Ils ont le droit d’être seuls un peu aussi ? Et de visiter ? »

« Ce n’est pas une remarque de ta part… enfin, pas de toi que je m’attendrais à ça mais plutôt de Séphyria. Enfin bon … Séphyria, tu ne parles pas beaucoup ces derniers temps. »

« Car je n’ai rien à dire, malheureusement. » murmure la femme aux cheveux bleus avec lenteur alors que je pousse un soupir.

Vraiment, quand même, des fois … J’ai l’impression de ne pas retrouver la femme que j’aime. Enfin, peut-être est-ce à cause de Calsidya ? Je ne sais pas. Je ne sais pas du tout même. Lorsque nous retournons dans l’hôtel, Alphonse et Roubé nous attendent contre le mur juste à côté de la porte de notre chambre. Je remarque aussitôt qu’il y a un problème.

« Qu’est-ce que … Alphonse ?! Qu’est- ce qui s’est passé avec ton bras ? »

« Oh … Je vais vous expliquer à l’intérieur mais disons que la sécurité du casino n’a pas vraiment apprécié que je fouine un peu à l’intérieur. Et il en est de même pour Roubé. Enfin, cette blessure sur mon bras, ce n’est pas grave, ça se soignera… juste que les coups de lame, ce n’est pas une bonne chose à ressentir. »

Euh … Oui, bien entendu. Je ne sais pas trop quoi dire avec ce genre de réflexions. Néanmoins, j’invite Alphonse et Roubé dans notre chambre, nous cinq allant s’installer sur le lit avant qu’il ne prenne la parole :

« Bon … En tout cas, pendant que vous vous amusiez, nous avons remarqué que les agents de sécurité vous surveillaient. Comme quoi, Ric, tu as pu jouer au pachinko pour la première et dernière fois. Je crois qu’après, ils ne te laisseront même plus rentrer … ou alors, tu en ressortiras mais mort. Enfin … Bref … Passons surtout aux choses sérieuses puisque nous avons réussi à les cuisiner. »

Les cuisiner ? Drôle de façon de parler de cela mais j’acquiesce d’un hochement de tête. Aussitôt, Alphonse reprend la parole, Roubé passant une pâte une la blessure à son bras.

« Il va y avoir une réunion de nombreux membres de la Triafa d’ici quelques jours. Une réunion faite sous le signe d’un bal masqué. Comme il y aura des représentants de nombreux pays, je pense que c’est le bon endroit pour nous renseigner. »

Il marque un point. C’est une bonne idée, très bonne idée même. Pfiou … Bon, ça veut dire quoi ? Qu’il va falloir que je m’habille en costard cravate ? Rien qu’à cette idée, j’ai déjà les poils qui s’hérissent. Je ne suis pas un homme du monde !

Chapitre 9 : Différence de cultures

Chapitre 9 : Différence de cultures

« Et dire que je pensais que j’étais assez tordu en sortant avec deux pokémons. »

« Sortir avec deux pokémons ? Oh … Tu officialises donc la chose, Ric ? » me dit Calsidya alors que je m’en veux d’être aussi stupide. Pourquoi est-ce que j’ai dit une telle chose ? RAAAAAAAH ! Punaise, punaise, punaise !

« Je ne pensais pas ça … mais quand même … Regarde une partie de ces personnes. »

Je ne m’attendais quand même pas à voir des personnes déguisées en pokémons ou en divers héros et héroïnes … issus de livres, films ou autres typiquement jipenais. A croire que c’est une véritable institution dans ce pays, il vaudrait mieux se méfier alors.

Enfin, se méfier de quoi ? C’est plus facile à penser qu’à faire mais qu’importe, je n’ai pas de temps à perdre avec ce genre d’idioties. Je ne réponds pas à la Momartik, celle-ci me prenant le bras disponible alors que Séphyria tient l’autre depuis que nous avons quitté l’hôtel.

« Ric, je ne te pensais pas ainsi … Deux femmes rien que pour toi ? Et nous sommes à la recherche d’une troisième d’entre elle ? »

« Alphonse, s’il te plaît, ne rajoute pas d’huile sur le feu. Tu sais parfaitement que ce n’est pas comme ça que ça se passe réellement hein ? »

« Oh … Moi, tu sais, je crois que ce que je vois. Et ce que je vois là … »

Tsss ! Vraiment, il ne peut pas se taire hein ? Obligé d’en rajouter visiblement ! Vraiment, je le lui ferai payer un jour ! Mais pour l’heure, il n’y avait pas trop de choix malheureusement. Je dois me coltiner la Momartik avec moi. Et bien entendu, je ne peux pas dire que j’ai à me plaindre. Néanmoins, dès que nous avons fait les premiers pas, des jipenais s’approchent de nous, des appareils photos en main.
Ils commencent à converser dans une langue qui m’a tout l’air d’être des mots barbares, me posant des questions. Néanmoins, je dois remercier Calsidya qui fait la conversation avec eux. Finalement, elle se tourne vers moi … ah non ! Séphyria ?

« Séphyria ? Roubé ? Est-ce que vous voudriez bien vous mettre à côté de moi ? Ces personnes n’ont jamais vu d’aussi beaux … costumes de pokémon. »

Elle pousse un petit rire alors qu’Alphonse dit à Roubé que c’est à elle de voir. Visiblement, la Melokrik ne semble pas être dérangée. Et Séphyria ? Elle aussi bien qu’elle soit un peu distante et gênée. Se mettre en valeur n’a jamais été trop son fort.

« Aller, Séphyria, montre que tu es la plus belle des trois. »

« Ce n’est pas flatteur et sympathique pour nous ! » crie la femme aux cheveux bleu-ciel et en kimono. Je modère mes propos et décide alors de la complimenter elle aussi.

« Mais oui, vous êtes toutes les trois des femmes magnifiques. »

« Hey, Ric, tu as déjà deux femmes, tu es prié de ne pas draguer celles des autres. »

Tsss ! Je ne ferais jamais ça et il le sait parfaitement ! Ce genre de remarques est quand même déplacé. Néanmoins, je ne réponds pas et je ne fais que sourire. Il ne pense pas à mal. Finalement, après les photos, il est décidé de se rendre dans les endroits où la Triafa pourrait être présente … comme dans les salles de jeux.

« Les jeux du Jipen sont différents des nôtres, Ric. Tu vas voir. »

Encore une fois, je ne peux que suivre la Momartik. Celle-ci me prend maintenant par la main, me tirant derrière elle. Je tiens aussi Séphyria avec l’autre, Alphonse et Roubé continuant de marcher lentement derrière nous. Pfff ! Vraiment, qu’est-ce qu’elle est idiote.

Mais finalement, elle nous emmène jusqu’à une salle de … pachinkos ? Etrange, vraiment étrange. Mais bon, je ne connais pas du tout cela. Elle va récupérer un bac de taille moyenne, mettant des billes de métal à l’intérieur avant de le tendre vers moi.

« Nous allons jouer tous les deux ! Tu verras, Ric, c’est assez amusant ! »

« Mais cet argent … C’est le tien, non ? » dis-je, un peu confus et gêné.

« Pas vraiment … Plutôt celui du président de la Fronse, rien que ça. Hahaha ! Tu sais … Comme il avait prévu que je vienne avec toi, j’ai juste eu des fonds. Et puis zut, c’est le moment de s’amuser, non ? »

Pas vraiment, non. Mais je sais qu’elle ne me laissera pas m’occuper seul de tout cela. Je m’installe à côté d’elle, Séphyria faisant de même de l’autre côté. Alphonse et Roubé sont derrière nous alors que la Momartik met une bille dans un engrenage.

« Mais c’est un flipper ?! »

« A peu de choses près, on peut dire ça comme ça, Ric. » me dit la Momartik. « Même si c’est quand même plus compliqué que cela … Le but est de faire tomber la bille jusqu’en bas du Pachinko, dans le bon trou. Bien entendu, il faut que tu espères avoir de la chance et mettre la bille au bon moment, au bon instant … Bref … »

« Il y a peu de chances qu’elle rentre dedans, c’est bien ça ? Du moins, qu’elle arrive en bas. »

« Oh … Tu as très vite compris pourquoi je suis ici. Ne t’en fais pas, je tends l’oreille. Tu veux essayer ? Pendant que nous surveillons pour espérer avoir quelques informations ? »

« Je vais me rendre ridicule … et je ne veux pas que vous vous mettiez en danger toutes les deux. Pareil pour Alphonse et Roubé. »

« Oh … Tu oublies qui nous sommes, non ? Mais fais attention à toi, surtout. »

« … … … D’accord. J’aurai mieux fait de me taire. »

Je pousse un léger soupir alors qu’elle rigole à mes propos. Séphyria vient m’embrasser sur la joue, les deux femmes s’éloignant légèrement pour faire leur travail.

« Vraiment … Je ne suis pas doué pour ça. Pas du tout même. »

Car j’ai un peu remarqué aussi comment cela fonctionne. Ca ressemble un peu à un casino jipenais. Mais il faut reconnaître que c’est plutôt pas mal utilisé. Tout autour de moi, il y a des personnes de tout âge. Ça a l’air d’être une véritable institution.

A quelques mètres de là, deux agents de sécurité discutent entre eux, désignant Ric du doigt. L’un d’entre eux fait un geste de la tête pour dire à l’autre d’aller prévenir les autres. Visiblement, le poisson a été ferré. Il va être temps alors de le pêcher.

« Pfff ! Mais vraiment … J’ai pas de chances ou quoi ? »

Je suis pris dans le jeu mais qu’est-ce qui n’est pas plus rageant que se dire qu’on est si près du but hein ? Comment faire autrement ? Voilà le problème ! Voilà le gros problème même ! Quel idiot ! Mais quel idiot !

« Je sais parfaitement que c’est un attrape-couillons ! »

Mais je ne peux pas m’en empêcher. Et où est-ce que … qu’elles sont passées ? Et Alphonse ? Et Roubé ? Je suis seul ici ? Je ferai mieux de me dépêcher de terminer d’utiliser les dernières billes puis de partir. Si la Triafa gère la boîte, je ne suis pas en sécurité.

Chapitre 8 : Partit en chasse

Chapitre 8 : Partir en chasse

« Calsidya, est-ce que tu peux m’expliquer ce que tu faisais dans mon lit ? »

« Tu me tenais chaud, j’avais donc … »

« Ne te moque pas de moi, tu as dit que tu préférais tes bains plutôt froids. » coupes-je en la regardant fixement. Pourtant, elle ne bronche pas du tout, ne faisant que me sourire avec amusement. Elle trouve cela drôle n’est-ce pas ? Ca l’amuse de me voir pédaler dans la semoule de la sorte. Néanmoins, comme nous sommes tous les trois en train de déjeuner dans la chambre, Séphyria reste étrangement muette. Bon … Je ne vais pas m’emporter. « Ca ne change rien au fait que … Je voulais te poser une question. »

« Et ? Tu attends quoi pour me la poser, Ric ? Que je te force un peu ? »

« Non non … Je voulais savoir : est-ce grâce à toi … que je dors mieux ces derniers jours ? Attends avant de le dire. Quand je veux parler de bien dormir, c’est que je ne fais plus aucun cauchemar. Je sais que les pokémons spectraux sont capables d’une telle chose. Mais avant que tu ne parles … Je veux dire, c’est toi aussi qui me met ces rêves bizarres en tête ? »

« Oh … Tu veux parler de ces rêves où tu es seul avec moi et Séphyria ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Mais justement, est-ce que je peux te répondre maintenant ? »

« Tu le peux. Je ne vais pas t’arrêter. Alors … Qu’est-ce que tu veux dire exactement ? »

« C’est bien moi … Séphyria m’a parlé … du fait que tu faisais des cauchemars. Enfin, j’étais au courant depuis que j’ai appris pour la mort de Lania. Comme je ne suis pas aussi importante que Séphyria, je me suis dit que c’était une bonne façon de me montrer importante à tes yeux. Enfin … Je pense qu’à force, tu ne feras plus de cauchemars et … »

Je lui tapote doucement le sommet du crâne en signe d’affection. Elle semble apprécier grandement puisqu’elle penche sa tête en avant, quémandant quelques caresses. Mais qu’est-ce que je fais à caresser la chevelure d’une femme comme je le ferai à une fourrure de pokémon ? Néanmoins, cela semble embêter Séphyria, l’Altaria humanoïde arrivant vers moi à son tour, marmonnant qu’elle veut la même chose.
Euh … Oui ? Et là ? C’était plutôt embarrassant, très embarrassant même. Car bon, caresser le crâne de deux femmes, voilà quoi. Je suis sensé faire quoi ? Je ne sais pas mais je continue sans un mot. J’ai l’air ridicule, vraiment ridicule. Et l’histoire de la femme objet, j’ai vraiment l’impression de baigner en plein dedans.

« Euh … Les filles, sincèrement, ce n’est pas que … c’est gênant mais ça l’est. »

« Oh … Encore une ou deux minutes. Tu ne vois pas que ça fait plaisir à Séphyria aussi ? »

« Ce n’est pas que cela me plait plai … ooooh. »

La femme aux cheveux bleus trembla de tout son corps, comme excitée par mes caresses. C’est vraiment horrible, vraiment horrible. Enfin, non, je suis content que cela plaise à Séphyria et Calsidya mais quand même … C’est indécent.

Finalement, après dix bonnes minutes, je finis par avoir des crampes et j’entends des petites plaintes de la part de Séphyria et Calsidya. Le plus étonnant reste quand même Séphyria. J’ai l’impression que c’est la première fois que je la vois ainsi. Enfin … Aussi … vouloir s’attacher à moi ? J’ai du mal à raisonner correctement là.

« Bon, les filles, il faut que l’on descende. Roubé et Alphonse sont sûrement réveillés maintenant. Calsidya, ce soir, tu ne viens pas dormir dans notre lit, d’accord ? »

« Mais tu peux dormir dans le mien si tu as du mal à trouver le sommeil. »

« Hors de question. Mais merci quand même de t’occuper de moi. »

« Mais de rien, qu’est-ce que je ne ferai pas pour la personne que j’aime, n’est-ce pas ? »

« … … … Je … »


Je tente de lui répondre mais je ne préfère pas. J’en ai pas la volonté, ni l’envie. Je regarde juste Séphyria et je l’embrasse rapidement sur les lèvres. Je ne suis pas fait pour avoir une relation à trois. Pas du tout même. Je ne sais pas ce que j’ai de si spécial, je n’ai rien de spécial, je ne suis pas plus différent qu’un autre homme.

Voilà tout. Enfin, bon … Je préfère ne pas y réfléchir maintenant. Je laisse le temps à Séphyria et Calsidya de se préparer alors que je quitte déjà la chambre. Quand même, Calsidya, je le sais parfaitement. Elle ne blague pas, elle est sérieuse. Elle ne veut pas briser mon ménage avec Séphyria. Elle veut juste pénétrer à l’intérieur et trouver sa place. Mais à force, elle risque de l’obtenir ! Elle risque de la trouver ! Mais combien de temps est-ce que Séphyria tiendra ? Car je ne sais pas … Elle ne me semble pas jalouse, loin de là. En fait, je la trouve même très … adoucie depuis qu’elle est avec moi.

Peut-être que dans l’idée, c’est stupide … mais ça me fait penser aux pokémons sauvages que l’on capture. De vraies têtes de mule au départ mais à force, ils ne finissent pas te respecter et t’aimer. Je ne veux pas penser cela de Séphyria, pas du tout même. Finalement, les deux femmes sortent, habillées … comme si elles étaient représentées par leurs pokémons. Toute de bleu pour l’Altaria et le kimono blanc pour la Momartik.

« Ric … » murmure faiblement Séphyria avant de me prendre le bras.

« Qu’est-ce qui se passe, Séphyria ? Ca n’a pas l’air d’aller depuis quelques jours. »

« Je t’aime, je veux juste que tu le saches, d’accord ? »

« J’ai bien compris le message, Séphyria et c’est réciproque. Très réciproque. »

« Et moi donc ? Si je dis que je t’aime, Ric ? » me demande Calsidya en souriant. Et là ? Je suis sensé répondre quoi exactement ?

« Je ne sais pas … Je vais y réfléchir. »

« HEY ! C’est de la lâcheté ! Tu tentes de t’enfuir, Ric ! » s’écrit-elle alors que je souris devant sa réaction. Et oui, c’est exactement ça mais je n’en ai pas honte.

« Si vous avez le temps pour parler tous les deux, vous pouvez en avoir pour que l’on aille en bas ? Alphonse et Roubé nous attendent. Nous devrions nous rendre maintenant … Enfin, commencer à faire nos recherches dès maintenant. »

« Hmmm … Petite proposition : je vous sers de guide et je vous aide vraiment à trouver ce qu’il faut pour les coincer … et retrouver la personne que vous cherchez. »

« Mais … » dis-je, attendant la suite des propos de Calsidya alors que je sens que ça ne va pas me plaire … ou alors qu’à moitié.

« Je veux encore dormir dans votre chambre … et dans ton lit. C’est aussi simple que ça. Par contre, sauf si tu le veux, rien de sexuel. »

Mais pourquoi est-ce qu’elle balance ça en public ? PUNAISE ! Ca ne se dit pas ! Un peu de tenue quoi ! Rien d’autre ! RAAAAAAAAH ! Je me donne une claque, cherchant à lui répondre mais Séphyria est plus rapide :

« D’accord. Je veux bien. De toute façon, nous n’avons pas le choix. Ric risque de faire une rechute … et … cela ne me dérange pas. Mais je te rappelle que je suis sa favorite. »

HEY HEY HEY ! Et mon avis dans tout ça ? Sa favorite ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il n’était pas question de pokémon favori ! Ni même de femme favorite ! Roh bon sang ! Vivement que l’on se mette en mission car là, ça commence à me faire mal au crâne rien qu’à écouter ce genre de bêtises !

Chapitre 7 : Une nuit tranquille

Chapitre 7 : Une nuit tranquille

« Ah … Qu’est-ce que c’était bon comme bain ! »

Calsidya sort de l’eau, un sourire aux lèvres alors qu’elle a à nouveau ses habits bien qu’ils moulent un peu mieux ses formes à cause de l’humidité. Quelle idiote ! Mais quelle idiote ! Enfin, je préfère ne pas y penser et je m’installe sur le lit, à côté de Séphyria. Calsidya s’installe sur le sien. J’allume la télévision, commençant à zapper les chaînes.

« Qu’est-ce qu’il y a de bien sur ces chaînes ? D’ailleurs, Ric, je préfère te prévenir, je ne pense pas te faire la traduction des mots et … »

Elle s’arrête en même temps que je stoppe de zapper. Il faut dire que … ce genre de chaînes. Qu’est-ce que le Jipen a inventé ? Je … Oh … Je détourne le regard, légèrement répugné alors que Séphyria hausse un sourcil. Elle récupère la télécommande avant d’éteindre la télévision, prenant la parole :

« Je crois que cela … bien que Ric soit avec deux pokémons humanisés … est un peu trop tordu pour nous trois, n’est-ce pas ? »

« Des lycéennes qui se font violenter par des monstres tentaculaires, non merci. Vous imaginez ? Un Tentacruel humain qui fait ça ? Brrr ! »

Je suis quand même tordu … enfin, car je suis déjà avec une pokémon mais là, y a des limites. Ca n’avait rien … en rapport avec les pokémons ! C’était juste du sexe bestial et violent ! Les dessins animés jipenais sont vraiment glauques.

« Je préfère encore que ça soit avec un humain plutôt qu’avec un monstre de la sorte. Enfin, les pokémons sont majoritairement beaux ! Et puis maintenant que j’ai une forme humaine, je compte bien en profiter ! »

Calsidya se tourne vers moi mais je ne préfère pas lui répondre. Je ne suis pas d’humeur à faire ce genre de bêtises avec elle. Elle le sait pourtant, non ? Je suis fidèle … si tant soit peu on peut considérer cela comme de la fidélité.

« Bon … Visiblement, regarder la télévision n’est pas conseillé ici. Ils n’ont même pas de chaînes internationales et … »

« C’est le cas, Ric. Simplement, tu n’as fait que zapper sur les chaînes régionales. »

Séphyria me coupe la parole, me tendant une petite feuille en plastique avec le numéro et le nom des chaînes de différents pays. Je remarque surtout qu’il y a pas mal de chaînes pornographiques. Si j’avais été seul avec Séphyria, je …

« Oh et puis zut ! Je sais ce que tu veux, Ric ! »

Ce que je veux ? Elle me prend la télécommande, rallumant la télévision avant de zapper jusqu’à mettre une chaîne … de mon pays mais encore pornographique. Cela l’amuse ? A voir son sourire, on dirait que c’est le cas. Je ne sais pas … Quand elle fait cela, j’ai l’impression de revoir Lania … avec sa candeur sexuelle.

« Bon, regarde ce que tu veux mais aucun bruit ou geste … CALSIDYA ! »

« Hey ! Je suis désolée mais Séphyria a quelqu’un pour la contenter, moi, ce n’est pas mon cas. Et je te promets que ça ne sera pas plus que la poitrine ! »

« Mais pourquoi est-ce que tu n’as pas pris une chambre à part ? Surtout si c’est pour faire ce genre de choses perverses ! » dis-je avec effarement alors qu’elle a déjà rentré une main dans le haut de son kimono, le tissu bougeant au niveau du sein droit.

« Car je n’aime pas être seule … Ca me rappelle ma création … Si je suis enfermée, autant que ça soit avec quelqu’un d’autre … et que j’apprécie. »

« Je me suis un peu renseignée sur les pokémons qui ont été envoyés de Rousie vers la Fronse. Il semblerait que tu pleurais dans ta cellule là-bas ? Faiblement mais tu pleurais. » déclare Séphyria alors que Calsidya s’arrête dans sa petite caresse mammaire, retirant sa main.

« Je sais bien que tu ne veux pas que je me fasses bien valoir aux yeux de Ric mais quand même … Tu n’étais pas obligée de raconter cela. »

« Euh … Et si je dis que je trouve ça plus … mignon que gênant ? »

Je préfère régler le problème tout de suite avant que ça ne s’envenime entre les deux femmes. Pourtant, Séphyria ne lui veut pas de mal, loin de là. J’ai même l’impression qu’elle est un peu affectueuse envers Calsidya. Pourtant, entre une pokémon glace et dragon …

« Mignon ? Tu veux dire que je suis mignonne, Ric ? »

Je préfère ne pas répondre à Calsidya mais savoir qu’elle pleurait … Enfin, qu’elle montre un côté encore plus humain, cela prouve que les pokémons humanoïdes sont de plus en plus ressemblant à nous. Je ne sais pas si c’est une mauvaise chose ou non mais bon …

« Je vais aller me coucher. Vous pouvez continuer à regarder la télévision mais par pitié, ne mettez pas de son, d’accord ? »

Sans même attendre qu’elles me disent quelque chose, je vais m’enfouir sous les couettes, retirant mes habits dessous. Au moins, comme ça, Calsidya ne peut rien voir. Je regarde la jeune femme aux cheveux bleus ciel, celle-ci me fixant avec un sourire. Séphyria s’enfouie sous la couette à son tour, posant un rapide baiser sur mes lèvres.

« Bonne nuit, Ric. Fais de beaux rêves. »

« On va essayer, je ne peux rien promettre. » dis-je avec lenteur alors que je ferme déjà mes yeux. Collée contre moi, l’Altaria commence à chantonner doucement. Avec ça, je …

Je me réveille quelques heures plus tard sans pour autant ouvrir les yeux. Je ne suis pas encore bien réveillé mais j’ai dormi comme un Ronflex, incapable de me réveiller même si on m’aurait secoué pendant des heures. Mais ce rêve … J’ai fait le même rêve absurde qu’auparavant. Quand même … Est-ce que c’est une fantaisie sexuelle ? J’en ai vraiment envie ? C’est stupide, je sais mieux me comporter quand même.

Je bouge un peu pour reculer … avant de remarquer que je ne peux pas ? Qu’est-ce que … Un petit soupir de plaisir et je remarque que je suis pris en étau … dans un étau mammaire ? Ma pensée est vulgaire mais c’est comme ça que je l’imagine alors que je me retourne … pour me retrouver face au visage endormi de Calsidya ? HEY HEY HEY ! Trois dans le même lit ? Mais il n’y aura jamais assez de place !

« Mais qu’est-ce que je pense ? C’est pas ça le problème, c’est … »

Je m’arrête dans mes paroles, remarquant la main de Calsidya. D’après sa position qui est sur mon torse, j’ai l’impression … qu’elle l’avait posée sur moi pendant la nuit. Sur mon front ? C’est … Enfin … Maintenant que j’y réfléchis …

« Je dors bien depuis qu’elle est là. »


Enfin, bien … Façon de parler. Je ne rêve plus de Lania mais à la place, j’imagine des parties à trois … avec Séphyria et Calsidya. Rien que ça ! J’ai vraiment des perversités ancrées dans le crâne, remplaçant complètement Lania pendant mes nuits.

« J’ai plus l’impression que je dois te remercier … que de t’engueuler. »

C’est la remarque je dis à voix basse en regardant Calsidya. Lorsqu’elle sera réveillée, je lui parlerai de cela, pour être sûr que c’est bien elle … mais bon, en tant que pokémon spectral, ça ne m’étonnerait pas de sa part. Oui … Bon, bien entendu, je lui ferai quand même la remarque sur le fait qu’elle m’ait rejoint dans le lit.

Chapitre 6 : Rêves saugrenus

Chapitre 6 : Rêves saugrenus

« Séphyria … Est-ce que je … peux te parler ? »

Je suis confus, vraiment très confus alors que je remarque que je suis déjà dans un taxi, accompagné et entouré par Séphyria et Calsidya. Calsidya … Je rougis rien qu’en la regardant. Comment est-ce que j’ai pu penser une telle chose ?

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a, Ric ? Tu sembles assez troublé ? Tu as fait un mauvais rêve ? Encore une fois ? Hmm … C’est probléma … »

« Non non ! Je n’ai pas fait de mauvais rêves ! Pas du tout même ! C’est juste que j’ai fait un rêve étrange … où tu étais dedans. »

« C’est étrange que tu rêves de moi ? Attention, Ric. »

OUPS ! Elle me répond avec un faux énervement mais en un sens, il faut reconnaître que ce n’était pas sympathique de ma part de parler de la sorte. Comment est-ce que je peux rattraper mon coup ? AH ! Je sais comment ! Je reprends :

« Il y avait aussi Calsidya dans mon rêve. Enfin … Elle, je le sais aussi. »

« Tiens donc … J’espère que tu ne dis pas cela pour arranger les choses hein ? Car parler d’une autre femme et que tu rêves d’elle, Ric. Tu n’es pas très doué pour cela. »

La Momartik pousse un petit rire amusé alors que je préfère arrêter de parler ici. La raison est simple : si je signale pourquoi il y avait Calsidya et Séphyria dans mon rêve, je risque de me faire tuer par l’Altaria. Mais quand même, ne pas rêver de sa mort … et plutôt d’une perversité sans nom, ce n’est pas du tout mon genre. Je suis plutôt étonné.

« Et que fais-tu maintenant, Ric ? A quoi est-ce que tu penses ? Encore à ce rêve ? » demande Calsidya en me souriant tendrement. Etrange, ce sourire me parait un peu trop étrange à mon goût. J’ai l’impression qu’elle me cache quelque chose.

« Dis … Tu n’aurais aucun rapport avec ce rêve, hein ? Tu es une spectre à la base. »

« La confiance que tu ne possèdes pas à mon égard me fait du mal, Ric, beaucoup de mal. »

« Oh … Désolé, je ne voulais pas t’offenser. C’est juste que ce rêve était vraiment bizarre, très bizarre même. C’est bien la première fois que je rêve de toi. »

« Là, tu viens de m’offenser, tu vois ? » me dit-elle tout en rigolant, Séphyria poussant un petit soupir proche du faux désespoir.

Nous entendre parler de la sorte, ça doit surement lui taper sur les nerfs. Je suis vraiment absurde comme personne. Enfin bon, j’ai de la chance et je n’ai plus besoin de parler car nous arrivons dans un hôtel. Je sors déjà mon livre, ayant écrit les phrases à dire pour commander une chambre et autres formalités. Néanmoins, Calsidya fait un geste de la main.

« Laisse-moi donc m’en occuper, si tu veux bien, d’accord ? »

La laisser s’en occuper et comment ? Alors qu’Alphonse et Roubé nous rejoignent, je vois Calsidya qui s’approche de l’accueil, s’inclinant devant la personne qui s’en occupe … avant de parler dans une langue étrangère ? Attendez un peu, elle n’est quand même pas en train de … Ce n’est pas possible quand même !

« Calsidya ! Ne me dit pas que tu es … »

« Chut, Ric. Tu ne vois pas que tu me déranges ? »

Et voilà qu’elle recommence à parler dans la même langue que la personne en face d’elle. Ce n’est quand même pas ce que je crois, n’est-ce pas ? Elle n’est pas vraiment en train de parler dans cette langue ? Le jipenais ? Finalement, elle termine et se tourne vers nous, deux clés à la main. Elle a aussi payé l’hôtel ?

« Voilà donc une clé pour Roubé et Alphonse. Nos chambres ne sont pas voisines mais nous sommes au même étage. C’est juste au cas où, pour éviter les bruits sonores un peu trop fort. »

Les bruits sonores ? Qu’est-ce que ça veut dire … HEY ! Il y a un problème ! UN GROS PROBLEME ! Je viens d’y réfléchir mais où est notre clé à Séphyria et moi ? Il n’y a que deux clés ! Ce n’est pas normal ! Pas du tout normal même !

« Calsidya, je ne sais pas ce que tu manigances mais cela ne me plait que très moyennement. Où se trouve la clé pour notre chambre ? »

« Notre chambre ? Heureusement que tu parles à cette personne car oui, voilà notre clé pour notre chambre à tous les trois. J’ai demandé deux lits. »

OUI MAIS NON ! Ce n’est pas le problème ! Pas du tout même ! Le problème, c’est qu’elle dort avec nous ! C’est là le souci ! POURQUOI ?! Pourquoi est-ce qu’elle dort avec nous ? Et surtout, depuis quand est-ce qu’elle sait parler jipenais ?

« Tu te poses beaucoup de questions, n’est-ce pas, Ric ? Mais ne t’en fait donc pas. Je ne vous dérangerai pas pendant vos petites affaires … tant que j’aurai les miennes après. »

« Aucune petite affaire entre moi et toi ou entre moi et Séphyria ! Et surtout, vas demander une troisième chambre ! »

« Oh … Tu es sûr de vouloir parler de la sorte à la personne qui va vous servir de guide dans le Jipen ? Tu penses pouvoir te débrouiller avec ton petit livre ? » me dit-elle en rigolant.

« … … … Tu as tout manigancée depuis le début ? Tu es vraiment une créature maléfique. »

« Les spectres ne sont pas toujours faits pour être gentils, désolée ! »

Elle s’esclaffe alors que je regarde Séphyria. Celle-ci hausse tout simplement les épaules. Elle pourrait quand même se sentir un peu plus concernée ! Ca ne la dérange pas que … Non. Quand même pas ? Ce n’est pas comme si … Enfin bon … J’ai encore les paroles de Calsidya en tête. Elle a bien dit que les pokémons n’étaient pas … Enfin, ça ne les dérangeait pas d’avoir un seul et même dresseur pour plusieurs d’entre elles. Enfin … Elles … Je veux bien entendu parler de Calsidya et Séphyria. J’ai encore du mal à le croire.

Enfin bon … Maintenant, nous nous dirigeons vers la chambre ou normalement, je comptais me reposer. Mais visiblement, Calsidya en a décidé autrement. Alors que nous rentrons dans la chambre, je regarde les deux lits, Calsidya dénouant légèrement son kimono.

« Je vais prendre une douche si ça ne vous dérange pas. On ne dirait pas mais avec cette tenue, il fait terriblement chaud. Tu veux venir, Ric ? »

« Même pas en rêve. » répond-je avec lenteur alors qu’elle sourit, s’enfonçant dans la salle de bain. Quelques secondes plus tard, l’eau s’écoule lentement alors que Séphyria installe nos affaires. Je crois que nous allons rester ici pendant un bon bout de temps normalement.

« Quand même … Dormir avec une autre femme avec l’homme que j’aime … C’est saugrenu. Heureusement qu’elle dort dans un autre lit mais en même temps … Bien que je sois jalouse, je n’arrive pas à m’empêcher d’être … un peu triste pour elle. »

« Triste ? Mais pour quelle raison tu devrais être triste ? »

« Oh … Elle aime une personne qui la repousse. Imagine donc si c’était une pokémon, tu ne serais pas triste pour elle ? Si c’était une pokémon, tu n’aurais aucun mal à l’enlacer comme tu enlacerais une Altaria donc moi, n’est-ce pas ? »

« C’est vrai que … De ce point de vue, Séphyria. » bredouille-je avec lenteur, ne sachant pas vraiment ce que je peux dire d’autre après les propos de l’Altaria humanoïde. Ce qu’elle dit n’est pas faux du tout. Mais si je commence à les reprendre … enfin à les imaginer comme des pokémons, je vais me sentir comme tordu car oui, avoir des rapports sexuels avec une pokémon, je suis désolé mais c’est glauque. Enfin, si je la considère comme une femme, là, ça passe mais je ne peux pas … exprimer mon affection.

C’est stupide. Vraiment stupide même. Finalement, l’eau arrête de s’écouler mais je ne vois aucune buée qui sort de sous la porte. D’habitude, les femmes, ça préfère les bains chauds, non ? Je suis un peu inquiet quand même. Je murmure à Séphyria que je vais voir si Calsidya va bien ou non. Je toque à la porte, disant :

« Calsidya ? L’eau ne coule plus. Calsidya ? »

Elle n’a pas fermé la porte et je n’entends aucune réponse de sa part. Je rentre finalement à l’intérieur, ressentant aussitôt un grand froid. Qu’est-ce que … Il fait vraiment froid ici ! TRES FROID ! Purée ! Calsidya est bien dans l’eau, les yeux fermés, les bras sur le bord de la baignoire. Mais l’eau n’est pas transparente, loin de là. C’est tout le contraire, elle semble comme opaque. Je m’approche de Calsidya, plongeant un bras dans l’eau avant de le retirer, poussant un cri de surprise. C’est une eau gelée ?!

« Hmmm ? Ric ? Tu es venu pour me rejoindre dans le bain ? »

Calsidya se tourne vers moi, rouvrant ses yeux avec amusement. Elle trouve cela drôle ? Ma réaction ? Ce n’est pas mon cas pourtant. Elle se redresse, dévoilant sa poitrine … plutôt appétissante et aux tétons durcis par le froid mais je m’inquiète plus pour autre chose !

« Pourquoi est-ce que l’eau est gelée ?! Tu veux attraper froid ?! »

« … … … Ric ? » me dit-elle, se penchant en avant, sa poitrine posée sur le bord de la baignoire. Elle se retrouve en face de moi, me donnant une petite pichenette sur le nez. « Tu viens de faire preuve d’une grande idiotie. Je te laisse deviner pourquoi. »

« Si tu peux juste … cacher tes seins et les remettre dans l’eau … Ca déborde. »

Je dis cela mais il faut reconnaître que la jeune femme aux cheveux couleur blanc maintenant a son charme. Un peu trop. Mais je tente de comprendre et puis …

« Oh mais quel imbécile ! Tu es une pokémon de glace ! »

« Ca ne veut pas dire que je ne peux pas prendre de bains chauds si tu viens m’y rejoindre, Ric. Juste que je peux supporter ce froid avec aisance et … »

« Je ne te dérange pas plus. » coupes-je avant de fermer la porte derrière moi, un peu de sang s’écoulant de mon nez à cause de l’excitation.
Je sens que ça va être difficile de supporter cela pendant la durée de notre voyage au Jipen. Ca va être vraiment dur, très dur même. Et Séphyria qui me regarde avec neutralité … Elle n’en a rien à faire ou quoi ? Non … Ce n’est pas ça, elle a suivi toute la scène … mais cela ne la perturbe pas plus que ça. J’espère m’être bien comporté.