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Chapitre 25 : Vérité ou mensonge

Chapitre 25 : Vérité ou mensonge

« Ma mère … a créé Lania ? »

« Oh … Ce n’est pas totalement vrai. Indirectement, elle est responsable de la création de Lania mais peut-être qu’il est temps de t’expliquer exactement ce qui s’est passé depuis le début ? Qu’est-ce que tu connais exactement de ton père ? Un formidable policier, toujours prêt à servir son pays et toutes ces choses, n’est-ce pas ? »

C’est exact mais je ne réponds pas à Loïc. Je suis déjà un peu sous le choc. Que je le veuille ou non, ma mère est responsable à moitié de l’état de Lania. Je ne sais pas trop ce que je dois penser mais je tente de garder mon calme. Ça ne sert à rien de s’emporter, rien du tout hein ? C’est dans cet état d’esprit que j’attends qu’il continue sa tirade, il vaut mieux.

« Et moi ? Toujours à ses côtés. Tu sais que notre amitié existe depuis des décennies ? Nous étions à peine des enfants que nous étions déjà ensembles. »

Je dois contrôler ma rage. Qu’il parle ainsi de lui et de mon père … après ce qu’il a fait ! Après ce qu’il a fait ! Je ne peux pas le laisser continuer ! PAS DU TOUT ! Mais il va m’en apprendre plus sur ma mère … et je ne peux pas m’empêcher de vouloir l’écouter. Derrière moi, les soldats semblent aussi intéressés. En face ? Les pokémon à moitié humanisés ne bougent pas, attendant les ordres de Loïc.

« Ta mère ? Ah … Ta mère … Il faut vraiment avouer que c’était une sacrée femme. Moi, j’étais déjà mariée à une amie d’enfance que je connaissais depuis des années mais elle … Il faut dire que ton père est tombé sous son charme dès le premier coup d’œil. Nous étions en mission pour infiltrer la Triafa mais il a fallu que ton père et moi, nous prenions un peu de grade pour pouvoir obtenir le plus d’informations au sujet de cette organisation. En même temps, la rencontre avec ta mère s’est faite totalement par hasard. Tu te doutes bien, n’est-ce pas ? Ils se sont percutés dans l’un des couloirs de la Triafa alors que ta mère était venue pour une affaire importante, très importante à cause des dossiers. La théorie des coups de foudre existe bel et bien, je peux te l’annoncer ! »

Maman et papa … se sont rencontrés dans la Triafa ? Je suis né … Enfin … J’ai … Une relation avec la Triafa ? Je … Qu’est-ce que ça veut dire ? Je n’étais jamais au courant ! Et là … Je dois avoir l’air stupide, plus que stupide même.

« Ta mère était vraiment exceptionnelle. Une perle dans tout ce qui se rapporte au monde de la science pokémon mais aussi dans la génétique. Mais ce n’est pas tout. En plus d’être intelligente, elle était douce et gentille. Tu peux le dire ainsi : ta mère était une perle rare. »

« Je ne l’ai jamais connue … » marmonne-je alors que Loïc fait un grand sourire.

« Dommage que tu sois responsable de sa mort, n’est-ce pas ? Mais tu ne pouvais rien y faire de toute façon. Elle était … destinée à cela. Mais en même temps, il faudrait aussi te remercier. C’est bien grâce à toi que la Triafa a pu avancer dans ce domaine. »

Grâce à moi ? Qu’est-ce que j’ai encore fait ? Je ne comprends pas. Pas du tout ! Il ne va quand même pas me dire que je suis le fruit d’une expérience ou autre hein ? Je suis tout simplement un humain ! Un être humain ! Tout ce qu’il y a de plus normal !

« Tu te demandes comment tu as pu aider, n’est-ce pas ? Disons qu’après plusieurs années dans la Triafa, alors que ton père et moi étions infiltrés depuis tout ce temps, il a fallu qu’une heureuse nouvelle se fasse voir. Après tout ce temps, ta mère est finalement tombée enceinte et ce fut comme un déclic chez elle ! »

« Un déclic ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Depuis des années, ta mère était bloquée sur cette idée de donner une forme humaine aux pokémons. Il faut savoir que ta mère était un peu « spéciale » en un sens. Elle envisageait une meilleure compréhension des humains envers les pokémons. »

« Alors pourquoi est-ce qu’elle était dans la Triafa, hein ?! »

« Hum ? Tu sais … Quand tu as des moyens aussi importants que la Triafa, des fois, ta déontologie fait juste faux bond et elle a envisagé ce qui était le mieux pour elle. Si elle voulait réussir et surtout pouvoir commencer ses recherches, elle devait rejoindre la Triafa. »

« Mais où est-ce que … je suis venu l’aider ? »

« Disons que le fait qu’elle soit enceinte lui a donné un petit coup de boost mais surtout de réflexion. Lorsque l’on a son propre corps pour se renseigner sur l’ovulation et toutes ces choses, on n’avance beaucoup plus qu’on ne le croit. Du moins, c’est ainsi que ta mère voyait les choses. Vraiment … Elle était formidable. Alors que pendant plusieurs années, elle n’avait pas avancé ou à peine, là, en quelques mois, elle avait réussi à créer enfin ce que la Triafa attendait d’elle : des pokémons humanisés. Mais complètement ! Attention, il y a une nuance, Ric. Je pense que tu as pu le remarquer : Lania est différente de Séphyria. »

« Séphyria ressemble vraiment à une humaine … Oui. Mais Lania est à mi-chemin. »

« Car voilà ! Séphyria et Emairon sont deux des quatre créations de ta mère ! Nés six mois avant toi, alors que tu étais depuis trois mois dans le ventre de ta mère, ils ont été une véritable réussite. Quatre embryons contenant l’ADN de différents pokémons mais aussi d’humain. Quelle belle réussite, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu en penses de Séphyria ? »

« Elle est humaine comme les autres … Du moins, elle ressemble vraiment à une humaine. »

« C’est exact ! Mais voilà … Ce que ta mère a réussi … est quelque chose de magnifique. Dommage qu’elle soit morte à ta naissance. Car elle a emporté toutes ses connaissances avec elle dans la tombe. Tu vois maintenant le résultat, n’est-ce pas ? »

Il désigne Lania du regard et l’observe avec condescendance. Je ne supporte pas ce regard ! Surtout pas après ce qu’il vient de dire ! Comment est-ce qu’il se permet de penser ainsi de Lania hein ? COMMENT ? Je l’en empêcherai ! Mais je ne sais pas comment !

« Tout ce que nous avons créé a été voué à l’échec ou presque. Néanmoins, nous sommes en train de progresser. Je ne sais pas ce que ta mère a fait exactement pour accomplir une telle prouesse mais tu devrais en être fier. »

« J’ai toujours été fier de mes parents. Je ne crois pas qu’Alphonse puisse dire de même de son père. » dis-je, faisant mouche alors que Loïc fronçait les sourcils.

« Il y a des choses qu’un enfant ne devrait jamais savoir. Néanmoins, maintenant que je t’ai tout raconté, tu vas pouvoir discuter avec tes parents. »

Discuter avec mes parents ? Il me faut peu de temps avant de comprendre où il veut en venir. Je me mets aussitôt en garde, du moins, le mieux que je peux avec mon pistolet mais je ne m’attendais pas à ça. Pas du tout même.

« C’EST DONC LUI LE RESPONSABLE ! »

Un mur vole en éclats au même moment où une voix féminine se fait entendre. Séphyria a utilisé toute sa force et sa rage pour exploser le mur alors qu’elle apparaît, ses yeux saphir envahis par la haine. C’est moi qu’elle vise.

« C’EST TOI ! C’est toi ! C’est à cause de ta mère que tout ça s’est produit ! »

« Oh … Visiblement, Séphyria écoutait aux portes. Une très mauvaise manie. Je suis sûr qu’Emairon a fait de même. Sur ce … Je vais devoir me retirer. »

« ATTENDS UN PEU ! » hurle-je avant de me mettre à courir vers Loïc. Je ne peux pas le laisser s’échapper maintenant. Je ne peux …


Je me retrouve projeté au sol, Séphyria ayant utilisé ses pouvoirs liés au vent pour me forcer à rester fixé au sol. Je … Je crois que c’est mal barré pour moi. Elle serre les dents avant de dire avec colère :

« Tu ferais mieux de te préoccuper de ta petite personne ! Espèce de sale … »

« Je ne suis pas responsable de ce que ma mère a fait ! Et je suis sûr qu’elle a fait ça car elle pensait que c’était une bonne chose ! »

« NE CHERCHE PAS D’EXCUSES ! Si je ne peux pas me venger de la mère, je vais le faire sur le fils ! EMAIRON ! Occupe-toi de Lania pour qu’elle ne puisse pas l’aider ! »

Ça commence à sentir le roussi. Séphyria a un pied posé sur mon ventre alors que Lania se téléporte à sa hauteur. Néanmoins, la Gardevoir est projetée en arrière, Emairon se présentant à elle. J’entends le rire de Loïc, celui-ci disant :

« Occupez-vous donc de ces soldats. Qu’ils disparaissent tous. »

Il vient de donner l’ordre à ces pokémons à moitié humains de nous attaquer ? Et Séphyria me bloque au sol, qu’est-ce que je suis sensé faire maintenant ?

Chapitre 24 : Amères retrouvailles

Chapitre 24 : Amères retrouvailles

« Comment … Qu’est-ce que tu fais ici ? Je ne devrai même pas te vouvoyer. »

« Oh … Ce que je fais ici ? Et bien … Il semblerait que tu poses de nombreux problèmes à la FAPC et indirectement à la Triafa. »

Il parle avec neutralité ou presque. Je sens une pointe d’amusement dans la surprise que j’ai à le voir en face de moi. Lania est à côté, un peu inquiète tandis que les soldats restent immobiles, mettant en joue les personnes devant eux.

« Comme tu peux le voir, je ne suis pas venu seul. Je te présente donc notre avancée dans le domaine de la création de poké-humains. De véritables marionnettes ! On leur donne un ordre, elles obéissent. Démonstration ? Salamèche, fais donc une flammèche. »

Un homme aux cheveux couleur carotte et à la queue au bout enflammée ouvre la bouche, crachant une petite flamme devant lui. Les soldats semblent impressionnés, reculant un peu alors que Loïc éclate de rire. Il s’attendait à une telle réaction.

« De véritables poupées incapables de réflexion. Un peu comme si tu faisais un combat de pokémons mais avec des êtres humains. »

« Je vois que le temps ne t’a pas amélioré … mais je vais corriger mes erreurs ! »

Je pointe déjà mon arme vers lui mais Lania m’en empêche. Si je fais ça, tout le monde va m’attaquer et là … elle-même ne pourra pas me protéger. Je ferai mieux de me calmer et …

« Qu’est-ce que tu viens faire ici ? »

« Tu sembles avoir la mémoire très courte, n’est-ce pas, Ric ? Je viens de te l’annoncer. Je suis venu stopper tes idioties. Néanmoins, tu sembles ne pas vouloir te laisser faire, n’est-ce pas ? Je vais donc devoir employer la manière forte. Tu devrais remercier ta mère pour ce merveilleux projet qui est à côté de toi ! »

Ma mère ? De quoi est-ce qu’il parle ? Il parle bien de ma mère là ! Qu’est-ce que ça veut dire ? QU’EST-CE QUE CA VEUT DIRE ? Brièvement, je remarque une ombre aux cheveux bleus derrière Loïc. Séphyria est là ? Et Emairon ? Je ne sais pas … Mais c’est à peine s’ils se présentent avec les autres.

« Tu me sembles plutôt évasif … et peu conscient de la situation, n’est-ce pas ? Tu ne sembles pas prendre au sérieux mes paroles. Peut-être même que tu sembles plus calme et réfléchi. Auparavant, mes propos t’auraient mis dans une colère noire … comme la dernière fois. »

« Je n’ai pas de temps à perdre avec ma colère. Je veux juste que tu meures. »

Mais en même temps, ce n’est pas Loïc que je regarde mais Séphyria. La femme aux cheveux bleus est assez loin par rapport à Loïc et elle est bien accompagnée d’Emairon. S’ils attaquent tous, nous sommes foutus. Pourquoi ? Car il n’y a que Lania comme pokémon de notre côté. Du moins, c’est ce que je crois jusqu’à ce que j’entende plusieurs pokéballs qui s’ouvrent. Ah oui ! Même s’ils ne sont pas humains, il y a quand même des pokémons « basiques » plutôt puissants ! Mais au moins, les soldats sont au courant que la situation va dégénérer d’un moment à un autre.

Comment faire … Les paroles de Loïc me perturbent. Comment est-ce que l’on peut faire ? Je regarde maintenant Lania, cherchant à … Je dois rester calme. En regardant Séphyria, ça va quand même plus facilement. Finalement, Loïc remarque mon regard, tournant sur lui-même pour voir l’Altaria. Il lui dit :

« Vous voilà donc … tous les deux. Visiblement, vous n’êtes pas capable de faire un travail un tant soit peu respectable, n’est-ce pas ? »

« Je suis désolé, messire Loïc. » murmure Emairon faiblement, la tête baissée. Il ne semble pas aussi … droit qu’avant. Il me donne même l’impression d’être plus que petit « physiquement ». Séphyria aussi, elle … Elle me semble moins imposante qu’auparavant. Même si elle ne répond pas et qu’elle reste fière, je la vois qui tremble très légèrement.

« Quant à toi, Séphyria. On m’a appris ce que tu as commis comme acte dernièrement. Il semblerait que tu commettes de plus en plus de bêtises, n’est-ce pas ? »

« Ce ne sont pas des bêtises, seulement des principes. »

« Des principes qui font qu’un ennemi récurent de la Triafa a survécu … alors que ça ne devrait pas être le cas, n’est-ce pas ? Sais-tu ce qui t’attends ? »

« Je le sais parfaitement. » souffle-t-elle en détournant la tête, serrant les dents.

« Nous avons déjà préparé une liste de personnes potentielles. »

Une liste de personnes potentielles ? Je cligne des yeux plusieurs fois à la suite, cherchant à comprendre ce qu’il veut dire par là. Pourtant, comme si j’étais transparent, il reprend :

« Tu seras obligée d’en choisir une contrairement aux autres fois. Tes trop nombreuses erreurs ont coûté beaucoup à la Triafa. »

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demande-je alors que Loïc repose enfin son regard sur moi.

« Hum ? En quoi cela te concerne. Normalement, tu as déjà Lania Lezuna avec toi, non ? Depuis le temps, tu as l’as surement inséminée, non ? Ou alors, tu as finalement commencé à t’en rappeler ? »

« Je n’ai rien fait de tout ça à Lania et je ne vois pas de quoi tu parles. Visiblement, l’âge n’améliore pas ton langage, Loïc. »

« Et je vois aussi que tu as toujours des répliques acerbes. Tant mieux … Cela n’en sera que plus distrayant. Séphyria, Emairon, partez d’ici, un hélicoptère vous attends. »

Les deux pokémons humanisés ne lui répondent pas, Emairon hochant la tête alors que Séphyria pose le regard sur moi. Nous nous regardons fixement tous les deux. Elle a quand même des yeux saphir vraiment magnifiques. Je cligne plusieurs fois des yeux à mon tour, la fixant longuement. Nous n’avons rien à nous dire tous les deux. Elle s’en va elle aussi.

« Maintenant que nous sommes seuls, nous allons pouvoir enfin parler … et nous battre, n’est-ce pas, Ric ? Je suis sûr que tu en meures d’envie. »

« Je ne vois pas pourquoi je serais mort d’envie de vouloir ta mort. Elle va arriver bien assez tôt, je n’ai pas grand-chose à faire et … »

« Quand même … Quel dommage que tu n’étais encore qu’un enfant, non ? Est-ce que tu rappelles à quel âge tu es venu vivre chez moi, Ric ? »

« Cela devait être aux environs de cinq ans, je crois … Lorsque mon père est mort ou peu de temps après, pourquoi est-ce que tu dis ça ? »

Je ne vois pas où il veut en venir. Je ne sais pas du tout ce qu’il manigance mais je sais déjà à moitié que ça ne va pas me plaire. Je n’aime pas quand on commence ainsi. Souvent, ça risque de poser un gros problème. Qu’est-ce qu’il … prépare ? Qu’est-ce qu’il … Et ce sourire. Je commence à respirer bruyamment, mon cœur battant la chamade.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Arrête de tourner autour du pot ! »

« Qu’est-ce que ta mère faisait comme métier ? Est-ce que tu le sais exactement ? »

« Je crois avoir déjà posé souvent la question mais … Non … Ce n’est pas exactement ça. Je sais juste que mon père est mort dans l’exercice de ses fonctions. Mais non, à part qu’elle est morte à ma naissance, je ne crois pas m’être renseigné sur ce qu’elle faisait. »

« Chose tout ce qu’il y a de plus normal puisque toute trace a été effacée à son sujet. »

« Qu’est-ce que … »

« Si tu ne comprends pas correctement mes propos, je vais donc être plus clair : ta chère mère, paix à son âme, était quelqu’un d’assez important dans la Triafa. Ta mère était réellement un génie. Ce n’est pas peu de choses que de dire ça. Si tu veux tout savoir, c’est grâce à elle que cette chose se trouve à tes côtés. »

Cette … chose ? Je le vois poser ses yeux sur Lania. Comment est-ce qu’il ose l’appeler ainsi ? MAIS SURTOUT … Ma mère … a créé Lania ? Loïc est en train de sourire, il sait parfaitement l’effet qu’il vient de produire sur moi après ses paroles.

Chapitre 23 : De simples poupées

Chapitre 23 : De simples poupées

« Alors ? Quelle est la situation ? »

« Plutôt préoccupante si vous voulez tout savoir. On n’arrive à pénétrer à l’intérieur mais rien n’y fait malheureusement. On ne peut pas vraiment avancer à cause de tous les soldats de la FAPC à l’intérieur. Nous tentons de les prendre à revers et par divers endroits mais pour le moment, nous ne pouvons pas faire grand-chose malheureusement. »

Hum. C’est préoccupant oui. Les soldats de la Calambie risquent de perdre beaucoup d’hommes si cela continue. Mais tous sont prêts à mourir s’il le faut. Même si j’aimerai bien que ça ne soit pas le cas. Je ne suis pas adepte des sacrifices. Je regarde Lania, essayant de voir si elle a une idée ou non. D’après ce que je crois lire sur son visage, ça semble être le cas. D’ailleurs, elle s’adresse à moi mentalement.

« Ric … Il est temps que je révèle mes pouvoirs. Même si … Je sens qu’ils vont être dégoûtés, c’est mieux … et ça nous permettra d’avancer. »

« Je me fiche de ceux qui te jugent. Fais-le donc, Lania. Tu as mon « autorisation ». » répond-je par la pensée alors qu’elle me fait un petit sourire.

Le combat change rapidement de scène. Maintenant qu’elle se révèle à tous et à toutes, Lania fait tout simplement le ménage. Avec facilité, elle repousse les ennemis grâce à ses pouvoirs psychiques. Qu’est-ce que cela serait si … elle était « libérée » comme elle me le demandait depuis si souvent. Enfin … Maintenant, ce n’est plus le cas.

« Mais … C’est une pokémon ? Comment est-ce que … »

« Je suis avec vous. Ne soyez donc pas effrayés par ce que je fais. Je viens vous épauler. »

Elle tente de les calmer avant même qu’ils ne prennent la parole. Elle a une certaine beauté indéniable. Il faut dire que les Gardevoirs à la base sont des créatures humanoïdes assez tendres et très amicales. C’est peut-être pour ça que les soldats ne sont pas effrayés.

« Je vais vous ouvrir une voie. A partir de là, vous pourrez pénétrer. »

« Mais si cet homme Joliflor nous attaque, qu’est-ce que … »

Elle ne répond pas, faisant flamber son poing pour leur montrer ce qui se passera si cet homme venait se présenter à eux. Il y a de fortes chances qu’il soit consumé par les flammes de la Gardevoir. Moi ? Je la regarde toujours avec amusement, gardant mon pistolet en main. Il est temps d’y aller. Ou plutôt … de rester un peu en retrait pour continuer d’observer la situation. Je ne peux pas faire de bêtises.

« Pendant ce temps, je vais vérifier les informations obtenues. »

Je pense qu’il vaut mieux ne pas trop se précipiter. Je risquerai de le regretter si je fais une telle chose. Je suis sûr … que tout va bien se passer mais bon … J’en suis sûr, n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce que je me sens aussi fébrile ? Pourquoi ? Peut-être à cause de Lania ? Du fait qu’elle n’est plus tout le temps à mes côtés ? Malgré les apparences ?

Je ne sais pas … Je ne sais vraiment pas … POURQUOI je suis aussi perdu depuis ces derniers jours ? POURQUOI ? HEIN ? POURQUOI ? Je laisse Lania toute seule ou plutôt en compagnie des soldats alors qu’ils lui posent des questions.
Je préfère ne pas y réfléchir … Je préfère laisser passer les évènements … et les heures. Pendant qu’elle épaule les soldats, moi-même, je reste là, à observer tout ce qui se passe avec les lieutenants. Comme je suis quelqu’un « d’important » selon l’armée calambienne, j’ai le droit de rester pendant les réunions.
Des réunions plus compliquées que je ne pourrai le croire. Je regarde les lieutenants et autres gradés qui parlent entre eux. Le temps passe et je ne dis pas un traitre mot. Je suis là, attendant que tout se termine.


Lania revient quelques heures plus tard et je lui demande comment ça s’est passé. Elle me signale que normalement, dès demain, l’armée pourra pénétrer dans les dernières bases de la FAPC mais en même temps, elle a cru apercevoir des véhicules volants dans le ciel. Ce n’est pas rassurant, loin de là mais bon … Je ne peux rien y faire malheureusement.

La nuit passe tranquillement. Pourtant, Lania ne vient pas me rejoindre dans l’une des tentes. Il semblerait qu’elle soit devenu une certaine coqueluche et cela en aussi peu de temps. Je m’endors, évitant de réfléchir au fait que je me sens abandonné. Et le lendemain matin … J’ai la surprise de voir qu’elle est déjà debout, parlant avec les différents soldats.

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Je me pose cette question à voix haute alors que je cherche une explication raisonnable. Une explication qui me permettrait de savoir ce que je fais actuellement. Mais rien de rien. Rien n’arrive dans ma tête et me permettrait alors de savoir tout ça. Mais pourquoi ? POURQUOI ? POURQUOI ? Je regarde Lania qui semble rire … Ah … Je l’ai peut-être retenue pendant des mois … pour rien ?

Car oui, elle est plus qu’acceptée. Je me faisais … du souci pour rien. Je suis bête. Vraiment bête. Je ferai mieux de me concentrer sur l’objectif principal : rayer la FAPC de la Calambie. Je m’en vais de mon côté, demandant à participer aux opérations. On me signale qu’avec ce qui s’est passé hier, l’assaut sera lancé très bientôt.

J’ai juste à attendre quelques minutes. Je jette brièvement quelques regards à Lania, celle-ci me saluant d’un geste de la main avant de recommencer à parler avec les soldats de Calambie. Peut-être que … je suis le seul réellement à être « dégoûté » qu’elle soit à moitié humaine ? Ou alors, ils cachent leurs dégoûts ?
J’ai besoin de me vider l’esprit. J’ai besoin de souffler ! J’en ai vraiment besoin ! Il faut que je m’éloigne de tout ça ! Les opérations vont commencer ! J’en ferai partie ! Je serai de la partie pour aujourd’hui ! C’est comme ça et pas autrement ! Je dois me rassurer. Je suis complètement déboussolé. Lania s’approche de moi sans même que je ne le remarque.

« Ric ? C’est l’heure. Je reste à tes côtés. »

« Tu n’y es pas obligé, tu le sais hein ? Je préfère que tu sécurises les soldats. »

Elle ne comprend pas mes paroles et je lui demande de ne pas lire dans mes pensées. Je ne veux pas qu’elle sache que je ne lui en veux pas. Bref … Qu’elle est à moitié responsable de mon état émotionnel. Elle me répond :

« Je viens avec toi, Ric. Même si je n’y suis pas obligée. »

J’aimerai bien sourire mais je ne suis pas sûr que ça soit possible. Finalement, tout commence et je me mets à ses côtés comme elle le voulait. Le bunker de la base, du moins, sa « face visible » est celle d’un dôme de métal recouvert par la verdure.


Des corps s’amoncèlent un peu partout sans que j’y jette un coup d’œil. Le premier assaut est lancé, puis le second et enfin le troisième, celui dans lequel nous nous trouvons, Lania et moi. Nous pénétrons de force dans la base avec les soldats de l’armée de Calambie.
C’est vrai … Ca semble être un véritable labyrinthe mais aussi un village souterrain. Ils sont ordonnés, très ordonnés. Nous pénétrons dans des chambres, des cuisines, des cantines, il y a de tout ici. Même des endroits pour faire pousser des légumes grâce à des lampes attachées au plafond. C’est vraiment impressionnant. Pendant que nous visitons ce potager souterrain, je regarde Lania et les soldats. Nous devons faire attention.

« Aucune trace d’Anaïs, n’est-ce pas ? » demande-je à un soldat alors qu’il hoche la tête positivement. Rien de rien malheureusement.

« Peut-être que ce n’est-ce pas cette personne que tu recherches réellement ? »

Hein ? Les soldats comme moi et Lania nous retournons alors que plusieurs hommes et femmes habillés d’haillons de différentes couleurs. Mais ce n’est pas eux que je regarde … C’est plutôt l’homme d’âge mûr qui se trouve derrière eux.

« Surpris, Ric ? » reprend le vieil homme alors que je commence à l’identifier. Il porte un chapeau borsalino mais ça ne m’empêche pas de me dire qu’il ressemble à quelqu’un que je connais. Cette moustache et … AH ! Il retire son chapeau, montrant son crâne dégarni. Aussitôt, je m’écrie :

« Loïc Stein ? Qu’est-ce que tu vous … »

« La prochaine fois, Ric. Si tu veux réellement tuer quelqu’un, je te conseille de viser dans la tête. D’ailleurs, tu as visé un peu n’importe comment … Mais au moins, toutes les balles se sont logées dans le gilet que je portais. »

Loïc est vivant … Il est vraiment vivant. Mais … Mais cette fois-ci, il ne cache plus son appartenance à la Triafa.

Chapitre 22 : Arrivée de renforts

Chapitre 22 : Arrivée de renforts

« C’est bien plus problématique que prévu. »

Je parle en même temps que la femme à l’écran sur la télévision. Il faut dire que je me tiens au courant des dernières informations et elles ne sont pas joyeuses. Bien entendu, il y a des journalistes de terrain mais ce n’est pas ça le problème.

« Ric … Ces explosions et ces attentats … au sein même de l’armée … Est-ce que ça veut dire ce que je pense ? » me demande Lania avant que je n’hoche la tête.

« Il semblerait que ça soit très mal parti si tu veux tout savoir. Du moins, que ça ne soit pas aussi simple que ça. Même si l’armée internationale arrive, le gros problème sont les pokémons humanisés. Ils sont vraiment capables de faire bien mieux que ce que je ne le pensais … Ils ont pu apercevoir un homme aux cheveux verts avec des fleurs sur le crâne. D’après la description, j’en ai déduit que c’était un Joliflor. »

« Ce n’est pas un pokémon plante ? Comme l’Haydaim ? »

« C’est pourtant le cas. Je dois t’avouer que ça ne me rassure pas du tout. »

Mais je ne sais pas vraiment ce que je peux faire d’autre. Pour le moment, même si ça ne fait qu’une journée, je dois encore me reposer. Après les évènements de la dernière fois, c’est la moindre des choses même si je suis un peu pressé de retourner sur le terrain. Car oui, je veux régler cette histoire et retourner en Fronse. J’aimerai aussi en terminer définitivement avec la Triafa mais je ne dois pas rêver. Je ne suis qu’un homme et rien d’autre.

« Lania ? Si tu es prête, je vais contacter l’armée pour que nous nous rendions là-bas. »

« Si tu penses que c’est le meilleur moyen … Je suis prête depuis le début. »

« Tant mieux alors. » souffle-je avant de soupirer légèrement. Je ne me sens pas rassuré le moins du monde avec toute cette histoire. Je manque de confiance, ce n’est pas normal.

Pas normal du tout mais je ne peux pas l’expliquer. Je regarde Lania, celle-ci me faisant un petit sourire. Je me lève du lit sur lequel je m’étais couché, réfléchissant à la situation. Qu’est-ce que je dois faire ? Ah oui … Passer un appel. Peut-être que Casior a quelque chose à m’apprendre ? Je commence à le contacter, attendant qu’il décroche mais ce n’est pas lui mais Alphonse qui me répond.

« Ric ? Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai appris au sujet de la Calambie. »

« Ce n’est pas très joli, je le sais parfaitement. Mais bon, c’était surtout pour savoir si tu avais des nouvelles à nous donner ou non. »

« Des nouvelles ? Pas forcément des bonnes si tu veux tout savoir. J’ai appris au sujet de la base de la FAPC. Nous avons envoyé des hommes sur le terrain. Enfin, pas moi personnellement mais la Fronse. »

« Et donc, ce n’est pas une bonne nouvelle ? J’ai du mal à te comprendre. »

« Ce n’est pas là où je voulais en venir. » déclare la voix d’Alphonse dans le portable alors que j’hausse un sourcil, invisible pour lui puisque je ne l’ai pas en face.

« J’y viens justement. Je veux te prévenir que malheureusement, il semblerait que des mouvements suspects de la Triafa se sont fait voir dernièrement. Plusieurs avions sont partis en direction de la Calambie. »

« Des renforts aussi pour eux ? Je ne pensais pas que la FAPC était aussi importante pour eux que ça … Même si dans le fond … Ca ne m’étonne pas. »

« Tu devrais plutôt être étonné, Ric … car il y a des chances que ça ne soit pas pour la FAPC qu’ils viennent mais pour toi. »

Heureusement que Lania n’entend pas ce qu’Alphonse dit. Heureusement qu’il ne parle pas trop fort et que je n’ai pas de quoi mettre un haut-parleur sur mon portable. Moi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Je sais bien que je suis un peu visé mais quand même …

« Est-ce que tu es sûr de ça, Alphonse ? Pourquoi ? »

« Nous avons pu écouter une conversation et la retranscrire. C’est ce qui a été signalé, je ne te fais que rapporter ce que j’ai entendu. Je suis désolé mais il faut que tu fasses extrêmement attention, d’accord ? Il se peut qu’ils aient envoyé plusieurs de ces … pokémons humanisés pour venir te chercher et t’éliminer. »

« Ils peuvent toujours courir. Je ne suis pas du genre à me laisser faire. »

« Ric ? De quoi est-ce que tu parles ? » me demande subitement Lania, se levant pour venir me rejoindre. Et merde ! J’ai fait une connerie là !

« Je te rappelle, Alphonse ! J’ai autre chose à régler ! »

« Hey ! Mais attends, je ne t’ai pas encore prévenu que … »

Je coupe la communication, me tournant vers Lania tout en souriant un peu nerveusement. Je vais avoir du mal, beaucoup de mal là. D’ailleurs, elle a déjà la main qui se tend vers moi, me souriant avant de dire :

« Est-ce que tu veux que je lise dans tes pensées ? Ou alors, tu vas me le dire ? »

« La Triafa a envoyé des renforts juste pour tenter de m’éliminer. »

« … … … Ce n’est pas très drôle. Tu n’as même pas essayé de résister ne serait-ce qu’un peu. » murmure-t-elle sur un petit ton déçu.

« Disons que ça ne servait à rien de me battre contre toi à ce sujet. Enfin … Voilà, tu es maintenant au courant. C’est tout ce que j’avais à te dire. Désolé, Lania. Ce n’est pas très joyeux mais bon, ça ne va pas m’empêcher d’y aller, je te préviens. »

« Et moi de t’accompagner. Tu les rappelles une nouvelle fois ? Du moins, cette fois-ci, tu appelles pour prévenir qu’on va sur le terrain nous aussi ? »

Ouf … Elle n’a pas fait de cinéma comme quoi c’est trop dangereux ou autre. Je suis aussi un peu déçu qu’elle ne se préoccupe pas plus que ça de ma santé. Je crois que je suis en train de faiblir psychologiquement. Ne plus être son centre d’intérêt m’attriste un peu. Je passe un coup de fil, des hommes viendront nous chercher dans quelques heures.

J’ai donc le temps de me préparer normalement. Je demande à Lania de faire de même mais au final, qu’est-ce que nous avons à préparer ? A part mes balles dans mon pistolet, voir si mes deux pokémons vont bien … et je suis prêt. Oh … Prêt mais anxieux en même temps. Je ne suis pas sûr de la démarche à suivre. Si je revois Séphyria, qu’est-ce que je suis sensé faire ? Si je revois Emairon aussi ?

Ces deux pokémons ressemblant parfaitement à des humains … Je ne sais pas … Je ne sais pas ! JE NE SAIS PAS ! Ca m’enrage intérieurement de ne rien savoir ! Je ne suis plus un policier ou quoi ? A la base, je suis là en quête d’informations ! Rien d’autre ! Et là … Je n’ai rien … Rien du tout. Je ne sais pas ce qui m’attends réellement.

« Ric ? Tu ne parles plus depuis que nous sommes montés dans l’avion. »

Cela fait maintenant quelques heures et je suis bel et bien dans l’hélicoptère, assis à côté de Lania. Elle a remarqué mon air préoccupé. Je ne peux pas lui mentir car ce n’est plus possible. Je peux donc juste faire autre chose …

« Ce n’est pas quelque chose qui te concerne, Lania. Je suis désolé mais je préfère ruminer mes pensées tout seul si ça ne te dérange pas plus. »

« Comme tu veux … Je ne vais pas te forcer à te confier à moi. »

Tant mieux, c’est une bonne chose. Je pense à Séphyria. C’est bête mais je pense à elle. J’aimerai vraiment pouvoir lui parler au calme … comme je peux le faire si souvent avec Lania. Mais ce n’est pas possible, c’est une ennemie.

C’est une ennemie … Une ennemie. Je me focalise sur cette idée. Nous ne sommes pas alliés ou autres. Peut-être que sa rune voulait me tuer ? Peut-être que sa rune lui permet de m’avoir sous son contrôle ? Et si sa rune se retirait, est-ce que le poison reviendrait en moi ? Il faut que j’envisage le pire. Je ne peux pas faire confiance à cette femme. Pas du tout. L’hélicoptère atterrit finalement, au beau milieu d’une zone déboisée pour permettre aux nouvelles troupes d’arriver. Il est temps d’en finir.

Chapitre 21 : Au prix de nombreuses vies

Chapitre 21 : Au prix de nombreuses vies

« RIC ! RIC ! RIC ! »

La voilà qui s’excite comme une enfant. Qu’est-ce qui se passe donc ? Je lui ai demandé d’aller voir en hauteur pour avoir une vue d’ensemble et donc savoir où nous nous trouvions. Mais l’entendre s’exciter comme ça, on pourrait presque croire qu’elle a découvert un trésor. Je me retrouve téléporté subitement alors que je suis à côté de Lania.

« Regarde devant ! On est sortis ! On est enfin sortis ! »

Enfin sortis ? C’est pas peu de le dire ! Ca fait presque un mois que nous sommes dans cette forêt et dans ces montagnes ! Je me demande encore comment on a fait pour y passer autant de temps ? Je suis sûr que même si nous avons suivis la boussole, nous nous sommes sûrement trompés entre temps. Il n’y a pas d’autres explications plausibles. De même, avec tous les évènements qui se sont déroulés, il faut dire qu’on a pris un certain retard.

« C’est une bonne chose, Lania mais ce n’est pas cela que nous voulons … Nous devons trouver des informations sur l’endroit où se situe normalement la base de la FAPC. »

« Mais c’est déjà une bonne nouvelle non ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Oui … Oui … Mais nous ferions mieux de redescendre plutôt que de nous préoccuper de ça, Lania. Sauf si bien entendu, tu as trouvé autre chose entre temps. »

« Maintenant que je le remarque … Nous sommes encore loin des plus grandes montagnes … Mais en même temps, il n’y a plus de forêt. Peut-être qu’il y a un village ou une ville non loin. Ca nous ferait du bien, non, Ric ? Depuis quand on n’a pas pris de bain. »

« Ensemble ? Depuis toujours. Se laver ? On a bien été se laver dans les ruisseaux même si je t’interdisais de me regarder et inversement. Enfin, non, toi, tu ne refusais pas. »

« Je parle d’un bain avec de l’eau chaude, Ric ! Pfff ! Idiot ! »

Je lui tapote doucement sur le sommet du crâne. Même si je ne rigole pas, même si je ne souris pas, chose bien trop rare, je suis quand même du genre à être amusé. Elle nous téléporte en bas une nouvelle fois alors que je me mets à observer tout cela. Qu’est-ce que je peux faire ? Hum … Je ne sais pas. Pas du tout même. Puis soudainement, mon portable commence à vibrer, signe que je reçois un appel. Je prends mon portable et décroche.

« Ric ? Lania ? Où êtes-vous ? Nous avons essayé de vous contacter depuis deux jours mais vous ne répondiez pas à l’appel. Votre signal a été coupé ! »

« Coupé ? Pourtant … Nous allons bien et il ne nous est rien arrivé de spécial … Enfin, pas que je sache. Vous pouvez nous localiser maintenant ? »

Je ne suis pas perturbé, loin de là. Je dois rester stoïque pour répondre à ces hommes. Du moins, c’est ce que je pensais car il me prévient qu’il vient nous chercher. Qu’est-ce que … ça veut dire ? C’est fini ? C’est bien vrai ? C’est terminé ? J’avoue que j’ai du mal à y croire … jusqu’au moment où moi et Lania, nous nous retrouvions assis dans une chambre d’hôtel. Il fait surement 35 ou 40 degrés à l’ombre mais nous sommes dans un endroit sécurisé, il semblerait. Personne n’est encore au courant que nous sommes de retour.
Et de toute façon, tout s’est enchaîné à une vitesse impressionnante. Je me rappelle que l’on m’a demandé où nous étions il y a deux jours. Sortant la carte, j’avais désigné un endroit que confirma Lania. Ensuite ? Des expéditions, des missions de surveillance, de repérage. Tout avait été passé au peigne fin, jusqu’à ce moment fatidique.

« NOUS AVONS MIS LA MAIN SUR LA BASE DE LA FAPC ! »

Un soldat avait crié cela tout en pénétrant dans la chambre. Heureusement, Lania ne me faisait rien au même moment. Je suis calme et tranquille. Je lui demande calmement quelques explications alors qu’avec exaltation, il répond :

« Après les renseignements donnés grâce à votre carte, nous avons exploré les alentours. Et … Bon … Ce n’est pas forcément joyeux à annoncer mais l’armée de Calambie a réussi à bloquer les issues de la FAPC. Oui, elle est bien installée et il y a plusieurs bases là-bas. Nous avons eu de nombreuses morts mais ils ne peuvent plus nous échapper. Il semblerait qu’Anaïs, la cheffe de la FAPC se trouve là-bas et … »

« Nous avons donc traversé un endroit proche de la FAPC sans même l’avoir remarqué ? »

Je demande cela à voix haute tout en regardant Lania. Elle me répond en haussant les épaules. Après une courte réflexion, avec les quelques attaques de Malakan et Séphyria, peut-être qu’en même temps, nous étions plus proches qu’on ne le pensait de la base.

« Et maintenant … Qu’est-ce que vous comptez faire ? »

« Lancer une attaque bien entendu ! Le problème, c’est que toutes les sections de la FAPC qui ne sont pas dans la région sont décidées à mettre des bâtons dans les roues de l’armée de Calambie. Il se peut même que nous ayons de l’aide de l’Union Orapienne. »

De l’aide de l’union orapienne ? Les moyens utilisés ne sont pas n’importe lesquels. Mais peut-être que la situation est bien plus dangereuse que je ne veux le croire ? Mais pour le moment, je voudrai surtout me reposer, comme Lania. Elle dort à moitié sur le fauteuil dans la chambre d’hôtel alors que je demande au soldat de nous laisser tranquilles mais je termine par une autre phrase :

« Quand il faudra rentrer en action, venez nous chercher. Nous devons rentrer dans la FAPC aussi … Du moins, dans la base. »

« Comme vous le voulez … Après tous les services rendus, ça m’étonnerait qu’on vous refuse ça sauf si bien entendu, c’est trop dangereux. »

« Nous avons vécu pendant quasiment un mois dans la forêt tout en étant entourés par des membres de la FAPC. Et ce n’est pas la pire des choses … n’est-ce pas, Lania ? »

« Je confirme les dires de Ric. » termine de dire la Gardevoir humanisée avant que le soldat ne s’en aille. Je regarde Lania, celle-ci refermant ses yeux dorés avant de soupirer. Elle a besoin de repos. Je lui conseille le lit et elle s’invite à l’intérieur. Je ne tarde pas à sombrer dans le sommeil à mon tour. Tout cela … m’a épuisé.

Ailleurs, au beau milieu de la forêt, de nombreux soldats sont immobilisés. Complètement immobilisés même. Ils semblent incapables de se mouvoir, la terreur se lisant dans leurs yeux. L’un d’entre eux bafouille :

« Je ne … JE NE PEUX PAS BOUGER ! AIDEZ-MOI ! »

« Qu’est-ce qui se passe ?! Depuis que j’ai senti cette drôle d’odeur, j’ai mal au crâne et je ne peux même plus utiliser mes doigts ! C’est … C’est quoi au sol ? »

« C’EST UNE GRENADE ! A L’AIDE ! A L’AIDE ! »

Pourtant, aucune réponse ne vint jusqu’à eux, seule une puissante déflagration se vit voir, entendre et sentir avant que des arbres ne s’écroulent. Au beau milieu des cadavres, une petite voix amusée se fit entendre, masculine et joviale.

« Comme quoi … Dès que l’on restreint leurs mouvements, ils sont aussi immobiles que des plantes. Dommage pour eux qu’ils aient été enracinés au sol à cause de mes pouvoirs. »

« Messire Jadan ! Messire Jadan ! Le cheffe Anaïs veut vous voir ! »

Une voix crie le nom de l’homme qui doit avoir une vingtaine d’années. Deux fleurs rouges dans ses cheveux émeraude, il s’éloigne de la zone qu’il vient de dévaster. Autour de la taille, il possède plusieurs grenades alors qu’il se dirige vers la personne qui s’est adressée.

« Que me veux exactement ma douce Anaïs ? »

« Je ne sais pas réellement … Mais elle m’a dit de venir vous chercher le plus rapidement possible. Elle ne veut pas que vous soyez seul face aux soldats de l’armée de Calambie. »

« Ce n’est pas comme si ces derniers pouvaient quelque chose contre moi. »

Il éclate d’un rire amusé avant d’accompagner le soldat qui est venu le chercher. Comme si de simples humains, même armés, étaient capables de le battre. Cela se saurait.

Chapitre 20 : Une rune protectrice

Chapitre 20 : Une rune protectrice

« Lania … Je crois que je sais ce que Séphyria m’a fait. »

Je lui adresse la parole après qu’elle se soit réveillée le lendemain. Sans plus de cérémonie, je retire mon haut avant de montrer le « tatouage » que j’ai sur le corps. Elle pousse un petit cri de surprise avant de me dire :

« Mais je comprends ! Enfin, je comprends ce qu’elle a fait … mais pas pourquoi. »

« Commence déjà par me dire ce qu’elle a fait, ensuite, on verra pourquoi. »

« C’est une rune de protection. Tu es maintenant immunisé contre tout ce qui est poison, brûlure et autres états causés par les attaques de pokémons. Car oui, tu ne le sais peut-être pas mais ce ne sont pas forcément les mêmes flammes lorsqu’elles sont issues de l’attaque d’un pokémon que lorsqu’elles sont issues d’un incendie. »

« Car généralement, les pokémons se maîtrisent pendant les combats mais en-dehors, les flammes, c’est la même chose partout. Je ne vois pas ce qu’il y a … »

« Oui mais voilà ! Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle a fait ça ? En clair, elle vient de te sauver la vie, Ric ! Ce n’est pas normal ! » déclare Lania avec véhémence. Elle semble être un peu en colère que Séphyria ait fait ça.

« Me sauver la vie ? Je ne sais pas pourquoi elle aurait fait ça, oui. »

Je murmure, la voix un peu distante avant de soupirer. Cette femme aux cheveux bleus est quand même sacrément bizarre. Il faut le reconnaître … Elle a utilisé une rune de protection pour soigner mon poison ? Mais ils sont de la Triafa tous les deux. Ou alors, la Triafa considère la FAPC comme une organisation ennemie ? Non, toutes les données convergent vers le fait que la Triafa dirige la FAPC.

« Alors … Moi-même, je ne sais pas … Est-ce que Séphyria aurait quitté la Triafa ? »

Si tel est le cas, je reconnais que c’est une bonne nouvelle. Mais après, je ne pense pas que ça soit le cas. Pourquoi est-ce que Lania me regarde bizarrement ? D’ailleurs, elle prend la parole, disant sur un ton un peu sec :

« Pourquoi est-ce que tu as l’air niais, Ric ? »

« HEIN ? Je peux savoir pourquoi est-ce que tu m’insultes comme ça ? » m’écrie-je alors qu’elle hoche la tête négativement avant de reprendre :

« Je ne voulais pas t’insulter, Ric ! Pas du tout ! C’est juste que tu as l’air vraiment bête quand je lis ton visage là … Je ne sais pas pourquoi. »

« Merci, c’est très sympathique de ta part. Tu me prends pour un idiot mais tu ne sais même pas pourquoi … Je sais pas comment je suis sensé le prendre. Ah si ! Comme un idiot ! Enfin bon, si tu veux tout savoir, je n’ai aucune idée de la raison qui a poussé Séphyria à faire cela. Peut-être une mais elle me semble un peu folle. »

« Tu peux toujours la dire, hein ? Je ne vois pas où serait le souci. «

« Peut-être est-ce tout simplement à cause de son honneur ? Tu sais, Lania … Elle est vraiment différente des autres membres de la Triafa. »

« Je crois voir ça. » dit Lania avec une petite pointe d’ironie et de jalousie que je trouve plutôt mal-placée. Pas besoin d’être ironique non plus.

« Tu connais beaucoup de personnes qui combattent à mort sans pour autant te tuer ? Qui se mettent à ton niveau ? Elle pouvait me tuer tellement facilement mais elle a vraiment quelque chose qui la rend unique, je trouve. »

« Ce ne sont pas ses seins quand même ? C’est vrai qu’ils sont quand même … volumineux … comme moi mais quand même … »

« Mais pourquoi est-ce que tu me parles de ça maintenant ? Sérieusement ! Ce n’est pas une question de … poitrine quoi ! Je ne pensais pas à ça, Lania ! Je pensais plus à son caractère ! Tu ne la trouves pas … unique en soi ? A la base, c’est une Altaria. Un pokémon vraiment charmant avec une voix magnifique mais un dragon aussi. Enfin, je ne sais pas comment l’expliquer … Je ne sais pas du tout. »

Je nage en pleine confusion mais Séphyria n’est pas une ennemie. Du moins, pas réellement. Pas à mes yeux. Elle est autre chose et je sais que c’est plus complexe qu’on ne pourrait le croire. Il faudrait qu’un jour, j’ai une conversation … amicale avec elle.

Dans la base de la FAPC, Séphyria vient d’arriver. Se dirigeant vers sa propre chambre, elle se couche sur son lit, passant une main devant ses yeux avant de regarder l’autre qui a appliqué sa rune sur Ric. Elle murmure faiblement :

« Ces personnes … aussi faibles et lâches soient-elles … Elles ne méritent pas de vivre. Je ne peux pas laisser passer ça … sans rien faire. »

Mais en même temps, est-ce je devais pour autant sauver cet homme ? C’est mon ennemi. J’ai juste une certaine notion … de l’honneur, je le reconnais amplement. Néanmoins, est-ce que je peux tout me permettre en me basant sur cet honneur ? Est-ce que c’est vraiment à cause de l’honneur que j’ai fait ça ?

« Tu sembles réellement troublée, Séphyria. »

« AH ! BON SANG ! »

Je suis presque obligée de crier alors qu’Emairon est adossé à un mur de ma chambre. Il a les bras croisés, ses yeux rubis me fixant sans pour autant montrer une quelconque émotion. Du moins, c’est ce qu’il donne comme apparence alors que je ressens quand même quelque chose de différent. Hum … Il y a autre chose dans ce regard.

« Qu’est-ce que tu me veux ? T’as l’habitude te téléporter comme ça chez les autres ? »

« Nullement. Ce n’était pas dans mon intention mais comme je sais où tu es partie … »

« Je n’ai rien à te dire à ce sujet. Laisse-moi tranquille. Tu risques d’en prendre pour ton grade s’ils pensent que tu es de mèche avec moi pour ce que j’ai fait. Le temps qu’ils le découvrent de toute façon, j’ai le temps de me préparer à leur répliquer … »

« Comment ça s’est passé ? Car tu n’étais pas là-bas pour les tuer. »

« J’ai combattu Lania. Elle a essayé de se battre de toutes ses forces mais comme elle n’était pas au courant pour Ric, elle a perdu le contrôle et fut tout simplement incapable de me blesser. C’est dommage pour elle mais …. Ne me regarde pas ainsi. Tu penses que ton masque d’insensibilité va rester combien de temps encore ? Bref, tu n’as pas à t’inquiéter. Je ne l’ai pas blessée et elle va bien. Satisfait ? »

« Je ne te posais pas de questions à ce sujet. Je ne vois pas pourquoi tu me réponds cela. » me déclare-t-il avant de se téléporter subitement. Se pourrait-il que je l’ai vexé ? Il s’avère que c’est bien la première fois qu’il semble aussi … ouvert émotionnellement. Cette Lania … et ce Ric. Ces deux êtres sont vraiment spéciaux, n’est-ce pas ?
« De toute façon, un jour ou l’autre, nous les reverrons. »

Je vais devoir me montrer moins agressive même si ce Ric me répugne … même si c’est un peu moins que les autres humains. Il en reste un et son existence est un problème, voilà tout. Mais si cette Lania permet à Emairon de changer, il faut que conçois la possibilité d’emmener ce Ric et la Gardevoir quelque part où Emairon pourra les retrouver. Hum … Je ne sais pas du tout pourquoi je pense à tout ça. Je me lève avant de me diriger vers la salle de bains. J’ai encore besoin de me laver … après ces évènements.

« JE PEUX SAVOIR CE QUI T’AS PRIS ? »

« Je te conseille de te calmer … C’est mieux pour toi. »

« Que je me calme ?! Alors que Malakan avait réussi à l’empoisonner ? Et qu’est-ce que j’apprends ? Qu’il est encore vivant et tout cela à cause de toi ? Je ne sais pas ce que tu as fait et je ne veux pas savoir ! Tu vas devoir t’exprimer devant la Triafa ! »

Les membres de la Triafa. Ils ne me feront rien du tout. Je le sais parfaitement. Deux jours se sont passés depuis le moment où j’ai appliqué cette rune de protection à Ric. Comme ils ont pu le remarquer, il est toujours vivant. Comme ils l’ont remarqué, je n’étais pas là après ma petite colère de la dernière fois. Je regarde Anaïs, haussant les épaules avec dédain avant de me retirer. Qu’elle exprimer sa colère et sa haine envers moi, je ne suis pas là pour être appréciée par les humains, surtout pas de son genre.

Chapitre 19 : Mis à terre

Chapitre 19 : Mis à terre

« Qu’est-ce que tu lui as fait ? » dit la Gardevoir, contrôlant sa fureur bien que cela fut plus que difficile. Elle semble avoir du mal, beaucoup de mal.

« Que comptes-tu me faire, maintenant ? » répond calmement Séphyria, créant une brume autour d’elle. « Ainsi, si tu ne peux pas utiliser tes pouvoirs psychiques … »

« MÊME SANS EUX ! Tu ne pourras jamais me battre ! QU’AS-TU FAIT A RIC ?! »

Enervée, cette Gardevoir est énervée. Mais en même temps … Cela se comprend. Cela se comprend parfaitement. Mais pourquoi a-t-elle fait ça d’ailleurs ? Elle ne peut pas le lui dire. Tout ce qui importe, c’est que cela a été fait. Lania se téléporte une nouvelle fois, puis encore une fois et ainsi de suite. Elle se téléporte tout autour de Séphyria, faisant apparaître plusieurs reflets d’elle-même avant de dire :

« TU VAS ME REPONDRE !! Ou je dois alors te tuer pour que … »

« Mais tu veux vraiment me tuer ? Tu n’en serais pas capable. Arrête donc ces bêtises, tu as perdu d’avance. Par rapport à la dernière fois, c’est totalement différent. A quoi tes reflets vont te servir ? Je vais te montrer ce que je peux véritablement faire. »

Et cela va être bien simple. Elle ouvre la bouche, commençant à cracher des flammes violettes autour d’elle jusqu’à former un anneau autour de la zone. A l’intérieur, Ric est présent mais Lania aussi. La Gardevoir s’arrête dans ses reflets, observant les alentours. C’est problématique, vraiment très problématique !

« Et maintenant ? Qu’est-ce-que tu comptes faire, Lania ? M’affronter ? Je pourrais facilement faire se consumer Ric sans même que tu t’en rendes compte. Ce n’est plus pareil … Dorénavant, nous ne jouons plus dans la même cour. »

« JE VEUX UNE RAISON A CE QUE TU VIENS DE FAIRE ! »

« Hum ? Je suis de la Triafa, Ric s’oppose à cette dernière. C’est aussi simple que ça. »

Aussi simple que ça ? AUSSI SIMPLE QUE CA ? C’est vrai ! Elle n’aurait jamais dû s’en douter ! Elle aurait dû se méfier ! D’abord l’empoisonnement puis maintenant … CA ! CA ! C’était quoi leur problème ? C’ETAIT QUOI ?

« Tu parles beaucoup mais tu agis peu. » remarque Séphyria, les bras croisés. Il n’en faut pas plus à Lania qui crie de colère, les éléments parcourant ses poings. Elle tente d’atteindre Séphyria sans y arriver ne serait-ce qu’une fois. Mû par la rage, elle n’arrive pas à se contrôler et cela est loin de lui être bénéfique.

Une claque et voilà que la Gardevoir se retrouve au sol, choquée et hoquetant. Elle n’arrive pas à croire qu’elle n’a pas touché une seule fois son adversaire. Une seule fois aurait suffi mais Séphyria avait radicalement changé depuis la dernière fois. Ce n’est plus la même personne. Elle regarde Lania avec dédain, les bras croisés au niveau de sa poitrine.

« Si je suis sérieuse, tu ne peux rien contre moi. Tu n’es qu’une Gardevoir, je suis une dragonne. Tu n’es qu’une demi-pokémon, une erreur, je suis humanisée complètement. La seule chose en commun entre nous deux, c’est le fait que nous ne soyons pas liées. Mais là aussi, nous sommes toutes les deux différentes. »

« Je ne veux rien entendre de ta part ! »

« Toi, c’est car Ric ne le veut pas. Moi, c’est purement car je ne le désire guère. Je ne veux pas être salie par un humain. Je ne veux pas que ma puissance dépende d’une autre personne. Tu es faible de nature, tu es faible car tu as besoin de cet homme. Pourquoi est-ce que tu t’énerves alors cela ne te concerne pas ? Ce n’est pas toi qui a été empoisonnée mais Ric. Voilà la différence entre nous … »

« Pourtant, Ric m’a signalé que tu t’es combattue au corps à corps face à lui. Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Pourquoi ? HEIN ? »

« Je n’ai guère besoin de te répondre. Selon l’adversaire, je me bats de différentes façons. »

« Et c’est pour ça que tu as préféré te battre à mains nues face à Ric ? Tu ne me feras pas croire que c’est parce que c’était un humain ! Et tu sais pourquoi ? Car en Inglaterre, tu n’as pas hésité à tuer plusieurs personnes en même temps ! »

« Je n’ai pas à expliquer mes gestes. Maintenant que tu as compris que tu étais particulièrement faible et inefficace face à moi, je vais me retirer. »

Il en est hors de question ! Pas tant qu’elle n’a pas d’explications ! Pourquoi ? POURQUOI ? NON ! Elle veut savoir la vérité ! Elle veut la savoir ! Mais l’Altaria semble complètement s’y désintéresser. Elle fait réapparaître ses ailes de coton dans son dos.

« Sois heureuse de pouvoir vivre quelques jours de plus. Si je te laisse vivre, c’est bien pour lui. Il me semble bien différent de ce que je pensais. »

« De qui est-ce que tu parles ? » demande la Gardevoir mais encore une fois, aucune réponse.

« Tu es du genre à poser beaucoup trop de questions. Des fois, il vaut mieux s’abstenir de connaître la vérité. Je disparais. »

Elle disparait ? Il en est hors de question ! Elle s’apprête à l’arrêter mais à cause de la brume, elle ne la voit qu’à moitié ! Elle ne peut qu’apercevoir l’ombre qui s’éloigne. NON ! Elle ne peut même pas se venger de ce qu’elle a fait à Ric ! Elle ne peut …

« Ah ? Qu’estc-e que … Ah … Ah … »

« Ric ? Tu es réveillé ? » crie la Gardevoir alors qu’elle entend les gémissements de douleur du jeune homme. Celui-ci ouvre les yeux, regardant plusieurs fois devant lui.

« Je dirai que ça pourrait être pire … pour ne pas changer malheureusement. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je me rappelle que Séphyria était là. »

« Elle est venue et t’a frappé en plein cœur ! Comment est-ce que tu vas ?! Et le poison ? »

Le poison ? Je ne le sens plus du tout. C’est bizarre. Très bizarre même. Mais Lania semble réellement heureuse de me voir en parfaite santé. En fait, elle vient tout simplement se lancer dans mes bras alors que je suis assis à même le sol.

« Je ne savais pas quoi faire, Ric ! Pas du tout ! J’étais complètement désemparée ! Je pensais qu’elle t’avait tué ! Je pensais qu’elle en avait terminé avec toi ! »

« Et visiblement, ça ne semble pas être le cas. » dis-je pour le rassurer.

« MAIS CA AURAIT PU L’ÊTRE ! »

Ça ne servait à rien de la rassurer. Du moins, pas avec ce genre de mots. Je commence à lui caresser le dos tendrement, l’embrassant sur les joues. Je me montre terriblement tendre alors que j’entends quelques brefs sanglots étouffés.

« Ne t’inquiète donc pas … Lania. Je ne suis pas mort. On ne va pas m’enterrer comme ça hein ? Ça serait bien trop simple. »

« Mais qu’est-ce qu’elle t’a fait ? Qu’est-ce que cette femme t’a fait ? Cette Séphyria ? Je ne comprends plus rien par rapport à ses actes ! »

« Tu n’es pas la seule, Lania. Pas du tout même … Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de cette femme. Je ne sais même pas ce qu’elle a fait au final. »

Et pourtant, j’aimerai bien le savoir. Lania est bien collée contre moi. Il vaut mieux stopper la marche pour cette nuit. Dire que je pensais qu’on avancerait mais bon … Comme quoi, la situation était bien différente de celle à laquelle je pensais. Je ne sais plus d’ailleurs ce que je dois penser réellement.

Je monte la tente et laisse Lania s’endormir la première. De même, je lui tiens la main pour bien lui montrer que je suis présent et que je ne compte pas m’enfuir. Elle m’a frappé en plein cœur, non ? Qu’est-ce qu’elle a fait exactement ? J’attends que Lania dorme avant de retirer mon haut. Sur mon cœur … C’est quoi ces signes bizarres ? Et à l’intérieur du cercle fait par ces signes, j’aperçois le symbole d’une Altaria ? Qu’est-ce que …

Chapitre 18 : Abuser de sa faiblesse

Chapitre 18 : Abuser de sa faiblesse

« QUOI ?! »

La femme aux deux tresses bleues est folle de rage. Elle soulève l’Hyadaim blessé par le col avant de lui donner un violent coup de tête. Aussitôt, les soldats de la FAPC commencent à l’entourer, la menaçant de leurs armes.

« J’ai cru mal entendre ! Qu’est-ce que tu as fait ?! Répète un peu pour voir ! »

« Cet homme est empoisonné et destiné à mourir dans la journée qui suis. Pourquoi vouloir le combattre de front s’il est trop puissant pour un pokémon humanisé ? Il suffit tout simplement de l’empoisonner et ensuite de … »

« Tu ferais mieux d’arrêter de parler maintenant. Oui, si tu veux qu’une larve comme toi puisse encore vivre quelques jours, tu ferais mieux de te taire ! »

« TOI ! Saleté de pokémon humanisée ! Que tu sois envoyée par la Triafa ne change rien à ce que tu viens de faire ! Recommence encore une fois et je te promets que je ferai tout pour que la FAPC te tue ! Malakan, vas à l’infirmerie te faire soigner ! »

Anais avait pris la parole et était intervenu après le coup de tête de la part de Séphyria. Celle-ci reste de marbre, regardant avec dédain la femme qui vient de s’adresser à elle. Comme si elle la craignait … Ce qui n’était pas du tout le cas. Sans même daigner lui parler, elle se retourna, se dirigeant vers la sortie de la base de la FAPC.

« Je peux savoir où est-ce que tu comptes aller ? » dit Anaïs, énervée.

« En parlant de comptes, je n’en ai pas à rendre à une femme de ton espèce. »

« QUOI ? FAIS ATTENTION A CE QUE TU DIS ! »

« Je me retire pour le moment. J’ai des préoccupations plus importantes. »

Sans plus continuer à parler, la femme aux cheveux bleus s’en va, ignorant complètement les injures d’Anaïs. Mais après quelques pas, alors qu’elle s’apprête déjà à voler, un homme aux cheveux verts fait son apparition, s’étant téléporté à ses côtés.

« Séphyria. Où est-ce que tu comptes aller ? »

« Je ne crois pas avoir besoin de quelqu’un comme toi pour me dire ce que je dois faire. Je te conseille à toi aussi de ne pas te mêler de ce que je vais faire. »

« Je pourrai lire dans tes pensées si je le désire mais je ne pense pas en avoir besoin. Ces deux personnes … sont intéressantes, n’est-ce pas ? »

« Qu’est-ce que tu racontes encore ? De qui est-ce que tu … Attends un peu. Toi ! Emairon ! Tu ne serais quand même pas attiré par Lania ? » dit l’Altaria avec le plus grand des sérieux tandis qu’Emairon reste de marbre devant les paroles de la femme aux cheveux bleus. Malgré tout, il garde contenance, la fixant de ses yeux rubis avant de dire :

« Et si c’était le cas ? Lania Lezuna … est vraiment intéressante en soi. »

« Quoi ? Qu’est-ce que tu viens de dire ? » demande l’Altaria, semblant rester de marbre pendant quelques temps avant de reprendre : « Comme quoi, il vaut mieux se méfier des apparences. Enfin, au moins, il faut reconnaître que c’est une bonne chose. »

« Quelle est la bonne chose dont tu parles ? »

« Tu n’as pas à le savoir mais je peux juste te dire que mon point de vue sur ta personne vient de changer. Je m’en vais maintenant. »

« Je te téléporte pour que tu n’aies pas de problèmes. »

Il lui rend un service ou elle rêve ? Elle tente d’ouvrir la bouche mais tout son corps disparaît complètement devant le Gallame, les yeux de celui-ci étant devenu roses. Quelques instants après, il s’en alla de son côté, méditant sur les paroles de Séphyria. Son point de vue le concernant ? Qu’est-ce qu’elle avait voulu dire ?

« Où … est-ce que je suis ? »

Je me sens mal … très mal même. J’arrive à peine à parler alors que j’ai ma vision qui est troublée. J’ai chaud … très chaud aussi. Je peux voir le ciel … Il fait nuit ? Et pourtant, j’ai si chaud que ça ? La nuit en Calambie n’est pourtant pas ainsi, d’après mes souvenirs. Je ne comprends pas … Je ne comprends pas … Puis le visage blanc de Lania apparaît à la place du ciel. Elle semble avoir les yeux rougis par les larmes.

« Lania ? Tu n’as pas dormi ? Tu devrais … pourtant … Va donc te reposer, je vais bien. »

« NON ! Tu ne vas pas bien, Ric ! Tu ne vas pas bien ! Je ne sais pas soigner les antidotes ! Je ne sais pas du tout comment faire ! »

« Tu te trompes dans tes paroles. Il faut soigner les poisons, pas les antidotes. »

J’aimerai bien rire mais je n’y arrive pas. Pourtant, je veux lui montrer que ce n’est pas si dramatique que ça. Mais bon, difficile de croire cela quand je me lève. Je me mets debout mais mes deux jambes commencent à trembler fortement.

« TU VOIS ! Tu tiens à peine sur tes jambes ! Vas donc te rassoir, Ric ! »

« Pas vraiment … Je ne vois pas l’utilité. » dis-je sans même m’en rendre compte.

« Je vais t’en vouloir fortement, Ric. Sois tu vas te coucher de ton plein gré, soit je vais t’y forcer. Est-ce que tu veux que je t’y force, Ric ? »

« Je veux surtout que tu me laisses tranquille. Si je te dis que je vais bien, c’est que je vais bien ! Par contre, comme nous nous sommes reposés, il vaut mieux que nous marchions maintenant. Tu m’accompagnes ou tu restes ici ? »

« Je t’accompagne mais je marcherai sur ton corps si tu t’évanouis. »

Des paroles bien dures. Mais bon … Cela montre à quel point elle est inquiète pour moi. Je devrais plutôt être heureux, n’est-ce pas ? Je commence à marcher avec lenteur, haletant alors que je ne sais même pas où je vais.

« Ric, tu devrais vraiment te reposer … Je me répèterai jusqu’à ce que tu comprennes ce que je veux dire. J’ai l’impression que tu n’as pas saisi ce que je voulais dire par là. »

« Tu peux te répéter, ça ne changera rien, Lania. Je ne suis pas convalescent, je ne suis pas en train de mourir et nous … »

« TU SAIS PARFAITEMENT QUE C’EST LE CAS ! »

Et merde ! J’aime pas être vulgaire, même dans mes pensées mais Lania commence à m’exaspérer ! Le fait qu’elle se préoccupe de moi de cette façon, ce n’est pas ce que je veux, loin de là ! J’aimerai plutôt qu’elle se concentre … sur autre chose. Comment dire … Ah … Je ne sais pas justement quoi dire …


Elle est sur les nerfs et c’est de ma faute. Pourtant, je reste stoïque et je tente de réfléchir à comment l’aider. Du moins, comment l’aider à ne plus penser à moi. C’est loin d’être aussi simple, très loin même. Je tente d’y penser … mais je n’y arrive pas. En fait, je ne suis pas capable de penser correctement. Il vaut mieux pour moi que …

« Vous êtes si faciles à repérer. Cela prouve à quel point la FAPC est constituée d’une bande d’incapables. Vous déplacez dans la nuit ? En produisant de la lumière ? Est-ce que le fait de se rapprocher de la mort vous fait commettre ce genre de bêtise ? »

Je me retourne en même temps que Lania. Celle-ci est projetée par une puissante attaque constituée de vent avant que Séphyria ne se présente en face de moi. Son poing est auréolé d’une aura que je ne connais pas. Son poing qui vint tout simplement m’atteindre en plein cœur. J’hoquète sur le coup, la bouche grande ouverte.

« Qu’est-ce que … »

« Qu’ils aient au moins la décence d’affronter leurs adversaires de face. C’est pourquoi j’ai parlé avant de t’attaquer … que tu puisses me voir. »

« Je ne … comprends pas … ce que … »

Encore plus que ma vision brouillée, je sens que tout mon corps ne me répond plus une nouvelle fois. Mes jambes flanchent et je …

Le corps de Ric s’écroule au sol alors que Lania se téléporte dans le dos de Séphyria. Enragée, la Gardevoir tente une attaque enflammée sur l’Altaria mais celle-ci se retourne, son pied venant frapper sur le côté la tête de Lania pour la renvoyer à terre.

« Ca ne se passera pas comme la dernière fois, Lania. »

Chapitre 17 : Sur un lit de mort

Chapitre 17 : Sur un lit de mort

« Lania, donc … Tu t’occupes de ces hommes … »

« Et toi, en même temps. Tu élimines cet homme, d’accord ? »

Cet homme qui se nomme Malakan, non ? Ca ne devrait pas être si facile que ça. Même si mes deux pokémon oiseaux ont l’avantage. Je ne sais pas … Je ne suis pas confiant, loin de là même. Peut-être est-ce à cause de ces dernières journées ? Peut-être …

« Si tu penses que des pokémons de base peuvent réellement m’atteindre, tu te trompes lourdement. Tu vas comprendre la souffrance que je peux engendrer. »

Qu’est-ce que ça veut dire ? Alors que j’entends déjà les cris de souffrance des hommes qui combattent Lania, je vois l’Haydaim qui … se camoufle ? Ses cornes font pousser de majestueuses feuilles mais aussi la globalité de son corps. J’ai l’impression qu’il est invisible ! Qu’il est complètement invisible ! Je dois faire attention ! Mes deux pokémons m’entourent, créant un vent assez puissant alors que plusieurs petites graines sont projetées vers moi sans pour autant réussir à m’atteindre.

« Hum. Visiblement, ça ne sert pas à grand-chose … mais est-ce que le vent est capable de repousser un corps lancé à toute vitesse ? »

Comme si je connaissais la réponse ! Mais je sais au moins ce qu’il va préparer ! Je préviens mes pokémons de faire attention avant de rouler sur le côté. L’Haydaim s’est élancé vers moi, percutant plusieurs arbres avant que je ne comprenne qu’il visait Lania dans mon dos. Pourtant, celle-ci se téléporta sans même se retourner. Malakan continue sa course, percutant plusieurs hommes, brisant leurs os comme si de rien n’était.

« Je possède des pouvoirs psychiques, il est donc normal que je n’ai pas à me méfier de ce qui m’attaque par derrière. Malheureusement, ça ne marche pas ainsi. »

Et avant même qu’il ne puisse attaquer une nouvelle fois, je demande à mes pokémons de lui régler son compte. Plusieurs lames composées d’air vinrent le frapper en pleine face. Des blessures se présent en même temps que je prends la parole :

« Bravo ! Grâce à vous, je n’ai pas à m’inquiéter … On peut le battre ! »

« Corboss … Corboss ! » me répond Ersone alors que je souris. Je vais mieux … Je vais un peu mieux. Comment est-ce que Lania se débrouille de son côté ? Elle fait le ménage et d’une façon plus qu’efficace.
Les corps volent dans les airs, les coups enflammés, parcourus d’électricité ou alors capables de créer de la glace aussi. Elle est efficace, diablement efficace, il faut le reconnaître. Moi ? J’ai mon arme et je tente de viser quand même l’Haydaim. Malgré ses blessures, il est plus malin que je ne le pense.
Je tire deux balles et le résultat ? Il projette deux graines qui vont exactement percuter les balles et les repousser comme si de rien n’était. Il était d’une précision diabolique ! Je ne m’attendais carrément pas à une telle réplique !

« Soyons sérieux … d’accord ? Mon but est ta mort. »

Qu’est-ce que … Ses cornes commencent à briller alors que je regarde le ciel. Même si caché par les arbres, le soleil est bien présent ! JE SAIS CE QU’IL PREPARE ! Je préviens mes deux pokémons mais ces derniers se placent devant moi, croisant leurs ailes avant qu’un puissant rayon de lumière et de chaleur ne vienne frapper Néverri et Ersone.

Mes deux oiseaux furent repoussés en arrière, me percutant mais je tends mes mains en même temps. Même si mon dos me fait atrocement souffrir car il a rencontré un arbre, j’ai au moins mes pokémons dans mes bras. J’ai voulu amortir leurs projections. C’était la moindre des choses à faire même si ce n’était pas forcément la meilleure idée.
Je pousse un gémissement de douleur alors que la colère de Lania ne fait que redoubler. Je la vois briser des nuques grâce à ses pouvoirs psychiques, quelques hommes de la FAPC reculant peu à peu, inquiets de la puissance de la Gardevoir. Oui, il faudrait mieux pour eux qu’ils arrêtent ce combat car sinon …

« Sinon, je continue tout simplement ce carnage. »

Elle vient de lire dans mes pensées ou je rêve ? Enfin, j’entends surtout des petits piaillements de la part de mes pokémons. Ils sont inquiets à cause de mes blessures. Je leur dis que je vais bien même si j’ai quelques écorchures à cause des nombreuses épines provenant des branches qui m’ont éraflé. Qu’est-ce que des branches font ici de toute façon ? Je ne suis pas assez en hauteur dans un arbre pour ça !

« AH ! C’est un piège ! »

« Trop tard, tu es terminé. » me déclare Malakan.

Les branches commencent à me nouer à l’arbre ! Il utilise les plantes ! Malgré son aspect animal, c’est un végétal ! Je dois m’en rappeler ! ARGL ! Quel idiot ! MAIS QUEL IDIOT ! Qu’est-ce que je peux faire ? Le temps que mes pokémons viennent … AH ! Il y a une racine plus grosse que les autres ! Et elle fonce droit vers moi ! Surtout qu’elle a une pointe ! Je tente de me libérer mais je n’y arrive pas !

« Maintenant, tu vas le lâcher, d’accord ? »

Lania ? Mais … Je la vois frapper Malakan de son poing enflammé. L’Haydaim décolle sur le côté alors que plusieurs balles fusent vers Lania. Elle a à peine le temps de réagir … Je le vois … Je vois une balle qui atteint sa hanche, une autre qui caresse son bras gauche … et sa jambe gauche aussi ! Elle se téléporte une nouvelle fois mais elle a été touchée ! En même temps, les branches m’ont éraflé et je suis un peu blessé.

« LANIA ! Tu ne devais pas faire ça ! Tu es folle ! »

« Je ne pouvais pas le laisser te blesser plus longtemps ! Il aurait pu te tuer ! »

Elle me réplique sèchement, signe qu’elle est autant en colère que moi. C’est vrai … Sur ce coup, elle comme moi, nous avons commis d’énormes bêtises. J’aurai dû me méfier plus tôt de ce que cet homme pouvait faire. Lania ? Elle est déjà repartie se battre contre les soldats de la FAPC mais ils sont de moins en moins nombreux et elle, les blessures l’ont galvanisée. Elle finit le carnage commencé plus tôt.

« C’est terminé. Malgré mes blessures, tu as perdu. Repliez-vous. »

Malakan s’est relevé alors que je me demande quoi est-ce qu’il parle. Il est en train de perdre et il abandonne ? Hors de question ! Je demande à mes pokémons de l’arrêter mais l’homme crée déjà plusieurs murs de racines pour les empêcher de l’atteindre. Il s’éloigne sans un mot, les rares soldats encore vivants partant à leur tour. Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Lania ? Comment est-ce que tes blessures vont ? »

« J’ai connu des jours meilleurs. Mais toi ? Il ne t’a pas touché avec cette racine ? »

« Tu m’as sauvé à temps, merci beaucoup, Lania. Sans toi, je serai mort à l’heure où je te parle. » déclare-je. Je suis rassuré … Elle peut vraiment se débrouiller seule, n’est-ce pas ?

« Ce n’est pas grand-chose, Ric. Je fais tout simplement ce que j’estime être bon. »

Et elle fait le bon choix, hahaha ! J’aimerai en rire de la situation mais nous sommes tous les quatre blessés. Oui … Mes pokémons aussi. Mais j’ai de quoi les soigner grâce à ces potions en spray. J’en ai demandé aux soldats pour prévoir au cas où les blessures de Lania, je ne sais jamais. J’ouvre mon sac, cherchant dans celui-ci avant de récupérer une potion.

« Voilà, venez pas là, mes oiseaux. J’ai … »

Je … Qu’est-ce qui se passe ? J’ai la tête qui tourne. J’ai mal au crâne ? De la fièvre ? Mon corps ne me répond plus et …

« RIC ! » hurle Lania alors que le corps de l’homme s’écroule au sol. Sur les nombreuses entailles causées, un liquide vert s’en écoule. Une forte odeur nauséabonde en sort alors que Lania commence à secouer Ric, essayant de le réveiller de l’inconscience dans laquelle il vient de tomber.

Chapitre 16 : Le roi de la forêt

Chapitre 16 : Le roi de la forêt

« Lania, réveille-toi, c’est l’heure. »

Je la secoue doucement alors qu’elle se trouve dans un second sac de couchage. Nous ne sommes pas en froid mais elle a décidé de ne plus dormir avec moi. Du moins, pas dans le même sac de couchage. Je ne suis pas contre cette idée mais il est vrai que ne plus la sentir contre moi, c’est différent, vraiment différent même. C’est un peu triste … mais bon. Lania ouvre ses yeux dorés, les posant sur moi.

« Bonjour, Ric. Il est déjà l’heure de se réveiller ? Tu es sûr ? »

« J’en suis sûr et certain Nous avons encore beaucoup de chemin à faire, Lania. Je crois que nous sommes proches de quitter la forêt. Je ne sais pas du tout où nous allons atterrir. Maintenant que j’y pense, nous aurions dû demander une carte … »

« Je ne suis pas sûre qu’elle nous aurait été utile. » murmure la Gardevoir humanisée avant de se mettre assise dans le sac de couchage. Elle s’étire longuement, sa poitrine se soulevant devant mes yeux. Je fixe ces deux choses volumineuses avant de détourner le regard. Est-ce que le dicton est vrai ? C’est lorsque l’on ne possède plus une chose qu’on la désire ?

« Tu penses vraiment ? Pourtant, avec cette carte, on pourrait établir les endroits où nous sommes déjà passés. Bien entendu, on rajoute aussi une boussole et … »

« Ca ne change rien. Nous n’avons pas de quoi reconnaître les kilomètres faits à pied. Imagine qu’on se référence mais à de mauvais endroits. La seule chose qui nous est utile, c’est le portable et le fait qu’ils puissent nous repérer par satellite. »

« Oui … Comme nos adversaires, Lania … Comme nos adversaires. »

Elle hausse les épaules, quittant finalement le sac de couchage. Elle dort un peu plus longtemps qu’auparavant mais c’est une bonne chose. Du moins … A mes yeux. Je me demande si nous sommes prêts de la FAPC ou non. Nous n’avons même pas remarqué une petite base ou autre, rien du tout même.

Je me demande même si nous allons vraiment vers le bon chemin. Plus le temps passe, moins j’en suis convaincu. Autant dire que je ne suis pas rassuré pour la suite des évènements. Combien de temps d’ailleurs ? Je crois que ça fait déjà trois semaines voire même bientôt un mois que je voyage avec elle dans la forêt. J’ai surement fait des allers et des retours sans même m’en rendre compte.

« Lania, tu veux manger un morceau avant de partir ? »

« Je n’ai pas faim, Ric. Je suis désolée … vraiment désolée même. »

« Ca ne fait rien, c’était juste au cas où. Je n’ai pas très faim non plus. »

Nos conversations sont … moins chaleureuses. Je la sens vraiment différente. J’ai un peu peur … Est-ce que je dois la laisser gérer sa vie toute seule ? Je ne peux pas. Elle n’est pas humaine, c’est une pokémon … pas une humaine. Je ne peux pas la laisser seule.

Notre chemin s’accélère aujourd’hui. Depuis quelques jours de toute façon, nous nous déplaçons plus rapidement. Nous nous sommes rapprochés des petits monts au beau milieu de la forêt. Même si nous n’avons pas du matériel d’escalade, Lania peut me téléporter et faire de même avec elle. Ainsi, au sommet, nous pouvons alors avoir une vue d’ensemble ou presque. Certains arbres sont vraiment plus grands que d’autres, c’est effrayant.

« Lania ? Je pense que nous devrions nous rendre là-bas. »

Je pointe du doigt ce qui semble être une montagne si on la compare à l’endroit où nous sommes. Je ne sais pas où nous arriverons, je ne sais pas s’il y a de la vie là-bas mais qu’importe, je pense que c’est un bon endroit. A partir de là, nous pourrons alors avoir une vue encore plus grande. Peut-être même trouver … Ah non. Je ne dois pas envisager de nous rendre dans une ville, ça serait juste stupide.

« Je pense que c’est une bonne idée, Ric. Mais il nous faudra quand même plusieurs heures pour nous y rendre. Je ne peux pas utiliser mes pouvoirs indéfiniment. »

« Je ne te demandais pas de nous y rendre par téléportation, loin de là ! »

« Je le sais parfaitement, Ric, je le sais parfaitement. Je voulais juste te prévenir. »

« Viens, je t’aide à descendre. » dis-je en tendant ma main, descendant déjà des rochers pour la réceptionner. Elle fait un geste négatif de la tête, se mettant assise avant de glisser lentement du rocher pour arriver à ma hauteur.

Pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? J’ai l’impression de souffrir un peu. J’ai aussi l’impression d’être inutile. C’est vrai qu’en tant que pokémon, elle n’a pas besoin de moi mais en tant que femme ? Ah … Là, non plus. Peut-être que je suis un peu vaniteux dans le fond ? Je pensais être indispensable pour Lania ? Ca flattait mon égo ? Je ne sais pas … Je ne sais plus. Je commence à être véritablement perdu.

« Ric, si je sens une force ennemie, je te préviens, d’accord ? »

« D’accord, tu fais comme tu veux. »

Je ne veux pas paraître sec dans mes propos. Mais … J’essaye d’être un peu distant. Peut-être que ma fierté de mâle m’empêche d’être sympathique envers elle ? Je ne sais pas du tout, je ne sais pas vraiment … Pas vraiment, oui.

POURQUOI JE NE SAIS PAS ?! Je tente de contrôler mes sauts d’humeur mais là, ça ne va plus ! Je ne sais rien ! Rien du tout ! Je ne sais rien sur la Triafa ! Je ne sais rien sur mes ennemis ! Je ne sais rien sur Lania ! En fait, je ne suis qu’un acteur ! Une personne qui ne fait que se déplacer là où lui demande de se rendre ! Voilà tout ! VOILA !

« Ric ? Ca ne va pas ? »

« SI ! Ca va très bien ! Merci de t’en préoccuper ! » hurle-je soudainement alors que Lania recule un peu, étonnée par mes paroles assez violentes. Je dois chercher un moyen de m’excuser mais aucun mot ne sort de ma bouche. Je suis … pathétique.

Maintenant, elle est plongée dans son mutisme alors que je cherche comment m’excuser mais rien ne vient. Je suis parfaitement muet … Quel idiot mais quel idiot ! Si je profère de telles paroles, je dois au moins avoir le courage de les assumer ! Mais ce n’est même pas le cas ! Lania me jette des petits regards alors que nous retraversons la forêt calambienne bien que nous soyons passés de l’autre côté des petits monts.

« Vous ne ferez pas un pas de plus. »

Je m’arrête aussitôt alors que Lania se met en position de combat. Autour de nous, les arbres commencent à se mouvoir peu à peu. Une voix ? Masculine d’ailleurs … Cela voudrait dire … Non, ce n’est pas Emairon, ce n’était pas le même timbre de voix.

Je sors mon arme, déjà prêt à l’utiliser alors qu’une paire de cornes se présente de derrière un arbre. Des cornes d’Hyadain ? Je comprends rapidement à qui j’ai affaire lorsqu’un homme aux cheveux bruns se présente en face de nous. Au-dessus de ses oreilles, les fameuses cornes que j’ai vues. C’est donc … un autre pokémon … mais du même « niveau » que Lania. Je pense en termes de niveau car Séphyria est une humaine, Emairon aussi. Par contre, cet Hyadain et Lania ne le sont pas.

« Je pense que tu es de la FAPC, n’est-ce pas ? »

« Tous les pokémons que tu rencontres et qui sont humanisés seront tes ennemis. Cette Lania est une erreur de parcours, une erreur qu’il faut corriger en te tuant. »

Et dès l’instant où il parle, il fonce cornes baissées vers moi. Lania me téléporte en même temps qu’elle, les cornes ravageant tout sur leur passage. Wow … Ça déménage on dirait bien ! Je suis obligé de reconnaître que balayer plusieurs arbres … C’est impressionnant ! Et autant dire que ça ne me rassure pas le moins du monde sur ce qui risque de se passer. L’Haydaim se retourne vers nous, secouant sa tête avant de reprendre la parole :

« Je m’appelle Malakan. Je serai celui qui va t’enterrer. Je suis au service d’Anaïs, cheffe de la FAPC. Prépares-toi à périr, ce n’est que le début. »

« Attention RIC ! » hurle Lania, me téléportant une nouvelle fois avant que des balles ne fusent vers moi. Qu’est-ce que ça … Des hommes ? Il était accompagné ? Sale traître ! Il avait préparé son coup ! Je sors mes pokéballs, les envoyant au sol pour faire apparaître mes deux pokémons. On va avoir l’avantage sur ce pokémon humanisé ! Pendant ce temps, Lania va servir de protection et éliminer ces hommes !

« Lania, tu as une autorisation pour les tuer. Ils n’hésiteront pas un instant. »

« Une autorisation ? Je ne comptais pas te la demander, Ric. S’ils veulent te tuer, ils doivent être prêts à en subir les conséquences. »