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Chapitre 3 : Sans perdre de temps

Chapitre 3 : Sans perdre de temps

« Gégé voudrait te voir. » murmura une jeune fille aux cheveux blonds, le visage à moitié caché par un dossier qu’elle tenait en main.

« Aucun problème. Je vais y aller tout de suite. » répondit Luculos en posant une main sur le sommet du crâne de la jeune fille, lui caressant les cheveux.

Comme à son habitude maintenant, il était accompagné de Crusaé et Metsubi, les deux demoiselles marchant derrière lui. Même les séances de douche et celles au lit ne semblaient pas leur suffire à les rassurer et il s’était dit qu’elles étaient plus en train de profiter de la situation que d’en être inquiètes. Malheureusement, il ne pouvait rien faire contre cela.

« Quel imbécile j’ai été ce jour-là. » dit-il en soupirant longuement. Il savait parfaitement que si la situation était ainsi, c’était de sa faute.
Enfin bon … Ca ne lui déplaisait pas forcément non plus hein ? Il allait devoir simplement éviter de commettre une nouvelle bêtise. Il se dirigea vers le bureau de Gégé, accompagné des deux adolescentes. Il toqua quelques fois, jusqu’à ce qu’on lui demande de rentrer. Lorsqu’il pénétra dans le bureau, deux jambes se posèrent sur ses épaules, des jambes se balançant devant lui. Le visage à l’envers, Mimi lui souriait :

« Et bien … Ce n’est pas la joie de vivre où alors je me trompe ? Pourquoi est-ce que tu fais cette tête ? Tu n’es pas content de me revoir, Personne ? »

« Je suis très content de te revoir … mais pas forcément de te porter, Mimi. Enfin bon … Est-ce que l’on peut éviter de perdre du temps et annoncer … la raison de cet appel. »

Gégé lui fit un petit geste de la main pour l’inviter à s’asseoir. Malgré les années qui passaient, l’homme aux cheveux violets restait le même. Il ne vieillissait pas, ne grandissait pas … C’était cela le lot quotidien des pokémons légendaires. Il alla s’asseoir après le geste de Gégé, Crusaé se préparant à faire de même mais sur lui. Néanmoins, elle n’eut pas le temps de se placer que Mimi était déjà là, sifflotant, le regard en biais dirigé vers Crusaé et Metsubi. Et oui ! Elle était arrivée la première !
Malgré l’absence de réactions de la part des deux filles, elle savait parfaitement que l’une comme l’autre bouillonnait de colère. Enfin … C’est ce qu’elle lisait dans leurs pensées. Mais bon … C’était simplement pour s’amuser. Elle plaça les deux mains de Luculos sur son ventre, celui-ci se laissant faire. Ça ne semblait pas le déranger particulièrement.

« Mam … Mimi, est-ce que tu veux bien éviter de perturber Luculos ? Enfin … Je ne vais pas tergiverser car ce dernier est pressé. »

« C’est au sujet des pokémons légendaires ? » dit l’adolescent, sachant pertinemment que c’était le cas. Gégé ne l’aurait pas appelé pour une autre chose.

« C’est exact … Bien que cela soit bizarre, nous avons mis étrangement un certain temps avant de retrouver la trace de deux d’entre eux. Je pense qu’il y a une machination derrière cela … Que ça soit d’Arceus ou alors des deux légendaires eux-mêmes. Il se pourrait bien alors que si c’est le second cas, ils … »

« Ils ne veulent pas nous voir. » coupa Luculos en fermant les yeux.

« C’est pourquoi, tu te doutes bien que je compte t’envoyer là-bas pour résoudre ce problème. De toute façon, dès qu’il s’agit des légendaires, il vaut mieux que tu sois celui qui s’en occupe. La dernière fois, qui commence à remonter, ça s’est très mal passé. » reprit Gégé.

« Les humains … ne sont pas forcément capables de combattre des créatures légendaires. Il faudrait plusieurs milliers voir dizaines de milliers pour certains d’entre eux. Et encore, je ne parle pas forcément des plus forts dans ce monde. »

« Nous sommes d’accord … Tu comptes pouvoir partir quand ? » demanda Gégé, Luculos ne faisant qu’hocher la tête de haut en bas pour signaler que c’était bon dès maintenant. « Hum … On va préparer cela pour au grand maximum la semaine prochaine. »

« Comme vous le désirez … Mais j’ai quelques questions : quels sont les pokémons légendaires qui sont visés ? Vous devez sûrement les connaître, non ? »

« Il s’agit de Kyara et Grodos. Il est dit qu’ils ont créés les océans et les continents. »

… … … Et bien … Voilà … Il en était maintenant sûr et certain. C’était fini de plaisanter, il allait affronter des créatures bien plus puissantes que les précédentes. Un être capable de créer les continents … et les océans. C’était d’un tout autre niveau visiblement. C’était une très bonne … nouvelle, n’est-ce pas ?

« Je crois que nous n’avons plus rien à nous dire. Nous partirons dès que nous recevrons l’ordre. » dit le jeune homme, soulevant Mimi qui l’embrassa sur la joue pour le remercier de ce petit instant. Ce ne fut pas Crusaé mais Metsubi qui poussa un petit grognement de mécontentement à ce geste pourtant anodin.

« … … … Tu n’as pas l’air plus inquiet que cela, Luculos. » dit Gégé en fronçant les sourcils.

« Ce qui doit être fait, doit être fait non ? Ce n’est pas un humain qui va faire une telle chose, je ne vois pas pourquoi je devrais être inquiet. Maintenant, je vais me retirer. Par contre, j’aimerai que vous évitiez de mettre Sarila et Perrine en danger. Je tiens à ces deux filles, j’espère que le message est bien passé. »

« Elles sont en parfaite santé, les missions sur lesquelles elles sont envoyées … ne sont guère dangereuses. Et elles sont bien entourées par les clones. »

« Hum … Les clones … Oui … Alors … Je pense que cela doit être bon. Maintenant que tout est terminé au niveau de la discussion, je me retire. Metsubi, Crusaé, nous pouvons y aller. » dit l’adolescent aux cheveux noirs.

« … … … Hum … Oui. » termina de dire Gégé alors que les trois personnes partaient, Mimi se tournant vers son fils qui était pourtant trois fois plus âgé qu’elle physiquement.

Ca n’avait pas l’air … d’aller de son côté ? Ou c’était elle ? Les pensées de l’homme aux cheveux violets étaient parfaitement emmurées, impossible à essayer de lire. Hum … Elle le pourrait … Mais il le remarquerait et alors elle ne verrait pas ce qui le tourmentait.

Retournant dans sa chambre, il s’était couché sur le lit, observant le plafond sans plus de mots. Subitement, Crusaé sauta sur le lit, rebondissant une première fois avant d’atterrir sur lui. Metsubi, quant à elle, alla s’asseoir sur le côté, le regardant longuement.

« Non, je n’ai pas de pensée triste, si c’est cela à quoi vous pensez. » dit-il après deux minutes où il fut étudié sous toutes les coutures.

« Hum … Je n’en suis pas si sûre que ça, Personne. Question de principe, je me méfie. Et puis, avec ce que tu as dit à Gégé … »

« Qu’est-ce que j’ai dit encore, Crusaé ? » demanda t-il en se redressant, l’adolescente étant assise sur lui, son visage à quelques centimètres du sien.

« Je te semblais un peu maussade … Tu es humain, Personne. » dit-elle comme pour le rassurer, Metsubi hochant la tête en prenant la parole à son tour :

« Tu l’es bien plus que moi et n’importe qui. Tu as réussi … à rendre les personnes autour de toi … plus humaines … Sans toi, qui aurais pu faire venir Lasty et les autres ? Tu as fait beaucoup de choses … et c’est bien parce que tu te considères comme un humain que tu es quelqu’un d’important pour moi … et pour Crusaé … et pour les autres. »

« Hahaha … Je me … considère comme un humain ? » murmura t-il sans finir sa phrase. Il ne voulait même pas se répondre à lui-même, il trouvait ça navrant.

… … … Les deux filles se regardèrent avec appréhension. Et il voulait faire croire qu’il allait mieux ? Ce n’était plus du tout crédible de la sorte. Heureusement, elles étaient là … Maintenant, ce n’était plus qui allait les sauver … mais elles … Elles étaient ses gardiennes. Crusaé se poussa du corps de Luculos, celui-ci se recouchant sur son lit. Elle roula sur le côté, allant se coucher à côté de lui alors que Metsubi s’installait de l’autre côté.

« Personne … Il est à peine seize heures de l’après-midi … » reprit la jeune fille aux cheveux châtains, caressant la joue de Personne.

« Je suis un peu fatigué et je compte me reposer pour la peine. »

« Ce n’est pas ce que je voulais entendre … Et puis zut ! J’ai quand même confiance en moi ! » dit-elle avant de prendre subitement la tête de Personne entre ses deux mains. Qu’est-ce qu’elle … Qu’est-ce qu’elle comptait faire ? Il eut la réponse alors qu’elle lui enfouit la tête dans sa poitrine, bien moins chargée que celle de Metsubi. Il retira aussi son visage, rouge de gêne, reculant sa tête pour qu’elle aille se reposer sur la poitrine de Metsubi. C’était quoi ça ?! Il voulut des explications et l’adolescente aux yeux verts, bien que rougissante par ce qu’elle venait de faire, dit avec confiance :

« Je vais tout faire pour que tu sois apaisé et heureux. Tu ne penseras à plus rien d’autre à part moi et Metsubi bien assez tôt. »

Les deux demoiselles semblaient très … remontées … contre lui. Pourquoi avait-il l’impression de revoir ce qui se passait depuis quelques semaines ? Et Crusaé était … encore plus entreprenante. Mais il avait Oméra … Simplement Oméra.

Chapitre 2 : Garde très rapprochée

Chapitre 2 : Garde très rapprochée

« Alors … Ainsi … Il a essayé de se donner la mort, c’est cela ? » murmura l’homme aux cheveux violets alors qu’une femme au visage pâle se tenait en face de lui.

« C’est exact … Mais comme il faut s’en douter … Son corps a réagi aussitôt et l’a soigné. Il n’est pas tuable de la sorte. » répondit Déusia calmement.

« Mais ça ne veut pas dire qu’il faut le laisser faire. Quand est-ce que cela s’est passé ? »

« Il y a environ une semaine. » reprit Déusia avec calme tandis que Gégé posait ses coudes sur le bureau, comme pour réfléchir. C’était simplement maintenant qu’on le prévenait ? Il allait devoir le faire étroitement sur … « Oh … Tu n’as pas à t’occuper de cela. Des personnes sont déjà chargées de le surveiller. »

« Evite de lire dans mes pensées. Je n’apprécie que très moyennement cela, est-ce bien compris ? Par contre … Qui sont les personnes qui … Ah … Je vois … Je vois … Il est vrai qu’à ce sujet, il n’y a pas vraiment de questions à se poser. »

« Tiens donc … Tu me demandes de ne pas lire dans tes pensées mais ne viens-tu pas de faire de même avec moi ? » murmura la femme scientifique venue de l’espace.

« Ce n’était pas mon but à la base. Maintenant, si tu m’as tout dit, tu peux partir. Merci de l’information. » conclut-il, faisant un geste de la main alors qu’elle se téléportait ailleurs. Hum … Il avait tenté de se suicider … Ses épaules étaient peut-être trop frêles.

L’adolescent aux cheveux noirs s’était mis à marcher avec rapidité, semblant presque sur le point de courir alors que deux adolescentes le suivaient au même rythme. Bon sang … Elles n’allaient pas le lâcher hein ? Pffff ! Vraiment ! Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il n’avait pas le droit de respirer ou quoi ? Il portait un petit bandage au bras droit. Il tourna son visage vers Crusaé et Metsubi avant que ses yeux ne deviennent roses. Il s’apprêtait à partir mais deux mains se posèrent sur ses bras au même moment. Lorsqu’il arriva sur le toit du bâtiment de l’Ultime Elément, Metsubi et Crusaé étaient aussi présentes. Il poussa un profond soupir, s’écroulant au sol en marmonnant :

« Mais laissez-moi tranquille un peu. J’ai fait une erreur, je le reconnais. Je ne recommencerai pas … Mais arrêtez de me coller. C’est pire que tout. »

« Pire que tout ? Oh … Non … Tu sais très bien que ça serait bien pire si tu recommençais … Et que de toute façon, on ne va pas te lâcher. » répondit Crusaé avec douceur mais sérieux.

« A cause de vous, je ne peux même plus avoir un peu d’intimité. » murmura Luculos en soupirant, un grand sourire se dessinant sur les lèvres de Crusaé.

« C’est pour cela que tu n’oses plus aller sous la douche ? » demanda enfin Metsubi, l’adolescent hochant la tête positivement. « C’est un peu bête de ta part … Mais maintenant, nous devons nous méfier de toi. Si tu utilisais un rasoir … Ou autre … Et que tu t’enfermais dans la salle de bain, nous ne pourrions rien faire. »

« Mais je ne peux pas mourir ! Alors, laissez-moi tranquille ! »

Il en avait assez ! Il se téléporta une nouvelle fois, Crusaé et Metsubi faisant de même à son grand désarroi. Il s’était retrouvé dans sa chambre, mais elles aussi. Bon sang. Un peu de tranquillité ! Il ne pouvait pas en avoir ? En plus, il ne sentait pas la rose à cause d’elles ! Il n’avait pas à se laisser faire ! Sans un mot, il se déshabilla devant elles, Crusaé ouvrant à moitié la bouche pour parler, se cachant une partie des yeux alors que Metsubi était complètement immobile. Seul le rouge sur ses joues exprimait son point de vue sur la situation. Il jeta ses habits sur Crusaé et Metsubi, disant calmement :

« Je vais me doucher et j’en ai plus rien à faire de vous deux. »

« Oh … D’accord. Si tu le prends comme ça. » répondit Crusaé, le laissant partir et s’enfoncer dans la douche, l’eau commençant à s’écouler.

Pfff … Enfin … De toute façon … Il était tranquille là … Et en même temps … Il fallait reconnaître que ça faisait du bien. Il n’était pas mécontent d’être sous la douche … Sentir l’eau sur son corps, ça lui procurait un bien fou ! Et elles n’avaient pas intérêt à venir ! De toute façon, il était face à la porte donc il pouvait facilement remarquer si elles tentaient de rentrer ou non.

« Luculos … Devine qui c’est. » murmura une voix dans son dos alors qu’il sentait une poitrine qui se collait contre son dos. Pas aussi généreuse qu’on pouvait le croire … Ca ne pouvait être que celle de Crusaé. Mais à côté …

« QU’EST-CE QUE TU FAIS LA ?! » dit-il en se retournant, apercevant l’adolescente mais presque une femme dans son plus simple appareil.

« Nous sommes venues … te surveiller. » chuchota une seconde voix dans son dos, le confort et la douceur ressentie étant bien plus ample que celle d’auparavant. MET … METSUBI ! Cette douche n’était pas faite pour trois personnes ! Il s’adossa à un mur, rouge de gêne alors qu’il avait les deux demoiselles en face de lui. Gloups …

« Ce n’est pas de la surveillance mais de la perversité ! » s’écria t-il pour se donner du courage et ne pas les regarder, fermant les yeux.

« Si nous étions perverses, nous t’aurions déjà sauté dessus depuis bien longtemps, Personne. Allez … Ca ne peut pas nous faire du mal … de nous laver tous ensembles non ? Qu’est-ce que tu en penses ? On peut se frotter le dos mutuellement, rien que ça. C’est à toi de voir si tu veux aller plus loin. »
C’était … vraiment Crusaé qui proposait une telle chose ? Il rouvrit les yeux, un peu étonné en regardant la fille aux cheveux argentés. Elle rougissait un peu, son regard posé sur lui puis sur Metsubi … mais pas à la même hauteur. D’un côté, l’envie … De l’autre, la jalousie … Mais elle semblait bien moins importante qu’auparavant. La preuve … était la présence de l’autre fille qui parcourait son existence depuis plus de dix ans … Auparavant, Crusaé n’aurait jamais accepté une telle chose.

« Je … Je … Non … Ce n’est pas … normal de faire ça. J’aime … Omera Je … On va juste se laver le dos … Au moins, ça me permettra de me faire pardonner. » termina-t-il de dire avant de s’asseoir, prêt à laver les deux filles qui étaient là avec lui.

Et dire qu’après cela … Il s’était mal … et honteux. Mal dans sa peau … car il avait été excité par la vision paradisiaque … Honteux … car il avait toujours ses sentiments pour Omera. Ah ! Maintenant qu’elle était morte, il pouvait se payer du bon temps ? NON ! Ce n’était pas comme ça ! Il resterait fidèle à Omera ! Jusqu’au bout !

Alors … Pourquoi est-ce qu’il était en chemise de nuit et pyjama dans son lit ? Et pourquoi est-ce qu’il était accompagné des deux adolescentes ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Il n’avait qu’à les repousser … Elles n’avaient pas à être là … Pas le moins du monde. Il pouvait les repousser et leur dire d’aller voir ailleurs mais … Elles étaient inquiètes toutes les deux. Il le savait parfaitement … qu’il avait commis une bêtise.

« Personne … Est-ce que tu dors ? » murmura Crusaé, portant une robe de nuit en dentelle blanche, sa couleur favorite depuis tant d’années.

« Tu crois vraiment que j’ai la possibilité de dormir avec deux femmes dans mon lit ? »

« … … … Ce n’est pas si déplaisant que ça hein ? » reprit-elle, tournant son doigt sur le torse de l’adolescent avec lenteur.

« Ce n’est pas une question que ça soit déplaisant ou non. Vous avez un lit et ah ! Mais qu’est-ce que … » dit-il en poussant un petit cri de surprise.

« Me … lâche plus … Personne. » murmura l’adolescente aux cheveux noirs, déjà bien endormie. Elle avait collé son corps et sa tête contre son dos, ses deux mains enlaçant son ventre. Elle bougea ses lèvres pour les humidifier, un petit sourire dessiné sur les lèvres, frottant légèrement sa tête contre le dos. Elle semblait apprécier sa position.

« Je crois qu’une certaine demoiselle préfère ton lit au sien. » répliqua l’adolescente aux yeux verts avec amusement.

« Mais … Non … Maintenant que vous voyez que je vais mieux, dès demain … »

« Et ? Tu crois que tu iras mieux demain ? Pour qui est-ce que tu nous prends, Personne ? Nous te connaissons depuis bien plus longtemps qu’Omera. Je ne nie pas ton amour pour elle … pas du tout … Je dois l’accepter … Mais … Arrête de me baratiner comme ça, d’accord ? » dit-elle en posant un doigt sur son nez, le faisant taire aussitôt.

Il cherchait quelque chose à dire … mais il ne trouvait rien. L’adolescente gardait son regard fixé sur lui, ses yeux verts plongé dans les siens. Ah … Omera … Il ne pouvait pas oublier la Luxray … Avec elle, c’était complètement différent … Aucun dragon, aucun pokémon légendaire, juste … une relation normale … C’est ce qu’il désirait …

« Bon … Si tu as fini de te plaindre … Moi aussi, je crois que je vais en profiter un peu. Hum … Bonne nuit, Personne. Dors bien. » annonça Crusaé avec tendresse, posant ses deux mains sur le haut du dos de Luculos, évitant de toucher Metsubi. Sa tête logé contre son torse, elle poussa un petit ronronnement de plaisir avant de fermer les yeux.

Vraiment … Il … Il ne pouvait pas … les quitter hein ? Il ne pouvait pas imaginer les abandonner. Il avait compris son erreur mais … Il continuait à souffrir.

Chapitre 1 : Désespéré

Première partie : A la recherche des rivaux élémentaires

Chapitre 1 : Désespéré

« Qu’est-ce que les recherches donnent ? »

« Rien de bien nouveau. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple que cela, même pour les membres de l’Ultime Elément. Il y a de fortes chances qu’Arceus elle-même ne soit pas capable de mettre la main sur eux. »

C’était un jeune homme aux cheveux noirs qui avait pris la parole, s’adressant à un homme aux cheveux violets. Ils étaient tous les deux dans le bureau du second, le jeune homme restant parfaitement immobile en reprenant la parole :

« Cela fait plus de six mois … que l’on ne fait rien. Le culte d’Arceus est en pleine crise et n’a pas besoin de nous pour se détruire de l’intérieur. J’aimerai ne pas perdre mon temps à ne rien faire, j’espère que c’est bien compris. Je … m’en vais. »

« Tu as une figure très pâle. Même si je ne dois pas lire dans tes pensées, je sens parfaitement qu’elles sont de plus en plus obscures. Je te conseille d’en discuter avec autrui avant que cela ne devienne un problème trop gros pour toi, Luculos. » dit finalement Gégé alors que le jeune homme fronçait les sourcils. Visiblement, il ne semblait pas apprécier ce que l’homme venait de lui dire. Pourtant, il ne lui répondit pas, quittant la pièce sans un mot alors que Gégé haussait les épaules. Ce n’était pas de l’inquiétude, loin de là même … mais si le meilleur envoyé de l’Ultime Elément avait des soucis, ça ne serait pas bon pour la suite des évènements. Mais pour l’heure actuelle, il avait d’autres préoccupations en tête.

« MAIS C’EST LUCULOS ! » s’écria une voix sur le côté alors qu’il traversait un couloir pour arriver à un embranchement. Les paroles avaient été dites avant même qu’il ne soit visible, signe que la jeune femme qui s’abattit sur son corps avait mûrement préparé son coup.

Il réceptionna une jeune femme aux cheveux châtains et en robe blanche, celle-ci se collant doucement contre lui avec affection. Il la déposa sur le sol, apercevant une autre personne derrière elle. Ils étaient tous majeurs … Ils n’allaient plus grandir … plus changer … Chacun avait atteint sa majorité … Et chez Crusaé, sa beauté montrait à quel point elle était issue de la divinité Arceus … ou du moins qu’elle était une partie d’elle … Oui … Sans être plantureuse, Crusaé était d’une grâce et d’une féminité extraordinaire. Il n’y avait que le comportement … qui était assez puéril lorsqu’elle était avec lui. Mais bon, à force, il savait comment réagir avec elle.

« Crusaé … Et Metsubi … Visiblement, vous m’attendiez, n’est-ce pas ? » murmura t-il à l’encontre de la jeune femme dans ses bras mais aussi de celle derrière Crusaé.

Ah … Metsubi … Autant dire que chez elle … Les changements étaient violents …Cette tenue qui ne cachait plus grand-chose de son corps. Cette tenue moulante de couleur noire … et cette poitrine généreuse … Mais aussi ses cheveux noirs bouclés et ondulés en deux … bouts cylindriques sur le sommet de son crâne. Elle avait une petite mèche de cheveux argentés qui arrivaient sur son front mais …. Bon … Sa tenue était trop moulante … On aurait pu croire un maillot de bain … Elle aussi avait tous les charmes féminins en sa possession. Rien de bien étonnant lorsqu’on savait qu’elle avait un sang particulier en elle, du sang de dragon.

Pour toute réponse, elle avait hoché la tête d’un air positive tandis qu’il ne semblait pas vouloir prendre la parole à son tour. Bon … Qu’est-ce qu’elles lui voulaient ? Elles savaient parler, n’est-ce pas ? Mais il n’eut aucune réponse de la part des deux femmes. Chacune prit l’une de ses mains pour se balader avec lui. Comme souvent, c’était Crusaé qui faisait la conversation alors que les deux autres personnes ne faisaient que l’écouter en hochant la tête.

« … … … Ça ne va pas … du tout, Personne. » murmura avec douceur Metsubi alors qu’il était un peu surpris. C’est vrai … Elle parlait toujours peu … mais souvent bien.

« Ça va très bien, comme d’habitude. Tu n’as pas à t’en faire à ce sujet, Metsubi. Rien de bien important si tu veux tout savoir à mon sujet. »

« Ca ne va pas très bien du tout, Personne. » reprit la jeune femme aux yeux dorés, s’étant arrêté pour le fixer longuement avec ces derniers. Crusaé poussa un profond soupir, mettant une main sur son visage comme pour montrer qu’elle était dépitée.

Ce n’était pas bon … Pas bon du tout même. C’était tout le contraire de ce qu’elle pensait … Il n’allait pas bien … La jeune femme aux cheveux châtains posa son front contre celui du jeune homme, marmonnant quelques mots :

« Tu n’as pas de fièvre … mais … Tu es toujours dans le même état. »

« Je ne suis pas dans le même état. Vous me fatiguez ! Ce n’est pas comme si j’allais me suicider non plus hein ?! » s’écria t-il avec véhémence, les deux femmes relâchant ses bras, étonnées par ses paroles plus que dures.

« Mais on n’a jamais pensé de la sorte ! Qu’est-ce que tu racontes, Personne ? » répondit aussitôt Crusaé au tac-à-tac pour être sûr de s’être bien faite comprendre. Personne ne pensait … ainsi ! C’était juste que depuis … la mort d’Omera … La mort définitive cette fois … Il avait perdu le goût de la vie.

« Personne … Nous appréhendons tes réactions. Nous sommes inquiètes pour toi. »

« Alors ne le soyez pas, voilà tout ! Je vais aller me reposer ! Je n’ai pas besoin de vous ! Vous n’avez pas à me suivre ! Bonne soirée ! Bonne nuit ! » dit-il en s’éloignant rapidement, trop énervé pour que cela soit uniquement à cause des deux femmes.

« Mais nous sommes en pleine après-midi … » murmura Crusaé. Mais c’était déjà trop tard, le jeune homme était parti sans l’écouter, ni elle, ni qui ce soit d’autre.

Il se retrouva dans sa chambre, se couchant aussitôt sur le lit avant d’observer le plafond. Il avait fermé à clé, tiré les volets pour être tranquille. Dire que c’était tout ce qu’il voulait … Omera … Il passa une main sur ses yeux. C’était dur … De plus en plus dur car en six mois, il n’avait que des missions pathétiques … Ils recherchaient les derniers légendaires … mais il s’en fichait de tout ça. Il ne voulait rien à voir avec toute cette histoire … La seule chose qui l’importait, c’était d’en terminer. Il voulait être tranquille …C’était la seule chose … Ah … La seule chose … Une lame aqueuse se forma au bout de sa main gauche alors qu’il observait son bras droit. Un simple geste … anodin … Et c’était terminé … n’est-ce pas ? La lame traça une ligne sur le bras droit, du sang s’écoulant en grande quantité de celui-ci.

Moins de dix minutes plus tard, la porte fut ouverte sans aucun souci, malgré qu’il ait fermé à clé. Aussitôt, Crusaé remarqua le sang sur le lit tandis que Metsubi s’était approché de lui pour voir son état. Comme elle vit qu’il avait les yeux ouverts et qu’il l’observait, elle soupira d’apaisement, Crusaé prenant son bras droit en criant :

« Mais tu es vraiment stupide ou quoi ? REGARDE-MOI ! Tu as essayé de … »

« De me taillader les veines … Mais je ne peux pas mourir … Regarde mon bras droit … Je n’ai aucune marque … Rien du tout … »

« ET TU CROIS QUE CA ME SUFFIT COMME EXPLICATION ? »

« Crusaé … Tu peux arrêter de crier ? Ca ne va rien arranger. » annonça Metsubi, posant le bras droit du jeune homme sur le lit, retirant les draps avec appréhension.

« Ça ne te fait rien du tout ? Qu’il tente de se suicider sans même nous en parler ? Mais non, monsieur préfère faire le grand garçon et n’en parler à personne ! Il sait parfaitement que tout le monde le déteste et en a rien à faire de son existence ! Ce n’est pas comme si je l’aimais hein ? Ni comme si tu l’aimais hein ? »

« … … … Ça me fait quelque chose. De la peine. »

Metsubi avait dit cela avec neutralité, bien qu’ils puissent apercevoir qu’elle pleurait en silence. Le jeune homme détourna le regard d’un air gêné. Il n’aimait pas vraiment quand ça se passait comme … AIE ! Sa tête fut prise entre deux mains, le forçant à regarder Crusaé mais aussi Metsubi.

« Regarde-là ! Regarde dans quel état tu as mis Metsubi par ta faute ! »

« Ce n’est pas ma faute … Ca ne vous concerne pas … Et depuis quand tu es aussi proche de Metsubi ? J’aimerai bien le savoir. » marmonna le jeune homme pour changer de conversation. C’est vrai … Depuis déjà quelques temps, les deux femmes étaient inséparables alors qu’auparavant, Crusaé ne se serait pas privé de rembarrer Metsubi.

« Il faut bien que quelqu’un lui montre qu’il est attaché à elle puisque visiblement, ce n’est pas ton cas, espèce de boulet permanent ! »

« … … … Je suis attaché à elle comme à toi. » répliqua t-il faiblement.

« Ben merde … T’as de drôle de façon de le montrer ! C’est sûr que quand on est attaché aux autres, on préfère se suicider ! Sacrée logique hein ! »

« Ce n’est pas exactement ça … C’est Omera … »

Assez … Il savait qu’il avait fait une bêtise … Mais en même temps, il n’avait rien à craindre, il était immortel … Son corps se soignait automatiquement … sans même qu’il ne puisse mourir … Il n’avait rien à craindre … Mais peut-être … Qu’il avait créé plus de problèmes qu’il ne l’aurait cru … Quand il regardait les deux jeunes femmes … Il savait qu’il avait franchi une limite à ne pas dépasser.

Chapitre 45 : Retourner auprès de lui

Chapitre 45 : Retourner auprès de lui

« Et maintenant ? Nous ferions mieux de fuir, n’est-ce pas ? »

« Je ne pense pas qu’ils iront nous remercier pour ça. On a tué leur dirigeante même si cette dernière était possédée par Park. Je ne pense pas qu’ils nous laisseront tranquille. »

Elen avait pris la parole avec un peu d’ironie mais la réponse de Sérest ne laissait pas vraiment de place au doute. La femme aux cheveux blonds passa une main sur son front, épongeant la sueur qui s’en écoulait avant de reprendre :

« Bon ben … ne tardons pas alors. De plus, il va falloir que nous allions nous reposer dans d’autres endroits que les villes connues. Les gardes seront à nos trousses. Ce qui veut dire que l’on va devoir se protéger de la foudre dans ces plaines. »

« Charmant programme. » ironisa à son tour Royan avant de se tourner vers Elise, lui demandant si elle n’avait pas été blessée ou autre pendant le combat.

Avec vivacité, le groupe s’était mis à courir ou voler, dans le cas de Sérest, pour mettre un maximum de distance avec la scène de carnage qui s’était déroulée. Park était morte, cela voulait dire qu’il ne restait plus qu’une créature légendaire à abattre.

« Et ensuite, Tery sera libre. Il sera tranquille. Personne ne sera là pour le juger. »

Elle se murmurait cela doucement, comme pour confirmer ses pensées. Elle n’avait pas à s’inquiéter par rapport aux dires de Park. Par contre, le fait que Séran réagisse de la sorte par rapport à Park montrait qu’il en savait encore trop dans toute cette histoire.

Ailleurs, devant une gigantesque double porte se trouvant dans les profondeurs de la tour des archimages, un nouveau symbole venait de s’éteindre. Il n’en restait maintenant plus qu’un. Les tremblements produits à cet instant avaient redoublé de puissance, bon nombre de citoyens pensant que la fin était proche, ce qui n’était pas totalement faux en un sens.

« Ah … Ah … Ah … Bon, pour le moment, on prend un peu de repos, d’accord ? »

Elle avait déclaré cela avant de s’asseoir contre un rocher. La foudre ne s’abattait pas encore ici mais ça ne saurait tarder. Elle savait qu’ils allaient prendre du retard par rapport aux retrouvailles avec Tery mais bon … c’était ça ou alors un risque de se faire tuer. Et vue comment ils étaient exténués, il valait mieux ne pas tenter le démon.

« Heureusement que nous avions quelques provisions. Pour contrer la foudre, je m’occuperais de cela. Je me reposerais sur le dos de mon homme sur le chemin. »

« Ne me dit pas que tu comptes contrer la foudre pendant toute la nuit ? » demanda Elen, un peu surprise par les propos de la femme ailée.

« Il le faut bien, on ne peut pas prendre de risque. Contrairement à toi ou Clari qui avaient tout fait ou presque, je ne suis pas vraiment exténuée. »

« Comme tu le veux, je ne vais pas te forcer à faire le contraire. » dit Elen en soupirant.

Et maintenant ? Elle ferma les yeux pendant que les autres installaient les tentes. C’était le mieux qu’elle puisse faire. Elle voulait revoir Tery. Elle avait à se faire pardonner pour les lignes d’Alzar. Peut-être aussi pour Manelena, elle ne savait pas encore. Elle n’était pas vraiment motivée pour elle par contre.

« De toute façon, qu’importe ce qui se passe, cela ne plaira pas forcément à Tery. »

Car elle était certaine que Clari n’allait pas se priver de signaler ce qui s’était passé au jeune homme aux cheveux bruns. Ah … Tery lui manquait terriblement, elle ne pouvait que le reconnaître en fin de compte. Enfin, de toute façon, elle le reconnaissait amplement. Si elle s’était emportée de la sorte, c’était bien parce qu’elle était pressée de retrouver Tery.

« Je suis si pressée de le retrouver … je veux le serrer dans mes bras. »

Elle se murmurait ça à elle-même, comme pour se rassurer sur sa conduite qui avait été honteuse ou presque. C’est sûr qu’un tel excès de rage n’était pas vraiment ce qui se faisait de mieux et qu’elle devait alors envisager de se calmer quand cela lui reprendrait. Ah…

« C’est pas trop la forme ou je me trompes, Elen ? » demanda une voix un peu amusée.

« Pas totalement, Clari. Je suis épuisée et je pense à ce qui s’est passé, rien de plus. »

« C’est vrai que ce n’était pas franchement joyeux de ta part. Tu as tant de soucis que ça avec tes lignes d’Alzar ? Ou alors, c’est ce que Park a dit qui te dérange ? »

« Je ne me suis jamais posé la question mais maintenant qu’elle a commencé à parler de cela, j’avoue que je ne sais plus du tout. Pourquoi est-ce que Park me parlerait de ça ? »

« Pour planter les graines de la confusion. HEY ! Ne me regardes pas comme ça ! » s’exclama Clari en voyant le regard surpris de la jeune femme posée sur elle.

« Disons que la phrase prononcée est assez étrange, si tu veux tout savoir donc bon … »

« Je m’en doutes, je m’en doutes, hahaha ! Je sais parler hein ? N’oublies pas que je suis quand même de sang noble malgré les apparences ! »

« Je m’en rappelles parfaitement, tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet. Donc … tu considères que Park me racontait n’importe quoi, c’est bien ça ? Qu’elle ne savait rien au sujet de mes parents, n’est-ce pas ? Je te fais confiance mais … »

« C’est le fait qu’elle emmène le sujet en plein combat qui te dérange, non ? »

« C’est ça. Elle ne pouvait pas évoquer ça sans avoir une réelle raison ? »

« Qui sait ? Le fait que tu possèdes les lignes d’Alzar et de Zélisia en même temps montre que tu n’es pas n’importe qui mais regardes le groupe qu’on a ! Bon, il y a bien Elise er Tery qui sont uniques eux aussi mais voilà, tu n’as pas à t’en faire. »

« Je ne sais pas si c’est vraiment réconfortant … mais merci, Clari. Et bravo pour tout. »

« Tu parles pour le combat contre Park ? J’avoue que j’en suis assez fière. Je ne pensais pas tenir aussi longtemps mais surtout survivre. »

« Tu étais prête à mourir ? Ne dit pas de bêtises. Si Tery apprenait cela, je crois qu’il ne le pardonnerait jamais. Tu es trop importante pour lui. »

« Et inversement. Enfin bon, on ne va pas parler de tout ça, je risquerais d’avoir la larme à l’oeil, hahaha. Et tu as besoin de te reposer, en plus. »

« C’est le cas. Je vais juste … fermer les yeux quelques minutes, oui. »

Elle avait murmuré cela avec une extrême lenteur, comme pour bien reprendre son souffle et son calme alors que son cœur battait la chamade. Pourquoi est-ce que l’idée que Clari ne meure était aussi déplaisante à imaginer ? Enfin, non, le fait qu’elle avait envisagé le contraire, que ça ne soit pas déplaisant, était aussi un problème assez important en soi. Mais voilà, ce n’était pas vraiment de ça … qu’elle voulait penser.

« Je peux vraiment me comporter comme un monstre des fois. »

Elle poussa un petit soupir avant de mettre une main devant sa bouche. Comment cela pouvait-il en être autrement après la barbarie de cette journée ? Elle se reconnaissait à peine … mais pourtant, elle se rappelait exactement de tout ce qui s’était déroulé.

« C’est bizarre et déplaisant. Je n’aime pas cette sensation. »

Pas du tout. Elle émet un petit rictus de dépit. Si tout était aussi simple, elle le saurait mais pour le moment, ce n’était pas le cas. Elle voulait juste dormir. Son corps pencha un peu sur le côté tandis qu’elle fermait les poings. Elle voulait penser à Tery pendant qu’elle dormait. Leurs retrouvailles, tout le reste, tout ce qui se passera.
Elle avait un peu de rouge aux joues mais ce n’était pas déplaisant. Combien de temps ? Des semaines ? Presque un mois ? Elle ne savait pas le moins du monde. Du moins, elle n’avait pas compté pour savoir à quelle précision tout cela se passait mais ce n’était pas réellement grave dans le fond, de tout façon. Le plus important était qu’elle voulait revoir Tery. Elle vint finir par s’endormir au bout d’une demi-heure, ayant rejoint la tente entre temps.
Le lendemain matin, ayant retrouvé une forme optimale pour retourner à Omnosmos, ce fut elle qui prit les commandes de la troupe, déclarant qu’ils allaient accélérer le pas maintenant. Se tournant vers les autres, elle vint annoncer :

« On essaie de retourner à Omnosmos d’ici grand maximum une semaine. »

« Cela ne me semble pas impossible à faire … néanmoins, avec l’état d’alerte dans Mékalarma, cela sera difficile de passer inaperçus. »

Elen haussa les épaules, comme pour signaler que ce n’était pas vraiment un problème à ses yeux pour le moment. Ils avaient fait un massacre hier, si les soldats les reconnaissaient, normalement, ils ne seront pas assez stupides pour tenter de les attaquer. Après, un soldat étant un soldat, certains n’étaient pas forcément des lumières, il fallait avouer.

Pourtant, la journée se passa bien tranquillement, contrairement aux dires de Sérest par rapport à la situation. Aucune garde, aucune émeute, il semblerait que des rumeurs parlaient d’un carnage causé par Park et que les personnes à la base de la mort des créatures légendaires avaient en fait sauvé bon nombre de soldats. A cette rumeur, Clari ne put s’empêcher de rire avant de dire d’une voix enjouée :

« Tant mieux non ? Si tout le monde pense ça, c’est parfait ! »

« Je ne pense pas que ça soit le cas mais c’est une bénédiction pour nous. Il aurait fallut que les autres royaumes pensent pareil mais bon … »

« N’exagérons pas trop non plus. Ça ne paraît pas vraiment crédible là. Les Mékalarmiens ont toujours été assez « spéciaux » comme personnes, dira t-on. »

« Oui mais bon, ça ne change pas que normalement, nous devrions maintenant avoir moins de soucis pour nous déplacer. Il vaut en profiter. » termina de dire Royan après les paroles de Séran aux siennes. Il se tourna vers Elise, disant : « J’ai crût aussi remarquer que vous n’aviez pas été ciblée directement par Park, non ? Du moins, comme auparavant. »

« J’ai eut aussi cette impression. Comme quoi, ça ne serait pas moi mais seulement Tery qui leur poserait problème. Pourtant, nous sommes tous les deux des Démons, non ? Du moins, nous avons tous les deux des cornes, non ? »

« Oui mais ce n’est visiblement pas que ça … il y a autre chose. En quoi est-ce que Tery serait unique ? A part que … c’est mon homme. Comme je dérange les créatures légendaires, ça ne serait pas anormal de ce côté, oui. »

Pour toute réponse, Clari haussa les épaules, gardant son sourire aux lèvres. C’est vrai que si à la base, tous se focalisaient sur Elen, ça n’allait être guère plaisant. Mais Elen ? Ses parents ? Elle n’en avait aucune idée ? D’ailleurs, en y réfléchissant bien, Elise aussi. Par contre, ça n’expliquait pas pourquoi Tery était un démon. Sa mère était tout ce qu’il y avait de plus normal, non ? Ou alors, c’était du côté de son père ? Non, c’était illogique. Tery lui avait dit que son père était mort il y a de cela des années. Si son père avait été un démon, il aurait survécu en vue de la puissance qu’elle voyait chez Tery et Elise.

« Tery me manque vraiment … »

Elle se marmonnait cela à elle-même. C’était stupide, tout simplement stupide. Elle n’arrivait pas à penser à autre chose malheureusement. Comment cela pouvait-il en être autrement en fait ? Elle poussa un profond soupir, regardant les autres.

« Allons encore plus vite, j’ai l’impression de devenir folle à force de penser à Tery sans pouvoir le voir. Il vaut mieux pour moi que je me calmes et je n’ai que ça comme solution. »

« Au moins, tu es honnête dans tes paroles même si ce n’est pas rassurant. Essaies de patienter plutôt non ? Nous allons le retrouver bien rapidement. »

« C’est surtout que je n’ai pas encore reçu une lettre de sa part. Je me demandes s’il est trop occupé ou non. C’est étrange … mais bon … »

« Je ne penses pas que ça soit étrange. Il suffit que cette lettre fut détruite lorsque nous combattions. Le mieux serait que tu lui demandes non ? » signala Elise, semblant connaître ce genre de mésaventures visiblement.

« Je pense que je vais faire ça, ça sera mieux que de me poser cinquante mille questions. »

« Cela te permettra de te calmer avant de t’imaginer des scénarios qui pourraient faire plus de mal qu’autre chose. C’est beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit. »

« Je le sais, je le sais, pas besoin de me le répéter. Je le comprends parfaitement hein ? »

Elle marmonna quelques mots, visiblement n’appréciant que peu qu’on lui fasse un peu la morale par rapport à tout cela. Ce n’est pas qu’elle pensait à mal mais tout simplement qu’elle se faisait des idées, pour ne pas changer.

« Tery doit juste m’attendre bien sagement comme il me l’avait dit, voilà tout. »

« J’en suis sûre et certaine de mon côté ! » déclara Clari, tout sourire.

C’était inutile de jeter de l’huile sur le feu non ? Comme le fait de signaler que Tery était seul avec Manelena pendant presque un mois et que peut-être des choses s’étaient produites là-bas ? Peut-être que Tery en fait, n’avait pas renvoyé de lettres car il s’était enfui avec Manelena au loin pour vivre une belle aventure avec la princesse de Shunter. Oh que non ! Ca serait bête d’énerver Elen après tout ce qui s’était passé.

« Manelena, est-ce que tu peux m’aider s’il te plaît ? »

« Bon sang mais qu’est-ce que tu ferais sans moi, je te jures ? »

Un soupir se fit entendre alors qu’elle arrivait à la hauteur du jeune homme, attrapant une pile de livres qui était prête à s’écrouler au sol. Le jeune homme prit une profonde respiration avant d’expirer, murmurant quelques remerciements à Manelena.

« C’est bon pour aujourd’hui, vous pouvez vous en aller.Ne venez pas demain. Profitez du repos que vous avez mérité »

« Comme vous le désirez, madame Jésiana. Au revoir messire Périk. »

« Ne vous perdez pas sur le chemin, n’est-ce pas ? »

Le jeune homme eut un fin sourire avant de quitter la bibliothèque. Heureusement qu’ils travaillaient là-bas, ça permettait à Manelena d’oublier un peu Shunter. Elle avait parfaitement compris la manipulation de Tery après quelques jours mais elle n’en avait jamais fait la remarque. De plus, travailler pour être payé, cela ne pouvait leur faire que du bien. Avec la monnaie dans les poches, elle se tourna vers Tery, disant :

« Comme on a un jour de repos, demain, qu’est-ce que tu veux faire ? »

« Je comptais aller m’entraîner à l’académie des mages. Tu sais, avec mes golems. »

Elle haussa un sourcil désapprobateur avant de lui donner une petite claque derrière le crâne, croisant les bras en faisant une mine boudeuse. Elle vint dire :

« Ne me force pas à te faire te reposer. Nous avons travaillé toute la semaine. »

« Oui mais bon, si on ne fait rien, on va se rouiller et … bon d’accord, d’accord, pas le regard qui tue, j’ai compris, j’ai compris, c’est bon hein ? »

« Alors, si tu as compris, tu t’exécuteras demain bien gentiment. Nous allons manger tous les deux ailleurs et ensuite, demain, à l’aube, on se lèves, d’accord ? »

« Oui madame la maréchale ! Oui ! » dit-il en faisant le salut militaire. Quelques têtes se retournèrent vers eux, Manelena poussant un soupir.

« Tu veux une claque derrière le crâne, Tery ? Arrêtes de te donner en spectacle. »

« Tu sais parfaitement que ce n’est pas du tout mon genre, je ne suis pas ainsi, Manelena. Comment est-ce que j’oserai me moquer de toi ? »

« Oh, toi, si tu continues, je vais repeindre les murs avec ton sang, Tery. »

Ooooooh ! Il fit une petite mimique étonnée, faussement apeuré par ce qu’elle venait d’annoncer. Elle émit un léger grognement de mécontentement avant de se déplacer pour s’éloigner. Elle n’allait pas répondre à cette provocation mais bon … le jeune homme marchait à côté d’elle, reprenant la parole :

« Donc demain, une véritable journée de repos, n’est-ce pas ? J’espère que ça ne te dérange pas trop de travailler à la bibliothèque, Manelena. »

« Pourquoi cela devrait me déranger ? Ça me permet de penser à autre chose. »

« Oui mais bon, je parlais plus du fait … enfin, tu es une ancienne soldate. Ce que je veux dire par là, c’est que je ne te vois pas bibliothécaire. »

« Moi non plus, pourtant, je ne te le signales pas. Tu n’as peut-être pas remarqué, ce qui ne serait pas étonnant en un sens que tu viens de me traiter d’imbécile incapable d’apprécier un livre parce que je fus dans l’armée, Tery. »

« Non non ! C’est pas du tout ça ! Puis enfin, je suis bien pire hein ? Je te rappelles que de mon côté, il vaudrait mieux que je me taises car … »

« Tu n’as pas eut l’éducation d’un noble. Encore que certaines choses, je me demandes si c’est vraiment le cas. Hum … J’aimerai te poser quelques questions plus tard, au sujet de ta mère. »

« Nous en avons déjà parlé non ? Je ne vois pas ce qu’il y aurait de plus à rajouter. »

« Tu verras. Je n’en ait pas terminé avec toi, loin de là. »

« Je ne me sens plus vraiment rassuré maintenant. Je crois que je vais m’en aller. »

Il disait cela tout en sifflotant légèrement, s’éloignant comme si de rien n’était mais elle l’attrapa par le bras, le fixant de ses yeux rubis. Non, non, aucune fuite aujourd’hui. Le jeune homme baissa les épaules, s’avouant vaincu par Manelena.

« D’accord, tortionnaire, fais de moi ce dont tu as envie. »

« Ne t’avises pas de me proposer cela, tu ne sais pas de quoi je suis capable, Tery. » déclara la femme aux cheveux argentés, fixant son compagnon de marche en fronçant les sourcils. Oh, s’il commençait de la sorte, il pouvait le regretter amèrement, oui.

Néanmoins, contrairement à la petite scène, le repas se passa bien tranquillement, les deux personnes discutant du travail accompli à la bibliothèque. Une heure plus tard, elle était couchée sur le lit, des livres déposés autour d’elle alors qu’elle en tenait un en main.

« Hmm … J’ai un peu mal aux yeux, je crois. » marmonna le jeune homme, installé sur une chaise devant un bureau, lisant lui aussi.

« Alors arrêtes, c’est mieux. Je penses que tu as assez vu de livres pour la journée, non ? »

« C’est vrai mais bon … j’ai encore du travail quoi. Je ne peux pas … »

Elle émet un grognement et finit par se relever. Le jeune homme n’a que le temps de se retourner qu’il se retrouve soulevé par le bras avant d’être projeté sur le lit. Avec force, elle appuie sur ses épaules, se retrouvant au-dessus de lui.

« Maintenant, tu vas dormir au lieu de te forcer à rester éveillé, compris ? »

« D’accord, d’accord, pas besoin d’être aussi violente hein ? J’ai compris. Mais tes livres vont être abîmés par contre, si on ne fait rien contre ça. »

« Qu’est-ce qu’on en a à faire ? Encore que ce ne sont pas mes livres mais ceux de la bibliothèque royale. Hum, il vaut mieux ne pas trop les froisser, oui. »

Elle retourna auprès de Tery, récupérant les différents livres. Il valait mieux éviter de se mettre Jésiana sur le dos, elle en était intimement convaincue. Elle ramassa les livres, venant les déposer sur le bureau avant de se retourner vers le jeune homme :

« Maintenant, je vais te laiser tranquille, d’accord ? Il vaut mieux pour toi que tu te reposes. »

« Oui, comme ça, demain, je peux alors m’entrai … je rigole ! Je rigole ! »

Devant le regard furieux de Manelena, il préféra ne pas terminer sa phrase. Il sifflota tout en détournant le regard. Il valait mieux ne pas avoir de problèmes, hahaha ! Elle quitta la chambre, lui souhaitant bonne nuit alors qu’il faisait de même de son côté.

« Je vous jure, m’occuper d’un idiot aussi souvent, c’est usant ! »

Pourtant, elle sourit alors qu’elle se dirige vers sa chambre, fermant la porte derrière elle. Elle vint terminer par se coucher, poussant un profond soupir de soulagement.

Epilogue : Ce que je suis

Epilogue : Ce que je suis

« Et bien … Visiblement, on dirait que vous avez bien reçu mon aide. »

C’était la jeune fille aux cheveux roses qui souriait, amusée en apercevant Luculos accompagné des quatre adolescentes … mais aussi de nombreux corps flottant dans les airs. Ses deux yeux étant roses, signe qu’il utilisait des pouvoirs psychiques, ceux de Croné. Sans même s’intéresser à Mimi, il passa à côté d’elle, pénétrant dans l’ultime élément. Il portait par ses mains Omera, étant la seule qu’il touchait directement. Les corps l’accompagnèrent, plusieurs cris de stupeur et de surprise se faisant entendre.

« Et bien … C’est pas la joie visiblement. Alors ? Perrine ? Sarila ? Qu’est-ce que cela a donné ? J’espère qu’une partie de mes pouvoirs vous ont aidées pour ce combat. »

« C’était pas mal du tout ! En fait, si ça, ce n’est qu’une faible partie de tes pouvoirs … »

« Disons plutôt que c’est une partie de mes connaissances, non de mes pouvoirs réellement. »

« Au cas où tu ne comprendrais pas, Perrine, ça veut simplement dire qu’elle nous a appris à utiliser le meilleur de nos capacités. Je ne pense pas qu’elle soit réellement puissante à la base, simplement, à cause de la globalité de ses connaissances, elle sait utiliser le meilleur parti de tout ce qui l’entoure. » termina de dire Sarila alors que Crusaé et Metsubi se dirigeaient vers l’intérieur de l’Ultime Elément avant d’être arrêtées par Perrine.

« Je vous accompagne … Je vois bien qu’il est triste. Je vais lui annoncer que ma mère est morte … Au moins, ça voudra … »

« Tu veux l’achever ou quoi ? Tu crois qu’il n’a pas eu sa dose ? » répliqua aussitôt Crusaé, Metsubi venant séparer les deux personnes aussitôt.

« Et toi, tu n’as rien compris hein ? Qu’il comprenne que les morts, ça arrive tout le temps. Ca fait mal pendant pas mal de temps mais il faut avancer … Et même si c’est moche à dire, les morts … ça peut apporter quelque chose de bon dans le futur. »

Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Enfin bon … Elle s’en fichait … La jeune femme aux cheveux châtains grogna légèrement avant de ne se plus se préoccuper d’elle. Elle pénétra finalement dans le bâtiment, rapidement rejointe par Metsubi puis Perrine. Sarila restait à côté de Mimi, semblant vouloir discuter avec elle.
Ailleurs, dans une pièce où la chaleur avait complètement disparu, comme une chambre froide, le jeune homme caressait les cheveux d’Omera avec tendresse. Il avait déposé la jeune femme juste à côté d’un cercueil de glace, celui-ci contenant Taliki. Les autres corps étaient allongés sur le sol, recouvert de végétation. Oui … C’était là sa pièce « secrète ». Il avait demandé cela à Gégé et ce dernier avait accepté. Avoir les corps auprès de lui était une chose que le chef de l’ultime Elément appréciait … Cela lui permettrait sûrement d’avoir bien plus de troupes que prévu … Tant qu’il …

« Ah … Je me doutais que tu étais ici. J’ai réussi à ne pas me faire poursuivre par Metsubi et Perrine. On remercie ma capacité à me téléporter. » murmura une voix derrière lui, Crusaé se trouvant rapidement auprès du jeune homme. « Tu veux que je prépare un cercueil pour tous et toutes ? Ca risque de prendre pas mal de place non ? »

« Réunis … les familles ensembles … Ceux qui étaient proches entre eux … Même les ennemis … Fais que les trois … jeunes filles soient ensembles … Ensuite, fait de même avec les trois … servants d’Hosor … Pour Croné et Dorak, qu’ils soient ensembles. Ariné, Rokan et Solor, je veux … que des plantes les entourent … Pour Lasty et ses sœurs, qu’elles soient réunies … Et juste au-dessus d’elles, je pense qu’Elugabeth et Hosor peuvent être … enfin liés … Ils le méritent à mes yeux. Trop … Il y a trop de pertes … » murmura le jeune homme sans regarder un seul instant Crusaé.

« Et pour Cassy ? Et pour … Omera ? Qu’est-ce que tu veux ? »

« Cassy sera à part … et Omera aussi … J’ai tué Cassy … de mes propres mains … à cause de Gérine. Je … Je n’ai pas d’excuses pour cela … Quand à Malixo et Lina … Peut-être les mettre ensembles … Perrine voudra sûrement voir son frère. Son frère … qui est mort par ma faute. » bafouilla le jeune homme, tremblant légèrement. Malixo et Lina qui étaient tombés les premiers dans ce combat contre Gérine. Il ne l’avait même pas remarqué … et il se trouvait horrible pour cela, plus qu’horrible même.

« Arrête donc d’y penser … Tu devrais aller voir Perrine et Sarila, ça fait quelques années que tu ne les as plus vues, n’est-ce pas ? Je ne les connais pas mais bon … »

Il hocha la tête positivement, c’est vrai. C’était une bonne idée … Ca lui permettrait d’oublier pendant quelques temps. Il se retourna, passant à côté de Crusaé sans la regarder, celle-ci ouvrant la bouche pour dire quelque chose. Avant qu’il ne parte, elle prit son courage à deux mains, disant :

« Personne … Je suis toujours là … pour toi hein ? Metsubi … aussi. Nous abandonne pas. »

Il s’immobilisa pendant quelques instants, baissant la tête. Il sera le poing droit avec violence, quittant la place. Il le savait … parfaitement … Et c’était cela qui lui fit plus que mal. Ceux trop proches … de lui souffraient et mourraient. Il retrouva Metsubi et Perrine, la Carmache laissant seule la Feunard en prétextant qu’elle allait épauler Crusaé pour le reste.

« Bon … Frérot … C’est quoi le souci ? Elle l’était … déjà non ? »

Il fut doublement surpris. En premier par l’appellation qu’elle utilisait, en second par cette phrase … Cela avait été dit d’une façon tellement sèche … comme si ça n’affectait pas le moins du monde la jeune demoiselle. Pourtant, elle paraissait un peu gênée, reprenant :

« Bon, t’as parfaitement compris, je ne sais pas m’exprimer. Maman est morte … Voilà tout … La maladie l’a emportée mais elle était heureuse jusqu’à la fin. Un peu triste de ne plus te voir mais c’était … le mieux que je pouvais faire. Si je suis partie avec ma famille, c’est bien parce que je voulais éviter qu’elle reste dans cette ville pourrie. J’ai gardé tes économies et je lui ai permis de vivre paisiblement jusqu’à ce qu’elle … meure. Merci pour tout ce que tu as fait, Personne … Et cela depuis des années. »

« Je n’ai … rien fait de spécial. Rien de bien … »

« Oh mais la ferme, tu sais parfaitement que c’est le cas. Sans toi et depuis la mort de Malixo, ma famille n’aurait jamais survécu. C’est bien grâce à toi que maintenant, mes sœurs et mes frères se trouvent dans les familles de leurs grands-frères et grandes sœurs, non ? Même si ça ne me plaît pas … qu’ils soient venus après la mort de Maman … Ils avaient l’air tellement désolés et attristés que j’ai bien voulu leur laisser une chance. Visiblement, ça se passe très bien. » termina t-elle de dire tandis qu’il répliquait :

« Maintenant que selon eux, la tare de la famille n’est plus, ils se représentent. »

Le poing droit arriva aussitôt vers le visage du jeune homme, s’immobilisant à quelques centimètres de lui alors qu’elle avait serré les dents. Le regard de Luculos était imperturbable, tandis qu’elle abaissait son poing, le jeune homme reprenant :

« Mais c’est parce qu’elle était … déficiente qu’elle était spéciale … Ne pas être parfait … est une bonne chose … Elle va me manquer énormément … comme tout le monde. Si tu veux, vas rejoindre Crusaé et Metsubi, tu devrais pouvoir voir ton frère. »

« Mon … Malixo … Je n’ai pas eut le temps de le voir pendant le combat et … Pendant le voyage, tu avais pris tellement d’avance que … »

« Vas voir ton véritable frère au lieu. » coupa t-il aussitôt, Perrine lui disant :

« Il est aussi véritable que toi. Même si ce n’est pas par le sang, tu es autant mon frère que Malixo … voir même plus que les autres membres de ma famille … Ceux qui sont plus âgés que moi … Enfin bref … Je vais y aller. »

Qu’elle y aille, cela ne lui faisait ni chaud, ni froid. Il la laissa passer à côté de lui, commençant à marcher dans les couloirs, quelques personnes le saluant. Il répondait d’un hochement de tête muet, signe qu’il ne voulait pas parler alors qu’il se dirigeait vers le bureau de Gégé. Là-bas, il toqua deux fois avant de rentrer. Gégé était présent mais Mimi et Sarila aussi. Dans un coin ? Déusia tenait un bloc-notes en main tandis que Jéwaly cachait aussitôt son visage derrière un livre.

« Félicitations, Luculos. La mort de Gérine nous permet d’avancer grandement dans nos plans. En fait non … Grâce à tes actions, la souffrance qu’a subie l’ultime élément cette année vient totalement de disparaître. Sache qu’il ne reste plus que deux personnes réellement au service d’Arceus … et le culte lui-même commence à se désagréger de l’intérieur. Arceus, à cause de ses actions, a mis à mal le moral et l’espoir qu’avaient ses fidèles. » dit Déusia sans même le regarder, le jeune homme répondant :

« Est-ce que … cela veut dire que c’est bientôt terminé ? »

« Exactement. Mais il reste encore quelques autres pokémons légendaires … Arceus va tenter de le rallier à sa cause … de leur plein gré ou de force. Ce n’est pas encore fini … de ce côté-là. Il va nous falloir leurs ADNs car certains sont presque aussi puissants que Taliki ou Gérine. Mais … Il se peut que le Temps et l’Espace se mettent en travers de ta route. » reprit Déusia alors qu’il tournait son visage vers elle :

« Et qu’est-ce que je … suis dans le fond ? Vous le savez, n’est-ce pas ? Vous savez depuis le début ce que je suis … Gérine aussi … Ils le savent tous. »

Pourtant, aucune réponse ne vint, Sarila s’approchant de lui, caressant son bras gauche. Jéwaly retira le livre de devant son visage, attendant que quelqu’un prenne la parole. Mimi avait perdu son habituel sourire, disant finalement :

« Qu’importe ce que tu es, n’est-ce pas ? Pourquoi cela t’intéresse-t-il maintenant ? »

« … … … Car comme je le sais … … … Pour vous, je ne suis qu’un objet. Comme le sont les autres pokémons légendaires … Comme le sont les humains et les pokémons pour Arceus. Vous êtes tous autant détestables les uns que les autres. Mais sachez-le … Je ne me considère pas comme important … Je veux tout simplement mourir pour voir vos réactions … consternées. Vous ne vous intéressez guère aux personnes qui vous entourent, vous n’en avez rien à faire. Je ne suis peut-être pas comme vous … mais je crois que cela vaut mieux. Vous devriez être fou de joie, n’est-ce pas ? Grâce à moi, vous venez d’obtenir plus d’une dizaine de nouveaux corps légendaires. Mais ne faites pas de clones sinon … »

Sinon … Ca ne servait à rien de parler. Ils s’en fichaient complètement. Sans chercher à continuer la conversation, il voulut partir mais une petite voix féminine l’arrêta, logée dans sa mémoire :

« Par … Pardon, monsieur Luculos. Ils … savent qu’ils vous font mal mais … Ils s’en veulent aussi. Ils s’en veulent vraiment … Je vous le jure. »

« Jéwaly ? » demanda t-il sans se retourner, c’est vrai qu’il pouvait communiquer de la sorte maintenant. Et d’après le silence dans la pièce, à part Sarila, tous étaient capables d’entendre cette conversation télépathique.

« C’est vrai ! Je vous le … jure … Mimi est vraiment triste pour vous ! Pour tout ce qu’elle vous fait faire ! Même mademoiselle Déusia trouve que c’est désolant de vous affliger une telle chose … Quand à monsieur … Gégé … Il a de plus en plus de doutes au sujet de récupérer les pouvoirs des pokémons légendaires. S’il vous plaît … Ne pensez pas … à mal de tout le monde, c’est juste que vous êtes celui qui … peut décider de tout. »

« JEWALY ! JE T’ORDONNE DE TE TAIRE DES MAINTENANT ! » cria subitement Déusia, faisant sursauter Sarila et la jeune fille aux cheveux blonds.

« Mais il a le droit de savoir, mademoiselle Déusia ! Il a vraiment le droit de savoir ! Pourquoi vous voulez lui cacher que ce n’est pas Crusaé qu’Arceus recherche depuis des années mais lui ! Que c’est pour LE sacrifier qu’elle fait tout cela ! Il est plus important pour Arceus que Crusaé ! Arceus ne cherche pas à récupérer Crusaé sinon elle l’aurait fait depuis longtemps ! C’est lui qu’elle veut ! C’est lui qu’elle préparer depuis des années ! »

Les yeux de Déusia devinrent roses, la femme étant prête à utiliser ses pouvoirs psychiques pour faire taire Jéwaly. La jeune fille se téléporta aussitôt, plongeant dans les bras de Luculos qui resta interdit, ses yeux devenant roses à son tour. La pièce s’était mise à trembler, jusqu’à ce que Gégé prenne la parole, calme et stoïque :

« Veuillez ne pas faire trop d’émules … merci bien. »

« Pfff … Vraiment … J’aurai dû m’en douter … en lui confiant tout cela … qu’elle allait répéter cela à son « grand frère » comme elle aime l’appeler. » annonça ironiquement Déusia tandis que Jéwaly rougissait, le jeune homme la serrant un peu plus contre lui pour bien montrer qu’une telle appellation ne semblait pas le perturber. Mimi répondit aussitôt :

« Peut-être parce que tu avais envie qu’elle le répète de ton côté, Déusia ? Ne met pas tout sur le dos de ton apprentie. Dois-je te rappeler qui voulait que les pokémons légendaires parcourent l’existence des humains et des pokémons ? Je peux te donner un petit indice : cette personne fut exilée par Arceus. »

« Tsss … Cette conversation ne mène à rien. Je me retire de cet endroit. Jéwaly, tu as intérêt à te présenter d’ici quelques heures pour ton travail habituel. » dit Déusia avant de se téléporter, Sarila restant muette devant cette discussion plus qu’étonnante.

« Gégé … Tu n’as rien d’autre à dire de ton côté ? Maintenant qu’il est au courant … » demanda Mimi, atterrissant sur les jambes de son fils.

« Luculos … Ton rôle est bien plus grand que celui de Crusaé ou d’Arceus. Tu seras celui qui mettra un terme à cette histoire … Mais c’est toi qui décidera de quel côté … le monde ira. C’est … ce que je devrais dire normalement mais ce n’est pas totalement vrai. Sache que je suis aussi puissant que les pokémons célestes et que … Pourquoi suis-je obligé de dire cela ? Je ne compte pas me mêler personnellement à tout cela. Bref … L’Ultime Elément est derrière toi, voilà tout ce que tu as à savoir. »

Tout ce qu’il avait à savoir ? Il n’avançait pas ! IL N’AVANCAIT PAS ! Il … ne comprenait plus rien. Il voulait simplement être tranquille. Il partit du bureau, ne remarquant pas qu’il avait pris la jeune fille avec lui. Jéwaly ne sembla pas s’en plaindre, un petit sourire gêné aux lèvres. Tout … Tout le monde n’était pas mauvais. Il le savait parfaitement … Même Déusia … Même Gégé … ou Mimi …

Délaissant Jéwaly en lui promettant qu’elle pouvait revenir le voir quand elle en avait envie, il était retourné auprès de Metsubi, Crusaé et Perrine. Sarila était maintenant avec elles alors que tout … avait été mis en place pour accueillir les légendaires. Gégé aussi était là, les bras croisés tandis que Mimi passait une main sur chaque cercueil, semblant caresser la glace avec tristesse.


Il était la cible d’Arceus … Ce n’était pas Crusaé … Alors depuis le départ, c’était lui qui mettait en danger les autres et non la jeune femme aux cheveux châtains. Il n’y avait pas besoin de la prévenir à ce sujet … Non … Il allait retrouver les derniers pokémons légendaires … puis … clôturer cette histoire. Est-ce qu’il avait le droit … d’aimer une simple pokémon ? Une personne tout ce qu’il y avait de plus normal ? Il ne savait même pas … si son existence le lui permettait. Oui … La fin était proche, il ne restait plus que deux ans.

Chapitre 32 : Aimer jusqu’au bout

Chapitre 32 : Aimer jusqu’au bout

« … … … Elles ont décidé de nous laisser seuls. » murmura t-il sans se retourner son visage et son corps, la Luxray continuant de le garder contre elle.

« Elles sont des filles très gentilles. Tu en as de la chance, Rufus. Elles sont aussi très belles. »

«Omera … Je m’appelle réellement Luculos. » dit le jeune homme sans répondre à ses paroles. Elle le sert un peu plus contre elle, reprenant :

« Tu resteras Rufus pour moi … Toujours. Et tu peux t’appeler de cinquante façons différentes, ça ne changera rien à mes yeux, Rufus. »

Il émit un petit rire, le premier depuis ce … cataclysme qui s’était abattu dans sa vie. Il avait revu plusieurs années de son existence … en un instant … Et la femme qui le gardait contre elle était les plus importantes à ses yeux. Mais quand même … Pourquoi ?

« Pourquoi est-ce que tu es encore là ? Omera ? Les autres … Ils n’ont plus d’énergie et ils sont partis rapidement, très rapidement. Je suis soulagé … d’avoir terminé tout ça … Solor, Rokan et Ariné peuvent enfin reposer en paix, comme les autres. »

« Dois-je comprendre que tu ne voulais pas que je revienne ? Ou que je reste après tout ça ? Non … Je sais bien que ce n’est pas le cas. Si je suis encore là, c’est bien parce … que j’ai la volonté et qu’elle me permet de m’économiser … Mais même moi, j’ai mes limites … Mais ne parlons pas de cela, d’accord ? Cela serait se faire du mal inutilement. »

Elle avait totalement raison. Il quitta ses bras, se levant pour se mettre face à elle. Elle fit de même, ne voyant pas où il voulait en venir jusqu’à ce qu’il prenne la parole :

« Dis … Tu penses quoi de moi maintenant, Omera ? Tu crois que je suis assez grand et adulte pour toi, Omera ? J’avoue que je ne sais pas vraiment … »

Elle avait commencé à le regarder de haut en bas, le jeune homme tournant légèrement sur lui-même, un peu gêné par cela. Il n’avait guère l’habitude d’une telle chose. Il remarqua finalement qu’il avait visiblement bien grandi puisqu’Omera devait faire une tête de moins que lui … Hahaha … Il était plus grand qu’elle. Après une bonne minute d’inspection, il se dit que si elle pouvait rougir … elle l’aurait fait.

« Et bien … C’est quand même bien mieux qu’il y a quelques années hein ? Encore … un ou deux ans et je pense que ça sera parfait. Tu es encore un jeune garçon mentalement. Il faut que tu apprennes à devenir adulte non pas physiquement mais aussi dans ton esprit et dans ton caractère, sinon, cela ne sert à rien. Néanmoins… C’est une bonne chose que je sois … morte … Au moins … Je ne vieillis plus … et cela nous met d’égal à égale, n’est-ce pas ? Mais … Grâce à ma mort … Tu n’as plus autant d’années de différence qu’auparavant mais bon … Tu es entouré par de belles demoiselles, je suis sûre qu’elles sauront te combler. Je n’étais qu’un fantasme pour toi il y a plus de sept ans maintenant. Ce n’est pas comme si tout ce que je viens de dire avait une importance, n’est-ce pas Ru … »

Elle fut stoppée dans sa tirade, les lèvres du jeune homme se scellant sur les siennes en un long et langoureux baiser. Ses yeux dorés s’ouvrirent en grand de surprise bien que tout son corps était froid, froid comme la mort. Il s’était mis à trembler à cause du contact de sa peau contre la sienne mais il n’arrêtait pas, il n’arrêtait pas le baiser, semblant même y mettre encore plus d’ardeur comme pour ranimer la flamme de la vie dans le corps de la jeune femme. Enfin, leurs lèvres se séparèrent, une très faible rougeur apparaissant sur les joues d’Omera, au contraire de Rufus, celui-ci tentant de rester de marbre malgré son visage parcouru par la gêne.

« Et bien … Qu’est-ce que cela veut dire, Rufus ? Les fantasmes sont là pour ne pas être atteints, tu ne le savais pas ? » murmura t-elle d’une voix douce, ses yeux à moitié clos.

« C’est … C’est toi … que j’aime, Omera. C’est uniquement toi … et personne d’autre … Crusaé … Metsubi … Je les apprécie, oui … Mais même … Même malgré ça … Tu es la seule … depuis toutes ces années que j’aime réellement … du fond du cœur. Je ne suis plus un enfant, Omera ! Je ne suis plus un enfant, je suis un adulte et je t’aime encore ! Je t’aime toujours ! Même si tu es morte, même si tu avais dix ans de plus que moi, ça ne change rien ! C’est … C’est vraiment … juste toi … rien que toi … que … »

« Idiot. Je suis morte, tu ne l’aurais pas oublié ? Je ne peux plus vivre, je ne suis qu’une partie de ton passé. Vas-tu mettre ta vie en l’air simplement parce que tu ressens un peu d’attachement pour moi ? Rufus … Allons … » souffla la jeune femme, l’air triste peint sur son visage. Ses deux mains se levèrent, passant sur les joues de Rufus pour les caresser avec une extrême tendresse. Il répliqua violemment :

« Ce n’est pas de l’attachement ! Ce n’est pas de l’attachement, Omera ! Je … Je … Je t’aime vraiment plus … que tout … Tu es la personne la plus importante à mes yeux ! AH ! HAHAHAHA ! Bon sang ! Je viens d’y réfléchir ! »

Il éclata subitement de rire, ses marques apparaissant sur ses deux mains alors qu’elle était maintenant surprise une nouvelle fois. Que se passait-il ? Pourquoi utilisait-il cela ? Il se calma après quelques secondes, disant avec joie :

« J’ai récupéré les pouvoirs de Gérine non ? Alors, je devrais pouvoir te garder en vie ! Tu resteras en vie ! Grâce aux pouvoirs de Gérine ! Ce n’est pas une merveilleuse idée ? »

« … … … Je resterai morte mais vivante, c’est cela que tu veux dire, n’est-ce pas ? … »

Il s’approcha d’elle, posant ses mains sur ses épaules dénudées. Elle était splendide … superbe … magnifique … merveilleuse … Cette femme était sublime … Et c’était pour elle … qu’il voulait tout faire. Il se concentra, reprenant :

« Je ne sais pas comment ça marche exactement mais cela consistait à donner de l’énergie, n’est-ce pas ? Alors je vais faire de mon mieux pour que ça soit le cas. »

« … … … Ce n’est pas une bonne idée, Rufus. » murmura t-elle bien qu’il ne l’écoutait pas, trop pressé à l’idée de réussir cela. Faire revenir les morts …

Peu à peu, une lueur noire émana de ses mains mais rien d’autre. Ni sphère, ni énergie capable de ressusciter les morts. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Il tenta plusieurs fois, le temps s’écoulant au fur et à mesure alors que le teint de la jeune femme devenait de plus en plus pâle. Finalement, elle le stoppa d’une main, le corps de Rufus tremblant :

« Pourquoi ?! Pourquoi ça ne marche pas, Omera ?! POURQUOI ?! »

« Je ne sais pas … Rufus … Mais ce n’est pas important … Tu m’aurais fait plus souffrir … qu’autre chose en me laissant dans cet état. »

« Ne dis pas n’importe quoi ! Ne raconte pas n’importe quoi, Omera ! Tu ne peux pas ne pas vivre ! Je ne veux pas que tu me quittes, c’est compris ?! » répondit-il en s’excitant, des larmes commençant à sortir de ses yeux pour parcourir ses joues. « Je ne te laisserai jamais mourir une seconde fois, c’est compris ?! JAMAIS ! Tu es là ! Devant moi, tu es là et je ne veux pas que tu me quittes ! Je ne veux pas que tu me quittes ! Sans toi, c’est affreux … J’ai toujours mal … Car c’est à cause de moi que tu es morte ! Si je peux empêcher ça une seconde fois, alors je … Alors je … »

Alors qu’il s’était mis à pleurer et à sangloter, la jeune femme aux cheveux noirs vint l’enlacer longuement, collant son corps contre le sien. Elle chuchota tendrement :

« Je ne suis pas morte à cause de toi … J’ai été sauvée plusieurs fois grâce à toi. Même dans la mort, c’est ce que je ressens pour toi qui m’a permis de combattre cette manipulation … Si je n’avais été qu’une simple poupée … Un corps comme un autre … Mais non, tu étais là pour moi, dans mes pensées de chaque instant, Rufus. Avant même que je ne devienne ta pokémon … Je savais à quel point tu étais spécial à mes yeux, tu n’avais que dix ans … mais tu étais déjà adulte … Ce ne sont pas tes pouvoirs, ni ce que tu es par rapport à Arceus qui me lient à toi, loin de là même. Non … C’est ta personnalité, tes réactions, ton comportement, ce que Gérine disait … était faux, Rufus. Tu es mon Rufus, tu n’es pas un ersatz d’humain ou alors je-ne-sais-quoi de la déesse Arceus, ça n’a aucun intérêt à mes yeux. »

« Je veux … Je veux te sauver … Je veux tous vous sauver. Je veux vivre avec toi ! Je veux passer le reste de ma vie avec toi ! Je veux mourir avec toi ! Je veux … Je veux … mourir … si tu n’es plus là. » dit-il alors qu’elle s’apprêtait à le baffer avant de s’arrêter. Pourquoi faire une telle chose, n’est-ce pas ?

« Tu es encore un enfant … dans ton cœur … Mais c’est cette pureté … qui fait de toi ce que tu es … Rufus … »

« Omera ! Je … Je … Quand tout sera terminé, quand j’aurai vraiment réglé toute cette histoire … Je … Je veux … Je veux aller où tu seras … Même si c’est dans l’autre monde, je m’en fous du reste ! Laisse-moi rester auprès de toi ! »

« Si tu pleures … encore une fois, non … Je le refuse … Un homme n’a pas à pleurer. Je veux un homme fort et loyal. Tu es cela, non ? Et ne penses … plus à moi … »

« NON ET NON ! Je continuerai de … »

Ce fut à son tour d’avoir la parole coupée, Omera venant l’embrasser longuement et tendrement, ses doigts se glissant dans les cheveux noirs du jeune homme. Doucement, ils caressèrent l’oreille gauche de Rufus tandis que le jeune homme passait ses mains sur le dos d’Omera, la serrant avec de plus en plus d’insistance contre lui. Il ne voulait pas la laisser s’échapper, même pas en rêve ! Il voulait qu’elle reste avec lui ! Il voulait absolument … qu’elle … parcoure sa vie … que leurs existences restent liées …

« Tu vois qu’avec de la patience et de la persévérance, on finit par avoir ce que l’on désire, Rufus. » dit-elle après qu’elle ait retiré ses lèvres, ses deux bras autour du cou du jeune homme, ses yeux dorés fixant ceux rubis de Rufus.

« Que … Qu’est-ce que … Omera … »

« Tu as réussi à obtenir autre chose que ma loyauté, quelque chose d’aussi précieux que celle-ci … Au moins, avoir une seconde vie … m’aura permis de confirmer mes sentiments à ton égard, Rufus … Tu es mon petit Rufus … jusqu’à la fin … Mais … C’est l’heure. »

« NON ! OME … » commença t-il à crier avant qu’elle ne pose un doigt sur ses lèvres.

« Un homme fort … et loyal … qui ne doit pas pleurer. »

« Mais … Si je suis incapable de pleurer lorsque je suis triste, est-ce que cela … ne prouverait pas ce que Gérine a dit ? » bafouilla le jeune homme, ravalant ses larmes.

« Je ne veux pas te voir … pleurer … car sinon, je serai incapable de me retenir. Et … Tu as tout à fait raison, Rufus, totalement raison. Quand on est triste … Il est normal de pleurer, vraiment normal … même pour moi. »

Il voulut lui répondre mais il resta muet, voyant les larmes de la jeune femme qui s’écoulaient de ses yeux dorés. Elle … qui n’était plus vivante … était en train de pleurer ? Alors il ne se retenait plus sans que cela soit les grandes eaux. Ils lièrent leurs doigts et leurs lèvres une ultime fois, la jeune femme aux cheveux noirs se couchant sur lui, terminant de vivre une seconde fois dans son existence.

Chapitre 31 : Lueurs internes

Chapitre 31 : Lueurs internes

« Vous vouliez voir … ce que cela fait de se battre contre moi ? Vous allez être servis … Vous allez comprendre la véritable souffrance qui va s’abattre sur vos corps … »

Elle n’allait pas se retenir … Depuis qu’elle était blessée, depuis que son plan avait été mis en échec … à cause de cette Luxray … Elle avait du mal à se contenir. Ils allaient goûter à la furie et à la colère d’une dragonne ! Un pied violemment posé sur le sol et celui-ci se fissura, des pans entiers se soulevant alors que le terrain devenait accidenté.

« Vous allez voir … Je vais me débarrasser de vous de mes propres mains … Vous n’allez rien comprendre du tout … à ce qui va vous arriver ! »

Hum … Il n’était pas réellement confiant sur ce coup. Une aura sombre se forma tout autour du corps de Gérine, une vague ténébreuse s’abattant tout autour d’elle. Alors qu’il allait être repoussé en arrière, les trois chiens, les trois oiseaux ainsi qu’Elugabeth et Hosor se positionnèrent devant lui. Formant un barrage de leurs corps, les huit légendaires ne furent que légèrement reculés, Omera murmurant :

« Visiblement … On n’a du renfort … grâce à eux … Tant mieux … »

C’était une remarque assez stupide car ils l’avaient tous remarqués. Ah … Il était bien accompagné d’ailleurs. Il avait cinq demoiselles autour de lui. Enfin, ce n’était pas le moment de penser à une telle imbécillité. Après l’attaque de Gérine, la Feunard et la Florizarre se remirent en position, prêtes à attaquer.

« Au lieu de parler, il vaut mieux en terminer. Ca ne sert à rien de contempler, bouche bée ce qui se trouve en face de nous. Les années ne t’ont pas arrangé, Personne ! » cria Perrine avec un peu de colère … comme à son habitude. Elle aussi, visiblement, ça n’avait pas grandement changé d’après ce qu’il remarquait.

Mais bon … En un sens, elle avait totalement raison. Il suffisait de voir Rokan, Solor et Ariné qui continuaient inlassablement d’attaquer Gérine bien que leurs mouvements semblaient plus lents … Il n’avait pas réellement compris ce qui se passait … mais peut-être que leurs pouvoirs commençaient à faiblir ? OUI ! C’était ça !

« ON SE DEPECHE ! Il faut l’éliminer avant qu’il ne soit trop tard ! » hurla t-il soudainement, accélérant sa vitesse avant de courir. Il passa à travers le barrage de légendaires, les remerciant d’un hochement de tête bien qu’il sentait que cela n’aurait pas servi à grand-chose. Il fut rapidement accompagné par les quatre adolescentes, Omera restant immobile derrière, murmurant :

« Vraiment … Il est très bien accompagné … Il a bien grandit … Je n’aurai aucun regret alors … A moi de montrer ce dont je suis capable. »

A nouveau de l’électricité commençait à se former autour d’elle, elle allait les épauler car de toute façon … Elle n’avait pas vraiment d’autres solutions ? Et Cassy … Qu’est-ce que la jeune femme préparait ? Elle ne l’avait pas revue depuis déjà plusieurs minutes. Est-ce qu’elle avait eu peur ? Non … Pas dans … cet état … C’était tout simplement impossible. Alors, elle préparait quelque chose à son tour.

« Vous pensez vraiment que je vais vous attendre ? Bande d’idiots … Je ne suis pas prête de me laisser faire … Regardez donc … Ils sont épuisés … »

Les corps du Manaphy, Phione et de la Shaymin étaient maintenant inertes au sol, ne bougeant plus. Visiblement, les pouvoirs de la jeune femme aux cheveux blonds avait fini de faire effet sur eux … Et elle ne comptait sûrement pas les ramener à nouveau en vie. Alors qu’elle se préparait à esquiver les cinq jeunes personnes en face d’elle, une ombre se déplaça à toute allure derrière elle, la retenant par les bras. Des cheveux hirsutes et blonds comme elle … Cassy ?!

« Pousse-toi de là, Cassy ! On risque de te tuer ! » cria le jeune homme aux cheveux blancs, ne pouvant plus empêcher sa course, comme les quatre femmes autour de lui.
Comme il s’en doutait, Cassy ne lui répondit pas, étant incapable de parler. Mais pourtant, elle était capable de comprendre non ?! Alors pourquoi elle ne bougeait pas ?! Gérine tenta de bouger mais elle ne pouvait rien faire. Le corps d’un mort était beaucoup plus fort car il n’y avait rien pour l’empêcher de l’utiliser au maximum de ses capacités.

« Saleté ! Lâche-moi ! LÂCHE-MOI ! IL EST HORS DE QUESTION QUE LA MORT DOIVE MOURIR ! C’EST BIEN COMPRIS ?! »

« Ca ne sert à rien de s’égosiller … Tu es déjà de l’histoire ancienne ! Je vais venir récupérer tes pouvoirs, Gérine ! PLUS JAMAIS TU NE FERAS UNE TELLE CHOSE ! » hurla Luculos en réponse à ses paroles.

« Je blaguais … pauvre idiot. »

Hein ? Quoi ? Gérine disparut peu à peu dans le sol, le corps de Cassy ne s’agrippant plus à rien. Qu’est-ce que … Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Il était trop tard pour s’arrêter ! Les yeux grands ouverts, il vit son poing qui traversa complètement le ventre de la Voltali. Par « chance », les quatre femmes à côté de lui visèrent à côté tandis qu’il restait là, effaré.

« Ca … Cassy … Je … Cassy … Je ne voulais pas ! CASSY ! »

CASSY ! Il retira sa main, remarquant la fumée noire qui sortait du corps de la Voltali, se dissipant dans les airs. Cassy s’écroula au sol, rejoignant les trois pokémons légendaires non-loin d’elle. Ah … Ah …

« J’ai cru remarqué … que plus vous dépensiez vos forces … Plus l’énergie que je vous ai insufflée disparaissait rapidement. » murmura la voix de Gérine dans le sol.


Les huit pokémons légendaires se retournèrent à l’écoute de la voix, Gérine ressortant du sol, un sourire aux lèvres. Des entailles apparurent sur la globalité de leurs corps sans que pour autant, le sang s’en écoule. Non … C’était de la fumée noire … qui émanait d’eux.

« ASSEZ … ARRÊTE ! ARRÊTE ! ARRÊTE JE T’AI DIT ! » cria Luculos

« Et que comptes-tu faire ? Autant me débarrasser des plus gênants … Leurs pouvoirs seraient un trop gros probl .. AHHHHHHH ! »

« Tu ne m’aurais pas oublié, Gérine ? » murmura une voix derrière la femme aux cheveux blonds, celle-ci se faisant foudroyée une nouvelle fois. Avant même qu’elle ne puisse réagir à ce qui venait de lui arriver, une nouvelle blessure apparut à son autre hanche, la Luxray ayant les deux mains recouvertes de sang. « Avec cela … Tu ne devrais plus pouvoir … »

« ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ ! »

« Mais calme-toi, bon sang, PERSONNE ! TU TE CALMES OU JE TE BAFFE ?! » hurla Perrine à l’attention du jeune homme qui se tenait la tête entre ses deux mains.

Qu’elle arrête … Il ne voulait pas les voir mourir une nouvelle fois … Il ne voulait pas … Il avait déjà tellement souffert avant … Il ne voulait plus souffrir, plus du tout … Plus du tout ! Perrine s’était approchée de lui, prête à lui donner une claque avant qu’elle ne se retrouve téléportée ailleurs. Crusaé avait téléporté les trois autres jeunes demoiselles alors que les ruines autour de Personne commençaient à léviter au-dessus du sol.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Sarila avec un peu de peur.

« Je ne sais pas, moi ! Je ne suis pas sensée tout connaître ! » répliqua Crusaé.

Mais alors … Qu’est-ce que cela voulait dire ? Le corps de Luculos se redressa, ses deux yeux passant de toutes les couleurs alors que plusieurs parties de son corps s’illuminaient. Ce n’était pas la globalité, mais bel et bien quelques endroits comme une petite partie de la poitrine gauche, un morceau de son flanc droit et divers autres parties. Gérine arrêta de gémir de douleur tandis qu’Oméra semblait stupéfaite.

« Rufus … Qu’est-ce qui te prends ? »

« Assez … Assez … J’en ai assez … vraiment assez ! NE TOUCHE PLUS A CES PERSONNES ! » hurla le jeune homme, traversant l’intégralité de la distance entre lui et Gérine en quelques instants.


Elle voulut l’attaquer mais la main de l’adolescent se plaça sur son visage, la soulevant au-dessus du sol alors que les lueurs disparaissaient les unes après les autres. Il n’en restait plus qu’une seule, au niveau de sa cuisse droite, les légendaires ne bougeant plus derrière lui. Les marques d’Arceus étaient présentes sur la main qui soulevait Gérine, le jeune homme reprenant la parole sur un ton étrange et distant :

« Ne les touche plus … Ne leur fait plus de mal … Je vais prendre tes pouvoirs … »

« Hahahaha … Il était temps … que tu te réveilles … Dire que nous avons préparé ce terrain depuis des années … Pour que tu récupères les pouvoirs de tout le monde … Hahahaha … Même des simples pokémons … Tu n’es pas humain … et tu penses que tes sentiments fabriqués par cette âme pathétique vont te faire considérer comme tel ? Tu te trompes lourdement ! Tu n’es rien ! RIEN DU … »

« LA FERME ! GERINE ! DISPARAIS DE MA VIE ! » hurla t-il, une violente lumière sortant de sa main posée sur le visage de la jeune femme.

« Hahaha … Tu te trompes si tu crois que c’est fini … Je sais ce … que … tu … veux …. Faire … Tu … as …. Tout … faux. Que c’est … plaisant … d’imaginer ce qui va se … passer … Ha … Ha … Ha. » termina Gérine de dire alors que ses deux mains pendirent vers le sol quelques secondes plus tard.
Sans aucune délicatesse, il lâcha le visage de Gérine, son corps s’écroulant au sol, un sourire aux lèvres. Le cadavre disparut, semblant fondre dans le sol mais il n’y accordait aucune importance. Il le savait … Il savait qu’il en avait terminé avec elle. La lueur au niveau de sa cuisse diminua d’intensité jusqu’à ne plus paraître. Il se tourna vers les légendaires, juste au moment où les trois chiens s’écroulèrent au sol. Puis ce fut le cas d’Hosor … et Elugabeth.

« C’est terminé … Elle n’abusera plus de vous … Fulgé … Rina … Lasty … Plus personne ne jouera avec vos sentiments … ni vos corps … J’en ai assez … vraiment assez … Mais … N’ayez pas peur … Je … » bafouilla t-il alors que le corps de Rina tomba, inanimé. « Je continuerai … pour vous … Mais je suis vraiment fatigué … J’aimerai me reposer … Mais en même temps … J’aimerai en terminer pour être sûr … que tout ce qui reste derrière moi …soit enfin en paix. » continua le jeune homme, le corps de Fulgé penchant en avant. Il ne restait plus que Lasty, celle-ci lui faisant un léger sourire … malgré son état ? « Pardon, Lasty … Vraiment pardon … Pardon de tout mon cœur … Pardon … Pardonne-moi … Pardonnez-moi pour tout ce que vous avez subi … Pardon … Pardon … »

Les deux mains de Lasty se tendirent, la femme aux yeux dénués d’expression gardant son sourire. Elle … Elle voulait l’enlacer ? Mais elle n’en avait même plus la force … ni de se mouvoir. Il voulut faire un mouvement vers elle mais le corps de Lasty termina son existence, rejoignant celui de ses deux sœurs et des autres légendaires. Avant même qu’il ne bafouille quelque chose, les deux bras d’Omera vinrent l’enlacer au niveau du torse. Crusaé, éloignée comme les trois autres femmes, dit à celles-ci :

« Venez … On va les laisser seuls … On reviendra dans quelques minutes. »

Même Perrine s’était tue, sachant pertinemment qu’elle n’avait pas à se mêler de cette histoire. Oméra avait été celle … qui avait montré qu’il était possible de se rebeller … même contre les pokémons légendaires … même dans la mort … Sa force de caractère avait dépassée celles des pokémons légendaires … mais même pour elle … Il ne restait plus quelques temps.

Chapitre 30 : Envoyés pour protéger

Chapitre 30 : Envoyées pour protéger

« Cette farce n’a que trop durer ! Si vous voulez vraiment me forcer à me battre, vous allez recevoir le fruit de vos attentes ! »

Pourtant, malgré sa colère, Gérine ne semblait pas vouloir se mouvoir. Les pokémons légendaires commencèrent à livrer bataille, les trois oiseaux se confrontant aux trois chiens. Néanmoins, malgré la furie des attaques, celles-ci ne semblaient guère puissantes comme si chacun évitait de blesser trop l’autre. Il en était de même pour Elugabeth et Hosor en direction des trois oiseaux. C’était … bizarre …

« Ils ne savent plus qui les guide réellement. Ils sont perdus et ne peuvent pas donner le maximum d’eux-mêmes. »

« Vous êtes inutiles … Il vaudrait mieux que vous disparaissiez définitivement. Même en tant que pantins, vous êtes obsolètes. » murmura Gérine, ses yeux plissés.


Sa main droite se leva dans les airs, de longues griffes apparaissant bien qu’elles n’étaient pas réelles. Non … Elles semblaient constituées de ténèbres et d’ombres. D’un simple geste, elle balaya les trois oiseaux, les trois chiens ainsi qu’Hosor et Elugabeth, leurs corps étant projetés dans tous les côtés.

« … … … Taliki. Elle est aussi forte que Taliki. » dit le jeune homme, étonné de la facilité avec laquelle la jeune femme avait réussi cette attaque. Les légendaires se relevaient les uns après les autres tandis qu’Omera ne disait plus rien. Elle sauta dans les airs avant de se stopper … Comment … Comment est-ce qu’elle pouvait léviter dans les airs ? « Omera ? Tu es capable de voler ? » bafouilla Luculos avec surprise.

« Non pas réellement … Disons simplement que je sais utiliser l’électricité à mon avantage … Je suis une véritable pile en ce moment même. C’est pour cela que je t’ai déconseillé de t’approcher de moi, Rufus. Ne t’inquiète pas pour Gérine, je m’occupe d’elle et puis … »

« PERSONNE ! ATTENTION ! DERRIERE TOI ! » cria finalement Crusaé, reprenant la parole alors qu’il se retournait. Dorak, Croné et les trois jeunes filles. C’est vrai … Eux … Il n’y avait aucun doute sur leur loyauté. Elle était envers Arceus. Les quatre paires d’yeux brillèrent avant de devenir roses, le jeune homme se retrouvant projeté en arrière, en direction de Gérine. Celle-ci avait fait apparaître une sphère ténébreuse en même temps que Dorak, les deux sphères venant exploser dans le dos et la face du jeune homme qui s’écroula au sol sous la déferlante de puissance.

« Pourquoi perdre autant de temps avec des forces élémentaires ? Les ténèbres sont tout … comme la mort … Qu’importe le temps qui s’écoule … Au final, vous serez tous morts. Luculos … Sais-tu que ton corps est inutile pour Arceus ? Nous n’avons pas besoin de ta chair … Je vais te retirer ta peau, lambeaux par lambeaux et … »

« J’ai l’impression que l’on m’oublie un petit peu. » annonça une voix dans les airs.

Ce fut un véritable torrent d’éclairs qui s’abattit sur Gérine, celle-ci poussant un hurlement de douleur alors qu’Omera atterrissait sur le sol, juste à côté de Luculos. Elle le souleva par le bras, lui chuchotant s’il allait bien. Malgré tout cela … Son corps ne semblait guère plus blessé que cela mais … Elle voyait parfaitement qu’il n’était pas dans son état normal. Ces attaques avaient été plus que violentes.

« Allez … Rufus … C’est juste quelques égratignures, n’est-ce pas ? »

« Je ne sais pas … Je ne sais plus pourquoi … mon corps se soigne mais à l’intérieur … Je suis blessé … plus que blessé même … Omera … Je … »

« Cessez donc de parler, couple de monstres. » coupa Gérine, de la fumée sortant de son corps à cause des quelques brûlures qu’elle avait sur le corps, résultats de l’attaque d’Omera sur elle. Une foudre chargée depuis plusieurs minutes et c’était une véritable centrale électrique qui était tombée sur Gérine. Pourtant, celle-ci ne semblait guère plus inquiète que cela comme si toute cette attaque n’avait eu aucun effet sur elle.
Omera voulut bouger et récupérer Luculos avec elle mais la jeune femme aux cheveux noirs fut séparée du jeune homme, les pouvoirs psychiques des trois jeunes filles rentrant en action. Metsubi s’était mise à réagir en même temps mais Croné l’envoya s’occupa d’elle, la projetant contre un immeuble en ruines tandis que Crusaé avait fort à faire pour éviter les sphères ténébreuses de Dorak. Quand aux oiseaux légendaires ainsi que les trois chiens, ils semblaient plongés en léthargie, s’étant relevés pour se jauger du regard. Elugabeth fut la seule à se mouvoir, se plaçant devant ses trois filles avant de se mettre face à Hosor. Derrière les deux personnes, les trois oiseaux et les trois chiens étaient statufiés. Gérine savourait l’avancée du combat. A cause des pouvoirs psychiques des pokémons légendaires, il était bien plus simple de prendre l’ascendant puisque Crusaé, Metsubi et Omera étaient occupées. Oh oui … Bien plus simple que …

« Qu’est-ce que … VOUS ?! »

Elle s’était mise à faire un saut sur le côté pour éviter les deux trombes d’eau qui arrivaient vers elle mais elle pesta en remarquant les racines autour de ses jambes. Immobilisée ?! Elle ?! Les jets d’eau vinrent la frapper avec violence tandis qu’elle pestait. Rokan ?! Solor ?! ARINE ?! Eux aussi venaient de se retourner contre elle ?!

« Vous vous êtes ligués contre moi ? Avec Luculos ?! Des échecs … Trois échecs vous avez été … Trois échecs vous resterez … » marmonna t-elle, irritée. Tout ne se passait pas comme prévu. Pourtant, Rokan, Solor et Ariné continuaient à vouloir l’attaquer, sans même se préoccuper de vouloir aider Luculos. Ce n’était pas … Ils n’étaient pas avec le jeune homme.

« Ils sont … contre Gérine … Ils veulent se venger de leurs morts. Elle n’a que ce qu’elle mérite. Rokan, Solor, Ariné … Je vous laisse vous occuper d’elle. » dit-il en essayant de voir la situation. Rokan, il savait que c’était une façon de le remercier d’en avoir terminé avec lui … de l’avoir emmené à retrouver son fils … et cette femme qu’il avait commencé à aimer. Même si … En tant que mort, ce n’était pas visible de cette façon. Quand à Lasty, ses sœurs, sa mère, les chiens légendaires et Hosor, ils semblaient en discussion muette. Leurs regards vides parlaient pour eux. Il devait aller aider Crusaé, Metsubi mais surtout Omera. Le problème, c’est qu’il ne pouvait pas s’occuper des trois en même temps, surtout dans son état. Son choix était déjà fait … dans son cœur … Mais délaisser Metsubi et Crusaé était tout simplement hors de question. Il devait trouver une solution au lieu de rester planté là !

« Ne te préoccupe pas de moi, Rufus ! Je suis déjà morte ! Va les sauver ! » cria Omera pour le diriger dans ses pensées. Les sauver ? Alors qu’il y avait une chance que … qu’elle disparaisse définitivement ? Que sa beauté soit … défigurée ? Impossible !

« Visiblement, il était temps que nous arrivions ! » hurla une voix située en hauteur avant que des flammes ne viennent balayer Dorak, l’entourant alors que Crusaé semblait surprise. Qui avait … réussi à faire une telle chose ? Tiens, d’ailleurs … C’était elle … ou le soleil tapait violemment contrairement au début du combat ?

« Il faut toujours que tu te fasses remarquée, n’est-ce pas ? » annonça une seconde voix, beaucoup plus douce que la précédente alors qu’un rayon gigantesque vint frapper Croné, la projetant non loin du Darkrai. Metsubi posa son regard doré sur la personne qui venait de lui retirer le contrôle psychique sur son corps. Tout en atterrissant, elle haussa un sourcil. Il ne lui semblait pas connaître … cette personne.

Pourtant … Lui … Il les reconnaissait … Il les reconnaissait parfaitement bien qu’elles avaient changé depuis des années. Une adolescente aux longs cheveux couleur crème attaché en une queue-de-cheval … Elle avait deux yeux rubis, des papiers à la main d’où semblait sortir une force … inquiétante et ténébreuse … Une longue robe orange de cérémonie un peu ouverte sur le côté et un top de tissu blanc et noir. C’était une Feunard … Une Feunard adolescente, presque adulte. C’était Perrine.

La seconde était une jeune femme ou presque … Elle avait de longs cheveux roses et sa tenue était beaucoup plus recouverte que l’autre demoiselle. Elle avait une longue robe bouffante de couleur verte tandis qu’une grande fleur rose aux nombreuses pétales était attachée dans son dos, entourée par plusieurs feuilles. Ses yeux rouges étaient magnifiques et malgré la féminité qui dégageait de son corps, son regard laissait paraître encore son humeur joueuse. Une Florizarre … Il reconnaissait cette Florizarre. C’était Sarila.

« Et si tu allais sauver cette foutue Luxray ?! Tu ne veux quand même pas que je vienne t’aider non plus hein ?! » ordonna Perrine en s’égosillant, créant plusieurs vagues de flammes pour éviter que Dorak et Croné ne se relèvent une nouvelle fois, Sarila faisant de même de son côté. Elle envoyait de nombreux rayons solaires sans être fatiguée le moins du monde. Bon … Si elles s’occupaient de ça … Il devait sauver Omera !

Il arriva à toute vitesse à la hauteur des trois filles qui ne faisaient que garder Omera dans les airs. Comme Gérine était trop occupée avec les trois légendaires, elle ne pouvait pas leur donner plus d’ordres. Il se positionna devant elles, montrant un visage neutre. Il devait … les sauver … Mais il ne voyait pas comment faire … Prendre l’énergie ténébreuse dans leurs corps ? Est-ce qu’il en était capable ? C’était cela … qui animait leurs corps … Comme pour Omera … Comme pour Lasty … Comme pour tous … Sa main droite s’était mise à briller d’une lueur noire en même temps que ses marques. Il ne comprit pas ce que cela voulait dire, ça ne lui était jamais arrivé auparavant. Néanmoins, il savait quoi … faire … D’un geste lent de la main droite, il passa sa main devant les yeux des trois jeunes filles, une fumée noire sortant de leurs corps avant qu’elles ne tombent au sol, inertes et définitivement mortes. Il tendit ses deux mains, réceptionnant Omera, lui faisant un léger sourire auquel elle répondit par un visage neutre … bien qu’elle le remerciait par la parole.

« Des renforts ?! C’est cela ?! DES RENFORTS ?! QUELLE BLAGUE ! »

ASSEZ ! Elle ne pouvait compter sur personne ! ELLE DEVAIT S’OCCUPER DE TOUT CELA PAR ELLE-MÊME ! Un coup dans les airs et les trois corps de Rokan, Solor et Ariné furent tranchés en deux, celui de Solor ayant simplement la tête qui penchait sur le côté, prête à tomber. Une fumée noire sortit de leurs corps, des fils apparaissant à partir de la fumée avant que leurs corps ne se rattachent comme si de rien n’était. Mais elle avait eut le temps de prendre ses distances. Il lui restait encore quelques …

Non … Il ne lui restait plus aucune troupe … Hosor avait enlacé Elugabeth, leurs yeux dénués d’expression. Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Depuis quand des poupées étaient capables de telles réactions ?! DEPUIS QUAND EST-CE QUE TOUT CELA N’ALLAIT PAS COMME ELLE L’AVAIT PREVU ?! Elle ne devait pas s’emporter … Elle ne devait pas s’énerver … Mais … Mais … Au départ … Ils n’étaient que trois ! TROIS PITOYABLES CREATURES ! Et maintenant ?! MAINTENANT ?! Dorak et Croné ne bougeaient plus, les trois elfes non plus ! Tout le reste … Tous les autres légendaires s’étaient retournés contre elle ! Alors qu’il déposait Omera au sol, Luculos fit quelques pas en avant, s’adressant à Gérine sur un ton affirmatif :

« Vois-tu … Gérine … Depuis le début, tu t’es permise de jouer avec mes sentiments … mais aussi ceux des morts que tu ramènes à la vie. Tes pouvoirs pourraient être bénéfiques … Tu pourrais pour un dernier instant, un dernier message à une personne proche, redonner la vie à plusieurs personnes mais non … Tes pouvoirs, tu les pervertis. Mais tout ce que l’on commet un jour comme méfaits, on doit les payer plus tard. Aujourd’hui, il est temps que tu comprennes que … »

« De quel droit te permets-tu de me donner des conseils, ersatz d’humain ?! »

Oh … Peut-être qu’elle avait commis une erreur … Non, ce n’était plus peut-être … Elle en était certaine … Mais elle allait réparer cette erreur … Elle n’utiliserait plus de pokémons légendaires … Ils étaient trop problématiques ! De plus, ils allaient être simples à abattre … Elle était la source de leurs pouvoirs … Si elle ne les nourrissait pas … Ils redeviendraient alors que de simples corps sans vie.

Chapitre 29 : Au-delà de la mort

Chapitre 29 : Au-delà de la mort

« Bon … Le temps des larmes n’a que trop durer. » coupa finalement Omera après une bonne minute d’enlacement de la part de Luculos. Elle le retira de ses bras, le jaugeant de bas en haut avant de remarquer un détail. Détail qu’elle ne signala pas aux yeux du jeune homme.

« Co … Comment est-ce possible ? Tu es morte … Tu es définitivement morte. » annonça Gérine, une main sur sa plaie à la hanche, le sang arrêtant de couler de ses lèvres.

« Et ? C’est bien toi qui m’a ramenée à la non-vie. Est-ce que tu le regrettes ? Ne t’inquiète donc pas … Ce n’est pas un problème. Dès l’instant où tu disparaîtras de ce monde, j’irai retourner dans ma tombe. Oui … Ce sont tes pouvoirs qui font que je suis là devant toi … Et tu peux toujours essayer de me les retirer, cela ne sera pas possible. La prochaine fois, vérifie donc que tu as bien récupéré des poupées sans âme … Car visiblement, tu n’es pas très douée pour cela. Pensais-tu vraiment réussir à m’avoir de cette manière ? Ce qui me lie à Rufus est bien plus fort que tout le reste. »

« JE NE M’’APPELLE PAS … Rufus. » s’écria t-il, du moins au début avant de se calmer aussitôt. Rufus … Ah … Rufus … C’était quelque chose qu’il n’avait plus entendu depuis si longtemps … Ca lui plaisait beaucoup. En fait, ça lui manquait énormément même.

« D’accord, Rufus. » répondit Omera, gardant ses yeux dorés sur Gérine. Celle-ci semblait vouloir s’emporter mais elle gardait son calme, annonçant :

« Cela m’importe peu. Mes plans ne sont guère changés dans le fond. Tu n’oseras guère tuer ceux qui te sont proches, Luculos. C’est pourquoi je pense que même si Omera est à tes côtés, tu n’oseras pas les tuer. Lina, Malixo, allez-y. »

Le Lockpin et la jeune Evoli coururent en direction de Luculos et Omera, la Luxray ne bougeant pas d’un poil. Arrivés à la hauteur, Malixo et Lina s’immobilisèrent, Gérine grognant. Qu’est-ce que ça voulait dire encore ?

« Est-ce que c’est une blague ? Si c’en est une, elle est de mauvais goût. Je ne risque pas de l’apprécier … Pas du tout même. »

« Tu ne comprends pas, n’est-ce pas ? C’est vrai … Tu es trop parfaite pour comprendre ce genre de principes. Il m’a suffi de t’écouter pendant des années pour voir à quel point les pokémons légendaires comme toi sont détestables, bornés et idiots. Tu ne comprends pas ? Mais tu ne cherches pas à comprendre ce qui se passe. Les pokémons comme les humains ne sont pas des jouets avec lesquels vous pouvez vous amuser. »

Depuis qu’elle était passée de l’autre côté, Omera n’hésitait pas à prendre la parole. Lina et Malixo se retrouvaient en face de Luculos, faisant uniquement un sourire. Il leur demanda s’ils allaient bien et ils hochèrent simplement la tête. Ils n’étaient pas capables de parler ? Pourquoi cela ? Pourquoi est-ce qu’Omera … pouvait et pas les autres ?

« Ce que j’ai … pour Rufus … me permet de transcender ta manipulation pathétique, Gérine. Je ne pourrai jamais faire rebattre mon cœur … Un mort doit le rester. Mais en voulant insinuer tes pouvoirs maudits en nous, tu nous as permis quelque chose que tu vas regretter pour le peu d’existence qu’il te reste. Moi comme les autres, avons la possibilité de combattre à nouveau aux côtés de Rufus et cela, ce fut la plus effroyable de tes erreurs. Tu as sous-estimé l’âme des pokémons et des humains. »

Elle ? Elle s’était trompée quelque part ? C’était une blague, n’est-ce pas ? Comment elle … Elle pouvait se tromper ? Elle était parfaite … C’était pourtant une erreur … Mais avoir commis une erreur, cela insinuerait qu’elle n’était pas parfaite. Si elle n’était pas parfaite … Si elle n’était pas parfaite …

« Hahaha … Je vois … Je vois … Je ne suis pas parfaite, Taliki n’arrêtait pas de le répéter … Nous ne sommes pas parfaits … Moi-même, je ne le suis pas … Pas encore … Il se peut que j’ai fait une erreur en voulant ramener hors de la mort, les personnes les plus proches de Luculos mais … Tous les légendaires ne sont pas de son côté ! »

Pendant qu’elle parlait, Cassy s’était déplacée avec rapidité et agilité, comme l’était sa race de Voltali. Positionnée à côté d’Omera, elle gardait elle aussi un sourire adressé au jeune homme. Cassy était de retour … elle aussi.

« Mais oui … Regarde cela … Tout le reste est encore sous mes ordres. Peut-être ai-je eut tord en vous extirpant des limbes … Mais ce n’est pas une vulgaire Luxray, une gamine Evoli, un gigolo Lockpin et une Voltali de bas étage qui pourront arrêter la furie des éléments et des pokémons légendaires ! Eliminez-les tous ! J’irai recoller les morceaux après ! » termina de dire Gérine en désignant les quatre pokémons entourant Luculos. Crusaé et Metsubi étaient arrivées derrière lui, surprises tandis qu’Omera tournait son visage vers la jeune femme aux cheveux châtains, disant doucement :

« Et bien … Voilà donc… celle dont parlait un peu trop souvent Rufus ? Je m’appelle Omera et je pense donc que tu es Crusaé, n’est-ce pas ? Quand à Metsubi, nous ne nous sommes vues que peu de temps, hein ? Désolée de ne pas pouvoir parler trop longtemps mais Gérine ne voudra pas nous laisser tranquilles. Le seul moyen pour elle de nous faire redevenir de simples cadavres est de retirer l’énergie qu’elle a insufflée en nous. Pour cela, elle doit nous toucher et planter sa main dans nos corps. Je dois donc éviter une telle chose à tout prix. »

Les pokémons légendaires n’avaient pas tardés à les attaquer, les trois chiens sous leur forme humaine venant créer des flammes, des éclairs et plusieurs trombes d’eau auxquels Luculos décida de parer la globalité. Un abri psychique et tout glissa sur le côté, protégeant toutes les personnes. Hosor commença à ouvrir la bouche, des flammes célestes sortant de celles-ci en même temps que les ailes majestueuses apparaissaient dans son dos.

« Bougez-vite de là ! » cria le jeune homme avec anxiété, prenant Omera par le bras pour la ramener contre lui, sautant dans les airs. Il utilisa une nouvelle fois les pouvoirs psychiques issus de Croné pour éviter que les flammes ne touchent les personnes qui l’avaient entouré auparavant en les faisant se téléporter. Atterrissant sur le sol, il déposa Omera avec douceur, un peu en sueur à cause de l’effort. Il n’avait pas pris l’habitude d’utiliser les pouvoirs psychiques et il n’était alors pas du tout entraîné pour cela.

« Tu ferais bien mieux de te calmer dessus, Rufus. Rien ne presse et avec la blessure qu’a subit Gérine, elle n’est pas vraiment inquiétante. Même les légendaires autour d’elle sont plus puissants à l’heure actuelle. Insuffler de l’énergie dans ces corps l’épuise elle aussi. » murmura Omera comme si tout cela avait été étudié pendant ces dernières années. Oui … Elle s’était renseignée et elle avait observé Gérine depuis … son retour.

Tsss … C’était vrai. Elle souffrait horriblement bien qu’elle ne le montrait pas. Loin de là même … Elle tentait de garder un visage impassible. Elle était une dragonne … en plus d’être un pokémon légendaire. Cela faisait d’elle une créature encore au-dessus des autres … Il n’y avait que quatre créatures qui pouvaient se prétendre aussi puissantes … Sans être égales à Arceus bien entendu. Hum …

« Si je dois m’en mêler … Vous le regretterez amèrement. » dit-elle avec véhémence.

« Ah bon ? Et pourquoi cela ? Tu ne voudrais pas plutôt dire que tu ne veux pas te salir les mains ? Ces mains … Tu me fais penser à cet homme … Mon ancien dresseur … Toujours à donner des ordres sans rien faire de lui-même. Bref … Un petit noble prétentieux qui a trouvé sa perte le jour où je me suis rebellée. »

Et bien … Pour parler, elle ne semblait plus vouloir s’arrêter. Crusaé et Metsubi n’avaient guère pris la parole depuis qu’elle se trouvait à côté de Luculos. Il fallait dire qu’une certaine aura émanait d’elle … et pas uniquement féminine. Pourtant, il ne fallait pas que le combat ne dure trop longtemps. Même si … Cela faisait mal au jeune homme, elle devait tuer Gérine avant qu’il ne soit trop tard.


Pendant ce laps de temps, de l’électricité s’était chargé au fur et à mesure autour d’elle. Non pas un peu … mais énormément … Elle avait demandé à Rufus de s’éloigner d’elle tandis qu’elle fixait Gérine et les légendaires en face d’elle. Lorsqu’il s’agissait d’une seule et unique attaque … même les créatures les plus puissantes ne pouvaient rien faire. Il fallait … un unique coup pour en être débarrassé. C’est ainsi qu’elle le sentait.

« Quitte à ce que je me fatigue pour des pitoyables créatures comme vous … Je vais en terminer maintenant. » annonça Gérine, fermant ses yeux rubis, ses ailes décharnées noires aux pointes rouges apparaissant dans son dos.

« Qu’est-ce qu’elle compte faire, Omera ? » demanda le jeune homme.

« Comme je te l’ai dit … Elle peut ramener à la vie autant de personnes qu’elle le désire. Suivant la puissance de la personne, elle aura plus ou moins de facilité à la manipuler. Néanmoins, en plus de dépenser de l’énergie pour les ramener à la vie, elle se fatigue au fur et à mesure … Si tu as remarqué, les légendaires ne se déplacent jamais tous en même temps, n’est-ce pas ? »

« C’est exact mais dans votre cas … Comment toi … qui t’es retournée contre Gérine, tu peux te déplacer ? Ca ne doit pas être possible … »

« Mon âme est à toi … Rufus. » répondit-elle tout simplement sans donner plus d’explications.

S’ils avaient fini de parler … Alors elle allait pouvoir les exterminer. Elle n’utiliserait pas ses pouvoirs contre eux … Il en était hors de question. Avec elle, elle avait plus d’une dizaine de pokémons légendaires. Cela allait lui demander des semaines de repos mais ça en valait le coup … Il suffisait juste d’exterminer cette Luxray trop prétentieuse et le reste … De toute façon, le corps de Luculos n’était pas important, elle pouvait aussi le découper en morceaux. Mais non … Elle n’allait pas se salir les mains. Elle abaissa subitement celle-ci en un mouvement de croix devant elle, hurlant :

« REDUISEZ LES A NEANT ! QU’IL NE RESTE PLUS RIEN D’EUX ! »

Tous les pokémons légendaires préparèrent leurs attaques avant de stopper net leurs mouvements. Un halo de feu se créa entre les deux groupes, avant que des éclairs ne viennent frapper s’abattre sur le terrain. Quand tout cela fut arrêté, un mur de glace d’une quinzaine de mètres de hauteur et de longueur se trouvait au beau milieu de la scène. Gérine avait maintenant un tic nerveux au niveau des lèvres, la bouche entrouverte tandis qu’elle voyait trois personnes qui s’étaient positionnées devant Luculos.

« Assez … Assez … C’est quoi cette blague ? Comment des pokémons légendaires … même terrestres … oseraient contredire mes ordres ? COMMENT ?! »

Comment c’était possible ?! Lasty, Fulgé et Rina arrêtèrent de voler, atterrissant juste à côté de Luculos. En y réfléchissant, il n’avait toujours pas combattu depuis le début … Et pourtant, il prenait de plus en plus l’avantage par rapport à Gérine.

Chapitre 28 : Se retourner contre

Chapitre 28 : Se retourner contre

« Ome … ra … » répéta t-il sans cesse, n’arrivant pas à croire cela. C’était donc vrai … C’était bien la véritable Luxray qui se tenait devant lui… Ce n’était pas un clone, une illusion ou il ne savait quoi ! C’était elle ! ELLE ! OMERA !

« Au lieu de te préoccuper d’elle … Tu ferais bien mieux de surveiller tes arrières, Luculos. » annonça Gérine sans bouger de sa place.

Surveiller ses arrières ? Il se retrouva plaqué au sol, ses pieds ayant été tiré en arrière par l’homme aux cheveux blancs qu’il avait tué il y a de cela plus d’une année. Crusaé poussa un cri, repoussant violemment Dorak tandis que Metsubi et elle venaient entourer le jeune homme aux cheveux noirs. Metsubi prit la parole à son tour :

« Personne … Il te faut réagir … Ce n’est pas Omera … Comme ce n’est pas Lasty et les autres … Ce ne sont plus que des corps sans vie… Désolée … mais ils sont morts. »

« Ne les attaquez surtout pas ! Ne leur faites pas de mal ! Du moins, pas à ceux … Non … Ne leur faites pas mal … à tous … Essayez juste de les repousser, c’est tout ce que je vous demande ! » s’écria le jeune homme, ne semblant pas avoir écouté le moins du monde Metsubi qui prit une profonde respiration. Ca ne servait à rien de s’énerver à ce moment.

Pourtant, ce n’était ni elle, ni Crusaé qui s’énervait … Mais Personne … Le jeune homme aux cheveux noirs s’était mis à trembler, serrant les dents alors que les marques d’Arceus apparaissaient sur ses deux mains. Gérine ne semblait nullement inquiétée, reprenant :

« Et bien ? Que se passe t-il donc ? Tu n’as pas l’air de te réjouir de te voir entouré de toutes ces personnes qui étaient proches de toi … Du moins, pour la majorité d’entre elles. Quand on y réfléchit bien, tu connaissais du beau monde, n’est-ce pas ? Beaucoup de légendaires … Et peu à peu, ils se retournaient tous contre Arceus. »

« Parce que mes idées étaient clairement meilleures que celles d’Arceus. »

« Hahaha … Peut-être ? Que peut-on dire de cela ? Qui a tord ? Qui a raison ? Sache que je ne juge pas tes propos … Tu es libre de penser ce que tu désires … Mais je cherche la perfection … Comme Arceus … Comme tout le monde … Contrairement à ce que chacun et chacune prétend, tous cherche à atteindre la perfection … pour soi-même ? Pour les autres ? Pour le regard d’une personne proche ? Pour son environnement ? Dans la mort, c’est comme si le temps s’arrêtait … Il n’y a plus de raisons de souffrir … Ton corps n’acceptera plus cela … Sais-tu pourquoi les pokémons et les humains sont problématiques ? Car ils sont trop évolués … Un monde trop évolué cause énormément de tord autour de soi. Il suffirait simplement d’une chaîne alimentaire basique pour que ce monde … se rapproche de la perfection. Mais personnellement, la seule solution à mes yeux est de tout raser … sans reconstruire ! Contrairement à Arceus, je n’ai guère envie de revoir un monde aussi laid … se créer … qu’importe le temps que cela prendra … pour recommencer une nouvelle fois. Il n’y a jamais besoin de tout refaire, la vie n’est qu’un éternel recommencement ! La mort est un arrêt complet … L’évolution de ce monde doit être stoppé. » termina de dire Gérine, comme si les paroles du jeune homme avaient permis à la femme aux cheveux blonds de prononcer finalement sa longue tirade. En réponse à cela, Luculos croisa les bras, fixant longuement Gérine tandis que Metsubi et Crusaé restaient sur leurs gardes.

« Et pour cela, tu es obligée d’utiliser les cadavres … de ceux qui me sont proches ? »

« Il y a de cela, c’est une mesure de précaution. Tu es un problème majeur … Et il est temps pour toi de disparaître. Ne t’en fait donc pas pour Crusaé, on s’occupera très bien d’elle avant qu’elle ne se fasse intégrée par Arceus. Quand à ta chère dragonne, je ne peux rien promettre … par contre … Il se pourrait qu’elle perde la vie. »

« Tu ne toucheras pas un seul cheveu de METSUBI ! » hurla t-il comme enragé à l’entente de ces mots. Il fonça vers Gérine qui ne fit pas un geste pour esquiver. Il se stoppa aussi sec alors qu’il voyait Lina et Malixo devant la Giratina. Avec lenteur, il bafouilla : « Pouss… Poussez-vous … Je ne veux pas … vous faire de mal … »

Pour toute réponse, il se prit une triple attaque combinée de la part des trois oiseaux légendaires qui se trouvaient derrière lui. Son dos calciné et gelé en partie se régénéra presque aussitôt alors qu’il se retournait, reprenant la parole :

« Arrêtez ! C’est moi ! Je suis … Je suis … C’est moi, Personne ! LASTY ! LINA ! FULGE ! MALIXO ! Arrêtez ! Rokan ! ROKAN ! Je pensais que même dans … »

Même dans … quoi ? Il regarda l’homme aux cheveux bleus et aux yeux dorés complètement vides d’expression. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ces personnes étaient mortes à la base ? A cause de lui … n’est-ce pas ? Solo, Rokan et Ariné combinèrent leurs pouvoirs vers lui. Un cocon fait de lianes l’entoura en même temps que de l’eau s’insinuait entre les lianes. Tout se solidifia complètement, des pieux de glace sortant du cocon.

« PERSONNE ! NON ! »

Ce n’était pas Crusaé qui avait crié mais bel et bien Metsubi. Ses yeux dorés s’étaient ouverts en grand alors qu’elle arrivait à hauteur du cocon, ses griffes tranchant complètement les lianes pour libérer le jeune homme. Elle le réceptionna, ouvrant la bouche avant qu’un souffle de feu draconien ne vienne balayer tout ce qui se trouvait autour d’elle. Les pokémons légendaires furent touchés par l’attaque, Luculos donnant une petite claque à Metsubi.

« Ne fais pas ça ! C’est Lasty et les autres ! Ne leur fait pas de mal ! »

« … … … Tu préfères donc mourir … de leurs mains ? Après leurs sacrifices envers ta personne … pour la majorité d’entre eux ? Tu voudrais gâcher leurs morts … par ce geste absurde ? C’est bien ça, Personne ? »

« Non … Ce n’est pas ça ! Mais … Non … Non … »

Ce fut lui qui se prit une violente claque de la part de Metsubi, la jeune femme étant en train de trembler à son tour. Assez … Elle en avait assez de son comportement. Avec fureur, elle désigna Omera du doigt, hurlant :

« Et elle ! Tu crois qu’elle est morte pour que tu te fasses tué ensuite ?! Tu étais son dresseur ! Pour une bonne partie de ces personnes, tu étais extrêmement important ! S’ils devaient mourir une seconde fois, ils n’hésiteraient pas une nouvelle fois ! Alors pour … »

« Qu’elle est lassante. » coupa Gérine, claquant des doigts. Les trois elfes pokémon venaient de se téléporter juste autour de Metsubi et Luculos. Le jeune homme avait quelques blessures qui semblaient rester présentes malgré sa capacité à se régénérer. La jeune femme aux cheveux noirs fut projetée dans les airs par la déferlante psychique avant de retrouver la terre ferme, les yeux de Crusaé étant devenus roses.

« Si tu peux arrêter … tes bêtises … Metsubi. Déjà que ça m’étonne que tu te mettes en colère … Mais si c’est pour agir de la sorte. Enfin … Je ne suis pas en désaccord avec tes paroles, loin de là même mais bon … Quand même … » commença t-elle à dire avant de s’arrêter. Luculos était à genoux, les yeux rivés vers le sol tandis que Lina, Malixo, les trois oiseaux légendaires vinrent l’entourer sans lui laisser la possibilité de s’enfuir.

Mais il ne voulait pas s’enfuir … Il releva ses yeux, les posant sur Omera … La seule personne qui n’avait pas bougé depuis le début des hostilités. Elle restait là, fixe et immobile, à côté de Gérine tandis que celle-ci remarquait le regard du jeune homme sur la Luxray. Un petit rire sortit des lèvres de la Giratina, celle-ci reprenant d’une voix douce :

« Sais-tu pourquoi cette Luxray reste auprès de moi ? Car je veux t’achever en beauté… Dans un dernier élan ou sursaut pour survivre, il se pourrait que tu lèves la main et cherche à éliminer l’origine de la menace mais dans le cas de cette … Omera … Tu n’oseras pas. »

« Saleté … Faire une telle chose … Je te le ferai payer … Gérine. » murmura t-il entre ses deux bien qu’il savait aussi bien qu’elle qu’il avait les pieds et mains liées. Il se tourna vers Crusaé et Metsubi, reprenant : « Ne … Laissez-moi … m’occuper de ça … Je vais les ramener à la raison. Il n’y a pas d’autres possibilités. »

Alors pourquoi … Pourquoi est-ce que pendant ces dix minutes … Ces dix longues minutes … Il ne réagissait pas … à toutes ces attaques qui s’abattaient sur lui ? Il n’y avait aucune réaction de la part des morts, aucune … Il ne faisait que subir, Metsubi comme elle, serrait les poings jusqu’à arriver à se faire saigner les paumes. Pendant ce temps, elles ne se faisaient pas attaquer et c’était toujours mieux que … rien.

« Lasty … Tu étais comme une grande sœur … pour moi … »

Il continuait … inlassablement, la lèvre inférieure en sang, sa tenue tachée de terre. Il n’avait pas levé la main … depuis le début. Il était toujours à genoux, son corps haletant et se soulevant aux grés d’une respiration très rapide. Il était fatigué … mais non pas épuisé … Ce n’était pas la même chose. Il n’allait pas arrêter tout cela … juste pour quelques blessures. Un pieu de glace vint ouvrir sa hanche droite, l’ayant évité au dernier moment tandis qu’il s’était redressé. Il n’aurait pas le temps …

« Luculos … Je vais intervenir … Et je te préviens d’une chose … »

« Crusaé … Ce n’est pas le moment … Je … Je ne veux vraiment pas … »

« Metsubi est en train de perdre patience. Or … Un pokémon dragon, surtout quand il s’agit d’un dragon bien spécial … Il vaut mieux éviter de le mettre en colère. » termina de dire Crusaé tandis qu’il jetait un regard en biais vers Metsubi à côté d’elle. La Carmarche avait les bras croisés, le front plissé par l’énervement alors que son pied droit tapait avec rythme sur le sol, des fissures apparaissant de plus en plus à chaque coup.

Il … Il commettait une énorme bêtise … Il le savait parfaitement mais … Les yeux vides de Lasty et des autres pokémons … le faisaient atrocement souffrir. Il voulait revoir cet éclat … de vie … en eux. Mais il ne pouvait pas les ramener à la vie … Ni Lasty, ni Malixo, ni … Ni Omera … Personne … Il ne pouvait ramener personne.

« Je pense qu’il va être l’heure d’en terminer, n’est-ce pas ? » dit Gérine en s’adressant à lui, tournant son visage vers Omera.

« Ne lui fait pas de mal … Elle … Elle est … Elle est plus importante que tout. » souffla le jeune homme, cherchant sa respiration, haletant et inquiet.

La Luxray se tenait droite et fière, comme elle l’avait souvent été dans le passé … Ah … Il se rappelait encore précisément d’elle … de leur première rencontre … Lorsqu’il avait été décidé qu’elle et Cassy travailleraient avec lui. Mais aussi … Leur première dispute … La trahison des deux pokémons … Le sauvetage de ces dernières en revenant dans l’Ultime Elément … Et puis … Lorsqu’il fut salement blessé par Rokan. Il y avait tant de moments … Il n’avait jamais ressenti une telle chaleur auparavant …

« Et c’est bien parce qu’elle est importante à tes yeux … qu’elle reste auprès de moi, que crois-tu donc, jeune homme ? Omera … Il va être temps de te préparer. »

Se préparer ? Ah … Non … Il devait réagir un peu plus. Si Omera était celle qui devait le tuer … Ca ne le gênerait pas … Mais Metsubi et Crusaé ne la laisseraient pas faire … Et il voulait éviter cela à tout prix … Oui … Eviter un drame … personnel.

« Omera … Tu peux y aller. Plante-lui tes crocs dans sa jugulaire, je veux voir son sang asperger ton visage … » reprit Gérine, gardant le sourire aux lèvres.

Omera resta immobile, ne semblant pas vouloir se mouvoir alors que Gérine perdait son sourire. Ses yeux rubis posés sur elle, elle dit d’une voix lente :

« Omera … Je viens de te donner un ordre. Fais ton rôle de pantin dès maintenant. »

Lui ? Il resta là, la bouche close, ses yeux rivés sur Omera. Il ne pouvait rien faire et tous les légendaires et autres pokémons s’étaient éloignés du jeune homme pour laisser place à Omera. Pourtant, celle-ci ne bougea pas d’un poil, ne semblant guère répondre aux ordres de Gérine. La Giratina fronça les sourcils, haussant la voix d’un ton irrité :

« Dernière fois que je te le dis … La prochaine fois, je te brise … »

Elle écarquilla les yeux, s’arrêtant de parler alors que sa bouche s’ouvrait en grand, du sang s’écoulant de ses lèvres. Les deux mains de la Luxray étaient ensanglantées, rassemblées comme pour forme une mâchoire tandis qu’elle murmurait calmement :

« Des ordres ? De ta part ? Pour cela, il aurait fallu que je sois à ton service depuis le début. »

Avec lenteur, la jeune femme aux cheveux noirs et au manteau un peu trop ouvert s’avançait vers le jeune homme. Les autres morts ne semblaient pas se mouvoir, semblant comme déconnectés dès l’instant où Gérine ne donnait pas d’ordres.

« Omera … Omera … Omera … »

Il répétait inlassablement son prénom, n’arrivant pas à le croire. Gérine était interdite, une main posée sur sa hanche qui semblait avoir été ravagée par l’attaque de la Luxray. Même les créatures légendaires n’étaient pas à l’abri … d’une attaque en traître dévastatrice. Il voulut s’écrouler à genoux mais il fut retenu d’une main par Omera. Celle-ci releva l’une de ses mèches noires, lui faisant un tendre sourire, ses deux yeux dorés posés sur lui :

« Ne t’avais-je pas dit que je te serai fidèle … même dans la mort ? Ce qui t’es acquis reste à toi … Mon âme t’appartient … et aucune personne ne pourra me l’extraire ou me forcer à te faire du mal, Rufus. »

Il ne devait pas éclater en sanglots, ce n’était pas le moment, ce n’était pas le lieu mais c’était bien trop difficile. Il versa quelques larmes, restant contre Omera.