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Chapitre 13 : Souvenirs

Chapitre 13 : Souvenirs

« Je vous ai demandé de partir de mon magasin si vous n’avez rien à faire ici. »

« Pourquoi tant d’énervement à mon encontre ? Je viens tout simplement revoir une ancienne célébrité issue de ma production. »

« Une ancienne célébrité qui ne veut plus rien avoir à faire avec vous pourtant, ce n’est pas très compliqué, n’est-ce pas ? Disparaissez sinon, je serai obligée d’appeler les forces de l’ordre. J’espère m’être bien faite comprendre. »

« Bien entendu, bien entendu. Mais auparavant, tu ne veux pas réfléchir à ma proposition ? »

« Si votre proposition consiste à vous ravoir en tant que producteur, vous connaissez déjà ma réponse. Partez de mon magasin, maintenant ! »

« Beaucoup trop de violence verbale pour pourtant, si peu de choses. Je ne fais que te poser une question, rien de plus, rien de moins. »

Il commence à l’agacer sérieusement mais elle tente de rester stoïque et calme. Ca ne sert à rien de s’emporter pour si peu avec lui. Elle le connait à force. Elle ne le connait que trop bien. Elle se positionne de l’autre côté du comptoir, le fixant sans s’intéresser aux deux hommes à côté de lui. Elle reprend :

« Je ne reviendrai pas dans le domaine de la musique. Le sujet est clos. Cette histoire est morte pour moi, voilà tout. Maintenant, quittez mon magasin, je suis lasse de me répéter. »

« Bien bien bien. Tu devrais quand même réfléchir à la proposition. Il se peut que ton petit compagnon adolescent nous rejoigne. »

« Hémaltone ne fera jamais ça. Il a vu la tristesse de Meloetta quand vous étiez en train de vous occuper d’elle. Il n’est pas stupide au point de la rendre malheureuse. »

« Oh … Qui a dit cela exactement ? Je ne pensais pas la rendre malheureuse, loin de là même, bien loin de là, hahaha. »

Le producteur a un sourire aux lèvres, plus qu’amusé par les paroles de Faldéla qu’autre chose. Il la fixe, penchant la tête sur le côté avant de reprendre :

« Je te rappelle que la musique est maîtresse en ce monde, Faldéla. Ne l’oublie jamais, c’est le genre de choses que l’on peut regretter toute sa vie. »

Qu’importe. Qu’il parte maintenant. Elle n’avait plus rien à faire et à voir avec lui. Elle n’avait pas que cela à faire, loin de là. Alors que le producteur cherche encore à lui parler, elle l’ignore superbement et enfin … il part. Il part de là. Il quitte le magasin, quelques minutes plus tard, elle ferme celui-ci. Pour aujourd’hui, elle a eu sa dose d’émotions. Elle en a déjà assez. Est-ce qu’elle doit penser à fermer sa boutique ? Non. Mais elle doit s’attendre à ce que des agents viennent la voir dans les prochains jours. Heureusement pour elle, Hémaltone n’est pas au courant de son histoire. Elle n’a pas tout ça à lui dire. Loin de là même … Il n’a pas besoin de savoir ça. C’est bien … trop embêtant. Bien trop ennuyeux.

« Ah … Qu’est-ce que je suis censée faire maintenant ? »

Elle a fermé le magasin et est remontée dans son appartement. Elle se dirige vers sa chambre, regardant autour d’elle. Elle ne sait pas ce que ça veut dire exactement mais … le producteur serait intéressé par rapport à Hémaltone ? Pourquoi ça ? A cause de quoi ? Son talent musical ? Non, ce n’est pas ça. Il doit s’agir de ce qu’elle a pu remarquer quand il était avec Meloetta, elle en est sûre et certaine même.

« Pfff … Il faut que j’explique à Hémaltone quand il reviendra. »

Elle doit le protéger, le prévenir, le mettre en sécurité par rapport à ce qui se passe. Comment est-ce qu’elle peut faire ça ? Elle … n’a plus envie de se lier à la musique. Plus de ce côté. Juste être une vendeuse comme tous les autres. Le reste importe peu. Elle ne sait plus où se mettre, elle ne sait pas quoi faire.

« Je dois empêcher ça mais je n’ai aucun moyen. »

Rien du tout. Elle est pieds et mains liés par rapport à tout ça. Ce producteur lui donne un mal de crâne horrible. Elle pose une main sur son front, commençant à gémir de douleur.

« Je ne veux plus jamais le revoir. Plus jamais … Cet homme ne doit plus jamais se présenter en face de moi sinon … je crois que je risque de m’emporter. »

Elle a l’impression de se perdre. Elle ferme les yeux, évitant de réfléchir au reste. Il vaut mieux pour elle qu’elle ne pense plus à rien et s’endorme. Peut-être qu’un moment, elle pourrait alors tout raconter à Hémaltone. Oui.

D’ailleurs, celui-ci est maintenant en train de faire ses courses, comme un adolescent normal. Meloetta est sur son épaule mais complètement disparue tandis qu’il regarde la nourriture pour elle et les autres pokémons. Bien, ça semble parfait.

« Merci de votre visite. Je vous souhaite une bonne soirée. »

« A vous aussi. » répond l’adolescent poliment, ignorant qu’il y avait encore plus d’un mois, il ne parlait pas … il ne parlait guère. Mais maintenant, il parle librement, comme à son habitude, comme si de rien n’était.

Une heure plus tard, il est hors de la ville, en train de préparer le repas alors qu’il a sorti ses deux pokémons pour les nourrir. Meloetta entre ses genoux, chacun mange tranquillement sans un mot. Puisque lorsque le repas est bien digéré, il commence à sortir son violon, en jouant doucement. Déjà, ses deux pokémons l’accompagnent.

« Melo … Me … Melo … Meloetta. »

Elle décide de chanter elle aussi, pour eux. Elle a toujours cette belle voix proche du divin alors qu’elle ferme les yeux. Elle reste auprès d’Hémaltone, continuant de chantonner librement et tendrement, les deux autres pokémons émettant des petits sons. Ce n’est pas bruyant, ce n’est pas très fort … mais cela leur permet de reposer en musique. De se reposer en attendant le lendemain pour une nouvelle journée ensemble.

Chapitre 12 : Première amie

Chapitre 12 : Première amie

« Faldéla … On ne peut pas rester ici plus longtemps. Je pense que je vais voyager un peu avec Meloetta maintenant qu’elle est revenue. »

« C’est compréhensible, parfaitement compréhensible. »

Elle dit cela sur un ton évasif, un peu distant alors que l’adolescent la regarde étrangement. Depuis hier, ça n’a pas l’air d’aller réellement. Mais bon … Meloetta est encore endormie sur le canapé alors qu’il prend son petit déjeuner bien tranquillement.

« Si tu as un souci, tu veux bien m’en parler hein ? Je t’écouterai volontiers. »

« Bien entendu, bien entendu. Ne t’inquiète pas à ce sujet. Je sais parfaitement que tu voudras me parler et je te répondrai. Mais pour l’heure, il n’y a aucun problème à cela. »

Il n’arrive pas à être convaincu mais il préfère ne rien dire du tout. Si elle ne veut pas parler, il ne doit pas la forcer, pas le moins du monde. Il soupire légèrement et termine son petit-déjeuner, se dirigeant ensuite vers Meloetta.

« Il est l’heure de te réveiller, petite demoiselle. »

Celle-ci pousse un petit marmonnement pour bien montrer qu’elle est mécontente de cela puis lorsqu’il s’approche d’elle, elle l’agrippe subitement en ouvrant ses grands yeux bleus, se téléportant ensuite pour arriver à s’accrocher à son cou.

« Héhéhé ! Meloetta, Meloetta ! Melo melo ! »

Elle a faim maintenant, Il fallait venir manger avant qu’il ne soit trop tard ! Bien qu’elle fasse une petite moue triste, Faldéla lui signale qu’elle lui a préparé à manger, en ayant laissé pour elle après que les pokémons d’Hémaltone se soient nourris.

« Tu sais Faldéla, je suis plutôt content de t’avoir connu. »

« I ne manquerait plus que tu ne sois pas content d’être ici, Hémaltone. » répond la jeune femme aux cheveux bleus, émettant un petit rire amusé.

« Je … Ce n’est pas vraiment ça dont je veux parler. »

« Alors, de quoi donc ? Dis-le-moi. Il ne faut pas tourner autour du pot. Pendant ce temps, Meloetta peut manger tranquillement, non ? »

« Tu es ma première amie et c’est très important. »

« Oh. C’est cela que tu veux me dire ? » dit Faldéla, rougissant faiblement en le regardant. Elle se gratte la joue mais hoche la tête positivement, le remerciant de cela en signalant qu’elle aussi est bien heureuse de l’avoir connu. Mais bon, ça ne veut pas dire qu’ils ne restent pas en contact, loin de là hein ? Ils ont encore beaucoup à se dire et ils ont encore beaucoup à apprendre de chacun et chacune. Car elle est sûre d’une chose : Hémaltone n’est pas un adolescent normal contrairement aux apparences, loin de là même.

« Oui, c’est cela. Enfin, si ça ne te dérange pas. »

« Pourquoi cela me dérangerait-il d’avoir une remarque aussi gentille de ta part ? Merci beaucoup, Hémaltone, cela me touche. »

Elle vient l’embrasser sur la joue, l’adolescent aux cheveux verts se mettant à rougir violemment, confus et gêné par le geste de Faldéla. Meloetta termine de manger, revenant auprès d’Hémaltone, celui-ci reprenant la parole :

« Nous allons nous en aller dès maintenant. »

Dès maintenant ? D’accord, s’il le voulait. Elle n’allait pas le retenir, loin de là même. Pourquoi le ferait-elle ? Elle le regarde avec affection et amusement, hochant la tête. Quelques minutes plus tard, il se retrouve dans le magasin d’instruments de musique de Faldéla, disant avec lenteur :

« Nous partons, mademoiselle Faldéla. Nous reviendrons tous les deux dès que possible. Enfin, tous les deux, je veux dire, moi et mes pokémons. Mais Meloetta n’est pas à moi, enfin, tu as compris ce que je voulais dire. »

« Bien entendu, je l’ai compris. Ne vous inquiétez pas à ce sujet. Je vous attendrai ici. » dit la femme aux cheveux bleus et aux yeux de même couleur.

« Merci et au revoir ! » termine de déclarer Hémaltone avant de quitter le magasin. Elle le regarde partir en poussant un petit soupir. Quelques minutes plus tard, elle dit : « Bienvenue à … » puis s’arrête au beau milieu de sa phrase.

« Aucune difficulté visiblement. Il a suffi de questionner quelques personnes pour finalement obtenir la réponse que l’on désirait. Bonjour, Faldéla, c’est bien ça ton nom maintenant ? » dit une voix masculine, pénétrant dans la boutique.

« Que faites-vous ici ? Je n’ai pas de temps à perdre avec votre personne. » reprend t-elle sèchement. Pourtant, elle ne bouge pas de sa position alors que le producteur Solomon est toujours présent. Enfin, plutôt en face d’elle.

« Je voulais juste revoir une ancienne connaissance. Est-ce mal ? »

« Je n’ai pas envie de vous revoir. Vous le savez parfaitement. Veuillez partir d’ici et ne plus laisser de traces de votre existence. »

« Cela m’attriste que tu me parles ainsi après tout ce qui s’est passé. »

« … … … Vous connaissez la sortie, j’ai mieux à faire que de parler de tout cela. »

Elle coupe sèchement la conversation, elle n’a pas que ça à faire, pas du tout même. Même si le producteur est accompagné, elle ne le craint pas. Ce n’est pas ça le problème. Le problème est qu’il reste dans le bâtiment et qu’elle n’a aucune raison valable pour le faire partir. Alors, elle doit le supporter et attendre qu’il quitte le bâtiment. Ce n’est pas aussi simple que ça. Combien de temps est-ce qu’il compte rester ici ? Elle a d’autres préoccupations.

Chapitre 11 : Sombre

Chapitre 11 : Sombre

« Faldéla ? Tu es drôlement pressée de rentrer, non ? »

Il a remarqué cela alors qu’elle les emmène chez elle. Après quelques minutes, les voilà tous chez elle, dans son appartement. Elle a un petit sourire aux lèvres malgré l’inquiétude de l’adolescent, lui disant d’une voix douce :

« Un petit peu, je commençais à avoir froid. »

« Euh … D’accord, je n’ai rien dit alors. J’espère que tu iras un peu mieux quand même. »

« Mais oui, mais oui, tu n’as pas besoin de t’inquiéter à ce sujet. Je vais vous préparer à manger, je dois aussi avoir un peu de quoi remplir l’estomac de tes pokémons. »

Il hoche la tête, préférant ne pas montrer encore plus son inquiétude. Comment faire exactement ? C’est difficile à comprendre. Mais bon, Meloetta est de retour dans ses bras et elle est en train de s’éveiller. D’ailleurs, il entend ses petits murmures et lui sourit.

« Coucou, tu viens de te réveiller, petite ange. »

« Melo ? Meloetta ? » demande la créature aux cheveux verts avant d’émettre un sourire à son tour. Elle se frotte les yeux puis l’embrasse sur la joue.

« Oui, je ne suis pas un rêve, tu ne rêves pas. Je suis bien là, devant toi. »

« Meloetta ! Meloetta ! Melo, Melo ! »

Elle se redresse puis quitte ses bras, flottant autour de lui pour regarder où elle est. AH ! Elle est donc chez cette jeune femme aux cheveux bleus ? Elle fait une petite moue qui disparaît très rapidement pour se retourner vers Hémaltone.

« J’espère que ça sera très bon, mademoiselle Faldéla, je vous fais confiance ! Je veux que Meloetta goûte à votre nourriture et apprécie grandement ! »

« Je suis en train de préparer, je suis en train de préparer. »

Elle a une voix un peu distante et lui-même devient songeur. Depuis qu’il a récupéré Meloetta, elle a une allure différente. Mais il a l’impression que ce n’est pas à cause de Meloetta mais plutôt d’autre chose … la musique ? Non, elle adore la musique quand même.

« Dis-moi, Hémaltone, pour toi, qu’est-ce que c’est la musique ? »

« Hein ? Que quoi ? C’est quoi cette question, mademoiselle Faldéla ? »

Il semble étonné, plus qu’étonne même alors qu’il la regarde. C’est une question vraiment très étrange, vraiment plus qu’étrange même. Mais pourquoi, il y réfléchit plus que sérieusement. Si Faldéla lui demande ça, c’est qu’elle a une idée en tête. Ou plutôt, qu’elle a quelque chose … qu’elle attend quelque chose de sa part mais quoi exactement ? Il ne sait pas vraiment … mais il doit y réfléchir. Enfin, après plusieurs minutes, il murmure :

« Je pense que la musique est un don que les pokémons et les humanoïdes ont obtenu de la part d’Arceus pour nous permettre de rendre ce monde moins terne et silencieux. La musique nous permet d’exprimer nos sentiments. »

« Tes sentiments ? Par la musique, c’est bien ça ? »

« C’est exact, je n’ai rien d’autre autrement, je dois l’avouer. Ma musique est ce qui compte le plus pour moi. J’aime pouvoir parler avec elle, exprimer mes sentiments, mes émotions, ma joie, ma tristesse, tout cela. »

« Je pense que c’est une réponse convenable. Peut-être est-ce pour cela que Meloetta a décidé de te suivre, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu en penses Meloetta ? »

« Meloetta ! Melo, Meloetta ! » répond la petite créature avant de s’installer sur les jambes d’Hémaltone, celui-ci étant lui-même assis à table.

« Soit, soit, soit, mangez donc tous les deux. »

« Tu ne manges pas, Faldéla ? » questionne l’adolescent aux cheveux verts alors qu’elle hoche la tête négativement. Non, elle n’a pas vraiment faim, elle le confirme. C’est triste mais c’est ainsi. Elle n’a pas beaucoup d’appétit. Pourtant, elle les regarde manger avec attention, douceur et amusement mais bon … Lui-même ne mange que très peu.
Il n’aime pas cela, il se sent anxieux quand Faldéla ne va pas bien. Par contre, ses pokémons et Meloetta ne semblent pas s’en soucier. Meloetta est beaucoup trop heureuse d’être avec lui pour se préoccuper de tout ça. Il ne peut pas lui en vouloir, c’est parfaitement normal. Mais bon, ça lui coupe l’appétit et il ne termine pas son assiette.

« Hémaltone, ça ne va pas ? Tu n’as guère touché à ton assiette. »

« On dirait bien que tu n’es pas la seule à ne pas avoir une grosse faim. Je crois que le quota d’émotions de la journée m’a fait un peu mal au ventre malheureusement, hahaha. » répond l’adolescent avec amusement alors que Meloetta se tourne vers lui. Elle cherche à lire dans ses pensées mais alors, il commence à imaginer plusieurs chansons et autres. Meloetta lui sourit doucement, ne pouvant lire que des choses heureuses chez lui.

« Je vais préparer votre lit sur le canapé … car je ne pense pas que Meloetta voudra dormir ailleurs, n’est-ce pas ? Ou alors, il se pourrait que je me trompe. »

« Non, non, je pense aussi qu’elle ne voudra pas bouger de contre moi, mademoiselle Faldéla. Merci encore mais c’est la dernière fois que l’on vous embête ainsi. »

« Oh, mais tu ne me déranges guère, vous pouvez rester ici autant que vous le voulez. »

Elle n’exagère pas un petit peu ? Il la regarde puis la remercie pour leur permettre de dormir. Lorsqu’il est l’heure de se coucher, Meloetta est réfugiée dans ses bras, un sourire aux lèvres, le visage endormi. Il l’embrasse très rapidement sur le front et la loge contre lui. Il lui caresse le dos, elle a vraiment un si petit corps. Il pourrait la faire rentrer sous un pull que ça ne serait pas dérangeant. Ah … Enfin bon … Il doit dormir lui aussi … et se reposer.

Chapitre 10 : Sans le choix

Chapitre 10 : Sans le choix

« Que me voulez-vous ? »

« Hum ? Ce n’est pas toi que je veux, loin de là même … » dit le producteur avec lenteur bien que son regard fixe l’adolescent, un sourire aux lèvres. « Je suis là pour Meloetta. »

« Pour qu’elle revienne parmi vous, c’est bien ça ? Je ne suis pas sûr que ça soit son envie. »

Il dit clairement ce qu’il pense de la situation. Il a la demoiselle aux cheveux verts dans ses bras et elle hoche la tête positivement. Pourtant, le producteur n’en démord pas, reprenant la parole d’une voix calme et tranquille :

« Pourtant, elle est maintenant une célébrité. C’est bien ce que tu voulais pour elle non ? »

« Ce que je voulais pour elle, c’est qu’elle soit heureuse. Je ne pense pas qu’elle le soit actuellement si je peux me permettre. Et à la base, je vous avais pourtant demandé quelque chose à son sujet ? Enfin plutôt dit quelque chose. »

Cela faisait un bon mois mais c’était resté ancré dans son esprit. Il avait fait une promesse, une grande promesse. Et ça, il comptait bien y tenir. Il n’y avait pas que ça. Il y avait aussi le petit corps de Meloetta contre lui.

« Je vous avais fait promettre de la laisser en liberté et de lui permettre d’aller là où elle veut. Quand j’évoquais la liberté, je parlais bien de sa liberté physique mais aussi d’expression. Qu’elle soit libre de partir quand elle le désire. »

« Où est-ce que tu veux en venir ? » demande le producteur bien qu’il se doute de la réponse. Pourtant, il n’en reste pas moins souriant et amusé.

« Meloetta n’a plus envie de devenir une star, loin de là. Elle est décidée à partir et elle le fera. Vous ne pourrez pas l’en empêcher, n’est-ce pas, Meloetta ? »

Qu’elle se rappelle, elle n’a signé aucun contrat et elle ne touchait rien. C’était quelque chose en or pour le producteur … mais rien ne l’attachait à ce dernier, rien du tout. Alors la réponse était oui ! OUI ET OUI ! Elle était libre comme l’air !

« Hum, je vois, je vois. Donc c’est la fin de son aventure musicale ? »

« Peut-être pas … mais pas avec vous, malheureusement. Ne vous en faites pas, elle ne vous demandera rien en contrepartie. Je ne sais pas trop comment marche les contrats mais je sais que c’est souvent une grosse source d’ennuis. C’est pour ça que j’ai préféré qu’elle ne soit jamais attachée à quelqu’un. »

« Pourtant, ça semble être le cas avec toi, n’est-ce pas paradoxal ? » demande le producteur alors qu’Hémaltone fronce les sourcils.

« Elle est libre de partir quand elle le veut. Je ne la retiens pas. »

« Soit, soit, soit … Je pense néanmoins que nous nous retrouverons très rapidement. »

Et sans un mot de plus, voilà qu’il arrête de regarder Hémaltone et Meloetta … pour poser ses yeux sur Faldéla. Ses yeux s’agrandissent de surprise puis sourit … avant qu’il ne parte sans chercher à dialoguer plus longtemps. Lorsqu’ils furent seuls tous les trois, Meloetta poussa un cri de joie avant de rester auprès d’Hémaltone.

« Voilà, voilà, c’est fini, Meloetta. »

« Melo ! Meloetta ! Melo meloetta ! Meloetta ! Hiih ! »

Elle rigole maintenant avec amusement. Elle est heureuse, plus qu’heureuse de tout ce qui vient de passer ! Elle a retrouvé Hémaltone et cette fois, elle est sûre, il ne l’abandonnera pas ! Pas du tout même ! Hahaha ! Hihihi !

« C’est quand même bizarre … Je pensais que le producteur serait plus en colère. »

« Il vaut mieux ne plus se préoccuper de ça, Hémaltone. »

« J’aimerai bien mais je reste quand même étonné sur le coup. » murmure l’adolescent, Meloetta n’étant pas prête de quitter ses bras. Il se remet debout, regardant autour de lui avec l’air de se demander quoi faire :

« Mademoiselle Faldéla, pensez-vous que nous devrions rentrer chez vous ? Au moins pour quelques heures, le temps que les gens apprennent ce qui se passe. Enfin, je crois. Je n’en suis pas vraiment sûr, pas du tout même. »

En fait, ce qui le dérangerait, ça serait plutôt le fait que s’il le veut, le producteur risque de créer d’énorme problèmes. Pas qu’un peu même. S’il se décidait à envoyer des rumeurs à son sujet, il aurait de gros soucis. Néanmoins, ce n’est pas que ça.

« Meloetta, est-ce que tu es capable de te cacher à chaque fois que nous sommes en public ? Enfin, pendant quelques temps … Mais sinon, tu peux chanter pendant que tu es invisible ? »

« Meloetta ? Meloetta ! Melo melo ! »

Elle ne sait pas, elle ne s’est jamais posé la question. Enfin, elle n’a jamais essayé ! Peut-être que oui ? Peut-être que non ? Elle n’en sait vraiment rien ! Elle devrait peut-être essayer ! Mais pour le moment, elle veut juste se reposer et … oh …

« Je crois que oui, je vais vous emmener dans mon appartement, Hémaltone. »

« Mel… Melo … » murmure la petite créature, baillant légèrement. Elle avait déjà sommeil à cette heure-ci ? Enfin, c’est vrai qu’ils étaient le soir, chose normale pour le concert mais … Oh et puis zut, pourquoi s’embêter à réfléchir autant ? Il souleva Meloetta, la serrant contre lui avant de la recouvrir de sa veste.

Voilà, ils pouvaient rentrer maintenant. Enfin, si Faldéla le voulait bien. Il accompagne la jeune femme aux cheveux bleus, observant Meloetta. Celle-ci a déjà fermé les yeux, roupillant doucement entre ses bras. Il passe une main dans ses cheveux verts, les caressant et les remettant correctement. Au final, il n’avait pas réussi à se séparer d’elle.

Chapitre 9 : Comme avant

Chapitre 9 : Comme avant

« Meleotta, ce n’est vraiment pas une bonne idée ce que tu as fait. »

« Meloetta ! Melo melo meloetta ! »

Elle émet un grand rire avant de tournoyer sur elle-même, heureuse et amusée. Elle ne semble même pas se soucier des paroles d’Hémaltone alors que celui-ci soupire grandement. Il reprend d’une voix lente et calme :

« Meloetta, tu peux m’écouter quand je te parle ? Ca me dérange grandement que tu ne me regardes même pas dans les yeux quand je t’adresse la parole. »

« Meloetta, Melo melo melo meloetta Meloetta ! »

Elle n’a vraiment rien d’autre à faire ou dire ? Il pousse un petit soupir une nouvelle fois alors que Faldéla regarde autour d’elle. Hum, c’est donc ça une téléportation ? C’est un peu surprenant mais ça ne change rien du tout par rapport à ce qui se passe.

« Hémaltone ? Meloetta ? Il faut retourner en ville. Néanmoins, en vue de ce qui s’est passé, il faudrait que Meloetta se cache si elle veut se promener en même temps. Est-ce qu’elle en est capable ? » demande Faldéla avec lenteur.

« Bien entendu, n’est-ce pas Meloetta ? Tu adores te masquer à la vue des autres, tu ne crois pas ? » dit l’adolescent aux cheveux verts en s’adressant à la pokémon.

« Meloetta ! Melo ! » répond la petite pokémon avec amusement avant de disparaître complétement. Comme un tour de magie, c’est pourtant la vérité.

C’est aussi simple que ça ? Elle semble surprise mais évite de le montrer. Elle a tellement de capacités et … OH ! Vraiment ? Elle est sur l’épaule d’Hémaltone ? Sans même se cacher ou autre ? Enfin, elle disparaît une nouvelle fois alors qu’Hémaltone caresse le vide.

« Bien bien … c’est parfait. Reste ainsi et retournons en ville. Mademoiselle Faldéla, vous venez aussi ? Il faut que l’on vous ramène ? »

« Quelle galanterie de ta part, Hémaltone. Mais je l’accepte pleinement. »

Il hausse les épaules pour bien montrer que ça ne le dérange pas vraiment. Il entend un petit cri surpris, puis un rire. C’est vrai qu’il doit faire attention. D’ailleurs, avant tout ça, il vaudrait mieux qu’il présente sa nouvelle amie. Il sort ses deux pokéballs, faisant apparaître alors les deux pokémons. Normalement, elle connait déjà le Crikzik.

« Mais voilà Starni, Meloetta. »

« Ram boum boum boum ! BOUM ! BOUM ! »

La petite créature tape du pied au sol alors que Meloetta réapparait pour se présenter à elle. Puis quelques minutes plus tard, ils se dirigent tous vers la ville, Hémaltone laissant ses pokémons sortis pour qu’ils puissent prendre un peu l’air, ce qui ne leur ferait pas de mal.

Puis Meloetta est toujours sur son épaule, c’est donc une bonne chose. Ils peuvent passer du temps ensemble et lorsqu’ils sont dans un coin discret ou presque, ils peuvent aussi se reposer. Mais bon, lorsqu’ils s’installement sur un banc, son Crikzik tente de monter sur lui mais trouve déjà quelqu’un dessus ?

« Melo, melo. Melo meloetta ! » répond doucement la petite créature aux cheveux verts.

Amusant, très amusant mais elle est la première arrivée ! C’est dommage pour le petit Crikzik mais elle n’a pas vu pendant un bon mois alors elle en profite grandement puisqu’elle … ne sait pas quand elle le reverra.

Elle perd son sourire, ne voulant pas montrer sa petite pointe de tristesse à Hémaltone. Rien que ça … non, ce n’est pas vraiment ça. C’est pas du tout ça même. Enfin, si, peut-être un peu quand même. Toujours invisible, elle se calfeutre contre le ventre d’Hémaltone alors que Faldéla est partie chercher des glaces pour chacun.
« Maman ! Maman ! Regarde la glace du garçon, elle disparaît toute seule ! »

« Oups … Meloetta, montre-toi discrète. »

Il dit cela mais il ne peut pas cacher son amusement. C’est vrai qu’il tient deux glaces, l’une au niveau de son ventre … et qu’en même temps, Meloetta s’amuse à en manger. Ce n’est peut-être pas le plus rassurant que l’on puisse voir mais lui, il préfère en rire plutôt qu’autre chose. Mais bon, tout n’est pas forcément … résolu.

« Qu’est-ce que l’on va faire au final ? »

« De quoi est-ce que tu parles, Hémaltone ? » demanda Faldéla en le regardant, ayant terminé sa glace en même temps que lui. Il murmure :

« Je ne sais pas du tout. Je n’ai pas vraiment … enfin si … mais c’est juste plus que stupide. »

Plus que stupide, oui. Ses mains se posent sur Meloetta, comme pour la garder contre lui. C’est la meilleure chose à faire. Surement … mais si elle le veut ? Elle réapparait subitement, se tournant vers lui avant de faire un grand sourire.

« MELOETTA ! »

Elle pousse un puisant hurlement avant de lui sauter au cou, faisant tomber le reste des deux glaces au sol. HEY HEY HEY ! Qu’est-ce qui lui prend ?! Elle l’embrasse sur la joue, rigolant avec tendresse avant que Faldéla ne dise :

« Est-ce que tu as eu une pensée heureuse envers elle, Hémaltone ? Meloetta semble être de type psychique. Il s’avère donc que puisqu’elle peut téléporter une personne, elle est alors certainement capable de lire aussi dans ses pensées. »

« Lire dans mes pensées, ce n’est … Meloetta ? Tu n’aurais quand même… »

« Melo. » s’exclame t-elle. C’est bien ce qu’il pensait au final. Elle a bien lu dans ses pensées. Et zut de zut. Elle sait donc qu’il n’a pas envie qu’elle parte, qu’il veut qu’elle reste. Mais il ne peut pas se permettre ça. Elle a une carrière et …

« AH ! Les voilà ! On savait bien qu’ils ne pourraient pas s’enfuir ! »

Et zut. Le retour des gardes ? Cette fois-ci, il ne faut pas chercher à s’enfuir, pas du tout même. C’est juste … stupide. Il doit leur faire face. Les regarder et leur … Zut. Il y a le producteur avec eux. Mais bon, au moins, il n’y a pas de de policiers, c’est déjà ça. Il n’aura aucun problème avec la justice.

« Je me disais bien que si Meloetta partait, ce n’était pas pour une raison inconnue. » déclare le producteur avec un sourire … moins bienveillant qu’auparavant.

Chapitre 8 : S’enfuir

Chapitre 8 : S’enfuir

« C’est bon, Meloetta ? Tu t’es calmée ? »

« Melo ! Meloetta … Meloetta ? Melo ! »

Elle s’exclame avec joie et tendresse, ne pleurant plus du tout maintenant qu’elle est dans les bras de l’adolescent aux cheveux verts. Elle se frotte les yeux, faisant un grand sourire. Puis après quelques secondes, elle redemande doucement :

« Melo ? Meloetta ? Melo melo ? »

« Oui, oui, j’ai vu ton concert, tu étais parfaite. Mais tu n’avais pas besoin de nous téléporter, tu sais bien ? Surtout que tu es devenue une petite célébrité. »

« Melo ! MELOETTA ! MELO MELO ! » s’écrit-elle pour bien dire qu’elle en a strictement rien à faire de la célébrité ! Pour elle, la seule chose qui importe … c’est d’être dans ses bras maintenant ! Et surtout de l’avoir retrouvé ! C’est tout ce qui compte pour elle !

« Non, ça ne sert à rien du tout. Qu’importe ce tu fais. »

Il la repousse subitement, cherchant à se montrer complètement froid envers elle. Il ne doit pas gâcher son rêve à Meloetta. Il en est hors de question. Il commence à s’éloigner d’elle, la laissant bouche bée dans la ruelle alors qu’il en sort.

« MELOETTA ! MELO ! MELOETTA ! »

Elle crie cela avant de plonger dans son dos, s’agrippant à lui pour ne pas le lâcher ne serait-ce qu’une seule fois. Pourtant, ce n’est pas lui qui se retourne mais plusieurs personnes, énormément de personnes même. Tous commencent à se tourner vers lui. Puis à courir vers lui ! Il récupère Meloetta, la gardant contre lui.

« HEY ! Toi ! Relâche-là maintenant ! Comment est-ce que tu oses kidnapper notre idole ? Qu’est-ce que tu fais avec elle ?! »

« … … … »

Aucun mot ne sort de la bouche de l’adolescent aux cheveux verts jusqu’à ce qu’il entende une voix féminine. Faldéla ? Celle-ci a surement vu le regroupement autour de lui et elle commence à pousser du bras et du coude pour arriver jusqu’à lui, haletante.

« Qu’est-ce qui se passe ici, Hémaltone ? Oh, je vois que tu as retrouvé la petite Meloetta, n’est-ce pas ? C’est une bonne chose, n’est-ce pas ? »

« Meloetta ? Melo Melo ? » demande la pokémon, surprise en voyant la jeune femme aux cheveux bleus. Elle se rappelle d’elle ? Bien sûr que oui ! Elle ne peut pas l’ignorer !

« HEY ! VOUS LA ! QU’EST-CE QUE VOUS FAITES A MELOETTA ?! »

Voilà que l’on lui crie dessus alors qu’il ne fait rien justement. Rien du tout. Par contre, il aperçoit des gardes et il n’aime pas ça. Ca risque de lui emmener de gros problèmes, de très gros problèmes. Il va surement aller en prison même.

« Hémaltone ? Qu’est-ce que … »

Il ne laisse pas Faldéla terminer sa phrase. D’un geste vif, il serre Meloetta contre lui avant de prendre son ocarina à une main. Bien que cela soit extrêmement difficile, il commence à en jouer, Faldéla clignant des yeux. Une mélodie ? A une main ? Non, ce n’est pas ça le problème, pas du tout même.
C’est le fait que le silence se soit installé et que personne n’ose bouger qui est le plus impressionnant. Même elle, elle est comme … paralysée. Et pourtant, après qu’il ait terminé de jouer de son ocarina, il le range, prenant sa main avant de dire :

« On doit s’en aller maintenant. Suis-moi ! »

« Mais comment … Enfin, comment tu … »

Des petits rires se font entendre de la part de Meloetta, celle-ci semblant comme au paradis alors qu’il se met à pousser les gardes qui sont comme sonnés. Pourtant, alors qu’il s’apprête à partir une nouvelle fois, tous commencent à sortir de la léthargie.

« Qu’est- ce qui s’est passé ? AH ! Non ! Où est Meloetta ? AH ! Là-bas ! HEY TOI ! »

Zut, ce n’était pas aussi efficace que prévu, loin de là même. Il peste légèrement avant de mettre une main devant sa bouche. Il est exténué mais il préfère ne pas le montrer. C’est dommage mais ce n’est pas possible autrement. Il n’a pas envie … de la relâcher en fin de compte. Mais il ne peut pas lutter contre ça.

« Je suis désolé, Meloetta mais … On va devoir se … »

« MELOETTA ! » hurle soudainement la pokémon aux cheveux verts, ses yeux devenant complètement roses avant de créer une puissante déferlante psychique autour d’elle. Les pokémons et les humains s’écroulent au sol, secoués par cela alors qu’il ne reste plus que Meloetta, Hémaltone et Faldéla debout.

« Wow ? Comment est-ce que ça se fait ? Meloetta est aussi forte que ça ? »

« Visiblement, oui même si je n’aime pas qu’elle utilise ses pouvoirs comme ça. » dit Hémaltone alors que Meloetta semble ne pas s’y intéresser. Avec vivacité, elle commence à les téléporter une fois, puis deux fois, puis trois fois. Elle ne semble pas vouloir d’arrêter.

Puis finalement, c’est pourtant le cas alors qu’elle s’écroule dans les bras d’Hémaltone. Ils sont au beau milieu de la nature, à au moins cent ou deux cents mètres de la ville. Comment est-ce qu’elle a fait ça ? Elle n’est pas un petit peu folle ? C’est juste trop risqué pour elle et eux. Ils ne peuvent pas se … oh. Elle fait un petit sourire, prenant la main d’Hémaltone entre les siennes pour lui montrer qu’elle ne veut pas le quitter. Elle est prête à s’enfuir à nouveau, comme auparavant. Elle ne veut pas continuer ce qu’elle faisait depuis un mois. Elle était plus que décidée à partir avec lui, qu’importe ce qu’il disait ou pensait.

Chapitre 7 : Pleurs

Chapitre 7 : Pleurs

« La seconde partie du concert de Meloetta va commencer. Veuillez reprendre vos places. »

« … … … Je ne me sens pas vraiment rassuré. »

Il murmure cela alors que Faldéla pose sa main sur la sienne pour le réconforter. Ce n’est qu’un concert et ensuite … ils verront quoi faire. Elle le regarde doucement, le concert reprenant comme si de rien n’était.

« Elle est belle. » murmurel’adolescent aux cheveux verts.

« La chanson ou Meloetta ? » demande Faldéla avec un grand sourire alors qu’il ferme les yeux, préférant ne pas répondre. La réponse est évidente, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ? Ou alors, peut-être qu’il se trompe lourdement.

« Ecoutons plutôt la musique qu’autre chose. »

« Comme tu le désires, Hémaltone. Tant que tu écoutes jusqu’à la fin, cela me convient. Ensuite, je te préviendrai de ce que l’on fera tous les deux, compris ? »

Il eut un petit rictus avant de rouvrir ses yeux bleus. Il recommence à fixer Meloetta sur la place. Si seulement il avait décidé de ne pas partir ? Enfin, de ne pas la laisser là-bas, toute seule ? Il s’en veut, il s’en veut terriblement maintenant. Il regrette, n’est-ce pas ? C’est ça ? Il regrette ce qui s’est passé. Il s’en veut pour ça. Il n’aurait pas dû. Il aurait dû la retenir. Mais il ne peut pas revenir en arrière, il ne veut pas revenir en arrière. C’est aussi simple que ça. Il ne peut pas se permettre de revenir en arrière, pas du tout.

« Qu’est-ce que tu fais, Hémaltone ? »

« J’écoute, j’écoute tout simplement, je ne fais rien d’autre. Pourquoi est-ce que tu me poses la question si tu le vois, mademoiselle Faldéla ? »

Il fronce les sourcils avec lenteur alors que Faldéla pousse un petit soupir. Elle ne dit plus rien du tout, regardant à nouveau le spectacle alors qu’il a recommencé à fermer les yeux. En fait, il ne fait ça que de temps à temps, comme pour cligner. Puis enfin, le concert se termine et il applaudit mais faiblement. Il ne se lève pas de sa place, ne voulant pas qu’elle le remarque alors que des cris fusent de partout.

« Maintenant que c’est fini, est-ce que l’on peut s’en aller, Faldéla ? »

« Tu es sûr de ça, Hémaltone ? C’est ta seule chance peut-être de revoir Meloetta. »

« Je … c’est sûrement la meilleure chose à faire. »

Il préfère éviter. C’est tout. Et puis, elle a une séance d’autographes à faire non ? Elle n’a pas de temps à perdre avec lui. Il se relève, regardant la petite créature à la chevelure verte. Maintenant qu’elle n’a plus à chanter et à danser, il n’y a plus rien qui la retient. Elle continue d’avoir peur et d’être inquiète. Elle recommence à être terrifiée. Il a envie de la prendre dans ses bras, de la rassurer comme si de rien n’était, lui dire qu’elle n’a pas à s’en faire mais… non, il ne peut pas se permettre ça, c’est impossible. Il ne remarque pas la tête de Meloetta qui se dirige vers les gradins, ses yeux devenant complètement roses. Il ne remarque pas qu’elle est en train de parcourir les centaines voire milliers de pensées de chacun et chacune … car elle a ressenti une dont elle se rappelait.

« Hémaltone, tu es un petit idiot … mais je comprends que tu aies peur. »

« Je suis désolé mais je ne peux pas me présenter à elle comme si de rien n’était. »

« Cela se comprend parfaitement mais tu ne devrais pas avoir aussi peur. »

« Je n’y peux rien. Allons-y dès maintenant, ça me fait plus mal qu’autre chose mais … merci beaucoup Faldéla pour tout ça. J’ai été quand même heureux de la revoir. »

« De rien, de rien, Hémaltone. Au moins, tu as pu … entendre son chant et voir sa danse de plus près que la télévision. »

Oui, c’est surement ça. Il hausse les épaules, faisant un petit sourire triste avant de soupirer une nouvelle fois. Il vaut mieux pour lui que … C’est quoi ça ? Il a juste le temps de voir quelque chose apparaître devant ses yeux. Une chevelure verte à environe une quarantaine de centimètres de distance. Puis un cri :

« MELOETTA ! »
Et voilà qu’il se retrouve projeté en arrière, comme s’il avait reçu un puissant choc psychique … sauf que c’est bien un corps qui l’a percuté. Un corps si petit et fragile. Quelques secondes plus tard, il se sent déjà happé ailleurs, dans une ruelle isolée, là où personne ne peut le voir. Enfin, les voir puisqu’il n’est pas seul.

« Meloetta ! Melo melo meloetta ! Meloetta Meloetta ! »

C’est donc ainsi que ça doit se passer, n’est-ce pas ? Il regarde le petit corps qui l’a projeté et téléporté. Il le regarde, avachi contre son torse. Il la regarde avec tendresse, Meloetta relevant la tête, les larmes aux yeux.

« Meloetta ! Meloetta ! Melo meloetta ! Meloetta ! Meloetta ! »

« C’est bon, Meloetta, je suis là. Meloetta ? Fais-moi un petit sourire, non ? »

Elle semble surprise. Elle a bien entendu sa voix. Elle en est certaine. Elle le regarde de ses grands yeux bleus, venant les frotter d’un revers la main avant de venir placer ses petites mains autour de son cou, se collant à lui. Elle recommence à pleurer.

« C’est bon, Meloetta. Je ne vais pas disparaître non plus. »

« Meloetta ! Meloetta ! Melo melo ! »

Ca ne sert à rien de lui parler hein ? Quand elle est dans cet état. Il ne peut pas lui échapper cette fois. Il passe une main dans le dos de la créature, le caressant doucement pour la rassurer. Elle a réussi à le capturer … et il ne peut cacher son soulagement, c’est impossible.

Chapitre 6 : Mal à l’aise

Chapitre 6 : Mal à l’aise

« Je ne me sens pas vraiment à ma place. »

« Ne dit pas cela et écoute. Elle va bientôt arriver. Il y a vraiment tant de monde que ça ! Je ne m’y attendais pas du tout. Quand même … »

« Je sais bien, moi aussi, je trouve ça beaucoup trop. Enfin, il y a trop de personnes à mon goût, ça ne me plaît pas vraiment. J’espère qu’elle n’aura pas de problèmes. » dit l’adolescent aux cheveux verts, soucieux en regardant l’endroit où normalement Meloetta allait chanter et danser. Quand même, autant de place ?

« A croire qu’elle fait venir des foules entières. Impressionné, Hémaltone ? »

« C’est le cas, Faldéla. Je ne m’attendais vraiment pas à autant de personnes. Pas du tout même. J’espère que rien de grave ne se passera. »

« Ah ! Elle arrive, Hémaltone ! Elle arrive ! »

Et voilà que déjà de nombreux cris résonnent tout autour de lui et Faldéda. Tous scandent le nom de Meloetta alors que la petite créature aux cheveux émeraude clair s’avance avec lenteur vers la scène. Il la remarque, il la voit, petite créature apeurée et effrayée.

« Elle a peur de la foule. Il y a trop de personnes devant elle. Elle est presque terrorisée, qu’est-ce que le producteur lui fait faire ? »

« Ne t’en fait pas, regarde, elle reprend vite des couleurs. »

Il le voit parfaitement bien mais ce n’est pas pour ça qu’il doit se sentir rassuré de voir Meloetta dans cet état ! Pas du tout même ! C’est stupide et aberrant ! Enfin, non, peut-être pas de la sorte. Pas aussi violemment pensé et … Oh. Elle s’est mise à chanter. C’est étrange, même si elle prononce uniquement son nom, il a l’impression d’entendre d’autres bruits. Elle a vraiment une voix mélodieuse et radieuse, différente de celle à la télévision.

« Elle chante toujours aussi bien. »

« C’est vrai que sa voix est magnifique. Mais … Il y a quelque chose de triste. »

C’est vrai. Lui aussi arrive à ressentir la tristesse dans la voix de la petite demoiselle. Ce n’est pas normal, ça ne lui plait pas. Pas du tout même. Mais comment faire ? Qu’est-ce qu’il peut faire exactement ? C’est quand même plus compliqué que prévu.

« Je ne peux rien faire pour l’aider. Ecoutons juste. Combien de temps est-ce que cela dure ? »

« Tu ne devrais pas le savoir, Hémaltone ? Toi qui a écouté son concert maintes fois. »

Comment est-ce qu’elle peut savoir ça ? Elle rigole, désignant le pied droit d’Hémaltone. C’est vrai que celui-ci est en train de battre au rythme du chant de Meloetta. Comme pour l’accompagner malgré le fait qu’il ne soit plus auprès d’elle. Quel idiot ! Mais quel idiot !

Maintenant, il est plongé dans le silence, venant s’asseoir comme les autres pour écouter la magnifique voix de Meloetta. Les secondes défilent, puis les minutes. Pendant une bonne heure, la demoiselle chante et danse, avec sons et couleur, effets pyrotechniques aussi. Non, quand même pas autant. Elle reste sobre … mais le tout reste superbe.

« Elle a vraiment une symphonie superbe. »

« Oui mais rien n’empêche sa tristesse de paraître sur son visage. Hémaltone, est-ce que tu regrettes qu’elle ne soit plus avec toi ? »

Il ne répond pas. Il n’est pas motivé à répondre. Pourquoi est-ce qu’il le ferait ? Sincèrement ? Qu’on lui donne une bonne raison. Il reste immobile, ne voulant pas en parler. Il pousse un profond soupir. Ca ne servait à rien, il ne pouvait pas se concentrer. Il ne pouvait pas réfléchir correctement. Juste fermer les yeux et écouter Meloetta.

Une belle voix, une voix magnifique même. Une voix splendide. Oui, c’était ça la voix de Meloetta, qu’il le veuille ou non. C’était cette voix, qui, un moment, il y a plus d’un mois, avait réussi à lui faire ouvrir la bouche pour qu’il parle.

Mais cela, c’était avant. Maintenant, ce n’était plus possible. Il parlait quotidiennement, comme si de rien n’était. Lorsque l’heure fut terminée, on signala que chacun pouvaient aller s’abreuver et se nourrir pendant une dizaine de minutes. Faldéla ne bougea pas de sa position, au contraire d’Hémaltone.

« Que fais-tu, Hémaltone ? »

« Je vais chercher à manger et à boire, mademoiselle Faldéla. »

« Pas besoin, j’ai déjà préparé ce qu’il faut. Tu peux retourner t’asseoir, ce n’est pas un problème, loin de là. Regarde donc. »

« Je … Hum … J’ai un besoin pressant, mademoiselle Faldéla. » bafouille l’adolescent aux yeux bleus alors que Faldéla le regarde en fronçant les sourcils.

« Si tu comptes t’enfuir, ne reviens plus m’adresser la parole. »

Il s’immobilise, n’osant plus bouger avant de se tourner vers Faldéla. Elle est sérieuse, terriblement sérieuse même. Il retourne s’asseoir, Faldéla perdant son regard dur pour reprendre la parole, sur un ton doux :

« Bien. Arrête d’être effrayé par Meloetta. Lorsque le concert sera terminé, nous verrons quoi faire, compris ? J’espère que tu saisis ce que je veux dire. »

Oh oui, il comprend parfaitement ça ne lui plait que très moyennement. Il n’a pas envie de voir Meloetta. Enfin, si, c’est le contraire même. Il veut la voir … mais il ne peut pas. Il a peur d’elle, peur de sa réaction, peur de la sienne. Peur de tellement de choses. D’habitude, il n’est pas aussi effrayé que ça mais avec elle, il ne peut pas se permettre autre chose. Il est un couard, un être manquant de courage. Quelqu’un qui ne mérite pas que l’on s’occupe de lui ou que l’on s’y intéresse. Il relève la tête, le chant de Meloletta allant reprendre. Il fixe la petite créature qui retourne sur le plateau. Il ne peut pas s’en empêcher, elle est là.

Chapitre 5 : Légère peur

Chapitre 5 : Légère peur

« Alors ? Comment est-ce que tu trouves la nourriture ? »

« C’est … meilleur que la nourriture achetée ou dans l’hôtel. »

« Toi, tu es un vilain flatteur. Est-ce que tu le sais ? Je ne suis pas cheffe cuisinière comme ceux que tu vois dans les restaurants ou dans les hôtels. Pas du tout même. »

« Ca reste quand même très bon. »

Il affirme avec une véracité indéniable alors qu’elle ne peut s’empêcher de sourire. Pendant qu’il mange, elle se lève, préparant le canapé pour le mettre en clic-clac. Aussitôt, le canapé se transforme en un lit de fortune. Elle sort aussi une couverture et un coussin, Hémaltone se levant après avoir fini de manger. Il vient la rejoindre dans le petit salon.

« Qu’est-ce que vous faites, mademoiselle Faldéla ? »

« Pourquoi est-ce que tu me vouvoies ? »

Il ne sait pas. Cela lui est venu naturellement en tête, comme à son habitude. Ce n’est pas une bonne chose ? Peut-être alors que … non ? Enfin, il ne comprend pas ce qu’elle fait mais elle vient étendre la couverture avant de reprendre :

« Tu comptes bien dormir ici, non ? Alors, tu vas t’installer tranquillement. »

Il n’ose pas la contredire et vient aussitôt se coucher alors qu’il vient à peine de manger. Elle continue de sourire avec tendresse. Elle vient s’asseoir à côté de l’adolescent qui se frotte les yeux, peu habitué à cela. En fait, pas du tout habitué même.

« Pardon, mademoiselle Faldéla. C’est juste que … c’est la première fois que je dors chez quelqu’un. Je ne sais vraiment comment réagir. Je ne sais pas du tout comment faire et … »

« Ne dit plus rien. » coupe t-elle en mettant un doigt sur sa bouche pour le faire taire. Qu’il se repose et trouve le sommeil, c’était le plus important.

Il sombre rapidement dans le sommeil, ne pouvant guère faire autrement alors qu’elle réfléchit à tout ce qui s’est passé dans cette journée. Elle l’observe en même temps, remarquant qu’il s’est endormi profondément. Elle pousse un soupir attendri, haussant les épaules avant de dire :

« Je n’ai pas vraiment à me préoccuper de tout ça visiblement. Héhéhé. Dors bien, Hémaltone. Demain est une autre journée. Tu auras encore beaucoup à faire. Ne gâchons pas ton existence dans la musique alors que tu viens à peine de rentrer dans son monde. »

Le monde de la musique est aussi dangereux que les autres voire même plus. Mais ça, il ne le sait pas encore. Et elle fera tout pour que ça ne soit jamais le cas. Malheureusement, pour Meloetta, elle sait que c’est déjà trop tard. Ou alors, peut-être que si ? Elle ne sait pas encore. Demain est une autre journée et elle a le sentiment que beaucoup de choses peuvent se passer quand il est là. Un dernier regard vers Hémaltone … et la voilà qui part vers sa chambre.

Le lendemain matin, il entend un drôle de bruit. Des voix ? Puis le chant de Meloetta ? Il ouvre subitement ses yeux avant de se redresser. Faldéla est là, souriante et assise sur un fauteuil à côté du canapé.

« Je … je suis où ? » bredouille l’adolescent aux cheveux verts.

« Chez moi, Hémaltone. On dirait bien que sa voix t’a réveillé, n’est-ce pas ? Je vais préparer le petit-déjeuner. Tu dois surement avoir faim. »

Sa voix ? Meloetta ? Il tourne la tête vers l’écran de la télévision. C’est vrai qu’il y avait Meloetta sur l’écran mais quand même. Enfin, non, ce n’est pas ça le problème, pas du tout. C’est quoi ? AH ! C’est ce qui est dit à l’écran !

« La petite Meloetta sera … »

Il cherche à ne pas entendre le reste mais c’est déjà trop tard. Il se met à trembler de tout son corps. Elle va revenir ici ? Après un bon mois ? Pour un concert ? C’est ça ? Il ferait mieux de quitter la ville et de ne pas se montrer. Il ne doit pas se montrer !

« Qu’est-ce que tu fais donc ? Reviens vite t’asseoir sur le canapé, tout de suite ! »

« Je dois partir, mademoiselle Faldéla. Je ne peux pas me montrer à Meloetta, je ne peux pas.  Je ne peux vraiment pas ! Je suis vraiment désolé mais … »

« Assis, Hémaltone. Tu es un peu sous le choc mais ça se comprend. Si tu ne t’assoies pas maintenant, tu peux déjà tout oublier d’hier. »

C’est violent, très violent quand elle dit ça. Mais il s’exécute et retourne s’asseoir sans un mot. Elle a un petit plateau qu’elle dépose sur la petite table devant l’adolescent aux yeux bleus. Il regarde la nourriture et la boisson chaude en rougissant légèrement.

« C’est bon … c’est très bon même. » bafouille Hémaltone, ne sachant guère quoi dire alors qu’elle hausse un sourcil. Il n’a même pas encore touché !

« Alors, je ne te laisserai pas t’enfuir comme un voleur alors que je sais que tu veux que le bonheur de Meloetta, n’est-ce pas ? Et tu penses qu’en partant, ça la rendra heureuse ? »

« C’est pas ça, c’est juste que … je ne sais pas ce que je pourrai dire si je la vois, c’est tout. »

« Alors, tu n’auras qu’à réagir sur le moment. Je pense que ça la rendra bien plus heureuse que tu ailles la voir et la félicites plutôt que de courir et t’enfuir lorsqu’elle te remarquera. Ça lui donnera plus l’impression que tu cherches à l’éviter. »

« Ce n’est pas du tout ça ! Pas du tout même ! Je ne pense pas à ça ! Pas comme ça ! »

Alors, c’est décidé ! Dès les prochains jours, ils vont se préparer à accueillir Meloetta comme il se doit ! Pour l’heure, ils ont beaucoup à faire ! Mais pour le moment surtout, c’est l’heure de manger. Un petit-déjeuner copieux attend l’adolescent, trop peu habitué à avoir le traitement d’une personne normale, c’est pourquoi elle est là.

Chapitre 4 : Une agréable soirée

Chapitre 4 : Une agréable soirée

« Désolée, je suis fermée et … OH ! »

La porte s’ouvre avec vélocité, Faldéla regardant Hémaltone avec un grand sourire. Elle l’attrape par le bras pour le tirer à l’intérieur puis refermer le magasin. Elle pose ses yeux sur son visage, passant ses doigts sur ses joues avant de les pincer.

« Il a suffi de quelques heures pour que tu aies une meilleure mine. Est-ce que je dois comprendre que tu as réussi à trouver ce que tu voulais ? »

« J’ai bien trouvé un nouveau pokémon. Enfin, une nouvelle pokémon, Faldéla. » dit l’adolescent avec lenteur, rougissant un peu quand elle le touche.

« Parfait, parfait, parfait. Tu veux bien me la pré … » dit-elle avant d’être interrompu par un grognement caractéristique qu’elle connait très bien. Celui d’un ventre qui a faim. Hémaltone baisse la tête, se triturant les doigts. En ce moment même, il a plus que honte. « On dirait qu’un certain adolescent a une grande faim ou alors, je me trompe ? »

« Pa … Pardon, c’est de ma faute, je n’ai pas réussi à contrôler mon ventre. Je m’excuse. »

« Après tout ce que tu as fait, je pense que je peux te pardonner ! Viens donc, puisque tu as retrouvé le sourire et surtout une petite motivation, je pense que le mieux que je puisse faire, c’est de t’inviter à manger. »

Pourquoi est-ce qu’une demoiselle comme elle est aussi gentille avec lui ? Il se le demande sincèrement, n’ayant aucune réponse valide en tête. Vraiment, il n’en a aucune. Il n’y est pas habitué et pourtant, il le devrait. Elle est si gentille avec lui … tellement gentille. Il ne sait pas trop où se mettre. Est-ce que …

« Faldéla, est-ce que à cause de mon apparence que tu es si agréable avec moi ? »

« Hein ? Hmm, ça pourrait être une raison valide, je le conçois mais … » reprend la demoiselle aux boucles bleues comme cheveux. Elle pose à nouveau un doigt sur Hémaltone, au niveau du lobe de son oreille droite. « Ce n’est pas du tout ça. C’est la musique que je ressens en toi, la mélodie qui anime tes mouvements. »

La mélodie qui anime ses mouvements ? Est-ce qu’elle est au courant de quelque chose le concernant ? Elle … quand même pas non ? Il n’y arriverait pas à le croire. Mais bon, c’était sûrement ça. Enfin, peut-être ? Il ne sait pas mais … elle lui monter les escaliers à l’étage. Puis lorsqu’il se trouve devant la porte, il la voit rougir légèrement.

« Si tu m’excuses un peu de te laisser dix minutes devant la porte. Tu comprends que vivre seule permet quelques libertés qu’il faut que je corrige avant de pénétrer dans ma modeste demeure. C’est une question de propreté. »

« Je ne comprends pas justement mais … euh … d’accord. »

Elle le regarde, interdite pendant quelques secondes avant de rigoler. Elle ne peut pas s’en empêcher. Ses paroles et ses réactions sont diffférentes des autres garçons. Elle rentre dans son appartement, refermant la porte derrière elle alors qu’il ne bouge pas. C’est peut-être la première fois que … qu’il va chez quelqu’un. En plus, chez une jeune femme. Qu’est-ce que … pourquoi est-ce qu’il se sent nerveux et tremblant ?

« Bon, vite, vite, vite ! »

Il entend ses paroles de l’autre côté de la porte. Ce n’est pas insonorisé. Il ne sait pas où se mettre alors il s’adosse au mur, les bras croisés. Ses yeux bleus se ferment alors qu’il songe à ce qui va se passer. Il va faire quoi chez une femme ? Une jeune femme ?

« Aaaah ! Mais pourquoi mes sous-vêtements traînent sur le canapé ?! »

Une nouvelle rougeur apparait sur les joues du jeune homme. Il entend correctement ce qui se passe. Z… zut … Il devrait plutôt s’éloigner quand même. Il se redresse, venant s’asseoir sur les escaliers en attendant.

« Et bien ? Tu dors ? »

Hein quoi ? Que ? Il rouvre ses yeux subitement, relevant la tête pour apercevoir le visage de Faldéla qui est penchée au-dessus de lui, souriant comme à son habitude. Elle reprend la parole après quelques secondes, disant :

« Désolée d’avoir mis plus de temps que prévu mais le ménage avait besoin d’être fait. Tu veux bien venir maintenant ? Je te laisse rentrer dans ma modeste demeure. »

Elle se répète mais il hoche la tête positivement. Il se relève, l’accompagnant dans l’appartement. Aussitôt, il sent une chaleur ambiante … différente de celle d’un hôtel. Il est chez quelqu’un, chez une personne, pas dans un hôtel.

« C’est beau. »

Il dit cela avec naturel. Un tel naturel que ça en est désarmant. Puis elle lui tapote doucement le crâne alors qu’elle est à sa taille. Il sent aussitôt une drôle d’odeur. Qui semble provenait de la cuisine, il écarquille les yeux, tournant la tête comme un animal sauvage.

« L’appel de la nourriture. Le meilleur moyen pour capturer un jeune garçon. »

Il rougit faiblement, baissant la tête. C’est vrai qu’il doit donner l’impression d’être un animal en se comportant de la sorte. Ce n’est pas voulu, pas voulu du tout même. Mais bon, elle lui prend la main, l’emmenant jusqu’à la cuisine.

« Installes-toi donc. Tu vas pouvoir goûter à un repas fait maison. Par contre, je préviens, je ne suis pas excellente cuisinière. D’habitude, je me cantonne aux repas basiques donc je ne suis pas sûre que ça soit … »

« Ca sera très bon, j’en suis sûr ! Ca sera mieux que des sandwichs achetés au magasin ! »

Ah ça, elle ne dit pas le contraire. Ah. Il n’a pas l’air de comprendre la portée de ses paroles, n’est-ce pas ? Mais qu’importe, c’est justement ça qui fait le charme de l’adolescent. Elle commence à chantonner doucement pendant qu’elle cuisine. Hémaltone la regarde faire, penchant la tête sur le côté. C’est bizarre, il a l’impression d’avoir déjà entendu ce chant … mais ça remonte à vraiment très longtemps même. Mais il sentait qu’il allait passer une excellente soirée. C’était la première fois qu’on lui faisait à manger.