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Chapitre 15 : Tentative d’ignorance

Chapitre 15 : Tentative d’ignorance

« Hein que quoi ? Maman ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Mets donc les vêtements que je viens de te montrer et vite ! Je n’ai pas de temps à perdre. Nous devons nous préparer le plus tôt possible, compris ? »

« Mais de quoi ? Qu’est-ce qui se passe maman ? Tu peux me le dire ? Tout le monde a mis ses plus beaux vêtements ! Même papa ! »

« Qu’est-ce que tu insinues par là, Earnos ? Que d’habitude, je ne porte que des loques ? Hmm, il est vrai que je n’ai plus cette habitude. Est-ce que cela me va encore ? »

La femme-Coxyclaque s’approcha de son mari, lui mettant correctement ses vêtements, attrapant Earnos par le col avant de le traîner derrière elle. L’enfant-Aspicot glapit de surprise, bredouillant et bafouillant :

« Mais mamaaaaaaaaan ! Je sais même pas ce qui se passe ! Où est-ce que l’on va ? Qu’est-ce que l’on va faire ? Tu peux me le dire non ? »

« A l’anniversaire de la princesse Terria. Allez, prépares-toi, et plus vite que cela. »

L’anniversaire ? Il demanda des explications, signalant par là que la boutique de fleurs de sa mère allait ramener des bouquets pour le château du roi. Rien que ça ? Hey ! Depuis quand est-ce qu’ils faisaient ça ? C’est vrai qu’il ne savait pas quelle était la clientèle de sa mère mais quand même, ce n’était pas trop bizarre ?

« Depuis quand est-ce que l’on livre des fleurs à la princesse ? »

« Depuis des années mais bon, c’est bien la première fois que vous pouvez tous nous accompagner. Ne perdons donc pas de temps. Est-ce que vous êtes tous prêts ? »

Grumpf ! Avec sa famille, dire qu’il va devoir aller voir la princesse. Il préfère ne rien dire de plus, continuant tout simplement à suivre ses parents jusqu’à ce qu’ils se trouvent tous dans la salle du trône. Vraiment ? Interloqué, il jeta un bref regard autour de lui, n’osant pas observer la reine Seiry, ainsi que sa fille et le roi Tanator.

« Qu’est-ce que je fais ici, moi ? C’est pas ma place. »

Il ne veut pas se bercer d’illusions. Pourtant, le roi Tanator semble connaître ses parents. Il en est de même pour la reine Seiry. Et surtout ,ils ont l’air d’être des amis, rien que ça. Comment est-ce possible ? Comment est-ce tout simplement possible ?

« Grande sœur, pourquoi est-ce que … papa et maman parlent ainsi au roi ? »

« Car ce sont d’anciens amis. Je n’en sais pas trop mais ça fait des années voire des décennies qu’ils se connaissent depuis qu’ils sont enfants. »

Mais ? Ce n’est pas possible, tout simplement. Comment est-ce que son père et sa mère peuvent connaître le roi et la reine ? Non. En y réfléchissant bien, il n’est pas mieux.

« Je les connais depuis longtemps, elles aussi. »

« J’espère que vous resterez à notre table pour la soirée et l’anniversaire de ma fille. »

« Cela serait avec joie. Earnos ? Tu veux bien accompagner la princesse Terria à la table des enfants avec tes sœurs ? Enfin les deux petites. Toi ? Tu es assez grande pour venir avec nous. » déclara son père en emportant ses deux grandes sœurs.

La princesse Terria fut surpris mais s’exécuta, se rapprochant d’Earnos tout en faisant un petit sourire. Humpf ! Elle était vraiment en beauté aujourd’hui. Logique, vu que c’était son anniversaire. Elle n’allait pas être disgracieuse. Elle murmura faiblement :

« Bonjour, Earnos. J’espère que tu vas bien aujourd’hui. »

« Oui oui … Allons-y, si vous voulez bien me suivre. Olistar n’est pas là ? Et Holikan non plus d’ailleurs ? Ou ils sont en train de se battre tous les deux ? »

Il dit cela avec ironie, cherchant à changer le sujet de la conversation. Il n’a pas envie de parler avec elle et il faut qu’elle le remarque. Finalement, après quelques secondes, les voilà tous assis autour d’une table avec quelques autres enfants nobles. Ah bon ? Tiens donc : Olistar est à la gauche de la princesse tandis qu’Holikan est à sa droite. Lui-même a ses deux sœurs à ses côté, prêt à les aider et à les surveiller.

« Vous n’étiez pas obligés de vous mettre aussi loin, Earnos, avec tes sœurs. »

« Je préfère éviter cela. Je n’aimerai pas que les gens s’imaginent des choses. »

« Comme quoi, Earnos ? Visiblement, mes parents connaissent les tiens depuis très longtemps. Il n’y a donc rien à s’imaginer non ? »

« Je ne répondrais pas à cela. Restez aux côtés des nobles, moi et mes sœurs, nous mangerons tranquillement, rien de plus. Et en silence, promis. »

La jeune fille-Apireine fit une petite moue triste, regardant droit devant elle avant de manger en silence. Quelques nobles tentaient bien de parler avec elle mais elle faisait juste un petit sourire de circonstance pour les remercier, rien de plus.

« Grand frère, dis ? Tu es en colère avec la princesse ? »

Voilà que sa petite sœur s’y met aussi. Il arrêta de manger, la fixant avec douceur avant de chuchoter tendrement, une main posée sur ses cheveux :

« Je ne suis pas en colère mais c’est une princesse. Nous ne sommes que des insectes. »

« Mais elle a l’air vraiment gentille non ? Pourquoi tu lui en veux ? »

« Je ne lui en veux pas. Il vaut mieux que tu manges maintenant sinon, cela risque d’être froid, d’accord ? Et aide donc ta petite sœur aussi. » dit Earnos comme pour changer de conversation et surtout éviter de continuer sur cette voie. Il n’a pas envie de communiquer.

Pourtant, le regard de la princesse Terria est continuellement posé sur lui. Il le sait puisqu’il le sent. Il entend aussi Olitar et Holikan qui parlent avec elle mais il s’en fiche complètement. Pourquoi est-ce qu’il s’en mêlerait ? Pourquoi ?

« Roh, regardes ce que tu as fait. Attends, je vais te laver la bouche. »

Sourire aux lèvres, il se met à essuyer le visage de la petite dernière qui poussa un petit rire quand son frère s’occupait d’elle. Elle tendit les bras, Earnos venant la soulever pour la mettre sur ses genoux. Comme elle était encore assez petite, cela allait.

« Earnos, est-ce que tu veux que j’appelle une servante pour lui donner à manger ? »

« Non, pas besoin. J’aime bien m’occuper de ma sœur. Continuez de manger donc. »

De quoi est-ce qu’elle se mêlait ? Cela ne la concernait pas le moins du monde. Qu’elle aie autre chose à faire, ça sera bien mieux pour chacun et chacune. Tsss ! Non mais, sincèrement ? Maintenant, il voyait que la princesse Terria fixait l’enfant dans les bras d’Earnos, avec une pointe de jalousie et de tristesse.

« J’aimerai bien avoir un petit … frère ou une petite sœur. »

Finalement, elle avouait pleinement ce qui lui trottait en tête depuis le début. Earnos avait de la chance, une énorme chance d’avoir autant de sœurs avec lui. Ils étaient une grande famille. Mais voilà, généralement les reines du royaume des insectes n’avaient qu’un seul enfant.

« Est-ce que je peux sortir de table, grand frère ? »

« Fais donc mais attention à ne pas déranger les soldats, d’accord ? »

L’avant-dernière de la famille descendit de sa chaise, quittant la table avant de se diriger aussitôt vers la princesse Terria. Il haussa un sourcil, s’apprêtant à se lever mais s’arrêta en mouvement. Humpf ! Tant qu’elle ne dérangeait pas trop, ça pouvait aller. Mais qu’est-ce qui lui avait pris d’aller la voir ?

« Je me demande vraiment ce qui lui passe par la tête. Pfff … »

« On dirait bien que la princesse Terria s’est faite une nouvelle amie. »

Il écouta la voix d’Olistar, celui-ci s’étant positionné à côté de lui. Qu’est-ce que le garçon-Rapion voulait de lui ? Il n’en avait rien à faire ou presque. Ca ne le concernait pas de toute façon .Sa sœur pouvait avoir les fréquentations qu’elle voulait, du moins, tant qu’elles n’étaeint pas dangereuses. Sinon …

« Tu n’as pas remarqué que tu mettais une mauvaise ambiance à table, Earnos ? Tu devrais signaler à la princesse Terria le véritable problème plutôt que de garder cela pour toi. Je suis sûr que ça te soulagerait la conscience et surtout, permettrait à tous et à toutes de mieux s’en tirer. Qu’est-ce que tu en dis ? N’est-ce pas une chose à tenter ? »

« Je ne mange pas de ce pain-là. Qu’elle se débrouille seule, voilà tout. »

« Tu es désespérant. Vraiment. Tu n’as pas remarqué que ta sœur est partie la voir pour tenter de comprendre ce qui se passe entre vous deux ? »

« Ele n’aurait pas osé. Ma sœur n’est pas ainsi et … hum ? Vrai qu’elles me regardent souvent. Je vois pas trop ce qu’il y a à dire à mon sujet. »

Earnos était une vraie boule d’exaspération. L’enfant aux cheveux violets haussa les épaules, remarquant le regard inquisiteur d’Holikan posé sur lui. Oh ? Il n’avait même pas le droit de bouger tranquillement, c’est bien ça ? Il ne fallait pas exagérer. De toute façon, qu’importe ce que disait le garçon-Yanma, il s’en préoccupait guère.

« Earnos, elle va finir par le découvrir mais tu ne veux pas l’aider à cela ? »

« Je ne le ferais pas. Ne me fatigue pas, compris ? Et vas donc embêter Holikan puisque visiblement, vous êtes souvent collés l’un à l’autre. »

Pour toute réponse, le garçon-Rapion quitta la chaise à côté d’Earnos, le laissant seul avec sa petite sœur. Qu’ils se débrouillaient entre eux, ça serait suffisant ! Olistar ne se retourna pas, venant s’asseoir à côté de la princesse Terria. De toute façon, ce n’était que le début de l’anniversaire de la princesse Terria. La journée ne faisait que commencer. Ils avaient normalement prévu d’autres évènements d’après ce qu’il avait compris.

Chapitre 24 : Toujours la même

Chapitre 24 : Toujours la même

« Qu’est-ce que … C’est de la télépathie ? »

Ryusuke la regarde avec étonnement, se demandant s’il a bien entendu cette voix ou non. Mais d’après le regard de cette Kirlia, il semblerait que oui. Mais est-ce bien … Sirénia ?

« Sirénia ? Qu’est-ce que tu es en train de faire exactement ? »

« Je te protège, Ryusuke. C’en est terminé de lui. Je vais le faire souffrir horriblement. »

Le faire souffrir horriblement ? Elle ne compte quand même pas … le torturer ? Il écarquille les yeux en voyant que visiblement, ça semble être prévu. L’homme est projeté contre un mur de cette zone artificielle alors que Ryusuke crie :

« Arrête ça, Sirénia ! Tu n’as pas besoin d’en arriver à ces extrémités ! Arrête ça maintenant ! Tu ne dois pas devenir comme lui ! Tu vaux mieux que lui ! S’il te plaît ! »

« Ca ne sert à rien, Ryusuke. Calme-toi et regarde voir ce qu’elle fait. »

Il voudrait bien mais il n’est pas sûr de voir cela. Il observa la situation, comme le recommande Kasiopé alors qu’il place une main sur son front. Avec lenteur, il éponge la sueur et l’eau dessus. Haletant et hésitant, c’est à peine s’il tient debout alors que Naro s’écrie de toutes ses forces, avec une rage non-dissimulée :

« FAIS-LE ! Sale pokémon ! Fais-le ! Tu n’attends que ça ! Si tu ne le fais pas, je te tuerais ! Et je tuerais aussi Ryusuke ! Vous comprendrez à quel point je vous hais ! »

« Cette haine est réciproque à ton égard. Moi aussi, je te hais, je te hais tellement … mais pour cela, je vais te faire souffrir, doigt par doigt. »

Doigt par doigt ? Un craquement sonore se fit entendre, l’auriculaire droit de Naro se brisant subitement alors que Sirénia avait ses yeux devenus roses posés sur lui.

« AAAAAAAAAAH ! Ce n’est rien … CE N’EST … »

Un second doigt se brise, puis un autre et un quatrième … et un cinquième. Enfin, c’est le poignet qui vient rejoindre la liste des craquement sonores. Naro a les larmes aux yeux, se mordant les lèvres jusqu’au sang tout en hurlant :

« CE N’EST RIEN ! Tu peux continuer ! Ca ne me fait rien ! »

« Alors faisons la même … pour l’autre main ; »

C’est tout simplement un carnage. Il se doit d’arrêter Sirénia mais il n’en a pas la force. Mais surtout, il n’en a pas le courage. Sa main posée sur le corps de la Draco, il la regarde avec inquiétude. Les blessures sont trop grandes. Il n’y a que peu de chances qu’elle s’en sorte.

« Je m’excuse, je m’excuse vraiment … Je ne peux rien faire pour te sauver. Je ne peux rien faire malgré tout ce que tu as fait pour moi, je m’excuse. »

« Et maintenant, nous passons à la véritable souffrance dans tout ton être. »

Un ongle s’envole, un minuscule jet de sang en sortant alors que Naro ouvre la bouche sans qu’aucun son ne sorte de ses lèvres. Sirénia continue sans s’en préoccuper plus que cela, de la bave s’écoulant de ses lèvres. Il halète, Ryusuke disant :

« S’il te plaît ! Sirénia, tu entends ma voix ! Alors écoutes-moi ! S’il te plaît ! »

« Pas besoin … Ryusuke. J’en ait bientôt terminé avec lui. »

Bientôt terminé ? Qu’est-ce qu’elle compte faire ? Il commence à trembler de tout son être. Autant de violence ne lui plaît guère mais surtout quan il s’agit de Sirénia. Cela ne correspond pas à la petite pokémon assez gloutonne. Ce n’est pas elle.

« Sirénia … Sirénia … Reviens par ici. C’est bon, il n’est plus dangereux. Tu n’as pas à t’en faire, s’il te plaît. Il ne peut plus utiliser ses mains non ? Alors … »

« Alors, ce n’est pas suffisant. Il pourrait s’enfuir. »

Elle parle étrangement bien pour une pokémon même psychique. Il ne le remarque que maintenant alors qu’il la voit en train de se concentrer sur les pieds de Naro. Cette fois-ci, elle ne s’amuse plus avec lui. Chaque pied prend un angle étrange par rapport au reste du corps, Naro finissant par s’écrouler au sol, libéré des pouvoirs psychiques de la Kirlia.

« Tu vas boire la tasse … jusqu’à ce que tes poumons se remplissent d’eau. »

La tête est relevée avant d’être plongée dans l’eau du lac. Naro ne peut que gesticuler sur place, incapable de se mouvoir à cause de ses membres brisés. Sirénia continue cela pendant deux bonnes minutes puis recommence.

« Ce n’est pas suffisant … ce n’est pas suffisant … »

« Kasiopé ! S’il te plaît, fais quelque chose ! Elle est incontrôlable ! Si elle continue … »

« Je ne peux rien faire, Ryusuke. Je ne suis pas capable de l’arrêter. »

Alors ? Il ne peut que la regarder, c’est ça ? La voir détruire Naro ? Même si c’est un monstre, il ne sait pas s’il est capable de vouloir sa mort. Pourtant, il n’a pas hésité à l’attaquer et à vouloir le tuer alors pourquoi est-ce qu’il ne peut pas vouloir de même ?

« Car tu es trop gentil pour ça, malgré ce que tu montres comme apparence. »

« Hein ? Kasiopé ? Qu’est-ce que tu as dit ? » bredouille Ryusuke bien qu’aucun son ne sort des lèvres de l’adolescente. Pourtant, il est sûr d’avoir entendu sa voix. Est-ce qu’il rêve ? Est-ce qu’il devient fou ? Peut-être qu’avec la perte de sang, c’est le cas ?

« Rien du tout, Ryusuke. Tu es exténué mais ne t’en fait pas, tout va bientôt s’arrêter. »

« Comment … est-ce que tu peux le savoir ? Regarde donc Sirénia. Je … »

Pourquoi est-ce sa vue se brouille ? Il se met à chanceller, une main posée sur son crâne. Wow … Il ne se sent vraiment pas bien. Bien entendu ,vu son corps, ça n’a rien d’anormal mais là, c’est différent, totalement différent. Il ne se sent vraiment pas bien.

« Ka … Kasiopé, mon corps ? J’ai du mal à rester debout. »

« Viens et vite ! S’il te plaît ! Ne perd pas ton temps à … »

Il doit rester éveillé pour voir ce combat. Non, ce n’est plus un combat. Sirénia fait juste un carnage envers leur adversaire. Celui-ci n’a guère la possibilité de réagir maintenant. Tout son corps n’est plus qu’un pantin sans fil. Mais il a encore la force de dire :

« Si tu ne me tues pas, je reviendrais. Je reviendrais car je n’ai pas le choix. Mais je reviendrais car je veux vous exterminer, vous trois. Vous êtes mes cibles favorites maintenant. Je ne reviendrais … que lorsque j’en aurais terminé avec vous. »

« Tu as encore la force de parler ? Je vais te faire avaler ta langue, cela te tuera alors. »

« Sirénia ! Je … » cherche à dire Ryusuke avant que ses pied ne supportent plus le reste de son corps. Il se penche en avant mais se retient à un roche. Ne pas s’évanouir maintenant. Pas maintenant alors qu’il y a quelque chose à faire. « Draco. »

La pokémon se tourne faiblement vers lui, attendant de voir ce qu’il veut dire. Mais cette fois, l’adolescent aux cheveux bruns tient une sphère dans sa main.

« Je vais … Je sais quoi faire … pour te sauver … je … Kasiopé s’occupera de ça. »

Mais lui n’en peut plus. Son corps tombe en avant, plongé dans l’eau alors que sa main lâche la pokéball. Aussitôt, Sirénia arrête ce qu’elle était en train de faire, extirpant avec vélocité Ryusuke pour qu’il ne puisse pas se noyer. Kasiopé s’approche de la pokéball, regardant la Draco avant de faire un petit sourire.

« Nous allons te soigner, c’est bien ce qu’il voulait, tu es d’accord avec cela ? Quantà toi, Ryusuke, reposes-toi, tu en as assez fait. »

Ce fut les dernières paroles qu’il put entendre avant de sombrer dans l’inconscience. Sirénia s’arrête aussitôt dans sa démence, se rapprochant de Ryusuke alors que Kasiopé observe la situation. Elle pousse un soupir, une voix féminine s’écriant :

« Kasiopé ! Kasiopé! Tu es là ? Kasiopé ! Réponds-moi ! »

« Tu en as mis du temps, Junon ! Ryusuke est gravement blessé mais Naro est hors d’état de nuire : Il faut que tu viennes dans la grotte ! Nous sommes au-dessous de toi ! »

« C’est donc ça ? J’arrive, Pik et Rik sont là aussi. Et il y a Naro ? J’ai bien contacté tout le monde et les secours aussi. Je me doutais que vous en auriez besoin. »

Encore un nouveau soupir de la part de l’adolescent à lunettes, Sirénia la regardant étrangement. Comment est-ce qu’elle avait put faire tout cela ? Avec Ryusuke ?

La Kirlia continue d’observer Kasiopé qui s’approche de la Draco. Celle-ci est plus qu’obéissante, se faisant envelopper par une lueur rouge avant de disparaître dans une pokéball rouge et blanche. Ensuite, l’adolescente aux cheveux verts s’approche de Ryusuke, le soulevant avec aisance malgré leur différence de stature.

« Si tu veux bien me suivre, Sirénia. Nous devons trouver la sortie que Junon va nous créer. Naro ne risque pas de bouger dans cet état. Il ne peut plus parler. »

En état de choc, il est vrai que l’homme bouge à peine de sa position. Ses pokémon sont toujours inconscients. Quelques heures plus tard, la grotte est déserte, comme si rien de tout cela ne s’était produit. Mais les impacts de balles ainsi que le sang sur les murs montrent bien que tout cela s’est produit et de manière assez violente.

« Comme si tout cela n’était qu’un mauvais rêve dont tu aimerais te réveiller. »


Ryusuke est dans les bras de Kasiopé, évanoui tandis que la petite Kirlia est elle-même endormie sur le corps de son dresseur. L’école n’est pas arrêté pour les autres groupes, seul celui de l’adolescent aux cheveux bruns est en direction du retour vers un hôpital.

« Hmm, ce n’est pas un peu trop lourd, Kasiopé ? »

« Nullement, Junon. Merci de t’inquiéter mais ne t’en fait pas. Après tout ce qui s’est passé, il est normal que Ryusuke se repose. Nous devons absolument le faire se soigner. »

« Oui mais toi aussi. Confies-le moi, ça sera mieux. » reprend la demoiselle aux cheveux d’argent tout en tendant les mains. Aussitôt, les jumeaux rigolent entre eux. « Je peux savoir ce qui vous prend tout d’un coup ? Vous n’avez pas été des plus utiles, je tiens à le rappeler. »

« Oh mais ça, on le sait. Néanmoins, on se dit qu’on devrait peut-être garder Ryusuke avec nous. Une simple mesure de sécurité. On ne voudrait pas qu’il soit blessé, hahaha. »

« Et blessé pour quelle raison ? Qu’est-ce qui risquerait de le blesser ? Exprimez-vous tous les deux avant que je ne me fâche. Kasiopé ? Confies-moi Ryusuke. »

« Je ne préfère pas . Le bouger serait trop dangereux en vue de ses blessures, Junon. »

« Kasiopé, je n’aime pas me répéter. En ma qualité de présidente des élèves, il est de mon devoir de veiller à la sécurité et à la santé des élèves. »

« Est-ce vraiment pour ces raisons que tu veux Ryusuke, Junon ? »

« Ooooooh. » s’exclame Pik en regardant Kasiopé. Rik regarde déjà Junon de son côté, attendant la suite des « hostilités entre les deux demoiselles.

« Quelle autre raison serait valable ? Nous avons préparé cela depuis des semaines pour que Ryusuke soit en sécurité. Nous avons échoué à moitié … malgré la capture de Naro. Je suis redevable envers Ryusuke et c’est ma manière à moi de me faire pardonner. »

« Nous avons visiblement le même mode de pensée alors car j’ai la même idée. »

« Nous sommes arrivés ! Donnez-nous cet adolescent que nous l’emmenions aussitôt aux urgences. Je vous jure, le manque de moyens est aberrant. »

« Tu verras plus tard, Kasiopé. »

Le sourire de la demoiselle aux cheveux verts vient s’élargir tandis que Junon peste contre tout le monde, finissant par pénétrer dans l’hôpital en premier. Autant qu’elle prépare les papiers et tous les documents nécessaires pour que Ryusue profite des meilleurs soins possibles. De toute façon, il ne faut pas envisager autre chose en vue de ce qui s’est passé.

« Mais avez vous les moyens ? Enfin, qu’est-ce qui s’est passé ? »

« La police vous racontera tout. Pour l’heure, le plus important est de soigner ses plaies … et ah ! D’après ce que Kasiopé m’a dit, ce pokémon aussi ! »

Junon dépose une pokéball devant elle avant de s’approcher du brancard où Ryusuke fut installé, signalant aux médecins qu’elle les accompagne. La secrétaire à l’accueil la regarde partir, ayant à peine le temps de dire :

« Mais nous ne sommes … pas un centre pokémon. »

Rien à faire, la jeune demoiselle aux cheveux argentés était parti comme une tempête, délaissant tout derrière elle pour se rendre au chevet de Ryusuke. D’après les médecins, ce n’était vraiment pas joyeux mais il allait s’en sortir. Le plus surprenant était l’absence d’infection sur ses plaies alors qu’il se trouvait dans une zone forestière.

« Il a sûrement été protégé par une bonne fée, je ne vois que ça. »

Une bonne fée ? L’explication est plus que douteuse mais pour ne pas agacer Junon, aucun médecin n’ose lui faire la remarque. Ils lui demandent simplement de partir, pour qu’ils puissent soigner l’adolescent correctement.

« Alors ? Junon ? Est-ce que tu m’en veux encore ? »


Kasiopé est revenue auprès de la présidente des élèves, tenant une canette en main. Ses propres mains sont recouvertes de bandages et il semblerait que d’autres parcourent son corps en vue des petits tics de douleur qu’elle émet.

« Terriblement mais … je dois te remercier d’être restée auprès de lui. J’aurais put me réveiller avant les autres mais … je préférais ne pas faire cela. Je pense que je n’avais pas à m’en mêler directement, tu dois te douter pourquoi, non ? »

« Je n’ai pas besoin d’en connaître la raison, oui. »

« Tant mieux … car je ne te l’aurais pas dite. Mais qu’est-ce qui t’a pris ? De te rebeller contre mes paroles ? Ce n’est pas dans tes habitudes, non ? »

« Simplement que j’estimais que Ryusuke méritait de se reposer, rien de plus. Après tout ce que nous avons vécu tous les deux, je me sentais vraiment redevable envers lui. »

« Je ne poserais plus de question pour le moment. Reposes-toi … si cela est nécessaire. »

« Merci pour tout … et je suis désolée, Junon. »

Désolée ? Elle peut l’être mais ça ne changera rien à la situation. Qu’importe ce qu’elle va dire ou faire, ce qui s’est passé était maintenant gravé dans leur mémoire. Malgré la fatigue, Kasiopé reste assise sur la chaise, attendant des nouvelles de Ryusuke. Pendant ce temps, une petite ombre aux cheveux rouges attendait elle aussi des nouvelles de l’adolescent, avec une anxiété qu’elle avait beaucoup de mal à dissimuler.

Des heures plus tard, de nombreux plâtres sur le corps accompagnés des bandages sur les parties non-plâtrées, l’adolescent avait plusieurs tubes et aiguilles plantés en lui. Assise à côté de lui, la Kirlia a posé son regard émeraude sur Ryusuke. Sa petite main droite caresse sa joue pendant quelques secondes avant que des larmes ne lui montent aux yeux.

« Trop tard, je suis venue … bien trop tard. »

Elle arrive à s’exprimer correctement maintenant. Ses facultés vocales et intellectuelles se sont développées en même temps que son corps. Mais cela n’avait pas été suffisant. Cette évolution avait été faite dans la haine, une haine qui avait finit par s’ancrer en elle.

Chapitre 275 : Comprendre et accepter

Chapitre 275 : Comprendre et accepter

« Tout le monde est destiné à mourir un jour ou l’autre. Moi, ça sera seulement plus tôt que prévu. Alors bon, qu’est-ce que tu veux que ça me fasse hein ? Comme si ça avait une quelconque importance à mes yeux. »

« Et si je te disais … que je risquerai de mourir moi aussi ? »

« … … … Tu es déjà morte, je tiens à te le rappeler, au cas où. »

« JE PARLE DE DISPARAITRE DEFINITIVEMENT ! Tu me hais tant que ça alors ?! Parce que j’ai voulu te protéger ?! »

« Est-ce que tu étais au courant pour Katérina et Hodan ? » demanda le jeune homme. Mais le silence qui plana quelques secondes plus tard lui donna la réponse … Une réponse qu’il connaissait déjà … « Me protéger ? C’est bien ça … Ne soit pas ridicule. Je ne suis pas fait de porcelaine. Mentir est une chose, cacher la vérité en est une … Mais ne rien dire du tout … Je préfère encore souffrir sur le moment quand on me l’annonce plutôt que de me le prendre de pleine face comme ça ! »

« Et qui me dit que tu m’aurais cru ? »

« Je t’aurai cru … Je t’aurai écouté… Tu n’es qu’une idiote si tu penses que je ne te croirai pas … Elyséa. Tu es tellement … importante pour moi. Comme si je ne pouvais pas te croire ? Tu es Elyséa, tu es celle qui m’habite depuis des années … »

« Alors pourquoi est-ce que tu ne me regardes pas ? Pourquoi est-ce que tu me fais la tête ? Pourquoi est-ce que tu ne veux plus que je sois en toi ? »

« Car tu ne m’as rien dit. Tu voulais me protéger ? Non … C’est une blague. Ce n’est pas de la protection, c’est de la surprotection. Je ne suis pas un petit objet de verre. Je ne vais pas me briser comme ça et … »

« Kéran, n’oublies pas ta réaction, s’il te plaît. Tu sais parfaitement que … S’il te plaît. Retournes-toi … » coupa la femme aux cheveux blancs.

« Pour la … quatrième fois ? J’ai dit non … Je ne me retournerai pas, c’est compris ? »

« Et pourquoi ça ? Est-ce que tu ne veux pas me faire face, Kéran ? Qu’est-ce qui t’empêche de me regarder droit dans les yeux ? Et de me le dire … »

« De te dire quoi ? Qu’est-ce que tu voudrais que je te dise ? JE NE VEUX PLUS PARLER A RIEN, NI PERSONNE ! En plus, tu détournes la conversation ! »

« Kéran. Je suis dans ton corps depuis des années. Tu as failli mourir à l’époque … Et ton corps en a toujours gardé des séquelles. Si je te quitte, c’est comme si Hodan quittait définitivement le corps de Katérina, les séquelles seraient très graves. Tout ce que nous avons protégé pendant des années … risque de se briser à nouveau, comme du verre. Tu ne veux pas ça, n’est-ce pas ? Kéran … S’il te plaît. Retournes-toi et regardes-moi … Je veux que tu me voies … Est-ce trop te demander ? »

« Bon sang ! Qu’est-ce qu’il y a avec ça ?! Qu’est-ce que … »

Il s’était retourné vivement, énervé, mais il s’arrêta de parler en regardant la jeune femme en face de lui. Une mèche de cheveux blancs cachait son œil droit mais le reste de ses cheveux flottaient au vent. Elle avait les épaules nues mais aussi le haut de sa poitrine … qui était à l’air … En fait, il remarquait surtout le rubis juste au-dessus de sa poitrine, plus haut que son décolleté … Un décolleté qui était parcouru par des rubis lui aussi en haut de son tissu noir … Car elle portait une robe noire ? Si le haut était terminé par des rubis, le bas, quant à lui s’arrêtait au niveau du haut de ses cuisses. Ce n’était pas que ça … Le bas semblait comme déchiré ou … brûlé ? Il flottait comme des flammes … et elle portait des gants noirs lui allant jusqu’aux bras. Si on rajoutait ses collants troués en de nombreux endroits mais aussi de lourdes bottes noires, elle était …

« Splendide ? Je crois ? »

« Comme je suis une femme aux allures de flammes … Je pensais que c’était une tenue appropriée. Je ne voulais pas trop en montrer, je ne voulais pas trop en cacher. Bien entendu, tout cela n’est que le fruit de mon imagination. Alors ? Kéran ? Est-ce que … je suis belle ? Comme femme ? »

« Tu l’as toujours été mais là … Tu l’es encore plus. Enfin, tu es très féminine … Et encore plus jolie qu’auparavant. Elle te va très bien cette tenue. »

« Les trous et les déchirures sont faits exprès. Je voulais que ça paraisse … comme si mon corps était enflammé … Est-ce que ce n’est pas dérangeant ? »

« Non non ! Tu es très bien comme ça ! Vraiment très bien ! »

En fait, il avait les yeux rivés sur le décolleté de la jeune femme, le faisant rougir comme un gamin pris en faute. Mais comment faire pour ne pas ignorer ça ? Comment faire pour ne pas regarder ce qu’il avait « côtoyé » pendant des mois ? Car là … Ils étaient « libres » et …

« Un regard aussi insistant … est quand même assez embarrant, Kéran. C’est bien pour cela que d’habitude, je préfère les recouvrir par un bandage. »

« Comme … Comme si je regardais ça ! Et puis quoi encore ! Mais voilà, je me tiens en face de toi et alors ? Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? »

« Pourquoi est-ce que tu te comportes aussi brutalement à nouveau ? » demanda la jeune femme aux cheveux blancs, faisant un pas vers lui. Il se statufia, un peu de glace se formant autour de sa main gauche mais il s’arrêta, murmurant :

« Tu ne crois quand même pas que … Parce que tu portes une autre tenue, je vais te pardonner ? Enfin … »

« Me pardonner ? Je ne sais pas … Mais Kéran, saches que je ne voulais pas que tu souffres, j’ai voulu te mettre en garde. J’ai voulu tellement de bonheur pour toi … »

« Je le sais parfaitement, Elyséa. Je sais que tu as tout fait pour moi. »

Il la regardait en poussant un petit soupir alors qu’elle le fixait de ses yeux saphir. Elle refit un pas vers lui, puis un second. Elle ne devait être plus qu’à trois ou quatre mètres de lui. Rien que ça … n’est-ce pas ?

« Alors pourquoi est-ce que tu me hais ? »

« Je ne te hais pas. Pas du tout même. Tu confonds … beaucoup de choses. Je ne veux plus personne autour de moi. C’est tout. Je veux être seul, rien de plus, rien de moins. »

« Seul ? Complètement seul même ? Sans rien, ni personne ? Et moi ? Tu ne prends pas en compte que je dois te posséder ? »

« Tu n’as plus besoin de me posséder … Et je suis sûr que tu ne mourras pas de cette manière comme moi je ne mourrai pas car tu n’es plus en moi. Tout cela n’est que des histoires et rien d’autre. Pourquoi devrais-je m’en inquiéter, hein ? Pourquoi ? »

« Kéran, tu me laisserais mourir ? Sans même te préoccuper de moi ? »

« Non … Je ne te laisserai pas mourir, je te laisserai même vivre. »

« Me laisser vivre ? Et comment est-ce que tu comptes faire ça ? » demanda-t-elle tout en s’approchant pas à pas vers lui, jusqu’à finalement être à sa hauteur. « Tu as grandi, Kéran. Tu ne l’as pas remarqué ? J’étais plus grande que toi mais il est dit que les hommes continuent de grandir encore quelques temps après leur majorité. Maintenant, nous sommes à la même taille … sauf quand je porte ces bottes. »

« … … … Je ne tomberai pas dans un piège aussi grossier. Je te préviens. C’est fini, Elyséa, que tu le veuilles ou non. C’est fini. »

« Tu mets fin à quelque chose qui n’a pas encore commencé, Kéran. Laisse-lui une chance, non ? Pourquoi pas ? Kéran ? »

« … … … Elyséa, tu ne comprends pas, hein ? Non, tu comprends et je sais parfaitement ce que tu veux faire mais je refuse catégoriquement. »

« … … … Kéran ? Est-ce que je peux rentrer en toi ? Cette tenue est un peu froide. »

Il continuait de la fixer de son œil valide, l’autre caché par la sève durcie. Il regardait Elyséa, l’observant de haut en bas avant de dire :

« Non, tu ne pourras pas. Mes pensées sont personnelles … et je ne veux plus être possédé. »

« Laisse-moi une dernière fois ? D’accord ? Et je te promets que je me retirerai. »

« … Viens donc. »

Il avait finalement fléchit ? Elle allait alors en profiter. En profiter pour lui faire comprendre à quel point … elle le désirait. A quel point elle voulait se faire pardonner et lui montrer qu’elle l’aimait. Cette tenue … Elle savait que Kéran avait observé assez souvent sa poitrine. Sans s’en vanter ou la mettre en valeur, elle savait qu’une taille un peu plus grande que la moyenne plaisait à Kéran.

Elle arriva jusqu’à lui, lui faisant un sourire des plus tendres avant de tendre sa main droite pour chercher à croiser avec celle de Kéran. Elle allait revenir en lui … Et ils allaient finalement se revoir. Cette fois-ci, plus aucune barrière ne l’arrêterait.

« Kéran, je vais venir en toi, d’accord ? »

« Fais donc … » murmura le jeune homme avec une telle neutralité et froideur que cela l’effrayait un peu. Elle commença à devenir un peu de fumée noire, cherchant à s’insinuer en Kéran … sans y arriver ?
Elle reprit une forme normale, regardant Kéran avec étonnement alors que celui-ci poussait un profond soupir. Elle se sentait maintenant terriblement froide … froide … comme la mort. Comme si quelque chose lui glaçait les os.

« Pour … Pourquoi est-ce que je n’ai pas pu ? Déjà que tu m’as expulsée, je … »

« Elyséa, tu n’es plus faite pour posséder mon corps, voilà tout. Je ne dis pas que je mérite mieux … mais il semblerait que ça soit terminé. »

« Posséder ton corps ? Plus faite ? Qu’est-ce que … ça veut dire ? »

« Tu ne vois pas ? Regardes autour de moi … Tu ne vois pas ce froid qui m’habite ? Ce froid qui est là, prêt à glacer quiconque tente de s’approcher de moi. Je vais te le dire, Elyséa … A cause de Katérina, plus personne ne peux m’approcher. Alors me posséder encore moins. Vous avez voulu jouer avec moi … Vous en payez le prix. Mais je ne suis pas mauvais de nature. Je ne vais pas vous faire du mal. »

« NE RACONTE PAS N’IMPORTE QUOI ! »

« Je ne dis pas de sottises, Elyséa. Dorénavant, je voyage seul. Je n’ai besoin de rien, ni personne. Peut-être que mon corps ne me supportera plus … Peut-être que même … Je serai mort cinq minutes après t’avoir quitté mais … Qu’importe. Je préfère encore être seul que mal accompagné. »

« Kéran … Arrête … Je veux être au plus près de toi. Pourquoi est-ce que tu refuses tout ça ? Alors que maintenant, nous pouvons … Je … »

« Elyséa ? Tu veux rire un bon coup ? Tu veux que je te dises quelque chose qui va te faire rire ? Je suis sûr que ça va te faire rire. »

« … … … Non, je ne veux rien entendre car ça ne sera pas drôle, loin de là. » rétorqua la jeune femme aux cheveux blancs, serrant ses poings.

« Quand j’ai parlé à Katérina, du moins, quand je voulais parler à Katérina pour lui dire d’arrêter le mariage, de le considérer comme il n’était pas existant, c’était tout simplement pour être libre. Je voulais dire … Je n’aimais pas autant Katérina que je l’aurai cru. Mais j’ai été stupide, tellement stupide. Elle me trompait depuis le début. Ah … Peut-être que c’était pour se venger que le destin m’a fait ça ? Il s’est dit : AH ! Il en a pas assez bavé ! Rajoutons encore plus de saloperies ! YOUPI ! »

« Et qu’est-ce que … tu aurais fait après avoir quitté Katérina ? »

« Oh … Je ne sais pas … Je pensais accepter la proposition de vivre paisiblement et éternellement avec une autre femme. Je crois que c’est ça que le destin n’a pas accepté. Que je décide d’aller vers une autre femme. Oh ! Le pire, c’est que j’étais certain avec elle de me proposer … J’étais convaincu ! »

« Pro… poser ? » demanda la jeune femme, serrant les poings, le visage baissé.

« Oh … Je sais pas … Autant avec Katérina, cela avait été un peu vite, autant avec cette personne, je me disais que ça serait normal et logique. Ah ! Je me sentais si bien avec elle ! C’est vrai … Je me sentais bien mieux dès l’instant où elle me parlait et discutait avec moi … de tout comme de rien. Mais bon, c’était bien … auparavant. »

« Proposer quoi ? »

« De vivre avec elle. Enfin, qu’elle vive avec moi. Dans une petite hutte, toutes ces choses stupides, la voir quand je me lève, la voir quand je me couche. Faire des travaux quotidiens barbants mais qui, grâce à elle à mes côtés, me permets de supporter tout ça avec une telle aisance. Bon … C’était auparavant. Maintenant, je ne veux plus rien de tout ça. »

« Est-ce que … cela t’amuse de me faire souffrir ? Tu as décidé de te venger sur moi ? C’est bien ça ? Je sais … parfaitement que je suis en partie fautive mais … Ne gâche pas ta chance, Kéran. Il n’y en aura peut-être jamais une autre. »

« Gâcher ma chance ? Humpf … Ca ne fait rien. Je crois que j’en ai jamais eu depuis le début de mon existence. La seule chose qui se rapporte à de la chance, ce fut de te connaître. Adieu, Elyséa. Je m’en vais vers la montagne des dragons. »

« NON ! Je t’en empêcherai ! Pas dans cet état ! Pas sans moi ! »

« … …. …. Elyséa ? Tu as entendu peut-être ce qui avait été dit, n’est-ce pas ? N’oublie pas de qui je suis le descendant. »

D’un geste de son unique main, une bourrasque enneigée se forma, aveuglant Elyséa qui continua néanmoins de courir vers lui. Sauf que la bourrasque vint la repousser, la faisant tomber en arrière. Quand, après quelques minutes, elle s’arrêta … Kéran n’était plus là.

« I … Idiot … Je ne plaisantais pas sur nos corps. Pas du tout ! J’ai besoin de toi … J’ai besoin d’être en toi … mais non pas parce que je risque de mourir … mais simplement parce tu es Kéran … et rien d’autre. »

Alors pourquoi est-ce qu’il refusait ça ? Pourquoi ? Il était hors de question d’abandonner. Il en était hors de question. Elle n’avait JAMAIS abandonné. JAMAIS … Sauf contre Karos … Lorsque Kéran fut en danger de mort. Elle se battrait pour tout … même pour que Kéran redevienne ce qu’il était … et qu’il admette ce qui se passait entre eux deux. Elle allait juste prévenir les autres personnes de sa décision puis partir à sa recherche.

Chapitre 274 : Toujours un héros

Chapitre 274 : Toujours un héros

« Tiens … D’ailleurs, tu me tutoies maintenant ? Et tu m’appelles plus héros ? Je ne le suis même plus à tes yeux ? Je suis vraiment … tombé bien bas. »

« Non, non … Juste que si je t’appelais encore héros maintenant, tu risquerais de t’énerver et je ne veux pas de ça. Sinon, pour le baume, il faut juste attendre. »

« Avec ou sans mon œil, ça n’aurait rien changé … de toute façon. »

« Dites ? Enfin dis … Je peux te demander quelque chose ? »

« Si ce n’est pas ridicule … Enfin, même si ça l’est … Tu peux poser ta question. »

« Pourquoi est-ce que tu es tombé amoureux de Katérina ? »

Hein ? Il haussa un sourcil, plutôt étonné de la question de la princesse. C’est vrai qu’elle était plus jeune que lui mais bon … Maintenant qu’elle lui disait ça …

« Je ne sais pas … Je ne sais pas du tout. Je crois que je suis tombé sous son charme lorsqu’elle est apparue la première fois. Il faut dire qu’elle avait tenue assez affriolante … Et moi, je ne connaissais pas grand-chose du monde extérieur. Et puis, elle chantait bien, très bien même. Il y a tellement de choses … de bons côtés en elle … mais en même temps … »

« Est-ce parce que tu n’étais jamais tombé amoureux auparavant ? Un peu comme la première fois ? Je ne sais pas du tout, je demande hein ? »

« Je pense … Oui … Je pense que c’est ça. Je ne suis jamais tombé amoureux auparavant et personne n’était tombé amoureux. Je crois que c’était pareil pour Katérina. »

Mais entre croire et être sûr, tout était différent, bien différent même … Tout était tellement différent … Tellement différent. Il chercha à se recroqueville alors que la princesse passait une main sur la sève fossilisée sur l’œil gauche du jeune homme.

« Quand tu penses que ça sera bon, tu pourras la retirer, d’accord ? Mais normalement, il va falloir un peu de temps quand même. »

« D’accord … D’accord … Si tu peux partir maintenant, je voudrai être seul. »

« Elle est jolie, Elyséa, hein ? »

C’était quoi cette question absurde ? Bien entendu qu’Elyséa était jolie, très jolie même … Elle était magnifique … comme une perle.

« Ca peut aller … » marmonna t-il, mentant effrontément.

« Ce n’est pas beau de ne pas dire la vérité. »

« Et est-ce que la vérité est bonne à dire ? Tu as vu ce que ça a donné ? Ils m’ont caché la vérité pendant des mois ! Elyséa aussi ! Alors bon, la vérité, je m’en fiche ! »

« Pardon, Kéran. Je ne voulais pas … te rappeler ça. Mais Elyséa, tu en penses quoi ? »

« J’en pense plus rien du tout. Bon, je crois que j’ai assez discuté … Merci pour l’œil … Déjà que j’ai un bras en moins, si en plus, je vois mal … »

« De rien mais nous retournons avec les autres ? »

« TU retournes avec les autres. » répliqua le jeune homme aux cheveux argentés. Lui ? Il allait surement partir de son côté … Oui … C’était mieux dans le fond.

« Hein ? Mais mais … Et toi ? »

« Pas besoin de signaler ma présence … Tu peux dire que tu ne m’as pas retrouvé. Ca sera bien mieux pour tout le monde. Je crois que je ne veux plus voir personne. »

« Mais mais mais … Où est-ce que tu vas aller ? Je ne peux pas te laisser partir seul de ton côté ! Non, non et non ! Je ne peux pas du tout, Kéran ! Tu es blessé ! Et puis, avec ton corps, je ne veux pas que tu t’éloignes de nous ! »

« Tu vois ? Je ne suis pas un héros. Sinon, tu ne t’inquièterai pas pour moi. »

« Un héros, ce n’est pas quelqu’un qui veut toujours se débrouiller seul ! Un héros se relève toujours ! Qu’importe ce qu’il a subit ! Là, tu ne fais que te mentir et avoir peur d’affronter la vérité en face ! La vie n’est pas parfaite, Kéran ! JAMAIS ! Elle ne le sera jamais ! Tu subiras beaucoup de coups durs, ce n’est pas pour ça que tu dois les affronter seul ! »

« C’est tout ce que tu as à me dire, Iyasminé ? »

« Non ! Je n’ai pas terminé ! Tu seras toujours mon héros pour tout ce que tu as fait, Kéran ! Toujours ! Et qu’importe si tu dois finir sans bras et sans jambes ! Qu’importe ce que tu deviendras ! Tu resteras toujours l’homme qui a réussi à battre Karos avec ses pokémons ! L’homme qui a permis aux pokémons métalliques de revenir dans ce monde ! L’homme qui a réussi à ramener bon nombre de pokémons spectres et ténébreux à la raison ! »

« L’homme qui a été cocufié devant tout le monde. »

« Mais ça, on s’en fiche ! De toute façon, je suis sûre que moi aussi, mon premier amour me fera très mal ! Vraiment très mal même ! »

« … … … Peut-être … Mais je ne le souhaite pas, même à mon pire ennemi. Les histoires d’amour doivent être belles et tendres. Elles doivent être longues et délicates. Le fait de toucher autrui, de glisser ses doigts dans les siens … De dormir contre l’autre … ou alors sur ses genoux … De passer une main dans ses cheveux. »

« Est-ce que vous aviez fait tout ça avec Katérina ? Enfin, habituellement ? »

« Rarement … Très rarement même. Enfin bon, c’est juste que je suis … trop simpliste et candide. Elyséa me l’a toujours dit. Ah ! Au moins, j’aurai appris que je ne dois faire confiance à rien, ni personne dans ce monde. » marmonna le jeune homme.

« Et pourquoi ça ? Car tu as été blessé une fois ? C’est quand même dommage de refuser qu’une personne t’aime car tu as été blessé une fois. »

« Tsss …Assez … Tu ne comprends rien. J’ai dit que je ne reviendrai pas … et je ne reviendrai pas. Pars maintenant. »

« Est-ce que je peux savoir au moins où est-ce que tu vas ? »

« Surement à la montagne des dragons … Je ne peux faire que ça de tout façon. » souffla le jeune homme alors qu’elle se levait tranquillement.

« D’accord ! Alors, nous nous retrouverons tous là-bas ! Je vais prévenir les autres ! »

« … … … Si j’aperçois que vous êtes en train de me suivre, cela risque de très mal se finir. »

Mais elle ne sembla pas l’écouter, ne faisant que rire à moitié tandis qu’il fronçait les sourcils. Il détestait cela … Quand on ne le prenait pas au sérieux. Mais l’adolescente eut un petit sourire, reprenant la parole :

« Ca ne fait rien … Tu ne nous remarqueras même pas. »

« Vas t-en … et ne reviens plus … » termina de dire le jeune homme aux cheveux argentés alors qu’elle s’exécutait, partant de son côté sans même se retourner. Elle passa à côté de Zénark, le regardant avec étonnement.

« Euh … Mais qu’est-ce que tu fais là ? Tu as tout entendu ? »

« C’est une façon … particulière de remonter le moral d’une personne, saches-le. »

« Ah mais … Enfin … Je … Enfin bon … »

« Sais-tu que l’un de tes ancêtres était un Tengalice ? Une créature ténébreuse liée aux plantes ? Je ne pense pas … Si tu veux, je pourrai t’en raconter bien plus à ce sujet. »

« Hein ? Mais comment est-ce que tu sais cela ? » demanda l’adolescente, marchant à côté de Zénark tandis que l’Absol restait muet pendant quelques secondes.

« Je connaissais l’une de tes ancêtres. L’une des anciennes reines du Dominion Naturel. »

« Hein ? Mais mais … Euh … Tu étais quoi ? »

« L’un de ses gardes personnels … voire même un peu plus que ça. »

Un peu plus que ça ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle le regarda, intriguée avant de faire un grand sourire. Peut-être qu’elle avait bien compris en fait. Elle caressa l’Absol au niveau du cou avant de dire :

« Tu es mon ancêtre toi aussi ! C’est ça hein hein ? Mais alors, tu étais l’amour de quelle reine ? Elle datait de quand ? Dis-moi tout ! »

« Ah … Je ne sais pas … si je peux t’en parler mais avec tes arguments envers Kéran, je pense que c’est bon quand même. »

« Alors, dis-moi ! Dis-moi tout ! »

« J’étais l’amant de l’une de tes ancêtres … Sauf que visiblement, cela ne plaisait pas aux personnes … plus proches d’elle. Tu sais, même si vous n’êtes pas vraiment de la royauté, le titre de reine du Dominion Naturel fait que vous avez un certain prestige. Alors … Savoir qu’un paysan comme moi … pouvait s’attirer les faveurs de la reine … »

« Hihihih ! Donc, toi et mon ancêtre, vous étiez deux amoureux en cavale ? »

« Nous pouvons dire cela … Mais malheureusement, j’ai été tué par mes compagnons d’arme … Mais aujourd’hui, j’espère que tu comprendras qu’il faut toujours se battre … même contre les préjugés et les classes sociales … pour ça. »

« Oh … C’est triste, petit Zénark. Mais ne t’en fait pas, maintenant, je suis là. »

« Je pourrai être peut-être ton arrière arrière arrière … et ainsi de suite grand-père. »

Ah bon ? Ca ne la dérangeait pas tant que ça. De toute façon, elle était bien contente d’apprendre ça. Après tout, elle avait remarqué que les pokémons spectres et ténébreux avaient toujours quelque chose qui les liaient aux autres … Ils étaient souvent des ancêtres ou des personnes proches. Mais elle, elle avait de la chance !

« Bon, elle est partie. Je vais pouvoir m’en aller. »

Avec lenteur, il se releva, gémissant de douleur. Maintenant qu’Elyséa n’était plus en lui, il souffrait terriblement. Il posa sa main sur la sève protégeant son œil gauche. Il avait failli le perdre … définitivement. A cause d’un coup de folie, rien que ça.

« Rien que ça … Ah … Je … Bon … La montagne maintenant. »

« Kéran ? Je peux te parler maintenant ? »

… … … Il s’immobilisa, ne se retournant pas en entendant la voix d’Elyséa. Non … Il n’avait pas envie de lui parler. C’était pourtant très simple. Pourtant, il murmura :

« Si ça ne dure pas trop longtemps, tu le peux, Elyséa. J’ai du chemin à faire. »

« Ça ne sera pas très long. Mais … Est-ce que tu peux me regarder en face ? S’il te plaît ? »

« Non, ce n’est pas nécessaire pour avoir une discussion. Parle maintenant … au lieu de nous faire perdre du temps si précieux à tous les deux. »

« Retourne-toi, s’il te plaît. »

« J’ai dit non ! Je ne le ferai pas ! Pourquoi est-ce que je devrai vous écouter ?! Je crois que j’en ai déjà assez entendu aujourd’hui ! » hurla le jeune homme avec rage.

« D’accord … Je voulais te faire une surprise mais … Je comprends que tu ne veuilles même plus me regarder. J’avais revêtu une tenue différente … Puisque maintenant, tout est fini. »

« Et ? Qu’est-ce que c’est censé me faire ? Tu pourrais même ne rien porter du tout que ça ne changerait pas grand-chose. Qu’est-ce que tu tentes de manigancer ? »

« Kéran ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter que tu me parles de la sorte ? Personnellement … Je veux juste savoir cela. »

« Tu le sais parfaitement. Arrête de faire semblant de ne pas comprendre pourquoi je te parle de la sorte. Je déteste encore plus ce genre de réactions ! »

« Non. Je ne comprends pas… En tant que femme, je n’ai jamais été douée pour ça. Je n’ai jamais compris ce qu’était être une femme, ce qu’était d’aimer une autre personne. J’ai perdu la mémoire pendant des siècles voire même plus. Je n’ai … jamais compris avant récemment ce qu’était d’aimer. Je n’ai pu y goûter que brièvement. »

« Et ? Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? Tu peux raconter tout ce que tu désires … Ca ne changera rien … Rien du tout. » rétorqua le jeune homme avec colère.

« Kéran … Tu peux me regarder … s’il te plaît ? »

« POURQUOI EST-CE QUE JE LE FERAI ?! BON SANG ! TU CROIS QUE JE VAIS TOMBER DANS LE PANNEAU OU QUOI ?! »

« Je voulais juste … savoir si tu me trouvais belle et désirable maintenant. Katérina n’est plus là pour m’arrêter. Je veux jouer mon … rôle de femme … et conquérir ton cœur. »

« Désolé mais je ne suis pas désolé. Mon cœur est scellé à jamais ! Merci, au revoir et on ne se rappelle plus ! Le pire est quand tu parles comme ça ! Tu me ferais presque croire que tu es sérieuse en disant ça ! MAIS NON ! TU NE L’ES PAS ! »

« Je suis plus que sérieuse, Kéran. Katérina et Hodan peuvent bien disparaître maintenant. Leurs vies ne me concernent plus … Puisqu’elles ne sont plus liées à la tienne. »

Elle pouvait dire tout ce qu’elle voulait. Elle pouvait faire tout ce qu’elle désirait mais il ne tomberait plus dans le piège. Dans un piège aussi grossier. NON ET NON ! Plus maintenant … Il en avait assez … Ils s’étaient assez moqués de lui. Il en avait assez … Tellement assez. Plus qu’assez ! C’était bon … Il voulait que ça s’arrête.

« Kéran … Je vais répéter ce que je t’ai dit avant la mort de Karos. Je t’aime. »

« Non. Ce n’est plus possible. Peut-être que tu me cacherais encore quelque chose. Aller … Je m’en vais de mon côté. Je vais faire de mon mieux pour ne plus tomber sur l’un d’entre vous. » déclara le jeune homme aux cheveux argentés, levant sa main pour saluer Elyséa.

« ATTENDS UN PEU KERAN ! Si tu t’éloignes de moi, tu risques de mourir ! » cria la femme aux cheveux blancs, Kéran s’immobilisant subitement. Mourir ? Lui ? Bien qu’il restait sur place, il ne se retourna pas, attendant qu’elle continue ce qu’elle venait de dire.

Chapitre 273 : Seul, totalement seul

Chapitre 273 : Seul, totalement seul

« Kéran, ne t’emportes pas … C’est juste que … Entre nous, tu as remarqué que nous n’étions pas … vraiment liés de ce côté. »

« ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ ! J’en ai assez entendu ! Tout ce que je sais, c’est que tu as joué la faux-cul pendant des mois alors que tu faisais bien pire de ton côté ! Moi, les seuls rapports que j’avais avec Elyséa, c’était de dormir sur ses jambes ! Comme je l’aurai fait avec ma mère ! Ou avec Sélia avant que je n’apprenne à son sujet ! RIEN D’AUTRE ! Et je n’avais jamais rien fait de réel ! Elyséa était mon ange gardien ! Ma protectrice ! Elle n’a jamais été une amante ! Elle ne m’a jamais rien appris à ce sujet ! RIEN DU TOUT MÊME ! »

« Ne raconte donc pas n’importe quoi, Kéran … C’est vraiment différent. Mais je m’excuse de ce que j’ai fait … »

« Tu t’excuses, tu t’excuses ! MON ŒIL ! T’as pas même pas une once de honte ! Non, tu te dis : Tant mieux ! Comme il a voulu aussi annuler le mariage, j’ai plus besoin d’être avec l’amputé ! Super ! Il est carbonisé et brûlé à 99% de son corps ! Tant mieux que je ne sois plus avec lui ! Et puis, avec une main en moins, qu’est-ce qu’il pourrait faire hein ? »

« Je n’ai jamais pensé ça. Je suis contente de savoir qu’Elyséa et toi, vous … »

« MAIS IL N’Y A RIEN ENTRE ELYSEA ET MOI ! RIEN DU TOUT ! TU VEUX TOUT SAVOIR ?! C’EST ELLE QUI M’A EMBRASSE ! Je ne l’ai jamais fait ! JAMAIS ! Je n’y suis pas arrivé ! Je ne peux pas le faire car j’avais honte de moi ! Honte de te trahir ! J’ai tout fait pour défendre Elyséa car j’avais peur que tu te mettes dans une colère noire et …  AH ! »

Il vint poser une main sur son cœur, s’écroulant à genoux alors que déjà la princesse Iyasminé et Katérina s’approchaient de lui. Mais aussitôt, il hurla :

« NE VENEZ SURTOUT PAS ME TOUCHER ! »

« Kéran … Elles doivent s’occuper de toi. » murmura Elyséa en lui bien que tous et toutes pouvaient entendre les paroles de la jeune femme.

« TAIS-TOI ! JE NE VEUX PLUS VOUS ENTENDRE ! LAISSEZ-MOI ! »

Une fumée noire se forma autour du jeune homme, un cri se faisant entendre alors … Qu’Elyséa apparaissait, projetée hors du corps de Kéran. Avachie sur le sol, elle était estomaquée par ce qui venait de se passer.

« Il vient … de repousser une possession ? » murmura Zénark, tout aussi étonné que le reste des personnes alors que Kéran se mettait debout, gémissant et sanglotant.

« C’est …C’est drôle, n’est-ce pas ? C’est drôle de se moquer de moi hein ? C’EST DRÔLE N’EST-CE PAS ?! MÊME ELYSEA ETAIT AU COURANT ! On ne peut faire confiance à personne ! A PERSONNE ! On se décarcasse pour sauver vos pitoyables vies et voilà comment on est remercié ! Je suis presque mort, j’ai un bras en moins, j’ai mon corps en lambeaux et pourtant, j’ai tout fait pour vous protéger ! Et voilà ce que l’on me donne en retour ! Voilà ce que j’obtiens ! »

« Héros Kéran, vous savez parfaitement que … »

« LA FERME ! JE NE VEUX PLUS RIEN ENTENDRE ! LAISSEZ-MOI ! LAISSEZ-MOI JE VOUS DIS ! » continua de s’égosiller le jeune homme.

« J’avais promis que je me vengerai … mais puisque tu as cessé de cacher la vérité et que ça ne m’apporterait rien, je vais plutôt m’occuper de Kéran. »

« NE T’APPROCHE PAS, ELYSEA ! »

« Sinon ? » murmura la femme aux cheveux blancs, se redressant, dans sa fameuse tenue qu’il avait trouvé si charmante auparavant.

« JE T’AI DIT DE NE PAS T’APPROCHER ! »

Il était maintenant comme une bête apeurée et blessée gravement. Une bête qu’elle devait apprivoiser. Surtout qu’il était toujours à genoux, regardant autour de lui avec folie. Il éclata soudainement de rire avant que de la glace ne se concentre autour de lui … mais aussi sur son bras gauche. Une pointe de glace remplaçait sa main.

« Kéran ? Tu oserais me blesser … moi ? »

« Te blesser toi ? Hahaha ! Quelle blague ! QUELLE BLAGUE ! DE TOUTE FACON ! Qu’est-ce qu’on en à faire de mon corps hein ?! »

« Alors pourquoi est-ce que tu as fait apparaître une pointe ? »

« Si tu t’approches de moi, je me la plantes … Mais de toute façon, qu’est-ce qu’on s’en fiche hein ? C’est pas comme si mon corps était déjà plus qu’affaibli, hein ? N’est-ce pas ? »

« Kéran, arrête ces bêtises. Je viens vers toi et … »

« JE N’HESITERAI PAS, ELYSEA ! »

Elle s’immobilisa … alors qu’il pointait la glace vers son œil gauche. La pointe était dangereusement proche de son œil. Beaucoup trop proche.

« Je ne vous laisserai pas … Ne me touchez pas … NE ME TOUCHEZ PAS ! »

« Hodan, tu crois que l’on peut … »

« C’est trop risqué, Katérina. Je crois aussi que nous en avons assez faits avec cette discussion. Il vaut mieux ne pas se mêler de … »

« Hodan, regarde autour de moi. »

Elle venait de murmurer cela alors qu’il remarquait que la princesse Iyasminé avait fait apparaître quelques racines au sol pour espérer attraper Kéran et l’immobiliser. Il était tellement déboussolé … qu’il ne se contrôlait plus correctement.

« Bon, on va aussi agir. Je vais disparaître de sa vue et on va tenter de l’avoir. On ne va pas tenter de l’immobiliser, sauf son bras, d’accord, Katérina ? »

« D’accord … Bon … Je suis prête. »

Elyséa remarqua que Katérina disparaissait ainsi que les racines de la princesse Iyasminé. C’était trop tard pour leur dire d’arrêter ça … Elle voulait s’en occuper seule. Sauf que c’était trop tard. Elle fit un pas en avant, remarquant plus la détresse dans les yeux de Kéran que la folie. Il n’était pas fou, juste … abattu.

« MAINTENANT ! »

La voix de Katérina se fit entendre dans le dos de Kéran alors que des racines sortaient du sol tout autour du jeune homme. Sauf que les deux demoiselles ne s’attendaient pas à ça. Les racines se gelèrent subitement, se brisant en morceaux alors que des rochers flottaient autour de Kéran, repoussant Katérina au loin. Et en même temps … Il eut ce geste malheureux.

« KERAN NON ! » cria Elyséa, courant vers lui.

« HAHAHA ! MON ŒIL ! CA FAIT MAL ! CA FAIT TELLEMENT MAL ! TELLEMENT ! TELLEMENT MAL ! »

Il éclatait de rire et pleurait en même temps alors qu’il venait de se crever l’œil gauche, sa pointe de glace ensanglantée fondant comme neige au soleil. Elyséa voulut s’approcher de lui mais le froid qui l’entourait était tellement violent.

« RECULEZ TOUS ! MAINTENANT ! »

Elle avait donné un ordre, chacun et chacune s’exécutant … sauf elle. Peut-être que ce froid lui dévorait la peau malgré le fait qu’elle était un spectre … mais c’était Kéran. Il était hors de question de le laisser seul. Hors de question de l’abandonner.

« ASSEZ ! ASSEZ ! ASSEZ ! PARTEZ TOUS ! NON ! LAISSEZ-MOI ! »

« Ce sont les pouvoirs de Kyurem … Du grand dragon des glaces, gardien de la montagne pendant des siècles voire des millénaires. »

Hodan pouvait donner son avis sur la question, ça ne changerait rien à ce qui s’est passé. Rien du tout même. Une puissante bourrasque de neige commença à entourer Kéran, celui-ci se levant avant de continuer à sangloter, son sang rouge se cristallisant au sol, preuve du froid impressionnant qui se formait autour de lui.

« Vous vous êtes tous bien moqués … de moi … De toute façon. J’en ai plus rien à faire de tout ça … Plus rien du tout. Je veux juste être seul. »

« Attends un peu, Kéran ! »

« Attendre quoi ? » rétorqua le jeune homme, le visage baissé, son unique œil valide regardant Elyséa. « C’est fini, le bouffon a terminé sa dernière représentation. Circulez. »

Il n’y avait plus rien à voir. Il se retourna, faisant plusieurs pas en avant pour s’éloigner de tout le monde. Elyséa s’apprêtait à avancer vers lui, à le suivre mais des barrières de glaces vinrent l’en empêcher. Il pensait vraiment l’arrêter comme ça ?

« Tu oublies qui je suis, Kéran. Je peux facilement me … »

Elle voulut s’enfoncer dans le sol, disparaître dedans, devenir immatérielle … mais même là … Son corps ressentait ce grand froid. Elle se retira du sol aussitôt, se frottant les bras. Elle ne pouvait pas le laisser seul ! Pas du tout !

Il en était hors de question ! Elle devait le poursuivre ! Enfin, aller le revoir ! Lui parler ! Surtout vérifier son œil … Si elle s’en occupait, elle pouvait le soigner. Elle en était certaine ! Il fallait juste qu’elle puisse le posséder dès maintenant ! Alors qu’il la laisse faire !

« Je vais discuter avec le héros. »

« Princesse Iyasminé, c’est trop dangereux. » dit l’un des membres du Dominion Naturel, l’adolescente aux cheveux rouges faisant un geste négatif de la main.

« Ca ne changera rien. J’y vais ! »

L’adolescente aux cheveux rouges commença à courir … mais ne prit pas la même direction que Kéran ? Ah oui ! Bien entendu ! Le suivre directement était inutile ! Parfaitement inutile ! Il suffisait juste alors de … faire une déviation pour arriver jusqu’au même endroit que lui.

« Elyséa, avant que tu partes … »

« Quoi encore, Katérina ? Tu ne crois pas en avoir … Non. C’est bon. Il fallait bien que ça sorte un jour de toute façon. »

« Par rapport à ça … Tu étais au courant depuis quand ? »

« Tu es idiote, n’est-ce pas ? Comment est-ce que je ne pourrai pas le savoir ? Avec les bruits que tu faisais à côté de Kéran ? Il dormait mais pas moi. Enfin… Tant que tu es heureuse de ton côté, tant mieux pour toi. Mais jouer avec les sentiments de Kéran, je ne supporte pas. »

« Ca n’a jamais été mon but ! JAMAIS ! C’est juste que … J’ai … Enfin … Hodan m’a expliqué mon problème. Je … A cause de tout ce qui s’est passé quand j’étais plus jeune, j’ai une perception différente de tout ce qui se rapporte à l’amour et au sexe. Je … Je ne sais pas si je peux me soigner mais Hodan s’occupe de moi. Je suis même prête à laisser Hodan avoir une autre femme pour montrer que j’ai guéri ! »

« Une autre femme ? Faites ce que vous voulez tous les deux. Mes félicitations. Je pars retrouver Kéran … Je dois réparer son œil si ce n’est pas trop tard. »

« D’ac … D’accord. »

La femme aux cheveux argentés semblait embarrassée, laissant Elyséa partir à son tour. D’ailleurs, l’Absol était déjà parti sans même prévenir les autres, suivant Iyasminé.

Le jeune s’était arrêté, regardant un imposant rocher. Tout son corps criait de douleur mais en même temps, tout son corps était recouvert par le froid. Il vint se cacher derrière le rocher, allant s’asseoir alors qu’il entendait des bruits de pas.

« Que personne s’approche sinon … »

« Héros Kéran, c’est moi. » dit une voix féminine qu’il reconnut comme celle de la princesse.

« Un héros pathétique. Retourne auprès du Domion Naturel, Iyasminé. Je ne veux plus rien à voir avec les autres. »

« Est-ce que je peux au moins vous soigner votre œil ? S’il vous plaît ? Je ne veux pas vous laisser dans cet état … »

« … … … Mon œil est crevé, j’ai horriblement mal, tu crois vraiment que tu peux me le soigner comme ça ? Ne raconte pas n’importe quoi. C’est ma punition alors je l’accepte. » rétorqua le jeune homme bien qu’il entendait les bruits de pas qui se dirigeaient vers lui. Puis finalement, elle présenta son visage vers lui, un faible sourire aux lèvres.

« Je peux te soigner. J’en suis certaine. Je ne veux pas qu’Elyséa te voie ainsi, Kéran. Tu as déjà eu assez mal aujourd’hui. »

« Qu’est-ce que tu y connais réellement en amour ? Enfin … Surement plus que moi … sinon, je ne me serai pas fait autant de mal que ça. »

« Je n’y connais rien du tout ! Mais ce n’est pas pour ça que je ne peux pas en parler. »

Elle eut un petit rire alors qu’elle venait se mettre à genoux, s’étant placée devant Kéran. Avec douceur, elle commença à faire apparaître de la sève du bout de ses doigts, le jeune homme l’observant de son œil droit encore valide.

« Comment est-ce qu’une fille comme toi peut être … autant liée aux plantes ? »

« Comme tu es lié au froid avec ce grand dragon nommé Kyurem. Je descends d’une lignée de personnes ayant toujours possédé ces pouvoirs. Les pokémons ne sont pas les seuls à être capables de ça. Ils sont juste bien plus nombreux, c’est tout. »

« Peut-être … Ah ! C’est froid … »

« C’est normal … C’est de la sève régénératrice. Ca me permet de guérir les blessures des membres du Dominion Naturel. Ton œil n’est pas encore mort, Kéran. Il est juste très blessé mais je peux le soigner et le ramener à son état d’origine. Il sera aussi beau qu’avant. Tu as de beaux yeux saphir, Kéran. »

« … … … Non. Ou peut-être que si … C’est la seule chose qui me reste de « bien » chez moi. » murmura le jeune homme alors qu’elle ne disait plus rien.
Elle appliquait juste la sève et le baume sur l’œil de Kéran, celui-ci gémissant un peu alors qu’elle faisait attention. Zénark les observait tous les deux, caché dans l’ombre.

Chapitre 272 : Effondrement

Chapitre 272 : Effondrement

« Alors … Par où est-ce que je dois commencer ? »

« Peut-être par ce qui s’est passé après que tu te sois fait enlever par Sélia ? Elle t’ai fait quoi ? Je veux tout savoir ! »

« Euh … Bon … Elle ne m’a rien fait, contrairement à ce que tu pourrais croire. Loin de là même … Je ne dirai pas qu’elle a été un gentleman mais de ce côté, je ne peux pas lui reprocher d’avoir voulu abuser de la situation. »

« Ouais, ouais … Mais ça n’explique pas pourquoi ton corps part dans tous les sens là… »

« Je vais y venir … Je vais y venir … Alors bon, comme on le sait, Sélia possède les pouvoirs de plusieurs dragons en elle. Des pouvoirs récupérés sur leurs corps après les avoir dévorés. Jusqu’ici, c’est bon ? Vous suivez ? »

« Oui, oui … Héros Kéran. Mais ne parlez pas trop vite si vous êtes fatigué. »

« Je ne suis pas fatigué à ce point. Je peux quand même discuter, princesse Iyasminé. »

La princesse qui était en train de caresser le pelage blanc de l’Absol, celui-ci s’étant couché à côté d’elle, les yeux fermés mais quand même à l’écoute. Il suivait la conversation avec un certain intérêt, comme les membres du Dominion Naturel.

« Alors … A partir de là, rien d’illogique à ce qu’elle aille chercher un nouveau dragon à dévorer pour obtenir encore plus de pouvoirs. Elle en a trouvé un … Un Dracaufeu. »

« Un Dracaufeu ? En quoi c’est un dragon exactement ? » demanda Katérina, Hodan lui répondant sur un ton calme et posé :

« C’est l’un des pokémons les plus proches des véritables dragons. Rien d’étonnant. Je pense qu’elle est partie vers le Dracaufeu doré ? »

« C’est exact … Bref, le combat ne partait pas si bien que ça, loin de là même. »

« Et qu’est-ce que ça a donné alors ? D’ailleurs, comment ça se fait qu’elle ne soit pas là ? »

« Katérina, est-ce que je peux finir s’il te plaît ? »

Oui … Oui … C’est vrai qu’elle venait de lui couper la parole. Elle assumait parfaitement ça. Elle s’excusa et marmonna quelques mots tandis qu’il la remerciait d’un hochement de tête.

« Bref … J’ai voulu aider Sélia mais il fallait reconnaître que moi-même, je ne fais pas le poids. Malgré l’aide d’Elyséa … J’ai fini dévoré par les flammes. Sélia en a profité, mue par la haine pour abattre le Dracaufeu et obtenir ses pouvoirs. »

« Wowow ! Attends un peu ! Si t’as été bouffé par les flammes, comment est-ce que tu as fait pour survivre ? Car bon, avec de tels … dégâts, y a aucune chance que tu puisses t’en tirer en vie, Kéran ! C’est pas normal ça ! »

« … … … J’ai été sauvé par ma mère. La Momartik a gelé mon corps et m’a permis alors de me soigner peu à peu mais j’ai sombré dans le coma pendant un bon mois. Cela m’a permis de découvrir diverses choses … qui sont personnelles malheureusement. »

« Et pourquoi est-ce que l’on peut pas le savoir, Kéran ? Aller ! »

« Car c’est personnel … Je viens de le dire … Mais nous verrons après pour certains points. Bref … Après que je me sois réveillé de mon coma, j’ai pu voir ce que j’étais devenu et là, Elyséa m’a été d’une grande utilité et d’un grand secours. Sachez que normalement, je ne peux même pas tenir debout à cause de la douleur … Enfin, à peu de choses près … Je peux quand même marcher mais ce corps est devenu inutile, totalement inutile … Surtout avec le bras en moins maintenant. Je ne peux plus rien faire. »

« Oui mais non … T’as quand même réussi à produire du froid ! Comment c’est possible ? »

« C’est la même chose que la princesse. Je suis capable de produire du froid … comme mes ancêtres. Iyasminé, je pense que c’est pareil de son côté. Elle est liée surement aux plantes d’une façon ou d’une autre. La preuve en est avec ses soins. »

« Mouais … Moi, à part Hodan en moi, j’ai pas de supers pouvoirs comme vous. »

Il eut un petit rire car en un sens, c’était drôle de la voir réagir de la sorte. Pourtant, la situation ne s’y prêtait pas du tout. Loin de là même. Mais qu’importe … Cela le distrayait … avant qu’il ne lui parle en privé. Il murmura :

« Bref, voilà … Après cela, à cause de ce qui s’est passé, Sélia s’est repentie et j’ai eu la possibilité de repartir. J’ai questionné quelques Doctes au sujet de Loa et j’ai ainsi appris où Katérina et elle se dirigeaient. C’est pourquoi je suis ici. »

« … … … Je vois, un vrai travail de recherche ! »

« Ce n’est pas très drôle, Katérina mais qu’importe … Je tiens juste à dire que je suis un peu fatigué mais que je peux encore parler. Je pensais en privé … Mais le mieux sera que je le te dise en face devant tout le monde. Que j’assume jusqu’au bout ce qui s’est passé. »

« Hein ? De quoi est-ce que tu parles là ? Ce qui s’est passé ? Par rapport à quoi ? »

« Tu verras … Pour l’heure, il faut que je prépare à manger. Je pense que tout le monde a faim. Par contre, j’aurai besoin d’un peu d’aide. »

Deux personnes du Dominion Naturel, moins blessées que les autres, proposèrent leurs aides alors qu’il les remerciait en les gratifiant d’un sourire. Katérina sembla soucieuse. Est-ce qu’il était au courant ? Elle n’aimait pas trop balancer ça en public mais si … Kéran voulait le dire de vive voix, elle n’allait pas refuser cela. Pas du tout même.

Elle devait prendre ses responsabilités. C’était Hodan qui désirait ça aussi … Il voulait qu’elle lui dise la vérité alors elle le ferait. C’était aussi simple que ça. Elle n’allait pas reculer maintenant ! Elle ne manquait pas de courage ! Elle … était prête à dire à Kéran ce qu’il fallait dire … ce qu’il fallait avouer. Oui … C’était ça … Elle allait le lui dire !

L’heure passa et … Kéran se triturait les doigts. C’était bientôt le moment … Il le sentait … Il avait mal au cœur. Il avait l’impression de commettre un crime.

« Kéran, il est encore temps de te rétracter. Je ne t’en voudrai pas. »

« Elyséa, j’assume parfaitement ce qui s’est passé. Je dois le lui dire. Dans un mariage, on se doit de ne pas mentir à l’autre. Je le ferai … »

« Kéran, tu es en sueur, tu halètes, tu trembles, tu sais parfaitement que tu n’as pas le mental actuel pour le faire. Ca peut attendre … très longtemps. »

« Elyséa, merci de te préoccuper de moi mais non, je ne reculerai pas. Pas du tout même. »

« … … … Kéran, s’il te plaît. Vraiment, écoute-moi. Tu sais parfaitement que je ne veux pas te voir souffrir. S’il te plaît. Kéran ! J’ai une idée ! Ne lui dis rien du tout ! Ensuite, tu t’en vas, on ne reste pas avec elle et on part au loin .Tu ne voulais plus rester ici, n’est-ce pas ? Changer de monde, changer de vie, n’est-ce pas ? Un endroit tranquille, non ? On vivra juste tous les deux et ensuite … »

« Qu’est-ce qui te prend d’être aussi désespérée, Elyséa ? Ça ne te ressemble pas du tout. »

« JE NE SUIS PAS DESESPEREE ! » hurla-t-elle au jeune homme. Ah bon ? Alors, elle était quoi ? Joyeuse ? Car bon, tout ce qu’elle faisait actuellement, c’était juste lui crier dans les oreilles mentalement mais aussi … Elle semblait vraiment apeurée.

« Elyséa, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Après, si tu veux, on ira se retrouver dans mes rêves, d’accord ? Je te le promets. Tu vas m’écouter et tu verras … J’espère que mes phrases te plairont. Je l’espère vraiment. »

« Qu’est-ce que tu comptes faire, Kéran ? Qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu vas commettre une bêtise, tu le sais aussi bien que moi. Avoue-le. »

« Moi ? Une bêtise ? Ah non … Tu te trompes lourdement, Elyséa. Je vais juste mettre de l’ordre à mes idées. Tu verras … Je pense que ça te plaira. » murmura le jeune homme aux cheveux argentés dans ses pensées. Du moins, la très courte chevelure qu’il avait maintenant. Bien qu’à force, elle commençait à repousser, peu à peu.

« Non … Ca ne me plait pas. Ce qui plaît, c’est de te voir sourire, de te savoir heureux, de pouvoir te regarder chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde … chaque instant. C’est cela qui me plaît et rien d’autre. »

« Attends un petit peu quand même que je parle … Et tu verras, Elyséa. Je suis sûr que tu seras heureuse, très heureuse même. »

« Comme tu le désires … Je vais te faire confiance. Je reste en toi, Kéran. Mais comment est-ce que tu oses me dire ça alors que tu continues de trembler de tout ton être ? »

Hahaha … Il ne savait pas réellement, il devait l’avouer. C’était stupide, très stupide même … Mais bon … Il se leva, prenant une profonde respiration pour commencer à parler :

« Katérina ? Il faut que je te raconte … et en même temps aussi … »

« Bon, ben, tout le monde peut entendre quoi, ça te dérange pas ? »

« Non non … Je pense que c’est bon. Enfin … Ce que j’ai découvert … »

Il allait lui raconter le passé … de son ancêtre … Mais aussi le reste. Enfin, comment il avait su qu’il était surement la réincarnation de Kurym, les petites scènes avec cette femme, leurs enfants … mais aussi Elyséa. Lorsqu’il termina de raconter cela, il murmura :

« Voilà … Vous savez surement d’où proviennent mes pouvoirs et surtout que … »

« Tu es donc un descendant de l’enfant élevé par Kyurem ? Ca expliquerait tellement de choses … comme le fait que nous ne l’ayons plus vu … et la montagne enneigée en permanence. Oui ! Ca explique énormément de choses, Kéran ! »

« Oui, Hodan. C’est surement ça …. Enfin, il y a de fortes chances que ça soit ça. »

« Bon … Par contre, je vois pas ce qu’il y avait de personnel à part qu’Elyséa et ton ancêtre faisaient des choses ensembles. »

« Oh … Ce n’est pas ça le problème. Mais ce qui s’est passé m’a permis de me réveiller de mon coma. Mais en même temps … J’ai compris une chose, je suis vraiment désolé, Katérina. Je crois que nous avons été un peu trop rapides en besogne. Je dois t’avouer que … La robe que je t’avais offerte, je ne savais pas que c’était une robe de mariage. Je voulais te l’offrir juste pour te faire plaisir mais comme tu étais si heureuse, je n’ai pas su te dire non. Je n’ai pas eu la possibilité de réfléchir à tout ça … et de prendre mon temps. C’est pourquoi maintenant, je veux pouvoir te le dire … Ah … Bref, j’aimerai te dire … Quand je me suis réveillé, j’ai embrassé Elyséa par soulagement … car j’avais peur de la perdre. Ca ne s’est pas fait une fois, je l’ai embrassé une seconde fois hors de mon rêve. Dans la réalité, je suis vraiment désolé, je ne voulais pas te tromper mais en même temps, je pense que c’est mieux que l’on annule le mariage. Même s’il n’avait rien d’officiel, je voulais te mettre au courant et ne pas te mentir à ce sujet. »

« Ah ben, comme ça, on est deux hein ? Je voulais te dire la même chose quoi. »

« Toi et Hodan ? Vous vous êtes … Bon, au moins, je suis aussi fautif que toi sur ce coup. Pardon, Katérina. J’espère que tu comprendras quand même que … »

Elle fit un petit geste de la main pour bien montrer que ce n’était pas grave du tout, loin de là même. Elle n’avait pas fini de parler ? Mais lui-même aussi ! Il reprit :

« Enfin, ce n’était que des baisers, rien d’autre … Rien du tout. »

« Quoi ? Tu veux dire par là que vous n’avez pas couché ensemble ? »

« Bien sûr que non ! Je suis fidèle jusqu’au bout ! Elyséa et moi n’avons jamais eu de tels rapports ! Ca a toujours été amical entre nous et rien d’autre ! Je ne peux pas m’imaginer te trahir de la sorte ! Surtout pas après tout ce que tu avais vécu ! »

« Ah … Ohla …Pourtant, t’es un homme non ? T’as jamais voulu ? »

« Sûrement … Peut-être … Plus d’une fois … Mais comme je me contrôlais, je ne l’ai jamais fait. Enfin … Voilà tout, et toi ? »

« Moi, par contre, je vais pas te cacher que c’est un soulagement que tu me dis ça. Enfin, moi et Hodan, c’est pareil mais on a quand même fait le tout. Au moins, que tu en parles, je me sens un peu moins anxieuse à l’idée de te le dire. Tant mieux … »

« Ah … Euh, oui … C’est normal. Te connaissant … Et avec un mois sans rien, c’est normal que tu fasses ça. Enfin, je te pardonne. » murmura le jeune homme, se frottant le torse en gémissant un peu. Quelque chose clochait quand même mais … il ne savait pas quoi.

« Kéran, je pense qu’il vaut mieux que tu t’arrêtes là. » chuchota la voix d’Elyséa en lui. Mais il ne pouvait pas rester sans rien faire. Il devait savoir.

« Enfin sinon … Euh … Ce baiser entre moi et Elyséa, c’était juste après mon coma donc ça fait quelques jours, rien de plus. Mais … Toi et Hodan ? »

Il avait finalement posé la question qui lui trottait dans la tête mais … Il semblait avoir fait mouche. Katérina toussa légèrement, marmonnant quelques mots, cherchant ceux qu’il fallait dire dans une pareille situation.

« Ca date d’avant que tu sois capturé par Sélia, je peux juste dire ça, Kéran. Disons qu’avant, c’était juste dans les rêves, comme toi et Elyséa … »

« Mais je n’ai jamais rien fait avec Elyséa ! RIEN DU TOUT ! J’ai toujours eu une relation amicale avec elle ! Rien d’autre ! Pourquoi est-ce que c’était si difficile à comprendre ?! Je sais parfaitement que je suis nul de ce côté-là mais de là à mentir pour trouver une raison de coucher avec un autre … Depuis quand … Depuis quand … Est-ce que toi et lui … »

« Avant ta demande. Voilà … Tu sais tout. Mais ce n’est pas grave, n’est-ce pas ? Maintenant que les deux partis sont consentants, que tu es avec Elyséa et moi avec Hodan, tout va pour le mieux, tu ne crois pas ? »

« NON ! TOUT NE VA PAS POUR LE MIEUX ! Depuis le début … Depuis le début, tu t’es bien moquée de moi ! Tu faisais la fille jalouse mais en fait, t’en profitais de ton côté ! »

« Kéran, ça ne sert à rien de s’emporter. Nous n’étions pas compatible tous les deux, voilà tout. C’est aussi simple que ça et … »

« Mais de qui est-ce que tu te moques ?! Depuis des mois … Depuis plusieurs mois … Ah … Ah … Ah … »

Voilà qu’il avait mal à la tête. Et rien qu’avec les murmures autour d’eux, pourquoi est-ce qu’il avait voulu dire cela en public ? Pourquoi ? Les membres du Dominion Naturel devaient bien rire ! Ils devaient parfaitement rire de la situation ! Se moquer de lui ! Bien entendu ! Lui ! Le jeune homme avec un bras en moins ! Carbonisé de partout ! Et pour finir : cocufié depuis des mois par Katérina ! Rien que ça !

Chapitre 271 : Face à face

Chapitre 271 : Face à face

« Kéran, ne dors pas. »

« Je dors si je veux, Elyséa. » marmonna le jeune homme, dans les bras d’Elyséa, celle-ci poussant un petit soupir alors qu’elle était adossée à un arbre.

Elle … Non. Le combat était terminé maintenant. Elle regarda le jeune homme qui se trouvait dans ses bras, caressant tendrement ses cheveux … qui repoussaient peu à peu. Peut-être qu’avec le temps, les brûlures disparaitraient ?

Pourquoi est-ce que son époque était révolue ? Car à son époque … Celle où elle fut vivante, retirer cette peau brûlée pour en remettre une belle, donnée par différentes personnes … Ca aurait été possible. Bien entendu, il y avait un souci de compactibilité et diverses autres … Non. Elle ne voulait plus y penser.

« Kéran, il va falloir se lever et rejoindre les autres bientôt. »

« Je m’en fiche … Je ne veux rien savoir du tout. Rien du tout … Je suis fatigué maintenant. C’est bien … de jouer les durs mais ça ne mène à rien. Je veux en terminer … On va juste détruire cette gelée et ensuite, on ira dans un coin tranquille … Là où personne ne me trouvera. Comme ça … Je … »

Je ? Il ne termina pas sa phrase alors qu’elle aurait bien voulu savoir ce qu’il avait en tête. Néanmoins, puisqu’il avait décidé de se taire, elle respectait son choix. Son choix était celui qu’elle prendrait aussi. Bon … Il fallait qu’il se lève, qu’il se motive un peu. Elle se redressa, le jeune homme dans ses bras, le portant comme une jeune mariée.

« Kéran, nous allons voir comment vont les autres. »

« Qu’est-ce que ça changera exactement ? »

« Ca changera qu’on saura s’ils vont bien ou non, voilà tout. »

« … … … D’accord. Il faut de toute façon que je parle avec Katérina. »

Elle s’immobilisa après les propos de Kéran. Parler avec Katérina. Elle savait parfaitement de quoi il voulait parler avec elle. Et c’était justement ça … que …

« Kéran ? Et si on ne disait rien du tout ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Ne rien dire ? Non … Je veux juste … qu’elle sache la vérité. Je ne mentirai pas. Pas du tout. Je ne veux pas lui mentir, Elyséa. »

« Ne pas lui mentir est une chose. Ne pas lui parler de ça en est une autre. Ce ne sont pas du tout … les mêmes notions. »

« Pourquoi … est-ce que je ne lui dirai rien ? Pourquoi est-ce que je ferai ça ? »

« Pour … » commença à murmurer Elyséa avant de s’arrêter.

Ne pas qu’il souffre … Elle voulait terminer sa phrase mais elle n’y arrivait pas. Elle … ne voulait pas qu’il souffre. Est-ce qu’il n’avait pas déjà assez enduré de choses aujourd’hui ? Kéran ne comprenait pas ce qui se passait avec Katérina non ? L’amour est aveugle …


Kéran était aveugle … mais était-il encore amoureux ? Elle ne pouvait pas lire les élans de son cœur. Pas du tout même. Elle emmena le jeune homme jusqu’au groupe du Dominion Naturel, regardant dans le ciel.

« Pourquoi est-ce que cette lumière ne veut pas s’éteindre ? »

Depuis la mort du Noctunoir, une forte lumière était présente dans les cieux. Et d’ailleurs, elle ne parlait pas du soleil qui était revenu … Car la destruction du Noctunoir avait apporté tellement de choses … Ah …

Ailleurs, dans divers endroits, plusieurs têtes se levaient, que cela soient celles d’humains ou alors de pokémons … Mais tous avaient quelque chose en commun : les ténèbres et la mort. Tous observaient la lumière crée par la mort du Noctunoir au loin, visible à des centaines de kilomètres à la ronde …

« La Grande Docte est morte ? Cette femme … a voué sa vie aux spectres et aux créatures ténébreuses. Dommage que tous les humains ne peuvent pas réagir de la même façon. »

« On fait quoi de nos réunions ? Nous avons perdu tellement de membres importants. Et avec cette lumière … Doit-on encore penser à chercher la mort de cette Darkrai ? Et notre roi ? »

« Tu n’as pas l’air d’avoir compris … Depuis ces derniers mois, tout est fichu. »

« Fichu ? Mais … C’est vrai que nous n’avons plus vu ce Noctunoir ou cet Absol … Et même si Mékos est mort et … »

« Les spectres possédant les pokémons métalliques sont en train de les faire procréer. Nous avons tout perdu … Depuis l’arrivée de cet homme aux cheveux blancs. Ce Kéran … Il est accompagné de cette Darkrai. Et notre roi est avec lui aussi. Notre ère est révolue … ou presque. Qu’est-ce que nous sommes réellement ? Des pokémons qui ne possèdent aucun corps humain. Nous sommes juste la lie … des pokémons spectres et ténébreux. »

« Que devons-nous faire alors ? »

« Ce que nous avions prévu à ce moment précis. Je ne vais pas vous mentir … Je suis quand même las de tout ça alors … Pour ma part, je vais me rendre à cet endroit. Comme je suis trop faible, je ne peux pas envisager de lutter contre eux. »

« Je crois que je vais faire de même de mon côté. Désolé. »

Encore des excuses, toujours des excuses. Chacun s’excusait de ce qui allait se passer tandis que les spectres décidaient si oui ou non ils allaient s’y rendre ensemble. Chacun n’aimait pas être séparé des autres … C’était la dernière réunion pour eux … et ils étaient certains qu’ailleurs, les pokémons ténébreux faisaient de même … Et aussi bon nombre de Doctes … Tout cela à cause de la mort de celle qui, un jour, s’était battue pour eux.

De retour auprès du groupe du Dominion Naturel, Kéran demanda à Elyséa de le faire descendre de ses bras, la jeune femme murmurant que non. Iyasminé haussa un sourcil en les regardant, faisant un petit sourire tout en murmurant :

« On dirait le prince et son héroïne qui vient le sauver. »

« Ce n’est pas drôle, Iyasminé … Enfin, si … Ca l’est … Mais je suis juste ridicule. »

« Pas tant que ça … Vous avez besoin d’aide. Vous voulez que je vous soigne ? » demanda l’adolescente aux cheveux rouges, son sourire se faisant plus triste alors qu’elle jetait un œil aux nombreux blessés autour d’elle.

« Tu n’y arriveras pas … Mais si tu peux juste me retirer la fatigue … Ca serait déjà pas mal … mais je ne sais pas si tu en es capable. »

« Je peux toujours essayer ! Pourquoi pas hein ? »

Elle émit un petit rire alors qu’Elyséa venait finalement le déposer au sol, le couchant correctement tandis qu’Iyasminé se positionnait au-dessus de lui.

Elle eut un petit hoquet en voyant son corps mais Kéran avait fermé les yeux, chuchotant que si elle ne voulait pas, ce n’était pas grave. Elle vint dire aussitôt :

« Non ! Non ! C’est juste que … Votre corps … Je n’y suis pas encore habituée … Est-ce que ça fait tellement mal partout ? »

« Mon dos est en train de souffrir … J’ai été brûlé de partout. »

« Mais comment ? Comment est-ce que vous avez eu tout ça ? »

« Ca serait trop long à expliquer, je crois … Mais je vous le dirai quand on sera tous reposés. Est-ce que tu as remarqué Katérina ou non ? Princesse Iyasminé ? »

« J’ai vu son corps voler dans les cieux en arrière mais à part ça, rien d’autre du tout. Mais je pense qu’elle va bien. Vous n’avez pas à vous en faire. Bon, je vais commencer. »

Qu’elle commence … Qu’elle commence … Il regarda Elyséa, la femme aux cheveux blancs s’étant mise assise sur ses genoux pour regarder Iyasminé avec un peu de peur. Elle avait peur ? Peur de quoi ? A son sujet ? Pour lui ? Il … n’y avait pas de quoi l’être.

« Elyséa, tu peux me prendre la main ? Ca atténuera la douleur. »

« Hein ? Euh … Oui, bien entendu, Kéran. »

Il avait trouvé le moyen de la rassurer de la sorte. Dès qu’elle glissa ses doigts entre les siens, il se sentait déjà mieux, bien mieux même. C’était … tellement plaisant, vraiment … Tellement plaisant. Iyasminé regarda les deux personnes, se concentrant néanmoins sur Kéran alors que les minutes s’écoulaient. Puis finalement, après tout ce temps, elle vint dire :

« Voilà, je pense que c’est bon. Héros ? Comment est-ce que vous sentez ? »

« Bien mieux … Enfin … Comme Elyséa me tient la main, je ne ressens plus la douleur … Mais au niveau de la fatigue, elle semble disparue. Merci beaucoup. »

« Iyasminé ? Est-ce que tu peux me laisser seule avec lui ? Et chercher Katérina ? »

« Hein ? Oui … Bien entendu, dame Elyséa. Bien entendu. »

Elle sembla un peu surprise qu’Elyséa lui demande cela mais elle s’exécuta sans comprendre plus loin ce que la femme voulait dire à Kéran. Cela devait être … entre eux deux. Surement quelque chose d’important, néanmoins.

« Kéran, j’ai eu des paroles confuses pendant que… »

« Ne parle plus …. Elyséa. Tu peux venir en moi ? Pendant que je reste couché ? Je crois que je n’ai pas envie d’entendre des explications de la sorte. »

« Je … D’accord. Je le fais. »

Il venait de lui clouer le bec avec gentillesse. Tout cela pour qu’elle arrête de vouloir se contredire. Les mots qu’il avait entendus, il ne risquait pas de les oublier. Alors qu’importe ce qu’elle tentait de faire, ça ne rentrerait pas dans une oreille pour sortir de l’autre. La femme pénétra dans son corps, Kéran reprenant :

« Je vais me lever et parler avec Katérina … Que cela te plaise ou non, Elyséa. »

« Je … Fais comme tu veux, Kéran. »

Et il n’aimait pas le ton triste qu’elle avait. Il avait l’impression de la torturer alors que c’était juste … dire la vérité à Katérina. Quoi d’autre ? Il vint se relever, gémissant un peu bien qu’il ne ressentait plus du tout de fatigue. Bon … Il avait toujours ce problème qu’était son corps mais il pouvait facilement passer par-dessus ça.

« Pardon … Vous n’auriez pas vu Katérina ? »

« Ah ! Elle vient de revenir … Enfin, elle est revenue avec la princesse. Je crois qu’elle est en train de se faire soigner. C’était … quand même un sacré combat … J’espère que je survivrai assez longtemps pour prévenir ma famille et pouvoir leur raconter tout ça. »

« Il ne reste plus qu’une étape à faire mais il se peut que vous n’en fassiez pas partie … car elle s’avère beaucoup trop dangereuse. »

« Hein ? Non non ! On a commencé avec vous, on terminera avec vous ! Comment est-ce que vous osez nous dire d’arrêter alors que vous vous battez dans ce corps ? «

« Je ne sais pas … Peut-être à cause de la différence de force ? Enfin … Faites comme vous le voulez, je vais aller voir Katérina. »

« Bien ! Faites attention à vous quand même ! »

Faire attention à lui ? Alors que le combat était terminé ? C’en était presque drôle … Oui … Presque drôle car ça ne l’était pas. Il n’avait pas envie de rire de toute façon … Il devait trouver Katérina … et c’est ce qu’il fit.
La femme était assise sur le sol, Iyasminé terminant de la soigner tandis qu’elle semblait songeuse. Son dos ne présentait plus les ailes d’Hodan. Elle tourna son visage vers lui, Kéran la trouvant … différente d’auparavant.

« Hey … Désolée pour ta mère, Kéran. »

« Comme si tu en étais responsable, Katérina. Tu ne peux pas faire grand-chose contre ça. Et puis … Il ne faut pas oublier Loa … ou Hansanio aussi. »

« Me demande ce qui lui a pris à Hansanio de faire ça … Enfin, ça, on le saura surement jamais, je pense. C’est bien dommage. Sinon, je crois que ça mérite quelques explications non ? Tu ne crois pas ? »

« A quel sujet ? Je voulais justement te parler … » demanda le jeune homme alors qu’elle le désignait du doigt. Lui ? Oh … Surement son corps.

« C’est par rapport à ça ? C’est personnel ? »

« Non, ce n’est pas par rapport à mon corps mais je veux bien expliquer ce qui s’est passé d’abord. Ensuite, j’aimerai te parler en privé. »

« … … … Comme tu veux, y a aucun problème à ça … Enfin, ça ne me dérange pas. »

Elle semblait néanmoins un peu anxieuse, se frottant le bras avec une certaine insistance. Lui, de son côté, semblait tout aussi nerveux. Comment lui dire ça par rapport à Elyséa ? C’était compliqué … mais il ne voulait pas manquer de courage.

« Bon ! Allons préparer à manger et … »

« Tu crois vraiment que tu peux préparer comme ça ? » rétorqua Katérina.

« Je vais m’en charger. » déclara une voix en Kéran mais celui-ci l’arrêta aussitôt.

« Non, tu ne feras pas tout ça, Elyséa. Je peux quand même me débrouiller. Tant que tu atténues la douleur … Ensuite, je parlerai à tout le monde de ce qui s’est passé. »

« Comme tu veux. Fais gaffe quand même. »

« Ne t’en fait pas, Katérina, tout ira bien … Oui … »

Tout ira bien. Il murmurait cela, la regardant sans aucun désir. C’est vrai … Katérina avait peut-être une tenue différente mais … A part du soulagement de la savoir en vie, il ne ressentait plus grand-chose. Quelque chose était peut-être mort en lui ? Plus qu’il ne le croyait ? Peut-être … Oui. C’était peut-être cela … ah … Ou alors … Il voulait juste régler cette histoire le plus rapidement possible et ensuite, il verrait.

Chapitre 270 : L’emporter définitivement

Chapitre 270 : L’emporter définitivement

« Si on m’avait dit … que je finirai dans l’estomac d’un Noctunoir géant et dément. »

L’homme aux cheveux noirs poussa un soupir alors qu’il tentait de voir ce qui se trouvait à l’intérieur. Du moins … Ils étaient à l’intérieur. Heureusement, Anély fit apparaître des flammes violettes autour d’elle, ses bras se recouvrant de plus en plus de brûlures.

« Hum … Charmant spectacle. » murmura la femme aux cheveux violets, remarquant les différents visages qui sanglotaient, d’autres disant :

« Tuez-le ! Emportez-le ! Eliminez-le ! Libérez-nous de ce fléau ! »

« C’est ce que je compte faire … ou presque. Je ne peux rien vous promettre de plus, je tiens à vous le signaler, malheureusement. Je vais juste vous promettre d’en terminer avec lui à jamais. » répondit Anély, Zaryne étudiant les visages.

« Nous devrions nous préparer maintenant … Hansanio, il n’y a plus de retour possible. Je vois que mon fils a réussi à te faire retrouver … le calme. »

« Il a surtout réussi à me tuer … ou presque … Alors … Comment est-ce que je peux vous aider concrètement ? Je vous protège pendant que vous faites ce que vous avez à faire ? Car il y a peu de chances que ce Noctunoir nous laisse tranquille. »

« Très peu même … Oui … Mais c’est cela. Si tu veux commencer à chanter … Du moins, si elle veut bien commencer à chanter. »

« Tu es prête ? » demanda Hansanio, une voix féminine se faisant entendre en lui.

« Cela fait très longtemps que je n’ai plus chanté. J’espère en être encore capable. » dit la Magirêve qui semblait bien plus heureuse maintenant.

« Je suis sûr que tu y arriveras. Tu as toujours eu une très belle voix. »

Elle émit un petit rire, Anély et Zaryne souriant toutes les deux alors que les visages crachaient de la gelée verte. Néanmoins, la Momartik créa un voile de glace, la gelée se gelant subitement avant d’exploser en morceaux.

« En fait, je vais plutôt nous protéger. Pendant ce temps, Anély … Je te laisse préparer ta « bombe » artisanale … Ensuite, j’irai la geler … et nous irons finir par la libérer. Une telle déflagration de froid et de feu détruira tout en ce Noctunoir. »

« NON NON ET NON ! JE VOUS EN EMPÊCHERAI ! »

Une voix provenait de l’un des visages … Un visage avec un unique œil rouge ? Un visage qui semblait se déchirer pour s’extraire des autres. Le Noctunoir ! Le véritable corps du Noctunoir ?! Celui-ci cria :

« Vous ne m’arrêterez pas ! Je vais me venger de Kéran ! Il m’a enlevé ma fille ! Ma belle petite fille ! Ma petite fille … Ma douce petite fille ! JE VOUS EN EMPËCHERAI ! »

« Tu n’es pas à jour … Katérina est maintenant avec le spectre en elle nommé Hodan. D’ailleurs, après ta mort, je pense qu’ils vont dire la vérité à Kéran. Dommage, n’est-ce pas ? Même en tuant Kéran, tu n’aurai pas obtenu ce que tu désirais. » rétorqua Anély, un sourire mauvais aux lèvres, le Noctunoir faisant apparaître une aura ténébreuse qui fut repoussée par celles des trois êtres côte à côte.

« Je vais vous protéger toutes les deux. Préparez le tout. »

« Toi … Toi … TOI ! ESPECE DE TRAITRE ! ESPECE D’INCAPABLE ! »

« Tu pensais vraiment que j’étais de ton côté ? Depuis le départ, je t’ai dit que je n’étais pas avec toi … Juste que nos objectifs étaient les mêmes. »

« Sale petit … JE VAIS VOUS TUER TOUS LES TROIS ! »

« Non, tu ne feras rien du tout. » coupa le jeune homme, une douce voix mélodieuse sortant de son corps, commençant à chantonner.

Des petits gémissements se firent entendre de la part de la Momartik, d’Hansanio et Anély alors que déjà, cette dernière était en train de concentrer une flamme entre ses mains. Hansanio, quant à lui, utilisait les pouvoirs de la Magirêve pour repousser le Noctunoir.

« Tu es bien plus faible sans personne pour te défendre, n’est-ce pas ? Tu n’es qu’un lâche qui a toujours eu besoin des autres pour obtenir ce qu’il désirait ! »

« LA FERME MOMARTIK ! Toi aussi … Je vais te briser ! Je vais te briser ! »

Elle n’attendait que de voir cela de sa part. Mais le Noctunoir était beaucoup de paroles, peu d’actes … Dommage n’est-ce pas ? Mais ce n’était pas le moment de s’attarder sur cet être pathétique qu’était Karos.

« Hansanio, nous te faisons confiance. Nous allons avoir besoin de concentration. Je veux juste savoir une chose : est-ce que tu as peur de la mort ? » demanda la Momartik.

« Peut-être auparavant … Mais maintenant … Non … Je sais que je vais mourir mais je me sens serein et apaisé … Car je sais qu’elle m’attendra … Peut-être plus sous cette forme de Magirêve … Peut-être que je me réincarnerai … Peut-être ? Mais je suis heureux. »

« Heureux ? C’est assez … singulier en soi mais c’est le bon état d’esprit. Vous serez deux âmes soulagées et non-tourmentées. Je suis sûre que même si vous deviez devenir des spectres ou des créatures ténébreuses, vous vous retrouverez. C’est toujours ainsi avec les âmes sœurs … Lorsque deux âmes sont faites pour exister ensembles. »

« Est-ce la même chose avec Kéran et la femme en lui ? » demanda Hansanio.

« Il y a de fortes chances. En fait, j’en suis convaincue personnellement. Mais bon … Je ne vais plus parler, je préfère écouter la douce musique de celle qui t’est jointe. »

« Elle chante divinement bien, je le sais … C’est pour ça que je l’aime. Et pour d’autres choses. Hahaha … Hahaha … Ah … »

Le jeune homme aux cheveux noirs eut un léger rire tendre, le premier depuis la mort de la Magirêve quand elle était encore humaine. Il renifla, ayant une petite larme qui s’écoula de son œil gauche avant qu’il ne se positionne en face du Noctunoir.

« ATTENDS UN PEU QUE JE VAIS TE … »

« Je ne te laisserai pas continuer plus longtemps ton travail de carnage. »

Hansanio courait vers le Noctunoir, les deux êtres pointant leurs mains en avant. Mais l’une du Noctunoir vint traverser le ventre d’Hansanio, ressortant de l’autre côté. Le jeune homme cracha du sang, un sourire mauvais aux lèvres.

« Je t’avais dit que j’en terminerai avec toi ! »

« Est-ce que tu n’entends pas ce chant funeste autour de toi ? Ecoute … Ecoute toutes tes victimes … Elles chantent avec celle que j’aime. Elles chantent pour ta destruction. »

« NE RACONTE PAS N’IMPORTE QUOI ! ELLES … »

Non … Le Requiem avait déjà lieu. Il continuait inlassablement. Mais il était déjà mort ! Ca ne lui ferait aucun effet ! NON ! Le Requiem pouvait aussi tuer ce qui était mort une seconde fois ! NON ! ET NON ! IL N’ALLAIT PAS MOURIR !

« J’ai la gelée verte avec moi ! J’AI CETTE GELEE ! JE REVIENDRAI A LA VIE ! ALORS QUE VOUS SEREZ MORTS ! COMME DES PANTINS ! »

« Hum ? Et tu crois vraiment que nous ne préparons pas le terrain pour tout ça ? Pour éviter que la gelée utilise son pouvoir ? »

« Qu’est-ce que vous comptez faire ? AH ! Je m’en fiche ! Je vais vous éliminer toutes les deux et … QUOI ?! TU N’ES PAS ENCORE MORT ?! »

« Ne m’enterre pas … trop vite … Cette chanson t’emportera à jamais. »

Il retenait son bras de son unique main mais le Noctunoir en possédait une de libre. Une qu’il utilisait pour frapper l’homme aux cheveux noirs en plein visage. Mais deux mains violettes vinrent stopper la seconde du Noctunoir, la tête de la Magirêve sortant du corps d’Hansanio.

« Il a déjà assez souffert ! Je ne te laisserai pas le blesser encore plus ! Je t’empor … »

« Malié … Continue de chanter … s’il te plaît. Si tu ne chantes pas, je crois que … »

« Je le fais, je le fais … Mais je te défendrai … jusqu’au bout. »

« ASSEZ ! ARRÊTEZ DE CHANTER ! POURQUOI EST-CE QUE VOUS VOUS INTERPOSEZ TOUS ENTRE MOI ET MA FILLE ?! POURQUOI ?! POURQUOI ?! JE NE VOUS PERMETTRAIS PAS DE M’EMPÊCHER DE LA RAMENER A MOI ! »

« Car tu es un être abject qui ne mérite pas de vivre. Anély ? »

« … … … Tu peux la geler. »

Une flamme d’une étrange intensité. Une flamme qui se fit recouvrir de glace. Une glace brillant comme un cristal alors que la flamme continuait de brûler. Une telle chaleur semblait s’en échapper. Une chaleur dévorante … capable de tout ravager.

« Qu’est-ce que vous manigancez toutes les deux ? VOUS ! LÂCHEZ-MOI ! »

Le Noctunoir se débattait pour se libérer du bras d’Hansanio et de ceux de la Magirêve mais rien à faire. La créature au chapeau de sorcière continuait de chantonner doucement, Hansanio ayant fermé les yeux, un sourire aux lèvres, du sang s’écoulant de ses lèvres.

« Ce que nous faisons ? Nous t’emportons avec nous. Tu étais une aberration de ton vivant … Tu le fus encore plus durant ta mort. Mais aujourd’hui, ton règne s’arrête enfin. »

« Malié ? Continue de chanter pour lui … Car il entendra ta voix, qu’importe l’endroit où il se trouvera … Et mes félicitations. » souffla la Momartik, le cristal qu’elle avait formé autour de la flamme commençant à se briser.


La tête de la Magirêve hocha faiblement, son chant étant parcouru de trémolos bien qu’elle continuait sans s’arrêter. Il avait voulu qu’elle chante … Qu’elle chante même quand tout serait terminé … Qu’elle chante jusqu’au bout alors elle chantait.
Le cristal continua de se briser, des flammes sortant des fissures alors que la Momartik regardait Anély et inversement. Anély tendit la main droite en l’air, un sourire aux lèvres alors que sa main gauche était en train de se réduire en cendres.

« Kéran ne sera jamais seul … Même si nous ne serons plus là. »

« Il est très bien accompagné de toute façon. Qu’ils terminent ce que nous avons commencé … Ce que les Doctes préparaient depuis des décennies … depuis des siècles … Espérons que ton message passera, Anély. »

« Il sera entendu … par tous et par toutes. »

Sa seconde main se désagrégea en cendres alors que le cristal se brisai finalement, provoquant une violente déflagration bleue … comme des flammes gelées … Mélangeant la glace et le feu, cette combinaison allait permettre de tout éradiquer … que cela soit le Noctunoir ou alors la gelée verte qui l’habitait.

« Ce fut un plaisir de vous rencontrer, madame Zaryne. Je sais de qui Kéran tient son caractère. Vous avez été une Grande Docte remarquable … »

« J’avais fait mon temps. Je pensais plus à vivre avec ma petite famille après la mort de ma sœur. Et puis, celle qui m’a succédée fut splendide. »

« Merci du compliment … et adieu. » chuchota Anély, disparaissant dans les flammes.

A l’extérieur du Noctunoir, tous et toutes ne pouvaient que regarder ce qui était en train de se produire. De la glace se formait tout autour du Noctunoir géant, créant un cocon protecteur alors que des flammes venaient le ravager et le consumer … De la gelée verte ricochait contre la paroi de glace, ne pouvant pas la traverser.

« Maman … Loa… »

Il hoquetait sur le coup. Il… Il venait de perdre une seconde fois sa mère. Et cette fois-ci, il n’y aurait pas de retour … Il le savait parfaitement. Il eut une boule dans la gorge, Elyséa faisant son apparition devant lui pour le prendre dans ses bras.

« J’espère ne pas te faire mal … Kéran … Je l’espère réellement. »

« Qu’est-ce que ça … changerait de toute façon ? Regarde … Elyséa … Regarde … Karos est en train de disparaitre mais avec lui … Ma mère … Et Loa. Oui, elle était Loa. »

Et non Anély. Anély, c’était pour les autres. Loa, c’était pour lui et Katérina. Il entendit une douce symphonie alors que le Noctunoir géant se brisait, morceaux par morceaux, se réduisant en une poussière qui avait des allures d’étoiles.

Mais lui … Aujourd’hui, il venait de perdre deux d’entre elles. La pluie tombait peu à peu, le chant qui accompagnait la destruction du Noctunoir s’atténuant peu à peu comme un écho. Elyséa serra avec plus d’insistance le jeune homme dans ses bras.

« Kéran … Je … Non. »

« Je veux juste que ça se termine. On y est presque, n’est-ce pas ? »

« Oui … Kéran, nous y sommes presque. » murmura la femme aux cheveux blancs, l’embrassant sur la joue plusieurs fois de suite, avalant les larmes qui coulaient dessus.

Elle le recouvrait de baiser pour le consoler, elle ne touchait jamais à ses lèvre, elle se montrait douce et délicate, comme elle l’avait toujours été dans ces moments-là, dans ces moments où le jeune homme était désemparé, seul au monde, isolé de tous.

« J’ai l’impression de mourir … J’ai cette impression que ce monde veut me punir … Elyséa … Me punir et me retirer tout ce qui tient à moi. »

« Ne dit pas ça, même si le monde était contre toi, je serai là. »

« Je pense que j’ai assez souffert … Oui … J’ai assez souffert pour les années à venir. »

« Et je serai là pour soulager tes peines. Kéran, je vais y aller doucement. »

Très doucement même. Elle posa ses mains sur le dos du jeune homme, l’emmenant jusqu’à elle pour le serrer contre son cœur. Ils pouvaient rester ainsi … le temps que la situation retrouve son calme. Kéran avait besoin de tranquillité … en attendant de retrouver Iyasminé et Katérina … et les membres du Dominion Naturel. Cela pouvait bien attendre, n’est-ce pas ? Karos était finalement mort … sans possibilité de revenir.

Chapitre 269 : La volonté du trio

Chapitre 269 : La volonté du trio

« S’il te plaît, Elyséa. Sinon … Je me lèverai tout seul. »

« Dans ton état ? Il en est hors de question, Kéran. Je ne suis pas folle … »

« Si ce que tu m’as dit est vrai, tu dois me laisser y aller. »

… … … Il jouait avec ce qu’elle avait dit. Elle hocha la tête positivement, rentrant en lui alors qu’il se remettait debout. Les jambes tremblantes, il avait quand même un peu récupéré depuis cet instant, rien que ça. Oui … Rien que ça.
Il prit une profonde respiration, cherchant à se contrôler tandis qu’il observait sa mère et Loa. Les deux … femmes avaient une idée en tête, une idée saugrenue, plus que saugrenue même. Il le présentait. Il n’était pas aveugle, pas du tout même.

« Maman … Anély, qu’est-ce que vous comptez faire toutes les deux ? »

« C’est un secret, Kéran. Nous nous sommes mises d’accord sur la méthode à utiliser pour abattre Karos. Ce n’est pas si simple que ça mais bon … Normalement, il ne devrait plus causer de soucis après cela. »

Il haussa un sourcil, intrigué mais surtout inquiet par ce qui allait se passer. Il n’aimait pas les paroles de sa mère, loin de là même. C’était le genre de paroles qui arrivaient juste à le rendre encore plus anxieux qu’auparavant, autant dire qu’il ne le supportait pas du tout même. Alors … Il valait mieux qu’elle parle … sa mère ou alors Anély.

« Maman … Anély, je veux une réponse précise. »

« Que tu n’obtiendras pas de la sorte. Je suis désolée mais les secrets de femmes sont faits pour être resté secret, voilà tout. »

Une réponse qui ne lui plaisait pas … Pas du tout même. Il s’avança avec lenteur vers la Momartik, celle-ci continuant de l’observer avant de venir le prendre dans ses bras lorsqu’il fut à sa hauteur.

« Ne t’en fait pas, Kéran, d’accord ? »

« Non … Je ne suis pas rassuré, maman. J’en ai déjà assez … Vous allez faire quoi toutes les deux ? Je … Je ne veux pas de bêtises. »

« Oh tu sais, les bêtises, elles sont parfois nécessaires. Cela dépend de la situation. »

« Maman. Dans les yeux s’il te plaît. »

Il avait abaissé son visage pour voir celui de la Momartik. Elle l’observait de ses yeux dorés mais il ne pouvait pas se contenter de ça, pas du tout même. Il ne pouvait pas ! Sa mère et Anély allaient faire des idioties !

« Bon … Zaryne, il faut se préparer … Et dégager le terrain. Il faut aussi les prévenir. »

« Hum ? Oui … C’est vrai. Kéran, tu devrais te mettre à l’abri, c’est un conseil. Vas voir Katérina d’ailleurs, pour savoir si elle va bien ou non. »

« Je … Maman ! Je ne veux pas ! »

« Arrête de faire l’enfant … Et regarde donc … Tu ne vois pas que Karos est en train de souffrir ? Regarde bien là … Au niveau de son ventre. »

Qu’est-ce qu’il y avait au niveau de son ventre ? AH ! Il … Il voyait ! Il voyait ses pokémons ! Les visages de ses trois pokémons ! Il y avait même une petit lueur autour de leurs visages … Mais pas seulement, d’autres … D’autres visages en train de s’illuminer faiblement. Ils ne souffraient plus, ils étaient en train de sourire.

Les membres du Dominion Naturel … eux aussi … Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il entendait des cris de pokémon, ses propres pokémons et … Aussi d’autres cris, ceux des personnes … Enfin des visages. Il écarquillait les yeux, une voix se faisant entendre dans sa tête.

« Coucou maître Kéran. Cela faisait longtemps, non ? Je suis désolée d’être partie … de la sorte … Je ne pouvais pas me contrôler après la mort de ma sœur. »

« Lili ? Lili ? Pourquoi est-ce que tu me parles par télépathie ? Mais attends, tu n’es plus contrôlée ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Je ne sais pas … Même si nous étions contrôlés, nous pouvions avoir nos propres pensées. Mais maintenant … Depuis l’attaque de Zaryne, c’est ta maman, non ? Enfin … Depuis son attaque, nous avons retrouvé nos esprits mais nous ne savons pas pour combien de temps. »

« Lili … Je n’étais pas assez fort pour vous défendre … et vous sauver. Je suis désolé … Vraiment désolé … Je suis tellement désolé. »

« Oh ? Mais ce n’est pas de ta faute, maître. Pourquoi le serait-elle ? Tu as fait de ton mieux. Et puis … Moi, je suis plus inquiète car tu es très blessé. Mais je vais tout faire pour que Karos ne puisse plus me contrôler. »

« POURQUOI ?! POURQUOI EST-CE QUE MON CORPS NE M’OBEIT PLUS ?! POURQUOI ?! » hurla Karos, de la gelée verte sortant de tous les pores de sa « peau » faite de visages. Oui, certains cris étaient étouffés.

« Visiblement, ils ont décidé de nous aider, Anély. »

La femme aux cheveux violets hocha la tête positivement, un petit sourire aux lèvres. L’attaque de Zaryne avait permis à certaines personnes avec une plus forte volonté de retrouver leurs esprits. Mais rien que ça … Ca permettait de gagner du temps plus que précieux. Vraiment plus que précieux.

« Ils doivent se douter de ce qui va se passer. Mon fils devrait être fier de ses pokémons. Ils sont là, encore en train de se battre … Ils ont retrouvé la vie … pour quelques minutes peut-être … mais cette vie si précieuse ne sera pas gâchée, n’est-ce pas, Anély ? La vie et la mort méritent d’être vécues …tu ne trouves pas ? »

« Je crois que j’ai assez vécue de mon côté. »

Anély déchira une partie de sa tenue, laissant paraître ses bras et ses jambes brûlées. Pas aussi gravement que Kéran mais chaque seconde, les brûlures semblaient s’agrandir, comme pour parcourir son corps.

« Harno, j’espère que tu ne m’en veux pas … de m’arrêter ici. »

« Pourquoi devrais-je t’en vouloir ? Tu as fait de ton mieux … Il est temps pour toi de te reposer. C’est à moi de m’excuser de t’avoir emmenée dans cet état, Anély. »

Elle eut un petit rire tendre alors qu’elle soufflait que ce n’était pas bien grave. De toute façon … C’en était fini. Ah … Elle poussa un petit soupir avant de regarder Kéran au loin. Il était en sécurité, n’est-ce pas ?

« Quand même … Je m’y étais attaché à ce petit homme … Il a tellement souffert … »

« Anély, on ne dit pas ça quand tu es possédée par un autre homme … jaloux. »

« Hahaha … Jaloux ? Je n’arriverai pas à y croire. »

Elle rigolait mais la situation était des plus sérieuses. Karos ne faisait que crier sans pour autant pouvoir contrôler son corps. Il en était incapable maintenant et même cette gelée verte qui s’écoulait de son corps … ne pouvait pas l’aider. C’en était bientôt fini de lui.

Voilà que la Momartik était maintenant à ses côtés, observant Karos. Il fallait attendre le bon moment … Ce moment où le pokémon gigantesque, ce Nocturnoir immense … allait montrer sa faiblesse. Si on ne pouvait pas détruire de l’extérieur … Il fallait alors détruire de l’intérieur. Mais c’était un pari risqué … très risqué.

« Nous devons prendre nos précautions. Si nous nous loupons … »

« Alors tout cela aurait été inutile. »

C’était un constat affligeant … Pendant ce temps, Kéran les observait, tremblant un peu à cette idée. Il sentait que c’était quelque chose de mauvais, très mauvais même. Il ne se préoccupait pas de Katérina. Elle était avec Hodan, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, pas du tout même. Pas du tout … Ah …

« Kéran… Tu devrais bouger. Elle nous a demandé de nous mettre à l’abri. »

« Il en est hors de question, je ne bougerai pas du tout. Même pas en rêve. Je ne bougerai pas ! Pas du tout … Je ne peux pas, Elyséa ! »

« Alors, fais attention à toi. Quelqu’un arrive … »

Quelqu’un ? Il chercha son épée, la trouvant avant de la serrer avec difficulté dans sa main gauche. Son unique main valide de toute façon. Ça ne servait à rien … Il ne pouvait plus se battre correctement. Il ne pouvait plus… Plus du tout même.

« Humpf … Tu es dans un état encore plus horrible que moi. »

Cette voix ? Il ne l’avait donc pas achevé … n’est-ce pas ? Il tourna avec lenteur son visage vers la droite, regardant la personne qui arrivait peu à peu … Hansanio. Il avait une main posée sur son torse, là où du sang s’en écoulait encore … Il vivait à peine … Et il n’avait plus son second bras. Il le regarda pendant quelques secondes, reprenant :

« Tes brûlures … Tu as l’air d’avoir souffert encore plus durement que moi … »

« Des blessures de vainqueur. Alors … Ca fait quoi ? »

« D’être possédé par la personne que l’on aime ? Juste un dégoût de soi-même … pour ne pas avoir vu ça bien avant. Me voiler la face trop longtemps … C’est bien ça qui m’a emmené aujourd’hui à ce que je suis. »

« C’est fou, n’est-ce pas ? Pendant tout ce temps … On ne voit pas celle qui est bien plus proche de nous … qu’on ne le croit. »

« Mais maintenant … Je me sens en paix … Dire que c’est simplement à la fin de mon existence que je suis enfin soulagé … Mais … Même si ce n’est que pour quelques minutes, je vais réparer mes erreurs. »

« Réparer tes erreurs … Tu en as déjà bien fait assez. Rien que le fait que tu acceptes … sa présence en toi … montre que c’est bon. Repose-toi. »

Pourtant, Hansanio n’écoutait pas le jeune homme aux cheveux blancs … Enfin, aux cheveux blancs qui repoussaient peu à peu. Il avançait peu à peu vers la Momartik et Anély, la femme aux cheveux violets le regardant avec tendresse.

« Tu es enfin devenu un docte, Hansanio ? »

« Pour quelques instants … Je ne fais toujours pas confiance aux spectres et aux pokémons ténébreux … Je les hais toujours autant … mais … »

« Mais ? » demanda la femme possédée par Harno.

« Mais … Je peux accepter sa présence en moi. Elle est capable de produire un Requiem. Je pensais le lui faire chanter à ce Noctunoir. »

« C’est bien suffisant … Juste une précaution de plus. Zaryne ? Qu’est-ce que tu en penses exactement ? On peut y aller avec lui ? »

« Il est sincère. Cela se voit parfaitement. Hansanio … n’est-ce pas ? Je vais t’expliquer ce que l’on compte faire. » déclara la pokémon ectoplasmique à l’aura de froid autour d’elle.

Hansanio hocha la tête, se déplaçant avec lenteur vers la Momartik, celle-ci commençant à lui souffler son plan, enfin, leur plan maintenant. L’homme aux cheveux noirs prit une profonde respiration avant d’hocher la tête une dernière fois, murmurant :

« Cela est juste fou … mais je l’étais encore hier. Et … Il ne me reste plus que quelques minutes … alors, je suis partant pour cela. »

Tant mieux … Ils pouvaient donc le mettre à exécution alors. Le Noctunoir était toujours paralysé … Il ressemblait juste à un monstre de foire, les visages criant, hurlant qu’ils allaient tout faire pour l’emmener dans la mort. Il y avait des personnes et des pokémons morts depuis des années … Dans sa folie … Des êtres qui voulaient se venger de Karos depuis tellement longtemps.

« Lili … Lala … Lorno … Veuillez nous aider à ouvrir sa bouche. »

Les visages des trois pokémons firent un grand sourire, s’illuminant en même temps que ceux de diverses autres personnes et pokémons. Karos poussa un hurlement, sa bouche ventrale s’ouvrant, dégoulinante de gelée verte. Sans crier gare, le corps du Noctunoir, bien qu’il ne le contrôle pas, vint avaler Hansanio, Anély et Zaryne.

« MAMAN ! » cria Kéran, toussant ensuite, sa main sur son torse.

« Pardon … maître Kéran. C’est ce que voulait ta mère. Mais … Ne t’en fait pas … Nous allons emporter Karos à jamais avec nous. »

« Karos ? Qu’est-ce que vous comptez faire ? POURQUOI VOUS AVEZ FAIT CA ?! »

« Car c’est ce que voulait tout le monde … Nous allons montrer à Karos ce qui arrive lorsque le désespoir l’envahira. Tu sais … Tu as été un très gentil maître, Kéran. »

« Et vous avez été des pokémons formidables mais ne changeons pas de conversation ! Tu sais parfaitement que … Je ne veux pas ça ! Alors arrêtez ça ! »

« Nous sommes tous désolés d’être parti bien trop tôt … Nous aurions aimés vous accompagner jusqu’à la montagne des dragons mais … Nous sommes déjà morts depuis longtemps maintenant. Mais merci pour tout, maître Kéran. »

La voix de Lili … Elle continuait de lui parler mentalement alors que le Noctunoir était pris de soubresauts. Quelque chose se passait à l’intérieur de son ventre mais quoi ? Et puis … Toutes les bouches s’ouvrirent en même temps, même celle ventrale.

« De la musique ? Qu’est-ce que … ça veut dire ? Elyséa … »

« Un Requiem … La Magirêve en Hansanio est en train de chanter un Requiem. »

« Requiem ? Mais mais mais … Ce Requiem … Les Requiems … C’est pour … Enfin … C’est pour … Je … Je m’en fiche de mon corps ! Mais pas de celui des autres ! »

« Les excuses ne serviront à rien, Kéran. Mes excuses ne serviront à rien. »

Elle pouvait juste apaiser les souffrances de son corps … pas de son cœur. Son cœur qui se préparait déjà au dénouement de ce qui allait se passer bien assez tôt. Ce n’était plus qu’une question de minutes, une question de secondes.

Chapitre 268 : Dramatique

Chapitre 268 : Dramatique

« Aller … Je peux encore me battre … Alors, autant faire un effort et montrer à ce Noctunoir ce dont je suis capable. »

« Kéran, tu ne sais pas te battre avec ton épée dans la main gauche. »

« Ne t’en fait pas … Je ne compte pas utiliser que mon arme pour gagner, loin de là. » déclara Kéran avec un petit sourire aux lèvres à Elyséa.

Un sourire énigmatique pour la femme en lui. Mais elle ne pouvait que le laisser faire. Elle n’avait pas vraiment d’autres solutions à l’heure actuelle que de lui faire confiance. Mais même ainsi, elle sentait que Kéran était sur le point de … non ! Elle ne devait pas penser à ça ! Kéran ne pouvait pas … Elle le protégerait ! Sauf lorsqu’il lui demanderait … S’il n’y avait pas d’autres solutions.

« Mais non … Il y en aura toujours une … Toujours une … n’est-ce pas, Kéran ? »

« De quoi est-ce que tu parles, Elyséa ? »

« De rien, de rien, Kéran. Ne t’en fait pas … Mais si je vois que tu fais une bêtise, je prends possession de ton corps et je t’emmène à l’abri, d’accord ? »

Bien entendu, cela coulait de source, n’est-ce pas ? Enfin, n’est-ce pas … C’était une façon de parler, bien entendu … Il n’y avait que malheureusement peu de chances que ça se passe comme prévu. Comment abattre ce Noctunoir ?

Lui ? Il ne faisait qu’esquiver, sautant sur les côtés, comme Katérina. Pourtant, il essayait de se battre mais ça ne servait à rien. Pas dans son état … Il provoquait bien des souffles de glace mais comme il ne s’était pas réellement entraîné depuis qu’il avait ces pouvoirs.

« Ah … Si seulement je n’avais pas perdu le bras. »

Dire que cela faisait à peine cinq minutes qu’il avait perdu son bras et pourtant, il n’en avait déjà plus rien à faire réellement. C’était étrange … Très étrange mais en même temps, il réfléchissait à cette gelée verte.
Elle était capable de faire repousser les membres non ? Et aussi de ramener à la vie ce qui était mort … Si elle le décidait réellement. Car elle semblait douée de vie de son propre côté. Mais qu’est-ce qui … Enfin, non … Pourquoi est-ce qu’il pensait à ça ? C’était absurde.

« Je ne le ferai pas … pour toi, Elyséa. »

« Merci, Kéran. Je n’ai rien dit mais je pouvais lire tes pensées. Je préfère encore que … tu meures plutôt que de te voir ainsi. »

Lui aussi. Jamais il n’utiliserait une telle chose. Il ne voulait pas retrouver un bras et son corps d’antan … si c’était pour devenir un monstre. Il pouvait retrouver cela dans ses rêves … Et Elyséa … C’était elle qui lui importait le plus actuellement … C’était son avis, ce qu’elle pensait de lui … qui comptait le plus actuellement mais ça, il n’osait pas le lui dire

« Kéran, je peux encore lire tes pensées. Tu ferais mieux de les … »

« Cacher ? Peut-être que je ne voulais pas les cacher à la base, Elyséa. »

« Oh ? Oui, c’est vrai, Kéran. Je n’avais pas envisagé cette possibilité. Hihihi … Mais quand même, me parler et inversement en plein combat ? »

« C’est mieux que de penser à diverses choses macabres … Donc bon … Je suis plutôt content de discuter avec toi, Elyséa. »

« Oh … C’est réciproque, Kéran. » déclara la femme aux cheveux blancs avec un petit rire une nouvelle fois. C’était mieux … d’avoir une conversation de la sorte.
Mais ça ne changeait rien à la situation et à l’état critique dans lequel Kéran était. Il ne se souciait pas de la mort visiblement … ni de ses blessures, ni de sa fatigue aussi. Il ne se souciait de rien du tout et c’est cela qui inquiétait Elyséa.

Car la situation ne s’améliorait pas d’une minute à l’autre, loin de là. Où est-ce que Loa et Zaryne se trouvaient ? Où est-ce que la Momartik et la femme aux cheveux violets se trouvaient ? Elles n’avaient pas montré d’acte de présence et signe de vie depuis déjà une bonne quinzaine de minutes.

« Elles me font peur … Je m’inquiète pour elles, là. »

« Ne t’en fait pas, Kéran. Elles savent ce qu’elles font. »

Oui mais ce n’était pas pour ça qu’il devait alors se sentir plus rassuré, loin de là. Ça pouvait même être bien pire ! Oh que oui … Bien pire. Le Noctunoir ne parlait même plus, ne faisant que des petits rires fous tandis que Katérina était en train d’haleter. Elle aussi était fatiguée à force de combattre. Il la comprenait parfaitement.

Et Iyasminé ? Elle se chargeait de soigner les membres du Dominion Naturel et leurs pokémons. C’était bien l’unique chose qu’elle pouvait faire dans ce combat. Comment … Comment est-ce que cette gelée pouvait d’ailleurs posséder le Noctunoir ? Est-ce que Karos s’était rendu à la montagne pour cela ?

Non … Ce n’était pas normal … Enfin, peut-être qu’il n’aurait jamais la réponse à tout ça. Ah … Son corps le faisait souffrir. Malgré ce qu’Elyséa avait fait, il y avait bien un moment où tout allait lâcher.

Et ce moment allait être bientôt ! Sans même qu’il ne puisse réagir, ses jambes n’arrivèrent plus à le soutenir, son corps s’écroulant en arrière. Il vint néanmoins rouler sur plusieurs mètres, une fumée noire s’échappant de son corps, prenant la forme d’Elyséa.

« Pardon … Kéran … Mais là, tu risques d’avoir affreusement mal. »

Ce n’était pas qu’il était en pleurs … en fait, il l’était … Il était en train de pleurer car il souffrait tellement. Comme Elyséa n’était plus en lui et ne liait pas sa main avec … Il avait tellement mal ! TELLEMENT MAL … mais il se retenait de crier.

« Katérina ! J’emmène Kéran à l’abri ! Il ne peut plus se battre du tout là ! »

« Ouais, ouais, j’ai vu ça ! Faites gaffe tous les deux quand même ! Mon cinglé de père va essayer quand même de vous retrouver ! »

Et même si c’était le cas … Elyséa pourrait le défendre. Alors bon, elle n’était pas inquiète, pas du tout même. Juste que … Kéran, dans son état … Elle avait un peu peur de lui révéler quand même la vérité au sujet d’elle et Hodan.

« Désolé, Elyséa … Je dois être une véritable plaie à supporter. »

« Ne dis pas n’importe quoi et tais-toi, d’accord ? Si c’est pour dire de telles bêtises, Kéran, je préfère encore que tu te taises. »

« C’est beau … de fanfaronner mais est-ce que tu t’imagines comment je vais être dans une dizaine d’années ? Dans mon état, c’est tout simplement ridicule … »

« Kéran, qu’est-ce que j’ai déjà dit au sujet de la démotivation ? »

« Ce n’est pas de la démotivation, Elyséa, juste une constatation. Mais ne t’en fait pas … Je ne t’en veux pas, pourquoi je t’en voudrai ? Je veux juste que tu restes à mes côtés pour me dire que je ne fais pas de bêtises, c’est tout. »

Drôle de demande de la part de Kéran mais … D’accord, elle était parfaitement d’accord avec lui. Elle allait faire ce qu’il désirait, voilà tout. C’était bien pour ça qu’elle restait avec lui depuis le début, n’est-ce pas ?

« Elyséa ? Katérina est en train de nous suivre ? »

« Non … Elle s’occupe de tenir Karos à distance pour éviter que tu ne sois blessé. Pourquoi cette question ? Tu veux que je lui demande de t’accompagner ? »

« Non … Non … J’ai juste un peu froid, je dois t’avouer. Tu peux me serrer contre toi ? »

C’est vrai … qu’il tremblait de tout son corps. Il avait froid ? Non … Ce n’était peut-être pas ça. Ohla … Elle était maintenant monstrueusement inquiète. Qu’il vienne dans ses bras. Elle le garda contre elle, portant son armure noire… Non, ce n’était pas comme ça. Agacée, elle fit disparaître son armure noire pour retrouver son haut en tissu de même couleur.

Celui qu’il avait apprécié. Elle le logea contre son sein, Kéran fermant les yeux, un petit sourire aux lèvres. Il continuait de trembler … Ca ne plaisait pas … Ca ne lui plaisait pas ! Pas du tout même ! Qu’est-ce qu’elle … Qu’est-ce qu’elle devait faire ?

« Ce combat est juste absurde … Je te l’avais dit, Kéran. Nous ne sommes pas à la hauteur pour affronter la montagne des dragons ! Regarde rien qu’avec Karos. »

« Elyséa … Je suis sûr que je le suis … Mais je ne peux pas me battre contre une créature immortelle … Pas du tout même. Je n’y arriverai pas … tout seul … J’ai juste besoin d’aide et de toi … C’est tout. Elyséa … Je … Ah … »

Il s’arrêta de parler, respirant lourdement alors qu’elle s’immobilisait. Hey ! Non non ! Et non ! Il était hors de question que Kéran ne parle plus avec elle ! Elle lui pinça la joue brûlée, lui arrachant un cri de douleur, Kéran hurlant :

« Elyséa ! Ca fait vraiment mal ça ! »

« Discute avec moi ! Continue de me parler ! Et ne t’arrête surtout pas ! Est-ce bien compris ?! Je veux que tu me parles tout le temps ! C’est clair ? Kéran ! »

« Ne t’en fait pas … Si je ne parle pas, c’est pour économiser mon souffle, rien d’autre. »

« Non et non ! Kéran ! Réponds-moi ! KERAN ! »

Mais il s’était tu. Il ne lui parlait plus, ne faisant que sourire alors qu’elle venait s’asseoir contre un arbre. Même avec l’aide d’Iyasminé, elle était sûre que ça ne changerait rien par rapport à la situation. Rien du tout même ! Elle … Elle …

Elle regardait juste le Noctunoir géant au loin, bataillant contre Katérina. Elle avait bien changée, elle le sentait … Rien que voir les ailes dans le dos de Katérina montrait que cette dernière était bien plus liée à Hodan qu’avant.

Et elle et Kéran ? A force de se cacher la vérité ? De se voiler la face ? Hein ? Tous les deux, est-ce que maintenant, ils étaient aussi proches l’un de l’autre que Katérina et Hodan ? Elle ne savait pas … Elle ne savait pas du tout … Elle ne savait plus du tout … quoi penser.

« Kéran … Kéran ? Si le pire devait arriver … Même si nous devons fuir pour l’éternité, je … Je m’enfuirai … si Katérina et les autres meurent. »

Aucune réponse de la part du jeune homme. Elle avait honte … tellement honte … De penser à cette idée de fuir devant un adversaire trop puissant. Ce n’était pas elle ! Pas elle du tout ! Mais … Elle ne voulait pas perdre une nouvelle fois ce qui lui était cher. Elle ne supporterait pas cela une nouvelle fois. Elle ne voulait pas être consumée par la vengeance comme n’importe quel pokémon spectre ou ténébreux lambda.

« Je ne veux pas … te perdre … encore une fois. »

« Tu ne me perdras pas, je resterai avec toi, Elyséa. »

« Kéran ! Réponds-moi maintenant quand je te parle hein ? Ne me rends pas morte d’inquiétude ! Tu as compris ? Kéran ! »

« Ne t’en fait donc pas … Je ne faisais que me reposer mes yeux. Mon corps me fait mal de partout, je ne peux même pas bouger ne serait-ce qu’un petit doigt. »

« Kéran … Je … Je veux juste te dire que … »

Elle vint rapprocher ses lèvres de son oreille, chuchotant deux mots ans le creux de celle-ci. Comme la situation était désespérée, elle… devait au moins le mettre au courant de cela. C’était mieux de ne plus cacher la vérité, plus du tout même.

« AAAAAAAAAAAAH ! »

Un corps passa au-dessus d’eux, Katérina venant de finir par être touchée par le Noctunoir. Et un simple coup avait réussi à projeter la femme à plusieurs centaines de mètres en arrière ? Qu’est-ce que … C’était que ça ?

Elyséa se redressa, Kéran contre elle mais déjà les arbres et le décor autour d’elle commençaient à être ravagés par la toute-puissance du Noctunoir. Le Noctunoir qui se rapprochait dangereusement d’eux !

Elle ne pouvait pas s’enfuir ! Elle ne pouvait que lutter ! Et elle allait le faire ! Une aura noire se développa autour d’elle alors qu’elle regardait rageusement le Noctunoir gigantesque. Celui-ci ne parlait même plus, avançant juste la main vers Kéran dans les bras d’Elyséa. Sa puissance ténébreuse ne le repoussait même pas ?

Elle … Non … C’est parce que le Noctunoir était possédé par la gelée qu’elle ne pouvait rien faire contre ça malheureusement. Elle le … savait parfaitement … Mais elle ne devait pas abandonner le jeune homme. Elle devait juste courir et s’enfuir ! Comme elle l’avait dit !

« Je suis une lâche … Kéran … Une lâche mais … »

Elle voulait qu’il vive, c’était le plus important à ses yeux. Le reste ? Rien à faire ! Rien du tout ! Même si Kéran devait finir sa vie, assis sur une chaise, incapable de marcher, de parler, d’entendre … Qu’il soit même juste un légume … non … Peut-être pas … Mais elle voulait qu’il vive et c’était pour ça qu’elle se battait.

Mais elle n’arrivait plus à bouger. La main était bien trop grosse. Même en cherchant à s’enfuir, elle se ferait attrapée par le Noctunoir et … La main s’immobilisa, se gelant subitement. Oui … Elle se recouvrait entièrement de glace.
Entièrement de glace … Puis elle se brisa en mille morceaux … Des morceaux qui se réduisirent en poussière. Rien que ça … Mais le bras ? Il ne repoussait pas ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elyséa cligna des yeux, tournant son visage vers la Momartik.

« J’ai pris un peu de retard mais canalyser une telle force … Ah … Comment est-ce que se porte Kéran ? Est-ce que tu peux me le dire brièvement ? »

« Il va mal, très mal … Vraiment très mal … Si Karos n’est pas tué, je pense que … »

« D’accord, c’est tout ce que je voulais savoir. Bon … Visiblement, mon froid n’est pas assez intense … malheureusement. Son bras ne devrait pas se recomposer d’aussi tôt mais je ferai mieux de passer à la dernière partie de mon plan. LOA ! »

« Je suis là … Je suis prête, moi aussi. »

Loa vint se positionner à côté de la Momartik, souriante et fatiguée. Elle aussi … Qu’est-ce qu’elles préparaient toutes les deux ? C’était étrange … très étrange mais elle n’appréciait pas cela. Kéran murmura à Elyséa de revenir en lui pour qu’il se tienne debout. Est-ce qu’il avait pressenti quelque chose lui aussi ?