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Chapitre 200 : A l’unisson

Chapitre 200 : A l’unisson

« Aller, hop ! Déshabille-toi, Kéran, héhéhé ! »

« Euh… Katérina … Est-ce qu’il ne faudrait pas d’abord commencer par s’embrasser ? »

Il ne savait pas comment ça se passait et il n’avait pas envie de dire qu’elle s’y connaissait mieux que lui. Car bon … Déjà, ça ne se disait pas et puis ça rappellerait de mauvais souvenirs à la jeune femme aux cheveux argentés. Celle-ci fronça légèrement les sourcils, disant d’une voix un peu moins enjouée :

« Pourquoi ? T’as l’habitude de commencer par embrasser avant le reste ? »

« Avec toi … C’est quand même ce que je préférais. Enfin … Sur ce coup … »

Elle haussa les épaules. Bon, il avait évité de parler d’Elyséa donc c’était une bonne chose. Mais qu’il lui dise quand même qu’il préférait commencer par un baiser … Qu’est-ce que … Ils commençaient comme ça Elyséa et lui ? C’est vrai que de son côté, avec Hodan, ce n’était pas vraiment de l’amour, juste du sexe bestial. Il n’y avait eu aucun baiser, hahaha !

Kéran vint s’approcher d’elle, la jeune femme aux cheveux argentés tendant ses lèvres pour qu’il puisse les embrasser. Mais dès l’instant où il posa ses lèvres sur les siennes, elle l’attrapa par le col, plaquant une main sur son entrejambe avant de commencer le sexe à travers le tissu bien que cela était plus difficile que la normale. Le jeune homme poussa un gémissement de plaisir alors qu’elle retrouvait son sourire.

« Oh … Visiblement, tu peux dire que tu préfères attendre et qu’on fasse ça en douceur, ça ne change rien à la situation. Tu finiras à poil ! »

« On peut le faire un peu … plus tendrement ? Surtout que je ne veux pas abîmer la robe. »

RAAAAAAAAAAAH ! D’accord, d’accord ! Qu’il ne fasse pas l’indécis, elle ne tomberait pas dans le panneau ! Elle n’était pas … Oh et puis zut ! Bon … Il voulait commencer par quoi hein ? Encore un baiser ? Qu’il se montre plus entreprenant ! Qu’est-ce qu’il faisait d’habitude avec Elyséa ? Ils étaient aussi mollassons que ça ?

« PFIOU ! Bon ! Y a du boulot et pas qu’un peu ! Vraiment, je sais pas ce que vous avez foutu tous les deux mais en clair, l’impression qu’elle t’a ramolli. J’espère que ta bite ne l’est pas car sinon, ça va pas le faire ! »

Purée ! Il était vraiment anxieux maintenant ! Il ne savait pas pourquoi Katérina était aussi pressée ! Enfin, il se rappelait que d’habitude, ils se faisaient des plaisirs pervers mais comme ils s’étaient arrêté car ils étaient en colère l’un contre l’autre, il n’avait plus l’habitude déjà. Il allait se louper, il en était sûr et certain.

Car elle le stressait beaucoup trop. Mais maintenant, il ne savait pas trop ce qu’il devait faire. Avec lenteur, il vint malaxer le sein gauche de Katérina à travers le tissu mais celle-ci lui prit la main, l’enfouissant à l’intérieur même du vêtement pour qu’il sente la pointe de chair.

« Tu vois, c’est comme ça qu’il faut faire ! C’est pas la première fois pourtant ! »

Non, non … Elle avait entièrement raison mais quand même. Ce n’était pas que ça … Enfin bon … Il allait continuer. Maintenant, il massait bien le sein dans sa main, cherchant à attaquer l’autre avec sa main disponible mais elle ne le laissa pas faire. Elle guida la main sous la robe, invitant Kéran à aller chercher ce qu’il fallait.
Pendant ce temps, elle commençait déjà à retirer le haut du jeune homme, abaissant la robe de mariée pour laisser paraître sa poitrine à l’air. Le jeune homme respirait rapidement, excité mais aussi un peu mal à l’aise. Ce n’était pas comme d’habitude, ce n’était pas comme d’habitude, il se fixait cela en tête et c’était ça le problème.

Il avait trop de soucis en tête. Il n’arrivait pas à se concentre et AH ! Il sentait bien le sexe … masculin de Katérina mais aussi ses lèvres vaginales. Elle poussa un petit gémissement à son tour, souriant à Kéran. Voilà … Il préférait quand elle souriait. Il se sentait alors plus … soulagé et mieux … Enfin, en meilleures dispositions.

« ET HOP ! Coucou toi ! »

Sans même lui laisser le temps de souffler, elle avait fini par réussir à lui retirer le pantalon et à mettre la main sur son sexe déjà à moitié dressé. Grâce à son toucher, il fut finalement érigé, Katérina haussant un sourcil, gardant son sexe sur la main.

« Hum … Bizarre … Enfin bon … »

« Euh … Katérina, tu le serres … un peu trop fort ! Ca fait mal ! »

« Oh ! T’en fais pas, on va aller lui faire du bien maintenant ! »

Lui faire du bien ? Qu’est-ce que … Oooooh. Il commença à trembler fortement alors qu’elle avait posé ses lèvres maintenant autour du sexe, commençant un petit mouvement de va-et-vient. Ca n’avait rien à voir avec ce qu’elle lui faisait …
AAAAAAH ! Sans même prévenir, un jet blanc arriva dans la bouche de Katérina, celle-ci ouvrant en grand ses yeux. Elle avala sans laisser déborder ce que Kéran venait de lui cracher à l’intérieur de sa bouche. Elle retira ses lèvres, regardant Kéran d’un air sévère.

« Généralement, on prévient quand c’est comme ça ! Et c’est quoi ça, Kéran ? Ca n’a même pas duré deux minutes ! »

« Je … Enfin … Pardon, Katérina. C’est juste que … C’était la première fois que tu me faisais ça et c’était vraiment différent alors … Je n’ai pas réussi à me retenir. »

« Bon … Ca ne fait rien, c’est pas grave. Par contre, pendant que toi, tu rebandes, il va falloir que tu m’aides un peu et que tu me fasses du bien de ton côté. »

Bien entendu ! Comme d’habitude ! Enfin, comme il espérait ! Il relevait la robe, caressant les lèvres vaginales de la jeune femme pour les tremper au fur et à mesure. Pfiou ! Ce n’était pas aussi simple qu’on pouvait le penser mais il s’y appliquait avec ardeur. Elle, de son côté, ne faisait que masser les bourses de Kéran pour qu’il reprenne du volume au niveau de son phallus, ce qui ne tarda pas à se faire voir.

« Hum … Là … Par contre, on va passer aux choses sérieuses. T’es déjà à poil mais pas moi. Aller ! Hop ! On vire la robe ! »

Ce fut lui qui vînt la retirer, la dévoilant dans sa nudité la plus complète … et son excitation … tiède ? Car oui, le sexe de Katérina … Enfin, celui masculin ne bandait qu’à moitié. Il n’était pas sûr que ça soit un bon signe mais elle vint ouvrit ses cuisses, murmurant :

« Aller … Comme c’est la première fois, on va faire ça en douceur avec toi, ok ? »

« D’accord … Enfin, je sais ce que je dois faire quand même un peu. »

Il n’était pas complètement neuneu aussi. Mais bon … Il était quand même très anxieux, vraiment très anxieux même. BON ! Une profonde respiration alors qu’il se couchait sur Katérina. Malgré le sexe tendu de la jeune femme, il avait déjà emmené le sien au niveau de son vagin. Oh … Pfiou … Doucement … Très doucement …

« Vas-y calmement, je suis sûre que sinon, tu ne tiendrais pas et … OH ! CALME ! »

Qu’est-ce que … Il avait enfoncé son sexe en elle mais s’était arrêté en sentant une légère résistance. Une résistance qu’elle-même ressentait. Ce n’était pas normal ! Pas normal du tout même ! Mais elle demande à Kéran d’y aller un peu plus, quitte à forcer. Le jeune homme vint se tenir en plaçant ses mains sur les hanches de Katérina, enfonçant un peu plus son sexe en elle avant de ressentir la résistance qui se brisait. Katérina poussa un cri de douleur alors que Kéran retirait aussitôt son pénis, remarquant le sang qui perlait au bout … et qui s’échappait du sexe de Katérina.

« Il fallait que je me loupe ! Il fallait que je me loupe ! Je dois être le seul à réussir à me faire saigner ! Je suis le seul mec stupide à … »

« Ce n’est pas ce que tu crois, Kéran. Katérina vient de perdre sa virginité. »

Hein ? Quoi ? Hodan ? NON NON ET NON ! Ce n’est pas lui qu’il voulait entendre ! Loin de là même ! NON NON ! Pas du tout ! Qu’il reste en retrait et … Attends … Il venait de dire que Katérina avait perdu sa virginité ? La jeune femme sembla aussi surprise que Kéran.

« Je n’ai pas pu réellement te faire retourner complètement femme … mais j’ai pu au moins te redonner ce que tu avais perdu de force … Bien entendu, tout est réparé … »

« Putain ! Pourquoi … Pourquoi tu l’as pas dit plus tôt ? DEGAGE ! »

Elle était furieuse dans le ton mais heureuse au niveau visuel … car elle était en train de pleurer. Si on lui avait dit qu’un jour … elle pouvait retrouver cela, elle ne l’aurait cru. Elle n’arrivait pas à le croire. Pas du tout même. Kéran vint l’embrasser alors qu’elle lui demandait d’y retourner. D’y retourner rapidement … et vite !


Chose qu’il fit avec entrain et motivation. Pendant qu’il la pénétrait, il ne se privait pas pour l’embrasser avant de faire une petite grimace. Une grimace où il serrait les dents, fermant les yeux alors que l’intérieur de Katérina se remplissait d’une substance chaude et blanche, celle-ci écarquillant les yeux avec étonnement.

« Purée … Kéran, me dit pas quand même que … »

« Je suis vraiment désolé … Katérina, je … n’ai pas réussi à me retenir. Je ne voulais pas le faire en toi. Enfin … Peut-être pas sans prévenir mais … »

« C’est pas ça le problème ! C’est juste que … T’es quand même pas précoce hein ? J’ai rien senti de mon côté ! Tu aurais quand même pu tenir un peu non ? »

« Pardon … Je … Je suis vraiment désolé … On peut continuer si tu veux, avec des caresses. Je suis vraiment … désolé. »

« C’est pas grave, va. Et pas besoin des caresses. De toute façon, je suis exténuée. »

Il sentait qu’il avait réussi à la décevoir. Il avait … pourtant fait de son mieux comme lui avait dit Loa mais cela n’avait pas été suffisant. Est-ce que … enfin … C’était vraiment comme ça pour tous les hommes la première fois ? Il remarqua que Katérina pliait la robe blanche alors qu’elle se rhabillait avec ses habits habituels.

« Katérina ? Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi est-ce que … enfin … On ne dort pas ensembles ? » bredouilla le jeune homme, déjà parcouru par les tremblements.

« Bien sûr que si, stresse pas. Je veux juste éviter que l’on salisse ma robe. »

Il ne croyait pas à cette explication mais il vint se rhabiller à son tour, une boule dans la gorge. Quelques minutes plus tard, elle vint s’installer à côté de lui, plongeant dans un profond sommeil alors qu’il sanglotait à moitié. Un raté … Il était un vrai raté. Toute la confiance qu’il avait gagnée depuis ce jour maudit où il avait été torturé dans cette arène. Tout cela … s’était brisé en éclats.

Comment était-ce tout simplement possible ? Comment était-ce tout simplement possible de se louper de la sorte ? Il était impossible ! Il était vraiment impossible ! Il s’en voulait terriblement ! Il n’allait pas réussir à dormir ! Pas du tout ! Quel idiot ! Mais quel idiot ! MAIS QUEL IDIOT ! Il préférait encore mourir ! Katérina lui tournait le dos, Kéran faisant de même, se recroquevillant sur lui-même.

« Quel est le … pauvre type qui arrive à louper sa nuit … sa première nuit ? C’est moi. »

C’était lui … et personne d’autre. C’était lui … et personne d’autre. Snif … Quel idiot. Quel idiot ! Il préférait disparaître à tout jamais ! Il valait mieux encore que Katérina cherche quelqu’un d’autre ! Ca serait bien mieux ! Snif …

Il ne se doutait même pas qu’au même moment, Katérina était dans son propre rêve, face à Hodan. Déjà complètement nue, elle semblait un peu énervée mais surtout dépitée et attristée. Hodan avait toujours ses habits, murmurant :

« La réalité est toujours différente d’un rêve, beaucoup moins …réussie. »

« Oui mais bon … Ca me fait mal à ma féminité ça … J’ai l’impression que j’ai complètement loupé tout ça par sa faute. Bon, tu te déshabilles ? »

« Non, Katérina. C’est le jour où toi et Kéran, vous vous … »

« Arrête tes idioties. Cette fois-ci, je ne veux pas baiser pour Kéran mais pour te remercier pour ce que tu as fait. Ca me semble légitime. »

« Un simple remerciement et aucune insulte me paraissent être une bonne idée. Tu n’as pas besoin de faire cela, Katérina. »

« Je te le propose une fois mais pas deux. Si d’ici une minute, t’as pas pris ta décision … »

Elle connaissait parfaitement sa réponse. Sans plus hésiter, l’homme aux cheveux blonds vint retirer ses propres habits, s’approchant de Katérina. Mais la première chose qu’il fit, ce fut de l’embrasser longuement, la jeune femme paraissant surprise avant de se laisser faire, Hodan caressant l’intérieur des cuisses de Katérina.

A côté de Kéran, pendant que celui-ci cherchait le sommeil, une fumée noire faisait son apparition derrière lui. Il eut à peine le temps de ressentir la présence d’Elyséa qu’un doigt se posa sur son front, l’endormant aussitôt.

« Tu as mérité ton sommeil … Faire de ton mieux … et accepter que l’autre n’est pas parfait, c’est cela que l’on … »

Elle eut un petit tic nerveux, craquant son cou avant de se tourner vers Katérina. Subitement, ses cheveux blancs s’enflammèrent, gardant pourtant la couleur naturelle de sa chevelure.

« Quant à toi … petite ingrate … Je crois qu’il est temps que je te punisse. »

Avec lenteur, elle posa une main sur le front de Katérina, s’insinuant dans le rêve de celle-ci. Pourtant, elle en ressortit aussitôt, attristée et désemparée.

« Ingrate … Tu n’es qu’une ingrate. Tu ne cherches même pas à patienter. Tu veux juste posséder cela tout de suite. Quel était le problème de patienter un peu ? Je sais parfaitement que tu es sincère par rapport à ce que tu fais avec Hodan, comme ce que tu penses de Kéran mais est-ce que tu es obligée de faire cela ? Tu fus tellement brisée dans ton enfance pour en arriver à cette solution ? »

La femme aux cheveux blancs se repositionna de telle façon qu’elle observait le jeune homme aux cheveux gris. Avec lenteur, elle posa ses mains sur les hanches de Kéran, commençant à mieux le positionner pour qu’il ne soit plus recroquevillé sur lui-même.

« Elle me dégoûte … Elle me répugne … J’ai l’impression qu’elle ne fait que t’utiliser … et pourtant, ce n’est pas le cas. Elle ne sait pas la chance qu’elle a. Cela me fait mal au crâne, cela m’énerve, cela m’horrifie, cela m’exaspère. Je pourrais la plonger dans un cauchemar éternel … mais elle me fait plus pitié qu’autre chose. Je ne peux pas la haïr car elle … Non … Je ne peux pas la haïr à cause d’elle mais à cause de toi. Car c’est elle qui est plus qu’importante pour toi, Kéran. C’est elle que tu aimes. Je vais retourner dans ton ombre … comme auparavant … et ne jamais plus en sortir. »

Et c’est-ce qu’elle fit. Dans un nuage de fumée noir, elle disparut à nouveau.

Chapitre 199 : Une femme comme les autres

Chapitre 199 : Une femme comme les autres

« Oh ? Qu’est-ce que donc que cela ? » demanda Loa en souriant, Katérina se présentant à elle avec la robe blanche qu’elle portait maintenant.

« La robe que Kéran m’a offerte. Tu la trouves comment, Loa ? »

« Oh … Mais est-ce qu’il sait que … Enfin, je me doute que oui, n’est-ce pas ? » dit Loa en souriant au jeune homme, celui-ci étant un peu gêné à cause de tout ça.

« Bien entendu qu’il le sait ! Tu le prends pour un con ou quoi ? Il a quand même réfléchit à ce qu’il faisait ! Contrairement à ce que l’on croit ! BON ! ALLER ! On y va ! »

C’était difficile de se dire qu’elle allait porter cette tenue toute la journée mais pourtant, c’est ce qu’elle fit sans aucun problème. Il fallait dire qu’elle n’avait aucune gêne à porter la robe même si c’était plus difficile que d’habitude pour bouger.

« Vraiment, j’arrive pas à comprendre comment les petites nobles de mes couilles peuvent porter des robes à longueur de journée ! Si ça tenait qu’à moi, j’irai la déchirer pour laisser mes jambes à l’air ! Enfin bon … Elle est pas mal et avec l’ouverture sur le côté, ça va encore. » marmonna la jeune femme au beau milieu de l’après-midi.

« HEY ! Ne le déchire pas non plus, Katérina hein ? Hein ? S’il te plaît ! Je suis vraiment sérieux là hein ? C’est pas quelque chose que l’on … » commença-t-il à dire alors qu’elle poussait un soupir désabusé, signe de son exaspération.

« Mais oui, mais oui, t’es fou ou quoi ? Comme si j’allais déchirer ma robe ! Je l’utilise juste pour aujourd’hui et ensuite, elle sera rangée ! »

Comme on le faisait d’habitude avec les robes de mariée ! Même si elle n’était pas trop proche de la civilisation, elle connaissait quand même les principes habituels hein ? Enfin bon, c’était pas vraiment le plus important pour le moment, loin de là même ! Ils allaient passer toute une journée, tous les trois ! Enfin, tous les deux mais accompagnés par Loa !

« Hey au passage, j’espère qu’Elyséa va la boucler et qu’elle ne parlera pas aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est ma journée et tu es totalement à moi, Kéran. »

« D’accord, d’accord ! Je note que je ne peux pas m’enfuir ! Quant à Elyséa, s’il te plaît, laisse-la tranquille ! Je ne sais pas où elle est mais elle n’est plus en moi. Si Hodan pouvait faire pareil de son côté, ça serait bien. »

« Ouais, ouais … Hodan n’est quand même pas accroché à mes baskets comme la tienne. »

« Je ne sais pas … mais j’ai l’impression que le traites comme un animal. Je te conseille quand même de te méfier. Peut-être qu’il s’est adouci depuis le temps mais auparavant, avant que je ne te connaisse bien, il t’en faisait voir des vertes et des pas mûres. »

« Ouais, ouais … Je le sais bien … Il a changé un peu. » marmonna la jeune femme aux cheveux argentés, un peu confuse que Kéran montre qu’Hodan est devenu quelqu’un de plus agréable qu’avant. Comme si … Enfin bon ! Là, elle n’avait pas à s’intéresser à lui !

Car elle était occupée à autre chose ! Clairement ! Fallait pas abuser non plus ! BON ! Kéran et elle, ils allaient faire de ces saloperies ce soir ! D’ailleurs, elle ne lui avait pas encore prévenu … héhéhé … Enfin, il pouvait voir au-dessus mais pas au-dessous. Peut-être qu’elle devait lui donner un petit aperçu ?


Mouais … Il y avait quand même Loa à côté et ce n’était pas vraiment top de montrer son sexe masculin à elle au cas où. Même si c’était par erreur quoi ! Fais chier ! Elle allait devoir faire elle ne savait quoi pour lui montrer ce qu’elle avait envie de lui montrer. Ou alors, elle pouvait le lui dire dans le creux de l’oreille, non ?

« Hey … Kéran, je peux te dire un petit truc ? »

Il hocha la tête positivement, s’approchant d’elle en tendant l’oreille. Qu’est-ce qu’elle avait de beau à lui dire ? Elle commença à chuchoter avec une petite voix amusée :

« Devine ce que je porte sous cette robe hein ? »

« Euh … Je pense à ta culote habituelle, non ? Je ne crois pas qu’il y avait d’autres vêtements de toute façon avec la robe et les gants. Enfin … Cela. »

« Tu as tout faux. Enfin … Tu verras ! Ca sera une surprise, hahaha ! »

Une surprise de taille ! Ou alors … Hum … Ouais ! Elle pouvait faire ça sinon ! Elle regarda Loa qui était occupée à parler avec Harno, avançant un peu sans même se rendre compte que les deux personnes s’étaient arrêtées. Sans une once d’hésitation, Katérina prit la main de Kéran, la plaçant sous la robe pour qu’il puisse bien sentir … qu’elle ne portait rien dessous ? Il sentait bien les fesses de Katérina sans aucune protection autour !

« Héhéhé … Je pense que maintenant, tu es au courant, n’est-ce pas ? »

« Enfin, je vois. Je vois. » bredouilla le jeune homme, plutôt confus et gêné.


Elle était très entreprenante et depuis le temps, il avait appris à l’aimer comme ça mais avec ce qui s’était passé dernièrement, il était un peu plus réticent que d’habitude. A se demander pourquoi ? Néanmoins il n’allait pas l’embêter avec ses problèmes personnels.

« Que faites-vous donc tous les deux ? » demanda Loa, se tournant vers les deux personnes qui avaient mis de la distance avec elle sans s’en rendre compte.

« Oh rien du tout, Loa ! Rien du tout ! Nous arrivons tout de suite ! » répondit le jeune homme. Il ne devait pas se compliquer la vie avec ça ! Il prit la main de Katérina, courant vers Loa et Harno avant d’arriver à leur hauteur. « Nous discutions tous les deux, désolé. »

« D’accord, d’accord. Aucun problème à cela, vous êtes libres de faire ce que vous voulez de votre vie. Vous n’avez pas à m’en parler, je vous le promets. »

« Merci bien, Loa. Je te fais pleinement confiance. » dit le jeune homme en souriant à la femme aux cheveux verts même si des fois, il aurait aimé la connaître un peu plus. Il avait toujours l’impression qu’il lui manquait une partie de l’histoire de Loa. Un peu comme pour Elyséa. Ah … Oui, vraiment, c’était n’importe quoi.

BON ! Il fallait que cette journée soit excellente pour la nuit qui allait être divine ! C’était tout ! Car avec ce que Katérina avait prévu, il se sentait un peu anxieux et il espérait être à la hauteur. Car oui … Il ne voulait pas la décevoir.

« Elyséa me manque. » pensa-t-il en lui. La raison était simple : sans elle, il avait l’impression de ne pas avoir de petite voix pour lui dire ce qu’il devait faire ou ce qu’il ne devait pas faire. Il se sentait vraiment seul lorsqu’elle n’était plus là.

« Je me sens vide. Elle était ma conscience. »

Elle était plus que ça mais il ne pouvait pas le reconnaître. Il ne pouvait pas accepter cela. Il ne pouvait pas prétendre à une telle chose ! Elle était plus importante que toutes les autres femmes de son existence ! Katérina, il aimait Katérina mais Elyséa … Elyséa … C’était un peu comme une déesse, comme un idéal.

Et les idéaux n’étaient pas fait pour être atteints, loin de là même. Il ne devait pas atteindre Elyséa … mais si au moins, il pouvait la ravoir à ses côtés. Lui parler … comme auparavant. Hahaha … Vraiment, qu’est-ce qui lui prenait ?

« Hey … Kéran ? Tu pleures pour quelle raison ? Tu pleures de joie ? »

Pleurer ? De joie ? C’est vrai ? Il pleurait ? Il passa une main sur ses yeux, remarquant les larmes avant d’hocher la tête positivement et en faisant un petit sourire à Katérina. Il pleurait … car il se sentait vraiment seul. Elyséa … Il pensait à une autre femme alors qu’aujourd’hui, il allait surement s’unir avec celle qu’il aimait.


Quel être misérable il était ! Vraiment ! Il était horrible comme homme ! Il n’avait aucune once de décence ! Il méritait vraiment de crever comme un chien à cause de tout ça ! Comment est-ce qu’il pouvait penser à ça hein ?

« Aller, sèche tes larmes mon gros. Y a pas de quoi pleurer. Tu devrais plutôt être heureux, non ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Je le suis, Katérina, je le suis vraiment. »

« Tu n’en peux plus d’attendre jusqu’à ce soir, n’est-ce pas hein ? » dit la jeune femme tout en souriant. Loa haussa un sourcil, cherchant à comprendre avant de voir où ils voulaient en venir avant de saisir. Ah … Oui …

« Bon ce soir, visiblement, il va falloir que j’éloigne ma tente, c’est bien cela ? »

« Ouais, c’est cela, exactement même ! » répondit Katérina alors que Loa pouffait un peu de rire, murmurant pour elle-même :

« Cela fait du bien d’être vivant … »

« Loa … Ne parlons plus de cela, si tu veux bien. »

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Kéran n’avait pas vraiment compris où voulait en venir les deux … personnes. Enfin, Loa et Harno. Ils cachaient encore quelque chose mais quoi.

S’ils ne voulaient pas en parler, il ne pouvait pas les forcer, loin de là. Il voulait juste apprendre à mieux les connaître mais des fois, il avait l’impression qu’ils faisaient tout pour ne pas se rapprocher d’eux. Est-ce que la vie d’une Docte était ainsi ?

« Kéran ? Pourquoi est-ce que tu nous regardes ainsi ? »

« Je ne sais pas … Je suis un peu triste en vous observant. » murmura le jeune homme aux cheveux gris, Loa reculant son visage, surprise.

« Nous te rendons triste ? Moi et Harno ? » demanda Loa en se tournant vers le Melancolux, celui-ci paraissant aussi étonné que la femme aux cheveux verts.

« Je ne sais pas vraiment comment vous l’expliquer, je suis désolé. C’est comme ça que je le ressens, pardon … Ce n’était vraiment pas voulu. »

« Ca ne fait rien. C’est juste une chose assez étonnante. Je ne savais pas que nous donnions l’envie de pleurer à d’autres personnes. N’est-ce pas Harno ? »

« C’est bien la première fois … Du moins, avec un adulte qui accepte les Doctes. Est-ce que tu sais au moins pour quelle raison nous te faisons cette impression ? »

Pas le moins du monde. Il haussa les épaules en réponse à la question pour bien montrer qu’il ne savait pas du tout pourquoi. C’était vraiment juste une impression. Pas mauvaise du tout hein ? Juste une impression triste.

« De toute façon, ce n’est pas bien grave. Il n’y a pas besoin de se compliquer la vie à cause de ce que j’ai dit. Pardon Loa et pardon Harno. »

« Oh … Comme tu le dis, ce n’est pas si grave que cela, on ne va pas t’en vouloir. »

« Merci bien … » termina de dire le jeune homme. Avec tout ça, il était un peu confus. Des fois, il aurait mieux valu qu’il se taise.

Elyséa … Où est-ce qu’elle était ? En tournant sur lui-même, il essayait de la trouver du regard mais rien du tout. Rien de rien même. Elle ne donnait pas de signe de présence. Il ne remarquait pas que son ombre était différente. Il fallait dire qu’avec l’absence de forte luminosité dans le ciel à cause des nuages, il était difficile … de voir quelque chose de correct sur le sol. Mais si cela avait été le cas, il aurait alors compris où elle se trouvait.

« Kéran, fais pas la gueule, ce soir, c’est notre soir ! »

Oui … Ce soir, c’était leur soir à eux deux. Il prit la main de Katérina, lui faisant un léger sourire. Il espérait qu’Hodan ne se mêlerait pas de tout cela. Vraiment … Elyséa allait se montrer discrète mais comme d’habitude maintenant. Ah ! Vraiment ! Il poussa un petit soupir avant d’aller embrasser Katérina sur la joue, murmurant qu’il était pressé d’y être. Pourtant, tout cela sonnait faux à ses oreilles, à ses yeux. Tout semblait si … factice.

Et finalement, le soir arriva. Il était temps de monter les tentes. D’un côté, Kéran vint aider Loa et Harno à monter la leur tandis que Katérina allait installer celle de Kéran et elle à un endroit plutôt éloigné, très éloigné même du feu.

« Loa … J’ai honte … de te demander ça … mais … »

« Hmmm ? Oui ? Kéran ? » murmura la femme aux cheveux verts.

« Est-ce que tu as des conseils pour Katérina et moi ? Enfin, je … Tu t’en doutes un peu quand même au cas où mais voilà … »

« Oh. Attends un petit peu. » demanda-t-elle avec lenteur avant de se retourner. Aussitôt le Mélancolux parut légèrement en colère :

« Non, ce n’est pas drôle ! Je ne te permets pas de te moquer, Loa ! »

« Allons, sincèrement, tu ne trouves pas ça amusant ? »

« Ce n’est pas drôle ! Pas drôle du tout, Loa ! Arrête ça ! Tu sais parfaitement que j’étais gêné moi aussi ! Tu étais ma première fois ! »

« Et tu étais la mienne … mais je trouvais ça mignon et attendrissant, en un sens. Kéran … Je pense que tu veux savoir ce qu’il faut faire, non ? Alors, reste toi-même mais surtout, n’essaye pas de te rendre plus imposant ou compétitif que tu ne l’es. Ne sois pas déçu de tes performances car c’est en forgeant que l’on devient forgeron. »

C’est en forgeant que l’on devient forgeron ? Il aimait bien … cette phrase. Il ne savait pas vraiment pourquoi mais une telle phrase sonnait bien à ses oreilles. Bizarre ! Mais bon, ce n’était pas déplaisant en un sens ! Même s’il était maintenant rouge aux joues.

« Je n’aurai jamais dû poser une telle question … »

« Ne t’en fait donc pas. C’est une bonne chose. Mais maintenant que tu sais quoi faire, je peux juste te souhaiter bonne chance et fais attention à elle, hein ? Pense à elle avant de penser à toi, c’est vraiment le plus important. »

Oui bien entendu ! Il comprenait parfaitement ce que la femme aux cheveux verts voulait dire ! Et il n’y avait pas que pour cet instant qu’il faisait ça. C’était ainsi depuis le début ! Katérina, il ne pensait qu’à elle à chaque fois !


Il retourna auprès de Katérina, celle-ci ayant déjà installé la tente bien qu’il ne voyait pas la jeune femme. Néanmoins, sa voix se fit entendre, invitant Kéran à rentrer à l’intérieur de la tente. Pfiou … Il devait prendre une profonde respiration. Ce n’était pas l’heure d’être anxieux non plus. C’était Katérina, ce n’était pas la première fois.
Ce n’était pas la première fois qu’il la touchait … Ce n’était pas la première fois qu’il la voyait complètement nue. C’était ça … Il devait juste se dire que c’était devenu une routine ? Non non ! Et non ! Ce n’était pas bon de penser de la sorte ! Ce n’était pas une routine ! Cette nuit allait être leur nuit ! Il pénétra dans la tente à son tour.

Chapitre 198 : La bonne décision

Chapitre 198 : La bonne décision

« Robe de mariée ? Je … Enfin … J’ai fait ça ? »

Il avait du mal encore à le croire mais c’est bien ce qu’il avait proposé ? Il était peut-être trop audacieux alors que dans le fond, il n’avait jamais eu cette idée en tête. Quel idiot ! Mais quel idiot ! Il s’en voulait encore plus maintenant ! RAAAAAAAAAAH !

« Maintenant, Kéran, je te laisse te débrouiller seul. A toi de choisir les bons mots. »

Les bons mots ? Pour quelle raison ? Pour Katérina ? Car elle allait surement lui poser des questions comme pourquoi ? Comment ? Quand ? Est-ce qu’il était trop con ? Cela allait être surement même la première question de la jeune femme, il en était certain.

Elle revient, tenant la robe dans ses mains avant de demander à Kéran de se tourner vers elle. Elle vint s’agenouiller en face de lui, la robe sur ses genoux. Pendant plusieurs secondes, elle resta complètement muette avant de demander d’une voix faible :

« Kéran … Cette robe … Est-ce que c’est une blague ? C’est parce que j’ai l’habitude de traîner à moitié à poil, c’est bien ça ? »

« Hein ? Bien sûr que non ! Ce n’est pas une blague ! C’est vraiment une robe que je veux que tu portes ! Pourquoi est-ce que tu crois que c’en est une ? »

« Mais c’est … Mais c’est … Enfin ! Tu sais bien ce que c’est comme robe ! Bordel ! Pourquoi est-ce que tu as acheté une telle robe ?! »

« Est-ce qu’elle … ne te convient pas ? Elle … n’est pas pour toi ? Enfin pas à ta taille ? Je n’ai pas vérifié donc je suis vraiment désolé, si c’est le cas … »

« Non, non ! Je suis sûre qu’elle m’ira parfaitement ! Putain, c’est pas ça le problème ! T’as pas l’air de comprendre ?! »

« Et qu’est-ce donc le problème, alors ? Je veux savoir … Explique-moi. »

« JE VAIS TE LE DIRE ! C’est une robe de mariée ! Tu m’offres une robe de mariée ! Ça veut donc dire que toi, tu veux rester avec moi toute la vie, c’est ça hein ? »

« C’est un peu l’idée que j’avais auparavant … Enfin, avant les derniers problèmes. »

Il mentait un peu, n’ayant pas pensé à cela, du moins, pas avant d’acheter la robe. Mais il était vrai qu’il voulait rester avec elle. Avec elle pour le restant de son existence. Enfin … C’était cela qu’il avait prévu au départ. Mais maintenant … Comment dire … Enfin …

« Les derniers problèmes ? Tu ne veux … plus de moi ? »

Que quoi ? Elle parlait d’une voix faible, très faible, presque intimidée mais vraiment gênée. Mais non ! Il la voulait toujours ! Il la désirait toujours ! Vraiment ! VRAIMENT ! C’était tout ce qu’il voulait ! Et rien de plus, oui ! Rien de plus ! RAAAAAAAAAAH ! Il devait s’expliquer dès maintenant !

« Bien sûr que je te veux toujours ! Je te désire comme auparavant ! »

« Est-ce que tu es vraiment sûr que … Enfin … Je sais très bien que je suis loin d’être parfaite. J’ai une bite, je parle comme une fermière malfamée, je fais que balancer des jurons, j’insulte à tout va, je ne fais que causer des problèmes, je suis très jalouse et … »

« Si je te dis que je t’accepte comme tu es, ce n’est pas pour mentir après hein ? »

« … … … Je te crois, bien entendu. Enfin … Je … BON BORDEL ! RAMENE TA GUEULE ! J’ai quelque chose à te dire ! »

Quelque chose à lui dire ? Il s’approcha d’elle, la jeune femme le prenant par le col avant de l’embrasser goulument. Sans aucune pudeur, elle joignait sa langue à la sienne, déposant la robe de telle façon qu’elle ne soit pas salie.

« Bon ! Maintenant que tu es là et que tu as fait ça, faudrait peut-être que l’on envisage de dormir tous les deux, qu’est-ce que tu en penses ? »

« Avec toi ? Je suis invité à cela ? »

« Bien entendu, espèce d’idiot ! Avec qui d’autre tu voudrais que j’aille dormir ? TSSS ! Vraiment, je te jure ! Aller ! Ramène-toi ! La robe, j’irai la porter demain, je pense ! »

« Comme tu veux, comme tu veux, elle est à toi. »

Il aurait quand même aimé la voir la porter maintenant, voir à quoi elle ressemble mais bon … Peut-être que ce n’était pas encore le moment pour cela ? Il ne savait pas trop. Enfin qu’importe ! Ce soir, il allait dormir avec elle !


Lorsqu’ils se dirigèrent vers la tente où ils allaient dormir, Katérina remit la robe dans le plastique autour, regardant à l’intérieur de la tente avant de s’étirer longuement, présentant bien sa poitrine recouverte par le peu de vêtement à Kéran. Celui-ci ne fit rien pour autant, Katérina posant un doigt sur ses lèvres.

« Bon … Pour ce soir, par contre, on fait rien du tout, faut pas abuser. »

« Je ne pensais pas à faire quelque chose, je te le promets, Katérina. C’est pas du tout le cas, d’accord ? » dit-il alors qu’elle hochait la tête positivement.

« Si on se comprend, ça va aller bien mieux. Ne t’en fait pas, dès demain, je la mettrais cette robe ! On va voir ce que je donne dedans et … »

« Allons dormir, d’accord ? Ça sera bien mieux. Et je compte bien dormir contre toi. »

Oh ça … Difficile de lui refuser ! Mais bon, ils avaient été d’accord, hein ? Ils n’allaient rien faire tous les deux ! Loin de là même ! Elle se coucha à l’intérieur de la tente, invitant Kéran à venir vers elle, chose qu’il fit. Il ne tarda pas à s’endormir bien que cette fois-ci, c’était son propre rêve qu’il faisait et pas celui d’Elyséa. Mais cela ne le dérangeait pas le moins du monde … Pas ce soir, non … Pas du tout même.

« BON ! Ramène ton cul ici, Hodan ! »

Elle était maintenant dans son rêve et elle ne comptait pas l’abandonner de sitôt ! Bon ! Où est-ce qu’il était Hodan ? L’homme aux cheveux blonds se présenta à elle, dans ses habits gris, noirs et rouges, comme à son habitude. Sans une once d’hésitation, elle se déshabilla, se mettant complètement nue devant lui.

« Allez hop, défroque toi et plus vite que ça ! J’ai pas que ça à foutre de mon côté ! »

« Katérina … Même si je n’ai guère parlé pendant cet instant, je tiens à te dire que Kéran t’as demandé en mariage. Bien que de mon côté, je n’ai jamais vécu cela, je sais à quel point cela est important entre deux personnes. »

« Et alors ? C’est justement pour ça que tu vas m’être utile ! Faut qu’on se baise tous les deux ! J’ai besoin de me remettre en forme ! Demain, ça va être le grand jour ! Je vais m’occuper de lui, héhéhé ! »

« Et … tu penses sincèrement que coucher avec une autre personne te permettre de t’améliorer à ce sujet ? Je n’arrive pas à saisir la logique dans tout cela. » murmura calmement Hodan, croisant les bras au niveau du torse.

« Oh punaise, tu ne vas pas me faire la morale, hein ? Ca ne marche pas comme avec moi ! Je te rappelle que ce que l’on fait, c’est pour nous aider tous les deux. Même si toi, de ton côté, visiblement, t’apprends très vite et tu sembles plutôt doué. En plus, t’es bien équipé. »

« Je ne sais pas si … je dois accepter de tels commentaires, même élogieux, de la part d’une femme qui va se marier. Cela est plutôt déstabilisant. »

« Oh arrête de faire ta prude, t’es plutôt doué et c’est vraiment parce que je fais pas confiance à Kéran avec ce qui s’est passé avec Elyséa. »

« Après ce qui s’est passé ? Le fait qu’Elyséa ne soit plus en lui ? Et tu continues de croire qu’ils ont eu des rapports sexuels ensembles ? »

« J’en suis sûre et certaine ! On ne trompe pas l’instinct féminin ! Et je le verrai bien demain, lorsque lui et moi, nous coucherons ensembles ! Mais ça ne fait rien … Je vais lui pardonner car moi-même, je fais cela avec toi. » déclara-t-elle en émettant un petit rire amusé.

« Est-ce que je suis seulement un objet de vengeance pour toi ? »

« Roh … Tu vas pas faire dans le sentimental non plus hein ? » dit-elle tout en s’approchant de lui, caressant sa joue avec douceur. « Tu peux trouver cinquante raisons différentes à ce que je fais cela avec toi mais sache aussi que c’est parce que tu ressembles à un humain et que dans le fond, faudrait quand même que je te remercie de m’avoir sauvée non ? Et avec aussi … mon père … Enfin bon … S’il ne m’a pas trop cherché, je pense que c’était grâce à toi. Après, si tu ne veux pas, moi, je comprendrai mais on se rend service tous les deux en prenant du bon temps, je vois pas pourquoi on devrait alors s’arrêter non ? »

« D’accord … Mais ne te fatiguons pas trop pour demain. » termina de dire Hodan.

Dans la tente, le jeune homme était endormi, serrant Katérina dans ses bras. Il ne remarquait pas la bosse qui déformait la culotte blanche de la jeune femme, signe de l’excitation interne qu’elle avait en ce moment même. Dans la tente, une fumée noire se forma devant Kéran, prenant la forme d’Elyséa. Elle posa ses yeux sur Katérina puis sur l’entrejambe de celle-ci.

Pour la première fois depuis longtemps, depuis très longtemps même, elle n’avait pas ressenti une telle haine. Une telle rage … Quelque chose lui faisait mal, atrocement mal … Une main posée sur son cœur caché par l’armure noire qu’elle portait, elle serra avec force cette dernière, l’armure noire se fissurant.

« Tu dépasses un peu les limites imposées … Katérina … Des limites qu’il ne faudrait pas franchir. » murmura faiblement la femme aux cheveux blancs.


Une aura noire se forma autour d’elle, mauvaise, malsaine, colérique, mélange de plusieurs sentiments néfastes. Avec lenteur, elle s’approcha de Katérina, passant une main dans ses cheveux gris, les soulevant pour laisser paraître son oreille.

« Ce n’est pas cela qui va te déranger … n’est-ce pas ? Toi qui semble ne pas comprendre la situation. Toi qui en profite beaucoup trop … Je ne comprends pas ce qui se passe … Je ne comprends pas vraiment ce que cela veut dire … »

Elle ne savait pas exactement ce que cela voulait dire … Pourquoi est-ce que voir Katérina prendre du plaisir alors que Kéran était à côté … Ce n’était pas à cause de Kéran, loin de là … mais la scène de jalousie de la part de Katérina … Elle savait pertinemment que la jeune femme était plutôt spéciale au niveau du caractère, que les séquelles des viols consécutifs de la part de son père avait fini par briser certaines règles que les femmes obéissaient naturellement. On ne couchait pas délibérément avec d’autres personnes car on voulait se venger d’autres, pas parce que l’on s’imaginait des choses, pas pour donner une récompense, non pas pour apprendre. Non … C’était complètement ridicule !

« Ma pauvre petite … Tu peux me menacer autant que tu veux … Tu ne sais pas à quel point je peux être terrifiante … Encore plus lorsque tu dors … Lorsque tu es sans défenses. Tu es peut-être possédée ? Ce n’est pas bien grave. Dans les rêves, je suis celle qui domine. Je pourrai facilement briser ton esprit alors retiens bien cela … »

Oui … Que le message passe soit bien clair. Avec lenteur, elle approcha ses lèvres de l’oreille gauche de Katérina, chuchotant d’une voix glaciale :

« Fais-le souffrir … d’une manière ou d’une autre … Fais-le souffrir … en brisant son cœur et je briserai ton âme. Le moindre instant où tu penseras avoir du répit … Le moindre instant où ton corps tentera de se reposer, je m’insinuerai en toi, j’irai te briser, morceau par morceau. Et qu’importe si Hodan est auprès de toi, vous ne serez pas trop de deux … Dans le monde des rêves, c’est moi qui dirige. Combien de temps arriverais-tu à tenir sans dormir ? Bonne question, n’est-ce pas ? Tu n’as pas envie de cela … Alors, un conseil : arrête cela. »

Finalement, elle arrêta de parler dans l’oreille de Katérina, celle-ci se mettant à trembler, comme grelottant de froid. Non … Elle n’allait même pas prendre la peine d’aller dans son rêve car elle savait ce qu’elle faisait. Non … Elle n’avait pas que cela à faire, loin de là. Maintenant … C’était au tour de Kéran. Elle n’allait pas s’immiscer dans son rêve, comme promis. Elle allait juste …

« Je ne comprends pas vraiment … Je ne sais pas … exactement … ce qui s’est passé. Mais quand je vois ce qu’elle fait, cela me fait mal à la poitrine. J’ai l’impression d’avoir déjà vécu cela, je ne comprends pas, tout est trouble. »

Mais elle savait une chose, une chose très importante : si Katérina continuait dans cela, elle allait souffrir. Horriblement souffrir même. Avec douceur, la femme aux yeux bleus vint coller ses lèvres contre la joue de Kéran, celui-ci marmonnant dans ses rêves.

« Hmmm … Elyséa … Ca chatouille mais … Restons comme ça … plus longtemps. J’aime bien … quand tu es à mes côtés. »

Il parlait beaucoup pour un simple rêve, n’est-ce pas ? Un simple rêve … Cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas dû en faire un. Un rêve où lui seul imaginait les choses se trouvant à l’intérieur. Un rêve où elle ne s’immisçait pas, n’imposant pas sa présence. Imposer sa présence … Cette pensée la faisait souffrir, terriblement souffrir même. Sans aucune explication, sans aucune raison apparente. Tout son corps disparu peu à peu alors qu’en même temps, elle caressait la joue du jeune homme.

« Bonne nuit, Kéran. Je veillerai sur toi. »

C’est ce qu’elle faisait de mieux … du moins, qu’elle espérait. Car elle n’était peut-être pas très douée ? Elle ne savait pas … Elle ne savait plus maintenant.

« Aller ! Debout la marmotte ! FERME LES YEUX ! »

Hein quoi ? Le jeune homme avait entendu la voix de Katérina en même temps qu’il recevait un baiser sonore de sa part. Elle lui avait caché les yeux, l’invitant à se lever, chose qu’il fit. Ils quittèrent la tente tous les deux, la jeune femme lui disant de garder les yeux fermés alors qu’il sentait qu’elle se plaçait devant lui.

« Tu peux maintenant, Kéran ! »

Il s’exécuta, se demandant ce qui motivait autant la jeune femme aux cheveux argentés avant de comprendre. Elle la portait … Elle portait la robe blanche ! Les épaules nues, un bandage sur le bras gauche et au cou, elle était resplendissante. Mais il n’y avait pas que cela, elle avait aussi un collier de perles ainsi que deux magnifiques gants blancs qui lui allaient jusqu’aux coudes. La robe était ouverte légèrement sur la poitrine, laissant paraître un léger décolleté tandis qu’elle semblait fendue sur le côté. D’ailleurs, sur le côté droit de la robe, quelques petites roses blanches factices étaient visibles, allant parfaitement avec la fleur qu’elle portait habituellement dans ses cheveux. Si on rajoutait aussi le collant blanc sur sa jambe droite, sachant que celle de gauche était bandée comme son bras … Elle était magnifique. Le blanc, l’incarnation de la pureté.

« Alors ? Comment est-ce que je suis ? » demanda-t-elle en tournant sur elle-même.

« Parfaite. » murmura faiblement le jeune homme aux cheveux blancs. Elle était vraiment parfaite … Finalement, il la voyait dans une autre tenue pour la première fois.

Chapitre 197 : Une robe spéciale

Chapitre 197 : Une robe spéciale

« HEY ! Je peux savoir ce qui te prend toi ?! »

Maintenant qu’ils n’étaient plus avec le Dominion Naturel, le trio semblait se détruire peu à peu. Il fallait dire que le jeune homme accélérait le mouvement sans même se soucier de Katérina et Loa, ne faisant guère attention à elles. Enfin, trio, il fallait dire que maintenant, Hodan ne se privait pas de prendre sa forme humaine et de venir les côtoyer.

« J’ai décidé de voyager seul … voilà tout. Maintenant, vous pouvez rester ensembles. Ce n’est pas un problème. Au revoir ou plutôt adieu. »

« Kéran. Si tu nous expliquais plutôt la situation ? » demanda calmement Loa bien qu’elle se positionnait maintenant devant lui pour l’empêcher de s’éloigner.

« Pourquoi est-ce que je perdrai mon temps à ça ? Donne-moi une bonne raison, Loa. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous. »

Des paroles vraiment dures de la part de Kéran mais il semblait les penser réellement. En fait, non … Il semblait ne même pas s’intéresser à ce qui se passait autour de lui. Loa, pourtant, ne semblait pas impressionnée, loin de là même. Elle … comprenait le problème du jeune homme ? Quand il la regardait, il avait cette impression.

« Qu’est-ce qui s’est passé hier soir, Kéran ? » dit-elle avec lenteur, cherchant bien par-là à obtenir la confirmation de ce qu’elle pensait.

« Vous n’avez pas besoin de le savoir. Je ne vois pas pourquoi elle devrait le savoir. Elle en serait plus qu’heureuse. Je ne veux pas d’une personne comme ça. Elle a dépassé les limites, elle se permet de me faire des remarques, elle se permet de me juger mais elle ne vaut pas mieux, elle n’en a strictement rien à faire de ce que je pense. La seule chose qui l’intéresse, c’est qu’on la plaigne, voilà tout. »

« HEY ! De qui est-ce que t’es en train de parler ?! Fais gaffe si tu parles de moi, je … »

« Et tu pensais que je parlais de qui d’autre, Katérina ? DE QUI D’AUTRE EST-CE QUE JE POURRAI PARLER ?! »

« PUTAIN ! ME FAIT PAS CHIER ! SI TU DIS PAS CE QUE C’EST TON PROBLEME, ON VA PAS POUVOIR T’AIDER ! »

« C’est toi … C’est toi mon problème, Katérina. C’est pas plus compliqué que ça… »

« Quoi ? Et où est-ce que je t’ai causé des problèmes hein ? Aller ! Balance au lieu de tourner en rond ! Où est-ce que j’ai créé des emmerdes hein ? »

« Fais pas l’innocente. C’est à cause de toi qu’Elyséa est partie … C’est de ta faute. »

« Qu’est-ce que tu baragouines encore ? Partie ? Raconte pas n’importe quoi ! »

« Il dit la vérité. Je ne ressens plus la présence d’Elyséa en lui. » murmura Hodan. Un grand sourire se dessina sur le visage de Katérina, celle-ci disant avec un peu de joie :

« Il était temps qu’elle se barre ! Et c’est à cause de moi ? Ben tant mieux ! Bon déba… »

Elle n’avait pas eu la possibilité de terminer sa phrase. Cette fois-ci, le jeune homme n’avait pas supporté plus longtemps les propos de Katérina. Le poing droit de Kéran s’était enfoncé en plein dans le nez de Katérina, la projetant plusieurs mètres en arrière, une trace de sang l’accompagnant. Des cris se firent entendre de la part d’Hodan et Loa, le premier allant aussitôt voir comment allait Katérina.

« NE REDIS PLUS JAMAIS CA ! Tu te foutais de la gueule de Sélia à cause de sa jalousie ! Tu croyais quoi ?! Que j’étais un prix ?! C’est ça ? Et maintenant, ça te fait tellement plaisir que je souffre à cause de ça ?! C’est ça ?! »

« Je vais le buter … Je vais le buter … JE VAIS LE BUTER ! » hurla Katérina en se redressant, poussant Hodan alors qu’elle avait une main posée sur son nez ensanglanté. Malgré ses dires, elle n’avait pas sorti d’arme.

« Viens donc, espèce d’imbécile. Non, en fait, tu n’en vaux pas la peine. Je ne vois même pas pourquoi je reste encore plus longtemps ici. J’ai été un idiot de croire ça. Comme tu as l’air d’aimer passer du temps avec Hodan, tu n’as qu’à rester avec lui. Moi, je m’en vais. »

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que … Hodan n’avait quand même pas dit à Kéran ce qui se passait non ? HEIN ? Elle le regarda, l’homme aux cheveux blonds hochant la tête négativement. Non … Kéran n’était pas au courant et surtout, ça n’avait rien à voir ! Il était en train de se gourer complètement ! PUTAIN !

« FAIS CHIER ! T’ES TROP CON COMME MEC ! C’est toi que j’aime Kéran ! Pas le blond de service ! Lui, c’est juste le type qui me possède, rien d’autre ! T’es stupide ou quoi ?! Comme si j’allais aimer un autre type que je connaissais à peine y a quelques jours ! Et ouais, je suis content qu’Elyséa soit plus là ! Au moins, elle te tournera plus autour ! TOI ! Hodan ! Rentre en moi ! T’as pas l’air de comprendre la situation ! »

« Je la comprends parfaitement … C’est pourquoi j’accepte cela. » répondit calmement le Giratina humanoïde avant de disparaître, retournant en Katéirna.

« T’as de drôles de façon de le montrer ! Maintenant, c’est trop tard ! Elyséa n’est plus là et je devrais accepter le fait que tu sois encore avec Hodan ? Non ! Ca ne marche pas comme ça ! Je ne veux plus vous voir ! Désolée Loa, tu n’as rien fait mais … »

« Ce n’est pas grave. Cela se comprend. Des fois, tu as besoin de laisser libre court à ta colère et d’exploser. Cela se comprend parfaitement. »

« Trop tard ? Raconte pas de conneries ! Elle doit pas être trop loin non plus. Je suis sûre qu’elle doit être dans les environs ! T’es trop con ou quoi ? Elle a dit qu’elle ne pouvait pas être séparée de toi et inversement ! Fais chier ! Je me pourris ma bonne humeur à cause de tes conneries ! BON ! RAMENE TON BOULE ELYSEA ! »

« Je ne t’ai jamais quitté, Kéran. Du moins, pas concrètement. »

Une voix féminine s’adressait au jeune homme, celui-ci sursautant sur le coup. Elyséa ? Où est-ce qu’elle était ? Il ne la voyait pas ! Il ne la voyait pas du tout ! Il ne la ressentait pas du tout même ! Alors pourquoi ? POURQUOI ?

« Je ne te quitterai pas … Mais je ne veux plus me présenter à toi. Je ne te dérangerai pas plus longtemps. Je resterai calme et silencieuse. Tu m’as supporté ainsi pendant plus de dix ans ou presque … sans que je me montre. »

« Ne dit pas de bêtises ! Maintenant, c’est trop tard de toute façon ! »

« Ce n’est jamais trop tard … Je sais parfaitement que tu l’aimes, n’est-ce pas ? Tu as encore une façon de le lui montrer. Mais c’est à toi et à toi seul de voir. Maintenant … Je ne me montrerai plus … sauf en cas de force majeure. »

Une façon ? De quelle façon était-elle en train de parler ? De quoi est-ce qu’elle était en train de parler hein ? Il ne comprenait pas du tout où elle voulait en venir là ! Ce n’était pas normal ! Pas du tout normal même ! Et … Pourquoi est-ce qu’elle ne voulait pas revenir en lui ? Pourquoi ? Pourquoi ?

… … .. Elle avait fait le bon choix. Elle n’avait pas à s’immiscer entre Kéran et Katérina. Elle avait l’impression … que cela se répétait. Mais qu’est-ce qui se répétait ? Elle ne savait pas. Elle sentait juste … qu’il en était ainsi et pas autrement malheureusement. Voilà, c’était triste à dire mais c’était de la sorte qu’elle le ressentait. Peut-être qu’elle se trompait ? Peut-être qu’elle s’imaginait des choses ? Peut-être ? Il fallait juste … qu’Hodan fasse pareil.

Qu’est-ce qu’il avait encore à faire ? Quelle façon il avait à faire ? Même si … Katérina avait crié cela … Elle ne le montrait plus depuis qu’Hodan était là. Elle ne faisait rien du tout pour cela. Voilà tout … C’était tout simplement ça. Avec lenteur, il murmura :

« Je verrai … au fil de la journée ce que je dois faire. »

Voilà tout. C’était ainsi et pas autrement. Il avait pris sa décision. Il espérait juste que c’était la bonne. Et … il se sentait un peu triste mais Elyséa était toujours près de lui. Et Katérina l’aimait, n’est-ce pas ? C’est ce qu’elle avait dit. Elle ne pouvait plus revenir en arrière ! Plus maintenant ! Et surtout …

« Est-ce que je peux voir ton nez, Katérina ? »

C’était quand même de sa faute sur le coup. La jeune femme aux cheveux argentés le regarda avec suspicion avant de retirer sa main. Le sang avait arrêté de couler mais semblait déjà un peu durci puisqu’elle n’avait rien fait pour le nettoyer. Elle avait vraiment une sale trogne … à cause de lui. Il lécha un doigt, commençant à frotter sous le nez de Katérina.

« Hey ! Ca chatouille, bordel ! AAAAAAH ! »

« Katérina ! Ne m’éternue pas dessus ! FAIS PAS … »

Elle tourna le visage juste au dernier moment, éternuant à côté de Kéran … mais aussi sur son doigt sous le nez de Katérina. Il fit une petite moue de dégoût.

« C’est vraiment … horrible quoi … »

« Pas de ma faute, bordel ! Tu me chatouilles le nez avec le doigt ! Purée ! Faut que j’aille me laver aussi maintenant ! Bon, je reviens ! Vous barrez pas ! »

Oui, oui … Il ne comptait plus partir maintenant. Il haussa les épaules, la regardant s’éloigner tout en soupirant légèrement. Tout était aussi facilement résolu ? Un claquement de doigts et c’était fini ? Ca ne marchait pas comme ça normalement !

« Je ne tomberais pas dans un piège aussi grossier. »

« Ce n’est pas un piège, Kéran. Elle veut réellement faire la paix avec toi, tu ne le vois pas ? »

« Je … Après ce qui s’est passé, je ne préfère pas, non. Mais … Je veux bien lui laisser une chance. Je pense que c’est la meilleure chose à faire. »

« C’est exact, Kéran. C’est exact … »

« Oui … Si tout était aussi simple et exact, ça se saurait. » répliqua le jeune homme à Loa, la remerciant néanmoins de l’avoir … bloqué. Sans cela, peut-être qu’il n’aurait jamais dit ses vérités à Katérina et inversement. Mais … Il avait perdu quelque chose dans cette histoire : Elyséa. Qu’on le veuille ou non, le simple fait de ne plus l’avoir à ses côtés le faisait atrocement souffrir. Plus qu’on ne pouvait le croire, plus qu’on ne pouvait le penser. Elyséa était une partie de lui … mais pour aujourd’hui, il allait essayer de la mettre de côté.

Katérina revint quelques minutes plus tard, le visage trempé mais sans sang ou … morve qui s’écoulait de son nez. Il y avait aussi un peu d’eau qui glissait le long de sa poitrine … du moins, du haut de sa poitrine. Ah … Il ne devait pas penser à ça. Katérina n’était pas un morceau de viande qu’il reluquait comme ça. Il valait bien mieux quand même ! Bien mieux, oui ! Il ne fallait pas exagérer !

« Qu’est-ce qu’il y a Kéran ? Tu me reluques ? Tu perds pas le nord, dis donc ! »

« Non … Non … Juste que tu me manquais … un peu. »

Juste un peu ? Ca se voit qu’il n’avait pas dormi avec elle ces derniers jours ! Du moins, pas comme auparavant ! Hahaha ! Il allait voir cette nuit ! Il allait voir ce qu’il allait voir maintenant ! Haaha ! Il allait finir par être tout retourné le pauvre ! Il ne risquait pas de s’en remettre ! Oh que non ! Pas du tout même !

La journée se passa plus agréablement qu’on n’aurait pu le croire à ses débuts. Le jeune homme discutait maintenant avec Loa et Katérina, comme si tout cela ne s’était jamais produit. Bien entendu, difficile d’oublier tout cela. Mais … Il fallait ignorer quelques fois le problème et le remettre à plus tard, voilà tout. C’était ainsi … et pas autrement.

Pendant la nuit, alors que Loa était déjà partie dormir, il restait seul avec Katérina autour du feu. De toute la journée, Hodan et Elyséa n’avaient pas pris la parole. Non, ils étaient seuls … tous les deux … comme s’ils n’avaient jamais été possédé par les deux pokémons. Après plusieurs minutes, Katérina demanda à Kéran :

« Bon … Par contre, tu voulais me dire quelque chose, Kéran depuis le début. Elle disait que t’avais un truc à me dire, Elyséa. C’est quoi ? »

« Ah … Euh ça … Hum … Je ne sais pas vraiment si … »

C’était le bon moment ou non. Il ne savait pas … BON ! Ca devait l’être surement ! Il devait avoir confiance en lui ! Ce n’était pas difficile ! Ce n’était pas dramatique ! Aller ! Un peu de courage au cas où ! Puis bon, c’était quand même un cadeau.

« Je veux juste savoir … Katérina, est-ce que tu fouilles dans mes affaires ? »

« Est-ce que j’ai une tête à faire ça, Kéran ? Sincèrement ? »

« Alors tant mieux … Enfin … Avec tout ce bordel des derniers jours … et puis ça commence à dater un peu … Enfin, comme elle est protégé, ça devrait être bon … mais voilà … »

Mais voilà quoi ? Qu’est-ce que … Elle le vit ouvrir son sac, en extirpant un carton de taille moyenne. Il le tendit vers Katérina, celle-ci haussant un sourcil d’étonnement. Un cadeau ? Mais quel idiot ! A croire qu’il avait prévu ça depuis longtemps …

« Et c’est quoi ce qu’il y a dedans ? » demanda-t-elle avec lenteur.

« Il suffit juste que tu ouvres le carton et regarde à l’intérieur. »

Ouais, ouais, c’est ce qu’elle allait faire. Avec force, elle arracha le carton, remarquant un vêtement emballé dans du plastique … et nullement froissé. Un vêtement blanc ? Qu’est-ce que … Une tenue ? C’était … Elle retira le plastique, murmurant :

« Est-ce que je peux aller ailleurs ? Pour mieux … la voir ? »

« J’aurai bien voulu savoir ce que tu en pensais surtout. »

« Ce que j’en pense … mais …. Kéran … C’est une robe … Enfin … Une robe … »

Oui, c’était bien une robe mais Katérina semblait plus que troublée par ça. Il avait fait quelque chose de mauvais ? Surtout que la jeune femme s’était mise à trembler de tout son corps. Finalement, elle se leva, s’éloignant sans un mot.

« Est-ce que j’ai fait une bêtise ? Je pensais que ça lui plairait … Je suis vraiment pas doué. »

« Ce que tu as offert n’est pas qu’une simple robe, Kéran. C’est une robe qui a une grande importance pour les femmes. Je ne pense pas que tu étais au courant lorsque tu l’as achetée, tu ne t’es même pas posée la question de savoir pourquoi elle était aussi chère. »

« Non ? Pourquoi est-ce qu’elle l’est ? Enfin, je la trouvais magnifique et je pensais qu’elle lui irait très bien. J’espère ne pas avoir fait une … »

« Ceci est une robe de mariée, Kéran. » murmura la voix d’Elyséa, légèrement amère.

Chapitre 196 : Séparation

Chapitre 196 : Séparation

« … … … Elyséa, est-ce que tu veux bien me parler, s’il te plaît ? »

« Pardon, Kéran, je n’ai pas vraiment la tête à cela. Je ne veux pas … Je préfère rester sagement en toi et ne rien faire d’autre si ça ne te dérange pas trop. »

« D’accord … Non … Ca ne me dérange pas … sauf le fait que tu me sembles plutôt aller mal … Tu n’as pas apprécié de contrôler mon corps ? Je comprendrais hein … »

« Non non ! Ce n’est pas du tout ça, Kéran ! C’est même tout le contraire ! C’est vraiment tout le contraire … Je te le promets … Mais toi, tu n’as pas l’air d’aller bien. »

« Ca passera … Ne t’en fait donc pas pour cela … Ce n’est pas bien important. »

Pas vraiment important ? Elle voulait dire dans ses pensées mais cette fois-ci, un véritable mur était présent autour des pensées du jeune homme. Un mur qu’elle ne pouvait même pas effrité. Le jeune homme était maussade, très maussade même. Il semblait ne pas aller très bien à cause de toute cette histoire. Elle pouvait remarquer que Katérina et Hodan, par contre, tous les deux semblaient bien plus apaisés. Comme quoi, il suffisait juste d’avoir un certain charisme et de se montrer sous sa forme véritable pour plaire à Katérina.
En même temps, le fait qu’Hodan ait raconté son histoire, le fait qu’elle en sache plus sur lui, toutes ces choses … Cela devait grandement améliorer leurs rapports à tous les deux. Comme quoi … Il ne fallait pas grand-chose. Ou alors … Non … Katérina n’était pas ainsi ? Ou peut-être que si ? Elle pouvait s’insinuer dans les rêves de la jeune femme ce soir et peut-être alors vérifier quelque chose ? Non …

Est-ce qu’elle pouvait réellement se mêler de tout cela ? Ca ne la concernait pas le moins du monde, loin de là même. Mais bon … Toute cette histoire entre Kéran et Katérina étaient très occupés. Elle devait essayer de leur donner un petit coup de pouce. Peut-être que … Hum … Elle n’était pas si sûre de comment tout cela devait marcher.

Mais elle allait vérifier et voir au cas où. C’était une simple mesure de précaution et en même temps, cela permettrait de discuter avec Hodan pour trouver un moyen de tout arranger. Ah … La journée passa tranquillement mais Kéran était d’une humeur de chien. Elle n’avait pas réussi à atteindre les pensées du jeune homme et cela la préoccupait plus que tout le reste. Elle avait même totalement oublié son petit problème personnel.
La nuit tomba et elle remarquait que Kéran ne dormait pas. Pas du tout même. Elle tenta de faire une conversation mais il lui signala que ce n’était pas grave, il trouverait le sommeil seulement lorsqu’il en avait besoin. Elle lui proposa son aide mais il signala qu’il ne voulait pas d’un sommeil forcé. Qu’est-ce qui se passait avec lui ?

Elle allait finir par le trouver. Sans un mot, elle s’insinua dans les rêves de Katérina, commençant à marcher dans le vide. Elle entendait des petits gémissements aigus qui lui firent hausser un sourcil. Qu’est-ce que … Ce n’était quand même pas ce qu’elle pensait, n’est-ce pas ? Ou alors …

« Hey ?! Pourquoi est-ce que tu t’arrêtes maintenant ? PUTAIN ! FAIS JAMAIS CA ! Frustrer une femme, c’est la pire des choses que tu peux faire ! »

« Je … Hum … Pour rien du tout. Pardonne-moi. Je pensais à quelque chose. »

« Ouais, ouais … Penser à quelque chose et puis quoi encore. Continue et fais ton boulot. T’es vraiment peu doué pour l’heure. Enfin, tu tiens quand même la cadence dans le rêve. En espérant que dans le réel, tu es plutôt endurant et aussi bien équipé. Et dire que pendant ce temps, je suis sûre que Kéran prend du bon temps avec Elyséa ! Tsss ! »

« Je ne pense pas … qu’il faut parler d’un autre homme ou d’une autre femme pendant un rapport sexuel, non ? Cela me semble assez horrible d’avoir en tête cela. »

« Ouais, ouais … Je le sais bien mais fais gaffe à pas t’attacher à moi. M’enfin, t’es juste un mort et de toute façon, tu penses plus à ta petite sœur qu’à moi donc comme ça, c’est résolu ! Un échange de bons procédés comme ils diraient ! »

« J’en ai assez entendu … Je n’ai pas de raison de rester ici plus longtemps. » chuchota très faiblement la femme aux cheveux blancs avant de disparaître.
Elle était de retour … dans le corps de Kéran. Celui-ci avait les yeux rivés sur Katérina, cherchant à approcher sa main de la bosse bien visible dans la culotte de la jeune femme. Il voulait la toucher, la faire réagir … lui montrer qu’il l’aimait mais il n’en était pas aussi sûr … Il avait peur de commettre encore une bêtise … encore une.

« Kéran ? Tu n’arrives toujours pas à dormir ? Je crois que je vais t’y obliger … »

« Ne fait pas ça … S’il te plaît, j’ai envie de réfléchir. J’en ai besoin. »

« Kéran, concernant Katé … Non, rien du tout. Ce n’est pas important. »

« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as dit quelque chose ? » demanda le jeune homme. Elle allait parler de Katérina, non ? Alors, elle pouvait le lui dire, n’est-ce pas ?

« … Elle t’aime réellement. Même si elle l’exprime d’une manière un peu spéciale. »

Hein ? Quoi ? Le jeune homme haussa un sourcil, surpris par la déclaration d’Elyséa. Pourquoi est-ce qu’elle lui disait cela ? Même si ça lui réchauffait le cœur. Il se sentait quand même bien mieux mais en même temps …

« Elle ne fait rien pour le montrer ! Elle traîne toujours avec Hodan maintenant qu’il s’est montré sous son apparence humaine. C’est … »

« La même chose que moi. Bien que je ne me montre pas souvent. Je crois que moi-même et … Hodan … Nous nous sommes un peu trop investis par rapport à vous. Dorénavant, Kéran, je pense qu’il vaut mieux mettre un terme définitif à nos entraînements. »

« Hein ? Mais pourquoi ? Attends un peu ! Est-ce que tu peux m’expliquer pourquoi ? »

« C’est la meilleure solution. De même, je ne viendrais plus t’embêter dans tes rêves. »

« Toi aussi, tu m’abandonnes, c’est ça ? »

Mais non ! Surtout pas ! Comment est-ce que le jeune homme s’était mis cette idée en tête ? Pourquoi est-ce qu’il pensait ça ? Comment était-ce tout simplement possible ? Finalement, le mur autour des pensées de Kéran vint faiblir et elle s’insinua en lui. Quel idiot … Vraiment … Quel idiotie de la part de Kéran. Il ne comprenait pas, n’est-ce pas ? Mais ça ne faisait rien du tout. Ce n’était pas non normal.

« Idiot. Je ne pense pas à mal en ce qui te concerne. Je ne t’abandonnerai pas. Je te l’ai déjà dit, nous sommes liés à la vie, à la mort. »

« Alors pourquoi est-ce que tu as dit ça ? POURQUOI ? »

« … … … Kéran. Pardon. Je vais faire une dernière chose. »

Une dernière chose ? Mais il n’aimait pas quand elle parlait comme ça ! Pas du tout même ! De la fumée noire sortit du corps du jeune homme, prenant l’apparence de la femme aux cheveux blancs. Celle-ci était dans sa tenue habituelle pour s’entraîner, c’est-à-dire un marcel blanc en haut et un pantalon de toile noir. Qu’est-ce que …

Il se retrouva enlacé par Elyséa mais non pas une petite étreinte dénue de sentiments comme elle le faisait d’habitude. Non pas … Cela … C’était autre chose … C’était plus sincère, plus tendre. Il … Il avait l’impression que c’était la dernière fois qu’il la voyait. Et il se sentait déjà sur le point d’éclater en sanglots.

« Pardon, pardonne-moi, Kéran. Je n’avais pas envie de briser tout cela. Si seulement j’avais décidé de ne jamais apparaître devant toi, peut-être que tout cela ne serait jamais arrivé. Pardon … Je vais rester calme et sage dorénavant. »

« Mais qu’est-ce que tu racontes ? Elyséa ! Où est-ce que tu veux … en venir ? »

« Je crois avoir causé assez de problèmes … pour le moment. Pardon. »

Mais pardon pourquoi ? Pour quelle raison ? POUR QUELLE RAISON ?! La femme se transforma en fumée noire mais … C’était différent … Il ne la ressentait plus en lui. Elle avait réellement … quitté son corps ? Mais … Elle avait dit … Elle avait dit qu’il … ne pouvait pas se séparer d’elle. Alors … Alors …

Qu’est-ce qu’il … NON ! Ca voulait dire quoi ça ? POURQUOI ? POURQUOI ?! Il cria le nom d’Elyséa dans son fort intérieur mais rien du tout. Rien de rien … Elyséa ne lui répondait pas. Il ne la sentait plus. Avec lenteur, il vint caresser les cheveux de Katérina. C’était de sa faute … Sa faute à sa jalousie maladive. Car elle ne voulait rien comprendre. Car elle n’avait pas cherché à comprendre.
Il se redressa, quittant la tente avant de s’éloigner sans un mot. Deux soldats qui faisaient les veilleurs le virent partir, ne cherchant pas à l’arrêter. Peut-être avait-il besoin de se soulager la vessie ? Nul ne le savait à part lui. Mais le jeune homme semblait décider à ne pas revenir après quelques minutes. Au sol, une ombre se déplaçait, invisible dans l’obscurité. L’ombre s’éloigna à son tour, suivant le même chemin que Kéran.

Le lendemain matin, il n’était pas présent dans le tente, ni même lors du petit déjeuner. Ce fut seulement lorsque l’heure fut de partir en remontant les tentes que les personnes commencèrent à s’inquiéter, la princesse en première.
Pourtant, il vint réapparaître, le visage sombre, les yeux légèrement rougis, il se présenta face à la princesse, s’inclinant respectueusement devant elle. Tout le monde sembla surpris par le geste de Kéran, celui-ci prenant la parole :

« Princesse Iyasminé, après ce qui s’est passé dernièrement, je pense qu’il est temps que vous retourniez là d’où vous venez. Ainsi, vous ne serez plus en danger. Je pense que les soldats qui vous accompagnent seront d’accord avec moi pour dire que c’est la meilleure solution. De toute façon, maintenant, vous êtes accompagnée par Zénark. Vous ne devriez plus avoir de soucis de votre côté. »

« Hein ? Mais héros Kéran, qu’est-ce qui vous prends de dire cela ? »

« Je ne vous veux plus dans mes pattes. Dorénavant, nos chemins se séparent. Vous risquez d’être plus une plaie qu’autre chose. Veuillez partir avec le Dominion Naturel et ne plus jamais vous présenter devant moi. C’est beaucoup trop dangereux pour les personnes comme vous. Vous êtes beaucoup trop faible. »

« Kéran ! Y a des trucs qui se disent pas quand même ! » cria Katérina, Hodan se trouvant à côté d’elle, étudiant le jeune homme avec suspicion. Quelque chose clochait chez lui mais quoi ? Le jeune homme fit une moue ironique, un rictus mauvais peint sur le visage.

« Je ne fais que dire la vérité. Combien de membres sont morts face au Noctunoir ? La prochaine fois, ils n’auront pas autant de chance. S’ils veulent vivre, il vaudrait mieux pour eux qu’il se séparent de nous dès maintenant. Quant à ta remarque sur ce qui se dit ou ce qui ne se dit pas, je préfère encore me percer les tympans plutôt que d’entendre tes conseils de ta part sur ce sujet, Katérina. »

« Qu’est-ce que tu me bara … »

« D’ailleurs, c’est la même pour toi, Hodan et Loa. Disparaissez de ma vue. »

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer, Katérina se levant, serrant les poings alors qu’Hodan restait suspicieux. Quelque chose avait changé mais quoi ? Le jeune homme était radicalement différent d’hier.

« Hé … Héros Kéran … Vous … Vous le pensez vraiment ? » bredouilla l’adolescente aux cheveux rouges, tremblante un peu après les propos de Kéran.

« Ai-je l’air de plaisanter ? Il vaut mieux pour vous que vous quittiez ce chemin que j’ai pris. Vous n’êtes pas faits pour cette vie. Et pas besoin de me sortir les yeux de pokémon battu, ça ne m’émeut pas le moins du monde. »

« Je … D’a … D’accord. Pardonnez-moi de vous avoir dérangé, héros Kéran. » termina de dire Iyasminé, demandant aux soldats de se préparer à partir. L’adolescente était comme choquée, incapable de raisonner correctement alors que Zénark s’approchait de Kéran.

« Je peux savoir ce à quoi tu joues, humain ? »

« Tu la protégeras, n’est-ce pas ? Tu veilleras sur elle, n’est-ce pas ? »

« Là n’est pas la question. C’est quoi ce que tu es en train de faire en ce moment même ? Et … Je te sens un peu … vide ? »

« Ne pose pas de questions et répond à la mienne. Tu la protégeras, n’est-ce pas ? Tu veilleras sur elle, n’est-ce pas ? »

Il ne semblait pas être devenu comme fou … Non, ce n’était pas exactement cela. Il n’avait pas perdu la tête non plus. L’Absol ne savait pas comment expliquer cela … C’était étrange, vraiment très étrange même.

« Ce que je compte faire ne te concerne pas … Pas le moins du monde. »

« Je considère cela comme le fait que tu as accepté mes propos. Maintenant … Disparaissez. »

« u donne l’impression d’être vide. Comme si on t’avait retiré toute ta substance. Cela est étrange, c’est la première fois que je vois ça. »

Kéran le regarda sans cligner des yeux. Qu’il ne commence pas à chercher des réponses auxquelles il n’aura jamais accès. L’Absol retourna auprès de la princesse, se plaçant à côté d’elle avant de lui dire quelque chose très faiblement.
La princesse tourna vers Kéran, faisant un petit sourire avant de sécher les larmes qui s’étaient écoulées à partir du moment où il avait proféré de tels mots. D’ailleurs, elle s’avançait vers lui, déclarant que cela ne prendrait pas trop de temps. Elle se positionna en face de Kéran, demandant d’une voix faible :

« Héros … Kéran … Est-ce que vous pouvez vous pencher en avant ? Vous êtes un peu trop grand pour moi. »

Il s’exécuta, cherchant à voir où elle voulait en venir. Lorsqu’il avait son visage à sa hauteur, elle l’embrassa sur le front, pleurant une nouvelle fois avant de bredouiller :

« Je comprends … Merci pour tout. »

« Je me sens vide … tellement vide … Vraiment vide … »

« Ca ne fait rien. Sachez que vous n’êtes jamais seul, Elyséa est toujours près de vous. Et nous le sommes tous. Je sais que vous êtes destiné à de grandes choses. »

« … … … Je me sens las … vraiment las … tellement las. »

Elle l’embrassa une nouvelle fois sur le front avant de s’éloigner de lui. L’adolescente retourna auprès de l’Absol et des soldats, saluant une dernière fois Kéran, Loa, Katérina et Hodan. Bizarrement, Elyséa n’avait pas donné de nouvelles d’elle. C’était étrange, vraiment étrange de sa part. Ce n’était pas dans ses habitudes.

Chapitre 195 : Un nouveau compagnon

Chapitre 195 : Un nouveau compagnon

« Tsss … Tu oses donc trahir les pokémons ténébreux en allant rejoindre les humains ? »

« Trahir qui ? J’ai toujours été un solitaire … Et entre nous, combattre un pokémon spectre est dans ma nature même. Je ne vois donc aucun problème à venir te tuer, Karos. »

L’Absol répliquait avec dédain, ne semblant pas tenir compte des paroles du pokémon adverse. Cela ne le dérangeait pas le moins du monde d’embêter grandement le Noctunoir, celui-ci pestant de rage avant d’hurler :

« CHANGEMENT DE PLAN ! ELIMINEZ CET ABSOL ! »

Il allait lui faire payer cela ! Il voulait se moquer de lui ? Il allait le regretter amèrement ! Et pas qu’un peu ! Mais voilà, maintenant que tous ciblaient l’Absol, réussir à éliminer les créatures était bien plus simple puisqu’elles se focalisaient toutes sur le pokémon ténébreux. Elyséa possédant le corps de Kéran n’eut aucun mal à s’en prendre aux envoyés du Noctunoir, Katérina et Hodan venant les épauler ainsi que Loa.
La princesse ? Elle était bien à l’abri, protégée par les soldats encore vivants, lui demandant des nouvelles de sa santé tout en formant un cocon protecteur. Nul ne pouvait l’approcher ! Nul ne devait l’approcher plutôt ! Voilà tout ! Il en était hors de question ! Hors de question de laisser continuer cela ! Ils ne pouvaient pas être d’une grande aide mais …

« Héros Kéran ! Merci pour votre aide et celles de vos compagnons ! »

Un soldat qui les hélait pour les remercier de ce qu’ils faisaient. Et un autre … Et encore un autre … Même s’ils avaient déjà des morts, ils ne faisaient que remercier le jeune homme et ses compagnons ainsi que leur nouvel allié.


Les troupes du Noctunoir commencèrent à se réduire peu à peu et les pokémons spectres qui l’accompagnaient reculèrent, ne voulant pas mourir une nouvelle fois. Le Noctunoir poussa un cri de rage, hurlant avec colère et énervement :

« POURQUOI ?! POURQUOI FAUT-IL TOUJOURS QUE L’ON ME METTE DES BÂTONS DANS LES ROUES ?! Je suis un roi ! Un monarque ! Je suis fait pour régner ! »

Il était plus fort que tous les autres ! Il était au-dessus de chacun ! Il ne pouvait pas se faire battre de la sorte ! PAS DU TOUT ! Et ces larves … Ces grosses larves … Il regardait les pokémons spectres qui reculaient inexorablement.

« DISPARAISSEZ ! » cria Karos avant de faire apparaître des dizaines de sphères autour de lui, les projetant sur les pokémons pour les englober. Les sphères se dirigèrent vers le Noctunoir, celui-ci ouvrant sa bouche ventrale avant que les sphères ne rentrent à l’intérieur. Des cris … et des bruits de mastication alors que des visages dégoûtés se firent voir sur chacun et chacune. Même Katérina semblait horrifiée. Seul Kéran, possédé par Elyséa restait impassible avant de se jeter en direction du Noctunoir.

« Qu’importe ! Même si j’ai perdu … Je possède de nouveaux membres à mon actif … Bientôt … Oui … Bientôt, mon armée sera tellement immense qu’elle balayera tout sur son passage ! Que nul ne pourra la contrecarrer ! Mais pour l’heure … Soyez heureux, je vous laisse envie pour le moment. Katérina, nous nous reverrons … mon enfant. »

Katérina émit un léger rictus de colère en entendant les derniers mots du Noctunoir, celui-ci disparaissant avec son armée. Seuls les cadavres des pokémons et soldats du Dominion Naturel étaient présents, une partie des survivants pleurant la mort de leurs compagnons disparus. Kéran n’avait toujours pas repris le contrôle de son corps, murmurant :

« Nous ne pouvons … jamais protéger tout le monde. »

« Si tel était le cas … Le monde serait en paix, Kéran mais ce n’est pas le cas, tu le sais bien. J’en suis vraiment désolée … et pardon … »

« Pardon pour ? Pour avoir possédé mon corps ? Je pense que je peux t’excuser, Elyséa. Oui … Je pense même que je peux te remercier, ça ne me semble pas volé comme idée. »

Oh … S’il le voulait. Elle ne pensait pas qu’elle méritait des félicitations ou des remerciements mais si le jeune homme voulait lui en donner … Mais en même temps, il fallait qu’elle lui rende son corps pourtant … Elle se sentait si bien en lui, elle n’avait jamais possédé auparavant et maintenant qu’elle y avait goûté, elle n’avait pas envie de ressortir. Là … tout son corps était si chaud … vivant … Rien à voir avec l’impression qu’elle était morte. C’était même tout le contraire. Ah … Ah … Vraiment tout le contraire.

Ou alors, était-ce parce qu’elle était dans le corps de Kéran et pas un autre ? Etait-ce pour cela ? Elle ne savait pas … Elle ne savait pas du tout … tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle n’avait pas envie de le quitter. C’était la première fois depuis qu’elle était morte … qu’elle ressentait une telle chaleur, une telle envie d’être vivante. Et puis, Kéran lui avait laissé la possibilité de contrôler son corps, il pouvait bien le lui laisser pendant quelques temps non ?

« Elyséa ? J’aimerai … tenter de discuter avec Katérina, est-ce que je peux retrouver mon corps ? S’il te plaît ? »

« Hein ? Euh … Oui … Bien entendu. »

Elle était faible, terriblement faible même. Elle avait pensé à une imbécilité et voilà le résultat : elle avait failli… posséder Kéran définitivement. Rien que l’idée d’y penser … Elle se dégoûtait, elle était même horrifiée par cela.

« Kéran … Je te laisse tranquille quelques temps. Je … J’ai besoin de … Besoin d’être seule. Ne me pose pas de question, merci bien. »

« Hein ? Quoi ? HEY ! Attends un peu ! Elyséa ! »

« Pardon. » murmura la voix féminine en lui alors qu’il avait repris définitivement le contrôle de son corps. Sauf qu’il … ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Il aurait bien voulu une explication mais …

« Enfin … Je la verrai pendant que je dors, là pour le moment, j’ai plutôt envie d’aller voir Katérina ! J’ai vraiment à lui parler ! Katér… » commença à dire le jeune homme avant de s’arrêter. Encore là … Il était toujours là … lui … Comme auparavant.

Il ne devait pas s’énerver. Il valait mieux que ça … réellement mieux même. Katérina était libre d’aller avec qui elle voulait. Enfin non … Ce n’était pas la faute d’Hodan. Voilà … Ce n’était pas la faute d’Hodan. Pourquoi ? Car jamais auparavant, Hodan n’avait fait un tel geste vers Katérina, loin de là même. Alors pourquoi maintenant ?
Non … La seule responsable de tout cela, c’était Katérina. Et puis … Il s’était promis une chose, n’est-ce pas ? Il s’était promis de partir. Il allait envisager d’en parler ce soir avec elle ! Enfin, pas seulement … mais d’abord avec elle. Le reste … pouvait bien attendre.
Il voulait mettre les choses au clair. Il le voulait vraiment … Car ça ne pouvait plus durer ! Plus du tout même ! C’était juste une immense farce et blague qu’elle venait de lui faire ! Ca servait à quoi de le rendre jaloux exprès hein ? Ca lui faisait tellement plaisir ? Elle aimait le faire souffrir, c’est ça ? Mais il ne se laisserait pas faire !

Pas du tout ! Il allait se battre si c’était nécessaire ! Le reste n’avait aucune importance ! Enfin … Non … Mais voir Katérina qui était limite accrochée à Hodan … Pfff … Est-ce qu’il méritait vraiment ça ? Il souffrait intérieurement … et ça semblait faire plaisir à la jeune femme. Bon … De toute façon, il devait aller voir comment Loa se portait. Un bref coup d’œil et il remarquait que la femme aux cheveux verts était en parfaite santé. Alors, il ne … fallait pas … comment dire … Enfin … Il alla voir la princesse Iyasminé, l’adolescente étant encore un peu sous le choc. Pourtant, ça ne devait pas être la première mort qu’elle voyait, n’est-ce pas ? Elle se tourna vers lui, le regardant avec un petit sourire triste aux lèvres.

« Ils vont retourner à la nature. Nous allons les enterrer avec leurs compagnons. »

« Iyasminé, princesse, il faut que je vous dise quelque chose. Il y a de fortes chances qu’ils ne trouvent pas la paix car le Noctunoir que nous avons affronté possède leurs âmes. Il … a déjà fait pareil avec mes pokémons. »

« Hein ? Quoi ? Mais mais mais … Comment … Ce n’est pas possible ! Je ne veux pas de cela ! Je veux qu’ils puissent reposer en paix ! »

« Je le ferai princesse … Il faut que j’abatte ce Noctunoir … mais pour cela … Il faut l’empêcher de s’enfuir. Je ne sais pas comment je vais y arriver mais ce n’est pas grave. »

« Je te fais confiance, Kéran. Mais … Je peux quand même les enterrer ? »

Bien sûr que oui. Il hocha la tête positivement et il allait l’aider. De toute façon, Katérina ne s’intéressait plus du tout à lui. C’était … moche … alors autant essayer de penser à autre chose. Il commença à creuser, la Momartik venant l’aider en gelant la terre pour qu’elle soit plus facile à briser.
Une bonne heure plus tard, tous les corps furent enterrés, Sarène s’étant même permise de faire des mini-tombes glacées pour les remercier de ce qu’ils avaient fait. Kéran ne fit que baisser la tête, fermant brièvement les yeux.

Il ne devait plus penser à tout cela. Ce n’était pas bon pour lui, pas du tout même. Pas du tout … Ah … Pourquoi est-ce qu’il se focalisait sur Katérina ? Il y avait surement d’autres femmes dans le monde. Il pouvait surement en trouver une autre.

Mais à quoi est-ce qu’elle pensait exactement ? Pfff … AH ! Qu’est-ce … que Katérina venait faire ? Elle se rapprochait de lui, se plaçant en face avant de le regarder avec interrogation. Elle fronça les sourcils, marmonnant :

« T’as pas l‘air d’être possédé, où elle est ? »

« Elle m’a laissé le contrôle de mon corps. Pourquoi ? Tu as un message à lui donner, Katérina ? » demanda calmement le jeune homme aux cheveux gris.

« Ouais, de plus se rapprocher de toi, ça commence à me gonfler sérieusement. »

Il haussa un sourcil de désapprobation, regardant fixement Katérina. Elle blaguait, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ? Comment est-ce qu’elle osait dire ça alors qu’elle était toujours accompagnée d’Hodan depuis hier ?


Sans un mot, il passa à côté d’elle, l’ignorant superbement avant de se diriger vers l’Absol. Celui-ci s’apprêtait déjà à partir mais Kéran vint se positionner devant lui, demandant :

« Est-ce que tu comptes nous quitter maintenant ? »

« Je n’ai plus rien à faire ici. Je ne vois pas pourquoi je resterai et … »

« MESSIRE ABSOL ! MESSIRE ABSOL ! » cria une voix féminine, l’Absol répliquant :

« Je m’appelle Zénark. J’ai été baptisé et … »

Il s’arrêta de parler une nouvelle fois, voyant la princesse Iyasminé qui s’avançait vers lui, haletante et un peu essoufflée. Elle se pencha en avant, reprenant sa respiration avant de dire d’une voix un peu coupée :

« Est-ce vrai que vous allez partir maintenant ? Pourquoi cela ? »

« Je suis un pokémon ténébreux. Je n’ai pas à rester avec les humains. Je ne fais que passer dans le coin avant de … »

« Vous ne pouvez pas rester avec nous s’il vous plaît ? Avec vous, ça serait bien plus sûr. »

Les soldats regardèrent la princesse avec effroi. Faire une telle proposition à un pokémon ténébreux ? Etait-elle devenue folle ? Puis les visages parcourus par l’effroi devinrent plus calmes et sereins. En y réfléchissant bien, sans Zénar … Il fallait reconnaître que la princesse serait morte à l’heure qu’il est.

« S’il vous plaît … Veuillez accepter la proposition de la princesse. » dit l’un des soldats, rapidement rejoint par d’autres soldats qui incitaient à ce que l’Absol les accompagne.

« Si je viens avec vous, est-ce que vous allez vous taire ? »

« Je vous le promets, messire Zénark. » répondit la princesse du Dominion Naturel avec un grand sourire, Zénark la fixant pendant quelques secondes.

« Soit … Je veux bien vous accompagner pendant quelques temps. »

Ah ! Voilà tout ! Si on prenait les pokémons ténébreux et les spectres, si on les brossait dans le sens du poil, ils étaient faciles à amadouer ! Néanmoins, il n’allait pas en faire la remarque au pokémon à la corne noire. Il valait mieux ne pas trop le provoquer.

« Tout est bien qui finit bien … on va dire cela. »

Il murmurait cela avec lenteur, posant ses yeux sur Katérina. Celle-ci le regardait avec rage bien que plusieurs mètres les distançaient. Ses bras croisés au niveau de la poitrine, elle semblait réellement prête à le tuer si elle le pouvait.

« … … … Si seulement Hodan pouvait la laisser seule pendant quelques instants. »

Qu’il puisse lui parler au moins. Ne serait-ce que quelques minutes. Qu’ils parlent à cœur ouvert. Qu’ils discutent tous les deux. C’est ça qu’il voulait et rien d’autre ! Pourquoi était-ce aussi compliqué d’obtenir ce si peu de choses ? POURQUOI ?! POURQUOI ?!

Même pendant le reste de la journée, il ne parla à rien, ni personne. Même pas Elyséa … Elyséa qui était muette … Qu’est-ce qui se passait avec elle aussi ? Pfff … Tout était trop compliqué ! Et cette nuit, il allait dormir dans la tente, que ça plaise ou non à Katérina. Mais contrairement à ce qu’il pensait, elle le laissa faire, s’endormant de son côté.

S’endormant de son côté … Tout en l’ignorant. Sauf que lui … ne trouvait pas le sommeil. Il n’y arrivait pas. La raison était simple … très simple. Il ne faisait que regarder Katérina qui dormait paisiblement, très paisiblement. Le pire était qu’elle bougeait durant la nuit et qu’elle gémissait. Il ne devait pas avoir … peur … ne pas s’inquiéter. Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il sentait qu’elle était excitée ? Il avait peur … tellement peur maintenant.

« Katérina … Ce qui se passe ici restera ici, n’est-ce pas ? Je sais parfaitement que tu n’as fait que m’amadouer toute la journée pour que j’accepte cela. C’est pourquoi je suis ici et maintenant. Je tiens à te signaler que cela n’a pour but que de me permettre d’apprendre à mieux aimer une femme si un jour, je dois en trouver une qui prendra mon cœur. »

« Ouais, ouais … Et moi, de mon côté, c’est juste pour me venger de Kéran et d’Elyséa. Ils n’avaient pas qu’à faire ça dans mon dos. De même, ça va me permettre de me remettre en forme pour Kéran. Manquerait plus qu’il soit plus doué que moi. Aller, hop ! Dézappe toi ! Par contre … J’espère que ça te dérange pas … ce que tu m’as rajouté. »

Elle était déjà nue, une main cachant sa poitrine, la seconde cachant son sexe de femme. L’homme en face d’elle avait fini par retirer ses vêtements, Katérina poussant un petit sifflement admiratif avant de dire d’une voix un peu gênée :

« Ah ouais … Quand même … Je vais finir par croire que tu as tout ce qu’il faut là où il faut … Comme quoi, vivre parmi les dragons, ça emmène que du bon. »

Et elle … Ne pas être excitée en voyant le corps de l’homme en face d’elle, c’était impossible. Oui … Ça allait être une sacrée leçon, elle le sentait bien. Et tout cela uniquement dans ses rêves, jamais rien de réel. Si Kéran en profitait, pourquoi pas elle ?

Chapitre 194 : Arrivée d’un chevalier

Chapitre 194 : Arrivée d’un chevalier

« Ca sera la dernière chose que je ferai … »

Voilà. Il se l’était convaincu. Katérina haussa un sourcil, ayant entendu les paroles de Kéran alors que le jeune homme faisait quelques pas en arrière. Il se retrouva à la hauteur de Loa, celle-ci faisant déjà disparaître Harno en elle.

« Kéran, est-ce que tu es prêt ? J’ai l’impression qu’il nous réserve des choses peu plaisantes pour aujourd’hui. Il vaut mieux faire très attention. »

« Je suis prêt … mais il faudrait surveiller la princesse Iyasminé et ses compagnons. »

Il disait cela tout en jetant un regard derrière lui. La princesse avait déjà fait apparaître quelques pokémons, les soldats faisant de même tout en sortant leurs armes. Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, n’est-ce pas ? Elle n’était pas en danger non plus … n’est-ce pas ? Il n’en était pas aussi sûr que ça … mais bon … Il préférait rester sur ses gardes.

« BON ! Fini de plaisanter ! SORTEZ DE LA ! »

Sortir de là ? A qui est-ce que le Noctunoir était en train de … HEIN ?! Qu’est-ce que … Ils étaient aussi nombreux ?! Et pourquoi est-ce que les pokémons spectres accompagnaient ce foutu Noctunoir ? Ce n’était pas normal ! Il y en avait bien une vingtaine !

« Pourquoi prendre des esclaves morts alors qu’on peut utiliser ceux vivant ? Ils seront bien plus efficaces, n’est-ce pas ? OCCUPEZ-VOUS D’EUX ! Pendant ce temps, je vais me charger de ma petite fille adorée et de son protecteur. »

HEY ! Mais c’était lui son protecteur ! Il ne fallait pas inverser les rôles ! Il s’était promis de protéger Katérina et pas de laisser à un autre ce travail ! Il devait protéger Katérina ! Mais … La jeune femme était capable de se protéger elle-même.

« Et au cas où … Pourquoi chercher à tuer avec de la chance ses adversaires quand on peut les écraser complètement ? MÊLEZ-VOUS A LA BATAILLE ! »

Le Noctunoir ouvrit la bouche dessinée sur son ventre, laissant paraître des dizaines d’humains et pokémons, tous étant morts depuis longtemps. Kéran vint déglutir, essayant de voir et espérant surtout que ses pokémons n’étaient pas dans la liste.

« Ce n’est pas le cas, Kéran. Tes trois pokémons ne sont pas dedans. De même, une Gardevoir est une Gardevoir … bien que la tienne était spéciale. »

« Ils étaient tous spéciaux … Même si je ne suis pas sûr de reconnaître le compagnon de Lala car lui, ça serait plus difficile. Enfin … Elyséa ? Je … Tu veux bien m’aider, s’il te plaît ? »

« Bien entendu … Tu peux compter sur moi comme à ton habitude, Kéran. »

« Merci pour tout … Je ne sais pas ce que je ferai sans toi. » déclara Kéran avec neutralité alors qu’il se mettait déjà en position de combat. Maintenant, il était prêt ! Il réfléchissait peut-être un peu trop à cause d’Hodan et Katérina mais qu’importe !

Le premier coup fut donné de sa part, un coup en estoc, transperçant un humain. Pendant ce temps, il jetait un regard derrière et sur les côtés. Iyasminé n’avait aucun problème. Loa ? Non plus. Katérina et Hodan … Ils étaient dos à dos … Dire qu’Hodan était sorti délibérément de Katérina pour l’aider et …

« KERAN ! FAIS ATTENTION ! » hurla la voix d’Elyséa en lui avant qu’un pokémon revenu à la vie ne vienne planter ses crocs dans son bras gauche, l’ensanglantant salement. Le jeune homme poussa un cri de douleur, tuant le pokémon avant de se mettre à sangloter.

« Ely … Elyséa … J’y arrive pas … J’y arrive pas ! J’arrive pas à me concentrer ! »

« Kéran, je remarque cela. Laisse-moi posséder ton corps complètement. Est-ce que tu me fais confiance ? Totalement confiance ? Pour me laisser cela ? »

« Je … Je … Oui … Je crois … Oui … Pardon. »

Il s’excusait car il se considérait comme faible, tellement faible. Puis soudainement, il sentit ses pensées, sa conscience qui le quittait. Non … C’était différent … Il avait l’impression de passer de l’autre côté … Comme si à la place de ses yeux, il voyait les yeux à travers quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça voulait dire ?

« Cela doit te faire une drôle d’impression, Kéran, non ? Incapable de bouger ne serait-ce qu’un cil sans que je ne t’y autorise. Tu ne peux rien faire. »

« C’est bizarre mais … J’ai aussi l’impression de me sentir plus libre. »
Libre ? Ce n’est pas vraiment le terme qu’elle aurait utilisé en parlant de cela. Ca aurait été même totalement le contraire. Néanmoins, elle sentait que le jeune homme était plus apaisé maintenant. Avec facilité, elle commença à déchiqueter ses adversaires, semblant comme danser au beau milieu du champ de bataille.

« Wow … Wow … Qu’est-ce que ça veut dire avec Kéran ? Il se prend pour une ballerine ? demanda Katérina en regardant le jeune homme.

« Non … Ce n’est pas lui. » murmura Hodan avec lenteur, transformant un bras en une griffe qui servit à trancher en plusieurs morceaux un pokémon spectre trop présomptueux.

« Alors, c’est qui ? C’est bien lui que je vois ! Je suis pas aveugle non plus, Hodan ! »

« Il s’agit de … » commença à dire Hodan avant d’être interrompu par Kéran, la voix d’Elyséa se faisant entendre à partir de ses lèvres.

« Kéran n’est pas en état mental de se battre. Il faut dire qu’à cause de la situation depuis peu de temps, il est trop préoccupé par une personne et est incapable de combattre. Néanmoins, je vais me charger de ces adversaires. Cela me semble bizarre de ne pas porter mon armure … et de me sentir néanmoins aussi lourde que d’habitude. »

« HEY ! Dis tout de suite que je suis gros ! » cria une voix en lui, celle de Kéran alors qu’un petit rire se fit entendre, issue des lèvres de Kéran.

« Non … Mais par rapport à une femme, tu le seras toujours, Kéran. Que tu le veuilles ou non, je suis désolée de te l’apprendre. »

Tsss ! Elle ne perdait rien pour attendre ! Vivement qu’il retrouve le contrôle de son corps ! Elle n’allait pas être déçue du voyage, c’est lui qui le disait ! AH ! Non mais sincèrement … C’était quand même moche de lui dire ça comme ça. Mais bon … S’il le pouvait … Ah ? Tiens … C’était quoi ça ? Il avait l’impression de pouvoir voyager dans son propre corps … Enfin, de pouvoir replonger dans ses souvenirs. Ou alors, non, ce n’était pas les siens.

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il y avait bien une foule de souvenirs qu’il n’arrivait pas à pénétrer. Tout le reste lui était accessible, que ça soit l’enfance d’Elyséa ou alors ses entraînements ou alors diverses choses … mais pas ça ? Il y avait comme une puissante barrière. C’était étrange, vraiment étrange.

« Qu’est-ce que tu fais, Kéran ? Je ne t’entends plus en moi. »

« Je ne fais rien … J’essaye de comprendre comment cela fonctionne … d’être possédé et incapable de se mouvoir. C’est assez compliqué. »

« Je veux bien te croire. Reste tranquille, ton corps est en sécurité avec moi. »

« Tu peux quand même surveiller au cas où … les autres ? S’il te plaît. »

« Je le ferai, Kéran. Tu n’as pas à te soucier de ce… » Commença à dire son propre corps bien qu’il ne s’agissait pas de sa voix. Pourquoi est-ce qu’elle n’avait pas terminé sa phrase ? Car des cris se firent entendre … de la part de la princesse ?

« NON ! ANNIE ! NON ! »


Une soldate venait de se faire tuer mais elle n’était que la première d’une liste qui commença à s’allonger. Déjà trois autres humains vinrent la rejoindre ainsi que plusieurs pokémons leur appartenant. Un grand éclat de rire se fit entendre, Karos s’exclamant :

« PARFAIT ! DE NOUVEAUX INSTRUMENTS ! Merci bien pour les fournitures ! »

Le Noctunoir semblait comme ravi, les corps des morts se soulevant, reprenant vie … Une fausse vie. Aussitôt, des lianes sortirent du sol autour d’Iyasminé, la protégeant et repoussant les soldats, qui, auparavant, étaient là pour sa sécurité.

« Elyséa ! Il faut aller l’aider maintenant ! Tu peux voir à quel point elle tremble ! »

« Je m’en occupe dès maintenant, Ké … ZUT ! »

On ne lui laissait pas le temps de souffler ! Car oui, visiblement, le Noctunoir avait parfaitement compris qui était le plus problématique. Sauf que même à sept contre un, elle arrivait à maîtriser la situation. Tout son corps se déplacait avec une certaine grâce et aisance, une aura noire émanant de son corps.
« Vous allez me laisser tranquilles ? Je n’ai pas de temps à perdre avec … »

« ANNIE ! C’est moi ! ANNIE ! »

« Princesse ! Mettez-vous à l’abri ! » cria un soldat avant de se faire trancher en deux par la lame d’un Insecateur mort. L’adolescente aux cheveux rouges tremblait de tout son corps, n’arrivant plus à bouger bien que des lianes et des racines sortaient du sol pour tenter de la protéger mais le nombre était devenu trop important.

« ELYSEA ! FAIS QUELQUE CHOSE ! S’IL TE PLAIT ! »

« Et zut ! Même en me fondant le sol, ça sera trop tard. Je vais tenter quand même ! » cria la voix féminine bien que c’était Kéran qui s’exprimait tout en disparaissant dans le sol.

Trop tard, elle sentait que c’était déjà trop tard mais elle ne pouvait rien y faire. Kéran voulait qu’elle la sauve mais ce n’était pas aussi simple que cela ! Loin de là même ! Très loin même ! Mais elle allait faire de son mieux !

« Vous ne toucherez pas à un cheveu de la princesse du Dominion Naturel pendant que je suis là. » murmura une voix. « Princesse Iyasminé, veuillez-vous baisser. »

L’adolescente s’exécuta, se protégeant le sommet du crâne avant qu’une lame ténébreuse gigantesque ne vienne trancher en deux tout ce qui se trouvait autour d’elle. Que cela soit des racines, les lianes mais aussi les pokémons et les soldats morts. Tous tombèrent au sol, disparaissant peu à peu, même ceux qui avaient été ramené à la vie il y a peu de temps.

Kéran sortit du sol, à quelques centimètres de la princesse mais déjà une lame noire vint le viser au niveau de son cou sans pour autant l’atteindre. Une lame … ou une corne ? C’était la corne d’un Absol avec bien entendu le pokémon qui était présent.

« Princesse, vous pouvez vous relever. »

« Tu t’appelles Zénark, n’est-ce pas ? » demanda calmement Elyséa.

« Une voix … féminine provenant d’un corps masculin ? Est-ce que l’être en toi te possède complètement ? Je pensais beaucoup mieux … de ta part. »

« Hum ? Qu’est-ce qui te fait croire que Kéran ne m’a pas laissé posséder délibérément son corps ? Et toi ? Que viens-tu de faire ici ? C’était toi la présence que j’ai ressentie ? Car Karos est plus doué pour se cacher. »

« Je me suis … trop rapproché contrairement à ce que je pensais. » déclara l’Absol sans même chercher à s’expliquer plus que cela.

« Beaucoup trop hum ? Enfin, je ne te demanderai pas pourquoi tu nous suivais. Dois-je te considérer comme un allié ou un ennemi ? » déclara Kéran, pointant son arme vers l’Absol. Aussitôt, l’’adolescente vint enlacer le pokémon ténébreux, criant :

« Il m’a sauvé la vie ! Ne faites pas ça, Elyséa ! »

« Ne me touchez pas … princesse. » répondit l’Absol avant de la repousser de la patte. « Elyséa ? J’ai déjà entendu ce nom … il y a fort longtemps … Très longtemps même. Une Darkrai … Non … LA Darkrai. »

« C’est exact … Mais depuis dix années, je suis celle qui vit en Kéran et non plus celle que tu connaissais, Zénark … puisqu’il semblerait que tu es là depuis longtemps. »

« Je n’ai pas le temps de parler de tout cela. Maintenant que je suis là … Autant m’occuper de ce Karos, je n’ai jamais aimé cet être alors que ça ne fait qu’une dizaine d’années qu’il est présent. Dix années de trop. »

« Je … Euh … Je … Merci … Monsieur Zénark. »

La demoiselle aux cheveux rouges s’inclinait devant l’Absol, celui-ci restant de marbre devant la marque de politesse de la part de la princesse. Sans plus chercher plus longtemps à discuter avec elle, il commença à se battre, restant néanmoins guère trop éloigné d’elle.

« Elyséa, je crois que l’on peut dire qu’il est avec nous, non ? »

« Il y a de fortes chances que ça soit le cas, oui. » dit le jeune homme avec une voix féminine.

Alors ils n’avaient pas besoin de s’inquiéter, la princesse était en sécurité. Maintenant … Ils pouvaient s’attarder sur les ennemis toujours plus nombreux bien qu’à côté, l’Absol semblait aussi défendre les pokémons et les soldats du Dominion Naturel.
C’était étrange d’avoir un compagnon de la sorte … Mais dans le fond, rien d’anormal non plus hein ? Car oui, il était possédé. Et puis, maintenant qu’Elyséa était là pour s’occuper de lui, il pouvait se reposer. C’était une bonne chose …

« Elyséa, la prochaine fois que je me sens mal, est-ce que tu peux reprendre les commandes ? » demanda le jeune homme en rigolant.

« N’en profite donc pas trop. Je fais cela car vraiment, tu n’allais pas bien. »

« Et puis, j’aimerai pas que tu profites de mon corps. Tu es une femme donc bon, qui sait ce que tu risquerais de faire avec un corps masculin. »

« Qu’insinues-tu par-là, Kéran ? Fais attention à ce que tu vas dire. »

« Oh ! Je n’insinue rien du tout, je te le promets ma grande. »

Il essayait de se dédouaner et donc d’éviter que la femme aux cheveux blancs n’aille le « tuer » au prochain rêve, hahaha ! Il devait juste reconnaître qu’il se sentait vraiment bien mieux … surtout en voyant Elyséa qui combattait.
Et quand il regardait … Katérina et Hodan, dos à dos, il n’avait plus cette pointe au cœur comme si … les sentiments d’Elyséa étaient à la place des siens. Elle n’en avait vraiment que faire d’eux deux. Lui ? De son côté ? Il devait tout faire pour montrer à Katérina qu’il l’aimait. Mais pour ça … Il devait d’abord en terminer avec ce foutu Noctunoir ! Surtout que la situation s’était retournée avec l’apparition de l’Absol !

Chapitre 193 : Elle ou elle

Chapitre 193 : Elle ou elle

« Kéran … Pourquoi bloques-tu ton esprit ? »

« Pour rien … Pour rien … Je tente de garder quelques petites choses pour moi … si ça ne te dérange pas vraiment. Enfin … Je crois … »

« Hmm … Kéran, ne me cache pas tout, d’accord ? Je veux bien te laisser un peu de vie privée, chose tout à fait normale mais quand même, au cas où. »

Oui … Mais là, ça concernait Elyséa, voilà tout. Ca la concernait … Car après ce qui s’était passé cette nuit-là, il ne pouvait pas cacher son trouble. Il ne pouvait pas se mentir à lui-même. C’était différent de tout le reste … de tout ce qui s’était passé auparavant. Elyséa était faible … comme les autres et ça, il ne pouvait pas le croire.
Est-ce que ça la rendait plus humaine ? Plus fragile ? Meilleure ? Il ne savait pas … mais il était maintenant inquiet. Elle semblait être devenue comme folle … Et elle l’avait presque embrassé. Pas que ça l’aurait embêté non plus hein ? Elyséa était une très jolie femme, vraiment très jolie mais … il aimait Katérina.

Enfin … Est-ce qu’il l’aimait réellement maintenant ? Il n’en était plus aussi sûr. Mais s’il n’aimait pas Katérina, est-ce que ça voulait dire qu’il aimait … Elyséa ? Ce n’était pas possible. Elle était morte … Réellement morte même. Il ne pouvait pas aimer une morte ! Pas que c’était impossible ou horrible … juste qu’Elyséa avait tellement vécue par rapport à lui. Ils n’étaient plus du même monde. C’est tout …

« Elyséa … Enfin … Je … Comment te dire ça ? »

« Que veux-tu me dire exactement, Kéran ? Nous sommes seuls dans tes pensées. Personne ne peut nous entendre. Je ne lirai pas ton esprit si tu ne le veux pas. »

« Tu sais … Enfin … Comment est-ce que je dois faire avec Katérina ? Est-ce que je dois tout arrêter dès maintenant ? Ou alors avant ? Qu’est-ce que tu en penses sérieusement ? J’aimerai avoir ton avis à ce sujet … Sans mentir. Je ne sais pas quoi faire. Est-ce que tu crois que je l’aime par pitié ? A cause de son problème ? »

« Je ne suis pas dans ta tête, Kéran … Enfin si … Plus exactement mais je ne peux pas te le dire exactement. Je ne veux pas contrôler ton cœur. »

« Mais est-ce que … je suis réellement amoureux d’elle ? »

Est-ce qu’il l’était réellement ? C’était à lui de trouver la réponse, non pas à elle de la lui donner. Elle posa ses yeux sur le jeune homme, du moins, comme si elle l’avait en face de lui bien qu’elle était en lui.

« Poses-toi des questions … Kéran. Est-ce que tu veux passer le reste de ta vie avec elle ? Est-ce que tu veux la voir heureuse en sachant que c’est toi qui sera responsable de son bonheur ? Veux-tu la protéger, la serrer dans tes bras ? Tu as tellement de questions … auxquelles tu dois répondre, Kéran, voilà tout. Je ne suis pas dans ta tête et je ne le serai jamais. Mais tu dois réfléchir à tout cela … et le plus rapidement possible. »

Le plus rapidement possible ? Pourquoi ? Quelque chose pressait le tout ? Il ne savait pas … Il ne savait pas du tout. Il était perdu ! Katérina par contre, semblait plus radieuse qu’auparavant. Beaucoup plus même. Il se sentait mal … très mal même.

« Kéran … Ton cœur s’emballe réellement. Respire … Respire un bon coup. »

« J’ai mal à la poitrine, Elyséa. J’ai vraiment mal … J’ai l’impression que mon cœur va s’extirper. Tu crois que … je subis pareil que Sélia ? »

« Pareil que Sélia ? Allons bon … Ce n’est pas du tout … »

Elle ne termina pas sa phrase, comprenant ce que Kéran voulait dire par là. C’est vrai … En un sens, il n’avait pas totalement tort… Loin de là même. Oui … Il n’avait pas tort du tout même. Kéran était en train de souffrir comme Sélia. Comme Sélia …
C’était aussi simple que ça … Vraiment aussi simple que cela … La souffrance était si facile à se faire sentir … Si facile à se faire voir. Ah … Elle voyait le jeune homme. Elle commençait à comprendre exactement le problème de Kéran. Et elle … devait l’aider, n’est-ce pas ?

Mais comment aider une personne qui souffrait de la sorte ? Comment y arriver ? Elle ne voyait pas du tout. Elle ne le voyait pas … Elle pouvait simplement … Non, elle ne pouvait pas se présenter à côté de lui, pourquoi le ferait-elle ? Elle n’était pas habituée à cela. Ce n’était pas son genre … Elle le savait parfaitement.

Elle aussi, cela clochait légèrement dans sa tête, elle le comprenait. Mais voilà … Elle ne savait rien d’autre. Elle n’avait aucune idée en tête et … AH ! Elle ne rêvait pas ou alors, Hodan était sorti du corps de Katérina, marchant à ses côtés pour discuter. Qu’est-ce qui lui prenait de se comporter de la sorte ?

« Il … Il est sorti … Je … Ah … Je ne peux pas lutter contre ça. »

« Tu le peux, Kéran. Tu le peux parfaitement. Ne te voile pas la face, Kéran. »

« NON ! Je ne peux pas ! Je vais plutôt rester distant et ça sera tout ! »

Et qu’elle ne tente pas de le forcer ! Voilà tout ! Les mains dans les poches, Kéran continua de suivre les autres, restant en arrière sans même plus s’intéresser à cela. Voilà … Il valait mieux ne pas se sentir concerné par toute cette histoire, ça serait bien plus simple.

« Alors … Ca ne semble pas aller très fort, Kéran. »

Hein ? Quoi ? Il releva son visage pour apercevoir Loa. Celle-ci lui souriait doucement, son pokémon à côté d’elle. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle vienne … lui parler. Il fallait dire que depuis quelques jours, enfin, depuis l’apparition du Dominion Naturel à leurs côtés, ils ne parlaient plus vraiment tous les deux.

« Disons qu’il y a de meilleurs jours, si tu veux tout savoir. »

« Qu’est-ce qui ne va pas exactement ? Tu peux me le dire ou tu préfères garder cela secret ? » demanda une nouvelle fois la femme aux cheveux verts.

« Je ne veux pas garder cela … secret … mais ce n’est pas difficile de savoir mon problème, non ? Ca se voit plutôt facilement. »

« Ca se voit … mais je préfère que tu me le dises de voix propre. Ca sera bien mieux. »

« … … … Katérina. Je ne sais plus si je l’aime vraiment au final. »

« Oh ? Et qu’est-ce qui t’as emmené à cette conclusion ? »

Ce qui l’avait emmené à cette conclusion ? C’était tout simplement … lui … Hodan. C’était Hodan et personne d’autre. L’homme était trop parfait, il en était sûr. Lui ne se contentait que de peu, de très peu. Il poussa un soupir, faisant un geste de la main avant de dire à Loa :

« T’en fait pas, je pense que ça passera de toute façon. Ce n’est pas bien important. »

Ce n’est pas bien important ? Elle n’en était pas sûre. Le jeune homme était en train de dépérir à vue d’œil ou presque. Et elle ne pouvait pas l’aider autrement malheureusement. Comment faire ? Elle n’en avait aucune idée sur le moment malheureusement.

« Loa ? Est-ce que … Harno et toi … Vous vous êtes déjà vus réellement ? Enfin … Est-ce qu’Harno a une forme humaine lui aussi ? »

« Une forme humaine ? Dans les rêves, il peut en avoir une mais en vrai … Il n’a pas la puissance nécessaire pour cela. Et oui … Harno n’est pas aussi fort qu’Elyséa, désolée. »

« Désolé de ne pas être assez fort à ton goût, Loa. » rétorqua le pokémon à côté d’elle, la femme aux cheveux verts émettant un petit rire amusé.

« Oh … Ne fait donc pas la tête, Harno, tu sais pertinemment que je ne pensais pas à mal. »

« Je le sais parfaitement … oui … Mais ce n’est pas pour cela que je dois accepter tout ce que tu dis, Loa. Tu t’en doutes bien, n’est-ce pas ? »

« Tu es là pour me protéger, n’est-ce pas le plus important ? »

Bizarre … Il avait l’impression que Loa et Harno … étaient plus proches qu’il ne l’aurait cru. Enfin, fusionner avec une créature spectrale ou ténébreuse demandait une énorme confiance alors … bon … Il était convaincu qu’ils étaient proches tous les deux mais pas à ce point. Peut-être qu’ils étaient intimes, tous les deux ?

« Tu ne le remarques que maintenant, Kéran ? »

« Elyséa … Comment est-ce que j’étais sensé le savoir ? Je ne me suis jamais posé la question avant aujourd’hui, voilà tout. »

« … … … Ce n’est pas bien important. Par contre, tu ferais mieux de faire attention. Je ressens une présence ténébreuse dans les environs. »

Présence ténébreuse ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Est-ce qu’il était encore là ? Ou non ? Il allait devoir rester sur ses gardes alors ! Mais ce n’était pas le plus … important. Hum … Bizarre, vraiment bizarre mais … bon … Il se méfiait

Ils avaient fini par découvrir sa présence ? Après tout ce temps, cela semblait étrange … mais il était vrai qu’il ne pouvait pas rester caché indéfiniment. Il voyait le jeune homme qui regardait tout autour de lui comme pour le repérer. Dommage mais il ne comptait pas se cacher. Par contre … Le fait qu’il y ait le Dominion Naturel avec eux … Il n’aimait pas cela.

Pas du tout même … Mais il ne pouvait rien y faire. Il avait attendu le bon moment … mais à cause du Dominion Naturel, il commençait à douter maintenant. A douter fortement même. Il devait faire attention à ses propres pensées. Car si elles lui causaient trop de problèmes …

« Katérina ! Ho… dan. Elyséa m’a signalé que … »

« Quelqu’un nous observe, j’ai déjà prévenu Katérina à ce sujet. »

« Ah ? Euh … D’accord. On ne sait pas s’il est belliqueux ou non. » bafouilla Kéran, n’ayant pas réussi à briser la glace entre lui et Katérina.

« Ouais, ben fais gaffe quand même au cas où. Belliqueux ou pas, je m’en contrefous. S’il cherche les ennuis, il risque de les recevoir ! »

« Fais quand même attention, Katérina. On ne sait pas si c’est lui … »

Lui ? De qui est-ce qu’il parlait encore ? Quand elle le regarda, elle voyait parfaitement l’air inquiet du jeune homme. Ah … Lui … C’est vrai que tout de suite, elle se calma. Si c’était lui, c’était quand même un brin plus problématique, elle devait le reconnaître.

« Mouais … J’ai moyen confiance en ce que tu dis, exactement. Mais bon … Toute façon, même s’il vient maintenant, Ho… »

« Je me chargerai de te protéger ! Ne t’en fait pas pour ça ! »

Il n’allait pas la laisser dire ça ! C’était quand même son rôle ! Qu’elle le veuille ou non ! Il en avait assez qu’elle ne parle que de lui depuis hier ! Elle ne faisait que ça ! Il n’y avait pas qu’Hodan dans sa vie non plus !

« … … … Peut-être, oui. » murmura tout simplement Katérina, détournant la tête.

« Je te le promets ! Enfin … J’en suis sûr et certain ! »

« T’as l’air encore moins convaincant quand tu hésites comme ça, tss ! N’importe quoi ! »

N’importe quoi ? Ce n’était pas vraiment ce à quoi il s’attendait comme remarque. Est-ce que vraiment c’était foutu ? Qu’est-ce qu’il pouvait faire pour inverser la tendance ? Qu’est-ce qu’il pouvait faire bon sang ? Passer à quelqu’un d’autre ? Chercher quelqu’un d’autre ? La laisser être heureuse avec Hodan ? Car il était clair qu’elle avait fait son choix maintenant. Oui … C’était tout simplement ça. Accepter sa défaite … était la meilleure chose à faire.

Les minutes s’écoulèrent et il se sentait invisible maintenant. Complètement invisible. Katérina discutait avec Hodan, parlant de tout et de rien. Il la sentait dans son élément avec lui à ses côtés. Lui ? De son côté ? Il souffrait en silence.

« Elyséa … Je pense qu’il va falloir se séparer du groupe. »

« Hum ? Pourquoi une telle décision ? Je ne t’arrêterai pas, je tiens à te le signaler. »

« … … … Je n’ai plus ma place ici. Hodan fait parfaitement son travail aux côtés de Katérina. Voilà tout. Je pense que je vais quand même lui offrir ce que je pensais lui donner. »

« Et ensuite ? Tu comptes partir, c’est bien cela ? »

Oui … C’était exactement ça. Il allait offrir la robe à Katérina et ensuite, il allait tout simplement partir. C’était la meilleure chose à faire. Ah … La meilleure chose … Il avançait de moins en moins vite, laissant Katérina et Hodan le dépasser jusqu’à ce que tout le monde s’immobilise, une voix sortant du sol :

« Coucou … les enfants. Je vois que la joie et la bonne humeur ne sont pas de la partie aujourd’hui ? Tant mieux ! Cela nous permettra de ne pas perdre du temps … et je préfère voir la peur et la souffrance peintes sur vos visages. »

Un claquement de dents …. Et voilà qu’une ombre apparaissait devant Katérina et Hodan. Celui-ci haussa un sourcil, se plaçant devant la jeune femme aux cheveux argentés alors que le Noctunoir se montrait en face d’eux.

« Hum ? Toi … Je ne te connais pas vraiment … »

« Est-ce que tu es sûr de cela ? » demanda avec lenteur Hodan, ses yeux devenant complètement noirs avec des pupilles rouges. Des ailes décharnées apparurent dans son dos, le Noctunoir s’exclamant :

« HAHAHA ! MAIS OUI ! J’en ai entendu parler ! Je devais m’en douter ! Ca ne pouvait être que toi ! Mais que je sache … Tu es celui qui m’a tué, n’est-ce pas ? Enfin … Qui a sauvé cette petite peste qui me sert de fille, non ? Mais il paraitrait que tu es gravement blessé … Et que ce genre de blessures ne se soigne pas en une dizaine d’années. »

« Peut-être aimerais-tu vérifier ? » dit tout simplement Hodan, fermant ses yeux comme pour ignorer l’existence même du pokémon en face de lui.

« Moi ? Cette fois-ci … J’ai décidé de sortir le grand jeu ! Je vais m’occuper de vous d’une manière dont vous allez m’en dire des nouvelles ! »

Kéran avait déjà sorti son épée, appelant Sarène bien qu’il lui demandait de faire extrêmement attention. Il ne voulait pas qu’elle soit blessée. Il allait pouvoir briller aux yeux de Katérina ! Maintenant, il allait faire de son mieux pour l’impressionner ! Ce Noctunoir allait disparaître une bonne fois pour toutes! Il se le promettait !

« Je te protégerai, Kéran … contre tout. » murmura la voix d’Elyséa en lui.

Chapitre 192 : Mémoire effacée

Chapitre 192 : Mémoire effacée

« Alors … Qu’est-ce que tu veux savoir au sujet de cette épée, Kéran ? »

Les deux personnes étaient assises par terre, au beau milieu d’un cercle de pierres, comme celui du précédent rêve. Au milieu d’elles, les deux lames étaient plantées, jumelles mais pourtant différentes. L’une comme l’autre émanait une aura glacée et froide.

« Comment est-ce que tu l’as obtenue ? A partir de là, on pourra remonter plus haut. »

« Hum ? Je ne sais plus … Enfin, je ne crois pas savoir … mais je sais que j’avais une épée avant celle-ci. Attends un petit peu, ça va me revenir. »

Ca allait la revenir ? Tant mieux ! Car pour l’heure, il ne savait rien du tout par rapport à ce qui se passait ! Et ça ne lui plaisait pas vraiment tiens ! Cette épée était la clé qui gardait les secrets … des derniers secrets de Swar !

« Voilà … Cette épée a été forgée avec les crocs du Dracolosse Blanc ! C’est pour cela qu’elle était capable d’abattre les dragons aussi facilement ! »

Une épée capable de battre les pokémons dragons aussi facilement ? C’était donc ça ? Comme il était dans son rêve, il pouvait récupérer l’épée sans aucun problème, la faisant tournoyer sur elle-même tout en la regardant pendant quelques secondes.

« Bizarre … Enfin … Bizarre … Mais un pokémon dragon ne doit pas produire de la glace, non ? Et puis … Je ne savais pas que tu étais capable de créer des épées. Tu es forgeronne ? »

« For … ge … ronne, » murmura la jeune femme avec appréhension.

Qu’est-ce qu’il y avait ? Elle s’était mise assise, tenant maintenant sa propre épée comme pour l’étudier longuement. Il y avait quelque chose de bizarre … Quelque chose qui la bloquait mais elle ne savait pas quoi exactement. Qu’est-ce que cela voulait dire exactement ? Qu’est-ce qu’elle devait faire exactement ? Hein ? Avec son arme ? Forgeronne ? Elle ? Non … Elle ne l’avait jamais été.

« Je n’ai jamais forgé d’arme … Kéran. »

« Alors qui aurait pu t’en faire une ? Si cette personne a réussi à forger une arme à partir des crocs du Dracolosse Blanc, elle devait être exceptionnelle. »

« Exceptionnelle … Oui … Elle l’était … Je crois. »

Elle croyait ? Qu’est-ce qui clochait avec elle ? Il s’approcha d’Elyséa, posant une main sur elle au niveau de son front. Elle était un peu chaude … comme une certaine fièvre. Cette épée … Cette forgeronne … Enfin … Non …

« Cette personne qui a forgé ton épée, est-ce que tu la connais, Elyséa ? Car tu dois surement la connaître, elle doit être vraiment puissante, n’est-ce pas ? »

« Je crois oui … Elle était … exceptionnelle, je crois. »

« Tu crois ? Mais qu’est-ce qui se passe avec toi ? Regarde-moi un peu. »

« Cette épée est vraiment importante, très importante … C’est … mon souvenir. »

Ohla ! Elle n’allait vraiment pas bien là ! Elyséa n’allait pas bien du tout ! La jeune femme était en train de caresser l’arme de sa joue, la frottant longuement de haut en bas sans pour autant s’entailler. Qu’est-ce qui lui prenait ? Elle était devenue folle ?

« Hey hey hey ! Elyséa ! Réveille-toi ! Elyséa ! »

Il claqua des doigts, cherchant à la faire réagir mais la femme aux cheveux blancs était comme perdue dans ses souvenirs, frottant sa tête contre l’épée sans même que cela ne la dérange. Finalement, Kéran vint lui donner une claque, légère mais qui laissait toujours un peu de trace sur son passage.

« Ké… Kéran ? » bafouilla la jeune femme, sortant de sa rêverie.


HEY HEY HEY ! Non ! Là, ça ne lui plaisait pas ! Ca ne lui plaisait pas du tout ! Il voyait une larme qui coulait de l’œil gauche d’Elyséa ! Il lui avait fait mal ? QUEL CON ! Il avait frappé Elyséa et elle pleurait ! Aussitôt, il vint l’enlacer, bredouillant :

« Pardon, pardon, Elyséa ! Je ne voulais pas te faire de mal ! Je ne voulais pas ! »

« Tu ne voulais pas quoi ? Qu’est-ce qui te prend ? »

« Je t’ai fait plus mal que je ne le croyais mais tu ne répondais pas ! Tu ne me répondais pas ! Tu regardais l’épée comme si tu étais possédée ! »

Regarder l’épée comme si elle était possédée ? Quelle ineptie était-il en train de raconter ? Ah non … Il était sérieux, vraiment sérieux. Car oui, il tremblait de tout son corps. Avec tendresse, elle vint lui caresser le dos, l’embrassant sur la joue.

« Ce n’est rien, ce n’est pas grave, Kéran. Je ne t’en veux pas. »

« Tu ne comprends pas … Tu ne comprends pas tout ! Tu pleurais ! Toi ! Toi, tu pleurais ! »

« Je suis vivante … dira-t-on. Je peux pleurer comme les autres, tu sais ? »

NON ! Elle ne comprenait pas ! Il ne l’avait jamais vue pleurer avant aujourd’hui ! Même si ce n’était qu’une larme discrète ! Même si ce n’était que ça ! Il ne voulait pas la voir pleurer ! Il ne voulait pas ! Pas du tout même ! Ah … Ah … Elle … Elle … Il ne voulait pas … la voir pleurer … C’est tout. Il ferma les yeux, collant sa tête contre l’épaule d’Elyséa.

« Kéran … Penses à ce que je t’ai dit, n’est-ce pas ? Je ne suis pas une femme parfaite, loin de là. Moi aussi, j’ai mes faiblesses, moi aussi, je peux pleurer, moi aussi, je suis … sans défense en certains moments. Voilà tout … Kéran ? »

« … … Tu étais vraiment bizarre. Je ne sais pas … si c’est bon que tu découvres qui a forgé ton arme. Je veux que tu restes … comme d’habitude. »

« Arrête donc de faire l’enfant. J’ai l’impression que tu profites de la situation. »

Peut-être ? Il ne savait pas vraiment. Mais il ne voulait pas qu’elle ait de problèmes. Cette épée … Qui avait réussi à la forger ? Qui donc ? Car cette personne était problématique. Il sentait qu’elle était celle qui … savait ce qu’était Elyséa réellement.

« Kéran ? Qu’est-ce que j’ai fait exactement avec l’épée ? » demanda doucement Elyséa.

« Tu t’es frottée la joue contre … Ca ressemblait un peu … Enfin … C’était bizarre … Mais cela ressemblait un peu à de la perversité. »

De la perversité ? Elle ? Elle était étonnée mais le jeune homme ne mentait pas. Qu’est-ce que cette épée avait de si spécial dans le fond ? Car pour la mettre dans un tel état, selon les dires de Kéran, c’était quand même … étonnant.

« Kéran, est-ce que tu peux te pousser ? Je veux étudier l’arme. »

NON ! Il en était hors de question ! Sans prévenir, il la poussa pour qu’elle se couche au sol, se retrouvant à quatre pattes au-dessus d’elle. Il aurait pu en profiter … Il aurait pu … puisqu’elle se montrait … si désirable et si faible. Mais elle le regardait avec neutralité … avec ses yeux bleus si neutres. Il avait toujours cette impression que rien ne l’atteignait mais pourtant, il savait que tout cela était possible.

« Tu es même capable de sourire … et de pleurer … Elyséa. »

« Je le sais parfaitement … Pourquoi dis-tu cela alors, Kéran ? »

« Car tu as l’air … si intouchable quand tu me regardes comme ça. » répondit le jeune homme avec lenteur, cherchant des mots qui ne la blesseraient pas.

Des mots qui ne feraient pas de mal … Mais il n’était pas sûr de cela. Avec lenteur, il vint rapprocher son corps de celui d’Elyséa, finissant par se coucher dessus. Comme elle ne portait aucune armure, il n’avait aucun mal, c’était même tout le contraire. Il comprenait Katérina … Il comprenait parfaitement que ce qu’il faisait était un peu mal … mais il n’y avait rien de saugrenu entre lui et Elyséa. C’était exactement ça. Ils étaient … normaux … Ils ne faisaient rien, rien du tout de mauvais.

Enfin … C’est ce qu’il se disait … mais en regardant Elyséa de plus près, il ne pouvait pas nier que … la jeune femme était désirable. Non ! Déjà, elle avait plusieurs siècles, c’était une pokémon et pas une humaine ! Pfff ! Il fit une roulade sur le côté, se redressant alors qu’elle restait couchée au sol. Avec lenteur, elle vint récupérer l’épée.

« Kéran … Celui qui a forgé cette épée … »

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? Celui ? Tu sais qui c’est ? »

« Je ne sais pas … Je ne sais pas du tout en fait. Je tente … mais je n’y arrive pas. Je n’y arrive pas du tout. Je tente de lui donner un visage mais je n’y arrive pas. Tout est si brouillé, je ne comprends pas, je ne comprends pas ! »

Elle s’exclama avant de se rouler au sol, gémissante de douleur sans même qu’il ne puisse y faire quelque chose. Elle hurla soudainement en disant que ça lui faisait atrocement mal au crâne, Kéran venant à sa hauteur.

« CALME-TOI ! ELYSEA ! CALME-TOI ! ELYSEA ELYSEA ! »

« JE NE VEUX PAS ! Je ne veux pas m’en souvenir ! Je ne veux pas ! Je ne veux plus ! Je ne veux plus du tout ! Plus du tout ! Ca ne sert à rien de me souvenir ! Rien du tout ! »

Mais bon sang ! Qu’est-ce qu’il pouvait faire ?! Qu’est-ce qu’il pouvait faire pour la calmer ? Il vint la prendre par les deux bras, l’empoignant pour tenter de l’immobiliser. Mais rien à faire, elle utilisait toute sa force pour se débattre. Il avait du mal à la garder. Il avait énormément de mal à la garder calme !

« Je ne veux pas être une plaie ! Je ne veux pas revenir ! Il … Il est heureux ! C’est tout ce qui compte ! Je préfère encore disparaître ! »

Il ? Il qui ? De qui est-ce qu’elle parlait ? Il ? Ne pas revenir ? Être heureux ? OHLA ! C’était bien plus grave qu’il ne le pensait ! Bien plus grave même ! Il plaqua violemment Elyséa au sol, n’hésitant pas à utiliser à son tour tout ce qu’il fallait. Coinçant les jambes en les croisant avec les siennes, il serrait Elyséa contre lui.

« ELYSEA ! C’est Kéran ! ELYSEA ! Ecoute ! C’est moi ! KERAN ! »

« J’ai été stupide ! Complètement stupide ! Si j’étais morte, pourquoi j’y croyais encore ?! »

« ELYSEA ! CALME-TOI ! ELYSEA ! »

La femme aux cheveux blancs s’immobilisa subitement, son visage se tournant vers Kéran, ses yeux bleus s’ouvrant en grand, comme surpris. Puis soudainement, elle rapprocha son visage de celui de Kéran, tendant ses lèvres comme pour aller l’embrasser. Néanmoins, à quelques centimètres de lui, alors qu’il sentait son souffle chaud, elle s’immobilisa.

« Ké… ran ? » chuchota-t-elle avec une extrême lenteur.

Elle semblait avoir repris ses esprits mais le jeune homme tremblait de tout son corps, ne sachant pas quoi faire en ce moment. Il vint déglutir, Elyséa se laissant tomber en arrière. Et à nouveau, des larmes vinrent parcourir ses joues, s’écoulant de ses yeux.

« Elyséa ! C’est qui cet homme dont tu parles ?! Tu parlais d’un homme ! »

« JE NE SAIS PAS ! JE NE SAIS PAS DU TOUT ! VOILA TOUT ! JE NE SAIS PAS ! »

« Calme-toi, pardon, Elyséa ! Viens … Je vais essuyer tes joues. »

Essuyer ses joues ? C’est vrai … Kéran vint caresser ses joues, passant ses doigts sur les larmes pour les faire disparaître. Qu’est-ce qui s’était passé avec elle ? Ce n’était pas dans ses habitudes de se comporter de la sorte. Elle s’était perdue … brièvement. Mais elle avait retrouvé ses esprits quand Kéran … s’était rapproché d’elle.

« Kéran … Je crois qu’il faut vraiment … ne plus me déranger avec l’épée. »

« Je crois que c’est la meilleure chose à faire. »

C’était l’unique chose qu’il avait à faire … Car il ne voulait pas faire souffrir Elyséa. Il ne voulait pas la faire souffrir. Il l’aida à se relever, s’excusant pour ce qu’il avait fait, évitant de penser à ce qui aurait pu se passer entre eux deux.

« Merci pour tout, Kéran. Pardon … au sujet de l’épée. »

« Ce n’est pas grave, ce n’est pas de ta faute, hein ? Comment est-ce que tu aurais pu penser à cela, n’est-ce pas ? Hahaha … »

« Je veux me faire pardonner … car je sais que je me suis montrée bien ridicule. »

« Euh ? Hein ? Et comment tu voudrais te faire pardonner ? » dit le jeune homme avec étonnement, Elyséa baissant la tête avant de chuchoter :

« Tu peux me demander ce que tu veux … »

« Alors, je veux que l’on s’entraîne tous les deux ! Et en même temps, je veux que l’on sue comme des bêtes ! Tu vas voir, Elyséa ! »

« Nous … entraîner ? » dit-elle pour être sûr d’avoir bien entendu.

« Bien entendu ! Et on va suer comme des bêtes ! Je crois que tu ne te relèveras pas ! »

« Je ne suis pas sûre que mon épée … soit … » commença à dire Elyséa, Kéran répliquant :

« Arrête de dire des bêtises de la sorte. Auparavant, ça ne te dérangeait pas. Pense plutôt au fait que tu m’entraînes et à rien d’autre, d’accord ? »

Hum … D’accord. Elle allait se concentrer sur cette pensée-là. Et puis, elle pouvait le remercier en faisant ce qu’il demandait. Elle savait pertinemment qu’il avait choisi cela pour qu’elle pense à autre chose que …ce qui s’était passé.
Reprenant l’épée en main, elle la pointa en direction de Kéran, le jeune homme faisant de même avec la sienne. Il se mit en position d’attaque, se jetant en sa direction, faisant plusieurs pas avec zèle.
La femme vint parer le coup avec une certaine aisance, Kéran commençant à en donner plusieurs à la suite, cherchant à faire des coups d’estoc alors qu’Elyséa ne faisait que reculer, remarquant que Kéran se donnait à fond.

« Tu me donnes presque l’impression de vouloir me tuer, Kéran. » dit-elle.

« J’ai dit que tu allais suer comme une bête ! Je tiendrai parole ! Tu vas finir sur les rotules ! » répliqua le jeune homme en rigolant, Elyséa faisant un léger sourire. Il fallait faire attention à ne pas être trop prétentieux … oh que non. Sinon, il risquerait d’être surpris.

Chapitre 191 : Apprendre à mieux se connaître

Chapitre 191 : Apprendre à mieux se connaître

« A quoi ressemble Giratina, tu peux me le dire ? »

Ce fut la première question qu’il posa après qu’Elyséa fut réveillée. Oh … Bien entendu, il n’était pas sûr qu’elle lui réponde, loin de là même. Mais néanmoins, la femme en lui murmura après quelques secondes, comme si elle avait cherché à se souvenir :

« Un long corps comme ceux des Arboks. Tu dois connaître ces pokémons à force non ? Sauf que sa peau est grise avec des rayures noires et rouges. Il a aussi des ailes noires assez décharnées … mais je crois qu’il possède une autre forme. Il a aussi une sorte de couronne dorée sur le sommet du crâne. Bref, je ne peux pas t’aider bien plus à ce sujet. »

« Je pense que c’est déjà beaucoup ce que tu as fait. Merci beaucoup, Elyséa. »

« De rien … Kéran. Mais … Par rapport à ce matin … Ne refait plus jamais ça. »

« Je sais, je sais … Pfff … Ne t’en fait donc pas à ce sujet. Je me suis à peine éloigné de quelques mètres, je n’allais quand même pas mourir pour si peu. »

« JE NE PLAISANTE PAS, KERAN ! Tu aurais pu mourir justement ! »

Quand même pas. Elle exagérait un peu, n’est-ce pas ? Justement, on ne dirait pas. Car il sentit son cœur se serrer plus fortement dans sa poitrine. Comme si on le pressait avec violence. AAAAAAAH ! Ca faisait mal ça ! TRES MAL !

« Et ce n’est que … le début de tes souffrances, Kéran. Si je quitte ton corps, ça sera bien pire, est-ce bien compris ? Ecoute sagement … ce que je te dis. »

« C’est bon … C’est bon … J’ai compris … J’ai vraiment compris. »

« Non … Tu n’as pas compris. Tu cherches à échapper à la discussion, Kéran. »

Oui mais non ! Qu’elle ne lise pas dans ses pensées, s’il te plaît ! Ce n’est pas ce qu’il voulait dire ! RAAAAAAAAH ! Il détestait vraiment ça ! Il détestait plus que tout ! C’était vraiment un truc horrible que de se faire parcourir ses pensées par autrui ! D’ailleurs, ça l’énervait encore plus que le reste ! Qu’elle arrête !

« Tu n’as pas besoin de te mettre dans tous tes états … Kéran. Par contre, je te conseille une chose … Regarde donc Katérina. »

Qu’est-ce qu’il y avait avec elle ? Il ne lui avait pas encore réellement pardonné à cause de tout ça. Elle s’était faite des idées et ils n’avaient rien fait tous les deux. Mais à côté, il était vrai que Katérina semblait rayonnante de bonne humeur. Bon en même temps, elle avait toujours ses paroles très franches … mais elle semblait aller bien mieux.

« … … … Pourquoi est-ce que tu veux que je vois ça ? »

« … Elle semble aller bien mieux. Pourquoi n’essayerais-tu pas de faire la paix avec elle ? » dit la voix d’Elyséa en lui alors qu’il ne savait pas trop si cela était une bonne idée.

Faire la paix ? C’est tout ce qu’il voulait ! Mais il n’était pas sûr que ça soit facile … Enfin, aussi facile que ça. Néanmoins, il devait tenter sa chance. Avec lenteur, il s’approcha de Katérina, celle-ci se tournant vers lui, fronçant les sourcils.

« Bonjour … Katérina … Tu as bien dormi ? » demanda-t-il, trouvant son approche complètement ridicule et pathétique, ce qui n’échappa pas à la femme aux cheveux argentés.

« Ouais … Ouais … J’ai bien dormi … On va dire ça … Et toi ? T’étais encore dans les bras de ta greluche pendant ton rêve ? »

« Je … Enfin … Comment dire … Ce n’est pas exactement comme ça que …. »

« Que quoi ? Qu’est-ce que tu veux baragouiner encore ? »

« Tu es très belle ce matin, voilà tout ! C’est juste ça que je voulais dire ! Enfin, tu es encore plus belle que d’habitude, c’est aussi simple que ça ! »

Pfff ! Pourquoi est-ce qu’il était aussi embarrassé à cause de toute cette histoire hein ? Pourquoi ? Pfff … Et Katérina n’allait surement pas l’écouter, il le savait parfaitement ! Il le savait puisque c’était toujours ainsi avec les filles ! Pfff …

« Mer … ci ? C’est ça que je devrais dire, n’est-ce pas ? Enfin, je pense. »

« Enfin … Si tu le dis … Je pense te croire. Mais je le pense réellement surtout. »


S’il le disait. Ce n’était pas pour ça qu’elle allait … AIE ! Et zut ! Quoi encore ?! Qu’est-ce que Dumas… Enfin non … Hodan lui voulait ?! Dans la tête de la jeune femme, la voix de l’homme aux cheveux blonds se fit entendre :

« Tu ne remarques pas qu’il tente de faire la paix ? Alors accepte cela au lieu de rester sur tes idées. Il veut se faire pardonner et … »

« Et après ce qui s’est passé hier soir, tu crois que je vais accepter ? De toute façon, je te préviens, j’ai clairement pas envie de perdre mon temps avec bêtises. Il a fait le con et je suis pas prête à accepter un type qui va coucher avec d’autres femmes. »

« Est-ce qu’il te donne l’impression d’avoir couché avec Elyséa ? » rétorqua la voix en Katérina, celle-ci grognant légèrement.

« Il a surtout une belle tête de vainqueur … donc de con. »

« Katérina, vas faire la paix avec lui au lieu … et maintenant … Ne m’y oblige pas. Tu ne peux pas le laisser seul et désemparé de la sorte. »

« Seulement si tu acceptes ce que je t’ai dit hier. C’est clair ? Il est hors de question que … »

« As-tu un peu réfléchit à ce que tu me demandes ? A ce que tu proposes ? » déclara Hodan alors qu’elle haussait les épaules. Elle semblait n’en avoir rien à faire. Ce n’était pas une question de prendre ou à laisser, loin de là. « Et si Kéran apprenait cela ? »

« Et qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? C’est dessiné sur son visage qu’il fait des trucs avec elle ! Je sais pas pour quelle raison mais il est hors de question que je la laisse se l’accaparer même si ce n’est que dans ses rêves ! »

« … … … Est-ce que tu fais réellement ça pour lui ? »

« Mais putain ! C’est si dur d’y réfléchir quoi ? SINCEREMENT ! Suffit juste de se dire que si un jour, lui et moi, on doit … »

On doit quoi ? Il tenta de lire dans les pensées de la jeune femme mais le mental de Katérina l’en empêcha. Après toutes ces années à le détester, elle arrivait facilement à bloquer son esprit et à empêcher Hodan de le lire.

« Katérina ? Enfin … Je … » bredouilla une voix qui la fit sortir de sa rêverie. Kéran était là, se triturant les doigts comme le ferait un gamin d’une dizaine d’années qui avait commis une bêtise envers la fille qui l’aimait. Il ne manquait plus que le petit bouquet de marguerites.

« … … … Connard. » souffla Katérina, s’approchant de Kéran et s’agrippant à lui. Elle rapprocha son visage à quelques centimètres de lui, le jeune homme murmurant :

« Pardon … Je ne voulais pas te faire souffrir. Vraiment pas … Je te le promets. »

« … … … De qui est-ce que tu te fous ? C’est pas en traînant avec une garce en toi que tu me feras croire ça. Alors bon, arrête ton char, ça ne marche pas comme ça avec moi. »

« Et moi ? Qu’est-ce que je devrais dire hein ? T’es accompagné par un roi, rien que ça ! Enfin, un type avec des cheveux blonds, beau gosse, qui a été élevé par les dragons ! Rien que ça, oui ! Alors bon, j’ai pas de leçon à recevoir ! »

Voilà qu’il la repoussait maintenant, s’éloignant avant de mettre les mains dans les poches. Quel idiot. Il s’était promis de ne pas s’énerver et voilà le résultat. Il s’était encore disputé avec elle. Comme d’habitude quoi … Comme d’habitude … Il n’était pas capable de se contrôler. Il n’était qu’un imbécile notoire.

« … … … Kéran, tu n’étais pas obligé de le lui dire en face. »

« Je n’avais pas le choix, Elyséa ! Je n’avais pas le choix ! Elle continue de t’insulter ! »

Et à cause de tout cela, il n’était même plus motivé à parler avec les soldats, Loa ou tout simplement la princesse Iyasminé. Sans un mot, il accélérait le pas, ignorant tout le monde, la tête baissée et dirigée vers le sol.

« Hum … Je ne pensais pas voir cela chez Kéran un jour. »

« Tsss … Il fait encore le malin mais il commence vraiment à m’énerver à se comporter comme un imbécile notoire ! Il n’arrive pas à comprendre quoi dans la vie hein ?! »

« Un imbécile notoire ? Qui donc a montré de la jalousie au départ, Katérina ? Qui a agressé l’autre ? Essaye un peu de te calmer, cela sera bien mieux. »

« … … … Tsss … J’ai jamais été douée pour ça de toute façon. Bon ! T’as compris ce que je voulais faire avec toi ? On va baiser comme des chiens ! »

« Alors que Kéran est jaloux de moi ? Est-ce que tu comprends cela ? »

« Je le comprends parfaitement et je m’en bats les couilles que tu m’as rajoutées en me sauvant. Maintenant que je sais à quoi tu ressembles, tu vas pouvoir m’aider. » répliqua Katérina avec une certaine véhémence dans ses paroles.

« … … … T’aider à quoi ? » demanda calmement l’être en elle.

« Tu vas m’aider, c’est tout ! On va forniquer tous les deux ! Et puis, ça te dégorgera le poireau, au moins mentalement. Comme ça, quand tu retrouveras ta petite sœur, tu pourras t’occuper d’elle réellement. Elle n’est pas belle la vie ? »

« Je t’ai déjà déclaré qu’il n’y a rien de cela entre moi et Hyathéna. » murmura calmement Hodan alors qu’elle éclatait de rire intérieurement.

« Ouais, ouais … Bien entendu. De toute façon, ça va être donnant-donnant. »

« Donnant-donnant ? Où est-ce que tu veux en venir, Katérina ? Exprime-toi mieux. »

« Tu baises, je baise, chacun va apprendre à mieux se connaître et ça va me permettre de remettre en pratique toutes mes tactiques sexuelles. Ou alors, tu serais dégoûté par le fait que tu m’aies rajouté une bite et des couilles ? »

… … … C’était une proposition intrigante, vraiment très intrigante de la part de Katérina. Elle relâcha légèrement sa protection mentale, lui permettant de lire dans ses pensées. Et il fut … étonné d’apprendre cela. Elle considérait qu’il devait surement être un bon coup et que de toute façon, tant que c’était dans les rêves, il n’y avait rien à craindre.

… … … Coucher avec la fille qu’il possédait depuis des années ? Il était vrai qu’en raison de la perversité de la jeune femme qui s’accentuait au fil des années, il ne pouvait pas rester … sans réaction mais quand même … Ce n’était pas la même chose. Et surtout, il avait une certaine droiture et fierté personnelle.

C’était pourquoi il n’avait jamais touché à Katérina. Il savait que bon nombre de spectres ou créatures ténébreuses s’amusaient à cela, simplement pour se distraire ou tout simplement parce qu’ils pouvaient laisser libre court à leur perversité naturelle … mais ce n’était pas son cas. Loin de là même.

« Est-ce que je peux y réfléchir, à cette proposition, Katérina ? »

« Ouais, ouais … Toute façon, si tu veux pas, tu veux pas. Je ne vais pas te violer non plus hein ? J’en suis pas dans ce cas de figure. »

« … … … Même si cela fut dit sur le ton de la plaisanterie, ce n’est pas drôle. »

« Ah ? Tu croyais que je l’étais ? Bon … Ben, réfléchis-y. »

De toute façon, maintenant, ce n’était plus à elle de suivre tout cela. C’était à Hodan de choisir si oui ou non … Il allait accepter. Quelques mètres plus loin, le jeune homme fut parcouru par un grand froid, Elyséa demandant :

« Qu’est-ce qui se passe, Kéran ? Ca n’a pas l’air d’aller. »

« Je … Je ne sais pas … J’ai senti comme un frisson qui montait en moi. »

Il se retourna, remarquant le sourire de Katérina bien qu’il savait qu’il n’était pas vers lui. Pourquoi est-ce qu’il se faisait du mal à penser de la sorte ? Pourquoi est-ce qu’il sentait que quelque chose se tramait sans même que …

« Tu te fais du souci pour rien, Kéran. Tu te causes des problèmes. »

« Je me les cause car je suis anxieux, très anxieux, tu ne le serais pas, toi ? Si tu aimais quelqu’un mais que tu as l’impression que qu’importe ce que tu fais, cette personne s’éloigne sans même que tu ne puisses régler la situation ? »

« Je ne sais pas … Je n’ai jamais aimé, je crois. »

Elle croyait ? Elle n’en était pas sûre Mais qu’est-ce … qu’il pouvait faire pour l’aider ? Car il avait l’impression qu’Elyséa bloquait une partie de ses souvenirs pour s’empêcher de s’en rappeler. Oui … Il ne la connaissait pas complètement, contrairement à ce qu’elle voulait lui faire croire … mais en même temps, il n’était pas sûr qu’elle veuille lui faire croire ça.

« Kéran, je n’ai vraiment rien à te cacher. Ce n’est pas ce que je veux … »

« Je le sais parfaitement … Mais peut-être est-ce que tu sais pourquoi tu ne t’en rappelles pas ? Enfin … Pourquoi il semblerait que tu aies perdu une partie de tes souvenirs ? »

« Pas le moins du monde … Loin de là même, Kéran. Pardon. »

« … … Ne t’excuse pas le moins du monde, Elyséa. »

Ce n’était pas de sa faute … Mais il était sûr d’une chose : son épée était en partie responsable de cela. Voilà … Il fallait deviner d’où venait son épée. Enfin non ! Pas deviner ! Se le rappeler ! Voilà tout !

« Elyséa ! Dès ce soir, pendant que je rêve, je veux que l’on se mette à étudier mon épée et celle que tu possédais, d’accord ? »

« … … … Comme tu veux. Cela ne me dérange pas et au moins, tes pensées seront occupées vers autre chose … que ce que je pense. Voilà tout. »

Ce qu’elle pensait ? C’était la même chose que lui. Il était en train de perdre Katérina. Il devait envisager le pire … mais il irait se battre pour cela. Il irait se battre pour Katérina, il avait commencé maintenant, il n’allait pas arrêter ! Katérina … Il fallait que la jeune femme lui fasse confiance … mais surtout lui ouvre son cœur. Et pour l’heure, visiblement, il avait l’impression que c’était loin d’être le cas.