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Chapitre 151 : Un vide à combler

Septième axe : Sans famille

Chapitre 151 : Un vide à combler

« W… Wow … »

Ce fut le premier mot de Kéran lorsqu’il se réveilla. C’était quoi cette lueur ? AH ! Le Soleil ?! C’était le Soleil ? Il … Il n’arrivait pas à y croire ! C’est vrai que maintenant qu’ils avaient battu Mékos, le Soleil était revenu dans cet endroit ! C’était … C’était vraiment merveilleux. Il secoua légèrement Katérina, celle-ci marmonnant et grommelant dans son sommeil. Il eut un petit sourire, disant :

« Hey … Mademoiselle Katérina, la Keunotor, il faudrait envisager de se réveiller. Ou alors, tu veux que la princesse se réveille avec un baiser ? »

Humpf ! Aucune réaction ! Du moins, au départ. Elle gardait les yeux fermés mais il avait remarqué le léger mouvement des lèvres comme pour l’inciter à l’embrasser. Ah si c’était comme ça, il n’allait pas se priver ! Il colla ses lèvres contre celles de Katérina, l’embrassant longuement. Les bras de Katérina se placèrent autour de son cou alors qu’elle continuait le baiser pendant plusieurs secondes, ouvrant les yeux.

« Je peux dire bonjour maintenant ? » déclara-t-il dans un grand sourire. « Bien dormi ? Le bois, ce n’était peut-être pas forcément la meilleure chose à faire mais bon … »

« Ca ne me dérangeait pas. Alors, qu’est-ce qui te pren… Oh ! »

Elle aussi venait finalement de remarquer le décor paradisiaque ? Enfin … Paradisiaque était un bien grand mot. Mais le fait qu’il y ait du soleil, c’était vraiment la grosse différence bien remarquable. Ne pas avoir froid en touchant sa peau … Humpf … Elle aimait bien, elle aimait vraiment bien. Il se dirigea vers la tente où dormait Loa, disant :

« Je vais aller la réveiller elle aussi. Comment dire … Elle … doit aussi sentir … »

« Tu ne voudrais pas plutôt que l’on aille se baigner ? Pour nous laver ? Comme il a fait plus chaud que prévu, nous avons bien transpirés. » déclara Katérina, tirant un peu sur le haut de sa tenue. Elle le regardait avec un petit sourire mutin.

« Malheureusement, il vaudrait mieux que je la réveille … »

Hein ? Comment ça ? Est-ce qu’il n’avait pas compris le message qu’elle voulait lui faire passer ? Elle arrêta de tirer sur son décolleté, le regardant d’un air perplexe et un peu colérique. Quand même, il n’était pas …

« Mais non, idiote ! Je crois bien qu’elle peut attendre ! »

Il souleva Katérina dans ses bras, celle-ci poussant un petit cri de surprise, ne s’attendant pas à une telle réaction de la part de Kéran. Le jeune homme était bien plus heureux depuis que … Enfin, depuis hier … Et elle ne trouvait pas ça déplaisant. Elle s’agrippa à Kéran qui allait l’emmener dans le même endroit qu’hier. Une petite session où ils allaient se laver tous les deux semblait être de rigueur visiblement !

Une demi-heure plus tard, Loa était réveillée et les trois compères se mirent en route pour se diriger … où exactement ? Kéran déclara qu’ils pouvaient un peu profiter du temps pour se promener dans la chaîne de montagnes.

« De toute façon, il n’y a plus rien qui presse non ? Nous n’avons pas le feu au lac, n’est-ce pas ? Ce n’est pas comme si nous avions un véritable but à suivre. »

« Hum … Ce que tu dis est correct, Kéran … Mais je ne sais pas trop … »

Loa semblait plutôt dubitative par rapport à ses propos. Pourtant, ça ne lui semblait pas être une mauvaise idée. D’ailleurs, Kéran avait sorti la Stalgamin, la gardant contre lui d’une main tandis que l’autre tenait celle de Katérina. Loa observa Sarène puis Kéran avant de déclarer d’une voix légèrement attendrie et surtout douce :

« D’accord … Ca ne m’embête pas personnellement. Je ne pense pas que cela dérange Katérina, non plus ? Katérina ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Moi, j’en ai vraiment rien à foutre. C’est pas comme si j’avais un but dans ma vie. »

« Ne dit pas ça, Katérina. » murmura le jeune homme en lui souriant.

Hum ? Hein ? C’était elle ou Kéran était un peu bizarre ? Elle se faisait peut-être des illusions. Mais qu’est-ce que … Elle serra avec plus d’insistance la main du jeune homme, le regardant longuement. Celui-ci l’observa, penchant la tête sur le côté avant de dire :

« Ca ne va pas, Katérina ? Si tu ne veux pas me lâcher, pas de soucis, ça ne me dérange pas. »

« … … Oh tais-toi un peu, tu sais. »

Elle rétorqua cela sur un ton gêné. Si Kéran avait vraiment un problème, il le lui dirait. Maintenant que leur relation avait pris un nouveau tournant, il pouvait bien lui parler lorsqu’il avait un problème, c’était ainsi que ça fonctionnait non ?
Du moins … Elle ne savait pas exactement comment fonctionnait les couples. Ce n’était pas vraiment son genre … Mais bon … Kéran allait bien. Du moins, c’est ce qu’elle espérait car elle n’était pas forcément douée. Kéran lui souriait toute le temps, faisant un grand sourire même … Il allait … bien, n’est-ce pas ?

« Kéran, s’il y a un problème, est-ce que tu m’en parlerais ? »

« Bien sûr que oui. Mais il n’y en a pas actuellement. Ah … Quand même … Le Soleil … Qu’est-ce que ça fait du bien ! En plus, j’ai chaud et froid grâce à Sarène, hahaha ! »

« … … … D’accord, si tu le dis … Je te crois, Kéran … »

Mais elle n’était que moyennement convaincue par les propos du jeune homme. Elle étudia la Stalgamin, celle-ci ayant le même visage que d’habitude. En tant que pokémon proche de son dresseur, elle comprendrait … s’il avait un problème non ? D’ailleurs, elle ne bougeait vraiment pas de sa place, serrée contre le corps de Kéran.

Les heures s’écoulèrent, les unes après les autres. Pendant que Kéran était parti chasser, demandant à y aller seul car c’était « l’homme » du groupe, Katérina alla rétorquer quelque chose d’assez violent. Néanmoins, Loa posa une main sur l’épaule de la jeune femme, hochant la tête négativement avant de répondre :

« D’accord, d’accord … Tu devrais y aller maintenant. »

« Hey … Mais j’ai quelque chose à lui dire ! Surtout que … Tu ne veux pas me lâcher ? »

Pas réellement ! Loa attendit que Kéran soit parti avant de relâcher Katérina. Celle-ci se massa le bras, grognant un peu avant de se tourner vers elle.

« C’est quoi ton problème ? J’allais lui briser ce qui faisait de lui un homme ! »

« Katérina ? Tu as remarqué que Kéran n’a pas lâché Sarène de toute la journée ? »

Hein ? C’est vrai … que malgré le poids de la créature et les heures qui défilaient, le jeune homme n’avait pas rappelé la Stalgamin dans sa noigrume. Mais qu’est-ce qu’il y avait de si étonnant que ça ? Kéran n’avait-il pas dit qu’il n’y avait aucun problème ?

« Ouais ? Et alors ? Je ne vois pas le souci. Kéran m’a dit qu’il n’y a aucun problème. Et s’il n’y en a pas, je ne vois pas comment l’aider hein ? »

« Et s’il t’avait menti tout simplement ? Ca ne me parait pas improbable. »

« S’il m’a menti, je vais lui briser ses noix ! C’est compris ?! » s’énerva la femme aux cheveux d’argentés et blancs, Loa faisant un geste de paix.

« Je pense qu’il t’a menti pour ne pas t’embêter avec ses problèmes. Enfin … Si tu veux tout savoir … Je pense que c’est à cause de ce qui s’est passé récemment. »

« Tu veux parler … de Lili et des autres ? Ouais … Je sais bien que c’est triste. En plus, elles étaient mignonnes toutes les deux. Et y avait aussi ce … Enfin bon … Ce qui est fait est fait. Moi aussi, ça m’a fait mal à l’époque mais je me suis relevée et … »

« Kéran n’est pas pareil, tu le sais parfaitement, non ? »

« Ouais mais … Bon … Je m’en fous … Enfin non … J’irai discuter avec ça. De toute façon, il n’a pas besoin d’une pokémon pour se consoler, il m’a. » marmonna Katérina en détournant le regard, croisant les bras tout en rougissant légèrement.

« Surement … Oui … Il y a de fortes chances que ça soit le cas. J’estime qu’il a beaucoup de chances à ce sujet. Mais bref … Je te laisserai le consoler. »

« … … … Arrête de me parler comme ça, je n’aime pas. C’est pas parce que Kéran m’a … accepté comme je suis que ça résout tous les problèmes. »

Puis surtout, ça la mettait mal à l’aise. Après, à côté, Swar et Dumasch n’avaient pas pris la parole depuis hier. Ils étaient en train de se reposer ? Tant mieux. Au moins, elle ne les aurait pas dans ses pattes. Lorsque Kéran revint, elle l’étudia quelques instants. Même en ramenant de quoi manger, il tenait toujours Sarène d’une main.
Loa avait raison … Certainement raison même. Mais bon … Qu’est-ce qu’elle pouvait y faire ? Bon … Toute façon, elle avait ses propres atouts. Deux atouts assez généreux d’ailleurs. Kéran n’était jamais déçu avec ça. Malgré qu’elle ait … ce petit artifice en plus.

HUMPF ! De toute façon, c’était son problème à elle ! Elle le réglerait de la même manière que d’habitude dès qu’il s’agissait de Kéran. Enfin … Kéran … Quand même … Après tout ce qui s’était passé, elle avait montré un peu de faiblesse.
Kéran l’aimait quand même … malgré son sexe d’homme, malgré qu’elle était brisée … qu’elle ne pourrait jamais lui donner d’enfants et … Que … Qu’est-ce qu’elle pensait là ? D’une légère rougeur, elle était maintenant rouge comme une tomate. Kéran posa une main sur le front de Katérina, celle-ci poussant un cri de surprise.

« Ca ne va pas, Katérina ? T’as l’air d’avoir un peu de fièvre. Tu es vraiment rouge. »

« Je je je … OH POUSSE-TOI ! »

Elle poussa le jeune homme, le faisant tomber en arrière. Bizarrement, il éclata de rire, regardant la Stalgamin sur son ventre. Katérina semblait tellement gênée qu’il trouvait ça vraiment attendrissant à en mourir. Il avait envie de la serrer dans ses bras à son tour ! Bon … Ca se ferait pendant la nuit de toute façon.
D’ailleurs, la nuit arriva rapidement, le trio ayant décidé de monter les deux tentes. Comme d’habitude, Kéran et Katérina dormaient ensembles mais Kéran avait laissé Sarène dehors, la serrant contre lui. La créature de forme conique était serrée contre Kéran, empêchant Katérina d’enlacer correctement le jeune homme en face à face. D’un air boudeur, elle avait marmonné qu’elle ne se collerait pas à lui pour la peine.
Le jeune homme s’était excusé mais ça ne changeait rien aux faits. Lorsqu’ils trouvèrent le sommeil, Sarène rouvrit les yeux, bougeant légèrement pour quitter les bras de Kéran. Elle regarda le jeune homme qui marmonnait dans son sommeil, s’approchant du sac avant de le tirer hors de la tente de ses petites pattes.

« Ah … Visiblement … Je n’ai pas vraiment le choix. »

La petite créature poussa un léger soupir. Avec les derniers évènements, ça ne lui semblait plus possible de prendre une autre direction. Elle ouvrit le sac, faisant tomber les différentes pierres au sol. Alors … Alors … Alors … Une pierre eau ? Non. Une pierre foudre ? Non plus … Quand même … Kéran avait été un petit voleur sur ce coup.

« Mais bon … Personne n’utiliserait ces pierres sinon. »

Alors, elle n’allait pas lui faire de reproches. En fait, elle n’allait pas lui parler tout court. C’était mieux … qu’il ne comprenne pas qu’elle puisse parler. C’était la meilleure chose à faire. Ah … Voilà donc la fameuse pierre qui lui permettrait d’évoluer ? Elle savait pertinemment en quoi elle allait se transformer de toute façon. Elle posa avec lenteur sa patte sur la pierre, son corps commençant à s’illuminer.
Si elle avait décidé de s’éloigner, c’était bien pour ne pas aveugler Kéran et le réveiller. Son corps s’allongea, prenant une forme plus humanoïde alors qu’elle ressemblait à une créature à moitié humanoïde. Elle posa ses yeux sur la tente, tenant la pierre dans sa main.

« Hum …Je me demande quelle sera sa réaction, demain. »

Elle avait parfaitement remarqué le problème du jeune homme … par rapport à ce qui s’était passé. Il était attristé par la mort des trois autres pokémons. Elle aussi l’était … bien qu’elle évitait de le montrer. Enfin bon … Ce n’était pas le moment de penser à ça. Elle retourna dans la tente, tenant le sac dans ses pattes. Elle le déposa dans un coin de la tente, s’approchant de Kéran pour l’observer pendant quelques instants.

« Des fois, je me dis que la vie peut-être bien injuste et le destin bien cruel … n’est-ce pas ? Mais ne t’en fait pas … La mort n’est pas toujours signe de séparation. »

Elle posa une patte sur le front de Kéran, celui-ci marmonnant dans son sommeil alors que la Momartik faisait un léger sourire. Il fit quelques mouvements de mains dans le vide, la créature le faisant se retourner. Il agrippa Katérina, la tirant contre lui, la jeune femme endormie se laissant faire à son tour.

« Voilà … C’est la position que vous n’auriez jamais dû quitter tous les deux. »

La Momartik eut un léger sourire avant de disparaitre à nouveau dans la noigrume, laissant seul le couple d’amoureux qui dormait paisiblement. Une aura noire se fit voir autour de Kéran, la voix de Swar résonnant à son tour :

« Hum … Dumasch … Nous avons affaire à une nouvelle spectre. »

« Elle est amicale … Il n’y a rien à s’inquiéter normalement. Il n’y a pas besoin de chercher à savoir si elle est belliqueuse ou non. On connait la réponse. »

« Soit … Mais il va falloir faire quelques recherches, au cas où. »

« Je n’ai pas de temps à perdre avec ces absurdités. Sauf si elle est dangereuse, ce qui m’étonnerait, je ne ferai rien envers elle. »

La voix de Dumasch ainsi que l’aura autour de Katérina disparurent, Swar poussant un léger soupir de son côté, murmurant à son tour :

« Qu’on le veuille … ou non … J’ai une curieuse impression … Je ne sais pas … Je me méfie … mais en même temps, je sens que je n’ai pas besoin de me méfier. »

« Hmm … Katérina ? »

Le jeune homme marmonna quelques mots incompréhensibles après avoir prononcé le nom de la femme qu’il tenait dans ses bras. Il bougea la tête de gauche à droite, jusqu’à trouver le coin le plus confortable possible : la poitrine de Katérina. Un sourire ravi se vit voir sur ses lèvres, l’aura noire autour de lui disparaissant à son tour. Pour le moment … Elle allait rester en retrait et suivant la situation, elle réagirait.

Chapitre 22 : Protectrice de ce lac

Chapitre 22 : Protectrice de ce lac

« Ryusuke ? Comment est-ce que tu te portes ? Tu peux me le dire ? »

« Pas trop trop bien. Je ne sens pas mon corps mais … il faudrait que je me lève. Est-ce que ce Draco est encore là ? Enfin cette Draco ? Tu peux me le dire ? »

« Elle est là. Mais ne répètes pas mes phrases, ça n’arrangera pas ton état. On va essayer de te lever … mais cette eau est si pure. Elle a apaisé ta douleur ? »

Il hoche la tête positivement. Oui, il se sent mieux grâce à cette eau bien qu’il n’arrive pas totalement à expliquer pourquoi. Mais les effets sont là et il ne va pas s’en plaindre. Kasiopé cherche à le relever, comme il le désire tandis qu’il a un léger sourire.

« Merci. Je vais tenter de rester debout. J’espère y arriver. »

« Avec un pied cassé et dans ton état ? Ne dit pas de bêtises, Ryusuke. Ce n’est pas bon. »

« Mais je ne raconte pas n’importe quoi. Regarde, j’y arrive ! »

Voilà qu’il fait des efforts ridicules pour ne pas paraître trop stupide. Mais le soupir de l’adolescente aux cheveux verts lui montre qu’il est parfaitement un imbécile. Confus et embêté, il vient tout simplement baisser les yeux avant de se rasseoir.

« Désolé … non, je ne vais pas bien, malgré ce que j’ai put te dire. »

« Je préfère que tu m’annonces la vérité. Viens … Il me faudrait pouvoir contacter les autres mais malheureusement, c’est impossible. »

Et aussi pour quitter cet endroit. Ce n’est pas qu’elle n’apprécie pas la compagnie de la Draco mais si celle-ci se décide à devenir belliqueuse, autant dire que cela risque de très mal se finir car elle n’aurait aucune capacité pour pouvoir la combattre.

« Elle ne fera rien contre nous, Kasiopé. Ce n’est pas dans ses intentions. » murmure Ryusuke à son bras, la demoiselle à lunettes lui soufflant :

« Comment est-ce que tu peux le savoir, Ryusuke ? Tu es capable de lire dans les pensées ? »

« Non non … mais pourquoi est-ce qu’elle nous attaquerait ? Qu’est-ce qu’elle aurait à y gagner ? Surtout que nous ne sommes pas belliqueux, loin de là. »

« Ce n’est pas faux mais un pokémon n’est pas forcément neutre. S’i lveut défendre son territoire, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour y arriver. »

« Je n’ai jamais prétendu le contraire mais ce n’est pas son genre, je le sais. »

Il semble tellement convaincu qu’elle va finir par l’être elle aussi. Mais bon, il lui en faut plus que ça pour être certaine qu’ils sont en sécurité. La Draco les observe, sans se rapprocher. Elle n’a jamais réellement fait un mouvement vers eux. Elle semble plutôt les observer pour voir s’ils vont tenter de commettre un impair ou non.

« Ryusuke ? Mais tu trembles, non ? »

« J’ai un peu froid, oui … et je suis légèrement trempé … enfin, toi aussi. »

« Ah … Oui, ce n’est pas faux mais moi, je ne suis pas réellement blessée. Viens par là. »

Elle le soulève mais le force à coller sa tête contre sa poitrine ainsi que le reste du corps. L’adolescent continue de trembler et halète, les yeux fermés. Il finit par soupirer :

« Tu as une bonne odeur … Kasiopé. Vraiment une très bonne odeur … oui. »

« Hey, je te rappelle que je ne suis pas de la nourriture ou autre, d’accord ? Mais merci du compliment si on peut appeler cela un compliment. »

« C’en est un … merci aussi pour toi. Repos … oui. »

Encore se reposer ? Il ne fait que ça. Combien d’heures se sont écoulées ? Elle se tourne vers la Draco, comme pour espérer une réponse qui ne vient pas. La pokémon est là, mangeant ce qui semble être une baie. Un rapide coup d’oeil lui fait dire qu’il n’y a pas d’arbre normalement. Par où est-ce qu’elle est passée ?

« Dis moi, Draco, pourrais-tu m’indiquer la voie de la sortie ? Nous ne pouvons pas rester indéfiniment en ce lieu et je pense que tu préfères nous voir partir le plus tôt possible plutôt que nous venions t’embêter, n’est-ce pas ? »

« Draco. » déclare enfin la pokémon avec neutralité. Pour la première fois, elle s’exprime en direction de Kasiopé. Pour elle, il est hors de question de déplacer Ryusuke dans ces conditions. Il ne survivra pas au transport. Même si cela la dérange, elle ne peut pas laisser un humain mourir de la sorte. Surtout si celui-ci n’a rien fait pour mérite cela. Les deux personnes ne semblent guère dangereuses de toute façon.

« Comme tu le désires alors, je ne veux pas te forcer, tu dois t’en douter, non ? »

« Draco dra … draco draco draco dra. » répond encore une fois la pokémon aux allures divines. Elle se plie et se déplie comme pour montrer qu’elle est à leur écoute mais qu’ils ne cherchent pas à dépasser ce qu’elle a à leur offrir. Cela serait stupide de leur part que de lui chercher querelle maintenant, surtout dans une telle situation.

« Nous ne ferons rien de tout cela mais … Nous sommes poursuivis. J’aurais peut-être dû m’exprimer tout de suite à ce sujet. Un homme veut tenter de nous tuer, moi et Ryusuke. C’est pour cela que nous sommes blessés. Nous avons décidé de sauter du haut de la cascade et nous sommes tombés ici. Néanmoins, je sais parfaitement que cela n’arrangera pas notre situation et que si vous le désirez, on peut quitter cet endroit mais … merci de nous avoir écouté, c’est tout ce que j’avais à vous dire. »

« Draco. » s’exprime la pokémon. Non, elle n’a pas besoin d’expliquer tout cela. Elle l’a compris en voyant les blessures sur le corps de Ryusuke. Bien qu’elle ne veut pas être dérangé, cela ne veut pas dire qu’elle ne tolère pas la présence d’humains … Dans une telle situation, elle ne compte pas les abandonner même s’ils sont poursuivis.

« AH … AH ! JE SAIS QUE VOUS ÊTES LA ! »

Le corps de la Draco se redresse en même temps que celui de Kasiopé. Celle-ci regarde autour d’elle, tremblant légèrement. Elle a reconnu sa voix ! Celle de Naro ! Où est-ce qu’il est ? Elle secoue légèrement Ryusuke pour le réveiller, celui-ci ayant un peu de bave aux lèvres. Il s’est vraiment endormi ?

« Je sais que vous êtes là ! L’odeur du sang ! Mes pokémon reconnaissent cette odeur ! Ils savent que vous êtes encore vivants ! »

A gauche ? A droite ? Derrière eux ? Ryusuke finit par ouvrir les yeux faiblement. Il remarque sa position, rougissant légèrement avant de s’extraire du cocon chaleureux. Il secoue sa tête, bafouillant :

« Désolé … j’ai crû entendre une voix, d’où est-ce qu’elle vient ? Est-ce qu’il s’agit … »

« De Naro, oui. Il ne sait pas exactement où est cette grotte mais je crois qu’il ne va pas tarder à le découvrir malheureusement. Je suis désolée, Draco mais nous devons partir dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Nous ne pouvons pas te mettre en danger. »

Elle comprend parfaitement ce qu’ils veulent dire par là. Kasiopé relève Ryusuke, lui demandant de tenir bon. Dans quelle situation pitoyable est-ce qu’ils sont ? Elle a vraiment honte d’elle sur le coup mais il vaut mieux ne pas trop y réfléchir. La priorité restait de trouver le reste du groupe et de soigner Ryusuke. Naro pouvait bien atten…

« Ah te voilà ! Sale petite garce ! »

Un coup de pied lui coupe le souffle et la projette au bord du lac. Jamais elle n’a relâché Ryusuke, celui-ci roulant avec elle, finissant par se trouver au-dessus de l’adolescente. La Draco tourne aussitôt sa tête vers la personne à l’origine de tout cela.

« On dirait que c’est mon jour de chance en plus. J’ai réussi à mettre la main sur une Draco ! Rien que ça ! Hahaha ! Parfait, vraiment parfait. »

Naro exulte en remarquant le pokémon en face de lui. Les rumeurs, les rumeurs mais finalement le concret. Le pokémon est bien en face de lui, le regardant et le jaugeant pendant de longues secondes avant de s’approcher de Ryusuke et Kasiopé. Il frotte son museau contre eux, comme pour vérifier comment ils vont.

« Ca fait mal … vraiment très mal, Kasiopé. »

« Regardez vous donc ! Ryusuke, presque mourant ! C’est parfait ! Tant qu’il est vivant ! Par contre, toi, pour le temps que tu m’as fait perdre, ne comptes pas t’en sortir indemne. » déclare Naro en fixant Kasiopé qui cherche à reprendre son souffle.

« Je … ne te laisserais pas faire. Tu vas laisser … Ryusuke tranquille ! »

« Et qu’est-ce que tu comptes faire pour m’arrêter ? Pauvre folle ! Tu es même incapable de tenir debourt ! Vous êtes exténués, à bout de souffle ! »

« Qu’importe ce que nos corps endurent, nous ne nous laisserons pas faire. »

« Et c’est toi qui me dit ça, Ryusuke ? Alors que tu es à peine vivant ? Hahaha ! Je sais ce que je vais faire, je vais tout simplement tuer cette gamine devant tes yeux. Ensuite, j’irais capturer ce Draco et enfin, nous rentrerons. Je ne sais pas ce qu’ils te veulent, toi qui n’a rien d’extraordinaire mais puisque ce sont les ordres … »

« Les ordres ? De quoi est-ce que tu parles, Naron ? Tu travailles pour qui ? Quelqu’un t’a engagé ? Il faut qu’il soit particulièrement stupide pour ça ! »

« NE TE FOUS PAS DE MOI ! »

Naro s’approcha à toute allure de Ryusuke avant de lui envoyer un coup de pied dans le ventre, faisant pouffer l’adolescent qui émit un léger râle de douleur. Celui-ci chercha à s’appuyer sur ses mains, regardant Kasiopé avec inquiétude.

« Kasiopé ? Kasiopé … S’il te plaît … Kasiopé. Réponds-moi s’il te plaît. »

« Je vais bien, ne t’en fait pas mais ton propre corps ? Est-ce que tu peux … m’en parler ? »

« Comme c’est attendrissant ! Vous devriez faite plus attention à vous-même plutôt qu’à chercher si votre compagnon est blessé ou non ! »

Il avait hurlé cela avec une certaine véhémence alors qu’elle finissait par se redresser vivement, contrairement à auparavant. Naro fit un pas en arrière, surpris par la réaction de Kasiopé avant de claquer des doigts.

« Tu ne crois pas que j’ai laissé mes pokémon en retrait hein ? »

« Je ne crois rien du tout. Mais ce n’est pas le bon lieu si tu cherches la confrontation. »

« Oh ? Et qui donc risque de me menacer ? Ce Draco ? Je te rappelle que j’ai un Drakkarmin ! Je n’ai rien à craindre de tout ça ! HAHAHA ! »

Ce n’était pas totalement faux. Contre cette Draco, il peut lutter, elle le sait. Mais si la Draco se met de leur côté, ils peuvent alors s’allier pour mettre une raclée à Naro. Mais pour ça, il faudrait déjà qu’elle arrive à mettre une main sur ses pokéballs et …

« Ne t’avise même pas de faire ne serait-ce qu’un geste. »

La voix de Naro ne laisse planer aucun doute sur ses intentions. Il a déjà une main posée sur son arme mais soudainement, une flamme vient lui faire lâcher prise, Naro hurlant de douleur avant de reculer une nouvelle fois. Le pistolet se retrouve recouvert de glace tandis que la Draco se place devant Kasiopé et Ryusuke.

« Sal … Saleté ! Tu es de leur côté au final ? C’est ça ? Tu veux vraiment que je t’abatte comme une chienne ? DRAKKARMIN ! Occupes-toi d’elle ! »

« DRAKKAR ! » crie une voix au loin avant qu’une ombre n’arrive jusqu’au lac souterrain.

« Et ne croyez pas qu’il est seul ! Rapasdepic ! Viens aussi ! »

Voilà que l’oiseau se présente aussi à eux. Deux contre un ? Non, il y a aussi les pokémon de Kasiopé mais autant dire qu’ils ne peuvent rien faire ici. Encore qu’en y réfléchissant, vu qu’il y a de l’eau et surtout des plus pures, ils peuvent peut-être en profiter ?

« Kasiopé, utilises tes … pokémon non ? Pour aider cette Draco. »

« C’est une bonne idée, Ryusuke. Je vais le faire dès maintenant. Ca sera mieux … oui. »

Elle murmure cela tout en sortant son Ludicolo. Les autres, elle ne préfère pas. Et l’homme ne peut plus utiliser son pistolet, n’est-ce pas ? Enfin, ce Naro deviendra moins dangereux. Mais pour ça, il fallait déjà tout préparer … et ce n’était pas le cas actuellement.

« Ryusuke … si on s’en sort, tu voudras que l’on parle, toi et moi ? »

« Hein ? Bien entendu mais pour ça, il faut que l’on s’occupe de Naro. »

Ce n’était pas faux. Elle le sait mais bon, ça ne change pas qu’elle ne reste pas totalement rassurée par toute cette histoire. Malgré tout, elle se place à côté du Draco, n’osant pas la toucher, le Ludicolo à ses côtés. Elle a le taser en main, prête à l’utiliser.

« Tu feras moins le fier après une décharge dans le corps, Naro. »

« Pour ça, il faudra déjà réussir à me toucher. Cette Draco ne sera pas assez forte, ce n’est qu’une sauvageonne comme tous les autres ! Ces pokémon ne savent pas se battre ! »

« Je te conseillerais plutôt de te méfier. Enfin, je ne devrais rien dire. »

Il arrive à peine à suivre la conversation. Finalement, il est adossé à un rocher, c’est le mieux qu’il puisse faire pour rester debout et surtout pouvoir tenir le coup. Il arrive à voir la situation en face de lui, ah … ah … tant mieux, oui tant mieux.

Ce n’est pas suffisant, ce n’est vraiment pas suffisant. Il ne peut pas se contenter de ça. Il ne peut pas se contenter de toute cette chose. Si seulement Sirénia était là, la situation serait à leur avantage. Elle pourrait facilement les repousser non ?

« Draco, est-ce que … tu veux bien nous aider ? »

« Draco ? Dra draco dra draco dra. » répond la pokémon en direction de Ryusuke. Il ne voit pas que c’est déjà le cas actuellement ? Il semble ne pas être en pleine forme s’il ne remarque pas ce genre de petits détails. Mais il est vrai qu’il n’est pas en parfait état.

« Oui, je suis désolé, Draco mais vu … dans l’état où je suis, j’espère que tu comprendras que ce n’est pas vraiment voulu de ma part. »

« Draco dra draco. » répond t-elle une nouvelle fois. S’il est capable de parler, c’est qu’il va bien. Mais bon, elle n’est pas inquiète pour lui. Il semble avoir une grande résistance par rapport à tout ça et elle est certaine qu’il sen tirera bien.

« Vous allez vous allier à moi ? Et vous pensez que cela changera grand-chose ? Regarde moi ce Ludicolo, il est complètement au bout du rouleau ! Et cette Draco … Drakkarmin ! Tu peux en faire ce que tu veux ! Quant à toi, Rapasdepic, occupes-toi de de ce Ludicolo ! »

Qu’importe la situation, ils étaient désavantagés des deux côtés. Le Drakkarmin est beaucoup plus fort qu’un Draco et Ludicolo n’avait pas de chance par rapport au fait qu’il avait un nénuphar sur la tête, donc qu’il était lié aux plantes.

« Sirénia … où est-ce que tu es ? »

« Oh ? J’allais oublier ! Une petite surprise ! Cette décharger de taser était très forte, il faut aovuer mais cela fait déjà plusieurs heures ! Le soleil finira bien par se lever d’ici peu de temps mais surtout … Regardez donc qui s’est réveillé. »

Un troisième pokemon. Le Reptincel était présent lui aussi. Il est là, en train de regarder les deux adolescents, ses futures cibles. Mais surtout, il se sait en supériorité, il sait qu’il a l’ascendant sur deux enfants non encore adultes. Et ce n’est pas un simple Ludicolo et une Draco sauvage qui pourront les empêcher de les écraser.

Chapitre 59 : Sans réussite

Chapitre 59 : Sans réussite

« Oh ? Vous ne dormez pas encore, grand archimage ? »

« Je pourrais te poser la même question, Tery. Que fais-tu donc debout à cette heure-ci ? »

« Rien de spécial, je dois vous avouer … je ne fais que veiller sur les autres. Elen dort déjà et le reste du groupe aussi, rien de plus, rien de moins. »

Un léger sourire aux lèvres qui se veut rassurant et apaissant. Le jeune homme aux cheveux bruns est quelqu’un de bien, quelqu’un qui a le coeur sur la main. Le vieux Gnomold a son museau qui le chatouille, le grattant légèrement avant de dire :

« Tant mieux si tout se passe bien, j’avais peur que tu aies une insomnie à cause du fait d’avoir tellement de monde autour de toi car tu n’y es pas habitué. »

« Oh, vous vous trompez, n’oubliez pas que j’ai été dans l’armée de Shunter auparavant. Je suis plus habitué qu’on ne le croit par rapport aux autres. »

« C’est vrai, c’est vrai, je m’excuse pour avoir dit cela. Hmm, il semble vraiment se faire tard, je vais aller rejoindre ma tente pour y trouver le sommeil à mon tour. Bonne nuit. »

« Bonne nuit à vous aussi, messire Ernold. Dormez bien puisque demain est une autre journée. » répondit le jeune homme aux cheveux bruns, Ernold lui répondant d’un hochement de tête positif avant de s’enfoncer dans sa tente.

Le jeune homme fût laissé seul, sortant un livre sur les golems avant de se mettre à le lire. Celui concernant la magie pouvait bien être mis de côté pour le moment. Ce n’était pas comme si les autres avaient besoin d’être au courant à ce sujet, loin de là.

« Alors, alors, alors … les petits golems. Hum ? »

Tiens, pourquoi pas ? Avec amusement, il fait apparaître ses lignes noires sur la main droite avant de poser celle-ci sur le sol. Rapidement, un golem miniature d’une vingtaine de centimètres en sort, se rapprochant du livre avant de tourner une page.

« Si on m’avait dit que ut me servirais à ça, je n’y aurais jamais cru. »

Il avait le sourire aux lèvres et pour cause, l’invocation d’un golem pour une chose aussi ridicule était aberrant. Si les sorciers ou les autres le voyaient, qu’est-ce qu’ils allaient tout simplement penser de tout ça ? Bof !

« Hmm ? Tu veux encore lire ? » dit-il au petit golem qui s’apprêtait à tourner la page après exactement une bonne minutes sur la même.


Il devait se retenir de rire. Créer un petit golem de la sorte, c’était magnifique. Une sorte de petit compagnon ! Mais maintenant, il avait envie d’aller plus loin … mais c’était de la pure folie. Aller plus loin reviendrait à rentrer dans un domaine interdit.

« Il vaut mieux se contenter d’un golem miniature, n’est-ce pas ? »

Le petit golem se retourna vers lui, comme s’il écoutait les paroles du jeune homme. Tery le vit hocher la tête positivement avant de continuer sa lecture. Wow. Si son golem était capable de ça ? Hmm, d’ailleurs, ça pouvait être intéressant non ?

« Peut-être que je pourrais te faire devenir un mini-espion ! »

Hahaha ! Mais quel idiot ! Il s’imaginait tellement de choses avec ce petit être qu’il en était un peu risible. Mais voilà, il aimait bien ses idées. Si son golem savait écrire, pourquoi pas ? Bon, il était tard et il devait aller dormir. Il se dirigea vers sa tente, pénétrant à l’intérieur avant d’aller se coucher auprès d’Elen. Le petit golem le suivit, prenant une place dans un coin de la pièce avant de s’asseoir bien sagement.

« Rokar … est-ce que tu regrettes aujourd’hui ce que tu as fait ? »

Ce qui s’était passé il y a de cela plus de quinze ans maintenant. Cet instant à Omnosmos où Rokar était arrivé avec cette cicatrice, une nouvelle cicatrice, encore fraîche, laissant parfois s’écouler du sang. Il avait été surpris et choqué par cela, s’écriant :

« ROKAR ! Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

« Un enfant-démon … Je n’ai pas réussi à l’abattre. Malgré mes efforts, ma volonté n’était pas assez grande pour arriver à cela, malheureusement. »

« Toi ? Mais cette cicatrice ? Qui a réussi à te la causer ? Normalement, cela n’aurait pas dût arriver ! Tu n’es pas le genre à te faire avoir par un Démon ! »

« Ce fût plus compliqué que prévu, tout simplement. Généralement, les Démons qui sortent des différentes portes sont déjà adultes et donc conscients. »

« Ne me dit pas que … » avait dit le Gnomold qui était déjà un Grand Archimage à l’époque.

« C’est pourtant le cas, je suis désolé de l’annoncer, je n’y suis pas arrivé. Cela fût plus difficile … car il s’agissait tout simplement d’un enfant. Mais déjà à ce moment précis où son père avait décidé de l’abandonner, j’ai compris toute la haine qu’il irait me vouer. »

« Et tu as préféré ne pas le tuer, n’est-ce pas ? »

« Un enfant, je n’ai aucun problème à cela normalement. Des morts collatérales, cela est déjà arrivé mais … cela fût plus difficile que je ne l’avais imaginé. »

Encore une réponse évasive de la part du Gnomold avec sa nouvelle balâfre. Non, ce n’était pas que ça le problème. C’est qu’il se répétait sans cesse … et que cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Est-ce qu’il le comprenait ou non ?

« Rokar, tu devrais aller te reposer. Il vaut mieux que tu attendes demain et que tu sois plus calme pour m’expliquer pourquoi tu n’as pas cherché à tuer cet enfant. »

« Sûrement. Cela vaut mieux. Je reviendrais, chef Ernold. D’ici là, si vous souhaitez interroger d’autres Gnomolds, n’hésitez pas, ils vous attendent. »

Et il avait interrogé les autres Gnomolds. Tous avaient évoqué la même chose : Rokar n’avait pas porté le coup fatal à l’enfant. Non, il lui avait parlé de son père, ce lâche qui avait demandé à ce qu’on retire la vie de son fils pour le laisser vivre, lui. Pour que l’enfant vive dans la haine de son père. Rokar n’avait pas expliqué aux autres pour quelle raison il avait agit de la sorte. Tout cela était resté emprunt de mystère.

Pourquoi est-ce qu’il avait rêvé de ceci ? Etait-ce à cause de Tery non-loin de lui ? Ce jeune homme était l’enfant-Démon que Rokar n’avait pas réussi à éliminer. Lorsqu’il se leva, ce fût pour constater que malgré qu’il était parmi les premiers, Tery était déjà debout. Les sorciers déjà réveillés observaient une petite chose au sol.

« Surprenant, vraiment surprenant ! Et vous dites qu’il est resté animé toute la nuit ? »

« Il semblerait. Je ne pensais pas cela possible mais je me suis dit « Pourquoi pas ? » et voilà tout. C’est assez amusant non ? »

« Amusant, je ne sais pas mais imaginatif, bien entendu ! Et il semble même comprendre ce qu’on lui dit, c’est … je ne sais pas, ça tient du génie ! »

« Pour tout vous dire, hier, il me tournait les pages de mon livre. Exemple maintenant. »

Le jeune homme aux cheveux vient s’asseoir, tenant son livre en main. Aussitôt, le golem miniature se tourne vers lui, se plaçant entre Tery et le livre. D’un geste nonchalant, il tourne une page avant de recommencer au bout d’une minute.

« Généralement, les livres parlant de golems évoquent des monstres colossaux, capables de ravager des soldats par groupe de dix, prenant différentes formes plus ou moins effroyable mais jamais … je ne crois avoir lu une chose qui évoquaient des golems miniatures. On pourrait presque envisager de les distribuer aux enfants pour qu’ils s’amusent avec mais … hmm, est-ce que cela vous épuise, Tery ? »

« De façon négligeable. Je sens que ma magie est très faiblement drainée ou de vraiment alarmant. Peut-être qu’un moment, il sera possible de les créer sans qu’il soit nécessaire que j’utilise ma magie de façon constante ? »

« Un golem ne nécessite plus de flux magique de la part de son créateur. Merveilleux. Si vous y arrivez, je peux vous certifier que vous serez parmi les plus grands mages de ce monde ! »

« Hahaha, je ne sais pas si c’est vraiment ce que je recherche mais merci beaucoup de cette attention, ça me touche vraiment. Je vais tenter de faire de mon mieux, ça sera déjà pas mal, je me dis. Mais merci encore. »

Il tend la main, le petit golem venant grimper dessus Contrairement à son apparence, il n’était pas plus lourd qu’une pierre, Tery venant le déposer sur son épaule avec un petit sourire aux lèvres. Et oui ! Voilà donc son nouveau compagnon de route, hahaha !

« Tery ? Tu t’amuses drôlement avec les autres non ? »

« Elen ? Tu es réveillée ? Royan et compagnie ne le sont pas encore. »

Visiblement, Elen était sortie de sa torpeur et de la tente pour venir le saluer. Le jeune homme se rapprocha d’elle, déposant un baiser sur ses lèvres avant de lui montrer le petit être de pierre sur son épaule. Elle haussa un sourcil, mettant une main sur sa bouche.

« Tery, si tu veux bien m’expliquer tout cela un peu plus tard, je t’en serais vraiment reconnaissante, si ça ne te dérange pas trop. »

« Je veux bien t’expliquer car je suis bon et humble ! Enfin, ça paraît pas très crédible quand je parle de la sorte, hahaha. Bref, j’ai juste créer un golem miniature, c’est aussi simple que ça, Elen. Mais surtout, il peut tenir même pendant la nuit. »

Golem miniature ? C’était donc bien ça qu’elle voyait sur son épaule. Pou toute réponse, elle haussa simplement les épaules comme si de rien n’était. Néanmoins, elle paraissait agréablement surprise par ce qu’elle voyait.

« Je ne savais pas que tu étais capable de cela, Tery. »

« Devine quoi ? Moi non plus, je ne m’en savais pas capable. Comme quoi, on a toujours de bonnes surprises si on décide de se concentrer. »

Sûrement. Elle ne répondit pas avant de tendre la main. Le golem sauta de l’épaule de Tery pour arriver dans la main d’Elen, grimpant sur son épaule avant de fixer le jeune homme. Elen resta stoïque pendant quelques secondes avant de murmurer :

« Tu ne lui as donné aucune consigne non ? »

« Nullement, il réagit un peu à l’instinct ou automatiquement. »

« On croirait presque qu’il est vivant même si tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas possible et que ce n’est pas le cas. N’est-ce pas ? »

« Pas le moins du monde, Elen. Je ne suis pas capable de donner vie. » dit le jeune homme avant qu’elle ne fasse un petit sourire amusé, se rapprochant de lui pour lui chuchoter dans l’oreille avec tendresse :

« Peut-être que c’est déjà le cas mais que nous ne sommes pas au courant ? »

Wow ! Il resta bouche bée, n’arrivant plus à prendre la parole, regardant Elen avec confusion puis le ventre de la jeune femme. Avec lenteur, il plaça une main dessus, le frottant doucement avant de balbutier :

« Je ne sais pas si je serais prêt mais … euh … hors de question de l’empêcher de naître. »

« Je ne pense pas que je le sois Tery mais au moins, je suis rassurée par ta réponse. Je t’aime plus que tout dans ce monde. »

« Et tu dois comprendre que c’est réciproque, n’est-ce pas ? » répondit le jeune homme en venant la prendre dans ses bras, le golem sautant au sol pour les laisser tranquille. Il alla s’enfoncer dans la tente de Clari, Manelena et Elise, un cri se faisant entendre :

« C’EST QUOI CA ?! TERY ?! T’AS INTERET A T’EXPLIQUER ! »

Ouhlala ! Le cri, difficile de ne pas le reconnaître. C’était Manelena qui sortait de la tente, furieuse alors que le petit golem courait à toute allure vers Tery pour se cacher derrière lui. La jeune femme était en short de toile brun accompagné d’un marcel de couleur noire, fixant Tery avec furie. Elle pointa le petit golem du doigt avant de dire :

« Explication ! Et vite ! Avant que je ne m’emporte ! »

« C’est déjà le cas, Manelena. Mais si tu veux tout savoir, je te conseilles de t’habiller plus correctement et de venir prendre le petit déjeuner. Je pense que les autres vont se réveiller de toute façon, vu ce que tu viens de faire. »

Elle émit un grognement de mécontentement avant de retourner dans la tente. Le jeune homme regarda le petit golem. Ah oui ? Il n’était pas convaincu que celui-ci avait peur, chose qui était impossible car dénué de sentiments mais il semblait juste se mettre derrière lui après avoir accomplit son travail. Une voix légèrement fatiguée vient dire :

« Qu’est-ce qui s’est passé ici ? J’ai entendu crier de partout et je pensais que c’était la fin. » déclara Royan en quittant sa tente, se frottant légèrement les yeux.

« Juste un peu de magie, rien de plus, Royan. Bonjour à toi aussi. » répondit Tery dans un grand sourire alors qu’il était déjà en train de réfléchir à quoi faire. Bon de toute façon, pour aujourd’hui, la réponse était bien simple : encore une fois, il allait marcher avec ses compagnons. Peut-être en présentant le golem miniature à ces derniers ?

Voilà, quand tout le monde fût bien réveillé et qu’il était temps de partir, il avait déjà put expliquer à tous et à toutes ce qu’était réellement ce petit golem. Celui-ci avait fait un petit geste du bras pour saluer tout le monde, bien sagement.

« C’est merveilleux mais pourquoi est-ce que je suis incapable de faire ce genre de magie ? C’est dommage, j’aimerai tellement apprendre. »

« Peut-être qu’un jour, tu trouveras aussi un livre, Elise ? Qui sait ? Ce genre de magie n’est pas vraiment aisée dans le fond. Et comme les livres sont liés à la personne qui arrive à les lire la première fois, jusqu’à sa mort … disons que j’ai une grosse collection. »

« Mais est-ce que ça servira vraiment à quelque chose ? Je veux dire, d’avoir de plus en plus de livres, est-ce ça sert vraiment ou non ? »

« Chaque livre, j’ai l’impression, sont reliés. Ainsi, disons si j’avais un livre A, B et C. Tous non ouverts et jamais lus. Que je lise le livre A ou B ou C, qu’importe leur ordre, j’aurais à chaque fois le même texte. Par contre, dès l’instant où j’ai lu le premier livre, quand mon nom s’inscrit dans le second, celui-ci me donne la suite du texte, qu’importe si dans cet exemple, le livre A était le premier, que je lise le B ou le C, le second texte sera le même. Tu vois où est-ce que je veux en venir ? J’espère que j’explique pas trop mal … »

« Euh … Je ne suis pas si sûre mais je pense que oui ! Je demanderais quelques explications au prince Royan si nécessaire mais merci ! »

Et c’est pourquoi il voulait de plus en plus de livres. Pour lui permettre de découvrir tout ce qui lui manquait. Qu’est-ce qui se passerait s’il arrivait à tous les réunir ? S’il arrivait à tous les ramener ? Et surtout chaque livre … lui apporterait quoi exactement ? Il n’en savait trop rien. A force, il apprenait sur le moment et le résultat était donc visible.

« Tu es encore en train de réfléchir aux golems, Tery ? »

« Un petit peu, Elen. Je me demande si j’arriverais à créer un peu de magie perpétuelle pour l’insérer dans un golem miniature pour qu’il n’ait pas besoin de moi pour vivre. »

« C’est un projet un peu fou, un peu insensé, tu t’en doutes non ? »

« Je le sais bien mais ce n’est peut-être pas justement le bon moment pour y réfléchir ? Qu’est-ce que tu en dis ? Si ça se réalisait alors ? Non ? »

« Tu peux juste être sûr que je serais derrière toi, qu’importe ce que tu décides de faire, compris ? Mais j’aime bien cette idée. Il est vraiment mignon en un sens. On dirait un petit animal de compagnie même s’il ne parle pas et qu’il n’a besoin de rien. »

« Ah ! Je suis sûr que tu penserais pareil. J’ai eut la même idée, du moins, le même modèle de pensée. J’en étais vraiment sûr ! Hahaha. »

Quelques mètres plus loin, Ernold regardait le jeune homme sourire avec sa dulcinée, le petit golem sur l’épaule. Hum … réussir à créer une entité de la sorte, c’était bel et bien à cause de ses pouvoirs démoniaques. Les démons étaient les êtres avec le plus d’affinité pour cette magie mais même ainsi, c’était la première fois qu’il voyait une telle symbiose.

« Mais jusqu’où ira t-il avec une telle magie ? Quelles seront ses limites ? »

Voilà la question qu’il se posait à l’encontre de Tery. Le souci résidait dans l’absence de réponse qu’il pouvait obtenir. Seul l’avenir allait laisser place à cela … et l’avenir n’était pas très clair pour le moment. Humpf …

« Rokan, je ne pense pas que tu aies fait une erreur mais … »

Il avait toujours ce léger sentiment de malaise à l’encontre de Tery et il n’arrivait pas à le faire disparaître. Néanmoins, ce n’était qu’un faux problème. Peut-être lors des séparations, lorsqu’il ne sera plus là ? Hmm …

« Je devrais arrêter de me torturer l’esprit inutilement. Advienne que pourra. »

Et à partir de là, il réagirait en conséquence à ce qu’il allait devoir faire mais pour le moment, il vaut mieux profiter de l’instant présent et ne pas rechigner à la discussion avec le jeune homme démoniaque. Celui-ci était en train de rire avec Elen, lui ayant raconté quelque chose de drôle. D’ailleurs … Elen aussi était étrange.

Comment une jeune femme pouvait-elle posséder les lignes d’Alzar et de Zélisia en même temps ? Comment ? Même dans les livres les plus anciens, nul n’évoquait un tel phénomène. Une femme capable de posséder les pouvoirs des deux dieux.

« Elen, est-ce que je pourrais vous parler s’il vous plaît ? »

« Hein ? Ernold ? Comme vous le voulez, je me le demande exactement. Tery, je vais tout de suite voir quel est le problème, je reviens presque aussitôt. »

La jeune femme aux cheveux blonds quitta les bras de Tery, celui-ic la laissant partir tandis que presque aussitôt, Manelena faisait son apparition, regardant le golem miniature du coin de son œil rouge. Elle marmonna :

« Il n’y a que toi pour inventer de telles stupidités. Je peux savoir ce qui t’a pris de créer une telle monstruosité ? Enfin non … pas monstruosité mais inutilité ? »

« Je ne te le permets pas vraiment, Manelena. Ce n’est pas ainsi que tu dois lui parler, merci. Il ne t’a rien fait, compris ? Et il me servira pour plus tard sauf que tu ne le sais pas encore. »

« Quelle réplique surprenante de ta part. Et à part ? Plus sérieusement ? Tu comptes t’excuser pour ce qu’il a fait ce matin ou je dois l’écrabouiller ? »

« Je ne m’excuserais pas et tu ne l’écrabouilleras pas. Pourquoi je le ferais et pourquoi tu le ferais ? Il a réagit pendant que j’avais le dos tourné. A partir de là, je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé exactement, tu n’as pas à m’en vouloir. »

« Ne pas t’en vouloir ? Je tiens à te rappeler qu’il a fait irruption dans ma tente sans même que je lui en donne l’autorisation. Pire, il s’est rapproché de moi pour … »

Pour … ? Il attendait le reste de la réponse de Manelena mais celle-ci détourna le regard en fermant le poing. Visiblement, ça devait être quelque chose d’assez rageant. Tery prit le golem miniature entre ses mains avant de le positionner en face de lui :

« Je peux savoir ce que tu as fait, vilain golem ? Dis-moi tout. »

« … … … » s’exclama le golem sans pouvoir parler Bien entendu, rien d’anormal à ce sujet.

« Mon golem me dit qu’il ne sait pas du tout, Manelena. Qu’est-ce qu’il a pût faire de si terrifiant pour que tu te mettes dans cet état, tu ne veux pas me le dire, tu es sûre de ça ? »

Elle cligna des yeux avant de lui mettre un coup de poing derrière le crâne, arrachant un petit cri de douleur de la part du jeune homme aux cheveux bruns. Celui-ci se frotta le derrière du crâne, se tournant vers Manelena avant de dire :

« Je peux savoir pourquoi tu me cognes de la sorte ? J’ai rien fait de mal. »

« Rien que ton existence est une envie à te frapper alors arrêtes de te plaindre et continue donc d’en baver, c’est aussi simple que ça. »

Il émit un grognement alors qu’elle le fixait de ses yeux rouges. Ah oui ? Il voulait montrer les crocs ? Elle releva le poing une seconde fois mais le jeune homme l’ignora complètement, s’éloignant d’elle au bout de quelques instants. Elle allait dire quoi ? Que le golem miniature lui avait caressé la joue et qu’elle avait cru que c’était Tery ? JAMAIS !

Chapitre 150 : Toute vérité n’est pas bonne à dire

Chapitre 150 : Toute vérité n’est pas bonne à dire

Pourtant, ils ne purent marcher que pendant quelques minutes avant que plusieurs ombres ne sortent des arbres présents autour d’eux. Des pokémons métalliques … Pourtant, Kéran et les deux femmes ne sortirent guère leurs armes ou leurs pouvoirs. Ils étaient de toute façon plus que fatigués … et … Ils n’étaient pas belliqueux.

« Nous avons … pu voir toute la scène … du combat contre Mékos. Mais aussi de ce Noctunoir avec ses projets insensés. Et nous … avons tenu parole … Nous nous présentons à toi, jeune homme nommé Kéran. Tu as quelque sorte droit de vie ou de mort … sur nous. »

« Oui … Que j’ai le droit ne me permet pas pour autant de décider ça … Enfin … Bon … Je serai très bref … Car je … Enfin … Est-ce vous êtes capables de vous reproduire ? »

Les pokémons métalliques possédés se regardèrent avec surprise, un peu étonnés. Il fallait dire qu’il postait une question saugrenue. Une Mysdibule possédée répondit :

« Certains d’entre nous possèdent des sexes différents mais d’autres pokémons, comme par exemple les Terhal, ne n’en possèdent pas. Néanmoins … »

« Nous pouvons quand même nous reproduire grâce aux Métamorph bien que le procédé soit assez … spécial. Il faut le voir … de ses propres yeux … ou même le vivre … » compléta un petit Terhal alors que Kéran hochait la tête faiblement.

« Alors … Je vais être bref … Repeuplez la montagne de fer avec des pokémons métalliques. Vous êtes immortels non ? Et même si ces … créatures n’ont plus réellement d’âme depuis le temps, vous pouvez toujours les utiliser pour se reproduire non ? A partir de là, veuillez ne plus posséder les nouveaux-nés pokémons métalliques. Laissez-les vivre dans la nature. Bref … Qu’ils se retrouvent dans l’écosystème comme ils n’auraient jamais dû le quitter. Je ne sais pas pourquoi vous avez tous … décider de les posséder en n’en laissant que très peu au-dehors de la montagne de fer mais il est temps de corriger le tir. D’accord ? »

« … … … C’est une grande entreprise que tu demandes mais … Si tu nous as permis de rester en vie, nous pouvons accepter cela et … »

« Lorsque les pokémons métalliques seront assez nombreux … bref, que l’éco-système n’aura plus besoin de vous … Est-ce que vous pourrez quitter ces corps ? Qu’ils reposent en paix … Normalement, vous avez des formes en tant que pokémons spectres et ténébreux non ? Utilisez-les … Je ne serai surement plus là quand ce moment arrivera mais au moins … »

« Nous acceptons. » coupa un Cizayox, surement l’un des deux qu’il avait cognés auparavant. S’ils … acceptaient ainsi, ça voulait dire que … Ah … « Je tiens à signaler une petite chose. Enfin non … Je pense que de toute façon, les mots sont inutiles. Nous allons t’écouter … et nous combattrons si cela est nécessaire pour que le Soleil ne quitte plus jamais cette montagne de fer. De même, nous envisagerons que les humains reviennent ici et nous les punirons s’ils s’avèrent aussi mauvais que Mékos. »

Soit … Ils avaient donc tout dit. Alors … Alors … Il était temps de se retirer. Quelques minutes plus tard, les pokémons métalliques et le trio se séparent. Tout était résolu de ce côté … et Kéran eut un petit sourire amère. C’était terminé … mais à un prix qu’il regrettait … qu’en partie. Certaines … personnes avaient été sacrifiées … Certaines … Ah … Mais cette fois-ci, ils n’avaient plus besoin de chercher trop longtemps pour se reposer.
Baignant dans le soleil, les trois personnes montèrent les tentes sans pour autant pénétrer à l’intérieur. Dumasch arrêta de posséder Katérina, la jeune femme se retrouvant adossée à un tronc alors que Kéran était à côté d’elle, assis en fermant les yeux. Loa ne disait rien du tout, rien de rien. Puis elle se leva avec lenteur, murmurant :

« Kéran … Je vais me promener. Ce havre de paix, je sais que nous allons le quitter dans quelques jours, le temps que nous nous en allons de la chaîne de montagnes. »

« D’accord … Tu peux te balader comme tu le désires. Normalement … Nous serons en sécurité. Enfin … Je crois … J’en suis sûr. »

« Surveilles-là … Kéran … Enfin … Garde-là auprès de toi, d’accord ? »

« Tu n’as même pas à me le dire … Si c’est une princesse comme l’a dit ce Noctunoir, je serai alors son chevalier. Enfin … Comme dans les contes … Je crois … Mais de toute façon … Même si elle ne l’était pas, je … »

« Ne dit pas cela à moi mais à elle, Kéran. Je vais vous laisser tranquilles. Je dois aussi … discuter avec Harno. » termina de dire la jeune femme aux cheveux verts, s’éloignant des deux jeunes gens qui étaient côte à côte. La tête de Katérina était posée sur l’épaule de Kéran, celui-ci étant toujours recouvert par son propre sang.

Puis lentement, les yeux de Katérina s’ouvrirent avec lenteur. Elle regarda Kéran à ses côtés, celui-ci ayant le regard dirigé vers l’avant, ne la remarquant pas. Elle ne bougea pas, attendant quelques instants avant de murmurer faiblement :

« Kéran … Tu étais … réveillé ? A ce moment … précis ? »

« C’était le cas. Pourquoi est-ce que tu me poses cette question, Katérina ? »

« Je … Je … Enfin … Je … Rien du tout. » bredouilla-t-elle. Il devait être déçu, terriblement déçu. Kéran était le genre de garçon idéaliste et donc … savoir qu’elle avait été salie et …

« J’espère que tu n’attends pas que je te plaigne hein ? Du moins, je ne le ferai pas car je sais parfaitement que ce n’est pas ce que tu veux. Pourquoi je devrais faire ça ? De toute façon, le plus important est que tu sois à mes côtés actuellement. Par contre, je ne peux pas vraiment me lever sans aide. Je comptais me laver … Il y a surement un ruisseau, Katérina … Est-ce que tu veux te promener ? Nous sommes en sécurité, ici. »

« Je … Je … D’accord, Kéran. »

Elle murmurait tout doucement cela alors que le jeune homme chercha à se relever. Elle vint le prendre par l’épaule, Kéran lui souriant tendrement. Elle commença à rougir, ne lui ayant même pas répondu par rapport à ses dernières paroles. Il avait … raison en un sens. Elle ne voulait pas qu’il la plaigne mais maintenant … Elle n’avait plus rien à lui offrir, ce genre de cadeaux que l’on n’offre qu’une seule fois dans son existence.

Un ruisseau … Et une petite cascade … Voilà ce que pouvait leur offrir la chaîne de montagnes alors que le jeune homme et la jeune femme avaient marché pendant une dizaine de minutes. Ah … Et maintenant ?

« Kéran ? Qu’est-ce que tu comptes faire ici ? Enfin … J’ai une idée si tu veux bien mais … »

« Hum ? Je ne sais pas … Je ne sais pas vraiment ce que je peux faire. Qu’est-ce que l’on peut faire dans un ruisseau ? » dit le jeune homme alors qu’elle se tournait vers lui.

Que … Hey … Il était quand même en train de … se déshabiller non ? Il ne semblait nullement gêné alors qu’il se présentait nu face à elle. Complètement nu … En fait, si … Il était gêné à cause des rougeurs sur ses joues. Mais il s’avança vers elle avec lenteur, posant ses mains sur ses épaules avant de dire :

« Katérina, il faut aussi le faire … On va aller se laver … Car avec tout le sang que j’ai sur le corps … et toi aussi … »

« Kéran, tu sais parfaitement que … »

« Je ne crois pas connaître une jeune femme timide, non ? » coupa Kéran en lui souriant. Elle se renfrogna légèrement, plaçant subitement sa main sur le sexe de Kéran avant de le masser et de le branler. Il arrêta de sourire, gémissant de bonheur tandis qu’il commençait à abaisser les vêtements de Katérina. Il chercha à donner une petite claque à la main de la jeune femme avant de dire d’une voix amusée :

« Pas touche, Katérina. Là … On va se laver, hein ? »

Elle ne savait pas … vraiment … C’est vrai … Elle appréhendait un peu le tout. Mais Kéran caressait ses bras tandis qu’elle aussi se dévoilait dans son plus simple appareil. Néanmoins, elle posa ses mains pour camoufler le sexe d’homme qu’elle possédait, Kéran lui en prenant une de force pour l’emmener jusque sous la cascade. Là-bas, l’eau s’écoula sous leurs deux corps nus, Katérina murmurant :

« Je suis … laide … Kéran … Mon corps … de l’intérieur … Tu … Tu sais que … »

« Je sais tout à ton sujet mais ça ne changera rien à mes yeux. Katérina … Je veux te le dire en face … Regarde-moi bien. »

Il prit son visage à deux mains, posées sur ses joues alors que des mèches de cheveux recouvraient une partie du visage de Katérina. Il continua de lui sourire, prenant une profonde respiration. Même … si tout ce qui s’était passé … ces dernières heures était ancré en lui … Mais il fallait le dire maintenant !

« Katérina … Je t’aime ! Voilà, c’est fait ! »

« .. … … Tu l’as dit … Tu l’as vraiment dit … Alors que je … Je suis … J’ai … »

« Que tu es une hermaphrodite ? Je le supporte parfaitement mais … Ce qui me dérange le plus actuellement, c’est … de savoir … enfin … si c’est … réciproque. »

Car les gestes étaient une chose mais les paroles en étaient d’autres. Ils avaient souvent fait dans la gestuelle mais rarement dans les paroles. Il voulait être sûr que … Il s’arrêta de penser alors qu’elle baissait la tête en rougissant :

« Moi aussi … Enfin … Si tu es prête à accepter tous mes défauts, Kéran. »

Hahaha ! Bien sûr qu’il était prêt à ça ! Bien sûr qu’il l’était ! Il l’embrassa longuement en lui caressant ses cheveux argentés trempés par l’eau de la cascade. Ils étaient toujours sous celle-ci, Kéran arrêtant le baiser avant de lui demander :

« Quand même … Je comprends pourquoi tu chantes aussi bien … Si tu es une véritable princesse … Mais tu as d’autres qualités ? »

« … … … Je sais danser aussi … mais comme dans les bals. »

Danser ? C’est vrai ? Il la regarda avec émerveillement, Katérina s’apprêtant à dire qu’elle ne le ferait pas alors qu’elle était nue. Néanmoins, le jeune homme la regardait avec tellement … Ah … Elle ne pouvait même pas mettre un mot à ce sentiment tellement il était indescriptible. Avec lenteur, elle quitta ses bras, sortant de sous la cascade. Elle amorça quelques mouvements dans l’eau, tendant sa main pour que Kéran vienne la prendre. Autant qu’il soit avec elle, non ? Il prit sa main, Katérina se collant à lui avant d’amorcer quelques mouvements, chantonnant doucement :

« Amère vérité, retour de mon passé.

Peu encline à vivre mais je suis attachée.
A cet homme qui me tient dans ses tendres bras.

Kéran, mon cœur, de bonheur, tu enivreras.

Permets-moi de m’exalter avec tout ton corps
Me délecter de tes douces lèvres encore.

Je veux que mes mains glissent le long de ta peau

Que toi et moi, nous soyons sous un même sceau. »

La danse avait quelque chose de féérique. Avec une délicatesse surprenante, Katérina dansait sans même toucher les pierres au fond du ruisseau qui risquerait de stopper ses mouvements. Elle emportait Kéran avec elle, recommençant son chant :

« Hermaphrodite imparfaite, ce que je suis

Mais dorénavant, qu’importe ce qui s’ensuis

Et maintenant je suis prête à m’accepter.

Pendant mon enfance, Kéran, je fus salie

Mon père tenta de me briser à tout prix.

Mais maintenant, je suis enfin prête à t’aimer. »

Et avec ses dernières paroles, la danse venait de se terminer. Elle était hermaphrodite ? Et alors ? Kéran l’acceptait comme elle était. Si lui … le pouvait … Elle aussi, n’est-ce pas ? Elle posa tendrement ses lèvres sur celles de Kéran, leurs mains se caressant le dos mutuellement avant qu’ils ne terminent de se laver.

Une trentaine de minutes plus tard, ils étaient à l’extérieur des tentes. Kéran avait pris une couverture de l’un des sacs pour la tendre et déposer une partie contre un tronc d’arbre. Adossé à celui-ci sans se faire mal à la tête, il avait Katérina qui dormait contre son torse, lui-même étant déjà plongé dans son sommeil.

Puis peu à peu, une aura noire se forma autour de Kéran. Puis peu à peu, une aura noire se forma autour de Katérina. Les deux auras noires bougeaient lentement, comme pour se mouvoir dans le vide avant que la voix de Swar ne murmure :

« Que comptes-tu faire dorénavant ? Le doute n’est plus permis … »

« Tu n’es pas ma principale ennemie … Elyséa. J’ai un ennemi bien plus grand … mais dès que j’en aurai terminé avec lui, tu seras ma prochaine cible … mais aussi tes deux compagnons. Je vous le ferai payer. »

« Et par rapport à Katérina … Ils dorment … Mais j’aimerai savoir pourquoi ce rajout ? »

« … … … Cela ne te concerne pas, que je sache. Je suis libre d’imposer à … »

« Tu étais un homme honorable … même dans la mort. Tu n’aurais jamais fait cela pour blesser délibérément une fille déjà meurtrie. » coupa sèchement la voix d’Elyséa.

« J’ai … réparé son corps … mais je ne connaissais pas le corps féminin. Je ne connaissais que le mien. Néanmoins, j’ai pu … réparer ce qui était brisé … mais j’ai rajouté par inadvertance … mon propre attribut. »

« Tu ne connaissais pas le corps féminin ? Et elle ? »

« Nous étions comme frère et sœur. Nous n’avons jamais … eu ce genre de choses. Je ne veux plus en parler, je ne veux pas en parler. » dit l’aura noire autour de Katérina.

« Bizarre … J’ai toujours pensé qu’elle voulait bien plus de ta part qu’une simple relation entre frère et sœur. Surtout que vous n’étiez pas de la même famille. »

« Je ne veux plus en discuter. Maintenant que tu as eu la réponse à ta question, laisse-moi tranquille, Elyséa. »

« Oh … Je suis plus que satisfaite de cette réponse. Au moins, ça montre que mon point de vue en ce qui te concerne restera le même. Ce qui est une bonne chose … Une très bonne chose même. Tu n’as pas changé … et en moins bien. Mais je ne pense pas les prévenir. Au moins, cela leur fera une surprise. »

« … … … Tsss … … … »

Les deux auras noires disparurent. Puis quelques instants plus tard, Katérina marmonnait quelques mots dans son sommeil. Tsss … Comme si lui … s’amusait à rajouter une telle chose délibérément. Tout cela avait été une erreur … et même s’il avait fauté, il lui avait permis de redevenir une jeune femme … Mais cela, elle n’avait pas besoin de le savoir. Du moins … C’est ainsi qu’il avait envisagé ce silence … avant que Katérina ne connaisse Kéran.

Chapitre 149 : La petite princesse

Chapitre 149 : La petite princesse

« … … … Tu … … … Je … » bredouilla Katérina, incapable de parler alors que Loa écarquillait les yeux. Elle avait très bien entendu, n’est-ce pas ?

« Oh … L’émotion te submerge que tu es incapable de parler ? Comme c’est mignon. »

Le Noctunoir semblait adorer la situation, Katérina soulevant à nouveau Kéran. Celui-ci avait les yeux fermés, respirant à peine. Elle … Elle … Elle devait … s’en aller maintenant ! Elle devait partir maintenant ! MAINTENANT !

« Oh ? Mais qui est donc ce jeune homme ? Est-ce qu’il est au courant de ta petite « nouveauté » sur ton corps ? Comme c’est mignon … Je ne savais pas que ma fille avait un petit ami. Et tu ne le présentes pas à ta famille ? »

« Je ne suis pas sûre qu’elle en ait envie. Nous sommes exténués mais je n’aurai aucun problème à venir te combattre. »

Loa avait pris la parole à son tour, gardant ses cheveux violets, caractéristique qu’Harno était encore en elle. En à peine quelques minutes, elle avait déjà envie de s’occuper de ce Noctunoir et de l’éliminer. Et pourtant, elle était une Docte. Mais là … Ce Noctunoir commençait déjà à la mettre drôlement en colère. L’unique œil du pokémon vint se poser sur elle, la fixant longuement.

« Hum ? Mais je ne suis guère ici pour me battre malheureusement. Je veux juste retrouver ma petite fille, ma délicate et tendre petite fille. Qu’est-ce qu’elle est belle ma princesse, n’est-ce pas ? Si belle quand elle est sans défense, dans la même tenue qu’à sa naissance. Elle aimait beaucoup son père, n’est-ce pas ? Katérina, n’est-ce pas que tu aimais beaucoup ton père, hein ? Hahaha … Il était si gentil avec toi. Et puis, tu avais un statut privilégié dans notre petit royaume, non ? Tu étais la princesse … La princesse du peuple car ta chère mère était une paysanne comme les autres … à part au niveau de sa beauté. »

« Je … Je … St … »

Elle arrivait à peine à bredouiller des semblants de mots alors que Loa se positionnait devant Katérina et Kéran. Aussitôt, des flammes vinrent se former tout autour d’elle.

« Je pensais m’être correctement exprimée pourtant, n’est-ce pas ? Je suis une Docte mais je ne suis pas prête à accepter toutes les créatures spectrales et ténébreuses. Surtout celles qui proviennent d’humains aussi détestables que toi. »

« Oh … Tout de suite des insultes ? Envers un ancien roi ? Tu sais que c’est un crime de lèse-majesté ? Tu sais que tu mériterais la potence pour cela ? »

« Ah bon ? Je ne crois pas connaître ce royaume dont vous parlez. Et je ne pense pas avoir envie de le connaître de toute façon. »

« Oh … Que de vilaines paroles de ta part. Mais ne t’en fait donc pas … Ce royaume a disparu avec la mort de son monarque. Oui … Le roi est mort, vive le roi ! » s’exclama le Noctunoir tout en éclatant d’un rire sinistre. « Et devine donc pourquoi est-ce que le roi est mort ? Car sa propre fille a décidé de se rebeller à l’âge de huit ans. Vilaine petite fille. Tu as été très vilaine sur ce coup. »

« Elle a eu le courage de se rebeller d’un père infâme qui n’hésitait pas à abuser d’elle. Le titre ne fait pas la personne. Tu n’as rien d’un roi. En fait, normalement, je te demanderai bien de partir d’ici mais tu ne le mérites même pas. Je vais t’éliminer pour que Katérina puisse vivre en paix avec Kéran. » déclara Loa, projetant une flamme vers le Noctunoir. Celui-ci l’esquiva avec facilité, disparaissant complètement dans le sol. Il vint réapparaitre dans le dos de Katérina, l’une de ses mains se posant sur son épaule.

« Ma douce et petite Katérina. Tu sais parfaitement que je ne te ferai aucun mal. J’ai toujours été très gentil avec toi, non ? Ta mère voulait briser notre bonheur si particulier, notre si tendre relation entre un père et une fille. N’est-ce pas normal de s’aimer tous les deux ? »

« Je … Je … Ce … Ce n’était pas … »

« Oui ? Katérina ? Qu’est-ce qui n’était pas ? » souffla le Noctunoir, Loa ne pouvant pas envoyer de nouvelles flammes puisqu’il y avait Katérina et Kéran.

« Ce n’était pas … de … Ce n’était pas … de l’amour. »

« Oh ? Et qu’est-ce que c’était donc ? Si ce n’était pas de l’amour ? Qu’est-ce que tu sais réellement de l’amour, Katérina ? Ma si douce et belle Katérina. Tu as tellement grandie. Tu es devenue une belle jeune femme, si joliment proportionnée. Tu es un délice. »

« Ce … Ce n’était pas de l’amour. Ce … ce … Tes … Toi … Avec les … Avec les … »

« Oh ? Tu voulais parler des nobles de la cour ? Ceux qui venaient des fois te rendre visite aussi ? En ayant mon autorisation. Mais tu sais parfaitement que tu étais la princesse du peuple, pourquoi pas alors la princesse de la noblesse ? Une princesse se doit de satisfaire tout son peuple, qu’importent les classes sociales. »

Loa s’était mise à trembler de rage. Ce Noctunoir … NON ! Cet homme ! Qu’est-ce qu’il avait fait subir à sa fille quand il fut humain ?! Qu’est-ce qu’il lui avait fait pour la traumatiser de la sorte ?! C’était des questions stupides car elle connaissait parfaitement les réponses ! Elle venait de les apprendre !

« Je … je … Je … »

« Pourquoi est-ce que tu ne reviendrais donc pas vers ton cher petit papa ? Même si je suis sous cette forme, ne t’en fait donc pas … Je suis toujours capable de te rendre heureuse … comme auparavant. Et ne t’en fait donc pas pour ta chère petite maman, elle ne viendra plus te déranger, et tu sais pourquoi ? Est-ce que tu sais … pourquoi ? »

« JE NE VEUX PAS SAVOIR ! » hurla la jeune femme en sanglotant, s’écroulant à genoux avec Kéran dans ses bras. Aussitôt, une boule de feu percuta le Noctunoir, celui-ci l’arrêtant d’un geste de la main droite.

« Oh … Tu profitais donc du moindre instant pour tenter de me blesser ? Oh … Cela me fait penser … que je me dois de vous signaler quelque chose. »

Signaler quelque chose ? Il n’en avait pas déjà assez fait ?! Il en avait déjà tellement dit ! Elle ne devait pas s’énerver mais … mais … Cette créature. Cette créature en avait trop dit ! ELLE EN AVAIT DEJA TROP FAIT ! RAH ! RAH ! Elle devait se contrôler mais elle n’avait jamais été autant en colère depuis … depuis tellement de temps !

« Loa … Ne t’emporte donc pas. Ce n’est pas dans tes habitudes. »

« Désolée … Harno … Mais c’est vraiment difficile. Très difficile même. »

« Il existe toujours des choses horribles … même parmi nos proches. Katérina n’est pas différente des autres. Elle a aussi une histoire … »

Elle le savait parfaitement ! Mais ce n’était pas que ça ! Pas du tout même ! Il y avait … Cette jeune femme … qui était à genoux. Tout ce qu’elle avait dû subir dans son passé. Il n’y avait pas de mots pour exprimer le dégoût qu’elle ressentait envers ce Noctunoir.

« J’ai une petite surprise pour le jeune homme. Dommage qu’il soit inconscient … Mais je suis sûr qu’il apprécierait. Regardez donc et appréciez ce spectacle. »

Sa bouche s’ouvrit avec lenteur alors qu’il reculait peu à peu. La bouche sur son ventre laissa sortir trois sphères lumineuses qui vinrent toucher le sol. Puis aussitôt … Trois formes firent leurs apparitions. Des formes reconnaissables entre mille.

Lili ? Lala … et Lorno ? Mais ils n’avaient aucune consistance physique. Non, ils ressemblaient plus à des volutes de fumée … comme des fantômes. Des fantômes incapables de ressentir la moindre émotion, les yeux complètement vides.

« Katérina, le royaume va revivre … Grâce à moi … Ce royaume causé par ma mort … Celle que tu m’as donnée … Mais pas seulement … Je vais monter une armée, une puissante armée pour balayer la race humaine, des spectres, des dragons et des créatures ténébreuses. Une armée uniquement constituée des morts. Ils sont prêts à m’obéir. En fait, ils ne peuvent faire que cela … m’obéir. La preuve ? »

Son œil se posa sur la Gardevoir spectrale, celle-ci produisant une flamme au bout de son poing, chose classique et habituelle. C’était la véritable … créature. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Comment était-ce possible ?

« Leurs âmes étaient délicieuses. Il faut dire que j’aime me repaître de tout cela mais tu étais déjà au courant, Katérina. N’est-ce pas ? J’ai toujours eu un très grand appétit pour ce genre de petites choses … que les gens considèrent sans importance. Qu’est-ce que tu penses ? Je te pardonne si tu es prête à te soumettre une nouvelle fois à moi. Je ne t’en veux pas pour ce que tu as fait à l’âge de huit ans. Tu étais si rebelle … Tu étais enragée par la mort de ta mère. Il faut dire que j’ai été forcé … de la tuer devant tes yeux. D’ailleurs, il faut reconnaître que tu as été très chanceuse, n’est-ce pas ? Avant que je ne décède, j’avais demandé à mon Insecateur de te tuer … Mais tu as survécu. Cela tiendrait du miracle alors que tu avais été tranchée en deux … D’ailleurs, normalement, ta tête aurait quitté le reste du corps. A croire qu’une certaine créature n’attendait que ce moment. »

Nulle difficulté de mettre un nom à cette créature dont parlait le Noctunoir. Et pendant ce temps ? Katérina ne parlait plus, ne faisant que regarder la bouche du Noctunoir qui vint s’agrandir et engloutir une nouvelle fois les trois âmes des pokémons de Kéran. Un autre bruit de mastication se fit entendre.

« Délicieux … Je ne suis jamais rassasié … Alors ma douce Katérina, est-ce que tu as pris ta décision ? Que penses-tu de m’accompagner ? »

Bien qu’il semble déjà connaître la réponse, il s’approcha d’elle, s’apprêtant à poser une main sur son épaule. Mais dès l’instant où il fit ce mouvement, deux bosses se formèrent dans le dos de Katérina. Deux bosses dont la peau se déchirèrent, laissant paraître des ailes décharnées de couleur noire. Au bout de celles-ci, des petites pointes rouges se présentèrent alors que la chevelure argentée de la jeune femme devenait blonde. Posant Kéran au sol, tout son corps disparu, tel un mirage avant d’apparaître dans le dos du Noctunoir. La main de Katérina serrant le bras du Noctunoir malgré qu’il soit un spectre.

« Katérina est momentanément absente. Ce n’est pas dans mes habitudes de la forcer à s’évanouir mais il semblerait que j’en fus obligé. »

« Tsss … Voilà donc le sauveur de ma petite fille. Ce fameux pokémon spectre, considéré comme le roi des morts après la guerre contre les dragons. Lui-même considéré comme tel à l’époque de son vivant, n’est-ce pas ? Quoi de mieux qu’un roi pour tenter de s’en opposer à un autre ? »

« Je vais te laisser vivre … si tu ne représentes plus jamais devant Katérina. »

« Oh ? Tiens donc … Comment se fait-il que le roi des morts exprime de la pitié envers celle qu’il possède ? Normalement, depuis des siècles, tu as mené une guerre sans fin contre les créatures ténébreuses et les humains … Et même de ton vivant, tu étais contre eux. Et là, maintenant, j’ai affaire à … »

« Je t’ai prévenu une fois … Je te préviens une seconde fois … Tu n’auras pas de troisième chance. » continua de dire une voix masculine, sortant des lèvres de Katérina. Les yeux dorés de la jeune femme étaient devenus rubis alors que la pression exercée sur le bras du Noctunoir se faisait de plus en plus forte. Celui-ci poussa un petit gémissement de douleur avant de bouger son bras jusqu’à ce que Katérina le libère. Le Noctunoir se retourna, parlant d’une voix bien moins mielleuse :

« Elle aurait dû mourir pour s’être rebellée contre moi, son géniteur. A cause de cette mort horrible de sa part, je suis devenu un Noctunoir. Tu es considéré comme le roi des morts … mais plus pour très longtemps. Depuis des années, je prépare maintenant ma propre armée. Tu ferais bien de faire très attention … Oui … Ce n’est que le début … Toutes ces âmes enfouies dans mon être sont mon armée ! Frères, sœurs, famille, amis fidèles, compagnons d’armes, nobles, paysans, pokémon sauvages ou domestiques, TOUS SONT EN MOI ! Je soulèverai ma propre armée ! Une armée qui t’éliminera pour avoir aidé celle qui s’est opposée à moi ! Garde donc ce jouet brisé par mes propres soins ! Elle ne pourra jamais avoir d’enfants ! Elle le sait parfaitement ! Quand on commence à se faire violer à l’âge de quatre ans, les séquelles sont bien plus graves à l’intérieur de son corps ! Et qu’importe ce que tu as fait ! HAHAHA ! Elle ne pourra jamais être heureuse ! JAMAIS ! »

« Disparais de ma vue. Je ne suis plus autant affaibli qu’il y a dix ans. Je peux facilement t’éliminer dès maintenant. »

« Et pourquoi est-ce que tu ne le fais pas ? Car tu ne sais pas combien d’âmes j’ai en moi. Tu ne sais pas combien de temps cela prendra hein ? Tu as peur d’affaiblir ce corps encore plus … Il faut dire que la première fois qu’elle m’a revu date d’il y a quatre ans, non ? Oh … Tiens, fais-lui passer un message : ils vont « très bien » en moi. HAHAHA ! Elle saura de qui je veux parler ! Mais je vais vous laisser … Profitez donc du soleil, vous l’avez bien mérité. Cette zone ne risque pas d’être reprise avant très longtemps. Peut-être que j’installerai mon nouveau siège ici ? »

N’avait-il pas compris ce qu’il venait de dire ? Néanmoins, quelques secondes passèrent avant que le Noctunoir ne disparaisse complètement de la vue de Loa et de Katérina. La femme aux cheveux violets s’approcha de Kéran avant de dire :

« Je vais devoir porter ces deux personnes et … Kéran ? »

« … … … Oui. » dit tout simplement le jeune homme, ouvrant faiblement ses yeux. Il était réveillé depuis quand ? Avec lenteur, il vint se relever, y arrivant à peine. Katérina se plaça en face de lui, ne disant plus un mot. « Dumasch … Tu es donc un … pokémon ailé ? »

« … … … Surement. Peut-être … Katérina est brisée mentalement actuellement. Enfin bon … Tu as surement tout entendu. Je vais vous aider à monter les tentes dans un coin puis je lui laisserai à nouveau possession de son corps. Si je le quitte maintenant, je suis bon pour qu’elle s’écrouler au sol et vu ton état, ce n’est pas conseillé. »

« … … … Dumasch, tu es qui réellement ? Cette … créature semblait te connaître. »

« Le monde spectral et ténébreux me connait. Tu n’auras qu’à demander à Swar à ce sujet. »

Comme il le … désirait. Ça lui allait plutôt bien les cheveux blonds à Katérina. Enfin … C’était une preuve qu’elle était possédée. Lui … De son côté, il était difficile de reconnaître quand il était possédé ou non. Elyséa et lui avaient exactement la même couleur de cheveux et aussi des yeux. Et elle ne semblait pas être dotée d’ailes.

… … … Ses pokémons … Il avait décidé de garder les yeux fermés. Ses pokémons n’étaient pas en paix. Mais ce n’était pas le plus important. Pas du tout même … Aidé par Loa, il accompagna Dumasch qui possédait Katérina pour trouver … un endroit où se reposer. Les rayons de lumière du Soleil venaient réchauffer leurs corps mais il se sentait terriblement froid actuellement. Il n’avait pas envie de parler avec Swar … Il n’avait pas vraiment envie de parler avec quiconque.
Ce qu’il avait appris le dégoûtait. Il aurait fallu s’en douter. Katérina était très ouverte … rien que par sa tenue … mais pas seulement … Lorsqu’il avait cherché à se rapprocher bien plus qu’elle ne le pensait, elle avait commencé à le craindre. Non pas à cause de lui mais elle avait peur … terriblement peur … Il comprenait parfaitement ce qui se passait. Il … comprenait … Enfin, cette histoire de royaume minuscule, de princesse, d’inceste, de viol … collectif … Cette histoire de fertilité brisée. C’en était trop pour une seule femme. C’en était beaucoup trop pour Katérina. Elle ne méritait pas ça ! Personne ne le méritait !

Chapitre 148 : L’emporter dans la mort

Chapitre 148 : L’emporter dans la mort

« La … La ? Lorno ? » bredouilla Kéran, clignant des yeux plusieurs fois. Il avait du mal à y croire. Il avait vraiment du mal à y croire.


Ce n’était pas possible. Ce n’était pas possible … Pas ses pokémons. Pas maintenant. Alors qu’il avait tout fait pour éviter ça. Alors qu’il avait tout fait … jusqu’à tout faire pour que Mékos s’attaque à lui. Et c’était … C’était ça le résultat ? C’était … ça ? Il voyait les deux corps qui se faisaient soulever par la patte de Mékos toujours plantée en eux. D’un geste nonchalant, Mékos les projeta contre des arbres, des craquements sonores se faisant entendre, alors que leurs corps ne ressemblaient plus qu’à des pantins désarticulés.

« Bon … Bon … Bon … Il faut avouer quand même que c’était surprenant. Ca m’a fait drôlement mal … Mais en même temps … Tu n’as visé que ma carapace de métal. C’est tout ce que tu avais à donner ? C’est donc là toute ta puissance ? Il y a de quoi être déçu, très déçu même. C’est bien triste … Très triste même. »

« GARDEVOIR ! » hurla une voix alors qu’une ombre se téléportait à la hauteur des yeux en croix du Métalosse géant. Des lames enflammées vinrent frapper le pokémon gigantesque, lui arrachant des petits gémissements de douleur.

« LILI ! Arrête ça ! Tu es déjà trop fatiguée toi aussi ! »

« Petite créature impertinente. Tu penses vraiment me faire quelque chose ? VA DONC REJOINDRE TES AMIS MORTS ! » s’écria Mékos après Kéran, celui-ci étant bien trop faible pour pouvoir arrêter la Gardevoir. Celle-ci se prit un coup de patte sur le côté, l’envoyant en direction d’un arbre. Si elle le percutait, c’en était … C’en était …
C’en était terminé d’elle ! Mais ce n’était pas le cas ! Elle se téléporta au dernier moment, réapparaissant à côté de Mékos alors qu’elle cherchait à taillader le maximum de morceaux de métal déjà fissurés par l’attaque de Kéran. Kéran qui était là, ne comprenant pas ce qui se passait. Il devait l’arrêter … Il devait arrêter sa pokémon.

Il devait l’arrêter maintenant ! Mais il n’y arrivait pas ! IL N’Y ARRIVAIT PAS DU TOUT ! Il poussa un cri de rage en ne pouvant constater que son incapacité à se battre. Il devait tout faire pour que son corps réagisse ! Il devait tout faire pour ça ! IL DEVAIT TOUT FAIRE !

« SWAR ! Aide-moi ! Tu peux prendre le contrôle de mon … »

« Ca ne sert à rien, Kéran. Ca ne changera rien que je te possède ou non. Ton corps ne répond déjà presque plus aux signaux internes. C’est à peine si tu réagis correctement et … »

« TU VEUX QUE JE LA LAISSE SE BATTRE SEULE ?! Il en est hors de question ! Il y a une solution ! Il y a toujours une solution ! »

Il y en avait toujours … une. Il y avait toujours une solution. Il en était sûr … Il en était convaincu. Katérina, Loa et Sarène arrivaient auprès de lui sans pour autant le mettre à l’abri. Il devait … Il devait sauver Lili. La Gardevoir était devenue folle mais … Mais elle ne se faisait pas toucher par Mékos. Celui-ci n’arrivait pas à l’atteindre. Puis soudainement, les deux lames enfouies dans les bras de Lili vinrent se briser contre la carapace de métal.

« HAHAHA ! Idiote ! Maintenant, qu’est-ce que tu comptes faire hein ?! Ce ne sont pas tes ridicules petites flammes qui vont me faire grand-chose ! »

« GARDEVOIR ! » hurla la pokémon avec rage. Elle allait trouver une solution pour le battre ! ELLE ALLAIT TROUVER LE MOYEN DE LE BUTER !


Elle allait venger sa sœur ! SA SŒUR ! Sa sœur était morte ! Sa jumelle ! C’était une partie d’elle-même qui venait de disparaître ! Elle … Elle … Elle était déjà morte. Elle était déjà terminée … mais elle … Elle n’allait pas …

« LILI ! Retourne dans ta noigrume ! MAINTENANT ! »

Il tentait de viser la créature mais n’y arrivait pas. Il n’y arrivait pas ! Il n’y arrivait pas ! Mais il ne devait pas la laisser seule ! Il se tourna vers Katérina, posant ses mains sur ses épaules tout en la regardant droit dans les yeux :

« Sauve-la … Sauve-la … s’il te plaît ! Katérina ! »

« Je peux rien faire contre ça, Kéran ! Je peux rien faire ! Si on s’approche, elle essayera de nous tuer aussi ! Elle est devenue complètement folle ! »

« MAIS NON ! Je peux … Je peux la calmer … LILI ! CALME-TOI ! »

Rien à faire … RIEN A FAIRE ! Il se tourna vers Sarène, la rappelant dans sa noigrume. Ah … Ah … Il devait se calmer. Mais ça … AH ! LILI ! Lili venait de se faire … trancher un bras par l’un des pieds Mékos ! Elle était en train de saigner salement.

Mais il … Il la voyait créer une flamme avec son autre main libre pour cicatriser la plaie. C’était horrible … Il voyait les morceaux de chair brûlée qui tombaient au sol. Ah … Ah … Ah … Qu’est-ce que … Qu’est-ce qu’elle …
Elle se tenait en face de Mékos … Elle ne bougeait plus. Elle ne bougeait plus du tout alors que Mékos levait déjà une patte pour terminer de l’abattre. Mais lorsque la patte vint vers Lili, la patte se démantela devant les yeux étonnés de Kéran et des autres.

« Qu’est-ce que … Qu’est-ce que ça veut dire ?! POURQUOI ?! »

« Garde … Gardevoir … Gardevoir … »

Elle murmurait doucement cela alors qu’une sphère noire s’était formée au bout de sa main gauche … Une sphère qui semblait aspirer tout ce qui se trouvait en face d’elle. Elle commençait à grandir peu à peu, un message mental arrivant dans la tête de Kéran.

« Pardon … Maître … Pardon … »

« Lili ? Lili ? Arrête ces stupidités ! Arrête ça maintenant ! Arrête ! » hurla le jeune homme à pleine voix alors que Katérina et Loa le regardaient. Il criait quoi ?

« Je suis … Je suis … incapable de protéger … ma sœur. Je n’ai pas pu la protéger. Je suis … incapable de protéger ceux que j’aime. »

« Ce n’est pas de ta faute ! Tu ne pouvais pas le faire ! Tu ne pouvais pas empêcher le destin de faire ça ! Tu ne … »

Il s’arrêta dans ses paroles, commençant à pleurer. Ce … Ce qu’il venait de dire … C’était exactement ce que Swar venait lui avait déclaré … dans la grotte. Il … Il … Lili pensait pareil … Elle pensait exactement pareil que lui.

« Mais je vais me venger … Même si je dois disparaître … Il disparaîtra avec moi … »

Il ne pouvait pas … Il ne pouvait pas l’en empêcher. Il ne pouvait rien faire contre ça. Il ne pouvait pas … Ah … Il … Il tomba à genoux, sanglotant alors qu’il bredouillait :

« Fais … Fais ce que tu as à faire, Lili … Adieu … Adieu Lili … »

« Il est en train de lui parler par la pensée. » murmura Katérina ,comprenant finalement ce qui s’est passé. Un adieu ? Qu’est-ce que Lili comptait faire ?

« JE NE TE LAISSERAI PAS BRISER TOUT CE QUE J’AI FAIT ! DISPARAIT ! »

Un rayon de plusieurs mètres de diamètre vint envelopper complètement Lili mais toute l’énergie déployée disparu dans le trou noir crée par la Gardevoir, le reste du rayon passant tout autour d’elle. Les arbres commencèrent à se déraciner tandis que Kéran murmurait à Katérina et Loa d’aller plus loin pour ne pas être happé par le trou noir.
Un trou noir qui arrachait de plus en plus le décor tout autour de lui. Mékos commença à envoyer ses pattes pour encercler la Gardevoir mais rien à faire. Il ne restait plus que le tronc du Métalosse géant, celui-ci lévitant au-dessus du sol.

« JE NE ME LAISSERAI PAS FAIRE ! DISPARAIS ! »

… … … Ils étaient si loin mais pourtant, il arrivait à voir parfaitement ce qui se passait. Il …voyait le trou noir qui venait de grandir, grandir, grandir, faisant plusieurs mètres de diamètre … mais aussi une autre aura … Une explosion … Une explosion qui enveloppa le trou noir, le trou noir qui enveloppa complètement l’explosion.
Puis … plus rien … Plus rien du tout … Plus rien de rien. Avec lenteur, il quitta les bras de Katérina, marchant en direction … de ce qui était maintenant un cratère fumant … où il n’y avait aucun corps … Rien du tout … Rien de rien … Même plus un corps à enterrer … Il n’y avait pas de traces de Lili … Lala … et Lorno.

« … … … Ils sont réunis … tous les trois. Je n’ai jamais su … m’occuper de mes pokémons. Je crois bien que je n’étais pas fait pour être … dresseur. Je n’aurai jamais dû les emporter avec moi. Les pokémons basiques … ne peuvent rien faire contre les spectres et les créatures ténébreuses. Je … Ah … Ils seront mes … premiers … et mes derniers pokémons. C’est la moindre des choses que je peux faire pour eux. » souffla-t-il, passant une main sur son visage. Ça ne servait plus à rien de pleurer. Il l’avait fait déjà pendant le combat … C’était suffisant. Plus que suffisant même.

« Mékos est mort … Mais pourtant, le soleil n’est toujours pas revenu dans le ciel. Pourquoi est-ce que le ciel n’est pas à découvert ? » demanda-t-il en regardant ce dernier.

« AH ! PUTAIN ! LA-BAS ! »

Katérina venait de hurler alors qu’elle tendait la main vers une masse qui se déplaçait au loin, voletant faiblement. Une sorte d’insecte brun … avec un petit halo au-dessus de la tête. Sentant qu’il avait été remarqué, il accéléra alors que Katérina reprenait en criant :

« C’EST SON VRAI CORPS ! MEKOS A SURVECU ! »

« Un Munja … Il est invincible à toutes les attaques physiques … ou presque. Il est faible face aux flammes et aussi aux pierres … Mais aussi aux attaques spectrales et ténébreuses. Un comble pour une créature comme lui. Et il est si faible et chétif à la base … Cela se comprend pourquoi il a essayé d’hériter d’un corps de la sorte. Kéran ? »

« S’il te plaît … Elyséa … S’il te plaît … Une dernière fois … quitte à ne plus bouger pendant des semaines … pendant des mois … voire jusqu’à la fin de ma vie. » dit le jeune homme par d’une voix tremblante par la pensée, serrant sa lame, tenant à peine debout.

« Je pense que nous pouvons aller simplement pour deux ou trois jours de repos avec une incapacité de bouger. … … … Tu peux y aller, Kéran. »

« MEEEEEEEEEEEEKOOOOOOOOOOOOOOOOS ! »

Il avait poussé un cri de guerre avant de se mettre à courir à toute allure en direction du Munja. Tout son corps baignait d’une aura ténébreuse alors que ses pieds ne touchaient plus le sol. Autour de lui, alors qu’il traversait la forêt sans même se préoccuper des arbres qu’il tranchait sur son passage, le jeune homme baignant dans son sang poursuivait le Munja.

« LÂCHE-MOI ! LÂCHE-MOI ! TU AS GAGNE ! JE VAIS LIBERER CET ENDROIT ! JE VAIS LIBE … »

« CA NE SUFFIRA PAS ! PAS APRES CE QUE TU AS FAIT ! »

« NE T’APPROCHE PAS DE MOI ! NE T’APPROCHE … »

Mais il était déjà arrivé jusqu’à lui, logeant sa lame avec une extrême facilité dans le corps du Munja. Celui-ci poussa un grand rire avant de dire :

« IMBECILE ! Tu viens de tomber dans mon piège ! Brise donc mon corps ! JE VAIS ASPIRER TON ÂME ET PRENDRE POSSESSION DE … »

« Je ne crois pas non … Mékos, je ne sais pas ce que tu étais dans ta vie passée mais tu étais surement l’une des abominations humaines de ce monde, le genre de déchet qui ne méritait même pas d’exister. » murmura Swar alors que Mékos criait :

« NON ! Je ne peux pas … Je ne peux pas mourir maintenant ! Pourquoi as-t-il … fallut qu’une traîtresse … te … possède … »

Un halo ténébreux entoura le jeune homme et le Munja, celui-ci hurlant de toutes ses forces, l’halo traversant le ciel alors qu’une coquille vide tombait au sol, signe que le Munja était définitivement mort. Puis ce fut … Les rayons de soleil. Ils avaient … combattu pendant combien de temps ? Est-ce qu’ils s’étaient battus en pleine nuit ? Tout le cycle … des humains et des pokémons était perturbé par les spectres et les créatures ténébreuses.
« Ah … Ah … Kéran … C’était quoi cette course folle ? » demanda Katérina, arrivant à sa hauteur alors que Loa faisait de même. Le jeune homme murmurait tendrement :

« Au moins … Je sais qu’ils seront en paix … Leurs âmes sont libérées. Peut-être qu’un jour, ils deviendront des spectres et des pokémons ténébreux … Mais j’espère qu’ils seront réunis. Je sais qu’ils seront bons … »

« Viens, Kéran … Je crois qu’il faut que l’on aille se reposer. Il ne faut plus penser à ça. »

Elle s’approcha de lui, posant une main sur son épaule. Aussitôt, le corps du jeune homme se pencha en avant. Elle le réceptionna, disant à quel point il était lourd bien qu’elle n’avait que peu de difficultés à le tenir.

« C’est bon … Tu en as assez fait. Loa … Il faut que nous fassions attention. Je ne sais pas si ces pokémons métalliques que Kéran a laissé vivre … vont nous attaquer. Mais nous devrions aller … nous mettre à l’abri. Je … »

« Humpf … Une coquille vide ou presque … Dire que l’âme de Mékos était si risible et pathétique … » poussa une voix dans un soupir.
Le corps de Kéran s’écroula au sol, les yeux de Katérina s’ouvrant en grand alors qu’elle s’était mise à trembler de tout son corps. Avec lenteur, seule sa tête fit un demi-tour, peu à peu suivi par le reste de son corps. Elle gardait les yeux ouverts, n’arrivant plus à cligner alors qu’en face d’elle se tenait une créature spectrale. Elle jeta le Munja sur le côté, le visage dessiné sur son ventre se refermant, émettant un bruit horrible de mastication. Elle n’avait qu’un unique œil rouge et aucune jambe. Faite de gris et de noir, le visage peint sur son ventre était de couleur jaune.

« Coucou ma petite princesse, cela faisait longtemps, non ? Je t’ai manqué ? Visiblement, tu as très bien grandie, il faut le reconnaître. »

« Qu’est … Qu’est … Je … Je … »

« Oh … C’est l’émotion qui te submerge ? Pourquoi est-ce que tu ne viendrais donc pas faire un câlin à ton gentil petit papa ? Tu sais très bien à quel point il t’aime, n’est-ce pas ? Tu sais à quel point je t’ai aimé … n’est-ce pas ? Avant que tu décides de te rebeller. Tu sais que j’aime les petites filles très sages. Viens donc … »

Le Noctunoir tendait doucement les mains, la bouche s’ouvrant faiblement, laissant paraître une langue qui tournoyait autour des lèvres, comme si la créature spectrale allait déguster un somptueux repas. L’âme du Munja n’avait été qu’un petit apéritif.

Chapitre 147 : Les protéger jusqu’au bout

Chapitre 147 : Les protéger jusqu’au bout

« Viens donc par là … Mékos. Ici, personne ne te défendra. »

« Me défendre ? Tu crois vraiment que j’ai besoin que l’on me défende ? HAHAHA ! Quelle blague ! QUELLE BLAGUE ! Je vais vous exterminer moi-même ! Je vais vous balayer de mes rayons ! Je voulais jouer avec vos corps mais je crois que je vais juste me permettre d’en profiter un peu … en vous éradiquant complètement ! »

« Je ne te sens pas très convaincu par tes propres paroles. Tu n’aurais pas un peu peur ? Cette fois-ci, tu n’auras peur à dévorer hein ? Pas de régénération ou autre, hahaha ! »

« Kéran, c’est pas cool … Ca te va pas de te la jouer. »

Katérina lui faisait une remarque, un peu étonnée du comportement de Kéran. Mais bon … Elle restait quand même auprès de lui. Elle était convaincue qu’il était sûr de lui mais pour de bonnes raisons. Il … avait réussi à convaincre des pokémons spectres. Elle, de son côté, elle n’aurait pas hésité à les tuer. Même Loa était heureuse, murmurant :

« Quand même … Kéran … Tu es parfait pour devenir un Docte. Réussir à les convaincre. Je n’en attendais pas moins de toi, mes félicitations. »

Se faire féliciter par Loa car il avait décidé de laisser vivre des pokémons spectres hein ? Mais il n’avait pas encore oublié ce qu’il comptait faire. Mais pour le moment, il était temps de se concentrer complètement sur le combat ! Car Mékos n’allait pas les laisser survivre ! Et de toute façon, il comptait se débarrasser du pokémon gigantesque.

« Hey Mékos, une dernière question … T’es pas obligé de répondre mais c’est bien toi qui régit la montagne de fer, hein ? Mais tu régis aussi d’autres endroits ? »

« Tout ce qui se trouve ici et dans les alentours m’appartient ! NUL NE PEUT CONTESTER MA FORCE ET MON POUVOIR ! Pourquoi une telle question ?! »

« Oh … Tout simplement pour savoir le rayon de lumière qui traversera le ciel. Avec une telle zone à découvert, je crois que les pokémons et les humains vont pouvoir en profiter plusieurs semaines. Ah … Vraiment … Peut-être même que ça sera la première fois ! Ca sera à marquer dans les livres, hahaha ! »

« Qu’est-ce que … TU TE FOUS DE MOI ?! » hurla Mékos avant de soulever une patte. Il vint tenter d’écraser Kéran, celui-ci l’esquivant avec facilité malgré sa légère fatigue.

« Elyséa, je compte sur toi. J’ai réussi à l’énerver pour qu’il se concentre sur moi. Comme ça, mes pokémons pourront se reposer. Je ne peux pas les rappeler, ils n’accepteront jamais. »

« Kéran … Tu es simplement un imbécile … Mais c’est ça qui te rend si attachant. »

Elle lui faisait un compliment des plus tendres et il se sentit rougir. Il était comme ça, c’est tout ! Il n’avait pas honte de dire qu’il se battait pour ses pokémons et Katérina ainsi que Loa. Il se battait un peu pour ce monde … et il espérait vraiment que la mort de Mékos serait le début d’une nouvelle ère lumineuse dans le monde. Bien entendu, il n’y avait pas que des bonnes choses, il avait même côtoyé le pire … mais … voilà … Les humains ne méritaient pas de vivre dans les ténèbres indéfiniment.

MAIS MAINTENANT … PLACE AU COMBAT ! Il se jeta vers l’une des pattes de Mékos, commençant à donner un coup d’épée, la lame ricochant contre le métal. Qu’est-ce que … Auparavant, il avait réussi mais cette fois, ce n’était pas le cas ?!

« HAHAHA ! Imbécile ! J’ai renforcé mes jambes pour être sûr que tu ne peux pas me blesser ! TU N’Y ARRIVERAS JAMAIS ! »

« Oh ! Si tes jambes sont surprotégées, qu’est-ce qu’il en est du sommet ? » rétorqua Katérina avec un sourire aux lèvres, commençant à sauter d’arbre en arbre. Il devait réussir à faire pareil qu’elle, surtout qu’elle arrivait à la hauteur de Mékos. En fait, elle se retrouvait même à son sommet, ricanant. « Ben alors, mon gros ? Qu’est-ce que tu fais ? Je pensais que tu avais des pouvoirs psychiques, non ? »

« Attends un petit peu ! Peut-être que je ne peux pas les utiliser car ce corps est mort depuis des années mais ça ne changera rien que je vais t’écraser ! »

Ah bon ? Et comment ça ? OH ! Il lévitait au-dessus du sol mais elle n’était pas plus apeurée que ça. Elle commença à faire des entailles sur le sommet du crâne du Métalosse avant de s’arrêter. Hum ? Qu’est-ce … PUREE ! S’il ne pouvait pas utiliser les pouvoirs du Metalosse, il pouvait quand même utiliser les siens ! Déjà, elle remarquait les tentacules noirs qui sortaient du sommet du crâne du Métalosse, cherchant à la ligoter à celui-ci. L’un vint attraper son bras gauche et elle sentait qu’il aspirait sa force vitale.

« Pourquoi chercher des pokémons métalliques alors que je peux me servir chez toi ? Ah … Que c’est délicieux ! Je vais te dévorer et tu seras en moi ! »

« Je ne me laisserai pas faire ! DUMASCH ! »

L’être en elle s’efforçait déjà de l’épauler alors que de nombreux tentacules, toujours en plus grand nombre faisait leurs apparitions, recouvrant Katérina pour l’empêcher de bouger. Néanmoins, une ombre se téléporta à sa hauteur, tranchant les tentacules avec aisance.

« Lili ? Merci de ton aide ! Mais ce foutu Mékos, on ne peut pas s’amuser sur son corps ! Il va falloir que l’on se barre d’ici ! Tu peux nous téléporter ?! »

La Gardevoir aux deux lames hocha la tête positivement, ses yeux devenant roses. Aussitôt, elles se retrouvèrent en juste au niveau du visage du Métalosse, lévitant au-dessus du sol. Katérina donna plusieurs coups de lame sur l’un des yeux de Mékos, celui-ci s’écriant avec rage qu’il allait leur faire payer. Les yeux vinrent briller, Katérina hurlant :

« VITE ! ON DESCEND MAINTENANT, LILI ! »

La Gardevoir vint les téléporter dans le dos de Mékos, contrairement à ce qu’avait demandé Katérina. Bien ! Elle avait compris le message par la pensée ! Car oui, Mékos visa le sol à ses pieds, produisant une imposante sphère ténébreuse qui vint créer un cratère de cinq mètres de diamètre, rien que ça ! PFIOU ! Heureusement qu’entre les paroles et la pensée, il y avait une sacrée différence ! Mais bon … Ce n’était pas le moment de s’extasier ! Kéran était là, en train de l’observer avec inquiétude alors que Loa était à ses côtés. La Stalgamin était sur l’épaule gauche du jeune homme, celui-ci criant :

« LOA ! COMME POUR L’USINE ! SARENE ! PAREIL ! »

Pareil ? AH ! Elles comprenaient parfaitement ce qu’il voulait qu’elles fassent ! La jeune femme commença à cracher des flammes sur l’une des jambes de Mékos, celui-ci éclatant d’un rire tonitruant avant de dire :

« VOS FLAMMES RIDICULES NE POURRONT JAMAIS M’ATTEINDRE ! »

Ah oui ? Et pourtant, avec ce qu’il préparait, il risquait d’être très surpris ! Pourtant, Kéran vint prendre Loa par la hanche, sautant sur le côté alors que la patte qu’ils étaient en train d’essayer de faire fondre se soulevait pour tenter de les écraser. Ce n’était pas comme ça qu’il allait y arriver ! Il allait devoir faire bien mieux que ça !

Mais bon … Il se méfiait au cas où. Car pendant ce temps, Lorno ne pouvait pas réellement combattre. Fort ou non, il ne pouvait rien faire contre un pokémon bien plus grand et lourd que lui. Lala était à ses côtés pour le protéger. Kéran demanda à sa Stalgamin de cracher maintenant son jet de glace, gelant la partie fondue de la jambe.
A SON TOUR ! Il frappa de toutes ses forces avec son épée dans la partie maintenant gelée, celle-ci se brisant sous le coup. Mékos hurla, s’écroulant sur le côté alors que ce n’était qu’une infime partie de sa jambe qui avait été explosée. Rien d’important, rien de bien grave et pourtant, on aurait pu croire cela.

« Je vais vous le faire payer … Je vais vous le faire payer de me blesser ! »

« Blablabla … Arrête de pleurer ! Tu n’as qu’à sortir de ce corps si tu veux m’affronter ! On t’attend tous ! Tu crois vraiment que tu m’impressionnes ?! »

« Katérina, il faut vraiment que Kéran arrête de traîner avec toi. » dit Dumasch alors que Katérina était étonnée, répliquant :

« Et pourquoi ça ? Qu’est-ce qu’il y a encore avec Kéran ? Qu’est-ce qu’il a foutu ? »

« Hum … Il commence à parler comme toi, ce n’est jamais bon signe. »

« Oh ta gueule, j’en ai rien à battre de tes remarques ! »

« … … … pfff … Vraiment, je me demande quand même ce que je l’on va pouvoir faire de toi, Katérina. » soupira Dumasch.

« Et toi alors hein ? T’es du genre à jamais réellement l’ouvrir mais depuis qu’on traîne avec Kéran, tu n’arrêtes pas de parler ou de dire de ces conneries ! »

… … … C’était un peu différent de ce qu’elle pensait. Kéran … était un jeune homme très intéressant. Non pas seulement par ses actions mais aussi par son mode de pensée. Peut-être que dans le fond … Il y avait de maigres chances que … ça se passe différemment.

Mais pour le moment, le combat était le plus important. Mékos se redressa, des tentacules noirs sortant de sa blessure à la jambe … mais en fait sur la globalité de celle-ci ! Les tentacules commencèrent à raser tout ce qui se trouvait autour d’elle. Les trois humains les esquivèrent, soit en les tranchant, soit en les brûlant. Les pokémons, quant à eux, usaient de leurs pouvoirs pour se téléporter ou alors y échapper.

« VOUS ALLEZ CESSER DE BOUGER ?! »

Il s’emportait de plus en plus, énervé par la situation. Tant mieux, c’était à leur avantage de toute façon. Pourtant, tous se retrouvèrent subitement immobilisés, incapables de se mouvoir. Kéran gesticula mais rien n’y faisait. Qu’est-ce que ça voulait dire ?!

« Ah … Ah … Ah … Voilà ! Braves insectes ! Vous avez enfin compris que vous ne pouvez plus rien contre moi ! Mon ombre vous paralyse ! »


Son ombre ? Mais comment c’était possible ? Il n’y avait même pas réellement de lumière dans ce monde ! Est-ce que ça voulait dire que … NON ! Ses yeux ! Ses yeux produisaient assez de lumière pour permettre la formation d’une ombre !

« Alors ? Par qui est-ce que je vais commencer ? »

Il regardait les différents humains et les pokémons. Humpf … Son choix était déjà fait. Cet homme nommé Kéran allait être le premier à mourir ! Ses yeux se tournèrent vers Kéran, sa tête arrivant à sa hauteur, ses yeux émettant une puissante lumière qui vint aveugler le jeune homme alors que Mékos reprenait :

« Ca va être divertissant … Très divertissant de vous tuer un par un … »

« … … … Vraiment … Je te savais pas bien malin et peureux au point de ne pas comprendre la situation mais visiblement, c’est toujours le cas. »

« … Kéran … Ce que tu me demandes de faire est très risqué et dangereux pour ta santé physique. J’espère que tu le comprends … »

« Pas grave, Swar. On se reposera après, n’est-ce pas ? »

« Et vous croyez que je vais vous laisser faire ?! Tu vas assister à l’une de mes plus puissantes techniques ! Une fusion du métal et des ténèbres ! »

Hum ? Qu’est-ce qu’il racontait ? Ohla ! Les deux pattes avant se positionnèrent l’une à côté de l’autre alors que chacune formait une sphère. L’une ressemblait à un globe entièrement gris acier tandis que la seconde était constituée complètement d’énergie maléfique. Les deux sphères fusionnèrent en une seule, le globe de métal se recouvrant de lignes violettes qui se mouvaient dans tous les sens. La sphère arriva en direction de Kéran, celui-ci continuant de gesticuler sans pour autant arriver à bouger.

« KERAN ! METS-TOI A L’ABRI ! BORDEL ! DUMASCH ! » hurla Katérina, cherchant par tous les moyens à s’échapper de cette emprise. L’aura noire qui émanait d’elle devenait de plus en plus grande, de plus en plus terrifiant mais il était déjà trop tard.

Le jeune homme fut enveloppé par la sphère au même moment où Katérina arrivait à se libérer de cette paralysie, au même titre que Loa. Mais lorsque la sphère disparut, laissant place à un nouveau cratère, il n’y avait plus rien … plus rien du tout … Même pas une parcelle du jeune homme. Sauf quelques morceaux de tissu qui recouvraient normalement son torse … Des tissus ensanglantés.

« Ké … Kéran … » balbutia Katérina, déglutissant pour être sûre de bien voir ça. Elle ne rêvait pas … Kéran … Qu’est-ce que … Ah … Ah … Ah … Elle ne devait pas s’énerver mais là … Elle ne voyait plus aucune trace de Kéran. Plus du tout ! Elle … Elle … « Dumasch … S’il te plaît …. S’il te plaît … Prête-moi ta force, je vais le réduire à néant. Je vais le … »

« Pas besoin, Kéran s’en chargera bien tout seul. »

Kéran n’était plus là ! KERAN N’ETAIT PLUS PRESENT ! KERAN ETAIT MORT ! Pourtant, elle s’arrêta de s’énerver alors qu’une … ombre sortait du sol ? C’était quoi ça ? Une ombre venait de sortir du sol, juste sous le ventre de Mékos ! C’était Kéran ?! Le jeune homme était auréolé de noir, le corps en sang alors qu’il restait parfaitement muet. Sa lame se planta en plein centre du ventre de Mékos, une déferlante d’énergie ténébreuse se déchargeant tout autour de Kéran.

Projeté … Le corps de Mékos fut projeté dans les airs alors qu’innombrables fissures firent leurs apparitions, Kéran atterrissant au sol, haletant. Il avait tout donné … Il avait vraiment tout donné là ! Il devait maintenant faire attention à … à … Mékos quand il allait atterrir. Mais là, il avait mal de partout.

« Comment … Comment est-ce qu’un simple humain possédé peut faire ça ? Comment est-ce qu’un humain possédé volontairement est capable de faire ça ?! COMMENT ?! NON ! JE NE VEUX PAS SAVOIR ! Je veux juste t’annihiler ! »

Hein ? Comment ça se faisait que le Metalosse continuait de léviter au-dessus du sol ? Ce n’était pas normal ! Et puis … Il était en train de voir les quatre jambes qui se modifiaient, rentrant en elles-mêmes pour former des sortes de foreuses. Oh bon sang ! S’il se prenait ça dans le bide, c’en était foutu pour lui ! Rien que la pointe faisait au moins la moitié de son torse ! Et il était fatigué ! Il ne pouvait pas bouger !

Il se tourna vers ses pokémons et les deux femmes, leur hurlant de se mettre à l’abri mais seules les deux femmes pouvaient bouger. Les pokémons étaient toujours incapables de se mouvoir. Où est-ce que Sarène se trouvait ? Il ne la voyait plus. Il avait eu juste le temps de la jeter contre un arbre avant que la double sphère ne l’atteigne ! Le corps gigantesque de Mékos vint s’abattre, la Gardevoir arrivant à la hauteur de Kéran, lui prenant le bras pour le téléporter … sauf qu’aucun pied transformé en foreuse ne semblait avoir visé le jeune homme.
Non … Ce n’était pas du tout ça … Ca n’avait pas été lui qui avait été visé … Pas du tout même. Dans un dernier sursaut, en dépensant toute l’énergie possible pour se libérer de la paralysée causée par l’ombre, Lorno s’était mis devant Lala pour empêcher le pied de la perforer. La pointe avait traversé complètement le corps du Hariyama, celui-ci tournant faiblement sa tête vers la Siderella. Ce fut la dernière chose qu’il fit alors qu’il remarquait que la pointe … avait perforé aussi le corps de la pokémon psychique, leurs deux corps sans vie se retrouvant soulevés par Mékos, en signe de victoire de sa part.

Chapitre 146 : Le dernier combat

Chapitre 146 : Le dernier combat

« Sortez de la maintenant ! Est-ce bien compris ?! »

Il ne devait pas avoir peur ! Il laissa passer Lorno en premier, celui-ci commençant aussitôt à donner un puissant coup de poing dans la pierre qui bloquait l’entrée. Ils sortirent au bon moment puisque la grotte s’effondra derrière eux, laissant paraître Mékos. Mékos … Mékos … Qui était en hauteur … Mékos qui était là … encore plus grand qu’avant ? Mékos qui n’avait plus de problèmes à la jambe ?
Et il y avait de rares pokémons avec lui. Rares ? Car oui, le nombre était beaucoup moins important qu’auparavant. Ce n’était pas normal. Pas normal du tout. Qu’est-ce qui s’était passé exactement ? En plus, ils étaient … tremblants ?

« Hum … Je vois ce qui se passe exactement ici. » murmura Swar, Dumasch disant :

« Il semblerait qu’une certaine créature spectrale ait décidé de dévorer ses congénères pour se régénérer et avoir cette taille. Visiblement … »

« Comme avec la Branette ? » demanda Kéran alors que Swar lui répondait calmement :

« Disons que le traitement subi est bien pire ici. Humpf … Il semblerait même qu’il l’ait fait de son vivant ce qui est encore plus monstrueux. Mais nous ne sommes pas là pour s’apitoyer sur le sort de ces créatures. Ce sont nos adversaires et nos ennemis, Kéran. »

« Une ultime chance pour les rares qui ont survécu. Tuez-les … et vous ne finirez pas comme vos congénères. » déclara Mékos. Il n’allait toujours pas se battre ? Il se méfiait peut-être de l’épée du jeune homme. Comme il avait pu trancher une fois, il pouvait surement le faire une seconde fois. Pourquoi pas, hein ? Mais bon … L’heure n’était pas vraiment à ça.
Il fallait observer qui se trouvaient en face d’eux. Ils étaient encore une bonne trentaine de pokémons métalliques. Même certains qu’il n’avait pas encore vus comme des fourmis de métal. Hum … C’était franchement bizarre en soi mais qu’importe ou alors … des engrenages ? Car oui, ça, il en avait déjà vu dans l’usine … sauf qu’ils n’étaient pas animés. Enfin bon … C’était quand même surprenant et inquiétant.

« Lili … Comment est-ce que tu vas ? Sarène ? Lorno ? Lala ? Harno ? »

« Nous allons bien et j’ai fait une dernière vérification, Kéran au cas où. Ils sont capables de se battre bien qu’ils n’ont pas pu se soigner complètement. »

Hum … Ce n’était quand même pas une bonne nouvelle quoi. Car oui … Il était moyen convaincu par la situation. Ah … Ah … Bon … Ils étaient quoi ? Trois pokémons qui pouvaient se battre, trois personnes. Ca faisait donc cinq à six pokémons métalliques par personne. Rien que ça ! AH ! Il devait prendre sur lui !

CA N’ALLAIT PAS SE PASSER COMME CA ! Il se positionna devant les deux femmes et ses pokémons, serrant son épée tout en la pointant vers les différents pokémons métalliques en face d’eux. En fait … qui étaient en train de former une ligne. Déjà, une puissante aura noire se formait autour du corps du jeune homme, celui-ci s’écriant :

« JE VAIS ME CHARGER DE VOUS TOUS ! VENEZ DONC UN PAR UN OU ALORS TOUS ENSEMBLE ! CA NE CHANGERA RIEN ! »

Et contrairement à ce qu’ils pensaient, plusieurs pokémons métalliques reculèrent. Ils avaient peur de lui ? Il cligna des yeux plusieurs fois de suite, se demandant si c’était la réalité. Un petit sifflement admiratif se fit entendre, Katérina disant :

« On pourrait presque croire que tu es impressionnant mais arrête, t’as pas la carrure d’un athlète. Tu crois vraiment que c’est à cause de toi, qu’ils ont peur ? »

Hein ? En y réfléchissant bien … Ce n’était surement pas le cas. Ils avaient peur de la réaction de Mékos. Mais bon … Il aurait quand même bien voulu impressionner un jour. Mais ça ne changeait rien à ce qu’il disait ! Il repoussa légèrement Katérina, reprenant :

« Je me charge néanmoins de tous ces pokémons métalliques ! Reculez ! »

« Ouais bien entendu, bien entendu, de qui est-ce que tu te fous, Kéran ? »

Katérina restait à côté de lui, réunissant ses deux lames en une seule. De son côté, Loa avait déjà ses cheveux violets, produisant une flamme au-dessus de sa main droite avec un grand sourire. Ce fut elle qui vient reprendre d’une voix légèrement amusée :

« Bien que tu te sens poussé des élans d’héroïsme, Kéran, je suis malheureusement désolée mais je ne peux pas te laisser risquer ta vie pour moi. »

« Mais je … C’est pas une raison ! Vous êtes blessées contrairement à moi ! Lorno aussi ! Moi, je vais parfaitement bien ! »

« Arrête de mentir, Kéran. Tu es blessé à la hanche et ça ne s’est pas encore soigné depuis hier. » déclara Swar, Kéran ouvrant la bouche sans qu’aucun son n’en sorte néanmoins.

Tsss … Mais pourquoi est-ce qu’elle pouvait pas se taire pour une fois ? POURQUOI ? C’était … C’était juste comme ça ! Et pas autrement ! IL VOULAIT SE BATTRE ! ET IL ALLAIT LE FAIRE ! Il poussa un cri de rage avant de foncer sur les pokémons métalliques. Certains continuèrent de reculer alors que d’autres se jetaient dans la bataille.

Il allait les battre ! Il allait tous les battre ! Avant même que Katérina ne soit blessée, avant même que ses pokémons ne soient blessés ! Il allait tout faire pour régler cette affaire avant qu’il ne soit trop tard. Avant que les pokémons ne soient blessés ! Son épée percuta le crâne d’un Galegon alors qu’il criait une nouvelle fois :

« DEGAGE DE MON CHEMIN ! »

Il tenait son épée à une main mais maintenant, il utilisait les deux. Son visage se rapprocha de la bête mais aussi de la lame alors qu’il serrait les dents. Une aura noire était toujours présente autour de lui avant qu’il ne projette la créature en arrière en poussant un nouveau hurlement. SALETE DE POKEMON SUPER LOURD !

Mais il n’allait pas s’arrêter maintenant ! Pas en si bon chemin ! Il en avait encore beaucoup à faire ! Il se tourna vers une créature quadrupède jaune et noire. Un Bastiodon ? RIEN A FAIRE ! Il ne les craignait pas ! Il courut maintenant vers le Bastiodon, relâchant une main pour son épée, la plaçant, sur l’une des cornes frontales du pokémon. Avec rage, il chercha à le projeter sur le côté, Katérina disant :

« Mais arrête de faire n’importe quoi ! Tu crois vraiment que tu vas être capable de dépla … »

Elle s’arrêta dans ses paroles, clignant des yeux plusieurs fois à la suite pour être sûre de bien voir ce qui était en train de se produire. Les pattes droites du Bastiodon étaient soulevées ? Il n’était quand même pas en train de …

« Kéran … Tu risques d’épuiser ton corps bien plus rapidement que la moyenne si tu comptes sur mes pouvoirs beaucoup trop fréquemment. »

« Je m’en fiche, Swar ! ZOU ! DU VENT ! »

Il avait fini par soulevé le Bastiodon pour l’envoyer sur deux Cizayox, les trois pokémons se retrouvant sonnés par les actions de Kéran. Katérina se gratta la joue, nageant en pleine incompréhension avant de demander à Dumasch :

« Dit … C’est normal ce qui est en train de se produire ? Que Kéran mette une raclée comme ça … Ou alors, qu’il ressemble à un surhomme ? »

« Je ne sais pas vraiment … Mais il semblerait que Swar le laisse agir et profiter de ses pouvoirs. Je ne vois pas où elle veut en venir mais elle sait parfaitement que le corps de Kéran se retrouvera grandement affaibli après tout ça. »

« C’est tout simplement n’importe quoi ! BORDEL ! Bon ! Loa ! On bouge nos culs ! Et vous autres aussi ! Il peut dire ce qu’il veut mais il faut aller l’aider ! »

Elle allait prendre les commandes car oui, si Kéran voulait faire n’importe quoi, elle, ce n’était pas du tout son cas ! C’est clair ? Elle donna un coup de pied dans un Magneton, l’envoyant sur d’autres pokémons métalliques alors que Loa commençait déjà à produire des flammes pour les envoyer sur les créatures ennemies.
Lala, Lili et Lorno faisaient de leur mieux, malgré les blessures encore présentes bien que non-visibles. Ils étaient épuisés par le combat et cela ne faisait que quelques heures. Il n’y avait bien que Sarène comme pokémon, qui était capable de se battre au maximum de ses capacités. D’ailleurs, cette fois-ci, elle se donnait à fond, crachant des pics de glace sur les rares pokémons métalliques.
Ces derniers commencèrent enfin à se battre. Entre la peur de mourir des pattes de Mékos ou alors de celles des humains, le choix était rapidement fait pour les pokémons. Ils préféraient encore finir par la seconde méthode ! Kéran se retrouva en cercle, le jeune homme prenant bien appui sur ses deux pieds avant de crier :

« Et alors ?! Vous pensez que ça sera suffisant pour m’arrêter ?! Pour qui est-ce que vous me prenez ?! Je vais vous montrer ce dont je suis capable ! »

Et il avait de l’énergie à revendre ! Pendant ce temps, Mékos ne bougeait pas, ne faisant que fixer les pokémons métalliques et les humains. Il suffisait juste d’utiliser son rayon et ils disparaitraient tous. Mais il voulait voir l’inutilité des pokémons … de ces pokémons. Ces pokémons métalliques qui le suivaient en le craignant !

« VOUS EN METTEZ DU TEMPS ! VOUS ÊTES SI PRESSES DE MOURIR ?! »

Les pokémons métalliques s’arrêtèrent dans leurs combats, tremblant de toutes les parcelles de leur peau métallique. Kéran les regarda pendant quelques instants, semblant songeur. Aussitôt, Swar vint lui dire mentalement :

« Kéran … C’est une stupidité de ta part. »

« Je le sais parfaitement … C’est pour ça que je ne vais pas la mettre en application tout de suite. Pour l’heure, ce que je veux surtout … C’est en éliminer quelques-uns. »

« Pour qu’ils servent d’exemples ? Cela est tout aussi fou de ta part. Arrête donc de penser à de telles choses, d’accord ? Cela sera bien plus simple. »

« Je n’arrêterai pas ! BON ! IL FAUT MONTRER MA SUPERIORITE ! »

Car oui … Ils étaient tous en train de se battre ! Et il revoyait … Il revoyait ses pokémons qui se faisaient blessés. Il voyait même la petite Stalgamin qui était au centre d’un triangle formé par les trois autres pokémons. Tous étaient en train de la protéger. Et lui ? Pendant ce temps, il en perdait justement ! IL EN PERDAIT TROP !

Il sauta sur les Cizayox, plantant sa lame juste à côté de la tête de l’un d’entre eux. Celui-ci le regardait avec effroi. De l’effroi de la part d’un pokémon spectre ou ténébreux ? C’était quelque chose à laquelle il n’avait jamais goûtée avant maintenant. Il lui fit un grand sourire avant de dire d’une voix faussement douce :

« Et on ne va plus bouger, n’est-ce pas, hein ? On va être un gentil spectre dorénavant. »

« Je … Je préfère encore mourir une seconde fois plutôt que de lui servir de nourriture ! JE PREFERE ENCORE MOURIR PAR TOI ! »

« … … … Tsss … C’est bien ce que je pensais. »

Il retira sa lame, donnant un coup de garde dans la tête du Cizayox avant de se redresser. Il regarda le Bastiodon et l’autre Cizayox encore secoués par la projection. C’est bien ce qu’il pensait … depuis le début. Oh … Tous n’étaient pas … comme ça hein ? TSSS !

« Bon … Je pense qu’en vue de ce qui s’est passé … On va pouvoir mettre mon plan à exécution, Swar. » déclara le jeune homme.

« De la pure folie de ta part … mais … J’espère qu’ils accepteront. »

« Je n’ai plus qu’à prendre la parole hein ? En espérant qu’il y ait de toutes les espèces. »

C’était complètement surréaliste et utopique de la part de Kéran mais … Elle le soutenait. Elle le soutenait complètement dans cette démarcher. Le jeune homme se dirigea au milieu de la scène de combat, levant son épée en l’air. Aussitôt, une puissante aura spectrale en sortit, traçant un bref jet obscur en direction du ciel recouvert de nuage. Impossible de passer inaperçu. D’ailleurs, ce fut exactement ce qu’il désirait. Tous se retournaient vers lui, que ça soit ses … amis ou alors ses ennemis.
« J’ai une proposition à vous faire … créatures de métal possédées. Libre à vous de l’accepter ou non. Mais je pense que je vous en donnerai la première partie uniquement maintenant … puisqu’elle est quand même assez importante. »

« Kéran ! Ca peut pas attendre plutôt la fin du combat ?! »

« Alors que tous les pokémons métalliques sont morts ? Et qu’on risque d’assister à la destruction de plusieurs espèces ? Non merci … Je vais vous proposer quelque chose de bien spécial … puisque c’est tout simplement de vous laisser en vie. Si vous acceptez dès maintenant, je vous conseille de vous mettre à l’abri mais vous avez intérêt à sortir de vos cachettes après que j’en ai terminé avec Mékos, d’accord ? »

« HAHAHA ! IMBECILE ! Qu’est-ce que tu crois ?! Ce sont des spectres ! Nous ne craignons pas ce genre de choses ! Des menaces de ta part ? Un « arrangement » ? QUELLE BLAGUE ! ELIMINEZ-LE MAINTENANT ! »

… … … Aucune réaction de la part des pokémons métalliques. Sentant qu’il avait l’ascendant sur Mékos, Kéran reprit la parole :

« Je vais vous proposer un marché mais contrairement à Mékos, vous survivrez au bout de celui-ci. En fait, vous serez même utiles à la survie … de plusieurs espèces. L’occasion pour vous de vous racheter. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Si vous ne l’attaquez pas maintenant, je vais vous … »

« Nous nous présenterons à toi seulement si tu survis à Mékos. Fais attention aussi à l’autre spectre qui l’accompagne … jeune fou. »

C’était un Pingoleon qui avait pris la parole alors que déjà, tous les pokémons métalliques étaient en train de s’enfuir les uns après les autres. Certains épaulaient les Cizayox et le Bastiodon, Mékos poussant un hurlement de rage :

« REVENEZ ICI BANDE D’AVORTONS ! JE VAIS VOUS ECRASER ! JE VAIS TOUT FAIRE POUR QUE VOUS DEVENIEZ UNE PARTIE DE MOI ! »

« Visiblement, ils ne semblent pas très intéressés à l’idée de mourir une seconde fois. » ironisa Kéran alors que pour autant, la situation ne se prêtait pas du tout à cela.


Ses pokémons étaient à nouveau blessés, Katérina et Loa aussi. Lui-même était légèrement épuisé. Et en face d’eux ? Un Mékos en parfait état et furieux. Ça n’allait pas être simple, pas du tout même. Ah … Ah … Mais au moins, une partie de son plan venait de réussir. Il suffisait juste de terminer la seconde partie qui consistait à en finir avec Mékos !

Chapitre 145 : Nul ne peut s’enfuir

Chapitre 145 : Nul ne peut s’enfuir

« Bon … Je … Faites attention à vous. Reposez-vous maintenant … C’est compris ? Soignez vos blessures, faites tout ce que vous pouvez mais reposez-vous. Ce soir, je ne dors pas, je vais surveiller et faire un tour de garde. »

« Ouais ouais bien sûr, comme ça, tu auras la gueule dans le potage et ensuite, tu … »

Katérina s’arrêta dans ses paroles, remarquant le regard furieux et inquiet de Kéran. Ohla … C’était pas habituel pour lui d’avoir une telle … colère. Il était réellement en colère ? Mais contre qui ? Pas contre elle quand même ? Elle avait rien fait de mal qu’elle sache ! Du moins, pas plus que d’habitude ! C’était quoi ce délire ?

« Il n’est pas en colère contre toi … mais contre le fait qu’il n’a pas remarqué vos états. Vous êtes blessées et il ne se le pardonne pas, Katérina. » murmura Dumasch à l’intérieur du corps de la jeune femme, celle-ci répliquant par la pensée :

« Mouais … C’est pas de sa faute non plus. J’avais juste à faire gaffe, pas besoin de se prendre la tête pour ce genre de conneries non plus hein ? »

« Je comprends parfaitement ce qu’il ressent. Ne pas réussir à protéger ceux que l’on aime … C’est si … absurde. Des fois, même si nous ne sommes pas responsables, on se sent fautif … On se dit qu’on aurait dû être là … Mais ce n’est pas le cas. »

« Qu’est-ce que tu baragouines encore toi ? Ca a pas l’air d’aller fort, le petit. »

« Humpf … Je ne disais rien d’important mais laisse-le tranquille … qu’importe s’il se fatigue plus que nécessaire. C’est son … « devoir » et sa responsabilité. »

Tsss … Sa responsabilité de mâle dominant ? Elle n’aimait que moyennement de laisser Kéran rester debout toute la nuit. Surtout après qu’il venait de lui dire d’aller se reposer. C’était clairement pas son genre mais en même temps …

Humpf ! Au moins, elle pouvait faire quelque chose pour lui-même si ce n’était pas dans ses habitudes. Elle se dirigea vers Kéran qui s’était éloigné, regardant les champignons dans la grotte, les yeux rivés en même temps sur le mur de pierre et de métal. Il semblait si songeur et … et distant. Ah … Bon …

« Tu te retournes blaireau ? Ou tu fais semblant de pas m’avoir entendu ? »

« Hein ? Quoi ? Katérina … Qu’est-ce qu’il y a ? Repose-toi avec mes pokémons, d’accord ? Je vais vous surveiller toutes … enfin tous puisqu’il y a Lorno et Harno … »

« Ouais, ouais, je le sais bien et je sais aussi que je pourrai pas te faire changer d’avis. Mais au moins, je peux faire un truc pour te remercier. »

Ah bon ? Et qu’est-ce qu’elle voulait faire pour ça hein ? Il s’attendait à une autre perversité de la jeune femme mais elle vint tout simplement l’embrasser sur les deux joues et l’étreindre pendant quelques secondes, le laissant immobile par cette action. Ca avait été … tellement doux contrairement à ce qu’il avait pensé. Il ne s’y était pas attendu du tout.

« … Bon fais ton tour de garde mais reste aussi sur tes gardes à toi hein ? Et si tu as besoin de dormir, tu viens me rejoindre, d’accord ? »

« Euh … D’accord … Merci Katérina. Je … Enfin … Merci beaucoup. »

« Je devrais plutôt te remercier. Et sache que nous t’accompagnons en sachant pertinemment les risques que l’on prend, d’accord ? Tu n’as pas à t’en faire plus à ce sujet, d’accord ? »

Il ne répondit pas, ne faisant que détourner le regard. C’était juste que … Il avait déjà eu peur pour Sélia auparavant quand Katérina était arrivée. Il avait eu peur pour ses pokémons lors de cette agression de la part d’Hansanio, il avait eu peur pour Swar lors du combat contre cet Absol et là … Il avait eu peur pour tout le monde lors du combat contre les sbires de Mékos ! Il était … Il était juste …

« Hum … Tu es sûr que tu ne veux pas que je reste à veiller avec toi, Kéran ? »

« Non … Non … C’est bon, Katérina. » murmura-t-il tout simplement.

Pourtant, elle n’avait pas vraiment envie de le laisser seul. Elle remarquait le regard perdu et attristé du jeune homme. Il fallut que Dumasch lui parle intérieurement pour qu’elle décide de rentrer dans la tente, accompagnée de Loa. De l’autre côté, dans la tente de Loa, les pokémons de Kéran allaient se reposer. Harno restait avec Loa. Kéran ? Il était adossé à un mur, les bras croisés, ayant planté l’épée dans le sol juste à côté de lui. Il avait la tête baissée, les yeux fermés. Il murmura dans sa tête :

« Elyséa … Je veux devenir plus fort … Je le veux vraiment … Je … C’est si pathétique … de se dire que je veux juste protéger tout le monde. »

« Beaucoup aimeraient devenir plus forts pour protéger les personnes qu’ils aiment, peu y arrivent réellement, Kéran. »

« Mais ça ne change rien que là … Que là … Je n’ai pas pu … »

« Tu n’es pas omnipotent, tu n’es pas omniprésent, tu n’es pas universel. Je vais te dire une chose, une chose qui risque de te faire mal : et si Sélia était morte pendant que tu es ici ? »

« Hein ?! » dit le jeune homme en rouvrant les yeux avec stupeur.

« Ce n’est qu’une supposition. Mais si c’est le cas … Tu vas t’en vouloir, n’est-ce pas ? »

« Sélia … Je … Ne dis pas ça ! C’est juste … impossible ! »

« Et si ça l’était, qu’est-ce que tu ferais, Kéran ? Tu t’en voudrais, non ? Donne-moi ta réponse au lieu de tourner en rond. »

« Je … Je … Je ne pourrais pas y croire mais je m’en voudrai … Je m’en voudrai terriblement, oui … Je … De ne pas avoir été là pour la sauver mais ce … n’est pas pareil ! »

« Car tu es à côté des personnes qui sont proches, c’est cela ? »

« Alors qu’elles sont à portée, je peux les sauver … Je peux les protéger. Mais là … Face à Mékos, je n’ai rien pu faire ! J’ai juste réussi à l’égratigner ! Tu as vu le géant qu’il est ? »

« Tout cela n’est qu’une carapace … Rien d’autre. Si tu arrives à trouver où se localise son véritable corps à l’intérieur de Mékos, tu pourras le tuer facilement. »

« Oui mais … Ca ne sera pas suffisant, je le sais … Ca ne veut pas dire que personne ne sera blessé, Swar. Ca ne veut pas dire ça ! Je veux qu’elles soient en sécurité ! »

« Nul ne le sera ! Rentre-toi ça dans le crâne, Kéran ! S’ils t’accompagnent maintenant, c’est bien parce qu’ils savent qu’ils se mettent en danger ! Ils sont conscients des risques qu’ils prennent ! Ils sont prêts à mourir et toi aussi non ?! »

« … … … Je ne suis pas forcément prêt à mourir. Je veux juste vivre … Je veux continuer à vivre et je veux que tous et toutes continuent de vivre. » murmura faiblement Kéran, baissant la tête une nouvelle fois pour ne plus la redresser.

« Un jour, tu mourras. Un jour, tes pokémons mourront. Un jour, Katérina décédera elle aussi. Peut-être d’une maladie, d’un accident, d’un combat, nul ne le sait exactement. Mais il y a une chose dont tu peux être sûr : tout le monde sera mort. Tout le monde meurt un jour ou l’autre. Est-ce que tu vas t’en vouloir ? Est-ce que tu te sentiras responsable de cette mort ? Tant que tu n’es pas celui qui tue directement la personne ou qui cherche à la tuer, tu n’as pas à t’en faire. Tu n’as pas à t’inquiéter plus que ça, compris ? »

« Je ne peux pas ! Je ne peux pas ! Et je ne peux pas ! »

« Est-ce que je dois t’endormir pour que tu comprennes à quel point ça ne sert à rien ? »

« Ne fait pas ça ! Je dois … surveiller les alentours. Nous ne sommes pas à l’abri ici. Mais ils ont tous besoin de se reposer : Katérina, Loa, mes pokémons. Il faut qu’ils se reposent. Ils méritent tous de se reposer. »

« … … … Il y a une personne qui n’arrive pas à dormir. »

Même si ça faisait déjà maintenant un peu de temps que la nuit était tombée, il remarqua Katérina qui sortait de la tente. Avec lenteur, elle arriva à quelques centimètres de lui, venant s’adosser à un mur. Il murmura :

« Pourquoi est-ce que tu ne vas pas dormir ? J’ai dit qu’il n’y avait pas de tour de garde. »

« Tu crois que j’arrive à dormir avec une autre femme à mes côtés ? Désolé mais je préfère quand même les torses aux poitrines … »

« Ce n’était pas vraiment de ça dont je voulais parlais … Tu le sais bien, Katérina et … »

Il s’arrêta de parler alors qu’elle bougeait du mur pour venir se loger contre lui, plaçant sa tête contre le torse du jeune homme. Elle murmura à son tour :

« Oui … C’est bien mieux … cette chaleur. »

« Katérina, ce n’est pas avec toi dans mes bras que je vais pouvoir surv… »

« La ferme. » coupa-t-elle sèchement. « Je sais que ça te fait du bien … et ça m’en fait aussi. Alors, tu la boucles et tu acceptes. »

« D’accord madame … » marmonna Kéran. D’accord … Si elle le prenait comme ça, il n’avait qu’à accepter les paroles de Katérina.

« Bien … T’es un brave gamin. Maintenant … Tu vas me dire ce qui te tracasse. »

« Hein ? Euh … Ce qui me tracasse ? » balbutia Kéran alors qu’elle levait la tête pour le fixer de ses yeux dorés. Qu’est-ce qu’elle racontait ?

« N’essaie pas ton baratin. Ca ne marche pas avec moi. Tu crois que je n’ai pas remarqué que quelque chose te perturbe. C’est quoi ? Mes blessures ? Dumasch est peut-être un peu con sur les bords et pas forcément malin mais des fois, il peut se montrer intelligent. Des éclairs de génie. Bref, j’ai l’impression qu’il a deviné ton problème. »

« Sans mentir … Ca va … » commença-t-il à dire avant de s’arrêter. Le regard furieux qu’elle lui lance … Il valait mieux ne pas jouer à ça. « Juste … quelques soucis personnels et machistes. Si tu préfères … L’homme qui est incapable de protéger la femme. »

« Je suis à moitié un homme donc de ce côté-là, j’ai pas besoin de toi. C’est juste ça ? »

« … … … Pas vraiment. »

Enfin bon … Elle allait le forcer à parler alors autant tout déballé non ? Il commença à parler, parler, parler, sans même s’interrompre une fois. Il racontait tout. Il parlait de tout ce qui se passait pour lui. De tout ce qui se passait en lui … Ah … Il parlait, parlait, parlait. Que ça soit plusieurs minutes, que ça soit un quart d’heure, que ça soit une demi-heure. Il en avait des choses à dire.
Et Katérina ne l’arrêtait pas un seul instant. Non … Elle ne faisait que l’écouter, posant quelques petites questions brèves alors que le jeune homme ne semblait jamais vouloir s’interrompre. Puis finalement … Elle chuchota :

« Vraiment … On ne croirait pas comme ça … mais tu es un peu dépressif sur les bords non ? Et surtout, ça a l’air de carburer là-dedans. »

« Ne te moque pas … S’il te plaît … Ce n’est vraiment pas drôle, Katérina. »

« Qui a dit que je me moquais de toi hein ? Tu sais … Chacun a vécu des trucs horribles dans sa vie … et on en vivre surement d’autres plus tard. »

« Oui mais … Justement … Je … »

« Laisse-moi terminer. Je veux dire par là que tu n’as pas à te compliquer l’existence. Essaie de vivre au jour le jour et … »

« Mais si tu devais mourir ! Ou alors … Perdre un membre par ma faute, je … »

« Le seul membre que je veux perdre, c’est celui qui pend entre mes jambes. » répliqua la jeune femme, souriant faiblement, heureuse de lui avoir coupé la parole. Quand même … Elle n’aurait jamais pu croire que chez Kéran, cela … le tourmentait autant. Pourtant, elle savait qu’il avait un peu changé de vision des choses après cet incident avec les arènes … Mais là … Maintenant … Enfin, c’était juste bien plus … différent.

« Quand même … Kéran … Qu’est-ce qui n’est pas surprenant chez toi ? Tu acceptes les … bizarreries des autres, tu es plus complexe que ton apparence le montre, vraiment … »

« Je … Je ne sais pas, Katérina. Vraiment pas … »

« Là, normalement, tu n’aurais même pas dû prendre la parole, hein ? Tais-toi et chut … »

« Euh … Ca veut dire la même chose ce que tu viens de dire non ? Ou alors, je me trompe. »

Il ne se trompait pas mais qu’il fasse ce qu’elle venait de lui dire. Il prit une profonde respiration alors qu’elle se collait un peu plus contre lui. Qu’il arrête de trop de se préoccuper de tout ça. Ca ne mènerait à rien de bon, rien du tout même.

« Kéran … Tu sais … Je pense quand même qu’il faut que je … »

« VOUS VOILA DONC ! » hurla une voix au-dessus d’eux.
Qu’est-ce que … Le plafond vint se faire soulever avec une telle facilité. Qu’est-ce que ça voulait dire ?! Ce n’était quand même pas … NON ! Il n’avait pas le temps de penser à ça ! Il retira Katérina de ses bras, courant vers les tentes avant de crier :

« SORTEZ VITE DE LA ! Lili ou Lala, vous utilisez vos pouvoirs pour ranger tout ça le plus rapidement possible ! IL EST LA ! MEKOS EST LA ! »

Ils étaient en pleine nuit et c’était à peine s’ils pouvaient voir à part grâce aux champignons lumineux mais il était sûr d’une chose. IL ETAIT SUR D’UNE CHOSE ! Cette chose rouge sur la face du Metalosse géant, ce qui lui servait d’œil ! Il la voyait parfaitement !

« Il faut sortir de cette grotte avant qu’il ne la fasse s’effondrer sur nous ! »

« La faire s’effondrer ? QUELLE BONNE IDEE ! MERCI BIEN L’AVORTON ! » hurla le pokémon métallique géant alors que tous et toutes étaient déjà en train de courir pour quitter cet endroit. Cet endroit qui était tout simplement pris de tremblements, prêt à s’effondrer d’un moment à un autre.

« VRAIMENT ! T’es pas malin, Kéran ! »

Katérina lui faisait un reproche alors qu’il y avait encore quelques minutes, elle le complimentait ! Mais ce n’était pas le moment de penser à ça !

Chapitre 144 : Blessures mineures, blessures majeures

Chapitre 144 : Blessures mineures, blessures majeures

« Bon … J’espère que vous avez compris ce que ça veut dire … »

Il répétait cela à Loa et à Katérina pour être sûr que le message était bien passé. Ils ne pouvaient pas se permettre de perdre plus de temps ici. C’était tout simplement une question primordiale et de sécurité … Sinon, il y avait une chance que tout se termine mal.

Car oui … Ils étaient de plus en plus fatigués. Néanmoins, il n’allait pas se laisser faire. Il devait trouver un moyen … Un moyen de régler cette affaire le plus rapidement possible ! Il n’était pas capable de produire une explosion ou autre ?

Non … Ce n’était pas possible. Il n’y avait pas de telles choses. Il n’avait pas ça … PFIOU ! Il sauta dans les airs, remarquant qu’au final, même si ce n’était pas des bonds de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, il n’était pas si mauvais que ça. Est-ce que Swar lui prêtait sa force de cette façon ? Ca serait tant mieux quand même.
Il vint atterrir sur le dos d’un Metang, s’en servant comme appui alors qu’il fonçait vers Mékos. Oui … Complètement ! Il n’avait pas à avoir peur de foncer vers Mékos ! Il devait le combattre maintenant avant qu’il ne soit trop tard ! Ou du moins … Réussir à le blesser !

« PAUVRE FOU ! Tu veux m’attaquer de face ?! Tu le regretteras pour le reste du peu de ton existence ! Laissez-le venir vous autres ! Il va comprendre sa souffrance ! »

Hum ? Il devait juste faire confiance, c’était tout, n’est-ce pas ? Il devait faire confiance en Swar car c’était elle qui lui avait dit ça. Il arriva à la hauteur d’une jambe du Métalosse, commençant à frapper lourdement dans celle-ci, comme pour la trancher. Le souci ? C’était l’épaisseur de la jambe. Mais il arriva à faire ce qu’il voulait.

« QUOI ?! COMMENT EST-CE POSSIBLE ?!

La patte de Mékos se retira du sol alors qu’il hurlait de douleur. La raison était simple : Kéran venait de lui créer une profonde entaille dans la jambe, le jeune homme revenant auprès de Katérina et Loa avant de se mettre à courir.

« Suivez-moi maintenant au lieu de rester ici ! Nous devons partir pendant qu’il souffre ! »

Mais surtout parce qu’il avait remarqué que dès l’instant où Mékos s’exaltait, les pokémons métalliques n’osaient plus vraiment bouger. Il garda Lili et Lala, leur demandant de les téléporter au loin à plusieurs kilomètres d’ici si cela était nécessaire.
En fait, c’était nécessaire car ils devaient mettre le maximum de distance entre eux et Mékos. D’ailleurs, les cris de rage continuaient de se faire entendre alors qu’ils étaient de plus en plus éloignés de lui. Puis finalement, il rappela Lili et Lala, les remerciant. Maintenant, il fallait trouver un endroit où se reposer.

Ce n’était pas aussi simple que ça mais une grotte ou quelque chose du genre suffirait amplement, non ? Il n’en demandait pas plus de toute façon. Il regarda à gauche et à droite, étudiant aussi Loa et Katérina. Les deux femmes avaient quelques entailles, comme lui, mais à force, tout cela allait disparaître puisqu’ils étaient tous possédés.

Mais ce n’était pas forcément le moment de penser à ça. Il fallait autre chose … Un autre endroit où se rendre car là, il fallait quand même qu’il soigne ses pokémons. Mais pour le moment … Il avait aussi autre chose à faire.

« Elyséa … Est-ce que je peux te parler maintenant ? Ou c’est trop tard ? »

« Il vaudrait mieux quand même faire autre chose auparavant. Comme te mettre à l’abri … n’est-ce pas ? Ensuite, nous pourrons discuter tous les deux. »

« D’accord … Je note ta proposition et j’espère que tu ne vas pas la changer, d’accord ? » déclara Kéran alors qu’Elyséa lui répondait par l’affirmative.

Et maintenant ? Il devait tout simplement trouver un endroit … Mais bon ? Une grotte ? Rien que ça ? Mais surtout, il vint subitement se coucher au sol, en même temps que les deux femmes alors qu’un puissant rayon traversait le ciel.

« Mékos est furieux de ce qui s’est passé. Je ne sais pas combien de temps nous pourrons rester cachés mais le plus sera le mieux. »

« Et qu’est-ce que tu comptes faire, Kéran ? » demanda Katérina bien que le jeune homme semblait très songeur, regardant autour de lui.

« Surtout réfléchir à ce que Swar m’a dit par rapport à l’épée. Vous avez remarqué que j’ai pu trancher dans la jambe de Mékos avec une certaine facilité ? Et sans pour autant que ça soit lié aux pouvoirs de Swar. Pas de la même méthode que toi, Katérina. »

« Oui ? Et alors ? Où est-ce que tu veux en venir ? Ca n’explique rien du tout ce que tu racontes. Tu n’essayerais pas de t’exprimer un peu mieux pour une fois ? »

« Ce que je veux dire, c’est que cette épée n’est pas banale. Elle a été faite à partir d’os de dragon ou de croc de dragon. Bref, c’est une arme vraiment unique en soi. Le métal a été mélangé à tout cela et c’est ce qui rend l’arme terriblement dangereuse et surtout pratiquement indestructible. »

« Et alors ? Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? C’est cool pour toi non ? »

« … … … Bref … Trouvons un endroit où nous abriter. Il faudra surement faire des tours de garde pour être sûr que l’on ne se fasse pas repéré. »

« Tu me fais quand même pas la gueule, Kéran, hein ? » demanda la jeune femme aux cheveux argentés alors qu’il haussait les épaules.

« Je n’ai pas de temps à perdre avec ces enfantillages, Katérina. »

Il ne lui répondait pas sèchement, ce n’était pas dans ses habitudes, loin de là mais bon … Il n’avait pas envie de se battre avec elle. Là … Il n’était clairement pas motivé à ça. Pour le moment, ils allaient trouver un coin où se reposer, c’était le plus important.

« COMMENT CA ?! Ils ont encore réussi à s’enfuir ?! QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ FOUTU ?! REPONDEZ-MOI MAINTENANT ! »

« Maître Mékos, nous … Nous … Comment dire … »

« JE NE VEUX ENTENDRE AUCUNE CONVERSATION ! DISPARAISSEZ ! »

Les pattes se levaient les unes après les autres. Les pattes de métal qui vinrent se planter dans sol mais aussi dans les différents corps. Un rayon traversait le ciel mais il en produisait d’autres, balayant tout sur son passage sans même s’interrompre.

« JE VAIS TOUS VOUS ANNIHILER ! BANDE D’INCAPABLES ! »

« ENFUYEZ-VOUS ! IL EST DEVENU COMPLETEMENT FOU ! »

Les pokémons métalliques tentèrent de s’enfuir mais pour une majeure partie d’entre eux, c’en était déjà terminé. Les cadavres jonchaient le sol tout autour du Métalosse géant, celui-ci venant s’écrouler au sol, ses pattes ne le supportant plus.

« Des imbéciles … DES IMBECILES ! TOUS DES IMBECILES ET DES INCAPABLES ! BANDE D’IDIOTS ! VOILA VOTRE UTILITE ! »

VOILA COMMENT ILS ALLAIENT SE RENDRE UTILES ! VOILA COMMENT IL LES RENDAIT UTILE ! Des tentacules noirs commencèrent à sortir des membranes de métal, entourant les différente cadavres. Se brisant en morceaux, les morceaux de métal vinrent s’agglutiner autour de la plaie à la patte du Métalosse. Mais pas seulement, loin de là … Il ne s’arrêtait pas là. Tout son corps était encore de grandir, c’était à se demander comment cela était possible. Chaque infime parcelle de métal le rendait plus grand, plus fort, plus résistant. Mais cette fois-ci, il avait décidé principalement de protéger ses pattes. De les renforcer encore et encore, et encore …

« Ah … Ah … Je vais les retrouver … Je vais retrouver ces salopards ! »

Il allait les retrouver et les exploser ! Il allait les retrouver et les tuer ! Il allait les planter ! Mais pas seulement ! Il allait briser leurs membres ! TOUT FAIRE ! Mais avant ! Mais avant … Il allait dévorer … Il allait dévorer le reste des cadavres !

« VOUS ! CEUX QUI AVAIENT REUSSI A SURVIVRE ! Sortez de votre cachette ! Vous avez au moins réussi à éviter ma fureur ! »

Mais personne n’osait sortir. Pourtant, il était capable de les repérer. Non pas par la chaleur, loin de là. Non pas par ça … Il y avait autre chose. Hahaha … Il était aussi capable de repérer les spectres grâce à ce monstre de métal qu’il était. A force de les dévorer, ce genre de pouvoirs était facilement accessible.

« Ne sortez pas … et vous irez rejoindre les autres. Libre à vous … Qu’est-ce que vous comptez faire alors ? Vous préférez devenir une partie de moi ? »

Il avait dit cela avec ironie mais aussi un calme dérangeant, très dérangeant même. Puis finalement, quelques créatures firent leurs apparitions, l’une d’entre elles faisant grogner Mékos. Qu’est-ce qu’il … faisait encore là ?

« Espèce de charognard … T’es encore présent ?! »

« Bien entendu ! Je me suis dit que j’aurai pu profiter de ton corps si tu avais été détruit. Hahaha ! Enfin … Tu vois de quel corps je veux parler, n’est-ce pas ? »

« TA GUEULE ! Je ne veux plus te voir dans les parages ! C’est compris ? Je ne veux plus que tu sois présent, espèce de … »

« Charognard ? Tu as déjà utilisé ce terme auparavant mais en y réfléchissant bien, est-ce que tu es sûr que tu parles de moi ? Car dans le fond, ce que tu fais n’est pas si différent de moi hein ? N’est-ce pas ? HAHAHA ! »

« JE T’AI DIT DE DISPARAITRE ! EST-CE BIEN COMPRIS ?! »

« Mais pourquoi est-ce que tu t’emportes ? Pourquoi es-tu en colère ? Pour ma part, je suis heureux, très heureux même. J’ai pu revoir ma princesse … Hahaha ! Elle ne m’a pas encore vue de son côté mais je suis sûr que ça ne tardera pas. Qu’est-ce que tu penses du fait que je sois heureux ? Cela te dérange ou non ? »

« J’en ai strictement rien à faire, espèce de parasite ! Qu’est-ce que tu espères en venant ici ? Tu es mort à peine depuis dix ans ! Et tu crois me donner des leçons ? »

« Sache que la valeur n’attends pas le nombre des années. »

« Et évite avec tes phrases à sens complètement … Je vais t’écraser. Je vais tout simplement t’écraser, que tu le veuilles ou non ! VIENS PAR ICI ! »

Le Metalosse commença à se mouvoir vers la créature qui continuait de l’importuner depuis son apparition. Ah … Ah … QU’IL ARRÊTE DE BOUGER ! Il n’allait pas le faire souffrir ! Du moins, pas trop ! Pas plus que les autres ! HAHAHA !

« Tu me sembles un peu énervé. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant d’énervement ? »

« … … … Je te laisse dix secondes pour t’enfuir. Et ne plus jamais réapparaitre devant moi. »

« Hahaha ! Bien entendu ! Mais de toute façon, nous nous reverrons … n’est-ce pas ? Et tu sais parfaitement pourquoi … Hahaha ! »

« Cinq … Quatre … Trois … Deux … Un … »

L’ombre commença à disparaître, laissant seul le Metalosse. Du moins, presque seul puisque les rares survivants du massacre de son « peuple » de métal avaient assisté à la scène sans prendre la parole. Nul n’osait contestait ses actes. De toute façon, qui oserait ?
Quelques minutes plus tard, les pokémons métalliques étaient éparpillés. Les trois humains ne devaient pas être trop loin. Il fallait les trouver ! Et les ramener ici ! Ils étaient exténués !

Ailleurs, Kéran, Loa et Katérina était dans ce qui ressemblait à une grotte. En fait, une épaisse grotte même, une très grande grotte puisqu’ils purent y pénétrer et lever les bras en l’air sans même toucher le plafond. Par contre, il avait décidé de bloquer l’entrée avec une pierre, qu’importe ce qui se passait. Il ne fallait pas qu’ils soient suivis.
A force de marcher dans la grotte, ils arrivèrent jusqu’à une zone éclairée … par de drôles de champignons lumineux. C’était étrange, vraiment très étrange. Surtout que l’architecture était composée à moitié de pierre mais aussi de métal. Qu’est-ce que ça voulait dire ?

« Cette grotte n’en était pas une … mais il semblerait que le temps a fait son office depuis. » déclara Swar alors que Kéran reprenait aussitôt :

« Je pense que nous allons nous reposer ici. Installons les tentes et il n’y a pas besoin de créer du feu pour avoir de la lumière, les champignons feront leurs offices. Par contre, je ne compte pas en manger, je tiens à prévenir. »

« Et tu crois que … Aie ! Saleté ! Ils m’ont quand même touché au final ! »

Katérina n’avait pas terminé sa phrase avant de montrer une vilaine plaie au bras gauche. Malgré les minutes écoulées, elle ne s’était pas encore guérie ? Kéran remarqua qu’il en était de même avec Loa, celle-ci ayant plusieurs entailles aux bras et aux jambes. Moins profondes mais plus présentes. Lui ? De son côté ? Oh … Il avait plutôt mal à la hanche.

Il était blessé … plus qu’il ne le croyait. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Est-ce que … Il devait le vérifier maintenant ! Il sortit ses quatre noigrumes, les projetant devant lui. Ses pokémons firent leurs apparitions devant ses yeux alors qu’il s’écriait :

« BON SANG ! C’est plus important que je ne le croyais ! »

Trop concentré dans son combat, trop concentré dans ses pensées, il n’avait pas remarqué que ses pokémons étaient blessés ! Il n’y avait bien que la Stalgamin qui n’avait que quelques égratignures car elle avait été avec lui mais les autres… Les autres étaient blessés et pas qu’un peu ! Purée, purée, purée !

« Lili, Lala ! Comment est-ce que vous allez ?! Lorno ! »

Le pokémon leva un bras pour dire que ce n’était pas bien grave. Ah bon ? Et c’était quoi les blessures qu’il voyait sur le bras justement ?! Déjà Lala était à son chevet, concentrant ses pouvoirs psychiques pour le soigner.

« Ah … Ah … Ah … Que tout le monde se reposer ! Je vais préparer les tentes ! Vous ne faites plus rien ! Je vais m’occuper de ça ! »

« Qu’est-ce qui lui prend ? Il se considère comme un petit chef ? »

Katérina avait posé la question qui lui brûlait les lèvres alors qu’elle regardait Kéran qui était inquiet, bien plus inquiet qu’il ne tentait de le cacher. Il devait les protéger. Il devait aussi protéger ses pokémons ! Il devait tous les protéger ! Que ça soit les humaines ou alors ses pokémons ! C’était une obligation ! Cette bataille … était un échec.