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Chapitre 124 : Nulle haine mais des remerciements

Chapitre 124 : Nulle haine mais des remerciements

Il rouvrit ses yeux bleus, observant le ciel parcouru par les nuages noirs comme à son habitude. C’était laid … toujours aussi laid à regarder. Vraiment … Mais il était vivant ? Et il voyait maintenant le visage de ses pokémons et des deux femmes qui le regardaient.

« Kéran … Tu vas bien ? » bredouilla Loa, décontenancée par ce qu’elle voyait. Le jeune homme se mit en position assise, observant la longue plaie qu’il avait normalement sur le corps. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il n’avait rien du tout ? Enfin … Pas totalement, on pouvait encore voir la marque mais il n’était plus ouvert en deux ou presque.

« Je crois que je vais bien … Enfin, je crois … Je n’en suis pas vraiment sûr … »

« Putain ! Ca me fout les boules ! T’aurais pu dire que t’étais possédé depuis le départ, Kéran ! Tu veux me faire quoi là ? M’effrayer ! Sale bâtard ! »

« C’est sa façon à elle de dire qu’elle était morte d’inquiétude, Kéran. » murmura doucement Loa alors qu’il rigolait en voyant les petites rougeurs sur les joues de Katérina. Il regardait aussi ses quatre pokémons avant de se redresser subitement. Ce n’était pas le moment !

« Ainsi donc … Elle était là … Maintenant, j’en ai la confirmation. » dit l’Absol qui n’avait pas bougé de sa place. Combien de temps s’était-il écoulé depuis sa « mort » ? Quelques minutes ? Mais qu’est-ce que ça voulait dire exactement ?

« Swar … Est-ce que nous pouvons parler tous les deux ? »

Il ne s’était pas intéressé aux paroles de l’Absol, semblant l’ignorer complètement alors que l’épée laissait émettre une aura noire, la voix féminine en sortant :

« Je ne pense pas … que ça soit le bon moment … et surtout, je ne suis pas motivée. »

« Swar … Tu peux parler réellement, s’il te plaît ? » reprit le jeune homme, Swar restant muette pendant quelques temps avant que l’aura noire ne disparaisse de l’arme. Finalement, ce fut de l’intérieur du corps de Kéran que Swar reprit :

« Voilà … C’est ce que tu voulais, n’est-ce pas ? Est-ce que tu es satisfait, Kéran ? »

« Plus que satisfait, je suis maintenant parfaitement au courant de la situation, Swar. Comme quoi, « mourir » possède quelques avantages, si tu veux tout savoir. »

« Tu dois me haïr, n’est-ce pas ? J’ai tué tes parents indirectement, je suis responsable de leurs morts. Tu peux me haïr et me détester, cela ne me dérangera pas. »

« Et pourquoi je devrais faire ça ? J’espère que tu n’es pas trop dans la mélancolie mais non … Je ne t’en veux pas, Swar. Je devrais plutôt te remercier, non ? C’est rare de connaître une créature ténébreuse aussi dévouée que toi. Mais quand même, pourquoi avoir attendu tout ce temps pour te montrer ? Et surtout, faire croire que tu étais dans l’épée ? »

« Je n’avais pas d’autres choix que de me présenter lorsque tu es tombé après l’effondrement de cette grotte. Sans ça, tu serais certainement mort. »

« Et tu étais obligée de parler de la sorte ? Enfin, de faire tout ça ? Toute cette comédie ? »

« J’y étais obligée … personnellement. Voilà tout. Je n’ai pas d’autres choses à te dire. »

« Idiote. Je comprends que tu avais peur de Sélia, surtout avec son comportement … Mais bref, maintenant que c’est réglé, je peux compter sur toi, n’est-ce pas ? »

« Tu peux compter sur moi … Kéran. Dorénavant, tu devrais être plus fort qu’auparavant. La raison est simple : est-ce que tu es prêt à accepter ma présence en toi ? »

« Si ça fait depuis plus dix ans que tu es en moi, je ne pense pas que je puisse la refuser maintenant, non ? Alors, tu devrais connaître ma réponse, Swar. » répondit le jeune homme avec un grand sourire avant d’éclater de rire.


Il était temps de mettre ses pokémons à l’abri. Il voulut les rappeler mais visiblement, ils étaient encore tous prêts à se battre. Mais bon, même s’il se sentait plus en confiance, il préférait se méfier. L’Absol semblait réticent à se battre maintenant, disant :

« Si elle est là, la victoire ne sera pas aussi simple. Maintenant que c’est confirmé, le combat ne sera plus le même. Je ne pourrais pas prendre de risques. »

« Tu ne serais pas en train d’avoir peur de moi ? » demanda le jeune homme avec un petit sourire alors qu’il soufflait à Katérina et Loa de couvrir ses arrières mais de ne pas participer au combat. Cette fois-ci, il allait gagner, il en était sûr !

Il en était convaincu de sa victoire ! L’Absol fit un pas en arrière puis un second. Avec le temps qui s’était écoulé, sa danse avait perdu de son effet et maintenant, il ne pouvait pas la recommencer. Il était trop tard, bien trop tard. Tsss … Et cette aura noire autour du jeune homme, ce n’était pas la même chose qu’auparavant. C’était bien diffèrent … vraiment différent. Comment est-ce qu’il allait pouvoir le battre ?

« Qu’importe qu’elle soit en toi ou non, cela ne change rien. Je dois quand même la tuer de toute façon. Elle ne semble pas avoir retrouvé sa force d’antan. »

« C’est peut-être pour ça qu’elle reste en moi non ? Ca s’appelle de la coopération. Elle me rend service, je lui rends service. » répondit le jeune homme tout en rigolant, fonçant vers l’Absol en même temps que ses pokémons.

Ses pokémons … Ils étaient tous prêts à se donner à 200% pour obtenir la victoire. Il le savait. Maintenant qu’ils étaient rassurés de voir qu’il allait mieux, les pokémons allaient décupler leurs efforts pour l’aider à battre cet Absol. Ce n’était pas sûr que ça soit suffisant. Mais au moins, ils serviraient à quelque chose !

D’ailleurs, le Makuhita commençait à taper du poing contre son ventre, se faisant souffrir alors que l’Absol le regardait avec interrogation. Il ne comptait quand même pas se blesser pour ça non ? Il allait devoir s’en occuper tout de suite ! Une lame ténébreuse se produisit au bout de la corne de l’Absol, visant le Makuhita. Mais celui-ci fut téléporté par la Mesmerella, apparaissant dans le dos de l’Absol. Aussitôt, en un puissant coup de poing, Lorno projeta l’Absol dans les airs, Kéran sautant au même moment pour tenter de donner un coup de lame.

« Merci bien Lorno ! C’est exactement ce qu’il me fallait ! »

« MAKU ! MAKU MAKUHITA ! » répondit le pokémon avant que Kéran ne soit paré par l’Absol qui vint atterrir au sol, se réceptionnant avec difficulté.

« Cela devient bien trop difficile. Autant je ne crains pas tes pitoyables pokémons psychiques, autant un pokémon qui combat avec sa puissance au maximum ferait mal à n’importe quelle créature ténébreuse comme moi. »

Cet Absol était bizarre. Sans être réellement motivé pour le combat, il semblait plutôt vouloir autre chose mais quoi ? Du moins, il ne semblait pas sincèrement mauvais contrairement aux autres pokémons spectres et ténébreux rencontrés.

« Si tu es capable de juger les compétences de mes pokémons, tu devrais alors plutôt te méfier, tu ne sais pas sur quoi tu risquerais de tomber, héhéhé. »

Hum ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? La grêle de la pokémon de glace ne lui faisait guère réellement d’effet donc ça ne pouvait pas être ça. Les pokémons psychiques ? Alors, là, il n’avait rien à craindre d’elles sauf si bien entendu, elles utilisaient d’autres pouvoirs que ceux qu’il connaissait. Alors qu’il s’apprêtait à se défendre mais surtout à contre-attaquer, Zénark fut soudainement paralysé, son corps ne lui répondant plus.

« Que … Comment est-ce … possible ? »

« Ma Mesmerella est capable de toucher les pokémons ténébreux. C’est dans ses capacités. »

Tss ! Il ne s’était pas méfié la première fois et cela risquait de lui coûter cher, très cher ! Maintenant qu’il ne pouvait plus bouger, il fut tiré vers la Kirlia, celle-ci semblant charger un poing recouvert de glace. Une combattante ?
Il fut obligé de se prendre le coup de poing glacé, gémissant de douleur alors qu’aussitôt, un souffle glacé vint parcourir ses poils, le gelant encore plus que prévu. Brrr ! Ils étaient bien trop nombreux ! Et ils semblaient surtout bien plus puissants qu’auparavant ! Ce n’était pas bon ! Pas u bon du tout même !

Il se remit correctement debout sur ses pattes. Il commençait à être épuisé, vraiment épuisé par ce combat et pourtant, ses blessures étaient encore bien faibles. Du côté de Kéran, celui-ci allait parfaitement bien depuis qu’il savait maintenant ce qu’il devait faire. De toute façon, vue ce qui allait se passer, la victoire était de plus en plus proche.

« Kéran, néanmoins, fais attention à toi. »

« Bien entendu, abuser de sa propre confiance peut mener à sa perte. A force, ne t’en fait pas, ça a fini par rentrer dans mon crâne. »

« … … … D’accord, Kéran. Au moins, tu es sûr de toi et tu sembles avoir la tête sur les épaules. » termina de dire Swar, Kéran serrant son épée dans ses mains.

« On va régler ça le plus rapidement possible car je suis quand même un peu fatigué. »

Cela se comprenait. Se soigner d’une telle blessure n’était pas à la portée de tout le monde. Mais surtout, ne laissait personne indemne physiquement. Le jeune homme était fatigué, très fatigué même. Mais bon, il allait devoir se reposer APRES le combat !

Mais son manque de concentration lui fit perdre le rythme du combat, l’Absol cherchant à en profiter pour l’attaquer sans pourtant y arriver. Encore une fois, les quatre pokémons de Kéran prirent le dessus. Maintenant que l’Absol était blessé légèrement et qu’il était moins rassuré sur ses chances de victoire, sa puissance s’en retrouvait réduite.

« Merci les enfants mais vous savez, je peux encore me débrouiller seul, hein ? »

Il avait dit cela pour montrer qu’il n’avait pas besoin que ses pokémons se préoccupent de lui mais bon … Ca ne changeait rien, rien du tout même. Ses pokémons faisaient tellement d’efforts, tellement d’efforts … HEIN ? C’était quoi cette lumière chez ses trois pokémons ? Seule la Stalgamin restait parfaitement immobile, ne semblant pas avoir de réaction.
Ses pokémons ? Ils étaient en train de grandir ? De grandir pour faire une taille plus humaine ? En fait, le nouvel Hariyama était même bien plus grand qu’un humain normal. L’Absol pesta, murmurant avec dépit :

« Il fallait qu’ils évoluent maintenant … Je ne peux pas continuer ce combat. C’est beaucoup trop dangereux pour moi. Je suis obligé de me re… »

Il se retrouva écrasé au sol, dans l’incapacité de se mouvoir alors que l’Hariyama s’approchait de lui. A cette distance, la moindre attaque de la part de l’Hariyama allait lui être fatale, il le savait bien. Ces pokémons … étaient plus forts que prévu.

« ARRÊTE LORNO ! MAINTENANT ! »

Le poing s’était arrêté au dernier moment, l’Absol posant son regard sur Kéran.

« Si c’est de la pitié, je tiens à te signaler que je préfère encore me donner la mort plutôt que de vivre de la sorte. Je n’ai pas besoin de ça ! »

« Qui a parlé de pitié ? Pas moi … Mais si je peux éviter de tuer mes adversaire. En contrepartie, je veux que tu retires ta domination de ce monde dans le ciel. »

« Tu sais parfaitement que même si j’abandonne mon rôle parmi les créatures ténébreuses, une autre se chargera de contrôler le domaine que j’abandonne. »

« Et alors ? Au moins, pendant un temps ou quelques jours, les personnes reverront la lumière du soleil, c’est le plus important. »

« C’est pour cette raison des plus risibles que tu te bats ? Que tu es ici ? »

« Pas vraiment … Mais disons que si je peux aider en même temps, je le ferai. Je préfère te laisser la vie sauve et que tu penses à ce que tu étais avant d’être un Absol. »

« Et pourquoi ferai-je cela ? Si tu me laisses vivre, tu le regretteras amèrement. »

« Tant pis. Maintenant, si tu veux bien retirer ta domination de ce monde … »

« Tsss … » grogna l’Absol alors qu’il levait la tête en l’air, sa corne brillant une nouvelle fois. Un rayon ténébreux en sortit, pénétrant le ciel sans que pour autant, celui-ci ne s’ouvre. « Cet endroit n’est pas sous mon contrôle, loin de là. »

« Je me doute … C’est bien celui de Mékos, n’est-ce pas ? »

« C’est exact … Puisque tu connais son nom, il vaudrait mieux alors pour toi que tu arrêtes cette folle épopée si tu ne veux pas mourir maintenant. D’ailleurs, que fais-tu ici si tu n’es pas en quête de gloire ou alors, tout simplement pour « libérer » ce monde ? »

« Tout simplement pour savoir pourquoi il est devenu ainsi. Même Swar ne veut pas me le dire, c’est pourquoi cette montagne risque de me donner de nombreuses réponses aux questions que je me posais. »

Aux questions qu’il se posait ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? L’Absol le regarda longuement mais le jeune homme fut enlacé subitement par une étrange créature aux cheveux bleus et à la corne orange. Une Gardevoir ? Ah oui … Il s’agissait de cette Kirlia d’avant. D’ailleurs, la Mesmerella avait aussi évolué pour devenir une Siderella. Mais elle, avait préféré visiblement les bras de l’Hariyama.

« Visiblement, tu sembles occupé … mais tu risques de regretter ce que tu as fait. »

« Bien entendu … » dit le jeune homme, peu habitué aux élans d’affection de la part de quiconque, que ça soit d’une femme ou alors d’une pokémon.
En fait, il aurait préféré que ça soit Katérina qui lui fasse ça mais visiblement, la jeune femme n’était pas très motivée à ça. Et en même temps, la Gardevoir semblait vraiment très collante. C’était normal qu’elle le soit autant ? Il regarda Loa qui vint dire :

« Les Gardevoirs montrent souvent l’affection qu’elles portent. Même si cela semble étonnant de la part de Lili puisqu’elle est plutôt violente et … »

« GARDEVOIR ! » cria la pokémon psychique avant de se téléporter, serrant maintenant la Siderella dans ses bras. S’il y avait bien quelqu’un qu’elle appréciait autant voire plus que son dresseur, c’était sa sœur jumelle.
Et lui ? Pendant ce temps ? L’Absol était parti sans même qu’il s’en rende compte. Katérina n’avait pas vraiment ouvert la bouche, fronçant les sourcils en regardant la Gardevoir. Et lui ? Tout simplement exténué. Il se frotta les yeux, souriant à la Stalgamin qui s’approchait de lui avant de dire doucement :

« Ne t’en fait pas, un jour, ça sera aussi ton tour. Je suis sûr que oui. »

« Stalgamin. » répondit tendrement la créature de glace.

Cet Absol, il devait quand même s’en méfier. D’ailleurs, le ciel s’était bien éclairci … mais au loin, très loin même, traçant un halo de lumière. Ils avaient réussi … à moitié.

Chapitre 123 : Protectrice depuis des années

Chapitre 123 : Protectrice depuis des années

Il … était mort ? N’est-ce pas ? S’il ne voyait plus rien, c’est qu’il devait l’être, n’est-ce pas ? Il était mort alors. Peut-être … Cet Absol avait été puissant, très puissant, trop puissant. Et il avait perdu une épée. Au moins, cela n’avait pas été la plus importante. C’est con … vraiment très con même. D’avoir préféré sauver Swar plutôt que lui. Mais au moins, il avait fait ce qu’il pensait être bon. Bon mais con … Ah …

« Ca ne doit pas être si mauvais la mort. Je me demande si je deviendrai un spectre ou une créature ténébreuse ? Si c’était le cas, est-ce que … ça voudrait dire … Non. De toute façon, même si je devenais un spectre ou une créature ténébreuse, je ne changerai pas de mentalité. Je continuerai à protéger autrui. Oui … C’est comme ça … que je vois les choses. »

Il se parlait à lui-même, souriant doucement alors qu’il savait pertinemment que ça servait à rien de continuer de se battre. Il devait se laisser faire et mourir … tout simplement. Il était triste pour Katérina, il n’avait jamais pu lui dire ce qu’il ressentait pour elle. Il était triste pour Sélia, il aurait voulu faire définitivement la paix avec elle. Oh … Il avait tellement de regrets, n’était-ce pas à partir de là qu’il deviendrait alors un spectre ? Peut-être … Il ne savait pas … Il ne savait pas du tout même.

« Swar … Katérina … Loa … Sélia … et mes pokémons. Je continuerai … »

Il continuerait de les protéger, qu’importe la forme qu’il allait avoir. C’était ça qu’il se promettait. Qu’importe la forme qu’il aurait, il les protégerait. Il allait les protéger, protéger toutes ces personnes comme il aurait voulu le faire depuis le début.

Pourtant, rien n’arriva, rien du tout. Du moins, pas ce qu’il avait prévu. Peut-être qu’il rêvait ? C’était sûrement ça car il se retrouvait … chez lui ? Chez son ancien chez lui. Là où il avait habité pendant des années. Mais ça remontait à si longtemps … car la maisonnette était encore intacte. Si longtemps ? Est-ce que c’était les souvenirs de sa vie passée ? Il allait peut-être retrouver son père et sa mère ?

Ah ses parents, ça faisait vraiment longtemps qu’il ne les avait plus vus. Il fallait dire qu’il n’avait aucun souvenir d’eux, rien du tout même. Même pas une gravure, un tableau ou autre. Et avant ses huit ans, ses souvenirs avaient été confus et brouillés … comme s’il avait tout perdu sans même s’en rendre compte.

« Comment ça se fait que je n’ai aucun souvenir d’eux ? »

Qu’il ne s’en rappelait pas ? Qu’il n’arrivait pas à les voir ? A s’en rappeler exactement ? Il ne savait même pas à quoi ressemblait sa mère. Ni même à quoi ressemblait son père. C’était le vide total avant ses huit ans … avant qu’il ne voit Sélia pour la première fois.

« Bizarre, c’est franchement bizarre et inquiétant, là. »

Il se parlait tout seul alors qu’il avançait vers la maisonnette, pénétrant à l’intérieur comme s’il était un fantôme. Peut-être allait-il trouver des réponses ? A ses questions ? Peut-être … Peut-être que oui … Il ne savait pas, il ne savait pas du tout. Il ne savait rien. Rien du tout.

« Kéran, s’il te plaît, fais attention à toi. »

« Mais oui, maman ! Ne t’en fait pas ! Je vais juste dehors avec un livre ! »

Alors qu’il pénétrait dans la maison, une petite ombre en sortait, le représentant à l’âge de ses huit ans … ou un peu moins. Livre ? Il croyait qu’il ne savait plus lire ? C’était quoi le livre qu’il avait en main ? Enfin non ! C’était pas ça qui l’intéressait !

« Ne t’en fait donc pas pour lui, Zaryne, il se débrouillera très bien. De toute façon, il ne peut pas aller très loin. Tu ferais mieux de t’occuper d’elle. »

D’elle ? De qui est-ce qu’il parlait ? De qui est-ce qu’il parlait ? Il ? Oui … Il voyait un homme d’une trentaine d’années. Il avait des cheveux blancs. Peut-être alors qu’il avait des cheveux blancs de naissance ? Mais l’homme ne semblait pas forcément très imposant bien qu’il respirait la joie de vivre. Il avait aussi des yeux bleus.

Mais c’était surtout sa mère qu’il voulait voir. Il voulait voir à quoi ressemblait sa mère ! C’était le plus important ! Donc elle s’appelait Zaryne ? C’était un très joli nom ! Un nom très beau oui ! Il l’aimait bien ! Et il aimait encore plus sa mère quand il la vit ! C’était une jolie femme. Une très jolie femme d’une trentaine d’années ! Elle avait de longs cheveux bleus, deux boules se trouvant sur le sommet de son crâne. Et ses yeux bleus azur ! Ils étaient magnifiques ! Elle portait aussi un kimono blanc avec des bouts de couleur bleu ciel tandis qu’un obi de couleur rouge, se terminant avec un joli nœud de papillon derrière elle.

« Maman … » murmura le jeune homme, ne pouvant s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux alors qu’il regardait sa mère qui allait dans une pièce.

Il la suivit, restant bouché bée alors qu’il apercevait une femme qui était couchée dans un lit. Une femme qu’il reconnaissait parfaitement puisqu’il s’agissait de Swar. Son corps était translucide et elle semblait salement blessée d’après le sang qui recouvrait les draps.

« Vous ne devriez pas vous … occuper de moi. Vous avez un enfant et un mari dont vous devez vous occuper. » murmura Swar faiblement.

« Et abandonner une créature spectrale ou ténébreuse ? Il en est hors de question. »

« Vous êtes une Docte … n’est-ce pas ? C’est bizarre … Je ne ressens pas de créature en vous, comment est-ce cela que se fait ? » demanda la jeune femme aux cheveux blancs.

« La créature qui m’accompagnait est morte une seconde fois pour me sauver. Mais j’ai gardé une partie de ses pouvoirs. »

« Etonnant … Est-ce que cette créature était très proche de vous ? » demanda Swar.

« C’était ma sœur jumelle. Elle est morte à l’âge de dix ans pour me sauver d’un accident mortel. C’est à ce moment que j’ai su ce que je devais devenir. »

« Je comprends parfaitement … mais vous ne devriez pas vous occuper de … » commença à reprendre la femme aux cheveux blancs, son armure noire se trouvant déposée au sol. Même si elle était un spectre, elle pouvait être blessée … extrêmement blessée. Pourtant, Zaryne ne semblait pas y tenir compte, lui demandant de se taire et de se reposer.

Quelques heures plus tard, le jeune garçon jetait un coup d’œil à travers la serrure, arrivant difficilement à voir. La porte était fermée tandis que le jeune homme observait ce que son double plus jeune tentait de faire. Une main se posa sur le jeune Kéran, le faisant sursauter.

« Ma … Maman ! Je … Pourquoi je peux pas rentrer dans la chambre d’amis ? Dis, dis ? »

« Car quelqu’un l’occupe actuellement, voilà tout. »

« Mais mais mais … Cette personne va bien ? » demanda le jeune garçon aux cheveux blancs, posant une nouvelle question alors que sa mère lui caressait le crâne.

Elle lui demanda d’aller jouer avec son père ou dehors tandis qu’elle attendait que celui-ci soit parti. Quand ce fut le cas, elle retourna dans la chambre, prenant des nouvelles de Swar. Celle-ci était assise, son corps ayant du mal à rester comme il était.

« Il me faut partir car sinon, vous serez en grave danger. Je suis recherchée … et activement. Cette apparence que vous voyez … n’est pas ma véritable forme. »

« Qu’importe ce que vous êtes et ce que vous avez vécu, tant que vous n’allez pas mieux, je ne veux rien entendre. Vous pouvez rester ici pendant des semaines si c’est nécessaire. »

Pourquoi est-ce que cette femme ne voulait pas comprendre ? Qu’est-ce qui la poussait à venir l’aider alors qu’elle aurait pu être des plus dangereuses ? Elle ne comprenait pas … Elle n’arrivait pas à comprendre mais elle savait juste qu’ils étaient en danger.
Pourtant, malgré tout ce qu’elle avait dit, les deux adultes s’étaient occupés d’elle pour qu’elle reprenne des forces. Malheureusement, ce n’était pas assez, loin de là même. Elle avait besoin d’autre chose, quelque chose de plus fort … mais elle ne pouvait pas se le permettre. C’était tout simplement impossible. Elle ne pouvait pas faire ça à cette famille. Elle arrêta de ruminer ses pensées, regardant l’œil qui l’observait à travers le trou de la serrure. Elle ne pouvait s’empêcher de sourire, murmurant :

« Est-ce que le spectacle est à ton goût ? Tu t’appelles Kéran, n’est-ce pas ? »

L’œil disparut aussitôt, des bruits de pas rapides se faisant entendre alors que le jeune garçon était parti. Il semblait avoir été plus que gêné par la voix de Swar. Celle-ci eut un petit rire. Même si elle ne l’avait jamais vu, elle pouvait se douter qu’il était plus que mignon. Les enfants étaient souvent ainsi, surtout ceux issus des Doctes car ils apprenaient à aimer autrui, qu’importent leurs origines.
Mais … Elle ne pouvait pas rester ici plus longtemps. Elle le savait pertinemment. C’était mieux pour elle qu’elle disparaisse de cet endroit. Seulement, son corps était bien trop affaibli. Malgré les soins apportés, elle ne pouvait pas se déplacer. Et pendant ce temps, ils étaient à sa recherche. Ils voulaient la trouver pour la tuer … comme les deux autres créatures ténébreuses … et ce roi des spectres.

« Je dois partir … maintenant. » murmura le jeune femme spectrale, se levant faiblement. Pourtant, son corps ne répondit plus, la faisant s’écrouler sur le lit. Les blessures n’étaient plus là mais le corps restait épuisé, plus qu’épuisé.

Et ils finirent par la retrouver … Comme la maisonnette était éloignée du village dans lequel Kéran et ses parents habitaient, nul n’avait été mis au courant, nul n’avait pu le remarquer avant que les créatures ténébreuses ne viennent attaquer la maisonnette, dirigée par un Léopardus. Elle ? Elle avait essayé de bouger mais Zaryne l’en avait empêchée, disant :

« Restez ici ! Je vais m’occuper de ces créatures avec mon mari, vous n’avez rien à craindre. Cela ne sera pas très difficile de les repousser. »

« Ils sont bien plus nombreux que vous et ils sont galvanisés à cause de mes blessures. Ils savent qu’ils peuvent me battre maintenant et feront tout ce qu’il faut pour … »

« Assez ! Je ne permettrai à personne, que ça soit un humain ou un pokémon, d’attaquer une personne blessée. S’ils veulent se battre, ils comprendront pourquoi je suis une Docte ! Mais … S’il vous plaît, veillez sur mon fils. Il est dans sa chambre, celle à côté de vous. Il est en train de dormir actuellement. »

Dormir ? Mais s’ils combattaient à côté, cela voulait tout simplement dire que … le jeune garçon était en danger ? Et pourquoi est-ce que cette femme disait ça ? Elle n’avait pas la force de se lever, elle était bien trop affaiblie ! Comment est-ce qu’elle pouvait accepter que son corps soit aussi faible, elle qui avait combattu les dragons il y a de cela des siècles ? Elle qui avait livré bataille pendant des années ! COMMENT ELLE POUVAIT ACCEPTER CA ?! COMMENT POUVAIT-ELLE ABANDONNER AINSI ?

« Je dois les aider … Si je me montre … Ils les laisseront en vie. Non … Ca ne sert à rien. Ils les tueront, je dois les combattre aussi. »

Mais elle n’en avait pas la force. Elle n’en était pas capable. Pas maintenant, pas avec son corps si faible. La maisonnette commença à trembler, des cris se faisant entendre, que cela soit des pokémons ou alors la voix de Zaryne qui criait :

« Igléan ! NON ! Vous allez me le payer ! »

Elle ne pouvait même pas observer le spectacle par la fenêtre car sinon, elle aurait pu voir le nombre de corps autour de Zaryne. Celle-ci avait fait un véritable massacre alors que le corps de son mari était au sol, tenant une épée dans ses mains et portant une armure sur le corps. Lui ? Kéran ? Celui qui rêvait de ça ? Il était juste stoïque et immobile. Il ne se rappelait pas de ça … de rien du tout. C’était le vide total et pourtant, maintenant, tout lui revenait en mémoire. Tout … Mais ce n’était pas ses pensées car lui, à ce moment précis, il avait tout simplement murmuré :

« Maman ? Se passe quoi dehors ? »

« Kéran ? RENTRE A LA MAISON ET VITE ! » hurla la femme aux cheveux blancs, le terrain se retrouvant gelé autour d’elle alors que par une fenêtre, le jeune garçon était à moitié endormi.

Le Léopardus et ses sbires avaient profité de la confusion pour cibler le jeune garçon, celui-ci ne comprenant pas ce qui se passait avant que sa mère ne saute par la fenêtre pour pénétrer à l’intérieur de la maison. Puis tout vint se brouiller … Une nouvelle fois.

Tout … Car il ne savait pas ce qui s’était passé et même si ce n’était pas sa mémoire, il sentait juste que la maison était tombée en ruines. Ce qui s’était passé ? Le Léopardus avait surement décidé de ravager la maison pour emporter Swar dans la tombe définitivement ainsi que les habitants de la maison.
Le jeune garçon avait réussi à sortir des ruines, étant recouvert de sang mais indemne. Quelque chose avait cloché à ce moment-là. Pourquoi n’était-il pas blessé ? Pourquoi ? Le Léopardus avait crié :

« Tu t’es caché ! Tu t’es caché ! Mais tu ne t’enfuiras plus très longtemps ! »

Avant de trépasser de la main de Sélia. Alors, il se rappelait avoir pleuré sans même s’adresser à Sélia qui était encore une jeune adolescente de treize ans à l’époque. Alors, elle était partie se laver pendant qu’il s’était mis à pleurer, recherchant ses parents dans les ruines. Puis une voix s’était adressée à lui, douce et féminine :

« Je suis désolée, Kéran. Ce qui s’est passé … est quelque chose d’horrible, causé par ma présence dans ta maison. Je n’ai rien pu faire pour empêcher tes parents de mourir mais ta mère et ton père se sont battus jusqu’au bout pour te sauver. »

« Qui êtes-vous ? Vous êtes où ? » avait demandé le jeune garçon.

« Je serai toujours auprès de toi. C’est la moindre des choses que je pouvais faire. Normalement, je devais posséder un corps pour me ressourcer mais j’ai décidé de te sauver de ces blessures mortelles causées par l’effondrement. »

« Maman ? C’est toi, Maman ? »

« Je pense qu’il vaut mieux que tu oublies tout ce qui s’est passé. Je vais me charger de cela mais Kéran, sois gentil avec la jeune fille qui est venue te voir, d’accord ? Est-ce que tu peux me promettre d’être gentil avec elle ? Et de tout faire pour être heureux avec elle ? Elle est la personne qu’il te faut après ce drame. Maintenant, Kéran, je vais rester en toi et tout faire pour que tu mènes une vie normale, comme si je n’avais jamais existé. »

« Oui ! Je le ferais ! Je vous le promets ! »
Après ces paroles, le jeune garçon s’était immobilisé, restant complètement stoïque jusqu’à ce que Sélia fasse son apparition. Il avait alors foncé dans ses bras, menant la vie que le jeune homme avait connue pendant des années. Tout redevint noir, une voix féminine, douce et légèrement tremblante se faisant entendre :

« J’ai tué ses parents. Je suis responsable de leurs morts. Il devrait me haïr … Il vaut mieux pour que moi que je reste enfouie sans qu’il ne sache que j’ai existée. Il vaut mieux pour moi que je ne sois plus rien d’autre que son ombre. Pardon, mon petit Kéran. Je veillerai sur toi pendant que tu vivras une vie normale. Pardon … Pardon … »

La voix répétait le même mot comme si pendant des années, elle voulait expier ses pêchés. C’était donc ça … Depuis des années … Swar était à ses côtés. Depuis des années, elle avait tout fait pour le protéger, complètement le rôle de Sélia dans l’obscurité.

Chapitre 122 : Mort depuis longtemps

Chapitre 122 : Mort depuis longtemps

Aussitôt, le jeune homme avait attaqué l’Absol, sa lame venant percuter la corne de la créature sans aucune difficulté. D’ailleurs, ce fut la créature qui repoussa Kéran de toutes ses forces, le projetant en arrière comme si de rien n’était.

« J’espère que ce n’est pas uniquement cela dont tu es capable, hum ? »

Euh … Comment dire. Il n’était pas vraiment rassuré par ce qui venait de se passer. Il se secoua un peu le corps, se remettant correctement alors que l’Absol restait immobile. Du moins, c’est ce qu’il croyait car l’Absol disparut de sa vue, réapparaissant dans son dos.

« Tu es beaucoup trop lent … Mes attaques les plus vives vont te taillader en morceaux sans même que tu ne comprennes d’où provient la souffrance sur ton corps. »

« Cela serait sans compter sur moi. » déclara l’épée avant de parer la corne de Zénark en plaçant le bras en arrière. Kéran roula en avant, se retournant en même temps.

Qu’est-ce que … Un souffle glacé vint frapper Zénark, celui-ci ne bougeant pas de sa position. Il tourna son visage vers Sarène, la Stalgamin faisant de son mieux pour déconcentrer le pokémon ténébreux. Zénark commença à courir vers la Stalgamin mais fut arrêté violemment par un coup de poing qui le frappa sur le côté.

« MAKU ! MAKU MAKUHITA ! »

Hum ? Lui aussi voulait le gêner ? Ils ne craignaient donc pas pour leurs vies. Soit … S’ils étaient tellement décidés à mourir, il suffisait alors d’obéir à leurs désirs. Zénark tenta de donner un coup de corne vers le Makuhita mais celui-ci avait complètement disparu.

« De la téléportation ? Soit … Vous avez décidé de me mettre des bâtons dans les roues. Ne vous plaignez donc pas si vous allez souffrir mille fois. »

« Ne touche pas à mes pokémons ! On avait pourtant été clair à ce sujet ! » hurla le jeune homme alors qu’il était déjà prêt à se battre. Cet Absol était costaud, très costaud même ! Mais il ne pouvait pas laisser ses pokémons se faire tuer par lui ! Il allait devoir rappeler ses pokémons et peut-être que …


Plusieurs Absols … Plusieurs Absols en face de lui. Qu’est-ce qu’ils allaient pouvoir faire contre ça ? Il ne pouvait pas faire un mouvement sans risquer de se tromper. Surtout que les Absols commençaient à l’entourer. Tous bougeaient en un mouvement, sans aucun retard. Impossible de deviner qui était le faux, qui était le vrai. Cela se compliquait grandement … et ça ne faisait que commencer.

« Devons-nous perdre du temps … ou non ? » demanda Zénark, Kéran ne comprenant pas où il voulait en venir. Puis la corne des Absols commença à briller, Zénark et ses reflets venant la gratter au sol comme pour la limer … avant de se mettre à danser d’une façon des plus bizarres mais en même temps … étrangement inquiétante.

« Kéran, méfie-toi dorénavant de ses attaques, elles seront encore plus tranchantes qu’auparavant. Ce n’est pas un bon signe. C’est pour toi que je dis ça. »

« Je te fais confiance, Swar. Comme si j’avais vraiment le choix. »

Mais il ne disait pas cela en se moquant, loin de là. Il le pensait sincèrement. Il n’avait pas le choix et il était sûr qu’avec Swar, ça serait le bon. Non-loin de là, Katérina était assise, une main posée sur le front alors que Loa était à ses côtés.

« Est-ce que tu vas bien ? Tu as l’air un peu secouée »

« Si je mets la main sur ce bâtard, je lui promets une mort bien douloureuse à cet enfoiré. »

« Tu devrais alors te dépêcher, Katérina. » déclara Dumasch avec neutralité. Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Katérina posa son regard sur le combat entre Kéran et l’Absol, tout cela se passant à l’intérieur de la zone crée par les pokémons de Kéran.

« Pourquoi tu racontes ça encore ? Si tu dis de la merde, pour pas changer, je vais te … »

« Kéran ne s’en sortira pas face à cet Absol. Pas avec ses capacités actuelles. Ses pokémons ne lui seront d’aucune utilité. » reprit Dumasch. Kéran … allait perdre ?

Elle aurait dû s’en douter ! C’était même tout ce qu’il y avait de plus normal mais bon … Là, sur le coup … Et puis zut ! Kéran pouvait aller au diable ! Elle allait l’aider ! Pourtant, dès l’instant où elle tenta de faire un mouvement, elle se retrouva une nouvelle fois projetée en arrière. MAIS MERDE ! CA COMMENCAIT A LA FAIRE CHIER !

« Même si cela doit me déconcentrer un court instant, ton amie possédée ne pourra pas participer à ce combat. Ma prescience l’en empêchera. »

« Ne touche ni à Loa, ni à Katérina ! Surtout si elles ne participent pas aux combats ! »

« Je ne faisais que te prévenir encore une fois … Mais pour l’heure, tu ne sembles pas être capable de différencier le faux du vrai. Et pendant ce temps … Ta vie s’écoule peu à peu pour disparaître en un instant. » reprit l’Absol, la corne venant encore une fois caresser le sol pour se limer, les reflets et le véritable Zénark continuant de danser.

« Kéran, tu dois l’arrêter maintenant avant qu’il ne soit trop tard. »

« Mais comment est-ce que je peux faire, Swar ? Comment ? »

« Réfléchis donc … La solution est très simple … Mais pour ça, il faut que tu la trouves. » déclara l’arme avec lenteur, Kéran posant son regard sur sa Stalgamin. BIEN SÛR ! ELLE ! Elle pouvait facilement régler ce problème !

« SARENE ! Fais tomber la grêle sur le terrain ! »

La Stalgamin s’exécuta, c’était rare que le jeune homme donne des ordres alors autant lui obéir ! Le ciel se retrouva de nuages encore plus imposants que ceux habituels, une fine pluie s’abattant sur le terrain avant que la pluie ne devienne des petits morceaux de glace. Aussitôt Kéran s’était mis à regarder les Absols. Aucun ne bougeait, aucun ne semblait souffrir de la grêle. Il semblait avoir compris le stratagème.

« Bonne idée … si cette grêle me blessait, tu aurais pu deviner où je suis. »

Mais ce n’était pas pour autant qu’il ne pouvait pas le trouver ! ET OUI ! Les reflets … n’étaient que des reflets ! Ca voulait donc dire que la grêle passait à travers les corps comme si de rien n’était ! Quoi de mieux qu’une attaque de zone pour trouver le véritable Absol. Kéran se tourna vers la droite, posant son regard sur un Absol avant de courir et de crier.

« Bien … Très bien même. » reprit Zénark, nullement inquiet par Kéran qui fonçait vers lui alors que les reflets disparaissaient les uns après les autres pour ne laisser que l’original.

Il n’était pas … sur ses gardes ? Il ne semblait pas le craindre ? Pour qui est-ce qu’il le prenait ? Pour un débutant ? Ca n’allait pas se passer comme ça ! Il chargea avec vivacité l’Absol, celui-ci restant de marbre. Puis soudainement, Swar cria :

« Roule sur le côté et vite ! »

Son corps vint lui obéir, le jeune homme roulant juste au bon moment avant qu’une nouvelle lame noire ne vienne trancher tout ce qui se trouvait sur son passage. C’est-à-dire des ruines … des ruines … et des arbres. Mais la puissance avait doublée voir triplée ! Et la taille aussi ! Heureusement qu’il s’était mis à rouler.

« Swar, je suis vraiment plus rassuré là. Je dois te l’avouer. Je ne peux pas l’atteindre car il m’attaque à distance. Qu’est-ce que je suis sensé faire ? »

« Être plus rapide que lui … Et profiter de tes esquives pour t’avancer au fur et à mesure. Tu en es capable, Kéran. Crois en toi. »

« Je me sens un peu patraque. Je crois que … j’ai un peu peur. »

Mais en même temps, la voix de Swar arrivait à le rassurer. Pourquoi ? Il ne savait pas. Mais que Swar lui donne des conseils et le rassure, c’était quelque chose, n’est-ce pas ? Comme si cela faisait depuis longtemps qu’elle disait ça.

Rassurante … Elle devait se montrer rassurante mais comment faire ça ? Alors qu’elle-même ne l’était pas. Elle ne l’était pas du tout et tout cela semblait inexplicable. En même temps, maintenant que Kéran avait arrêté son attaque, l’Absol s’était remis à danser. A danser encore une fois … Sa puissance allait être impossible à arrêter. Peut-être que c’était déjà le cas maintenant. Cela voulait tout dire. Oui … Tout dire oui …

« Kéran, ne fais pas d’imbécilités. Reste concentré sur le combat, uniquement sur le combat. Tes pokémons ne sont pas stupides. Comme avec Lorno, ils peuvent se téléporter et téléporter les autres si cela s’avère trop dangereux. Concentre-toi … et ne quitte pas des yeux une seule fois Zénark, d’accord ? Est-ce bien compris ? »

« Oui … Oui … Swar. Je reste concentré, vraiment concentré. »

Mais il aimait entendre sa voix … Ca lui permettait de réduire la boule qu’il avait dans l’estomac rien qu’à l’idée de se prendre une seule attaque de la part de Zénark. D’ailleurs,

celui-ci posa brièvement son regard sur Katérina, ses yeux devenant roses un court instant.

La pauvre jeune femme qui ne faisait aucun mouvement fut encore propulsée en arrière mais cette fois-ci, elle explosait de rage. Elle semblait même fulminer, une aura noire se formant autour de son corps avant qu’elle n’hurler :

« PUTAIN ! JE VAIS TE BUTER SALE BÂTARD ! »

« KATERINA ! NON ! Zénark ! Elle ne fera rien si tu ne l’attaques pas ! S’il te plaît ! »

« Depuis quand demande-t-on un service à son ennemi ? » rétorqua l’Absol en fixant le regard du jeune homme avec le sien.

C’est vrai. Il marquait un point mais ce n’était pas le moment de perdre sa concentration. Il sentait que Swar était aussi inquiet que lui. Il savait que la femme spectrale faisait tout pour le rassurer et lui donner confiance. Même s’il n’avait pas été encore blessé, on pouvait en dire autant de son adversaire. Les deux combattants étaient indemnes.

« Mais ça ne va pas tarder à changer ! » hurla Kéran en recommençant à courir vers son adversaire. C’était dans ces moments-là qu’il se disait que c’était dommage de ne pas avoir de pouvoirs comme Loa ou alors une arme à distance comme une arbalète ou un arc.

C’est vrai quoi. Il arrivait à la hauteur de l’Absol, celui-ci semblant avoir un sourire au niveau de sa gueule. IL MAGOUILLAIT QUELQUE CHOSE ! Il fit un saut en arrière alors que Zénark restait parfaitement immobile. Il fit un petit pas, Kéran faisant de même mais à reculons. Il avait peur ? Tellement peur, hein ?

« Pourquoi t’inquiètes-tu de mes coups ? Tes armes sont assez résistantes, n’est-ce pas ? »

… … … Il se rappelait que la majorité des pokémons spectres et ténébreux qui possédaient une arme … Si cette dernière était brisée, généralement, la créature à l’intérieur avait peu de chances de s’en tirer, très peu même.

« Kéran, tu n’as pas à t’en faire pour moi. Cette épée ne se brisera pas. Tu es capable de parer ses coups, tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. »

« Mais si l’épée se casse, Swar, tu risques de … »

« Je te promets qu’elle ne se brisera pas, Kéran. » murmura doucement la voix dans l’arme.

Mais non ! NON ET NON ! Il ne pouvait pas ! IL NE POUVAIT PAS ! Ou alors, il faisait confiance à Swar. Il devait lui faire confiance. Elle ne l’avait jamais trahi depuis le début hein ? Zénark avait sa corne qui brillait d’une aura noire, disant :

« Voyons voir si tu es capable de parer cette attaque, Kéran. »

Ou alors, il pouvait l’esquiver non ? Non … Il sentait qu’il ne pouvait pas. La déferlante de pouvoir et la précision de cette attaque … capable de trancher le ciel et la nuit … Il en était sûr et certain. Il devait parer. Il devait avoir confiance en Swar. La corne vint s’abattre, une longue lame ténébreuse faisant de même, semblant faire plusieurs mètres de longueur. Il devait faire confiance à Swar pour parer avec l’épée. Il devait lui faire confiance … Il demandait à ses pokémons de ne rien faire pour qu’ils ne soient pas en danger tout en se préparant à parer l’attaque de l’Absol.

« NON ! KERAN ! NON ! » hurla Swar alors que le jeune homme avait décidé de parer uniquement avec la seconde épée, celui-ci criant en même temps :

« Je ne veux pas que tu sois brisée, Swar ! »

Il ne voulait pas ! Alors, il allait profiter d’avoir paré avec la seconde épée pour planter celle contenant Swar dans le corps de l’Absol ! C’était ça qu’il comptait faire ! Sauf que ce n’était pas du tout ce qu’il avait prévu, loin de là même. La seconde épée se fissura avant de se briser sous la puissance de la lame ténébreuse, lame qui continua son chemin jusqu’à l’épaule droite de Kéran. Epaule dont la peau se déchira d’abord … puis la chair … la chair qui s’ouvrit peu à peu pour laisser place à l’intérieur du corps de Kéran. Une plaie qui s’allongeait de plus, s’arrêtant à quelques centimètres au-dessus de la hanche droite de Kéran. Si elle avait continué, le jeune homme aurait perdu une partie de son corps mais les dégâts étaient là, bien présents et surtout mortels.

« Je … L’épée … Je … » bredouilla Kéran, hoquetant en crachant du sang alors qu’il lâchait l’épée contenant Swar au sol, ses yeux bleus se posant sur ses entrailles. Il pouvait voir l’intérieur de son corps, c’était horrible, tout simplement horrible.

« C’était une épée de bonne qualité visiblement. Normalement, mon attaque aurait dû terminer son travail. Mais bon … Cela ne va pas m’empêcher de t’attaquer une seconde fois et … » dit Zénark avant d’être stoppé, son corps se retrouvant repoussé sur quelques mètres en arrière par les pouvoirs de Lala. Déjà, Katérina s’était mise à courir vers Kéran, Loa derrière elle alors que Lili était à la hauteur de Kéran. Celui-ci était immobile, clignant des yeux plusieurs fois de suite alors que des flots de sang s’écoulaient de l’ouverture de son corps, aspergeant la Kirlia qui était plus qu’inquiète, criant son propre nom pour que Kéran lui réponde. Pourtant, le jeune homme n’en fit rien, s’écroulant en arrière, les yeux vitreux.

« Je ne voulais pas que ça se reproduise … Je ne voulais pas … Maintenant, il n’est plus question de me cacher … Je ne peux plus. »

La voix de Swar était encore présente, l’Absol commençant à sursauter sur le moment. Cette voix … Il la reconnaissait maintenant. Maintenant qu’elle ne provenait plus de l’arme, il pouvait bien lui mettre un nom dessus. Mais pourquoi ? Comment ? Est-ce que c’était vraiment elle ? Ça ne changeait rien à ses plans … Il devait toujours tuer ces trois personnes mais en même temps, si elle était là, ça se compliquait grandement.

« Kéran … Pardon de t’avoir menti depuis le début … et depuis tellement de temps … Mais je voulais juste que tu vives comme un être normal. Je me suis trompée de nombreuses fois, de très nombreuses fois. Comme je te l’ai souvent dit, on ne peut jamais revenir en arrière. Jamais … Pardon … Kéran. »

La voix de Swar était douce, tellement douce malgré le fait qu’elle provenait d’une créature ténébreuse. Le jeune homme restait couché au sol, Loa et Katérina étant arrivé à sa hauteur pour tenter de le réanimer mais de le soigner mais une telle chose était inconcevable. Inimaginable même. Une telle blessure ne pouvait pas être soignée par des moyens normaux. Il n’y avait qu’une seule chose à faire dans un tel cas mais … était-ce réalisable ?

Chapitre 121 : Revanche

Chapitre 121 : Revanche

« Ca fait toute une journée. Cette nuit, Katérina m’a tourné le dos et m’a interdit de m’approcher d’elle. Ce n’est pas comme si nous étions si proches l’un de l’autre au point d’être considérés comme … deux personnes qui … »

Il avait du mal à terminer sa phrase mais Loa hocha la tête positivement, lui signalant par là qu’elle comprenait parfaitement ce qu’il voulait dire. Le jeune homme semblait dubitatif et inquiet, regardant Swar tout en reprenant la parole :

« Et mon épée qui ne m’adresse plus la parole. Soit je l’ai beaucoup trop fatiguée et ça me fait plus de mal qu’autre chose … soit elle me fait la tête aussi. Loa ! Tu sais exactement ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? Alors, dis-le-moi s’il te plaît ! Ne me fait pas poireauter comme ça alors que tu connais la vérité ! S’il te plaît, Loa ! »

« Kéran … Si tu connais bien les Doctes, tu sauras ce que je veux dire. A toi de deviner un peu ce qui te rapproche des spectres et des créatures ténébreuses. »

« Ce qui me rapproche ? Je ne sais pas … pas du tout même. »

Mais là, maintenant qu’elle lui disait ça, il avait envie d’y réfléchir plus longuement. Il vint sortir l’une de ses noigrumes, appelant la Stalgamin. Cela faisait longtemps aussi qu’il ne les sortait plus, sauf pour manger. Les pauvres devaient être plus qu’attristés. D’ailleurs, lorsqu’il sortit les trois autres pokémons, il eut le droit à un petit coup de poing dans le ventre de la part de Lili. Comme quoi, ça, il l’avait parfaitement mérité, il le savait.

« Désolé, Lili, désolé … Je ne voulais pas vous empêcher de sortir mais c’est un terrain … »

« Kirlia ! Kir, Kirlia ! KIR ! » s’écria la Kirlia à la chevelure bleue.

De l’autre côté, la Mesmerella semblait plus préoccupée par le pokémon qu’elle aimait, restant aux côtés de ce dernier. Quant à la Stalgamin ? Il l’avait tout simplement soulevée, la fixant longuement comme pour voir quelque chose.

« Et toi ? Quand est-ce que tu vas te mettre à me parler, n’est-ce pas ? C’est ce que j’attends depuis le début, tu le sais ? Si seulement tu étais capable de parler. »

« Stalga ? » demanda la pokémon, penchant son corps en avant.

Pfff … Qu’il était bête de penser comme ça. Comme si sa pokémon pouvait réellement parler. Peut-être plus tard, en tant que … En tant que quoi ? Il ne savait pas en quoi elle allait évoluer mais il savait juste qu’elle deviendrait un spectre. Donc qu’elle était une créature qui allait parler, c’était ça le plus important.

« Kirlia ! Kirlia ! » s’écria la créature à la corne orange avant de se téléporter pour se retrouver serrée contre l’autre bras de Kéran.

« Hey, hey, hey … On ne pousse pas, d’accord ? Je tiens à le signaler maintenant. » déclara le jeune homme, un grand sourire tendre aux lèvres. Il n’avait pas envie de dispute.

C’était quand même bizarre de se sentir aussi bien grâce à ses pokémons. Au moins, dans un sens, il pouvait discuter avec elles et c’était le plus important. Il pensait à elles car il ne s’occupait pas de Lorno. Celui-ci était tout simplement accaparé par la Mesmerella.

« Au moins, ils vivent leur amour. Et toi, Lili ? »

Elle quoi ? La Kirlia le regardait avec interrogation, le fixant de ses yeux orange alors qu’elle attendait la suite des paroles de Kéran, chose qui ne tarda pas à venir.

« Tu me présentes quand ton petit ami hein ? Il faudra quand même que je le surveille quoi. Tu n’es plus une petite fille non plus, n’est-ce pas ? »

« Kirlia ! Kir, Kirlia, Kir ! » répondit la créature avant de passer ses petits bras autour du cou de Kéran, frottant sa joue contre la sienne.


Il devrait prendre ça comme un « je m’en fiche des autres pokémons » ? Et qu’elle voulait tout simplement qu’il s’occupe d’elle ? Il avait vraiment délaissé ses pokémons. Quel idiot … Il aurait quand même dû y faire plus attention. Il avait été stupide sur ce coup, très stupide même. La jeune femme aux cheveux verts avait un sourire aux lèvres, murmurant :

« On dirait bien que tu lui manquais terriblement, Kéran. »

« C’est entièrement de ma faute. Je les ai délaissés et ignorés pendant pas mal de temps. A part pour les nourrir et encore … Ils ont besoin de sortir. Même si ce n’est pas trop conseillé car nous sommes en terrain plus que dangereux mais bon … »

« Laisse-les donc dehors. S’il y a un problème, tu les rappelleras, voilà tout. » déclara la jeune femme aux cheveux verts, haussant les épaules.

« Hum … Et même si ce sont des pokémons psychiques, elles ne sont pas terrifiantes, loin de là, n’est-ce pas ? » dit Harno, se présentant à la Mesmerella et à Lorno. Tiens, d’ailleurs, Kéran remarquait que leurs noms n’étaient pas si différents que ça.

« Mesme … » murmura Lala, un peu inquiète en voyant un pokémon spectre devant elle. Lorno se plaça devant elle, faisant barrage de son corps.

« Je comprends … Je dois leur être effrayant. Il faut dire que les nombreux pokémons affrontés étaient du même genre que moi. Quoi de moins rassurant, n’est-ce pas ? »

« Pardon, Harno. Elles doivent s’habituer à ta présence. Même si je pense que Sarène n’a pas vraiment peur de toi, surtout si elle doit devenir comme toi bientôt. »

« Bientôt ? Je ne sais pas … Mais il se peut qu’un moment, elle prenne son apparence spectrale, il est vrai. Ou alors, elle peut tout simplement évoluer autrement, comme les Stalgamins mâles qui ne peuvent pas devenir des Momartiks. »

Momartik ? C’était donc en ça que Sarène allait évoluer ? Tiens donc … Il se demandait à quoi est-ce qu’elle allait ressembler. Ce n’était pas vraiment sa pensée du moment donc il avait vraiment du mal à se l’imaginer. Mais bon, il y avait peu de chances qu’elle ait une apparence humaine comme Swar de toute façon.

« Ce n’est pas bien important pour l’instant. N’est-ce pas Sarène ? »

« Stalga ? » demanda la Stalgamin. Il se parlait encore tout seul mais il s’adressait en même temps à ses pokémons. Autant dire que ce n’était pas simple de le suivre, très loin même d’être simple. La femme aux cheveux argentés passa à côté de lui, l’ignorant superbement avant que Kéran ne pousse un profond soupir.

« Kirlia ? » dit Lili, regardant Katérina avant de voir Kéran. Euh … Ca n’allait pas bien entre tous les deux ? Ca ne lui plaisait que moyennement ! Surtout quand elle arrivait à lire dans le cœur des deux personnes !

Elle se retrouva subitement dans les bras de Katérina, celle-ci clignant des yeux plusieurs fois de suite pour être sûre d’avoir bien vue ce qu’elle voyait. Qu’est-ce que … la Kirlia de Kéran faisait dans ses bras ? Elle dit d’une voix un peu énervée :

« Kéran, ta mioche aux cheveux bleus s’est téléportée dans mes bras ! »

Elle se tourna vers le jeune homme, s’approchant de lui à toute vitesse. Elle était déjà prête à lui balancer sa pokémon en plein visage mais lorsqu’elle fut à sa hauteur, les yeux orange de Lili devinrent roses, Katérina trébuchant en poussant un cri de surprise. La Stalgamin disparut, Kéran réceptionnant Katérina pour qu’elle ne se casse pas la figure.

« Putain ! Ta Kirlia a utilisé ses pouvoirs ! Je vais lui faire payer ça ! » grogna Katérina, restant néanmoins quelques instants dans les bras de Kéran.

« Vous étiez donc ici … Tant mieux, je n’aurai alors pas de temps à perdre à vous rechercher n’importe où. La récréation est terminée. »

Hum ? Hein ? Katérina regarda derrière Kéran, le faisant tomber au sol avant qu’une lame ténébreuse ne passe au-dessus d’eux, terminant sa course en direction d’une ruine qu’elle trancha avec facilité.

« Putain ! Si j’attrape le petit con qui a fait ça  … Il va le regretter toute sa vie ! »

« Ce n’est pas toi qui m’intéresse. Disparais de ma vue. » reprit la même voix masculine et neutre alors que Katérina se retrouvait projetée sur le côté par une force invisible.

Qu’est-ce que … Où est-ce qu’il était ? Kéran se redressa, courant vers Katérina pour voir comment elle allait. La jeune femme aux cheveux argentés était à moitié sonnée, cherchant à reprendre ses esprits alors que Loa demandait déjà à son Mélancolux de venir la pénétrer pour qu’elle puisse utiliser ses pouvoirs.

« Présente-toi au lieu de te cacher ! » déclara Kéran.

« Je ne comptais pas reste derrière la scène bien longtemps. » termina de dire la voix avant que l’Absol ne se présente en face de tout le monde, juché au sommet d’une ruine. « Je m’appelle Zénark. Peut-être ne te rappelles-tu plus de moi mais je suis celui dont tu as réussi à battre le clone précédemment. Depuis, j’ai décidé de partir à ta recherche pour t’éliminer. C’est aussi simple que cela, n’est-ce pas ? »

« Et tu ne possèdes pas de corps humain ? Comme tes comparses ? »

Kéran avait déjà sorti ses deux épées. Contre cette créature, il valait mieux faire attention, très attention même. Mais bon, rien n’était moins sûr. L’Absol fit un sourire de dédain avant de reprendre la parole sur un ton un peu irrité :

« Je ne me salirais pas à posséder un humain. Vous n’en valez pas la peine … mais tu es une plaie encore plus grande que les autres. C’est pourquoi je veux me débarrasser de toi. »

« Comme tant d’autres mais tu sais que je ne serais pas prêt de me laisser faire ? J’espère que tu t’y attendais quand même un peu. »

« PUTAIN ! JE VAIS ME LE FAIRE ET … » commença à dire Katérina avant que Kéran ne mette sa main devant elle pour l’arrêter.

« C’est moi qu’il veut affronter. Loa … Tu ne t’en occupe pas non plus. Je ne veux pas que vous vous mêliez de tout ça. Ca me concerne … et je suis le seul que ça concerne justement. »

« Ah ouais ? Dans tes rêves mon grand ! Tu crois que c’est parce qu’il veut ta mort que je vais rester là sans rien faire ? Juste pour que tu puisses jouer les gros bras en croyant que tu peux t’en débarrasser tout seul ? Te fout pas de ma gueule ! »

« Elle est fatigante, cette femme. »

L’Absol disait clairement ce que beaucoup pouvaient penser en côtoyant Katérina. Les yeux de la créature devinrent roses, Kéran semblant étonné. Des pouvoirs psychiques ? Encore ? Qu’est-ce que … ça voulait dire ? Pourtant, rien n’arriva. Du moins, c’est ce qu’il croyait car soudainement, Katérina fut repoussée en arrière une nouvelle fois.

« Qu’elle ne vienne pas me déranger. Je vous tuerai ensuite si je vois que vous êtes un peu trop dérangeant. Mais pour le moment, seul lui m’intéresse…Tes pokémons pourront t’aider, Kéran, si tu le désires. »

« Je ne le désire pas vraiment … Je n’ai pas très envie qu’elles soient blessées. Et il en est de même pour Lorno. Mais je crois qu’il y en a une qui ne va pas m’écouter. »

Il disait cela en regardant la Kirlia qui ne semblait pas inquiète par les petites démonstrations de puissance de la part de l’Absol. Il lui en fallait bien plus pour réussir à impressionner la créature en tutu blanc. Et visiblement, il en était de même pour la Mesmerella et son amant ainsi que la Stalgamin.

« Je ne te demanderai pas de ne pas leur faire de mal. Ca serait stupide … Vraiment stupide même mais bon … On peut toujours rêver. »

« Si ils se mettent en travers de mon chemin, ce qui sera le cas, je n’hésiterai pas à les tuer, comme tous les autres. Maintenant que cette femme s’est calmée et que l’autre ne semble pas vouloir réagir, nous pouvons commencer. » termina de dire l’Absol, sautant des ruines pour atterrir au sol et fixer longuement Kéran.

Devait-elle agir ? Devait-elle rester de marbre ? Elle était anxieuse. C’était la première fois depuis longtemps qu’elle l’était. Cachée, elle restait inactive devant la scène qui se déroulait devant ses yeux. Kéran allait combattre un nouveau spectre … enfin, une créature ténébreuse, une nouvelle fois. Il allait avoir besoin de son aide, pour ne pas changer.

Mais … Elle ne savait pas … Est-ce qu’il fallait vraiment qu’elle l’aide ? Est-ce que cela était réellement nécessaire ? Est-ce que c’était une nécessité ? Elle ne savait pas. Depuis qu’elle s’était emportée à cause des paroles de Loa, elle était troublée et inquiète. Elle ne savait pas … Elle ne savait pas du tout quoi faire.
« Comment réagir ? Comment agir ? Cet Absol n’est pas n’importe quelle créature ténébreuse. Il est dangereux, très dangereux. Si je n’aide pas Kéran, il se pourrait que … »

Non, cela était tout simplement impossible qu’il se retrouve blessé ou salement touché. Elle ne laisserait jamais ça. Elle ne le laisserait pas faire. Elle devait aider Kéran. Malgré tout ce qui se passait, malgré tout ça, elle ne pouvait pas le laisser seul.

« Kéran … Tu peux compter sur moi. » dit-elle finalement, Kéran posant son regard sur son épée, une aura noire en sortant alors que le jeune homme souriait.

« ENFIN ! J’avais peur que tu m’abandonnes au mauvais moment ! »

« Nous sommes liés, Kéran. Je ne peux pas me passer de toi. »

« Et c’est réciproque. » déclara Kéran tout en rigolant à moitié. C’était des paroles plutôt étonnantes de la part de Swar mais ça lui faisait chaud au cœur.

Il demanda à ses pokémons de reculer mais les quatre voulaient livrer bataille. Il regarda Loa, hochant la tête alors la Docte se dirigeait vers Katérina qui était encore plus secouée qu’auparavant. Il fallait dire que percuter des ruines, les unes après les autres, ce n’était pas forcément très bon pour le corps.

« Liés … Cela semble être vraiment le cas. »

L’Absol avait regardé l’arme puis Kéran puis à nouveau l’arme. Quelque chose clochait entre l’être dans l’arme et Kéran. Mais … Il ne voyait pas encore quoi. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il allait le découvrir en combattant le jeune homme.

« Je te conseille de te mettre en garde et d’espérer que tes armes pourront supporter le poids de mes attaques sans se briser. Cela vaut mieux si tu comptes vivre encore longtemps … dans l’éventualité où tu serais capable de me battre. »

« Ce genre d’éventualités, je fais tout pour qu’elles deviennent des réalités ! » répondit au tac-à-tac le jeune homme tout en gardant son sourire.

Elle avait peut-être imaginé ces choses ? Oui, elle s’était inquiétée pour rien. Kéran semblait en parfaite santé et en pleine forme mentale. Il suffisait de voir comment il venait de parler pour comprendre qu’il allait bien. Tant mieux … Oui … C’était tant mieux pour lui. Maintenant, il suffisait juste qu’elle l’aide à combattre cet Absol et ses craintes disparaîtraient totalement … jusqu’au prochain spectre ou pokémon ténébreux plus puissant.

Chapitre 120 : Être proche d’un monstre

Chapitre 120 : Être proche d’un monstre

« M’énerve, ça m’énerve plus que tous ces conneries ! Ça m’énerve ! »

La jeune femme aux cheveux argentés semblait en colère, une chose incompréhensible pour Kéran qui ne comprenait pas son souci. Il fallait dire que Loa comme Katérina l’avaient réveillé mais entre-temps, il ne s’était rien passé et dit. Bizarre, franchement bizarre. Mais bon, ni l’une, ni l’autre ne voulait lui en parler. Il y avait juste Loa qui lui souriait, regardant l’épée puis le jeune homme. Swar avait fait quelque chose de spécial ? Enfin, la dernière chose dont il se rappelait, c’est qu’il avait quand même pris position sur les genoux de métal de Swar. Ce n’était pas n’importe quoi non plus. Est-ce que Katérina serait … non ? Quand même pas. La jeune femme ne pouvait pas l’être, ce n’était pas dans son caractère.

« Je pense surement à des imbécilités là. Comme si elle pouvait être jalouse. » murmura le jeune homme, Katérina sursautant aussitôt, lançant un regard rageur vers lui. Il n’était quand même pas en train de parler d’elle hein ? Car si c’était le cas, ça allait chier ! ET SALEMENT MÊME ! Alors qu’il la ferme ! ALORS QU’IL LA BOUCLE !

« Kéran, je te déconseille de continuer au cas où. Il semblerait que quelqu’un t’en veuille beaucoup même s’il y a peu de chances que tu comprennes pourquoi. »

« Et ça ne vous gêne pas que je ne comprenne pas ? » dit le jeune homme se tournant vers Loa qui lui avait adressé la parole. « J’aimerai quand même au cas où, que l’on me dise ce qui se passe. Swar a fait quelque chose de bizarre ? »

« Hum … Auparavant, est-ce que tu sais ce qui s’est passé ou non ? » demanda Loa.

« Je me suis reposé sur les jambes de Swar car je me sentais subitement mal. Je voulais discuter avec elle pour en apprendre plus sur ce monde. A part le fait que les dragons ont failli disparaître et que deux personnes sont nées en même temps qu’elle ou dans les environs, elle ne m’a rien dit de plus et ensuite … C’est quoi ce regard ? »

Il disait cela en voyant les yeux dorés qui fixaient Kéran. Katérina s’approcha de lui, commençant à le prendre par le col avant de le soulever à moitié. Elle faisait quoi là ? Elle voulait vraiment lui faire du mal ou quoi ? Il bredouilla :

« Oui ? Katérina, est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? »

« Si t’as tellement envie de fricoter avec les autres, t’as qu’à le dire. Surtout avec une spectre qui n’a pas de réelle apparence physique. Tsss … »

« Je ne fais pas ça ! Tu le sais parfaitement alors pourquoi est-ce que tu continues à dire ça hein ? Tu sais parfaitement que ce n’est pas mon genre ! »

« La ferme, cloporte ! Je crois uniquement ce que je vois et ça n’avait pas l’air de te dégoûter d’être avec une pokémon ténébreuse hein ? C’est bien ce que je disais, tu fricotes avec ! »

« Mais arrête de raconter n’importe quoi, tu es fatigante ! » s’écria le jeune homme, repoussant la main de Katérina pour qu’elle le lâche. Il le pensait différemment ! Et surtout … Surtout, il y avait quelque chose de déplaisant dans les paroles de Katérina. « Les spectres ne sont pas tous mauvais. Il en est de même pour les pokémons ténébreux, Katérina. »

« Ouais, ouais, bien sûr, tu diras ça à ma bite offerte généreusement par Dumasch. Je suis sûre que c’était parce qu’il était sympa. »

« Tu sais parfaitement que ce n’est pas de ça dont je veux parler ! De toute façon, pour avoir une discussion avec toi, il faut se lever de bonne heure ! »

Lui aussi semblait se mettre en colère, en voulant à Katérina de se comporter comme une enfant alors qu’il n’avait rien du tout à se reprocher. La jeune femme détourna la tête avec colère, Kéran n’y prêtant plus attention avant de reprendre :

« Loa, nous ne devrions plus être très loin des ruines non ? Enfin, d’un autre monceau de ruines, je pense. Est-ce que tu peux me dire ce que tu as appris de bien dans les livres d’hier ? Si tu as réussi à les lire, bien entendu. »

« Rien de bien important si tu veux tout savoir. Du moins, ces livres sont vraiment très compliqués et ça parlait … de mécanique et d’objets en métal qui ensemble, formaient des machines impressionnantes et complexes. Je t’avoue que je n’ai pas tout compris. »

« Alors, pourquoi est-ce que tu as lu ça ? » demanda le jeune homme alors qu’elle rigolait, déclarant qu’elle trouvait cela drôle en soi. Drôle ? Elle avait justement de drôle de façon de s’amuser visiblement. Il haussa les épaules, se mettant à marcher aux côtés de Loa, regardant si Katérina allait lui faire la tête encore longtemps. Ce n’était pas son problème.

Ailleurs, une jeune femme aux cheveux bleus était assise sur une chaise. Elle était là, la tête baissée alors qu’elle se trouvait dans sa chambre. Elle semblait avoir du mal à se contrôler, plusieurs coups se faisant entendre à la porte.

« Sélia ? C’est Elian. Est-ce que je peux rentrer ? Nous devons parler tous les deux. »

« Faites comme vous le voulez, chef. » déclara la jeune femme aux cheveux bleus, ne bougeant pas d’un pli alors que la porte s’ouvrait, laissant place à Elian.

« Que tu m’appelles Chef montre bien que tu ne vas pas très bien et que tu n’es pas dans ton état normal, Sélia. On m’a expliqué ce qui s’est passé. »

« Alors, je n’ai rien à vous expliquer, n’est-ce pas ? Alors, que me voulez-vous ? »

« Pourquoi me parles-tu ainsi ? Je ne te demanderai pas plus d’explications, je veux juste que tu me confirmes que Ranor est ton père. »

« C’est le cas …Et qu’est-ce que cela change ? »

« Pas grand-chose. Néanmoins, est-ce que tu comptais me mettre au courant un jour ou non ? » questionna une nouvelle fois l’homme.

« Mon père est mort à mes yeux. Je veux sa tête. Je n’ai pas besoin de parler de ma famille si je considère qu’elle n’existe plus à mes yeux. »

« Soit … Je voulais juste mettre les choses au clair. J’ai eu ma réponse. Je vais donc te laisser … mais il va falloir que tu te reposes mentalement et que tu ne laisses plus tes sentiments prendre le dessus. Cela peut influencer et en mal l’issue d’un combat. »

« Je ne l’oublierai pas. Ne vous en faites pas. Est-ce que je peux rester seule et tranquille ? »

« Aucun problème, je vais te laisser seule si tu as besoin de te reposer. » déclara le chef de la Sainte Alliance avant de quitter la pièce.

Lorsqu’il ne fut plus là, elle ferma la porte à clé, regardant autour d’elle. Assez, elle en avait assez. Pourquoi est-ce qu’il avait fallu qu’elle voie son père maintenant ? Elle était énervée, plus qu’énervée mais elle se contrôlait maintenant. Sur le moment, après toutes ces années, elle avait réagi impulsivement.

« Tu devrais écouter les paroles de cet homme, Sélia. »

« Ne t’avise pas de prendre la parole lorsque je ne t’en donne pas l’autorisation. Est-ce bien compris ? Je ne veux surtout plus rien à voir avec toi ! »

« Pourtant, nous devrions travailler en coopération, que tu le désires ou non. »

La voix dans la dague … Elle ne l’appréciait pas ! Qu’importe ce qu’elle disait ! Qu’importe ce qu’elle proposait ! Elle ne voulait pas … Ah … Ah … Elle devait garder son calme. Cette rage en elle, ce n’était pas envers la dague, pas du tout même.

« Ne me parle plus, est-ce bien compris ? Je n’ai plus envie de bavarder avec toi. »

« Après tout ce temps passé ensemble, je ne t’ai même pas donné mon nom, n’est-ce pas ? Si je te donnais mon véritable prénom, peut-être qu’alors tu me ferais un peu plus confiance. »

« Véritable prénom ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » dit la jeune femme, un peu étonnée par les propos de l’arme possédée.

« Que pensais-tu réellement ? Que les spectres donnaient leurs véritables noms aux personnes qu’ils possèdent ? Cela serait stupide, particulièrement stupide. »

« Et pourquoi ça ? Où donc ? Je n’arrive pas à voir le souci de mon côté. »

« Si ces spectres étaient des personnes importantes du passé, peut-être alors que les personnes qui sont près de ces spectres les verront sous un autre jour ? Mais bon, je peux te donner mon nom, hahaha. Je m’appelle Hyathéna, enchantée de te rencontrer. »

« Enchantée, oui, oui … On va dire moi de même. Je m’appelle Sélia. » répondit la jeune femme avec une pointe d’ironie dans la voix.

Hum ? Donc, elle s’appelle Hyathéna ? Et malgré ce qu’elle venait de dire, elle allait quand même chercher son nom au cas où. Elle semblait avoir dit la vérité au sujet de ce dernier. Donc, peut-être que cette fameuse importance était visible quelque part ? Dans un livre ? Elle allait quand même devoir se renseigner au cas où.

« La mère de Kéran … La mère de Kéran. »

Elle marmonnait cela dans sa barbe, s’étant éloignée un peu des deux autres personnes. Ce que Loa avait dit … Cela commençait à la tracasser mais en même temps …

« Tu devrais plutôt être heureuse, n’est-ce pas ? Héhéhé … Si Swar est bien sa mère, cela voudrait dire que tu as la voie libre. »

« La voie libre pour ? Qu’est-ce que tu racontes n’importe quoi encore toi ? Hein ? Arrête de dire n’importe quoi ! Y a pas de voie libre ou autre ! J’en ai vraiment rien à battre de ce con ! Alors, tu te la fermes et … »

« Ah bon ? Pourtant, n’était-ce pas de la jalousie que j’ai cru voir lorsque Swar avait Kéran sur ses genoux, n’est-ce pas ? »

Elle ne répondit pas, ne faisant que serrer les dents tout en regardant l’épée contenant Swar autour de la hanche de Kéran. Cette épée … Cette créature qui avait une forme humaine. Elle la haïssait encore plus maintenant ! Comme si les spectres et les créatures ténébreuses étaient capables de se lier d’amitié avec les humains ! C’était juste une vaste blague !

« Loa va se faire posséder définitivement un jour ! C’est juste une question de temps ! »

« Encore à te voiler la face, pauvre fille … Tu n’es donc pas capable de voir la vérité, n’est-ce pas ? Tu es trop imbue de ta personne pour ça. »

« Et c’est Dumasch qui me fait la remarque ! Tu te foutrais pas un peu de ma gueule par hasard ? De toute façon, j’en ai rien à battre de ce que tu dis, comme ça, c’est clair. »

« Fais donc ta mauvaise tête, c’est comme ça que je l’apprécie, héhéhé. Quand tu es incapable de croire que tu te trompes. »

« Ta … gueule. C’est compréhensible ça ? »

Oh, très compréhensible même. Elle ne voulait pas croire que les spectres et les créatures ténébreuses pouvaient être bons, très bons même. Difficile donc de rester calme et posée, n’est-ce pas ? Mais lui-même n’avait pas envie de rire après ce qui s’était passé. Cette Swar … Cette femme était spéciale, très spéciale même.

« Loa … Puisque Katérina n’est pas là, est-ce que tu ne veux pas me dire plutôt … ce qui s’est passé ? Car elle me fait la tête depuis que je suis réveillé. Ce n’est pas à cause de Swar quand même hein ? Je ne sais pas … Je préfère te demander. »

« C’est bien à cause d’elle mais aussi de mes suppositions. Mais je pense que Swar est la seule qui pourrait te donner une réponse convaincante … si elle le désire. »

« Swar ? » questionna le jeune homme, attendant que l’épée lui réponde. Néanmoins, aucune réponse n’arriva de la part de l’arme. Kéran donna des petits coups de doigt dessus : « Swar ? Tu es là ? Tu pourrais me répondre s’il te plaît. Ou alors, toi aussi, tu me fais la tête pour une raison inconnue ? Pfff … Vraiment, les femmes. »

Swar lui faisait la gueule, Katérina lui faisait la gueule, il n’y avait que Loa qui ne lui faisait pas la tête et encore, il ne savait même pas la raison pour laquelle elle ne voulait pas lui donner plus d’explications à ce sujet. Bizarre, c’était vraiment bizarre.

Est-ce que Swar avait fait quelque chose ? Ou alors n’avait pas fait quelque chose justement ? Pourquoi est-ce que personne ne voulait lui parler ? A part Loa ? C’était assez éreintant et fatiguant à la longue. Il fit une petite moue dubitative avant d’accélérer le pas.

« Puisque personne ne veut m’expliquer ce qui se passe exactement, je préfère encore aller de l’avant et me débrouiller seul. Je prends de l’avance donc. »

« Hey, mais attends un petit peu quand même, Kéran. Ne fait pas ta mauvaise tête ! » s’écria Loa, partant à sa poursuite alors que le jeune homme s’était mis à courir. Vraiment … Swar l’avait quand même menacée à moitié de parler de ça à Kéran donc c’était pour ça qu’elle se taisait mais bon … Ca ne lui plaisait que moyennement de faire ça.

« Tu devrais courir derrière eux sinon, tu risques de les perdre de vue. »

« Boucle-là, toi, c’est compris ? Foutue épée de mes couilles, elle me fera chier jusqu’au bout. » déclara Katérina, néanmoins prête à suivre Kéran.

Purée … Pourquoi fallait-il que ça se passe toujours comme ça ? C’était pas possible d’avoir un truc plus calme et tranquille hein ? Et cette foutue épée ! C’était vraiment la mère de Kéran ? Pourquoi est-ce qu’elle serait devenue ainsi ? C’était un piège, elle le savait !

« Hum … Ils ne sont plus très loin. »

Dans la maison en piteuse état dans laquelle le trio avait dormi, la créature au pelage blanc parcourait les escaliers, reniflant brièvement après sa déclaration. Ils étaient proches, très proches même bien que ce n’était pas forcément une bonne chose.

« Ils s’attendent peut-être à ma visite. Si ces fichues créatures mécaniques … »

Non, ça ne servait à rien de s’emporter contre elles. Elles avaient fait leur travail même s’il aurait été préférable que Mékos fasse son boulot correctement. Ramasser des morceaux d’acier, les uns après les autres, sans même se poser de questions.

« Ils doivent bien lui servir à quelque chose. Déjà qu’il ne faisait qu’envoyer d’autres spectres lors des réunions, ce n’est pas normal. »

Il magouillait quelque chose et même s’ils étaient ennemis à la base car lui était une créature ténébreuse, il appréciait le fait de pouvoir se rendre dans la montagne de fer sans se faire agresser par d’autres créatures métalliques.

« Humpf … Accélérons le mouvement pour mettre la main sur cet homme. »

Et ensuite, le tuer, tout simplement. Cet homme qui avait réussi à battre son clone. Ce n’était pas rien … et c’était pour ça qu’il ne pouvait pas le laisser vivre plus longtemps. Ce genre de personne devait disparaître le plus vite possible avant de devenir trop puissante.

Chapitre 119 : Rejetés par tous

Chapitre 119 : Rejetés par tous

« Katérina, Loa, est-ce que ça vous dérange si j’avance seul ? »

« Pourquoi ? Qu’est-ce que tu veux foutre encore ? T’as intérêt à parler sinon, ça va mal … »

« Disons que c’est un peu personnel mais ce n’est pas forcément très important. En même temps, je préfère juste être seul pour quelques minutes. »

« Ouais, va donc te branler. » dit la jeune femme aux cheveux argentés tandis que Kéran rougissait. Malheureusement, ce n’était pas du tout ça. Loin de là … Il hocha la tête positivement, Loa remarquant ses yeux qui se dirigeaient vers son arme.

« Vas donc Kéran, rien ne presse de toute façon. Pendant ce temps, on va aller explorer les alentours. On se retrouvera là-bas dans une demi-heure, d’accord ? »

« Merci beaucoup, Loa. Ca ne prendra pas autant de temps, bien entendu. Enfin, je l’espère mais je ne sais pas du tout comment ça va se passer réellement en fait. Enfin bref … De toute façon, c’est une affaire personnelle. Merci beaucoup. » reprit le jeune homme avant de partir vers la droite, gravissant quelques ruines tandis que Katérina fronçait les sourcils en regardant le jeune homme. Elle avait croisé les bras au niveau de sa poitrine.

« Putain, ça a intérêt à ne pas être « important » comme il a dit ! Sinon, je crois que je vais le buter et salement même ! Il risquerait plus de pouvoir marcher pendant plusieurs jours ! »

« Katérina, puisque nous sommes entre filles, on peut parler toutes les deux non ? C’est quand même rare quand nous pouvons être toutes les deux. »

« T’essayerais quand même pas de faire copine-copine avec moi hein ? Car je te préviens, je suis pas de ce genre et je n’ai clairement pas envie de perdre mon temps à parler de tout et n’importe quoi ! T’es mise au courant maintenant, compris ? »

« Parfaitement compris mais viens, nous allons explorer les ruines avoisinantes ! »

La jeune femme aux cheveux argentés observa Loa. Pour qui elle se prenait ? Enfin bon … Ca ne pouvait pas être si mal que ça des fois … d’être considérée comme une femme normale. Et surtout, elle se demandait ce que ça pouvait être les discussions entre deux femmes. Ce n’était pas vraiment son genre mais bon …

« Au point où j’en suis, j’ai pas vraiment grand-chose à perdre de toute façon. »

« Hum ? Tu te parles toute seule ? Ou alors à Dumasch ? »

« Je ne parle à personne ! C’est clair pourtant ! » s’écria Katérina, déjà énervée pour une raison qu’elle ignorait elle-même. Kéran … était parti de son côté. Ca l’énervait ! Loa voulait faire copine avec elle. Ca l’énervait ça aussi ! Tout l’énervait pour un rien actuellement ! Peut-être qu’elle était dans sa période ? Non, sinon, elle le saurait quand même. Et puis, elle le saurait vraiment d’une façon plus que glauque ! C’était donc impossible que ça soit ça. Peut-être parce qu’elle était anxieuse ? Anxieuse car elle perdait des habitudes ? Ou alors autre chose ? Elle ne savait pas du tout, loin de là même.

« Swar ? Est-ce que tu peux prendre une forme humaine là ? Maintenant ? »

« Je pense que je le pourrai bien que cela ne soit pas forcément matériel. Pourquoi cette question ? Quelle idée as-tu en tête dans le fond ? »

« Est-ce que tu pourrais le faire pour moi, s’il te plaît ? » demanda Kéran une seconde fois. Il était insistant … beaucoup trop. Cela cachait quelque chose mais quoi.

« Soit … Cela a intérêt à être important. » répondit l’arme avant que l’aura ne disparaisse de celle-ci. Lorsqu’il sentit une main se poser sur son épaule, il se retourna pour apercevoir Swar, en chair et en os … et en spectre surement.

« Bonjour, Swar. Il faudrait vraiment que l’on se voie plus souvent, toi et moi. »

« Je te préviens que si cette tentative malhabile est fait pour me courtiser, tu risques de le regretter amèrement, est-ce bien compris, Kéran ? »

« Ah non non ! Je ne compte pas faire ça ! Tu sais très bien que je ne suis pas comme ça ! Enfin, je peux te dire clairement ce que je veux ? »

« Dis-le maintenant sans perdre de temps, Kéran. » répondit la jeune femme aux cheveux blancs, Kéran venant subitement prendre ses mains gantées de noir dans les siennes.

« Swar ! Je veux que tu me racontes exactement ce qui s’est passé dans le passé ! Non je veux dire, plus exactement … Enfin, Swar, si tu étais bien la petite fille d’avant … Enfin dans mes rêves, il y a un gros problème ! »

« Ah bon ? Et lequel ? » dit Swar, restant réticente aux propos du jeune homme.

« Si on considère que tu es morte à cause de cette … météorite, c’est ça le nom ? Enfin, si on considère que tu es morte à cause de cette chose enflammée, il y a un gros problème. Pourquoi est-ce que tu es sous la forme d’une femme ? Si tu ressembles exactement à celle de mes rêves, tu ne devrais pas ressembler à une femme mais à une petite fille. »

« … … … Cela est étonnant lorsque l’on te connait. »

Elle disait cela sans ironie alors que le jeune homme la regardait avec perplexité. Est-ce qu’il s’était trompé ? Il ne connaissait pas forcément le métabolisme des spectres et des créatures ténébreuses donc bon … Le gros souci, c’était quand même :

« Kéran, tu penses ainsi car j’ai une forme humaine. Cela est inconcevable pour toi alors que je suis une pokémon, n’est-ce pas ? Ce n’est pas difficile pourtant à comprendre … Cela veut tout simplement dire que ma puissance est telle que je peux … »

« Swar ! Ce n’est pas de ça dont je veux parler, tu le sais bien ! Je veux parler de toi ! Je veux savoir ce qui s’est passé ensuite ! Tu n’es pas morte à ce moment hein ? Tu n’es pas morte avec cette météorite ! Tu as survécu ! N’est-ce pas ? Alors, je veux … »

« Sans moi, Kéran. Je n’ai pas envie de parler de ça et je ne vois pas l’utilité de … »

Qu’est-ce que … Le jeune homme avait une main sur le front, gémissant de douleur alors qu’il posait un genou au sol. Il se sentait étrangement fatigué, très fatigué même. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il n’était pas … malade quand même ?

« … … … Visiblement, cela fait trop souvent, Kéran. »

« De quoi ? Qu’est-ce qui est trop souvent, Swar ? Je … Ah … Je pense que je dois m’asseoir un peu mais que tu ne disparais pas, hein ? »

« Je ne compte pas m’échapper. Pourquoi faut-il que cela arrive toujours à moi ? » soupira le femme aux allures de spectre en armure avant de récupérer le jeune homme. Elle vint s’asseoir, s’adossant à une ruine alors qu’elle tenait le jeune homme sur elle. Elle lui avait forcé à déposer la tête sur ses cuissardes.

Bizarre … C’était vraiment bizarre mais il se sentait bien mieux avec Swar à ses côtés. Non, sincèrement, c’était une sensation vraiment étonnante. Comme si Swar remplissait un manque inexplicable. Il était perplexe … mais il se sentait bien.

« Swar … Je veux vraiment mieux te connaître, tu sais ? Enfin bon … Tu n’es pas une méchante créature, loin de là même. C’est normal que je m’attache à toi, non ? »

« Tu ne devrais pas, je suis une créature ténébreuse. Je suis maléfique de nature. »

« Je ne tomberai pas dans ce piège grossier. Car bon, ma Stalgamin ne semble pas agressive non plus que je sache hein ? »

Elle ne répondit pas. D’après ce qu’elle avait compris, ils avaient une demi-heure avant d’aller retrouver Katérina et Loa, n’est-ce pas ? Alors, autant passer cette demi-heure à calmer le cœur du jeune homme qui semblait battre à deux cents à l’heure.

« Kéran, repose-toi sur moi en attendant que tu ailles mieux, ça ne devrait prendre guère peu de temps, tu n’as pas à t’en faire à ce sujet. »

« Pendant ce temps, raconte-moi ton histoire ! Ce qui s’est passé ensuite ! »

« Je ne vois guère de raison de te raconter tout ça, Kéran. Dors maintenant, je le veux. »

« Mais non ! Ca ne marche pas comme ça, Swar ! Je ne dors pas sur commande ! Et ça ne me répond pas à ma question ! Je veux savoir ! »

« Tu veux tellement savoir ? Tu le veux vraiment ? Alors je vais te le dire : des espèces entières de pokémon ont failli définitivement disparaître. Les dragons sont presque tous morts mais ils ont survécus … La météorite n’était que le début des problèmes. Enfin, deux personnes sont nées en même temps que moi. »

« Tu vas un peu trop vite, Swar ! Je ne sais même pas par où tu commences en fait ! »

« Alors, ne me pose plus de questions ! Voilà tout ! » dit-elle sur un ton irritée, fronçant les sourcils tout en appuyant sur le sommet du crâne de Kéran.

Aie, aie, aie ! Elle faisait un peu mal non ? Mais pourtant, il se laissait faire. Il la craignait bien moins par rapport à auparavant. Il ne savait pas pourquoi … Il était quand même si confiant par rapport à ses débuts. Swar était quelqu’un de bien, il le savait. Mais il y avait encore tellement de choses à connaître au sujet de la femme en armure noire. Tellement de choses dont elle ne voulait pas révéler le secret.

« Je veux vraiment mieux … te connaître, Swar. »

« Peut-être qu’un jour, quand je te donnerai mon véritable nom, je serai enclin à t’en dire plus à ce sujet, Kéran. Maintenant, ferme les yeux, exécution. »

« Bonne nuit, Swar. Ce n’était pas vraiment ce que j’avais prévu mais bon … »

« Qu’importe ce qui était prévu, tu t’es complètement loupé, Kéran. Pour ne pas changer, n’est-ce pas ? Alors, reposes-toi. »

Bien entendu, c’était ce qu’il comptait faire. Il était quand même apaisé et soulagé. Même si ce n’était que pour une demi-heure, est-ce que Swar allait réellement rester auprès de lui ? Il ne savait pas mais il l’espérait, il l’espérait intérieurement.
Ah … Voilà qu’il était encore en train de rêver, n’est-ce pas ? Il se sentait happé dans ce monde … Celui où il avait vu pour la première fois la petite Swar. Qu’est-ce qu’elle avait pu vivre comme vie … en subissant tout cela, n’est-ce pas ? C’était vraiment la question qu’il se posait intérieurement alors qu’il sombrait dans les songes.

« Qu’est-ce que … OH BORDEL ! »

« Qui … êtes v… Ah mais, vous êtes Swar, n’est-ce pas ? »

Loa et Katérina étaient parties à la recherche de Kéran alors que celui-ci ne s’était pas rendu au point de rendez-vous. Autant dire que pour la femme aux cheveux d’argent, voir que Kéran était couchée sur les jambes d’une femme en armure noire, cela l’exaspérait plus que tout. Surtout après que Loa ait prononcé son nom :

« SWAR ?! C’est toi cette foutue épée ?! »

« Est-ce que tu peux te calmer ? Kéran a besoin de repos. Il s’est senti mal bien que je connaisse la raison de ce mal. »

« Comment est-ce que Kéran va exactement ? Est-ce qu’il est en mesure de se déplacer ou non ? » demanda Loa avec calme alors que Katérina bouillonnait intérieurement.

« Je pense que oui … Mais comme vous êtes là, je peux maintenant disparaître à nouveau. Est-ce que tu veux bien prendre ma place ? » demanda Swar en s’adressant à Katérina. Même si le ton était froid et distant, elle savait pertinemment quelle était la relation entre la femme possédée et Kéran. Pourtant, Loa vint dire avant que Katérina ne réponde :

« Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Autant avec Katérina, il semble heureux, autant avec vous … Il semble comme apaisé. Est-ce que je peux vous poser une question ? »

« Visiblement, c’est la journée aujourd’hui. Si cela concerne mon passé, non. »

« Non, je voulais savoir … Est-ce que vous et Kéran, vous êtes reliés ? Vous savez … Quand on est un Docte, on apprend des choses concernant les spectres et les créatures ténébreuses. »

« Hum ? Où est-ce que tu veux en venir ? » dit Swar, ses yeux saphir posés sur la jeune femme aux cheveux verts. Le regard était froncé, comme légèrement colérique.

« Est-ce que vous … êtes de la famille de Kéran ? »

« Si je connais l’histoire de ce monde, est-ce que tu penses sincèrement que je suis de sa famille ? Sois un peu lucide, jeune fille. »

« Non, vous savez pertinemment où je veux en venir. Vous auriez pu posséder un corps humain, celui d’une femme et avoir un enfant avec un homme. Cela ne vous aurait pas empêché alors de vouloir protéger votre fils. »

« ASSEZ ! » hurla Swar, se relevant. Le corps du jeune homme lévitait devant elle alors que ses yeux bleus fixaient Loa et Katérina. Même cette dernière faisait quelques pas en arrière. « Kéran devrait plutôt me haïr ! Ne parlez pas de choses que vous ne connaissez pas ! N’essayez pas de deviner alors que vous ne connaissez rien ! »

« Par … Pardon, je ne voulais pas vous énerver Swar. C’est juste qu’en voyant cela, on ne peut pas croire que Kéran puisse vous en vouloir. C’est tout. »

« Enervée ? Moi ? Je …Non. » murmura la femme en armure noire, ses yeux bleus se posant finalement sur Kéran. La lévitation de ce dernier s’arrêta alors qu’il atterrissait dans les bras de Swar. Celle-ci regarda Katérina, l’envoyant sur elle. « Attrape-le. »

C’était un peu tard pour dire ça ! D’habitude, on disait puis on envoyait ! Pourtant, Katérina réceptionna le jeune homme, s’accroupissant sous le poids de ce dernier. Et maintenant ? Qu’est-ce que Swar allait faire ? Sans parler une dernière fois, la femme avait totalement disparu de la vision de Katérina, Loa restant les yeux rivés en avant.

« Elle est vraiment bizarre … mais dans le fond, elle est comme les autres spectres et créatures ténébreuses. Ces êtres ne sont pas à tuer mais à plaindre … n’est-ce pas Harno ? » déclara Loa, se tournant vers son Mélancolux.

« Bien entendu, Loa, tu sais parfaitement que je suis d’accord sur ce point. »

« Comme si cela pouvait en être autrement. »

« A quoi est-ce que vous jouez, tous les deux ? Qu’est-ce que vous complotez ? » interrogea Katérina alors qu’elle gardait le corps de Kéran dans ses bras.

Ce n’était pas plaisant. Ce n’était pas plaisant du tout même ! Cette … Swar, cette femme ! Les spectres étaient détestés ! Les monstres ténébreux révulsaient ceux qui les voyaient ! Mais elle … Elle … Avec son apparence humaine, elle pouvait tromper n’importe qui ! Même Kéran ! Elle ne se laisserait pas manipuler contrairement à Kéran !

Chapitre 118 : Purifier ces corps

Chapitre 118 : Purifier ces corps

« Chef ? Chef ? Mais vous êtes blessé ! »

« Ce n’est pas bien grave, loin de là. Est-ce que les corps ont été emmenés ? Ils sont encore vivants, n’est-ce pas ? Mais sont-ils inconscients ? Car s’ils se réveilleraient, il faudra faire attention, je tiens à le signaler. » dit Ranor, regardant l’entaille à la hanche. Malgré ce qui s’était passé, sa fille avait quand même réussi à le toucher et malheureusement, ce n’était pas rien. Sa fille était devenue forte, terriblement forte.

« Non, non … Ils sont toujours inconscients. Sinon, on a déjà tout préparé avec les pokémons pour les extraire. On n’attends plus que vous. »

« Dites-leur qu’ils peuvent commencer sans moi, je dois aller me soigner tout d’abord. D’ailleurs, il faudrait que vous observiez de plus près Sélia. Pour être sûre qu’elle ne se fasse pas possédée par une créature maléfique ou ténébreuse. Avec la haine qu’elle me porte, elle est beaucoup plus fragile et facile à envahir. »

« Comme vous le désirez, chef ! On fera comme vous le voulez ! »

Ce n’était pas une question de vouloir ou pas vouloir, c’était tout simplement qu’il ne voulait pas que son unique famille soit possédée à son tour. Il ne voulait pas perdre sa fille après sa femme … mais surtout de la même manière. C’était tout simplement affreux ! Il s’éloigna des soldats, allant vers l’infirmerie pour se faire soigner. Ce n’était pas vraiment le moment mais … bon … Il n’avait pas le choix, il ne pouvait pas laisser cette blessure s’infecter.

Une trentaine de minutes plus tard, il était devant de nombreuses tables d’opération, des pokémons psychiques se trouvant un peu autour de chacune d’entre elles. L’homme regarda les différents membres de l’Enceinte avant de dire :

« Commencez les opérations des extractions. Nous allons voir ce qu’ils contiennent. »

Les soldats hochèrent la tête, les yeux des pokémons psychiques commençant à briller. Aussitôt, les corps des membres de la Sainte Alliance furent parcourus par des soubresauts jusqu’à ce qu’une fumée noire et violette ne sortent de leurs corps.

« Préparez-vous à la capture des pokémons spectres et ténébreux. »

Il avait ordonné cela comme à son habitude alors que les membres de l’Enceinte se positionnaient. Cela avait été fait très rapidement mais à force d’habitude, c’était une opération des plus banales mais en même temps des plus risquées. Il observa les soldats de la Sainte Alliance, reprenant la parole :

« Vérifiez qu’ils soient encore vivants. Certains soldats sont mortellement touchés et sans le spectre en eux, ils ne vivent guère plus longtemps. »

Et ce fut ce constat pour un quart des soldats de la Sainte Alliance. Ranor fut dépité mais au moins, le reste était juste en convalescence et avait besoin de repos. C’était mieux que rien … Oui … Bien mieux que de n’avoir aucun survivant. Il poussa un soupir, signalant qu’il fallait attendre qu’ils se réveillent. Lorsque ça serait le cas, il allait discuter avec eux.

Ce travail d’exorcisme … Cela avait été la seconde chose qu’il avait créé après la mort de sa femme … Pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus jamais. C’était ça qu’il avait décidé lorsque sa femme était morte. Oh … Et bien entendu, il avait aussi pensé à briser les spectres et les créatures ténébreuses pour qu’ils soient dociles à jamais. Cela n’avait pas été simple mais il ne voulait plus que ça se reproduise.

« Sélia … Ma fille … » murmura l’homme aux cheveux rouges alors qu’il passait une main sur le bandage qu’il avait autour de la hanche. Sa fille était une membre de la Sainte Alliance, il le savait parfaitement. Tout cela grâce à Kéran mais ce n’était pas suffisant.
Pas du tout même … Elle avait disparu après la mort de sa mère. Elle avait été introuvable durant toutes ces années. Il avait entendu parler d’une jeune fille qui vagabondait de village en village pour tuer les spectres et les pokémons ténébreux puis ensuite, plus rien. Comme si la fille s’était rangée. Elle avait surement trouvé le village de Kéran et avait décidé alors de s’y installer. Peut-être qu’il devait trouver un moyen de contacter Kéran ? Avec lui, sa fille penserait peut-être alors à quitter la Sainte Alliance ? Même si elle ne voulait plus le voir, savoir qu’elle était dans cette organisation qui sacrifiait les pokémons de tous types …

« Chef, les soldats de la Sainte Alliance se sont réveillés ! »

« Hum ? D’accord. J’arrive tout de suite. » marmonna Ranor avant de se lever. Ca ne servait à rien de ressasser le passé. Jamais rien de bon n’arrivait quand on commençait ainsi. L’homme aux cheveux rouges se leva, accompagnant celui qui l’avait prévenu. Il allait être facile de convaincre les membres de la Sainte Alliance de le rejoindre.

Ailleurs, au beau milieu de la montagne de fer, Kéran serrait avec insistance la jeune femme aux cheveux argentés dans ses bras. Malgré la petite scène de cette nuit, il ne pouvait pas s’empêcher de la vouloir, de la vouloir réellement. Si seulement, il était capable de passer outre tout ça … Si seulement …

Mais ce n’était pas possible ! Pas pour le moment ! Et puis, lorsqu’il voyait cette bosse qui déformait la culotte de Katérina, il avait envie de la frapper ! Attention, pas Katérina mais cette bosse hein ? Vraiment cette bosse horrible ! A côté, dormir sur un matelas, c’était quand même autre chose que de dormir sur le sol et dans un sac de couchage. Est-ce qu’il pouvait se permettre une petite fantaisie ?

Peut-être … oui … Il commença à déplacer Katérina dans son sommeil, voulant tout faire pour qu’elle se retrouve sur lui lorsqu’elle allait se réveiller. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que la jeune femme avait les yeux grands ouverts lorsqu’il vint la placer sur lui. Elle le fixa de ses yeux dorés, clignant plusieurs fois de ces derniers avant de dire :

« Je te dérange ? Tu veux peut-être me peloter aussi tant qu’on y est ? »

« … … … Coucou … … … Bonjour, Katérina, bien dormie ? »

« Ouais, ça pouvait être mieux. Y a juste le réveil où j’ai été un peu trop secouée ! Putain ! Qu’est-ce que tu fous ? Je peux savoir ? Tu voulais que je te monte ? Ben te voilà servi ! »

« Ah mais non ! Je pensais à un réveil plus doux que … »

Elle s’était mise assise sur lui, une main sur son torse alors qu’elle frottait déjà son entrejambe et sa culotte le long du ventre du jeune homme. Son autre main vint se placer en arrière alors qu’il gémissait :

« Katé… Katérina, je te promets que … Je te promets que … »

« Oh la ferme ! Ca se voit bien que c’est ton corps qui parle ! Purée ! Même à une main, je ne suis pas sûre de pouvoir faire le tour ! Soit t’es carrément plus grand que prévu quand t’es excité, soit t’es monté comme un Ponyta ! »

Il devait être heureux, n’est-ce pas ? Heureux qu’elle ne lui fasse pas la tête après ce qui s’était passé hier. Oui … Il devait vraiment être heureux, très heureux même. Il fit un petit sourire tendre alors qu’elle s’arrêtait.

« Qu’est-ce qui te prends encore de sourire bêtement comme ça ? Je peux le savoir ? Ou alors, c’est la gueule que tu tires quand tu jouis ? »

« Non … Pas du tout, Katérina. Viens donc par là. »

Hein ? Venir par-là ? HEY ! Il lui tira le bras, emmenant la jeune femme à se coucher sur lui. Il la serra contre lui avec une infinie douceur. Bien … C’était très bien ça … Il aimait l’avoir contre lui et la garder. D’ailleurs, la jeune femme fut interloquée, bredouillant :

« HEY ! Je peux savoir ce qui se passe avec toi ?! Lâche-moi un peu ! »

« On peut rester comme ça pendant quelques minutes non ? Rien ne presse que je sache. »

« Si, je peux presser tes couilles pour que tu ne puisses même plus siffler ! »

« Fais donc, Katérina. Mais il y a des chances que tu ne puisses pas bouger les bras. »

Hein ? ET MERDE ! C’est vrai qu’il la serrait contre lui ! Et il lui avait bloqué les bras. Pourtant, elle ne vint pas se débattre, le fixant de ses yeux dorés. Il était quand même plus … « agressif », non ? Mais après le coup d’hier … Elle ne savait plus trop quoi croire.

« Kéran, tu es juste un imbécile de première classe »

« Rien de nouveau à l’horizon, n’est-ce pas ? Mais Katérina, est-ce que tu veux bien patienter un peu ? Jusqu’au moment où je serai capable … d’accepter ce que tu es complètement ? »

« Idiot. Tu ne sais pas ce que je suis réellement. Tu crois vraiment que je suis ce que tu crois ? Hein ? Est-ce que tu crois ça ? »

« Pas le moins du monde, Katérina. Et j’aimerai bien mieux te connaître si c’était possible. Tu es vraiment une fille unique et je ne parle pas à cause de ce que tu possèdes en plus. »

Assez ! Qu’il se taise ! Elle ne voulait plus l’entendre ! Elle ne voulait plus entendre ces belles paroles ! Elle calfeutra sa tête contre son torse, ne le regardant plus. Qu’ils restent comme ça si ça lui chantait ! Elle n’en avait vraiment … rien à faire.

Les minutes s’écoulèrent sans que l’un ou l’autre ne fasse de mouvements. Les deux personnes restaient ainsi, Katérina bougeant ses hanches à moitié alors que Kéran faisait de même. Oh … Cela avait surement une connotation sexuelle mais rien de plus. Le jeune homme avait fermé les yeux, murmurant :

« Reposons-nous encore quelques instants et ensuite, nous pouvons descendre. »

« On peut descendre aussi maintenant, je ne crois pas que ça dérange. Faut voir si l’autre n’est pas déjà partie sans nous. » répondit Katérina, essayant de faire la conversation sans réellement y arriver. Il fallait dire qu’elle et le social…

« Katérina, tu pourrais quand même être plus amicale envers Loa hein ? »

« Pas envie, pas que ça à foutre de mon temps. J’ai d’autres choses en tête et elle est pas dedans d’après ce que je sais. Si ça plaît pas, tant pis. »

« Aucun souci … Ce n’était qu’une remarque anodine, rien d’autre. »

« Ouais, ouais, anodine de mon cul ! Et t’en fais pas si je suis pas sociale, j’en ai strictement rien à battre si ça peut te consoler ! »

« Non, ça ne me console pas du tout. Katérina ? Tu me diras un jour ce qui s’est passé ? » demanda le jeune homme avec lenteur alors qu’elle restait bouche bée. Ce qui s’était passé ? Tant qu’il n’osait pas la toucher complètement, il en était hors de question !

« Je peux savoir où tu poses tes mains, Kéran ? »

Après quelques instants, il était vrai que les mains du jeune homme étaient descendues plus bas que la normale. Kéran les retira aussitôt, les mettant en l’air avant de dire :

« Je voulais quand même voir comment ça … marchait ça. C’est bizarre avec ces nœuds et toutes ces choses, sincèrement, je n’avais aucune mauvaise idée en tête ! »

« Ouais bien sûr, fous-toi encore plus de ma gueule Kéran ! Tiens, puisque tu veux le voir, t’as qu’à l’observer de plus près ! »

Elle s’était retournée, lui laissant voir ses fesses mais surtout sa culotte. C’est vrai qu’il y avait bien un lacet qui nouait … Mais d’où est-ce qu’il provenait ? De l’intérieur même de la culotte ? Enfin bon … C’était quand même bizarre, très bizarre même.

« Euh … Katérina, tu peux te remettre correctement. »

« Et pourquoi ? Moi ? J’ai autre chose à m’occuper ! » dis-elle avant de commencer à poser ses mains sur le pantalon du jeune homme.

Elle n’arrêtait pas hein ? Vraiment, des fois, il se demandait si elle ne pensait qu’à ça ou alors non. Enfin, tout ce qu’il savait, c’est qu’il devait l’arrêter ! Il plaça ses mains sur le ventre de Katérina, la tirant en arrière alors que la voix de Loa se faisait entendre :

« Vous avez terminé là-haut ? Vous êtes réveillés au moins ? »

« Ouais mais non, on fait notre affaire et on arrive ! »

« Katérina ! Ne raconte pas n’importe quoi ! Loa, on descend d’ici quelques minutes ! » s’écria le jeune homme, un peu décontenancé.

« Quoi ? Je dis pas n’importe quoi ! Tu crois que j’ai mes mains posées où là ? »

« Tu ne les as posées là ! Arrête ces idioties ! RAH ! Katérina, on se lève ! » répondit le jeune homme avant de la soulever avec son bras, Katérina poussant un cri de surprise. Il la tenait presque comme un sac de pommes de terre.

« Bordel ! Faut vraiment que tu me dises ce que t’as foutu exactement pour être aussi musclé depuis le temps ! Je suis pas légère pourtant ! »

Et alors ? Où était le problème avec ça ? Qu’elle fasse son poids ou non, ce n’était pas un problème pour lui. Et puis, c’était « drôle » en un sens de la soulever avec une telle aisance. Il rigola, demandant d’une voix amusée :

« Essaye de placer tes bras autour de mon cou, Katérina, pour voir. »

Pourquoi est-ce qu’elle ferait ça hein ? Pourtant, elle s’exécuta, remarquant où il voulait en venir. Ah oui … C’était pas si mal dans le fond. Enfin, à moitié … C’était pas déplaisant. Kéran la portait maintenant à deux mains, descendant les escaliers avec elle.

« Oh, je vois que la princesse n’avait pas envie de marcher. »

Loa avait déclaré cela en rigolant, voyant à quel point Katérina était vraiment gênée de cette position. Elle était ridicule ! Complètement ridicule même ! Elle commença à gesticuler dans les bras de Kéran, cherchant à en partir.

« Laisse-moi descendre ! On se fout de ma gueule ici ! Je ne resterai pas une journée de plus ! LAISSE-MOI DESCENDRE KERAN ! BORDEL ! »

« HEY ! Mais ne bouge pas n‘importe comment ! »

Elle gesticulait dans tous les sens, Kéran poussant un cri avant de tomber avec elle. Il se retrouva le visage à quelques centimètres de celui de Katérina. Ses lèvres … Elles étaient encore plus proches qu’auparavant. Il avait vraiment envie … Il en avait vraiment envie.

« Ahem … Kéran, Katérina, être couchés par terre, ce n’est pas forcément très hygiénique. Surtout quand on ne sait pas ce qui se trouve là. » dit la jeune femme aux cheveux verts tout en toussant légèrement devant ce spectacle.
Kéran se redressa aussitôt. Ce n’était pas le bon moment. Surtout pas maintenant, c’est ça qu’il devait penser. Il regarda Katérina qui restait couchée au sol, une main sur la poitrine. Elle prit une profonde respiration, se levant à son tour. Kéran signala qu’il était temps de partir de cet endroit pour continuer leurs recherches dans la montagne de fer. Ils avaient beaucoup de boulot sur la planche, oh oui … et beaucoup de connaissances à trouver.

Chapitre 117 : Devant ses yeux

Chapitre 117 : Devant ses yeux

« Je vais te pourrir l’existence voire même la rayer de ce monde ! »

« Sélia, arrête donc tes sottises. Tu es maintenant une adulte, tu connais parfaitement comment ce monde est régit, n’est-ce-pas ? Est-ce que moi, je te dis quelque chose sur les actions de la Sainte Alliance ? »

« N’EN PARLE PAS ! CA NE TE CONCERNE PAS ! » hurla la jeune femme aux cheveux bleus, courant à toute allure vers Ranor. Et maintenant ? Les membres de l’Enceinte commençaient à former un périmètre autour de leur chef, celui-ci faisant un geste de la main avant de dire d’une voix calme et stoïque :

« Laissez-moi donc m’occuper de cela. C’est ma fille … Je ne peux pas lui en vouloir de me haïr à ce point. Je peux tout simplement l’arrêter et la calmer. »

Du moins, il pouvait essayer, chose bien plus difficile qu’on ne pouvait le croire. Car la jeune femme était comme enragée … vraiment très enragée même. Pourtant, de son côté, il n’avait aucun mal à la combattre sans lui faire mal. C’était bien la chose principale qu’il tentait de faire : de ne pas la blesser. Autant dire que c’était difficile.

« Sélia, ne veux-tu donc pas te calmer un peu ? Tu perds vers une mauvaise voie, une très mauvaise voie même si je peux te le dire. »

« NON ! TU NE ME DIRAS RIEN ! Est-ce clair ? JE NE VEUX PAS T’ENTENDRE ! Je n’ai rien à entendre de ta part ! »

« Arrête donc tes bêtises. Ça ne sert à rien de t’emporter. Ça ne fera pas apaiser ta colère. »

La jeune femme était pourtant en train de fulminer, donnant des coups de plus en plus enragés alors qu’elle ne regardait même pas où elle frappait. Tout ce qui l’importait, c’était de tuer son père. Elle ne semblait même pas hésité une seconde ! Si elle le pouvait, elle le ferait … Elle n’hésiterait pas un seul instant à … tuer son propre père.

« Sélia, le passé est le passé. Tu ne peux pas revenir en arrière. Ne me force pas à me répéter. Je ne veux pas que tu sois blessée. Malgré les années, tu restes ma fille. »

« Chef … Vous êtes vraiment sûr que l’on peut vous laisser seul ? Pendant ce temps, on pourrait alors ramener les types possédés à la base la plus proche. »

« Faites donc … Je ne devrai pas avoir de problèmes à retenir ma fille. Malgré son expérience maintenant, elle n’est pas de taille à lutter contre son père. »

« AH OUI ? NOUS ALLONS VOIR CA TOUS LES DEUX ! »

Elle ne pouvait pas retenir sa rage. Elle allait la déverser sur cet homme ! Sur celui qui lui avait retiré son bonheur ! Qui lui avait retiré sa mère ! Elle allait tout faire pour se venger de ça ! Elle allait tout faire pour venger sa mère ! Cet homme … Cet homme devait disparaître de son monde ! Il n’avait plus sa place ici ! Il n’avait plus sa place parmi eux ! Il était parti de son cœur après le crime qu’il avait commis en tuant sa mère !

Des années, il fallait remonter à plus de dix ans pour se rappeler de ce drame. Encore jeune, l’Enceinte aux esclaves n’avait déjà pas une bonne réputation à l’époque. Néanmoins, son chef, Ranor, était quand même apprécié par ses pairs. Il fallait dire que ses idées étaient des plus intéressantes et permettaient alors de combattre les spectres et les créatures ténébreuses avec leurs propres pouvoirs.

« Même si cela n’est guère joyeux d’utiliser nos ennemis comme armes et donc de ne pas valoir mieux qu’eux, nous faisons ce qui est bon pour les humains et les pokémons. Retenez ceci : peut-être que l’on vous détestera, peut-être même que l’on vous haïra pour ce que vous faites et ce que vous devenez mais ce n’est qu’un maigre sacrifice pour permettre à nos futurs enfants de vivre dans un meilleur monde. »
C’était l’un des nombreux discours qui avait permis à cet homme d’être un modèle pour les membres de l’Enceinte. Malgré les apparences, le bonheur de son peuple passait avant tout le reste, qu’importe s’il devait se salir les mains pour cela.

« Papa, papa ! Maman m’a encore refusé l’accès à la salle d’entraînement ! »

Une jeune fille aux cheveux bleus, âgée d’à peine plus de dix ans et aux yeux rouges courait vers l’homme aux cheveux rouges. Celui-ci lui fit un sourire, tenant une épée dans ses mains. Elle semblait des plus basiques avant qu’il ne tende ses lèvres vers l’oreille de la jeune fille :

« T’en fais pas, Sélia. Quand Maman aura le dos tourné, on ira s’entraîner tous les deux et … AIE ! Mais ça fait mal ça ! Qu’est-ce que … »

« Arrête donc d’apprendre des bêtises à notre fille, s’il te plaît, Ranor. » déclara une voix féminine. L’homme se gratta le sommet du crâne, se relevant alors qu’il se mettait face à une femme qui ressemblait exactement à la jeune fille bien que plus âgée. Elle semblait grande, vraiment grande, au moins un mètre quatre-vingts dix. Mais il n’y avait pas que cela si on l’observait plus longuement. Elle avait des yeux rouges, des cheveux bleus qui lui allaient jusqu’au dos mais aussi des muscles puissants bien qu’ils n’altéraient pas sa féminité.

« Quand même, retiens un peu tes coups, Rozali. Tu me fais vraiment mal ! »

« Tu veux peut-être que je te redonne un coup de poing, Ranor ? »

« NON NON ! C’est parfaitement bon, Rozali. Sélia, bon, tu sais ce que je t’ai dit, n’est-ce pas ? Alors, maintenant, disparais avant que ta vilaine mère ne t’attrape et te man … AIE ! Mais sincèrement, tu me fais super mal, Rozali ! »

« Tant que tu n’arrêtes pas de raconter des âneries, je m’y sens obligée. » coupa encore une fois la femme aux cheveux bleus, la jeune fille disparaissant parmi les couloirs.
« Tu sais bien que Sélia est notre petite mascotte. Il se peut que dans quelques années, elle s’occupe de l’Enceinte aux Esclaves, hein ? C’est pourquoi il faut l’entraîner le plus tôt possible. On ne peut pas se permettre d’attendre trop longtemps. »

« Tant bien que même … Cette idée de la faire devenir une membre alors qu’elle n’a à peine que plus de dix ans, ça ne me plaît pas du tout. »

« Il le faut bien, Rozali. Il le faut bien … Ce n’est pas possible de faire autrement. Sa vie est liée à l’Enceinte aux esclaves. Nous ne pouvons pas laisser penser qu’elle aurait un autre avenir. De même, elle me répète souvent qu’elle veut devenir aussi forte que sa mère. »

« Je sais bien mais … les spectres et les créatures ténébreuses, même s’ils sont plus qu’affaiblis, on ne peut jamais savoir. Ils restent imprévisibles. »

« C’est pourquoi j’ai refusé à Sélia qu’elle utilise une arme possédée. Qu’elle apprenne déjà à se battre avant de faire cela. On ne sait jamais. »

« Tu me promets de faire attention à elle ? Des fois … Je ne sais pas quoi penser. »

« Mais je ne peux pas penser à ça sans m’en préoccuper. Elle est encore si jeune ! S’il te plaît … Vraiment … Si quelque chose arrive à l’autre, il faut se promettre de la mettre en sécurité mais surtout de la sortir de l’Enceinte. »

« Je te le promets même si je sais que ça n’arrivera pas car il n’arrivera rien du tout. Pourquoi se préoccuper pour cela ? Tu m’accompagnes ? Il faut aller mater quelques pokémons. »

La femme aux cheveux bleus hocha la tête, accompagnant son mari alors que celui-ci trouvait toujours les mots qu’il fallait pour la rassurer, chose qui était bien plus difficile qu’on ne pouvait le croire. Le couple partit vers une autre salle, salle où ils allaient tout simplement blesser les pokémons de telle façon qu’ils ne soient pas en mesure de répliquer ou alors qu’ils se sentent obligés de leur obéir pour ne pas mourir une seconde fois.

Mais il ne fallut que quelques temps plus tard après ces paroles pour qu’un drame se produise. Nul ne savait comment cela était possible, nul ne savait comment cela s’était produit mais les faits étaient là. Des corps étaient au sol, baignant dans des flaques de sang alors que Rozali se trouvait au milieu d’eux, deux griffes sur ses mains.

Ranor n’était pas très loin, serrant deux épées dans ses mains alors qu’il regardait sa femme. Celle-ci avait la tête penchée en arrière, caressant ses griffes l’une contre l’autre alors qu’elle avait un sourire aux lèvres, un sourire mauvais.

« Ah ce corps … Je sens la force de ce corps … tellement bon … Dire que j’ai attendu pendant des semaines entières, je me suis laissé faire, j’ai été sage pour ne plus être martyrisé … Hahaha … Que c’était bon de récupérer ce corps ! »

« Rozali … Est-ce que tu m’entends ? Rozali ? » murmura Ranor alors que les membres de l’Enceinte restaient autour de la femme, leurs armes sorties.

« Rozali ? Elle est morte ! Elle est définitivement morte au moment où je l’ai possédée ! Mais tu n’oseras jamais la toucher, hahaha. Qu’est-ce que cela fait de savoir qu’en tant que chef, tu as le devoir de tuer ta propre femme possédée ? Tu ne peux pas, n’est-ce pas ? »

Il ne le pouvait pas … Mais il devait le faire. Il devait le faire avant qu’elle ne commette encore plus de crimes ! Il ne pouvait pas la laisser dans cet état ! Il regardait sa femme, voyant les larmes dans ses yeux alors que l’être en elle disait :

« Hahaha ! On dirait bien qu’au final, elle n’est pas encore totalement sous mon contrôle. Dommage … Je vais devoir briser son âme jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’une poupée ! »

« Maman, Papa, qu’est-ce qui se passe ? Tout le monde court dans tous les sens. » dit une petite voix alors que Sélia rentrait dans la pièce où le carnage se déroulait.

Au mauvais endroit et au mauvais moment. Ranor avait planté la lame de son épée dans la poitrine de sa femme, un cri déchirant sortant de celle-ci, à moitié bestiale alors que Sélia écarquillait les yeux, n‘arrivant pas à croire ce qui venait de se dérouler devant ses yeux.

« Il faut la mettre à l’abri ! On ne sait jamais ! Viens par-là Sélia ! »

L’un des membres empoigna le bras de la jeune fille, la tirant au loin alors qu’à côté de Rozali, une créature faisait son apparition sous la forme d’un Ténéfix. Celui-ci était mort. Mais ce n’était pas encore le cas de la femme bien que celle-ci était mortellement blessée.

« Protège-là … d’accord ? Jure-moi de la protéger. Fais-la quitter cet endroit. C’est tout ce que je veux … C’était peut-être une erreur de … »

« Ne parle plus Rozali, tu vas te fatiguer encore plus. Attends que les soigneurs arrivent pour s’occuper de toi, d’accord ? »

Mais l’un comme l’autre savait que ça ne servait à rien. C’était déjà trop tard, bien trop tard. Il serra la main de sa femme dans les siennes, attendant qu’elle pousse son dernier soupir avant de se promettre de plus laisser une telle chose se reproduise.

« Mais tu avais déjà disparu avant même que je puisse t’expliquer ce qui s’est passé. »

« Ce qui s’est passé ? Ce qui s’est passé ? MAIS JE SAIS EXACTEMEN CE QUI S’EST PASSE ! JE SAIS PARFAITEMENT CE QUE J’AI VU ! »

« Mais tu feins de ne pas comprendre la situation. Ta mère n’aurait jamais voulu que tu continues une telle existence, surtout pour sacrifier d’innocents pokémons pour t’équiper et combattre les pokémons spectres et ténébreux. »

« LA FERME ! Je ne tomberai pas dans ce piège ! Si ma mère ne voulait vraiment pas que … je devienne comme ça, elle ne serait pas morte ! Elle ne serait pas morte ! Elle est morte par ta faute ! Tu l’as tuée ! »

« Indirectement … C’est vrai que je suis responsable de sa mort. Je n’ai pas été assez prudent. J’aurai dû me douter qu’un jour, ils se rebelleraient. Mais je ne pensais pas que ça serait sur quelqu’un de proche. J’ai manqué de clairvoyance et j’en ai payé le prix. »

« Ne fait pas comme si tu regrettais, salopard … Tu ne regrettes rien du tout, ça se voit ! »

« Comment est-ce que tu peux dire cela ? C’est à partir de ce moment que j’ai décidé qu’il fallait briser avant d’être brisé. C’est à ce moment que j’ai créé la seconde partie … »

« NE DIT PLUS UN MOT DE PLUS ! Je vais te tuer maintenant ! » hurla Sélia alors que les paroles de son père ne semblaient guère la calmer.

Le tuer maintenant ? Elle pensait vraiment que c’était réalisable ? Mais comprenait-elle tout simplement la portée de ses paroles ? Le simple fait de dire qu’elle comptait le tuer ? Un parricide ? Tuer son propre père ?

« Ma pauvre fille … Tu as complètement perdu la tête. »

« La tête ? Je l’ai complètement perdu ? Est-ce que c’est une blague de ta part, Ranor ? Je ne veux plus rien entendre de toi ! Ma famille est morte, il y a dix ans ! La seule personne qui est un tant soit peu comme ma famille, c’est … »

« Kéran, n’est-ce pas ? Le jeune homme qui n’a pas hésité à avoir une Stalgamin avec lui, qu’importe si celle-ci deviendra une Momartik. Si jeune et si naïf … Je me demande ce qu’il est devenu depuis qu’il a quitté l’Enceinte. »

« N’insulte pas KERAN ! Est-ce clair ?! NE L’INSULTE PAS ! »

« Je ne faisais que le complimenter mais visiblement, tout ce que je dis est pris de travers par toi, Sélia. Et je suis désolé pour toi mais je ne suis pas enclin à me battre contre ma propre fille, encore moins si cela est un combat à mort. »

« Tu ne t’enfuiras pas ! RESTE ICI ET ASSUME TES ACTES ! »

La jeune femme aux cheveux bleus courut vers Ranor, prête à l’embrocher avec son arme mais celui-ci était déjà prêt à parer, la repoussant puissamment en arrière. La jeune femme roula sur plusieurs mètres, s’écriant de douleur :

« RESTE LA RANOR ! ASSUME TES … »

« Assez. J’ai assez perdu de temps avec toi, Sélia. J’ai été heureux de te revoir après toutes ces années. Tu as bien changé, tu es devenu une jolie femme, comme ta mère. Je vais tout faire pour t’extirper de la Sainte Alliance, qu’importe si cela doit me prendre du temps. Nous reformerons une famille tous les deux en mémoire à ta mère. »

La femme poussa un hurlement de rage alors qu’il disparaissait au loin, les membres de l’Enceinte faisant de même de leur côté. Les rares soldats de la Sainte Alliance encore présents vinrent entourer Sélia, l’un d’entre eux demandant :

« Mademoiselle Sélia, qu’est-ce que nous faisons ? »

« Vous me lâchez, c’est compris ? VOUS ME LÂCHEZ ! Il ne doit pas être très loin ! Je vais lui mettre la main dessus et ensuite … »

« Et ensuite quoi ? » dit l’un des soldats alors que la jeune femme s’était relevée, commençant à courir en direction de l’endroit où était parti Ranor et les membres de l’Enceinte.

Elle était devenue folle, n’est-ce pas ? Ou presque … Les soldats ne pouvaient pas ignorer la scène qui s’était passée alors que la jeune femme était maintenant le bras droit d’Elian. Ils allaient devoir le prévenir au sujet de cette humeur plus que violente dès qu’il s’agissait de parler de Ranor mais surtout signaler que ce dernier était son père.

Chapitre 116 : Rejeter ce que l’on a été

Chapitre 116 : Rejeter ce que l’on a été

« Je peux, Katérina ? » demanda le jeune homme alors que la nuit était tombée. Dans l’obscurité, il y avait pourtant quelques faibles lumières issues des ruines. Une technologie inconnue qui produisait de l’électricité en permanence sans avoir besoin forcément de pokémon à ses côtés. La jeune femme ne bougea pas du lit, marmonnant :

« De toute façon, tu l’aurais quand même fait alors fais-le au lieu de tourner autour du pot. »

« C’est quand même bien meilleur de sentir ton ventre. Tu es vraiment si chaude … Et avec cette couverture en laine et toi, je sais que je n’aurai pas froid. »

« Raconte ce que tu veux comme baratin, ça ne marche pas avec moi. » rétorqua Katérina, baissant ses yeux sur les mains qui venaient serrer son ventre. Avec lenteur, elle vint poser les siennes dessus, prenant une profonde respiration. « Kéran, je te rappelle que j’aurai des envies de me branler et que je risque de tout saloper pour pas changer. »

« Ça ne fait rien, j’ai pu quand même te supporter la première fois non ? Et même si Dumasch t’a rajouté … ce que je possède aussi pour être poli, personnellement, je dois passer outre. Si je ne peux pas faire ça, je ne pourrai … jamais réellement te connaître, Katérina. »

« Kéran … Je … Comment te dire … » bredouilla la jeune femme, semblant confuse et gênée, chose si peu banale qu’il fallait le signaler. « Kéran, si je suis une femme un tant soit peu … importante à tes yeux, ne soit jamais déçu. Il y a des choses qu’on ne peut offrir ou donner qu’une fois. De même, essaye de comprendre si des fois … je ne parais pas dans mon état normal et que ce n’est pas à cause de Dumasch. »

« Ca ne fait rien du tout. Il faut bien vivre avec les petits défauts de l’autre. Et moi, j’espère juste que les cicatrices sur mon dos ne te répugnent pas. Ce n’est pas forcément très joli à voir … donc bon, j’espère que tu comprendras. »

« Dis pas n’importe quoi, Kéran. C’est même le contraire. Savoir tout ce que tu as vécu, à quel point tu as été torturé, ça montre que tu n’es plus un gamin mais un homme, un vrai … Mais en même temps, tu gardes ton cœur un peu enfantin. Prends-moi ! »

Hein ?! La prendre ? Mais dans quel sens ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Connaissant le caractère de la jeune femme, ce verbe avait un double sens … Le second était quand même … plus graveleux que le premier. Pourtant, Katérina se retourna pour faire face à Kéran dans le matelas, reprenant la parole :

« Et ben alors ? Qu’est-ce que tu attends ? Je t’ai dit de me prendre dans tes bras ! Putain, je dois tout faire avec toi ? Des fois, tu es vraiment trop lent ! »

« Ah ! Prendre dans ce sens-là. Pfiou … »

Il poussa un petit soupir apaisé avant de remettre ses mains mais dans le dos de la jeune femme. Celle-ci vint coller sa tête contre le torse de Kéran, rappelant par là la différence de taille. Une si grande bouche … mais pourtant un corps aussi petit … sauf à un certain niveau. Humpf … La sentir contre lui mais face à face, c’était encore plus excitant que … HEY ! Ce n’était pas lui qui était excité ! Et cette bosse entre ses jambes n’était pas la sienne !

« Quoi encore ? Me regarde pas comme ça, Kéran ! Tu devrais plutôt être content que tu me fasses de l’effet non ? J’ai aussi les tétons qui pointent ! »

« Je n’ai rien dit, je ne te reproche rien … Disons juste que se frotter comme ça … »

« Quoi ? Tu parles de se frotter de la sorte ? » demanda Katérina, commençant à croiser ses jambes avec les siennes, grimpant à moitié sur lui. Elle frottait sa culotte contre l’entrejambe du jeune homme. Entrejambe qui, lui aussi semblait ne pas être de marbre.

« Arrête donc, Katérina, je … Je … »

« Tu, tu quoi ? Arrête tes bêtises, y a rien de vulgaire, non ? » dit Katérina avant de passer ses bras autour de son cou, continuant de frotter son corps contre le sien. Le jeune homme aux cheveux blancs gémissait de plaisir, Katérina faisant de même. « Tu trouves pas ça bon, Kéran hein ? Tu ne trouves pas ça bon ? »

« On va surtout … ah … ah … se salir ! Tu n’as pas de mouchoirs ? »

« Et si on se branlait mutuellement, Kéran ? » demanda-t-elle, le jeune homme paraissant surpris. Que … Quoi ? Il s’occuper déjà à peine de … la sienne alors bon.

« Katérina, je crois que … Sincèrement, il vaut mieux que nous … » commença-t-il à dire, la jeune femme arrêtant ses frottements avant de le fixer longuement. Sans un mot, elle se retourna, se mettant de dos par rapport à lui.

« Bonne nuit Kéran. » murmura-t-elle faiblement. C’était juste … impossible, n’est-ce pas ? Malgré ses belles paroles, il était toujours effrayé. On ne pouvait rien y faire.

« Katérina, je … Comment dire … Katérina, je ne voulais pas que … Enfin, j’en suis vraiment désolé, pardonne-moi mais je te promets de faire des efforts. »

« Je m’en branle de tes efforts, c’est pas ça le problème. »

« Je peux quand même … te serrer dans mes bras, Katérina ? » demanda le jeune homme aux cheveux blancs, aucune réponse ne sortant des lèvres de Katérina. Puis finalement, elle présenta sa main en arrière, Kéran venant la prendre.

« Je t’ai pas dit que tu pouvais mais bon … Fais comme tu veux. »

« Katérina, essayons de dormir tous les deux d’accord ? Et ne t’en fait donc pas à ce sujet … Si ça peut te rassurer, moi aussi, j’étais excité. »

« Ouais, youpi, me voilà maintenant, très rassurée ! » dit-elle avec ironie alors que le jeune homme savait qu’il avait proféré une bêtise.

Peut-être qu’ils allaient trop vite en besogne ? Peut-être … A force de la voir et surtout de sentir son corps contre lui, il allait bien … comprendre et surtout savoir comment réagir et la rendre heureuse non ? Il embrassa son cou plusieurs fois, Katérina se laissant faire avant que les deux jeunes gens ne plongent dans un sommeil réparateur.

« Avez-vous parfaitement compris ce qu’il faut faire ? »

« Vous êtes vraiment sûr de ça, chef ? C’est quand même assez risqué. Et surtout, pourquoi nous devrions faire ça ? Ce sont nos ennemis non ? »

« Car nous n’avons pas le choix. On ne peut pas les laisser ainsi. De plus, si on arrive à les sortir de tout ça, ils seront plus enclins à nous suivre. Et oui … Se faire poignarder dans le dos par ceux qui étaient leurs alliés, c’est souvent ça le déclic nécessaire. »

« Comme vous le désirez, vous êtes le chef. Ça va faire bizarre aux types là-bas. Ils ne sont pas habitués à ce que l’on leur ramène des membres de la Sainte Alliance. »

« Bien entendu … mais mieux vaut renforcer nos rangs pendant que ceux de la Sainte Alliance s’amenuisent au fur et à mesure. Certains vont les rejoindre pour purifier ce monde mais beaucoup meurent des mains de leurs alliés possédés ou alors de … »

« Vous voulez parler de cette jeune femme ? C’est vrai qu’elle parait bizarre mais son nom est connu maintenant. Sélia, je crois. »

L’homme aux cheveux rouges fit un geste évasif de la main alors que le soldat partait. Il fallait dire que cette nouvelle ne l’enchantait guère. Ranor passa une main dans ses cheveux avant de soupirer. Ce n’était pas pour lui faire plaisir, loin de là même. Très loin même … Il fallait dire qu’avec tout cela, il n’était pas forcément tiré d’affaire. Et cette jeune femme qui avait pris de plus en plus de pouvoirs … C’était préoccupant.

Ailleurs, des soldats de la Sainte Alliance étaient en train de livrer bataille … mais une bataille des plus spéciales puisque les soldats étaient en train de s’entretuer. La jeune femme aux cheveux bleus était présente, criant des ordres aux personnes autour d’elle :

« Tuez-les ! N’hésitez pas un instant à tuer vos confrères ! Si vous hésitez, vous pouvez vous considérer comme morts vous aussi ! Faites attention ! »

« Oui mais … Mais … Il y avait encore quelques minutes, je … je … Je discutais avec lui et … AAAARG ! » cria un soldat, se faisant planté par la lance d’un autre soldat, une aura noire émanant de celui-ci avant que Sélia ne loge son épée dans la gorge de l’homme, tuant la personne et le spectre à l’intérieur.

« Vous voyez ? Vous n’avez pas d’autres choix … alors faites-le. »

« Mais mais mais … Bon … Je crois qu’on n’a pas vraiment le choix. » murmura l’un des autres soldats avant que Sélia ne regarde les autres.

Ils se débrouillaient bien, très bien même. Mais bon, ce n’était pas suffisant, loin de là même. Les soldats faisaient de leur mieux mais si c’était vraiment ça qui allait les emmener à la victoire, ça se saurait. Elle-même n’avait rien à craindre. Elle posa ses yeux sur la dague autour de la ceinture. Grâce à elle, elle pouvait savoir qui était qui réellement. Mais bon, pour le moment, elle allait devoir les épauler pour éviter d’en perdre plus.

« Je crois que cela va très mal se finir … Je vais encore rester seule. »

« Pas si nous nous en occupons personnellement. Allez-y maintenant ! »

Cette voix ? La jeune femme aux cheveux bleus commença à trembler de tout son corps alors que de nombreux hommes commençaient à faire leurs apparitions tout autour des soldats. Aussitôt, plus de personnes possédées commencèrent à tomber au sol avant que la voix ne reprenne sur un ton plus autoritaire :

« Ne faites pas de morts ! Sauf si ceux non-possédés de la Sainte Alliance tentent de nous mettre des bâtons dans les roues ! Est-ce bien clair ? »

« OUI CHEF ! OUI ! » hurlèrent les hommes, les soldats de la Sainte Alliance restant immobiles, décontenancés par ce qui se passait.

Elle ? Elle restait de marbre ou presque. Il fallait dire que … Il fallait dire que … La personne qui se présentait parmi les membres de l’Enceinte. C’était leur chef … Ranor. LEUR CHEF ETAIT LA ! Il était finalement là !

« Faites le moins de dégâts possible, je tiens à vous le rappeler. »

Ranor ordonnait à ses soldats, chose tout ce qu’il y avait de plus normale. Mais ce n’était pas suffisant, loin de là même. Il y avait autre chose … Autre chose qui dérangeait la femme aux cheveux bleus. Et cela n’échappa à la Solochi dans l’arme qui vient murmurer :

« Ton cœur se remplit de haine … Tu ne devrais pas. »

« La ferme, toi. Je n’ai clairement pas envie de te parler. »

« Comme tu le désires, je voulais juste te mettre en garde par rapport aux affres de ton cœur qui se noircit par des sentiments négatifs. »

« Je t’ai dit que je n’avais pas que ça à foutre, c’est clair pourtant ? »

Elle n’était pas habituée à parler aussi sèchement voire même à insulter mais là … Là … Elle en avait déjà assez de cet homme ! ELLE EN AVAIT PLUS QU’ASSEZ ! Sans aucune hésitation, elle commença à courir vers Ranor, celui-ci tournant son visage vers elle, sortant ses propres lames avant de parer le violent coup de Sélia.

« Sélia … C’est bien toi. Cela faisait longtemps, très longtemps même. »

« LA FERME ! Je n’ai rien à te dire ! Disparais de cet endroit ou je serai celle qui te tuera ! »

« Je n’ai vraiment pas trop de motivation à me battre contre toi, Sélia. Je ne suis pas là pour toi, malheureusement même si je suis heureux de te revoir. »

« DISPARAIS JE T’AI DIT ! »

Elle continuait de donner des coups dans tous les sens, Ranor arrivant à les esquiver avec facilité. Il en parait quelques-uns, ne faisant que repousser la jeune femme sans pour autant l’attaquer contrairement à ce qu’il aurait pu faire.

« Je ne suis pas là pour te combattre, Sélia. Nous sommes venus récupérer les personnes possédées. Voilà tout. Nous ne vous ferons aucun mal sauf si vous nous attaquez. »

« Tu n’as pas l’air de m’écouter on dirait bien … Je vais te tuer, c’est clair ?! »

« Tu m’en veux toujours autant visiblement. Mais pourquoi est-ce que tu ne veux pas m’écouter ? Tu sais pourtant pertinemment la vérité, Sélia. »

La vérité ? LA VERITE ? Elle la connaissait ! ELLE CONNAISSAIT LA VERITE ! Elle savait pertinemment ce qui s’était passé à ce moment-là ! Elle avait tout vu de ses propres yeux ! Elle avait tout vu ce jour-là ! ELLE AVAIT TOUT VU !

« Tu as tué ma mère ! Tu l’as tuée ! »

« Mais cela était nécessaire, tu le sais parfaitement, Sélia. »

« Nécessaire ? NECESSAIRE ? Tu te fous de moi ? DE QUI EST-CE QUE TU TE MOQUES ? HEIN ? POUR QUI EST-CE QUE TU ME PRENDS ? »

La jeune femme aux cheveux bleus semblait comme incontrôlable alors que les soldats de la Sainte Alliance comme ceux de l’Enceinte ne comprenaient pas vraiment la situation. Qu’est-ce qui se passait avec celle qui était maintenant le bras droit d’Elian ?

« Elle était possédée, tu le sais parfaitement. »

« Ne te moque pas de moi ! Comment est-ce que tu peux as pu laisser ta femme se faire posséder alors que tu étais le chef de l’Enceinte ? Tu crois vraiment que je vais accepter une telle chose ? Tu me prends pour qui ? Tu as tué ma mère ! »

« Et c’est bien pour cela que depuis maintenant plus de dix ans, l’Enceinte se charge des personnes possédées pour éviter que cette tragédie ne se reproduise. »

« Il fallait y réfléchir avant ! IL FALLAIT Y REFLECHIR AVANT QUE CA NE SE PASSE AINSI ! Pour qui est-ce que tu me prends ?! »

« Je ne peux pas revenir en arrière, je le sais parfaitement, Sélia. Et je sais aussi que tu ne peux pas me pardonner d’avoir retiré la vie de ta mère. Mais ne laisse pas la haine et la colère t’envahir, c’est ça qui te rendra plus faible et facile à contrôler par les pokémons ectoplasmiques et ténébreux. Je ne veux pas que ça se produise. »

« Ce qui se passe ? CE QUI SE PASSE ? NE FAITPAS SEMBLANT DE T’INTERESSER A MOI ! Je ne veux surtout rien entendre de la part d’un hypocrite comme toi ! »

« Comme tu le désires … Je pensais être capable de te raisonner mais visiblement, c’est bien trop tard pour cela. On ne peut pas revenir en arrière, ma fille. »

Sa fille ? Les soldats des deux camps se regardèrent avec étonnement. Il avait bien dit ça ? Sélia ? Le bras droit de la Sainte Alliance était la fille du chef de l’Enceinte ? Mais comment est-ce qu’une femme avec autant de haine pour les spectres … pouvait être liée à Ranor ?

Chapitre 115 : Intrus dans la montagne

Chapitre 115 : Intrus dans la montagne

« Et ces pokémons ? Tu les connais ? Ils ont aussi parlé de Mékos … C’est le nom que Dumasch avait donné, n’est-ce pas ? »

Katérina confirma d’un hochement de tête, serrant déjà ses lames. Loa, de son côté, avait fait disparaître son Mélancolux, reprenant cette forme si spéciale qui lui permettait de créer des flammes comme il n’en avait jamais vues auparavant. Lui ? Il tenait Swar fermement, celle-ci étant plongée dans son mutisme depuis la petite scène.

« Ce sont des Terhals. Ils sont capables d’utiliser des pouvoirs psychiques malgré leurs corps de métal. Il faut y faire très attention. »

Harno avait pris la parole comme à son habitude. Contrairement aux apparences, il semblerait qu’il était beaucoup plus loquace. Mais bon, c’était une bonne chose, ça leur permettrait de se renseigner bien mieux sur cet endroit. Mais pour le moment, ce n’était pas l’heure de le remercier mais plutôt de combattre ces créatures métalliques bleues capables de flotter au-dessus du sol sans avoir besoin d’ailes.

« Est-ce qu’il faut encore laisser Loa s’en occuper ? » demanda le jeune homme avec une légère inquiétude, ne sachant pas réellement pourquoi.

« Je vais tenter de faire de mon mieux alors ! » répondit la jeune femme aux cheveux violets, pointant un doigt en direction d’un Terhal. Aussitôt, une flamme fit son apparition fonçant vers le Terhal. Pourtant, la flamme passa à côté de lui, comme si de rien n’était.

« Des pouvoirs psychiques, il fallait s’en douter. Pour les atteindre, ça ne va pas être très simple, loin de là. » déclara Katérina, fonçant vers les Terhals.
Pourtant, dès qu’elle voulut donner un coup, celui-ci ricocha contre le métal, la jeune femme aux cheveux argentés poussant un cri de rage. Ils avaient la tête dure ! Très dure même ! Mais normalement, aucun métal ne pouvait lui résister !

« Les inconscients … Vous pensez réellement pouvoir nous atteindre ? Peut-être que vos lames peuvent nous toucher … mais ne peuvent nous briser. Nos pouvoirs psychiques atténuent les coups que vous nous donnez et … »

« Laissez-moi faire ! Je vais leur montrer ce qu’ils vont prendre dans les dents ! »

Le jeune homme avait pris la parole, tenant fortement son épée avant de s’élancer vers les Terhals. Ces derniers commencèrent à utiliser leurs pouvoirs psychiques mais rien ne vient arrêter le jeune homme.

« Qu’est-ce que … Ce n’est pas normal ? Nos pouvoirs psychiques sont inefficaces ! Stoppez-le avant qu’il ne soit trop tard ! »

Les Terhals avaient été plus que surpris, commençant à fuir avant que Kéran ne frappe de toutes ses forces contre l’un d’entre eux. Des fissures apparurent avant que le pokémon ne s’écroule au sol, se brisant en morceaux et laissant apparaître un spectre de petite taille, lui aussi ayant rejoint les morts une nouvelle fois.

Mais maintenant … Qu’est-ce que ça voulait dire ? Enfin … Ils étaient beaucoup moins rassurés les spectres dans leurs pokémons de métal. D’ailleurs, ils étaient déjà en train de reculer une nouvelle fois, parlant entre eux de ce qu’il fallait faire ou non.

« On est sensé faire quoi ? On nous avait dit qu’il y en avait une qui était possédée, une qui avait un traître avec elle et un troisième avec une épée possédée ! Ca ne devait pas se passer comme ça ! Pas du tout même ! Qu’est-ce que ça veut dire ? ON FAIT QUOI ? »

« Calme-toi bordel ! Ce qu’on va faire ? On va les ensevelir sous les ruines ! Ils n’en sortiront pas vivants ! » s’écria un autre Terhal avant d’éclater de rire. Les Terhals commencèrent à se diriger vers le plafond à moitié ravagé par l’usure du temps.

« PUTAIN ! Faut fuir ! » hurla Katérina, commençant à courir en tenant la main de Kéran qu’elle traînait derrière elle. De son côté, Loa ne se privait pas pour cibler encore une fois les Terhals avec ses boules de feu. Comme ils étaient occupés à vouloir détruire le bâtiment, ils ne pouvaient pas se protéger en même temps.
Quand elle en avait terminé avec une partie d’entre eux, elle quitta le bâtiment en ruines pour rattraper Kéran et Katérina. Peu à peu, derrière elle, le bâtiment s’effondrait, emportant avec lui les nombreuses reliques d’un ancien temps. Des reliques que Kéran considérai comme plus importants que tout le reste. D’ailleurs, il fut plus que déçu, ne jetant pas un œil aux Terhals qui allaient s’enfuir et s’éloigner après leur méfait accompli.

« On n’a rien pu découvrir … au final … A part cette sphère de roche enflammée … Je voulais savoir ce qui s’était passé ensuite. Notre monde n’est pas aussi froid que ça. »

« Tu crois vraiment … que ça s’est passé y a quelques temps ? On ne sait pas depuis quand tout ça s’est produit. Ca fait peut-être des siècles ? Voire même des millénaires ! Arrête de te tracasser l’esprit avec ça, Kéran ! »

Katérina lui avait adressé la parole, cherchant par là le rassurer mais surtout à éviter qu’il ne s’embrouille encore plus l’esprit que maintenant. Elle lui tapota l’épaule, reprenant la parole sur un ton qui voulait plus neutre que colérique :

« De toute façon, maintenant, on sait qu’on est repérés. Ca va pas être cool les prochaines semaines, le temps que l’on reste dans ces ruines. »

« Si tu le dis … J’ai l’impression que ça va même être pire que prévu. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai cette impression qu’on nous observe depuis le ciel … ou alors à travers les ruines. »

« Y a des chances qu’on soit surveillés, ouais … Ca date pas d’hier ça. »

« Oui mais quand même … » murmura le jeune homme, peu rassuré par rapport à la situation et surtout à ce qui se faisait autour. Ces Terhals n’avaient rien pu faire face à Swar. Il ne savait pas comment, il ne savait pas pourquoi mais cette montagne ne le rassurait pas le moins du monde par rapport à tout ce qui se passait. Oh oui … Il n’était pas rassuré du tout.

« Nous devrions trouver un endroit où nous réfugier et être à l’abri. » déclara Loa, les deux autres personnes acquiesçant d’un hochement de tête.

Ailleurs, les Terhals se déplaçaient à toute allure dans le ciel, atterrissant après quelques minutes au sol. Pourtant, sans le toucher, ils avançaient sur ce qui semblait être un tapis roulant. Tout autour d’eux, différentes machines s’affairaient à leur tâche, semblant construire des morceaux de métal dont l’intérêt était plus que limité.

« Seigneur Mékos, nous sommes de retour et avons de mauvaises … »

« Nouvelles ? Je ne veux même pas savoir cela. » dit une voix métallique avant qu’un pylône de fer ne s’abatte sur le Terhal qui avait pris la parole, le réduisant en bouillie.

« Je … Nous … Nous avons des nouvelles … Enfin … Au sujet de ce trio de personnes dont les spectres vous avaient dit de vous méfier. »

« Oui et ? Faites attention à ce que vous allez dire … sinon, vous finirez comme votre ami. »

« Nos pouvoirs psychiques ont été sans effet sur le jeune homme qui possède cette épée possédée ! Nous ne savons pas comment, nous ne savons pas ce qui s’est passé mais … »

« Assez, disparaissez de ma vue, j’en ai déjà assez entendu de votre part. Que les pokémons de métal continuent leurs travaux, j’ai besoin de me renforcer … encore … et encore … et encore … Continuez ! » dit la voix métallique alors que les Terhals s’exécutaient, s’éloignant de celui qui s’appelait Mékos. Quelque chose clochait avec ce jeune homme. Même s’il possédait une arme possédée par une créature ténébreuse, son corps ne devait pas pour autant être préservé des attaques psychiques, loin de là même.

Ailleurs, encore une fois dans la montagne de fer, une créature quadrupède se déplaçait avec lenteur parmi les ruines. Pourtant, nul ne venait l’attaquer. La raison était simple, très simple même : il était l’un des leurs. Une longue corne courbée sur le sommet du crâne, la créature à la fourrure blanche observait les alentours.

« Où sont-ils ? On m’a signalé qu’ils se trouvaient par ici. »

« Tu cherches qui ? Qui est-ce que tu cherches ? Tu es Zénark, n’est-ce pas ? Le maître Mékos nous a contacté à ton sujet pour te guider. »

Deux petits Terhals venaient de faire leurs apparitions, une aura noire et violette les entourant alors que l’Absol les fixait longuement. Il semblait réfléchir à quelque chose puis finalement, l’Absol s’adressa à eux sur un ton lent :

« Comment est-ce que vous comptez m’aider ? »

« Nous savons où ils se trouvent. Nous pouvons t’y emmener si cela ne te dérange pas. Mékos a dit que tu étais une vraie tête de mule et que nous devrions faire attention quand nous parlons avec toi. Nous ne voyons pas où est le … »

Le Terhal qui avait parlé un peu trop rapidement fut tranche en deux, la corne de l’Absol arrêtant de briller après quelques secondes. Il ne restait plus qu’un Terhal, celui-ci poussant un petit soupir provenant de l’intérieur de son corps.

« Suivez-moi plutôt … Il avait la bouche toujours ouverte. »

« J’espère pour toi que ça ne sera pas ton cas … si tu comptes vivre plus longtemps. »

« Je ne suis pas fou et stupide à ce point. Veuillez m’accompagner. Je vais vous emmener vers le dernier endroit où ils ont été vus. Ensuite, je pense que vous arriverez à retrouver leurs traces le plus rapidement possible, n’est-ce pas ? »

« … … … Tu es autant un moulin à parole que ton compagnon décédé. »

Le Terhal s’immobilisa, attendant de voir si l’Absol allait le tuer ou non. Pourtant, rien n’arriva et donc, il poussa un soupir de soulagement. Jusqu’à ce qu’une lame ténébreuse ne passe à côté de lui, l’Absol reprenant la parole sur un ton neutre :

« Je te déconseille de croire que tu es sorti d’affaire. »

« O… Oui … C’est bon ! Le message est bien passé ! Je … Suivez-moi le plus vite possible ! Je crois qu’on va même accélérer le rythme. »

« Cela serait une bonne chose pour toi … oui. »

L’Absol avait réussi son petit effet, commençant à courir derrière le Terhal qui allait de plus en plus vite, se téléportant toutes les cinq à dix secondes. Il ne jetait même pas un regard derrière lui pour voir si Zénark le suivait ou non. Tout ce qu’il voulait, c’était s’en débarrasser et retourner dans les usines ! Là, il serait plus à l’abri !

Les trois personnes avaient fini par trouver une habitation qui semblait encore tenir debout, chose des plus étonnantes. Il y avait aussi un étage et aussi … des lits ? Mais ils étaient bien différents de ceux qu’ils connaissaient. Katérina se coucha sur un matelas, le testant plusieurs fois avant de dire :

« Ils avaient de drôles de lubie à l’époque mais au moins, ils semblaient dormir comme des nobles ! Kéran, tu devrais quand même essayer … »

« Je vais surtout visiter les autres pièces et … AAAAAH ! »

La jeune femme n’avait pas attendu les réclamations de Kéran, le prenant par le bras pour le tirer sur le matelas. HEY ! C’était complétement différent de ceux sur lesquels il avait pu dormir ! Et encore, en y réfléchissant bien, ça commençait à faire un sacré bout de temps qu’il n’avait pas dormit sur un matelas !

« C’est plutôt bon … Très bon même … » murmura le jeune homme, fermant les yeux tout en se roulant à moitié sur le matelas.

« Ouais … Dommage qu’il y ait pas de couverture. Et puis zut, je commence à être crevée avec tout ce qui s’est passé ! On dort ici ce soir ! » s’écria Katérina sans donner de possibilités à Kéran de la contredire. De toute façon, il semblerait qu’il n’en pensait pas moins de son côté. Pourtant, il se releva alors que Katérina avait amorcé un mouvement pour lui prendre le bras. Le jeune homme la regarda avant de déclarer :

« Je vais prévenir Loa que nous allons rester ici pour la nuit. Pendant ce temps, essaye de fouiller un peu dans cet endroit pour voir s’il n’y a pas quelque chose pour nous recouvrir. »

« Je suis pas ta bonniche, c’est clair, Kéran ? » dit la jeune femme bien qu’elle se levait à son tour, commençant déjà à fouiner parmi les différents meubles.

Loa ? Où est-ce qu’elle était ? Il descendit au rez-de-chaussée, cherchant Loa. Celle-ci était assise sur un fauteuil, des livres en main alors que le Mélancolux se trouvait à côté d’elle. On dirait bien qu’elle avait aussi trouvé son petit coin personnel.

« Je te dérange Loa ? Tu arrives à lire maintenant tout ça ? »

« Pas vraiment si tu veux tout savoir. Mais Harno peut m’aider donc ce n’est pas un trop gros problème si tu veux tout savoir, n’est-ce pas Harno ? »

« Tant que je peux te rendre service, cela me convient, Loa. » déclara le Mélancolux calmement alors que Kéran la regardait étrangement. Bizarre … Ils étaient quand même si complices. Il se demandait si un jour, il serait du même genre avec Swar. D’ailleurs, il se demandait à quoi ressemblait réellement Swar ?

« Euh … Loa … Donc, ça ne te dérange pas si on dort ici pour la nuit. Faudra quand même rester sur nos gardes mais bon … Cet endroit est pas si mal. Enfin, ça dépend. »

« Personnellement, ça ne me dérange pas. Il faudra juste que nous allions chasser. Nous sommes qu’en début de soirée. Ou alors, on peut sauter un repas. »

« Je préfère qu’on saute un repas si ça ne te dérange pas. Je n’ai pas très faim après les derniers évènements. Même si ces combats n’étaient pas des plus fatigants et dangereux, je pense que je préférai … Enfin bon … »

« BON ! KERAN ! TU TE RAMENES OUAIS OU NON ? J’ai des couvertures ! »

« Oups … » bredouilla le jeune homme aux cheveux argentés, rougissant faiblement.

« Je crois qu’une personne t’attend, non ? Tu devrais éviter de perdre du temps. »

« Euh … Bonne nuit alors, Loa. Fais de beaux rêves. » reprit-il en se grattant la joue, quittant la pièce pour retourner à l’étage.

Wow ! Où est-ce qu’elle avait trouvé une couverture aussi épaisse en laine et de couleur bleue ? Elle montra la fenêtre, signalant par là qu’elle avait déjà retiré toute la poussière qui s’y trouvait dessus. HEY ! Mais c’était vraiment une bonne chose non ?

« Est-ce que je peux venir ou non ? » demanda-t-il.

« Arrêtes tes conneries et ramène ton cul au lieu. Le lit est trop grand pour une personne. »

Alors il acceptait parfaitement l’invitation de Katérina ! Il s’installa à côté d’elle dans le lit, faisant un grand sourire. Autant oublier la petite scène avec les Terhals et juste penser à celle qui allait se dérouler ce soir, c’était tout ce qu’il voulait.