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Chapitre 104 : Traîtres

Chapitre 104 : Traîtres

« C’est ainsi que nous avons réussi à battre ces différents pokémons spectres. D’ailleurs, il est bon de noter que depuis quelques temps déjà, seuls les pokémons spectres nous agressent. Nous attaquons toujours les pokémons ténébreux mais ces derniers ne font que répliquer. Aucune attaque de leur part en plusieurs mois. »

« Cela voudrait dire qu’ils délaissent la Sainte Alliance actuellement. Mais ce que tu dis est assez problématique. Est-ce que les spectres ont quelque chose contre nous ? »

« Hum … Elian, je ne voudrai pas vous faire peur mais vous savez, quand on commence à vouloir tuer quelques personnes, cela me semble normal que les dites personnes essayent de nous tuer elles aussi. Il n’y a pas à chercher beaucoup d’explications à ce sujet. »

« Surement. Merci bien pour ce rapport, vous pouvez disposer. » déclara le chef de la Sainte Alliance à Sélia ainsi qu’aux soldats qui l’accompagnaient. Tous étaient avec un genou au sol sauf la jeune femme aux cheveux bleus.

Les soldats vinrent se lever, Sélia faisant demi-tour pour partir avant que des petits ricanements ne se fassent entendre. Elle haussa un sourcil, se retournant pour regarder les soldats qui l’accompagnaient. Qu’est-ce que … Ils n’étaient quand même pas …

« Je pensais que vous n’étiez pas possédés. » déclara-t-elle tout simplement, sortant son épée alors qu’Elian faisait de même. La lame de son arme était d’une belle couleur rose métallique.

« Et si nous possédions tous un soldat ? Qu’il n’y en avait aucun qui était tout simplement non-possédé ? Comment est-ce que tu peux savoir cela ? »

« Il marque un point, Sélia. » déclara Elian comme si de rien n’était. Sélia soupira, posant son regard sur le spectre qui lui avait adressé la parole.

« Qu’importe, il vaut mieux alors les tuer avant qu’ils ne causent quelques problèmes. » répondit la jeune femme avec lenteur.

« HAHAHA ! Vous n’êtes que deux ! Et nous sommes plus d’une vingtaine ! Tu penses vraiment que tu pourras tous nous tuer ? Tu seras morte avant ! »

Hum ? Ils ne semblaient pas les connaître. Dommage pour eux. Ils allaient vite comprendre leurs problèmes, leurs très gros problèmes. Ils ne savaient pas qui ils affrontaient. Elian eut un petit sourire, prenant la parole après quelques secondes :

« Donc, vous n’êtes que vingt ? C’était ingénieux de posséder tout le monde mais vous auriez pu tout simplement essayer de tous posséder Sélia. Elle est bien plus forte que les vingt corps que vous contrôlez, c’est dommage pour vous. »

« Ne racontez pas n’importe quoi ! Vous êtes tellement effrayés que vous proférez des inepties tous les deux ! Vous allez mourir d’une minute à l’autre ! Le temps que vos soldats arrivent, vous serez déjà morts. »

« Hum ? Mes soldats ? Pourquoi devraient-ils venir ? Deux est bien assez. »

Ce n’était même pas de la vantardise dans le ton d’Elian. Nullement de l’inquiétude aussi. Il semblait calme, très calme et serein alors qu’il s’était levé de son siège. D’un geste nonchalant, il fit un mouvement de son épée. Une lame horizontale, rose et translucide en sortit, venant trancher deux des soldats qui poussèrent des cris avant de mourir, deux pokémons spectres apparaissant à côté d’eux, morts eux aussi.

« Si nous commencions alors ? Sélia ? Veux-tu faire un petit concours de celui qui en tue le plus ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Si c’est un nombre impair, pourquoi pas ? Même si je n’aime pas trop ce genre de jeux. »

Ce n’était pas dans ses habitudes de participer à ce genre d’évènements. Mais pourquoi pas ? Au moins, cela allait l’occuper pour quelques instants. Donc, elle devait compter les deux morts qu’il avait faits dès le départ.

Le combat fut tout simplement unilatéral. Que ça soit l’un ou l’autre, les deux personnes n’avaient aucun mal à battre les différents soldats possédés. D’ailleurs, cela ressemblait à une scène de carnage mais non pas du côté du nombre, loin de là. Après plusieurs minutes, entouré par les cadavres, Elian commença à faire le compte :

« J’ai fait des petites marques pour savoir lesquels j’avais tués. »

« … … … C’est quand même vraiment ridicule d’en arriver là, non ? Enfin bon … Quels sont les résultats ? » demanda quand même la jeune femme aux cheveux bleus. Les deux personnes ne semblaient même pas se rendre compte de la situation.

« Humpf. Tu as gagné … J’en ai tué une dizaine et toi plus d’une quinzaine. Je crois que faire des marques m’a emmené à la défaite. Mes félicitations, Sélia. »

« Je ne crois pas que c’est le moment des félicitations. Nous nous sommes faits attaqués directement. Si je n’avais pas été là, je sais bien que vous auriez réussi à les battre mais la situation devient de plus en plus grave. Qui nous dit que l’un ou l’autre n’est pas possédé ? Nous ne pouvons faire confiance à personne malheureusement ! »

« Si nous commençons à sombrer dans la paranoïa, nous n’en sortirons jamais. Il vaut mieux ne pas penser de la sorte, Sélia. »

« Que faisons-nous des cadavres alors ? Je vais prévenir les soldats ? » marmonna-t-elle, peu motivée puisque l’homme ne semblait nullement inquiet par les évènements.

« Ca serait bien, oui. Merci beaucoup, Sélia. »

« De rien, rien … On va pas dire que ça me fait plaisir mais il faut bien que quelqu’un le fasse de toute façon. » termina de dire la jeune femme aux cheveux bleus, soupirant légèrement.

Des soldats se présentaient déjà en sa direction, signalant qu’ils avaient entendu du bruit. Voyant le sang sur son corps, ils lui demandèrent des explications, la jeune femme désignant tout simplement la salle où se trouvait Elian et les cadavres. Vraiment … La situation empirait mais Elian ne semblait même pas s’en inquiéter plus que ça.

Deux heures plus tard, elle fut convoquée par Elian qui avait quelque chose à lui dire. Elle était sûre d’une chose, c’était par rapport à ce qui s’était passé récemment. Il était stupide de penser qu’il avait complètement ignoré la situation. Elle se présenta au chef de la Sainte Alliance, lui aussi étant plus propre qu’auparavant. Elle demanda d’une voix calme :

« Vous m’avez convoqué, chef Elian ? »

« Ohla ! Si tu commences à m’appeler ainsi, c’est qu’il y a un problème, n’est-ce pas ? Et oui, je t’ai convoquée pour une raison que tu ne peux pas ignorer, non ? »

« Je pensais que vous alliez être celui qui allait l’ignorer mais visiblement non … Bref, qu’est-ce que vous comptez faire à ce sujet ? »

« Tout d’abord te donner un travail plus haut placé dans la Sainte Alliance. Même si je n’aurai eu aucun problème à combattre ces soldats possédés, tu n’as pas hésité un instant à venir m’épauler. De même, en vue du travail accompli depuis le temps … »

« Vous êtes vraiment sûr que c’est à moi de confier une telle responsabilité ? Je ne veux pas dire mais si un jour, je décide de quitter la Sainte Alliance pour aller retrouver Kéran … »

« Sélia … Personne ne t’empêchera jamais d’avoir une vie à côté de la Sainte Alliance. C’est à toi d’essayer de voir avec Kéran pour qu’il se range et qu’il t’accompagne. Même s’il ne veut pas faire partie de la Sainte Alliance à cause de notre autre … fonction, tu peux essayer de faire qu’il reste à tes côtés. Tu es libre. »


Libre ? Elle avait plutôt l’impression d’être enchaînée, qu’elle le voulait ou non. Pfff … Elle hocha la tête, demandant ensuite si elle pouvait partir ou non. Devant l’air maussade de la jeune femme, Elian prit la parole avec douceur :

« Vas-y … Tu peux aller te reposer. On dirait bien qu’avec tout ça, tu as l’air assez chamboulée. Tu peux même prendre quelques jours de repos. »

« Merci beaucoup … Je pense que … Je vais aller en profiter un peu justement. »

« Reviens nous donc en pleine forme et toujours prête à éliminer un maximum de spectres et de créatures ténébreuses ! Tu en es capable ! On a besoin d’une femme comme toi ! »

Ce n’était pas avec des compliments qu’il allait lui remonter le moral. Loin de là. N’y avait-il pas un moyen de communiquer avec Kéran ? Les pokémons … Est-ce qu’ils pouvaient trouver une personne qu’il n’avait jamais vue ? Elle pensait aux lettres. Lui écrire une lettre pour lui demander de ses nouvelles.

« Je suis vraiment risible et pathétique comme fille. Vraiment … » souffla la jeune femme avant de quitter la salle puis le bâtiment de la Sainte Alliance.
Depuis qu’il était parti, elle ressentait vraiment un manque dans son existence. Kéran avait été à ses côtés pendant des années. Elle ne pouvait pas l’ignorer. Maintenant, elle avait peur de le laisser seul mais il … savait se débrouiller contrairement à ce qu’elle aurait pensé au début. Kéran lui manquait … terriblement. Kéran ? Où est-ce qu’il se trouvait ?

« Ainsi … C’est donc ça la montagne de fer. »

Le jeune homme disait cela avec surprise, remarquant l’immense mont en face de lui. C’était tout simplement gigantesque ! Il se tourna vers Loa qui hocha la tête, prenant la parole :

« Il paraîtrait que c’est là-bas que vivent les derniers pokémons acier. »

« Ca m’a l’air quand même un peu immense, non ? Je veux dire, on va passer des mois à tout explorer de fond en comble, non ? »

« C’est ça ou alors, si tu as une meilleure idée, Kéran. Car que je sache, tu n’as aucun endroit où te rendre actuellement, n’est-ce pas ? »

« Disons que j’ai assez de temps libre, c’est vrai. » murmura le jeune homme, un peu gêné tandis que Katérina avait décidé de ne pas parler depuis le moment où elle s’était réveillée, à moitié avachie sur le jeune homme aux cheveux argentés.

Mais bon, ce n’était pas une raison pour se reposer non plus, loin de là. Il avait maintenant un petit objectif personnel : se rendre sur la montagne de fer et voir pour capturer un pokémon acier. Bien entendu, ça ne serait pas une chose simple et il avait fini par réussir à obtenir une noigrume. D’ailleurs, à ce sujet …

« Katérina, si tu veux bien m’adresser la parole, j’ai une petite question pour toi. Comment est-ce que ça se fait que tu ne possèdes pas de pokémon ? »

« Je t’en pose des questions moi ? Si j’apprécie pas la compagnie des autres, ça veut dire que je n’apprécie pas la compagnie des pokémons aussi. »

« Bien entendu … Bien entendu, il fallait que je me doute de cette réponse. Ça m’embête sérieusement … Réellement même. Je pense que te donner un pokémon serait une bonne idée pour que tu améliores ton comportement. »

« Non mais je t’emmerde clairement, tu comprends ça ? J’ai pas envie de pokémon ! »

« Alors pourquoi est-ce que tu as aimé prendre Lili et Lala ? »

Elle ne répondit pas, comme interloquée par les paroles de Kéran. Elle ne savait pas quoi lui répondre à ce sujet. Elle aurait envie de se mettre en colère mais elle n’y arrivait pas sur le moment. Elle serra les poings, pouffant de colère avant de détourner la tête.

« Si vous avez terminé tous les deux, nous pouvons nous rendre vers l’un des villages au bord de la montagne de fer. Normalement ils sont nombreux mais il faut que l’on se tienne renseigné à ce sujet car je crois me rappeler d’une chose concernant la montagne. »

« Et c’est quoi, » demanda Kéran, intrigué par les propos de Loa.

« Il vaut mieux que je sois sûre. Allons-y plutôt que de traîner les pieds. »

Comme elle voulait. Il jeta un regard à Katérina qui n’allait définitivement plus prendre la parole après ce qu’il venait de dire. Ah … Quel idiot mais quel idiot. Alors qu’ils allaient s’avancer vers un village qui ne payait pas de mine, Katérina s’arrêta, allant s’adosser à un arbre sans un mot. Kéran la regarda avant de soupirer.

« Je reste avec elle, encore une fois, Loa. »

« Comme tu le veux, je me doutais de cela, Kéran. Je vais me dépêcher pour obtenir les réponses à mes questions le plus rapidement possible. »

Tant mieux alors. Il la laissa partir en direction du village alors qu’il venait s’installer à côté de Katérina. Celle-ci ne daigna même pas poser un regard envers lui. Il semblait avoir touché un point sensible envers la jeune femme visiblement. Il attendit quelques minutes, lui jetant de brefs coups d’œil. Finalement, il murmura :

« Katérina, je ne voulais pas te vexer, tu sais hein ? C’est juste que … Comment dire … »

« Tais-toi, je n’ai même pas envie de te parler, c’est aussi simple que ça. »

« Enfin, tu n’es pas méchante, tu le sais très bien hein ? Entre nous … Vraiment … Katérina, sois plus gentille ! C’est tout ce que je te demande ! »

« J’ai pas envie d’être gentille ! Pas alors que je possède une bite encore plus grande que la tienne ! C’est tout ! Si j’étais encore normale, j’aurai pu l’être mais non … »

« Ça ne change rien au fait que tu peux être plus gentille ! Essaie de vivre avec … cette chose en plus. Tu en es capable ! Tu peux … Enfin, ça te plaît tant que ça d’insulter les autres ? »

« TA GUEULE ! TA GUEULE ET TA GUEULE ! Ta psychologie de comptoir, je ne veux même pas en parler, c’est compris ? »

« Comme tu veux ! Tu ne fais aucun effort au final ! Ne dors pas avec moi si c’est pour réagir de la sorte ! Tu peux te plaindre mais tu ne fais rien pour changer ! »

HEY ! Depuis quand il lui faisait des reproches, lui ? Il n’avait pas peur de s’en prendre dans les dents ? Elle fermait déjà les poings, prête à lui en enfoncer un dans les dents. Pourtant, elle n’en fit rien, le regardant fixement. Loa revint quelques minutes après, un peu soucieuse. Kéran remarqua son air, demandant :

« De mauvaises nouvelles alors ? Il fallait s’en douter. »

« Plus que de mauvaises nouvelles, des rumeurs …On va avoir de gros problèmes si tu veux tout savoir, Kéran. La montagne de fer est entièrement sous contrôle des pokémons spectres ou ténébreux. Je crois que ce sont des spectres mais bref … »

« Et où sont les pokémons aciers alors ? »

Ça ? Elle ne le savait pas du tout. Néanmoins, maintenant, ils étaient au courant que les montagnes étaient envahies par les spectres et surement en grand nombre. C’était gênant, très gênant même. Ça n’allait pas faciliter vraiment tout ce qui allait se passer.

Chapitre 103 : Distante

Chapitre 103 : Distante

« Purée, je préviens une nouvelle fois, je ne rentre pas dans cette foutue ville ! »

« Je le sais, je le sais. Tu n’arrêtes pas de le répéter, Katérina. Si tu veux te rendre intéressante, tu n’as pas besoin de faire ça, tu le sais hein ? »


Il avait dit cela sur un ton las, poussant un soupir après quelques secondes, les deux femmes se tournant vers lui. Katérina l’observait avec colère tandis que Loa semblait suspicieuse et un peu inquiète. Depuis son retour, le jeune homme ne semblait guère réellement heureux, c’était même plutôt le contraire. Qu’est-ce qu’elle pouvait faire ?

« Ne me parle pas comme ça, c’est compris ? Si t’as la rage et la haine, tu vas passer tes nerfs sur une autre personne ! » répondit Katérina sur le même ton colérique que d’habitude.

« Des fois … Je me dis que Swar a raison. Je dois être trop indulgent. »

HEIN ? Elle s’immobilisa, le fixant longuement. Ca voulait dire quoi ça ? Indulgent ? Envers qui ? Envers elle ? Il se foutait de sa gueule ! ELLE ALLAIT L’ECRASER ET ENSUITE …

« Nous sommes arrivés. » coupa la voix de Loa alors que Katérina allait prendre la parole, prête à faire souffrir le jeune homme atrocement.
Les trois personnes étaient à portée du village. Tous pouvaient voir que celui-ci n’avait rien de glorieux ou de bien fameux. Il devait avoir une centaine de personnes au maximum. La milice provenait surement de la Sainte Alliance pour les protéger.

« Je reste dehors, Loa. Je vais tenir compagnie à Katérina. »

« Ta compagnie, j’en ai rien à battre. »

Il haussa les épaules une nouvelle fois, s’éloignant de Katérina sans pour autant pénétrer dans le village. Loa observa d’abord la jeune femme puis le jeune homme avant de soupirer à son tour. Qu’ils se débrouillent tous les deux, elle avait quelques achats à faire. Katérina vint s’adosser à un arbre en face de Kéran, croisant les bras tout en fronçant les sourcils.
Lui ? Il était de marbre, parfaitement de marbre, dans la même position qu’elle, les bras croisés mais sans l’air contrarié sur le visage. Il semblait même indifférent à comment Katérina le regardait. Chose qui troublait d’ailleurs à moitié la jeune femme. En elle, une petite voix masculine vint lui murmurer :

« Et alors ? Tu l’as bien cherché non ? Si tu ne voulais pas qu’il te fasse la gueule, il valait mieux éviter de le traiter comme un Caninos, hahaha. »

« La ferme, Dumasch. Je n’ai rien à voir avec son comportement ! Je n’en ai strictement rien à battre ! Et ça ne m’intéresse pas le moins du monde ! Arrête de me faire chier ! »

« Pourtant, ton petit ustensile se durcit quand il est là non ? Tu as peur de sa réaction … Mais tu as peur aussi qu’il te touche, tu as peur qu’il se rapproche toi, tu es effrayée. Tu n’es qu’une pauvre petite fille fragile et délicate, comme la rose dans tes cheveux. »

« TA GUEULE ! » hurla Katérina, commençant à s’étrangler à moitié.

« Ca n’a pas l’air d’aller bien de son côté. » murmura le jeune homme, regardant Katérina au loin qui tentait réellement de s’étrangler.

« Cette fille est folle et possédée. Pourquoi pensais-tu que je t’avais mis en garde, Kéran ? »

« Tu me reparles ? Je pensais que nous étions partis pour plusieurs semaines sans que l’un n’adresse la parole à l’autre. Je me préparais déjà à cela, tu sais ? »

« … … … Si tu préfères, nous pouvons éviter de nous adresser la parole. Si tu le désires autant, c’est que tu es motivé à cela, n’est-ce pas, Kéran ? »

« Pas vraiment … Je n’aime pas ne pas pouvoir te parler, Swar. Surtout après tout ce que tu as fait pour moi. Dis … Est-ce que tu crois que si Katérina acceptait Dumasch en elle et surtout qu’ils avaient une relation plus amicale, ça passerait mieux entre eux deux ? »

« Je ne sais pas et je ne me suis jamais posé la question si tu veux tout savoir. »

« Ah … Oui … Sûrement, je n’aurai pas dû te dire cela, pardon. C’est juste que … Quand je te vois avec moi, je ne sais pas, je ne peux pas m’empêcher de penser que j’ai de la chance de te connaître. En plus, avoir une pokémon qui ressemble à une femme, c’est quand même surprenant et étonnant. Je ne sais pas … Enfin bon, j’ai de la chance, c’est tout ce que j’ai à dire en ce qui te concerne. Mais ne prend pas tout pour argent comptant non plus ! »

« Je le sais parfaitement en ce qui te concerne, Kéran. Tu sais, Kéran … En ce qui concerne ce que je suis réellement, peut-être qu’il vaudrait mieux que … »

« AH ! Mais arrête ça, Katérina ! T’es en train de devenir bleue ! » hurla le jeune homme soudainement, coupant Swar. Il était vrai que la jeune femme aux cheveux gris n’avait pas cessé de s’étrangler, quitte à se couper définitivement la respiration. Elle était folle ou quoi cette fille ?! On ne faisait pas ça du tout !

Il retira de toutes ses forces les mains autour du cou de Katérina, celle-ci commençant à respirer bruyamment, cherchant à reprendre le plus d’air possible alors qu’une voix amusée s’adressait à Kéran, provenant de l’intérieur de Katérina :

« Tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet. Elle voulait se tuer, ce n’est pas la première fois qu’elle me fait ce manège. Mais elle sait pertinemment qu’elle ne le peut pas. Je ne l’autoriserai pas à se tuer … Mais il est si bon de la laisser se rapprocher de la mort avant de la bloquer. »

« Vous … ne pourriez pas faire la paix, tous les deux ? Sincèrement. »

« Hum ? Moi et elle ? Hahaha ! Peut-être que la créature dans ton arme ne veut pas te posséder et semble amicale mais de mon côté, Katérina connait sa position. Elle est un objet que je peux utiliser quand je le désire. Elle n’a pas d’autres choix que de celui de se plier à ma volonté, qu’elle le veuille ou non. »

« Tu es abject. Katérina ? » murmura le jeune homme, caressant la joue de Katérina.

La jeune femme ne lui répondit pas alors qu’il venait la soulever pour la mettre assise. Ah … Elle semblait si faible et si fragile, vraiment … Dès l’instant où elle ne criait pas, où elle n’insultait pas, ce n’était pas la même femme. Pas du tout même. Sans hésitation, il vint la forcer à poser sa tête contre son torse.

« Repose-toi un peu. Et surtout, évite de t’étrangler devant moi. Je n’aimerai pas avoir à te bloquer les bras pour ça. Ça ne me plaît pas vraiment. »

« La … La ferme, Kéran. J’en ai rien à … battre. »

Elle avait encore du mal à parler correctement, quelques marques rouges étant présentes à son cou tandis que le jeune homme lui caressait doucement le crâne. Il ne pouvait pas en vouloir longtemps à cette femme … Ni à elle, ni à Swar. Il était encore trop faible pour éviter de les contrarier ou alors être en colère envers elles.

« Ca ne fait rien alors. J’y suis habitué. Maintenant, repose-toi donc … »

« J’ai dit … que je ne voulais pas. Foutu … corps ! »

Son corps ne lui répondait pas, affaibli par le manque d’oxygène pendant quelques instants. Il s’était mis assis contre l’arbre, gardant Katérina contre lui. Quelques instants plus tard, elle était avachie à moitié sur les genoux du jeune homme, les yeux fermés. Elle semblait s’être calmée. Ah … Oui. Est-ce qu’il était … Hum … Tant qu’il ne le disait pas de vive voix, il ne pouvait pas l’affirmer pour lui-même. Le problème serait la réaction de Katérina.
Ils restèrent ainsi jusqu’à ce que Loa revienne, ayant un sac bien plus rempli qu’auparavant mais aussi d’autres sacs dans ses mains. Elle se rapprocha d’eux, remarquant que Katérina s’était endormie tandis que Kéran continuait de bâiller plusieurs fois à la suite. Il cligna des yeux en apercevant Loa, marmonnant :

« Alors, quoi de neuf dans tout ce que tu as ramené et appris ? »

« Alors … Il y a la seconde tente pour toi et Katérina. J’ai aussi pris un autre sac de couchage au cas où. Vue comment elle réagit, on va éviter d’en avoir qu’un seul pour vous deux. A côté, ce sont des vivres et … Pourquoi est-ce que tu me regardes ainsi, Kéran ? »

« Car tu as encore dépensé le peu d’argent qu’il te restait pour nous … Je … Il n’y a pas de travail ? Du genre, éliminer des pokémons ou autres ? Pas de capture, je sais ce qui leur arrive. Juste du mercenariat, rien du tout ? »

« Je n’ai pas été me renseigner à ce sujet, Kéran, j’en suis vraiment désolée. Mais par contre, je peux te parler de ce qui se passe aux alentours de ce village. »

« Ah bon ? Euh … Bon, ben, installes-toi là où tu peux. Tu as beaucoup fait. Dès que je trouverai le moyen de te rembourser, tu auras ton argent. »

Elle fit un geste négatif de la main pour dire que ce n’était pas grand-chose tandis que Kéran hochait quand même la tête positivement. Qu’elle le veuille ou non, ça ne changeait rien ! Il la rembourserait ! Puis quoi encore ? Bon, il devait juste l’écouter d’abord.

« Cela concerne principalement la Sainte Alliance, Kéran. Je pensais que tu avais envie de te tenir au courant, non ? Donc, tu veux que je t’en parle ? »

« Est-ce que ça concerne aussi Sélia ? Du moins, elle personnellement ? »

« Pas vraiment … Enfin bref, tout cela pour te dire … Hum ? »

Loa s’était arrêtée, Katérina bougeant un peu dans son sommeil pour venir jusqu’à se loger et coller plus son corps contre celui de Kéran. Elle semblait même en profiter un peu, Kéran toussant légèrement tout en rougissant.

« Tu vois, Loa, quand elle dort, elle est vraiment … différente. »

« Ca ne semble pas te déplaire, Kéran, est-ce que je me trompe ? »

« Pas … Pas vraiment, on va dire. » bredouilla le jeune homme aux cheveux argentés, invitant Loa à continuer à parler. Il fallait dire que la position n’était pas vraiment dérangeante pour Kéran, loin de là. Il appréciait grandement le contact de Katérina contre le sien. Même si bien entendu, il fallait que la culotte « rembourrée » de la jeune femme soit sur sa cuisse, ce qui lui permettait alors de … ahem … sentir cette particularité.

« Bref … Tout cela pour te dire que la Sainte Alliance a un sérieux problème interne. De plus en plus de personnes sont possédées par les pokémons spectres et il semblerait qu’un ménage ait commencé. Néanmoins, difficile de savoir qui est réellement possédé ou non. »

« Euh … J’espère qu’ils ne vont pas penser à les torturer. Qu’ils ne touchent pas à Sélia sinon, je risquerai de me fâcher. »

« Non, non, je ne pense pas qu’ils vont torturer, ce n’est pas dans leurs méthodes. »

« Tu as l’air d’oublier l’autre « faction » de la Sainte Alliance. » rétorqua Kéran avec un peu d’ironie dans la voix. « Oh ! Désolé, ce n’était pas contre toi que … »

« Ce n’est rien, c’est déjà oublié. Et tu as sûrement raison mais bon, cette Sélia est une femme forte, très forte, non ? »

« Oh, ça je ne te le fais pas dire ! Elle possède même un pokémon métallique ! Tu imagines ? J’en ai jamais vu ou presque ! En fait, pour tout te dire, j’en ai jamais vu à part le sien. »

« Un pokémon métallique … Ce que tu dis est quand même surprenant. Il paraîtrait que ce sont des pokémons issus d’une ancienne civilisation. Ils avaient une résistance hors du commun et des pouvoirs spéciaux. »

« Ah oui ? Enfin bon, la résistance, je veux bien te croire. Si c’est du métal, ça doit être sacrément costaud. Pour les pouvoirs spéciaux, chaque pokémon en possède un ou plusieurs donc bon … » marmonna le jeune homme. Ils avaient dérivés de la conversation initiale qui concernait indirectement Sélia. Ah … Sélia … Il était quand même un peu inquiet pour elle. Malgré les saloperies qu’elle avait faites. Même si ce n’était pas elle directement, il … Ah … Vraiment … Ce n’était pas de bien penser à une femme quand on en avait une autre sur soi.

Ailleurs, Sélia était entourée par plusieurs hommes et femmes, son armure étant tachée de sang. Plusieurs corps étaient au sol, que cela soit des pokémons ou des humains, ils ne faisaient pas la différence. Elle rangea son épée, ayant délaissé ses haches depuis le temps.

« Quel est le rapport de nos pertes ? »

« Trois hommes, mademoiselle Sélia. Mais ces spectres n’ont pas cherché réellement à se battre contre nous. Nous devrions vérifier qu’aucun d’entre nous ne soit possédé. »

« De mon côté, aucun spectre n’a pu me toucher et j’étais à distance de tout cadavre. » déclara la jeune femme aux cheveux bleus, peu inquiète.

Elle observa les soldats qui commençaient à parler entre eux, donnant quelques questions pièges auxquels aucun ne tomba dedans. D’autres vinrent même blesser faiblement leurs alliés pour être sûrs mais tout ne donna rien.

« Personne n’a été possédé, mademoiselle Sélia ! »

« Alors, retournons en ville. Nous allons faire le rapport au chef Elian. »

« Comme vous le désirez, mademoiselle Sélia ! » répondirent en chœur tous les soldats alors qu’elle rangeait son arme. Ah … Une mission accomplie. Cela lui faisait un peu bizarre d’avoir réussi cela mais bon, c’était tant mieux, n’est-ce pas ?


Oui … C’était surement le cas. Elle n’était pas motivée, pas vraiment … Pas du tout même. El poussa un profond soupir avant d’accompagner les soldats jusqu’en ville. Bon … Où était le quartier de la Sainte Alliance ici ?

« Rendez-vous là-bas. Pendant ce temps, je vais aller me reposer dans une auberge. Je n’ai pas besoin des chambres de la Sainte Alliance. »

« Euh … Sélia, il vaudrait mieux que vous nous accompagnez au cas où. Ça serait bien mieux que celle qui nous dirige soit celle qui fasse le bilan. »

« … … … Oui, sûrement. C’est même très logique. »

Tellement logique mais en même temps, elle était tellement démotivée. Elle avait envie de revoir Kéran, de vraiment mettre les points sur les i. De discuter à cœur ouvert avec lui. Peut-être même de lui avouer quelque chose … de vraiment personnel.

« Je ne suis dans le fond qu’une gamine. »

« Mademoiselle Sélia ? A qui est-ce que vous parlez ? » demanda l’un des soldats.

« A personne, à personne. Allons donc voir Elian. »

Que cette affaire soit réglée et qu’ensuite, elle aille se reposer. Partir à la recherche de Kéran ? Tout abandonner ? Mais ça voudrait vivre du mercenariat. On ne pouvait pas effacer ce qui s’était passé. Dorénavant, c’était trop tard, elle le savait pertinemment.

Chapitre 102 : Impuissance

Chapitre 102 : Impuissance

« POURQUOI ? POURQUOI JE NE PEUX PAS LE TROUVER ? »

Une voix criait, comme enragée à l’intérieur du corps d’un homme d’une trentaine d’années. Celui-ci semblait souffrir atrocement, sa main posée sur son ventre. Celui-ci se gonflait par intermittence, l’homme hurlant :

« Lâchez-moi ! Quittez mon corps ! Quittez-le ! Vous me faites mal ! »

« LA FERME ! Tu n’avais pas qu’à être aussi faible ! J’ai jamais vu un homme aussi pitoyable que toi ! A part les précédents dans lesquels je me suis infiltré ! FAIS CHIER ! »

La voix reprenait avec rage avant que le ventre ne s’ouvre en deux, tout ce qui composait son intérieur en ressortant avec violence. L’homme hoqueta sur le coup avant de s’écrouler en arrière, mort sans même y pouvoir faire quelque chose.

« M’énerve ! Ça m’énerve ! Pourquoi sont-ils tous aussi faibles ?! Il n’y a aucun corps capable de me supporter ou quoi ? AUCUN CORPS ? »

Comment est-ce qu’ils s’étaient débrouillés ? Lui ? Depuis des années, il passait de corps en corps, n’arrivant jamais à trouver un hôte assez puissant et endurant ! Pourtant, des types haineux, il en connaissait par centaines, par milliers même ! Mais non, ce n’était pas suffisant, loin de là même ! Il fallait un corps consumé intérieurement par la haine mais qui ne le montrait pas directement. Une véritable boule de haine à l’intérieur de soi ! Alors, il irait la dévorer puis posséder ensuite ce corps. C’était ça dont il avait besoin, ce dont il avait terriblement besoin ! Il avait tellement besoin de puissance !

Tellement besoin … Ah … Ah … Ah … Il observa le corps dont il était sorti, celui-ci étant sans vie depuis son action. Sans aucune hésitation, il ouvrit la bouche, commençant à le dévorer comme si de rien n’était. Au moins, cette personne allait se rendre utile. Il avait faim, terriblement faim, une faim qui ne pouvait pas être rassasiée tant qu’il ne trouvait pas un corps à posséder ! Un corps capable de le supporter !

« Saleté, saleté, saleté ! Je le trouverai ! Je le trouverai ce corps … comme eux ! Je trouverai un corps et je reviendrai, je leur ferais tous payer ce qu’ils ont fait ! HAHAHA ! »

Mais ça ne serait jamais assez. Il allait utiliser ça … mais pour ça, il fallait plus de force, plus de puissance ! Il allait tous les dévorer, les uns après les autres ! Si les spectres étaient les incarnations des cauchemars, lui-même en était le parfait représentant, celui à l’origine de tous ! Dévorer ces personnes, une par une, deux par deux, trois par trois, toutes ! TOUTES ! Mais pas seulement ces personnes ! Pas seulement ! Les pokémons aussi allaient être dévorés les uns après les autres ! Il ne ferait aucune distinction, hahaha !

« Qu’ils crèvent tous, les uns après les autres … Il fallait s’en douter qu’ils nous trahiraient … Tous … Tous … Tous … »

On disait souvent que les ténèbres pouvaient consumer une personne, non ? Lui, il pouvait rendre cette image réelle. Consumer ces personnes … HAHAHA ! Il devait la trouver, il devait trouver cette personne qui serait capable de le supporter !

Ailleurs, dans la ville, la jeune femme aux cheveux bleus termina de poser son regard vers le ciel. Elle avait autre chose à faire … oui … Elle était normalement occupée. Elle devait retrouver les autres soldats avant de se faire réprimander par son chef.

« Ah. Te voilà donc, Sélia. On m’a signalé que tu avais quelques problèmes. »

Hum ? Elle tourna son visage vers la voix masculine, remarquant son chef Elian qui se trouvait non-loin d’elle. Il fit quelques pas en sa direction, arrivant à sa hauteur avant de reprendre sur le même ton calme qu’auparavant :

« Pardonne-moi, je ne voulais pas te déranger mais les autres soldats étaient inquiets. »

« Inquiets car je ne suis pas derrière eux 24 heures sur 24 ? Je ne suis pas une gardienne d’enfants. Ils peuvent quand même se débrouiller sans moi, non ? »

« J’aimerai bien penser que ça soit le cas mais visiblement, tu es devenue de plus en plus importante pour la Sainte Alliance. J’en suis désolé. »

« Pas besoin de t’excuser, tu n’y peux rien de toute façon. Et alors ? »

« Et alors ? Tu ne m’as toujours pas dit ce qui n’allait pas hein ? Si je suis là, c’est pour cette raison à la base, tu vois. Il faut quand même que je m’interroge sur la baisse de moral de mes troupes, surtout de celle de l’étoile montante. »

L’étoile montante ? Elle n’appréciait pas vraiment ce nom même s’il était vrai qu’elle devenait de plus en plus importante au sein de la Sainte Alliance. Il fallait dire que son travail était de plus en plus exemplaire à chaque mission.

« L’étoile montante … Mais je ne sais pas si j’ai fait le bon choix. »

« Le bon choix ? De quoi est-ce que tu veux parler ? » demanda l’homme avec un peu d’inquiétude dans la voix tandis qu’elle ne lui répondait pas. Pas tout de suite.

Elle n’était pas motivée à parler … Loin de là même. Elle fit quelques pas pour s’éloigner d’Elian mais celui-ci la suivait. De toute façon, elle ne pouvait pas l’en empêcher. Il était son chef et elle le savait parfaitement. Finalement, après quelques instants, elle murmura :

« C’est au sujet de Kéran. Vous savez … Nous nous sommes disputés. »

« Mais je pensais qu’entre temps, vous vous étiez réconciliés non ? »

« Si seulement c’était vrai … Enfin bon, il faut savoir que Kéran est au courant de l’autre … activité de la Sainte Alliance. J’ai l’impression de l’avoir trahi, d’avoir trahi tout ce en quoi il croyait depuis des années. Je suis abjecte. »

Malgré la dureté de ses paroles et ses tremblements, elle ne pleurait pas. Elle n’était pas comme ça … pas en la présence des autres, seulement celle du jeune homme aux cheveux argentés. Elian la regarda quelques instants, ne disant plus rien avant de hausser les épaules. Ce genre de sentiments, il ne pouvait pas vraiment l’aider.

« Tu sais ce qu’il faudrait que tu fasses ? »

« Dites toujours … Je verrais après si c’est quelque chose qui me plaît ou non. »

« Que tu partes en mission. Ainsi, cela t’occupera l’esprit. »

Peut-être, elle ne savait pas … Elle ne savait pas si cela était une bonne ou une mauvaise idée. En même temps, elle n’avait pas vraiment envie de se préoccuper de tout ça, il fallait dire. C’était même loin de ça, très loin. Elle préférait … Ah … Elle ne savait pas …

« Peut-être. Peut-être que oui, Elian. Mais en quoi consisterait la mission alors ? »

« On m’a signalé de nombreuses attaques de pokémons spectres … Ah … Et donc, il semblerait qu’il faut que tu ailles faire un peu de ménage de ce côté. »

« Des spectres ? Ça ne sera pas forcément très difficile. Cela dépend du nombre mais ça ne sera pas un problème. »

Elle remarquait aussi qu’Elian n’avait fait aucune remarque au sujet de Kéran qui connaissait la seconde activité de la Sainte Alliance. Pourtant, ce n’était pas une activité dont on pouvait réellement se vanter, n’est-ce pas ?

« Ils semblent assez nombreux et nos troupes sont suffisamment puissantes pour s’en occuper mais tu verras … Il y a un petit souci. »

Un petit souci ? Elle ne posa pas la question, semblant savoir ce dont il s’agissait. Il n’y avait pas tellement de choix lorsque cela concernait les spectres. Ces soldats … allaient avoir des soucis de plus en plus grands. Pourtant, elle demanda :

« Est-ce en rapport avec ce qu’il s’agit depuis quelques semaines ? »

« Nous ne pouvons faire confiance à personne ou presque à cause de tout cela. »

Elle comprenait parfaitement le problème du chef de la Sainte Alliance. Elle hocha la tête positivement, attendant quelques secondes avant de terminer par dire :

« Je m’en occupe. Donnez-moi les coordonnées et dites aux soldats qui m’attendaient que je ne vais pas venir avec eux au passage. »


Bien entendu. Il lui indiqua où elle devait se rendre tout en lui disant de faire attention. On ne pouvait jamais réellement savoir sur quoi elle risquait de tomber de toute façon. Il valait mieux alors rester sur ses gardes et ne pas faire d’imbécilités. Elle ne rétorqua pas aux phrases d’Elian, quittant la ville quelques minutes plus tard.

Alors … Elle devait se rendre où exactement ? Ah … Dans une plaine avoisinante la ville où elle se trouvait encore il y avait quelques minutes ? Hum … Où est-ce que Kéran était maintenant ? Elle n’appréciait pas le fait qu’il soit accompagné par cette femme. Mais après, elle ne la connaissait pas spécialement. C’était juste que … Elle se sente mal de savoir qu’il était avec quelqu’un d’autre qu’elle. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que ça se passe ainsi ?

« ME TOUCHE PAS, BORDEL ! »

Kéran venait de se retrouver projeté au sol, Katérina l’ayant repoussé avec une certaine violence alors qu’il gémissait de douleur. Ce qui lui prenait ? Tout simplement la familiarité du jeune homme qui continuait de marcher à ses côtés.

« Kéran ? Tu veux de l’aide pour te remettre debout ? » demanda avec douceur Loa, tendant sa main qu’il prit. Il murmura faiblement en regardant Katérina :

« Vraiment une sacrée tête de mule. C’est difficile de la comprendre. Je devrais plutôt éviter de me mêler de son histoire mais je ne peux pas m’en empêcher malheureusement. »

« Tu sais, quand on a quelques sentiments envers une personne, il est plus facile de lui pardonner qu’on ne le pense hein ? »

« Hahaha … Surement, c’est surement ça, c’est vrai. » dit-il en rigolant, se remettant correctement debout grâce à l’aide de Loa. « La ville n’est pas trop loin non ? Et peut-être que là-bas, nous obtiendrons quelques informations sur ce que nous pourrions faire. »

« Nous devrions y être d’ici une heure ou deux au grand maximum. De toute façon, s’il y a des chemins tracés dans la terre, c’est bien pour que nous les suivions non ? »

« Ou peut-être alors qu’ils nous mènent tout droit dans la gueule d’un pokémon spectre gigantesque qui n’attends que ça pour nous dévorer ? »

Devant l’absurdité des propos de Kéran, Loa rigola fortement, le jeune homme venant la rejoindre. Il fallait dire qu’il avait été la chercher loin cette phrase, très loin même ! Hahaha ! Katérina s’immobilisa, se retournant vers eux en fronçant les sourcils :

« Si vous vous foutez de ma gueule, ça risque de très mal se finir. »

« Mais non, mais non, je racontais juste une idiotie à Loa qui a trouvé cela plutôt drôle. »

« … … … J’ai tellement envie de te buter en ce moment. » dit la jeune femme aux yeux dorés, ces derniers posés sur Kéran.

Ah bon ? Ça ne changeait pas de d’habitude, n’est-ce pas ? Il avait envie de lui dire ça mais ça reviendrait tout simplement à l’énerver encore plus qu’auparavant. Ah … Et en même temps, il y avait bien une personne qui restait muette depuis déjà quelques temps. C’était assez inquiétant en soi. Il murmura à Loa :

« Je vais m’éloigner un peu, je vais voir ce qui ne va pas avec Swar. Elle ne parle plus. »

« Oh … Nouer une relation amicale avec le pokémon qui se trouve dans ton arme, c’est une bonne chose. Tu peux disparaître, il n’y a pas de soucis. De toute façon, nous ne faisons que suivre le chemin donc tu n’es pas perdu. »

« Merci bien. Pour Katérina, pas besoin de lui donner d’explications. De toute façon, vu son humeur, elle en aura surement rien à faire de moi. »

« Je ne sais pas. Tu n’as pas l’air de très bien connaître les sentiments féminins, n’est-ce pas, Kéran ? Enfin bon, je n’ai pas de dessins à te faire. »

Hahaha. Il dériva du chemin, s’enfonçant parmi les arbres. Quand il fut assez distant de Katérina et Loa, il sortit son épée, commençant à frotter la lame en y passant l’un de ses doigts. Finalement, la voix de Swar se fit entendre :

« Que me veux-tu, Kéran ? »

« Tout simplement, j’ai envie de parler avec toi. Est-ce que je le … »

« Fin de la conversation. » coupa la voix dans l’arme avant de ne plus parler. Kéran poussa un petit cri de surprise, ne s’attendant pas à une telle réaction.

« Attends un petit peu ! Je viens prendre de tes nouvelles ! J’ai le droit non ? HEY ! Aller ! »

« Non, tu n’en as pas le droit. Si je refuse de te laisser prendre de mes nouvelles, c’est qu’il y a une bonne raison, non ? » rétorqua l’arme.

« Car il y a Katérina et que tu ne l’aimes pas, je sais parfaitement que c’est pour ça que tu ne veux pas parler. Mais quand même, vous ne pourriez pas faire la paix, toutes les deux ? »

« Faire la paix ? Par rapport à quoi donc ? Je n’ai pas de paix à déclarer avec elle. »

« Swar, tu sais très bien de quoi je veux parler. Même si elle est grincheuse et … »

« Et qu’elle possède un sexe surement plus grand que le tien … »

« HEY ! C’est une attaque très vile et basse ce que tu viens de faire ! »

Il avait bredouillé cela avec gêne tandis que l’épée laissait paraître une aura noire autour d’elle. Elle ne semblait guère autant amusée que le jeune homme par rapport à la situation.

« Kéran, rentre-toi cela dans le crâne. L’être dans Katérina est un spectre, je suis une créature ténébreuse. Nous nous détestons jusqu’au plus profond de nos âmes. »

« Et alors ? On parle de l’être en Katérina, pas de Katérina en elle-même ! »

« Il ne faut pas oublier son langage et autre … Kéran … Il se pourrait bien que Katérina t’emmène bien plus d’ennuis que tu ne le penses. Elle est une source de problèmes plus importante que tu ne le crois. Il vaut mieux pour toi que tu l’abandonnes le plus tôt possible. »

« Hors de question. En fait, je n’aurai pas dû te parler, Swar. Je voulais juste que tu fasses la paix ou au moins qu’on discute mais ce que tu me demandes … C’est non. Je refuse une telle chose. Il en est hors de question. Merci bien et au revoir. »

« Ca ne fait rien. » déclara Swar, stoppant définitivement cette conversation. Qu’importe s’il était en colère … Ce n’était pas ça qui importait sur le moment. Si elle devait avoir une relation détruite avec Kéran pour arriver à ce qu’elle désirait, ce n’était pas grave.

Chapitre 101 : Infiltrés

Cinquième axe : Des liens détruits

Chapitre 101 : Infiltrés

« Hum … C’est vraiment bon … »

Le jeune homme aux cheveux argentés marmonnait à moitié dans son sommeil, sentant des cheveux contre son visage. Et puis, il avait plutôt chaud, il était près de quelque chose qui lui réchauffait le corps. Ouvrant ses yeux bleus, il vint les poser sur la jeune femme aux cheveux de même couleur que les siens et qui lui tournait le dos. Katérina ? Katérina était là ? Elle était quand même venue au final, non ? Mieux encore. Elle s’était infiltrée dans le sac à dos qu’elle avait laissé ouvert pour ne pas être trop collée à lui. Ah ! Il adorait ça ! Vraiment … Il adorait plus que tout ce qu’elle faisait. Il savait ce qu’il pouvait faire, enfin, ce qu’il devait faire maintenant qu’elle était dans ses bras. Avec tendresse, il passa justement son bras pour poser sa main sur le ventre à moitié découvert de la jeune femme.

« Il vaut mieux que je le garde près de moi, héhéhé. »

Il avait dit cela en émettant un petit ricanement. Heureusement pour lui que Swar ne parlait pas sinon, il aurait été confus, très confus même. Mais maintenant, c’était différent. Qu’importe ce qui se passait, il avait la jeune femme auprès de lui et c’était le plus important. Ah … Il ferma les yeux une nouvelle fois, réfléchissant à la situation. Oh et puis zut ! Il commença à caresser faiblement le ventre de Katérina, celle-ci marmonnant quelques paroles dans son sommeil. Puis il s’arrêta subitement.

« Ahem … Je crois qu’il vaudrait mieux que je stoppe tout ça. »

La raison était très simple. Il voyait une petite bosse qui grandissait dans la culotte blanche de la jeune femme. AHEM ! Il valait mieux arrêter tout cela. Oui … C’était vraiment la meilleure idée à faire. Pourtant, alors qu’il retirait sa main, Katérina vint l’attraper.

« Je peux savoir ce que tu comptais faire, Kéran ? »

« Hein ? Que quoi ? De rien, rien du tout, Katérina. Dors donc, il est encore bien assez tôt. »

« Bien assez tôt, bien assez tôt. Je n’ai pas de consignes à recevoir de ta part, c’est compris ? Si je ne veux pas dormir, je ne dors pas. »

Comme elle voulait, comme elle voulait ! Il n’allait pas la forcer non plus. Pourtant, elle gardait la main du jeune homme contre son ventre, ne se retournant pas. Est-ce qu’elle ne voulait pas le lâcher ? Après ce qu’il voyait … Cette bosse. Ahem … On pouvait dire qu’elle était en bonne santé, n’est-ce pas ? C’était les termes à utiliser.

« Et cette connasse, pourquoi est-ce que vous dormez dans la même tente ? »

« Car je n’ai pas les moyens d’en acheter une autre. Tu sais, j’ai quitté l’Enceinte il y a de cela quelques temps. Donc bon, je ne roule pas sur l’or. »

« Ta vie ne m’intéresse pas, c’est pourtant pas compliqué à comprendre, Kéran non ? Alors lâche-moi et laisse-moi tranquille. »

Comme elle le désirait. Pourtant, c’était elle qui le retenait, n’est-ce pas ? Sans rien dire, il vint embrasser son épaule nue. Elle se laissa faire, tremblant un peu, ne disant plus rien par rapport à ce qui se passait. Le jeune homme en faisait peut-être un peu trop.

« Hum … Vous êtes déjà réveillés, tous les deux ? » demanda Loa, posant son regard sur Katérina et Kéran qui se trouvait derrière elle.
Katérina quitta le sac de couchage, se redressant subitement comme si elle était en colère. Qu’est-ce qu’il avait dit encore ? Rien du tout non ? Alors, il n’y avait pas de raison de se mettre en colère ou de s’énerver ! Loin de là même ! Il se releva à son tour, Loa poussant un petit soupir amusé avant de dire :

« On dirait bien qu’elle a le réveil grincheux, n’est-ce pas ? »

« Disons plutôt qu’elle aurait préféré que tu ne te réveilles pas alors qu’elle était à côté de moi. Elle est surement venue pendant la nuit. Il ne fait pas très chaud ces derniers jours. »

« Oh ? Donc, elle pensait qu’elle pourrait avoir un peu de chaleur en se serrant contre toi ? »

Il vint rougir tout en rigolant, hochant la tête positivement. Bien entendu ! Et il ne trouvait pas ça déplaisant ! Il sortit de la tente, regardant par où était parti Katérina. A part ce petit problème de … pénis, il ne pouvait pas nier qu’il avait quelques sentiments pour la jeune femme. Maintenant, il n’était pas forcément sûr que ça soit réciproque. Il savait juste qu’elle ne le détestait pas autant qu’elle voulait le montrer.

« Katérina ? Où est-ce que tu es ? »

« Te ramène surtout pas ! J’ai une affaire à régler, c’est clair ? »

Une affaire à régler ? Comment est-ce que … AH ! Il était déjà en train de s’imaginer Katérina qui se masturbait à cause de l’excitation. Ça ne pouvait pas être ça quand même ? Katérina était plus décente que ça, n’est-ce pas ? Pourtant, lorsqu’il revint, il jeta un regard à ses mains, Katérina lui demandant :

« Quoi ? Pourquoi tu me reluques comme ça encore une fois ? »

« Hein ? Pour rien du tout, Katérina. Pour rien du tout. Je vais aller chasser, tu veux venir ? »

« J’ai rien d’autre à faire et faut que je me réveille un peu mieux donc pourquoi pas ? »

Alors qu’ils se mettent en position maintenant ! Ils avaient encore pas mal de chemin à faire avant de trouver de quoi se nourrir pour aujourd’hui. Il revint dans la tente, prévenant Loa tandis que Katérina était déjà en train de partir. Il n’avait pas pu vérifier … et il ne voulait pas ressembler à un être lubrique.

Ce n’était pas son genre. Quelques instants plus tard, il vint rejoindre Katérina, celle-ci l’attendant contre un arbre, adossée à ce dernier. Elle fit un geste de la tête pour l’inviter à avancer, chose qu’il exécuta sans aucune réticence. Passer un peu de temps avec Katérina, il ne pouvait pas nier que ça lui faisait grandement plaisir.

Une bonne demi-heure plus tard, la viande était déjà en train d’être chauffée grâce au feu crée par Kéran avec quelques morceaux de bois. Ils avaient rapidement trouvé de quoi se nourrir et même s’ils venaient de se lever il y a peu, les trois personnes avaient faim. Pourtant, alors qu’ils mangeaient tous en silence, Loa prit la parole :

« Nous devrions parler de la marche à suivre. »

« Hum ? Comment ça ? » questionna le jeune homme, Katérina s’étant assise contre un arbre pour ne pas avoir à suivre la conversation.

« Où est-ce que nous allons aller ? Tu as peut-être une idée ? »

« Pas vraiment, je dois l’avouer … Je ne sais pas vraiment où on doit se rendre. En fait, je ne sais même pas ce que je vais faire maintenant. »

« Rien du tout, comme d’habitude. T’as pas de buts dans la vie à part agresser sexuellement les jeunes femmes et essayer de les pourchasser. »

« Pas besoin, je t’ai déjà attrapée. » répondit-il aussitôt après les paroles blessantes de Katérina, éclatant de rire.

« Tsss … Va te faire foutre, Kéran. » répliqua Katérina tout en détournant le regard. Elle n’avait même pas envie de continuer à discuter avec lui à ce sujet. Elle avait juste envie de lui dire d’aller se faire voir ailleurs. Loa toussa un peu, reprenant :

« Enfin bref … Peut-être devrions-nous nous rendre dans une ville ? Pour faire quelques achats ? Ca ne serait pas une mauvaise idée, n’est-ce pas ? »

« Comptez pas sur moi pour me rendre dans une ville. »

Le jeune homme haussa les épaules, soupirant à son tour. Il s’en doutait mais un jour, il aimerait bien savoir ce qui s’est passé avec Katérina pour qu’elle refuse ceci. Ce n’était quand même pas normal, non ? Qu’elle refuse autant d’aller dans une ville. Pourtant, il ne vint pas lui poser de questions, ça ne le concernait pas.

Du moins, si … Ca le concernait mais si Katérina ne voulait pas se confier, il ne pouvait pas forcer la jeune femme non plus hein ? Il n’était pas un monstre, loin de là même. Il ne voulait pas … la rendre triste. Loin de là. Ah … Katérina. Il lui fit un petit sourire alors qu’il arrivait vers elle, tenant dans ses mains de quoi la nourrir.

« Arrête avec cet air niais peint sur le visage, ça m’énerve plus que tout. »

« D’accord, Katérina. Tiens, voilà à manger. »

Il lui tendit son repas, gardant son sourire alors qu’elle haussait les sourcils. Elle ne l’aimait pas … Elle n’aimait pas le sourire sur son visage. Il avait quelque chose de vraiment différent par rapport à avant mais elle ne savait pas quoi. Il semblait si … faux. Pourtant, elle aussi ne lui posa pas de questions, ça ne la concernait pas et elle n’en avait rien à faire de lui. Du moins, c’était ce qu’elle voulait montrer comme apparence.

Après le repas, comme Loa l’avait proposé, il fut décidé qu’ils allaient se rendre en ville. Là-bas, ils iraient acheter une nouvelle tente avec le peu d’argent qu’ils avaient, malgré les réticences du jeune homme.
Car oui, il ne voulait pas qu’elle dépense son argent pour eux mais elle lui avait signalé que ce n’était rien et que de toute façon, elle ne l’utilisait pas alors autant qu’il serve à quelque chose, n’est-ce pas ? Katérina avait déclaré qu’elle ne la remercierait pas pour cela.

« Je ne t’en demandais pas autant mais ainsi, vous aurez une tente pour tous les deux. »

« Et qui a dit que je voulais dormir avec cet abruti hein ? »

« Oh … Ce n’est pas comme si tu avais vraiment le choix. Je suis quand même sûre que tu préférerais dormir dans la tente plutôt que dehors, non ? »

« Ouais, je dors dans une tente et Kéran dort dehors. L’affaire est réglée ! » rétorqua Katérina, peu enclin à continuer cette conversation qui allait lui taper sur les nerfs.


Elle commença à s’éloigner sans plus de mots, prenant une profonde respiration pendant qu’elle faisait plusieurs pas pour prendre de l’avance par rapport aux autres. Pourtant, Kéran quitta Loa pour rattraper la jeune femme aux cheveux argentés, cherchant à discuter de tout et de rien avec elle. Il rigolait même tout seul alors que Katérina ne lui répondait pas. A côté de Loa apparut le Mélancolux, les deux personnes parlent entre elles de ce qui se passait devant les yeux de la Docte.

Ailleurs, dans un endroit inconnu de tous bien qu’il était possible de voir une ville à l’horizon, plusieurs créatures étaient réunies en cercle, semblant être capables de discuter entre elles. La conversation était plus qu’animée et mouvementée, tous parlant en même temps.

« Alors, ça donne quoi ? On a encore subit un massacre, il paraîtrait ! »

« Pas il paraît, c’est clairement un massacre ! On a perdu toutes nos troupes là-bas ! Le chef risque de ne pas apprécier ça … Pas du tout même. »

« Ouais mais on ne peut rien y faire. Foutue sainte alliance ! Elle nous pourrit l’existence ! »

« Hahaha ! Mais t’en fait pas, ça va s’arranger. De toute façon, ceux qui sont morts reviennent forcément à la vie si tu vois ce que je veux dire. »

Plusieurs voix ricanèrent en même temps de l’humour de la dernière qui avait pris la parole. C’était vrai. Totalement vrai … Tuer le corps qu’un spectre possédait ne voulait pas dire que ce dernier était mort. Oh … La Sainte Alliance n’était pas forcément non plus stupide, loin de là mais elle était perfectible.
Elle ne pouvait pas savoir où ils se trouvaient tout le temps. Les spectres pouvaient envahir tout et n’importe quoi. Que cela soit tout simplement un objet banal comme une table ou alors une arme … ou une personne. Tout était un prétexte à se faire envahir par un pokémon spectre. Oui … Et il suffisait alors d’attendre le petit instant où la sainte alliance se relâchait pour les tuer ou mieux ! BIEN MIEUX MÊME !

« D’ailleurs, à ce sujet, qu’est-ce que ça donne ? »

« Ca donne quoi, quoi ? De quoi est-ce que tu parles encore ? »

« Par rapport aux envoyés à l’intérieur de la Sainte Alliance, on a des nouvelles ou non ? Qu’on sache si c’est pour bientôt qu’on pourra planter la tête de ce foutu Elian au bout d’une lance de ses propres soldats ! »

Les voix commencèrent à rigoler entre elles tandis que les discussions reprenaient, de plus en plus vives. L’idée même que la Sainte Alliance soit détruite de l’intérieur était une bonne idée, une excellente idée même. C’était pour cela qu’ils mouraient, qu’ils manipulaient. Ces types qui essayaient sans cesse de les tuer ! Ils devaient mourir ! La place qu’ils avaient été bien plus légitime que la leur ! Comment osaient-ils les combattre ? Comment osaient-ils se rebeller ? Ils étaient présents depuis des décennies, des siècles, des millénaires ! Personne d’autre ne méritait cette place qu’ils possédaient ! PERSONNE !

« Continuez les assauts sur la Sainte Alliance, sur chaque personne, sur chaque pokémon qui tenterait de nous résister. Un jour, il reviendra … et cette planète sera sous son contrôle. »

« Mais on a aucune nouvelle de lui ! On sait juste qu’il n’est pas mort ! Il a réussi à s’enfuir quand il fut mortellement blessé mais on ne sait pas où il se trouve ! »

« Qu’importe, cela ne nous empêche pas de continuer son œuvre en attendant son retour. Tout cela n’est qu’une s question de temps, nous avons l’éternité. » termina de dire la voix qui avait été bien plus calme que les autres depuis le début.

Ailleurs, dans une ville, une jeune femme aux cheveux bleus était en train de marcher à côté d’autres personnes. Toutes portaient des armures alors que la jeune femme tenait un morceau de papier dans sa main. Elle murmura :

« Ah … Vraiment … Je n’arrive pas à croire ça. La Sainte Alliance a encore perdu des hommes à quelques kilomètres d’ici. »

« Sélia, nous devrions nous rendre là où le chef Elian nous a dit de l’attendre. Ca serait mieux que de rester ici à poireauter. »

« Oui … Bien entendu, bien entendu .Rien ne presse aussi, non ? »

« Non, ce n’est pas vraiment ça que je voulais dire et … »

« Ne t’en fait donc pas, nous allons chercher le chef Elian et nous verrons ce que nous devons faire de ces spectres non-loin de cette ville. D’ailleurs, allez le chercher, j’ai … quelque chose à faire de mon côté. » déclara Sélia.

Quelque chose ? Les soldats voulurent prendre la parole mais aucun ne le fit. Tous s’éloignèrent pour laisser seule la jeune femme. Celle-ci observa le ciel, prenant une profonde respiration. Malgré tout ce qui s’était passé et même si tout semblait s’être bien terminé, elle savait pertinemment que … Kéran ne lui pardonnerait pas réellement tout ça. Elle le savait … Elle le savait … Elle le savait.

Chapitre 21 : Sous la cascade

Chapitre 21 : Sous la cascade

« Aie … Mais qu’est-ce que ça fait mal. Où est-ce que je suis tombé encore ? »

Il veut bien se relever mais son corps ne lui répond pas. Il sent un liquide qui coule sur lui. Heureusement, il n’est pas chaud, loin de là, il est humide … c’est de l’eau. Il relève son visage, voyant qu’il se trouve sous un flot.

« Hein ? Que … Ah … Kasiopé ? Kasiopé ? Où est-ce que tu es ? »

« Je suis là, Ryusuke. Ne bouge pas trop, tu es en sécurité. » dit une voix féminine alors qu’il tourne la tête. Kasiopé a une blessure au front, visiblement ouverte à cause du choc mais semble aller parfaitement bien. Elle passe un morceau de tissu trempé par l’eau sur le visage de Ryusuke, finissant par l’essuyer.

« Voilà, est-ce que tu vas mieux, Ryusuke ? Je ne pense pas que tu puisses te déplacer. Attends, je vais venir t’aider. Heureusement que je t’ai fait confiance, mais comment est-ce que tu savais pour cette grotte sous la cascade ? »

« J’en savais strictement rien du tout, tu veux dire, j’étais pas au courant. »

« Alors, tu as pris ce risque inconsidéré sans même t’attendre aux conséquences ? Mais tu sais que c’est un peu voire beaucoup de folie, Ryusuke ? Qu’est-ce qui se … serait passé ? »

« Je t’aurais protégé de mon corps. J’aurais fait exprès d’atterir le premier pour que tu ne sois pas autant blessée que moi, voilà tout. »

« C’est … adorable de ta part, Ryusuke et nullement étonnant en un sens. »

Elle avait dit cela avec amusement et tendresse, finissant par l’aider à relever le haut de son corps. Il poussa quelques gémissements avant de se laisser faire, Kasiopé lui disant d’y aller doucement. Finalement, elle soupira, chuchotant :

« Fais donc attention à toi, Ryusuke. Et surtout, ne risque plus ta vie ainsi. »

« Je voudrais bien mais … j’ai réagi instinctivement. Je n’allais pas te laisser te mettre en danger sans faire quelque chose de mon côté. »

« Oui mais bon, le mieux est que tu ne recommences plus, surtout vu ton état. Je peux me défendre … mais en même temps, merci beaucoup, Ryusuke. Je crois que tu l’as bien mérite, celle-là. » dit l’adolescente aux cheveux verts avec tendresse. Elle se rapprocha de lui avant de poser ses lèvres sur sa joue, Ryusuke s’écriant :

« Ah ! Mais qu’est-ce que tu fais, Kasiopé ? Je peux savoir ce qui te prend ? »

« Une simple récompense de ma part. Il n’y a rien d’anormal à ça non ? »

« Non, non … Pas du tout, enfin je ne pense pas. » bafouilla t-il comme pris au piège par l’adolescente aux cheveux verts. Pourtant, celle-ci ne faisait rien de mal, ne se comportait pas plus différemment qu’auparavant. Elle se redressa complètement, aidant Ryusuke.

« Je n’ai pas vraiment exploré la grotte, je suis désolée, Ryusuke. Je ne pouvais pas te laisser là, seul dans cet endroit. J’espère que tu le comprends, non ? »

« Je le comprends … et merci de rester là pour veiller sur moi. Je te revaudrais ça un jour. »

« Pour le moment, celle qui doit valoir quelque chose à un autre, c’est moi. Merci pour tout, Ryusuke. Encore une fois. Attends, je sais … »

Hein ? Pourquoi est-ce qu’elle … Ah ! Elle l’enlace mais de façon à ne pas lui faire mal. Malgré tout cela, il souffre mais n’ose pas le lui dire. C’est … chaud. Bien qu’elle soit trempée comme lui, leurs corps se réchauffent tous les deux.

« Tu auras moins froid de la sorte, non ? Ca ne te convient pas ? »

« Si, bien sûr que si. Je ne suis pas contre cette idée, loin de là. Merci beaucoup. »

Il dit cela, n’osant pas la regarder. Pourquoi est-ce que tout cela va aussi vite ? Est-ce parce qu’ils ont faillit mourir ? Avec lenteur, malgré la douleur, il passe une main dans le dos de Kasiopé, lui tapotant doucement ce dernier avant de chuchoter :

« Nous devrions nous mettre en route maintenant. Heureusement, on a un peu de lumière. Cela provient du plafond, il y a donc des chances que l’on soit sous la cascade mais surtout qu’il y a une galerie souterraine. Enfin un peu de chance … »

« C’est bien vrai. Ne tardons pas alors. Accroches-toi à moi, Ryusuke, je vais t’aider. »

Encore une fois, elle se montre des plus prévenantes alors qu’il cherche à lui faire un petit sourire qu’elle lui rend aussitôt. Il est des plus charmants quand il le veut. Mais pour ça, elle ne veut pas trop en parler, non ? Elle a encore beaucoup à connaître chez lui.

« Je me demande où cela va nous mener … et surtout … est-ce que tu crois … »

« Est-ce que tu penses qu’il va nous poursuivre, c’est bien ça, Tery ? »

« Je t’avoue que je me posais la question à ce sujet, Kasiopé. Je ne suis pas rassuré. Il est … assez cinglé comme tu as put le remarquer. »

« J’ai fait plus que le remarquer, j’ai pût même le sentir. Cet homme est un tordu. Il a complètement perdu la raison et ça ne date pas d’hier. Je n’ai jamais compris pourquoi est-ce que le proviseur le gardait dans l’établissement. »

« Je ne peux pas te le dire non plus. Je connais à peine le proviseur, surtout pour l’avoir vu mais à part ça, rien d’autre. Je ne sais même pas comment il est niveau comportemental. Si c’est un brave gars ou non. Faut dire que je n’ai jamais eut à aller le voir malgré que j’ai souvent causé des problèmes, je suis peut-être chanceux. »

« Oh peut-être même plus que cela, qui sait ? »

« Tu donnes l’impression de le connaître bien mieux que les autres. Ah ce conseil … »

Il pousse un petit soupir. Il vaut mieux ne pas s’interroger pour le moment. Mais néanmoins, il a plusieurs questions dont il doit avoir une réponse. Il commence par murmurer :

« Dis moi, tu crois que les autres ne vont pas s’inquiéter ? »

« Ils seront inquiets, c’est sûr et certain. Sirénia, ta Tarsal aussi. Il ne faut pas s’en douter le moins du monde. Mais bon … Faute de mieux hein ? »

« Bien sûr, faute de mieux … on est pas vraiment dans une situation où on peut en avoir strictement rien à faire de ce qui nous entoure, n’est-ce pas ? »

« C’est exactement ça, Ryusuke. Il vaut mieux ne pas trop s’embêter avec tout ça. »

« Par contre, quand on sera hors de danger, il faudra me … répondre un peu. Je crois que j’ai mérité de savoir la vérité à ce sujet, non ? »

« … Tu le mérites, c’est exact. Je considère que je n’ai pas à te cacher la vérité. Tu auras tout ce que tu veux, Ryusuke mais s’il te plaît … est-ce que tu peux attendre un peu ? »

« Je peux attendre autant qu’il le faudra. J’ai juste besoin de parler, hahaha. »

Il pousse un petit rire qui paraît bien étrange pour l’adolescente aux cheveux verts. C’est vrai, il est en train d’haleter, comme si sa respiration était coupée ou presque. Il ne va pas bien, il ne va pas bien du tout mais elle ne peut rien faire pour l’aider actuellement.

« Ryusuke, est-ce que tu peux me faire une promesse ? S’il te plaît ? »

« Une promesse ? Mais pourquoi faire ? Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi je devrais t’en faire une ? Il y a un problème ? Dis-moi pour voir. »

« Hmm … Est-ce que tu peux me promettre de tenir bon ? Jusqu’à l’arrivée des secours ? »

« … … … » Aucun mot ne sortit des lèvres de Ryusuke. C’est vrai qu’il n’était pas en bon état. C’est vrai que malgré les soins opérés par Kasiopé, il avait l’impression de se vider de son sang mais ce n’était qu’une impression. Mais après tout ça ? « Je veux bien si cela peut te rassurer, Kasiopé. Et je ne compte pas mourir. »

« Si tu aurais pût dire cela avec pus de tendresse, je dois avouer que cela aurait été parfait mais … bon … AH ! Ryusuke ! Regarde ! De la lumière ! »

« Je ne suis pas aveugle. Accélérons … peut-être que l’on trouvera une sortie ?  Ou autre chose ? Je t’avoue que … c’est moi ou alors … il y a quelque chose ? J’ai l’impression qu’on nous observe, Kasiopé, qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Qu’il vaut mieux ne pas être forcément rassuré par rapport à tout ça, si tu veux mon avis, Ryusuke. Si on nous attends ou si c’est un piège de Naro, je ne peux pas te garantir … que nous nous en sortirons vivants, pardon. »

« Et tu me dis cela juste après m’avoir fait faire une promesse ? Amusant. »

Mais non pas forcément rassurant. Finalement, ils s’approchent avec lenteur de la lumière au loin. Lorsqu’ils finissent par s’y rendre, ils se retrouvent dans une clairière souterraine. Il entend l’écoulement de l’eau mais pas uniquement. C’est un véritable endroit paradisiaque. Comment est-ce possible qu’un tel endroit existe ?

« C’est tout simplement magnifique … mais je n’arrive pas à me retirer de cette sensation. »

« Je ressens la même. On nous regarde, Ryusuke … et je sais de qui il s’agit maintenant. Lève donc les yeux vers le plafond, tu comprendras. »

Lever les yeux vers … il s’arrête dans son geste. Il le voit … Il le voit. Cet étrange être au corps de serpent … à la couleur bleue sur le dos avec une peau blanche sur le ventre. Cet étrange être aux oreilles ailées et avec une perle au niveau du cou.

« C’est … c’est … c’est le Draco de la légende, Kasiopé. »

« Elle est magnifique, je n’aurais jamais cru pouvoir en voir une de mes propres yeux. Comment est-ce tout simplement possible ? Autant de beauté dans un seul et même corps. Elle dépasse tout l’entendement, non ? »

« Je ne peux que confirmer tes propos. Elle ? Comment est-ce que tu sais que c’est une fille ? Je n’arrive pas à voir la différence à ce niveau. Elle est beaucoup trop loin. »

« Malgré mes lunettes, j’ai une très bonne vue. Et puis, tu ne vois pas ses yeux justement ? Si purs et tendres, elle n’est pas hostile, elle se questionne. »

Elle se questionne ? Sûrement sur la raison qui les pousse à venir ici, n’est-ce pas ? L’adolescent ne peut s’empêcher de la fixer, la regardant avec appréhensio navant de balbutier d’une voix légèrement tremblante :

« Je ne suis pas là pour vous causer du tort, je vous le promets. »

« Du vouvoiement envers un pokémon, Ryusuke ? Vraiment ? Tu es bien différent de ce que tu nous montres normalement, non ? »

« Je respecte seulement les pokémon … qui le méritent en un sens. Je ne sais pas comment dire ça exactement ? Tu ne trouves pas qu’il faut … la respecter ? »

« Hum, je ne sais pas trop. Elle n’est pas encore belliqueuse, ça ne veut pas dire qu’elle nous voie comme des amis. Je te rappelle que nous avons forcé un peu le passage chez elle, je ne sais pas trop si tu apprécierais ça. »

« Je ne sais pas trop aussi comment je dois réagir et … »

Il chancelle, quittant alors le bras dont Kasiopé se servait pour le maintenir debout. Il est sur le point de tomber mais aussitôt, l’adolescente aux cheveux verts réagit avec vivacité, finissant par se placer devant lui. Il s’écroule sur elle mais elle reste fièrement debout.

« Pardonnez-moi … mais mon ami … est gravement blessé. On ne veut pas souiller … »

Elle s’arrête dans ses propos. Le pokémon la fixe, longuement, très longuement. Le pokémon fit par descendre du plafond alors que Ryusuke a les yeux à moitié clos. C’est à peine s’il peut entendre ce qu’elle a à dire. Le Draco se place en face d’eux.

« Ryusuke, je crois qu’elle tolère notre présence. »

« Tant … mieux … j’ai besoin de me reposer, vraiment beaucoup. Enormément. »

Il halète une nouvelle fois alors qu’elle lui cherche un endroit où s’asseoir. Elle finit par trouver un rocher, non loin du petit lac miniature dans lequel le Draco aime se baigner visiblement. C’est suffisant, il n’y a pas besoin de plus.

« Merci beaucoup. Merci … je lui dois la vie. J’espère que vous comprendrez. »

Aucune réponse de la part de la pokémon. Celle-ci s’arrête de fixer les deux adolescents avant que sa perle ne se mette à briller. Lentement, l’eau laisse émettre un peu de fumée et devient encore plus claire et limpide. Kasiopé demande :

« Est-ce que c’est pour … aider Ryusuke ? Je n’ai rien pour le soigner … et je ne pense pas qu’il voudrait que je salisse votre eau. »

Un simplement hochement de tête de la part de la Draco et voilà que celle-ci montre par là qu’elle ne s’en soucie guère. Ce qu’elle vient de faire, n’est-ce pas une preuve qu’elle est capable de contrôler les éléments et indirectement de purifier l’eau.

« Merci encore … pour tout. Nous vous sommes tellement redevables. »

L’adolescente aux cheveux verts déchire encore un morceau de sa tenue avant d’aller le tremper dans l’eau. Elle le retire pour venir le coller sur le front de Ryusuke, celui-ci étant plus que docile, se laissant complètement faire.

« Ah … Ah … Ah … Ca pique un peu. »

« Je crois que c’est normal. C’est pour laver toutes les saletés dans ton corps. Cette Draco est tout simplement formidable, tu ne trouves pas ? Il faudra que tu la remercies. »

« Je veux bien mais c’est à peine si je restes conscient. J’ai l’impression que depuis que je connais Sirénia, je passe la majeure partie de mon temps au bord de la mort. »

« Ne raconte donc pas n’importe quoi ! Ce n’est pas de ta faute si tout cela t’arrive. On ne peut pas toujours trouver un responsable à tous nos malheurs. »

« Si seulement, non ? Tout serait tellement plus simple. Peut-être qu’Arceus me déteste. »

« Arrête donc de dire des sottises. Même sans croire à Arceus, tu te doutes bien que celui-ci ne va pas te détester. Pourquoi est-ce qu’il le ferait ? »

Ah ! Quand elle parle ainsi, elle donne l’impression de le connaître, ce fameux dieu Arceus. Il ferme les yeux, finissant alors par se reposer. Elle reste assise à ses côtés, soucieuse.

Elle est là, s’il faut. Pour qu’il ne se fasse plus de soucis. La Draco recommence à tournoyer autour du plafond. Kasiopé arrive à voir ses coups d’oeil discrets en direction des deux personnes qui sont assises. Kasiopé chuchote doucement :

« Ryusuke, tu as tapé dans l’oeil de cette Draco avec tes premières paroles. »

« Vra … Vraiment ? Comment ça ? J’ai déjà … assez avec Sirénia. »

« Elle n’arrête pas de nous observer. Je pense qu’elle veut vérifier que tu vas bien. »

« Je ne vais pas bien si cela peut répondre à ta question. J’ai l’impression que mon estomac est en train de fondre dans mon corps, c’est affreux comme symptômes. »

Elle passe une main dans ses cheveux bruns. Allons, allons. Qu’il attende juste une heure ou deux. Elle vérifie seulement que tout cela ne devient pas trop dangereux et ils reprendront la route. Finalement, la Draco redescend du plafond, se plaçant au milieu du petit lac souterrain, tournoyant sur elle-même comme pour prendre la forme d’une spirale à la verticale. Avec une tele gardienne, impossible que quelqu’un espère les déranger ou tente de s’immiscer dans cet endroit … sous peine de très mal se finir.

Chapitre 100 : Voir à travers l’apparence

Chapitre 100 : Voir à travers l’apparence

« Donc Loa, je sais parfaitement que la situation est spéciale et que Katérina n’a pas montré ses bons côtés mais je te promets qu’elle n’est pas une vilaine fille et … »

« Si vous parlez des morts dans ce village, c’était une cachette de ces types dont tu me parlais, Kéran. Le Marché de la Mort. Y avait pas mal d’escaliers souterrains sous le village. »

Hein ? Comment ça ? Qu’est-ce … que … Il se tourna vers Katérina, la jeune femme se trouvant derrière lui avait pris la parole. C’était une blague ? Elle avait massacré tout un … faux village ? Difficile à y croire, vraiment très difficile.

« Au cas où, je tiens à confirmer les dires de la petite demoiselle. Elle a besoin de se mettre en valeur à tes yeux après ce qui s’est passé. Même si elle ne connaissait pas ce nom avant que tu le lui dises, c’est mon cas. » répondit une voix à l’intérieur de Katérina, Dumasch s’amusant de voir la réaction surprise de Loa en l’entendant.

« OH ! C’est une jeune femme qui est possédée ? Tu connais vraiment des personnes surprenantes, Kéran ! » dit Loa en tapant dans ses deux mains.

Sauf que le jeune homme n’écoutait pas vraiment Loa, continuant de fixer Katérina. C’est vrai qu’elle tuait beaucoup … Elle tuait énormément de personnes et de pokémons. Mais … Mais … Est-ce que c’était un peu comme lui ? Il s’approcha d’elle, venant l’enlacer subitement avant de dire d’une voix enjouée :

« Je me disais bien que tu ne commettrais pas de massacre gratuit ! Tu n’es pas comme ça, Katérina ! Et j’en étais sûr que … AH ! »

Il s’arrêta alors qu’un coup de pied venait le frapper dans les parties intimes, lui arrachant un gémissement de douleur. Il vint s’écrouler à genoux, Loa haussant un sourcil sans réagir. Hum … Elle était quand même un peu violente. Et bien qu’elle ne semblait pas rougir d’après ce qu’elle voyait à son visage, elle avait remarqué que Katérina avait été un peu perturbée par l’étreinte de Kéran. Hum …

« Je vois, je vois … Je vois parfaitement ce qui se passe. » déclara la jeune femme aux cheveux verts en émettant un petit rire.

« Putain, elle me prend déjà la tête et ça fait à peine cinq minutes que je la connais ! »

Katérina s’était exclamée alors que Kéran se redressait. Le jeune homme garda son sourire, se plaçant dans le dos de Katérina avant de poser ses mains autour de son ventre. Il reprit la parole sur un ton plus doux :

« Ça ne change rien au fait que je suis content que tu n’as pas commis réellement de meurtres … Katérina. Et donc, c’est bien pour cela qu’il ne faut pas que l’on te juge trop rapidement. »

« MAIS BORDEL ! Tu vas me lâcher ?! Depuis quand t’es aussi collant toi ? » hurla Katérina, tendant de lui donner un coup de pied en arrière bien que cela fut malheureusement impossible. Pourtant, elle eut l’idée de lui donner un coup de crâne en arrière, écrasant le nez du jeune homme qui s’écria de douleur sans la relâcher.

« Je ne compte pas te lâcher … Pas avant que l’on se soit pardonnés … Loa, euh … Enfin bon, j’espère que tu comprends un peu ce qui se passe ici et puis en même temps … »

« Oh … Je suis loin d’être aveugle. De toute façon, pas besoin d’être un génie pour voir ce qu’il y a à voir, n’est-ce pas ? Néanmoins, j’ai une question pour la jeune demoiselle. »

« Qu’est-ce qu’elle me veut encore, celle-là ? » demanda Katérina, la regardant avec un peu de colère dans le regard, oubliant pour quelques instants les mains de Kéran autour de son ventre. Loa pencha la tête sur le côté, soufflant :

« Est-ce que tu n’as pas froid dans cette tenue ? C’est une véritable question, nullement ironique ou autre, je me la posais en te regardant. »

« Laisse ma tenue tranquille, c’est clair ? Elle n’a rien à prouver et non, j’ai pas froid ! Kéran, si tu lui as dit quoi que ce soit me concernant … ET PUTAIN ! TU VAS ME LÂCHER LA GRAPPE DEUX SECONDES ?! »

Elle avait placé ses mains sur celle de Kéran, arrivant à se libérer de son étreinte, le soulevant avec aisance au-dessus d’elle pour le faire retomber à quelques centimètres devant elle. Elle plaça un talon sur son ventre, le regardant avec énervement :

« Ne refait plus jamais ça, c’est compris ? T’es prévenu ! »

« Hum … A ce sujet, Kéran, je n’ai pas de troisième sac de couchage, je pense donc que pour ta nouvelle amie, il va falloir que vous dormiez tous les deux dans le même sac. »

« HORS DE QUESTION ! Je ne veux même pas le voir en peinture ce type ! Je préfère encore dormir dehors et à poil plutôt que de dormir avec lui ! »

Il haussa les épaules en poussant un petit soupir. Il fallait bien s’y attendre avec elle. Elle n’allait pas se laisse faire. La jeune femme aux cheveux argentés était une vraie teigne mais ce n’était pas la première fois qu’elle était ainsi.

Néanmoins, il était temps de partir ! Il attendit que Katérina retire son pied pour se relever avant de pousser un petit soupir de soulagement. Loa avait plutôt bien pris l’arrivée de Katérina ! Donc, il n’avait pas vraiment à s’en faire !

Pendant qu’ils quittaient le village détruit et qu’il n’y avait nul besoin de faire une tombe pour ces salopards, il se positionna à côté de Katérina, la jeune femme ne lui adressant pas le moins du monde la parole. Elle accéléra le mouvement pour ne pas l’avoir dans les pattes tandis que Kéran continuait de la suivre.

« Kéran ? Est-ce que je peux te parler ? »

« Euh … D’accord, Loa. Katérina, ne t’éloigne pas trop ! » dit le jeune homme.

« Va te faire foutre, connard ! Je fais ce que je veux ! »

« D’accord mais ne t’éloigne pas trop. Je n’ai pas envie que tu partes ! »

Alors … Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il s’approcha de Loa, la regardant brièvement en attendant qu’elle prenne la parole. Ce fut le cas après quelques instants :

« Je voulais savoir … Est-ce que … cette fille … est vraiment stable ? Je veux dire psychologiquement. Elle est quand même un peu effrayante, entre nous. »

« Ne l’insulte pas, merci bien. Et non, elle n’est pas forcément très stable mais est-ce que je le suis pour autant, Loa ? Regarde ce que j’ai fait dans le bâtiment des Créateurs Elémentaires. Je ne suis pas du tout un exemple. Personne ne l’est. »

« Je ne voulais pas t’offusquer, Kéran. Pas du tout … C’était tout simplement pour me tenir au courant, rien de plus. Ne le prends pas mal s’il te plaît. »

« Ça ne fait rien … Tu ne pouvais pas forcément savoir tout ça. » déclara le jeune homme tout en haussant les épaules, montrant par-là que ça ne l’affectait pas le moins du monde. Par contre, il appréciait un peu la proposition qu’il avait faite même si entre temps, il valait mieux tirer les choses au clair entre Katérina et lui. Pour cela, il devait d’abord la rattraper ! Il courut derrière la jeune femme aux cheveux argentés, commençant à parler avec elle.
Comme depuis le début des retrouvailles, la discussion s’envenima et commença à s’intensifier jusqu’à ce qu’elle lui donne un coup de pied dans les parties intimes. Il ne s’écroula pas au sol, gémissant tout simplement de douleur bien qu’il gardait son sourire. Loa était derrière eux, ayant sorti sa noigrume pour faire apparaître son Mélancolux. Elle discutait avec lui de la situation, poussant un petit soupir amusée.

Quelques heures plus tard, la nuit était tombée et alors, il était temps de préparer à manger. Même si elle se montrait grandement réticente, Katérina ne pouvait qu’accepter la nourriture que Kéran lui proposait, ayant chassé. Aucune discussion entre eux puisqu’elle ne lui adressait pas la parole malgré que Kéran cherchait à communique avec elle.

« Bon … Les deux « enfants », je vous laisse tranquille. Je vais aller me coucher. Avec toutes ces émotions de ces derniers jours, je dois vous avouer que je suis plus que fatiguée. »

« Ouais, ouais, les petites vieilles, ça va dormir très tôt. »

« Et puis, entre nous, il faut bien que je vous laisse seuls tous les deux non ? » répondit Loa en lui faisant un petit sourire amusé.

« Qu’est-ce que t’insinues encore ? Essaie de parler correctement si t’en es capable ! »

« Je n’en vois pas le besoin malheureusement Bonne nuit. » fit Loa en même temps qu’un geste de la main, s’enfonçant dans la tente pour aller dormir.

Katérina se releva, émettant un grognement avant de s’éloigner de son côté. He … HEY ! Où est-ce qu’elle allait ? Il se leva à son tour, venant l’accompagner en lui disant de ne pas partir trop loin. Ils devaient aussi aller se coucher non ? Elle se tourna vers lui, le regardant avec fureur avant de déclarer d’une voix énervée :

« Avec toi ? Même pas en rêve ! T’as pas compris ou quoi ? »

Oui mais non. Il la suivit jusqu’à ce qu’elle s’arrête finalement. Hey … Pourquoi est-ce qu’elle s’était dirigée vers un précipice ? Pourquoi est-ce qu’elle se trouvait là ? Il n’aimait pas du tout qu’elle fasse ça. Elle continua de se rapprocher du bord, Kéran criant :

« HEY ! Katérina ! Recule maintenant s’il te plaît ! »

« Quoi ? Tu veux que je saute ? Y a pas de problèmes ! Je vais le faire ! » répondit la jeune femme aux cheveux argentés, se trouvant à quelques centimètres.

Sans hésitation, elle sauta dans le vide mais avant même qu’elle ne descende de quelques centimètres, le jeune homme l’avait tiré vers lui, lui prenant le bras pour la coller contre son torse. Il hurla une nouvelle fois :

« Arrête ça, Katérina ! Je ne veux surtout pas que … »

« Mais t’es con ou tu le fais exprès ? T’oublie que je suis possédée ? Ce genre de petit saut à la con ne m’aurait rien fait ! Purée ! Qu’est-ce que t’es lourd comme type ! Maintenant, lâche-moi un peu la grappe, ça me ferait plaisir ! »

« Non … Je n’ai pas envie … » marmonna faiblement le jeune homme, serrant avec insistance Katérina, celle-ci cherchant à se débattre.

« Me force pas à te latter les couilles puis à te les couper pour terminer par te les faire bouffer, c’est compris ? Alors lâche-moi maintenant sinon … »

« Katérina, est-ce que tu peux … chanter s’il te plaît ? C’est l’une des choses qui m’a le plus manqué quand tu n’étais plus là »

« Tu crois que je chante sur commande ? J’ai pas envie alors je ne ferai rien du tout. »

Elle ne criait plus de le lâcher. Elle était tout simplement lasse, plus que lasse même. Elle se laissa faire, l’étreinte se faisant moins forte alors qu’elle reprenait :

« Tu me fatigues, Kéran … Tu me fatigues vraiment. T’es chiant comme type, tu as été horrible du début jusqu’à la fin. Tu t’es permis une remarque déplacée sur un problème plus qu’horrible en ce qui concernait mon corps. »

« Je suis vraiment désolée, je serai impardonnable pendant des jours, des semaines, des mois mais je veux vraiment corriger ce problème. »

« Ça ne changera rien … Rien du tout. Ce que tu as fait, c’est pareil que les autres. Les rares qui connaissaient ce problème … Sauf mes grands-parents … Euh ne m’ont jamais jugé là-dessus. Ils … Qu’est-ce que je raconte encore ? »

Elle quitta ses bras en le repoussant en arrière, se rapprochant du bord une nouvelle fois. Elle vint néanmoins s’asseoir, balançant ses pieds dans le vide sans plus rien dire. Le jeune homme s’installa à côté d’elle, cherchant à savoir ce qu’il devait dire. Elle ne lui pardonnait pas le moins du monde, qu’importe ce qu’il comptait faire. C’était trop problématique pour lui … et il évitait de perdre espoir même s’il se sentait un peu démotivé.

« Mon cœur brisé et meurtri souffre toujours et encore. »

« Ah, je suis désolé, Ka … » commença à dire le jeune homme avant de s’arrêter, Katérina ayant fermé les yeux, gardant la bouche ouverte.

« Ce moment-là, j’avais tant désirée la mort.

Et dire que je rejette mon propre corps.
Je suis un monstre, tu vois, je le déplore. »

Mais non ! Ce n’était pas du tout le cas ! Ce n’était pas le cas ! Elle n’avait rien d’un monstre ! Il voulut prendre sa main mais s’arrêta au beau milieu de son geste. Non … Il ne devait rien faire, c’était horrible mais il réagirait après.

« Peut-être ne suis-je pas une belle femme ?

Mais est-ce une raison pour être infâme ?
Alors, peut-être suis-je alors un homme ?
Je désirais que tu me mettes du baume.

Où cela ? Sur mon être et sur mon âme.

Mais tes paroles ont eu l’effet d’une lame.
Qui me dit que tu ne recommenceras pas ?

J’ai déjà été rejetée et mutilée.

Mais c’est avec toi que je fus déboussolée.

Ne m’écarte pas, tu le promets, n’est-ce pas ? »

Elle avait terminé son chant, ne disant plus rien du tout. Cette voix était toujours aussi mélodieuse, il se sentait presque à chaque fois dans un autre monde quand il l’entendait. Mais ses paroles avaient été dures, très dures. Elle lui en voulait terriblement. Il avait parfaitement comprises ses paroles. Mais elle avait décidé de chanter.
Sans prévenir, il se jeta sur elle, la couchant sur le sol sans qu’elle ne pousse un cri. Il se retrouvait au-dessus d’elle, à quatre pattes alors qu’il la fixait longuement. Même s’il tremblait un peu, il devait le lui dire.

« Katérina, jamais je ne t’écarterai. Je te combattrai mais jamais je ne rejetterai. Plus jamais, Katérina, je ne referai cette erreur. Une fois mais pas deux. Ce que tu es … »

« Kéran, tu es un jeune homme … et je le suis en partie aussi. Je peux être très facilement excitée … Cela peut me déformer … »

« On évitera juste que tu le sois lorsque Loa sera dans les parages, voilà tout. Ce n’est pas une excuse ce que tu dis ! Katérina, est-ce … »

Un pied s’enfonça dans ses bourses, lui laissant la bouche grande ouverte avant qu’elle ne lui dise de ne pas trop en profiter. Il s’écroula sur elle, glapissant de douleur sans que pour autant elle ne le bouge de cette position. Elle poussa un profond soupir, fermant les yeux tandis qu’elle entendait les gémissements de Kéran. Elle n’était pas réellement une femme, elle le savait parfaitement … mais accepterait-il réellement un jour son côté masculin ?

Chapitre 99 : Un peu d’histoire

Chapitre 99 : Un peu d’histoire

« Tout d’abord, j’aimerai bien savoir à qui j’ai affaire. »

« Mon nom n’a que peu d’importance, tu n’as pas besoin de le savoir. Néanmoins, si je vois que tu es digne d’intérêt, il se pourrait que je te le donne très rapidement. » répondit une nouvelle fois la voix en Katérina, celle-ci émettant un grognement.

« Je n’ai clairement pas envie de lui parler ou de rester avec lui ! Boucle-la et laisse-moi m’en aller, c’est compris ? J’ai pas envie qu’il revienne avec moi ! Pas après ce coup de pute qu’il m’a fait ! » s’exalta la jeune femme aux cheveux argentés, tout son corps étant recouvert du sang des innocents qu’elle avait tués sans aucune hésitation.

« Tu feras ce que je te dis, ne me force pas à me répéter. »

Hahaha ! Il se retint de rire mais cette phrase lui rappelait quelqu’un qu’il connaissait bien. D’ailleurs, Swar était maintenant bien calme, beaucoup trop calme. Ca n’allait pas ? Quelque chose s’était passée pour qu’elle ne parle plus ? Katérina émit un grognement sonore une nouvelle fois, détournant le regard.

« Alors ? Quelle est ta réponse ? Que penses-tu de ma proposition ? » demanda une nouvelle fois la voix à l’intérieur de Katérina, Kéran réfléchissant pendant quelques instants.

« Je ne sais pas trop, je dois l’avouer. Qu’est-ce que je suis sensé faire dans un tel cas ? Hum … Swar, tu ne veux pas m’aider plutôt ? Swar ? »

Aucune réponse de l’intéressé. Qu’est-ce qu’il était censé faire alors dans ce cas hein ? Il ne pouvait pas donner une réponse comme ça ! Ce n’était pas possible ! Il devait y réfléchir plus longuement. Peut-être qu’en ayant d’autres réponses à ses questions, ça serait beaucoup mieux ? Oui … Surement, il y avait de fortes chances.

« Toi …. Enfin, la créature en Katérina, je peux te demander autre chose ? Ca me permettrait de me conforter dans mes choix. Enfin, c’est à toi de voir mais si tu ne me réponds pas, je ne risque pas de faire un choix rapide. »

« Pose tes questions, je verrai alors si j’y répondrai. »

« Cela serait tout simplement pour savoir : pourquoi veux-tu tuer une majorité de spectres et de créatures ténébreuses ? Tu es l’un d’entre eux, n’est-ce pas ? »

« Pose-donc la question à l’être à l’intérieur de ton arme. Pourquoi fait-elle une telle chose alors qu’elle fait partie de ces créatures ? Trouves-tu cela anormal que je pense pareil ? »

« Dans le fond ? Oui … Et tu sais pourquoi ? Car tu n’as rien du tout de commun avec Swar, à part peut-être vos origines. Swar ne m’a jamais demandé de massacrer des personnes ou des créatures, non … Swar me protège quotidiennement, contrairement aux idées reçues. Toi ? Tu n’hésites pas à manipuler Katérina depuis le début, à lui donner ce … corps spécial. »

« Mais qui ne te laisse pas indifférent. Tu peux t’abstenir de continuer à parler. Je vois donc où tu veux en venir et je comprends parfaitement ce point de vue. »

« Alors … Est-ce que tu vas me répondre ou non ? Que j’en sache bien plus. Car c’est bien trop généreux de ta part de me proposer une telle chose. »

« Hahaha ! Bien entendu … Bien entendu … Mais peut-être aimerais-tu en savoir un peu plus ? Sur ce monde ? Pourquoi est-ce que les pokémons ténébreux et spectres se retrouvent au sommet de la hiérarchie de la chaîne alimentaire ? »

« Pourquoi pas ? Au moins, ça me donnera des cours que je n’ai jamais eues de mon existence. Pourquoi alors ? Pourquoi ces créatures sont au sommet ? »

Il était intéressé, il ne pouvait pas le nier, loin de là même. Quelle était donc la vérité à ce sujet ? Surtout qu’est-ce que l’être dans le corps de Katérina savait ? Car … Peut-être qu’il était dans ce monde depuis des décennies voir des siècles ?

« Par où devrai-je commencer ? Ces nuages dans le ciel ? Veux-tu savoir pourquoi ils sont présents ? Pourquoi sont-ils là ? »

« J’ai peut-être un peu mon idée là-dessus. Peut-être que l’énergie des plus grands spectres et pokémons ténébreux est responsable de cela ? Et donc, je pense que dans le fond, réussir à les battre permettra alors de libérer ce monde non ? »

« En un sens … C’est exact … Mais il existe des êtres encore au-dessus de ces spectres et créatures ténébreuses que tu as déjà affronté dans le passé. »

« Hein ? Comment ça ? Il y a encore … Déjà qu’auparavant, j’ai quand même du mal et que Katérina m’a souvent sauvé la vie alors bon … »

« Il existe trois grandes créatures ténébreuses. Trois êtres qui dirigent ces monstres ténébreux. Mais pas seulement. Il existe aussi un seul et grand spectre, bien plus fort que tous les autres. Est-ce que tu vois où je veux en venir ? »

« Pas vraiment … Enfin, si il y a une hiérarchie … Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi est-ce que je n’ai pas l’impression que ça soit le cas ? Plutôt que chaque pokémon reste dans son coin sans se poser réellement de problèmes entre eux. »

« Au départ, les pokémons spectres et ténébreux étaient alliés pour affronter une force bien supérieure à la leur. Il fallait dire qu’en ce temps, les problèmes étaient bien plus grands et que la situation était plus que dramatique. Mais après que cette force fut « éradiquée », les conflits commencèrent. Comme tu l’as sûrement remarqué, certains spectres et monstres ténébreux sont bénéfiques et enclins à parcourir l’existence des humains pour les épauler … Maintenant, penses donc à ceux dont c’est tout le contraire ? »

« Tout le contraire ? Des créatures qui n’hésitent pas à tuer les humains sans aucun souci. »

« C’est le cas … Ah … Une époque assez sympathique en soi quand on y réfléchit bien mais qu’importe, ce n’est pas le but. Tout ce que tu dois savoir, c’est que ces fameuses créatures ténébreuses et spectrales qui étaient supérieures à leurs congénères ne sont plus … Depuis environ huit ans, elles ont complètement disparu de la circulation et depuis, il n’existe plus d’ordre réel entre ces pokémons ténébreux et spectraux. »

« Je vois, je vois … Enfin, je crois. Ça m’a l’air quand même encore plus compliqué que ce que tu veux dire, n’est-ce pas ? »

« Bien plus que tu ne le penses … Bien plus que tu ne le penses. Est-ce que ces connaissances te suffisent ou tu as toujours besoin d’en connaître plus ? »

« Je ne sais pas vraiment … Qu’est-ce que je pourrais te demander de plus ? Tu parlais d’une créature encore plus puissante que les créatures spectrales et ténébreuses. Qu’est-ce que c’était ? Enfin … Si tu t’en rappelles, bien entendu. »

« Je poursuis cette existence des décennies, depuis des siècles … Je suis bien plus que tu ne le penses … Mais qu’importe, ce n’est pas important. Quand à ces créatures, car oui, elles ne sont pas seules contrairement à ce que tu crois, tu n’as pas besoin de connaître leurs existences car elles sont révolues depuis le temps. »

« D’accord, d’accord, je vois, je vois … Mais je ne peux vraiment pas connaître leurs noms ? Du moins, ce qu’ils étaient ? »

« Dragons … Des pokémons supérieurs à tous les autres. C’est pour cela que tu ne vois plus cette race qui s’est éteinte depuis des décennies. »

« Dragons ? Je n’en ai jamais entendu parler avant aujourd’hui. Même pas par Sélia ou alors dans les rumeurs ou même dans les livres. Ils ont réellement existés ? A quoi est-ce qu’ils ressemblaient alors ? Enfin … Non, je devrai arrêter de t’interroger là-dessus. »

« Il vaudrait mieux pour ta petite personne, cela est un conseil … pour toi. »

« Je note ce conseil précieusement même si j’aimerai … Enfin non. Katérina, tu ne parles plus, pourquoi ? » demanda le jeune homme, s’adressant à la jeune femme aux cheveux argentés.

« Pourquoi je te parlerai, c’est compris ? J’ai pas envie de t’adresser la parole, boulet. »

« Pourquoi est-ce que tu as possédé Katérina ? Ce n’est pas une question en rapport avec les créatures spectrales et ténébreuses mais elle m’intéresse. »

« Oh … Tout simplement à cause de son existence, de son être … Si tu savais tout ce qui s’est passé durant son enfance, tu serais plus que surpris. Hahaha ! » répondit la voix à l’intérieur du corps de Katérina, éclatant de rire.

« TA GUEULE ! IL N’A PAS BESOIN DE SAVOIR ! »

« T’en fais pas ma mignonne … Il ne le saura pas. Ce genre de petit secret est toujours un régal lorsqu’il s’agit de jouer avec toi … Oui … Il vaudrait mieux qu’il ne sache rien car sinon, je ne pourrai plus me distraire avec toi, ce qui serait fort dommage, n’est-ce pas ? »

Elle s’était mise à trembler de rage, ne proférant plus aucune parole tandis que Kéran la regardait avec anxiété. Il avait envie … de la serrer contre lui. Mais est-ce que cela était réellement possible ? Il n’en était pas vraiment sûr. Elle ne se laisserait pas faire, loin de là. Il commençait à bien la connaître … à force.

« Et maintenant, as-tu pris ta décision ou ta soif ne s’est-elle pas encore étanchée ? »

« … … … Je vais réfléchir à ta proposition. J’ai l’impression que j’en apprendrai bien plus en te suivant grâce à tes connaissances. »

« Mais peut-être que Swar en sait autant que moi et donc, tu n’aurais pas besoin de nous rejoindre. Pourtant, nous avons le même but : la purification de ce monde. »

« Oui mais bon … On a des méthodes sûrement différentes. Enfin, non, pas dans ce cas précis, ça serait beaucoup trop simple. » répondit le jeune homme avec hésitation.

« Tuer ou être tué, c’est aussi simple que cela. » conclut l’être en Katérina.

Mais après ? Humpf … Si seulement Swar voulait bien l’aider à trouver la solution à ce problème, ça serait beaucoup plus simple mais l’épée était complètement muette. Est-ce qu’il y avait une chance qu’elle connaisse l’être à l’intérieur de Katérina ? Pourquoi pas ? Cette pensée venait de lui traverser l’esprit tandis qu’il réfléchissait à la réponse qu’il devait donner à cette créature. Sincèrement … Il ne savait pas.

« Si tu n’as pas envie de nous rejoindre, tu n’as pas à perdre de temps. Dis plutôt que tu nous emmerdes et on se barre de notre côté ! »

« Laisse-moi y réfléchir au lieu de me perturber, Katérina ! »

« Ouais mais j’en ai rien à foutre que tu sois perturbé ! Donne une réponse et arrête de me faire chier ! Je ne veux pas de toi, c’est compris ? »

« C’est parfaitement clair mais ça ne changera rien à mes idées à ce sujet. » compléta le jeune homme, préférant plus écouter les paroles de Katérina.

Pour prendre sa décision, il valait mieux qu’il réfléchisse à tête reposée. Il s’éloigna de Katérina, s’installant contre l’un des rares murs encore capables de tenir debout. Qu’est-ce qu’il devait faire ? Qu’est-ce qu’il devait prendre comme décision ?

Peut-être qu’il ne devait pas penser à la proposition de cette créature en Katérina ? Non … En fait, il devait plutôt envisager tout cela d’un autre point de vue, d’un autre angle. Il voulait être avec Katérina. Bon bien entendu, cela allait poser quelques problèmes avec Loa mais après une petite discussion, il était sûr qu’il pouvait s’arranger avec elle.

Hum … Pourquoi pas ? Ce n’était pas une mauvaise idée ! Maintenant, ses yeux se fixèrent sur Katérina. La jeune femme le regardait aussi, ses yeux dorés posés sur lui. Hum … Quand même dans le fond … Il avait envie de rester avec elle. Il n’avait donc pas vraiment le choix, encore une fois. Il savait quoi dire.

« Je veux bien vous accompagner mais pas seulement pour la proposition que vous venez de me faire … Enfin, que tu viens de me faire. Quand je dis vous, ce n’est pas toi, la créature en Katérina … mais tous les deux, Katérina et toi. »

« Hum ? Et quelle est la différence ? Et quelle est l’autre raison qui te pousse à m’accompagner alors ? Du moins, à « nous » accompagner ? »

« C’est Katérina en elle-même. Je voulais la revoir depuis plus d’un mois et même si entre temps, nous avons bien changés, elle est restée la même. Je veux passer du temps avec elle et continuer de me faire pardonner pour ce que je lui ai dit. Je veux vivre à ses côtés et accepter ce qu’elle est réellement, qu’importe ce qu’elle est physiquement. »

« HAHAHAHA ! On pourrait presque entendre une déclaration. » s’exclama l’être à l’intérieur de Katérina, reprenant : « Et bien alors ? Katérna, tu n’as rien à dire ? »

« Vas te faire enculer par un Ursaring ! » hurla la jeune femme mais pas envers Kéran mais plus envers la créature à l’intérieur de son corps.

« Bien entendu … Bien entendu, d’ailleurs, Kéran, je pense que je peux te révéler mon nom après tout ce que je viens de te dire. »

« Comme tu le désires, je ne vais pas te forcer à cela. » murmura le jeune homme en fixant Katérina à hauteur de sa poitrine bien que ce n’était pas réellement l’endroit qu’il regardait en elle, loin de là même.

« Je m’appelle Dumasch. Maintenant que nous avons pleinement confiance l’un envers l’autre, est-ce que nous ne devrions … »

« Non. Nous ne devrions pas faire plus ample connaissance. Et je ne te fais pas plus confiance qu’auparavant. Nous sommes partenaires, pas des amis. La seule personne que je considère comme « amicale » en ce moment, c’est Katérina. Et encore, amicale, c’est une façon de parler quand on connait le caractère de Mammochon qu’elle a. »

« HEY ! Vas te faire foutre, c’est compris ? Si ça te plaît pas de rester avec … Putain ! Arrête de sourire comme un con en me regardant, ça m’énerve encore plus ! »

« Et pourquoi cela ? Je ne fais que constater ce que je vois … Katérina, on va devoir se débrouiller ensemble comme auparavant. »

« Même pas en rêve. Peut-être qu’il t’a accepté mais moi, il en est hors de question. »

« … … … Nous verrons cela dans plusieurs heures ou plusieurs jours. » répondit le jeune homme en haussant les épaules, continuant de lui sourire.

Il n’arrivait pas à s’arrêter. Comment est-ce qu’il pouvait faire autrement. La jeune femme aux cheveux argentés était de retour avec lui ! Il s’approcha d’elle, tendant sa main mais elle la repoussa avec énervement.

« Ne t’approche pas de moi … Je ne te pardonne pas comme ça ! »

« Ça ne fait rien … Si tu veux bien me suivre, il faut que j’aille discuter avec Loa. » répondit le jeune homme aux cheveux argentés comme elle. Ça allait être difficile et surtout … Il allait falloir enterrer ou faire quelque chose de ce village … car Katérina aussi avait à se pardonner d’avoir faire une telle action. Mais cela, ils verraient ça plus tard.

Chapitre 98 : A cœur ouvert

Chapitre 98 : A cœur ouvert

« Tu veux que je te donne un petit aperçu de ce qui t’attends, Kéran ? REGARDE DONC CE QUE JE SUIS REELLEMENT ! »

Elle venait d’hurler tout en levant son imposante claymore, l’affaissant de toutes ses forces en direction du sol. Celui-ci s’ouvrit sur plusieurs mètres de longueur, semblant interminable alors que le jeune homme regardait ce qu’elle venait de faire.

« Swar … Si je tente de parer son coup, est-ce que tu es sûre que ton épée ne se brisera pas ? Je crois que j’ai besoin sérieusement de savoir là … »

« Cette épée est spéciale … De même, elle est encore plus endurante grâce à ma présence en elle. Ne t’inquiète donc pas et combats alors. »

« Comme tu le désires, je te fais encore une fois confiance sur ce coup car je t’avoue que je ne crois pas avoir réellement le choix pour le moment. »

« Beaucoup aimeraient l’avoir, peu l’obtiennent dans le fond. » répondit avec calme et sérénité l’épée tandis qu’il soupirait. Pas besoin de faire des phrases philosophiques.

Mais maintenant, il était un peu plus serein par rapport à la suite des évènements. Tout était une question de confiance ! Et pour ça, il devait croire en Swar. Il devait croire en Swar … Croire en Swar … Il se répétait cela mentalement alors qu’il voyait maintenant Katérina qui était arrivée à sa hauteur avant même qu’il ne réagisse. Il plaça l’épée contenant Swar à l’horizontale, la lourde claymore s’abattant sur son corps.
Il se retrouva un genou au sol, celui-ci se fissurant légèrement alors qu’il avait horriblement mal au dos et sur le reste de son corps. C’était quoi ça ?! Un rocher qui venait de s’écraser sur son corps ou quoi ? Ce n’était pas Katérina qui avait une telle puissance ! Ce n’était pas possible que ça soit elle ! Comment est-ce qu’elle pouvait être aussi forte ? Une telle force, ce n’était pas possible que ça soit juste Katérina et le pokémon en elle ! Ah … Ah … Il n’allait plus sentir son corps à cette allure ! Katérina fit un saut en arrière, sifflant entre ses dents :

« Saleté … Je vois que ce Swar est plus résistant que prévu mais on ne peut pas en dire autant de ton corps qui va se briser peu à peu. »

« Tant que je n’aurai pas clarifié la situation avec toi, il est hors de question que je me brise, Katérina. » déclara le jeune homme, Katérina s’exclamant :

« MAIS TU ME LES BRISE JUSTEMENT ! TU ME LES BRISE ! »

« Ce n’est pas vraiment de ça dont je voulais parler mais bon … Katérina, tant que tu ne me couperas pas la langue, je continuerai de t’adresser la parole jusqu’à ce que tu me pardonnes. » continua de dire Kéran, Katérina poussant un râle de rage :

« Mais putain ! T’ES LOURD ! Je ne vais pas te couper la langue mais la tête ! Je vais te couper la tête et te faire sucer ma bite ! Je … QUOI ? »

« Déjà avec le coup du cadavre … Puis maintenant … ça. » bredouilla Kéran, vraiment plus que choqué par les propos de Katérina.

« QUOI ENCORE ? ET ALORS … QU’EST-CE QU’IL Y A ? »

« Disons que … J’aurai bien aimé un autre langage. Enfin, ça ne m’étonne pas les insultes de ta part, j’ai pris l’habitude et c’est amusant … mais ça, Katérina, c’est vraiment crade. »

« Je … Je … Je … » bafouilla la jeune femme, un peu décontenancé et rougissante. « Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Tu sais parfaitement bien que je ne ferai pas ça de toute façon ! J’ai une bite mais je ne m’en sers pas ! Et surtout pas pour ce genre de trucs ! »

Ah … Il se disait bien qu’elle n’était pas comme ça. Mais bon … La voir rougir un peu lui redonnait de l’espoir. Il pouvait encore la « sauver » s’il ne faisait pas de bêtises. Ça serait difficile, très difficile même mais il ne devait pas perdre espoir.

« Je te sauverai, Katérina. Que tu le veuilles ou non. »

« Je t’en empêcherai … Qu’est-ce que tu peux connaître de moi ? Qu’est-ce que tu crois connaître de ma personne ? Après ce coup de pute de ta part, je ne veux plus rien entendre de toi ! Je veux juste que tu crèves ! Tu ne sauras jamais ce que j’ai subi depuis que je suis comme ça ! Ce que j’ai subi avant d’être ça ! Tu crois quoi ? Que je vais m’apitoyer sur mon sort ? Que je vais pleurer à cause de conneries de ce genre ? »

« Je n’ai jamais dit ça … et je ne pense pas pouvoir un jour … subir ce que tu as subi mais tu sais, je crois que j’ai été assez sévèrement puni ce dernier mois … pour ce que je t’ai fait. »

Qu’est-ce que … Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Elle le regarda avec un petit air étonné, essayant de comprendre ce qu’il voulait annoncer par là. Elle tentait de comprendre sans pour autant y arriver. Et pourquoi est-ce qu’il était triste ? POURQUOI ? Est-ce qu’il se foutait de sa gueule ? Ça n’allait pas se passer comme ça !

« Je ne te permettrai pas de me juger de la sorte ! C’est compris gros naze ? Je vais te buter ! »

« Tu deviens moins virulente … Tu dois comprendre que je suis sincère alors non ? »

Ah ouais ? Sincère ou non, elle s’en fichait ! Elle voulait simplement se débarrasser de lui ! C’était l’unique chose qui l’intéressait ! Elle tenta de donner un coup de claymore sur le corps du jeune homme mais celui-ci fit un simple geste sur le côté.

Même s’il ne le disait pas à voix haute, il remarquait qu’elle frappait bien plus lentement. Et pourtant, ce n’était pas à cause du poids de l’arme. La première fois qu’elle avait attaqué, elle n’avait eu aucun problème et là …

Là … Elle faiblissait mentalement. Il le sentait, il le remarquait. La rage qui était peinte sur le visage de Katérina était toujours présente mais moins … violente. Il pouvait la sauver ! Il lui pardonnerait tout ce qu’elle avait ! Il n’était guère mieux ! Oh, peut-être qu’elle, c’était des innocents mais lui, il avait tué quand même des personnes qui n’étaient peut-être pas totalement coupables. Ah … Katérina … Katérina … Maintenant qu’il la voyait en face de lui, un peu plus mûre qu’avant, il ne pouvait s’empêcher d’être heureux.

« Katérina, tiens … Je ne t’ai pas dit ce que je comptais faire … »

« J’en ai rien à foutre ! J’EN AI RIEN A FOUTRE ! Arrête de me parler et laisse-toi crever ! Ça sera beaucoup plus simple avec ta mort ! »

« Ca n’arrangera rien du tout. Katérina, je pense que je vais plutôt te poser une question : est-ce que tu as eu … ce problème depuis que tu es née ? »

Elle s’arrêta subitement. Il osait en parler ? Il osait en parler librement de ça ? Il osait en parler après qu’il l’avait traitée de monstre ? Il en avait du courage ! Ou du culot ! Ou les deux ! Elle s’en foutait ! Elle s’en foutait ! Elle s’en foutait !

« En quoi ça t’intéresse ? En quoi ça te concerne hein ? Qu’est-ce que tu veux que je te dise hein ? Que j’ai ce truc depuis que je suis née ? Comme ça, tu me prends en pitié ? »

« Pas le moins du monde. C’est juste que Swar m’a un peu raconté ce qui se passait. Il semblerait que dans le passé, tu aies eu … une perte de membre et qu’à ce moment-là, le pokémon qui te possède a modifié ton physique. »

« Elle ne pouvait pas fermer sa gueule, celle-là ? »

« D’ailleurs, je t’avoue que j’ai eu un peu peur car j’ai appris que Swar était une fille. Je me suis dit donc que si un jour, elle devait me posséder, elle pourrait alors modifier mon corps. D’abord, sur le coup, j’ai vraiment été effrayé puis ensuite, je me suis dit … Pourquoi pas ? Si c’est une façon de me faire pardonner et de mieux comprendre ce que tu ressens, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée non ? »

« Pu … Putain … Qui t’a appris … Qui t’a appris à parler comme ça, à toi hein ? DEPUIS QUAND TU PARLES DE LA SORTE, KERAN ?! »

Mais elle ne se laisserait pas berner par le jeune homme ! Plus jamais ! Elle avait décidé de s’ouvrir une seule fois à lui ! UNE UNIQUE FOIS ! Et voilà le résultat ! Voilà ce qu’elle avait obtenu ! Du rejet, de la démence, de la folie ! Elle voulait juste qu’il crève ! Elle voulait juste qu’il disparaisse !

« Je ne lui ai rien appris si c’est la question que tu te poses. » déclara Swar alors que le jeune homme esquivait une nouvelle attaque de Katérina, son arme s’enfonçant dans le sol, venant créer une nouvelle fissure. « Il a mûri à cause d’évènements plus que … Non, ce n’est pas à moi de t’en parler mais à lui. »

« Ce qui s’est passé, je m’en branle ! Laissez-le crever ! Laissez-le crever ! »

« Je pense qu’elle le remarquera un de ces jours … mais elle n’a pas besoin de le savoir … Pas pour le moment, Swar. » murmura le jeune homme alors que Katérina s’immobilisait.

Encore ce sourire triste … Encore ce sourire qui laissait transparaître des sentiments qu’elle ne lui connaissait pas ! Toujours enjoué, toujours niais, toujours stupide et voilà qu’après un mois, elle le découvrait complètement différent ! Pourquoi … Pourquoi est-ce … qu’il était comme ça maintenant ? Si elle le tuait, elle ne le saurait jamais.

« Je ne veux pas savoir, je ne veux pas savoir ! »

Elle avait lâché son arme, tenant sa tête entre ses mains pour se retenir de pousser d’autres cris. Elle se fichait complètement de l’existence de Kéran ! Pas après ce qu’il avait dit ! Pas après tout ce qui s’était passé. Elle commença à éclater de rire, bredouillant :

« C’est vrai … C’est cet imbécile qui m’a dit d’essayer de te la montrer. De me faire croire qu’au final, tu étais différent, oui … »

« Katérina … De qui est-ce que tu parles ? » demanda calmement le jeune homme.

« C’est lui qui m’a proposé cela. Il savait bien que j’étais affaibli mentalement. Il le savait parfaitement. Pour lui, je suis devenue une machine à tuer, une machine qui ne faisait qu’obéir à ses ordres. Seulement tuer, rien que tuer, simplement tuer … »

« Katérina, arrête, tu es effrayante, là. »

« Qu’est-ce que tu veux que je te dise hein ? Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je suis comme ça et ça ne pourra changer ! Je ne changerai pas ! Je ne peux pas changer ! »

« Et alors ? Je ne te demande pas de changer ! Je ne te demande pas d’être différente, Katérina ! C’est bon, j’ai compris que tu es des deux sexes ! Et alors ? ET ALORS ? CA NE CHANGERA PLUS RIEN POUR MOI ! Tu es Katérina, point barre ! Tu es une jeune femme qui a la bouche toujours trop grande ouverte ! Et alors ? Hein ? Ca change quoi ? Ca change quoi dans l’histoire ? Tu es Katérina ! »

« Assez … Tu ne me blufferas plus de la sorte. Je ne me ferai pas avoir une nouvelle fois ! Je ne tomberai pas une nouvelle fois dans ce piège ! » s’écria-t-elle comme enragée, serrant la lame de sa claymore, celle-ci se disloquant en ses deux précédentes lames.

« Ce n’était pas un piège ! Pas du tout ! C’était juste de la surprise ! J’ai été surpris par ce que tu étais réellement mais maintenant, ça va bien mieux ! Katérina ! Je veux purifier ce monde ! Tu es peut-être la plus pure des filles que je connaisse ! »

La plus pure ? Est-ce qu’il était sincère ? Elle remarquait la gêne dans les joues du jeune homme, celui-ci bredouillant aussitôt :

« Enfin pure … Je me comprends. Je ne sais pas comment le dire mais tu n’es pas celle que tu crois montrer aux yeux des autres ! Tu es différente ! Tu es spéciale ! »

« Différente ? Spéciale ? Tu te moques encore de moi hein ? Tu ne t’arrêteras pas ? Tu n’as aucun répit envers moi hein ? Je veux te tuer, Kéran … Je veux te tuer. Je veux te tuer … Je veux te tuer … Je le veux … Je ne sais plus ce que je veux. »

Elle ne savait plus … Plus du tout même … Elle ne savait pas … Elle ne savait pas du tout … même. Elle était perturbée, tellement perturbée par tout ce qui venait de se passer. Pourquoi est-ce qu’il était revenu ? Elle avait pourtant très bien évacué sa rage. Elle avait pourtant très bien réussi à l’oublier … ou presque. Et lui ? Il revenait, il ramenait une femme, il lui parlait de son infirmité … De ce qui la rendait si horrible. Salopard … C’était un vrai salopard !

« Tu sais, Katérina. Par rapport à la Sainte Alliance, l’endroit où Sélia travaille. »

« Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse, cette salope n’a qu’à crever. » répondit la jeune femme avec dédain, détournant le regard.

« Non … Mais tu sais … J’ai beau être joyeux, j’ai appris des choses pas très reluisantes sur la Sainte Alliance. Est-ce que tu connais les Créateurs Elémentaires ? »

« C’est quoi encore ce truc ? Je m’en contrefous des organisations, si tu ne le savais pas encore, maintenant, t’es au courant, Kéran. »

« Alors, tu ne sais pas qu’ils utilisent les pokémons pour confectionner leurs armes et leurs armures ? Qu’en fait, Sélia portait le sang de pokémons innocents sur son corps ? Et sur ses armes ? Tu crois qu’ils les fabriquaient comment ? La magie n’existe pas dans ce monde, pas du tout, Katérina. J’ai pu le découvrir … J’ai pu le découvrir de mes propres yeux. Des corps disséqués, des pokémons tout simplement réduits … »

Il s’arrêta de parler, passant une main sur ses noigrumes tout en évitant de les serrer trop fort. Il avait faillait les perdre. Il avait failli perdre ses pokémons. Il ne pouvait pas oublier ça ! Il ne pouvait pas … Katérina semblait s’être calmée tandis qu’il reprenait :

« Et il y a aussi le Marché de la Mort, l’autre partie de l’Antre des Artisans. Là aussi, c’est de la vente de pokémons, rares ou non, mais des combats à morts aussi dans les arènes. Ils sont partout, Katérina. Tout le monde est pourri jusqu’à la moelle Katérina ! Tu n’es pas différente ! Tu n’es pas aussi horrible qu’eux ! Tu es bien mieux ! »

« C’est pour cela que tu veux purifier ce monde ? » murmura une voix alors que Katérina n’avait pas ouvert la bouche, la jeune femme sursautant sur le moment.

« Hey … Hey ! T’avise pas de prendre la parole pendant que je suis « consciente » ! »

C’était la première fois qu’il entendait cette voix … C’était celle … de qui il pensait ? Une voix forte et puissante, très virile même.

« Je veux purifier les humains, je veux purifier aussi les pokémons. » répondit le jeune homme, encore moins sûr qu’auparavant alors que l’épée contenant Swar semblait avoir du mal à se contrôler. Puis plus rien, l’aura noire autour de l’épée se dissipa.

« Alors peut-être que nous allons trouver un moyen de nous entendre. »

« Hors de question que je reste avec lui, c’est clair ?! » cria la jeune femme aux cheveux argentés alors que la voix lui disait :

« Tu feras ce que je te dis, petite présomptueuse. Kéran … Mon but est l’éradication complète des pokémons spectres et ténébreux. Ceux qui posent un problème en ce monde. Pourquoi ne pas nous rejoindre dans cette quête ? »

C’était … surprenant. Il ne s’était pas attendu à ce que le ton soit aussi amical … mais il devait se méfier … et en savoir plus sur cet être en Katérina.

Chapitre 97 : D’égal à égale

Chapitre 97 : D’égal à égale

« … … … Katérina, on ne peut vraiment pas parler ? » murmura calmement Kéran.

« Mais j’en ai rien à battre de tes paroles ! Fourre-les toi dans le cul et dégage de mon existence ! Tu ne comprends pas ce que je viens de te dire ou quoi ? T’as besoin d’aide ? »

« J’ai besoin de toi, c’est tout. Et je ferai tout pour me faire pardonner, que tu le veuilles ou non, Katérina. Mais je n’attaquerai pas tant que tu ne me lanceras pas la première attaque. Réfléchis à ce que tu vas faire … Réfléchis-y sérieusement. »

Y réfléchir sérieusement ? Il se foutait de sa gueule ou quoi ? ELLE ALLAIT L’ECRASER SANS MÊME QU’IL NE COMPRENNE D’OU VIENT SA DOULEUR ! Etant déjà proche de lui, elle commença à frapper de ses deux lames contre les siennes, le jeune homme les parant sans grosse difficulté jusqu’à ce qu’elle lui donne un coup de talon dans le ventre, l’envoyant en arrière. Elle s’exclama avec rage :

« Et bien alors ? GRANDE GUEULE ! Je croyais que tu savais te battre ! Tu vois ? Espèce de tapette ! T’as pas les couilles pour voir la vérité en face ! »

« Je m’attendais pas … à ce coup de pied, c’est tout. Tu as bien plus d’expérience que moi dans ce domaine … Mais ça ne fait rien. Ça ne change rien pour moi. Je continuerai à essayer de te sauver mais surtout de me faire pardonner envers ta personne. »

« Mais j’en ai rien à battre de tes promesses ! Care-les toi dans le fion ! C’est clair ? ET TU PEUX TOUT SIMPLEMENT CREVER ! »

Elle était vraiment énervée. Il devait la calmer mais il ne voyait pas de solutions miracles pour le moment. Comment faire pour … l’inciter à discuter avec lui ? Lui montrer qu’il était devenu bien plus fort ? S’il lui montrait qu’il n’avait plus rien à craindre d’elle, peut-être qu’elle permettrait alors la discussion ?

« Kéran, ne détourne pas tes yeux du combat au lieu de penser. » répondit l’épée longuement bien qu’il gardait ses yeux fixés sur Katérina.

« Ne t’en fait pas, cette bêtise, je ne la commettrai pas. Je sais quand même à quoi m’attendre avec elle. Mais tu n’as pas une idée ? »

« Une idée pour ? Pour éviter qu’elle ne te tue ? Nullement. Essaye tout simplement de la repousser, montre-lui qui est le dominant, qui est la dominée. Si tu es plus fort qu’elle, si tu l’empêche de bouger, de s’échapper, alors elle n’aura pas d’autres solutions que de t’écouter. C’est là l’unique idée que j’ai. »

« Tant mieux, visiblement, nous avions la même idée en tête. Comme quoi … Ca peut être surprenant d’être sur la même longueur d’ondes pour une fois. »

« Cela n’est pas si surprenant si tu te montres un tant soit peu responsable et capable. Maintenant, arrête-là … car si tu te fais tuer, il y a des chances qu’elle ne retrouve jamais la santé mentale qui l’habitait. » déclara Swar, le jeune homme hochant la tête positivement. Il s’en doutait, il le savait pertinemment.

Il prit une profonde respiration, se plaçant en position d’attaque. Dans ce genre de situations, il n’avait pas le choix. Il fallait attaquer avant qu’elle ne l’attaque. Ce fut lui qui amorça le contact, surprenant Katérina sur le moment qui ne s’attendait pas du tout à ce qu’il fasse cela. Néanmoins, ses deux lames parèrent les coups de Kéran alors qu’elle penchait la tête sur le côté, un sourire sinistre aux lèvres :

« Imbécile … Tu penses vraiment que tu peux me blesser ? Moi ? Je suis effrayante hein ? N’est-ce pas ? Que je suis effrayante ? Que je te fous les ch’tons ! »

« Pas le moins du monde, tu restes une jolie fille, Katérina. » répondit-il avec lenteur.

« Écoutez-le parler ce bâtard ! De quel droit tu crois pouvoir me complimenter alors que tu m’as insulté de monstre, hein ? Tu veux peut-être revoir ma bite pour que tu voies à quel point je suis laide ? Je vais peut-être te le rappeler pour que tu saisisses bien la situation ! »

« Pas besoin … Je comprends parfaitement ce qui se passe et ça me suffit Katérina. Ca suffit … Il vaut mieux s’arrêter là plutôt que l’un d’entre nous soit blessé. Ce n’est pas ce que je veux, ce n’est pas ce que tu veux, n’est-ce pas ? »

« Kéran ? Qu’est-ce que … Qui est cette fille ? » demanda une voix féminine, le jeune homme étant plus qu’étonné, tournant sa tête sur le côté.
Loa tremblait de tout son corps. Elle avait sûrement vu le désastre autour d’elle avant d’arriver jusqu’ici. Il bredouilla à Loa :

« Mets-toi à l’abri … Ce n’est clairement pas le bon moment pour venir. »

« AH LA SALOPE ! Je vois que tu t’es tiré une autre fille ! » hurla avec colère Katérina, reprenant aussitôt en le regardant : « Saleté, saleté ! Te connaissant en fait, tu n’as pas pu te la tringler mais ça ne fait rien ! Tu n’auras plus les couilles et ta queue pour faire ton travail ! De toute façon, tu seras mort ! »

« Mais qui est cette folle, Kéran ? Elle m’insulte, elle t’insulte et … Elle est responsable de ce qui s’est passé au village ? C’est elle qui a tué tout le monde ? »

« Et alors, qu’est-ce que ça fait ? Tu veux te battre la salope ? » demanda Katérina, la fixant ardemment, prête à éliminer Loa.
Celle-ci haussa un sourcil, poussant un profond soupir avant de mettre une main sur sa noigrume. Kéran arriva à sa hauteur, l’arrêtant aussitôt.

« Non ! Enfuis-toi, je m’occupe d’elle ! C’est compris ? Mais n’appelle surtout pas ton Mélancolux ! Tu vois bien que je n’ai pas sorti mes pokémons non ? C’est bien parce que la situation est critique mais je vais la gérer ! »

« Kéran … C’est quoi cette … relation que tu as avec elle ? Attends un peu … Tu avais parlé d’une femme nommée Sélia mais aussi d’une fille de ton âge qui s’appelait Katérina. »

« Et en plus … Le connard raconte tout à ses futures garces … Je vais me le faire. » murmura Katérina, serrant les poings et les dents, la tête baissée.

« Je n’ai rien dit au sujet de ton problème, Katérina ! Je parlais juste des … Oh purée ! Loa, éloigne-toi maintenant ! C’EST UN ORDRE ! »

Il n’aimait pas en donner mais là, la situation l’exigeait ! Si elle ne voulait pas mourir, il valait mieux pour qu’elle l’écoute ! Il semblait tout aussi furieux que Katérina mais en même temps apeuré pour Loa. La jeune femme aux cheveux verts serra sa noigrume, répondant :

« Il en est hors de question, je viens t’aider ! Explique-moi juste pourquoi elle a fait ça et c’est quoi son problème ? Après, on réfléchira à une solution ! »

« C’EST MON PROBLEME LOA ! C’EST MA KATERINA ! »

Il avait cri le nom de la jeune femme aux yeux dorés, n’ayant pas hésité à utiliser le possessif sans pour autant être gêné. Katérina recommençait à trembler de colère :

« Ta gueule, ta gueule, ta gueule ! N’emploie pas des mots comme ça alors que j’en ai strictement rien à faire de ta personne ! Je vais te buter ! »

Elle se répétait, Kéran poussant Loa en arrière avant de faire face à Katérina. Les deux lames arrivèrent à parer à moitié l’attaque de la jeune femme aux cheveux argentés, des entailles se faisant voir sur ses bras et son torse.

« Alors, t’es trop occupé à proposer à ta nouvelle copine une partie de jambes en l’air ? Si tu arrives à survivre, ce qui ne sera pas le cas, tu pourras toujours essayer de la tringler ! »

« Si tu n’as que ça à dire … Si tu veux, je vais être un peu plus sérieux … mais laisse-la partir, elle n’a rien à voir dans cette histoire. »

« Ouais, ouais, bien entendu. Et tu crois que je vais accepter ? »

« Tu n’auras pas vraiment le choix. Pardon Loa … Si tu veux bien partir, on se retrouve au sud du village ou plutôt de ce qu’il en reste. » annonça le jeune homme.

Finalement, elle fit ce qu’il lui avait demandé, le regardant pendant quelques instants avant de partir. Voilà une bonne chose qui était faite. Maintenant, il pouvait plus se préoccuper de la jeune femme aux cheveux argentés.

« Nous devrions reprendre notre petite discussion, Katérina. » dit-il en pointant l’épée contenant Swar en direction de la jeune femme.

« Quelle discussion ? Celle où je t’écrabouille ? T’en fais pas, personne ne m’échappe et après toi, j’irai m’occuper de l’autre garce. Je me disais bien que t’étais du genre à baiser un peu partout tant qu’elles sont jolies hein ? D’autre l’autre géante, et maintenant une Docte ? »

« Je ne te permets pas de les insulter toutes les deux, Katérina. » reprit Kéran, fermant ses yeux pendant quelques instants. Pour l’heure, ils n’avaient pas encore réellement combattu tous les deux. C’était tant mieux car il ne voulait pas que ça dégénère.

« Et tu vas me faire quoi si je dis que ce sont deux grosses salopes ? »

« Je vais tout faire pour que tu la boucles. Mais je suis fautif dans cette histoire … Ce n’est pas une raison pour t’emporter de la sorte ! Je veux tout faire pour que tu me pardonnes ! Alors arrête cette folie et ensuite, je … »

« Tu vas faire quoi ? Hein ? T’as pas l’air de saisir la situation ! Je suis possédée par un pokémon spectre ! Je suis possédée depuis des années par lui ! Je ne suis plus humaine, je n’ai plus rien d’humaine ! Je ne fais que tuer depuis des années ! Que ça soit des humains ou des pokémons, je me charge de tous les tuer ! De tous les haïr ! Je les haïs tous ! Car ils me regardent différemment ! Car ils se permettent de me juger sans me connaître ! Et toi … Toi … Tu pensais me connaître et je pensais que tu me connaissais … HAHAHA ! Mais quelle conne je suis ! Comment j’ai pu tomber dans ce piège aussi gros ? »

« Ce n’était pas un piège. C’était juste la première fois que tu ouvrais ton cœur … Et j’ai été assez stupide pour ne pas le comprendre. »

« Tu l’as piétiné, espèce de salopard ! Tu crois que je suis quoi réellement hein ? TU CROIS QUE JE SUIS QUOI ? JE SUIS UNE FEMME ! »

« Je le sais parfaitement … Et tu es une très jolie femme et … »

« Je le hais … Je le hais encore plus que les autres et il le sait bien ce bâtard. Il sait que je le déteste ! Il sait que je l’emmerde profondément ! Parce que je lui dois la vie ! Je préférai encore crever plutôt que de le suivre mais je ne peux pas ! Il m’en empêcherait ! »

« N’essaye pas de lutter contre lui alors Katérina … C’est moi-même qui m’en occuperait mais sinon, je suis content que … »

« ASSEZ ! » s’écria Katérina, bougeant finalement pour tenter de planter l’une de ses lames dans la hanche de Kéran. Celui-ci fit un saut sur le côté, l’évitant.

« Katérina, je pensais que nous devrions en parler … »

« ON VA EN PARLER ! ON VA EN PARLER TOUS LES DEUX ! »

Mais alors pourquoi est-ce qu’elle l’agressait de la sorte ? Ce n’était pas comme ça qu’ils allaient pouvoir discuter ! Le pire est qu’elle semblait taper de plus en plus fort et qu’elle prenait l’ascendant sur lui. Toutes ses belles promesses où il lui disait qu’il la protégeait, qu’il allait tout faire pour l’arrêter, ce n’était que du vent alors ?

« Petite impertinente, tu commences à m’insupporter. » murmura une voix, provenant de l’épée contenant Swar. Celle-ci s’entoura d’une aura noire plutôt imposante avant que le bras droit de Kéran ne bouge tout seul.

L’une des lames de Katérina s’envola dans les airs, atterrissant quelques mètres en arrière tandis que Kéran comme la jeune restaient surpris. Swar s’en mêlait elle aussi de ce combat ? Cela allait tourner à la défaveur de Katérina. Maintenant qu’elle comprenait la situation, est-ce que l’idée de Swar allait se mettre en place ?

« Hahaha … HAHAHA …. HAHAHAHAHA ! Purée, je t’avais oublié … toi … » s’écria Katérina, éclatant de rire, une main posée sur son visage.

« Je ne suis jamais partie … contrairement à ce que tu pensais. Tu as tout simplement voulu me rayer de ton existence et aussi Kéran. Kéran a changé en un mois, écoute donc ses paroles au lieu de rester butée. Tu n’es pas possédée, tu es la seule maîtresse de tes actes actuellement. Tu as commis des crimes horribles, tout simplement par folie … Mais la folie peut être soignée et aussi, tu peux … »

« TA GUEULE ! Ne m’adresse pas la parole ! Tu crois qu’aujourd’hui, tu peux encore te tenir face à moi ? Je vais vous montrer … Oui … Je vais vous montrer ce que je sais réellement faire ! JE VAIS VOUS MONTRER ! »

Elle frappa du poing en plein sur le visage de Kéran, le renvoyant en arrière alors qu’elle se dirigeait vers sa lame. Elle vint la récupérer, une aura noire commençant à émaner de ses deux armes alors qu’elle fixait ardemment Kéran.

« Je vais vous tuer tous les deux … Toi … Swar, je vais te réduire en morceaux. Toi, Kéran, je vais te briser à un tel point que tu ne pourras plus bouger ne serait-ce qu’un doigt. »

« Kéran, elle n’avait pas encore utilisé les pouvoirs du spectre qui était en elle. »

« Quoi ? Tu veux dire qu’elle n’était réellement pas sérieuse auparavant ? Mais, mais, mais … Je tiens à peine contre elle ! Qu’est-ce que je suis sensé faire moi ? »

« Tenir … Tenir le plus longtemps possible pour qu’elle s’épuise, tu ne peux rien faire d’autre. Il faut qu’elle comprenne car je ne pense pas que tu sois capable de lui tenir tête. Dans le pire des cas … Je pense que je serai obligée de faire cela. »

« Euh … Swar, si c’est ce que je pense, je ne veux pas que tu la tues. Katérina est vraiment … Enfin, je pense que tu as quand même compris un peu. » bafouilla le jeune homme.

« Je ne suis pas stupide et ou aveugle. J’ai parfaitement cerné ce qui se passait de ton côté. En dépit de sa petite « imperfection », on va voir ce que l’on peut faire pour elle. »

« … … … Merci vraiment, Swar. » répondit Kéran en toute franchise.

Il était rassuré mais en même temps, ce que Katérina était en train de faire, ce n’était pas possible. Les deux lames qu’elles tenaient dans ses mains, le métal semblait fondre entre elles, ne formant qu’une seule et imposante arme de près d’un mètre cinquante de longueur. Auréolée de noir, l’arme semblait plus que dangereuse.

« Une claymore … Encore plus grosse et lourde qu’elle … et pourtant, regarde avec quelle facilité elle semble la porter. »

« Je vois … Je vois, enfin, j’aurai aimé ne pas voir, Swar. » souffla le jeune homme, prenant appui sur ses deux jambes. A une seule main, Katérina soulevait l’arme avec une telle facilité comme si elle était aussi légère qu’une plume. Katérina était sérieuse, vraiment très sérieuse même, il valait mieux pour lui qu’il ne se fasse pas toucher par elle.

Chapitre 96 : L’heure de mourir

Chapitre 96 : L’heure de mourir

« Nous arriverons normalement quand dans ton village ? Du moins, celui dont tu parles. »

« Dans quelques heures, il n’est pas si éloigné que ça du précédent. Mais bon, il faut quand même deux bonnes journées de marche et nous en avons déjà fait bien plus de la moitié. »

Pour cette fois-ci, il avait décidé de ne pas appeler ses pokémons. Il ne fallait pas qu’ils soient trop habitués à sortir constamment sinon ils ne voudraient pas retourner à l’intérieur. Simple mesure de précaution car il ne voulait pas de problèmes.

« Oui mais bon … Au moins, je préfère être au courant de la situation. Ce village … Est-ce qu’ils ne te connaissent déjà ou non ? Comme tu es une Docte … »

« Ne t’inquiètes donc pas pour ça, Kéran. Même si je suis connue, tout le monde ne rejette pas les Doctes hein ? On est effrayants en apparence mais est-ce que je te fais peur actuellement ? » demanda-t-elle en lui souriant.

« On va dire qu’il va en falloir BEAUCOUP plus pour me faire peur, Loa. » répondit le jeune homme en haussant les épaules, un peu amusé par la situation.

« Oh … C’est vrai que j’ai un preux chevalier à mes côtés. Moi-même, je ne me fais nullement de soucis avec un tel accompagnement. »

« Je me charge de protéger quiconque que j’apprécie, que ça soit une personne humaine ou alors tout simplement un pokémon. » déclara Kéran en tapant du poing sur sa poitrine, l’épée émanant une petite aura noire avant de murmurer calmement :

« Tiens donc … Et depuis quand est-ce que tu te comportes de la sorte ? Depuis quand est-ce tu te sens courageux au point de déclarer de telle chose ? »

« Je ne sais pas … Ca m’est arrivé comme ça, pas besoin d’en faire toute une histoire, Swar. » marmonna le jeune homme. Il n’avait jamais voulu se vanter contrairement à ce que faisait croire l’épée à sa taille. Il n’était pas comme ça ! Pas du tout vaniteux ! C’était juste ce qu’il pensait réellement et il avait eu le besoin de le signaler à Loa.

« Ce n’était qu’une simple question, pas une remarque de ma part. Je ne ferai pas une telle chose envers toi, Kéran. Tiens-toi droit, bombe le torse et ne baisse jamais la tête. »

Et après ? Qu’est-ce que ça allait faire ? Il fit ce que Swar venait de dire, Loa se positionnant en face de lui avant de le regarder longuement, comme pour l’étudier. Puis elle eut un grand éclat de rire avant de s’exclamer avec joie :

« Sincèrement, on ne dirait pas comme ça mais tu es plutôt bien bâti, Kéran ! Tu pourrais même faire une gravure ou une statue. Je suis sûre que ça t’irait très bien. »

« Euh … Là, c’est vraiment plutôt gênant. » bredouilla le jeune homme en arrêtant de prendre la pause, se grattant le derrière du crâne d’un air gêné. Ce n’était pas du tout dans ses intentions une telle chose, loin de là même. Il ne fallait quand même pas … croire cela. Brrr … Il n’aurait jamais dû faire une telle chose.

M’enfin bon, il n’en voulait pas à Swar pour avoir dit cela. Ce n’était pas réellement de sa faute, il le savait parfaitement. Il poussa un petit soupir, se remettant en marche tandis que la jeune femme le suivait sans rien dire.

Les minutes s’écoulèrent et ils firent une pause tous les deux. Ils discutèrent de tout et de rien, Kéran ayant appelé ses quatre pokémons pour les nourrir tandis que Loa faisait de même de son côté. Ainsi, tous les pokémons seraient en parfaite santé. Car oui, même si au-delà de leurs apparences, les pokémons spectres et ténébreux devaient se nourrir.

Il restait quand même grandement intrigué par ces créatures mais maintenant qu’il pouvait en voir une de très près, ça lui permettait de l’étudier. Ce Mélancolux était un homme mais il ne savait rien de son passé, du moins, il n’allait pas lui poser la question non plus.
C’était sûrement quelque chose de personnel, très personnel même. Et ça ne le concernait pas. Enfin bon, ils finirent de manger, Kéran rappelant ses pokémons car il valait mieux qu’ils digèrent correctement à l’intérieur de leurs noigrumes.

Des minutes, puis des heures et ils arrivèrent en fin d’après-midi. Les deux personnes pouvaient maintenant apercevoir au loin le village dont parlait Loa. Un village qui était bien différent de ce qu’il pensait. Pourquoi ? Pourquoi ?

« Mais il est en flammes ? Non … Il n’a pas l’air en bon état, Loa. »

« Ce n’est pas du tout normal, Kéran. Je ne sais pas ce qui se passe, peut-être qu’ils se sont faits attaqués par des spectres ou des créatures ténébreuses. »

« Alors si tel est le cas, je vais me dépêcher d’aller les rejoindre pour les aider ! Loa, reste un peu en arrière ou viens donc quelques minutes après moi ! »

Comme il désirait. Mais elle n’appréciait pas vraiment de laisser Kéran faire tout le travail. En même temps, il était un combattant et pas elle. Mais ça, elle espérait qu’il ne lui en voudrait pas. Elle posa la question au jeune homme, celui-ci faisant un geste négatif de la main avant de dire d’une voix un peu enjouée :

« Ne t’en fait pas, ce n’est pas bien grave. De toute façon, auparavant, c’était moi que l’on protégeait quotidiennement. Maintenant que je peux me protéger moi-même, il est de mon devoir de faire de même envers les autres. »

« Encore de belles paroles de la part de Kéran, cela commence à faire beaucoup. » annonça Swar sur un ton neutre tandis que Kéran lui disait :

« Je suis désolé mais c’est comme ça que je vois les choses maintenant, Swar. »

« Tu peux l’être mais ça ne changera rien à la situation. Maintenant, accélère le pas si tu veux essayer de les sauver, là tu perds ton temps à te pavoiser devant Loa. »

« Ce n’était pas mon intention encore une fois ! » s’écria le jeune homme avant de courir en direction du village qui semblait dans un triste état. Plus il se rapprochait, plus il remarquait les bâtiments délabrés … et les traces de sang. Mais aucune trace de pas …

Rien du tout même. Il n’y avait pas d’agressions de Pokémons contrairement à ce qu’il avait voyait. Ce qu’il voyait ? C’était des corps démembrés, tranchés en deux ou en plusieurs parties. C’était tout simplement horrible. Il devait empêcher Loa de voir ça.
Et les bâtiments, certains étaient rasés. Mais ce n’était pas ça le plus horrifiant, loin de là même. Il y avait autre chose. Des sanglots, puis des rires. Tout cela provenait de la même personne mais ce rire, ça lui rappelait quelqu’un. Qui donc ?
Il se rapprochait peu à peu de l’origine des rires avant de baisser subitement la tête. Comme une lame d’air passa au-dessus de sa tête, venant trancher l’un des rares arbres du village mais aussi les bâtiments autour de lui. Une voix souffla :

« Un survivant ? Une survivante ? Je pensais que je venais de tuer les derniers. »

Cette voix ! Il en était sûr et certain ! Il se redressa juste au moment où deux corps furent envoyés sur le côté du bâtiment qu’il pouvait voir. Deux corps qui avaient perdus leurs têtes. Des pas … C’était une unique personne qui avait commis ce massacre. Une unique personne qui n’avait pas hésité à tuer tout le monde.

« KATERINA ! » cria-t-il soudainement, un autre cri, mais de surprise se faisant entendre.

« Ké … Kéran ? Non … Ce n’est pas possible ? C’est toi ? Hahaha ! »

Les rires à l’éclat avaient quelque chose de malsain. Il ne savait pas quoi exactement mais il n’appréciait pas du tout ce qu’il entendait. Finalement, il aperçut Katérina. Ah … Elle aussi avait un peu grandi en un mois. Oh … Pas grand-chose. Un peu au niveau de la taille et de la poitrine. Ce n’était pas vraiment visible … et puis, ses yeux se posèrent sur la culotte blanche de la jeune femme en face de lui.

Ahem … Bon … Il valait mieux pour lui qu’il détourne le regard car ce n’était pas du tout une bonne chose. Du moins, qu’il regarde là ! Car voir Katérina, ça, par contre, c’était une excellente nouvelle ! Ou presque … Car la jeune femme était recouverte de sang, ses yeux dorés le fixant longuement.

« Hahaha … Vraiment … Vraiment … Qu’est-ce que tu fais ici, Kéran ? »

« Je devais me rendre à ce village pour une chose importante et … »

« Il n’y a plus de village dorénavant. Dommage, n’est-ce pas ? Si tu étais arrivé hier, ils auraient été encore présents. Hahaha … » annonça calmement Katérina.

« Pourquoi est-ce que tu as fait ça, Katérina ? Réponds-moi, s’il te plaît … Je n’aimerai pas devenir violent envers toi, s’il te plaît. »

« Toi ? Violent ? Et depuis quand, espèce de tafiole ? » répondit-elle.

« Katérina … Est-ce que tu es possédée ? » demanda une nouvelle fois le jeune homme, sortant Swar et son autre épée pour les tenir dans ses mains. Il ne voulait vraiment pas en venir à là … mais maintenant, il avait fait son choix.

« Est-ce que je suis possédée ? Est-ce que je suis possédée ? C’est quoi cette question à la con ? TU SAIS PARFAITEMENT QUE JE SUIS POSSEDEE ! TU SAIS PARFAITEMENT CE QUE JE SUIS ! ET TU AS … TU AS … »

Elle poussa un hurlement strident, sa tête dirigée vers le ciel avant qu’une vague d’énergie spectrale et ténébreuse ne sorte de son corps, projetant Kéran en arrière et terminant d’achever et de détruire les quelques rares bâtiments encore debout.

« Je crois que tu as la réponse à ta question, Kéran. »

Swar s’était adressé à lui sur un ton nonchalant et distant, signe de de son désintérêt par rapport à la situation qui était bien plus alarmante qu’elle ne le faisait croire. Katérina … avait ravagé et détruit tout un village … Un village innocent. Remplie de personnes qui n’avaient jamais demandé à mourir. Pourquoi est-ce qu’elle avait fait ça ? POURQUOI ?

« Salopard … Mais il était temps … Il était vraiment temps qu’on règle cette histoire toi et moi, il était vraiment temps que je me débarrasse de toi. »

« Katérina, tu es possédée. Tu ne sais pas de quoi tu parles. Ca fait depuis tellement longtemps que je voulais te revoir. Je voulais te parler ! »

« Me parler ? De qui est-ce que tu te fous ? T’es pas sérieux hein ? Et je suis possédée mais ça tu le sais ! Tu vas le répéter combien de fois, espèce de connard ? » demanda Katérina avant de s’asseoir sur ce qui ressemblait aux débris d’une fontaine.

« Oui ! Je voulais que l’on parle ! Je t’ai cherché pendant pas mal de temps ! Enfin, non … Ça serait te mentir, j’ai eu quelques problèmes pendant un mois et … »

« Et ? Qu’est-ce que tu ça me fasse ? Je m’en branle complètement ! Et ça, tu sais parfaitement que c’est pas une image me concernant ! »

Elle ne lui laissait même pas le temps de prendre la parole. Il était plus que perturbé alors qu’il apercevait l’aura noire qui commençait à émaner des bandages de la jeune femme. Toutes ses belles paroles partaient en fumée mais aussi tout le courage qu’il avait accumulé.


Le regard haineux qu’elle lui portait. Il savait pertinemment qu’il était responsable de tout cela. Il savait pertinemment qu’il méritait ce regard haineux mais il voulait se faire pardonner ! Il voulait parler avec elle ! Lui expliquer que ce n’était pas grave ce qu’elle avait ! Enfin, si, ça l’était ! Mais il pouvait facilement le supporter ! Ça ne changeait rien à ce qu’il pensait d’elle ! RIEN DU TOUT !

« Katérina ! Il faut que l’on parle vraiment tous les deux ! »

« Pour entendre tes pathétiques excuses ? Tes raisons risibles ? J’en ai strictement rien à foutre de ce que tu comptes dire, fous-le toi dans le cul, c’est clair ? »

« Katérina ! IL FAUT VRAIMENT … »

« TA GUEULE KERAN ! TA GUEULE ! » hurla-t-elle encore plus fort que lui, prenant ses deux lames dans ses mains avant de se lever.

Elle était encore plus furieuse et colérique que dans ses souvenirs. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ? Il s’était déjà mis en position de défense, criant :

« Katérina ! Je veux que l’on parle tous les deux ! »

« MAIS TU VAS ARRËTER DE TE REPETER SALE CON ? J’AI PAS A T’ECOUTER ! »

« Il le faut quand même ! Katérina, en ce qui te concerne, il faut que tu saches que … »

Elle n’allait pas lui laisser le temps de parler. Un seul mouvement de sa lame et il vit une ligne ténébreuse qui fonçait vers lui. Il para le coup, reculant de quelques centimètres en arrière, ses pieds s’enfonçant dans la terre.

« Hahaha … Hahaha … Tu es devenu un peu plus résistant qu’avant ? Tu vas pouvoir me distraire, petit branleur … »

« Je n’ai pas envie de te distraire, juste de discuter avec toi. Est-ce que tu es possédée réellement ? Ou c’est bien toi qui a tué tout le monde ? »

« Et si c’est moi, la véritable Katérina ? Celle que tu as si bien défini sous le terme de monstre, qu’est-ce que ça va faire ? Un monstre, ça détruit tout, un monstre, ça tue. »

« Oui mais tu n’es pas un monstre ! » cria Kéran, espérant se faire entendre de la part de Katérina. Malheureusement, cela semblait peine perdue puisqu’elle s’élança vers lui, leurs quatre lames se croisant.
Elle ne semblait pas folle, loin de là. Ses yeux dorés continuaient de le fixer ardemment et avec rage. Elle n’était qu’à quelques centimètres de lui. Il pouvait même sentir son souffle chaud alors qu’elle disait :

« Tu sais ce que je vais faire Kéran ? Quand je t’aurai buté ? »

« Non … Mais je pense que tu ne vas pas tarder … » bredouilla le jeune homme, essayant de se calmer et surtout de calmer Katérina.

« Je vais te tuer … Oh oui, puis j’abaisserai ton froc et je violerai ton petit cul ! »

« … … … T’es vraiment tordu comme fille, tu le sais ? » dit-il sur un ton plus que surpris par de telles paroles. Le violer ? Brrr !

« JE M’EN CONTREFOUS ! JE VAIS TE NIQUER, ESPECE DE BÂTARD ! »

« Tu risques d’être surprise. En un mois, on va dire qu’il s’est passé pas mal de choses. » déclara finalement Kéran, repoussant Katérina en arrière, se mettant en position de défense. Il allait lui faire retrouver ses esprits, quitte à la blesser gravement.

« On verra ça, toi et moi, Kéran. »