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Chapitre 18 : Dans la nuit

Chapitre 18 : Dans la nuit

« Hmm, rien à faire, nous ne trouverons rien. »

« Que faisons-nous alors ? Est-ce que vous avez une idée à ce sujet ? »

« Le mieux est d’établir une nouvelle fois le camp. Nous n’avons pas trop le choix. Par contre, nous avons trouvé une cascade. Mais demain, il faudra descendre au cas où. »

Bof. C’est tout ce qu’ils ont trouvé ? Enfin bon, il ne va pas vraiment s’en plaindre. Il pensait à pire, bien pire dans le fond. Et là ? Ben, c’est pas si moche que ça. Il passe une main dans ses cheveux bruns avant de murmurer :

« J’aimerai bien que mon pied soit soigné plus rapidement. »

« On ne peut rien réellement y faire dans le fond hein ? Ce n’est pas nous qui décidons de la vitesse à laquelle tu te soignes, désolée, Ryusuke. »

« Je n’ai pas demandé à ce que l’on m’aide. Je serais patient néanmoins, je ne peux faire que cela au final, je n’ai pas trop le choix si on y réfléchit bien. »

« Mais tu arrêtes d’aussi grognon ? C’en est lassant, Ryusuke ! »

« Je suis grognon si je le veux, compris ? »

Encore une fois, il rétorque avec une certaine aigreur alors qu’il se dirige vers la tente qu’il a déjà monté. Encore que non, ce n’est pas lui qui l’ait monté, bien entendu. Il faut que Junon s’en soit mêlé et le menace de lui remettre une baffe pour qu’il accepte son aide.
Mais voilà, enfoncé dans sa tente, il regarde la petite pokémon avant d’hausser un sourcil. Est-ce qu’il s’agit de son imagination ou … hmm … peut-être qu’il va devoir apprendre à se méfier, une simple mesure de précaution, on dirait bien.

« Ryusuke ? Tu vas déjà dormir ? Tu ne te sens pas bien ? »

« Je me sens très bien, je suis juste un peu fatigué. Bonne nuit. »

Sans même qu’il lui donne l’autorisation, Junon rentre dans la tente, regardant Ryusuke qui était déjà allongé sur la tente, observant la toile au plafond. Venant s’asseoir à côté de lui, elle finit par poser une main sur son front, disant :

« Non, tu n’as pas de fièvre. On ne sait jamais, je préfère prévenir au cas où. »

« Alors qu’est-ce qui ne va pas ? Ca a été une si mauvaise journée que ça ? »

Il cligne des yeux mais ne cherche pas à lui répondre. Il continue d’étudier la toile de la tente alors que Sirénia grimpe sur son torse, collant son visage près du sien. Ses petits yeux verts le regardent longuement, très longuement, comme pour l’étudier. Il pousse un soupir et passe une main dans la chevelure de la petite pokémon tandis qu’il se frotte les yeux. C’est étrange d’ailleurs. Il n’a pas fait trop de cauchemar dernièrement. Grâce à Sirénia ?

« Est-ce que tu veux que je dormes avec toi ? Pour que tu sois rassuré ? »

« Tu plaisantes, Junon ? Un garçon et une fille ? Sous la même tente ? Je ne suis pas décadent à ce point et je ne le serais jamais. Je ne suis pas comme ça. »

« Je m’en doutais. C’est ce que je voulais savoir. Bon, si tel est le cas, je vais alors te laisser tranquille. Essaies de bien dormir d’accord ? »

« Je vais bien dormir dès l’instant où tu seras partie, c’est aussi simple que ça, rien d’autre. »

« D’accord, d’accord. Ah … Ryusuke. Tu es vraiment usant. Bonne nuit. »

Elle déposa un baiser sur sa joue, s’y appliquant bien puisque le bruit des lèvres qui claquent contre la joue se fait entendre hors de la tente. Il la regarde avec nonchalance avant de marmonner d’une voix à peu énervée et agacée :

« Qu’est-ce que tu fais exactement ? Je peux avoir à quoi tu joues ? »

« Oh ? Rien de spécial ? Ne me dit pas que tu n’as jamais reçu cela de ta mère étant enfant ? Ca m’étonnerait grandement mais bon … peut-être ? »

« Ma mère a arrêté de faire cela depuis que j’ai … »

Depuis quand en fait ? Il ne le sait pas. Mais il sait que sa mère ne lui fait plus ça depuis des années. Il fait un mouvement de la main comme pour repousser l’adolescente aux cheveux argentés, celle-ci quittant la tente tout en souriant.

« Bonne nuit pour de vrai, cette fois, Ryusuke. »

« Bonne nuit. Dors bien ,tout ça. Tu connais la consigne, n’est-ce pas ? »

Elle émet un petit rire avant de s’en aller. Finalement, le voilà seul. Parfait. Il va chercher le sommeil mais que d’un œil. Bizarrement, il ne sent pas bien ce soir. Mais ça, ce n’est pas obligé que les autres le savent. Pourquoi est-ce qu’ils auraient besoin de connaître ces états d’âme hein ? Ça ne concerne que lui et uniquement lui.

« Bonne nuit, Sirénia. Dors bien. S’il y a un problème, tu me réveilles ? D’accord ? »

« Tarsal ? Tarsal, tar tarsal tarsal tar tar. »

Elle lui répond qu’elle trouve ça étrange qu’il lui dise cela mais il fait un sourire rassurant. Finalement, il ferme les yeux pour qu’elle fasse de même. Couchée sur lui, elle sombre dans le sommeil bien plus rapidement que l’adolescent qui ignore les conversations de ses camarades de son groupe. Il n’est pas comme ça, il ne va pas changer pour leurs beaux yeux.

Puis subitement, en pleine nuit, il se réveille. Il l’avait pressenti que quelque chose clochait mais quoi ? Avec lenteur, il commence à se mouvoir pour déplacer la petite créature hors de son torse, l’emmitouflant bien dans le sac de couchage. Muni de sa béquille, il finit par quitter la tente, prenant le chemin de la cascade. Malgré le bruit, il a dormi paisiblement.

Mais voilà, il est maintenant dehors, une main dans la poche, l’autre tenant sa béquille alors qu’il avance avec lenteur à travers les arbres. Cela lui fait du bien de souffler un peu mais surtout, ce léger malaise qu’il a ressenti depuis des heures, il n’arrive pas à l’expliquer.

« Où êtes-vous ? Je sais que vous êtes dans les environs. Ca ne sert à rien de vous cacher. »

« Tsss ! Et moi qui pensait être discret ! Dommage que ça ne soit pas le cas ! »

Une ombre tombe au sol, non-loin de lui alors qu’il se retourne pour voir de qui il s’agit. Lorsqu’il voit son visage, il cligne des yeux pendant quelques secondes avant de dire :

« Naro ? Encore vous ? Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous n’êtes plus professeur. »

« Devine un peu, espèce d’imbécile ! A cause de qui est-ce que je ne suis plus professeur ? »

« De vous-même, bien entendu. Pourquoi est-ce que cela aurait changé depuis le temps ? Vos méthodes abusives ont eut raison de votre emploi. La prochaine fois, vous ne tenterez pas de faire une entourloupe, c’est aussi simple que ça hein ? »

« Ne me donne pas de leçon, est-ce bien clair ?! »

« De plus, à la base, je ne savais pas que j’étais poursuivi, loin de là. Je n’arrive pas à croire que vous soyez tombé dans l’un des plus vieux pièges au monde. C’est assez amusant en un sens de voir que vous êtes tout simplement un incapable mais bon, ce n’est pas grave ? »

« QUOI ?! TU VAS VOIR SALE PETIT AVORTON ! »

C’était parfait. L’homme fonce vers lui tandis qu’il fait un pas sur le côté, heureusement sur son pied qui n’est pas cassé. Ryusuke lui donne un coup de béquille dans les jambes, le faisant tomber au sol. Sans réticence, Ryusuke appuie sur le dos de Naro avec sa béquille.

« Est-ce que tu préfères que je te laisse partir ou alors que je crie pour alerter les autres ? Je préfère te laisser décider. Je suis assez fatigué et las. »

« Ne me prends pas pour un idiot ! Tu oublies une chose ! »

Hmm ? Et qu’est-ce qu’il a oublié ? Ah oui … Cela. L’adolescent aux cheveux bruns fait un pas en arrière. Ce n’est pas vraiment ce qu’il préfère : les sphères rouges et blanches qui s’ouvrent pour laisser paraître deux pokémon.

« Alors ? On fait moins le fanfaron maintenant hein ? Ne t’en fait pas, je ne tuerais pas. Les ordres sont précis à ce sujet : tu dois être vivant. »

« Toi ? Recevoir des ordres ? Tu vas me faire croire que tu es dans une organisation criminelle ? Qui est-ce qui voudrait de toi ? »

Il a un petit sourire ironique alors que Naro lui en fait un tout autant. Il se sait en position de force et il a entièrement raison de le penser. Il n’est pas bête, il ne peut pas lutter contre lui, surtout s’il est accompagné de ses pokémon. Il ne peut pas livrer bataille de la sorte.

« Comme si tu peux vraiment maintenant me tenir tête, non ? »

« Je le peux et je n’aurai aucune réticence à cela. Est-ce que tu en veux une preuve ? »

« Je ne me ferais pas avoir par une chose aussi ridicule. Reptincel, envoies-lui quelques flammes. N’oublie pas, tu ne dois pas le calciner. »

« REPTINCEL ! REPTIN ! »

Le pokémon semble aussi aberrant que son dresseur. Ryusuke pousse un profond soupir avant de placer une main sur son front. Bon, puisqu’il faut le faire, il faut le faire alors, hein ? Il se gratte doucement la joue tandis qu’il regarde autour de lui. Des arbres ? Des racines ? Quelques lianes ?

« Bon ben, je vais faire avec les moyens du bord. »

Et les moyens consistent à se jeter tout simplement sur le côté pour esquiver un souffle de flammes. Il ouvre la bouche mais la referme aussitôt pour ne pas crier de douleur. PUREE ! CA FAIT MAL ! SA JAMBE ! AIE ! BON SANG !
Mais il est près d’une racine, comme il le désirait. Il tire de toutes ses forces, arrivant à en arracher une partie qui doit bien faire plusieurs mètres avant de faire un nœud des plus basiques mais assez solide. Pour ce qu’il veut faire, c’est parfait !

« Tu es maintenant prêt ? Je vais te calciner les jambes pour être sûr qu’elles soient irrécupérables. Tu n’en auras plus besoin là où je t’emmènerais. »

« Hahaha … HAHAHAHA ! Et tu penses vraiment que ça suffire à m’arrêter ? Idiot. »

« Et qu’est-ce qu’un type avachi au sol avec un pied cassé va t-il me faire ? Continue Reptincel, ne laisse plus rien comme trace par rapport à ce gamin. »

Cet homme de fanfaronner. Rien d’anormal, il a le dessus mais pour combien de temps ? L’adolescent aux cheveux bruns regarde le Reptincel qui s’avance vers lui, menaçant et plus que dangereux. Puis subitement, le pokémon se prend un coup de béquille au niveau du visage, le faisant tomber sur le côté, à moitié sonné.

« C’est quoi ça ? Qu’est-ce que tu as fait ?! »

Il ne répond pas à Naro et pour cause, il n’est plus là ! Malgré son état, il cherche à courir, tenant sa béquille en main. La liane lui a permis de la récupérer plus rapidement ce qui est une excellente chose mais bon … c’est juste une idée qu’il a eut sur le moment ! Elle n’est pas faite pour durer ! Peut-être qu’en retournant auprès …

« Qu’est-ce que je pense moi ? Je ne vais pas les mettre en danger ! Quel idiot ! »

Il se frapperait presque si la situation n’était pas aussi dangereuse ! Mais voilà, pas le temps pour ça ! S’il veut pouvoir s’en sortir, il doit trouver un coin où il faut qu’il soit sûr qu’aucune personne ne soit en danger à part lui-même ! Pour sa propre personne, plus tard !

De la distance, il devait mettre un maximum de distance avec Naro ! Finalement, cela ne fut pas aussi difficile qu’il ne le pensait, regardant derrière lui. Il ne le voyait plus ? Tant mieux. Mais est-ce qu’il allait vraiment … non …

« Il sait où sont les autres. Il risque de les menacer. Je n’ai pas le choix. »

Il n’a pas le choix. Il doit forcer Naro à le suivre. S’il met assez de distance avec les tentes, ils seront alors à l’abri. Oui, c’est la meilleure idée qu’il puisse avoir. Il s’écrit fortement :

« ALORS NARO ?! QU’EST-CE QUE TU ATTENDS ?! TU T’ES PERDU EN CHEMIN ?! T’ES VRAIMENT PATHE … »

« Tu ferais mieux de regarder par les airs ! »

Hum ? Par les airs ? Il a juste le temps de faire un saut en arrière, le faisant s’appuyer sur ses pieds et lui arracher un cri de douleur qu’il peut voir alors le bec d’un Rapasdepic à quelques centimètres de son visage. Wo … Wow. Saleté !

« C’est donc ton second pokémon ? Où est le troisième ? »

« Tu aimerais bien le savoir non ? Peut-être qu’il est déjà si proche de toi ? »

Proche de lui ? Un pokémon spectre ou ténébreux alors ? Il se retourne mais ne voit rien. Lorsqu’il se remet face à Naro, il n’a pas le temps d’esquiver le bec qui s’enfonce dans son bras, se plantant en lui mais aussi dans l’arbre derrière lui.

« AAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

« Et voilà, toi qui te pensait si malin que ça … comment est-ce que tu as put tomber dans un piège aussi ridicule et basique non ? Tu devrais avoir honte de toi, tu es pathétique. »

« Pathétique ? Hahaha … Peut-être mais au final, est-ce que tu arriverais encore à te repérer ? Tu peux entendre le bruit de la cascade mais nous sommes proches de cet endroit, très proche. Pourquoi penses-tu que je t’ai emmené là ? »

« Pour éviter que tes petits camarades ne soient blessés par moi ? Héhéhé … Ne t’en fait pas, j’irais les tuer après. Toi, il suffit juste que tu sois mis hors d’état de nuire. Et il en est pareil pour cette foutue Tarsal. Je ne sais pas ce qu’ils ont avec elle mais ils la veulent. »

« Qui ? Ils ? Tu n’as toujours pas donné le nom de ton organisation. C’est un peu ce que font tous les méchants de série B non ? »

« NE TE FOUT PAS DE MOI ! »

Un coup de poing vient atteindre l’adolescent au niveau du visage, ensanglantant alors Ryusuke aux lèvres. Celui-ci crache du sang, tremblant légèrement de peur. Malgré toute la vantardise dont il fait preuve, il ne peut pas oublier que cet homme en face de lui est un criminel, visiblement rompu à tuer si cela s’avère nécessaire. Et surtout, on lui a promis diverses choses qu’il ne peut ignorer. Il ne sait pas ce qui risque de l’attendre.

« Tu vois ? Personne ne viendra t’aider. Tu es seul, complètement seul. »

« Et alors ? Qu’est-ce que cela va changer par rapport à d’habitude ? »

« Fais pas l’innocent. J’ai put t’observer ces deux derniers jours. Ca ne semblait pas te déranger d’avoir la présence de la présidente des élèves à tes côtés non ? »

« Je ne vois pas de quoi tu parles mais visiblement, pour ne pas changer, tu dis encore des conneries non ? A force, tu n’as pas pensé à la boucler une bonne fois pour toutes ? »

« Je ne risque pas de me taire pour quelqu’un comme toi. S’il faut toujours te rabaisser, je serais partant, jusqu’à ce que tu comprennes que tu n’es rien pour nous. »

« Visiblement, la leçon ne t’a pas suffit hein ? »

Une leçon ? De la part de ce professeur incompétente ? L’adolescent éclate d’un grand rire franc accompagné de sanglots. Qu’est-ce qu’il avait fait pour mériter un pareil imbécile ? Il savait bien qu’il n’était pas doué mais à ce point ? Pour qu’on le hait à ce point ?

« Et si vous le relâchiez, Naro ? »

Une voix féminine finit par couper le silence. Elle n’est quand même pas venue ? Pas Junon hein ? Ce n’est pas possible. Elle va pas se mettre en …

« Tsss ? Qu’est-ce que la vice-présidente du conseil des élèves vient faire ici ? Tout simplement mourir ? C’est pour me mâcher le travail ? Sympathique de votre part. »

Kasiopé ? La vice-présidente ? Celle qui fait son apparition avec ses lunettes ? Ah … Non, quelle idiote ! Elle ne peut rien faire contre Naro ! Rien du tout ! Cet homme est dangereux !

« KASIOPE ! Vas prévenir les autres de vous enfuir ! Cet homme veut vous tuer ! »

« Oh ? Ryusuke ? Tu préfères nous protéger plutôt que de t’occuper de ta propre personne ? Quand Junon va savoir ça … mais ne t’en fait pas, je me charges de Naro. »

Chapitre 17 : La légende d’un Draco

Chapitre 17 : La légende d’un Draco

« Ah ? Ryusuke ? Je vois que tu as fait la paix ? »

« Je n’ai pas fait de paix car il n’y avait pas de guerre entre moi et Sirénia. »

La petite créature est accrochée à son torse, dormant encore à moitié alors qu’il est debout. Une main la maintient contre lui tandis que la seconde garde la béquille au sol pour qu’il ne se casse pas la figure. Il a un peu moins mal au fil des jours mais bon, une mesure de précaution qu’il ne fallait pas oublier.

« Pourtant, en vue d hier, tu comprendras que … »

« Oh, tu sais, Junon, j’avais l’impression aussi qu’hier, toi et Ryusuke étiez en guerre. » coupe doucement Kasiopé tandis que l’adolescente aux cheveux gris se tourne vers la demoiselle à lunettes. Elle semble presque la foudroyer du regard mais ne dit rien.

« Nous n’étions pas en guerre et nous avons fait la paix par contre. Et ma joue va mieux, merci beaucoup Kasiopé. Je ne sais pas ce que tu as fait mais ça m’a soulagé. »

« Oh ? Mais de rien, Ryusuke, c’était avec un plaisir non-dissimulé. » répond Kasiopé.

« Hum ? De quoi est-ce que vous parlez tous les deux ? Qu’est-ce que vous complotez ? »

« Nous ? Rien du tout. Disons qu’hier, après ta baffe, je l’aie senti pendant des minutes et des minutes mais voilà, étrangement, ça s’est arrêté après que Kasiopé m’ait donné cette idée. »

« Ah bon ? Tiens donc … Kasiopé a donné une idée, c’est bien étrange. Depuis quand est-ce que tu décides d’aider d’autres personnes que le conseil des élèves ? »

Pour toute réponse, la jeune demoiselle à lunettes hausse les épaules comme pour dire qu’elle n’était pas responsable de tout cela. Junon émet un petit grognement de mécontentement mais ne dit rien de plus. Elle a même le sourire aux lèvres.

« Si vous avez fini d’essayer de vous écraser la face l’une par rapport à l’autre, est-ce que l’on peut se mettre au travail maintenant ou non ? Que je sache dans le fond … comme ça, je n’ai pas trop de temps à perdre avec toutes ces idioties. »

« Et où est-ce que tu comptes aller, Ryusuke ? »

« Je n’ai pas vraiment à te le dire non ? Je ne vois pas en quoi ça te … bon … Qu’est-ce qu’il faut faire au final ? On m’a emmené dans ce voyage et je ne sais pas ce qui va se passer. »

« Explorer la forêt, cet endroit est gigantesque ! Et peut-être même rencontrer un Draco ! »

« Draco ? Qu’est-ce que tu racontes ? Pourquoi y aurait-il un Draco qui traînerait dans les environs ? Ce n’est pas son habitat naturel, Pik. Ah … C’est donc juste ça ? On va marcher pendant des heures et ensuite, on verra ? » soupire une nouvelle fois Ryusuke, passant une main sur son front. Il se sent déjà las et fatigué par tout ce qui va l’attendre à cause de ces personnes. Pourtant, il vaut mieux pour lui qu’il ne le montre pas trop.

« Tarsal ? Taaaaaaaaaaaaaaaaar. »

Voilà que la petite Tarsal s’éveille enfin dans ses bras. Ah ! Il était temps, non ? Vraiment, elle en profite un peu trop à ses yeux, il a l’impression. Néanmoins, il ne va pas trop s’en plaindre et alors, il préfère tout simplement patienter comme si de rien n’était. Lorsqu’elle finit par s’étirer et lui faire un petit baiser sur la joue, elle descend alors ensuite de ses bras.

« Tu as bien dormi, Sirénia ? Il semblerait que nous partons à la recherche d’un Draco. »

« T…Tarsal ? Tar sal tarsal tar tar ? »

Elle lui demande ce que c’est un Draco. Ah oui, bien entendu, c’est un pokémon suffisamment rare pour que les pokémon lambda ne le connaissent pas forcément. Bon, ce n’était pas tout ça mais il avait mieux à faire, beaucoup mieux.

« Et par où est-ce que nous passons en fait ? Car je ne sais rien à ce sujet. »

« Quand on parle d’exploration, cela ne veut pas forcément dire que nous suivons un chemin prédéfini hein ? Loin de là. On va chercher des indices et trouver. »

« Trouver le Draco ? Au moins, tant que vous avez de l’espoir, vous avez de la vie. »

Ou quelque chose du genre ? Il ne cherche pas à savoir s’il s’est trompé ou non. De base, ça ne le regarde pas et ça ne le concerne pas. Il en a juste rien à faire. Humpf … ça sent plutôt bon par ici ? Pourtant, ce n’est pas lui qui a cuisiné.

« Qui c’est qui a préparé le petit déjeuner ? Ca donne faim. »

« Kasiopé. Il faut absolument éviter de goûter la nourriture préparée par Junon. Pik et Rik … »

Elle ne termine pas sa phrase alors qu’il jette un œil aux jumeaux. Ces derniers tirent la langue sur le côté et font semblant d’être morts. Hum ? Mais d’ailleurs, si tel est le cas, il n’y a pas quelque chose qui est assez louche ?

« Hey ? Mais bon … si tu prépares à chaque fois la nourriture pour Junon, d’où … »

« AH ! Ryusuke, qu’est-ce que tu vas encore raconter ?! »

Junon lui plaque une main sur la bouche avec force, l’empêchant alors de continuer sa phrase. HEY ! Il va étouffer si elle continue ! Il voudrait bien parler ! HEY ! Mais qu’est-ce qui lui prenait ? Elle est en train de rougir ? Vraiment ?

« Je comprendrais jamais les femmes. »

Il pût dire cela lorsqu’elle retira ENFIN sa main de sa bouche, lui permettant alors de prendre la parole. Ah les femmes, vraiment … Des sources d’ennui, de grosses sources d’ennuie mais bon, à force, sans elles, ils ne pourraient survivre dans ce monde hostile, non ? Comme ça qu’il doit envisager toute cette histoire, malheureusement. Bon, elle le lâche un peu ou quoi ? Il la repousse sans violence tandis qu’elle détourne la tête.

« Je comprendrais jamais les femmes. »

« Tu te répètes, Ryusuke. Si tu veux les comprendre, ne les repousse pas alors. On démonte les tentes et on y va ? Ryusuke, tu ne portes rien. »

Ah bon ? Il porte s’il en a envie. Néanmoins, il préfère se taire. En vue de son dos, il vaut mieux parfois ne pas trop chercher les ennuis non plus. Il vaut mieux qu’il ne portes pas les sacs et autres pour que son dos ne le fasse pas souffrir mais aussi pour éviter de trop appuyer sur sa jambe. Il sait qu’ils ne lui veulent pas de mal mais c’est instinctif.

« Je suis comme ça et on peut pas me changer, c’est tout. »

Il marmonne quelques mots dans sa barbe. C’est dommage, vraiment dommage mais il ne se sent pas « bien » avec les autres. Même si ça semble s’arranger avec le temps. Et puis, ils ne sont pas tous si méchants ou autres, c’est tout le contraire. Il n’arrive pas à comprendre pourquoi la gentillesse lui fait autant de mal ? Ils ne sont pas affreux pourtant.

« A quoi est-ce que tu penses, Ryusuke ? » demande Pik en se plaçant à côté de lui. « Dis-nous tout, nous t’écoutons. » déclare ensuite le jumeau de l’autre côté.

« Ce Draco de légende, d’où est-ce qu’il sort ? Qu’est-ce que l’on sait exactement sur lui ? Car je ne suis pas du tout au courant à son sujet. »

« Hmm … On dit que c’est lui qui influence sur le temps dans la forêt mais il est vraiment très discret hein ? C’est étrange mais bon … »

« Bah, non, ce n’est pas étrange. Un Draco utilise sa perle pour dominer le temps autour de lui. Quant à sa discrétion, c’est dans la nature de certains pokémon dragon. Tous ne sont pas forcément ainsi à la base, il ne faut pas l’oublier. »

« C’est exact ! Mais quand même, tu ne veux pas un peu de magie ou autre ? »

« Dans un monde où la science et les pokémon existent, tu crois vraiment que la magie serait d’un quelconque effet à mes yeux ? »

« Ah … tu es vraiment déprimant en fait, je crois bien. Tu n’as aucune lueur ou étincelle quand on te parle d’un Draco ! On parle d’une créature rare et légendaire, qui est presque inexistante pour les yeux de millions de personnes et tu parles juste de façon scientifique. »

« Désolé, je me doutes que ça ne doit pas être très plaisant à entendre mais je ne vais pas cacher la vérité juste pour vous faire plaisir. Je préfère encore que chacun comprenne exactement ce que tout cela veut dire, ça sera bien mieux pour chacun et chacune. »

« Tu es désespérant, Ryusuke. » répète Junon avant de soupirer à son tour. MAIS HEY ! Qu’est-ce qui les dérange tant que ça dans le fond ? Il n’a pas le droit d’avoir une pensée différente des autres ? Qu’il ne soit pas dans le même moule qu’eux, ça ne devrait pas être un problème, ça devrait être mieux justement !

« Laissez-moi être ce que je suis ou ce que je veux devenir, c’est tout. »

« Hein ? Comment cela ? On ne veut pas te forcer à être quelqu’un d’autre. »

« On en aurait presque eut l’impression à vous écouter. »

« Arrête donc de bouder, s’il te plaît. On ne te veut aucun mal, Ryusuke. »

Ce n’est pas une question de bouder ou de lui vouloir du mal ou non. C’est juste ainsi et pas autrement. Il est comme ça, naturellement. Il ne cherche pas à comprendre ou à savoir ce qui est bon ou mauvais, c’est tout. Ah … Cette exploration risque de le lasser bien vite.

Ailleurs, dans la forêt, un être était juché sur une branche, observant au loin les cinq adolescents réunis. Les dents serrées par la rage, il ne semblait guère vouloir s’arrêter dans son objectif. Un objectif bien précis, inscrit et gravé dans sa tête.

« Je vais vous le faire payer … surtout vous deux, Ryusuke, Junon. »

Il était prêt à tout pour qu’ils disparaissent tous les deux. C’était à cause d’elle. C’était à cause de lui que tout cela s’était produit. Il n’allait pas leur pardonner. Il allait les faire souffrir atrocement jusqu’à entendre leurs pleurs et gémissements.

« Je vais vous le faire payer. Vous allez comprendre ce qu’il en coûte de mettre Naro en colère. Ils n’accepteront pas ma défaite. Ils ne la toléreront pas. Je refuse de revenir sans réussir à vous battre. Non, encore mieux, il faut que je fasse encore mieux que de vous battre … il faut que je vous écrase ! QUE JE VOUS EXTERMINE ! »

« Hein ? Tu n’as pas entendu un cri au loin, Ryusuke ? »

« Pourquoi est-ce que j’en aurais entendu un ? Ce sont peut-être les autres groupes ? Nous ne sommes pas seuls non plus, il ne faut pas oublier. »

« Oui mais bon, tu pourrais être plus rassurant non ? » marmonne Junon en le regardant, un peu outragée par sa réaction. Il soupire en levant ses yeux verts au ciel.

« Blablabla, si y a du danger, je te protégerais et ferais rempart de mon être pour que ton beau corps de porcelaine ne soit pas atteint. »

« … … … Oh. » dit-elle tout simplement en s’arrêtant, le petit rire de Kasiopé faisant aussi stopper l’adolescent aux cheveux bruns.

« Pourquoi ce rire ? Est-ce que j’ai dit une bêtise ? Ça ne serait pas la première fois donc bon, autant que je comprenne pourquoi est-ce que les gens rigolent. »

« Je te conseillerais plutôt de regarder notre présidente du conseil des élèves. »

Hum ? Qu’est-ce qu’elle a ? Ah oui, complètement rouge aux joues. S’il la connaissait bien ou mal, il ne savait pas, il penserait qu’elle était gênée, vraiment très gênée mais bon, c’était Junon et elle n’était pas de ce genre. Il posa une main sur son front en disant :

« Tu n’as pas de température. Je me demandais si tu avais de la fièvre ou du genre. »

« Mais arrête donc de me toucher comme ça ! »

Cette fois, c’est elle qui le repousse alors qu’il paraît surpris. Bon ben, voilà ce à quoi ça menait d’être « inquiet » pour quelqu’un d’autre. Il grommelle et commence à prendre les devants. La petite Tarsal regarde Junon étrangement avant de pousser un petit cri.

« Chut, tu te fais, toi aussi, d’accord ? » dit Junon, surprise par la petite créature.

« Tarsal ? Tarsal ? Tarsal tar tarsal ? » questionne Sirénia, penchant la tête sur le côté.

« Non non et non. Rien d’important, tu ne dis rien, c’est tout. »

« Mais n’agresse pas ma pokémon maintenant ! Viens donc, Sirénia ! » s’exclame l’adolescent avant d’agripper Sirénia pour qu’elle revienne dans ses bras.

La petite Tarsal ne semble rien comprendre à la situation mais préfère laisser tomber. Elle remarque juste que Kasiopé taquine Junon, celle-ci, tentant de la frapper mais sans aucune force. Hmm ? D’accord ? Mais à part ça ?

« Bon, où est-ce qu’un Draco pourrait se cacher dans la forêt ? »

« On devrait trouver une grotte, une clairière ou je ne sais quoi non ? » dit Ryusuke après la question de Rik à ce sujet. L’autre jumeau s’exclame :

« Un coin tranquille ! Et rare ! Pourquoi pas ? On devrait chercher une cascade où je ne sais quoi ! Et vite ! Je trouve que c’est une super idée ! Bravo Ryusuke ! »

« Je n’ai rien fait de spécial mais s’il suffissait de se promener gaiement pour voir un Draco, les pokémon de type dragon ne seraient pas aussi rares. »

Enfin bon, qu’on le complimente avec entrain, ça fait toujours plaisir à son petit égo. Ah … Il a l’air bien ridicule à penser de la sorte mais voilà, ça le dérange pas pour une fois. D’ailleurs, la petite Tarsal le regarde étrangement, semblant vouloir le comprendre.

« Qu’est-ce qu’il y a, Sirénia ? Tu me trouves bizarre ? »

« Tarsal … Tar Tarsal … » répond t-elle. Ah non ? Heureux ? Vraiment ? Lui ?

Il a l’air heureux pour elle ? Pourquoi pas … peut-être. Il ne sait pas s’il peut prétendre qu’il est heureux mais il n’est pas malheureux pour le moment. Il caresse le crâne de sa pokémon tandis qu’ils recommencent à marcher. Alors, il faut trouver une cascade ? Il tend l’oreille, comme pour chercher à écouter le bruit des flots.

« Je ne suis pas sûr que nous trouverons cela avec facilité hein ? Peut-être que ça nous prendra plusieurs jours, qui sait ? »

« Nous avons plus que six jours puisque nous sommes là pour une semaine. Je pense que ça devrait suffire pour trouver une cascade non ? En espérant que ça soit un bon indice. » complète Pik après les paroles de son jumeau.

« Si au bout de trois jours, nous n’avons rien, nous prendrons une autre idée. C’est aussi simple que cela. Nous n’allons pas nous baser sur une approximation pour ça. »

« C’est pas faux, mieux vaut être sûr de ce que l’on fait ! »

Pfff, qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça ? Est-ce qu’ils s’écoutent parfois ? Ils font trop de zèle et cela peut leur créer pas mal de problèmes. Mais bon, c’est ainsi et pas autrement. S’il voulait espérer quelque chose de leur part, il valait mieux regarder pour lui-même.

« Où est-ce qu’ils sont ? Où est-ce qu’ils sont ?! »

Quand il a crié, il a préféré prendre ses précautions mais maintenant, à cause de cette bêtise, il a réussi à les perdre de vue ! Quel imbécile ! Quel imbécile ! Ils ne doivent pas s’échapper ! Il attendra en pleine nuit pour frapper ! Normalement, ils dormiront tous !

Il allait les retrouver grâce à leur trace de pas. Ils voulaient vivre en pleine nature ? Il y avait seulement une chose qu’ils oubliaient : la nature pouvait se montrer cruelle, terriblement cruelle envers ceux qui ne la connaissaient guère. Il avait les pokémon qu’il fallait pour ça. Il ne devait pas tuer cette Tarsal d’après les consignes mais qu’importe !

« On ne m’a jamais interdit de ne pas les briser, morceau par morceau, membre par membre. Même s’ils finissent ensanglantés, hahaha. »

Alors comme ça, il avait perdu son travail au lycée ? Et cette foutue présidente des élèves. Avec son air supérieur, toujours à se croire au-dessus des autres … Qu’est-ce que cela allait être bon de la briser comme Ryusuke.

« Je m’amuserais avec elle avant de la jeter aux pokémon sauvages. Lui faire comprendre une leçon élémentaire que ses foutus professeurs ne lui ont pas appris. »

Tellement de choses pour si peu de temps. Ah oui, l’autre gamine avec ses lunettes aussi était pas mal. Les deux jumeaux roux par contre, il allait s’en débarrasser.

Chapitre 16 : Incompréhension du monde pokémon

Chapitre 16 : Incompréhension du monde pokémon

« Hum ? Qu’est-ce que vous êtes en train de faire exactement ? »

« Tu ne vois pas que nous nous occupons de nos pokémon ? Cela n’a pourtant rien de si étrange, Ryusuke. » répond doucement Junon alors qu’elle tient un Flabébé entre ses mains.

« Etrange, un peu quand même. Enfin bon, faites ce que vous voulez, je pars me reposer de mon côté, je suis un peu fatigué, je dois l’avouer. »

Il pousse un petit soupir avant de marmonner quelques mots avec lenteur. Il se dirige bien loin des autres, s’installant contre un arbre. Pourtant, quelqu’un vient presque aussitôt le déranger : La petite Tarsal, qu’est-ce qu’elle veut exactement ?

« Un souci, Tar … euh, Sirénia ? »

« Tarsal ! Tar tarsal ? Tar tarsal tar ! »

Elle désigne les pokémon qui se font brosser avec les peignes. Ah ? C’est chouette pour eux non ? Il hausse les épaules en disant qu’elle peut aller les voir, ça ne le dérange pas. Lui-même veut juste se reposer bien sagement dans son coin, sans réellement se poser de questions. Il est un peu fatigué, il doit le reconnaître mais il fera avec.

« Ah, tu peux aller t’amuser avec eux, ne t’en fait pas, je ne vais pas me mettre en colère pour ça hein ? Allez hop, vas-y plutôt maintenant. »

Il ne semble pas comprendre quelque chose alors qu’elle s’éloigne, boudeuse. Junon vient l’attraper avant de venir la brosser. Tiens, même de loin, il remarque qu’elle est heureuse par le geste de l’adolescente. Bien entendu, pourquoi est-ce qu’elle ne serait pas heureuse après tout ? On parlait quand même d’une séance de brossage.

« Les pokémon raffollent de ce genre de petites attentions. »

Mais bon, ce n’était pas du tout son genre et il ne se voyait pas vraiment faire cela, loin de là mais après ? Peut-être que c’était ce que Sirénia voulait ? Pfff, quelle chieuse. Non, enfin, il ne devait pas dire ça comme ça. Ce n’était qu’une pokémon.

« Elle veut juste que je fasse pareil que les autres, c’est ça, non ? Bof, elle est déjà peignée. »

Brossée plutôt mais qu’importe. Ce n’était pas son style et il ne savait pas vraiment la différence à part que l’objet était différent mais ensuite ? Bah ! Il haussa les épaules comme si de rien n’était, regardant juste Sirénia avec les autres.

« Tarsal ? Tar tar … Tarsal ? »

Elle était revenue avec une brosse dans les mains. Qu’est-ce qu’elle voulait ? Elle n’avait pas compris la première fois ? Ce n’était pas du tout son style de faire ça ! Pas du tout ! Ce n’était pas son genre et ça ne le sera jamais ! C’était aussi simple que ça, rien de plus ! Ah … Elle pouvait être assez lassante en un sens. Doucement mais assez fermement, il vint la repousser avant de prendre la parole d’une voix qui se voulait calme, non irritée :

« Je n’irais pas te brosser, Sirénia. Ce n’est pas mon genre, tu le sais bien. »

« Tarsal tar tarsal ? Tarsal tar. » demande encore une fois la pokémon avant de lui poser la brosse sur ses genoux. Hey ? Elle a du mal à comprendre son langage ou quoi ?

« Je ne veux pas, Tarsal. Ne me force pas à me répéter, ça ne sert à rien. »

Elle revient à la charge, posant une nouvelle fois la brosse sur ses genoux. Elle s’installe à côté, utilisant ses pouvoirs psychiques pour que la brosse aille dans la main de Ryusuke. Ce spectacle n’échappe à personne, chacun attendant le dénouement.

« Qu’est-ce que vous regardez tous ? Est-ce que je peux le savoir ? »

« Oh ? Nous, rien du tout. N’est-ce pas, Rik ? » « Tout à fait, Pik ! »

Voilà que les deux jumeaux en rajoutent. Qu’est-ce qu’il a fait à Arceus pour mériter ça ? Mais non, il avait décidé de ne pas faire cela et il allait s’en tenir à ce qu’il avait dit. Doucement, encore une fois, il déposa la demoiselle pokémon au sol.

« Vas plutôt les voir, Sirénia. Je n’ai pas le moral pour ça. »

« TARSAL ! TAR TARSAL TAR ! »

Elle s’énerve et s’emporte. HEY ! Qu’elle ne lui parle comme ça ! Il n’est pas son ami ! C’est compris ? Qu’elle fasse l’enfant pourri gâté avec les autres, d’accord mais les autres, ça marchait pas comme ça compris ? PAS AVEC LUI !

« Vas t-en ! Je n’ai pas envie d’une pokémon qui se comporte de la sorte ! »

« Ryusuke, elle demande UNE SEULE petite chose, et tu n’es pas capable de ça ?! »

Junon était visiblement en colère alors que la petite Tarsal se dirigeait vers la tente. Il la regarde partir sans pour autant l’arrêter, haussant les épaules tandis que Junon est en face de lui, les bras croisés.

« Idiot ! Tu ne fais vraiment AUCUN effort hein ? »

« Je n’ai pas à en faire, ne me fatigues pas et vas t-en. Je n’ai aucune leçon à recevoir de toi, Junon. Tu commences déjà à me fatiguer. »

« Ryusuke ? Est-ce que tu connais bien ma main gauche ? »

« Si tu comptes me baffer avec celle-ci, je te préviens que … »

« Je te présentes SA SOEUR ! » s’écrit Junon avant de lui coller une baffe capable de lui décoller la mâchoire. WOOOOOOOOOW ! Ca faisait HORRIBLEMEN MAL CA ! Qu’est-ce qui lui prenait ?! Elle voulait se battre ou quoi ?! Il n’allait pas se laisser faire par cette idiote ! Qu’elle ne comptait pas s’en sortir comme ça sinon … AIE ! Purée, ça continuait de lui faire mal ! Comme si la douleur ne voulait pas quitter sa joue en feu !

« Qu’est-ce que tu as fait ?! Ca continue de me faire mal ! »

« Juste te baffer de telle sorte que ça te marque bien l’esprit mais aussi la chair. Maintenant, je t’avise de ne plus nous adresser la parole jusqu’à demain. »

« Ne me donne aucun ordre, c’est compris ? Et ne t’avise pas de me retoucher ! »

« Je le referais si nécessaire. Je vais aussi me coucher, je suis désolée pour vous tous. »

Les deux jumeaux comme la vice-présidente n’avaient rien dit et pour cause, il valait mieux se taire actuellement. Chercher les ennuis, c’était vraiment pas conseillé pour le moment. Lorsque Junon fût dans la tente, ce fut Kasiopé qui vint dire :

« Je ne m’attendais pas à ce qu’elle se mette en colère aussi facilement. »

« Faut reconnaître que sur ce point, il est doué, sacrément doué. Combien d’années d’entraînement, Ryusuke ? On veut tout savoir ! »

« Pik, ne me force pas à récupérer ma béquille pour te l’enfoncer dans la gorge, compris ? »

Pik et Rik rigolent ensemble tandis que l’adolescent aux cheveux bruns passe une main sur sa joue. Bon sang, ça lui fait mal ! Bien plus mal que la normale, pourquoi ça ? Ce n’est pas logique ! OUCH ! Hmm, vraiment, c’est horrible.

« J’aimerai bien comprendre ce qu’elle a foutu sur sa main pour que ça continue de me faire aussi mal ? C’est horrible comme douleur ! »

« Est-ce que je peux m’approcher sans que tu ne tentes de me mordre, Ryusuke ? »

Kasiopé a déjà fait quelques mouvements vers lui, poussant un profond soupir. Il marmonne mais ne dit rien lorsqu’elle arrive à sa hauteur. Accroupit devant lui, il se surprend à trembler au moment où elle passe une main sur sa joue.

« Tu n’as aucune irritation, c’est étrange, Ryusuke. Ca te fait vraiment si mal ? »

« J’ai l’impression d’avoir la joue en feu. Et encore, ça fait tout le corps. »

« Hmm, vraiment étrange, Ryusue, très étrange. Est-ce que si j’appuie dessus, tu souffres ? »

« Non non … quand tu n’appuies pas ou que tu ne fais rien … c’est comme si c’était ancré dans ma peau. Mais qu’est-ce qu’elle a fait exactement ? Bon sang ! »

« Je ne sais pas, je ne peux pas te dire. Peut-être que si tu va t’excuser et que tu te comportes mieux, la douleur s’atténuera ? Qu’est-ce que tu en dis ? Ca vaut le coup d’essayer non ? »

« N’importe quoi … Enfin bon … J’ai rien à perdre. »

Il marmonnait cela, visiblement peu enclin à essayer. Il reprend bien sa béquille et passe à côté des jumeaux. Il se dirige vers la tente de Junon, passant la tête à travers celle-ci.

« Hey, Junon, je voulais que … »

Il s’arrête dans ses propos. L’adolescente lui tourne le dos mais il a osé baisser les yeux. Elle est visiblement en train de se préparer pour la nuit. Le souci, c’est qu’elle était en train de se préparer … et qu’il pouvait voir ses jambes nues … mais aussi ses fesses recouvertes par un tissu noir de dentelle. Elle portait de la dentelle ? Noire ? Elle ?

« Je vois… je vois qu’une claque ne t’a pas suffit, Ryusuke ! »

« Hey, laisses-moi m’expliquer, je voulais me faire pardonner et … »

Bon, cette fois, il l’a parfaitement méritée. Et surtout quand il la voit venir, il serre les dents. Si la seconde claque fait aussi mal que la première, autant dire qu’il est bon pour avoir de sérieux problèmes aux joues. Cela sera impossible pour lui de compter de dormir et …

« Te faire pardonner ? Comment ça ? Dépêches-toi et vite … »

Il rouvrit ses yeux pour la regarder. Oh. Elle était face à lui et la main était vraiment proche de sa joue. Son autre main tenait son bas de pyjama qu’elle avait remonté ou presque. Elle portait vraiment de la dentelle noire et …

« Ahem, Ryusuke. Remonte les yeux ou alors ma main continue sa course. »

« Oui, oui … Bon, juste que je voulais m’excuser … et me faire pardonner. Je sais pas exactement comment dire ça … enfin bon, j’irais voir ensuite Sirénia. »

« Tu n’as pas l’habitude, n’est-ce pas ? Cela t’arrache la langue ? »

« On va dire ça … ou presque … enfin bon, voilà, je m’excuses et tout le reste. Ne considère pas que nous sommes amis car nous le serons pas et … »

« Bonne nuit, Ryusuke. » coupe t-elle en collant ses lèvres sur sa joue, finissant de remettre son bas tandis qu’il retire sa tête de la tente. Il se retourne vers les autres avant de dire :

« Je vais me coucher, bonne nuit. »

Bah, de toute façon, les autres n’ont pas à le savoir. Ils n’ont sûrement rien vu, n’est-ce pas ? Pourtant, un bref coup d’oeil sur la tente de Junon et il a l’impression qu’il est possible de deviner un peu les formes à travers la toile.
Surement son imagination n’est-ce pas ? Pourquoi est-ce qu’il devrait se compliquer la vie ? Il alla dans sa tente, jetant un œil à l’intérieur pour trouver la petite Tarsal. Celle-ci était assise dans un coin, lui tournant le dos, la brosse à côté d’elle.

« Sirénia ? Sirénia ? Tu es là ? Enfin oui, tu es là. »

Elle ne lui répond pas. Pfiou, les femmes, de nos jours, il a sérieusement du mal à les comprendre. Et quand il s’agit d’une femme pokémon, c’est encore pire ! Mais bon, il va s’y faire, n’est-ce pas ? Il se rapproche d’elle et arrête de parler.

« Tarsal ? Tar tarsal tar ? Taaaaaaaaaaaaaa Tarsal ! »

Elle pousse un petit cri de surprise tandis qu’il la soulève pour la mettre sur ses genoux. Il pousse un soupir mais prend ensuite la brosse, commençant à la peigner doucement. Il murmure après cinq bonnes minutes :

« J’espère néanmoins que je ne te fais pas trop mal, Sirénia. »

« Tarsal, tar tarsal … tar tarsal tar tar tarsal. »

Elle soupire à son tour non ? Mais de joie et de contentement, n’est-ce pas ? Il l’entend dans ce petit soupir. Il tente de la regarder mais elle semble avoir fermé les yeux. C’est après quelques minutes de ce traitement qu’il la soulève et va la déposer dans le sac de couchage à ses côtés. Visiblement, elle s’était tellement bien détendue qu’elle n’avait pas remarqué qu’elle s’était tout simplement endormie comme une enfant.

« Il n’y a vraiment qu’avec moi que ce genre de chose arrive. »

Vraiment ! Il termina tout cela en fermant les yeux, songeant à tout ce qui s’était passé dans sa vie dernièrement. Avoir des amis ? Non, même pas en rêve. Bon par contre, c’était quoi cette idée saugrenue de la présidente qu’il avait en tête ?

« M’imaginer des choses ainsi, c’est vraiment stupide. »

Tellement stupide. C’est vrai quoi. Pourquoi est-ce qu’il pense à cette culotte de dentelle noire ? Et aussi la chemise à moitié déboutonnée de la présidente ? Il avait presque eut l’oeil baladeur à ce moment précis lorsqu’il était dans la tente. Juste pour savoir si le haut était aussi noir que le bas. Bon, il avait put le remarquer mais …

« On va dire que c’est dans la nature des hommes. Je suis comme ça, je suis pas différent. »

Autant assumer ce qu’il avait fait hein ? Et tout se passerait bien dans le meilleur des mondes. Quelle belle pensée que ça. Mais bon, il cherche à ne plus rêver de l’adolescente de son âge, ce n’est pas bon pour lui.

Pourquoi est-ce qu’il pensait à Junon dans son sommeil ? A cause du fait qu’il ne pouvait pas s’empêcher de la voir chaque jour ? C’était stupide, particulièrement stupide ? Il n’avait pas que ça à faire, elle ne l’intéressait pas et inversement.
Plongé dans son sommeil, il tentait maintenant de trouver une solution à tous les problèmes qui l’envahissaient sans même qu’il ne puisse lutter. Ah, au moins, quand il réfléchissait à Junon, il n’était pas plongé ans ses cauchemars, c’était toujours ça.

« Aie ! Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »

Il se réveille subitement, non pas en sueur ou autre. Il est toujours dans la tente avec la petite Tarsal dans ses bras. Il regarde son bras gauche, remarquant une petite trace de morsure. Ah ben ? D’où est-ce que ça vient ? Ce n’est pas Sirénia vu qu’elle dort mais bon … c’est étrange dans le fond. Hmmm … Et maintenant, il n’a plus vraiment sommeil.

Ah … Installé correctement dans la tente, il observe la toile au-dessus de sa tête, songeur. Les autres sont aussi visiblement endormis. Heureusement, chacun et chacune à sa tente, sauf pour les deux jumeaux qui dorment ensemble. Il ne remarque pas que les yeux verts de la petite Tarsal sont ouverts, le regard un peu colérique dirigé vers lui.

Chapitre 15 : Un nom pour elle

Chapitre 15 : Un nom pour elle

« Vous êtes sûrs qu’il est vraiment terrifiant ? »

« Il vaut mieux ne pas réveiller l’eau qui dort, vous avez vu sa tête ? Il ne faudrait pas le secouer ! Moi, je préfère ne pas trop le toucher hein ? Libre à vous mais je promets rien. »

Il a juste fermé les yeux avec la petite Tarsal dans ses bras. Assoupi à moitié contre la fenêtre du bus, il se laisse tout simplement plongé dans le monde des songes, comme si de rien n’était. Pourquoi réfléchir ? Pourquoi se compliquer la vie ?

« Regardez comme cette Tarsal est si jolie, vous ne trouvez pas ? Vraiment ! »

« Hey, chut, ne vas pas la réveiller alors qu’elle dort si paisiblement, hein ? »

« Oups … Désolé, pas fait exprès, c’est vrai, pardon. » bredouille une voix féminine en réponse à une autre. L’adolescent aux cheveux bruns reste de marbre, il ne s’y intéresse pas.

« Est-ce que tu dors ? » chuchote t-il à la petite pokémon. Celle-ci gigote contre lui, montrant par là que non tandis qu’il pousse un léger soupir.

C’est donc ça : elle ne dort pas encore. Ryusuke glisse une main dans ses cheveux tandis qu’il murmure quelques mots à son tour. Il est usé, très usé. Il ne sait même pas à quoi ressemblent les personnes de son groupe et dans le fond, il s’en fiche complètement. Il veut juste pouvoir se reposer et ensuite dormir un peu en paix, rien de plus, rien de moins.

« Nous arriverons dans quelques heures, veuillez éviter de faire trop de boucan, compris ? »

« Oui chef ! Oui mon colonel ! Oui chef ! »

« Et vous vous foutez pas ma gueule ! Non mais je vous jure ! Et faites gaffe aux chansons, je vous aies à l’oeil ! Je vous préviens hein ? Un mauvais pas et … »

« Un Voltorbe qui roule, ça explose, ça explose. Un Voltorbe qui roule, ça explose tout partout ! » s’exclame un adolescent avant d’être repris par le reste.

« Heureusement que j’ai pris mes écouteurs. » soupire l’un des professeurs avant de mettre son walkman en route. Voilà ! Le silence le plus complet ! C’était parfait !

« Tatatarsal ! Tarsal ! Tarsal tar tar ! »

HEY ! Il n’est pas en train de rêver ? La petite créature s’est réveillée avant de sauter pour grimper sur le sommet d’un siège en face de lui. Les élèves se tournent vers elle alors qu’elle se met à chantonner en chœur avec eux. HEY ! NON !

« Tarsal, descends donc de là ! On ne va pas s’amuser à ça ! »

« Quinze Voltorbes qui roulent, ça explose, ça explose ! » s’exclame une voix non-loin de lui, celle de Junon tandis que divers pokémon sortent de leurs pokéballs.

« MAIS ME… Ne me dites pas que … »

« Tu peux aussi chanter, Ryusuke ! Ça te fera du bien ! Tu peux le faire ! »

Junon tente encore de lui adresser la parole mais cette fois-ci, il n’a pas le coeur à l’ignorer. Il ne chantera pas mais il regarde sa pokémon qui semble être ravie de la situation. Pfff, les enfants de nos jours, ils sont tout simplement incontrôlables. Qu’est-ce qu’il va faire d’elle ? Il se pose sérieusement la question tandis qu’il se gratte la joue.


Bon, tant qu’elle ne fait pas de bordel, il peut bien la laisser faire. Replongeant dans son sommeil, il tente de le trouver tout en ignorant tout ce qui se passe autour de lui. Après quelques minutes, il finit par sombrer dans le sommeil. Enfin ! Lorsqu’il se réveille, la petite Tarsal est endormie sur lui mais surtout, ils sont en pleine nuit. Ah oui …

« C’est même un voyage nocturne. Je ne savais pas que nous allions mettre autant de temps. »

« C’est normal, c’est pour permettre à chacun et à chacune de se réveiller aux aurores demain, lorsque nous serons arrivés, Ryusuke. »

« Tu ne dors pas encore, Junon ? » demande Ryusuke alors qu’il tourne son visage vers elle. Elle est assise tout simplement sur la place à côté de lui.

« Je ne peux pas vraiment. Je dois rester réveillée jusqu’à l’arrivée. Ainsi, après que tout le monde soit descendu du bus, j’aurai la permission de me reposer, voilà tout. »

« C’est n’importe quoi. Dors et je te réveillerais. »

« Oh ? Tu ferais ça pour moi ? Et pour quelle raison, Ryusuke ? » demande t-elle alors qu’il ne répond pas. Il la laisse fermer les yeux et sombrer dans le sommeil. Pfff … Dire qu’elle est dans son groupe. Ca promet des choses vraiment déplaisantes.

Mais voilà, comme promis, quelques heures plus tard, alors que l’aurore est sur le point de se présenter, il la secoue légèrement. Il est nullement fatigué par la petite veille qu’il a fait et attend que les professeurs soient aussi réveillés à leur tour.

« Bonjour, Ryusuke. Merci pour tout ça, je vais tenter de faire de mon mieux aujourd’hui. »

« Fais ce que tu veux surtout, ça ne me regarde pas. »

« Ne dit pas cela. Tu as été parfait pour ce que je pensais de toi. Tu as toute ta place dans notre groupe, comme je m’en doutais. »

« Qu’est-ce que tu … AH ! Qu’est-ce que tu fais ?! »

Elle vient l’embrasser sur la joue au même moment où il parle, effrayant à moitié l’adolescent qui ne s’attendait guère à ça. Il secoue sa tête vivement, non non et non ! Il ne se laissera pas manipuler de la sorte par elle ! Il en est hors de question ! Il n’est pas ainsi ! On ne peut pas l’avoir comme ça ! Il en est tout simplement hors de question ! Il grommelle tandis que le bus finit par s’arrêter. Bon, il descend en même temps que Junon pour prendre l’air.

« Bon, est-ce que tout le monde est réveillé ? Mettez-vous par groupe. »

« Ah la voilà donc … la fameuse Kasiopé. »

Il dit cela alors qu’une adolescente remet correctement ses lunettes devant ses yeux rouges. C’est bien cela, n’est-ce pas ? Avec ses nattes vertes et tout le reste, elle semble si intelligente que ça en dégouline de partout. Il fait une petite mimique dégoûtée tandis que Tarsal se frotte les yeux, à moitié endormie.

« Bien entendu mais que puis-je pour toi, Ryusuke ? Je suis la vice-présidente du conseil des élèves mais je t’ai déjà dit cela. Bien que tu ne me regardais pas. »

« Tu parles de la même façon que Junon et je crois que ça m’use plus que tout. Bon, où sont Pit et Rik ? Aie aie aie … Purée, mal à la jambe. »


Il savait que ça n’allait pas être une partie de plaisir mais à ce point ? Il tente de faire quelques pas mais se retrouve encore à gémir de douleur. Aussitôt, Junon arrive à ses côtés :

« Restes non loin de nous, d’accord ? »

« Je n’ai pas à t’écouter mais oui, c’est ce que je compte faire. »

Pas qu’il avait vraiment le choix. Il ne voyait pas où il allait pouvoir se rendre de toute façon. Rien qu’avec tout ce qui l’attendait à la base … Mais bon, comme si tout était aussi simple hein ? Ce n’était pas le cas, pas du tout.

« Pik et Rik ? Vous le surveillez aussi ? Qu’il ne fasse pas de bêtises ? »

Des roux ! Vraiment ! Des roux avec des taches de rousseur ! Ils avaient un an de moins que lui mais difficile de les ignorer à cause de la couleur de leurs cheveux ! PIRE ! Ce sont de vrais jumeaux, rien que ça ! Et bien entendu, ce sont les secrétaires du conseil des élèves. Comme s’il n’avait que ça à faire avec eux. En fait, il était dans le groupe du conseil. Surtout avec leurs yeux bleus et leur coiffure qui part dans tous les sens.

« Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »

« Oh, tellement de choses. Je suis sûre que Kasiopé peut en sortir une liste, n’est-ce pas ? »

« Je l’ai toujours sur moi dès qu’il s’agit de Ryusuke. Une simple mesure de précaution, on ne sait jamais, ça peut être utile hein ? »

« Qu’est-ce que vous racontez toutes les deux ? Encore n’importe quoi, j’imagine. »

« Oh c’est si méchant de ta part, je ne vois pas pourquoi tu dis ça, tu viens ? »

Junon ignore complètement le caractère véhément de Ryusuke tandis que Tarsal quitte les bras de l’adolescent. Elle a décidé de marcher un petit peu ! Elle ne peut pas être toujours dans ses bras non plus hein ? Elle pousse un petit cri et se met à avancer devant lui comme si de rien n’était, laissant déconfit l’adolescent. Ben zut alors !

« Elles grandissent si vite mais parfois, il faut les laisser partir et voler de leurs propres ailes. Ne soit pas triste, Ryusuke, ce n’est qu’un début. »

« Ne me touche pas, Junon. Je ne veux pas que tu t’imagines des choses. »

Il la repousse légèrement alors qu’il se met à suivre la petite Tarsal pour éviter qu’elle ne fasse de bêtise. Chaque groupe est maintenant dans son coin et l’exploration peut commencer. Enfin, d’après ce qu’il a compris, il ne s’agit pas uniquement d’une exploration mais surtout de vivre dans la nature pendant quelques jours.

« Ryusuke ? Est-ce que je peux savoir ce dont tu es capable dans la forêt ? »

« Capable ? Tu me prends pour un homme des bois ou quoi ? »

Il cligne des yeux en s’adressant à Junon. Mais elle continue d’attendre sa réponse. Ce qu’il sait faire ? Ce qu’il sait faire ? Pfff, ce qu’il sait faire ? HUMPF !

« Laissez-moi m’occuper de la cuisine si vraiment. On doit bien trouver de quoi manger dans le coin non ? Je me servirais de ça pour cuisiner, ça vous convient ? »

« Ca nous convient parfaitement ! Tu dois sûrement t’occuper correctement de Tarsal si tu sais cuisiner, n’est-ce pas ? C’est bien ça ? »

« Je ne répondrais pas à cette provocation futile. »

« Ce n’est pas une provocation mais un constat. Ah … Sincèrement, Ryusuke, tu prends trop facilement la mouche. Je me demande pourquoi ça. »

Qu’elle ne cherche pas à le comprendre, elle n’y arriverait pas. Il avance en marmonnant, continuant de suivre la petite Tarsal qui a décidé de partir à l’aventure. Elle ne se prend pas trop pour une grande fille non ?

Mais bon, il préfère l’ignorer pour ne pas changer, pourquoi se compliquer la vie inutilement ? S’il peut l’ignorer, c’est tant mieux non ? C’est comme ça qu’il va faire, comme ça qu’il va voir la vie à ses côtés. ARF ! Penser de la sorte, c’est s’imaginer qu’il va épouser cette adolescente trop chiante. Des fois, il a des pensées absurdes.

Mais bon, des fois, c’est assez fréquent chez lui, c’est ça le problème. Bon ? Est-ce que ça leur convient ? Il a trouvé un petit ruisseau, du moins, Tarsal a trouvé un petit ruisseau et s’amuse dedans. Elle va finir par être trempée. Quelle idiote.

« Tarsal ! Je te préviens, si tu chopes un rhume, ne compte pas sur moi pour … »

Il ne finit pas sa phrase que la petite pokémon a pris de l’eau entre ses pattes pour former un petit bol. Elle se téléporte aussitôt au-dessus de lui avec un grand sourire :

« Oh ça, tu n’oseras pas, Tarsal. Si tu fais ça, tu risques de le … »

« TARSAL ! TAR TAR TARSAL ! »

Elle l’a fait. Il reçoit l’eau sur le crâne, aspergeant ses cheveux bruns et son visage. Oh bon sang ! Elle va le payer cher ! Très cher ! Il pousse un cri avant de chercher à l’attraper, faisant quand même attention à ne pas commettre de bêtises à cause de sa béquille.

« Ryusuke ! Pourquoi est-ce que tu n’as toujours pas donné de nom à ta Tarsal ? »

« De nom ? Pourquoi est-ce que je le ferais ? Ce n’est pas ma … »

« Réfléchis-y un peu non ? Qu’est-ce que ça te coûte de lui faire plaisir ? »

De lui faire plaisir ? A la petite pokémon ? Celle-ci a arrêté de s’enfuir alors qu’il la fixe de tout son long. Il pousse un profond soupir avant de se mettre assis sur un rocher, tapotant ses genoux pour elle. Elle s’installe dessus tandis qu’il marmonne :

« Vraiment, ce que vous me faites faire, vous vous en rendez compte ? »

« Ca me semblait légitime. Surtout qu’il s’agit d’une pokémon qui va passer le reste de l’existence avec toi. Tu ne trouves pas qu’elle mérite un prénom ? »

« Je ne sais pas si elle mérite un prénom ou autre, je ne crois pas que ça se mérite. Bon … Hmm … J’avais déjà une petite idée mais le fait qu’elle adore jouer avec l’eau me conforte dans celle-ci. Bref, hmm … je pense que le nom de Sirénia te conviendrait parfaitement. »

« Ryusuke, tu devrais y réfléchir. Le fait que tu penses qu’elle ressemble à une sirène mais surtout que tu dises ce nom sans même y réfléchir, ça peut être une ins… »

Junon n’a pas le temps de terminer sa phrase que la petite Tarsal pousse un cri de joie, ravie de connaître enfin son prénom. Elle se jette sur son dresseur, déposant un baiser sur sa joue tandis qu’il lève les yeux au ciel. Vraiment ? C’est comme ça et pas autrement ?

« Bon ben, visiblement, c’est décidé. Bienvenue à toi, Sirénia. »

« Ryusuke, tu sais que généralement, les pokémon guident leur dresseur vers un prénom qui leur convient ? Je suis sûre qu’elle l’adore. »

« Je peux le remarquer moi-même actuellement pour tout dire … »

Sirénia se montre un peu trop attachante actuellement mais il ne va pas la repousser alors qu’elle semble si heureuse hein ? Ce n’est pas un monstre. Du moins, il n’est pas un monstre pour se comporter comme ça. Une main dans la chevelure rouge de la jeune créature, il la caresse doucement alors qu’il réfléchit à ce qui va se passer pendant ces prochains jours.

« Ryusukeeeeeeeeeeee ! RYUSUUUUUUUKEEEEEEE ! »

« Je t’entends, Kasiopé ! Qu’est-ce que tu me veux ? »

« Tu t’es endormi sur place ? Tu ne l’as pas remarqué ? Junon fait de même d’ailleurs à tes côtés. Je voulais dire que l’on peut préparer à manger quand tu voudras. »

Junon ? Qu’est-ce qu’elle raconte encore ? Il a Sirénia dans ses bras, c’est tout hein ? Qu’est-ce qu’elle s’imagine encore et … hein ? Junon est bien en train de dormir sur son épaule ? NON MAIS OH ! Pour qui est-ce qu’elle se prend ?

« Réveilles-là, Kasiopé sinon je bouges de là, sa tête percute une pierre et elle se vide de son sang. Qu’est-ce que tu en penses et … Mais qu’est-ce que tu fais ?! »

« Je prend une petite photo souvenir, je veux voir la tête de Junon lorsque je la lui montrerais. Hahaha ! Bon, bon, bon … »

« Passes-moi ton portable que je le brise et vite ! »

« Junon ! C’est l’heure de se réveiller ! Debout, Boucle d’Argent ! »

AH ! La saleté ! Avec Junon debout, il n’allait pas pouvoir dire de lui filer le portable pour effacer cette photo ! Surtout si elle décidait de la montrer aux autres ! Pire, au journal du lycée ! Il allait la récupérer pendant la nuit ! Du moins, le portable ! Et voilà que Sirénia se réveille à son tour. Bon sang ! Mais qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça ?

Chapitre 14 : Manipulé

Chapitre 14 : Manipulé

« Vraiment ? On va être par groupe de cinq ? »

« C’est ça. Cinq personnes, normalement, ça sera un peu mixte pour que chacun puisse vivre en communauté mais il va falloir se débrouiller entre nous quoi ! »

« C’est vraiment bizarre comme décision mais bon, pourquoi pas hein ? On va pas juger ! »

« J’espère que je serai avec la présidente des élèves. »

« Même pas en rêve. Tu n’as aucune chance avec elle, il vaut mieux que tu abandonnes, hahaha ! C’est juste stupide d’espérer quelque chose comme ça ! »

« Merci, bien sympa de briser mes espoirs hein ? »

Pfff. Qu’ils sont fatigants à se chamailler pour ça, on dirait deux gamins. Il faut dire que ce voyage scolaire est au centre de toutes les discussions. Mais lui ? Il s’en fiche. Normalement, avec son pied cassé, il ne devrait pas avoir trop de soucis.

« Je ne risque pas d’y participer, hahaha. »

« Où se trouve Ryusuke, s’il vous plaît ? »

Il hausse un sourcil. Il vient d’entendre son nom ! Le pire, c’est que cette voix, il la reconnaît. Il se tourne vers la petite Tarsal comme pour l’implorer de le téléporter, ce qui arrive après quelques secondes. L’un des élèves pointe vers son bureau ,disant :

« Par ici, il ne peut pas trop bouger. Il est … hein ? Où est-ce qu’il est passé ? »

Hahaha ! Encore réussi à s’échapper ! Il émet un petit sourire en regardant derrière lui. Super, il est au sommet du lycée, sur le toit, là où il a l’habitude de se reposer le midi et de manger bien tranquillement. On ne viendra pas l’embêter là-bas.

« Tarsal … Tar tar … Tarsal … » murmure la petite pokémon.

« Qu’est-ce qu’il y a ? On dirait que tu as vu un fant… AAAAAAAAAH ! »

Il pousse un cri d’effroi, bondissant en arrière. Son pied cassé ne le supporte pas et il voit les escaliers derrière lui qui se profile. Une telle chute, il ne va pas s’en tirer avec quelques entailles. C’est fichu, il va …

« Surpris ? » dit une voix féminine alors qu’une main empoigne son bras, le tirant contre la jeune demoiselle à qui elle appartient. La tête enfoncée contre sa poitrine qui semble plutôt généreuse, il émet une complainte.

« Pourquoi est-ce que l’on m’a fait peur comme ça ? C’est quoi cette blague ? J’ai fait quoi pour mériter ça et … Bon sang ! Laissez-moi respirer ! J’étouffe ! »

« Oui oui, je te laisse respirer. Ah … Même pas un remerciement pour t’avoir sauvé la vie ? »

« Vas … te faire voir … Junon. »

Il s’était trompé. Ce n’était pas la voix de Junon auparavant mais celle d’une autre fille. Il poussa un soupir, les yeux fermés Au moins, il était encore en vie, c’était déjà ça. Un autre soupir, cette fois-ci de soulagement se fit entendre.

« Tu n’en profites pas un peu, Ryusuke ? Je ne te savais pas comme ça. »

« Hein quoi ? Oh bon sang ! ZUT ! Pardon ! »

Il se retire de l’endroit où il se trouvait, rougissant légèrement à cette idée. Purée ! Qu’est-ce qui lui avait pris de se comporter de la sorte ? Il se gratte la joue, confus. Imbécile ! Vraiment un imbécile ! Il grommelle quelques mots :

« Qu’est-ce que tu fais sur le toit ? Ce n’est pas encore la pause de midi. »

« Je peux te poser la même question non ? Pourquoi est-ce que tu t’es téléporté ici ? »

« Comment est-ce que tu sais que je me suis téléporté ici ? Je n’ai rien dit ou fait ! »

« Voyons voir … Je me rappelle avoir envoyé la vice-présidente du conseil des élèves venir te chercher pour te dire quelque chose d’important. Néanmoins, tu as confondu m voix et celle de la vice-présidente. Comme tu hais chaque partie de ma personne, tu as alors tenté de te téléporter dans un endroit où je ne serais pas. Malheureusement, tu es tombé sur moi. »

« Commnt est-ce que tu sais tout ça ? Ne me dit pas que … »

« Oh, s’il te plaît, Ryusuke. A qui est-ce que tu penses avoir affaire ? »

Il fait quelques pas en arrière. Cette fille n’est pas humaine ! C’est pas possible de voir aussi loin ! Non, c’est tout simplement impossible ! C’est presque de la sorcellerie ! Ou alors autre chose ! Ce n’est pas possible autrement !

« Comment est- .. Non ! Je veux rien savoir ! Je préfère ne rien savoir ! T’es diabolique comme fille ! C’est pas possible autrement ! »

« Quelle méchanceté de ta part, je ne vois pas ce que j’ai fait pour mériter de telles paroles à mon égard. Pourtant, ce n’est qu’une méthode de réflexion un peu poussée. »

« Un peu poussée ? Tu rigoles, j’espère ! Tu as deviné que j’allais réagir comme ça, que j’allais me téléporter et surtout l’endroit où j’allais me téléporter ! Ne me dit pas que … tu as des pouvoirs psychiques, non plus ? »

« Oh ? Est-ce que tu crois en cela, Ryusuke ? »

« Je ne crois en rien mais les faits scientifiques prouvent que certaines personnes puissent exister avec ça. Donc c’est pour cela que … »

« Est-ce que tu penses que je possède des pouvoirs psychiques ? »

Elle lui fait un grand sourire tandis qu’il fronce les sourcils. A quoi est-ce qu’elle s’amuse avec lui? Est-ce qu’elle sait qu’il n’a pas envie de plaisanter ? Il ne répond pas à la question, croisant les bras, remarquant que la petite Tarsal est restée muette.

« Bon, qu’est-ce que tu me veux ? Car tu as bien dit que tu as envoyé la vice-présidente. »

« Oh ? Ce que je veux ? Seulement te prévenir que … »

« Si c’est ce que je pense, ne termine pas ta phrase, est-ce bien compris ? Je ne veux rien entendre de ta part, est-ce bien compris ? Ne dit pas un traître mot ! »

« Oh ? Et qu’est-ce que tu penses que je risque de dire, Ryusuke ? »

« Que tu comptes me faire venir dans ton groupe mais saches que ma réponse restera la même et c’est :  « Même pas en rêve ! » J’ai déjà un groupe et … »

« Vilain petit menteur. Sache que je suis celle qui possède les listes des groupes et tu ne fais partie d’aucun d’entre eux. Ce n’est pas très sympathique de ta part. »

« Je vais me trouver un autre groupe, c’est aussi simple que ça. »

« Il n’y a aucun groupe disponible. »

« Je vais rester poli mais sache que les insultes que j’ai en tête sont dans une liste tellement longue qu’elle ferait la totalité de mon bras. Et j’espère que tu as intérêt à bien l’imaginer. »

« Je l’imagine, je l’imagine. Et puis, tu ne trouvais pas cela si déplaisant d’être si près de moi il y a quelques minutes, non ? » dit-elle dans un sourire alors qu’il lève sa béquille. Cette fois, il en est convaincu, il va lui briser le crâne pour qu’elle comprenne !

« Tu vas voir ! Tu vas te la prendre en pleine face, Junon ! Cette fois-ci, ça sera à ton tour d’aller à l’hôpital ! J’en ait assez de tes pièges et de tes stratagèmes ! »

« Mes pièges, mes stratagèmes. A t’entendre, je passe pour une diablesse.Est-ce que tu n’as donc aucune estime pour moi ? Cela me fait terriblement mal, tu sais ? »

Elle arrête avec aisance la béquille et pousse Ryusuke d’une main. Néanmoins, aussitôt, de son autre main, elle l’attrape par le bras et l’emmène à elle une nouvelle fois.

« Ryusuke, tu es tout simplement intéressant. C’est pour ça que j’estime qu’il vaut mieux t’avoir à mes côtés plutôt que de te laisser seul. »

« Je ne vois pas où tu veux en venir et je ne veux pas être dans ton groupe. Je vais faire une réclamation, je suis sûr qu’elle sera entendue. »

« Une réclamation aux professeurs ? Qui t’emmèneront alors au conseil des élèves, c’est bien ça, Ryusuke ? Je pense que ça peut être intéressant de connaître leur réponse, oui. Tu voudras bien me donner la réponse du conseil des élèves ? Je suis pressée de l’entendre, je dois t’avouer. D’après les dires de certains, il paraîtrait que leur présidente est une diablesse. »

« Vas … te … faire … VOIIIIIIIIIIIIIIIIIR ! »

« Sincèrement, je n’arrive pas à comprendre ce que tu trouves si déplaisant dans le fait d’avoir des relations sociales avec autrui. Est-ce que tu aimes te complaindre dans la solitude ? Ne pas être dérangé ? Tu préfères que l’on te laisse seul dans ton coin ? »

« Oh, bravo ! Après plusieurs jours voire semaines, tu as fini par comprendre ! BRAVO ! »

Il émet un grand sourire ironique et applaudit des deux main. L’adolescente aux cheveux argentés pousse un profond soupir de désarroi avant de se diriger vers la sortie, disant d’une voix calme et neutre :

« Que tu le veuilles ou non, tu es dans mon groupe, Ryusuke. Je viendrais te chercher dès demain matin, que cela te plaise ou non. Et j’ai déjà prévenu tes parents au sujet de cette excursion scolaire, tu ne peux pas y échapper et s’il le faut, je te traînerais hors du lit moi-même. Est-ce que cela t’enchante ? Qu’une demoiselle fasse cela pour toi ? »

« Nullement. Je m’en vais. »

Fin de la conversation pour lui. Sans une once d’hésitation, il s’éloigne et recule, ne cherchant guère à savoir si elle comptait l’arrêter. Elle voulait partir ? Dommage mais il était le premier. En classe, on lui signala que la vice-présidente voulait lui signaler quelque chose mais il ne chercha guère à communiquer.

« J’ai pas que ça à faire ! C’est compris ? Je suis occupé ! »

« On voulait juste te prévenir, rien de plus. Pas besoin de prendre la mouche non plus hein ? Je tiens à te le signaler. Pfff, vraiment, c’est bon. »

« Je sais ce qu’elle me veut et je n’ai pas envie d’en discuter. »

Fin de la conversation. Il commence à gratter la corne de la petite Tarsal. Celle-ci a décidé de ne pas prendre part au conflit. Ah bon ? La petite pokémon a décidé de jouer la carte de la sécurité ? Ou alors, est-ce le fait qu’elle semble apprécier Junon maintenant.

De toute façon, la fin des cours arrive et il décide de rentrer chez lui. Il y a une solution pour qu’il n’aille pas en voyage : être malade. Et c’est bien ce qu’il compte faire ! Chez lui, ouverture des fenêtres en grand, il n’hésite pas à mettre le radiateur au maximum bien qu’ils ne semblent pas réellement fonctionner.

« De toute façon, je finirais malade, comme convenu ! »

« Tarsal, tar tarsal, tar tarsal tar tar. »

La pokémon semble dépitée par sa réaction mais comme si cela l’intéressait son avis. AH ! Il n’en a rien à faire, voilà tout ! Il veut juste que ça se finisse, c’est aussi simple que ça. Il pousse un profond grognement de mécontentement avant de placer une main sur son front. Pfiou ! Ce n’était pas simple mais il sentait déjà le vent qui allait bien frapper cette nuit. Il fallait juste que ça arrive cette nuit et ça sera tout simplement parfait !

Le lendemain matin, il avait eut parfaitement raison de laisser la fenêtre ouverte. Toussotant violemment, il crache presque à moitié alors qu’il reniflait bruyamment. Sa mère vient dans la chambre, plaçant sa main sur son front en disant :

« Ryusuke ! Tu es brûlant de fièvre ! Mais qu’est-ce que tu as fait exactement ? »

« Rien du tout, maman … Je suis juste malade, c’est tout. »

« Bien entendu ! Quelle idée de laisser la fenêtre ouverte et … » *Ding, Dong* « Ah ! Ca doit être Junon. Je vais devoir lui dire que tu ne peux pas venir. »

Il laisse sa mère partir alors que le regard de la Tarsal est plein de reproche. Elle lui en veut terriblement d’avoir fait ça ? BOF ! C’est pas comme si son avis l’intéresse réellement hein ?

« OH ! Pauvre Ryusuke ! Tu es vraiment malade comme un Caninos qui a passé une soirée sous la pluie ! Je n’arrive pas à le croire! Et dire que c’est juste avant de partir en voyage. »

« Désolé mais bon … comme tu peux voir, je suis pas en état. »

Il tente de ne pas sourire mais voilà que Junon pose une main sur son front. Elle veut faire quoi ? Prendre sa température ? Bof, comme elle désire, il peut bien la laisser faire. Il n’aura pas besoin d’aller au lycée et …

« Oh ? Mais tu sembles aller beaucoup mieux maintenant ! C’est parfait, Ryusuke ! Hop, hop, hop ! Je te laisse quinze minutes pour t’habiller ! Je vais préparer tes affaires avec ta mère ! »

« Hein mais que quoi ? HEY ! JE SUIS … »

Malade ? Il ne l’est plus. Il ne sent plus aucune fatigue dans son corps. Son nez va bien, il n’a pas de migraine. Il écarquille les yeux en voyant Junon qui part de la chambre. Il regarde la petite Tarsal, interloqué, bredouillant :

« Mais qu’est-ce qui s’est passé ? J’étais malade hein ? Tu es bien d’accord non ? »


La petite Tarsal hoche la tête vivement comme pour dire qu’elle a bien compris ça aussi mais qu’elle n’a aucune explication sur comment cela se fait de son côté. Comment est-ce que Ryusuke va bien mieux ? C’est un vrai miracle !

« Pourquoi est-ce que tu sembles soulagée que l’on parte ? Ne me dit pas que tu voulais … »

« Tarsal ! » s’exclame la pokémon. En fait, elle voulait qu’il participe ? Oh bordel.

Il avait l’impression qu’on venait de le piéger. Sa mère arrive dans la chambre, vérifiant sa température avant de déclarer que c’est un vrai miracle. Il est bien obligé de se préparer malgré sa jambe cassée. Junon arrive dans la chambre alors qu’il s’habille, rougissant légèrement à cette vue avant de détourner la tête :

« Madame, ne vous inquiétez pas, je vais éviter que Ryusuke fasse trop de mouvements physiques à cause de sa jambe droite. Si cela peut vous rassurer. »

« Je te le confie. Il est un peu tête de mule mais ce n’est pas un mauvais bougre. »

« Je le sais parfaitement. Je suis dans le même lycée que lui. »


L’adolescente rigole en même temps que la mère de Ryusuke. Celui-ci émet un grognement, ne saluant même pas ses parents lorsqu’il est l’heure du départ. La tête baissée, la mine déconfite, il se fait emmener par Junon jusqu’au lycée, là où les groupes sont déjà formés pour prendre les différents bus.

« Je dois faire les présentations non ? Il s’agit de Kasiopé, la vice-présidente du conseil des élèves et donc celle qui est la sous-cheffe après moi. »

« Coucou, Ryusuke. Il paraîtrait que je n’ai pas put te voir la dernière fois, je ne sais pas où tu étais mais tu étais drôlement bien caché ! »

« Blablabla. » marmonne l’adolescent aux cheveux bruns alors que Junon reprend :

« Et voilà Pik et Rik. Ces jumeaux nous aident souvent pour les tâches ingrates ! »

« Hey, tant que l’on peut rendre sévice aux autres hein ? » déclare une voix masculine alors qu’il n’a toujours pas daigné chercher à voir à quoi ils ressemblent.

« Psss, Pik, tu t’es planté. C’est service ! Les sévices, ce sont plutôt pour ceux qui causent du tort aux autres ! Fais gaffe ! »

Et voilà qu’ils éclatent tous de rire … sauf lui. Serrant la Tarsal dans ses bras, il se dit qu’il vaut mieux que ça. Pourquoi est-ce que l’on l’oblige à participer à ça ? Pfff …

Chapitre 13 : Une récompense bien méritée

Chapitre 13 : Une récompense bien méritée

« Ca me semble plutôt être une bonne idée. »

C’est du classique mais il peut être satisfait de ce qu’il va faire et de ce qu’il va trouver. Il émet un faible sourire alors qu’il se trouve à la bibliothèque. D’après ce qu’il avait compris, les pokémon ne pouvaient pas réellement parler. Oh attention !

« Les pokémon psychiques, certaines espèces comme les Zorua et autres sont capables de communiquer mais souvent par la pensée. Parler concrètement leur est impossible. Même les rumeurs sur les pokémon légendaires préviennent qu’ils ne peuvent pas faire cela. »

« Hum ? Vous parlez tout seul, jeune homme. Attention à ne pas hausser la voix. »

« Oui oui, pardonnez-moi, je ferais attention pour les prochaines fois. »

« Ce n’est pas grave, néanmoins, je tiens à vous signaler que la bibliothèque va bientôt fermer. » répond la bibliothècaire tandis qu’il cligne des yeux.

« Hein que quoi ? Quelle heure est … oh zut ! Ca risque déjà d’être fermé ! Pardon ! »

Il se relève avec vélocité, remerciant la bibliothécaire avant de partir à toute vitesse du bâtiment. VITE ! S’il veut faire une petite course, c’est mieux d’y aller tout de suite ! VITE ! Maintenant ! Qu’il se dépêche ! Ce n’était pas bon que cela dure trop longtemps ! S’il met trop de temps, tous les magasins risquent de fermer ! Il ne peut pas se le permettre !

« Tarsal ? Tar… Tarsal ? »

Elle se téléporte hors de la chambre, se rapprochant des parents de Ryusuke qui sont assis sur le canapé pour regarder la télévision. Elle sautille pour grimper sur la table, la mère de Ryusuke lui souriant avant de dire d’une voix douce :

« Il n’est pas là. Je ne sais pas où il est parti ce petit sacripan mais il va bientôt revenir. Il a dit qu’il serait de retour pour l’heure du souper. »

« Tarsal .. .Tar … Tarsal … »

Elle murmure quelques mots, visiblement embêtée de ne pas pouvoir voir Ryusuke mais elle comprend. Elle regarde la téléviion pendant quelques minutes, comme subjuguée par tout cela avant de secouer la tête. Elle tapote son poing contre son petit corps, s’exclamant :

« TARSAL ! Tar tarsal ! Tarsal ! »

« Tu veux l’attendre dans la chambre ? Fais donc, fais donc … Je t’appellerais si nous mangeons. » répond le père tout en rigolant, amusé.

« Tu as compris ce qu’elle dit ? » demande la mère alors qu’il hoche la tête négativement, la petite Tarsal retournant dans la chambre.

« Pas le moins du monde mais … ça me semblait si facile de savoir ce qu’elle pensait. »

Dans la chambre, la pokémon avait repris maintenant sa concentration sur le livre. Elle voulait que Ryusuke soit fier de lui quand il reviendrait ! C’est pourquoi elle se mettait au travail presque aussitôt et avec ardeur ! Elle répétait sans cesse les lettres qu’elle arrivait à lire, finissant par s’arrêter.

« Dou …sal ! Dousal ! Tarsal tar tarsal ! »

Non ! Qu’est-ce qu’elle fait comme bêtise ? Ca ne se prononce pas comme ça ! Elle sait comment ça se prononce puisque Ryusuke le lui a dit mais elle n’arrive pas à le prononcer ! Pourquoi ? Pourquoi c’est si compliqué de savoir parler comme une humaine ?

« TARSAL ! Tar tarsal ! Douvé ! Tarsal tarsal ! »

Elle commence à s’énerver et à s’emporter. Elle a envie de réussir ! Elle sait qu’il y a l’autre qui pousse problème ! Cette lettre là ! Elle montre celle après le X !

« Hiiii tar ! Hiii sal ! Hitarsal ! Tarsal tar tarsal tar ! »

Marre marre marre ! Elle projète le livre sur le côté avant de sangloter mais ça ne sert à rien. Elle le ramène aussitôt auprès d’elle. Elle ne veut pas que Ryusuke ne l’apprécie plus car elle ne fait pas d’efforts. Alors, elle se met à pleurer : elle veut y arriver ! Elle veut y arriver ! Elle veut y arriver même si ça lui fait du mal et même si elle ne sait pas comment faire ! Snif mouiiiiiiiiin ! Elle veut y arriver ! Ryusuke reviens quand ? Elle veut qu’il revienne et vite ! Elle arrive plus du tout à se concentrer ! Plus du tout, snif !

« Coucou, je suis rentré, vous êtes où ? »

« Nous sommes à la cuisine ,tu veux bien prévenir ta pokémon ? Où est-ce que tu étais passé, Ryusuke ? Est-ce que tu as vu l’heure ? »

« Oui oui … j’ai oublié que j’avais le pied cassé, ça n’a pas vraiment aidé, je dois l’avouer. »

« Nous nous en doutons. » reprend sa mère. « Bref, vas chercher ta Tarsal et mets-toi à table, on attend plus que vous deux maintenant. »

Il grimpe à l’étage, prêt à montrer ce qu’il voulait offrir à la petite Tarsal mais s’arrête en entendant des sanglots. Il ouvre la porte de la chambre, voyant les dégâts sur le lit, avec le les papiers détrempés sur lesquels elle avait tenté d’écrire dans sa courte folie.

« Mais c’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce qui s’est passé ici ? C’est une hécatombe ou quoi ? Tarsal ? J’ai besoin que … »

« TARSAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAL ! » hurle la pokémon avant de foncer dans ses bras pour pleurer à chaudes larmes.

« MAMAN ! PAPA ! Moi et Tarsal, on va manger plus tard ! Vous pourrez nous mettre la nourriture à réchauffer ! Je suis occupé, désolé ! »

« Hein ? Bon … D’accord mais tant que vous mangez tous les deux ! »

Le fait qu’il s’excuse envers ses parents montrait bien que la situation l’exigeait. Il regarde la petite pokémon dans ses bras, venant la serrer et la rassurer bien qu’il ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Il demande :

« Tarsal ? Tu t’es calmée ? Car bon, je pense qu’il va falloir m’expliquer tout ça. »

« Snif … Snif … Tarsal, tar tar … Doutar … Hiisal ! »

Doutar ? Hiisal ? Hum ? Elle veut lui dire quelque chose par rapport aux lettres, non ? Dou … Hi … Hum ? Double V ? W ? Et I ? I grec … Y ? AH ! Elle a tenté ça ? Mais elle est un peu folle ! Ce n’est pas encore pour elle !

« Hého, tu n’apprendras pas à parler comme ça, comme si c’était vraiment si aisé hein ? Tu ne va pas y arriver en une soirée, ne t’en fait pas, c’est déjà pas mal. »

« TARSAL ! TAR TARSAL ! TARSAL ! » s’écrit-elle avec colère.

« Tu arrêtes de bouder et de tenter d’être la meilleure tout de suite, compris ? Ca ne sert à rien de vouloir être plus fort que tout en pensant que c’est simple ! Fermes les yeux et vite ! »

Il pousse un petit cri de colère alors qu’elle tente de lire dans ses pensées. Il semble gêné et confus alors elle s’exécute. Elle ferme les yeux, un peu embêtée par sa propre réaction tandis qu’elle sent qu’il met quelque chose dans ses cheveux verts.

« Et voilà, bon ce n’est pas la panace mais ça devrait être pas mal. »

« Tarsal ? Tar tar ? » cherche t-elle à savoir. Elle veut voir ce que c’est mais n’arrive pas à comprendre comment faire. Elle tourne sur elle-même tandis qu’il sourit tendrement.

« Tiens, attends, viens voir, je vais te montrer. »

Il la soulève et l’emmène jusqu’au miroir accroché sur son placard. Il lui montre alors la petite rose blanche. Elle est en plastique mais brille légèrement. La Tarsal la regarde avec étonnement. C’est ça qu’elle a dans les cheveux ? Mais pourquoi ?

« Pourquoi tu te demandes non ? »

« Tarsal … tar tarsal … tarsal tarsal tar tarsal … »

« Car tu es une pokémon remarquable, c’est tout. En vue des efforts accomplis, je trouve que c’est normal de te récompense de la sorte. Tu as vraiment été prodigieuse et splendide, sincèrement. Mais ne t’en fait pas, si tu continues comme ça, tu en auras d’autres. »

« Tarsal ? » lui demande t-elle en tendant ses bras. Un câlin ? Hmm … Drôle de récompense pour une pokémon mais bon, pourquoi pas ?

Il vient la serrer dans ses bras avec tendresse, utilisant l’une de ses mains pour remettre un peu d’ordre sur le lit, jeter les papiers froissés. Au moins, elle n’a pas abîmé son livre. Cette pokémon est remarquable et ça, il ne le voyait que maintenant. Quel aveugle il avait été !

« Non non et non. Il ne faut pas que je pense comme ça. »

« Tarsal ? Tarsal ? Tar tarsal tar tarsal. »

Elle lui demande ce qui se passe alors qu’i lfait un geste négatif de la main. Rien de bien spécial ou unique. Disons plutôt qu’il réfléchit à quelque chose dont il se serait bien passé en fin de compte. Il pousse un profond soupir, murmurant :

« Je suis un mauvais garçon. Je n’ai pas à avoir des pensées d’adulte Tu n’es pas un sujet à étudier ou autre. Je devrais plutôt être content que tu arrives ça non ? Allez, tu viens ? Il faut que nous aillions manger tous les deux. »

Elle crie légèrement alors qu’il prend sa béquille dans une main, soulevant la Tarsal de l’autre. Hop hop hop ! Non, il était hors de question de ne pas manger. Bon, ses parents lui sourient lorsqu’il passe devant le salon, l’adolescent commençant à réchauffer la nourriture, allant ensuite aux côtés de ses parents, Tarsal sur ses genoux.

« Je me disais, Ryusuke. Tu n’as jamais pensé à lui donner un nom ? »

« Pas encore, pas encore. J’y ait pensé mais sans plus, je dois avouer. Pour l’heure, j’envisage plus de remplir mon estomac qu’autre chose. »

« Comme tu le veux, Ryusuke. Si tu préfères prendre ton temps, c’est compréhensible d’ailleurs, en soi. Pour ma part, je me rappelle qu’il m’a fallut deux semaines. »

Sa mère lui parle et il l’écoute mais de façon distraite. Ce n’est pas que c’est déplaisant mais il remarque plutôt Tarsal qui tente de lire les magazines mais de loin. Bof, si ce n’est que ça, pourquoi pas ? Mais elle aura beaucoup de mal.

« Tarsal, qu’est-ce que j’ai dit à ce sujet ? »

« Tar tarsal tar tarsal tarsal tar. » s’exprime la pokémon avec nonchalance, reportant ses yeux sur l’écran de la télévision. Tsss ! Sale gamine va ! Elle sait parfaitement qu’il veut juste éviter d’autres soucis hein ? Il caresse le crâne de la Tarsal après avoir finit de manger, ramenant les couverts bien tranquillement.
Contrairement à d’habitude, il n’a pas la motivation pour aller dans sa chambre mais surtout, il sent qu’elle tenterait quand même d’aller étudier le livre pendant qu’il ferait ses devoirs. Il verrait après qu’elle dorme car pour l’heure, ce n’était pas encore le cas.

« Ryusuke ? Ryusuke ? Je crois qu’elle s’est assoupie. »

« Hein que quoi ? » bafouille l’adolescent aux cheveux bruns, se frottant les yeux mollement. Il est exténué, tout autant qu’elle et regarde sur son ventre la petite créature avachie.

« Visiblement, elle n’est pas la seule, tu ferais mieux d’aller te coucher, Ryusuke. »

« Je crois que je vais faire ça en fait, oui. Bonne nuit. Juste faire mes exercices pour demain et … aaaaah … aller me coucher, oui, c’est ça. »

Il finit par se soulever en s’étirant longuement, la Tarsal marmonnant dans ses bras. D’une main et avec lenteur, il se met à grimper les étages pour se rendre dans sa chambre. Là-bas, il couche la pokémon sous les draps tandis qu’il s’installe à son bureau.

« Pas motivé à écrire, moi … grumpf. »

Il le fait pourtant. Il doit respecter ce que l’école lui demande. Avec lenteur, pendant une heure, sa main droite se met à suivre les lignes de son bouquin pendant qu’il écrit. Il est exténué … mais il ne doit pas le montrer.

« Allez, ça sert à rien, je tiens plus. Je verrais pour le reste un autre jour. »

« Tar … sal ? » murmure la pokémon en ouvrant faiblement ses yeux, tournée vers lui. Et zut, avec ses bêtises, la seule chose qu’il a réussi à faire, c’est de la réveiller. Il pousse un soupir, éteignant la lampe de son bureau avant d’aller tout simplement se coucher sur son lit.

« Allez, viens par là, je sais que tu n’attends que ça de toute façon. »

Il s’adresse à la petite pokémon, celle-ci faisant quelques mouvements pour finir par grimper sur son torse et s’y loger. Heureusement que ce n’est qu’une Tarsal et pas un lourd pokémon comme un Rhinoféros. Il se voyait mal dormir avec ce dernier d’ailleurs.

« Faut vraiment que j’arrête de penser à des idioties, moi. Allez, on va dormir, toi et moi. Bonne nuit, Tarsal, fais de beaux rêves, on se revoit demain. »

« Tar nuit ! Nuit nuit nuit ! »

Elle répète ce mot comme si elle venait de découvrir quelque chose de merveilleux. Il ne peut s’empêcher de sourire devant la candeur de la petite pokémon, la gardant contre lui. Qu’elle dorme donc au lieu de continuer à parler dans le vide.

« Papa, maman, j’y vais ! » dit-il alors qu’il était déjà prêt pour partir au lycée.

« Il n’y a pas la petite Junon qui doit venir te chercher ? »

« Non non, pas du tout. Elle et moi, on … »

*Ding, Dong* L’adolescent hausse un sourcil. C’est quand même pas ce qu’il croit que c’est hein ? Elle n’aurait pas osé ? Pourtant, sa mère va ouvrir la porte, Junon se trouvant devant le palier de la porte. Il a un petit tic avant de demander :

« Qu’est-ce que tu fais là, Junon ? »

« Bonjour à toi aussi, Ryusuke. Je viens comme prévu non ? T’accompagner pour aller jusqu’au lycée. Je ne vais pas oublier au bout d’une journée. »

« Maman, papa, j’y vais. Je crois que moi et … Junon et moi avons beaucoup à discuter. »

« Oh ? C’est vrai ? Je me demande de quoi. » déclare Junon avec un grand sourire.

Il passe à côté d’elle, l’ignorant à moitié. Lorsqu’elle décide de le rejoindre, il émet un grognement mais ne cherche pas à la repousser, pas cette fois. Il marmonne juste :

« Tu en as pas eut assez hier ou quoi ? T’es masochiste ? »

« Nullement. Ce n’est pas pour toi que j’ai fait le déplacement mais pour ta Tarsal. »

« Ah bon ? Et comment ça ? Expliques-moi donc que je puisse rire un peu aussi. » dit l’adolescent aux cheveux bruns, sourire mauvais aux lèvres. Il est déjà prêt à abattre sa béquille sur le crâne de Junon mais celle-ci dit doucement :

« En vue de son intérêt pour mon livre hier, je trouvais ça plaisant et je voulais voir si elle l’avait appréciée. Mais d’ailleurs, si je suis venu te cherche, c’est aussi pour que tu ne t’échappes pas, Ryusuke. J’avais une information à te donner avant que tu ne sois surpris au lycée et que tu te retrouves seul et abandonné comme à ton habitude. »

« Tu veux vraiment que je t’enfonce ma béquille dans la boîte crânienne. »

« Non non. Juste que tu te trouves quelques amis car toutes les classes de notre niveau vont partir en voyage scolaire. Bref, nous allons devoir apprendre à vivre dans la nature mais tous ensemble ! Bonne chance, Ryusuke, tu en auras besoin. »

« HEIIIIIIIIIIN ?! C’est quoi cette blague ? C’est quoi ce voyage ?! »

Il crie mais Junon semble ne pas se sentir concernée par ça. Elle a juste un sourire aux lèvres en voyant l’air désemparé de Ryusuke. Air qui ne disparaît pas lorsqu’ils arrivent dans le lycée. Une petite vengeance personnelle de la part de Junon ? Tss ! Et comment est-ce qu’il allait faire maintenant ? Il n’avait aucune issue pour s’en sortir.

Chapitre 12 : Envisager quelque chose

Chapitre 12 : Envisager quelque chose

« Grrr ! Qu’est-ce que tu fais … »

« Oh ? Tu ne termines pas ta phrase ? Cela veut dire que tu es au courant, n’est-ce pas ? »

« Oh mais toi. Maman, Papa, on y va. Enfin, j’y vais. »

Il a pris sa béquille, la Tarsal fixant Junon, la tête sortie du haut de l’adolescent aux cheveux bruns. Elle étudie Junon longuement ,très longuement avant de se tourne vers Ryusuke. Celui-ci marmonne quelques mots, visiblement très mécontent de ce qu’il peut voir par rapport à la jeune demoiselle aux cheveux argentés.

« Tu as décidé de me pourrir la vie, n’est-ce pas, Junon ? Je pensais qu’après la petite scène d’hier, tu allais tout simplement me lâcher mais il faut que tu t’accroches. »

« Oh que oui, mon brave Ryusuke. J’aime bien les causes perdues. Un peu comme le sauvetage des Wailords. Pourtant, si je ne me bats pas pour eux, qui le fera ? »

« D’autres personnes. Ne te moque pas de moi, d’ailleurs, j’ai quelque chose à te donner. »

« Tarsal ? Tar ?! TARSAL ! »

La petite créature s’exclame de surprise, comprenant ce que ça veut dire. Elle voit Ryusuke qui retire l’alphabet pour débutants et le tend à Junon, celle-ci haussant un sourcil.

« Tu es priée de ne pas perdre tes livres. Je n’ai pas que ça à faire de mes journées. D’ailleurs, toi qui est la présidente des élèves, visiblement, tu sembles avoir des difficultés basiques. »

« Est-ce que tu insinues que je n’ai pas le niveau d’une écolière de primaire ? »

« Pourquoi je l’insinue alors que je le pense complè … »

Elle recommence à tenter de lui donner un coup de pied dans sa jambe cassée mais il s’en protège d’une main, et place aussitôt l’autre au niveau de son visage. Néanmoins, la seconde main de Junon vient se placer sur son torse avant de s’arrêter.

« J’allais presque oublier ta Tarsal. Merci de m’avoir rendu le livre mais il va vraiment falloir faire quelque chose pour ton comportement, quitte à te dresser, Ryuusuke. »

« Tu me prends pour un pokémon ou je rêve ? »

« Non, non, tu ne rêves pas, Ryusuke. C’est bien le cas. » répond la jeune demoiselle avec effronterie tandis qu’il a un petit tic nerveux qui fait son apparition.

« Tarsal ! Tar tarsal ! Tar Tarsal tar tar tarsal tar ! »

« Hum ? Ta pokémon veut mon livre ? Bon, au départ, cela était pour aider les enfants de l’école primaire après les heures de cours mais bon, rien ne m’empêche d’en racheter un plus tard. Tiens, c’est pour toi mais tu arrives à comprendre ce qui est écrit ? »

La petite créature hoche la tête négativement alors que Junon continue de sourire. Pourtant, elle ne semble pas croire les paroles de la petite Tarsal et pour cause ! Néanmoins, elle lui redonne le livre, Ryusuke marmonnant :

« Tu me diras le prix, je te rembourserais. »

« Oh ? Ce n’est pas bien grave, il s’agit d’un cadeau envers ta pokémon. Ce n’est donc pas un cadeau pour toi, ce qui fait que tu n’as pas à décider de le refuser ou non. Seule ta petite Tarsal peut décider cela. Qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu veux garder ce livre ? »

« Tarsal ! TAR TAR ! » s’exclame la petite pokémon avec joie et liesse.

« Allez vous faire … Hmm, pas devant la petite. »

« Bien bien bien. Pas de vulgarité devant ta Tarsal. Déjà que c’est ta première pokémon, s’il s’avère que tu lui apprends des insultes, cela ne va pas donner une très bonne impression de ta part envers elle, tu ne trouves pas ? Il vaudrait mieux éviter ça. »

« Mais tu me fatigues, tu m’uses, tu me fatigues, tu m’uses, je peux le répéter cinquante fois mais je suis sûr que ça ne rentrera pas dans ton crâne. »

« Je me demande sincèrement qu’est-ce qui cloche avec toi ? La compagnie d’une fille ? Peut-être est-ce que tu préfères les garçons ? Je ne juge pas. »

Il se met à cligner des yeux, serrant les poings avec rage. Mais de quoi elle se mêle ? Il n’est pas comme ça mais si elle décide de s’intéresser à sa vie privée, ça ne va pas le faire ! Qu’elle ne croit pas qu’il va rester ainsi sans rien faire ! RIEN DU TOUT !

« AIIIIIIIIIIIE ! Mais qu’est-ce qui te prend ?! »


Ses actes ont dépassé sa pensée. Son poing droit a frappé Junon en plein visage, la faisant tomber en arrière. Il a frappé une fille, sans même retenir ses coups. Bien entendu, il s’est toujours promis qu’il ne ferait pas de différences si quelqu’un le provoquait mais … elle n’a jamais été menaçante ou insultante envers lui.

« Mêle toi de ce qui te regarde compris ? Ma vie est privée ! Tu n’as pas à t’y intéresser, est-ce que c’est clair ? Que ça ne se reproduise plus ! »

« Tu es vraiment qu’un imbécile ! Je me montre agréable, aimable envers toi depuis que tu as une pokémon. Je voulais que les autres comprennent que tu n’es pas si différent, pas si distant mais il semblerait que je me sois complètement trompée à ton sujet ! »

« Oh bravo ! Maintenant, tu peux disparaître et ne plus venir me déranger, compris ? »

« J’y comptes bien ! Idiot ! Je ne te causerais plus de tort puisque c’est ça que tu veux ! »

Elle se redresse pour se remettre debout tandis qu’il la regarde. Oh purée. Il a réussi à la faire saigner. Il amorce un geste mais se retient au dernier moment. Non, ça ne le regarde pas. Purée ! Il la regarde qui part tandis que la Tarsal se tourne vers lui :

« Tarsal ? Tar ? Tarsal tar tarsal ? »

« Je sais qu’elle est trop gentille. Elle est trop gentille, trop agréable, trop forte, trop parfaite. Mais voilà, qu’elle fasse sa vie pendant que je fais la mienne, d’accord ? »

« Tar … » soupire la pokémon avant d’ouvrir le livre pendant qu’il se remet en route. Il a du chemin à faire encore pour arriver jusqu’au lycée.


Bien entendu, il met plus de temps et donc arrive presque en retard. Heureusement qu’il est parti plus tôt pour éviter une telle chose. Lorsqu’il arrive, il remarque que bon nombre de lycéens s’agglutinent autour de Junon.

« Préisdente ! Mais comment est-ce que c’est arrivé ? »

« Hum ? De quoi ? Oh, mon œil ? » dit-elle, jetant un bref regard à Ryusuke qui s’immobilise sur place. Il sait qu’il est ciblé par tous les regards mais ne fait rien pour se dérober. Quitte à avoir des problèmes, autant les affronter jusqu’au bout, n’est-ce pas ?

« Est-ce que ça serait Ryusuke le responsable ? »

« Bien sûr que non. Comment serait-ce possible ? Ryusuke tient sa Tarsal contre lui. Et il a son autre main occupée pour tenir sa béquille. Un peu de sérieux, voyons. Ce n’est qu’un accident domestique, rien de plus, rien de moins. »

« Voulez-vous que l’on vous aide à porter votre sac ? Ca serait avec une joie non-dissimulée ! Je tiens à vous le signaler, présidente Junon. »

« Non non, pas besoin. Allons plutôt en cours, nous allons finir par être en retard. »

Le lycée, c’est de la merde. Voilà ce qu’il pense actuellement. Il finit par se retrouver en cours, installé sur sa chaise. Les regards sont tournés vers lui. La raison est simple : chacun observe la petite tarsal qui tente de lire sur ses genoux pendant qu’il écoute. Le pire est qu’elle est très discrète et ne fait rien d’autre.

« Dites, vous pensez qu’elle comprend vraiment l’écriture humaine ? »

« Racontes pas de bêtises. Tu t’en doutes que ce n’est pas possible hein ? Comment elle y arriverait ? C’est une pokémon, c’est illogique. Par contre, on dirait une sorte d’enfant qui regarde les images pour se faire une idée. »

« Pfff, tu t’imagines quand même pas mal de choses hein ? Je veux pas dire … »

« Oui mais bon, je trouve ça mignon. AH ! Ryusuke nous entend et le professeur nous regarde d’un air louche, on ferait mieux de se taire, je veux pas de problèmes, moi. »

Ah ? Ils la bouclent enfin ? Vivement midi qu’il puisse quitter la salle de classe pour pouvoir enfin souffler un peu. Par contre, Tarsal est vraiment très calme. Elle réfléchit beaucoup et semble très concentrée sur son livre. Il en est impressionné, vraiment très impressionné. Si cela n’était pas à l’école, il lui ferait bien passer quelques tests au cas où.

« Alors, montres-moi ce que tu sais faire ? Attends juste au cas où. »

Il fit quelques pas sur le côté, étant au sommet du lycée, comme à son habitude pendant les repas. Non, il n’y avait pas Junon, loin de là. Il avait crû sur le moment que ça serait le cas mais il s’avère qu’il s’était trompé sur la toute la longueur.

« Bon, alors, montres-moi ce que tu as appris. »

« Aaaaaaaaah bééééééé cééééééé déééééééé euuuuuuuh eeeeef gééééééé. Acccccch iiiiii jiiiiiii kaaaaaaa eeeeeeeeel aiiiiiiiiim aiiiiiiiiin ooooooooooo pééééééé. »

Wow ! Hey hey hey ! En plus, elle les lui cite dans l’ordre ou alors, il est en train de rêver ? Il cligne des yeux, comme ravi par ce qu’il entend ! Elle est si douée ! Il en est sûr et certain, un bel avenir se profil pour la pokémon.

« Bon, tu sais quoi ? Pour aujourd’hui, tu t’arrêtes et tu te reposes. On verra ça quand on sera rentré, d’accord ? Est-ce bien compris ? »

« Tarsal ! Tar tarsal tar tarsal tar ! »

« Non non, qu’importe ce que tu dis, tu dois reposer tes yeux et ton cerveau. Allez, on termine de manger, on repart en cours et on rentre après. »

Elle s’exécute, un peu décontenancée par les réaction de Ryusuke. Le lycéen et sa pokémon quittent le toit alors que Junon fait son apparition de derrière un mur, un rayon rouge rappelant l’un de ses pokémon.

« Tiens donc, je ne pensais pas ça possible mais il semblerait que Ryusuke ait toutes les raisons de ne pas vouloir communiquer avec autrui. »

Les autres heures de cours passent à une vitesse folle tandis que l’adolescent aux cheveux bruns observe parfois la petite Tarsal. Celle-ci a décidé de se reposer, comme l’a proposé Ryusuke, endormie auprès de lui. Il entend quelques bruits de portable, signe que certains prennent des photos mais il émet un grognement.

« Vous allez finir par me lâcher ou il faut vraiment que je me fâche ? »

« Gloup, euh, je vais arrêter de mon côté. Je voulais pas déranger hein ? C’était pas du tout mon intention à la base, je te le promets ! Pas du tout ! »

« Alors, tu arrêtes tes conneries et ça sera beaucoup plus simple pour tout le monde, compris ? Si c’est le cas, arrêtes de me fatiguer. J’ai pas que ça à faire. »

« Hey ! Tous les deux, arrêtez de parler ! Je vous rappelle que nous sommes en cours ! »

« Oui oui, désolé, désolé. J’écoute, j’écoute mais ne criez pas trop fort. Elle dort. » murmure Ryusuke en désignant sa Tarsal. Après quelques heures, la journée est terminée et il s’apprête à quitter le lycée. La petite Tarsal se frotte les yeux avant qu’il ne s’arrête. Quelques élèves semblent vouloir lui bloquer le chemin mais il décide de les ignorer.

« HEY ! Ryusuke ! On sait que c’est toi qui a blessé Junon ! Comment est-ce que tu as osé faire ça à la présidente ? Non, même pas ! Comment est-ce que tu as osé faire ça à une fille ? Tu n’as aucune morale ou quoi ? »

« Et si ce n’est pas le cas, qu’est-ce que vous comptez faire exactement ? Vous pouvez me le dire ? Je vous attends. Expliquez moi donc … que l’on puisse tous s’amuser ensemble, non ? »

Il émet un petit rictus. Visiblement, il va devoir se battre. Il amorce déjà un mouvement pour se battre mais un cri se fait entendre. Il secoue la tête, gémissant de douleur alors que les autres élèves ont autant mal au crâne que lui.

« Je devrais plutôt en profiter ! Tarsal, tu peux nous téléporter ? »

La pokémon s’exécute et voilà qu’ils se retrouvent à une centaine de mètres du lycée. AH ! Ca va bien mieux maintenant ! Il ne sait pas exactement ce que ça veut dire mais il vaut mieux en profiter plutôt que cela dure inutilement ! Vite ! Il s’adresse à sa Tarsal :

« Nous rentrons maintenant, tu ne t’arrêtes pas tant que je ne t’ai pas dit de t’arrêter, est-ce bien compris ? Si c’est le cas, nous y allons dès maintenant ! »

Il veut courir mais il n’y arrive pas. Alors, il se déplace avec vivacité avec sa béquille, quitte à se faire plus mal que nécessaire. Mais finalement, il y arrive sans trop d’effort et pousse un profond soupir de soulagement avant de dire :

« Nous sommes rentrés ! Tarsal, tu continueras à t’occuper avec ton livre, d’accord ? »

La pokémon ne fait qu’hocher la tête, signe qu’elle a parfaitement compris le message de Ryusuke, celui-ci rentrant chez lui. Il ne fait qu’un geste de la tête envers ses parents, ces derniers le questionnant sur Junon, questions auxquelles il ne répond pas.

« Je n’ai pas que ça à faire de mon existence, tss. »

« Tarsal ? Tar tarsal tar tarsal ? Tar ? »

Elle veut savoir s’il compte aller reparler à Junon ? Pourquoi faire ? Il n’a rien à lui dire, rien à faire d’elle, c’est aussi simple que ça. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Comme elle remarque qu’il est mécontent, elle préfère éviter de continuer sur le sujet.

Qu’est-ce qu’il doit faire ? Il a vu et remarqué les progrès de la petite pokémon. C’est tout simplement fabuleux et magnifique un tel travail ! Une telle abnégation mérite une récompense. Le souci, c’est qu’il n’a jamais rien offert réellement à quelqu’un d’autre donc voilà, il ne sait pas trop quoi faire malheureusement.

« J’ai l’air d’un idiot, vraiment. »

Offrir quoi à la petite pokémon ? On offre quoi à ça ? Il n’en sait rien du tout. Il n’a pas l’habitude, c’est tout. Il marmonne, laissant la pokémon continuer à dormir et se reposer pendant qu’il réfléchit. Comme ça, comme elle ne peut pas lire ses pensées, il peut alors y travailler plus sérieusement. Un cadeau, un cadeau ! Un cadeau quoi !

« Je vais devoir me renseigner, moi. Papa, maman, je pars faire une course. »

« Mais où est-ce que tu vas ? Et surtout acheter quoi ? »

« Je n’ai pas à le dire. Je suis assez grand, je reviens dans une heure. »

Il quitte la maison, tenant sa béquille avec lui. D’abord la bibliothèque, ensuite voir les magasins brièvement. Visiblement, sa journée est encore loin d’être terminée, oh que oui.

Chapitre 11 : Apprentissage

Chapitre 11 : Apprentissage

« Je me disais … Hum … comment je pourrais le dire. »

Il ne sait pas comment l’expliquer correctement mais il regarde la petite Tarsal dans ses bras. Celle-ci le fixe, penchant la tête sur le côté comme pour tenter de comprendre de quoi il veut parler. Le jeune homme pose ses yeux en face des siens, disant :

« Dis moi, tu comprends tout ce que je dis ou non ? »

« Tarrrrrrrrrr ! » s’exclame la pokémon avec joie en levant les bras en l’air, joyeuse comme à son habitude. Il est couché sur son lit, la Tarsal étant de même juste devant lui.

« Tu es vraiment bizarre comme pokémon. Déjà rien qu’avec les couleurs, tu n’es pas vraiment normal mais en plus, maintenant, tu es ainsi … »

« Tarsal ! Tar tarsal tar ! » s’exclame t-elle une nouvelle fois avant de faire une mine boudeuse. OUPS ! Visiblement, il n’a pas été très doué avec la petite pokémon. Il tapote doucement sa corne, venant la caresser comme pour s’excuser tandis qu’il pousse un soupir. Ah, cette pokémon estt ellement bizarre.

« Il faudra m’expliquer ce que tu es comme pokémon dans le fond. Je n’ai pas l’impression d’avoir affaire à une Tarsal si tu veux tout savoir. »

Elle tire la langue de manière éhontée tandis qu’il hausse les épaules. BAH ! Si elle le prend comme ça, hein ? Il va pas trop se plaindre non plus ! Il la soulève et la projette en direction du plafond, la Tarsal poussant un cri de surprise avant qu’il ne la réceptionne dans ses bras. Elle se met à trembler de partout, Ryusuke disant :

« Hum ? Ne me dit pas que tu étais effrayée, quand même ? Je ne comptais pas te faire de mal hein ? Ca s’appelle jouer … avec sa pokémon. Bon, certains pokémon ne peuvent pas vraiment faire ça car ils sont trop gros mais comme tu as le poids d’une plume, je peux facilement faire ça. Tu arrêtes de trembloter ? »

Elle continue de bredouiller quelques petits « tar » de frayeur, se calfeutrant dans ses bras tandis qu’il prend une profonde respiration. Bon, visiblement, il vaut mieux pour lui qu’il aille au lycée. Malgré son pied cassé, il n’oublie pas ses devoirs et ses responsabilités.

« Est-ce que tu veux toujours venir ou non ? A toi de décider ! »

« Tarsal ! Tar tarsal tar tarsal ! Tar ! » répond la pokémon avant de se téléporter pour venir s’enfouir sous son haut, sortant juste sa tête cornue.

« Tu me dis si je te dérange, je sais pas, je préfère demander hein ? »

« Tarsal, tar tarsal ! » s’exclame t-elle comme pour l’inciter à y aller maintenant ! Hmm ? Comment ça qu’il va être en retard s’il ne se tait pas ? Elle n’exagère pas un peu par hasard ? Il ne faudrait quand même pas trop exagérer non plus et … AH BON SANG ! Elle a tout à fait raison en fait ! Il commence à courir … puis s’écroule au sol en gémissant de douleur. ET MERDEEEEEEEE ! Il a oublié sa jambe cassée ! Son père vient vite le relever.

« Merci … papa … tu n’aurais pas dû. »

« Hum ? Vu ton état et ta chute, je préfère perdre cinq minutes dans mon travail et t’emmener en sécurité plutôt que de te laisser marcher jusque là. Passe une bonne journée. »

« Tarsal ! Tar tarsal ! Tar tarsal tar ! » répond la pokemon, tapotant contre sa corne comme pour signaler qu’elle va veiller sur l’adolescent. Le père de Ryusuke émet un petit sourire :

« Avec toi, je peux considérer que je n’ai rien à craindre pour lui, n’est-ce pas ? »

« Merci papa, tu peux t’en aller maintenant. Je ne veux pas que … »

« Oh, bonjour, monsieur Téadrimat ! Comment allez-vous ? Je vois que vous avez emmené Ryusuke jusqu’au lycée ? C’est très sympathique de votre part. »

« Non ! Il n’est pas venu pour moi ! Je m’en vais et … »

« Oups ! Fais donc attention ! » vient dire Junon, l’adolescente s’étant rapprochée de Ryusuke pour le réceptionner en le maintenant par l’épaule.

« Merci de veiller sur lui pendant qu’il est au lycée. Il est vraiment tête en l’air malgré les apparences. Maintenant, je dois aller travailler ! Fais attention à toi, Ryusuke ! »

« Grmbl, grrr, grouh, grrr … » grommelle l’adolescent, pris en faute par tout cela.

« Arrête de faire l’enfant et accepte l’aide que l’on te propose ! »

La voiture part et s’éloigne tandis que déjà des murmures se font entendre. Ryusuke repousse avec violence l’adolescente aux cheveux argentés, la faisant tomber en arrière avant de dire :

« J’ai pas besoin d’aide justement ! Maintenant, lâches-moi et … »

« Je peux savoir ce que tu viens de faire à notre présidente ?! » s’exclame un adolescent qui doit avoir une année de plus que lui, le prenant par le cou. La petite Tarsal pousse un cri de surprise avant de commencer à avoir ses yeux qui deviennent roses. Mais Ryusuke donne un coup de tête à l’autre garçon, craquant les os de son cou :

« Que j’ai une jambe cassée ne change pas que l’on n’a pas à me chercher, compris ? »

« Oh toi … Que chacun recule, compris ? »

Junon s’est relevée, visiblement agacée. Ryusuke se tourne vers elle, prêt déjà à réagir. Fille ou garçon, il ne fait pas de différence dans ces moments-là. Et visiblement, elle aussi puisqu’il voit son pied qui se lève pour aller se diriger vers sa jambe cassée. Elle va vraiment viser cette jambe ?! Elle ? La prési …

* SBAF ! * La claque vole sur sa joue droite sans même qu’il n’ait eut le temps de la regarder. Interloqué, il tente de retrouver ses esprits mais il semble complètement sonné. Elle ne vient pas de le piéger en le faisant se focaliser sur sa jambe cassée ? Elle est … forte.

« Ne t’avise plus de me refaire tomber au sol, Ryusuke. »

« Je fais ce que je veux, présidente ou non. Je ne veux pas de familiarités avec toi. »

« Je pense que le message est très bien passé. Cela m’apprendra à vouloir être sympathique avec un adolescent qui n’a pas encore travers la puberté. »

Ouch ! Quelques murmures se font entendre encore une fois tandis que l’adolescent préfère ignorer tout ça comme le garçon tombé au sol par son coup de tête. Il entend la petite Tarsal qui se plaint tandis qu’il part dans sa salle de classe. Mais même là-bas, on le regarde, on l’observe, on se demande pourquoi il a fait cela.

Lors de la pause de midi, il va sur le toit du lycée, comme à son habitude, ignorant Junon, celle-ci faisant de même de son côté. Ryusuke commence à servir la petite Tarsal, celle-ci mangeant avec appétit, Junon faisant venir discrètement de la nourriture en sa direction sans que l’adolescent ne le remarque. Elle fût la première à partir, faisant tomber un livre par inadvertance de son sac : « L’alphabet pour les débutants. » de son sac sans que Ryusuke ne cherche à le lui signaler. Sans être un voleur, il lui redonnerait plus tard.

Mais ce plus tard n’arrivera pas et il ne trouve aucune trace de Junon lorsqu’il quitte le lycée. Son père est venu le chercher, à son grand désespoir mais il se laisse emmener néanmoins jusqu’à la maison. Là-bas, il grimpe à l’étage, allant dans sa chambre avant d’y jeter son sac sur le lit, le livre de Junon sortant du sac. La petite Tarsal reste debout sur le lit, commençant à ouvrir le bouquin avec ses pouvoirs psychiques tandis qu’il fait ses devoirs.

« Aaaaaaaaaaaaaaa… Bééééééééééééééé … Céééééééééééé … »

Il cligne des yeux, se disant que la pokémon fait de drôle de bruits mais la laisse s’amuser. Il doit se concentrer sur son travail, surtout un peu le retard qu’il a eut dernièrement. Mais voilà qu’après quelques minutes, il entend la petite Tarsal qui lui implore de se retourner. Il s’exécute, la voyant tenir le livre en ses pattes. Elle semble désigner la lettre H.

« Tarsal ? Tar … tarsal tarsal tar ? Tarsal ? »

« Qu’est-ce qu’il y avec ce H ? Il y a un … c’est le livre de Junon non ? Ne l’abîme pas ! »

« Accccccch … Accccccch … Tarsal ? »

Il se secoue légèrement la tête. Il croit mal entendre ou quoi ? Elle vient de tenter de prononcer la lettre H ? Il finit par arrêter d’écrire, reprenant le livre avant de prendre l’une des premières lettres. Le E ! Il la désigne, la Tarsal disant :

« Euh ! Euh ! Euh ! EUUUUUUUUUUUH ! Tarsal ? »

« Hum … Etrange, vraiment étrange, et celle là ? » demande t-il en montrant la lettre K, normalement, elle ne doit pas encore la connaître d’après ce qu’il a cru comprendre. Alors, ça ne serait pas étonnant que :

« Ka ! Ka ! KA KA KA KA ! » s’écrit-elle vivement en sautant sur place. WOW !

« Mais je ne rêve pas ou tu sais connaître l’alphabet ? Attends un peu ! »

Il devait faire autre chose ! VITE ! Non ! Ah oui ! Bien entendu, voilà ! Il vint tout simplement écrire le mot « de » et le présente à la petite Tarsal, lui demandant :

« Essaye de prononcer ce mot ? Vas-y ! Essaie pour voir ! »

« Déééééé euuuuuuuuh ! Déééééééé euuuuuuh ! » dit-elle avec fierté devant Ryusuke. Celui-ci hoche la tête négativement, reprenant la parole :

« Non non, il faut le prononcer : Deuuuuuu deuuuuu ! Il faut que tu évites de dire les lettres une par une mais ensemble ! Du genre, tu dis le début de la première et la fin de la seconde ! Essaie voir alors ! Je suis sûr que tu peux le faire ! »

Voilà qu’il se comporte comme un gamin mais c’est une nouvelle démentielle qu’il vient d’apprendre ! C’est juste monstrueux ! Comment est-ce qu’il n’a jamais put remarqué cela auparavant ? C’est juste … WOW ! Il n’a aucun mot pour exprimer tout ça !

« De de ! De de ! De de de de de de de ! »

Wowow ! Pas besoin de s’exciter comme ça ! Il la stoppe d’une petite caresse sur le crâne, la Tarsal rougissant comme une enfant, ce qu’elle est si on la considère comme une pokémon. Mais maintenant ? AH ! C’était assez simple mais il ne fallait pas faire trop trop compliqué pour la petite créature ! Vite !

« Essaie donc de recommencer à lire les lettres, une par une, j’ai des devoirs à faire. »

Qu’est-ce qu’il va faire ? Qu’est-ce qu’il va faire de tout ça ? Bah , il ne sait pas mais c’est surprenant ! Il n’était pas autant motivé que depuis … très longtemps en fait ! Il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas quoi faire mais il était sûr d’une chose : ce qu’il venait d’apprendre était tout simplement phénoménal ! VRAIMENT ! C’était juste monstrueux à apprendre et à connaître ! Comment était-ce possible ?


Deux heures passèrent et les devoirent furent terminés. Il se tourne vers la Tarsal, un peu déçu de voir qu’elle s’est endormie sur le livre. Bon, elle n’a fait que ça : travailler, travailler, travailler. Il la soulève avec aisance, la mettant sous les couettes tandis qu’il descend pour aller manger avec ses parents.

« Oh ? Elle n’est pas là ? Qu’est-ce qui se passe ? »

« Elle est en train de dormir. Elle est fatiguée après … »

« Après quoi ? Généralement, tu termines tes phrases, Ryusuke, non ? »

« Rien de bien important, rien du tout. Elle est juste fatiguée à cause des cours. Même si elle ne les comprend pas, elle écoute et passe tout son temps avec moi en classe. »

« Oh ? D’ailleurs, à ce sujet, la petite Junon nous a téléphoné. Dorénavant, elle compte venir te chercher chaque matin, pour éviter que je sois en retard au travail. »

« Quelle gentille fille que voilà. Tu en as de la chance, Ryusuke. »

« Euh ? Et mon avis sur le sujet ? J’ai le droit de le donner ? Car je ne suis pas d’accord avec ça, je n’ai pas de temps à perdre avec ces stupidités. »

« Stupidité ? Qu’est-ce que tu racontes donc ! On parle d’une lycéenne qui vient te chercher avant d’aller à l’école. De plus, je crois bien qu’elle doit faire un détour pour cela. »

« Et vous ne trouvez pas ça louche ? Vous ne vous posez pas de question ? C’est peut-être une piège hein ? Elle veut peut-être me ridiculiser mais ça ,vous n’y avez pas réfléchit ! »

« Ou alors, peut-être est-ce autre chose ? Tu es un adolescent, tu es intelligent, tu es consciencieux mais j’ai l’impression que tu divagues, mon fils. » soupire la mère de Ryusuke tandis que son père rigole légèrement.

« Il est en âge mais ne semble pas le remarquer. Bref, Ryusuke, demain, tu sais ce qui t’attend ! Il va falloir que tu apprennes à communiquer avec autrui. »

« Et si j’en ait pas vraiment envie ? »

Sa mère ne lui laisse pas le choix. Il marmonne en terminant son repas, retournant dans sa chambre avec de quoi nourrir la petite Tarsal qui se réveille en se frottant les yeux. Il la laisse manger en silence, attendant qu’elle soit rassasiée. GRUMPF ! Demain, il va rendre ce livre à Junon et ensuite, il verrait pour en acheter un pour sa pokémon.

« Bon, je pense que tu as assez travaillé pour aujourd’hui. Il est l’heure d’aller se coucher. »

« Tarsal ? Tar tar ? Tarsal tar ? »

« Hein ? En colère ? Oui mais pas contre toi. Par contre … Hum, non rien, rien du tout. Allons se coucher. Fais attention à ne pas abîmer le livre, d’accord ? »

« Tarsal ! » s’exclame la petite pokémon, utilisant ses pouvoirs psychiques pour le mettre dans le sec de Ryusuke. Demain, pendant qu’il allait faire ses cours, elle ferait de même ! NA ! Ryusuke pousse un soupir, soulevant la créature avant de la déposer sur son torse, comme si de rien n’était.

Bien qu’elle soit surprise, elle ne trouve pas ça cela déplaisant, s’installant bien sur le corps du lycéen avant de sombrer dans le sommeil. Elle savait qu’il était fier d’elle pour ce qu’elle avait fait et ça, elle adorait tout simplement ! Elle allait tout apprendre dans ce livre, oui !

Chapitre 10 : Un peu trop proche

Chapitre 10 : Un peu trop proche

« Ryusuke, je préférerais que tu restes à la maison. »

« Pas besoin. Je ne suis pas éclopé. Encore que dans ce cas, ça l’est un peu en fait. »

Il répond cela machinalement, observant ce qu’il s’est cassé. Assez risible et pathétique, n’est-ce pas ? Dire qu’il est ainsi. Il ne comprend pas pourquoi il se comporte aussi stupidement. Il a une main sur le cœur, marmonnant quelques paroles incongrues :

« Je vais m’en aller à l’école. Si je n’y vais pas, j’aurais trop de retard ensuite. »

« Fais attention à toi et aussi à la petite Tarsal, d’accord ? » lui demande sa mère une nouvelle fois alors qu’il hoche la tête. Elle n’est pas en sucre non plus ! Et de toute façon, il sait pertinemment qu’elle est bien plus résistante qu’elle ne semble le montrer.

« Bon, je ne vais pas rester en place, non plus. J’y vais maintenant. Bonne journée, je … »

« Tu veux que ton père te dépose en voiture ? » questionne encore une fois sa mère alors qu’il marmonne que non. Il veut juste y aller maintenant. Il quitte la maison alors que sa mère pousse un soupir, se tournant vers son mari : « Je crois qu’il va encore falloir du temps. »

« Laisses-le donc pendant quelques jours, le temps qu’il s’habitue à cette nouvelle présence. »

« J’espère simplement que cette Tarsal aura une bonne influence sur lui, je ne demandes que cela, de mon côté. Après, on peut considérer que c’est une bénédiction. »

« Ca l’est, je pense … je l’espère vraiment. »

Elle retourne auprès du père de Ryusuke, venant l’aider dans ses tâches tandis que l’adolescent aux cheveux bruns était parti en direction de son lycée. Cela faisait bien une semaine voire une dizaine de jours depuis cet incident.

« Rentrez dans la classe ! J’espère pour vous que vous avez une bonne expli… Oh Ryusuke. Tu peux venir t’asseoir à ta place habituelle. »

Bien entendu. Il est en retard. C’est logique. Il se déplace plus lentement maintenant mais voilà, il se dirige vers sa chaise, se fichant des regards qui se posent sur sa personne. Il n’est pas là pour les intéresser, pas du tout.

« Nous allons donc reprendre là où nous en étions. »

Le prof continue le cours, comme si de rien n’était. La petite Tarsal est sur les genoux de Ryusuke, semblant faire attention à son pied plâtré. Sage comme une image, pour une fois, elle sort les affaires de Ryusuke pour qu’il puisse écrire.

« Tu n’aurais pas écouté un peu trop les paroles de ma mère ? Je suis capable de faire ça. »

Pour toute réponse, elle le regarde d’un air effronté avant de continuer ce qu’elle faisait. Deux minutes plus tard, tout est sorti et il soupire :

« Merci. Tu peux maintenant rester bien tranquille. »

« Tarsal, tar, tarsal, tar, tarsal, tar. » répond t-elle doucement.

Ah bon ? Tant que ça ? Qu’est-ce qu’elle pouvait raconter comme sottises, vraiment. Il pousse un petit soupir, visiblement un peu désabusé par toute cette histoire. Du moins, il ne fait que soupirer, soupirer, soupirer, rien que ça. Lorsque le cours est terminé ,il demande à la pokémon de le téléporter, ne voulant pas avoir de personne qui le questionne, comme à leur habitude. Ils sont exaspérants et …

« AH ! » s‘exclame t-il, reculant, un peu surpris. Il n’a pas le temps de voir qu’il est prêt à tomber dans les escaliers qu’un main l’attrape au niveau du bras, le tirant vers l’adolescente qui se trouve en face de lui. Il avait voulut se rendre à son coin secret mais quelqu’un l’attendait déjà ! Et pas n’importe qui !

« Tu es exaspérante, Junon ! Tu m’as fait une sacrée frousse, tu t’en rends compte ?! »

« Ce n’est pas comme ça que tu m’adores ? Non ? Est-ce que tu m’aurais mentie ? »

« Le jour où j’aimerai une personne comme toi n’arrivera jamais, compris ? »

Il marmonne avec colère alors qu’il se frotte le bras. Vraiment, il n’avait pas envie de la voir alors pourquoi est-ce qu’elle se présentait à lui ? Car elle pensait qu’il est intéressé par elle ? Elle va au-delà d’une grande désillusion ! Il s’en fout d’elle !

« C’est très vexant de ta part, Ryusuke. »

« Ce n’est pas fait pour te faire plaisir à la base aussi. » murmure l’adolescent aux cheveux bruns, passant à côté d’elle pour prendre sa place habituellement. S’il veut qu’elle parte, pas trop de solution, il doit l’ignorer.

« Ca m’a l’air bien bon ce que tu as préparé, Ryusuke. Je peux m’installer ? »

L’ignorer, encore l’ignorer. Pourtant, elle se place à côté de lui, comme si de rien n’était. Il remarque aussitôt le regard intéressé de la petite Tarsal en direction de ce que sort Junon. Bien entendu ! Dès que ça parle de nourriture, la reine de celle-ci répond présent !

« Tarsal ? Tar tar ? Tarsal Tarsal tar ? »

« Hmmm … Ton dresseur ne semble pas vouloir que je partage de la nourriture avec toi. Et oui, c’est ton dresseur maintenant. »

« Tarsal ! Tarsal ! Tar tarsal tar tar tarsal ! »

L’adolescente éclate de rire alors qu’il hausse un sourcil. Comme si elle pouvait comprendre la pokémon. Pourtant, Junon retire un petit morceau de viande, faisant un doux sourire à la créature avant de le lui tendre, elle chuchote tendrement :

« Comme cela ? Ce n’est pas trop gros normalement, non ? »

La petite pokémon exulte de joie, visiblement heureuse comme cela n’était point permis, de voir qu’elle avait reçu un aussi gros morceaux de viande. Elle se tourne vers Ryusuke, tout fière et heureuse alors qu’il hausse les épaules. Il commence à manger sans même regarder la Tarsal, celle-ci se rapprochant de lui, posant une patte sur la nourriture.

« Tar tarsal tar ? » demande t-elle avant de poser ses yeux verts sur lui.

« Quoi ? Tu veux que je te donnes aussi à manger ? Tu es en train de blaguer, j’espère. Tu ne me trahis pas comme ça, avec la première venue. »

« Je vais me sentir terriblement vexée, Ryusuke, si tu continues sur cette voie. Je suis sûre que ce n’est pas dans ton intention de me vexer, n’est-ce pas ? »

« Et si ça l’est, qu’est-ce que tu vas faire exactement ? »

« Hum, la même chose qu’à l’hôpital, qu’est-ce que tu en penses ? »

Il se redresse aussitôt, faisant reculer la pokémon, serrant son plat dans ses mains avec colère. Il pousse un cri de douleur, venant s’écrouler dos au mur, son pied droit venant de le lâcher aussitôt. QUEL IDIOT ! Il a complètement oublié qu’il se l’est cassé ! Junon se rapproche de lui, prenant une profonde respiration :

« Tu te fais mal pour rien. Tu crois vraiment que je vais m’en prendre à un blessé ? »

« Qu’est-ce que tu insinues ?! Que tu le ferais si je n’étais pas blessé ? »

« Oh ? Peut-être que oui ? Qui sait ? Si tu me provoques trop, qui sait ce qui t’attends. Peut-être que tu voudrais déclencher la fureur de Junon ? »

« Et alors ? Tu crois que tu me fais peur hein ? »

Il tente de la regarder droit dans les yeux mais il doit s’avouer vaincu. Il détourne son regard de celui de Junon. Celle-ci est en train de lui parler la jambe, comme pour travailler son muscle alors qu’il pousse un gémissement de douleur. Il s’exclame avec rage :

« Mais arrêtes ! Qu’est-ce que tu fais ?! C’est horrible comme ça me fait mal ! »

« Est-ce que tu vas arrêter de faire l’enfant ou non ? Je te masses la jambe ! Cela atténuera ta douleur. Tu arrêtes de te comporter comme un gamin ? »

Voilà qu’elle se met en colère et il finit par se stopper, ruminant dans sa barbe. Cette idiote ! De quoi elle se mêle d’abord ? Ça ne la regarde pas ! Elle relève ses yeux, pressant subitement sa jambe entre ses mains avant de murmurer :

« Et ne me regarde pas comme un pokémon sauvage. Si je ne suis pas ton ennemie, ça ne veut pas dire que tu peux te permettre de me considérer comme un monstre. Compris ? Même si tu ne m’as rien demandé, je ne vais pas te laisser … »

« Oh mais la ferme, tu me fatigues. » réplique t-il avant de recevoir un coup dans la nuque.

La dernière chose dont il se souvient, c’est le petit cri de surprise de la Tarsal. Ensuite ? C’est le vide complet. Il ouvre les yeux, regardant droit devant lui. Le plafond est très beau mais reconnaissable. Il se trouve à l’infirmerie. Un livre se claque, comme pour signaler qu’il e ferme alors que Junon était là. Oh merdeeeeeeeeeeee ! Il pousse presque un sanglot mais s’arrête en entendant des murmures de l’autre côté de la porte.

« Vous êtes sûrs que c’est bien la présidente des élèves qui est là ? »

« Oui, oui, avec Ryusuke ! Il paraîtrait qu’elle n’a eut aucun mal à le soulever alors qu’il était évanoui. Vous imaginez un corps comme ça ? »

« Wow … Je crois que je suis amoureux les gars ! »

« T’es TOUJOURS amoureux, je tiens à te le rappeler ! Faut peut-être pas trop exagérer non plus hein ? Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu trop loin ? »

« Voilà ce que tu emmènes comme problème, Ryusuke. Me félicitations. Il a fallut que je te porte dans les couloirs après que tu te sois évanoui. Bien entendu, ta Tarsal dort paisiblement dans tes bras à l’heure où je te parles. Pourquoi cela devrait-il changer, n’est-ce pas ? »

« Je ne vois vraiment pas où tu veux en venir. Et je me suis évanoui ? Encore ? »

« Disons que tu as eut un petit coup de chaud. Ah … mais qu’est-ce que je vais faire au final ? Tu peux me le dire, Ryusuke ? Ils vont se poser des questions. »

« Ce qu’ils se disent, j’en ai vraiment strictement mais rien à faire, hein ? Ça ne les concerne qu’eux à la base, moi, tant que je suis tranquille. »

« Oh ça, tu dois t’en douter que tu ne seras plus vraiment tranquille si tu commences à penser de la sorte, tu t’en rends compte ? »

« Je m’en rends parfaitement compte si c’est ça que tu veux me dire mais je m’en contrefiches royalement dans le fond. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. »

« C’est vraiment si déplaisant qu’ils se fassent des idées sur toi et moi, n’est-ce pas ? »

« Je m’en contrefiches vraiment surtout. Je veux dire, je ne vois pas à quoi ça me sert. »

« J’ai vraiment l’impression d’être tombée sur le dernier des idiots. Je te laisses tranquille, va ! Et ne t’en fait pas, ta pokémon va très bien. Elle dort à tes côtés ! »

Pourquoi est-ce qu’elle se répète ? Elle croit qu’il ne l’a pas entendue la première fois ? L’adolescente se relève avant d’ouvrir la porte de l’infirmerie, des petits cris de surprise se faisant entendre de l’autre côté :

« Woooooooow. Euuuuuh … Présidente ! Je … »

« Ryusuke va très bien. Néanmoins, que personne n’aille le déranger ou je risque de me mettre réellement en colère. Est-ce que le message est bien passé ? »

« Ou… Oui présidente. On vous écoute. »

Les élèves se déplacent sur les côtés, la laissant passer tandis que l’adolescente continue de grommeler dans son coin. Ils la regardent partir, parlant entre eux avec étonnement :

« C’est moi ou elle était vraiment furieuse ? Ce n’est pas dans ses habitudes, non ? »

« Pas vraiment même … Je me demande ce qu’il a dit. »

Ils pourraient poser la question mais vu que la présidente elle-même a signalé de ne pas le déranger, c’était beaucoup trop risqué. Qu’elle s’emporte était quelque chose de vraiment peu commun pour qu’il soit signalé et remarqué.

Dans la chambre, l’adolescent réfléchissait à la situation. Il est sûr de se rappeler que c’est encore Junon qui est responsable de son évanouissement. Oh, il n’en a aucune preuve mais il en est sûr et certain. Quelque chose le titille à ce point et il ne peut l’oublier.

« Tarsal tar tar tarsal … Tarsaaaaaaal. »

« Ah oui, voilà le problème. Hey, tu te réveilles, petite marmotte ? »

Il marmonne cela alors que la pokémon reste dans ses bras, s’y calfeutrant bien. Il tapote un peu sa corne, jusqu’à ce qu’elle finisse par se réveiller en mettant une main devant sa bouche. Il finit par se redresser dans le lit, la pokémon se frottant les yeux.

« Bon, maintenant que tu es réveillée, on va pouvoir partir alors. J’ai beaucoup mieux à faire que de rester ici, compris ? Tu me suis? »

« Taaaaaaaar. » répond la pokémon, restant collée à lui, les yeux clos.

Elle ne bouge pas de là, étant bien logée. Maintenant qu’il soupire, il reprend ses affaires à une main, les mettant sur ses épaules avant de quitter l’infirmerie. Comme il s’est évanoui, la journée est déjà terminée pour lui et il décide de rentrer le plus facilement possible.

Dans une salle de cours, Junon jette un œil par la fenêtre, remarquant le départ de Ryusuke. Elle ne peut s’empêcher de sourire. Vraiment, cet adolescent est plus que turbulent, n’est-ce pas ? Elle continue de le regarder jusqu’à ce qu’une voix féminine ne dise :

« Mademoiselle Junon, je ne vous déranges pas, j’espère ? »

« Hein ? Oh non non. Désolée, j’étais déconcentrée. »

« Alors, veuillez répondre à ma question : quel est la nouvelle catégorie dans laquelle se range les Gardevoir et autres pokémon comme Flabébé ? »

« La catégorie des fées, professeure. Je vous écoutais bien que je ne vous regardais pas. Ne vous inquiétez pas à ce sujet, je peux vous le certifier. » répond doucement Junon tandis qu’elle retourne poser son regard sur l’entrée du lycée. Dommage, Ryusuke est déjà parti. Elle aurait aimé le regarder un peu plus.

Deux heures plus tard, l’adolescent est au pas de la porte de chez lui. Toquant à celle-ci, sa mère vient l’ouvrir, un peu étonnée de le voir rentrer aussitôt. Elle demandant quelques explications, explications qui arrivent bien vite :

« Je me suis évanoui. Junon m’a aidé et ensuite, j’ai put rentrer. »

« T’évanouir ? Encore ? Je commence à être très inquiète, Ryusuke. Il va falloir que j’appelle un médecin pour ça. Ce n’est pas normal. »

« Pas besoin, il faut juste vérifier que ça ne soit pas trop récurent. »

« Oui mais bon, par mesure de sécurité, Ryusuke, je vais quand même le faire. »

Il grogne, marmonnant que ce n’est pas nécessaire avant d’aller dans sa chambre. La petite Tarsal n’a pas bougé de sa position, étant bien éveillée après tout ce temps. Aucun commentaire de la part de ses parents à ce sujet. Lui-même a remarqué à quel point la pokémon ne se décroche pas de lui. Finalement, dans sa chambre, il finit par se libérer de son étreinte avant de la déposer sur le lit. Il ouvre son sac et pousse un profond soupir.

« Tarsal ? Tar tarsal tar tarsal ? »

« J’ai du travail, énormément de travail. Il suffit de voir ce qui m’attends. Avoir été absent même pendant une dizaine de jours, c’est tout simplement horrible. »


Elle pousse quelques mots comme pour lui demander s’il veut qu’elle l’aide. Il ricane légèrement. Comme si une pokémon était capable de l’aider ! Néanmoins, puisqu’elle le propose si gentiment, il va accepter.

La pokémon se téléporte jusqu’à lui, venant s’installer sur ses genoux. Il se retient de sourire alors qu’il tourne les pages du cours de mathématique. Oui, il y a aussi de cela … Bon , ce n’est pas que c’est difficile, loin de là mais il y en a tellement que …

« Hein ? Qu’est-ce que tu fais ? » demande t-il en sentant la main de la pokémon qui se pose sur son front, comme pour l’apaiser. C’est étrange, il se sent mieux, beaucoup mieux. Terriblement mieux. Ca lui fait un bien fou. « J’ai l’esprit complètement vide de problèmes. Je me sens … bien, c’est toi ? C’est toi qui a fait ça ? »

La pokémon rougit légèrement en hochant la tête. Elle est capable de l’aider ? Les pokémon ne sont donc pas faits uniquement pour le combat ? Bon, ceux de ses parents, c’était différent mais … bizarre. Il apprenait quelque chose qu’il connaissait pas. D’une main, il caresse le crâne de la Tarsal, l’autre servant à écrire alors qu’il lui chuchote quelques remerciements qu’elle mérite parfaitement. Les devoirs se passent beaucoup plus facilement même qu’elle a décidé de s’en mêler. Il le remarque maintenant qu’il a le stylo en main.

Les heures défilent à une vitesse folle et pendant le repas, elle mange sur ses genoux. Il remarque que ses parents ne font aucun commentaire sur cela alors qu’il manche posément. Elle mérite ses félicitations pour la petite aide et c’est une manière comme une autre de la remercier pour ça. Et quand il est dans son lit ? Il la laisse s’installer auprès de lui. Il suffit qu’il dorme pour que les yeux de la pokémon ne deviennent roses, comme à son habitude.

Chapitre 9 : Une longue discussion

Chapitre 9 : Une longue discussion

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Ce que que tu as fait ? »

« Oh ? De quoi donc est-ce que tu parles ? Je suis une adolescente normale. Bon, d’accord, je suis un peu plus studieuse mais il n’y a rien d’extravagant hein ? »

« Ce n’est pas de ça dont je veux parler. C’est ce que tu as fait avec … »

« Oh, on ne t’a jamais dit d’éviter de forcer une jeune demoiselle à révéler ses secrets, Ryusuke ? » rétorque l’adolescente aux cheveux argentés, tapotant le nez du lycéen comme pour lui montrer qu’il valait mieux stopper là la conversation avec elle. « Termines donc de manger, ça sera mieux pour toi, d’accord ? »

« Gloups … d’accord. Mais ça ne veut pas dire que … non rien. »

Les actes d’une fille comme elle ne le regardent pas, il a beaucoup mieux à faire que de perdre son temps avec une adolescente comme elle. Il termine son morceau de pomme, la fixant pendant quelques secondes avant de dire :

« Tu peux t’en aller maintenant, tu n’as pas besoin de rester plus longtemps ici de toute façon, je pense que je peux me débrouiller seul. »

« Pourquoi t’évertue-tu à vouloir me faire partir ? Est-ce que ma présence te dérange ? »

« C’est exact. Maintenant que tu le sais, tu connais la sortie, non ? »

« Pfiou …tu es vraiment un enfant terrible, Ryusuke. Vraiment terrible. Des fois, je crois qu’une petite punition s’impose, non, » murmure t-elle avant de se redresser de sa chaise, récupérant le plateau ainsi que le couteau ayant servi à éplucher la pomme. « Mais tu vois … pas maintenant, j’ai décidé que j’allais te laisser tranquille. Ne me remercies pas. »

« Je ne te remercies pas pour ça. Par contre, pour la pomme, je te remercies. Est-ce que tu veux répondre à mes questions ou non ? Que je vois si cela a un intérêt. »

« Mais tu ne voulais pas que je partes ? » demande avec amusement Junon, Ryusuke détournant la tête avant de dire :

« Si c’est pour parler et ne pas venir m’embêter, ça devrait passer. »

« Oh ? Moi ? T’embêter ? Voyons donc, pour qui me prends-tu, Ryusuke. Je ne suis pas ainsi ! Je suis même enjouée à l’idée de parler avec toi ! Alors, dis-moi, que veux-tu savoir exactement ? Je suis prête à te répondre. »

« Qu’est-ce qui s’est passé au gymnase exactement ? »

Aussitôt, elle le fixe de ses yeux verts, semblant lire dans ses pensées. Pourtant, elle en est incapable et il le ait. Elle réfléchit puis émet un petit sourire avant de rigoler. Elle ne lui répond pas ? Si c’est pour ça, elle connaît la sortie. D’un geste rageur, il désigne la porte du doigt tandis qu’elle pousser un petit soupir, lui chuchotant doucement :

« Tu n’es pas habitué à l’humour, n’est-ce pas ? »

« Pas avec des personnes de ton calibre. J’ai de l’humour. »

« Oh ? Racontes-moi donc une blague, je pense que nous avons besoin de rire un tout petit peu, toi et moi, surtout après tout ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? »

« Tsss ! Humpf … Maintenant, je dois trouver une blague ? Quel est le pokémon qui échoue le plus souvent lorsqu’il combat ? »

« Je ne vois pas, Ryusuke. Quel est le pokémon alors, je peux savoir ? »

« Tout simplement Rattatac. Rate-Attaque. »

Le silence plane maintenant que l’adolescent a dit sa blague. Junon préfère regarder ailleurs tandis qu’il ne sait pas trop quoi dire. C’est finalement elle qui murmure doucement :

« Je te noterais 3 ur 10, pour l’effort sur le moment. Tu n’as pas put l’entendre de quelqu’un d’autre, tu as dût l’imaginer, n’est-ce pas ? N’est-ce pas, Ryusuke ? »

« Tsss, mais tais-toi, je crois que je n’ai pas vraiment envie de parler. »

« Ca ne fait rien, je t’apprendrais à faire des blagues bien meilleures. Disons que tu manques d’entraînement et que tu te rends un peu ridicule, n’est-ce pas ? »

« Ce n’est pas vraiment ça, de toute façon. Oh et puis qu’est-ce que tu fais encore là ? J’ai dit que je voulais être tranquille ! C’est pas compliqué ! »

« Roh mais tu ne serais pas en train de bouder par hasard ? »

Grumpf ! Il grommelle, préfère ne pas lui répondre avant de baisser la tête. Pourquoi est-ce qu’elle ne part pas ? Depuis combien de temps est-ce qu’elle est là ? A lui pourrir l’existence ou presque ! Il marmonne dans sa barbe :

« Laisses-moi tranquille, c’est tout ce que je veux. Je crois que t’es restée un peu trop longtemps ici hein ? J’ai pas besoin de ce genre de visites. »

« Ah … je reviendrais demain. De ce que je sais, tu ne sortiras pas avant deux ou trois jours, désolée pour toi ! Tu vas devoir me supporter ! »

Elle se lève, gardant son sourire alors qu’il émet un autre grognement. Il n’a pas envie de la voir donc il fait tout pour éviter de la regarder. S’il ne veut pas voir cette femme, il fera pour tout que ça soit le cas, c’est aussi simple que ça. Cette femme ? Non ! Cette fichue adolescente qui tente de lui pourrir l’existence !

« Bonne journée à toi, Ryusuke. Tu veilleras un peu sur elle donc ? » demande Junon mais il reste définitivement muet. Elle n’a pa besoin de savoir ce qu’il va faire. Ça ne concerne que lui et personne d’autre. Junon quitte ENFIN la chambre et il pousse un soupir de soulagement, il va enfin pouvoir souffler.

« Je sais que tu es réveillée et que tu as tout entendu. Ouvres les yeux. »

La petite Tarsal se met à bouger, montrant ses yeux émeraude qu’elle pose sur l’adolescent. Elle tente de bredouiller quelques mots mais Ryusuke pose une main sur son crâne, comme pour le caresser pendant de longues secondes. Bien qu’elle trouve cela étrange, elle se laisse faire, poussant de petits cris de joie.

« Qu’est-ce que je vais faire de toi ? Est-ce que tu peux me le dire? Car je suis complètement perdu, malheureusement. Je ne vois pas ce que je peux faire. »

« Tarsal ? Tar Tarsal tar tarsal, tar. »

« Si j’ai vu ce … AH ! Saleté ! J’ai complètement oublié ça ! Elle … est partie sans même me dire au sujet de ce qui s’est passé ! Toi ! Tu le sais, tu veux bien me raconter ? Ou alors, tu préfères garder le silence et ne rien me dire ? Oh et puis zut … je crois que vous avez réussi à m’épuiser toutes les deux sans même vous en rendre compte. Mes félicitations. »

« Tarsal, tarsal tarsal tar … »

Elle semble attristée par les propos de l’adolescent mais celui-ci les ignore complètement, venant lui caresser le crâne jusqu’à la ramener auprès de lui. Finalement, après quelques secondes, elle recommence à se calmer tandis que lui-même observe le plafond. Rien que ça … n’est-ce pas ? C’est vraiment ainsi et pas autrement ? Hahaha. Comment faire autrement ? Comment ? Il n’y a pas cinquante mille solutions.

« Pourquoi est-ce que tu me suis ? Pourquoi est-ce que tu me colles ? Qu’est-ce qui fait que tu n’arrêtes pas de vouloir rester avec moi ? Expliques-moi donc. »

Elle le regarde avec étonnement, ne comprenant pas où il veut en venir. Pourtant, il est sérieux, plus que sérieux mais il sait qu’elle ne saisit pas le moindre de ses propos. Il reprend la parole, poussant un soupire avant de dire :

« Pourquoi m’accompagnes-tu ? Pourquoi est-ce que tu veux être ma pokémon ? Qu’est-ce que j’ai fait pour que tu veuilles ça par rapport à moi ? Voilà tout. »

Oh ! Elle commence enfin à voir ! Mais pour ça, il ne faut pas des paroles mais des actes ! La petite Tarsal prend le visage de l’adolescent dans ses petites pattes puis vient coller sa joue contre la sienne pendant de longues secondes, très longues secondes. Elle est certaine qu’il peut ressentir sa chaleur et c’est ce qu’elle veut faire. Qu’il ressente ce qu’elle est.

« Pourquoi ? Pour que tu comprennes que si je suis seul, je ne ressentirais jamais cette chaleur, c’est bien ça ? Où tu veux en venir, n’est-ce pas ? »

Elle ne cherche pas à parler à a place. Avec lenteur, il caresse sa joue d’un doigt. Apprécier cette petite pokémon, c’est ça ? La garder auprès de lui et venir la serrer dans ses bras ? Ce n’est pas lui, ça ne sera jamais lui. Il n’est pas ainsi et il ne le sera jamais. Pourquoi il le serait ? Qu’est-ce qui l’emmènerait à faire cela ? Il ne … veut pas. Le doigt est maintenant accompagné d’un autre. Il ne veut pas d’une pokémon, ce n’est qu’une source d’ennuis futurs. S’il la garde, il aura de gros problèmes, il le sait, c’est ainsi et pas autrement.

« Tu vas me causer du tort et me faire souffrir, même si ce n’est pas cela que tu désires mais … tu voudrais quand même que je tente l’expérience avec toi, c’est ça ? »

« Tarsal … tarsal … tar tarsal tar. »

« D’accord. Voilà, c’est décidé, Tarsal. » termine de dire finalement Ryusuke alors qu’elle ouvre en grand ses yeux. Elle a bien entendu ? Elle n’a pas rêvé ?
Ryusuke ne lui répond pas par l’affirmatif, il ne lui répond pas par le négatif. Il est juste parfaitement stoïque mais elle pousse un hurlement strident avant de chercher à l’enlacer de ses petites pattes, sautant sur son torse.

« Aie aie aie ! Mais calmes-toi ! Tu me fais quand même mal ! »

« Tarsal, tar tarsal tar tarsal ! Tarsal tarsal tar tarsal tarrrrrrrrrrrrr ! »

Impossible de l’arrêter maintenant qu’elle est lancée. Qu’est-ce qu’il a lâché comme monstre ? Il se le demande alors qu’elle continue de tout faire pour exprimer sa joie. Il regrette déjà son acceptation. Cette pokémon va le rendre fou, il en est sûr et certain.

« Je penses que je peux regretter ce que j’ai fait, n’est-ce ps?3

« Tarrrrrrr brrrrrrrrr ! » répond la pokémon en tirant la langue. Maintenant que c’est dit, c’est dit ! Il ne peut pas revenir en arrière ! C’est hors de question ! Qu’il n’espère même pas pouvoir reculer maintenant qu’il l’a fait, c’est tout simplement impossible !

« Bon, finis la rigolade, je suis fatigué, encore un peu et … qu’est-ce que tu fais ? »

Ben quoi ! Elle s’installe non ? Maintenant qu’il est son dresseur, il est logique qu’elle dorme à ses côtés. C’est ce que tous les dresseurs font ! Et puis, elle a déjà sa place qui est chaude alors bon, elle va pas la quitter ! Puis quoi encore !

« Je dois te dire bonne nuit, maintenant, c’est bien ça ? Tu exagères carrément, est-ce que tu t’en rends compte ? J’espère que oui. Tu abuses de ma gentillesse. »

Elle tire une nouvelle fois la langue, comme pour lui montrer qu’elle en avait strictement rien à faire de ce qu’il pensait. Ryusuke émit un long bâillement, marmonnant qu’il s’occuperait de tout ça avant de chercher à sombrer dans le sommeil.

« J’espère juste que je vais pas cauchemarder avec toutes ses bêtises. »

Il a un petit rire même si celui-ci a une intonation triste. Il lui suffit de quelques secondes pour rejoindre le pays des songes sans aucun problème. Du moins, c’est ce qu’il pense. Il n’a pas remarqué le regard de la petite Tarsal qui est resté grand ouvert, comme pour le surveiller. Elle est là, il n’a rien à craindre.

Elle est là, oui. Ses yeux émeraudes deviennent roses alors que le corps de Ryuuke est entouré d’une aura de même couleur. Elle va veiller sur lui. Surtout qu’il a fait son choix maintenant. Il n’aura plus à s’en faire. Elle est là … oui … pour lui … elle est là.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? Renvoyé ? Et encore, la police est maintenant prête à t’interroger. J’espère pour toi que tu as une bonne explication. »

« Cet adolescent, Ryusuke ! Il me gonflait tellement ! Je voulais lui donner une bonne leçon ! Lui et cette foutue Tarsal qu’il a récupérée ! »

« Tarsal ? Que veux-tu dire par là ? Donnes plus de détails. Il vaut mieux pour toi, cela risquerait de te sauver la vie en fin de compte. »

A genoux, le professeur de sports bouillonnait de rage, cherchant à contrôler cette colère qui l’envahissait. Devoir expliquer tout cela par rapport à cet adolescent. Mais voilà, ceux en face de lui étaient intéressés. C’était ça ou alors, il pouvait perdre la vie.

« Cette Tarsal n’est donc pas chromatique, n’est-ce pas ? »

« Pas d’après ce que j’ai put voir. Ses couleurs se sont inversées et sa robe n’est pa comme les autres mais pourquoi ? Ce foutu adolescent ne fait que la protéger et … »

« Taisez-vous ! Nous ne vous avons pas donné la permission de prendre la parole ! Première et dernière fois, Naro, comprenez votre position. »


Saleté, saleté, saleté, saleté ! Ces types se croient bien supérieurs à lui ! Mais il ne peut rien faire pour le moment. Il n’est pas encore assez haut gradé dans la hiérarchie pour ça. Il garde la tête baissée, les poings serrés. Il réglerait ça un autre jour de toute façon.

« Naro, une décision fut prise à ton encontre. Malgré ce qui s’est passé, nous allons te laisser une seconde chance. Bien que tu ne puisses plus surveiller ce lycée, tu vas néanmoins rester dans les environs. Ta mission sera simple, très simple : surveiller ce Ryusuke et la Tarsal qui l’accompagne. Interdiction pour le moment de les tuer. »

« Hein quoi ? Mais vous punissez ou quoi ? Je ne suis pas un gamin ! »

« Contesterais-tu les ordres que l’on vient de te donner ? Vraiment ? Quelle folie s’empare donc de toi pour envisager une seule seconde te t’opposer à nous ? »

Un rictus se dessine sur les lèvres de l’homme à genoux. Un jour, ils allaient le payer. TOUS ! Tous ces types au-dessus de lui ! Mais pour l’instant, il prend sur lui. Il doit courber l’échine. Finalement, il murmure :

« Comme vous le désirez. Je vais le surveiller. Est-ce que je peux utiliser mes pokémon au cas où ? Pour être sûr qu’il ne me remarque pas ? »

« Si cela consiste à le blesser ou le tuer, tu sais ce qu’il t’arrivera. Pars maintenant. » vint dire l’une des voix, Naro se redressant avant de quitter la pièce. Quelques instants plus tard, d’autres traces de pas suivirent jusqu’à ce qu’une seule voix ne murmure :

« Ryusuke, si c’est vraiment lui … après tout ce temps. »

Et enfin le silence plane. Plus aucun son, plus aucune présence, la pièce est vide.