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Chapitre 53 : Les dards de la connaissance

Chapitre 53 : Les dards de la connaissance

« Bon … Nous sommes obligés de changer d’île ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns, un peu déconcerté alors que les cinq personnes se retrouvaient sur un bateau avec des ailes. Royan se tourna vers lui, surpris légèrement :

« Bien entendu … Le second ne se trouve pas ici … Il est sur une île un peu déserte où il n’y a qu’un unique village sur le bord de celle-ci. Le médaillon ne sera pas trop loin à partir de là. »

« D’acc … ord … » murmura Tery, comme l’air un peu gêné alors qu’il regardait à gauche et à droite autour de lui. Le bateau n’était pas encore parti alors qu’il semblait paniqué par quelque chose qui était impossible à exprimer. Manelena s’approcha de lui, lui disant :

« Ne t’en fais donc pas … C’est juste un mauvais moment à passer, Tery. »

« C’est toi qui le dis … Ce n’est pas toi qui est malade en bateau volant. Oh … Je crois que je vais déjà me trouver un coin avant que l’on parte. Ca vaut mieux si je ne veux pas décorer le sol … de quelque chose dont j’estime que tu n’as pas besoin de connaître les détails. »

« Hein ? Quoi ? Tery est malade en bateau ? » questionna l’Ombre alors que le jeune homme hochait la tête d’un air positif, détournant celle-ci. Elle n’avait pas besoin de le savoir … Pfff … Il était vraiment honteux d’être d’une nature aussi faible que ça. Et quand il entendit le rire de la jeune femme masquée, il ne put s’empêcher de reprendre :

« Oui … Tu peux te moquer, je sais, c’est bien … Mais ce n’est pas de ma faute non plus. »

« Mais non, grand bêta. Moi aussi, je suis malade en bateau. Enfin, ça va un peu mieux depuis le temps mais attends-moi ici, je vais te ramener quelque chose. »

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’elle allait ramener ? Il ne comprit pas mais elle s’éloigna, pénétrant à l’intérieur du bateau. Deux minutes plus tard, elle avait un verre d’eau à la main, l’eau étant légèrement blanchie par quelque chose qu’il ne reconnaissait pas. Elle s’approcha du jeune homme, lui tendant le verre :

« Bon … Ouvres la bouche, bouches-toi le nez et avales d’un coup. »

« Hein ? Et pourquoi ça ? C’est quoi ce qu’il y a dans l’eau ? Tu ne m’auras pas comme ça ! »

« Fais pas l’enfant, Tery ! » répondit-elle aussitôt en pinçant subitement son nez, lui arrachant un cri de douleur. Le cri fut étouffé par le liquide qui s’infiltra dans sa bouche, la jeune femme le forçant à lever la tête pour l’avaler complètement. Il toussa violemment en disant avec un peu de colère :

« Mais qu’est-ce que c’était ?! C’est dégueulasse, l’Ombre ! »

« De l’eau salée … Normalement, tu devrais aller bien mieux dorénavant. » répondit-elle avant de s’éloigner pour ramener le verre vide. Lorsqu’elle revint, il avait les bras croisés, l’air furieux tourné en sa direction.

« C’était vraiment pas sympathique de ta part ! Tu aurais pu me prévenir ! »

« Et est-ce que tu aurais quand même bu le verre avec tout ça ? C’est comme ça que ça m’a guérit au fur et à mesure … A chaque fois que je prenais le bateau, un verre d’eau salée et ça passait mieux … Là, je fais pareil …  Tu m’en veux ? »

… … … Elle le regardait avec des petits yeux faussement larmoyants sous son masque blanc. Qu’elle n’utilise pas ça ! Il était vraiment très faible … Surtout quand il s’imaginait le visage de la jeune femme derrière le masque.

« Bon sang … Depuis que je sais à ton sujet, tu en profites, j’en suis sûr. » marmonna t-il alors qu’elle le regardait avec des yeux un peu étonnés.

« Je profite de quoi, Tery ? Je ne comprends pas du tout … »

Oh, ça ne faisait rien, il s’imaginait des choses sûrement. C’en était même sûr. L’Ombre ne ferait jamais une telle chose, ce n’était pas du tout son genre. Il ne la voyait pas comme ça … Pas du tout même … Elle était beaucoup trop … gentille pour ça ? Et elle n’était … Oh et puis zut … Il reprit d’une voix lente :

« Ne t’en fais pas le moins du monde, l’Ombre. Ca n’a rien d’important. »

« … … … D’accord mais j’aimerai quand même savoir à quoi tu penses sincèrement. Si tu veux, on peut rester ensembles pour le voyage en bateau. Comme si tu te sens mal ou moi-même, on sera deux alors à souffrir et agoniser en silence. »

Il rigola aux propos de la jeune femme masquée. Il n’aurait pas vraiment utilisé ces termes mais bon … C’était à peu près ce genre de sentiments qu’il avait quand il montait en bateau. Il la remercia en lui répondant :

« Pourquoi pas ? Je ne pense pas que l’adoles … Enfin … Royan soit malade en bateau non ? Il vit avec l’eau depuis sa naissance, je parie. »

« Lorsque je n’étais qu’un enfant, il m’est arrivé d’avoir le mal de bateau. Préférant la glace aux autres formes aqueuses, je n’ai pris qu’assez rarement le bateau avant l’âge de mes dix ans. » annonça l’adolescent aux cheveux bleus.
Depuis quand est-ce qu’il racontait son enfance ? La femme masquée le regardait avec une certaine interrogation tandis que les trois autres personnes semblaient un peu déconcertées. Néanmoins, ils se séparèrent en deux groupes cinq minutes plus tard, l’Ombre et Tery allant dans un coin tandis que les deux femmes et Royan faisait de même.

Et voilà que le jeune homme aux cheveux bruns se retrouvait assis contre le bord du bateau, une main posée sur son front alors que la jeune femme masquée lui souriait. Elle retira son gant droit, faisant de même avec la main du jeune homme sur son front avant de poser la sienne dessus. Il parut surpris d’une telle attention tandis qu’il apercevait de minuscules lignes blanches sur la paume de l’Ombre. Peu à peu, un léger souffle de vent vint caresser son visage tandis qu’elle murmurait :

« Ca te fera passer un peu l’envie de vomir, Tery. Que ça soit en bateau volant ou normal, je me sentais mal aussi … Mais j’ai trouvé une moitié de solution. »

« Très … Très bonne solution … » marmonna le jeune homme tout en fermant ses yeux, se laissant apaiser par le souffle qu’il sentait en face de lui.

C’était une … C’était une … Ah … Vraiment une très bonne chose … Il sentit que l’Ombre s’installait à côté de lui, à sa gauche plus exactement alors qu’elle gardait sa main présentée devant son front. C’était vraiment …

« Bon … J’aime bien … Tu veux que je te fasse pareil, l’Ombre ? » demanda t-il alors qu’il faisait déjà apparaître quelques lignes noires sur sa main gauche.

« Il faudrait que … Je retire mon masque … Et, je dois t’avouer quelque chose. A cause de ce prince, un moment … Enfin, je vais te le dire …. »

Elle devait lui raconter un peu au sujet de la petite scène qui s’était déroulée avant qu’elle ne quitte Traslord. Lorsqu’elle … avait dû chercher quelques fournitures pour la route. Elle vint déglutir, semblant maintenant violemment gênée à cette idée tout en murmurant :

« A cause de lui … Un moment, j’ai dû retirer mon masque … pendant une quinzaine de minutes … Pour acheter quelques vivres. »

« Hein ? Mais … Ce n’est pas normal ?! Pourquoi tu avais besoin de ça ? » demanda t-il avec une véritable interrogation, cherchant à se relever. Néanmoins, il resta aussitôt assis, se sentant mal tandis qu’elle balbutiait :

« Quiconque … portait un masque blanc … risquait d’être pris comme cibles des gardes puisque … Puisque … Les deux autres princes sont morts par des gens comme moi. »

« Ah … Ca, tu me l’avais expliqué dans tes lettres, je crois. Oui, au moins, ça prouve une chose, l’Ombre. Tous les porteurs de Zélisia ne sont pas bons et ceux d’Alzar ne sont pas tous mauvais. Enfin … Bref … Tu vois comment je suis hein ? J’ai l’air d’être méchant ? »

« Bien sûr que non. Enfin … Enfin … Je me suis caché une partie du visage mais je … Je t’avoue … Je t’avoue que j’avais vraiment peur, Tery. Peur que l’on me voie sans mon masque, peur que l’on pense des choses à mon sujet. »

… … … Hum, il ne savait pas vraiment comment l’aider. Ce n’était pas aussi simple que ça et il ne connaissait pas réellement l’histoire de l’Ombre. C’était bête de … ne pas pouvoir l’aider. Il avait peut-être une idée mais …

« L’Ombre ! Je sais ce que l’on va faire dès que l’on aura les derniers médaillons. Enfin … Ca, c’est si tu veux hein ? Je ne veux pas te forcer … »

« Dis au lieu de tourner autour du pot. » chuchota t-elle avec appréhension.

« Pourquoi ne pas faire une petite promenade sans ton masque ? Dans une ville, dehors, dans la forêt, enfin bref … Juste que tu retires cette cape et ce masque. Enfin, bref … Si tu en as envie, on le fera simplement entre nous hein ? »

« … … … … … Je ne sais pas du tout ! » s’écria t-elle soudainement, rougissant sous son masque. Elle vint retirer sa main du front du jeune homme, baissant la tête en se mettant à trembler de tout son corps.

Se … Se promener sans son masque ?! C’était encore pire que de faire quelques achats car dans ce cas précis, elle… Elle … Elle ne savait plus du tout où se mettre. Se promener sans son masque … Cela voudrait dire que … Qu’elle accepte que l’on voit son visage ?! Que tout le monde le voit ?! Elle posa son regard bleu sur le jeune homme. Si c’était lui … Elle pouvait accepter mais … mais … Auparavant, n’avait-il pas demandé à l’appeler uniquement l’Ombre ? Donc que cela impliquait qu’ils restent quand même éloignés ? Et maintenant, il lui demandait une telle chose. Elle était perdue, véritablement perdue.

« Pardon … Pardon … L’Ombre … Je ne voulais pas t’embêter avec tout ça. » balbutia le jeune homme en voyant la peur dans le regard de la jeune femme masquée de blanc.

« Je … Je … Il faut que j’y réfléchisse, Tery. Il faut vraiment que j’y réfléchisse … Je … Enfin … C’est beaucoup trop me demander d’un coup. »

« Je ne te force pas … Pas du tout. C’était juste une idée comme ça. Je suis un idiot de t’en avoir parlé. J’oubliais à quel point tu étais timide. Pardon. » répondit-il alors qu’elle se sentait maintenant légèrement vexée par les paroles du jeune homme.

Elle ? Timide ? C’est sûr ! Mais elle portait un masque depuis tellement … d’années … Qu’elle considérait ce dernier comme son vrai visage. Mais … Sous celui-ci, il y avait ce qu’elle était réellement. Elle ne pouvait pas le cacher indéfiniment. Elle devait prendre une décision … Mais c’était vraiment difficile … Très difficile. Au bout d’une dizaine de minutes alors que le jeune homme restait muet, elle souffla :

« Je crois que je veux bien, Tery. J’accepte de me promener sans mon masque … Mais seulement dans l’intimité … Entre nous deux, d’accord ? »

« Bien … Bien entendu ! » dit-il avec un peu de tremblement dans la voix, la jeune femme masquée se demandant ce qui se passait avec lui. Il avait l’air excité comme une puce. Enfin non … Elle l’interrogea :

« Est-ce que … Tu es content que j’ai accepté ? »

« … … … Enfin … … … Je suis obligé de répondre, l’Ombre ? »

« Ben oui ! Pourquoi tu ne veux pas répondre ? C’est une question gênante ou embêtante ? » dit-elle en le regardant à ses travers ses deux yeux bleus.

« … … … Oui, je suis content. Je veux dire … Je vois souvent Clari et Manelena d’habitude mais toi, je ne te vois que trop rarement et encore moins sans ton masque. Alors, que tu acceptes, ça a quelque chose de vraiment exceptionnel. »

« Pas vraiment … tant que ça. » bafouilla t-elle sur un ton gêné. C’est vrai qu’elle ne se montrait jamais … Enfin, elle savait qu’il avait raison mais elle devait dire le contraire. Car même si … Enfin … NON ! OUI OU NON ?! C’était si gênant … et si … intimidant … Elle ne dit plus rien dans cette situation, Tery faisant de même.

Le bateau s’arrêta après plusieurs heures de navigation, la petite troupe de cinq personnes descendant de celui-ci. Ah … C’était donc là que se trouvait le second médaillon ? Tous se tournèrent vers l’adolescent aux cheveux bleus.

« Allons-y. Si vous voulez me suivre … D’après ce que je sais, nous y serons dans moins d’une demi-heure. Cela ne devrait donc plus être très long. »

Soit … S’il le disait. De toute façon, ils n’avaient pas vraiment le choix. L’adolescent prit les commandes de la petite troupe, celle-ci se mettant à le suivre. Ce nuage était différent de celui où ils avaient récupéré le premier médaillon de Claudiska. Complètement recouvert de verdure, il n’y avait aucune pierre apparente comme si tout le terrain n’était au final qu’un gigantesque jardin. Un jardin où ils purent voir que les insectes semblaient d’une taille anormalement grande mais heureusement, ils n’étaient pas belliqueux.

Regardant à gauche puis à droite, Tery remarqua que ces drôles d’insectes observaient en silence le groupe, sans pour autant réagir plus que cela. Non, ils vaguaient à leur occupation habituelles tandis qu’il pouvait se permettre de les étudier. Beaucoup d’insectes aux caractéristiques primaires : six pattes, deux paires d’ailes et deux antennes. Et bien entendu, ils possédaient aussi les trois parties principales : une tête, un thorax et un abdomen.

« Je ne me sens quand même pas vraiment rassurée … » marmonna Clari.

« Tu as peur des insectes géants ? » demanda Tery en lui adressant un sourire, la jeune femme aux couettes blondes poussant un faux cri apeuré avant de lui prendre le bras entre les siens.

Hein ? Pourquoi est-ce que … Oh bon sang … Il préféra ne rien dire pour ne pas l’énerver. Néanmoins, c’était quand même assez gênant … tout en n’étant pas forcément désagréable. Clari était quand même une jeune femme qu’il appréciait bien que des fois, elle se comportait comme une … imbécile non ?

Il remarqua le léger regard accusateur de l’Ombre. HEY ! Il ne faisait rien de mal … Et puis quand même … Ce n’était pas si important que ça non ? Et puis par contre, ce qui l’étonnait, c’était l’absence de réaction de la part de Manelena depuis que l’Ombre était revenue. C’est vrai quoi … Il … Il appréciait énormément Manelena, tout autant que Clari alors que cela faisait bien moins de temps mais … Voilà quoi … Ca le peinait un peu de voir qu’elle en avait plus rien à faire de lui. Elle se montrait même très distante …

« Nous sommes arrivés … Voilà normalement où devrait se trouver notre propriétaire du second médaillon. Vous remarquerez que … Nous sommes en présence d’une ruche gigantesque. » répondit Royan avant qu’un bourdonnement sonore ne résonne tout autour d’eux. Tery n’avait même pas eut le temps d’observer la gigantesque architecture de miel qu’une voix masculine se fit entendre, accompagnant les bourdonnements.

« Voilà donc ceux qui ont réussi à prendre le premier de nos trois médaillons. Mais il s’avère que vous êtes plus nombreux qu’auparavant. »

« Qui êtes-vous ? Où est-ce que vous vous trouvez ? Montrez-vous ! » s’écria le jeune homme aux cheveux bruns, sortant ses deux griffes avant de les positionner sur ses deux mains. Cette ruche … Il n’y avait pas qu’une seule entrée, n’est-ce pas ?

A force de la regarder, il pouvait voir qu’elle faisait bien une dizaine voir quinzaine de mètres de hauteur et surement autour au niveau du rayon … Hum … C’était vraiment un bâtiment très imposant … plus qu’imposant même ! Et c’est à mi-hauteur qu’une ombre sortit de la ruche, atterrissant subitement devant eux.

« Qu’est-ce que … » commença à dire l’Ombre avant de s’arrêter aussitôt dans ses paroles.

Un insecte … Ou alors quelque chose qui y ressemblait ? La créature avait la … Non … Ce n’était pas vraiment ça. C’était plutôt étonnant car elle ressemblait à une grande araignée, ayant cinq paires d’yeux émeraude mais aussi quatre paires de pattes. Le problème ? C’est que les pattes n’étaient pas réellement ce que l’on pouvait dire … normales. Non … L’araignée avait plutôt quatre paires de dards qui s’étaient tous plantés dans le sol. Enfin, rajoutons à cela trois paires d’ailes rouges, vertes et bleues ainsi qu’un corps d’une étrange couleur onyx. Voilà ce qu’ils avaient en face d’eux et ce n’était guère rassurant.

« Vous êtes venus … pour le second médaillon, n’est-ce pas ? Je ne suis qu’un simple soldat … chargé de protéger notre reine mais je suis aussi celui qui a été choisi pour s’occuper du médaillon depuis tellement de temps … »

« Voulez-vous que l’on se combatte ou non ? » demanda aussitôt Royan alors que les quatre personnes se tournaient vers lui. Il allait directement au but … mais là, pour un prince, il manquait clairement de diplomatie !

« Savez-vous à quoi servent ces médaillons ? Que sont-ils capables de faire ? Le savez-vous ou alors êtes-vous simplement des ignorants qui ne font qu’obéir aux ordres supérieurs. »

… … … Ahem … … Il toussa en même temps que l’Ombre. Même si c’était à l’unisson, il n’y avait pas vraiment de quoi rire hein ? Que cela soit elle, lui ou alors les trois autres, nul ne semblait savoir à quoi servait ces médaillons.

« C’est ce dont je me doutais … Vous n’êtes donc que les pions d’autres personnes mais pas uniquement … Pour que ayez réussi à la battre, cela veut dire que vous n’êtes pas à prendre à la légère. » annonça l’insecte géant alors que Clari gardait une mine dégoûtée.

« Vraiment, les insectes qui peuvent parler, ça me plait pas du tout ! » s’écria t-elle subitement avant de pointer sa claymore en direction de la créature. « Si tu peux nous donner le médaillon, j’éviterai de te faire mal. »

« CLARI ! Bon sang ! T’as pas entendu le mot magique ?! Diplomatie ?! » répondit aussitôt Tery alors qu’elle hurlait à la suite :

« Mais tu n’as pas vu la taille de cet insecte ?! C’est horrible ! Je n’aime pas ça ! Pas du tout ! Je ne veux pas qu’on discute avec cette chose ! »

« … … … Clari, tu n’as quand même pas peur des insectes hein ? » demanda Manelena tandis que les autres personnes se tournaient vers la jeune femme aux couettes blondes. Celle-ci vint légèrement rougir de confusion avant de répondre :

« Ce n’est pas du tout ça ! Ne racontes pas n’importe quoi ! »

« … … … Elle a peur … … … » reprit Tery comme si il avait du mal à le croire. La dernière fois qu’il avait vu un peu de crainte de la part de Clari, ce fut quand la maréchale les avait envoyé à Mekalarma. Il préférait un peu la voir comme cela, ça contrastait avec son habituel comportement qui pouvait exaspérer plus d’une personne.

« JE N’AI PAS PEUR ! C’est compris ?! »

« Si vous voulez récupérer ce médaillon … Je ne serai pas aussi sympathique que les autres … Ces objets ne doivent pas être confiés aux membres de vos espèces. Je vous en empêcherai et il vous faudra me passer sur le corps pour l’obtenir. »

« Vous voulez donc que l’on se batte ? » annonça Manelena avant de sortir son épée bâtarde, des lignes noires apparaissant sur son bras droit. Des arcs électriques tournoyèrent autour de la lame alors qu’elle reprenait : « Je ne serai pas aussi gentille que la demoiselle masquée de blanc et le prince de Traslord. »

« … … Une très belle lame. Visiblement, tu ne sembles pas être n’importe qui non plus, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une arme qu’une simple soldate devrait posséder. Je me suis trompé il semblerait … Il est donc de mon devoir de corriger tout cela. »

Les deux paires de dards au centre de l’insecte sortirent du sol, dirigés vers le groupe de cinq personnes. Manelena eut un petit sourire aux lèvres en voyant cela, remarquant que l’insecte ne se tenait plus que sur sa paire de dards arrière et celle se trouvant devant les autres.

Le jeune homme aux cheveux bruns avait ses deux griffes sur ses mains, Clari tenait sa claymore entre les siennes tandis que la femme masquée bandait déjà son arc. Du côté du prince ? Rien du tout … Aucune arme.

« Et tu penses te battre comment, Royan ? » demanda Tery.

« Avec ma magie … Que pensais-tu ? Que tout le monde combattait avec des armes ? Ce n’est pas le cas … Que vous le vouliez le croire ou non, je suis bien plus puissant que vous en ce qui concerne le contrôle de la magie. »

Il retira le gant de sa main droite, montrant le dos de celle-ci avant qu’un A n’apparaisse. Un petit claquement de doigt et un pieu de glace sortit du sol. L’adolescent donna un petit coup en son milieu, séparant le pieu en deux.

« Euh … Et après ? C’est bien beau de faire ça mais … »

« Tery, ce n’est pas une magie basique … Loin de là … Je crois qu’il faut vraiment que je me méfie du prince. » répondit Manelena.

« Prince Royan … Lors de mon combat contre … »

« Je voulais simplement voir quel était votre réel niveau, Ombre. De même, je ne pouvais pas mettre plus en danger les personnes autour de moi. »

Mais alors pourquoi n’avait-il pas combattu pour en sauver plus ? Elle ne comprenait pas … à quoi est-ce que Royan pensait. Mais … Elle allait voir ce qu’il valait maintenant.

Chapitre 52 : Le second médaillon

Chapitre 52 : Le second médaillon

« Ah ! Te voilà, l’Ombre ! Nous t’attendions … Tu étais passée où ? » demanda le jeune homme aux cheveux bruns en revoyant la femme masquée de blanc. Ils étaient tous assis sauf elle autour d’une table.

« Rien … de bien important. » murmura t-elle avant de s’asseoir, Clari faisant un petit rire.

« Oh … On dirait que le couple bat de l’aile ? Je te l’avais bien dit que tes ronflements l’empêcheraient de dormir, Tery. Tu n’as pas voulu m’écouter ! »

« Racontes pas n’importe quoi ! Je ne ronfle pas ! Pffff ! Au lieu de dire des bêtises, on ferait mieux de se mettre en route vers le second médaillon … Je ne sais pas du tout où il est … »

« Nous le savons. » annonça l’adolescent aux cheveux bleus, toutes les têtes se tournent vers lui alors qu’il reprenait aussitôt : « Nous avons récupéré quelques informations sur ces médaillons pendant que nous étions à Claudiska … Je suis le prince Royan et il est normal qu’en vue des relations de Traslord avec Claudiska, on me dise où se trouve ces médaillons. Nous sommes encore assez éloignés néanmoins, cela ne se fera pas en une journée. »

« Soit … Nous allons donc devoir te suivre. » répondit Clari en s’adressant à Royan, l’adolescent hochant la tête tandis que Tery observait Elen, celle-ci n’ayant pas ouvert la bouche depuis qu’elle s’était assise.

« L’Ombre … Pourquoi est-ce que tu ne parles plus ? Ca ne va pas ? »

« Si si … Ca va très bien … Il ne faut pas l’on perde notre temps. Je vais me lever et partir en première. » annonça t-elle aussitôt en se levant, quittant la table mais l’auberge aussi.

HEY ! Mais qu’est-ce qui lui prenait ?! Il se leva à son tour mais Manelena lui prit le bras sans même le regarder, murmurant avec une extrême lenteur :

« Je pense que tu nous dois quelques explications, Tery. Tu es sûrement la raison qui la pousse à agir ainsi … Je ne voudrais pas que l’on compromette la mission à cause de tes agissements donc tu veux bien être gentil et tout nous dire ? Enfin … Pas forcément les détails les plus intimes aussi hein ? »

« … … … C’est quand même assez … personnel … On se baladait tous les deux dans la ville puis on parlait de tout et de rien. »

« Et tu lui as mis la main aux fesses, sacré pervers. » reprit Clari alors qu’il ouvrait en grand ses deux yeux verts. QU… QUOI ?! Même Royan semblait étonné des propos de la jeune femme. Il hurla aussitôt en tapant du poing sur la table :

« JE NE FERAIS JAMAIS CA A ELEN ! »

« Wow … Hey, calmes-toi, Tery ! Clari, tu peux arrêter de proférer des bêtises s’il te plaît ? Tu sais aussi bien que moi que Tery est quelqu’un de très timide. » dit Manelena.

« Si on ne peut même plus rire … » marmonna Clari, Tery semblant essoufflé pour une raison inconnue bien qu’il était encore en colère. Il voulut partir mais Manelena gardait sa main sur son poignet, murmurant à nouveau :

« Retournes t’asseoir … Clari, s’il te plaît, je te conseille de te taire pour le reste de la jour … »

« Et pourquoi ça ? Je ne vois pas de rai … »

Manelena avait été coupée par Clari mais celle-ci s’était aussitôt arrêtée dans sa réflexion. C’était quoi ça ?! Pourquoi est-ce qu’elle la regardait comme ça ?! Et ce regard super froid, elle ne lui connaissait pas ! Mais … Il valait mieux s’abstenir. Elle souffla :

« Faites comme vous voulez, je ne l’ouvre plus. »

Tant mieux alors. Le jeune homme l’observa brièvement pour être sûr avant de recommencer à parler de tout en ce qui concernait l’Ombre. Il expliquait la petite balade à deux, le fait qu’ils voulaient passer un peu de temps ensembles. Il entendait aussi les grognements de la jeune femme aux couettes blondes jusqu’à parler de la pierre de feu et de toutes ces choses. Ah … Il ne savait pas quoi penser … Vraiment …

« Je ferai mieux d’aller la rejoindre ! Je ne peux pas rester là ! »

« Vas-y donc … Je pense que ce jeune garçon va rester avec nous toute façon. » répondit Manelena en désignant du regard Royan, celui-ci ne disant rien du tout.

Il remercia Manelena avant de se lever, courant à son tour au-dehors de l’auberge. Il allait être difficile de retrouver l’Ombre mais c’est ce qu’il allait faire ! Où est-ce qu’elle était partie ? Elle avait sûrement quitté la ville … C’était même évident ! Il se dirigea vers la sortie de la ville, commençant à courir autour des murs. Cela allait être bizarre mais il était sûr et certain de pouvoir la trouver ainsi ! L’Ombre … n’était pas du genre à l’abandonner.

… … … … … Elle avait réagit comme une idiote. Elle le savait parfaitement mais … Elle aurait mieux fait de ne pas le retrouver. Elle se faisait des illusions … En fait, depuis le début, elle s’imaginait des choses avec Tery, des choses absurdes … Comme si il l’appréciait réellement, c’était complètement faux. Est-ce qu’elle ne faisait pas assez de pas en sa direction ?

« AH ! Te voilà ! L’Ombre ! Attends-moi ! »

Hein ?! Elle tourna son visage vers le jeune homme qui courait vers elle, essoufflé et exténué. On aurait pu croire qu’il venait de faire un marathon mais ce n’était pas du tout le cas. Il arriva à sa hauteur, posant ses deux mains sur ses épaules en reprenant son souffle.

« Ah … Ah … Vraiment … Tu … ne dois pas partir comme ça ! »

« Si je le voulais, je serai déjà loin à l’heure actuelle … Je ne comptais pas partir. »

« … … Oui … Enfin bon … On attend les autres, d’accord ? » marmonna t-il alors qu’elle hochait la tête d’un air négatif.

« Vas les attendre … Tu n’as pas besoin de moi, Tery. »

« Mais tu me fais la tête ? Est-ce que l’Ombre est réellement capable d’être en colère contre moi ? » demanda t-il subitement en rigolant, s’approchant d’elle pour n’être plus qu’à quelques centimètres. Il prit l’une de ses mains, la tirant un peu vers lui avant d’observer ses yeux bleus à travers son masque.

« Mais … Mais … Recules un peu ! On est trop près l’un de l’autre ! »

« Tant que tu ne m’auras pas répondu … Non … Alors, tu es en colère contre moi ? Je sais que je ne suis pas doué avec les femmes … et encore moins avec toi … Mais pardonnes-moi. »

« Tu veux … vraiment me voir en colère, Tery ? Je peux … mais je n’y suis jamais réellement arrivée … Mais si on continue comme cela … »

« Ah non ! Je ne veux surtout pas te voir en colère ! » s’écria aussitôt le jeune homme aux cheveux bruns, restant près d’elle alors qu’il ne savait pas où se mettre. Il reprit :

« Je sais juste … que j’ai dit une bêtise … Et puis … J’ai mûri non ? Alors … Tu sais très bien que si je suis fautif, il faut me le dire. »

« Toi ? Tu as muri ? C’est bien vrai ce mensonge ? » demanda t-elle sous un ton plus que suspicieux alors qu’il rougissait violemment.

« Hey ! Oui ! Bien sûr ! Enfin … Tu sais très bien que je ne m’emporte plus aussi facilement qu’avant ! Je suis vraiment quelqu’un de confiance maintenant … »

… … … … … HAHAHA ! Elle éclata de rire devant l’air sérieux mais gêné de Tery. Ah … Bon sang … Elle n’avait pas autant rigolé depuis longtemps. C’est vrai … C’est vrai … Tery était quelqu’un qui n’avait aucune connaissance du combat et de la magie. Elle n’était pas sûre qu’il soit très fort encore aujourd’hui mais bon …

« C’est vrai … Tu m’as l’air plus puissant qu’auparavant, je le reconnais parfaitement, Tery. Mais ce n’est pas suffisant … Tu es puissant pour quelle raison ? »

« Je ne me suis jamais posé la question, je dois l’avouer … Je pense que je suis puissant car au fur et à mesure de mes entraînements et des personnes qui m’accompagnent, je me renforce. »

« Tu n’as aucune idée ou personne en tête qui te permet d’être plus fort ? Du genre quelqu’un à protéger, un objectif à atteindre ? »

… … … … Il n’y avait jamais réellement réfléchit en y pensant sérieusement. Non … Sincèrement … Ca ne lui était pas venu en tête. Mais bon … Enfin si … S’il devenait plus fort … Il pourrait alors :

« Et bien … Au moins, je serai capable de te protéger non ? J’ai plusieurs volumes sur les golems depuis Mekalarma, je n’ai pas encore eut le temps de les étudier réellement … Mais ensuite, je sais un peu mieux contrôler mes lignes … Donc, je pense que ça doit être pour te protéger et aussi les …. »

Autres femmes … Il allait dire cela mais il s’arrêta aussitôt dans sa phrase. Non, non et non. Cette fois-ci, il n’allait pas commettre d’erreur. Il commençait à comprendre que les femmes n’aimaient pas que l’on parle des autres en face d’elle.
La réaction d’Elen ne tarda pas à se montrer, celle-ci restant à la même place, croisant les bras, baissant la tête d’un air confus. Il ne s’attendait pas à une telle chose de la part de l’Ombre mais … Bon … Au moins, il semblait avoir marqué quelques points avec elle.

« Bon … Je te pardonne … Mais il faudra vraiment que tu tiennes ta parole de me protéger hein ? Enfin … Maintenant, tu n’es plus un débutant … Je ne suis plus ta maîtresse non plus … Donc tu n’as plus besoin de moi … »

« J’ai toujours besoin de toi, l’Ombre. Mais maintenant, plus sur le plan éducationnel ! »

« Hein ? Que … Que … Qu’est-ce que tu veux dire ? Enfin non … Ca ne me concerne pas ! Allons-y car ils doivent nous attendre ! »

Alors sur quel plan ?! Sur quel plan est-ce qu’il voulait qu’ils soient ? Elle … Elle voulait cette réponse mais elle n’allait pas l’obtenir car elle ne devait pas lui demander. Ca ne se faisait pas … Ca ne se demandait pas … Elle … Sa main fut prise soudainement alors qu’il se mettait à courir en direction de la ville, retournant à l’auberge.

Quelques minutes plus tard, ils étaient à nouveau assis, côte à côte. Bien entendu, il avait retiré sa main de celle de l’Ombre avant de rentrer car il ne voulait surtout pas que Clari lance une pique comme d’habitude. Sauf que cette fois-ci, elle était restée muette, au grand soulagement du jeune homme aux cheveux bruns.

« Assez perdu de temps. » annonça Manelena au bout d’une demi-heure, se levant en première. « Nous y allons dès maintenant. Le prince passera devant nous puisqu’il va nous guider. Aucune réclamation, n’est-ce pas ? »

« Non … De toute façon, plus nous serons nombreux, mieux ce sera. »

L’adolescent s’était levé à son tour, ayant déjà son sac sur le dos. A l’entendre et à le voir, on ne pourrait pas croire qu’il était réellement un prince et pourtant … C’était bel et bien le cas. Clari se leva sans rien dire, marmonnant quelques paroles incongrues alors qu’ils n’étaient plus que tous les deux à être assis.

« On devrait se lever, l’Ombre … Ca serait bien mieux … » dit-il avec lenteur.

« Je pense que c’est une bonne idée, oui … Enfin … Une idée plutôt raisonnable. Oui … »

Elle ne savait pas réellement où se mettre mais il fallait se déplacer. Ils se levèrent ensembles, tout le monde quittant peu à peu l’auberge avant de faire quelques courses pour la route. Comme ils ne savaient pas s’ils allaient trouver une nouvelle ville sur le chemin, il valait mieux se préparer correctement.
Et finalement, au bout d’une nouvelle heure, la ville n’était plus qu’un lointain souvenir alors que les cinq personnes étaient parties tous ensembles à la recherche du second médaillon. Comme convenu, ce fut le prince qui prit le contrôle de la troupe, marchant d’un pas lent mais certain en direction du sud-est. Il semblait savoir parfaitement où se rendre et c’était tant mieux car visiblement, les autres personnes n’étaient jamais réellement venues ici. Pourtant, Tery et Elen observaient le ciel et le décor autour d’eux, parlant de tout et de rien comme si il ne s’était jamais passé quelques problèmes entre eux.

« Ca m’énerve … Ca m’énerve plus que tout … ça … »

« Hum ? Tiens … Tu te décides à parler à nouveau ? » demanda Manelena sur un ton nonchalant alors que la jeune femme aux cheveux blonds grognait :

« Regardes-les ensembles. On dirait qu’ils forment un beau petit couple sans aucun souci, ni problème. Ca m’énerve car on dirait qu’ils n’en ont rien à faire de la mission. »

« Hum ? De la jalousie pure et dure venant de ta part … Rien de nouveau. Ce n’est pas une question de mission ou autre, tu le sais aussi bien que moi à ce sujet. Et pourquoi tu ne vas pas lui dire tout de suite ? Peut-être que tu auras tes chances hein ? »

… … … Lui dire quoi ? Oh punaise … Visiblement, elle ne comprenait pas du tout. Il fallait dire aussi qu’elle n’en parlait jamais réellement. Mais bon … Elle devait se calmer et prendre sur elle-même. Elle n’était pas jalouse de cette relation, loin de là.

Toute une journée s’écoula et ils dormaient maintenant à la belle étoile. D’après les dires du prince Royan, ils n’étaient plus si loin que ça du second médaillon. C’était une bonne chose mais ça ne voulait pas dire qu’ils étaient prêts d’y arriver.

Ils avaient monté deux tentes, ne pouvant décemment pas dormir tous dehors surtout à cette hauteur dans le ciel. Les femmes dormaient ensembles tandis que les deux hommes faisaient de même. Ah … La journée avait été assez violente au début mais ensuite, tout s’était très vite calmé et maintenant, ils dormaient tous en paix.

Le lendemain matin, Tery fut le premier debout, remarquant déjà que la tente des femmes bougeait légèrement. Puis subitement, il vint rougir violemment comme si c’était un spectacle bien différent du quotidien. Elen était sortie de la tente, baillant à moitié mais surtout … avec une partie du visage non recouverte par le masque blanc. Oui … Il voyait son œil droit parfaitement mais aussi une partie de sa joue et de son front.

« Elen … Tu as mal mis ton masque … Enfin … Tu es à peine réveillée … »

« Tery ? Je pensais que … Personne ne serait debout à cette heure et … »

Elle comprit finalement ce qu’il venait de dire, rougissant à son tour avant de remettre correctement son masque sur son visage. Elle vint s’asseoir en face de lui, n’osant plus prendre la parole mais pourtant … Après quelques secondes, elle murmura :

« Tu m’as appelée Elen … n’est-ce pas ? »

« Pardon, moi aussi, visiblement, je suis mal réveillé. » chuchota t-il comme pour s’excuser, la jeune femme faisant un petit geste de la main.

« Je préfère … quand nous nous réveillons, Tery. » dit-elle finalement alors qu’il haussait un sourcil, mettant une main devant sa bouche.

« Pourquoi ça ? Qu’est-ce qui te fait dire une telle chose ? Je ne vois pas … »

« On est plus naturel dans nos actions … C’est pour ça que j’apprécie plus … ces instants. »

Il ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir mais le sourire à travers le masque lui réchauffait le cœur. Oui … Peut-être qu’ils étaient plus … sincères dans ces moments-là ? Il lui demanda avec délicatesse :

« Tu as faim ou soif ? Je n’arrive toujours pas à créer l’eau et le pain comme toi … Mais bon … On peut toujours aller en chercher hein ? »

« Seulement soif, je n’ai pas toujours de l’appétit quand je me lève, Tery. Mais merci de la proposition, c’était très gentil de ta part. »

Il fit un petit sourire en réponse aux paroles de la jeune femme, les deux personnes restant muettes pendant le reste du temps. Clari fut la troisième à se lever, venant embrasser Tery sur les deux joues avant de le serrer dans ses bras pendant une dizaine de secondes. Durant ce laps de temps, Elen détourna le regard alors que Tery paraissait légèrement gêné.

« Qu’est-ce qui te prends, Clari ? Tu es mal réveillée ou quoi ? »

« Un peu encore … fatiguée … Tery … C’est dur le réveil … »

Hahaha … Ca allait bien mieux qu’hier. Il tapota le sommet du crâne de Clari avec amusement tandis que celle-ci restait près de lui. Oui … Il préférait quand ils ne se disputaient pas, c’était si laid de se disputer pour des futilités.

Manelena sortit à son tour après une quinzaine de minutes, laps de temps durant lequel le prince s’était éveillé. La jeune femme aux cheveux d’argent embrassa Tery, celui-ci faisant de même de son côté en demandant si elle avait bien dormi ou non. Pour toute réponse, Manelena souffla :

« Disons qu’après avoir passé ces derniers jours dans un lit, le changement est assez dur mais bon … Ce n’est qu’une question d’adaptation hein ? »

« Je ne sais pas … Personnellement, je m’attendais à ce que le prince ronfle mais visiblement, ce n’est pas le cas. » répondit-il en désignant l’adolescent, celui-ci ne répondant point à la remarque du jeune homme aux cheveux bruns. « Ca doit être triste d’en avoir rien à faire de tout ce qui vous entoure. »

Il visait directement le prince une nouvelle fois dans ses propos, l’adolescent fronçant les sourcils. Pourquoi une telle chose ? Il n’avait pas à relever au sujet du ronflement, il ne se souciait guère de cela lorsqu’il dormait. Si c’était vraiment un problème, il aurait été signalé depuis longtemps, très longtemps de toute façon.

« Nous serons aux alentours du second médaillon d’ici la fin de la journée. »

Il avait pris la parole avec neutralité tandis qu’aucun ne répondit. Parler de travail au réveil, visiblement, il avait beaucoup de choses à apprendre. Peut-être qu’en restant avec eux quatre pendant quelques temps, il allait changer ? On pouvait toujours rêver.

« Je vais aller chercher un petit coin d’eau si il y en a dans les environs. Comme ça, s’il y a besoin d’un brin de toilette, Clari n’aura pas à se fatiguer dès le matin. »

« Pour la peine, après cette marque de gentillesse, je me vois contrainte de venir avec toi ! »

Hein ? Quoi ? Il n’avait jamais demandé une telle chose. Pourtant, la femme aux couettes blondes se dirigea vers lui, prenant son bras entre les siens. Ah … Elle ne pouvait pas attendre un tout petit peu ? Ils n’étaient pas si pressés que ça quand même.

La femme masquée observait les deux personnes qui s’éloignaient sans que cela ne la gêne réellement. En fait, le problème venait plutôt de la réaction de Clari. Elle ne savait pas comment la prendre tandis qu’elle restait parfaitement immobile et muette. Manelena et Royan faisaient de même.

« Sinon … Hum … Royan … Est-ce que tu as un indice sur ce qui nous attends ? » demanda subitement la jeune femme aux cheveux d’argent.

« Pour le second médaillon ? Nullement … Mais le cygne géant que nous avons rencontré n’était pas réellement belliqueux. Il se peut que le second gardien, s’il y en a un, soit lui aussi loin d’être un ennemi. Il faudra donc essayer de dialoguer. »

« Bonne nouvelle … Nous essayerons la diplomatie. Enfin … On vous laissera essayer celle-ci puisque visiblement, vous semblez déjà former à tout cela. »

C’était exact. Dix minutes plus tard, le jeune homme et la jeune femme aux couettes blonds revinrent, signalant qu’ils avaient trouvé une petite rivière où les trois femmes pourraient aller se laver. Clari demanda à Manelena et Elen de la suivre alors que le jeune homme s’installait en face de Royan.
« Voilà … On est entre hommes, seuls, tandis que les trois femmes vont s’arroser le visage. »

« Oui ? Et alors ? Quel est le souci dans tout cela ? »

« Souci ? Je n’ai jamais parlé d’une telle chose … Je ne faisais que le signaler. Nous sommes tranquilles et donc, nous pouvons parler de choses d’hommes. »

« Et quoi donc ? De quoi voulez-vous parler ? »

« Du fait que tu me tutoies et non me vouvoies, ça serait bien mieux pour nos relations. Sinon … Et bien … Est-ce que tu as déjà vu le visage de l’Ombre ? »

Hein ? Pourquoi une telle question ? Il répondit par la négative alors qu’il entendait un soupir de la part du jeune homme aux cheveux bruns. Visiblement, il semblait soulagé hein ? Hum … C’était assez suspicieux … Il n’arrivait pas à définir la relation entre Tery et la jeune femme masquée … Elle était beaucoup trop complexe pour être décrire aussi facilement. Non … Et puis à la base, ça ne le concernait pas.

Chapitre 51 : Toi et moi

Chapitre 51 : Toi et moi

« Tu dors, Tery ? » demanda la jeune femme aux cheveux blonds.

« Non pas du tout … Et toi ? Est-ce que tu dors, l’Ombre ? »


Elle lui répondit aussi par la négative, lui signalant par là que si elle parlait, c’est qu’elle ne dormait pas. Elle rigola aussitôt après quelques secondes, le jeune homme faisant de même. Ils étaient encore dans la même chambre, malgré la plainte de Clari. Sauf que cette fois-ci … Ils n’étaient pas dans le même lit. Deux lits séparés et la jeune femme avait retiré son masque blanc et laisser ses cheveux blonds prendre l’air en enlevant les caps. Oh … Ils tournaient le dos par rapport à l’autre, aucun n’osant regarder la personne en face.

« … … Tu veux que l’on parle un peu, l’Ombre ? Car c’est-ce dont tu avais envie ce soir … Non … Enfin, tu semblais si heureuse cette après-midi. »

« C’est … C’es l’impression que j’ai donné ? Je ne pensais pas … que j’étais … aussi … démonstrative … Pardon, Tery. Je ne voulais pas … Enfin bon … Tu comprends ce que j’essaye de te dire ? C’est juste que ça fait plusieurs mois je crois. Et qu’à force de passer du temps sans nous voir, même les lettres ne valent pas le son de ta voix. Donc j’aimerai bien que tu me racontes tout ce qui s’est passé. Dont … Cette séance de torture … »

« Hahaha … Je vois, je vois … Tu t’inquiètes quand même un peu pour moi à cause de cette torture, c’est bien ça ? Tu n’as pas à t’en faire, c’est de l’histoire ancienne tout ça ! »

« Non ! Ce n’est pas de l’histoire ancienne ! Tu as été torturé ! Tes … blessures … Je ne peux pas les voir … J’en suis sûre et certaine … Mais dire que ce n’est rien du tout alors que tu as dû souffrir horriblement … C’est me mentir. Et … Tu ne me mentirais pas hein ? »

Gloups … Il sentit une boule qui arrivait au beau milieu de sa gorge, le faisant se recroqueviller dans le lit. Oh bon sang … Pourquoi est-ce qu’elle disait tout cela avec un ton des plus tristes ?! S’il se retournait, il allait sentir son cœur s’arracher peu à peu de sa poitrine … Car il verrait un spectacle des plus … affreux émotionnellement.
Enfin affreux … Cela n’était qu’un point de vue erroné. Il savait qu’il aurait mal … au cœur … en la voyant … Car dans ses paroles … Il y avait un ton si implorant … Il se retourna pour l’observer, n’apercevant que ses cheveux blonds de dos.

« L’Ombre … Je suis retourné alors ne fait pas pareil … d’accord ? »

« … Merci d’avoir prévenu … Tery. Je veux savoir … ce que tu as vécu … de si dur … durant ces derniers mois. Déjà deux fois, tu as souffert par ma f… »

« On ne va pas recommencer à se disputer hein ? Alors, non, ce n’est pas de ta faute ! Tiens, ça me fait penser … Tu veux savoir ce qui s’est passé après que je t’ai dit de partir ? »

« Tu ne me l’as jamais dit … C’est vrai … Lorsque tu m’as envoyé une lettre la première fois, c’était surtout pour savoir si j’allais bien … »

« Et j’ai vu que tu avais un peu froid, n’est-ce pas ? Un monde de glace … »

« Tes lettres m’ont apporté toute la chaleur dont j’avais besoin quand j’étais à Traslord. »

« Arrête de parler comme ça, c’est vraiment gênant. » dit-il en rougissant à cause de ses paroles. Vraiment … Parfois … Elle parlait d’une telle façon … qu’il avait du mal à avoir une respiration normale. Et surtout, pour le mettre dans cet état émotionnel …

« Pardon … Je ne voulais pas … t’embêter de cette façon. »

« Ce n’est pas que tu m’embêtes … C’est juste que bon … Enfin … La torture était assez horrible … La maréchale n’a pas hésité à me faire souffrir. Du genre, elle plantait des aiguilles dans chacun de mes doigts. Ah … Et aussi un fouet avec des pointes. Enfin … Je me rappelle d’une sphère qu’elle a explosée entre ses mains et des milliers de morceaux se sont plantés dans mon torse … Ca aussi, ça faisait mal. »

« Tu ne me mens … pas hein ? Elle t’a vraiment fait tout ça ? »

« Je n’aime pas te mentir … Pas après notre petite aventure dans Shunter. C’est la vérité … Mais je n’arrive pas à lui en vouloir. Je l’ai parfaitement mérité. »

« Quitte l’armée de Shunter et reviens avec moi, Tery. » dit-elle aussitôt, le jeune homme semblant étonné de la proposition.

« Hein … Mais … que … Enfin, El… L’Ombre … Je suis un soldat maintenant. Je ne peux pas quitter l’armée de Shunter comme ça. »

« Après tout ce qu’elle te fait ? C’est ça ? Alors que tu souffres par sa faute … »

« … … … … Peut-être que l’on parle un peu trop, l’Ombre. Il vaut mieux dormir car demain, on va continuer à chercher le second médaillon. »

« Si tu devais choisir … entre Shunter et moi, tu ferais quoi ? »

… … … … … Elle venait de poser la même question que Manelena. Il ne savait plus du tout où se placer. C’était beaucoup trop … direct. Il se retourna pour ne plus la voir, ne lui répondant pas. Au bout d’une minute, elle demanda :

« Alors ? Tery ? Ca serait quoi ton choix ? »

« Je ne peux pas répondre. C’est comme te demander : tu choisirais qui entre l’Oracle et moi hein ? Alors … Si tu me réponds … Je te répondrai. »

« C’est une question très … personnelle, Tery. » murmura t-elle tristement, sachant pertinemment ce qu’il voulait dire par là.

« Elle l’est tout autant pour moi. Je suis désolé de t’avoir demandé ça. »

« Je te répondrai … quand je le pourrais … Tery, je te le promets. Bonne nuit. »

Qu’elle prenne son temps. Il ferma les yeux, s’endormant en premier, rapidement rejoint par Elen bien que leurs rêves n’étaient pas liés … ou si ? Nul ne le savait réellement. Le lendemain, il s’était levé en premier, observant la jeune femme aux cheveux blonds qui lui tournait le dos. Elle dormait profondément … Est-ce qu’il devait se rapprocher d’elle ? Mais il verrait son visage. Il prit le masque blanc fissuré, l’étudiant de tous les côtés avant de le déposer. Peut-être qu’en fermant les yeux … Oui … Il vint s’asseoir sur le lit d’Elen, ses yeux se refermant alors qu’il passait une main dans les cheveux blonds de la jeune femme. Il ne savait pas vraiment ce qui lui prenait … mais avec ce qu’il avait dit hier, il se sentait un peu coupable … de s’être adressé de la sorte à l’Ombre.

« Je n’aurai pas dû me montrer aussi méchant sur le coup … »

Qu’est … Qu’est-ce qu’il faisait là ?! Elle ne bougeait plus, cherchant à contrôler les tremblements de son corps alors qu’elle avait ses yeux grands ouverts. Elle ne devait surtout pas réagir mais … Cette main dans ses cheveux … Elle se laissait faire mais là, elle sentait son cœur battre à cent à l’heure.

« Mais bon … C’est pas un choix. C’est comme elle … Entre choisir sa relation … et son devoir … Elle a choisi son devoir. Je ne peux pas le lui reprocher. Je ne suis pas parfait au point de devoir lui faire la morale. Mais moi … Je préfère réfléchir à tout ça … Et puis bon … Dans le fond, elle n’a pas totalement choisi son devoir … Sinon, je ne serai pas de ce monde. »

Hahaha ! En y réfléchissant, c’était une bonne chose. Sans elle, il n’aurait jamais pu faire tellement de choses … Avoir tellement de choix … Être ce qu’il était devenu. Elle était à l’origine de son existence depuis qu’il était un adulte. Il retira finalement sa main des cheveux blonds de la jeune femme, se disant une nouvelle fois :

« Je crois que je ferai mieux de descendre … et de la laisser dormir … Je vais lui déposer le masque près du visage au cas où quelqu’un tenterait de pénétrer dans la chambre. Comme ça, elle pourra cacher son visage. »

C’était une mesure de précaution qu’il valait mieux prendre. Il observa une dernière fois Elen, un grand sourire aux lèvres. Il se sentait quand même soulagé de la savoir non-loin de lui. C’était bête et stupide de se dire ça … car il ne le pensait même pas ainsi pour Clari et Manelena. Ah … Bon … Il se dirigea vers la porte, l’ouvrant avant de quitter la pièce. Dès qu’il fut parti, une profonde respiration se fit entendre, Elen bafouillant :

« Mais qu’est-ce qui lui a pris ?! Mais qu’est-ce qui lui a pris ?! »

C’était bien la première fois qu’il montrait vraiment … autant de gentillesse … Enfin … Non … Enfin si ! C’était la première fois qu’il était vraiment aussi gentil avec elle ! Enfin … Qu’il faisait un geste envers elle … Un vrai geste !

« Pas une erreur ou autre … Enfin bon … Je suis sensé réagir comment ? Est-ce parce que je suis une fille maintenant ? Parce qu’il sait que j’en suis une ? Je suis sûre que c’est ça car il ne ferait pas une telle chose si j’étais un garçon ! »

Oui, elle en était sûre et certaine que c’était ça. Mais est-ce que ce geste était déplaisant ? Pas du tout ! Elle avait été juste … intimidée … Un peu comme lors de la photo … Et souvent à d’autres moments. Elle ne savait pas où se mettre !

« Je crois que je ferai mieux … de me passer de l’eau sur le visage … »

Oui … Il valait mieux … que ça se fasse comme ça ! Elle se releva, gardant son masque blanc près d’elle. Le jeune homme l’avait déposé … pour qu’elle ne soit pas surprise à visage découvert. Il pensait même à sa sécurité de cette façon.

« Il est trop … trop … mig … atta … Je veux juste qu’il reste à nouveau avec moi. »

Et pour ça, elle devait influencer sur sa décision de rester dans l’armée. Elle devait trouver le moyen pour que le jeune homme la choisisse plutôt que l’armée ! Mais comment faire ?! Elle n’avait aucun moyen … pour le faire … pencher en sa faveur.

« Je ne vais quand même pas … lui faire … Comme Clari ou Manelena. »

Du charme, ça s’appelait ? Enfin … Jouer les jeunes femmes qui s’attachaient à lui et le collaient tout le temps ? Non … Ce n’était pas son genre et puis, elle ne se considérait même pas comme une femme elle-même alors bon …

« J’irai le convaincre avec des paroles, je ne peux faire que ça de toute façon. » répondit-elle avec lenteur, s’aspergeant le visage avant de s’observer dans le petit miroir en face d’elle. C’était là l’unique solution … et elle espérait que cela marcherait. Oui … Car elle voulait retrouver le jeune homme à ses côtés et par contre … Elle devait peut-être prévenir l’Oracle un peu de l’avancement de tout cela ? Car elle se préoccupait plus de Tery que du vieil homme depuis déjà plusieurs mois. C’était donc … assez gênant quand on y réfléchissait.

Gênant dans le sens où elle ne pensait plus à sa mission mais simplement à retrouver le jeune homme. Maintenant qu’elle l’avait retrouvé … NON ! Elle ne devait pas penser à tout ça ! Elle devait simplement se focaliser sur les médaillons ! Mais après ? Après tout ça ? Elle y réfléchissait mais …

« Qu’est-ce que je vais faire … Lorsque nous aurons tous les médaillons ? »

C’était une question à laquelle elle venait de réfléchir à l’instant même. Une question loin d’être stupide … Tery allait continuer ses missions avec l’armée mais elle ? Elle dans tout ça ? Qu’est-ce qu’elle allait faire ? Qu’est-ce que l’Oracle avait prévu ?

« … … … Je ferai mieux d’y penser après que tout ça soit fait. »

Car elle ne voulait pas se rendre encore plus triste … Elle posa son masque blanc sur son visage, quittant la chambre à son tour. Voilà … Il valait mieux … penser à autre chose. Elle descendit les escaliers, regardant autour d’elle. Tery lui fit un petit geste de la main, ils étaient seuls ? Les autres n’étaient pas levés ?

« Euh … Nous sommes seuls, Tery ? Il est quelle heure ? »

« Hum … Je dirai une heure après l’aurore, même pas … Il faut dire qu’après … le réveil d’hier … C’était plutôt … mieux de ne pas rester au lit hein ? »

« … … C’est vrai que c’était gênant … C’était de ma faute, pardon. »

« Hein ? Mais non ! Ne dit pas ça ! Tu sais parfaitement que ce n’est pas le cas ! Mais bon … Tu as faim ? Même si tout le monde n’est pas aussi lève-tôt que nous … On peut quand même aller manger un morceau et boire hein ? Peut-être même que l’on peut visiter la ville … On ne la quittera pas avant midi de toute façon. »

… … … Se promener ? Elle ne savait pas … Le jeune homme voulait s’éloigner d’elle … Et là … Il lui proposait une telle chose ? Elle devait penser quoi dans le fond avec lui ?! C’était impossible de le comprendre … Ou alors trop difficile.

« Je veux bien qu’on aille se promener … mais seuls … juste tous les deux. »

« … … … D’accord ! Aucun problème ! » répondit-il en lui souriant.
Il s’était relevé, se dirigeant vers l’aubergiste pour aller prendre de quoi se sustenter tous les deux. Quelques minutes plus tard, ils étaient en train de manger, la jeune femme retirant son masque en partie au niveau de la bouche alors qu’il la regardait, toujours un sourire aux lèvres. Finalement, il vint lui dire :

« Je ne me rappelais pas à quel point ça devait être difficile pour toi … de manger comme ça. Oui … Enfin, pour boire, c’est plus simple. »

« C’est bien parce … que c’est toi … que je mange ainsi … Normalement, je me cache complètement … Et puis bon … Je veux juste qu’on aille se promener. Seulement tous les deux hein ? C’est bien compris ? Personne d’autre. »

Wow … Depuis quand elle se montrait aussi insistante ? Il émit un grand rire alors qu’il hochait la tête, mangeant rapidement comme pour en finir au plus vite. Voilà que dix minutes plus tard, ils étaient déjà debout, le jeune homme se dirigeant vers la sortie de l’auberge.

« Hey ! Attends-moi un peu ! Il n’y a pas besoin de se presser non plus ! »

Elle s’était mise à courir vers lui, le jeune homme ne pouvant s’empêcher d’être heureux. Il tendit sa main droite vers l’Ombre, celle-ci la regardant pendant de longues secondes.

Il … voulait qu’ils se prennent la main ? Ca n’avait rien de bien spécial … Enfin … C’était un geste commun mais … Cela montrait quand même un certain … rapprochement. Et puis zut ! A base ce genre de questions dont elle ne s’intéressait guère à la réponse !

« Que fais-tu … L’Ombre ? Pourquoi est-ce que tu reti … »

« Car je trouve que c’est bien mieux sans gant ! » répondit-elle en laissant sa main droite nue dans celle du jeune homme.

« Héhéhé … Je vois … Je vois … Je n’ai rien contre … C’est sûr que c’est une sensation très différente de celle que l’on a d’habitude. »

Il croisa ses doigts avec ceux de la jeune femme, relevant subitement leurs deux mains avant d’embrasser celle de l’Ombre. Celle-ci resta bouche bée, ne comprenant pas du tout la raison de ce geste alors que lui-même ne savait pas quoi dire.

« … … … Pardon … … … » murmura t-il soudainement en détournant le regard, commençant à marcher avec elle, la jeune femme masquée ne répondant rien pendant de longues minutes.

Ils n’osaient même pas se regarder et il se considérait comme un véritable imbécile ! Il n’avait aucune explication logique et raisonnable à un tel agissement ! Embrasser sa main ?! C’était … C’était … bête ! Ca ne se faisait qu’avec … Enfin, il savait que cela se faisait pour les nobles mais … Aussi comme marque de galanterie. Il ne l’avait surement pas fait à Manelena ou Clari. Ah … Manelena … Manelena … Qu’est-ce qu’elle allait penser de tout ça ?! Voilà qu’il sentait son cœur battre à cent à l’heure !

« Et bien … Où est-ce que l’on va ? »

« On visite … à gauche et à droite … comme avec Midès … » murmura t-elle sous le même ton que le jeune homme, celui-ci hochant la tête.

« D’accord … Enfin, évitons de nous perdre … »

« Bien entendu … Enfin, ça ne me gênerait pas plus que ça, personnellement. »

Hein ? Quoi ? Il se retourna vers la jeune femme masquée, celle-ci ne continuant pas de parler. Qu’est-ce qu’elle avait dit ? Il avait cru mal entendre … Enfin peut-être que c’était juste une erreur … Il n’était pas sûr du tout. Mais bon … Il valait mieux éviter de trop y réfléchir, cela lui créerait trop de problèmes !

« Au passage, tu as toujours mon pendentif ? Enfin celui … de la terre ? »

« Bien entendu ! Ca me permet de savoir quand tu es près de moi. »

« Ha … Hahaha … On va arrêter de parler comme ça ? S’il te plaît ? » marmonna t-il, légèrement rougit aux deux joues tandis qu’Elen demandait :

« Et pourquoi ça ? Je dis la vérité … Regardes comme il brille. »

Hein ? Elle rentra une main sous sa cape, en ressortant l’objet ressemblant à un cœur fait de pierre brune. Qu’il était beau … ce cœur … Vraiment beau même, il le voyait parfaitement. Et il avait aussi … Pfiou. Il détourna rapidement le regard, marmonnant :

« Gardes-le d’accord ? C’est mon cadeau … Et je veux que tu le gardes … »

« Dis-moi … Tu n’as rien offert à ces deux femmes hein ? » questionna t-elle une nouvelle fois alors qu’il sursautait subitement, comme pris en faute.

« Euh … Et bien … Lorsque Clari et moi avons dû jouer le rôle de fiancés, je crois … »

« Le rôle … de fiancés ? Tu ne m’en as jamais parlé dans tes lettres. Ni même … Hier. Pourquoi est-ce que tu ne m’as rien dit ? »
Gloups … Il vint déglutir, ne sachant plus du tout où se mettre alors qu’elle retirait sa main de la sienne. Pris en faute … En flagrant délit … Enfin, ce n’était pas comme si il avait une relation avec l’Ombre non plus hein ?

« Car je pensais que ce n’était … pas si important que ça. Ce n’était qu’une image, rien de plus. On devait faire semblant d’être fiancés. »

« Il n’y a rien eut entre vous deux alors ? Et qu’est-ce qui tu lui as offert ? »

« Une pierre de feu, trois fois rien, sincèrement … Il n’y a pas à s’en faire. »

« Et … Est-ce que vous dormiez ensembles ? Car dans le fond … Tu m’as parlé de tout ça quand vous étiez tous les trois … Mais avant que Manelena arrive ? »

« Mais c’est un interrogatoire ou quoi ?! » demanda t-il avec gêne alors qu’elle le fixait longuement de ses deux yeux bleus.

« Je veux juste … en savoir bien plus à ton sujet, c’est tout. Pas besoin de t’énerver … ou alors … Tu as des choses à me cacher ? »

« Pas du tout ! Je te promets que je ne te cache rien ! »

… … … Quelques murmures se firent entendre autour d’eux Même si ils se baladaient dans la matinée, il y avait quand même de plus en plus de foule. Et puis bon … Ils parlaient au beau milieu de celle-ci. Bon sang ! Comment est-ce qu’il faisait pour se mettre dans un tel pétrin ?! Il aimerait bien le savoir ! Mais là … Il devait surtout …

« On ferait mieux d’aller ailleurs. » reprit-il, prenant la main de l’Ombre dans la sienne.

Mais ça ne changeait rien du tout au fait … qu’ils restaient toujours distants l’un de l’autre. Ca n’avait rien à voir avec leurs premiers moments … Encore que … En réfléchissant très bien à tout ça … Leurs premiers moments …

« Pardon Tery. Je ne voulais pas t’embêter avec tout ça. »

Hein ? Quoi ? Elle retira sa main de la sienne, se retournant avant de courir à l’opposé de sa direction. Qu’est-ce que ?! Qu’est-ce qui lui prenait ?!

« L’OMBRE ! HEHO ! L’OMBRE ! »

Il s’était mis à courir derrière elle, n’arrivant pas pour autant à la suivre. Mais … Mais … Mais quoi ?! Ce n’était pas normal ! Qu’est-ce qu’elle avait maintenant ?! Il parcourut les rues à sa recherche mais sans succès. Finalement, il fut trop exténué pour continuer, murmurant un simple :

« Elen … Qu’est-ce qui … se passe avec toi ? »

Il avait dit son prénom car il ne comprenait pas … Il ne voyait pas où était le problème … Mais il se sentait mal … Très mal … Peut-être qu’en retournant à l’auberge, il allait la revoir ? Il l’espérait sincèrement. Ah … Elen … Elen … Elen … Ils auraient pu passer une merveilleuse matinée mais quelque chose … s’immisçait entre eux deux.

Chapitre 50 : Faire la paire

Chapitre 50 : Faire la paire

« … … … Qu’est-ce que … … … »

Elle ne savait pas du tout si elle devait ouvrir la bouche ou la fermer. Tout ce qu’elle savait à ce moment, c’est qu’elle était rouge de gêne. Le matin devait à peine se lever, il était quoi ? Six ou sept heures ? Et les rayons du soleil éclairaient leurs deux corps, filtrés par les rideaux de la fenêtre. Leurs deux corps si proches … face à face. Le jeune homme dormait paisiblement en face d’elle, à quelques centimètres. Il s’était retourné pendant la nuit ?

« Qu’est-ce qui m’a pris de faire une telle chose hein ? J’étais inconsciente ou quoi hier ? »

Elle tentait d’expliquer la raison de son geste mais elle n’avait aucune explication. Cela avait été un simple coup de tête qu’elle regrettait mainte … … … Regretter ? Est-ce qu’elle pouvait vraiment penser ça ? Car elle ne le pensait pas … Et tout son corps savait que c’était tout le contraire. Un léger sourire aux lèvres, elle se rapprocha du jeune homme, prenant sa main pour la déposer sur son propre dos.

« Faites qu’il se réveille pas … Faites qu’il ne se réveille pas. »

Elle ne saurait pas où se mettre alors. Elle tremblait légèrement, la tête baissée. Ah … Il était torse nu, elle ne devait pas l’oublier. C’était peut-être pour cela qu’elle avait si chaud. Zut … Zut … Elle … ne savait pas ce qu’était cette bouffée de chaleur qui l’envahissait. Mais … Mais … Elle était rouge, rouge jusqu’aux oreilles alors qu’elle fermait les yeux. Elle voulait simplement que ce moment dure le plus longtemps possible.

« Hum … Hum … Hey … Hey … »

Il parlait durant son sommeil ? Elle releva la tête, s’empêchant de pousser un cri lorsque les bras du jeune homme vinrent l’enlacer, la faisant se coller tout contre lui. Elle l’entendait ouvrir la bouche comme si il avait quelque chose à l’intérieur. Il dormait profondément, vraiment très profondément même.

« Petite … Petite … Petite ombre … Si petite qu’on veut la serrer dans ses bras. »

HEIN ?! C’était lui qui venait de dire ça ?! Elle l’observait mais il avait clairement les yeux fermés. HEY ! Ce n’était pas parce qu’elle était petite que … Qu’il pouvait dire une telle chose … Enfin … C’était vraiment plus que gênant …

Le jeune homme … Il devait se réveiller car là, elle commençait à sentir des palpitations sur tout le corps. C’était la première fois qu’elle ressentait une telle chose. C’était le jeune homme qui lui créait ça ? Il fallait dire aussi … que c’était la première fois qu’elle avait un homme aussi proche d’elle, en plus, un homme qu’elle appréciait énormément.

« Je ne nierai pas ça … Tu m’as beaucoup manqué, Tery. »

« Grmbl … Moi … aussi … Elen … Moi aussi. »

STOP ! Il ne dormait pas ! Ce n’était pas possible ! Elle s’extirpa de ses bras avec un peu de réticence, regardant le jeune homme qui gesticulait dans le lit. Il allait se réveiller d’une minute à l’autre ! Elle récupéra aussitôt son masque blanc fissuré, le mettant sur son visage au même moment où les yeux verts du jeune homme s’ouvrirent :

« Bonjour … L’Ombre ? Tu as bien dormi ? »

« Je … Je … Je … Euh … Oui, j’ai bien dormi mais toi ? Enfin … Euh … Je vais me passer un peu d’eau sur le visage. Si tu peux éviter de regarder pendant que je fais cela. »

« Aucun problème, L’Ombre. Ou alors … Euh … Elen. »

Elle sursauta à moitié. L’appeler par son prénom … Elle avait été d’accord hier lorsqu’ils étaient seuls. Donc … Bon … Enfin … Elle se retourna, faisant quelques pas vers une coupole remplie d’eau. Elle déposa le masque à côté de celle-ci, s’aspergeant le visage.
… … … Depuis quand est-ce que … Wow … Il était tout bouleversé au fond de son être. Il ne savait pas … Enfin … Il voyait l’Ombre de dos … Mais sans sa cape et … Bon … Juste dans son justaucorps habituel. Ce n’était quand même pas une tenue … Mais elle avait de belles jambes … Et aussi de magnifiques bras. Et puis … Enfin …

« J’ai bientôt fini, Tery. Tu vas pouvoir aller te laver. »

« Que … Que … Quoi ? Ah oui ! Bien sûr ! »

Il se leva aussitôt, rouge aux joues. Et bien … Il ne savait pas ce qui se passait mais son cœur battait la chamade alors qu’il avait regardé l’Ombre. Oui … Il devait l’appeler l’Ombre … Et uniquement l’Ombre … Rien que l’Ombre … Il passa à ses côtés, la jeune femme ayant remis son masque alors qu’il bafouillait :

« Euh … L’Ombre … Je préférai t’appeler comme ça … Si ça ne te déranges pas … Je trouve que … Qu’Elen … Enfin … Je me suis habitué à l’Ombre. »

« Hein ? Tu ne veux … pas m’appeler Elen ? Je … comprends Tery. »

Elle comprenait juste qu’il ne voulait pas qu’ils soient trop proches. Idiote, idiote, idiote ! C’était à cause du fait d’avoir dormi ensembles qu’il faisait une telle chose ! Pourquoi est-ce qu’elle avait fait une telle bêtise ?! Pourquoi ?! Brrrrr ! Elle venait de trembler en regardant le torse du jeune homme. Voilà qu’elle plongeait dans sa confusion.

« C’est bon, l’Ombre. On peut y aller. Tiens ton armure et tes deux capes. Je vois que tu gardes toujours la mienne d’ailleurs hein ? »

« Tu peux la reprendre … si tu veux. Je la gardais comme souvenir. »

« Hein ? Mais non ! On va descendre pour manger, l’Ombre ? »

« J’ai un peu … mal au cœur, Tery. » murmura t-elle faiblement en posant une main sur son cœur. Elle avait parlé tellement faiblement que le jeune homme ne l’avait pas entendue. Ca ne faisait ri … Hein ? Il lui prenait la main sans même une once d’hésitation, quittant la chambre avec elle alors qu’elle paraissait étonnée. Si il voulait l’appeler l’Ombre … Alors pourquoi faire ça ? Elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait entre eux.

« Ah … Voilà les deux compères. Comment c’était cette nuit ? T’es complètement rouge aux deux joues, Tery. En fait … Je crois que je ne veux même pas savoir. »

« … … L’Ombre s’est trompée dans la compréhension de ta phrase hier. Nous avons dormi dans le même lit. » annonça le jeune homme alors que Clari poussait un petit cri de surprise, s’étant levé avec étonnement.

« Te … Tery … Il n’y avait pas besoin de préciser mon erreur. » bafouilla la jeune femme masquée de blanc alors que Clari lui lançait un regard colérique et furieux.

« Et bien … Disons que c’est une petite vengeance personnelle par rapport à ce que Clari t’a dit hier. Je pense que c’est tout simplement Zélisia qui a décidé de la punir. »

« … … … HUM ! Je m’en fiche royalement ! C’est pas à moi de dire ça mais à ta petite amie Manelena. Tu n’as pas signalé à ton amie, n’est-ce pas hein ? »

« Petite amie ? Moi ? Et bien … Je … Je trouve que c’est un peu prématuré … Mais non, Clari, je ne suis pas dans tes plans machiavéliques. » répondit Manelena, rougissant légèrement à cette idée alors qu’Elen dardait son regard sur elle.

« Arrête tes bêtises ! Bon ! On mange et on s’en va ! On a trop duré ici ! Il nous faut partir vers le second médaillon pour le récupérer ! » répondit le jeune homme en évitant de montrer un peu trop son énervement à cause de Clari.

Ils terminèrent de manger, le jeune homme n’ouvrant plus du tout sa bouche de toute la matinée alors qu’ils quittaient la ville. Quand ils furent à plusieurs kilomètres de celle-ci, le prince Royan prit finalement la parole :

« Il y a une question toute simple qui me taraude puisque vous semblez être celui qui dirige votre trio. Qu’allez-vous faire avec ces médaillons ? Je vous fais confiance car … la femme qui m’a sauvé vous fait confiance mais il s’avère que mes deux frères sont morts à cause de nos médaillons. Et vous semblez ne pas avoir les mêmes objectifs que … l’Ombre ? Est-ce que je peux vous appeler comme cela, mademoiselle ? »

« Fais donc … Je ne pense pas que cela me dérangera plus qu’à l’heure actuelle. De toute façon, je tiens à signaler que c’était déjà comme cela que vous m’appeliez auparavant. »

… … … C’est vrai. En y réfléchissant bien, ils n’étaient pas dans le même camp qu’Elen … euh l’Ombre. Pas du tout même. Ils étaient opposés. Il s’arrêta pour observer la jeune femme encapuchonnée, celle-ci faisant de même.

« Tery … Je n’ai vraiment pas envie que … Que ça recommence … »

« Moi non plus, moi non plus. Je ne ferai rien qui puisse te blesser. Je peux te le promettre. »

« AHEM ! Vous nous dites si on vous dérange ? » demanda Clari alors qu’elle se rapprochait de Tery, lui prenant le bras pour qu’il avance avec elle.


Elle ne semblait pas vraiment apprécier le fait que les deux personnes parlent entre elles. Et surtout … Surtout … Le jeune homme changeait rapidement de femme ou quoi ?! Elle allait lui dire ce qu’elle pensait de tout cela ! Oh oui ! Mais avant … Il y avait Manelena elle-même qui semblait vouloir lui dire quelque chose. Elle relâcha le jeune homme, le laissant seul avec elle alors qu’elle-même se dirigeait maintenant vers l’adolescent.

« Alors … Comme ça, tu es le prince Royan de Traslord ? Difficile à croire … Enfin … Non … J’ai appris au sujet de tes deux frères et donc, toutes mes condoléances. »

« Il y a de cela quelques heures, j’ai signalé que mes deux frères étaient morts donc … Le savoir est impossible maintenant. »

« … … … D’accord … … … Je vois ton genre. Tu es plutôt le type de garçon qui me donne carrément envie de faire craquer mentalement. » répondit-elle aussitôt, un sourire sadique sur ses lèvres alors que l’adolescent s’était mis à reculer.

« Ne vous approchez pas de moi, est-ce bien clair ? »

« HAHAHAHA ! Je fais peur aux petits adolescents ! » dit-elle en rigolant, Tery rétorquant :

« Non, tu fais peur à la majorité des hommes, Clari. Ce n’est pas pareil, c’est pire. »

Elen eut un petit rire discret, amusée par les paroles du jeune homme tandis que Clari se taisait aussitôt, faisant une moue boudeuse. Manelena n’observait que discrètement le jeune homme, ne semblant pas pouvoir lui parler librement puisqu’il était occupé avec Elen. Enfin bon … Voilà … Ce n’était pas grand-chose et à côté, ils perdaient beaucoup de temps puisqu’ils n’avançaient guère. Elle allait prendre le tout en main.

« Si vous voulez bien me suivre … Nous allons nous rendre vers le … Hum … Au passage, vous avez dit second médaillon, n’est-ce pas ? Cela veut dire que vous avez trouvé le premier ? » demanda la jeune femme aux yeux rubis, Elen s’arrêtant à son tour.

« Je n’ai pas besoin de mentir … puisque je l’ai déjà signalé mais oui … Nous avons déjà un médaillon. Il n’en reste plus que deux dans ce royaume et vous ? »

« Euh … J’ai les trois médaillons de Mekalarma comme je te l’avais écrit ! Puis hum … Pour Honoros, je ne sais pas du tout. J’en avais qu’un que j’ai donné à la maréchale Nali. Ah … La maréchale Nali … » murmura le jeune homme avec lenteur.

« Ah … Voilà qu’il nous reparle de son amour de toujours. » marmonna Clari dans ses dents tandis qu’Elen observait avec suspicion le jeune homme.

« Sincèrement … L’Ombre … Si tu veux pouvoir penser en paix, n’écoutes jamais les paroles de Clari. Ca ne sert à rien. La maréchale est celle … qui m’a torturé un peu. »

« Torturé ?! Comment ça ?! » s’écria Elen aussitôt alors qu’il semblait surpris.

« Je ne te l’ai jamais dit ? Comme j’ai fait une méthode des plus douteuses pour récupérer le médaillon d’Honoros, j’ai eut le droit à une séance de tortures. »

« Et c’est là qu’il a découvert son penchant masochiste et son amour pour les femmes fortes et caractérielles. » conclut Clari, le jeune homme arrêtant de parler.

« Hein ? Que … Tery ? C’est vrai ? Tu préfères les femmes … de ce genre ? » demanda Elen, surprise par les propos de Clari.

« Mais tu y crois encore ?! Oh et puis zut ! J’avance car ça me saoule ! Hey ! Royan ? Si tu veux, accompagnes-moi, je suis sûr que tu auras plus de conversation que cette cinglée ! »

Comment est-ce qu’il parlait au prince Royan ?! Là encore, elle semblait très surprise mais … Le pire était que le prince hochait simplement la tête d’un air positif avant de l’accompagner ! Wow … C’était plutôt efficace non ?
Mais bon … Là … Le petit souci qu’elle avait, c’était les propos de Clari. Il préférait les femmes plus grandes que lui ? Et puis aussi … Un peu dominatrices ? C’était tout le contraire d’elle ! Elle était l’exact opposé de ce qu’il recherchait chez une femme.

« De toute façon … Ce n’est pas sensé m’intéresser. »

Elle murmura cela alors que les deux femmes se tournaient vers elle, la regardant avec suspicion. A qui est-ce qu’elle parlait ? De l’autre côté, Royan écoutait attentivement les paroles de Tery, celui-ci semblant être en grande discussion avec l’adolescent.

« Alors ? Comment est-ce qu’elle se comportait avec toi, l’Ombre ? Est-ce qu’elle faisait un peu la folle ? Car quand je l’ai connue, elle était vraiment très moti … »

« Elle parlait très souvent de vous, bien plus que ne le ferait une femme dans la moyenne. »

… … … Wow … … … Direct, l’adolescent. Sur le coup, il s’était arrêté pendant quelques secondes mais il devait vite redire quelque chose. Il eut un petit rire amusé, reprenant :

« Je parle aussi souvent d’elle, ça n’a rien de surprenant hein ? »

« Elle semble me détester cordialement alors qu’elle n’arrêtait pas de dire à quel point vous êtes spécial. » annonça l’adolescent, le jeune homme semblant décontenancé.

« Ouais … Bon … Tu sais quoi ? On va éviter de continuer de parler de ça d’accord ? »

« Pourquoi ? Ai-je visé une corde sensible ? Ou alors, dans les deux cas, vous comme l’Ombre, vous avez du mal à accepter tout ceci ? »

« Je comprends pourquoi maintenant, elle me disait qu’elle te trouvait très chiant. Enfin … Pas chiant … Mais exaspérant. Tu as toujours l’habitude de parler comme ça ? »

« Dans la majorité des cas, c’est exact. »

« … … … Ouais et bien, tu vas voir qu’après quelques temps avec moi, tu vas vite changer de comportement, je te le promets mon petit gars. »

Il parlait d’une façon un peu … spéciale mais c’était de la faute à Royan. Il comprenait vraiment pourquoi Elen avait … Euh l’Ombre avait eut du mal à supporter l’adolescent. Mais lui-même, avec la petite séance de noble qu’il avait eut au début de son admission dans l’armée, il était déjà un peu préparé. Il allait juste remodeler l’adolescent.

« Hahahaha ! Je suis sûr que personne ne te reconnaîtra après un petit passage avec moi. »

« Cela semble m’effrayer et m’inquiéter en un sens, je dois l’avouer. »

« … … … Peut-être un moyen de te faire taire alors ? »

« Nullement … Ou alors très peu efficace malheureusement. »

Malheureusement ? Ca dépendait du point de vue. Bon … Toute façon … Ils savaient où ils se dirigeaient, n’est-ce pas ? Il commença à accélérer le pas, le prince faisant de même alors que les trois femmes restaient entre elles. Quand on les regardait, il était si facile de voir qu’Elen ne se sentait pas à sa place. Si Tery était plus petit que Clari et Manelena, alors elle-même … ressemblait à une lilliputienne.

« Et bien … On dirait qu’on intimide la petite demoiselle ? »

« Clari … Arrêtes tes bêtises et n’embête pas … l’Ombre ? Il vaut mieux t’appeler par ce nom, n’est-ce pas ? Ton véritable prénom, je ne pense pas que tu apprécies qu’on le dise. »

« Oui … Mais bon … Maintenant que vous le savez tous … » murmura Elen avec lenteur alors que le jeune homme se tournait subitement vers elle.

« L’Ombre ? Tu veux plutôt parler avec moi ? Je sais que Clari n’est pas vraiment le genre de personnes que tu devrais fréquenter si tu veux mon avis. »

« Qu’est-ce que tu insinues, Tery ?! Tu veux que je vienne t’en dire deux mots ?! » s’écria la femme aux couettes blondes avant de se mettre à courir vers lui.

OUPS ! Il commença à courir à toute vitesse en avant, Clari semblant le rattraper peu à peu alors qu’Elen s’apprêtait à venir aider le jeune homme.

« Il n’y a pas besoin de s’en mêler … Dans le fond, Clari et lui s’apprécient malgré le fait qu’ils semblent se disputer tout le temps. »

« Elle … l’apprécie ? Et lui aussi ? » marmonna Elen, un peu surprise.

« Ca ne se voit pas ? Bien qu’elle semble lui taper sur les nerfs, il est facile de remarquer que Tery éprouve quelque chose pour elle. Quand à Clari, malgré mes paroles, elle nie toujours la vérité à son sujet. C’est donc une preuve qu’elle tient beaucoup à Tery. »

« Ah … C’est donc comme ça … »

Est-ce que c’était une preuve d’affection de la part de Tery ? Que de vouloir l’éloigner ? Elle ne le savait pas du tout mais elle donnerait beaucoup pour le connaître. Ah … Beaucoup plus qu’on ne pouvait ne le penser. Qu’est-ce qu’il pensait d’elle ?

« Au passage … Comment ça s’est passé pour votre premier médaillon ici ? » demanda Manelena alors qu’Elen répondit aussitôt :

« Euh … Et bien … Normalement … On l’a fait avec douceur … Enfin non … Je me suis battu contre un cygne de taille anormale mais je ne l’ai pas tué. C’était un combat pour savoir si j’étais assez forte pour pouvoir protéger le médaillon. »

« Donc … Le fait que tu sois là montre que tu l’étais. » répondit Manelena avec une certaine neutralité tandis que la femme masquée hochait la tête d’un air positif.

« J’ai quand même dû me battre … Donc bon … »

« Mais dans le fond … Vous semblez privilégier la diplomatie plutôt que la violence. »

« Ce n’est pas une chose normale à la base ? Je préfère ça … et je crois que Tery aussi. Mais il y a tellement de choses dont j’aimerai lui parler … »

« Que je sache, le voyage ne se fera pas en un jour. Si vous refaites comme cette nuit, vous aurez tout le temps de dialoguer. » répondit Manelena d’un air neutre, Elen ne murmurant plus rien du tout. Elle … ne voulait pas … Enfin si …


Mais ce n’était pas aussi simple que ça … tout ceci … C’était même très compliqué en fait. Elle ne savait pas quoi penser avec toute cette histoire. Peut-être qu’elle voulait prendre tout son temps ? Et puis … On ne pouvait pas évoquer plusieurs mois en une soirée. Surtout que bon … Durant cette nuit, il n’avait jamais parlé !

« Je vais aller lui demander quelque chose ! Merci … euh … Manelena ? »

« C’est cela … C’est bien mon prénom. »

« Tu n’as rien à voir avec Clari. Tu es même très différente. »

« Je pense que je vais prendre cela comme un compliment de ta part. » répondit la jeune femme aux cheveux d’argent alors qu’elle fit un léger sourire.

Voilà qu’Elen était partie pour rejoindre Tery et Royan. Néanmoins, elle s’approcha du jeune homme aux cheveux bruns, lui murmurant dans le creux de l’oreille :

« Dis … Ce soir … On peut encore dormir ensemble ? J’aimerai … que l’on parle tout les deux. Acceptes s’il te plaît, Tery. »

… … … … … Pfiou ! C’était lui ou il faisait sacrément chaud ici ?! Qu’est-ce que c’était que cette proposition de la part de l’Ombre ?! Le pire … était le fait qu’elle soit sérieuse, très sérieuse même. Oh bon sang … Il devait refu …

« D’accord, on parlera … puisqu’hier on ne l’a pas fait. »

HEY ?! C’était lui qui venait de dire ça ?! Il n’avait pas contrôlé sa bouche ?! Et le soupir heureux de l’Ombre lui montrait clairement … que c’était cette réponse qu’elle attendait.

Chapitre 49 : Ces liens qui nous rapprochent

Chapitre 49 : Ces liens qui nous rapprochent

« … Est-ce que je devrais lui écrire maintenant ? » demanda t-elle alors qu’elle tenait le pendentif dans sa main, le duo étant à nouveau reparti sur les chemins.

« Votre masque … Est-ce qu’il va tenir bon ? Il a l’air dans un triste état. » répondit le prince alors qu’elle poussait un petit soupir, reprenant aussitôt d’une voix calme :

« Ca ira, il va tenir assez longtemps. Où se trouve le second médaillon ? Puisque c’est vous qui avait obtenu les différentes informations à ce sujet. Mais bon … Je crois que je vais aller lui écrire. Plus nous serons proches, mieux c’est … Et puis … »

Elle était bête … C’était à elle d’attendre sa lettre ! Mais bon … Elle n’allait sûrement pas tarder puisqu’ils étaient de plus en plus proches. Et elle avait entièrement raison ! Moins d’une heure après ses paroles, une lettre ailée vint arriver jusqu’à elle, la jeune femme l’ouvrant avec une certaine frénésie alors qu’ils s’arrêtaient dans leur marche.

« Je pense qu’il va falloir que j’attende maintenant, c’est cela ? Le temps que vous écriviez votre lettre, tout ça, n’est-ce pas ? » demanda le prince alors qu’elle hochait la tête d’un air négatif, commençant déjà à écrire sur du papier :

« Ca sera plutôt rapide. Je sais ce que je dois écrire, je vais lui donner le maximum de détails sur notre position et aussi ce qui s’est passé ! Ce qu’il m’a marqué, c’était un peu de tout et de rien, ce n’était pas vraiment important. Il est juste un peu pressé de me revoir bien qu’il ne sait pas du tout comment il doit réagir lorsqu’il me verra. »

« Et bien ? Voilà une chose mignonne. Cela doit vous faire plaisir. »

« Que … Que … Ne racontez pas n’importe quoi ! Ce n’est pas du tout comme ça à la base ! Je ne me préoccupe pas plus que cela de tout ça ! »

« Cela se lit dans votre regard. » rétorqua t-il alors qu’elle évitait de montrer qu’elle rougissait faiblement à cette idée. Elle bafouilla quelque chose d’incompréhensible, retournant aussitôt dans l’écriture de sa lettre.

Et voilà ! Moins de vingt minutes et la lettre était repartie aussitôt ! Elle savait que tout cela allait être de plus en plus rapide dorénavant. Pressée … Elle était terriblement pressée ! Et plutôt excitée aussi à cette idée.

« Où nous dirigeons-nous alors ? Le second médaillon est vers l’extrémité nord, nord-est du royaume de Claudiska, aux abords de la frontière avec Shunter. »

« C’est un peu l’opposé de l’endroit ou alors … »

« Non … Nous y allons aussi donc ce n’est pas un problème. Vous allez le revoir, ne vous en faites donc pas pour cela. » répondit le prince sur un ton très légèrement irrité.

« Hum ? Un problème ou quoi ? Je vous sens un peu énervé, il y a un souci ? »

« Non … Rien du tout. Rien de rien. »

Elle était peut-être fatigante mais elle ne le remarquait pas, voilà tout. Elle était assez lassante et éreintante. Il voulait voir maintenant cet homme, voir à quoi il ressemblait et …

« Ils ne sont plus très loin, je crois … Les lettres ne mettent même pas une heure à arriver. »

Voilà qu’ils étaient retournés dans une ville. Ils avaient changé de nuage géant mais cela était normal. Par contre, grâce à sa magie du vent et malgré les quelques chutes de l’adolescent, ils avaient accélérés le pas et à peine en une journée et demie, ils avaient déjà fait les kilomètres qui la séparait du jeune homme.

« Vous êtes même prête à sortir en pleine ville avec votre masque fissuré ? »

« Je ne peux pas le faire réparer de toute façon. Il faudrait que je contacte l’Oracle pour qu’il puisse me créer un autre masque au cas où. »

« Je ne connais pas du tout cet Oracle et je pense qu’il vaut mieux que … »

Une lettre fonça droit sur eux, percutant le visage de la jeune femme avec surprise, celle-ci poussant un petit cri d’étonnement. Il fallait dire que se prendre une lettre en pleine face, cela avait de quoi surprendre. Elle récupéra la lettre, commençant à la lire avec une certaine frénésie avant de prendre un morceau de papier au beau milieu de la rue.

« Vous n’allez quand même pas écrire ici hein ?! » demanda le prince d’un air inquiet.

« Et pourquoi pas ? Qu’est-ce qui m’en empêche ? »

Il valait mieux ne rien dire pour ne pas l’énerver, surtout qu’elle était convaincue que cela se faisait au beau milieu de la rue. Bon et bien … Autant la laisser … Hein ? Elle avait déjà finit d’écrire ? Comment c’était possible ? Elle n’avait même pas mis deux minutes ! La lettre partit droit devant eux, passant à côté des êtres ailés alors qu’elle commençait à courir.

« Suivez-moi maintenant ! On va aller le retrouver ! »

« Hein ? Et comment ça ? Comment est-ce que vous voulez faire une telle chose ?! »

Et bien, si il se taisait. Il allait le voir tout de suite ! La lettre continuait de voleter en passant à côté des personnes, la femme la poursuivant avec rapidité, quitte à utiliser ses lignes blanches pour accélérer sa vitesse.

« Hey ?! Mais attendez un peu … C’est quoi ? »

« Tery, c’est la lettre que tu as envoyée il y a moins de dix minutes. » répondit une jeune femme aux cheveux blonds en couettes, le jeune homme retirant la lettre de son visage.

Il fallait dire qu’il ne s’attendait pas à une réponse aussi vite sauf si … Il entendait une puissante respiration, comme si une personne venait de faire une course folle. Une personne qui se trouvait en face de lui. Les yeux verts grand ouverts, il voyait une personne encapuchonnée dans deux capes dont une qu’il reconnaissait parfaitement … puisque c’était celle qu’il avait utilisée lors de sa mission dans son village natal.

« Mademoiselle ! Vous pourriez m’attendre quand même un peu ?! Qu’est-ce qui … »

Lui prenait de courir comme ça ? Ah … Tout était clair … Quand la distance n’était que très faible, il suffisait simplement de suivre la lettre pour savoir où se trouvait celui ou celle qui allait la recevoir. Ah … Il l’apercevait enfin ce jeune homme. Il n’était pas si grand que cela avec ses un mètre soixante-dix. Et puis … Il ne semblait pas forcément très fort aussi. Par contre, les deux femmes plus grandes que lui … Celle avec les yeux rubis et les cheveux argentés … Elle était au-dessus de tout.

« El … L’Ombre ? C’est bien toi ? Ah ! Euh … »

« L’Ombre ? L’Ombre … C’est vrai que … Je n’avais pas entendu ce mot depuis des mois. »

Enfin de sa voix … Les trois autres personnes étaient plongées dans le silence alors que Tery et Elen s’avançaient peu à peu. Alors qu’elle tendait les bras, lui tendait seulement sa main droite comme pour la saluer. Il n’allait pas trop en montrer en public non hein ?

Hein ? Euh … C’est vrai … Quelle idiote. Elle avait voulut faire une chose assez stupide. Il y avait ces femmes … et le prince Royan … Enfin bon … Elle tendait maintenant sa main droite alors qu’il ouvrait les bras, ses deux yeux bleus posés sur le regard étonné de Tery.

Hein ? Elle voulait venir dans ses bras ? C’était gênant et un peu … Mais à côté, cela faisait plusieurs mois qu’il ne l’avait pas vue en face et puis … Et puis zut, il n’avait pas à se reprocher. Il avait ouvert ses deux bras pour la réceptionner alors qu’elle tendait sa main.

« C’est plutôt … … embêtant, l’Ombre. »

« Je le conçois réellement … Alors je crois qu’il n’y a qu’une solution. »

Elle n’aurait rien à se reprocher de toute façon. Avant même qu’ils ne recommencent leur petit manège, elle fonça dans ses bras, se collant contre lui alors qu’il se retenait de crier un peu d’étonnement. Il passa aussitôt ses deux mains dans le dos de la jeune femme, caressant ce dernier alors qu’il reprenait :

« Et bien … Euh … Ca faisait longtemps … l’Ombre. Visiblement, tu vas encore mieux que ce que tu marquais dans les lettres. »

« C’est à moi de te dire ça, Tery. Que je sache, j’étais morte d’inquiétude depuis cette attaque de Gnomolds. Je ne m’attendais pas à recevoir une lettre de ta part ! »

« Pardon … Pardon … Mais je ne connaissais pas ce moyen de communication … »

« Ca ne fait rien … Rien du tout … Rien de rien… » souffla t-elle, restant dans ses bras.

Là, c’était particulièrement gênant. Vraiment même … Il ne savait pas du tout où se mettre mais bon … Euh … Il regardait la jeune femme dans ses bras. Il ne voyait rien du tout d’elle sauf son masque fissuré de couleur blanc et ses deux yeux bleus. Enfin là, non, il ne les voyait pas car ils étaient fermés mais sinon … Il entendit quelques toussotements derrière lui, le faisant se retourner pour voir les deux femmes qui croisaient les bras, Clari disant :

« Et bien ? Tu ne veux pas nous présenter à Elen ? »

« Clari ! Je t’ai déjà dit … Bon sang ! Il ne faut pas prononcer son prénom ! »

« Elen … Hum … Oui … Maintenant, il n’y a aucun doute sur sa féminité. » répondit le prince Royan juste après les paroles de Tery, Elen quittant les bras de ce dernier, ses yeux grands ouverts alors qu’elle bafouillait en tremblant un peu :

« Te… Tery … Tu … Tu leur as dit mon … mon nom ? »

« Et j’ai même pu voir à quoi tu ressemblais, « mademoiselle l’Ombre » aux cheveux blonds. » annonça Clari avec un grand sourire qui n’avait que peu de sympathie.

… … … … … La jeune femme masquée tournait son regard vers Tery, celui-ci serrant les poings comme pour se contrôler. Il ne semblait même pas … soucieux de ce qu’il venait de faire. Non, il était plutôt en colère mais contre qui ?

« CLARI ! TU N’AVAIS PAS A PRENDRE MON IMAGE A LA BASE HEIN ?! »

« Co … Comment ça ? » demanda Elen alors qu’il s’était tourné vers Clari, de nombreux visages commençant à les regarder. Il s’égosilla à nouveau :

« Et puis que je sache, ce n’est pas MOI qui a voulu montré ça ! C’est toi et uniquement toi ! Toi qui te permets d’empiéter sur ma vie privée ! Ne balance pas de telles affirmations comme si c’était moi le coupable alors que ce n’est pas le cas ! »

« Arrête, Tery ! Arrête ! » s’écria aussitôt la jeune femme masquée, venant l’enlacer par derrière : « C’est bon ! C’est bon ! J’ai compris … que ce n’était pas de ta faute … C’est bon … Calme-toi … Tery. Tu ne va pas gâcher ce moment hein ? »

… … … … … Il s’arrêta, le regard légèrement hébété avant de baisser la tête. C’est vrai … C’était totalement vrai. Il en devait pas s’emporter envers Clari. Celle-ci le regardait avec une petite mine, comme un peu apeurée par ses paroles.

« Bon … Je suis désolé, Clari mais ton comportement me prend la tête. Arrête de balancer de telles affirmations alors que ce n’est pas la vérité. Ou alors si tu n’en donnes qu’une partie. Ce n’est pas de ma faute si tu as vu … Enfin … Bon … »

« Ce n’est pas dramatique. Oublions tout cela. » répondit subitement Manelena en lui coupant la parole, disant : « Il faut d’abord que l’on se présente. Je m’appelle Manelena, cette jeune femme est Clari tandis que je pense que nous avons affaire au prince Royan de Traslord. »

« C’est le cas, c’est le cas. » répondit ce dernier en posant son regard sur la femme aux cheveux argentés. C’était un peu suspect … tout ça quand même.

« Vous voulez que l’on aille dans une taverne ? On pourrait un peu parler de tout et de rien. » proposa le jeune homme aux cheveux bruns alors que la femme masquée s’exclamait :

« Bien sûr ! C’est une excellente idée ! On pourra rattraper un peu le temps perdu ! »

Elle était vraiment folle de joie et elle prenait aussitôt le bras de Tery entre les siens. Le jeune homme rougit légèrement alors qu’ils avançaient déjà sans même attendre les trois autres personnes. Manelena et Clari marchaient côte à côte tandis que Royan était entre les deux duos. Clari observait Elen avec suspicion, murmurant à Manelena :

« Elle est drôlement petite … Enfin … Bien plus que moi ou toi. Et puis … Je ne vois pas pourquoi elle cache son visage hein ? »

« Ces masques sont capables d’amplifier les pouvoirs d’une personne qui a les lignes correspondantes. Cela veut dire qu’elle est plus faible qu’il n’y parait. »

« Je ne vois pas ce qu’elle a d’attirante … Ce n’est même pas au niveau de la poi … »

« Je ne pense pas que ça soit ça. De toute façon, en quoi est-ce que cela nous concerne hein ? Nous ne sommes pas dans cette histoire. » répondit Manelena alors que Clari disait :

« Que je sache, c’est toi qui t’es rapprochée de lui hein ? Et ça ne te gêne pas du tout ? »

« Et toi donc ? Tu étais quasiment collée à lui la majorité du temps … Tu n’es pas furieuse qu’une femme arrive comme ça et te remplace aussitôt ? »

« Je ne sais pas … Je n’arrive pas à être en colère pour l’instant. Il semble plutôt heureux et soulagé … C’est la première fois que je le vois comme ça depuis que je le connais. » murmura la jeune femme aux couettes blondes, avouant par là qu’elle était bien moins importante que la femme masquée de blanc.

Une quinzaine de minutes plus tard, ils étaient tous assis autour d’une table. Elen à côté du jeune homme, Manelena et Clari en face d’eux tandis que Royan se trouvait tout simplement entre les deux duos. Elen semblait relativement … En fait, c’était difficile à savoir ce qu’elle pensait à travers son masque brisé.

« Alors comme ça … Vous êtes les deux femmes qui accompagnent Tery ? Je vois que … »

« Que quoi ? Il y a un problème ? » demanda Tery en la regardant, un peu inquiet par les fissures sur son masque blanc.

« Non … Je ne pense pas que … ça soit important de toute façon. Quand à moi, je suis accompagnée par le prince de Traslord mais ça, vous le savez déjà. »

Elle jetait quand même des regards discrets aux deux femmes. Toutes les deux … étaient plutôt très féminines et surtout plus grandes que le jeune homme. Ah … Il préférait surement les femmes qui se mettaient un peu en valeur plutôt que celles camouflées et emmitouflées sous leurs capes. Puis … Elles étaient quand même très belles. Oui …

« Euh … L’Ombre ? Ca ne va pas ? Je t’ai posé une question. »

« Hein ? Que ? Quoi ? » demanda t-elle en bafouillant légèrement, ressortant de sa rêverie alors que le jeune homme la regardait avec attention. Hey ! Qu’est-ce qu’il avait à la fixer comme ça ? Elle … Elle allait être plutôt … gênée … quand même.

« Et bien … Je me demandais si tu avais eut autant de problèmes que ça. Nous n’avons pas vraiment le temps de parler et avec toute cette marche … J’avoue que je suis assez fatigué. »

« La nuit va tomber dans quelques heures … Mais dormir maintenant … Ca serait un peu bête non ? » répondit Elen en gardant son sourire.

« Je vais réserver des chambres pour la nuit. Alors … Euh … Deux ou trois ? J’aimerai savoir : vous dormez avec le prince ou non ? » demanda Clari alors que de l’incompréhension se lisait dans les yeux saphir d’Elen.

« Comment ça ? Nous avons chacun notre chambre. Mais attendez un peu … Pourquoi deux ou trois ? De quoi … Là par contre … »

« Et bien, Tery, moi-même et Manelena, nous avons prit l’habitude de dormir dans la même chambre. Cela fait quelques économies et … »

« COMMENT ?! Tery ?! C’est vrai tout ça ?! » s’écria la femme masquée, s’étant levée pour poser ses deux mains sur la table avec colère.

« Non mais … Ce n’est pas ce que tu crois, l’Ombre. Pas du tout même… »

« Clari … Tu es vraiment détestable quand tu fais cela. » murmura Manelena alors que Clari souriait de toutes ses dents, l’air un peu triomphante.

« Pour la peine … Ce soir, elles dormiront ensembles mais seules. JE vais aller réserver trois chambres ! » reprit aussi la jeune femme masquée avant de s’éloigner.

« T’es fière de toi, hein ? » marmonna le jeune homme en regardant Clari d’un air furieux.

« Assez, je dois l’avouer. Et puis, je ne mens pas à ce sujet hein ? Je ne fais que dire la vérité … Mais elle est un peu cachée, je l’avoue. »

« Je ne dors pas avec vous ! Pas réellement ! Alors ne racontes pas n’importe quoi ! »

Le prince semblait un peu dépité par le comportement du jeune homme. C’était tout simplement une personne ayant du mal à vivre dans sa peau. Il voyait parfaitement qu’il n’avait pas vraiment une grande volonté et une bonne mentalité alors …

« Voilà, j’ai pris des chambres. Le prince tout seul, les deux femmes ensembles dans la seconde. Moi et Tery, on dort dans la troisième. Des réclamations ? »

« J’ai l’impression que tu viens de faire une grande bêtise, l’Ombre. » répondit-il alors que la femme masquée de blanc se tournait vers lui :

« Non … Juste que ces petites choses ne se dérouleront pas comme elles le désirent. Visiblement, tu as été un peu … perverti par elles. »

« Bien entendu, l’Ombre. Bien entendu … Ne t’inquiète pas. Enfin … Avec tout ça, maintenant, je suis vraiment fatigué. Demain, on repartira très tôt donc je vais aller me coucher. »

Hein ? Comment ça ? HEY ! Elle montait déjà à sa suite, il était pressé de dormir ou quoi ? Il avait déjà ouvert la porte, poussant un profond soupir en voyant un unique lit. Elle arrivait derrière lui tandis qu’il refermait la porte lorsqu’ils furent entrés.

« L’Ombre … Tu as très mal compris hein ? Je ne dormais pas dans le même lit qu’elles mais dans la même chambre … Je pense quand même que ça serait suspect hein ? La seule personne avec qui j’ai dormie, ça remonte à environ plusieurs mois et c’est toi. »

« Hein ? Que … Quoi ?! Je pensais que … Je vais demander une autre … »

« C’est bon. On ne va pas créer d’autres problèmes hein ? Déjà avec la petite scène en bas … Je ne comprendrai jamais les femmes, l’Ombre. » dit-il avant de retirer son haut, apparaissant torse nu devant Elen. Celle-ci resta stoïque, le jeune homme s’enfonçant sous les couvertures, se mettant du côté.

… … … C’était elle ou … Il était devenu plus musclé depuis … Et puis … Euh … Qu’est-ce qu’elle devait faire ? Dormir avec lui ? C’était vraiment gênant mais comme il l’avait dit, ce n’était pas la première fois … Mais auparavant, il avait été malade. Et puis … Et puis zut ! Des morceaux de tissu tombèrent au sol, la jeune femme ramassant les deux capes avant de déposer ses rares morceaux d’armure sur une chaise. Avec lenteur, elle s’infiltra sous les couettes à son tour, tournant le dos au jeune homme.

« L’Ombre ? Tu portes encore ton masque, n’est-ce pas ? »

« Je ne peux pas … le retirer … Même si il est fissuré … Et puis … Entre nous … Enfin, si tu en as envie Tery, tu peux m’appeler Elen. Ca ne me dérange pas … quand on est seuls. »

« Je n’ose pas … C’est tout, je suis habitué à t’appeler comme ça.  Et puis, c’est un peu gênant aussi. Je ne vais pas t’appeler ma bonne amie alors qu’on ne s’est pas vus depuis des mois. »

« … … … Tu peux m’appeler Elen s’il te plaît ? » demanda t-elle avec douceur.

« … … … … … Elen. » murmura le jeune homme en rougissant légèrement alors qu’elle souriait sous son masque, se retournant dans le lit.

« Ne te retourne pas d’accord ? Tu me le promets, Tery ? »

« Je te le promets, je ne ferai rien qui puisse te faire souffrir mentalement. Et puis … Je n’ai pas envie de me disputer avec toi après tout ce temps. »

Elle retira son masque avec une extrême lenteur, le déposant sur la table de chevet derrière elle avant de passer ses deux mains autour du torse du jeune homme. Celui-ci s’exclama :

« Hein ? Mais … Elen … Je … »

« Moi aussi, je n’ai pas envie de me disputer avec toi, Tery. Je veux juste … que l’on retourne aux moments où nous étions seulement tous les deux. » coupa t-elle en le serrant contre elle.

Bon … D’accord. Il se laissa faire et puis, sincèrement, ce n’était pas du tout désagréable.

Chapitre 48 : Une force bien réelle

Chapitre 48 : Une force bien réelle

« Pensez-vous que vous allez orner mon nid de vos crânes ? »

« Est-ce que vous pourriez arrêter de parler ainsi, s’il vous plaît ? » demanda t-elle avec lenteur. Elle n’était pas vraiment effrayée … mais les paroles du cygne ne correspondaient pas vraiment avec la beauté qui émanait de la créature. Cela donnait alors quelque chose d’assez glauque … et effrayant. En fait, si, elle était un peu effrayée quand même. Elle devait le reconnaître et l’admettre …

Elle roula subitement sur le côté, évitant une volée de plumes qui fonçaient droit sur elle. Des plumes bien plus aiguisées et tranchantes qu’il n’y paraissait visiblement. Elle observa les nombreux trous derrière elle, reposant aussitôt son regard sur le cygne avant de murmurer :

« Je … Euh … Vraiment … Je ne sais pas quoi dire à ce sujet … Vous êtes sûre qu’il faut que nous nous battions pour récupérer votre médaillon ? »

« Je ne peux pas confier une chose aussi importante à n’importe qui. Je ressens votre non-désir de vouloir me combattre mais c’est ainsi. Montrez-moi votre valeur et vous aurez alors mon médaillon. C’est bien pour cela que vous êtes venus non ? Vous ne pouvez donc recu … » s’arrêta aussitôt le cygne avant de déployer ses ailes pour s’envoler.

Plusieurs pieux de glace s’étaient dirigés vers la créature, prêts à se planter en elle mais elle les avait esquivés aussi avec facilité. Hum … Intéressant … Ce garçon n’hésitait pas contrairement à elle. Peut-être était-ce là le sang royal qui coulait dans ses veines ?

« Vous devriez essayer d’agir comme lui, mademoiselle masquée. »

« ROYAN ! Ne faites pas n’importe quoi ! Si ce cygne était sérieux, vous seriez déjà mort ! » hurla t-elle aussitôt alors que le prince posait son regard sur elle.

« Et pendant ce temps … Nous allons nous faire tuer ? Il vaut mieux réagir que de rester immobiles, mademoiselle. » répondit-il sèchement alors qu’elle tressaillait.

Non mais pour qui … Il se prenait ?! Elle lui avait sauvé la vie mais voilà comment il la remerciait ?! En la mettant en danger aussi facilement que ça ?! C’était complètement stupide et déraisonnable de sa part !

Elle banda son arc, faisant apparaître trois flèches parcourues d’électricité avant de les diriger vers le cygne. Celui-ci fit un petit battement d’aile, un vent violent se soulevant, les flèches se plantant aussitôt dans le plafond sans même l’atteindre.

« Cela ne sera pas très efficace. Il va falloir faire beaucoup mieux si vous voulez me blesser voir me tuer … Mais sans convictions, vous n’y arriverez pas. »

« J’ai la conviction … Mais je n’ai pas pour but de vouloir vous tuer. »

Elle avait répliqué une nouvelle fois alors qu’elle réfléchissait à quoi faire. Ce cygne … était très intelligent. Il n’avait pas encore été touché et de l’autre côté, il ne semblait pas encore avoir tout donné, loin de là même ! Mais … Mais … Bon …

« Motivez-vous si vous voulez me battre. Vous n’avez guère réellement le choix pour cela. »

Le cygne revint atterrir sur le sol, posant son regard sur la jeune femme masquée de blanc. C’était elle … et uniquement elle qui ne semblait guère motivée. Alors comment y arriver ? Peut-être qu’en jouant sur les sentiments ?

« Hum … Demoiselle ? Avez-vous une raison qui vous pousse à récupérer ces médaillons ? »

« … … … Je ne pense pas que cela vous intéresse plus que ça. » répondit-elle avec lenteur, cherchant le piège dans les paroles du cygne tandis que celui-ci disait aussitôt :

« Il le faut bien. Peut-être avez-vous nulle idée de ce que ces médaillons représentent ? Peut-être que dans le fond, vous serez celle qui emmènera le cataclysme dans ce monde ? »

« Qu’est-ce que vous racontez ? C’est n’importe quoi … L’Oracle ne ferait jamais une telle chose … Pas du tout même … Et qu’est-ce donc alors ces médaillons ? Il y en a trois par royaume, c’est qu’ils ont alors une utilité non ? »

« Exactement … Mais vous ne semblez pas savoir ce que ces médaillons représentent visiblement. Peut-être êtes-vous au final qu’un pion qui ne sait pas qu’il se fait manipuler ? Oups … Attention, vous risqueriez de blesser quelqu’un. »


La dernière phrase s’était adressée au prince, celui-ci continuant de tenter de combattre le cygne sans y arriver réellement. Malgré ses jets d’eau et ses pieux de glace, il était complètement maîtrisé par la créature, le cygne dansant allégrement au gré du vent qu’il produisait, observant la jeune femme au masque blanc. Trônant sur un rocher de la grotte, ses ailes déployées, il reprit :

« Est-ce là la véritable raison de ta présence en ce lieu ? Je ressens autre chose … Ce n’est pas vraiment ce que tu recherches ici. »

« Elle recherche un homme qui lui a sauvé la vie et inversement, voilà tout ! Que je sache, ce n’est pas un interrogatoire, non ? Je suis désolé mais nous ne pouvons pas perdre de temps. »

« Hum ? En voilà un prince bien impertinent. Là aussi, je me dis que les apparences sont visiblement très trompeuses. »

Trompeuses … C’était exactement ce qu’elle pensait en voyant l’adolescent aux cheveux bleus. Depuis qu’elle lui avait montré son incapacité à courir normalement, elle remarquait qu’il semblait bien plus … « ouvert » ?
C’était un drôle de terme qu’elle utilisait mais cela correspondait plutôt bien à l’adolescent. Il semblait plus enclin à montrer ses émotions. Peut-être que dans le fond, il n’aimait pas être considéré comme un perdant ? C’était assez comique en un sens et …
NON ! Ce n’était pas le moment de penser comme ça ! Elle avait autre chose en tête hein ?! Elle devait … se concentrer … mais les paroles du cygne étaient troublantes … Vraiment troublantes même … Elle ne savait pas réellement quoi penser dans le fond avec toute cette histoire … Est-ce que le cygne mentait ? Et non … Elle était là pour les médaillons en partie.

HEY ! Quand elle y pensait … De quoi se mêlait Royan ?! En disant qu’elle recherchait un homme ! Ce n’était pas aussi simple que ça ! Et puis, il n’avait pas à dire cela ! Et puis zut … Pourquoi est-ce qu’elle perdait sa concentration ? Le cygne ne se battait pas réellement … Elle non plus … Il n’y avait que le prince qui semblait réellement vouloir combattre.

« La prochaine fois, il vaut mieux que vous vous taisiez, prince ! Ca ne vous concerne pas qui je recherche ! » répondit-elle finalement, le cygne donnant un coup d’aile. Subitement, elle s’envola en arrière, poussant un cri de surprise alors qu’elle semblait hébétée.

Plaquée avec force contre un mur, elle s’était mise à cracher un peu de sang à travers on masque, retombant lourdement sur le sol. Elle se releva aussitôt, gémissant de douleur alors qu’elle se passait une main sur le dos. AH ! Son arc était tombé aussi ?! Elle le récupéra alors que c’était maintenant au prince de percuter un mur.

« Hum … Je vois … Je comprends … Vous n’avez donc pas la volonté. Je ne vous tuerai pas car vous ne me tuerez pas. Vos envies ne sont guère belliqueuses. Partez tout simplement et vous aurez alors la vie sauve. »

« Je ne partirai pas sans ce médaillon. » murmura t-elle avec lenteur.

« Les lignes de Zélisia ne sont pas faites pour se battre mais pour soigner … Vous avez plus de puissance avec elles mais ce n’est rien comparé à celles d’Alzar. »

« Je connais quelqu’un qui possède les lignes d’Alzar. Il trouve que cela est plus dramatique qu’autre chose … Il ne veut pas vivre avec. »

« C’est plus une malédiction qu’une bénédiction … Il est vrai … » répondit le cygne tandis qu’elle bandait son arc, faisant apparaître une seule flèche. Autant concentrer tout dans celle-ci. Mais … Le cygne la regardait déjà, la fixant intensément :

« Inutile … Si cela n’a pas marché une fois, pourquoi cela marcherait t-il une seconde fois, n’est-ce pas ? Et … Non … Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. »

Le cygne s’était aussitôt bougé alors que la flèche parcourut d’une aura verte était partie. Mais en même temps, le prince avait gelé le sol en direction du cygne, celui-ci s’envolant pour esquiver la flèche et ne pas glisser. La flèche se planta dans la roche derrière le cygne.

« Vous êtes finalement tombé dans mon piège. »

Hum ? Le cygne se retourna au dernier moment alors que la flèche parcourut d’une aura verte explosait, provoquant une violente déflagration de vent. Le cygne tenta de garder le contrôle de son corps, sans y arriver, retombant au sol juste à quelques centimètres de la jeune femme. L’arc avait déjà disparu pour laisser place à deux dagues. Deux dagues qu’elle pointait en direction du cou du cygne.

« Vous avez perdu … Est-ce que vous reconnaissez votre défaite ? »

« Hum … Ne serais-tu pas un peu présomptueuse, jeune femme ? Ce n’est pas suffisant pour me faire croire que tu peux posséder ce médaillon. Il faudra faire bien mieux. »

Bien mieux ? Ce n’était pas assez ? Elle ne voulait pas le bless … Un coup d’aile et voilà qu’elle était allongée sur le sol, la patte du cygne posée sur son ventre. Gloups … Elle … Elle n’avait pas fait attention … Ce cygne … Il savait très bien se batte.

« Et maintenant ? Dois-je dire pareil ? Reconnaissez-vous votre défaite, jeune demoiselle ? »

« … … … Jamais. »

« Qui est donc cet homme dont ce prince parlait ? Peut-être que je pourrais vous menacer à son sujet ? Il ne sera pas difficile pour moi de trouver … »

« C’est un adepte des lignes d’Alzar. » répondit le prince alors que le cygne se tournait vers lui. Royan semblait s’être calmé au fur et à mesure des secondes qui s’écoulaient.

« Un adepte des lignes d’Alzar ? Sa disparition serait donc une bonne chose. Partez de là. »

Le cygne avait retiré une patte d’Elen, lui donnant un coup avec celle-ci pour l’envoyer au loin avant de commencer à battre des ailes pour s’envoler légèrement au-dessus du sol. Qu’est-ce qu’il … Qu’est-ce qu’il allait faire ?

« Donc … Un adepte des lignes d’Alzar ? Cela ne devrait pas être si difficile à trouver, je pense. » murmura la créature aux ailes bleues alors qu’elle becquetait un peu son plumage, en sortant un petit objet qu’ils reconnurent facilement.

« Le médaillon ?! Il était dans son plumage ?! » vint dire Royan.

« Jeune demoiselle, vous feriez mieux plutôt de vous préoccuper de cet homme. Je vais aller lui rendre visite Dans le cas où vous pensez qu’il se peut que je me trompe, n’ayez donc aucune inquiétude à ce sujet. Des hommes manipulant les pouvoirs d’Alzar, il n’y en a pas tant que cela … Et puis, une telle abomination dans ce monde doit disparaître non ? »

« Que … Que … Quoi ? Abom… Abomination ? »

« Et bien ? Les lignes d’Alzar ne cessent de faire souffrir, de détruire et de ravager … »

« TERY N’EST PAS COMME CA ! VOUS NE VOUS EN APPROCHEZ SURTOUT PAS ! » hurla t-elle avec véhémence alors que mon masque blanc se fissurait légèrement.

« Hum ? Et pourquoi cela ? Qu’est-ce qui le rendrait si différent ? Parce qu’il est sensé vous connaître ? Ce n’est pas une bonne rai … »

Hum ? Cette déferlante de puissance … Le masque blanc qu’elle portait … Si il commençait à se fissurer, cela voulait dire une chose. Il n’était plus assez résistant pour contenir sa puissance et la renforcer. Elle devenait sérieuse ?

« PRINCE ROYAN ! BOUGEZ DE LA ! METTEZ-VOUS A L’ABRI ! »

Hein ? Quoi ? Elle avait repris son arc, le dirigeant vers le cygne … puis vers le plafond ? Une dizaine de flèches apparurent les unes après les autres, s’enflammant complètement alors qu’elle visait le plafond. Qu’est-ce que …
A chaque flèche plantée dans le plafond, une explosion se produisit, des morceaux entiers du plafond commençant à s’écrouler tout autour d’eux. Le prince était revenu à l’entrée de la pièce, étant bien plus à l’abri dans cet endroit.

Qu’est-ce qu’elle comptait faire ?! Les enterrer vivants ?! Elle était devenue complètement folle ou quoi ?! RAHHHH ! Il fallait l’arrêter avant qu’elle ne détruise tout ! Pourtant, la jeune femme ne se préoccupait même plus du cygne, visant simplement le plafond.

« Je sens qu’il va falloir se calmer, jeune demoiselle. » murmura doucement une voix derrière elle alors qu’elle eut à peine le temps de se retourner avant d’être projetée contre un rocher qu’elle avait fait tomber du plafond.

Le … Le cygne … Il s’était déplacé à une telle vitesse qu’il n’avait rien pu voir … Et là … Ca ne servait à rien de vouloir aider la jeune femme masquée … Ah … Il devait garder son calme … Prendre une grande respiration. Il avait été trop loin depuis le début.

« Cela ne me concernait pas que je sache … Et pourtant, je m’en suis mêlé. »

Oui … L’histoire d’amour de la jeune femme, si c’en était une… ne concernait qu’elle et ce jeune homme. Mais l’énervement de la jeune femme à chaque fois qu’ils parlaient du jeune homme était quand même assez étonnant.


Couchée à nouveau sur le sol, elle ne pouvait plus du tout bouger. Elle … Elle avait été battue à plate couture tandis que le cygne reposait ses pattes sur elle. Il ne semblait même pas se soucier de l’humiliation qu’il lui faisait subir.

« Nulle raison de s’emporter ainsi … Surtout de la part d’une adepte des lignes de Zélisia. Cela me surprend de voir une telle personne se mettre en colère pour un apôtre d’Alzar. »

« Ne le touche pas … Il … Il n’a rien fait ! Il n’a rien à voir dans cette histoire ! »

« Et alors ? Quelqu’un possédant des lignes d’Alzar mérite tout simplement de … »

« IL N’A RIEN FAIT ! Il ne sait même pas les utiliser ! Je ne vais pas lui créer de nouveaux problèmes ! JE NE VEUX SURTOUT PAS ! »

Elle s’était mise à trembler, gesticulant au sol bien que cela était complètement inutile. Elle devait bouger ! ELLE DEVAIT BOUGER ET L’ARRÊTER AVANT QU’IL NE LE FASSE SOUFFRIR ! Son masque continuait de se fissurer, le cygne reprenant :

« Tu n’es pas celle qui lui créera de problèmes. »

« SI ! Car j’ai rencontré un cygne complètement cinglé et qui dévore les personnes ! »

« Cela m’affecte d’entendre de tels propos de ta part. Nous allons jouer tous les deux. Si tu es capable de me soulever et de t’extraire de mes pattes, je considère que tu as gagné. Si tu n’y arrives pas, tu rejoindras ces fameux crânes qui ornent mon nid … Ou ce qu’il en reste maintenant … par ta faute. Libre à toi d’accepter. »

« Je … Je … Je vais y arriver ! »

Mais elle ne comprenait pas pourquoi son masque était en train de se fissurer. Heureusement que Royan était assez loin car il était hors de question que le prince la voit. Elle devait … Elle devait y arriver … Car sinon Tery serait ENCORE en danger par sa faute !


Et ça … ça … Il en était hors de question … Elle poussa un râle, des lignes blanches apparaissant sur la globalité de son corps alors que le cygne haussait un sourcil s’il en possédait un. Sa patte se soulevait peu à peu tandis qu’il murmurait :

« Tu n’es pas normale … Pas du tout … »

« Ne fait pas … de mal … à Tery. Je l’ai déjà assez fait souffert … dans le passé ! »

Les deux mains se positionnèrent sur les pattes du cygne, le soulevant avant de le projeter contre un mur. Un cygne bien plus grand qu’elle … L’adolescent était aussi étonné que la créature, celle-ci se retrouvant avec bon nombre de blessures à cause de la projection. Cela avait été rapide, violent et efficace alors qu’elle se levait :

« J’ai … J’ai réussi … Alors … Donnez-nous … le médaillon … s’il vous plaît. »

« … … Je pense que je n’ai pas le choix. Je perdrai cette bataille si je continuais. »

Le cygne becqueta contre son plumage, récupérant un pendentif avec une sorte d’émeraude incrustée dans celui-ci. Il envoya l’objet au sol en direction d’Elen, celle-ci posant une main sur son masque fissuré. Elle semblait réellement … exténuée …

« ATTENTION, MADEMOISELLE ! IL ATTAQUE ! »

Elle s’était penchée tout simplement pour récupérer le médaillon, ne remarquant même pas que le cygne s’était rapproché d’elle. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres de l’un par rapport à l’autre, le cygne l’observant longuement :

« C’est bizarre … Cette impression … Je ne la ressens plus maintenant… »

« De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda t-elle en reculant aussitôt.

Elle préférait se méfier, elle n’était pas sûre du tout de ce qui se passait, loin de là même. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas confiance mais …

« Ce n’était qu’une hypothèse non-raisonnable de ma part. » répondit le cygne alors qu’il s’était mis à becqueter son propre corps, comme pour soigner ses blessures ou les arrêter.

« Et maintenant ? Qu’est-ce qui … va se passer ? »

« Qu’est-ce qui va se passer ? Que voudrais-tu qu’il se passe, jeune demoiselle ? »

« Euh … Et bien … Je récupère le médaillon et nous nous en allons, c’est cela ? » demanda t-elle alors que le cygne recommençait à l’observer longuement avec attention.

« Que pensiez-vous faire d’autre ici ? Vous avez ce pour quoi vous êtes venus non ? »

« Oui … Oui … C’est vrai … Je suis désolée de vous déranger plus longtemps. »

… … … Elle s’apprêtait déjà à partir alors que le prince ne disait rien du tout, le cygne continuant de la regarder en la fixant.

« Vous n’avez rien d’autre à me demander ? Pourtant, vous le pourriez … Surtout que cela peut s’avérer assez important si vous y réfléchissez bien. »

« … … Je ne vois vraiment pas ce que je peux vous demander. »

« Peut-être au sujet du jeune homme que vous recherchez ? » demanda t-il une nouvelle fois tandis qu’elle se retournait, plus qu’intéressée par les paroles du cygne.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Vous savez où il se trouve ? »

« Bien entendu … Rares sont les personnes à posséder des lignes d’Alzar ou de Zélisia. Je suis même capable de les repérer. Votre compagnon que vous recherchez, il possède des lignes d’Alzar n’est-ce pas ? Est-il accompagné ou non ? »

« Par une femme possédant … des lignes de Zélisia … Et une autre avec des lignes d’Alzar. »

Le prince était légèrement étonné des paroles de la jeune femme au masque fissuré. Son … compagnon … L’homme qu’elle recherchait. Il était quand même très bien entouré hein ?

« Donc … Deux adeptes d’Alzar et un de Zélisia. Hum … Cela est difficile à croire qu’ils travaillent en commun mais en voyant vos émotions dans ce combat, je me dis que ce n’est pas impossible. Je ressens trois énergies collées les unes contre les autres à environ deux cents kilomètres au nord-ouest de cette position. »

« Cela risque d’être très difficile de le retrouver mais merci ! Peut-être qu’avec des lettres, je pourrai communiquer avec lui pour tenter de m’aider ! »

« … Bonne chance dans votre quête … »

Voilà qu’ils partaient maintenant, laissant seul le cygne alors que celui-ci retournait dans son nid. D’un coup d’aile, il retirait les rochers et les crânes brisés, s’installant dans son petit coin sans plus un mot. Lorsqu’ils ne furent plus là, il murmurait :

« Même si je sens que vous faites une bêtise dont vous ne savez rien. »

Oui … Mais le pire n’était pas ce qu’ils allaient faire mais ce qui allait se produire après. De l’autre côté, il était en proie à une interrogation dont il n’aurait jamais pensé se poser la question avant aujourd’hui.

« Cette femme … Pendant un instant … J’ai cru apercevoir en elle … mais non … »

Ce n’était qu’une idiotie, une erreur de sa part. Ce n’était pas possible tout simplement.

Chapitre 47 : Filer au gré du vent

Chapitre 47 : Filer au gré du vent

« Vous semblez bien plus heureuse qu’hier, mademoiselle. »

« J’ai reçu une lettre de Tery. » répondit-elle en marchant d’un air guilleret.

« Ceci explique cela. » murmura l’adolescent aux cheveux bleus alors qu’elle continuait d’avancer sans réellement se préoccuper du reste. Elle se tourna subitement vers Royan, l’observant de ses yeux bleus avant de dire :

« Bon … Par contre, est-ce que nous sommes assez loin de la première créature gardienne du médaillon ou non ? Je me rappelle qu’à Shunter, il y avait un chef gnomold isolé qui en possédait un tandis qu’un autre avait été avalé par un ver géant. »

« A Claudiska, les créatures sont nos amies. La majorité des espèces présentes dans ces nuages est pacifique. Nous ne devrions avoir aucun mal à récupérer les médaillons si nous nous montrons respectueux envers elles. Elles sont même douées d’intelligence paraitrait-il. » répondit l’adolescent aux cheveux bleus alors qu’elle écarquillait les yeux :

« Des créatures intelligentes ? Du même niveau qu’un Gnomold ? Ou alors bien plus évoluée que cela ? Car des créatures utilisant des lignes, ce n’est pas anormal mais … »

« Je pense qu’elles sont bien plus intelligentes que les Gnomolds. Au passage, je vous conseille de faire attention à vos propos. Dans ce royaume, les Gnomolds sont respectés comme d’autres espèces. Il faut savoir que les Gnomolds sont la seule race représentée dans l’entièreté de ce monde et il paraîtrait même qu’elle était là bien avant nous. »

« C’est vrai, j’avais déjà cru entendre une telle chose … ou alors lu … Je n’en suis pas sûre mais ce que vous dites est réaliste car bon nombre de personnes pensent la même chose. Ca serait quand même bizarre non ? »

« Bizarre dans quel sens ? Pourquoi cela serait-il bizarre que les Gnomolds soient arrivés avant nous ? Ce n’est pas si surprenant que cela. Nous ne sommes pas nés avant tous les autres, il ne faut guère l’oublier. Ce qui est plus surprenant, c’est le fait que les Gnomolds de chaque royaume a quelques particularités de chaque race. Ainsi, les Gnomolds de mon royaume ont des écailles ou alors une carapace sur leur corps. Ce n’est pas rien. Ils sont aussi d’excellents nageurs. »

« A Shunter … A part qu’ils sont bossus, je ne crois pas avoir remarqué de choses bien différentes. Il faut dire que je n’ai jamais vu des Gnomolds à Traslord. »

« C’est bien dommage mais bon, à côté, vous n’êtes pas souvent sortie des villes non ? »

« … C’est le cas, oui. » répondit la jeune femme aux cheveux blonds.

Bien que ce n’était pas une information des plus importantes, elle reconnaissait que c’était insolite. Si les Gnomolds de chaque royaume ressemblaient un peu aux humanoïdes qui les dirigeaient, on pouvait peut-être les considérer comme des sous-humains ? Dis comme cela, c’était plutôt insultant envers les Gnomolds mais sur le coup, elle ne pensait vraiment pas à mal, loin de là même. Savoir ce genre de connaissances … était sûrement inutile.

« Mais bon … Ce n’est pas très important, n’est-ce pas ? »

« De quoi donc, mademoiselle ? » demanda l’adolescent en s’arrêtant de marcher.

« Au sujet des Gnomolds. Je ne m’intéresse pas plus que cela à eux. Néanmoins, je suis un peu pressée que nous avancions. Dès que nous serons sortis de la ville, nous devons aller nous rendre où ? Vous le savez bien mieux que moi. »

« Hum … Il y a environ une trentaine de kilomètres mais c’est toujours sur le même nuage. A partir de là, il faudra quand même que nous fassions attention où nous mettons les pieds. Ce n’est pas parce que la créature gardienne ne nous attaquera peut-être pas que les autres ne le feront pas. Nous devons nous méfier au cas où. »

Oui, il avait entièrement raison, cela changeait un peu de ses paroles habituelles. Après une dizaine de minutes, ils avaient quitté la ville, marchant sur un chemin entouré d’herbe. C’est vrai … Autre le fait qu’ils étaient sur un nuage, tout le reste était semblable à un terrain des plus normaux. Elle avait déjà fait la remarque auparavant mais bon …

« Est-ce ce sont vraiment des nuages sur lesquels nous sommes ? »

« Hum ? Mademoiselle, je vous ai déjà répondu à ce sujet. Nous sommes sur des îles flottantes mais dont la base est constituée de nuage. Ainsi, si je devais prendre un exemple : imaginez qu’il y a environ cent mètres de hauteur sur une île. Environ quatre-vingts mètres seront constitués de terre tandis que les vingt derniers seront constitués de nuages. Enfin bon, je ne connais pas forcément grand-chose à ce sujet mais c’est ainsi que cela se passe. Certains nuages sont crées artificiellement car une partie glacée doit être crée. »

« Est-ce pour cela que Claudiska et Traslord sont en si bons termes entre eux ? »

« C’est l’une des raisons de notre alliance si vieille, c’est exact. Claudiska a indirectement besoin de nous et inversement. Lorsque nos bateaux doivent naviguer, le vent nous est utile pour nous emmener à bon port. Il faut aussi éviter les tsunamis et autres tornades qui pourraient faire des ravages. C’est pourquoi nous sommes tous liés et soudés. »

« C’est … beau … Enfin, je dis ça comme ça mais … »

« Mais quoi donc ? » demanda l’adolescent aux cheveux bleus, la fixant tout en marchant. Il ne voulait pas répéter la scène d’hier où ils s’arrêtaient toutes les deux secondes car la jeune femme était plongée dans ses pensées.

« Et bien … Après tout ce qui se passe actuellement avec cette guerre, je me dis que c’est une bonne chose que certains peuples soient en paix entre eux, c’est ça que je trouve très bien personnellement mais bon … »

« Mais bon quoi ? Soyez plus précise au lieu de tourner autour du pot. »

« Et bien … C’est juste éphémère. Ca n’existera jamais une paix réelle de toute façon. » répondit-elle finalement avec une certaine tristesse alors qu’il haussait un sourcil, légèrement surpris par ses paroles. Elle semblait plus pessimiste qu’il ne le pensait.

« Notre relation avec Claudiska est solide. Je ne m’inquiète pas à ce sujet. »

« Tant mieux alors ! Vous voulez courir ou non ? Peut-être qu’en utilisant un peu mes lignes blanches, je peux nous faire courir plus rapidement. »

« Je ne penses pas que cela soit une bonne idée. » murmura l’adolescent.

Mais pourtant, elle avait déjà relevé ses manches, des lignes blanches apparaissant dessus alors qu’un léger vent se fit sentir dans leurs dos. Elle commença aussitôt à courir à toute allure en avant, sa vitesse semblant prodigieuse comparée à auparavant.

Lui ? Il avait commencé à courir mais dès les premiers pas, il s’écroula violemment dans l’herbe, la jeune femme s’arrêtant aussitôt. Elle revint vers lui, s’approchant pour voir ce qui s’était passé alors qu’elle lui demandait :

« Et bien ? Vous ne savez pas courir ou quoi ? »

« Facile à dire pour vous … Vous avez l’habitude d’utiliser le vent comme élément pour accélérer votre vitesse mais moi … C’est la première fois. »

Oh ? C’était bien la première fois qu’elle l’entendait se plaindre. Cela avait quelque chose d’assez mystérieux … Et amusant en un sens. Elle tendit sa main gantée, reprenant :

« Prenez ma main et tenez la fortement donc … »

« Non, c’est bon, je pense que je peux y arriver quand même. »

Excès de confiance ? Vanité mal placée ? Beaucoup de termes pouvaient être utilisés pour ce moment puisqu’elle fit un petit geste de la main pour lui dire de commencer à courir devant elle. Chose qu’il fit … avec échec. Cela n’avait même pas duré cinq secondes qu’il se retrouvait à nouveau la tête plongée dans l’herbe. Pourtant, aucun grognement … Il s’était relevé avec dignité malgré ses habits tachés de vert.

Elle ? Elle se retenait de rire car elle trouvait cela assez amusant en un sens. Mais bon … Elle devait quand même essayer de l’aider n’est-ce pas ? Ce n’était pas très sympathique de se moquer alors … Bon … Elle se présenta à côté de lui, tapotant doucement le sol de son pied droit avant de prendre la parole :

« Je vais vous expliquer comment faire. Tout d’abord, le grand problème lorsque l’on commence à utiliser la magie du vent pour accélérer sa course, c’est que nos jambes ne suivent pas le mouvement. »

« Hum ? Et alors ? Comment faire ? » demanda l’adolescent, comme résigné à écouter ce que la jeune femme au masque blanc avait à dire.

« Et bien … Rien ne sert de se presser. Moi, j’ai pris l’habitude au fil des années car cela me permettait de parcourir des distances très longues en un laps de temps très court. Mais vous … qui débutez dans la course liée au vent, vous avez besoin de beaucoup d’entraînement. Tout d’abord, il faut essayer de suivre le rythme de nos pas. Regardez mes pieds. »

Elle tapotait d’abord du pied droit sur le sol puis du pied gauche et ainsi de suite, cela semblait d’abord se faire lentement puis de plus en plus rapidement. L’adolescent aux yeux bleus écarquilla ces derniers. Cette vitesse … Il ne voyait presque plus ses deux pieds.

« Ensuite, il faut réussir à garder le rythme même en courant, ce n’est pas vraiment simple mais on peut y arriver. Je vous fais une démonstration. »

Elle s’était mise à courir avec lenteur. Malgré le vent qui soufflait derrière elle, elle courait lentement ? Elle voulait vraiment lui faire une démonstration ou alors se moquer de lui ? Il ne le savait pas mais il remarquait qu’elle accélérait au fur et à mesure. Ses pieds … Malgré la vitesse utilisée, elle semblait garder le contrôle de ses deux jambes. C’était vraiment impressionnant, il fallait l’avouer.

Puis finalement, elle s’arrêta devant lui, prenant une profonde respiration comme si elle avait courut un marathon. Hum ? Pourquoi est-ce qu’elle était aussi épuisée ? Il ne voyait pas de raison à cela mais bon … Elle prit la parole :

« Bon … Je crois qu’en fin de compte, on ne va pas courir. Je me suis épuisée rien qu’à vous montrer comment faire … De l’autre côté, on n’avancera pas aussi vite que prévu. »

« Cela ne m’a pas l’air simple à faire d’après ce que je vois. »

« Ca ne l’est pas ! Mais ça l’est encore moins pour expliquer ! Je dois encore plus réguler ma vitesse … Pfff … Sincèrement … Je me demande comment nous allons faire. »

« Je suis désolé de ne pas avoir vécu autant d’aventures que vous. » répondit soudainement l’adolescent avec un peu d’ironie alors qu’elle haussait un sourcil :

« Hein ? S’il n’y avait que ça … Car personnellement, je ne suis pas une folle aventurière contrairement à ce que vous semblez croire. »

« Vous n’avez pas parcouru bon nombre d’endroits ? »

« Bien sûr que non ! C’était la première fois que je mettais les pieds à Traslord ! Mais aussi à Claudiska ! Shunter, cela date d’il y a quelques mois mais avant ma majorité, je ne faisais que voyager dans les environs de mon orphelinat. »

« Votre orphelinat ? Vous êtes donc une orpheline ? »

« Pas vraiment … Mais en quoi est-ce que cela vous intéresse hein ? » dit-elle avant de se mettre à marcher avec anxiété. Non mais … Elle n’avait pas à raconter son existence à autrui.

« En aucun point … Enfin, cela m’aurait permis de mieux vous connaître. »

« Il n’y a pas besoin de se connaître plus que cela puisque vous ne m’appréciez pas et inversement. » répondit-elle aussitôt, l’adolescent reprenant :

« Vous m’avez sauvé la vie, je ne peux pas l’oublier comme cela malgré tout ce que vous dites, mademoiselle. C’est impossible à mettre de côté, je ne suis pas ainsi. »

« Hum … Quelqu’un de froid ? J’ai beaucoup de mal à y croire. »

Mais bon … Elle haussa les épaules, ne lui parlant plus alors qu’il faisait de même tandis qu’ils se remettaient en route. Il ne fallait pas perdre de temps. Bon … Où est-ce qu’ils allaient ? Où est-ce qu’ils devaient se rendre ?

L’adolescent avait pris les commandes du duo, Elen observant le décor autour d’elle. Vraiment … On ne voyait pas de différences avec le reste … outre le fait qu’elle était sur une île qui flottait au-dessus du sol et cela à plusieurs dizaines de mètres voir centaines … Quand même … Ca restait très impressionnant.

Pourtant, Royan ne semblait pas en tenir compte. Le regard sérieux, les yeux froncés, il avançait sans un mot. On pourrait presque croire qu’il avait très mal pris les paroles de la jeune femme au masque blanc. Et quand on regardait de plus près, on remarquait bien qu’il marchait d’une drôle de façon et surtout jetait un regard à ses pieds toutes les deux secondes.

Finalement, elle préféra ne pas lui poser de questions. Elle sentait qu’elle allait sûrement le vexer de toute façon et donc … Il valait mieux ne pas l’embêter avec tout ça. Ah … Bon … Est-ce qu’ils allaient avancer ou non ? Car en fin de compte, elle avait l’impression de marcher pendant des heures mais pour rien du tout.

Et pourtant … Et pourtant … Au bout du chemin, ils arrivaient devant une grotte. Tout de suit, elle tressaillit … Les deux dernières grottes visitées … ou presque … Cela avait été avec Tery. Mais maintenant, elle ne pouvait pas réellement compter sur l’adolescent.

« Laissez-moi faire … Etant de sang royal et surtout un allié de Claudiska, je suis le plus à même de pouvoir discuter avec eux. »

« Bien entendu … Et si vous vous faites dévoré, j’annonce cela comment aux personnes qui vous attendent dans votre royaume, hein ? »

« Cela n’arrivera pas, à vous de me faire confiance si vous pensez y arriver un jour ou non. »

« … Je ne pense pas y arriver un jour. » répondit-elle aussitôt alors que l’adolescent s’arrêtait avant même de rentrer dans la grotte. Quand on regardait bien … L’herbe semblait aussi poussé dans celle-ci ? Hein … Mais …

Il y avait plusieurs rayons de lumière à l’intérieur de la grotte. C’était plutôt sympathique et joli quand on y posait plus longtemps le regard dessus. Oh oui … Bien joli … La grotte devait sûrement être trouée en plusieurs endroits.

« Et bien ? On attend quoi sinon ? Je ne pense pas que la créature va sortir de la grotte et nous donner le médaillon très gentiment non ? »

« Nous allons rentrer … Rien ne sert de se presser de toute façon. »

Il disait cela avec une certaine monotonie alors qu’il faisait les premiers pas, s’avançant dans la grotte. Puis il fut rejoint par la jeune femme masquée de blanc, celle-ci tournant sa tête à gauche et à droite. Oui … Ils voyaient à l’intérieur de la grotte grâce à ces halos de lumière.

Hum … Il manquait juste quelques cristaux de différentes couleurs sur lesquels la lumière irait frapper pour rendre cette espace vraiment superbe. Hihihi … Elle aurait bien aimé visiter cela avec Tery d’ailleurs quand elle y pensait plus sérieusement.

« Hum ? Vous vous dépêchez ? Je ne sais pas du tout ce qui nous attend actuellement. Sur notre route, nous n’avons pas rencontré de monstres ou autres créatures dangereuses, c’est donc une bonne chose. Ne perdons pas notre chance. »

« Oui, oui, c’est bon. Ne vous en faites pas, je vous suis. » répondit-elle, le regard un peu perdu dans la vague alors qu’elle continuait de penser à Tery.

Pourquoi ? Pourquoi faire une fixation sur le jeune homme aux cheveux bruns ? Elle ne comprenait pas vraiment mais bon … Elle marchait derrière Royan, celui-ci accélérant même le pas. Hum ? Un peu en colère ou alors …

« Des humains … Êtes-vous là pour me retirer le médaillon de force ? »

La voix avait été prononcée doucement et délicatement, comme le ferait une mère à ses enfants. Ce n’était pas exactement cela mais … La voix avait quelque chose de vraiment magnifique quand elle l’écoutait. Ils arrivèrent à une sorte de petite salle souterraine où se trouvait une végétation luxuriante … et au beau milieu de celle-ci… Une sorte de nid. C’était de là d’où provenait la fabuleuse voix.

Et pour cause … Elle avait en face d’elle … Un magnifique cygne ? Oui … C’était bien un cygne mais d’environ deux mètres de hauteur. Un cygne ou plutôt une femelle cygne d’après la voix … Elle avait un plumage bleu mais constellés de nombreuses petites taches vertes … C’était plutôt surprenant ce mélange de couleurs mais c’était la nature qui l’avait ainsi faite … Et ce n’était pas laid … Car il y avait une telle magnificence de la part de la créature. Celle-ci ouvrait ses deux yeux saphir sur la jeune femme masquée et le prince, les observant pendant de longues secondes :

« Alors ? Avez-vous perdu le don de la parole en m’apercevant ? »

« Ortéria ? » demanda le prince après quelques secondes, s’inclinant devant la créature.

« Voilà donc … Il est rare que l’on m’appelle par mon véritable prénom. Qu’es-tu donc jeune homme en devenir ? Je ressens du sang royal en toi. »

« Je suis le plus jeune des trois princes de Traslord, l’allié du royaume dans lequel vous habitez. Je suis venu avec une amie pour vous demander un grand service. »

« Cela ne peut concerner que le médaillon que je garde auprès de moi, n’est-il pas ? »

« Je suis au regret de vous annoncer que oui. » murmura l’adolescent aux cheveux bleus en se redressant finalement, Elen restant parfaitement muette … trop muette. Le cygne se tourna vers elle, sa voix féminine résonnant à nouveau dans la grotte :

« Et bien ? Votre compagnonne ne parle guère. Est-elle effrayée par moi-même ? Je ne ressens guère de peur en elle … Peut-être est-ce plutôt de l’étonnement ? »

« Je … Je … Je … Enfin … C’est juste qu’à part les Gnomolds … Je n’ai jamais vu … de créatures capables de parler et vous êtes bien différente de … des Gnomolds. »

« Je le conçois et je l’espère. Je ne pense pas ressembler à ces créatures. Je vais considérer cela comme un compliment de votre part, jeune demoiselle. »

« Enfin bon … Euh … Qu’est-ce que nous devons faire pour obtenir ce médaillon ? »

Le cygne se releva peu à peu, ouvrant ses ailes en grand alors qu’elle reculait aussitôt. Le prince vint réagir de même tandis que le cygne reprenait la parole :

« Nous allons tout simplement voir à quel point vous êtes motivés pour tenter d’obtenir ce médaillon. Je remarque que vous n’êtes pas belliqueux … Mais récupérer ce médaillon et en pas être capable de le défendre impliquerait le fait que vous êtes trop faibles. »

« Vous voulez que l’on se batte contre vous … C’est cela ? »

Elle avait cru mal entendre mais c’était bien cela que les paroles du cygne impliquaient. Ah … Ah … Elle ne voulait pas faire de mal à une si belle créature mais …

« Je lis dans votre regard masqué que vous ne semblez guère convaincue de ma puissance, n’est-il pas ? Je vais donc vous recommander de regarde ce qui se trouve dans mon nid. Peut-être que cela vous donnera la motivation de me combattre ? »

Hein ? Que quoi ? Comment ça ? Le nid ? Qu’est-ce qu’il … AH ! Lorsque le cygne était couché, ils n’avaient pas pu remarquer mais … Mais … Elle évita de pousser un cri alors que l’adolescent aux cheveux bleus murmurait :

« Mais ce sont des … »

« Crânes, c’est exact. Ce sont les crânes de ceux qui ont essayé de me tuer pour récupérer ce médaillon. Ces êtres sans aucune morale. »

« Mais pourquoi les garder ? » demanda t-elle avec inquiétude alors que les yeux bleus du cygne se posaient sur elle, répondant :

« Car ils me tiennent chaud. On peut considérer cela comme une collection macabre si vous le préférez. Voulez-vous donc récupérer ce médaillon ? »

« Je … Je n’ai pas vraiment le choix … Royan, reculez, je m’occupe de ça. » répondit-elle alors qu’elle faisait déjà apparaître des lignes blanches ainsi que son arc.

« Il en est hors de question, mademoiselle. Je vais combattre aussi. »

« Un prince et une fille de Zélisia … Cela risque d’être intéressant. »

Le cygne se trémoussa sur lui-même, des lignes vertes apparaissant sur tout son plumage, les taches étant jointes par les dites-lignes. Déjà, un vent violent commençait à se soulever, la jeune femme et l’adolescent reculant de force. Cela n’allait pas être … simple.

Chapitre 46 : Flotte la vie

Quatrième partie : Une nouvelle trahison

Chapitre 46 : Flotte la vie

« Dépêchez-vous ! »

« Vous … Vous êtes du genre à ne pas vous reposer hein ? »

L’adolescent aux cheveux bleus s’était arrêté, reprenant son souffle alors qu’elle s’immobilisait à son tour, l’observant pendant quelques instants. Déjà fatigué ? Ce n’était quand même pas possible ! Cela faisait à peine deux heures qu’ils marchaient ! Elle vint s’installer contre un rocher, l’un des rares présents sur le nuage gigantesque où ils se trouvaient. Un nuage ? C’était exact … Ils étaient dans les airs, ils étaient tous les deux présents alors que le prince semblait la remercier du regard.

« Quand même … Pourquoi avoir continué à me suivre ? Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui vous est passé par la tête. »

« Je dois vous accompagner … Si vous voulez retrouver les trois médaillons de Claudiska … Je vous rappelle aussi que … »

« Mais vous n’étiez pas obligé ! C’est surtout ça le problème ! Je ne vous ai pas forcé à me suivre ! C’est ça que je ne comprends pas ! Vous auriez pu rester en sécurité là-bas ! » s’écria t-elle en haussant légèrement la voix, l’adolescent gardant ses yeux bleus fixés sur elle.

« Car je vous trouve potentiellement intéressante. Vous ne semblez pas comprendre que ce que je peux vivre à vos côtés est bien plus … »

« Vous avez décidé de me suivre pour des raisons personnelles ?! Simplement pour le goût de l’aventure ? » demanda t-elle éberluée alors qu’elle se redressait de son rocher.

« En quoi cela vous étonne, mademoiselle … Vous ne voulez toujours pas me dire votre nom ? Enfin qu’importe, j’ai décidé de vous rejoindre car j’estimais que c’était la meilleure chose à faire. Avec vous à mes côtés, je sais que la royauté de Traslord ne sera pas en péril. Vous m’avez déjà sauvé la vie, je vous suis redevable. »

« … … … Oh et puis zut, sachez simplement que vous ne le remplacerez jamais de toute façon ! » dit-elle alors qu’elle se retournait.


La photo … Elle n’arrivait toujours pas à croire que Tery l’avait bien reçue. Cela lui avait fait chaud au cœur … Surtout qu’il avait dit qu’elle … Qu’elle avait des yeux magnifiques. C’était … flatteur ? Enfin … Rien que de penser à ce compliment et voilà qu’elle rougissait sous son masque blanc. Tery n’était pourtant pas du genre à écrire de telles choses. De l’autre côté, il avait peut-être changé depuis le temps. Il était peut-être du genre à draguer toutes les femmes dans l’armée de Shunter.

Brrrr ! Rien que de penser à cette idée la fit frissonner, c’était simplement impossible mais … Elle n’était pas dans le cerveau du jeune homme. Ah … Elle le reconnaissait quand même … Ca lui manquait de passer ses journées avec Tery. Ah … Le moment où elle allait le revoir … Elle allait imaginer un sort pour qu’ils ne soient plus séparés ! Peut-être des menottes faites de pierre ? C’était une drôle d’idée mais bon … Pourquoi pas ?

« Mademoiselle ? Mademoiselle ? » demanda le prince Royan alors qu’elle sursautait à moitié. Bon sang ! Il venait de lui faire affreusement peur ! Qu’est-ce que l’adolescent lui voulait ?! Elle se tourna vers lui, prenant la parole d’une voix un peu troublée :

« Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ?! Il y a un problème ?! »

« Non … mais vous rêvassiez. Vous étiez en train de penser à ce jeune homme, n’est-ce pas ? » demanda le prince qui ne semblait pas avoir perdu son affront.

« Que je sache, ça ne vous concerne pas. Vous connaissez un peu les lieux, c’est vous qui me servez de guide mais je ne suis pas obligée de vous répondre au sujet de Tery. »

« Comme vous le désirez mais je sais parfaitement que vous attendez avec impatience ses lettres. » annonça l’adolescent alors qu’elle émettait un petit grognement.

« Cela ne vous concerne pas je crois. » répondit-elle séchement alors qu’il ne fit qu’hausser les épaules, la jeune femme reprenant aussitôt : « Et de toute façon, je ne vois pas pourquoi je devrais vous en parler. Quand est-ce que nous serons arrivés à cet animal gardien ? »

« Normalement, cela va nous prendre encore une ou deux journées de marche. Il existe des nuages gigantesques, comme celui où nous nous sommes. Néanmoins, je tiens à vous signaler que là-bas, il vous faudra me laisser parler. Vous ne paraissez clairement pas de confiance. »

« Répondit le jeune prince à celle qui lui a sauvé la vie. » ironisa t-elle légèrement alors qu’elle ne savait pas comment réellement l’expliquer. L’adolescent la lassait … contrairement à Tery. Peut-être parce qu’il n’était pas drôle ? Avec Tery, il y avait toujours quelque chose d’enjoué … quelque chose d’amusant …

« AH ! Vous voyez ! Vous repensez encore à lui ! » s’écria soudainement Royan alors qu’elle sursautait à cause du cri.

« Bon sang ! Vous ne pourriez pas éviter de crier comme ça ?! »

« Je suis bien obligé … Vous m’écoutez à peine … Je n’ai que ça comme possibilités … Mais quand même, je n’ai pas compris. A quoi ressemble t-il ? Vous vous connaissez depuis longtemps ? Est-ce votre promis ? » demanda le garçon alors qu’elle posait son regard bleuté sur lui. C’était quoi ces questions indiscrètes ?

« Je vous en pose des questions, moi ? Prince Royan ? »

« Non … Mais je me le demandais … Car rien qu’en voyant la lueur dans vos yeux, je me dis qu’il doit être un être exceptionnel. Est-il plus puissant que vous ? »

« Il possède des lignes d’Alzar … mais il ne sait pas les utiliser. Donc, il est bien plus débutant que moi … Je ne sais pas si cela se dit en ces termes mais bref … Non, il n’a rien de spécial … Il est juste un peu grognon et grincheux mais quand il … Non … Je ne crois pas que je puisse dire apprécie … » murmura t-elle en rougissant un peu sous son masque blanc.

« Qu’est-ce que la dernière phrase voulait dire, mademoiselle ? »

« Non rien … Enfin … Quand il est motivé, il veut rendre service et il fait de son mieux ! Enfin, ça fait trop longtemps que je ne l’ai pas vu … »

« … … … … … D’accord. C’est tout ce que je voulais savoir. » répondit l’adolescent alors qu’elle espérait qu’il en avait assez car là, elle avait trop parlé à son goût !

A côté … Elle reconnaissait que Claudiska avait un certain charme. Lorsqu’ils pouvaient se rapprocher du bord des nuages, il était possible de voir le vide au-dessous d’eux. Un vide vraiment immense puisque la majorité du temps … Elle ne voyait pas le sol ! Elle s’était même demandé ce qui se trouvait justement sur le sol.

Mais bon … Comme d’habitude, elle n’était pas là pour visiter et elle se rappelait des paroles des autorités de Claudiska. Le prince Royan avait été accueilli avec tous les honneurs qui étaient dû à son statut royal. Néanmoins, elle devait reconnaître que la demande au sujet des médaillons avait été plutôt … faite avec réticence. Eux-mêmes ne s’occupaient pas vraiment des médaillons mais des animaux-gardiens s’occupaient de tout cela.

Et donc … Là … Ils se dirigeaient vers la première créature, enfin, s’il n’y allait pas avoir de problèmes. Combien de temps cela faisait-il qu’elle était là ? Quelques jours à peine non ? Elle n’allait pas tout visiter toute façon en une semaine. Elle devait aussi prévenir l’Oracle non ? AH ! Elle s’arrêta aussitôt, ayant poussé un petit cri de surprise. L’adolescent aux cheveux bleus s’immobilisa, tournant son visage vers elle :

« Un problème ? Vous semblez sous le choc. »

« Mon dieu ! J’ai complètement oublié depuis que je suis partie ! »

« Qu’avez-vous oublié, mademoiselle ? » demanda t-il une nouvelle fois.

« … Ce … Ce n’est rien du tout … Rien de bien important … » bafouilla t-elle.

Quelle idiote ! Depuis le début … Depuis son départ avec Traslord, elle n’avait jamais écris à l’Oracle ! AH ! Qu’est-ce qu’il allait dire ?! Comment est-ce qu’il allait réagir ?! S’il savait qu’elle écrivait bien plus à Tery qu’à lui … Mais à côté … Si il y avait un problème avec cela, il l’aurait déjà contactée depuis longtemps non ?

Elle essayait de se donner une raison valable pour ne pas lui écrire … Elle ne voulait pas lui écrire … Elle n’en avait pas envie … Pas du tout même … Elle ne se sentait pas motivée à lui écrire. C’était bête mais … Elle ne voulait pas gâcher ses retrouvailles avec Tery alors NON ! Elle n’allait pas lui écrire ! Elle lui écrirait seulement s’il lui envoyait une lettre ! Pas autrement ! Elle posa son poing contre sa poitrine, signe de sa détermination alors que Royan la regardait étrangement, se demandant ce qu’elle faisait.

Tery … Elle lui avait envoyé une lettre, lui signalant qu’elle était bien arrivée à Claudiska. Ah … Mekalarma … Elle ne voulait surtout pas qu’il se mette en danger ! Sans elle à ses côtés, il allait parfaitement se rater ! Elle en était sûre et certaine ! Mekalarma était un endroit vraiment horrible pour toutes les autres civilisations ! Et en plus, quand on savait que les Shunteriens commettaient des crimes affreux et étaient en guerre … C’était beaucoup trop risqué pour lui ! Elle espérait avoir de ces nouvelles le plus rapidement possible ! Et surtout des bonnes bien entendu !

… … … L’adolescent continuait de la regarder, s’étant immobilisé. Ils n’avançaient pas le moins du monde depuis déjà plusieurs minutes … car elle faisait des arrêts fréquents. Il vint s’asseoir sur une pierre, attendant que la jeune femme ait terminé son petit cinéma.

Et il avait attendu … Plus d’une dizaine de minutes même mais il ne disait rien du tout. Il restait parfaitement de glace alors qu’elle continuait de se parler à elle-même en chuchotant. Des personnes normales auraient trouvé cela touchant ou inquiétant suivant le degré de connaissance de la personnalité de la jeune femme mais lui … Ca le laissait de marbre.

« Pourquoi est-ce que l’on reste sur place ? » demanda t-elle finalement après plusieurs minutes, l’adolescent haussant les épaules avant de dire :

« Car je vous attendais, mademoiselle. Avez-vous terminé ? »

« Terminé quoi ? Je n’ai même pas commencé quelque chose. »

« Ca ne fait rien … Nous devrions réellement avancer, pour essayer de trouver une ville pour ce soir. » répondit Royan sans se mêler plus longtemps de cette histoire.

Hum ? L’adolescent était vraiment très bizarre. Elle l’aurait presque trouvé exaspéré par une conduite qu’elle n’arrivait pas réellement à expliquer. Mais bon … Si il fallait trouver une petite ville ou quelque chose du genre pour pouvoir dormir paisiblement et tranquillement.

Cela ne tarda pas et au bout de deux heures de marche, ils étaient dans une ville … céleste comme ils aimaient s’appeler. Oui … Les membres de Clausdiska appréciaient énormément ce terme pour parler de leurs cités. Les humanoïdes ailés les observaient, certains parlant entre eux en désignant le jeune garçon alors qu’elle faisait semblant de les ignorer. Oui … Elle ne passait pas inaperçue, elle le savait parfaitement.

« Cela est assez difficile d’être … connu. »

« Il ne fallait pas naître prince si vous ne vouliez pas être célèbre. »

« Je n’ai pas décidé de naître ainsi. » répondit-il avec lenteur alors qu’elle se taisait aussitôt. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose à dire en ce moment même.

Elle ne connaissait pas la perte d’un être cher … Et elle ne voulait pas la connaître un jour. Elle ne savait pas … si elle avait un être cher … à son cœur. Madame Liza ? Oui … Elle … Elle l’était quand elle y réfléchissait bien. Elle l’était même énormément. Oh … La vieille dame ne pouvait pas être considérée comme sa mère mais si elle devait l’appeler grand-mère, elle le ferait volontiers. C’était la seule personne sur qui … elle pouvait compter.

Hein ?! Elle vit le visage de Tery devant elle, s’immobilisant au beau milieu de la rue. C’était … C’était comme un flash. Elle tourna sa tête à droite et à gauche, se demandant si elle avait rêvé ou non mais … Non … Le jeune homme n’était pas là. Elle avait sûrement rêvé … Mais pourquoi penser à lui maintenant ? Qu’est-ce que tout cela voulait dire ?

« … … … Ca ne fait rien, j’y réfléchirai quand je serai en train de me reposer. »

Elle n’avait aucune explication à ses pensées de ce sujet mais ce n’était pas un souci personnellement. Elle n’allait pas se préoccuper plus de cela hein ? Encore que … Penser à Tery, c’était quand même … bizarre alors qu’elle réfléchissait à Madame Liza juste avant.

Voilà qu’ils étaient dans l’une des auberges les plus luxueuses qu’elle n’avait jamais vues de toute son existence. Enfin, ça ressemblait plus à une demeure gigantesque et très spacieuse qu’aux auberges dont elle avait clairement l’habitude.

« Pour ce soir, nous dormirons en ces lieux. J’ai demandé à l’aubergiste de vous donner une chambre pour femme avec de quoi écrire au cas où ce jeune homme vous enverrait une lettre. » répondit le jeune prince alors qu’elle balbutiait :

« Je ne vous ai jamais demandé tout ça ! Et arrêtez de dire à tout le monde que je suis une femme ! Ca ne se dit pas ! »

« Hum ? Je ne vois pas de raison … qui vous pousse à penser ainsi. »

« … … … … … Laissez-tomber et bonne soirée ! » répondit-elle en évitant de s’énerver avant de refermer la porte derrière elle.

Pfff … Non mais oui ! On ne disait pas une telle chose ! On ne disait pas qu’elle était une femme ! Elle cachait le fait qu’elle en était une et lui … Il demandait une chambre pour femme exprès pour elle ! Elle se serait débrouillée avec une chambre normale hein ?!

… … … … … Pfff … C’était une chambre bien trop coquette pour elle … pour une femme comme elle. Elle retira son masque blanc ainsi que sa capuche brune. Ah … Elle gardait toujours la cape de Tery avec elle. Hihihi !

Les épaulettes sur une chaise, elle s’observa dans son justaucorps rouge face au miroir déposé sur un bureau. Hum … Elle prit le peigne, cherchant à coiffer ses cheveux blonds hirsutes. Quand elle se regardait, elle se disait à chaque fois qu’elle n’était pas du tout féminine … Et même si … … … Enfin bon non … Ce n’était pas ça qui faisait la femme.

« Je me demande ce que Tery pense réellement de moi … »

Elle s’était dite cela, accoudée en face du miroir, son visage maintenu par ses deux mains. Hum … Elle réfléchissait à tout cela. Elle ne s’était jamais posé ce genre de questions auparavant mais … Tery était maintenant accompagné par deux femmes … Et de l’autre côté, elle était accompagnée par un homme. Un adolescent certes, mais un homme … Donc ce n’était plus la même chose qu’avec Tery.

« J’aimerai tellement … revenir en arrière. C’était vraiment chouette. »

Elle parlait un peu comme une enfant, cela faisait déjà combien de temps ? Une année ? Elle n’avait jamais pris réellement le temps de compter tout cela. Mais … Bon … Tery … Hum … Tery … Pourquoi est-ce qu’elle avait pensé à lui après avoir pensé à Madame Liza ? Elle ne savait pas vraiment … Elle n’avait aucune explication à donner.

« Si seulement j’avais une nouvelle lettre … Je pourrai lui écrire. »

… … … … … Rien ne lui empêchait d’en écrire une nouvelle et de l’envoyer mais elle aurait alors l’impression de se faire trop … pressante ? Enfin … Du genre à lui demander si tout va bien à chaque heure. Bref, quelqu’un de trop collant ! Ce qui n’était pas du tout son genre ! Non et non ! Elle n’était pas du tout comme ça !

… … … C’était fait exprès hein ?! Elle se redressa aussitôt de sa chaise après avoir entendu un peu de bruit du côté de la fenêtre. AH ! Elle avait une lettre ! Une lettre de Tery ! Difficile de cacher sa joie rien qu’à l’idée de savoir ce qu’il lui avait écrit. Elle récupéra la lettre aussitôt, commençant à l’ouvrir avec une énergie nouvelle avant de lire.

… … … Mais comment s’était-il mis dans tout ça ?! Elle n’arrivait pas à le croire mais … Mais … Il avait réussi à tuer le dirigeant de Mekalarma ?! Mais aussi à récupérer les médaillons ?! Mais pas seulement ! Il avait aussi combattu un golem gigantesque !

« Je me demande si il est en train de me mentir … Hum non … »

Ce n’était pas le genre du jeune homme de toute façon. Elle le savait parfaitement … Mais quand même ! Quels progrès spectaculaires ! Elle était encore plus pressée de le revoir maintenant ! Elle se demandait si il avait beaucoup changé ou non et puis …

« Que … que … Quoi ?! » s’écria t-elle dans la chambre d’un air surpris, ayant terminé de lire la lettre. Qu’est-ce … Qu’est-ce qu’elle avait lu ?!

Elle se coucha sur le lit, la lettre à la main, n’arrivant pas à le croire. Tery … se rendait à Claudiska lui aussi. Il venait sûrement chercher les médaillons à son tour. Il venait aussi … Enfin … Non … Elle ne rêvait pas … Il l’avait bien marqué !

« Il veut me revoir ?! Mais moi aussi bien sûr ! »

Elle se comportait à moitié comme un enfant alors qu’elle avait un grand sourire aux lèvres. Elle ne pouvait pas s’en empêcher … Elle était comblée … Elle posa une main sur sa poitrine, respirant très rapidement en murmurant :

« Moi aussi … Je suis pressée de te revoir, Tery. »

… … Très pressée même. La lettre contre son cœur, elle ferma les yeux en repensant à ce qu’elle venait de lire. Tery était à Claudiska … Tery était là … Près d’elle … Les lettres allaient arriver très rapidement …


… … … HIIIIIIIIII ! Rien que l’idée d’y penser, elle en était toute retournée. Tery … Elle allait le revoir … Elle devait lui dire où elle était, quelle était cette ville ! Avoir le plus d’informations pour qu’ils puissent se revoir ! Oui … Comme ça, dès qu’ils se reverraient, elle allait le remercier personnellement pour tout ce qu’il avait fait pour elle … Ah oui … Largement même … Elle avait beaucoup à se faire pardonner encore une fois …

« Il faut que je me promette de ne pas lui faire de mal … NON ! Je n’ai même pas à penser ainsi ! Je ne lui ferai aucun mal ! RIEN DU TOUT ! »

Elle en était sûre et certaine ! Tout allait se passer paisiblement ! Elle le savait car elle allait tout faire pour que ça soit le cas ! Elle ne reviendrait pas en arrière à ce sujet ! Elle en avait marre que tout se passe mal entre eux ! Alors que ce n’était pas voulu personnellement !

« Bon … Je vais lui écrire tout de suite … Comme ça, je saurai quoi faire … »

Et elle saurait quoi lui dire … Ce n’était pas difficile. Elle allait dire à quel point elle était heureuse de savoir qu’il venait à Claudiska. Elle se désintéressait complètement des deux femmes qui l’accompagnaient et son cerveau occultait presque complètement le fait qu’il ait appris à utiliser ses lignes noires d’une nouvelle façon.

Ahlala ! Elle était tellement motivée à écrire qu’elle ne remarquait même pas les minutes qui s’écoulaient puis les heures. Elle lui donnait le maximum de détails sur sa localisation, passant même une bonne heure à écrire sa lettre avant de finalement l’envoyer. Elle observa le bout de papier volant qui s’éloignait de sa vue, murmurant :

« Je pense que tu arriveras à destination, n’est-ce pas ? »

Ah … Et maintenant, elle allait pouvoir dormir paisiblement ! N’ayant plus que son justaucorps sur elle, elle se coucha sur le lit, se réfugiant sous les draps. Elle sentait qu’elle allait passer une nuit tout simplement divine. Oh … Que oui … Une nuit spéciale et qui donnerait surement envie de se réveiller le lendemain.

« … … … … … Peut-être que bientôt, lorsque je me réveillerai, Tery sera dans la chambre à côté ? Oui … Peut-être … Ca serait tellement bien … »

Tellement … parfait de se lever et de savoir le jeune homme à côté de soi. Ils iraient alors se promener dans la Cité puis ensuite, ils iraient chasser des Gnomolds ou alors faire de la lecture et apprendre diverses choses. Pourquoi pas ? Ca serait tellement … bien … Oh que oui … Ca serait vraiment parfait.

« Je ne me suis jamais sentie aussi soulagée … depuis ces dernières semaines. » se murmura t-elle à elle-même, tendant la main en direction du plafond.

Elle n’était encore qu’une enfant au niveau des relations avec autrui mais elle était sûre d’une chose : Tery était important pour elle. Maintenant, elle avait trouvé l’explication sur la raison de ce visage apparut après celui de Madame Liza.

« … … … Tu es aussi important qu’elle à mes yeux. »

Elle vint rougir violemment à ces paroles, s’enfonçant plus profondément dans les couvertures. Oui … Elle ne savait pas comment l’expliquer mais elle avait eut une soudaine bouffée de chaleur en prononçant ces mots. Le jeune homme avait une place aussi importante que celle de Madame Liza pour elle.

Elle … Elle pouvait le considérer comme un ami sincère. Le jeune homme n’essayera jamais de la trahir en fin de compte. Oui … Quand elle y réfléchissait, c’était exactement ça. Le jeune homme avait toujours été de son côté … Enfin presque tout le temps mais de l’eau avait coulé sous les ponts et … Elle voulait le revoir maintenant.

Chapitre 45 : Délai

Chapitre 45 : Délai

« Pourquoi est-ce que tu me poses cette question ? » demanda t-il avec une légère inquiétude alors que la jeune femme aux yeux rubis continuait de le fixer.

« Réponds tout simplement, s’il te plaît, Tery. » annonça t-elle une nouvelle fois alors qu’il était embarrassé.

« Pour répondre d’abord, Elen n’est pas vraiment une ennemie. Elle n’a rien contre l’armée de Shunter ou autre. Je dirais plutôt qu’elle est désintéressée par cette dernière. Elle ne s’y intéresse pas du tout même. Donc, non, ce n’est pas une ennemie. »

« Ca ne répond pas à ma question. Et de l’autre côté, elle est quand même à la recherche des médaillons, n’est-ce pas ? D’après ce que j’ai cru comprendre ? »

« Mais pourquoi toutes ces questions ?! Je ne vois pas à quoi ça va servir ?! Je suis toujours ami avec Elen et je reste du côté de l’armée de Shunter ! J’ai déjà fait cela auparavant lors de la mission près de mon village natal et … »

« C’est elle qui a récupéré le médaillon là-bas. » coupa séchement Manelena alors qu’il semblait touché directement. … … … C’était vrai … Elen avait récupéré le médaillon mais …

« C’était elle ou alors les Gnomolds ! Je ne pouvais pas laisser ce médaillon aux Gnomolds non ? Ils étaient plus d’une cinquantaine dont un grand chef ! Rokar ! »

« Je sais très bien qui se trouve là-bas, je ne suis pas stupide non plus. Ca ne change rien sur le fait que tu as privilégié Elen à l’ar… »

« Mais non ! Ce n’est pas du tout ça ! Il n’y avait qu’elle à côté de moi ! L’armée n’était déjà plus là ! Tu n’étais pas là, Manelena ! Alors, s’il te plaît, ne raconte pas l’histoire à ta façon ! J’y étais puisque c’est moi-même qui était au milieu de la scène ! »

« Alors … Qu’as-tu fait donc ? J’aimerai bien le savoir … »

« Qu’est-ce que j’ai fait ? Mais je n’ai pas arrêté de le répéter ! Après que le gros ver soit mort, il ne restait plus que moi et Elen. On s’est même battus et c’est là que j’ai su que c’était une femme et non un homme ou je ne sais quoi. Après la bataille, nous avons fait la paix et nous avons voulut partir. On pensait vraiment tous les deux qu’on pouvait trouver un terrain d’arrangement puisque nous ne voulions pas nous entretuer. Malheureusement, j’ai entendu les tambours de guerre des Gnomolds et comme je savais à quoi m’attendre, j’ai préféré servir d’appât que de m’enfuir avec elle. Nous n’aurions rien pu faire. »

« Un geste chevaleresque et galant, n’est-ce pas ? » annonça Manelena avant de pousser un profond soupir de dépit. Elle semblait bien plus calme maintenant.

« Je sais pas du tout mais … Elle m’a déjà sauvé la vie tellement de fois … Je voulais faire de même pour elle … Alors j’ai pris des risques que je n’aurai jamais pris auparavant. »

« Tu ne le reconnais pas mais tu es complètement attiré par elle … » murmura la jeune femme aux cheveux d’argent en détournant le regard.

« Ne raconte pas n’importe quoi … Mais j’espère que tu comprends ma position maintenant. » termina t-il avec lenteur alors qu’elle hochait la tête d’un air positif.

… … … Il avait eut assez peur de Manelena sur ce coup, il le reconnaissait complètement. La jeune femme aux yeux rubis pouvait être très effrayante … Et de l’autre côté, Clari n’avait pas ouvert une seule fois la bouche. Et puis bon … C’était quoi de dire ça au sujet d’Elen ?

« J’ai une grande admiration pour Elen … et ça date de bien avant que je ne sache que c’était une femme. » conclua t-il alors que Manelena haussait les épaules.

« Bien entendu … Et bien, écris lui à ce sujet. Dis-lui que l’on arrive à Claudiska très bientôt, mais du côté reliant le royaume à Mekalarma. »

« C’est vrai ? On fait donc ça ? SUPER ! Merci Manelena ! » s’écria le jeune homme avec entrain avant d’aller prendre du papier dans son sac.

Et voilà qu’il était reparti pour écrire pendant une bonne heure. Elle se retint de soupirer, ça ne servait à rien. Rien du tout même …

« Manelena ? A quoi est-ce que tu joues ? J’aimerai bien le savoir. » murmura une voix derrière elle qu’elle reconnut comme celle de Clari.

A quoi jouait-elle ? A rien du tout. Elle ne voyait pas du tout où elle voulait en venir personnellement. Pourtant, Clari avait le visage sévère comme si elle n’était pas contente d’une chose. Cette chose, elle allait visiblement lui expliquer dès maintenant.

« De quoi parles-tu, Clari ? J’avoue ne pas comprendre tes paroles. »

« Ne fait pas l’innocente … Tu as vraiment été envoyée par la maréchale pour les médaillons ? C’est bien ce que tu avais dit non ? Au départ ? Lorsque tu es arrivée … »

« Bien entendu. Pourquoi voudrais-tu que cela soit autre chose ? »

« Tu n’aurais pas plutôt été envoyée par la maréchale pour surveiller Tery ? Car il est du genre un peu dissident dans ses actes par rapport à l’armée de Shunter. »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? » demanda une nouvelle fois Manelena en se positionnant en face de la jeune femme aux cheveux blonds.

« Que si j’apprends que tout ça n’est qu’une manipulation de ta part, je serais contrainte de devenir un peu violente envers toi ? »

« Et pour quelle raison deviendrais-tu violente ? Il n’est pas question de manipulation ou autre, loin de là même. Je ne vois pas pourquoi tu t’emportes ainsi. »

« Devine pourquoi … Tu es assez intelligente pour comprendre que Tery n’est pas du genre très … éclairé. Il y a peut-être à peine un an ou deux, je ne sais pas, je ne le connais pas plus que ça, mais il vivait avec sa mère. Donc, il ne connait pas réellement le monde extérieur. Ca ne s’apprend pas en une année donc jouer avec lui, ça ne me plaît guère. Je préfère te prévenir : avec ton comportement actuel, celui où tu joues double face, je te surveille. »

Pour toute réponse, Manelena haussa simplement les épaules. La jeune femme pouvait dire tout ce qu’elle voulait, elle pouvait s’imaginer tout ce qu’elle voulait, ça ne changeait pas grand-chose à ce qu’elle imaginait actuellement. Et puis bon … Elle n’était pas du tout comme ça. Elle ne manipulait personne !

« Je vais aller voir comment il écrit sa lettre. Il a peut-être besoin d’aide. Je ne sais pas ce que tu as contre moi mais saches que Tery n’est pas ta propriété. »

« Ma propriété ? Je n’ai jamais dit une telle chose ! Tu t’imagines n’importe quoi ! » s’écria Clari alors que le jeune homme tournait la tête vers les deux femmes.

« Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que tu hurles, Clari ?  Si tu peux juste te calmer un peu, j’essaye d’écrire correctement, déjà que ce n’est pas trop facile … »
Car oui, il n’était pas le plus intelligent des hommes donc trouver de bons mots pour signaler qu’ils arrivaient à Claudiska et surtout … que … Bon … Qu’il était pressé de la revoir. Enfin, pressé, comment dire … Comment est-ce qu’il devait écrire ? Et comment devait-il réagir lorsqu’il la reverrait ? AH ! Voilà qu’il se remettait à penser à cet instant. C’était stupide car même en étant à Claudiska, il n’avait que peu de chance de la retrouver mais … Si c’était le cas ? Comment allait-il réagir ? Hum … Il devait réagir sur le moment, que ça soit vraiment … spontané ! Ca serait sûrement bien mieux !

« Bon … Maintenant que j’ai réfléchis à ça, je peux quand même reprendre mon écriture … »

Enfin réfléchis, c’était un bien grand mot ! Il n’avait même pas entendu ce que Clari lui répondit si elle lui avait répondu, se remettant à écrire. Alors … Expliquer ce qui s’était passé ! Bien entendu ! Quel idiot ! Il devait lui écrire ce qui s’était passé !

Tout allait si vite dans sa tête maintenant qu’il savait quoi écrire. Il allait lui écrire qu’ils avaient récupéré les médaillons, qu’il avait lui-même combattu un golem géant, récupérer des livres, tuer le dirigeant de Mekalarma ! Elle allait être un peu fière de lui sur ce coup ? Héhéhé ! C’était un peu le moment d’enjoliver … Non … Ca ne servait à rien de mentir à ce sujet. Il n’était pas comme ça ! Il allait lui dire la vérité à ce sujet, c’était la meilleure chose à faire de toute façon. Il recommença à écrire, lui annonçant ce qui s’était passé dans le moindre détail mais par contre …
Il tourna son visage vers Manelena, rougissant violemment alors que celle-ci s’approchait de lui avec un petit sourire. Clari semblait toujours aussi colérique mais … Enfin non … Clari était en colère, pas comme d’habitude … Et c’était en direction de Manelena. Ah … Est-ce qu’il devait raconter son affection pour Manelena ? Voir la relation plus poussée ? Enfin non … Il ne savait pas … Il avait déjà pris la main d’Elen dans le passé alors … Ce n’était pas la même chose quoi … Enfin peut-être que si …

« Tery ? Tu as besoin d’aide pour ta lettre ? »

« AH ! Ne me fait pas peur comme ça, Manelena ! » s’écria t-il en sursautant alors que la jeune femme s’était rapprochée d’un air félin vers lui.

« Ca ne répond pas à ma ques … »

« Non, non ! C’est très bon ! Je n’ai pas besoin d’aide, Manelena. Merci beaucoup mais c’est vraiment personnel cette lettre … Je ne peux pas te demander de l’aide ! »

« Pas comme avec moi hein, Tery ? Lorsque tu avais besoin de moi pour ton autre lettre. » répondit Clari alors qu’il semblait étonné.

« Oui … Bien entendu … Mais ce n’était pas la même chose non ? »

« … … … … … Je viens t’aider à écrire cette lettre ! » annonça Manelena en lui prenant la feuille sur laquelle il écrivait avec dextérité.
HE… HEY ! Bon sang ! Il voulut récupérer sa lettre mais Manelena posait une main sur son front, l’empêchant d’avancer alors qu’elle lisait de haut en bas. Lorsqu’elle termina, elle poussa un petit soupir, rougissant un peu avant de dire :

« Tu ne parles pas de moi dans cette lettre hein ? Pourquoi cela ? »

« Et bien … A part le nous … C’est normal que je ne parle pas de vous non ? Pourquoi est-ce que je le ferai ? » demanda t-il bien qu’il savait un peu de quoi elle voulait parler.

« Et bien … Tu ne parles pas du fait que tu as quelqu’un qui a des lignes d’Alzar avec toi, que tu as une maîtresse qui t’apprends comment les utiliser, bref, que tu as réussi à les contrôler pendant quelques instants. Tu pourrais quand même le signaler non ? Et dire c’est grâce à qui non ? Tu ne trouves pas que c’est une bonne idée ? »

« … … … Si … J’avais complètement oublié mes lignes d’Alzar. Je vais le faire ! »

Manelena se tourna vers Clari, lui faisant un grand sourire qui fit tressaillir la jeune femme aux cheveux blonds. C’était de la provocation n’est-ce pas ?!

« Tery, tu peux aussi signaler que j’ai tenu tête au golem si tu le veux. Je peux même lui écrire une lettre à cette femme si tu veux. Je pourrais te mettre en valeur. »

« Mais qu’est-ce qui vous prends toutes les deux ? Bon … Laissez-moi faire … euh écrire ! » dit-il en s’éloignant à nouveau pour ne plus être dérangé.

Non mais bon … sang … Qu’est-ce qui se passait avec les deux femmes ? Il ne voulait pas le savoir ! Il n’allait pas écrire un roman non plus hein ?! Et puis, c’était Elen, elle se fichait peut-être pas mal des autres filles. Enfin … Elle ne savait pas vraiment … Tiens … Ca lui faisait penser … Il considérait plus Elen comme son égale que les deux autres femmes. Même si Elen était très forte, le fait qu’elle soit un peu plus petite que lui la mettait en première position dans … quelle liste ? Pfiou ! Il devait aussi lui dire qu’il aimerait la revoir.

… … … … Il avait enfin terminé sa lettre et il s’était levé pour l’envoyer. La petite lettre ailée s’envola peu à peu, évitant avec aisance les éclairs. C’était vraiment une chouette invention cette lettre ailée, il le reconnaissait parfaitement. Mais bon … Maintenant, il allait pouvoir demander aux filles ce qui se passait avec elle. Il se tourna vers Clari et Manelena, la première regardant comme chien de faïence la seconde.

« Je ne peux pas vous aider les filles ? Ca n’a pas l’air du tout d’aller. »

« Non … Non … C’est bon, c’est une affaire de femmes … Tu ne peux pas t’en mêler, Tery. » répondit Clari sèchement alors qu’il poussait un profond soupir.

« On devrait repartir au lieu. Se diriger vers Claudiska, tout ça. »

« D’accord, tu as l’air encore plus motivé qu’auparavant. » annonça Manelena en rigolant alors qu’il hochait la tête d’un air positif. Oui, il l’était vraiment !

Et pour cause ! Il allait voir Elen très bientôt ! Il n’arrivait pas à expliquer pourquoi. Ca ne pouvait pas être des sentiments amoureux … car contrairement à Manelena, il ne voyait que très peu Elen donc … Non … C’était une sorte de grande amie. Une sœur ? Hum … Une sœur … Il n’avait jamais envisagé ça comme ça.

« Et bien ? Qu’est-ce que tu fais, Tery ? Je pensais que l’on devait partir. »

« Oui oui ! Désolé, je fais une bêtise … C’est de ma faute. »

« Tu n’as pas l’air complètement conscient hein ? Tu es sûr que ça va bien ? C’est l’effet d’avoir écrit une lettre à cette femme ? » demanda la jeune femme aux cheveux d’argent, revenant vers lui avant de prendre sa main avec tendresse.

« Ecrire à Elen a toujours été une chose assez spéciale à mes yeux, oui. »

Hum … Elle aimait quand il était sincère, c’était quelque chose qu’elle pouvait lui reconnaître des fois. Enfin, dès qu’il s’agissait d’Elen, il semblait toujours sincère. Peut-être à cause de sa relation avec la jeune femme masquée de blanc ? Un voile passa dans son regard rien qu’à l’idée de penser à cette idée.

« Clari ? Ah … Attends un peu, Manelena. »

Il avait retiré sa main de celle de la jeune femme aux cheveux argentés. Il n’aimait pas vraiment le regard que lançait Clari à Manelena. Elle semblait triste mais en colère aussi. Rien à voir avec celle qu’il connaissait depuis quelques temps maintenant.

« Clari … Tu es sûre de ne pas vouloir en parler ? Ca te ferait du bien. »

« Je ne crois pas que ça soit une très bonne idée, Tery. Retourne avec ta future compagne et ne t’en fait pas, je ne dirai rien à la maréchale. »

« Ce n’est pas avec Manelena que j’ai envie de parler mais avec toi … Désolée, Manelena. » annonça le jeune homme alors que Manelena ne fit que sourire.

« Tu n’as pas à t’inquiéter, ça ne me dérange pas mais ne perdez pas votre temps, nous devons nous dépêcher. Peut-être même que nous allons devoir accélérer le pas. Cela prendra sûrement quelques jours avant que nous arrivions à Claudiska mais là-bas, nous serons mieux accueillis qu’à Mekalarma, bien heureusement. » répondit-elle tandis qu’il hochait la tête.

Plusieurs jours ? Il allait sûrement recevoir une lettre d’Elen entre temps … Enfin, si elle n’avait aucun problème aussi. Il l’espérait car il n’avait pas envie d’être séparé d’elle une nouvelle fois. Il allait bien trouver une solution pour qu’elle puisse le rejoindre. Ah … Mais … Dans sa lettre, n’avait-elle pas signalé qu’elle était avec quelqu’un ? Ce n’était pas qu’il était jaloux non plus mais … bon … C’était un prince non ?
Au passage, il ne savait pas réellement … Est-ce qu’Elen avait une famille ? Il se posait la question car il ne l’avait justement jamais posée à la jeune femme aux cheveux blonds. Hum … C’était vraiment ennuyeux en un sens car il pensait qu’il pourrait peut-être se présenter devant ses parents. HAHAHAHA ! Mais qu’est-ce qu’il disait ?

« Tery … Tu n’es pas forcé de me prendre la main tu sais hein ? »

« … … Je fais ce que je veux Clari, je ne sais pas du tout ce qui se passe entre toi et Manelena mais je ne veux pas que cela entrave notre nouvelle mission. Il faut juste que l’on aille prévenir la maréchale que l’on continue notre chemin. »

« Je le ferais dans la soirée, Tery. » annonça Manelena alors qu’il reprenait :

« Merci beaucoup, Manelena. Ca sera bien sympathique de ta part. »

« De rien, de rien ! De toute façon, je mettrais les formes pour qu’elle ne s’énerve pas envers toi. Tu as un petit message personnel à lui donner ? » répondit-elle en rigolant.

« Hein ? Que quoi ?! Clari ! Tu vois ce qu’elle dit ?! Elle va encore jouer sur ça ! Je ne suis pas attiré par les grandes masochistes ! » s’écria le jeune homme en rougissant.

« Oh … Même pas un tout petit peu ? La maréchale n’est pas assez jolie pour toi ? » demanda Manelena alors qu’il tentait de ne pas lui répondre. Malheureusement c’était beaucoup trop difficile pour être ignoré. Il dit :

« Je ne sais même pas à quoi ressemble la maréchale ! Elle est toujours dans son armure noire ! Tu crois que c’est en claquant des doigts qu’on apprécie une personne ? »

« Donc tu la hais ? Est-ce que je dois le signaler ? Car dans le fond, je ne pense pas que tu sois la première personne à penser ainsi hein ? Elle n’est guère aimée … »

« Hein ? Je n’ai jamais dit que je la haïssais. C’est bien trop fort comme sentiment négatif envers une personne or non … Je ne la hais pas. Est-ce que c’est si difficile de comprendre que lorsqu’on a fait une connerie, certains peuvent l’assumer ? La maréchale n’est pas foncièrement mauvaise à la base hein ? Oh, d’accord, elle parait assez brute et on se demande si elle a une once de féminité mais diabolique, je ne trouve pas. Elle a une poigne très forte et elle sait ce qu’elle veut. Elle a une sacrée aura d’elle mais non, je ne la déteste pas car je ne vois pas de raisons de la détester. Elle fait son travail, elle l’accomplit très bien. Si on fait une connerie, comme moi, alors le mieux est de a reconnaître hein ? Bref … Non, je ne vais pas haïr la maréchale car elle fait son boulot. Elle ne va pas me donner une petite tape sur la main tout en disant : « Vilain garçon » après un échec non plus. »

« … … … … … Quand tu parles de la maréchale, on a presque l’impression que tu parles avec autant d’enthousiasme que cette jeune femme sur cette photo. »

Le jeune homme regarda Manelena, haussant simplement les épaules. Il ne savait pas … Mais il détestait que l’on dise du mal de la maréchale … Enfin, on pouvait en dire mais pas parce qu’on avait subit ses foudres car cela était normal après avoir commis une idiotie. C’était quoi cette mentalité ?!

Ah … Claudiska … Est-ce qu’ils allaient vite voir ces choses ou non ? Il n’avait pas pensé à questionner Elen à ce sujet ! Ah ! Quel idiot ! Il aurait pu lui demandé quelques informations … Ou alors Manelena et Clari étaient un peu au courant. Clari lui signala que non alors que Manelena disait une chose assez étonnante :

« Aux abords de Mekalarma, il n’y a pas d’îles pour Claudiska. C’est pourquoi nous prendrons un bateau pour nous y rendre. Normalement, les villes de Claudiska nous permettront de nous reposer. »

Se reposer ? HAHAHA ! C’est vrai qu’ils allaient en baver fortement les prochains jours ! Ils n’allaient pas réellement manger de toute façon … Il serra la main de Clari avec un peu plus de force, prenant la parole :

« Assez perdu de temps … Ils ne sont pas encore à notre recherche … Enfin, nous sommes assez éloignés de la capitale donc on devrait avoir un peu de répit non ? »

« Oui, Tery mais … Clari ? Est-ce que tu peux utiliser tes lignes blanches pour nous aider à aller un peu plus vite ? Si cela ne t’épuise pas trop. » demanda Manelena alors que Clari ne répondait que par un grognement sonore.


Les lignes de Zélisia apparurent sur les jambes de la jeune femme, celle-ci prenant serrant Tery contre elle-même avant de prendre la parole :

« Je préviens … Je ne peux prendre qu’une personne avec moi donc je ne peux pas faire courir tout le monde. Tu te débrouilles toute seule. »

Pour toute réponse, la jeune femme aux cheveux gris rigola légèrement alors qu’elle-même émettait un grognement une nouvelle fois. Puisque c’était ainsi … Sa vitesse se décupla, le jeune homme étant soulevé alors que Clari se mit à courir à toute allure. Courir ? Ou flotter au-dessus du sol ? Tout ce qu’il savait, c’est que la jeune femme se déplaçait avec une vélocité des plus grandes.
Il s’était trompé … Cela n’allait pas prendre tellement de jours en fin de compte. Loin de là même ! Il émit un petit rire, tentant de tourner son visage pour voir si Manelena les suivait … En fait, elle courait aussi vite que Clari, étant à côté d’elle alors qu’elle lui adressait un sourire. Non … Il n’avait pas du tout à s’inquiéter.


Mekalarma n’allait plus être qu’un lointain souvenir … Un souvenir où il avait eut plus de bonnes choses que de mauvaises … La photo d’Elen, Manelena, les livres sur les golems. Oui … Cela avait été une très bonne expérience pour lui mais là … Il allait revoir Elen ! C’était surtout cela le plus important à ses yeux !

Chapitre 44 : Faire des choix

Chapitre 44 : Faire des choix

« Je crois que nous sommes à une distance plus que raisonnable … non ? »

« Ca devrait l’être, je pense. » répondit Clari au jeune homme alors que Manelena n’était plus présente. Celle-ci semblait avoir complètement disparu, Tery reprenant :

« C’est … moche ce qui nous arrive … mais on le mérite non ? Je veux dire … Avec tout ce que l’on a fait … Dire que j’ai tué un dirigeant … Quelqu’un de la plus haute importance … Je n’arrive pas à y croire … Vraiment pas … »

« Roh … Ne t’en fait donc pas ! Ce n’est pas si grave que ça ! Dis-toi que c’est quelque chose de vraiment unique et sensationnel ! » dit la jeune femme avec un faux entrain.

« J’arrive vraiment pas à trouver ça … si fameux … » répliqua le jeune homme en poussant un profond soupir, s’écroulant en arrière pour observer le ciel … Un ciel parsemé d’éclairs … Il pouvait les entendre à nouveau. Dans la capitale, cela avait été complètement … insonorisé par rapport à l’extérieur. C’était plutôt bizarre …

« Manelena en prend du temps … Heureusement que nous avons trouvé un petit ruisseau pour qu’elle puisse se laver mais quand même … Tout ce qu’elle a fait était plutôt inquiétant. »

« Tu parles du sang sur elle ? Je savais qu’elle était puissante et forte … Mais là, c’était vraiment très inquiétant. Je ne sais pas … Je me demande si elle a une double personnalité ? Du genre, pendant les combats, elle a une personnalité meurtrière et en-dehors … Non … Ca reviendrait aux lignes d’Alzar … Or, elle les contrôle parfaitement. »

« Elle est compliquée hein ? Mais bon … C’est comme cela, les femmes. » annonça la jeune femme aux couettes blondes, celle-ci se levant en s’étirant. « Je vais aller voir ce qu’elle fait … Peut-être qu’elle a besoin d’aide. Tu ne veux pas venir, Tery ? »

« Que … Que … Bien sûr que non ! Pourquoi est-ce que je voudrais venir ?! »

« Ce n’est pas toi qui lorgnait sur ses courbes ? Cette fois-ci, il n’y aurait aucun … »

« LA FERME ! Je ne lorgne sur rien ! » hurla t-il en rougissant violemment, baissant la tête d’un air confus.

« Hum… Je suis sûre que c’est le contraire mais tu n’oses pas l’avouer. »

« LA FERME ! VAS LA VOIR ET LUI DIRE DE VENIR ! »

« Hum ? C’est de moi que tu parles ainsi, Tery ? » demanda une voix douce derrière lui alors qu’il se retournait vivement pour voir Manelena.
Ah … Euh … Euh … Il ne devait rien dire … Rien dire du tout … Mais il était encore plus rouge … qu’auparavant … Ah … La jeune femme aux cheveux argentés … Avec ses cheveux encore trempés … était tout simplement … Euh … Pfiou … Il ne savait pas vraiment quoi dire non plus hein ? C’était bête de penser ainsi … Mais … Euh … Pfiou … Comment dire cela …

« Tu es belle, Manelena. » dit-il subitement.

POUF ! Il était encore plus rouge qu’auparavant, Clari semblant interloquée par les paroles du jeune homme. C’était … C’était une confession ou quoi ? Il hocha la tête d’un air négatif, se donnant de violentes claques sur la joue comme pour se demander ce qui venait de se passer. C’était quoi ça ?! C’était quoi ce qu’il venait de faire ?!

« … … Euh merci ? » dit la jeune femme aux cheveux argentés, baissant la tête en rougissant, ne s’étant pas attendue à une telle déclaration de la part de Tery.

« Euh euh euh ! Je crois … Je crois … Je crois que … On ferait mieux de repartir aussitôt ! Ils sont sûrement à notre recherche ! On ferait bien mieux de mettre le maximum de distance entre nous et eux ! » annonça le jeune homme en bafouillant, s’éloignant aussitôt de Manelena sauf que celle-ci était déjà arrivée à sa hauteur.
Elle émit un petit rire amusé en le serrant contre elle, le dos du crâne du jeune homme venant toucher sa poitrine généreuse alors qu’il ne savait plus du tout où se mettre. Gênant … C’était gênant … Très gênant ! Pff … Pff … Pff … Rien … Rien dire … Il devait juste … se retirer … de ses bras avec lenteur et puis …

« Tu le penses sincèrement, ce que tu viens de dire, Tery ? » murmura Manelena.

« Oui … Enfin bon ! Comme je trouve Clari très jolie ! » répondit le jeune homme, complètement chamboulé par ce qu’il avait dit.

« Hum … D’accord … Soit … C’est dommage. » annonça Manelena en retirant ses bras du jeune homme, faisant une petite mine triste.

Hein ? Que quoi ? Qu’est-ce qui se passait ? Il était toujours rouge mais il avait l’impression qu’il venait de commettre une énorme bêtise. Il tenta de reprendre la parole mais fut coupé par Clari, celle-ci lui donnant un coup de poing sur le sommet du crâne :

« Je ne devrais pas dire cela car c’est une bonne chose ce que tu as fait mais tu es un parfait imbécile, c’est bien compris ? »

« Hey ! Mais qu’est-ce que j’ai fait alors ? » demanda t-il alors qu’elle lui lançait un regard plus que furieux, reprenant la parole :

« Car tu es un imbécile. On ne retire pas ses paroles aussitôt car on ne les assume pas ! »

« Manelena ? » demanda t-il en se tournant vers la jeune femme aux yeux rubis.
… … … Quel idiot … … … Il se sentait mal maintenant. C’est sûr que … Il avait été réellement stupide … Mais il était encore temps de se rattraper ! Il s’approcha de Manelena, lui prenant subitement la main en rougissant.

« Enfin … On n’est plus des enfants … Et même si ça parait stupide … On peut se tenir la main, Manelena. Ca peut … que nous faire du bien puisque nous sommes des soldats. Il faut quand même que l’on pense un peu à ces choses à côté … Donc c’est surement stupide mais euh … Voilà quoi … Moi je trouve que … »

« On peut se tenir la main … Ce n’est pas un problème. Non, en fait, j’apprécierai même énormément de te prendre la main, Tery. »

… … … … … Si Elen apprenait ça, il allait avoir de gros soucis. Encore que … Euh … Il n’était pas avec Elen donc il ne la trompait pas. Et puis, Elen n’était pas du genre jalouse. Et puis, ça ne la concernait pas d’abord ! Il pouvait avoir des relations amoure… … … … Hein ?! Mais à quoi est-ce qu’il pensait bordel ?! Des relations amour … NON ! Ce n’était quand même pas possible que … Enfin … Il posait un regard discret sur sa main jointe avec celle de Manelena. Il ne la connaissait pas plus que depuis quelques jours.
C’était euh … ça le coup de foudre ? Ce n’était pas possible quand même ! Il observait Clari qui s’était mise devant eux, ne disant rien du tout à ce sujet, chose qui l’étonnait d’ailleurs. Elle était souvent assez jalouse donc bon … Mais là … Rien du tout … Et puis bon … Il paraissait tellement … nain comparé à Manelena. Lui, il ne faisait que regarder leurs deux mains alors qu’ils ne semblaient plus aussi pressés qu’avant.

« Qu’allons nous faire maintenant ? » demanda t-il pour couper le silence omniprésent après une quinzaine de minutes, sentant la chaleur de la main de Manelena dans la sienne. Malgré … sa grande taille, elle avait des petites mains … et vraiment très douces.

… … … Mais qu’est-ce qui lui prenait de se comporter comme ça ?! Mon dieu, mon dieu, mon dieu ! Il se comportait comme un imbécile ! Et en plus, personne ne lui répondait. Il avait pourtant posé une question mais les deux femmes étaient muettes comme lui. Finalement, ce fut Manelena qui prit la parole :

« Nous ne pouvons pas retourner à Shunter … Car nous devons passer par Honoros … »

« Alors qu’allons nous faire ? Nous allons nous éloigner encore ? » demanda t-il une nouvelle fois alors qu’elle répondait aussitôt :

« Il n’y a pas d’autres choix … Je pense que … »

« Claudiska ! Nous pouvons nous y rendre non ? » s’écria t-il subitement alors que Clari s’arrêtait, tournant ses yeux émeraudes vers lui.

« Comment ça ? Pourquoi aller là-bas ? Je ne crois pas qu’après les évènements de cette journée, un royaume autre que Shunter va nous accepter. » dit-elle avec lenteur.

« Qui a dit qu’il devait nous accepter ? Maintenant que nous avons les trois pendentifs de Mekalarma, nous n’avons qu’à nous rendre à Claudiska et récupérer les pendentifs là-bas non ? C’est aussi simple que cela. »

« Tery … Rien ne sers de se presser n’est-ce pas ? Ce n’est pas parce que nous avons eut de la … chance avec Mekalarma que nous en aurons autant pour Claudiska. »

« De l’autre côté, Tery a raison … On ne peut pas retourner à Honoros et rester ici. Donc … Même si cela risque d’être très long … On va sûrement devoir faire tout le tour des royaumes … Donc ensuite, nous rendre à Claudiska, puis Traslord puis Shunter. »

« On va dire qu’on aura découvert le monde. » répondit le jeune homme en souriant.

« … … Je ne sais pas trop … Il vaudrait mieux emmener les trois pendentifs en sécurité. » murmura Manelena comme pour réfléchir à la situation.

« On pourrait les emmener à la maréchale Nali non ? En les lui envoyant par lettre. » demanda Tery une nouvelle fois.

« Nous pouvons essayer, Tery. Il faut juste espérer que la lettre ne soit pas interceptée … Donc il vaudrait mieux envoyer un pendentif par lettre en expliquant la raison de ce choix. » annonça Clari en hochant la tête d’un air positif.

C’était une très bonne idée … Une excellente idée même. Mais bon … Manelena semblait plutôt assez gênée par tout ça. Elle murmura :

« Vous êtes sûrs de vouloir faire cela ? Nous ne pouvons pas prendre le risque de les envoyer … Mais à côté, si nous n’allons pas … Oh et puis zut ! Je pense que Claudiska est un meilleur choix ! Nous allons nous rendre là-bas et récupérer les trois pendentifs. Avec nous trois, les trois autres sont en sécurité non ? »

« Euh … Surtout avec toi. » murmura le jeune homme en rougissant violemment.

« Hein ? Pourquoi est-ce que tu dis ça ? » s’interrogea Manelena.

« Euh non ! Pour rien du tout ! » s’écria t-il vivement alors qu’il se rappelait le carnage de la veille que la jeune femme aux cheveux argentés avait commis. Forte … et puissante. Mais aussi belle, douce et gentille, elle était tout !

« Hum … Il veut surtout parler de l’efficacité avec laquelle tu te bats. Hier, tu nous as fait une sacrée démonstration, il faut l’avouer. Mais à côté, Tery n’était pas du tout en reste. C’était peut-être même la première fois que je le voyais aussi … hum … »

Elle semblait chercher un mot bien précis alors qu’ils s’étaient arrêtés. Ils n’avançaient pas le moins du monde mais bon … Visiblement, le raffut qu’ils avaient crée avait permis de gagner beaucoup de temps. La mort du dirigeant était quelque chose à laquelle ils ne s’étaient surement pas attendus. HAHAHA !

« Héroïque ? Masculin ? Enfin bref … Disons que Tery avait vraiment une allure … de champion ? Hummmm ! » marmonna Clari en se triturant les cheveux pour essayer de réfléchir à ce qu’elle voulait dire. Ce n’était pas aussi simple que ça ! RAHHH ! « Disons qu’il était vraiment parfait lorsque je l’ai vu grimper sur le dos du golem ! »

« Grimper sur le dos … du golem ? » murmura Manelena avec interrogation.

« Ah … C’est vrai. On ne t’a pas vraiment dit ce qui s’était passé ? » demanda Tery alors qu’elle hochait la tête d’un air négatif.

« Bien sûr que non. Enfin, juste qu’il y avait un golem gigantesque de plus de dix mètres de hauteur mais à part ça, tu ne m’as pas dit comment tu as réussi à avoir les médaillons ainsi que comment tu as tué le dirigeant. Il parait que tu as été sublime hein ? »

POUF ! Il vint rougir violemment à nouveau alors que Manelena rigolait légèrement. Ils allaient parler de tout cela dans quelques heures, à la prochaine pause. Tout cela avait été décidé ou presque … sur la marche à suivre.

Toute une journée s’était écoulée ou presque, les jeunes gens ayant dû chasser quelques lézards pour manger. Heureusement, ils n’étaient pas humanoïdes. Il ne manquerait plus qu’ils se mettent au cannibalisme ou quelque chose dans ce genre.

« Comment ça ?! Tu as fait quoi ?! » s’écria Manelena alors que Clari reprenait :

« Oui, oui ! Il a fait semblant d’être mort, s’est insinué entre les jambes du golem puis il est passé dans son dos. Comme le dirigeant avait utilisé une boule de feu à partir du golem, il pensait que cela était normal que Tery soit réduit en cendres mais ce n’était pas le cas. Tery a fait de l’escalade de haute voltige pour arriver au sommet du golem mais il n’a même pas annoncé un seul mot avant de tuer le dirigeant. Il est resté complètement muet. »

« Je n’allais pas crier non plus « Je suis là pour te tuer ! » derrière lui. Ca m’aurait fait perdre l’effet de surprise hein ? » répondit le jeune homme, toujours aussi rouge avant de se faire enlacer par Manelena, celle-ci murmurant :

« Bravo, alors … C’était une mission réussie grâce à toi. »

« Ca sera bien la première fois. » marmonna t-il en essayant de ne pas trop penser à ce qu’elle était en train de faire.


Il retrouva sa tête sur les genoux de Manelena, celle-ci lui caressant les cheveux alors qu’il était complètement rouge de gêne. N… N… Non mais … C’était quoi ça ?! Il essayait de relever sa tête mais il remarquait qu’il n’avait même pas la volonté de faire cela. C’était … C’était la première fois non ?

Enfin peut-être que non … Il ne savait pas … vraiment … Avec Elen, n’avait-il pas déjà fait le contraire ? Elle ? Elle qui dormait sur ses genoux. Pourquoi est-ce qu’il pensait à Elen tout le temps ? Car elle était celle à l’origine de tout ? Car elle était celle à qui il se sentait le plus attaché actuellement. Attaché ? Mais au niveau de ses sentiments …

« Hum ? Il y a une lettre qui arrive vers nous. » annonça Manelena avec lenteur avant qu’il ne se redresse subitement. « HIIIIIIIII ! Tu m’as fait peur ! Bon sang ! Tery ! »

« C’est de l’Ombre ! » dit-il avec un peu entrain alors qu’elle posait une main sur son cœur, cherchant à le calmer. Il lui avait fichu une sacrée trouille !

« Manelena ? Tu connais la chanson maintenant. » annonça Clari avec lenteur alors que Manelena poussait un profond soupir.

« Je vais finir par croire que je n’ai aucune chance contre elle. »

« Je ne sais pas si on peut dire cela … Mais avec cette femme toujours ancrée dans sa tête, c’est à se demander quelle est réellement sa relation avec lui. Elle se trouve à Claudiska non ? D’après ce que j’ai cru comprendre de la part de Tery. »

« J’avais compris cela aussi d’après les paroles de Tery. » annonça Manelena alors que le jeune homme s’était déjà éloigné pour lire sa lettre en privé. Il fallait dire que les dernières … avaient été … assez spéciales. Enfin, plutôt privées … Et donc, il ne voulait pas qu’elles soient lues par les deux femmes ! Un peu de vie privée quoi ! Pfff !

« Ca va ? Pas trop triste ? » demanda Clari en s’approchant de Manelena.

« Pourquoi est-ce que je le serais ? Il est libre de vivre sa vie hein ? Je ne vais pas le forcer à … euh … Non rien du tout. »

« Tu peux me le dire hein ? Ca ne me pose pas de problèmes personnellement. »

« Ah bon ? Mais pourquoi est-ce que tu es aussi protectrice et collante envers lui ? Tu sais, ça ne me dérange pas non plus hein ? On sera deux à se ba … »

A se ba … ? Ba … ? Battre ? Clari sourit légèrement alors que Manelena détournait le regard. Elle annonçait clairement la bataille, c’était bien cela ? Sauf qu’elle l’avait déjà gagnée avant même qu’elle ne débute.

« C’est plus compliqué que cela ce que je ressens envers Tery. »

« Ah bon ? Et comment ça ? Tu ne veux pas mieux t’expliquer par hasard ? » interrogea Manelena alors que Clari haussait tout simplement les épaules.

« Je ne peux pas … C’est plutôt assez personnel malheureusement. Peut-être qu’un jour … »

Peut-être qu’un jour, elle allait y répondre mais là … Elle ne se sentait pas le courage. Elle observa Tery qui continuait de lire sa lettre, un sourire aux lèvres. Cette … Elen … A part son physique, comment était-elle réellement ? Le jeune homme semblait terriblement attaché à elle, c’en était presque … insultant envers les autres femmes attirées vers lui.

« C’est bon ! Enfin … Elle est bien arrivée à Claudiska. » annonça t-il alors que Manelena reprenait la parole, lui demandant :

« Et alors ? Que veux-tu que l’on fasse maintenant ? Je me demandais … Tu veux vraiment te rendre à Claudiska pour les médaillons … ou autre chose ? »

« Autre chose ? Comment ça ? » dit-il avec un peu d’étonnement.

« Ne fait pas l’innocent, c’est tout. »

« Si c’est pour Elen … que tu dis ça … Un petit peu … quand même. J’ai bien envie de la revoir, au moins, cette fois-ci, on essayera pas de se tuer. Ca fait quand même pas mal de temps que je ne l’ai plus revue … Et puis, j’aimerai bien repartir avec elle. »

Hein ? Quoi ? Clari et Manelena le regardèrent avec surprise. Il avait dit cela nonchalamment, comme si … Il avait prononcé quelque chose dont il n’avait même pas idée.

« Tery ? Tery ? Tu m’entends ? » demanda Clari subitement alors qu’il reprenait :

« Enfin bon … Je sais bien que c’est impossible puisque je suis dans l’armée … Il faudrait qu’elle accepte de rejoindre l’armée ou alors que moi … Je la quitte … Mais je ne pense pas à cette idée. J’ai besoin de rester dans l’armée pour ma mère et puis de toute façon … Je ne sais rien faire d’autre à côté donc, mon choix est vite fait … »

« Tery ? Tu n’as pas l’air de m’entendre. » continua Clari.

« Ah … C’est vraiment compliqué … J’aimerai vraiment qu’elle reste avec moi. Qu’importe si elle garde son masque ou non, c’est tout simplement pour me rappeler ce qui s’était passé entre nous au tout début. Ca commence à dater … »

… … … Ca ne servait à rien de parler hein ? Il ne l’écoutait même pas. Elle poussa un profond soupir, haussant les épaules avant de s’éloigner. Par contre, Manelena restait figée, s’approchant peu à peu de Tery avant de dire :

« Tery ? Tery ? Tu m’entends ? Tery ? »

SBAF ! La claque vola sur sa joue, le sortant complètement de sa rêverie alors que Clari parut des plus étonnées. Qu’est … Qu’est-ce qu’elle venait de faire ? De gifler Tery ? C’était … vraiment Manelena qui venait de faire cela ?

« AIE ! Mais ça fait mal, Manelena ! Qu’est-ce qui t’as pris ?! »

« Car tu n’arrêtais pas de rêvasser et de nous ignorer ! »

« Ah … Pardon … Ce n’était pas voulu. Alors, qu’est-ce que l’on fait ? » demanda t-il avec lenteur en espérant se faire pardonner rapidement.

« Nous ne devions pas aller à Claudiska ? Maintenant … Avec ton comportement, je ne sais pas si c’est une bonne chose. Tu serais capable de faire des bêtises. » murmura la jeune femme aux cheveux argentés.

« Hein ? Mais non ! Je ne vais pas commettre de bêtises ! »

« Alors, je vais te poser une simple question … Une question très simple … »

Hein ? Il n’aimait pas le ton de la voix de la jeune femme. Ses yeux rubis le fixaient longuement alors qu’il déglutissait. Il n’aimait pas du tout … le ton … Et le regard … Pas du tout du tout … Ohla … Il était même un peu effrayé.

« Euh … Vas-y … Tu peux la poser hein ? J’y répondrai … »

« … … Elle est très simple … Si tu devais choisir entre cette femme et l’armée de Shunter … Quelle serait ta position ? Car je crois que d’après ce que j’ai cru comprendre qu’elle est une ennemie non ? Et elle recherche aussi les médaillons ? »

… … … Entre Elen et l’armée de Shunter ? Auparavant, la réponse serait vite arrivée … Et là, là, ce n’était pas la même chose. Il avait un peu l’impression d’avoir un ultimatum en face de lui. S’il répondait Elen, c’en était fini … ou presque. Qu’est-ce qu’il devait répondre ?