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Chapitre 3 : Quand ça fait boum

Chapitre 3 : Quand ça fait boum

« Un pokémon ? Je ne sais pas si c’est la meilleure chose qui soit. »

« Pourtant, c’est le cas. Pourquoi ne pas en chercher un dans la ville ? Je suis sûre que c’est facilement trouvable. Certains pokémons sont à l’état sauvage dans la ville ! »

« Je vais noter ça, enfin, merci beaucoup encore, mademoiselle Faldéla. »

« De rien, de rien. Tiens, voilà une petite pokéball assez spécifique. Je suis sûre qu’elle te plaira. Une Music Ball. Elle est utilisée comme une pokéball normale mais quand le pokémon en sort, elle émet une douce musique que tu peux enregistrer. »

« Wow, c’est une excellente idée ! » dit-il avec surprise, la bouche grande ouverte alors qu’elle lui présentait une pokéball orange et blanche. Une note de musique se trouve au-dessus du bouton, une belle note de musique.

« Et avec ça, tu pourras donc créer de belles symphonies rien qu’en appelant tes pokémons. Qu’est-ce que tu en penses ? Tu aimes bien ? »

« Bien sûr que oui ! J’adore ! Je … vraiment merci ! »

Il est gêné, très gêné mais Faldéla lui fait un grand sourire avant de lui signaler qu’il pourra revenir demain s’il le désire. Mais avec un nouvel ami hein ? Sinon, elle sera obligée de lui refuser l’entrée.  Elle émet un petit rire amusé alors qu’elle le libère.

Dehors, Hémaltone regarde la pokéball musicale. Enfin, la Musicball. Ca doit servir pour les concours, il en est certain mais quand même. Qu’est-ce que les gens peuvent imaginer. C’est vraiment une excellente chose. Mais bon, ce n’est pas le moment de penser à ça !

« Je ferai bien d’aller regarder les ruelles pour trouver un pokémon comme elle le veut. »

Mais un pokémon musical serait bien mieux. Mais comment en trouver un qui convient ? Ce n’est pas en claquant des doigts qu’il va trouver ça normalement. Mais après, il a bien une idée mais il n’est pas certain que cela fasse son effet. Mais pourquoi pas ? Il sort sa pokéball, appelant alors le petit Crikzik à la rescousse.

« Jouons ensemble, qu’est-ce que tu en penses ? »

Le pokémon émit juste un léger bruit pour accompagner son dresseur. Bien, c’est parfait ! C’était exactement ce qu’il voulait ! Dans les ruelles, les gens les regardent avec surprise mais semblent apprécier sa musique. Tant mieux, c’est un peu le but voulu.

« Je pense que notre musique arrivera bien à intéresser un pokémon. »

C’est ça en fait. Il devait trouver un pokémon qui avait le rythme qui conviendrait au sien et celui de son Crikzik. Un pokémon capable de joindre sa mélodie à la leur, permettant alors une douce et merveilleuse et symphonie. Ils finiront par la trouver, il en est sûr et certain. Bon ça ne sera pas la plus simple des choses à faire mais qu’importe ! Ils ont jusqu’à demain pour trouver ce pokémon fantastique ou presque. Car bon, ils ne savent pas sur quoi ils vont tomber. Ça peut être une bonne comme une mauvaise surprise.

« RAM BAM BAM BOUM ! »

Hum ? Hein ? Il tend l’oreille pour être sûr d’avoir bien. Ram Bam Bam Boum ? Il continue de jouer de son violon tandis qu’il se rapproche du bruit. Deux coups d’archet, voilà que les Boum Boum suivent le rythme.

« Hmm … Je crois que j’ai trouvé le pokémon que nous cherchions. »

« Crikzik ! Zik Zik ! Crikzik zik zik crik zik zik. »

Voilà que son pokémon se met lui-même à suivre ce rythme avec un certain entrain alors qu’Hémaltone … tombe face à face avec une créature aux oreilles plutôt imposantes. Et qui marche sur ses deux pattes. Un Ramboum ? Enfin, d’après les bruits qu’il émet, ça serait plutôt une Ramboum. Il arrête de jouer du violon.

« Ramboum ? C’est bien cela ? Une demoiselle en plus. »

« Ram Ramboum Ramboum boum ! »

La pokémon lui demande de continuer sa musique, chose qu’il fait. Voilà qu’elle tape du pied, se balançant d’un pied à un autre pour suivre le rythme. Hum, elle a un bon feeling, il le sent. C’est aussi simple que ça les captures de pokémon ? D’après ses souvenirs, il faut normalement combattre mais est-ce que la musique a adoucit les mœurs du pokémon ?

« Est-ce que tu veux nous accompagner, Ramboum ? Si cela t’intéresse bien entendu. Je me présente : Hémaltone. Et voici Xynolo, mon Crikzik. Si tu m’accompagnes, je pense que le nom que tu porteras est Starni. Cela sonne bien à mes oreilles. »

« Ramboum ? Ram ram … Ramboum, ram. »

Elle semble dubitative mais il recommence à jouer et aussitôt, elle se laisse comme envoûter. Est-ce à cause de ses capacités ? Ou alors vraiment de la plausible relation entre lui et cette pokémon ? Il ne sait pas du tout. La seule chose qu’il sait, c’est qu’il doit lancer la Musicball sur elle. C’est ce qu’il fait après quelques secondes. Elle bouge pendant quelques instants puis s’arrête. Il ne pousse pas un cri de joie ou autre. Il ressort la Ramboum de la pokéball, faisant un petit sourire avant de dire d’une voix douce :

« Bienvenue à toi alors, Starni. »

« Ram Ram Ramboum ! Boum boum boum ! »

Il rigole légèrement. Pour la musique qui accompagnera Starni, il y réfléchira dans les prochains jours. Pour l’heure, il a surtout besoin d’aller se reposer et de trouver un endroit où se rendre. Dire qu’il a réussi à trouver un nouveau compagnon grâce à la musique, c’est surprenant, ou presque. Mais en même temps, ce n’est pas très déplaisant. Pas du tout en fait. Ah, comment faire exactement ? Tout simplement en allant dormir. Demain, il présenterait alors sa nouvelle amie à Faldéla. La petite troupe venait de s’agrandir !

Chapitre 2 : Faldéla

Chapitre 2 : Faldéla

« Encore une journée sans rien. »

Il pousse un petit soupir, sans rien dire d’autre en regardant le sol à ses pieds. Il est assis sur un banc, terminant son repas. Maintenant qu’il a son violon et une meilleure tenue, l’argent rentre de telle façon qu’il n’a pas à avoir de problèmes pour se nourrir. Mais aussi, il garde quelques économies. Sauf que bien entendu, ce n’est pas forcément suffisant pour tout ce qu’il a en tête. Oui, il a à nouveau quelques rêves stupides. Des rêves qui ne valent pas la peine d’être raconté, loin de là même.

« Je ferai mieux de me focaliser sur quelque chose. »

Ou plutôt, de se renseigner. De trouver une raison de se lever chaque jour. Il n’en a aucune. Auparavant, Meloetta était celle qui déclenchait son réveil mais maintenant … il se sent tout simplement démotivé, oui. C’est ça. Il devrait faire quelque chose mais quoi ? Trouver un moyen … une raison ? Mais quoi ? Il n’a pas quitté la ville depuis le départ de Meloetta. C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup le reconnaissent.

« Je sais ce que je vais faire, je vais aller la revoir. »

Oui, c’était la meilleure idée qu’il avait en tête actuellement. Il sait où il doit se rendre. Même s’il faut avouer, bien entendu, qu’il appréhende un peu tout cela. Il ne sait pas trop comment il doit réagir, comment il doit faire. Il espère juste ne pas faire de gaffe lorsqu’il se présentera à elle. Avec de la chance, elle est seule dans la boutique … oui. Il s’agit d’elle.

« Oh ! Tu es l’adolescent qui m’a acheté un violon. Comment est-ce que tu vas ? »

« Je vais … bien, mademoiselle Faldéla. »

« HI ! Mais tu parles en fait ! » s’exclame-t-elle avant de faire un petit pas en arrière. Quelques secondes passent puis elle rigole, se tapotant le sommet du crâne. « Désolée mais je pensais que tu étais muet depuis le début. Mais je suis contente de voir que tu peux parler. Mais comment se fait-il que tu ne sois plus avec Meloetta ? »

« C’est un peu compliqué, je … je m’appelle Hémaltone. »

« Enchantée de te connaître, Hémaltone. C’est un joli prénom. Hmm … Attend un peu quand même, je vais mettre la pancarte pour dire que je ne suis pas là. »

Elle passe à côté de lui, l’adolescent restant immobile avant de se retourner. C’est vrai, elle retourne une pancarte qui déclare qu’elle est fermée … enfin, maintenant, c’est ouvert mais comme c’est à l’intérieur, ça veut dire que c’est fermé.

« Tu as soif ? Tu as faim ? Viens donc dans l’arrière-boutique, Hémaltone. »

« Euh merci beaucoup mais faire tout ça, vous êtes sûre ? »

« Tu peux me tutoyer, je m’appelle Faldéla, tu t’appelles Hémaltone. Nous nous connaissons maintenant, tous les deux, non ? Tu ne crois pas ? »

Il ne sait plus du tout où se mettre maintenant. Alors, il ne fait plus qu’hocher la tête. Il peut regarder la jeune femme plus en détails. Des cheveux bouclés de couleur bleue, quelques taches de rousseur et des yeux qui vont de pair avec ses cheveux. Elle doit être à peine plus grande que lui mais porte un jean une robe à froufrous blancs alors que le tissu était de couleur rose et noire. C’était plutôt une demoiselle très jolie … même sans maquillage car oui, elle avait une peau qui semblait s’y prêter.

« Et alors ? Qu’attends-tu donc ? Je ne sais pas ce que tu bois mais une boisson gazeuse ? »

« Je n’ai jamais vraiment goûté à ça. »

« Quoi ? Tu rigoles, n’est-ce pas ? Même pas un peu de limonade ou autre ? Ohlala. Viens donc par-là. Tu t’installes sur la chaise et tu ne bouges plus, d’accord ? »

« D’accord, d’accord, mademoiselle, je ne veux pas vous brusquer de la sorte. Je suis vraiment désolé, ce n’était pas dans mes intentions et … »

« Hihihi. Vraiment, tu parles beaucoup plus maintenant. Mais ne soit pas intimidé, je ne vais pas te manger non plus hein ? Roh … bon, tiens. »

Elle prit une canette contenant une boisson gazeuse à l’orange ainsi qu’un verre. Elle ouvre la canette, déversant son contenu dans le verre avant de le tendre à Hémaltone. Celui-ci récupère le verre, commençant à le renifler. Il boit une gorgée puis s’arrête, faisant une petite mimique avant de s’exclamer :

« C’est un peu piquant mais c’est plutôt bon ! »

« C’est le but. Mais il faut boire gorgée par gorgée. Pas d’un coup sinon tu es bon pour le mal de ventre. Est-ce que tu comprends ? »

Il hoche la tête positivement avant de recommencer à boire. Elle sort des petits salés et commence à le regarder avec amusement. Elle ne sait pas pourquoi mais il ressemble à un petit pokémon rongeur, rien de plus, rien de moins.

« Est-ce que c’est bon ? Qu’est-ce qui te tracasse pour que tu viennes ici ? »

« Je … euh … je … je ne sais pas quoi faire maintenant. »

« Et si tu racontais d’abord tout depuis le début, qu’est-ce que tu en penses ? Ca ne serait pas une bonne idée, tu trouves ? Ce n’est pas une si mauvaise idée non ? »

« D’accord. Vous savez parfaitement ce qui est bien pour moi. Je vais tout vous dire alors, mademoiselle Faldéla. J’espère juste je ne serai pas trop ridicule. »

« Tu ne le seras guère. Je t’écoute donc, Hémaltone. »

Difficile de tout expliquer. Il ne parle pas beaucoup à la base alors une longue conversation. Plutôt, il raconte comment cela s’est passé avec Meloetta, évitant de signaler ses sentiments sur le moment. Lorsqu’il a terminé, Faldéla lui dit doucement :

« Il te faut un nouveau pokémon pour remplacer Meloetta. »

« Mais je ne veux pas remplacer Meloetta ! Il en est hors de question ! »

« Tu n’as guère réellement le choix. C’est cela ou alors, tu vas continuer à penser à Meloetta sans pouvoir t’arrêter. Est-ce vraiment ce que tu désires ? »

« Pas vraiment, non, je dois l’avouer. » murmure l’adolescent. Un nouveau pokémon ? C’est étrange et déplaisant mais il fait confiance à Faldéla.

Chapitre 1 : Une vie banale

Chapitre 1 : Une vie banale

« Aujourd’hui, écoutez encore Meloetta et son dernier chant ! Vous serez … »

Il passe à côté de la télévision, ignorant complètement l’écran qui présente la petite créature aux cheveux verts et au visage blanc. Il ignore aussi la douce mélodie qui résonne à ses oreilles alors qu’il met les mains dans les poches. Il vaut mieux pour lui qu’il tire un trait sur tout ce qui vient de se passer, oui. C’est la meilleure chose à faire pour lui.

Il ne parle pas, il n’écoute pas, il ne fait que regarder au loin devant lui. Il ne fait guère très chaud. Cela fait déjà un bon mois qu’elle n’est plus là. Déjà un bon mois, oui … Le temps passe plus que vite et il regarde le violon qu’il possède. Cette fois-ci, il n’y a plus personne pour l’accompagner au chant, malheureusement.

« Oh ! Regardez ! C’est le jeune violoniste des rues ! »

Pourtant, il ne s’apprêtait pas à jouer. Mais avec sa nouvelle tenue et sa nouvelle apparence, il était normal qu’il fasse meilleure impression qu’auparavant. Il vint s’installer, sortant tout simplement son pokémon à lui : Xynolo. Le Crikzik vint faire ses petits bruits pour accompagner son violon alors qu’il se met à jouer.

Déjà, de nombreuses pièces commencent à tomber dans sa petite coupole alors que la musique envahie la rue. Mais bon, il ne joue qu’une trentaine de minutes, pas plus. Lorsqu’il termina, l’argent récolté était plus important qu’à ses débuts, bien plus important. Normal, tout le monde ne se fiait qu’aux apparences, rien d’autre. Pourquoi cela devrait-il changer de d’habitude ? Il se releva, disant :

« Merci pour tout. Merci encore. Merci pour votre argent. »

Il s’inclinait respectueusement devant toutes les personnes qui se trouvaient devant lui, ne faisant aucune différence par rapport à d’habitude. Mais au moins, cette fois, il parlait, il prenait la parole, ce qui changeait. Oui … c’était exactement ça. Il lui arrivait parfois d’ouvrir la bouche pour remercier. Même s’il ne parlait que peu.

Juste par mesure de confiance ? Pour remercier ? Enfin, tout cela était compliqué, vraiment très compliqué. Il alla dans un magasin, regardant les différentes nourritures pokémon, s’arrêtant pendant quelques secondes devant l’une d’entre elles.

« Celle préférée de Meloetta. »

Enfin, du peu de temps quand elle était avec lui. Peu de temps ? En fait, cela faisait déjà quelques semaines. Mais elles étaient très vite passées, trop vite passées. Beaucoup trop vite à son goût. Ah … vraiment. Il ne pouvait rien faire.

« Rien du tout. Je l’ai décidé par moi-même. »

Les rares fois où il pouvait émettre de telles paroles, ce fut lorsqu’il les adressait à lui-même, comme c’était le cas maintenant. Mais bon, il paya les quelques fournitures dont il avait besoin avant de quitter le bâtiment. Quelques minutes plus tard, assis sur un banc, il nourrissait son pokémon, faisant de même de son côté.

« Meloetta. » murmura-t-il en regardant l’écran géant télévisé attaché à un bâtiment.

Il la revoyait. Difficile de l’ignorer lorsqu’elle était partout. Un mois avait suffi à faire d’elle une célébrité. Un seul et unique mois. C’était aussi simple que ça ? Aussi facile ? Pourtant, oui, c’était exactement ça. Un seul mois … et voilà qu’elle était déjà plus que distante. Bien plus loin qu’auparavant. Il ne pouvait pas penser à autre chose.

« C’est juste impossible maintenant. Il suffit que je la voie. »

Qu’il la voie ainsi suffisait à le mettre dans une légère léthargie. Il ferma les yeux pour ne plus y penser mais impossible d’ignorer le visage blanc et les yeux bleus de Meloetta. Il termina son repas, regardant si son Crikzik avait fini de son côté. Comme c’était le cas, il le rappela dans sa pokéball, poussant un profond soupir. Ca ne servait à rien de se ressasser le passé, sauf à se faire souffrir encore plus qu’avant, inutilement.

« Meloetta n’est plus pour être avec moi. »

« Crikzik ? Cri cri ? Crikzik ? »

Il n’avait pas rappelé son pokémon ? Bizarrement, si. Il tenait toujours la pokéball dans la main. Il devait être extrêmement fatigué pour commencer à entendre les voix de ses pokémons. Bien plus fatigué que prévu même. Il devait trouver un endroit où dormir. Mais pourtant, il retourna là où il avait vu Meloetta sur le petit écran de la télévision. Elle était encore présente, en train de chanter sa première chanson. Celle qui l’avait rendu célèbre en quelques jours. C’était tellement simple, tellement facile … tellement ridicule.

« Alors, Meloetta, comment est-ce que cela fait d’être une célébrité après un unique mois ? Fière ? Anxieuse ? Vous appréhendez ? »

« Meloetta ! Melo … Meloetta, Melo meloetta ! Meloetta ! »

« Elle dit qu’elle n’est pas encore habituée à cela et qu’elle a du mal avec la célébrité. Néanmoins, elle espère que sa chanson atteindre une personne. »

« Une personne en particulier ? Est-ce votre dresseur, mademoiselle Meloetta ? » demanda le journaliste à la petite pokémon, un autre homme se chargeant de traduire ses propos.

« Non non, c’est une personne que … »

Elle stoppe ses paroles d’après ce qu’il peut remarquer sur l’écran. Elle rougit violemment puis demande à ce que l’interview s’arrête. Elle disparait subitement de l’écran, s’étant téléportée alors qu’il cligne des yeux. Comme s’il était possible que ça soit de lui dont elle parlait. Il n’y avait aucune chance. Aucune chance que ça soit le cas malheureusement.

« Je ferai mieux de chercher un coin où dormir ce soir. »

C’était mieux que de traîner ici. Il se ferait plus de mal qu’autre chose. Il rentra ses mains dans les poches, sans même se préoccuper de ce qui se passait autour de lui. Il était retourné à une vie plus calme, plus simple … une vie normale pour lui. Une vie … banale.

Chapitre 29 : Dans les rêves

Chapitre 29 : Dans les rêves

« Alors, Ryusuke ? Qu’est-ce que cela fait de rentrer chez soi après tout ce temps ? Ce n’est pas si déplaisant que ça, n’est-ce pas ? »

« Pas du tout, maman. Bon, j’ai juste l’air pitoyable … »

« Mais non, mais non, et puis, tu n’es pas seul hein ? »

Oui mais bon, ça ne changeait pas grand-chose à sa condition actuelle. Il se regarda pendant quelques secondes, poussant un profond soupir. Mais bon … la joie était là. Il regarde la Draco et la Kirlia. La première vient s’enrouler sous ses bras, glissant son visage contre son torse tandis que Sirénia grimpe sur son épaule.

« Attention, s’il vous plaît, toutes les deux, je sais que vous le ferez attention mais bon … C’est juste une mesure de précaution, d’accord ? J’espère que vous comprendrez. »

« Oui oui, ne t’en fait donc pas à ce sujet. On va juste faire attention, d’accord ? »

« Tu n’es pas obligé de me répéter mais merci. » murmure Ryusuke dans un petite sourire.


Le genre de sourire qui se permet d’être rassurant et tendre, le sourire qui plaît tant à la petite demoiselle Kirlia qui se laisse alors automatiquement faire. Celle-ci vient se placer correctement sur ses épaules, s’accrochant à son cou, ses mains posées sur sa tête.

« J’espère que je ne dérange pas trop, Ryusuke, n’est-ce pas ? »

« Pas le moins du monde, Sirénia. Bon … Maman, je suis prêt. J’espère juste que ma chambre n’a pas attrapé trop de poussière pendant que je n’étais pas là. »

« Tu me vexes terriblement, Ryusuke. Tu donnes l’impression que je ne m’occupe pas de ta chambre pendant que tu étais absent. J’ai même découvert l’une de tes cachettes. Ne t’en fait pas, ces livres n’existent plus à l’heure actuelle. Il ne faudrait pas que tes pokémon tombent dessus, n’est-ce pas ? Ça serait problématique. »

« Je ne vois pas de quoi tu parles, maman. Est-ce que tu peux m’emmener dans ma chambre ? Au moins que j’aille déposer mes affaires, ça sera mieux. »

La Kirlia hausse un sourcil, remarquant que cela perturbe Ryusuke plus que prévu. Est-ce que sa mère a dit quelque chose de dérangeant ou perplexe ? C’est très étrange. Elle remarque que Ryusuke est perplexe et un peu perdu … et inquiet aussi.

« Merci beaucoup maman. Je range tout, tout seul. Du moins, je vais demander à mes pokémon. Si je peux avoir un peu de tranquillité … »

Sa mère quitte la chambre mais il attend quelques minutes avant de se mettre à fouiller sous la moquette sous son lit. Pfiou ! Qu’est-ce que sa mère a raconté ? Il n’y avait rien d’étrange. Loin de là ! Tout est en place pourtant ! Il pousse un soupir soulagé, entendant Sirénia :

« Qu’est-ce que ces livres ont de si spécial, Ryusuke ? »

« Rien du tout, Sirénia et s’il te plaît, ne t’avises plus de lire dans mes pensées. »

« Je veux juste savoir ce qui est gênant. D’habitude, tu es toujours très sérieux. Je vais aller prendre ces livres et … »

« HORS DE QUESTION ! Et ne me force pas à me répéter, est-ce bien clair ? Ne t’avise surtout pas de me contredire sur ce point, je le prendrais VRAIMENT mal, d’accord ? »

« D’accord, d’accord, c’est bon, j’ai compris mais … »

Il place son bras devant les yeux de Sirénia qui deviennent roses. Il a compris ce qu’elle tente de faire mais le regard furieux et apeuré, comme une bête prise au piège, l’empêche de continuer cela. Qu’est-ce que ça peut être réellement ? Pour le mettre ainsi ?

« Sincèrement, j’aimerais vraiment beaucoup comprendre, est-ce que tu peux me dire ? Qu’est-ce sont ses livres pour que tu réagisses ainsi, Ryusuke ? »

« Des livres qu’il ne faut pas que des pokémon regardent voilà tout. Tu es trop jeune. »

« Trop jeune ? Je suis déjà une pokémon adulte ! Du moins, j’estime être adulte. TU es trop jeune, Ryusuke, c’est la différence, voilà tout ! »

« N’échange pas les rôles, s’il te plaît, loin de là. Mais bon, maintenant que tu as compris de quoi je veux parler, merci bien. Eleanor, je te fais confiance contrairement à Sirénia. »

« Moui, si tu le prends comme ça, je vais aller voir ce que sont ces livres. » marmonne la pokémon aux cheveux rouges tandis qu’il ne se préoccupe plus d’elle.

« Fais comme tu le désires. Eleanor, tu viens m’aider à tout ranger, s’il te plaît ? »

RAAAAAAAAAAAH ! Ca ne marche pas le moins du monde ce qu’elle tente de faire. Agacer Ryusuke pour en savoir plus sur ces livres. Elle est intéressée mais pas au point de se mettre Ryusuke sur le dos non plus ! C’était pas ce qu’elle désirait !

« Bon ben, je te laisse tranquille, je te le promets, Ryusuke. »

« Aucun souci. Tant que tu comprends qu’il y a des choses auxquelles on ne touche pas car c’est vraiment très important, tant mieux. Sinon, ça peut vraiment être problématique, j’espère que tu saisais tout ça, n’est-ce pas ? »

« Oui, oui, j’ai parfaitement compris. Vraiment … Encore désolée, Ryusuke. Câlin ? »

« Oui, on peut se faire un câlin. Bon, avec mes mains … ça risque d’être problématique mais au moins, l’intention est là, non ? »

« Attends, je vais le faire moi-même, Ryusuke. » s’exclame la Kirlia avant d’aller sur le lit, Eleanor se déplaçant pour que Sirénia puisse s’installer contre les bras de Ryusuke et le garder contre elle. Quelques minutes passent jusqu’à ce qu’elle finisse par lui laisser la liberté une nouvelle fois. L’adolescent soupire d’apaisement : Pour lui, c’est résolu.

« Bon, par contre … je me demande si … »

« Oui ? De quoi ? Tu es encore en train de penser à elle, Ryusuke ! C’est agaçant et énervant ! On dirait que je ne suis pas assez bien pour toi ou quoi ? »

« Mais qu’est-ce qui te fait dire ça ? Tu t’imagines des choses, Sirénia. Pas du tout. »

C’est juste qu’il se demande si … elle viendra le voir ou pas. On lui a conseillé de rester une semaine à la maison avant de reprendre les cours. Le souci, ce n’est pas ça, pas du tout. C’est juste que … bon … enfin … comment il peut s’exprimer correctement ?

« Enfin ça ne te concerne pas, de toute façon, si tu veux tout savoir ! »

« Justement, ça me concerne un tout petit peu, Ryusuke. Mais ce n’est pas grave pour le moment. J’ai juste envie de me coucher sur ce lit et … HEY ! Pourquoi est-ce que tu as pris ma place, toi ? Je peux le savoir ? »

« Oh, c’est vrai. Eleanor, c’est sa première fois qu’elle vient ici. Tu peux dormir aussi sur le lit, Eleanor. Je ne refuses pas Sirénia, je n’aurais pas à te refuser toi. »

« Draaaaaaaa ! » répond la pokémon avec joie tandis que Sirénia s’approche d’elle, comme pour la juger. Elle préfère la mettre en garde, se montrant un peu menaçante. Ryusuke passe une main plâtrée sur le sommet du crâne de la pokémon, la regardant doucement.

« S’il te plaît, pas de bêtises, Sirénia. Bon … Mes affaires … AH ! NON ! »

Il s’exclame en voyant finalement son bureau. C’est quoi ces dossiers ? Un rapide mouvement de la main et voilà qu’il fait une tête dépitée. Sincèrement ? Grumpf, elle abuse ! Elle abuse vraiment ! Il quitte la chambre à toute vitesse, disant à sa mère :

« Maman ? Est-ce que Kasiopé est rentrée dans ma chambre ? »

« Bien entendu, Ryusuke. Il le fallait bien pour ramener tes cours. Comme tu as put le voir, tu as beaucoup de retard, malheureusement. Bonne chance ! Mais tu as toute la semaine pour rattraper tout ça. Évite juste de te faire trop mal par contre. »

« A force de réfléchir ? Rien qu’à cette idée, je souffre déjà. Je vais voir si Sirénia pourra m’aider, tout simplement. Pas vraiment le choix, de toute façon. »

Il disait cela tout en souriant, haussant les épaules, comme amusé par la situation. Pourtant, celle-ci n’a rien de drôle mais le garçon semble avoir changé. Sa mère l’avait déjà remarqué auparavant mais c’était encore plus visible maintenant. Et pour sûr, c’est loin d’être déplaisant. Cette épreuve l’a totalement modifié.

« Je t’appellerais lorsque l’on mange, Ryusuke. Tu ferais mieux de te mettre tout de suite au travail, non ? Allez, hop hop ! Et plus vite que ça ! »

« Pas besoin de me pousser maman, j’y vais, j’y vais dès maintenant. Bon … Sirénia ? Eleanor ? C’est l’heure de la torture mentale après celle physique. »

Assis sur son bureau une demie-heure plus tard, Eleanor se trouve sur son épaule tandis que Sirénia est sur ses genoux. Lorsqu’il faut tourner la page, la seconde le fait à sa place tandis qu’il pousse un petit soupir de soulagement.

« Ca va au final, je n’ai pas tant oublié que ça. Ça devrait passer aisément. »

« C’est vrai ? Même moi, je comprends un peu tout ça. C’est peut-être parce que je peux lire dans tes pensées ? C’est plus facile comme ça, Ryusuke. C’est un peu étrange non ? »

« Non non, ça ne l’est pas, contrairement à ce que tu crois. Mais bon, comme je te l’ai déjà dit, évite de lire un peu trop mes pensées, d’accord ? »

« Oui oui, le message est très bien passé la première fois, Ryusuke. »

« Ne t’en fait donc pas à ce sujet. Je ne t’en veux pas hein ? » dit-il tout en cherchant à caresser son crâne avant de mettre une main sur son front.

Un petit bilan était nécessaire : s’il faisait six à huit heures par jour et qu’il séparait cela en trois heures le matin, trois heures l’après-midi et deux heures le soir. Oui, ça lui semblait être un juste compromis par rapport à tout cela. Ah …

« Ryusuke ? Il faut aller manger, j’espère qu’elle a aussi préparé pour nous. Je ne mange pas beaucoup mais Eleanor est une gloutonne. »

« Draaaaaaaaa ! » s’exclama la pokémon au long corps comme pour expliquer que si elle mangeait autant, c’est qu’elle appréciait une nourriture qu’elle n’avait jamais eut auparavant.

« S’il te plaît, Sirénia, ne te moque pas d’Eleanor. Elle a tant de choses à rattraper. »

« Je ne me moques pas, je dis simplement ce que je penses, rien de plus, rien de moins. »

« Ce n’est pas une question de dire ce que tu penses. Certaines paroles peuvent blesser si tu ne fais pas attention. Heureusement pour toi, Eleanor n’y tient pas vraiment compte. »

Heureusement pour elle ? Ce n’est pas comme si Eleanor lui aurait fait quelque chose aussi hein ? Il fallait peut-être pas trop pousser non plus. L’adolescent aux cheveux bruns soupire avant de se relever pour quitter la chambre. Il était l’heure d’aller manger.

Sirénia, malgré son statut de pokémon, mangeait à la table tandis qu’Eleanor, exceptionnellement, avait ce même privilège, entourant doucement Ryusuke de son corps tout en mangeant dans une gamelle à ses côtés.

« Ca me rend si heureuse de te revoir parmi nous, Ryusuke. »

« Plaisir partagé, ça fait du bien de rentrer à la maison après tout ce temps, vraiment. »

« Alors, n’hésite pas à te reposer cette nuit, ne te force pas à travailler alors que tu viens à peine de rentrer. Je pense que cela peut attendre demain matin. Je te réveillerais à huit ou neuf heures au grand maximum. Maintenant, manges donc ! »

Aie ! Sa mère qui veut le forcer à s’engraisser ! Il fait un petit sourire, terminant vite son assiette. Encore une ou deux heures à lire et étudier, malgré ses dires et voilà qu’il est enfin l’heure d’aller se coucher. Bon, le souci, c’est que Sirénia a grandi.

« Je devrais peut-être demander un autre lit pour toi, Sirénia. »

« HEEEEEEEEEEEEEIN ? Hors de question ! On ne change pas nos habitudes maintenant ! Je refuse, je refuse, je refuse ça ! C’est clair, net et précis ! »

« J’étais sûr que cela ne te plairait pas. Eleanor, tu peux aller au bout du lit pour te mettre en boule ou alors à côté de moi. Comme tu es une dragonne, je n’ai pas à m’inquiéter de l’odeur, tu sens très bon, je peux te le confirmer. »

« Quelle galanterie envers elle, Ryusuke. Et moi ? Au final, je dors où ? »

Question fâcheuse ? Elle n’en savait que trop rien alors qu’il regardait Eleanor. Elle n’en a rien à faire non ? Il finit par se coucher dans le lit, Sirénia grimpant aussitôt à son tour pour arriver à a hauteur et se placer à côté de lui, tête posée sur le torse. Eleanor avait décidé au final de dormir en boule à sa gauche, Ryusuke caressant ses oreilles à portée.

« Bon, maintenant … Il faut dormir, j’espère que je n’aurai pas de crise à cause de la douleur cette nuit. Ca me fait bizarre d’être à la maison. »

« Et j’espère que tu y resteras cette fois. Je ne veux plus te voir blessé comme ça. »

« Ca n’arrivera plus, je te le promets. Tu n’as pas à t’en faire. »

« Ce n’est pas ainsi que l’on rassure les jolies filles, Ryusuke. »

Ah bon ? Dommage, il ne s’y connaît pas en femme, hahaha ! Il suffit de voir avec Kasiopé, il a l’impression de parler à une inconnue malgré tout ce qui s’est passé entre eux. Il finit par fermer les yeux, haletant légèrement après une dizaine de minutes. Eleanor redresse la tête, poussant un petit cri comme pour réveiller Sirénia mais celle-ci a déjà ses yeux ouverts.

« Impossible de dormir. Dans l’hôpital, ils l’assommaient avec des somnifères mais ici, c’est un sommeil tout ce qu’il y a de plus normal. »

« Draco ? Dra dra draco dra draco dra ? » demande Eleanor, légèrement soucieuse alors que Ryusuke se met à haleter de plus en plus, gesticulant légèrement.

« Ne t’en fait pas, il ne va pas mourir ou autre, je ne le permettrais pas. »

« Draaaaaaaa draco draco dra draco dra ! » s’exclame aussitôt la Draco en se redressant, rapprochant son visage de la Kirlia qui soupire, ses yeux devenant roses :

« Je vais m’occuper de ça par moi-même. Pour la peine, si tu veux, je vais te laisser m’accompagner. Tu comprendras pourquoi il est aussi important pour moi … et que je ne peux absolument pas le laisser dans cet état et seul. Et que je ne laisserai aucune personne me le retirer, qu’importe s’il faut utiliser la violence pour cela. »

« Dra … draco ? » demande une nouvelle fois Eleanor, peu rassurée par les propos de la petite Kirlia. Pourtant, celle-ci est des plus sérieuses. Comment cela se fait-il ?

« Tu vas voir … suis-moi, tu comprendras bien assez tôt. »

Elle place une main sur le crâne de la Draco, l’autre sur celui de Ryusuke avant de fermer complètement les yeux. La Draco se sent comme happée par une force prodigieuse avant de se retrouver au beau milieu d’une forêt en flammes.

« Et voilà, nous y sommes. Voilà ce à quoi cauchemarde Ryusuke chaque nuit à la maison ou presque. Cela lui prend sans que je n’en saches la raison. »

Et voilà qu’elle se met à chercher Ryusuke du regard. Elle le voit, tout simplement statufié face à une étrange créature à la longue robe noire et blanche. Elle tourne le dos à Sirénia et Eleanor mais la première est en train de l’observer.

« Qu’est-ce que … cette griffe ensanglantée ?! »

Elle remarque la griffe droite de la créature qui lui tourne le dos. Entièrement blanche normalement, elle est pourtant tachée de sang alors qu’une voix ne murmure :

« Tiens donc … des invités ? Comme c’est étrange … Vous êtes plusieurs maintenant ? »

La voix provient de cette créature avant que tout ne disparaisse complètement, qu cela soit Ryusuke, la forêt ou le décor. Il n’y a plus que les deux pokémon et cette étrange créature en face d’elles. Lentement, son visage se retourne, deux yeux verts fixant les pokémon avant que tout ne se brouille. Sirénia se réveille en sursaut, avachie sur Ryusuke, Eleanor étant de même. Déjà la matinée ? Et la mère de Ryusuke qui le secoue légèrement :

« Il faut que tu te réveilles. On avait pourtant prévenu : pas plus tard que neuf heures. »

Yeux … verts ? Et cette tenue ? Et ce sang ? Mais surtout : cette créature savait qu’elles étaient là ? Les deux pokémon se regardent pendant quelques secondes, plongées dans l’incompréhension la plus totale.

Chapitre 62 : Se rassurer

Chapitre 62 : Se rassurer

« Troisième ville mais rien de rien. »

Il avait poussé un profond soupir avant de mettre une main sur son front. Malgré tout ce qu’il avait dit et fait, la vérité était là, très laid et affreuse. Il avait laissé Sérest et il avait eut raison mais bon, ça ne changeait pas qu’ils n’avaient trouvé personne qui avait des informations sur l’aigle bicéphale. De plus, ils ne pouvaient pas l’interroger directement.

« Ça serait de la pure folie. On risquerait de se faire pourchasser. »

Il marmonnait dans son coin alors que les autres discutaient entre eux. Elen avait finit par abandonner la bataille en voyant le jeune homme réfléchir longuement. La femme aux cheveux blonds parlait alors avec Clari tandis que Manelena croisait les bras sans rien dire et faire, l’air songeuse elle aussi.

« Si ce n’était que ça, ça serait tellement plus simple. »

Obtenir des informations était difficile, extrêmement difficile. Il le savait parfaitement mais il avait espérer que la solution se réglerait plus aisément. Même si ce n’était qu’un détail, du genre, que quelqu’un avait cru l’apercevoir mais rien du tout. Sérest pouvait toujours jouer sur le fait qu’elle était une femme ailée, comme les habitants de Claudiska mais là aussi, il n’était pas sûr du résultat et il valait mieux ne pas tenter le démon.

« On est complètement paralysés … on ne peut rien faire du tout, rien du tout. »

Pourquoi est-ce que c’était aussi compliqué maintenant ? A la fin ? Il donna un léger coup dans la table, s’arrachant un rictus de douleur en espérant que personne ne l’avait remarqué. Heureusement pour lui, nul n’avait tourné la tête et il poussa un soupir, soulagé. Peut-être qu’en prenant des nouvelles des autres royaumes, ils finiront par avoir ce qu’ils cherchent ? Et si l’aigle bicéphale n’était pas à Claudiska malgré tout ?

Ah ! Peut-être que c’était ça ? L’aigle qui n’était pas à Claudiska malgré qu’il en portait l’élément ! Pourquoi est-ce qu’il n’y avait pas pensé plus tôt ? Non, c’était un peu de la folie que d’avoir imaginé tout ça. Mais pourtant, il y croyait dur comme fer. Quelle stupidité ! Pourquoi est-ce qu’il pensait que maintenant ? Et est-ce que les autres y avaient réfléchit aussi ? Ou alors non ? D’après ce qu’il entendait, ils en avaient presque rien à faire. Ils parlaient de sujets non-intéressants.

« Je me fais peut-être des idées. Les autres ne semblent pas se sentir concernés. »

Pourquoi est-ce qu’il avait l’impression d’être différent à cet instant ? Ah non, Elise aussi ne cherchait pas à discuter. Manelena marmonnait parfois, comme pour répondre à Clari qui l’agaçait en la titillant par quelques paroles. Royan parlait à Séran, évoquant les disputes entre leurs deux royaumes bien que Séran n’avait aucun lien de noblesse ou de royauté en Honoros. Il évoquait tout autant les relations amicales entre Claudiska et Traslord.

« Tery ? Est-ce que je peux te … enfin parler avec vous ? »

« Hein ? Elise ? Bien entendu, j’en serais ravi. Tu veux que l’on s’éloigne ? »

Aussitôt, le regard d’Elen se porta sur lui alors qu’il s’était levé. Il n’attendait pas vraiment les réactions des autres, quittant la table qu’ils avaient pris pour déjeuner. Ils allaient sûrement passer la nuit à l’auberge donc de toute façon, ils n’allaient pas vraiment s’éloigner cet endroit. Il se dirigea hors de l’auberge, Elise l’accompagnant avant qu’il ne dise :

« Qu’est-ce qui te perturbe, Elise ? Si tu veux en parler, je veux bien t’écouter. »

« Ca serait plutôt à moi de vous poser la question, vous ruminiez dans votre coin sans chercher à communiquer avec les autres. Il est vrai que ces derniers jours n’ont pas été très glorieux en ce qui concerne la recherche d’indices mais … »

« Je ne parle pas de moi mais de toi. Quelque chose de te tracasse mais quoi ? »

« Cette envie incessante de trouver l’aigle bicéphale. Je n’arrive pas à me le retirer de la tête. Pourtant, j’aimerai penser à autre chose mais je veux arriver à trouver cette créature pour que tout soit terminé. Et cette pensée passe au-dessus de tout le reste. »

« Hmmm, je ne suis donc pas le seul. J’ai juste l’impression que les autres ne réagissent pas de la même manière que nous, pour tout te dire. »

« Vous l’avez remarqué aussi ? Ils restent naturels mais nous sommes alors les seuls concernés. Pourquoi ? Est-ce qu’il s’agirait … de ce que nous sommes ? »

« Je n’en ait aucune idée mais c’est une bonne supposition. » dit Tery en soupirant, plaçant une main sur son front. « Est-ce que … tu entends parfois une voix quand tu dors ? »

« Hein ? Oui ! Bien entendu ! Je pensais vraiment être la seule mais visiblement non. J’avais l’impression de devenir folle à entendre une voix. Je suis soulagée … tellement soulagée … Mais comment est-ce cela se fait ? Je n’ai jamais osé en parler. »

« Je n’en sais pas plus que ça malheureusement mais oui, tu dois être rassurée, je m’en doutes. Ah … Je suis zen, vraiment zen. »

C’est bien ce qu’il pensait. Cette voix était lié au fait qu’il soit un démon. Elen et les autres ne l’entendaient pas. Il n’y avait qu’Elise qui était capable de l’entendre. Il tapota doucement le sommet du crâne de la jeune demoiselle avant de dire d’une voix douce :

« Bon, au moins, si j’ai un souci, je peux t’en parler, d’accord ? Et inversement. »

« OUI ! Merci beaucoup, Tery ! » s’exclama t-elle dans un grand sourire. Elle était quand même sacrément gentille et mignonne comme fille. D’ailleurs, pourquoi est-ce qu’il avait eut ce geste ? Elle n’était pas plus jeune que lui, du moins, pas de beaucoup.

« Nous devrion retourner voir les autres. J’ai eut ma réponse et toi aussi. »

Elle hocha la tête positivement, toute ragaillardie par les paroles de Tery. S’il suffisait vraiment de si peu, il l’aurait fait depuis bien longtemps ! AH ! Bon, d’après ce qu’il avait cru cerner, Elen n’avait pas été contente qu’il parte mais ça, qu’est-ce qu’il en avait à faire ? Il pouvait bien discuter avec Elise un peu, surtout sur ce pont enfin résolu.

« Vous êtes déjà de retour ? Ca n’a pas duré bien longtemps. »

« J’avais juste quelque chose à demander à Elise, rien de plus. Au final, comme c’est confirmé, je n’ai pas à m’inquiéter plus à ce sujet, voilà tout. »

Il avait hoché la tête positivement, faisant un léger sourire à Elen après lui avoir répondu avant de retourner s’asseoir à côté d’elle. Si elle ne posait aucune question, tant mieux. Si elle en posait, tant pis, il ne parlerait pas de ce sujet assez pointilleux. Il prit une profonde respiration, prenant les dernières nouvelles du groupe mais rien du tout, pour ne pas changer. Il soupira longuement en marmonnant, se disant que ce n’était pas aisé.

« J’ai l’impression que tout ce que l’on entreprend est voué à l’échec. »

« Il ne faut pas dire ça, Tery. C’est simplement que nous manquons de chance. Mais celle-ci tournera ! Il suffit juste de trouver l’élément de départ et nous pourrons ensuite partir à sa recherche, non ? » lui dit Elise tout en rigolant légèrement, ayant retrouvé le sourire.

« Je ne sais pas de quoi vous avez parlé tous les deux mais Elise semble en pleine forme. »

« Oh de rien, de rien. Du moins, rien d’important mais qui était nécessaire en fin de compte. Au moins, c’est réglé et on va bien mieux tous les deux maintenant, n’est-ce pas, Elise ? »

« C’est exact, Tery ! Sans toi, ça se serait passé bien moins bien. Hum … »

Elle cligna des yeux à sa propre phrase, un peu étonnée et amusée par sa diction. Néanmoins, personne ne releva sa phrase alors que chacun reprenait sa discussion. Tery était maintenant en train de parler avec Elen tandis qu’Elise discutait avec Royan. Seule Manelena avait fini par se lever, marmonnant :

« Je vais prendre un peu l’air, j’en ait besoin. »

Il ne cherche pas à l’arrêter. Ca pouvait très bien se passer comme très mal, c’est pourquoi il évitait alors de chercher à en savoir plus. Mais bon, était-ce par rapport aux dires des autres personnes présentes dans l’auberge ? Il avait essayé de ne pas s’en mêler mais difficile d’ignorer encore une fois les différentes rumeurs concernant Shunter.

Des rumeurs, qui, comme souvent, n’étaient pas vraiment rassurantes. C’était donc pour cela que la jeune femme aux cheveux argentés était partie. Besoin de souffler et de penser à autre chose, il s’en doutait. Il était déjà prêt à aller lui parler dans quelques minutes mais au final, il déclara qu’il allait dans sa chambre pour aller se reposer. De toute façon, ils ne comptaient pas bouger jusqu’à demain matin donc bon …

Dans la chambre, il ouvrit aussitôt la fenêtre, regardant dans la rue pour tenter d’apercevoir Manelena. Visiblement, celle-ci s’attendait à lui puisqu’il avait fallut simplement baisser les yeux pour la remarquer. Il fit une simple salutation de la main avant de dire :

« Qu’est-ce qui ne va pas ? Encore à cause du royaume ? »

« Encore à cause du royaume. Tu n’as pas peur de te faire lyncher pat Elen ? »

Petite pointe d’ironie. Elle allait donc mieux que prévu. Mais pourtant, il gardait son visage des plus sérieux, la fixant avec douceur avant de murmurer :

« Alors, tu veux en parler ou pas ? Et ne me réponds pas « ou pas », je ne tolèrerais pas une telle réponse venant de toi. Qu’est-ce qui se passe ? »

« Tu n’as pas entendu les rumeurs ? Sur les rebelles et tout le reste ? Encore que tu étais trop concentré avec Elise. De quoi est-ce que vous avez parlé tous les deux ? »

« De choses … assez personnelles … mais c’est liées à ça. » dit-il en désignant son crâne, là où normalement ses cornes sont présentes. Elle haussa un sourcil avant de lui répondre :

« Et à part ça ? Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? Surtout que tu parles de « personnel ». Ne me dit pas que toi et … »

« Hey ! Mais qu’est-ce que tu t’imagines ? Ne raconte pas n’importe quoi et ne fait pas ta Elen ! Bon sang, je suis en train de crier dans la rue. Tu ne veux pas remonter ? »

« Et qu’Elen me fatigue en me demandant ce que je vaix faire ? Hors de question. J’ai pas envie de me fatiguer à lui répondre, voilà tout. » marmonna la femme aux cheveux argentés, craquant les os de son cou tout en reprenant : « Quant à moi … Non rien. »

« GRUMPF ! Bon, j’ai eut ma réponse. Tu reviens quand tu veux en bas, pour ma part, e comptes me reposer. Bonne journée. » dit-il en fermant la fenêtre vivement.

« Hein ? Mais qu’est-ce qui lui prend ? »

Elle était interloquée. C’était pas totalement faux que ça soit complètement absurde de crier dans les rues. D’ailleurs, elle avait aussi remarqué quelques têtes tournées vers eux. C’était déplaisant, très déplaisant en fin de compte.

« Les gens doivent se rappeler de son visage. Et zut. »

Même s’il continuait de se cacher et elle aussi, elle avait pensé pendant un bref instant que tout cela aurait put les emmener à … se reposer. AH ! Elle qui pensait à se reposer ? Absurde ! Vraiment absurde de sa part ! Et candide ! Ils ne pouvaient pas profiter d’un repos ! Ils ne le méritaient pas ! Ils affrontaient des monstres millénaires.

« Je n’aurai jamais pensé un jour vivre tout cela. »

Elle serra le poing avec rage. Tout ça car elle avait connu un jeune homme particulièrement stupide … mais qui avait été capable de la marquer à vie. Depuis tout ce temps, elle était décidée … à le suivre jusqu’au bout, quitte à avoir le monde entier comme ennemi. Voilà ce à quoi elle s’attendait. Elle poussa un profond soupir, regardant encore la fenêtre fermée.

« Je ferais mieux de retourner auprès des autres. »

Et voilà qu’elle se dirigeait vers les portes de l’auberge. Encore une fois, ils ne faisaient que cela, se promener de ville en ville, en espérant glaner quelques informations.

« Tiens, tu es déjà de retour ? Même pas une demie-heure, ça ne devait pas être si important que ça, n’est-ce pas ? » dit Clari tout en rigolant.

« J’avais surtout bien mieux à faire de mon côté bien que cela ne te regarde qu’à moitié. »

« Oh, donc tu peux nous dire ce que tu as été faire non ? Mais en coupant ta phrase à moitié, ensuite, on tente de deviner l’autre moitié. »

Comment est-ce qu’elle avait fait pour avoir une telle énergumène dans l’armée ? A l’époque où elle avait été maréchale, ça ne se serait pas passé comme ça. Encore qu’elle exagérait à moitié tandis qu’elle poussait un profond soupir. Il vaut mieux ne pas trop chercher à en savoir à son sujet car elle avait beaucoup mieux à faire.

« Tery est encore dans sa chambre ? Il faudrait qu’il pense à en sortir. »

« Il a sûrement été se reposer, rien de plus. Mais bon … auberges, auberges, auberges, on ne va que dans ces derniers sans réellement se préoccuper du reste. »

« Et que veux-tu que cela me fasse, Elen ? Nous n’avons pas trop le choix. Nous pourrions toujours dormir dehors, si cela est tellement dérangeant d’avoir un lit. » répliqua Manelena à Elen, celle-ci étant déjà prête à réagir mais Clari s’exclama :

« Mais ça me semble être une bonne idée ! Même si on le fait déjà assez souvent entre deux villes, bien que depuis notre arrivée à Claudiska, ce n’est pas le cas. »

Elles avaient parfaitement compris le petit jeu de la jeune femme. Les empêcher de se disputer, encore une fois, cela leur permettant alors de ne pas créer plus de conflits. Mais bon, ce n’était pas pour ça qu’elle acceptait qu’elle s’en mêle alors que ça ne la regardait pas le moins du monde. Pour toute réponse, elle émit un grognement.

« Alors, puisque visiblement, Manelena est d’accord, on va attraper Tery dans sa chambre, le ligoter et le saucissonner. Le soulever au-dessus de nous et le transporter. »

« Et bien entendu, nous mettre les gardes de cette ville à dos car ils se poseront des questions, n’est-ce pas ? Ou je me trompe encore une fois ? »

« Ce n’est qu’un petit souci mineur de rien du tout ! Je suis sûre que l’on peut arranger ça en un coup de vent. Or, tu sais bien que c’est ma spécialité non ? »

« Je préfère m’abstenir de te répondre, cela devient de plus en plus ridicule et risible. »

Comme elle désirait ! La femme aux couettes blondes semblait ignorer parfaitement l’agacement de plus en plus visible chez celle aux cheveux argentés tandis qu’Elen exultait intérieurement. Elle se demanait comment Clari pouvait obtenir ce résultat à chaque fois, cela tenait presque du génie. Sérest soupira :

« Laissons-le se reposer pour une heure ou deux et ensuite, nous partirons pour la nuit. »

« Dire que nous avons déjà payés nos chambres mais bon … Autant les utiliser non ? »

« Ce n’est pas totalement faux en un sens. Laissons alors Tery dormir et … »

« Je vais de ce pas le rejoindre puisqu’il en est décidé ainsi ! » s’exclama Elen avec un petit sourire, quittant la table pour grimper à l’étage avec une vélocité peu habituelle.

« Et évite de le fatiguer comme ces derniers jours ! »

La remarque la stoppa net dans son élan alors qu’elle regardait Manelena. Non mais de quoi est-ce qu’elle se mêlait elle ? Ca ne la concernait pas le moins du monde, compris ? Que ça lui plaise ou pas, elle s’en fichait complètement ! Mais qu’elle ne vienne pas lui dire quoi faire car sinon, elle n’allait pas vraiment apprécier tout ça.

« Tu n’as qu’à essayer de trouver quelqu’un qui veuille de toi au lieu. »

Et sur ces mots, elle continua son ascension, disparaissant à l’étage tandis que Manelena fronçait les sourcils. Si cela ne tenait qu’à elle et qu’il n’y avait personne, elle ne se serait pas privée pour aller l’exterminer mais pour le moment, non.

« Des fois il sera bon de donner une petite leçon dont elle se souviendra. »

« Manelena, laisses-la donc tranquille un peu. On sait bien que cela te met en colère de la voir aussi heureuse avec Tery mais … »

« Et pourquoi est-ce ce point précis me mettrait en colère hein ? » s’exclama Manelena, rapidement agacée, Clari ayant touché encore une fois une corde sensible. « La seule chose qui me dérange dans leurs absurdités, c’est le fait que Tery soit exténué et incapable de se tenir correctement en journée ensuite J’ai l’impression d’avoir affaire à un monstre attiré uniquement par le plaisir charnel. »

« Curieuse définition, je ne suis pas sûre que je la collerai à Elen par contre. Il est vrai néanmoins qu’elle rattrape tout son retard avec Tery, tu ne vas pas lui reprocher ça non ? »

« Qu’ils se gardent ça pour quand ils vivront seuls, dans un coin paumé et isolé. »

« Oh ? Tu insinues donc que tu n’iras pas leur rendre visite quand tout sera terminé ? »

Pfiou. Rester calme et ne pas avoir envie de claquer la tête de Clari pour qu’elle se taise. Il valait mieux penser à autre chose. Comme ce souci à Shunter. Ce n’était que des rumeurs, il n’y avait rien de fondé mais cela la tracassait bien qu’elle évitait de le montrer. Devant l’absence de réaction de la part de Manelena, Clari leva une main pour héler une serveuse et commander une nouvelle fois à boire.

« Clari, évitez de boire trop, même si vous tenez facilement l’alcool… »

« Elise, je me sens pousser des ailes quand je bois dans les tavernes de Claudiska. Je préfère donc en profiter un petit peu ! Tu devrais faire de même maintenant que tu es passée de l’autre côté, tu ne crois pas que ça serait une bonne idée ? »

« Je ne sais pas trop … Je ne voudrais pas que l’odeur de l’alcool nous incommode. »

« Roh mais ne t’en fait pas. Il n’y aura aucun problème, je te dis ! »

« Ce n’est pas pour ça que je suis rassurée mais bon … un seul verre alors. »

Elle prit une profonde respiration avant de ramener la boisson au niveau de ses lèvres lorsque celle-ci arrive à sa table. Finalement, le liquide lui fait plus que du bien tandis que Royan haussa un sourcil, étonné de la voir agir de la sorte.

« J’espère néanmoins que vous savez tenir l’alcool, mademoiselle Elise. Je n’aimerai pas que votre image se brise au même instant où avez un haut-le-coeur qui remonte à votre gorge. »

« Oh ! Allons, prince Royan ! Je sais quand même bien me tenir, je vous pries ! »

« On ne sait jamais justement, mademoiselle Elise. Clari, si quelque chose de fâcheux se passe cette nuit, je risque de t’en vouloir à vie. »

« C’est pour cela que je te conseille d’être son ange gardien pour la soirée, qu’est-ce que tu en dis ? Ca ne me semble pas être une mauvaise idée, non ? »

« Tsss, je te le ferais payer plus tard. Mademoiselle Elise, vous avez entendu ? Je vous surveille et je vous aies à l’oeil. »

Comme il le désirait ! Elle ne semblait pas trouver cela déplaisant, commençant alors à parler plus aisément à Clari ainsi qu’à Sérest et Séran. Manelene, quant à elle, avait feint d’ignorer la tentative de la faire boire.

Dans la chambre, Tery s’était rapidement endormi, n’entendant pas les bruits de pas d’Elen qui avançait doucement vers lui. Avec lenteur, elle grimpa sur le lit, se plaçant au-dessus de lui avant de finir par se coucher sur sa personne. Elle se pressa contre lui, fermant les yeux à son tour tout en chuchotant :

« Je suis si heureuse de te sentir auprès de moi, je n’ai besoin de rien d’autre, Tery. »

Bien entendu, elle n’attendait aucune réponse de sa part. Elle rouvrit ses yeux, regardant brièvement la porte. Elle avait oublié de la fermer. Dommage que Tery dorme, elle aurait bien tout fait pour exaspérer encore une fois Manelena. Elle savait que son attachement à Tery était un peu trop … maladif mais elle ne le regrettait pas. Elle appréciait tellement leurs moments à deux et elle ne voulait jamais se séparer de lui.

C’était pour cela qu’elle allait faire tourner la clé dans la serrure de la porte, se diriger à nouveau vers Tery et voir peut-être à le réveiller tout en douceur. Mais le jeune homme semblait profondément plongé dans son sommeil alors qu’elle faisait une petite moue boudeuse. Moui, d’accord. Bon, ce n’était pas bien grave.

« Le plus important est que tu sois là. »

Elle ne faisait plus vraiment la distinction entre de l’amour et de l’acharnement. Tout ce qu’elle voulait, c’était avoir le jeune homme à ses côtés à chaque moment, à chaque instant, à chaque souffle qui émanait de ses lèvres. Elle l’aimait … à la folie, elle le savait.

Epilogue : Un monstre seul

Epilogue : Un monstre seul

« Meloetta ? MELO MELO ! »

Elle a bien entendu la voix de l’adolescent ! Non ! Pas de l’adolescent ! D’Hémaltone ! C’est bien Hémaltone qu’elle a entendu ! Cette belle voix ! Cette magnifique voix de la part d’Hémaltone ! Elle en est certaine que c’est lui !

« Tu sais donc parler ? Et tu as un timbre … surprenant. Pourquoi est-ce que tu n’as pas ouvert la bouche dès le départ ? »

« … … … »

Il ne répond pas, replongeant dans son mutisme alors qu’il fait un petit sourire à Meloetta. Maintenant, il est temps pour eux de se séparer. Solomon hausse un sourcil en même temps que l’épaule avant de reprendre :

« Bref, tu fais comme tu veux, je ne vais pas te forcer à parler si tu n’en as pas envie. Mais cette voix était surprenante, vraiment. »

« MELO ! MELOETTA ! MELOOOOOOO ! »

« Hémaltone ! Hémaltone ! »

Il s’immobilise alors qu’il s’apprêtait à partir. Encore cette voix féminine ? Mais il entend juste les cris de Meloetta. Comment est-ce que possible autrement ? Il doit rêver, ce n’est pas possible autrement. Oui, c’est sûrement ça.

« Meloetta ? Si tu veux bien me suivre, cet adolescent ne veut plus de toi. »

Ce n’est pas une question de vouloir ou non ! C’est juste qu’Hémaltone ne se considère pas assez fort pour la protéger ! Mais elle, elle est assez forte pour se protéger ! Sauf qu’elle ne l’a pas montré ! Et qu’il ne lui a pas laissé le temps !

« Meloetta ? Il faut y aller maintenant. Tu as une célébrité à acquérir mais ça ne devrait pas être très difficile normalement. »

La célébrité ? Devenir célèbre ? Elle ? Elle ne sait pas si c’est vraiment ce qu’elle veut mais … peut-être que oui. C’est peut-être le cas. Elle n’aura qu’à voir, elle n’aura qu’à essayer. Hémaltone a voulu qu’elle soit libre, elle le sera.
Elle sera libre de choisir si elle veut partir ou non. Avec ce qu’Hémaltone a fait, elle ne sait pas. Elle ne sait plus. Mais la voix de l’adolescent résonne encore dans sa tête. Cette voix ressemblait à sa musique, elle ressemblait un peu à un chant.

« Meloetta ? Il faut vraiment se dépêcher là. »

« Melo melo ! Meloetta ! »

Elle … arrive. Elle ne voit plus du tout Hémaltone maintenant. C’est fini ? Ils ne se reverront plus, c’est bien ça ? C’est ça qu’elle doit comprendre ? Elle ne veut pas de ça ! Elle ne veut pas ! Elle veut le revoir ! Elle veut le revoir le plus rapidement possible !

L’adolescent, celui-ci est suivi par le Crikzik. Il accélère le pas comme pour montrer qu’il ne compte pas être accompagné mais le petit pokémon insecte accélère à son tour, le rattrapant. L’adolescent passe à travers plusieurs ruelles, finissant par s’asseoir dans l’une d’entre elles, se recroquevillant sur place.

« Crikzik ? Crik crik. »

« Ne reste pas avec moi, c’est bon. »

Le pokémon s’immobilise en entendant la voix d’Hémaltone. Celui-ci le regarde de ses yeux bleus, reprenant faiblement :

« Je porte malheur, je suis un monstre, voilà tout. »

« Crik … Crikzik ! »

Il signale que ce n’est pas vrai mais l’adolescent ne cherche même pas à l’écouter. Ses genoux ramenés à la hauteur de son visage, il ne prononce pas un mot. Pas un seul … plus un seul. Le Crikzik commence à émettre un son de xylophone.

« Qu’est-ce que … Je devrai te donner un nom, n’est-ce pas ? Tu es un garçon. Qu’est-ce que tu penses de Xynolo ? Par rapport à ton son ? »

« Crikzik ! Cri crikzik ! »

Le petit pokémon semble plus que joyeux et heureux d’entendre cela de la part de l’adolescent. Hémaltone hoche la tête, tentant un faible sourire. Difficile d’oublier Meloetta. Il sort son violon, commençant à en jouer pour accompagner le Crikzik.

« Tiens ? De la musique ? C’est peut-être le garçon avec sa Meloetta. »

Il déglutit alors qu’il arrête de jouer du violon. Voilà tout ce qu’il est : le garçon avec sa Meloetta. Sauf que de Meloetta, il n’y a plus de présence. Elle n’est plus là. Plus du tout. Il baisse la tête, rappelant son petit Crikzik avant de retenir ses larmes.

« Meloetta ? Melo … melo ? »

« Emmenez-nous directement à un studio de production, nous devons évaluer la voix de cette Meloetta mais normalement il n’y a rien à craindre. »

« Meloetta ? Melo … »

Elle ne sait pas ce qui va se passer pour elle mais … elle se montrera forte. Elle passe une main sur le diadème offert par Hémaltone, son autre main glissant sur le pendentif. Elle ferme les yeux, pleurant en silence au son de la douce mélodie qui émane du pendentif. Elle avait peut-être trouvé son … élu à elle.

Chapitre 29 : Un choix difficile

Chapitre 29 : Un choix difficile

« Alors ? Tiens, déjà le chèque. »

Une méthode pour le persuader, n’est-ce pas ? Pour qu’il renote bien dans son esprit les chiffres du chèque. L’adolescent récupère le morceau de papier, observant le chiffre dessus. C’est le même qu’hier ? Non, il semble encore un peu plus gros.

« Il me faudrait une réponse assez rapide, si cela ne te dérange pas. »

L’adolescent hoche la tête alors qu’il prend Meloetta. Celle-ci pousse un cri de stupeur avant qu’il ne la pousse tendrement vers le producteur.

« MELO ! MELOETTA ! MELO ! »

Ce n’est pas drôle ! Il ne va quand même pas la vendre ! Elle ne se serait pas trompée à ce point à son sujet non ? NON ET NON ! Ce n’est pas drôle ! ELLE NE VEUT PAS ! Elle … entend un bruit de déchirement de la part de l’adolescent.

« Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu refuses de me la vendre ? Malgré ma proposition ? »

Non, il ne comprend rien. Cet homme ne comprend vraiment rien même. Il continue de pousser Meloetta en avant jusqu’à ce qu’elle soit plus proche du producteur que de lui. Puis finalement, il sort un morceau de papier de sa poche, le tendant à Solomon.

« Hum ? Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Solomon hausse un sourcil en voyant le morceau de papier. L’écriture est faiblarde, un peu tremblante, comme s’il avait eu du mal à s’appliquer mais il le lit à voix haute :

« Je refuse l’argent. Meloetta n’est pas à moi. Elle est libre de ses choix mais avec moi, je ne peux pas la protéger constamment. J’ai failli la perdre une fois, je ne veux pas une seconde fois par erreur. C’est pourquoi elle sera plus en sécurité avec vous. Je ne veux pas de cet argent car je ne possède pas cette petite pokémon qui en a déjà trop fait pour moi. »

Elle ne comprenait pas. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qu’elle doit comprendre ? L’homme semble étonné, reprenant sans lire :

« Si je comprends rien, tu ne veux pas être payé pour cette Meloetta ? »

Il hoche la tête négativement alors que Solomon reprend :

« Donc, car elle ne t’appartient pas, tu ne veux pas de cet argent. Ou alors, est-ce une question de morale ? Tu es un mendiant, n’est-ce pas ? Depuis quand tu as une morale de la sorte ? Tu devrais garder l’argent sans te poser de questions. »

Il en est hors de question, ce n’est pas difficile à comprendre. Il n’acceptera jamais cela ! Il ne veut pas être sali, loin de là ! Mais Meloetta se jette dans ses bras, le Crikzik ne comprenant qu’à moitié ce qui se passe. Il sait juste que Meloetta risque de quitter l’adolescent, ce qui le rend plus que triste.

« MELO ! MELOETTA ! MELOETTA ! »

Elle n’a pas envie de le quitter ! Pas du tout même ! Elle peut facilement se défendre mais l’adolescent la soulève et la force à quitter ses bras. Il la regarde attentivement, restant impassible pendant plusieurs secondes avant de faire un sourire triste.
C’est ce qui est le mieux pour elle. Le mieux pour elle … oui. Il en est sûr et certain, il sait qu’il a fait le bon choix. Oui, il faut qu’elle le comprenne. Mais elle ne veut pas comprendre ! Elle n’a pas envie de comprendre ! ELLE NE VEUT ….
Elle regarde l’adolescent, comprenant que ça le fait autant souffrir qu’elle. Mais alors pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Pourquoi ? S’il se fait souffrir inutilement ? Alors ça ne sert à rien ! Qu’ils arrêtent tous les deux. Elle amorce un mouvement mais s’arrête. Non, il ne veut vraiment pas de ça.

« Hum … Ca semble quand même plus compliqué que prévu. Meloetta, est-ce que tu veux bien nous accompagner ? Tu deviendras célèbre dans le monde entier. »

Mais la célébrité, elle n’en a rien à faire. Elle veut juste rester avec l’adolescent. Elle veut juste qu’il l’accompagne. Ils peuvent bien faire ça non ? Non ? Car l’adolescent n’acceptera pas, pas du tout même, elle en est certaine.

« Soit … Puisque la décision est prise, terminons ce repas et ensuite, nous nous séparerons. Si tu avais une adresse, j’aurai pu t’envoyer des billets gratuits, preuve que je ne suis pas un mauvais bougre dans le fond. »

Ce n’est pas question de cela. Il n’en a rien à faire de ce qu’il est ou de ce qu’il n’est pas. Il n’a pas faim de toute façon. Ce choix, il l’a fait en son âme et conscience. Il sait que c’est le mieux pour elle. Il n’a pas de toit, pas de travail, pas de famille, il ne peut lui offrir aucune protection, c’est le mieux pour elle.

« Bon … Tu n’as pas eu très faim visiblement, je comprends. Nous allons nous en aller. Meloetta ? Est-ce que … »

L’adolescent attrape le bras de Solomon, celui-ci faisant un petit rictus alors que le garçon lui tend un second morceau de papier. Solomon le relit à voix haute :

« Laissez-lui sa liberté. Si je remarque ou apprend qu’elle est dans une pokéball, je viendrai la délivrer. C’est la seule chose que je ne veux pas qu’on lui enlève … Aucun problème, je ne pensais pas la mettre dans une pokéball de toute façon. »

« Meloetta ! Melo melo ! »

Elle a … peut-être son mot à dire non ? Enfin, elle n’a pas envie de déranger l’adolescent et elle … est prête à devenir célèbre. Elle sait parfaitement ce qu’il veut, elle le sait parfaitement. Il s’est déjà levé, comme Solomon alors qu’elle a le dos tourné.

« Hémaltone … C’est mon nom, Meloetta. S’il te plaît, ne m’oublie pas. Je ne t’oublierai jamais. »

Elle s’immobilise, comme Solomon. En fait, un silence plane maintenant dans le restaurant de l’hôtel alors que Meloetta se retourne. Elle peut apercevoir une larme rapide sur la joue de l’adolescent. Il … a parlé ?

Chapitre 28 : Pendentif

Chapitre 28 : Pendentif

« Meloetta ? Melo melo ? »

Elle trouve cela étrange qu’aujourd’hui, il ne veuille pas travailler. Aujourd’hui, c’est une journée spéciale ? Enfin, spéciale pour quelle raison ? Elle penche la tête sur le côté, regardant l’adolescent alors qu’il l l’emmène dehors.

« Meloetta ! Melo melo ! Meloetta ! »

Elle lui demande où il l’emmène mais aujourd’hui, c’est vraiment spécial. Il sort même le Crikzik, ayant un sourire franc aux lèvres. Il semble être joyeux, vraiment très joyeux. C’est étrange, de le voir aussi heureux … mais elle apprécie ça.

Ils les emmènent dans un petit magasin d’accessoires pour pokémon alors qu’il commence à fouiner dans les accessoires, en ressortant une cravate bleue de petite taille ainsi qu’un petit nœud-papillon. Il vient prendre le Crikzik.

« Meloetta ? Melo meloetta ! Meloetta ! »

Elle rigole alors qu’elle voit ce que l’adolescent est en train de faire au Crikzik. Celui-ci se retrouve après quelques minutes affublé des deux accessoires, l’adolescent tapant dans ses mains avec satisfaction.

« Meloetta ! Melo melo ! » rigole la petite créature aux cheveux verts avant de se faire agripper par l’adolescent.

C’est à son tour de subir un petit changement. Elle le voit qui recommencer à chercher dans les accessoires. Qu’est-ce qu’il va lui prendre ? Une rose ? Non. C’est trop banal. Elle le voit chercher dans les barrettes mas rien de bien intéressant visiblement.

« Melo ? Meloetta ! Melo melo ! »

Elle signale qu’elle n’a pas besoin de cadeau de la part de l’adolescent. Il suffit juste qu’elle reste avec lui, c’est amplement suffisant pour elle. Un peu déçu de ne rien trouver de particulier pour Meloetta, celle-ci l’embrasse sur la joue pour lui montrer que ce n’est rien du tout même. Elle en a rien à faire et …

« MELO ! Meloetta ? »

Elle voit l’adolescent qui a pris ce qui ressemble à un diadème bleu. Hein ? C’est joli mais … Il la prend contre elle avant de la mettre au niveau de son front. Il la garde contre lui, l’emmenant jusqu’à un miroir pour qu’elle s’observe. C’est vraiment joli. C’est juste un petit diadème très fin mais dont il y a une pierre bleue au beau milieu du front.
C’est étrange. Cette pierre est étrange. Elle a l’impression qu’elle est plus que spéciale mais elle ne pourrait pas l’expliquer réellement. Elle voit l’adolescent qui s’éloigne pour aller payer le tout, que cela soit pour le Crikzik ou pour elle. Avec les économies, il a largement les moyens. Surtout qu’ils n’ont pas eu besoin de payer à manger hier mais aussi pour dormir la nuit donc c’est une bonne chose.

Mais visiblement, pour lui, la journée n’est pas terminée. Avec les deux pokémons, l’adolescent se dirige maintenant vers une autre boutique d’accessoires ou presque. C’est plus spécifique, ce sont des accessoires de musique ?

« Oui ? Que voulez-vous ? Hein ? Ce pendentif ? »

Ce pendentif ? Elle voit l’adolescent qui se dirige vers l’objet avant de le mettre au niveau de son oreille. Il hoche la tête, signalant par là qu’il compte l’acheter. Qu’est-ce que c’est ? A oui, bien entendu, c’est normal. Il a le droit aussi de s’acheter quelque chose.

Mais contrairement à ce qu’elle croyait, ce n’est pas pour lui mais encore pour elle ? Il l’empêche de bouger alors qu’il lui installe le pendentif autour du cou. C’est un autre cadeau ? Mais ça commence à faire beaucoup.

« Meloetta ! Melo melo … »

Elle signale qu’elle ne veut plus rien recevoir mais l’adolescent l’arrête en venant la serrer tendrement contre lui. Il dépose un petit baiser sur son front, juste au-dessus du diadème alors qu’elle rougit violemment. Comme souvent, elle n’est pas habituée quand l’adolescent réagit de la sorte, surtout à ce point.

« Melo … Meloetta. »

Il va être l’heure pour lui de prendre sa décision au sujet de ce fichu Solomon. Elle n’a pas envie que cela dure trop longtemps. D’ailleurs, l’adolescent se dirige maintenant vers l’hôtel, prêt à retourner à l’intérieur.

Finalement, ils sont dans l’hôtel, l’homme à l’accueil disant que des personnes l’attendent dans le restaurant de l’hôtel. Il hoche la tête positivement, pénétrant dans le restaurant maintenant, regardant autour de lui.

« Ah ! Te voilà enfin ! Viens donc par-là ! »

Une voix assez forte se fait entendre alors qu’il remarque Solomon. Il fronce légèrement les sourcils, Meloetta ne pouvant pas s’empêcher de le remarquer. Intérieurement, elle jubile. Il suffit de voir ce que l’adolescent a fait aujourd’hui pour connaître sa réponse.

« Tu as faim ? Tu veux quelque chose ? »


Il hoche la tête positivement. Pourquoi pas ? Pendant ce temps, Meloetta ouvre légèrement le pendentif, une petite mélodie se faisant entendre.

« Hum ? D’où est-ce que ça vient ? »

« Melo melo melo meloetta. Melo melo melo meloetta. »

Elle chantonne doucement au rythme de la mélodie qui a quelque chose d’assez triste. C’est vraiment un beau cadeau, un très beau cadeau même. Elle apprécie grandement le cadeau de l’adolescent. Elle ne s’attendait pas à quelque chose … d’aussi magnifique.

Chapitre 27 : Imperturbable

Chapitre 27 : Imperturbable

« Meloetta ! Melo ! Melo ! »

« Crikzik ! Crikzik Crikzik ! »

Il observe les deux pokémons qui sautent sur l’imposant matelas de la suite dans laquelle ils se trouvent tous les trois. Une magnifique suite, très belle, très luxueuse. L’adolescent regarde par la fenêtre, observant les autres bâtiments d’en haut.

« Meloetta ? Melo melo, »

Elle se rapproche de lui, se posant sur son épaule. Elle est sûre et certaine qu’il va refuser demain sinon, pourquoi est-ce qu’il profiterait de cette suite hein ? Rien ne l’empêche de profiter de la suite puis demain de refuser.

« Melo melo melo meloetta ! »

Elle lui dit qu’elle est exténuée et qu’elle voudrait bien dormir. Il hoche la tête bien qu’il ne bouge pas de la position. Il est songeur, plus que songeur par rapport à ce qui se passe. Elle tourne son visage vers le Crikzik, celui-ci s’est déjà plongé dans le sommeil en quelques secondes. Il doit être aussi très fatigué.

« Meloetta ? Melo melo meloetta melo melo ! »

Elle lui demande de venir aussi se coucher pour ne pas être trop fatigué le lendemain. Il pousse un petit soupir, venant s’exécuter avant de la soulever. Elle dépose un baiser sonore sur sa joue, comme elle le fait d’habitude alors qu’il la garde contre lui puis l’installe correctement sur le lit, à côté du Crikzik. Il remonte le drap sur eux.

« Melo ? Meloetta ? Melo melo ! »

Elle demande pourquoi il ne vient pas tout de suite. Mais il ne répond pas, regardant tout simplement par la fenêtre. Elle voit que dans sa main gauche, il tient le papier froissé qu’il avait présenté à l’accueil de l’hôtel.

« Melo … »

Elle n’arrive pas à dormir. Comment est-ce qu’elle le pourrait ? Elle ne peut pas ! Elle ressort du lit, flottant au-dessus du sol avant de se poser sur l’épaule de l’adolescent. Elle va le forcer à lui dire ce qu’il pense. Elle peut lire dans ses pensées ! Elle en est sûre et certaine ! Elle va savoir ce qu’il pense !

« MELO ! Melo melo melo meloetta ! »

Il tapote doucement son crâne, comme il le fait d’habitude. C’est devenu commun et banal … tellement commun et banal. Elle fronce les sourcils. Elle ne veut pas de ça ! Elle veut la vérité ! Elle veut savoir ce qu’il pense réellement !

« Meloetta ?! Melo, meloetta ?! »

Elle demande s’il va vraiment l’échanger contre de l’argent ? Il a eu ce qu’il voulait non ? Alors pourquoi avoir encore besoin d’argent ? Elle ne veut pas de ça ! Pas du tout ! Elle … elle apprécie l’adolescent mais elle se demande si c’est le cas chez lui.

Elle ne veut pas dormir ! Elle ne veut pas dormir ! Elle veut juste qu’il lui dise son choix ! Mais le visage de l’adolescent est un masque froid dénué d’émotion. Pourtant, il retourne auprès du lit avec elle, la déposant dans celui-ci. Ensuite, il retire son pantalon et son haut, restant en caleçon et en T-shirt avant de rentrer dans le lit.
« Meloetta … melo … melo… »

Elle cherche à deviner, à lire sur son visage mais ça lui est impossible. L’adolescent ne laisse vraiment rien transparaître sur sa face. Rien du tout même. Pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Pourquoi est-ce qu’il la fait autant souffrir ? Il sait parfaitement que ça ne le lui convient pas.

« Melo ! Melo ! Meloetta ! Meloetta ! »

Elle tend ses bras pour qu’il vienne l’attraper. Lui-même ne tend qu’un doigt pour qu’elle vienne l’enserrer de ses petites mains. Elle a envie qu’il dorme avec elle. Enfin, c’est le cas mais elle veut sa chaleur pour être sûre qu’il ne fera pas de bêtises.

Pourquoi est-ce qu’il sourit ? Il n’y a rien de plaisant, rien du tout. Elle ne trouve pas ça plaisant. Pas du tout même. Ce n’est pas drôle, elle n’aime pas. Elle n’aime pas du tout ce qu’il fait. Pas du tout même. Snif … Elle n’aime pas ça.

« Arrêtes ça, ce n’est pas drôle ! »

L’adolescent ouvre en grand ses yeux saphir, ouvrant la bouche alors qu’aucun sort n’en sort. Il hoche la tête négativement. Il est fatigué et perturbé, c’est tout. Il ferme les yeux, s’endormant après quelques secondes. Demain est un autre jour. Demain est un jour où il aura pris sa décision, une décision qui influencera définitivement sa vie. Une décision plus qu’importante. Oui … Il en est sûr et certain.

Le lendemain matin, il a la non-surprise de voir Meloetta dans ses bras, son visage à la hauteur du sien. En la regardant, on dirait vraiment une petite poupée de porcelaine qui pourrait se briser en claquant des doigts. Il glisse un doigt le long de sa joue, souriant faiblement. Il vaut mieux … qu’il prépare ce qu’il faut.

Il commence à écrire quelques mots sur un bout de papier, se disant qu’il en aurait bien besoin pour plus tard. Oui … C’est pour ça qu’il doit se dépêcher d’en finir. Il range le mot dans son pantalon, entendant un petit murmure.

« Melo ? Meloetta melo … »

Il voit les yeux bleus de Meloetta qui s’ouvrent alors qu’il se penche sur le lit, mettant son visage à la hauteur du sien. Il remarque quelques petites larmes dans les yeux de la créature. Elle … pleure de joie ? Car il est encore là ? Est-ce qu’elle pensait vraiment qu’il allait partir comme un voleur en l’abandonnant ? Il en était hors de question. Il ne comptait pas dessus. Il vaut bien mieux que ça. Bien, bien mieux que ça même.

Chapitre 26 : Proposition généreuse

Chapitre 26 : Proposition généreuse

« D’après les rumeurs, tu es incapable de parler, n’est-ce pas ? Est-ce que nous pouvons aller ailleurs ? J’aimerai te parler en privé. »

En privé ? Est-ce un piège ? Il n’aime pas ça. Il n’aime pas ça du tout même. Pas du tout … ça ne lui plaît pas ce qui se passe. Mais il ferait mieux d’accepter. De toute façon, si cela est nécessaire, il sait ce qu’il doit faire. Il range son violon dans son étui, rappelant le Crikzik dans sa pokéball avant de se lever. Il garde bien Meloetta contre lui.

« Nous pouvons y aller ? Tu es d’accord ? »

Il regarde l’homme. Il doit avoir une quarantaine d’années. Il s’appelle Solomon, a des yeux verts derrière des lunettes assez épaisses. Il a aussi des cheveux noirs plaqués sur le crâne et est plutôt grand par rapport à l’adolescent. Il porte aussi des vêtements assez rudimentaires comme un jean noir et un haut de couleur rouge.
« Que dirais-tu d’un restaurant ? Bien entendu, c’est moi qui paye. »
Tant de gentillesse cache quelque chose. Mais il ne va pas prétendre que ça ne l’intéresse pas. Et de toute façon, il a toujours une solution de secours. Il hoche la tête positivement avant d’accompagner l’homme. Les personnes qui sont avec lui ne l’intéressent pas. Il ne cherche même pas à les regarder.

« Installes-toi et choisis ce que tu veux. »

Est-ce un test pour savoir s’il est capable de lire ? Maintenant, grâce à Meloetta, c’est le cas, il ne sera pas ridiculisé. Il peut même remarquer les prix. Il prendrait exprès ce qui est le plus cher pour énerver cet homme.

« Oh, bon choix, bon choix. »

Il venait de désigner ce qu’il allait prendre à manger. Mais bon … L’homme en face de lui semble garder un calme olympien. Et cette proposition, elle arrive ?

« D’abord, nous mangeons, ensuite, nous parlerons affaire, tous les deux. »

« Meloetta ? » demande la pokémon, inquiète et méfiante.

« Ce n’est pas encore le moment, loin de là. Il faut être patiente, petite Meloetta. »

« Melo ! Meloetta ! »

Elle n’aime pas qu’on l’appelle ainsi … sauf quand c’est l’adolescent qui le pense. Et là, ce n’est pas le cas donc elle n’aime pas ça. Mais bon, l’adolescent semble soucieux, un peu comme elle. Quelque chose n’est pas plaisant dans cette histoire.

« Alors, alors, alors, est-ce que tu as une idée de … »

« Hihihi. Melo ! »

La petite créature est sur les genoux de l’adolescent, prenant la fourchette puis un peu de cette escalope à la sauce aux champignons pour la tendre vers la bouche du garçon. Il ouvre la bouche, avalant le morceau d’une traite.

Puis ensuite, il fait de même de son côté mais un plus petit morceau. Bien entendu, ce n’est pas de la nourriture pokémon et elle semble un peu réticente mais elle accepte et avale avec lenteur. Hum ! C’est chaud ! Mais pour faire bonne impression, elle termine le morceau, toussant un peu alors qu’il sourit. Il sait donc qu’elle ne supporte pas trop la sauce aux champignons. Il lui donnera alors un autre morceau sans la sauce.

« Nous aimerons que tu nous vends ta Meloetta. Une telle voix serait vraiment magnifique dans le domaine de la musique. Je n’y vais pas par quatre chemins. Je préfère te dire tout de suite la raison qui nous pousse à te contacter. »

Il termine son morceau de viande avant de reposer les couverts sur la table. Il aurait aimé avoir très mal entendu mais le fait que la petite créature psychique vienne l’enserrer aussitôt montre parfaitement que c’est bien ce qu’il a entendu.

« Tu n’es pas obligé de répondre maintenant. En face de ce restaurant se trouve un hôtel. Ce n’est pas le grand luxe mais je pense que cela te permettra d’y voir plus clair. Bien entendu, je peux déjà te donner un prix sur ce chèque. »

Ce chèque ? Il en avait entendu parler mais rien de plus. Ce n’est pas le genre de choses qui l’intéresse. Pourtant, il regarde le montant sur le chèque et écarquille les yeux. Avec une telle quantité d’argent, il ne devrait pas avoir de problèmes pour le reste de sa vie. Même en comptant en nombre de violons, il pourrait en prendre des dizaines voire plus !

« MELO ! MELOETTA ! »

Elle déclare qu’il est hors de question qu’elle quitte l’adolescent mais celui-ci l’arrête d’un geste de la main. Il fixe l’homme … qui semble être dans le domaine de la musique. Et surement quelqu’un d’important.

« La voix de Meloetta sera entendue dans le monde entier. Il ne faut pas rater cette chance. Elle sera célèbre et aimée par tous et toutes. Bien entendu, elle sera aussi plus que protégée et sera en sécurité, toujours gardée par de nombreuses personnes. »

… … … Protégée ? Il hausse un sourcil alors que Meloetta le regarde attentivement. Elle semble attendre qu’il refuse la proposition mais l’adolescent se lève en hochant la tête positivement. Il tend le chèque tandis que Solomon lui donne un autre morceau de papier.

« Tu en auras besoin pour l’hôtel. J’attendrai une réponse dès demain après-midi. Nous nous retrouverons dans l’hôtel. Je te souhaite une bonne soirée et une réponse positive de ta part. »

« MELOETTA ! MELO MELO ! MELOETTA ! »

Mais l’adolescent l’arrête d’un autre geste de la main, se levant alors qu’il n’a pas terminé son repas. Il récupère le second morceau de papier de la part de Solomon avant de quitter le restaurant. Cet hôtel en face du restaurant … il n’a jamais dormi dans un aussi bel endroit.
« Bonsoir ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Il tend le morceau de papier, l’homme à l’accueil écarquillant les yeux avant de dire :

« Si … si vous voulez bien me suivre, je vais vous emmener dans votre suite. »

Une suite ? Qu’est-ce que c’est ? Il ne va pas tarder à le découvrir.