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Chapitre 8 : Ne pas plonger

Chapitre 8 : Ne pas plonger

« Ah ! Il arrive vraiment à tenir tête à un Machopeur ? »

Il sent le regard incrédule des autres sur lui. Il sait qu’ils sont surpris, d’une façon qui n’est pas là pour leur plaire. AH ! Qu’importe ! L’adolescent prend une profonde respiration mais les cris de la Tarsal se font entendre :

« Tarsal ! Tar tarsal tarsal tar tarsal tar ! »

« La ferme, je t’ai dit. Je n’ai pas besoin de ta pitié ! Je vais parfaitement bien ! Ce n’est pas ce Machopeur qui va réussir à me faire mal ! Tu me prends pour qui ? Quelqu’un de super faible ou quoi ? Il ne faut pas rêver ! Je peux tenir le coup ! »

Il s’exclame pour éviter de crier. Il a mal ! Il a super mal ! Ca lui fait super mal à la jambe ! Il ne doit pas réfléchir à la douleur car … elle le regarde. Il sait qu’elle l’observe. Foutue pokémon psychique ! Elle est capable de lire dans ses pensées et ses émotions hein ?!

« MACHOPEUUUUUUUUUUUUUUR ! »

Un hurlement strident et voilà qu’il fait un saut sur le côté, se rattrapant sur son uniquement jambe valide. Parfait ! Il n’a pas à appuyer sur sa jambe blessée. Il tourne sur lui-même, frappant de son poing gauche le Machopeur sur la joue.

« Tsss … pourquoi je m’en doutais que ça ne marcherait pas ainsi ? »

« Vou avez remarqué ? Le coup de Ryusuke était beaucoup moins fort que d’habitude. »

« Pourquoi est-ce qu’il n’a pas pris appui sur son pied ? Peut-être qu’il … ne le peut pas ? »

« Tu veux dire qu’il s’est cassé le pied en fait ? Mais … professeur ! »

Aucune réaction de la part de ce dernier. Celui-ci serrait les dents, non pas par colère mais par exaltation. Il peut voir Ryusuke qui perd enfin ce foutu sourire qu’il a habituellement ! C’est tout simplement parfait pour lui ! Il peut le voir souffrir … ah … ah … ah … hahahaha ! Parfait ! C’est tout simplement parfait et …

« MAAAAAAAAAAAAAAAA ! » crie le pokémon avant de tomber en arrière, s’écroulant au sol. Ryusuke se maintient debout sur une seule jambe, les bras croisés, haletant et en sueur. On voit l’effort qu’il produit pour ne pas sombrer.

« Il a vraiment battu son Machopeur ? C’est pas possible ! »

« Hey ! Machopeur, ne blagues pas ! T’es pas par terre hein ? Allez ! Relèves-toi ! Ryusuke est juste humain ! Il peut pas te faire … »

Pourtant, bien que le pokémon était conscient, il se relève avec une extrême difficulté. Il ne doit sûrement pas s’attendre à ce que Ryusuke soit un adversaire aussi tenace. Pourtant, quelle honte cela serait s’il perdait contre lui. Il ne pouvait pas perdre ! Il en était hors de question ! Pas contre un humain qui tenait à peine sur ses jambes !

« MACHOPEUR ! MACHOOOOOOOO ! »

« Forces ton Machopeur à retirer sa ceinture ! Maintenant ! »

« Hein que quoi ? Professeur ? Je ne peux pas faire ça ! » s’exclame l’élève avec étonnement. C’est beaucoup trop dangereux ! Il en est hors de question Non non et non !

« FAIS-LE ! MAINTENANT ! COMPRIS ?! »

« Je ne peux pas professeur ! C’est mortel ! Je ne vais pas tuer Ryusuke juste parce que vous le désirez ! Machopeur, assommes Ryusuke qu’on en finisse ! »

Le professeur pousse un cri de rage : cet élève est autant une loque que les autres ! Comment il peut gérer tout ça avec une équipe de guignols de la sorte ? Saleté ! Et le Machopeur ne fait même plus attention à tout ce qu’il prépare. Il est tout simplement en train de foncer sur lui, sans même regarder autour de soi.

« Ah … ah … ah … je ne tiens plus. J’ai du mal à tenir. »

Le professeur. Il le hait tant que ça ? Il n’aime pas les élèves qui le remettent à sa place ? Hahaha, qu’est-ce que c’est drôle à imaginer. Il ne peut que sourire à l’idée de le voir en colère. Et cette Tarsal ?Ah … pourquoi est-ce qu’il pense à elle ? Il tente de bouger pour esquiver l’attaque du Machopeur mais son pied ne répond plus.

« Et zut … c’est donc terminé, c’est ça ? »

NON ! Hors de question ! S’il ne peut plus bouger son pied, il n’a plus qu’une solution ! Il se laisse tomber en avant, roulant juste à côté du Machopeur qui espérait l’attraper. Sans attendre une autre réaction de la part de son adversaire, il vint faucher les pieds de ce dernier, n’hésitant plus un seul instant à cela.

Mais ce n’était pas bon. Le pied avait bien percuté la jambe du Machopeur mais celui-ci ne tombe pas. Ca n’a servit à rien, n’est-ce pas ? C’est bien ce qu’il pense. Il n’a plus assez de force pour ça. Il a un petit sourire aux lèvres.

« Et merde … c’est vraiment foutu en fin de compte. Pas assez fort. »

Il se fait soulever comme une simple poupée dénuée de vie tandis que le Machopeur exulte de l’avoir enfin à sa portée. Et zut … vraiment ! Il ne peut pas abandonner maintenant ! Il tente de prendre le visage du Machopeur à deux mains pour lui redonner un coup de tête mais la seconde main du Machopeur se place sur son visage, le serrant avec force. Il sent les lunettes qui commencent à se fiurer alors qu’il ne peut empêcher un cri de sortir de sa bouche.

« ARRÊTES-LE ! STAPHAN ! »

« Je peux pas ! Il veut pas m’écouter ! Ma pokéball n’arrive pas à le faire rentrer ! Il refuse ! Je dois faire comment ?! Je veux pas d’une mort ! Je veux pas aller en prison ! MACHOPEUR ! ARRÊTES-CA ! STOP ! Tu as gagné ! Il ne peut pas lutter ! Tu as gagné ! Machopeur ! » hurle l’adolescent à son pokémon bien que celui-ci l’ignore complètement.

« TARSAAAAAAAAAAAAAAAAAL ! »

Une vague psychique vient envahir tout le gymnase. Les élèves tombent au sol, le Machopeur fait de même alors que le corps de Ryusuke est tout simplement en train d’embrasser le sable de la petite arène. Il garde à peine les yeux ouverts alors que des cris fusent dans tous les sens, hurlant autour de lui :

« Il se passe quoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ?! Pourquoi je peux plus me relever ?! »

« J’ai peur ! J’arrive plus à bouger mon corps ! C’est qui qui fait ça ?! C’est la Tarsal de Ryusuke ? JE VEUX PAS MOURIR ! JE VEUX PAS ! »

Tellement d’effroi ? Qu’est-ce que … ça veut dire ? Tarsal ? Elle ? Il voit à peine la petite créature qui se rapproche lentement et dangereusement vers le Machopeur qui n’arrive plus à se relever comme les autres. Qu’est-ce que … ça veut dire ?

« Tarsal, arrêtes ça. Ce n’est pas … bien. Tu ne dois pas te battre, non. Tu ne dois pas. »

« Des pouvoirs psychiques ? Dans le gymnase ? La Tarsal ! » s’écrie une voix qu’il peine à reconnaître : celle de Junon. La présidente du conseil des élèves.

« TARRRRRRRRRRRR … sal ? » hurle la petite pokémon avant d’être stoppée, sans comprendre ce dont il s’agit. Il peut juste la voir s’écrouler au sol, évanouie alors que l’aura psychique a complètement disparu. Son regard se floute alors qu’il remarque le visage de la présidente des élèves : foutue … Junon. Pourquoi … autant de … beauté ? Puis le vide.

Lorsqu’il se réveille, quelques heures plus tard, il est couché dans un lit. Un lit d’hôpital à première vue d’après ce qu’il remarque. Le plafond est blanc et laid, très laid. Rien à voir avec ce qu’il veut. Pourquoi est-ce qu’il est là ? Baissant le regard, il observe son pied droit.

« Ah … cassé, visiblement. Bien entendu. »

C’est donc ainsi que ça doit se terminer ? Il a perdu contre le Machopeur ? Il tente de se rappeler quelques souvenirs mais c’est trouble. Il sait que la Tarsal a tenté d’utiliser ses pouvoirs et que ça aurait put très vite dégénéré.

« Tarrrrrrrrrrrrrrrrrr… tartartartar … »

Il hausse un sourcil. Il croit pouvoir entendre la petite créature ou alors, il est en train de rêver ? Il tourne son visage sur la gauche et … AH ! Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi est-ce que la Tarsal dort paisiblement dans son lit ?

« Tu veux de l’aide ou je rêve ? »

Il tente de lui parler mais la pokémon ne lui répond pas. PIRE ! Elle bouge un peu dans son sommeil, comme au son de sa voix avant de venir se diriger vers lui. Elle finit par se calfeutrer sur son torse, ses petites mains comme sa tête posées dessus.

« Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un truc comme ça, je vous le demandes ? »

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’il doit faire ? Partir ? Il ne le peut pas, pas dans son état. Il n’arrive pas à bouger et son pied est définitivement cassé. Avec lenteur, il observe la Tarsal. Dire qu’il a fait tout ça pour qu’elle ne combatte pas.

« Au final, c’est moi qui a le plus de problèmes. Bien la faute des pokémon, ça. »

Toujours de leur faute de toute façon, comme si ça ne suffisait pas. Il marmonne quelques paroles dans sa barbe, se disant qu’il n’est pas écouté :

« Elle ferait mieux de partir et de ne jamais revenir. Que des sources de problèmes. »

Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que ça le dérange tant que ça de l’imaginer partir ? Pourquoi est-ce que ça le dérange tant que ça ? Il ne veut pas admettre quelque chose. La petite pokémon qui dort sur lui est juste … trop mignonne.

« Je ne peux pas … ah … je ne peux pas accepter ça ! »

Il se le refuse. Hors de question d’accepter une jeune pokémon dans sa vie. S’il a refusé ça au départ, c’est bien parce qu’il ne le veut pas maintenant. En fait, pourquoi est-ce qu’il le refuse ? Il cherche à s’en rappeler mais c’était tellement … ancré dans sa tête qu’il n’arrive plus à le savoir réellement dans le fond. Pourquoi ? Pourquoi ? Avec lenteur, il déglutit, il commence à rapprocher sa main de la chevelure de la petite pokémon. Cette chevelure rouge qui doit être bien douce, il s’en doute. Mais … ah … mais … ah … quelques centimètres et il pourra la toucher. Ensuite ? Qu’est-ce qu’il fera ensuite ? Il …

« Bonjour, Ryusuke ! Comment est-ce que tu vas ? »

Il retire aussitôt sa main, se tournant vers la porte qui vient de s’ouvrir pour laisser place à Junon. Qu’est-ce qu’elle fout là, elle ? Pourquoi ? L’adolescente aux cheveux gris le regarde en penchant la tête, sourire aux lèvres avant de dire :

« Tu n’aurais pas un peu de fièvre par hasard ? Tu es plus que rouge. »

« Je ne suis pas rouge, ne racontes pas n’importe quoi, compris ? »

« Oh, c’est comme ça que tu accueilles une personne qui vient se déplacer pour prendre de tes nouvelles? Et devines quoi, je t’ai rapporté des pommes. »

« Pour faire dans le cliché, bien entendu. Et tu vas me les couper ? »

« Tu es devin ? » réplique t-elle en rigolant légèrement, son visage s’illuminant en voyant la petite Tarsal installée sur Ryusuke. « Ta pokémon est adorable, tu le sais ? »

« Ce n’est pas ma pokémon ! Disparais si c’est poue faire du mauvais esprit ! »

« Du mauvais esprit ? Ah mais non, je le penses sincèrement, Ryusuke. Comment ne pas apprécier cette vue enchanteresse hein ? »

« En l’ignorant, tout simplement. Lâches-moi un peu, je n’ai pas envie de te parler. »

« Ahlala, sincèrement, il faut me remercier. Me remercier, Ryusuke. »

Il ne répond pas . Pourquoi est-ce qu’il devrait la remercier ? Il a rien à faire de cette fille, complètement rien à faire. Il ne veut pas discuter avec elle. La conversation est terminée. Voilà tout. Maintenant, qu’elle le lâche un peu, ça sera parfait.

« Tu veux donc que je te coupes une pomme, c’est ça ? »

« Je préfère que tu me racontes ce qui s’est passé pendant que j’étais évanoui. »

« On va d’abord te couper une pomme, d’accord ? »

« Je n’ai pas dit que j’étais d’accord mais tu ne m’écouteras pas. Fais donc cette foutue pomme et ensuite, je veux des réponses, compris ? »

« Si tu me donnes du s’il te plaît, je penses que je peux accéder à ta requête, hahaha. »

Elle le rend malade, elle s’en rend compte ? D’ailleurs, en parlant d’évanouissement, tout cela, il n’a pas fait de cauchemar pendant son sommeil. C’est étrange mais est-ce encore à cause de cette Tarsal ? Elle est vraiment bizarre hein.

« Ce n’est pas normal, ce n’est pas normal du tout. »

« De quoi donc, Ryusuke ? Je peux savoir ? » demande Junon alors qu’elle est en train d’éplucher une pomme, Ryusuke marmonnant :

« Ça ne te concerne pas. Tu me saoules, compris ? Je … »

Il s’arrête aussitôt, le couteau servant à éplucher se plantant dans le mur juste à quelques centimètres de son visage. Junon continue de le fixer avec douceur, ses yeux verts toujours posés sur lui avant de dire :

« Ryusuke, ne confonds pas ma gentillesse avec de l’imbécillité. »

« Messa … message compris. Grmbl. Je … »

Il est une nouvelle fois stoppé alors qu’elle ramène son visage à quelques centimètres du sien. Sa main vient récupérer le couteau alors qu’elle chuchote :

« Tant mieux alors. Nous nous comprenons parfaitement. C’est donc parfait. »
Elle se fout de sa gueule. C’est tout. Il en est certain. C’est pour ça qu’il n’aime pas ce genre de personnes. Elles se croient tellement supér… ARGL ! Il s’étouffe à moitié alors qu’elle vient de lui mettre un morceau de pomme dans la bouche.

« Et bon appétit bien sûr ! Ne t’avises pas de parler la bouche pleine. »

Et les explications arrivent quand ? Il mâche son morceau de pomme, déglutissant à moitié. Ce n’est pas … normal . Il hait ce genre de filles. Il veut des réponses, voilà tout.

Chapitre 7 : Qu’une égratignure

Chapitre 7 : Qu’une égratignure

« Férosinge ? Bon, allons-y pour voir. Je vais vous montrer que je peux facilement lutter sans avoir besoin de faire que cette Tarsal combatte à ma place ! »

Il s’élance vers son adversaire, celui-ci poussant un cri de surprise, ne s’attendant pas à ce que ça soit l’adolescent qui l’attaque. Se prenant un coup de pied en pleine face, le pokémon est envoyé sur le côté, à moitié sonné par le coup. Ryusuke passe un doigt sur ses lèvres alors que les autres combats se sont déjà arrêtés, trop étonnés par ce qui se passe.

« Si ce n’est que ça, je n’ai pas tant que ça à craindre, n’est-ce pas? »

« Férosinge ! Relèves-toi maintenant et commences à l’attaquer avec tes griffes ! Désolé Ryusuke mais je ne peux pas te laisser me battre comme ça ! »

« Je n’ai jamais demandé ton pardon ou alors tes excuses. Si je fais ça ,c’est bien parce que j’estime que c’est la meilleure chose à accomplir. Maintenant, cesses-donc de parler et demandes à ton pokémon de … »

Il ne termine pas sa phrase, faisant un mouvement sur la gauche puis la droite, esquivant les griffes de son adversaire. Bien entendu. Cela n’a rien d’étonnant dans le fond. S’il se fait toucher par le Férosinge, les blessures ne seront pas minimes. Il n’est pas un pokémon … et aussitôt, cela veut dire que son corps n’est pas adapté à se prendre des coups.

« Dégages un peu ! Je n’ai pas que ça à faire de mon côté ! » rétorque le jeune homme, ne se privant pas d’un bon coup de pied dans les omoplates de son adversaire pokémon.

« Férosinge ! Férosinge féro férosinge ! FERO ! »

« Ryusuke, fais attention ! Enerver un Férosinge, ce n’est vraiment pas conseillé ! »

« Je le sais bien mais ça ne m’inquiètes pas plus que ça dans le fond ! Je sais aussi à quoi m’en tenir si je me fais attaqué par ce dernier ! Ce n’est pas la premier que je cogne ! »

Le souci, c’est qu’il n’a pas le décor avec lui. Il est juste sur un terrain d’entraînement, l’une de ces zones plates où il ne se passe rien du tout ou presque. A partir de là, comment est-ce qu’il doit réagir correctement hein ? Comment est-ce qu’il doit faire tout simplement ?

« Tarsal ! Tarsal ! Tar tarsal ! Tarsaaaaaaaaal ! Tarsal tar ! »

« Ne te préoccupes pas de moi, toi ! Ca ne concernes que moi, ce combat ! Les autres, je m’en contrefiches, c’est aussi simple que ça ! »

« Est-ce que quelqu’un a été prévenir un autre professeur ? Les surveillants ? Le principal ? Car bon, avec tout ça, on ne peut pas laisser ça continuer ! »

« C’est fait, elle est déjà partie. Maintenant, faut juste attendre mais on peut pas les arrêter non ? Le professeur ne voudra pas de toute façon ! »

« On peut juste regarder … c’est énervant et rageant en un sens ! Vraiment ! »

Pourtant, Ryusuke ne se débrouille pas si mal. On voit qu’il a l’habitude de se battre contre des pokémon puisqu’il tient tête à l’un des plus colériques qu’il existe. Le jeune homme aux cheveux bruns est en position, haletant légèrement avant de passer une main sur son front.

« Difficile de faire quelque chose de potable dans le fond, tss ! »

« Ryusuke, essaies de le calmer pendant qu’il t’attaque ! Quitte à avoir un peu mal ! »

« Je le sais bien ! J’ai pas besoin de vos conseils hein ? Je sais me débrouiller de toute façon !  Pfff ! Bon … on dirait bien qu’il va falloir être sérieux. »

Sa main sur son front, il regarde le Férosinge. Il ne le laissera pas souffler un seul instant, n’est-ce pas ? Qu’importe ! Il n’a pas peur de ce dernier ! Lorsque le Férosinge tente de l’attaquer encore une fois avec ses griffes, il attrape subitement ses poignets.

« Et maintenant, on va te faire dormir un peu, macaque ! »

Sa tête percute le front de la créature, venant l’assommer à moitié mais aussi le faire sur lui-même. Il se met à tituber, posant un genou au sol. Pourquoi est-ce que ça semble si difficile contrairement à d’habitude ? Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?

« Ca ne devrait pas être aussi compliqué, non ? Je ne saisis pas vraiment. »

« Tarsal ? Tar tarsal tarsal tar ! » s’exclame la pokémon, angoissée par l’état de Ryusuke. Elle veut que ça s’arrête maintenant ! Il en a assez fait normalement ! Il n’a rien à prouver aux autres alors qu’il arrête maintenant ! STOP !

« Mais qu’est-ce que les autres font ? Que quelqu’un d’autre fasse ça ! Professeur, stoppez ce combat ! Vous savez parfaitement que ce n’est pas autorisé ! »

« Je décide de ce qui est autorisé ici ou non, compris ? Ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regardes pas, compris ? Que ça soit bien clair ! »

« Mais vous êtes complètement fou ? Vous allez être renvoyé à cette allure ! »

« Je ne serais pas renvoyé car il s’agit là de faire comprendre à un élève récalcitrant ce qui arrive si on décide de trop se mêler de ce qui ne le regarde pas ! Voilà tout ! Rien d’autre ! Maintenant, laissez moi tranquille que je puisses regarder ce combat ! »

« Est-ce que l’on doit appeler nos pokémon sinon ? Vous en pensez quoi ? Je ne voudrais pas me mêler de tout ça, surtout si on blesse Ryusuke par inadvertance. »

« On peut juste l’encourager … c’est le seul truc qu’on peut faire. »

« Ouais ! On va l’encourager ! Ryusuke ! Vas-y ! Ecrases donc ce Férosinge ! »

« Hey ! Me faites pas passer pour le méchant non plus hein ? Je suis pas comme ça ! Faudrait peut-être pas exagéré ! Je fais qu’écouter ce que l’on me dit de faire hein ? Non mais oh ! Je tiens à vous prévenir ! » s’exclame Staphan, un peu triste par rapport à tout ça.

« Je ne pense pas que ça soit toi le problème, pour ne pas changer. »

« Désolé mais vu comment le professeur me regarde, j’ai pas envie d’être renvoyé du lycée ç cause de ça. C’est vraiment pas … »

« Ne parles plus et bats-toi, c’est tout ce qui compte. »

Il lui coupe la parole car il ne veut plus l’entendre. Il a d’autres envies, c’est tout. Maintenant qu’il ne parle plus, il peut enfin respirer, tant mieux. Bon ! Il doit en terminer avec ce Férosinge, n’est-ce pas ? S’il veut passer à autre chose, normalement.

« Tu m’excuseras mais ton pokémon devra surement aller se faire soigner après mon passage. Je ne vais plus retenir mes coups. »

« Hein ? Comment ça ? Tu veux dire que t’étais pas sérieux pour le moment ? » le questionne Stephan en le regardant avec des grands yeux.

« C’est exact, je vais t’en faire une simple démonstration pour que tu comprennes à quel point il est inutile de vouloir lutter contre moi. »

Le Férosinge est exalté maintenant. Si on rajoute cela à la rage qui l’anime, ça ne sert à rien d’espérer lutter … normalement. Alors que le pokémon est à sa portée, il vient faucher ses petites jambes, le pokémon esquivant l’attaque avec aisance.

« Bien entendu, c’est si facile avec une agilité de la sorte. Dommage, vraiment dommage dans le fond mais qu’importe, ce n’est pas bien grave. »

D’un coup de poing, il vient frapper le Férosinge qui a sauté pour éviter son coup. Mais pas seulement car il décide de ne pas s’arrêter. Ce n’est pas suffisant, pas suffisant ! Son pied se lève avant de s’abattre sur le sommet du crâne du pokémon.

« Tu es prié de dormir, tu me déranges. »

Le pokémon s’écroule au sol, vaincu sans possibilité de riposter alors que des murmures se font entendre autour de lui. Il pousse un soupir, déclarant :

« Maintenant, c’est terminé non ? Alors, on peut arrêter tout ça ? »

« Tsss ! Qu’est-ce que tu crois ? Stephan, il te reste deux autres pokémon ! Utilises-les maintenant ! Compris ? »

« Mais attendez ! Laissez-le souffler un peu ! Ce n’est qu’un entraînement ! Il doit aussi se reposer car sinon, il ne … »

« Pendant un combat, les pokémon comme les humains n’ont pas le temps de se reposer ! »

« Mais nous ne sommes pas dans un combat pokémon ! Nous sommes là pour nous entraîner au lycée ! Ça n’a rien d’officiel ou autre ! Arrêtez ça avant qu’il ne soit trop tard ! On risque d’avoir de sérieux problèmes sinon ! Surtout vous en fait ! »

« Je ne t’ai pas demandé ton avis. Envoie donc ton second pokémon avant que je ne décides de m’énerver. C’était un combat en un contre trois. Il savait à quoi s’attendre ! »

« Ne t’en fait pas, appelles ton second pokémon, ça ne m’effraie pas. »

« Mais Ryusuke, tu es déjà super fatigué ! On va pas continuer comme ça non ? Tu vas juste finir complètement épuisé ! C’est de la folie ! »

« Ne te préoccupes pas de moi ! J’ai dit que j’allais gagner ! De quel droit tu te permets de me dire ce qui est bon pour moi ou non ?! Alors ramènes ton foutu pokémon que je l’aligne ! »

« Tarsal ! Tar ! Tarsal tar tarsal ! Tarsal tar … »

La petite pokémon s’approche de lui, tirant sur le tissu. Elle aussi est inquiète mais il la repousse d’un geste de la main, marmonnant :

« Tu vois tout ce que tu m’apportes comme ennui ? Tu comprends pourquoi je ne voulais pas de toi ? Maintenant, j’espère que le message est bien passé ! »

Elle tombe en arrière mais il ne s’en préoccupe pas le moins du monde. Il a juste une seule pensée … et c’est gagner contre le futur pokémon ! Staphan semble apeuré mais appelle son futur pokémon, celui-ci se montrant au jeune homme.

« Qu’est-ce que … Machopeur ? Il a évolué ? »

« C’est juste récent, ça fait à peine une semaine ou deux, grand maximum. Pour ça que je voulais arrêter maintenant. Tu n’as aucune chance contre lui, Ryusuke. »

« Rsss ! La ferme, Staphan ! Tu peux pas savoir avant d’essayer ! Je vais te montrer que je peux facilement administrer une leçon à ton pokémon ! Il va vite comprendre d’où je viens ! Oh que oui ! Ca va mal se finir pour lui ! »

« Tu es juste fou … complètement fou, tu le sais ? »

« Rien à faire de ce que je suis. Si tu veux te batte, je suis ton homme ! »

Il sait parfaitement qu’il est fatigué et exténué mais il ne dois pas le montrer. Le Machopeur le regarde, intrigué, se tournant vers son dresseur. Celui-ci a quelques tremblements puis bredouille d’une voix lente, peu rassurée par tout ça :

« Ben euh … Machopeur, à toi de le vaincre. Fais de ton mieux !  Il faut que tu le battes ! »

« Machopeur ! Macho… machopeur macho ? »

« Tu te préoccupes tant que ça de moi ? Pauvre enfant ! Je vais t’apprendre à voir qui est ton adversaire et à ne pas t’inquiéter pour lui ! » hurle Ryusuke, courant vers le Machopeur. Il fait un saut en hauteur vers lui, prenant son visage à deux mains avant de lui enfoncer le genou dans ce dernier. Il le relâche ensuite, virevoltant en arrière avant de se réceptionner. Purée ! Son genou lui fait mal ! Il a la tête dure ce salopard visiblement !

« Machopeur ! MACHO MACHOPEUR MACHO MACHO ! »

Le pokémon n’a pas apprécié le coup. Normal ! C’est voulu ! Néanmoins, il est prêt à tout donner, remarquant que Ryusuke ne s’est pas privé pour l’attaquer. Affronter un humain ?Même son dresseur semble contre et pourtant, il accepte tout ça. C’est bizarre, vraiment bizarre. Bizarre et déplaisant en un sens. Ca ne lui convient pas le moins du monde. Mais il sait comment faire, il tente d’attraper le bras de Ryusuke mais n’y arrive pas.

« Qu’est-ce que tu tentes de faire par hasard hein ? J’aimerai bien le savoir ! »

En fait, il en a bien une idée mais il préfère ne pas la dire. Il s’amuse des réactions du Machopeur. Celui-ci est moins vif que le Férosinge mais beaucoup plus puissant. Un seul coup et cela risque de très mal se finir.

« Mais qu’est-ce qui les retarde autant ? C’est pas normal d’être aussi lent ! Ils ont eut un problème ou quoi en allant chercher un professeur ? »

« Quelqu’un ne veut-il pas aller chercher la présidente des élèves ? Elle a autant de pouvoirs qu’un professeur dans le lycée ! »

« Hein quoi ? Ne ramenez pas cette foutue Junon ! » s’écrie Ryusuke alors qu’il perd sa concentration, faisant un pas de côté, juste à temps.

Juste à temps ? Le sol se brise à quelques centimètres de son visage, le poing du Machopeur étant proche, très proche même ! Il tente de lui donner un coup de pied mais le Machopeur l’attrape de son autre main, émettant un grognement.

« Qu’est-ce que … tu voulais m’empêcher de me mouvoir ?! Ca ne se passera pas comme ça ! Je vais te montrer à quel point on ne m’a pas de la sorte ! »

Il aimerait bien fanfaronner mais il ne se fait pas d’illusions. Tournant un peu sur lui-même, il donne un coup dans la tête du Machopeur avec son pied libre. Cela ne suffit pas, le pokémon continuant de le tenir fermement avant de le soulever comme un simple torchon.

« Je t’ai dit de me lâcher ! Tu vas comprendre ça ?! »

Puisqu’il en était ainsi, autant y aller avec violence ! Ses deux poings frappèrent sur les tempes du pokémon en même temps, celui-ci poussant un hurlement de douleur avant de presser le pied de Ryusuke, le relâchant après quelques secondes. L’adolescent tombe lourdement au sol, émettant un rictus.

« Vous avez vu ce qu’il vient de faire ? C’est tout simplement énorme ! Comment est-ce qu’il a réussi ça ? Il a l’air de souffrir, le Machopeur de Staphan ! »

« Oui mais pourquoi est-ce que Ryusuke ne se relève pas ? »

Ne pas se relever ? AH ! Quelle blague ! Il se redresse, se mettant sur ses deux jambes, un sourire mauvais aux lèvres. Son pied droit ne se pose qu’à moitié sur le sol. Ne rien laisser paraître ! Surtout maintenant que le Machopeur en face de lui est comme fou furieux !

Chapitre 6 : Non-désiré

Chapitre 6 : Non-désiré

« Fais donc aaaaaah ! »

« Taaaaaaaaar ! » s’écrit la pokémon alors que l’adolescent soupire, lui mettant un peu de nourriture dans la bouche. Ce n’est pas ce qu’il faut pour une pokémon mais pour ce midi, cela devrait normalement convenir à la petite créatures

« Est-ce que c’est bon ? Ca te convient ? Ce n’est pas trop difficile à manger ? »

« Tarsal ! Tarsal ! Tar Tarsal taaaaaaaar ! »

La pokémon pousse un petit cri de joie, signe qu’elle adore cette nourriture alors que Ryusuke soupire. C’est donc ça de s’occuper d’un pokémon ? Le trouver si mignon et attendrissant au point que ça lui file doucement la nausée, c’est bien ça ?

« Bof, je peux le supporter un peu, je dirais … ce n’est pas si mauvais que ça. »

« Tarsal ? Tarsal ? Tarsal ? »

Elle n’arrête pas de lui poser la même question : est-ce qu’il est content d’être avec elle ? Est-ce qu’il l’est ? Est-ce qu’il l’est ? Est-ce qu’il l’est ? Est-ce qu’il l’est ? Il pousse un léger soupir encore une fois, visiblement un peu agacé, se raidissant.

« Oh ? Visiblement, il y a déjà quelqu’un, n’est-ce pas ? Ryusuke ? »

Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle est toujours là quand il ne le faut pas ? Pourquoi est-ce qu’elle lui cause autant de problèmes ? Il marmonne dans sa barbe, ne répondant pas à l’adolescente aux cheveux argentés qui se présente à lui, tenant une boîte noire entre ses mains. La Tarsal commence à humer l’air, semblant se rapprocher d’elle avant de s’arrêter.

« Ce n’est pas un piège, tu sais ? Si tu veux, nous pouvons partager. »

« Qu’est-ce que tu viens faire par ici ? Je veux être seul et tranquille, je n’ai pas besoin de vous. Est-ce bien compris ? »

« Oh … qui a dit que j’étais là pour toi ? En tant que présidente du conseil des élèves, il est de mon devoir de voir quel est ce pokémon qui a fait tant parler de lui hier et aujourd’hui. En deux jours, elle a mis plus d’ambiance que ce dernier mois. »

Et alors ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Si elle tente de faire mal à la Tarsal, elle risque d’avoir une sacrée surprise. Il n’a aucune hésitation sur les femmes ou non. S’il y a de la provocation, il y répond. Qu’importe si cela est déplaisant ou non.

« Est-ce que tu as faim alors ? Est-ce que tu veux un peu de ma nourriture ? Je te l’offres de bon cœur, tu dois t’en douter, non ? »

Elle hoche la tête négativement, très réticente à se rapprocher de Junon. Celle-ci a toujours le même sourire aux lèvres, comme si ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Ryusuke recommence à nourrir la petite Tarsal, ne se préoccupant plus de Junon.

« Fais « aaah » une nouvelle fois, d’accord ? »

« Pourquoi est-ce que tu ne la baptises pas ? C’est ta pokémon non ? Il est normal de vouloir lui donner un nom, n’est-ce pas ? »

« Car ce n’est pas ma pokémon malgré les apparences, c’est aussi simple que ça. Je ne perdrais pas mon temps à expliquer ce qui se passe et ce que cela veut dire. »

« Ou alors, c’est très simple. Par une quelconque méthode, tu as réussi à sauver cette Tarsal pour qu’elle décide de te suivre partout, voulant devenir ton pokémon car elle estime que tu es la meilleure personne qui soit pour elle. Est-ce que je me trompes ? »

La Tarsal, la bouche remplie, hoche la tête négativement, confirmant bien par là les propos de Junon qui décide d’ouvrir sa petite boîte noire devant les yeux de la créature. Celle-ci finit enfin par se rapprocher de Junon qui lui tend à manger, allant s’asseoir à côté de Ryusuke. Celui-ci ne se préoccupa pas de la jeune demoiselle, l’ignorant complètement en continuant de déguster son propre repas, ne cherchant guère la confrontation sur ce point.

« Ryusuke ? Ryusuke ? Fais attention ! »

« Quoi qu’est-ce … »

Il n’eut pas le temps de dire quelque chose en se tournant vers Junon qu’un morceau de viande s’enfonce dans sa bouche. Déglutissant tout en l’avalant, il ne put que constater qu’il était tout simplement excellemment cuisiné avant de s’écrier :

« Qu’est-ce que tu fais ?! Je peux savoir ?! »

« Qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que c’est bon ou non ? »

« Je t’ai posé une question, je crois bien. Réponds à la mienne. C’était très bon mais ça ne change pas que je ne suis pas ton ami et que je ne le serais jamais ! Viens par là ! »

Il soulève la petite Tarsal qui était en train de déguster la part que lui avait tendu Junon. Sans même se préoccuper le moins du monde ce qui se passait, elle continue de manger tranquillement, dévorant son repas avec délectation.

« Et arrêtes donc de manger, espèce de goinfre ! »

« Tarsal, tar tarsal ! Tarsal ! » lui répond la pokémon, comme pour lui signaler que sa petite bagarre ne la concerne pas et que si elle a faim, elle mange !

« Tu comptes déjà t’en aller ? Pourtant la cloche n’a pas sonné. »

« Et alors ? Je ne vois pas pourquoi je resterais plus longtemps ici, c’est aussi simple. »

« Car peut-être que ma compagnie te dérange ? C’est cela, n’est-ce pas ? » chuchote t-elle, sourire aux lèvres alors qu’il s’immobilise en fronçant les sourcils. Il reste interdit pendant quelques secondes avant d’émettre un rictus de colère.

« Si tu le sais bien alors arrêtes de poser des questions aussi inutiles, compris ? »

« Le message est parfaitement clair. Il ne peut pas l’être autrement, n’est-ce pas ? »

« Si tu as saisis où je voulais en venir, ça arrangera pas mal de choses. Maintenant, lâches-moi un peu. Je sais pas ce que tu cherches en tentant de te rapprocher de moi. »

« Oh ? Peut-être une amitié sincère ? Tu es différent des autres, tu sais ? C’est pourquoi je me sens concernée par ta personne, rien de plus, rien de moins. »

« Rien de ce que tu baragouines n’a de sens pour moi. On s’en va. »


Sans une once d’hésitation, sans se retourner, il se dirigea vers la porte, l’ouvrant avant de descendre les escaliers sans même un regard vers Junon. Il n’avait pas de temps à perdre avec des imbécillités de la sorte. Il avait mieux à faire, beaucoup mieux. La cloche résonne tandis qu’il retourne en cours, bien loin d’être heureux de la situation.

« Ben ? Ryusuke ? T’étais où ? On voulait te voir, nous ! Pourquoi est-ce que tu t’es caché ? C’est pas super drôle, tu sais ? »

« Qui a dit que je faisais ça pour être drôle ? Pas moi normalement. Quant à toi, tu te calmes et tu restes sage jusqu’à la fin, compris ? »

« Tarsal ! Tar tar ! » répond la pokémon comme pour lui signaler que le message fut bien transmis ! Elle se moque encore de lui ? Il va finir par ne plus la supporter ! Alors qu’elle évite de le provoquer, compris ? Ou alors, il s’imagine des choses peut-être ?

« Au fait, Ryusuke, tu sais quel jour on est aujourd’hui ? » demande une nouvelle fois le même élève qu’auparavant, Ryusuke poussant un soupir. Bien entendu qu’il sait …

« NON ! Bon sang ! Il faut que je quitte maintenant les cours ! » s’écrit-il vivement, reprenant ses affaires à toute allure. Il en est hors de question ! Il refuse ça !

« Hum ? Ryusuke ? C’était donc vrai, tu as bien une pokémon. Parfait ! Tu vas pouvoir venir à l’entraînement aujourd’hui. »

Il n’eut pas le temps de partir de la pièce qu’il percuta le professeur de sports, celui qui allait venir dans la classe pour leur dire de préparer leurs affaires pour le rejoindre au gymnase. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’il reprenait :

« Et pas de raison d’y échapper. Je te préviens, si tu quittes, c’est le renvoi. »

« Et avec quel pouvoir ? Si ce n’est pas mon pokémon, je n’ai pas à me battre avec lui. Je ne vois pas comment vous pourriez m’y forcer. »

« Pour impertinence à professeur et refus de travailler. Il y a tellement de choses qui font qu’il vaudrait mieux que tu me suives bien gentiment. Je suis sûr que les autres veulent aussi savoir comment se débrouille ta merveilleuse petite pokémon, n’est-ce pas ? » déclare le professeur, les élèves hochant la tête positivement sans pour autant prendre la parole, un peu effrayés.

« Ce n’est pas ma merveilleuse petite pokémon. Si vous êtes sourd et borné, ce n’est pas de ma faute mais cette pokémon n’est pas faite pour se battre. »

L’adolescent était bien le seul à lui tenir tête, fronçant les sourcils pour bien lui montrer que si les autres plient, lui, ce n’était pas son cas. Il est toujours prêt à tenir tête.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi n’êtes vous pas encore au gymnase, professeur ? »

Voilà que les autres professeurs s’en mêlent ! Comme si ce n’était pas suffisant d’avoir des emmerdes hein ? Sans rien dire, Ryusuke passe à côté des deux professeurs, se dirigeant en premier vers le gymnase. S’il peut défendre la petite pokémon, il doit le faire.

« Tu ne sais pas te battre, n’est-ce pas ? Je vais trouver une solution pour toi, ne t’en fait pas. »

« Tarsal ? Tar ? Tarsal ? Tarsal ? Tar tarsal, tar ! »

« Oui, je trouverais une solution pour que tu t’en tires sans aucun problème. Voilà pourquoi je ne voulais personne avec moi. Maintenant, t’es plongée dans les emm … non, tu n’es qu’une enfant donc je vais éviter d’être malpoli maintenant. Désolé. »

« Tarsal, tarsal, tar. »

« Non, je ne parlerais pas ainsi, même si tu es là, hors de question. »

Il lève la main pour dire que la conversation est terminée. Il ne veut même pas en discuter ou autre. Fin de l’histoire. Il veut passer à autre chose. Maintenant, il se dirige tout simplement vers le gymnase, attendant les autres. Fais ch …

Humpf. Il doit se calmer. Ca ne sert à rien de s’emporter. Ca ne mènera à rien de bon que de chercher les ennuis. Il voit les autres élèves qui rappliquent, bien sagement, accompagné par le professeur. Bien entendu qu’il est là, et avec le sourire.

« Bon bon bon … aujourd’hui, nous allons faire des combats de pokémon. En 1 contre 1, avec trois pokémon maximum chacun. Ceux qui en ont qu’un ont intérêt à faire que leur pokémon soit capable de tenir sur la durée. Installez-vous tous. »

« Comment fait-on pour les combats ? On tente de se mettre de telle façon que les combats soient équilibrés quand même ? » demande un élève alors que Ryusuke soupire.

« Je vais le décider, ça sera bien plus simple. Dites-moi combien vous avez de pokémon et je ferais alors les duos par rapport à cela, oui. »

Un seul pokémon. C’est ce qu’il « possédait ». C’était bien risible quand on y réfléchissait mais qu’importe, il ne s’en préoccupait pas. Le plus important restait l’adversaire que ce foutu professeur va lui donner.

« Hum, voilà, parfait ! J’ai définit les groupes ! Quand j’appelle votre nom, vous allez vous placer sur un terrain avec votre adversaire et votre combat commencera aussitôt, compris ? Alors, tout d’abord, que … » déclare le professeur de sports, Ryusuke soupirant.

« Et finalement, pour terminer, Ryusuke contre Staphan. Prenez place ! »

« Euh, professeur, j’ai trois pokémon ! Vous êtes sûr que je dois affronter Ryusuke ? Sa pokémon n’a même pas l’air d’avoir déjà fait un combat de sa vie. »

« Et alors ? Quel est le problème ? J’avais pourtant prévenu qu’il y aurait des combats de la sorte, non ? Alors installes-toi maintenant ! » répond le professeur avec agacement.

« Ce n’est pas où je voulais en venir. Ce que je veux dire, c’est que y a Fénny et Ronar qui sont dans le même cas que nous. Fénny a deux pokémon tandis que Ronar en a un. Si Ronar affronte Ryusuke, ça serait plus équilibré tandis que Fénny m’affronterait avec deux pokémon. Ca serait plus équilibré non ? »

« Est-ce que tu es en train de contester ma décision ? »

L’adolescent déglutit, visiblement, ça ne servait à rien de discuter. Ryusuke se trouve déjà sur le terrain, Il fait un geste de la tête alors que l’adolescent se présente en face de lui.

« Pardon, Ryusuke. C’était vraiment pas voulu de ma part. »

« Ne parles pas. Cette Tarsal ne va pas combattre. Ca sera moi. »

Il avait retiré sa veste de lycéen, restant simplement en un t-shirt sans manches de couleur blanche. Il se positionne correctement sur le terrain, les élèves n’ayant pas commencé se retournant vers lui. L’un d’entre eux s’adresse au professeur :

« Professez, il faut l’arrêter ! C’est un combat entre pokémonn, pas envers un humain et un pokémon ! Il faut stopper ça ! »

« Assez ! Je ne suis pas aveugle ! Lancez votre combat ! Si cet impertinent préfère se battre plutôt que d’utiliser sa Tarsal, ça ne concerne que lui ! Commencez maintenant votre combat ! Et les autres aussi ! COMPRIS ?! EXECUTION ! »

« Fais donc, Staphan. Ne penses pas trop à moi mais plutôt à tes pokémon. »

« Pardon, Ryusuke. Ce n’est vraiment pas contre toi hein ? J’espère que tu comprendras. »

« Pfff ! Ne t’en fait pas, tu devrais plutôt t’inquiéter pour tes pokémon. Je ne suis pas sûr qu’ils apprécient ce qu’ils vont subir de ma part. »


De la prétention mais il ne faut pas oublier une chose. Il est capable de battre des pokémon à mains nues. Il ne sait pas comment c’est possible mais il y arrive. Il se met en position de défense, attendant qu’il fasse apparaître son premier pokémon. Celui-ci ne tarde pas à se montrer sous la forme d’une boule de poils couleur crème avec une queue de singe et deux bras ainsi que deux jambes. HUMPF !

« Un Férosinge, n’est-ce pas ? Intéressant. Cela risque de devenir assez violent. » murmure l’adolescent. Il fait reculer la petite Tarsal avant de se préparer au combat. C’est donc ça qui l’attends hein ? Un combat contre un Férosinge puis deux autres ensuite. Parfait.

Chapitre 5 : Avec elle

Chapitre 5 : Avec elle

« Huuuum … Vraiment ? C’est comme ça ? »

Il fronça les sourcils alors qu’il venait de se frotter les yeux. Encore à moitié endormi dans son lit, il s’étira longuement, cherchant alors à comprendre ce qu’il devait faire. Il avait l’impression d’avoir manqué quelque chose mais il ne se rappelait plus exactement quoi. Ah si ! Pourquoi est-ce qu’elle était là ? Encore ?

« Hey. Tarsal. Tu te réveilles un peu ? Heureusement que mes parents ne viennent pas dans ma chambre. De toute façon, cette pièce est interdite pour eux. »

Et cela à cause de diverses choses dont il ne voulait pas parler. La petite et chétive créature émit un balbutiement, semblant ne pas se priver du confort dans lequel elle se trouvait. Elle n’était pas en train de profiter un peu trop de sa gentillesse là ?

« Allez. Tu te réveilles ou je vais devoir te bousculer un peu ? Tarsal. »

« Tarsal, tarsal … tar tarsal … tar ! »

Elle poussa de petits cris joyeux, se fichant complètement de l’avis de l’adolescent qui tira sur la couverture. Elle tenta de se mouvoir et de tirer de son côté mais la force de Ryusuke fut telle qu’elle fut emportée, tombant dans ses bras.

« Tarsal, tar tarsal …tar tarsal tar. » dit-elle, rougissante comme un enfant.

« Tu exagères. Bon, je n’ai pas de temps à perdre, tu t’en doutes. Je vais te laisser te débrouiller seule. Par contre, cette fois-ci, tu pars réellement de chez moi. Je ne veux plus te voir quand je reviens de l’école, compris ? Je ne veux pas que mes parents croient que j’ai une pokémon avec moi, est-ce bien compris ? »

Elle fit une tête qui l’obligea à sourire. Elle n’était pas contente, pas du tout contente comme un Miaouss qui n’avait pas apprécier les caresses de son maître, rien que ça ! Ryusuke fit un geste de la main comme pour dire que ça ne l’inquiétait pas le moins du monde.

« Tu peux me lancer ton regard, ça ne marchera pas. »

« Tarsal ? Tarsaaal ? » demanda t-elle maintenant sur un ton presque implorant. Ah non ! Elle exagérait ! Ah ! De toute façon, elle oubliait quelque chose de primordial.

« Même en essayant de m’avoir par les sentiments, je ne tomberais pas dans le panneau. Tu sais pourquoi ? Car je ne peux pas voir tes yeux à cause de ta coupe au bol. »

« Tarsal ! Tar tar tarsal ! Tarsal ! »

Il haussa les épaules. Non, non et non. Elle pouvait lui dire tout ce qu’elle voulait. Elle pouvait bouder comme l’enfant qu’elle était, sa décision était prise de son côté. Hors de question d’avoir une pokémon ! NON NON ET NON ! Maintenant, stop ! Il quitta la chambre, lui signalant qu’il ne veut plus la revoir quand il revient en fin de journée. Croisant les bras,la Tarsal se renfrogna sur le lit, pas heureuse du tout de cette décision.

« Bonjour, Ryusuke. Tu vas bien ? »

Hum ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Depuis quand est-ce que les autres se préoccupaient de prendre de ces nouvelles? Il fronça les sourcils, soupirant en faisant un geste de la main :

« Ca peut aller, ça peut aller. Nous avons encore cours sur les pokémon, n’est-ce pas ? »

« Comme tous les jours ! Dis, est-ce que l’on peut te poser une question ? »

« Si je ne suis pas forcé de donner une réponse, ça me convient. » répliqua t-il presque aussitôt, arrachant un sourire à une adolescente de sa classe. Il ne se préoccupait même pas de la regarder, ne faisant qu’écouter ce qu’elle avait à dire.

« Il paraîtrait que tu avais laissé des dessins d’une Tarsal quand tu étais parti à l’infirmerie. On voulait savoir : tu les as encore ? On n’a pas put les voir, nous. Il paraîtrait qu’ils étaient vraiment beaux. Tu dessines souvent ? C’est une passion ? »

« Mais en quoi est-ce que ça vous intéresse ? Et je ne dessine pas à la base ! Les cours vont commencer ! Vous feriez mieux de retourner à vos chaises ! »

Non mais … si ça commençait comme ça, les gens allaient se faire des idées. Et puis quoi encore ? Il n’était pas là pour faire ami-ami avec les autres ! Fallait peut-être pas trop pousser le bouchon non plus. Il émit un petit soupir, se disant que les cours allaient normalement passer bien rapidement.

Ce fut d’ailleurs le cas pour la première heure. Aucun problème à l’horizon. Comme ils devaient attendre le prochain professeur, ils restaient tous dans la même classe mais cela revenait à patienter pendant cinq minutes. Cinq longues minutes où l’adolescente revint à la charge. Elle n’allait pas le lâcher ou quoi ?

« Hey ! Hey ! Les gars ! Vous avez entendu la rumeur d’hier ? Au sujet de cette Tarsal ? Même pas chromatique et tout le reste ! Ben devinez quoi ! J’ai put la voir ! »

« Ah oui ? T’es sûr que tu nous baratines pas ? Ca ne serait pas la première fois ! »

« Non, je te le promets, même qu’il semblerait qu’elle soit à la recherche de quelqu’un. Je crois qu’elle a un dresseur mais qu’elle ne sait pas où il est. »

« Ah … et à quoi est-ce qu’elle ressemble ? » marmonna Ryusuke. Comme l’autre avait envie de parler, autant lui donner l’occasion de briller non ?

« Ah ! Elle a des cheveux rouges, des cornes vertes. Je crois qu’elle a aussi une petite robe blanche mais avec des lignes noires. C’est bizarre que tu t’y intéresses autant, Ryusuke. D’habitude, dès que l’on en parle … »

« Dites au professeur que je ne me sens pas très bien. » coupa sèchement Ryusuke avant de sortir de la pièce . Trop de détails pour que ça soit une erreur ! Beaucoup trop !

« Mais qu’est-ce qui lui prend ? En plus, il l’a dit lui-même, les cours vont débuter ! »

« Tarsal … tar tarsal tar … »

Elle avait peur, terriblement peur. Il y avait trop de monde autour d’elle. Des personnes qu’elle ne connaissait pas. Elle se téléportait, à chaque fois, espérant réussir à trouver Ryusuke sans y arriver. Elle qui était si fière de son idée, elle n’osait maintenant plus paraître en ces lieux. Elle avait peur, tellement peur de tout ce qui allait se passer si elle ne faisait pas attention. Plusieurs élèves tentaient de s’approcher d’elle.

« Oh ! Mais elle est là ! Il faudrait peut-être appeler le gardien ? »

« Je sais pas trop … elle cherche surement son dresseur. »

« TARSAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAL ! »

Ele poussa un cri strident, comme pour bien se faire entendre alors qu’elle le voyait enfin au détour d’un couloir. Avec vivacité, elle se téléporta en sa direction, commençant ensuite à courir jusqu’à tomber par terre à cause de sa robe. Toutes les têtes étaient tournées vers lui.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? Je crois que tu as besoin de me donner quelques explications. »

« Tarsal ? » demanda t-elle en tendant une petite patte pour chercher à se relever.

Il soupira, venant la soulever complètement pour pouvoir la fixer. Déjà, voilà que les autres étaient en train de parler dans son dos, s’exclamant :

« Hey ! Mais c’est Ryusuke ! Et cette Tarsal, elle est partie directement vers lui. »

« Mais je n’ai jamais vu de pokéball sur lui, qu’est-ce que ça veut dire ? Comment est-ce que l’on fait alors ? Tu peux nous expliquer ? »

« Je n’ai rien à expliquer ! Qu’est-ce que tu fais là toi ? Je croyais t’avoir dit quelque chose non ? Tu as intérêt à avoir une très bonne explication. »

« Tarsal tar tar tarsal ! Tarsal ? Tar ! Tarsal tar ! »

« Tu serais pas en train de te foutre de moi ? Quand je disais que je ne voulais plus te voir chez moi, ce n’était pas pour que tu te présentes au lycée ! »

« Taaaaaaaaaaar ! » dit-elle en tirant la langue avec affront. Ah oui ! C’est comme ça ? Il vint lui mettre la tête à l’envers alors qu’elle continuait de tirer la langue.

« Tu ne serais pas un petite effrontée toi ? Je crois qu’une bonne leçon s’impose. Il va falloir que tu apprennes quelques règles de savoir-vivre ! »

« Tarsal tar tarsal tar tar tar tarsal ! »

Et elle chantonnait car elle savait qu’elle avait raison ? Car oui, il ne lui avait pas dit de ne pas venir au lycée ! Il la remit correctement alors que déjà, un professeur s’approchait de lui. AH ! Celui de son prochain cours ! Posant une main sur son épaule, il vint lui dire :

« Tu veux bien retourner en cours, s’il te plaît ? »

« Mais mais mais … et elle ? Comment est-ce que je dois faire ? Vous pouvez m’expliquer ? »

« Ce n’est pas à moi de te dire ça. Bon, c’est vraiment exceptionnel mais elle peut venir sur tes épaule. Par contre, il va falloir qu’elle se calme, n’est-ce pas ? Et qu’elle soit tranquille. Normalement, les Tarsal sont des créatures très calmes. »

Elle hocha la tête positivement face au professeur. Elle sera sage comme une image. Ryusuke émit un grognement alors qu’il était obligé de se la coltiner. Assise sur ses genoux, il fut presque impossible de se concentrer en classe. La raison était simple : tous les regards étaient tournés vers lui alors qu’il prenait des notes.

« Pourquoi est-ce que je me sens si las ? Mais si las … »

« Bon ! Les cours sont terminés ! Vous avez votre petite pause de vingt minutes ! Profitez-en maintenant avant que le prochain professeur n’arrive. »

« Bon ! Maintenant, on va pouvoir passer aux choses sérieuses ! »

Les autres élèves s’apprêtaient déjà à l’embêter mais il avait réagit au quart de tour, disparaissant aussi vite qu’il était arrivé. Il avait profité de pouvoir sortir un peu dehors et de se cacher dans un coin, derrière un mur, éloigné des autres.

« Toi ! Tu vas me devoir quelques explications ! Tu vois pas dans quel embarras tu me mets ? » s’exclama t-il en direction de la petite Tarsal.

« Taaaar ! Tarsal tar tarsal ! » répondit-elle d’une façon effrontée. Grrr ! Il n’aimait pas qu’on se moque de lui ! Il secoua un peu la pokémon avant de s’arrêter. Non … Il n’allait pas la faire mal. Il la déposa au sol avant de marmonner :

« Maintenant, tu t’en vas, d’accord ? Je n’ai pas envie d’avoir des problèmes. J’ai vraiment bien mieux à faire que de chercher des ennuis, tu ne comprends pas ça ou quoi ? »

« Oh ? Ryusuke ? Tu te caches des autres ? »

Il entendait une voix féminine au-dessus de lui. Relevant la tête, il remarqua qu’il s’agissait … d’elle. Elle faisait quoi exactement là ? Elle voyait pas qu’il avait mieux à faire ? Beaucoup mieux ? Du genre, ne pas se préoccuper de tout ça ? Car bon, il était carrément ennuyé là ! Il n’avait pas envie de se compliquer la vie avec toute cette histoire !

« Je n’ai pas envie de perdre mon temps avec toi, Junon. Sauf si tu veux me débarrasser de cette Tarsal qui croit que je suis son dresseur. »

« Ce n’est pas le cas ? Pourtant, on dirait qu’elle est désespérément accrochée à toi non ? »

Qu’est-ce qu’elle … ohla ! C’était quoi ça ? Pourquoi est-ce qu’elle le serrait aussi fort ? Elle allait se faire mal si elle continuait non ? C’était juste fou ! Qu’elle fasse attention à elle ! Mais elle n’osait même pas le regarder, terrorisée et apeurée par quelque chose.

« Ben qu’est-ce qui se passe maintenant, toi ? »

« Oh. Il semblerait que les cours vont bientôt reprendre. Je ferais bien de m’en aller. A plus tard, Ryusuke ! Nous nous verrons au déjeuner. »

« Même pas en rêve, Junon. Je veux être seul, compris ? » s’exclama t-il alors qu’elle était déà partie, ignorant complètement ce qu’il venait de dire. Grrr !

Elle exagérait grandement ! Fallait peut-être pas trop pousser un peu non plus hein ? Il était peut-être très gentil mais pas forcément très agréable et … La Tarsal était vraiment sous le choc ? Pfff … il ne voyait pas pourquoi. Il commença à caresser doucement son dos.

« Arrêtes donc, je sais pas ce qu’est ton problème mais … »

« Tarsal tar, tarsal … tarsal tar … » balbutie t-elle. Y a personne à gauche ? A droite ? Il commença à caresser doucement son dos. Il arrive pas à voir pourquoi elle est terrorisée mais bon, il ne va pas être un monstre. Elle peut rester quelques heures de plus mais à la fin du lycée, elle partira. Il en a assez là.

Dix minutes plus tard, alors que les cours reprenaient, la petite créature était enfouie sous sa veste d’écolier alors que les têtes continuaient de se retourner. Le professeur le fixa pendant quelques secondes puis ne vint rien dire, visiblement mis au courant par le précédent. Seule la tête de la Tarsal était sortie bien qu’elle n’observait rien, ni personne. Elle fermait juste les yeux, comme légèrement endormie malgré les cours.

« Ryusuke ? Il nous faudra communiquer le nom de ta pokémon pour nos registres. »

« Hein que quoi ? Hein ? Euh … Oui, sûrement, oui … pas de problèmes. »

Enfin, si, y en avait un gros mais ça, il n’avait pas la motivation pour le signaler. Comment est-ce qu’il pouvait expliquer que ce n’était pas sa pokémon ? Surtout en vue du travail que la Tarsal faisait pour paraître si fragile et innocente, rien à voir avec ce matin sur son lit. Pfff ! Pire ! De toute façon, elle avait même eut l’audace de dormir avec lui.

« A partir de là, je suis vraiment mal placé pour ouvrir la bouche, moi. »

Il avait marmonné cela, n’osant pas continuer cela alors que le professeur lui répétait ce qu’il avait dit. Ah oui ! Il devait répondre à ce dernier ! Bon, ben, ce n’était pas si difficile que ça non ? De toute façon, il avait déjà donné sa réponse :

« Je vous le dirais … si je la garde. J’en suis pas vraiment sûr. »

« Qu’est-ce que tu racontes là ? Tu ne vas quand même pas l’abandonner non ? Ca serait monstrueux de ta part ! Bref, décides-toi à lui donner un nom .. et aussi une pokéball. »

« Oui oui oui … » marmonna Ryusuke, visiblement peu concerné par ses propos. Il posa sa tête sur la table, cherchant à ignorer complètement les autres alors que la Tarsal faisait de même, le fixant avec douceur bien que sa coupe au bol gâchait la vue. Elle n’avait jamais de soucis avec ça ou quoi ? Il se posait sérieusement la question.

« Plus qu’une heure à patienter … et ensuite … »

« Tarsal ? » chuchota t-elle alors qu’il la fixait, baissant la tête. Il n’y avait plus qu’une heure de cours, c’était ça qui était le plus important. Ensuite, il y avait le repas et … ah oui, voilà ce à quoi il pensait en la voyant. Il avait presque oublié quelque chose.

« Tarsal, tu manges avec moi ce midi. Je ne vais pas te dire de partir le ventre vide. »

« TARSAL ! » hurla t-elle de joie, tout le monde se tournant vers Ryusuke qui tenta de rester le plus impassible possible alors que le professeur lui disait :

« Ryusuke, tu es prié de calmer ta pokémon, merci bien. Nous sommes en cours. Bien que ça soit exceptionnel, les règles sont les règles. Concentres-toi un peu. »

« Pardonnez-moi. Ca ne se reproduira plus, je vous le promets. »

« Tar. » répondit la pokémon, plaçant une main sur sa bouche comme pour dire qu’elle sera complètement silencieuse jusqu’à la fin du cours.

Bon, si seulement c’était vrai hein ? Ce n’était pas qu’il n’avait pas confiance mais il la suspectait de commettre encore quelques bêtises. Au moins, les cours étaient plus vivants qu’auparavant. Peut-être qu’avoir un petit pokémon avec soi, de pas trop grande taille, c’était loin d’être une mauvaise idée ? A quoi est-ce qu’il pensait là ?

Hors de question de considérer ça comme une éventualité ! Il n’aimait pas les pokémon et il n’allait pas changer d’avis ! Que ce cours se termine maintenant ! Il en avait déjà plus qu’assez ! Il perdait son temps en restant ici.

« Bon, comme visiblement, la pokémon de Ryusuke a tenu ses promesses, vous pouvez partir cinq minutes avant. De toute façon, le cours est terminé et je n’ai aucune raison de vous retenir plus qu’il n’en faut. Félicitations, Tarsal. »

« Tarsal, tar tar … » déclara la créature aux cornes vertes avec un grand sourire, comme pour signaler que ce n’était pas grand chose pour elle.

Ryusuke tapota le sommet du crâne pour lui intimer de se taire. Elle n’avait pas besoin de parler, surtout si c’était pour dire de telles bêtises. Il se releva, voyant que les autres n’allaient pas le lâcher … ou presque ! Grumpf !

« Tarsal, si tu veux te rendre utile … téléportes-nous. »

« Hey ! Attends un peu, Ryusuke ! On veut juste pouvoir te parler et regarder ta … »

« Maintenant, Tarsal. Sinon, tu n’auras rien à manger ce midi. Tu préfères ça ? » menaça t-il d’une voix faussement douce alors que leurs deux corps disparaissaient complètement.
Dans les couloirs encore vides, il grimpa aux étages supérieurs, montant les escaliers pour se diriger vers son petit coin, sachant parfaitement où se rendre pour ne pas être dérangé par les autres. C’était mieux comme ça, il le reconnaissait. Il pouvait être tranquille avec elle.

Chapitre 4 : L’accepter … un peu

Chapitre 4 : L’accepter … un peu

« Je veux me réveiller, je vais me réveiller, voilà tout. »

Ce n’est pas ça qu’il désirait. Il en était hors de question. Il s’en rappelait. Un mauvais souvenir, un souvenir distant qu’il voulait effacer depuis des années. Il avait arrêté d’y penser mais au final, il était revenu à cause de cette Tarsal ! Tout était de la faute de cette Tarsal !

Si elle n’était pas arrivée, il n’aurait jamais souffert de la sorte ! Maintenant, il allait retourner à son ancienne vie ! Il voulut faire un mouvement mais ses pieds ne suivirent pas ses pensées, le faisant s’avancer vers cette forêt. Cette forêt flamboyante, il la reconnaissait parfaitement. C’était là que se trouvaient…

« AU SECOURS ! AU SECOURS ! ILS SONT COMPLETEMENT FOUS ! »

Il n’avait aucune difficulté à savoir de quoi criait cette voix avant qu’un homme obèse, d’une quarantaine d’années ne cherche à s’enfuir. Une flamme vint le balayer complètement, ne laissant plus qu’un corps calciné sur place alors que l’adolescent s’était mis à trembler. En regardant ses mains, il savait qu’il était retourné en enfance. Il n’était guère âgé, pas plus de cinq ou six ans au grand maximum, l’âge où on commençait à comprendre sans réellement deviner le sens caché des mots.

« Il est là. Il est là. Il est là. »

Une ombre orange sortait des flammes. Ailée, une flamme pointant au bout de sa queue, il ne pouvait que reconnaître ce monstre qui se tenait en face lui : un Dracaufeu. C’était un Dracaufeu, l’écume aux lèvres, le regard complètement rouge, dénué de toute émotion et tout sentiment. Il déglutit, cherchant à se rappeler ce qui s’était passé à ce moment précis.

« Je ne sais plus, je ne sais plus du tout ! Je ne m’en rappelle plus ! »

Plutôt, il ne voulait pas s’en rappeler, c’était complètement différent ! C’était totalement différent ! Il vient se tenir la tête, gémissant de douleur. De toute façon, ce n’était qu’un cauchemar, un simple cauchemar dont il allait bientôt être débarrassé.

Mais ? Et si cette fois, il avait des séquelles ? Et si tout se passait très mal ? Il n’y avait pas penser et il était maintenant trop tard pour revenir en arrière. Non, non et non ! Ca ne devait pas se passer comme ça ! Il se le refusait ! Ce n’était pas normal et logique ! Il devait s’enfuir cette fois ! Ses pieds suivirent finalement son cerveau alors qu’il se mettait à courir.

« DRAAAAAAAAAAAAAAA ! » hurla le pokémon de feu dans son dos avant qu’un puissant vent ne balaie les alentours, faisant rouler Ryusuke sur plusieurs mètres, son petit corps de jeune garçon étant beaucoup trop léger pour ne pas être projeté.

Il pleurait. Il se rappelait qu’il pleurait à ce moment précis. Et il s’était écorché les genoux. La peau d’un enfant était beaucoup plus fragile que celle d’un adulte endurci. Il n’avait pas osé bouger, paralysé par tout cela, attendant sa dernière heure. C’en était fini de lui. Il s’en rappelait parfaitement. Tout était terminé pour lui, snif. Pourtant, une foreuse vint se loger dans le torse du Dracaufeu, le tuant sur le coup avant de l’envoyer sur le côté. Ah ! Il se rappelait qu’il s’était senti sauvé en voyant le Rhinoféros en face de lui.

Il l’avait aspergé de sang à cause de cette attaque et le petit moment où il se pensait en sécurité avait laissé place à la terreur quand la foreuse se rapprochait inexorablement de lui. Il ne remarqua pas la lumière dans les cieux qui laissait apparaître deux yeux verts.

C’était ça le cauchemar de Ryusuke ? Autant dire que c’était dramatique, plus que dramatique. Une forêt en flammes, des pokémon fous, des cadavres un peu partout. Est-ce qu’il avait vraiment vécu tout ça ? Difficile quand on le voyait dans la vie de tous les jours. Mais pourtant, elle savait que c’était le cas et que les traumatismes les plus graves étaient ceux les plus enfouis. Elle devait se mêler de tout ça.

« Je veux sortir de là ! Je veux sortir d’ici ! J’en ai assez ! »

Il en avait plus qu’assez de cet endroit ! Il regarda à gauche puis à droite, cherchant une cachette, un gros rocher derrière lequel disparaître. Se remettant correctement debout, il continuait de sangloter et de geindre en sentant la douleur dans ses genoux.

Ça faisait mal, très mal. C’était à cause de cette souffrance qu’il voulait que tout cela cesse ! Mais rien n’y faisait ! Il ne pouvait jamais se réveiller par lui-même ! Recroquevillé derrière un gigantesque rocher, il se mit en position du fœtus, espérant par là que tout allait se terminer. Fermant les yeux, cherchant à ne plus rien entendre, il était déjà « ailleurs ».

Elle n’avait pas le temps de s’attarder sur ce cauchemar. Peut-être que plus tard, elle pourrait mais pour le moment, non. Tout son corps s’illumina avant qu’elle ne retrouver le jeune garçon toujours dans la même position. Des cauchemars comme ça, elle pouvait en dévorer des centaines si c’était nécessaire. Un flash lumineux se fit voir, aveuglant la scène de cauchemar avant que tout ne soit blanc, complètement blanc.

Pfiou ! Elle avait terminé ! Epongeant un peu de sueur sur son front, elle regarda l’adolescent dans le lit. Il semblait bien plus paisible maintenant. Elle avait réussi ce qu’elle voulait sauf qu’elle avait fini par être épuisée par tout ça. Elle poussa un profond soupir de soulagement avant de tout simplement fermer les yeux, s’écroulant sur le lit.

« Aaaaaaah ! Purée ! Qu’est-ce que j’ai bien dormi cette nuit. Et dire que je pensais que j’allais faire un sacré cauchemar. Comme quoi, je me suis planté. »

Il voulut faire un mouvement dans son lit, s’apprêtant à s’habiller pour le lycée avant de gémir de douleur. Aie ! Il avait planté sa main dans quelque chose de piquant! Il tourna son visage vers son lit, remarquant alors la Tarsal dans ce dernier. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle foutait quoi ici ? C’ETAIT QUOI CETTE BLAGUE ?!

« Non, elle est là et je me suis senti mieux que prévu. »

« Tarsal ? Tar ? Tarsal Tar Tarsal. »

Elle marmonnait dans ses rêves alors qu’il grognait. Bon, visiblement, s’il s’était bien senti cette nuit alors qu’il avait fait un début de cauchemar, elle en était responsable. Pour cette fois, ça passait. La prochaine par contre, il allait tout de suite mettre un hola.

« Réveilles-toi toi. Je te préviens : dès que tu es réveillée, tu disparais d’ici. »

Et surtout, qu’elle ne se fasse pas repérer par sa famille car sinon, ça allait vraiment être un bon gros bordel et ça, il ne pouvait pas l’accepter ! Quittant rapidement sa chambre, il ferma néanmoins la porte à clef, n’ayant pas le temps de voir que la Tarsal s’était levée, baillant légèrement tout en frottant ses yeux. Hum ! Bon gros sommeil !

« Alors ? Est-ce que tu crois qu’il dessine encore ? »

Mais ils allaient tous la fermer ? En quoi ça les regardait ce qu’il était en train de faire ? Il écoutait sagement les cours du professeur ! Et puis quoi ! Est-ce qu’il avait une tête à dessiner ? Il se sentait bien mieux depuis ce matin, ils allaient pas gâcher sa bonne humeur.

« HEY ! Vous deux ! Si vous avez du temps à perdre pour parler, venez donc au tableau pour répondre à ces équations ! »

Il évita de montrer son sourire en entendant les complaintes des deux élèves. Ça leur apprendra ! Pour une fois, il pouvait vraiment féliciter le professeur sur ce coup. Mais bon, qui lui disait que ça n’allait pas recommencer dès qu’il aurait le dos tourné ?

« Et rappelez-vous qu’aujourd’hui, une séance d’entraînement avec les pokémon sera faite. »

Ah ! Quoi de mieux que d’ignorer superbement tout cela ? Il poussa un petit soupir de soulagement, se disant que ce n’était pas pour lui de toute façon. Un bref instant, il s’imagina donner des ordres à la petite Tarsal mais cette idée vint aussitôt disparaître de son esprit.
A l’heure de déjeuner, il était sur le toit de l’école, seul comme à son habitude. Il aimait bien bloquer la porte, empêchant quiconque de le déranger. De toute façon, ce n’était pas un problème pour lui d’être seul, c’était une habitude. La majorité du temps, il restait en bas mais dans certains cas comme aujourd’hui, il s’offrait un instant de repos et de sérénité, n’étant alors guère dérangé par le monde qui l’entourait.

« Oh. Il semblerait que ma cachette ne soit pas si secrète que ça en fin de compte. »

Une voix féminine l’empêcha de mettre un morceau dans sa bouche alors qu’ il prenait une profonde respiration. Qu’est-ce qu’elle foutait là ? Depuis qu’il l’avait rencontrée, il avait l’impression de la voir à chaque instant. Il regarda la présidente des élèves qui sortait de sa cachette derrière un mur, sourire aux lèvres.

« Une cachette à ciel ouvert, il faut être vraiment pas douée aux parties de cache-cache pour croire que ça en est une bonne. »

« Mais est-ce que tu te rappelles de mon prénom ? »

« Junon. Je ne suis pas stupide à ce point. Je retiens bien les prénoms. »

« Est-ce que je peux m’asseoir à côté de toi ? » demanda t-elle alors qu’il fronçait les sourcils.

« Si je te dis non, est-ce que tu vas le faire quand même ? Je ne vois pas pourquoi mademoiselle la présidente des élèves a besoin de manger ici. »

« Des fois, on aspire au calme et à la sérénité. » répondit-elle, venant s’asseoir à côté de lui avant de manger bien tranquillement, regardant le ciel.

Le silence plana entre eux deux, l’adolescent se disant qu’il ne comptait pas faire la conversation de toute façon. Si elle espérait quelque chose de sa part, autant dire qu’elle pouvait abandonner tout de suite. Il n’allait pas se montrer gentil ou agréable envers elle, il en était tout simplement hors de question.

« Quel beau temps aujourd’hui, tu ne trouves pas, Ryusuke ? »

« Ne m’appelle pas par mon prénom, je ne le fais pas, tu ne le fais pas. »

« Tu sais, la timidité, il faut la combattre. Je suis sûre que si tu t’ouvrais un peu aux … »

« Soit tu pars, soit je pars, tu décides lequel ? Mais je compte pas rester une minute de plus à t’écouter me parle et m’adresser la parole alors que je m’en fous complètement ! Ne viens pas me gâcher cette journée qui a bien commencée pour une fois ! »

« Oh, d’accord, d’accord. Il n’y a aucun problème. Je tiens à m’excuser si mes propos t’ont embarrassé, ce n’était pas voulu de ma part. »

« Il n’y a pas de fait d’être embarrassé ou non ! Je pars, j’ai terminé de manger. »

« Oh ? Est-ce que tu seras là pour l’entraînement de pokémon qui aura lieu cette après-midi ? Normalement, toutes les classes sont … »

La porte claqua fermement alors qu’elle sursautait un peu de surprise, ayant un petit sourire aux lèvres. Attendrissant, c’était le premier mot qui lui venait aux lèvres en voyant la réaction de Ryusuke. Continuant de manger, ses yeux se posèrent sur la gauche, observant le coin du mur sur lequel elle était adossée. Elle finit de se sustenter, comme si de rien n’était.

Elle l’avait vue ! Elle en était sûre et certaine ! Cette fille l’avait vue ! Elle s’était cachée, voulant se montrer à Ryusuke au bon moment mais visiblement, cela n’avait pas été possible à cause de l’arrivée de cette « Junon ».

« Bon, visiblement, il est l’heure pour moi de retourner en cours. » déclara Junon alors que la petite Tarsal l’observait en train de se lever puis de quitter le toit de l’école.

Oui zou ! Du balai ! Elle ne voulait pas la voir cette fille ! Surtout pas ! Elle avait quelque chose de vraiment déplaisant même si elle ne savait pas exactement quoi. Bon, puisqu’elle n’était plus là, cela voulait dire qu’elle pouvait retourner chercher Ryusuke non ?

« Tarsal ! Tar Tarsal ! Tar Tarsal Tar ! »

C’était décidé ! Elle avait fait son choix ! Elle se téléporta subitement, commençant à marcher bien tranquillement dans les couloirs vides puisque le déjeuner n’était pas encore terminé. Ryusuke ! Ryusuke ! Il avait bien dit qu’elle ne pouvait pas rester dans sa chambre. Il n’avait rien dit sur le fait de ne pas rester auprès de lui par contre ! C’était totalement différent ! Elle n’était pas bête, elle était maligne, c’est pour ça qu’elle avait pensé à cette solution pour continuer de voir encore Ryusuke ! Hahaha !

« Hey ? Tu as entendu ? Paraitrait qu’un Tarsal se balade dans les couloirs. »

« C’est quoi cette blague ? C’est pas si rare que ça hein ? Même si l’élève qui l’a perdu ferait mieux d’aller le chercher vite fait. Je te dis pas comme il risquerait d’avoir de gros problèmes sinon. Mais pourquoi tu me dis ça ? »

« Ben en fait, le gros problème, c’est que le Tarsal disparaît aussitôt. M’a pas l’air d’être un pokémon dressé, plutôt un sauvage. Puis aussi, il a des couleurs différentes ! »

« WOWOWOW ! Tu veux dire un Tarsal chromatique ? J’adore cette couleur bleue ! » s’exclama un élève alors que Ryusuke relevait la tête de sa table d’école. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Un Tarsal aux couleurs différentes ? Impossible.

« Non, même pas ! Juste les couleurs qui sont inversées. Y a aussi un truc sur sa robe de Tarsal. Enfin bref, c’est pour ça qu’il y a encore personne en classe, tu n’as pas remarqué. »

« Mais qu’est-ce qu’on attends alors ? Faut qu’on le trouve ! Et vite ! » répondit le même élève, quittant la classe en même temps que son compagnon qui lui avait expliqué la situation.

« Pourquoi je sens que ça va être galère mais vraiment plus que galère ? J’aimerai bien me dire que non mais je ne me fais pas d’illusions. »

Il reposa sa tête sur la table, se disant qu’après la présidente des élèves, il espérait juste un peu de calme mais en même temps, il ne fallait pas vraiment rêver. Si c’était aussi simple que cela, il le saurait. Malheureusement, la vie ne l’était jamais, surtout pas avec lui.
Fous ! Ils étaient tous fous ! Ils ne voulaient pas la lâcher alors qu’elle aspirait simplement à un peu de tranquillité ! Elle voulait juste retrouver Ryusuke ! Mais ces humains cherchaient à la capturer ! Cachée dans un seau, un balai sur la tête, elle observa une petite troupe qui passa devant ses yeux, criant qu’elle était sûrement dans ce couloir. Pourquoi est-ce qu’ils n’étaient pas tous comme Ryusuke ? Puis zut ! Elle ne savait pas du tout où il était !

« Tarsal. Tarsal Tar Tarsal Tar. » se dit-elle à voix basse. Elle allait bien finir par le trouver !

Mais rien à faire, malgré l’heure qui passa, il était tout simplement impossible à trouver. Finalement, les cours reprirent et les élèves, déçus, continuèrent alors leurs petites vies monotones comme si de rien n’était. Tout cela n’avait été qu’une illusion, une chimère.

Le soir arriva et la fin des cours était donc proche. L’adolescent rangea ses affaires, se dirigeant dès lors vers la sortie. Il vérifia quand même que cette Junon ne l’attendait pas, quittant rapidement le lycée sans plus attendre. Il aurait presque envie de crier « liberté » si ça ne tenait qu’à lui mais bon, il valait mieux attendre qu’il soit seul pour ça.

« Tarsal ! Tar ! Tarsal ! Tar Tar Tarsal ! »

Elle avait fini par le voir. Elle tenta de pousser son cri, cherchant par là à l’interpeller mais elle était trop loin, toujours dans le lycée. Zut ! Elle voulait se téléporter mais n’y arrivait pas. Est-ce qu’elle en avait peut-être un peu trop abusé en fin de compte ? Mais mais mais, elle voulait juste le voir ! Rien d’autre ! Elle commença à courir de ses petites pattes.

Mais Ryusuke était déjà bien loin lorsqu’elle finit par sortir du lycée. Elle poussa un petit soupir de tristesse. Elle savait où il habitait mais elle avait perdu toute la journée pour rien du tout. Ça la rendait toute triste rien qu’à cette idée en fin de compte.

« Hum ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Des traces de pokémon ? Serait-ce ce fameux Tarsal aux couleurs si différentes ? »
Elle sursauta, entendant une voix non-loin d’elle. Difficile de ne pas la reconnaître ! C’était cette fille adolescente qui était près de Ryusuke la dernière fois. Elle ne voulait pas ! Elle ne voulait pas la voir ! Elle faisait encore plus peur que les autres ! Elle se téléporta subitement alors que Junon s’approchait de l’endroit où se trouvait auparavant la petite Tarsal.

« Oh. Les pas s’arrêtent ici, comme si elle était passée par la voie des airs … ou par la téléportation. » chuchota t-elle avec neutralité, retournant ensuite sur ses pas.

Elle était en sécurité maintenant ? Elle jeta un bref regard en arrière, effrayée par ce qu’elle avait ressenti. Elle n’aimait pas du tout cette fille humaine ! Pas du tout ! Zut ! Elle allait devoir retrouver Ryusuke maintenant ! Il était pas trop tard !

« Je peux savoir ce que tu fais là, toi ? Je croyais t’avoir dit de ne plus te présenter. »

Une heure plus tard, elle était assise sur le lit de Ryusuke, sage comme une image. Lui-même passa une main sur son front, se demandant ce qu’il avait fait pour mériter cela. Vraiment, c’était un bien beau bordel, il devait le reconnaître.

« Dis-moi, toi, et tu n’as pas intérêt à me mentir. »

« Tarsal ? Tar Tar ? Tarsal ? Tarsal Tarsal Tar ? »

« Tu n’aurais pas été dans mon lycée encore une fois aujourd’hui ? On me parlait d’une petite Tarsal aux couleurs différentes. Fais attention hein ? »

« Tarsal ! Tar ! Tarsal ! Tarsal Tar Tarsal ! »

Pourquoi est-ce qu’elle mentirait ? Elle avait bien fait ça, oui ! Elle n’avait aucune raison de mentir ! Sauf qu’elle ne l’avait pas trouvé, voilà tout ! C’était ça le gros problème ! Mais maintenant que c’était fait, elle le lâchait plus de la soirée !

Deux heures plus tard, il avait tout simplement pris un carton de son placard, mettant un coussin à l’intérieur. La Tarsal était endormie alors qu’il avait fermé la porte à clef. C’était bien parce qu’il avait l’intime conviction que c’était elle la responsable de son cauchemar qui avait disparu cette nuit. L’observant dans l’un de ces pulls en laine dans lequel elle s’était enfouie, il vint lui-même chercher le sommeil, espérant ne pas cauchemarder à nouveau. Il tolérait pour cette nuit la petite Tarsal.

Chapitre 3 : Une journée mouvementée

Chapitre 3 : Une journée mouvementée

« Comment se porte t-il ? Dites-le nous docteur, je vous en prie. »

« Il a juste besoin de repos, beaucoup de repos. Vous ne devriez pas le déranger. »

« Mais qu’est-ce qui s’est passé ? La présidente du conseil de son lycée nous a dit qu’il se comportait plus que bizarrement aujourd’hui. »

« Je ne peux pas vous le dire. Le mieux à faire est d’attendre qu’il se réveille et ensuite de l’interroger mais prenez vos précaution quand même. »

« Nous le savons parfaitement, ne vous inquiétez pas. Merci encore pour tout. Il faut que j’aille servir un chocolat chaud à la présidente des élèves qui nous attends dans la cuisine. »

Elle s’excusa poliment, descendant les escaliers avant de retrouver l’adolescente qui était restée assise sur une chaise, les coudes posés sur la table, les mains jointes. Elle attendait avec patience l’arrivée de la mère de Ryusuke, la remarquant lorsqu’elle se présenta dans la cuisine. Aussitôt, ses premières paroles furent :

« Qu’est-ce que le médecin a dit ? »

« Beaucoup de fatigue et d’épuisement. Il nous faudra lui demander lorsqu’il se réveillera. Néanmoins, vous savez aussi bien que moi que mon fils est quelqu’un de très difficile malheureusement. Je ne crois pas qu’il voudra nous en parler. »

« D’après les élèves de sa classe, il dessinait en classe un pokémon Un Tarsal pour être plu précis mais en tant que présidente du conseil des élèves, je suis au courant de la réputation de Ryusuke en ce qui concerne les pokémon. C’est pourquoi je me demandais d’où lui viendrait cette idée d’un Tarsal. Peut-être que nous devrions le laisser tranquille et attendre qu’il s’ouvre de lui-même ? Cela ne me semble pas une idée si absurde, qu’en pensez-vous ? »

« Peut-être. Pour une adolescente, vous avez des pensées bien adultes. Est-ce que l’on vous le dit souvent ? » demanda la mère de Ryusuke, faisant un léger sourire.

« En tant que présidente du conseil des élèves, je me dois d’être un sérieux à toute épreuve, surtout quand des cas comme Ryusuke se présentent. Il faut réagir correctement avec des événements de la sorte. »

« Ah … si seulement Ryusuke pouvait être ainsi mais bon …il est-ce qu’il est. Nous n’allons pas le forcer à être quelqu’un qui ne veut pas être. Combien de sucres ? »

« Deux s’il vous plaît. Vous faites bien. Ce n’est pas ainsi qu’une personne se développera correctement si on décide de le lier à des principes auxquels il n’adhère pas. C’est peut-être pour cela que Ryusuke est aussi intéressant aux yeux des autres élèves du lycée. »

« Je préférai ne pas affirmer vos propos mais pourtant … ah. » soupira la mère de Ryusuke, servant alors sa tasse de chocolat chaud à la jeune demoiselle, celle-ci l’emmenant à ses lèvres. Quand elle eut terminé de boire, elle se releva avec élégance, déclarant qu’il était temps pour elle de partir maintenant. Si cela était nécessaire, elle reviendrait.

Le lendemain matin, il se trouvait déjà en classe. Qu’importe ce que le médecin ou ses parents avaient dit, il ne s’en préoccupait pas le moins du monde. Par contre, ce qui le dérangeait bien plus, c’était les regards tournés vers lui et non pas pour une raison appréciable. Lorqu’il fut l’heure de déjeuner à midi, pendant qu’il mangeait tranquillement dans son coin, deux adolescents vinrent le regarder, un sourire aux lèvres.

« Ben alors ? Paraitrait que tu aimes dessiner des Tarsal, Ryusuke ? »

« Je ne suis pas d’humeur. Je vous conseille juste de déguerpir au lieu de me chercher des noises. A vous de voir. Vous préférez quoi ? »

« Hahaha, tu étais encore malade hier, tu crois vraiment être en pleine forme pour ça ? »

« Tu veux vérifier pour voir ? Tu serais surpris du résultat. »

Il s’était relevé,déposant son plat à côté de lui en craquant ses poings. Il n’avait même pas envie de chercher à discuter avec des imbéciles de la sorte. Il allait tout simplement briser ces deux types et retourner manger bien tranquillement.

« Ohla, ohla, on cherche pas la bagarre, l’amoureux des pokémon psychiques hein ? »

« Bon, visiblement, tu m’as cherché, tu vas me trouver. »

Il n’en fallait pas plus pour qu’ils lui prennent la tête. Ils allaient vite le payer et d’une façon assez violente. Il commença à courir en leur direction, les empêchant de s’enfuir. En attrapant un par le col, il s’apprêta à le frapper de toutes ses forces avant de s’arrêter. Non. La violence, pas contre ces types, ils n’en valent pas la peine.

« Déguerpissez et ne venez plus me déranger, compris ? Je veux manger tranquille. »

Il n’allait même pas remercier cette présidente du conseil des élèves. Son intérêt envers elle était nul, proche du néant. Il termina son repas, écoutant calmement pendant la fin des cours. Cette Tarsal perturbait toute son existence depuis son apparition.

« Elle ne peut pas me lâcher un petit peu ? Pourquoi est-ce qu’elle reste dans mon esprit ? »

« Oh ? Ryusuke ? Tu n’es pas encore parti de l’école ? »

Une voix féminine. Grrr. Les cours étaient terminés et il avait préféré tarder dans les couloirs du lycée plutôt que de partir le plus vite possible. Maintenant, il pouvait la voir. La fameuse présidente des élèves. Elle avait son âge. La chose la plus remarquable chez elle était sa longue chevelure blanche et argentée. Elle avait aussi des yeux verts et une beauté indéniable qui allait de pair avec le physique qu’elle arborait.

« Oh. Toi. Tu … hmm … cela va me revenir normalement. »

« Junon. C’est le prénom que tu recherches. » dit-elle tout en ayant un petit rire qui agaça aussitôt l’adolescent. Celui-ci n’en fit pas pour autant la remarque. Il reprit la parole :

« Je tenais juste à te remercier. Mes parents m’ont dit que tu étais venue mais ça s’arrête là. Maintenant, je vais m’en aller. Je n’ai pas que ça à faire. »

« Est-ce que je peux te raccompagner ? Du moins, sur un bon kilomètre ? »

« Si c’est de la pitié ou de l’inquiétude car tu ne sais pas si je vais me casser la figure ou m’évanouir, tu peux partir de ton côté. Salut. »

Il avait fait ce qu’il avait à faire. Il n’allait pas discuter avec cette fille alors qu’il n’en avait pas envie. Quittant le lycée, il se dirigea à toute allure jusqu’à chez lui, montant dans sa chambre sans chercher à communiquer avec ses parents. Quelques instants plus tard, il était couché sur son lit, regardant le plafond en réfléchissant à tout et à rien. La vie était compliquée, tellement compliquée, pourquoi est-ce qu’on lui causait autant de problèmes ?

« J’en ai assez de tout ça. Je veux juste que l’on me laisse tranquille. Est-ce que j’en demande trop par hasard ? Beaucoup trop ? C’est juste une blague, non ? »

Il n’en savait trop rien. La seule chose dont il pouvait être sûr, c’est que la fatigue qui l’envahissait était bien présente. Il ferma les yeux, sombrant peu à peu dans un sommeil réparateur. De toute façon, il avait mis son réveil au cas où.

Mais ce ne fut pas le réveil qui vint le sortir de sa torpeur mais cette sensation d’être épié. Il se redressa dans le lit, regardant autour de lui, une main posée sur son front. Il était en sueur ! C’était quoi ça ? Gauche ? Droite ? Rien du tout. Il n’y avait rien ou … AH ! La fenêtre ! Il y avait bien quelqu’un à la fenêtre ! Cette Tarsal était de retour ?

« Qu’est-ce que tu fais là ? Tu arrêtes de me poursuivre ? C’est de la persécution ! »

« Tarsal ? Tarsal ? Tar ? » demanda t-elle alors qu’elle ouvrait la bouche. Elle était de l’autre côté de la fenêtre alors pourquoi est-ce qu’il l’entendait ? AH ! C’était des messages mentaux ! Il en était sûr et certain ! NON ! Qu’elle arrête ça !

« N’utilise plus tes fichus pouvoirs pour me parler ? Compris ? Je ne veux pas de ça ! »

Elle se téléporta pour arriver dans la chambre, debout sur bureau. Il cligna des yeux. Elle avait rien compris à ce qu’il venait de dire ou quoi ? La créature cornue tourna son visage vers les dessins représentant une Tarsal. Il s’écria :

« Mais qu’est-ce que tu fous là ? Ne touche pas à ça ! REVIENS PAR LA ! »

Il n’allait pas se laisser faire par une morveuse de pokémon ! Il quitta son lit, s’approchant d’elle à toute allure, prêt à lui bondir dessus. Il amorça un mouvement pour l’attraper mais elle se télépora une nouvelle fois, arrivant sur son lit. Elle désigna le dessin, disant :

« Tarsal ? Tarsal ? Tar ? Tarsal ? »

« Quoi ? Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je m’en fiche et je ne te comprends pas ! ET ARRÊTE DE BOUGER ! BON SANG ! » hurla l’adolescent avant de sauter pour tenter de l »immobiliser sur le lit. Un bon gros tremblement se fit sentir alors que la Tarsal s’était téléportée une nouvelle fois, la voix de la mère de Ryusuke criant :

« Ryusuke ? Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tu hurles dans ta chambre ? Et c’est quoi ce boucan ? Tu es encore malade ? Attends, j’arrive ! »

« NON ! PERSONNE NE RENTRE DANS MA CHAMBRE ! »

Il ferma à toute allure la porte de sa chambre, tournant la clé avant que la Tarsal ne lui montre le dessin représentant la pokémon. Elle désigna sa corne comme pour lui dire que la sienne était un peu plus grande que celle dont il avait affublé la créature sur le dessin.

« Et qu’est-ce que tu veux que ça me fasse? Arrête de bouger ou alors, je vais t’étriper ! »

« Tarsal ! Tar tar ! Tarsal, tarsal, tarsal ! »

Quoi ? Elle se foutait de sa gueule ? Il n’avait pas la tête à penser à ça ! Il allait l’égorger ! Il devait juste se déplacer doucement puis l’attraper par surprise. L’air de rien, il s’avança vers elle alors qu’elle continuait de regarder les dessins, comme émerveillée. Lorsqu’il fut à sa portée, il poussa un cri de victoire, cherchant à l’agripper.

« Tu vas voir ! J’ai fini par t’avoir, petite Tarsal ! »

Sans qu’il ne sache comment cela s’était produit, il était maintenant couché sur le ventre sur le lit ? Le pire ? C’est qu’il marmonnait alors qu’il sentait la Tarsal sur son crâne Elle se penchait en avant, ses yeux toujours cachés par sa coupe au bol alors qu’elle montrait le dessin, désignant maintenant ses « hanches » ? Hein quoi ? Trop grosses ? Mais elle allait arrêter ça ? Pour qui est-ce qu’elle se prenait ?

« Je vais vraiment te farcir si tu continues ! »

« Tarsal ! Tarsal Tarsal Tar Tar ! »

Gnnn ! Elle lui prenait la tête ! Masi qu’est-ce qu’il en avait à faire de ce qu’elle disait ? Elle croyait vraiment qu’il s’intéressait à ce qu’elle racontait ? C’était qu’une pokémon ! Une simple pokémon ! Rien de plus ! Rien de moins ! Rien d’autre ! Qu’elle se rentre ça dans le crâne ! Il n’avait pas que ça à faire ! STOP !

« Je te laisse dix secondes pour descendre de moi. Après, je te promets pas la vie sauve. »

« Tarsal ? Tar Tar Tarsal ? Tar ? »

QUOI ?! STOP ! Il se retourna vivement, agrippant la Tarsal à deux mains. Celle-ci relâcha les dessins qu’il avait fait alors qu’il pouvait voir ses yeux verts. AH ! Elle faisait moins la maline maintenant hein ? C’était qui le chef hein ?

« Disparais de ma vue ! Compris ? Je ne veux plus te voir ! Zou ! Du balai ! Du vent ! »

« Ryusuke ? Mais as qui est-ce que tu parles ? Tu as invité un ami ? Ou alors, est-ce que … tu aurais enfin un pokémon ? » demanda sa mère tout en frappant de l’autre côté de la porte.

« UN POKEMON ? MOI ? ET PUIS QUOI ENCORE ?! C’est juste un Roucool ! »

Il n’avait pas honte de mentir de la sorte à sa mère alors qu’il ouvrait la fenêtre, faisant semblant de faire du bruit pour qu’un Roucool ne s’envole. Sa mère fit quelques pas en partant alors qu’il refermait la fenêtre. Il poussa un profond soupir, se tournant vers la Tarsal. Il la désigna du doigt, déclarant :

« Je ne veux pas de toi alors maintenant, tu es priée de disparaître de mon champ de vision. Tu m’importunes et m’insupporte. Compris ? »

« Tarsal ? Tar Tar ! Tarsal Tarsal Tar Tar Tarsal ! »

Qu’importe ce qu’elle disait, il n’allait pas changer d’avis comme ça. Il cligna des yeux, croisant les bras alors qu’elle restait là, attendant de voir ce qu’il allait faire pour la forcer à partir. Elle n’avait pas envie. Elle avait été très inquiète hier après son évanouissement.

« Je ne veux pas de toi dans ma chambre, ni dans ma vie. Si tu arrives à comprendre ça, tu peux maintenant partir car je ne te retiendrai pas, compris ? »

« Tarsal, Tarsal, Tarsal … Tar … Tarsal. » répondit-elle avant de déposer les feuilles de papier. Puisqu’il en était ainsi, elle se téléporta subitement hors de la chambre, Ryusuke poussant un soupir de soulagement. Enfin débarrassé d’elle !

Il alla se coucher sur son lit, recommençant à regarder le plafond. Maintenant, il allait enfin pouvoir passer aux choses sérieuses ! Et surtout, puisqu’elle avait compris le message, il était sûr et certain qu’elle n’allait pas revenir de sitôt !

Le reste de la soirée se passa tranquillement, très tranquillement. Lorsqu’il fut l’heure de se coucher, il jeta quand même un regard par la fenêtre, observant l’arbre en face de lui et ses racines. Non, il n’y avait rien du tout. Tant mieux, il n’avait pas envie de la voir de toute façon. Il en avait assez d’elle. Bon débarras.

« Et bonne nuit à moi ! Je l’ai méritée après tout ça ! »

Il en était sûr et certain. Pourtant, couché dans le lit, il se sentait un peu anxieux, sans savoir réellement pourquoi. BAH ! Demain était une autre journée. Il allait tout simplement bien dormir et rien de dramatique allait se passer, voilà tout.

Pourquoi se prendre la tête pour tout le reste ? Finalement, il trouva le sommeil bien rapidement et se rendit au pays de songes. Il ne put remarquer le regard vert qui l’observait à travers la vitre, la Tarsal étant debout sur une branche.


Elle n’avait pas voulut partir tout de suite. Elle avait eut un pressentiment comme quoi, quelque chose allait se passer. Était-ce à cause de ses capacités ? Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle ne pouvait pas le laisser seul. Elle le regarda, fermant les yeux, ses lunettes retirées alors qu’il était déjà en train de s’assoupir. Avec lenteur, elle se téléporta à l’intérieur, faisant bien attention à ne pas le réveiller.

A quoi est-ce qu’il pouvait rêver ? Un adolescent comme lui, tourmenté et effrayé par elle, il devait avoir des rêves bien saugrenus non ? Peut-être devait-elle les lire ? Non, ça ne se faisait pas. Elle restait juste assise à côté de l’adolescent, se demandant quand tout sera fini.

Où est-ce qu’il était ? C’était étrange. Une forêt. Il se trouvait dans une forêt ? Cela lui rappelait quelque chose qu’il aurait préféré oublier après toutes ces années. Après, c’était sûrement une illusion. Pourquoi ferait-il un rêve aussi précis maintenant ?

« Brrr, il ne fait pas chaud par contre, ils exagèrent quand même un peu ! »

Non, là, c’était vraiment très perturbant. Qu’il puisse parler alors qu’il était dans son rêve, qu’il en ait conscience, quelque chose clochait. Et cette sensation de froid qui l’envahissait ? Comme s’il était vraiment dans ce rêve, qu’il ressentait tout.

La forêt s’enflamma subitement devant lui, des cendres venant caresser son visage alors qu’il sursautait. Réel ! C’était beaucoup trop réel ! Il savait maintenant ce que c’était ! NON NON ET NON ! Il ne voulait pas replonger dans ça ! Il en était hors de question !

« AU FEU ! Ces pokémon sont complètement fous ! Au secours ! Aidez-nous ! »

Elle se remit aussitôt debout sur le lit de Ryusuke. Elle l’avait parfaitement ressenti. Son visage se tourna vers l’adolescent qui s’était mis à haleter. Il faisait un mauvais rêve. Non, ce n’était pas un mauvais rêve mais un cauchemar. Une main posée sur le front de Ryusuke et le constat était affligeant : ce n’était pas un cauchemar mais une véritable terreur.

« Tarsal ! Tar Tar Tarsal ! Tarsal ! Tarsal Sal Sal ! »

Ce n’était même pas une question d’avoir le choix ou non. Le pressentiment qu’elle avait eut était l’exemple parfait de la raison qui la poussait à être ici. C’était à son tour de le sauver !

Chapitre 2 : Rôdeuse

Chapitre 2 : Rôdeuse

« Ryusuke ? Ryusuke ? Tu es déjà prêt ? »

« Je pars à l’école dès maintenant. Bonne journée à vous deux. »

« Bonne journée à toi aussi. Fais quand même attention à ne pas créer trop de troubles. »

C’était plutôt l’inverse. Il voulait les éviter à tout prix mais ils venaient toujours le frapper de plein fouet. Il essayait pourtant de ne pas tomber dedans mais voilà, il fallait toujours que ça ne se passe pas comme prévu. Pour ça qu’il n’aimait pas toutes ces choses. Au lycée, quelques élèves regardèrent sa jambe. C’est vrai : malgré l’antidote, cela ne voulait pas dire qu’il était complètement guéri. La plaie crée par le dard était toujours présente.

« On dirait qu’il a été blessé mais qui aurait pu faire ça ? »

« Quelqu’un du lycée ? Il paraitrait que parfois, certains l’attendent sur le chemin pour tenter de l’affronter. Bon, généralement ça finit très mal pour eux. »

« Arrête de raconter des bêtises, tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas un humain qui aurait pu le blesser quoi. AH ! Il nous regarde ! »

Les deux élèves s’enfuirent lorsqu’il posa ses yeux sur eux. Ils n’avaient pas totalement tort : sa blessure n’était pas la cause d’un humain mais d’un pokémon. Il fronça les sourcils, poussant un léger soupir. Normalement, aujourd’hui, tout devrait être calme, très calme.

D’ailleurs, lorsqu’il fut installé à sa table pour les cours, il était encore songeur. Ah ! Bon, ce n’était pas le moment de penser à toutes ces imbécilités. Il avait mieux à faire, beaucoup mieux de toute façon. Quant au fait d’écouter les cours, il s’en fichait pas mal. Ce genre de connaissances, il les possédait déjà. Ah ! Tenant un crayon en main, il s’était mis à dessiner la première chose qui lui traversait l’esprit.

« Ryusuke ? Quel est le nouveau type de pokémon qui fut découvert récemment ? »

« Le type acier. » déclara l’adolescent, sans réellement conviction, reprenant ensuite : « On peut aussi rajouter le type ténèbres. »

« Ahem. Réponse fausse, Ryusuke. Ces deux types existent déjà quelques temps. Je voulais bien entendu parler du type fée. S’il te plaît, concentre-toi plus. »

« Hey, mais attendez, Ryusuke était occupé à dessiner ! »

« De quoi est-ce que je me mêle ? » rétorqua l’adolescent en émettant un grognement, se levant subitement. Plus que le fait qu’on le dérange, c’était bien la mauvaise réponse qui l’énervait. Il rétorqua : « Je vais aller à l’infirmerie. Je ne me sens pas bien. »

« Ryusuke, retourne en place. Tu m’as l’air d’aller très bien. Fais-le maintenant. » déclara le professeur mais l’adolescent était déjà parti, délaissant ses affaires. Il en avait strictement rien à foutre de ce que pensait le professeur. S’il avait décidé ça, il n’allait pas le forcer, c’était aussi simple que ça, que ça lui plaise ou non à ce professeur. Puis quoi encore ?

« Hein ? Euh ? Mais il a oublié ses affaires. »

« Laissez-le, je vais devoir le signaler pour sa conduite. Rangez juste ses affaires, qu’il puisse les récupérer quand il reviendra. Reprenons les cours. »

Le plus étrange pour tout le monde, c’était bien la réaction exagérée de l’adolescent. Ils n’étaient pas habitués à ce qu’il se comporte de la sorte, surtout en classe. Pendant qu’une lycéenne rangeait ses affaires, elle regarda ce qui se trouvait devant ses yeux :

« Hey … mais c’est un Tarsal ? C’est vrai ? Depuis quand est-ce qu’il s’intéresse aux pokémon ? Dites, vous le saviez-vous ? »

« Hum ? Un pokémon ? Ryusuke ? Qu’est-ce que tu racontes ? Attends, ah oui ! C’est bien un Tarsal. Et il est plus que bien dessiné. Mais c’est quoi ces lignes sur sa robe ? »

« S’il vous plaît, je vous rappelle que vous êtes tous en classe ! «

Le professeur réclama l’ordre et le silence, la lycéenne finissant de remettre correctement les affaires de Ryusuke. L’adolescent, les mains dans les poches, se promenait dans les couloirs. A cette heure-ci, il n’y avait personne et de toute façon, si quelqu’un le voyait, il lui dirait la stricte vérité : il était parti pour aller à l’infirmerie car il ne se sentait pas bien. Vraiment ? Oui, il allait mal. Depuis qu’il s’était levé, il n’avait qu’un visage en tête : cette Tarsal. Il ne savait pas d’où elle venait et pourquoi elle se trouvait dans la forêt hier. Tout cela était un mystère qu’il ne voulait pas résoudre mais en même temps, s’il avait décidé de l’ignorer, il continuera de réfléchir à tout ça. Il en avait déjà marre.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » se dit-il subitement, se retournant aussitôt.

Il avait ressenti une présence dans son dos. Non pas une présence malsaine mais quelqu’un était en train de le regarder. Quelqu’un était en train de l’espionner !Il en était sûr et certain ! D’où ça venait ? A gauche ? A droite ? Par la fenêtre ? Il se dirigea vers celles-ci, observant les arbres. Non, il n’y avait rien du tout.

« Je crois que j’ai vraiment besoin de repos en fait. »

C’était devenu plus qu’une évidence en fin de compte. Pénétrant dans la salle de l’infirmerie, il s’apprêtait à dire qu’il venait se reposer mais cela ne servit à rien. Il n’y avait personne. Vraiment, il en avait assez là. Il s’installa sur un lit, se mettant sous les couvertures avant de retirer ses lunettes. Fermer les yeux et se reposer.

« En fin de compte, je crois que j’ai eu ma dose d’ennuis rien que pour cette matinée. »

Se parler seul le réconfortait bien qu’il n’osait pas l’avouer. Ça lui permettait d’entendre sa voix et d’être sûr qu’il n’était pas devenu sourd. Un réconfort comme un autre. Il commença à s’endormir peu à peu mais se redressa subitement.

« J’en suis sûr et certain. On me regarde ! Qui est-ce ?! »

Il chercha ses lunettes, les retrouvant. Il avait bien installé le rideau autour du lit de l’infirmerie, pour montrer qu’il ne voulait pas être dérangé. Une ombre ? Derrière le rideau ! Et cette ombre, il la reconnaissait parfaitement ! Il tira subitement sur le tissu, dévoilant la Tarsal à la corne verte ! Qu’est-ce que ça voulait dire ?

« Qu’est-ce que tu fais là ? Disparais ! Maintenant ! »

Hein ? Mais, elle … elle voulait juste le remercier pour hier. Elle n’avait pas pu car elle devait partir alors elle avait décidé de le suivre. Elle savait qu’il ne fallait pas rentrer chez les autres personnes, dans les bâtiments alors, elle n’avait rien fait. Elle était juste restée là, devant la fenêtre, pendant qu’il dormait, pour l’observer. Puis ensuite, elle s’était cachée, plusieurs fois, en voyant qu’il partait seul, tous les matins, sans personne avec qui il discutait.

« Allez ! Zou ! Du balai ! Je ne veux pas te voir ! Du vent ! »

Mais elle ne voulait pas partir ! Elle posa ses petites pattes sur la fenêtre puis se téléporta subitement, Ryusuke poussant un cri de surprise. De la téléportation ! Elle ne comprenait pas ce qu’il venait de lui dire, c’est ça hein ? ZOU ! NON ! NON ET NON !

« Mais c’est quoi ce boucan ? Qui est-ce qui crie dans l’infirmerie pendant que je ne suis pas là ? Il ou elle a intérêt à avoir une bonne raison ! »

Une autre voix ? Elle se téléporta une nouvelle fois, disparaissant complètement de la vue de l’adolescent, le laissant seul avant que la porte ne s’ouvre à la va-vite, laissant rentrer une femme d’une trentaine d’années, portant une blouse blanche ouverte, un pull rouge et un pantalon noir. Elle avait des cheveux auburn un peu frisé et quelques taches de rousseur.

« Ryusuke ? Toi ici ? Vraiment ? »

« Il y a une Tarsal ! Il y a vraiment une Tarsal ! Elle se téléportait ! »

« C’est bien la première fois que tu viens de ton plein gré. D’habitude, tu refuses que l’on te soigne, même quand tu t’écorches le genou en sport et … hein ? »

Elle s’arrêta dans ses propos, écoutant ceux de Ryusuke. Qu’est-ce qu’il racontait donc ? Une Tarsal ? Elle s’approche de la fenêtre, l’ouvrant subitement avant de regarder à gauche et à droite. Non, rien du tout. Pourtant, il était en sueur.

« Attends un peu, Ryusuke. Je crois que tu as vraiment besoin de repos. Je vais appeler tes parents, ça sera bien mieux. Tu divagues. »

« Mais je vous jure que je l’ai vue ! Pourquoi est-ce que l’on ne me croit pas ? »

Elle plaça une main sur son front, prenant sa température. Le voir aussi faible avait quelque chose d’étonnant et surprenant, elle devait l’avouer. Ce n’était pas dans les habitues de Ryusuke de se montrer sous un autre jour.

« Je vous le jure ! Ah ! Mais pourquoi est-ce que personne ne la voit ? »

« Je ne pense pas que tu mens mais elle est partie. Je sais ce que je vais faire. Prends ça. »

Un verre d’eau, une gélule et voilà que le garçon buvait en respectant sagement les paroles de l’infirmière. Quelques minutes plus tard, il sombra dans un profond sommeil. Lorsqu’une main se posa sur son épaule, il put voir le visage de sa mère, inquiète pour lui.

« Ryusuke ? Le lycée nous a appelés, ton père et moi. Il paraîtrait que tu étais malade. Nous sommes venus aussi vite que possible. »

« Je pense qu’il a eu quelques stress récemment. J’ai entendu dire qu’il avait encore subit une bagarre récemment et à force, cela a dû lui monter au crâne. » déclara l’infirmière.

« Mais je n’ai rien fait du tout ! Ce n’était pas moi qui ai fait ça ! »

« C’est pour ça que j’ai dit « subir » et non « provoquer » Ryusuke. Je sais très bien que tu n’es pas capable de vouloir chercher les ennuis, ce sont eux qui viennent à toi. »

Ce n’est pas faux. Il devait le reconnaître. Mais quand même, il n’avait pas rêvé ! Il tenta de se relever, gémissant un peu avant de soupirer. Pfiou, il se sentait mal avec toute cette histoire maintenant, très mal.

« Est-ce que je peux rentrer maintenant ? »

« Seulement si tu me dis mademoiselle … ? »

« Mademoiselle Vixia. » marmonna l’adolescent. Elle adorait se moquer de lui quand il ne venait pas se faire soigner. Mais elle n’était pas méchante du tout, avec ses grands yeux bleus. C’est d’ailleurs cela qui attirait quelques garçons du lycée chez elle, pour qu’ils puissent se faire soigner. Elle eut un petit sourire avant de dire :

« Tu peux rentrer. Si tu veux, tu peux aller chercher tes affaires ou alors un élève ira te les emmener. A toi de voir. »

« Je vais aller les chercher, il n’y a pas de problèmes. C’est sur le chemin. »

Il n’avait pas que ça à faire. Il vint dire à ses parents qu’il n’allait pas perdre plus de temps à ça, retournant en salle de classe. Ses parents étaient quand même derrière lui alors qu’il toquait à la porte. Hum ? Il avait dormi combien de temps ? Car il n’entendait personne ou presque. Ouvrant la porte, il remarqua que la classe était vide, complètement vide.

« Oh ! Ryusuke ? Tu vas mieux ? »

Une voix féminine. Il se tourna vers la personne qui venait de lui adresser la parole, lui faisant un sourire tendre. Hum. Il connaissait son nom puisqu’elle était dans sa classe mais sur le moment, il ne s’en rappelait pas du tout.

« J’allais demander ton adresse au secrétariat pour te ramener ton sac et tes affaires. J’ai aussi quelques notes pour toi, comme ça, tu n’auras rien loupé des cours. Mais tu vas mieux ? »

Encore aucune réponse de sa part. De quoi est-ce qu’elle se mêlait ? Cette fille, il la connaissait bien. Déléguée de la classe mais aussi présidente du conseil des élèves, rien que ça. Il n’avait même pas envie de la détailler et AIE !

« Ryusuke ? Tu peux quand même dire merci à ton amie. »

« Ce n’est pas mon amie, je ne la connais pas plus que ça. »

« Ce n’est pas une raison pour ne pas la remercier. Et je me doute que tu n’aies pas une amie aussi jolie que ça. Merci, jeune fille. J’espère que mon fils n’est pas trop turbulent en classe. »

Voilà que son père répondait après sa mère à cette élève. Il récupéra son sac de façon assez sèche, déclarant qu’il allait les attendre à l’entrée du lycée. Interloqués, les deux adultes et la lycéenne le regardèrent s’éloigner, n’osant rien lui dire.

A l’entrée du lycée, il pouvait remarquer qu’au final, c’était juste la pause de midi. Bah ! Il ne sentait pas dans son assiette aujourd’hui, il devait l’avouer mais pas au point d’être aussi faiblard que ça hein ? Positionné devant la double porte du lycée, il s’adossa contre un mur, patientant. Il espérait que ses parents n’avaient pas la causette avec cette lycéenne.

« Elle s’appelle comment ? Déléguée, déléguée. Non. Présidente du conseil des élèves, oui, oui. C’est un nom simple pourtant ! »

Mais non, il n’y arrivait pas. Demain, il verrait. Pas que ça l’intéressait mais s’il fallait mettre les points sur les i, il le ferait. Qu’elle ne se mêle pas de sa vie privée, il fera de même. De toute façon, qu’est-ce qu’il en avait réellement à faire de tout ça hein ?

« Tarsal ? » murmura une voix sur la droite. NON !

Il avait sursauté, tremblant de tout son être. Il n’avait pas rêvé hein ? Pas en entendant cette voix hein ? Il avait juste ! Non ! Il ne devait pas tourner son visage mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Au pied d’un arbre, derrière le tronc de celui-ci, une ridicule petite créature était en train de le regarder, inquiète et soucieuse.

« DISPARAIS ! DISPARAIS ! NE VIENS PAS ! »

Hors de question ! Il le refusait ! Il commença à courir à toute allure, n’écoutant pas les cris de ses parents qui étaient sortis du hall du lycée, accompagnés par la présidente des élèves. Il s’était mis à courir, courir, courir, sans même chercher à s’arrêter.

« Arrête de me suivre ! Ce n’est pas compliqué pour autant ! »

Il ne se retourna pas. Il ne devait même pas savoir si cette créature le suivait ou non ! Qu’elle débarrasse le plancher et ne vienne plus l’embêter ! Il ne voulait pas qu’elle le suive ! Il continua de courir sur le chemin, quittant ce dernier pour traîner dans l’herbe, se cassant la figure une fois, tachant ses habits. Non, non et non ! Il ne voulait pas !

Où est-ce qu’il allait ? Où est-ce qu’il se trouvait ? Il ne savait pas ! Jusqu’elle le lâche, rien de plus ! Qu’elle l’ignore et arrête de le suivre ! Pourtant, il entendait encore la voix de la Tarsal, celle-ci résonnant parfois dans sa tête. Pouvoir psychique ! Elle utilisait ces derniers !

« Elle ne pourra pas me suivre ici, j’en suis certain. »

Ses capacités de raisonnement et de réflexion faiblissaient à vue d’œil. Il le sentait parfaitement. Normalement, il se doutait qu’elle n’aurait aucun mal à le poursuivre mais là, pour le moment, il avait fini par trouver une écurie abandonnée.
L’odeur du vieux foin à moitié usagé empesta ses narines mais il ne s’en préoccupa pas. Caché derrière une parcelle de bois, il jeta un bref regard vers l’entrée de l’étable. Elle n’était plus là hein ? Elle avait fini par abandonner la poursuite ? Quelque chose lui tira sur la jambe alors qu’il faisait un mouvement de la main :

« Pas maintenant, Tarsal. Tu ne vois pas que je tente de … »

Gloups. Il déglutit, espérant rêver. Lorsqu’il se tourna pour descendre son visage, il le déposa sur une petite bouille inquiète. Un hurlement strident sortit de ses lèvres avant que son corps ne s’affaisse, tombant évanoui sur le sol.

« Tarsal ? Tarsal ? Tar tar ? Tarsal ? »

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’est-ce qu’elle avait fait de mal ? Elle avait pu lire la terreur dans le cœur de l’adolescent, mais aussi de la rage et de la colère. Elle avait senti qu’il lui voulait du mal sans pour autant l’accomplir, tout cela parce qu’il n’avait pas ressenti la même chose chez elle. Elle ne comprenait pas.

« J’ai entendu un cri ! Il doit être par ici ! Mon Caninos ne peut pas se tromper ! »

« CANINOS ! NOS NOS ! WOOF ! »

Elle devait disparaître ! Et c’est ce qu’elle fit en se cachant dans un coin reculé … mais après avoir emmené l’adolescent en sécurité, adossé à un mur et bien visible pour tous. Elle ne comprenait pas pourquoi il était horrifié par elle mais elle n’avait aucune envie de le faire souffrir. Peut-être qu’elle s’était montré un peu insistante à vouloir se présenter devant ses yeux ? Et pas forcément dans les meilleurs moments ? Elle ne savait pas, elle était juste un peu triste. C’est ça. Elle était triste de la réaction de l’adolescent.

« Il est là ! Mais qu’est-ce qu’il fait ici ? »

« Depuis hier, c’est la tourmente en ce qui le concerne. Si je suis venu vous chercher, c’est pour parler de lui. Nous allons le ramener chez vous et je vous expliquerai tout en chemin. Brave Caninos, brave Caninos. »

« WOOF WOOF ! CANINOS ! CANI ! » s’exclama le pokémon chiot alors que le corps de Ryusuke était soulevé par son père, sa mère inquiète se trouvant à côté de lui. Non-loin, le même policier qu’hier était présent ainsi que la présidente des élèves.

« Depuis hier, vous me dites ? Mais qu’est-ce qui s’est passé exactement ? »

C’était qui cette fille ? Pourquoi est-ce qu’elle regardait en sa direction ? Elle était cachée dans le foin. Elle était invisible ! Disparue ! Personne ne pouvait le voir. Elle en était sûre et certaine mais … elle avait l’impression qu’elle la voyait.

« Attendez-moi, je viens vous aider ! » s’exclama subitement la jeune demoiselle avant de retourner auprès des trois adultes et du fidèle compagnon canin crachant des flammèches de joie d’avoir fait un excellent travail en tant que limier.

Chapitre 1 : Rencontre fortuite

Chapitre 1 : Rencontre fortuite

« STOP ! STOP ! C’est bon ! Arrête ! Mon Machoc a compris la leçon ! »

« Mais je ne suis pas certain que toi, tu l’aies compris. »

Le pokémon à la crête brune et à la peau grise était tombé, des marques de poing sur le visage. Un adolescent d’une quinzaine d’année, aux habits dépareillés était en train de reculer avant qu’un poing ne fonce vers lui, se stoppant à quelques centimètres de son visage. Il tomba à genoux, sous le choc de l’émotion.

« Et la prochaine fois que tu tentes une manœuvre comme ça, la distance n’existera pas entre mon poing et ton visage, est-ce bien compris ? »

« J’ai parfaitement compris le message ! PROMIS ! PROMIS ! »

« Bien maintenant, disparais de mon champ de vision. J’ai beaucoup mieux à faire que de perdre mon temps avec des imbécilités de ton genre. »

L’adolescent qui avait mis à terre le Machoc s’éloigna, se dirigeant vers la sortie du lycée, ne jetant plus un seul regard à la personne qui rappelait son pokémon. Passant une main sur une mèche de cheveux bruns, il pouvait alors observer de son œil gauche de couleur verte. A part la mèche, sa coiffure partait dans tous les sens, assez hirsute et formant des épis qui lui donnaient un air un peu fou. Pourtant, en le regardant dans les yeux, on pouvait voir le plus grand sérieux du monde. Remettant correctement sa veste rouge sur lui, il en sortit une paire de lunettes de la poche extérieure avant de se la mettre devant les yeux.

« Quand même … qu’est-ce que Ryusuke lui a mis. Pourquoi est-ce que les apprentis caïds ne comprennent pas la leçon ? » dit l’un des élèves, s’adressant à son compagnon.

« Le problème, c’est surtout le fait qu’il ait aucun pokémon. C’est pas le premier élève qui tentait de faire le malin devant lui. »

« Mais en même temps, t’as vu ? Ce qu’il a fait ? On ne dirait pas en le regardant, il a quelques muscles mais à part ça … tenir le coup face aux brutes de … »

« Bougez de là. J’aimerai quitter le lycée. »

Le ton n’était guère autoritaire mais ne laissait pas place à l’opposition. Les deux élèves se poussèrent, bredouillant quelques mots tandis qu’il continuait son chemin. Son sac par-dessus l’épaule, il observa le soleil couchant à l’horizon. Il était déjà assez tard, un peu trop même à son goût mais qu’importe, il devait rentrer chez lui. Passant la porte d’une modeste demeure, la première voix qu’il entendit fut celle de sa mère :

« Ryusuke ? C’est toi ? Ryusuke ? »

« Je suis rentré. » dit-il d’une voix nonchalante, sans même se sentir concerné par la suite des paroles que sa mère venait lui déclarer :

« Il paraîtrait que tu as encore causé du trouble au lycée avec un élève et … »

« Comme d’habitude. Il y en a qui me provoquent, je ne fais que répliquer. »

« Ce n’est pas tout. Il y a aussi le fait que tu sèches tous les cours liés aux pokémon. Tu sais bien que si nous t’avons envoyé dans cette école, c’est pour une bonne raison non ? »

« JE NE PRENDRAI JAMAIS DE COURS SUR LES POKEMON ! »

« Rien à faire, ne discute pas avec lui sur ce point, s’il te plaît, chérie. »

Ryusuke grimpa les escaliers, trois par trois, se dirigeant vers sa chambre avant de claquer la porte derrière lui. Jetant son sac sur le côté, il vint aussitôt s’installer devant son bureau, s’asseyant sur une chaise. Un crayon, une feuille de papier et voilà, il était maintenant ailleurs. Nul n’allait le déranger dorénavant et …

« Ryusuke ! S’il te plaît ! Tu veux bien aller chercher des baies dans la forêt ? Pour le dessert de ce soir, tu serais un amour ! Merci beaucoup ! » cria sa mère de l’autre côté de la porte.


Pfff ! Bon, on ne lui laissait pas vraiment le choix de toute façon, il semblerait. Il déposa le crayon, quittant sa chambre avant de récupérer le panier dans sa main droite. Il sortit de la maisonnette. Cela allait peut-être l’inspirer pour ce qu’il comptait faire de son crayon ? Peut-être ? Pénétrant dans la forêt, il remarqua bien vite que quelque chose clochait.

Pourquoi est-ce qu’elle était aussi mouvementée ? Presque comme en ébullition. Ce n’était pas une bonne chose. Il y avait un événement peu commun dans la forêt pour aller la perturber et … AH ! Il se coucha aussitôt, évitant de justesse trois Dardargnans qui l’avaient ignoré superbement. Pour que ces pokémon si agressifs en viennent à ne pas le voir, c’est qu’ils pourchassaient quelqu’un. Ce quelqu’un devait être assez énervant et agaçant pour qu’ils attaquent à plusieurs encore que, les Dardargnans étaient reconnus pour être très territoriaux. Donc quand il s’agissait de faire le ménage pour effacer l’intrus, ils employaient les grands moyens. Hum, déplaisant et il ne devait pas se mêler de ça.

Ah ah ah ! La petite créature à la corne verte ne chercha pas à regarder derrière elle. Courant sur plusieurs mètres, elle utilisait ses pouvoirs de téléportation pour en gagner d’autres. Les bourdonnements aigus se firent entendre mais elle ne s’y intéressait guère. A cette allure, si elle ne faisait pas attention, elle pouvait alors se considérer comme morte ! Il en était hors de question ! Elle n’était pas en train de se battre depuis autant de temps juste pour abandonner maintenant ! Non, non et non !

Mais ça ne servait à rien. Peu à peu, elle perdait le peu de distance qu’elle avait par rapport aux Dardargnans. Peu à peu, ils prenaient de l’avance sur elle jusqu’à finir par la rattraper. Le dard de pointu au bout de l’abdomen du plus proche se dirigea vers la petite créature capable de se téléporter, prêt à faire son office.

« On ne t’a jamais dit d’affronter un adversaire à ta taille ?! »

Un coup de pied dans l’abdomen et voilà que l’insecte ailé fut projeté contre un arbre, le sonnant à moitié sous la puissance de la frappe. L’adolescent aux cheveux bruns atterrit devant la petite créature, la fixant avec un air dédaigneux. N’importe quoi, c’était vraiment n’importe quoi ce qu’il était en train de faire.

« Je vous jure, je suis là pour chercher des baies ! »

Mais à dix contre un, il était tout simplement hors de question de ne pas s’en mêler. Enfin, maintenant, d’après ce qu’il voyait, c’était plutôt neuf contre un. C’était vraiment n’importe quoi. Il jeta un bref regard derrière lui, observant le pokémon d’une taille ridicule. Un premier constat venait s’établir : c’était une Tarsal. La différence résidait dans ses couleurs. Tout était complètement inversé : ses cornes étaient vertes, sa chevelure était rouge tandis que sa robe était teintée de lignes noires malgré qu’elle restait majoritairement blanche.

Il allait avoir besoin d’une explication. Ce n’était pas normal qu’une Tarsal se ramène dans le coin. Normalement, elles ne vivaient pas ici, du moins, pas dans la forêt, ni dans sa petite ville. Et qu’est-ce qu’il … il vint s’accroupir aussitôt, un Dardargnan passant au-dessus de lui, prêt à tenter de le liquider. Ah oui ? C’était comme ça qu’il tentait de s’en prendre à lui ? Qu’il dégage ! Il n’était pas d’humeur ce soir ! Son pied s’enfonça dans l’abdomen du pokémon aux trois dards, l’envoyant dans les airs avant qu’il ne retombe lourdement à quelques mètres de lui et de la petite Tarsal. VRAIMENT !

« Qui c’est le prochain ? Vous comptez venir à plusieurs ? »

Il avait fait un mouvement de la main droite, invitant les Dardargnan à se frotter à lui. Pendant ce temps, la Tarsal pouvait toujours s’échapper. Il ne voyait pas combien de temps il allait tenir. Zut ! Il n’avait pas pensé à prendre d’antidote sur lui. De même, à la base, il ne pensait pas tomber sur une bande de pokémon en train de poursuivre une créature loin de son habitat et aux couleurs inhabituelles. Il marmonna dans sa barbe :

« C’est vraiment pas ma journée, je vous le dis. »

Mais bon, il allait la finir le plus vite possible, laisser s’enfuir cette Tarsal et après, hein ? Comment est-ce qu’il pouvait deviner que c’était une femelle et non un mâle ? L’instinct bien entendu. Les Tarsal mâles étaient quand même un peu plus enclins à se bagarrer, à cause de cette histoire qui concernait les Gallame.

« Disparais pendant que je te fais gagner du temps. Et sors de cette forêt. Les Dardargnan ne sont pas habitués de toute façon à quitter leur habitat naturel. Ils ne te poursuivront plus. »

Voilà qu’il s’adressait à cette ridicule petite créature. Cette journée était gâchée, du début jusqu’à la fin. Encore un appel de l’école, une nouvelle bagarre, une dispute avec ses parents et maintenant, c’était l’apothéose. Une pokémon qui ne savait pas se débrouiller seule. Qu’est-ce qu’il avait fait à Arceus pour mériter une telle chose ?

« J’en ai marre, marre, marre ! »

Encore une fois, il s’affaissa sur lui-même, évitant deux Dardargnan qui se percutèrent violemment, tombant à la renverse, sonnés par leurs propres attaques. Heureusement que les pokémon étaient des créatures primitives. Il voulait passer à autre chose ! Tirer un trait sur cette histoire et l’oublier définitivement ! Il avait bien mieux à faire ! Et pourquoi est-ce que la Tarsal était en train de le regarder ? Tiens donc, elle avait les yeux verts, comme prévu. Rien de surprenant, il avait trouvé la logique derrière cette créature aux couleurs bien plus rares qu’il ne le pensait. Oui, elle était même différente de ces pokémon qu’on disait chromatiques. Mais pour ça, il ne s’y attardait pas. Il ne voulait aucun rapport avec les pokémon, sauf si cela consistait à se défendre de leurs attaques incessantes !

Le reste des Dardargnan se jeta sur lui mais il avait déjà tout préparé pour éviter cela. En se retournant, il agrippa la Tarsal par la hanche, la soulevant avec facilité. Il esquiva les nombreux dards qui fusèrent en sa direction, commençant à courir. Quel idiot mais quel idiot ! Et son panier dans tout ça ? Hein ? Est-ce qu’elle y avait pensé ?

« Première et dernière fois que je perds mon temps avec ces idioties ! »

Aucune réponse de la Tarsal. Elle ne comprenait pas qu’il était en train de lui sauver la vie ? Bien qu’il ne faisait pas cela pour qu’elle lui soit redevable, ça ne voulait pas dire qu’elle n’avait pas à ouvrir sa bouche hein ? Pfff ! Voilà maintenant que les Dardargnan projetaient des dards, bien moins gros que les appendices qu’ils avaient mais tout aussi dangereux.

Puis plus rien. Il avait réussi à les esquiver mais la seule chose qu’il venait de remarquer, c’est que les bourdonnements n’étaient pas aussi lointains que prévu alors qu’il avait été téléporté. Il posa un regard bref sur la Tarsal, c’était elle hein ? Il recommença à courir, se mettant à transpirer fortement, chose qui ne passa pas inaperçu aux yeux de la Tarsal. Celle-ci avait relevé son regard émeraude, le posant sur Ryusuke.

« Zut ! Zut ! Et Zut ! Quelle idiotie ! Mais quelle idiotie ! »

Il se répétait inlassablement mais comment faire autrement ? Il était en train d’être poursuivi par des Dardargnan qui ne le lâchaient pas d’une semelle. Il s’était mêlé d’une histoire qui ne le regardait pas le moins du monde ! Voilà le résultat ! Première et dernière fois qu’il s’occupait des affaires d’une autre ! Elle n’avait qu’à se débrouiller !

Elle ressentait de la colère dans l’adolescent mais elle n’était pas tournée vers elle mais contre lui-même ? Pourquoi ? Car il avait décidé de l’aider ? Est-ce qu’elle était une plaie trop grande pour lui ? Elle allait régler cela une bonne fois pour toutes. Elle ferma les yeux puis les rouvrit, complètement roses.

L’adolescent fut téléporté comme la Tarsal bien loin par rapport aux Dardargnan. D’ailleurs, elle ne les entendait plus, c’était un signe de victoire non ? Elle fut déposée doucement au sol avant que le corps de Ryusuke ne tombe lourdement à côté d’elle. Elle sursauta, ne poussant pas un cri avant de regarder. Qu’est-ce qu’il avait ? Il semblait fiévreux ! Ce n’était pas normal ! Elle descendit ses yeux, remarquant la jambe droite.

« Vas t-en. Laisse-moi tranquille, c’est bon. »

Il marmonnait cela, serrant les dents tout en cherchant à se redresser. Ca lui faisait un mal de chien ! Il posa une main au sol, s’en servant comme appui mais il chancela aussitôt, s’écroulant sur le côté. Ça ne sert à rien. Sans antidote, il était fichu et … AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Ce cri fut surtout dans ses pensées alors qu’il s’était mordu les lèvres jusqu’au sang, la Tarsal venant de lui retirer le dard dans sa jambe. Elle était folle ? Elle n’était pas partie ? Il était convaincu que c’était une Tarsal et non un. Il le voyait dans ses geste et hein ? Elle posa une patte sur son front comme pour lui dire de ne pas s’en faire avant qu’elle ne se téléporte. Voilà comme ça. Il n’avait pas besoin de l’aide d’une pokémon. Il pouvait facilement se débrouiller seul mais là, il devait se reposer.

« Au voleur ! Au voleur ! Un Tarsal vient de me voler ! »

Et zut. Il ne pouvait même pas fermer les yeux tranquillement. C’est vrai. Même s’il y avait quelques arbres sur son chemin, il pouvait voir les lumières d’un magasin. Et subitement, il put voir la robe aux lignes noires devant lui. Le bouchon d’une fiole sauta avant que le liquide ne soit déversé sur sa jambe. Il poussa un gémissement, marmonnant :

« Pars. Pars loin, je vais régler la situation. Et ne reviens plus. »

Aucun merci, ni rien. S’il était dans cette galère, c’était à cause d’elle. Il la regarda disparaître une nouvelle fois, sans qu’elle ne revienne. Et zut. Il avait encore une galère à supporter. Il passa une main sur son front, sentant déjà les effets de l’antidote sur son corps. Ça allait beaucoup mieux. Ah … il avait besoin de respirer un peu.

Un marchand et un policier arrivèrent jusqu’à lui. Toujours couché, il écouta la marchand qui se montrait prévenant et inquiet, signalant que la Tarsal l’avait agressé. Il se redressa en gémissant, se retrouvant debout alors que la fiole de l’antidote roula à ses pieds. L’inquiétude du marchand disparut aussitôt avant qu’il ne le prenne par le col.

« Ce Tarsal t’appartenait n’est-ce pas ? »

« Je vous prie de vous calmer, vous n’avez aucune preuve que … »

« Touchez-moi encore une fois … » murmura l’adolescent avant de poser une main sur le bras qui le tenait par le col, le tordant aussitôt. De son autre main, il sortit son porte-monnaie avant de tendre un billet. Il força l’ouverture de la main dont il tordait le bras, insérant l’argent dedans avant de refermer le poing. « Et gardez la monnaie. »

« Attends un peu, jeune homme. Il faut que tu m’expliques au sujet de cet antidote et au … Ryusuke ? C’est toi ? Qu’est-ce que tu as fait encore ? Normalement, tu n’as aucun pokémon non ? » dit le policier, le reconnaissant enfin. Ryusuke relâcha le bras du marchand.

« Rien du tout. Juste un besoin d’antidote. J’ai payé, je retourne récupérer quelques baies. »

Et c’était la fin de la discussion. Vu qu’il avait donné cinq fois plus que la somme nécessaire à l’antidote, il savait que le marchand ne l’embêterait guère. Il s’enfonça dans la forêt, passant par là où il était passé la première fois, récupérant son panier. Sans perdre son temps, il récupéra les baies et retourna chez lui.

« Et bien alors ? Tu en as mis du temps, Ryusuke ? Mais ? Tu es blessé à la jambe ? Tu es sale et couvert d’herbe, qu’est-ce que tu as fait ? »

« Tiens, voilà tes baies, maman. »

Il déposa le panier sur la table, devant elle, ne répondant pas à ses questions. Ce n’était pas qu’il détestait sa mère, ni son père d’ailleurs. C’est tout simplement qu’il n’avait pas envie de parler ce soir. Il s’enferma dans sa chambre, observant la feuille de papier devant lui. Les minutes s’écoulèrent mais rien ne vint. Il n’avait plus aucune inspiration, c’était fichu. Il grogna, déposant son crayon sur la feuille avant de se coucher sur le dos sur son lit.

« M’énerve vraiment. Il a fallu que je me préoccupe de ça. Manquerait plus que demain au lycée, les autres l’apprennent par le policier. »

Mais ça ne devait pas arriver. Il se l’interdisait. Il ne voyait pas pourquoi ce policier allait trop l’ouvrir. Cette Tarsal, elle avait quoi ? Sa couleur était totalement différente de ce qu’il connaissait dans les livres. Il se mit sur le côté. Pfff, il n’allait quand même pas se mettre à penser à une pokémon dont il ne connaissait pas encore l’existence avant ce soir.

« Ryusuke ! Il est l’heure de manger, tu veux bien descendre ? »

Autant ne pas se préoccuper plus longtemps de tout ça. Dès demain, il aura déjà tout oublié. Il observa le dessin qu’il avait commencé, poussant un léger soupir. Demain serait un autre jour. Pour le moment, il allait devoir surtout esquiver les questions de sa mère au sujet de ce qui s’était passé. Ça allait être encore une sacrée soirée, il le sentait bien. Pourquoi est-ce qu’il fallait que tout ça lui arrive le même jour ? Il avait aussi besoin de souffler !

Chapitre 7 : Refus cinglant

Chapitre 7 : Refus cinglant

« Alors, tu sais quoi faire, n’est-ce pas ? »

« Maman … j’ai juste peur … euh d’y ailler seule. Puis en même temps, j’ai pas vraiment de sous pour payer tout ça et … euh … »

« Ne t’en fait donc pas, n’oublie pas qui tu es, non ? Olistar t’accompagnera si nécessaire. Holikan aussi, ce n’est qu’un simple achat, non ? »

« Oui mais en même temps, je dois euh … aller m’excuser et je sais pas trop comment faire. Puis bon, s’il est pas content envers moi, je fais comment, maman ? »

« Oh ? Mais c’est à toi de le découvrir, ma petite fille adorée. Allez, vas-y. »

Elle lui confia une petite bourse d’argent, beaucoup trop pour une simple enfant tandis qu’Olistar se rapprochait déjà de la jeune fille en hochant la tête positivement.

« Je te charge de la protéger et la surveiller, Olistar. Je t’en sens capable, n’est-ce pas ? »

« Vous pouvez me confier sa vie, reine Seiry, vous ne serez jamais déçue. » déclara l’insecte aux cheveux violets en s’inclinant respectueusement devant elle.

« On y va, Olistar ? Euh … Je veux pas trop tarder car bon, je ne sais pas comment il va faire sinon ! Euh, enfin bon … enfin, tu veux bien, s’il te plaît ? »

« Bien entendu, princesse Terria. Si vous êtes prête à faire des efforts pour vous excuser, n’est-ce pas logique que de les récompenser ? Suivez-moi. »

Cette fois-ci, ils quittaient le château mais par la sortie officielle. Bien entendu, les gardes furent suspicieux mais la reine Seiry était présente pour leur dire de les laisser passer. Les deux enfants se baladèrent pendant quelques minutes, Terria regardant à gauche et à droite, soucieuse et inquiète, serrant la bourse d’argent contre sa poitrine.

« Je … je dois pas perdre les sous hein ? Il ne faut pas que je les perde. »

« Ne vous en faites pas, si quelqu’un tente quelque chose, il le regrettera amèrement. »

« Je le sais bien mais … s’il te plaît, pas de violence cette fois, d’accord ? »

« Je ne promets rien, cela dépendra de qui entreprendra une action ou non. Mais pour le moment, nous devons trouver un magasin … et donc vérifier pour une foreuse. Cela nécessite un magasin spécialisé, comme vous vous en doutez. »

« Qu’est-ce donc un magasin spécialisé, Olistar ? »

Bon. Visiblement, ce n’était pas vraiment un doute, plutôt le contraire. Il prit une profonde respiration, sans rien dire avant de se diriger vers les quartiers marchands. Mettant correctement la capuche sur le crâne de la jeune fille, il prit sa main avant de regarder autour de lui. Leur mission commençait maintenant.

Une mission ? Car oui, l’adolescent considérait cela comme une mission officielle de la part de la reine Seiry. Il ne fallut guère réellement de temps avant de trouver un magasin spécialisé dans les foreuses et autres outils.

« Qu’est-ce que je peux faire pour vous, jeunes enfants ? »

« Vous n’auriez aucun problème à nous vendre une foreuse si nous avons l’argent nécessaire pour l’acheter, n’est-ce pas ? » demanda aussitôt Olistar, le vendeur haussant un sourcil.

« Ca se passe pas vraiment comme ça si je peux me permettre … Je vends pas à n’importe qui, surtout si ce sont des enfants. Il va me falloir une … »

« C’est pour un cadeau ! C’est un cadeau que je dois faire ! S’il vous plaît ! Il me faudrait une foreuse pour un enfant ! Un enfant Aspicot ! S’il vous plaît ! »

« Un enfant Aspicot ? Mais de quel âge ? Un enfant ? Vraiment ? »

« Il doit avoir mon âge ! Six ans ! Jai les sous, promis ! » s’exclama la princesse avant de sortir sa bourse rebondie, le vendeur haussant encore une fois un sourcil.

« Qu’est-ce que vous faites avec autant d’argent ? Bon, j’ai compris. Me regarde pas comme ça, toi, je vois parfaitement que tu me fusilles actuellement. »

« Une simple mesure de prévention pour éviter quelques ennuis. »

« Tsss, foutu enfant. Bon, suivez moi, d’après ce que tu m’as dit, j’ai plusieurs modèles qui devraiient convenir à cet Aspicot chanceux. »

Chanceux ? C’était une chance que d’avoir une foreuse ? Earnos était exténué et bien jeune pour travailler, non ? En quoi était-ce de la chance ? Elle n’arrivait pas à comprendre les propos de cet homme. C’était où cette chance ?

« Ne vous en faites pas, dites-nous juste les caractéristiques de chaque outil. Sans vouloir le meilleur du meilleur, le plus important reste que cela soit bien à prendre en main. »

« En plus, vous êtes difficiles pour des gamins, je vous jure. »

« Nous voulons simplement quelque chose qui convienne le mieux … Avoir trop est inutile si on ne sait pas s’en servir. »

« Comme tu parles bieeeeeeeen. » s’exclama Terria sous sa capuche alors qu’Olistar disait :

« Je ne fais que ce que j’estime être bon. Le marchandage, j’en ait l’habitude, je préfère alors me méfier des belles paroles et plutôt alors patienter. »

« Bon sang, ça n’a que six-sept ans et ça se prend déjà pour un adulte. J’ai l’impression d’avoir le plus chiant des clients du dernier mois. »

« Est-ce que vous pouvez me montrer tout cela, je vous pries ? » demanda Olistar.

Voilà, une heure plus tard, ils avaient cette foreuse en main. L’homme aurait bien tenté de l’arnaquer, cela n’aurait pas marché. Il fallait juste retourner au lieu de travail d’Earnos. Cela ne fût pas bien difficile tandis que Terria tremblait de tout son corps. Ils pouvaient le voir travailler au loin, seul et isolé. La foreuse qu’il avait en main était pitoyable et pathétique. Avec lenteur, Olistar plaça une main dans le dos de Terria.

« Allez-y, princesse Terria. C’est le moment de montrer que vous avez du courage. Vous en êtes capable, vous pouvez le faire, n’est-ce pas ? »

« Je ne sais pas vraiment, tu ne veux pas le faire ? C’est toi qui … »

« Princesse … Veuillez ne pas m’agacer inutilement, je vous pries. » rétorqua Olistar avant de la pousser un peu en avant. Elle eut un petit cri couvert par la foreuse d’Earnos, se rapprochant inexorablement de lui jusqu’à ce qu’il s’arrête.
Il se retourna vers la jeune enfant encapuchonnée, observant la foreuse entre ses mains avant de pencher la tête sur le côté. Il avait la mine des mauvais jours et demanda :

« Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? C’est une zone interdite, vous savez ? Vous risqueriez d’être blessé. Vous feriez mieux de vous éloigner. »

« Ea … Earnos ! Pour toi ! » s’exclama la jeune fille en dévoilant son visage, gênée et confuse. Aussitôt, un rictus se fit voir sur les lèvres d’Earnos alors qu’il regardait maintenant la foreuse avec dédain. Avec rage, il repoussa la foreuse en s’exclamant :

« C’est quoi ça ?! De la pitié ?! Vous foutez pas de moi et partez ! Je ne veux pas vous revoir ici ! Et reprenez votre foreuse pourrie ! »

« Cela est un cadeau pour réparer nos erreurs, Earnos. »

« TOI AUSSI, TU ES LA ?! » hurla alors Earnos avant de brandir sa foreuse et de l’actionner en direction d’Olistar. Celui-ci ne fût guère impressionné avant de venir récupérer la foreuse que la princesse voulait offrir à Earnos. Il haussa les épaules, se rapprochant de Terria avant de lui dire de revenir, cela ne servait à rien de discuter. Ils reviendront dans quelques jours si nécessaire mais il était hors de question qu’ils abandonnent cette bataille. D’ailleurs, maintenant, il avait réussi à piquer sa curiosité. Cet enfant-Aspicot ne donnait pas l’impression d’être revanchard et matérialiste … quelque chose clochait dans sa réaction.

« Snif … Maman, ça n’a servit à rien du tout. »

« Oh ? Il n’a pas accepté tes excuses ? Vrament ? Mais qu’est-ce que tu lui as dit ? »

« Ben … maman, je lui ait dit que j’étais désolée, que c’était pour m’excuser, me faire pardonner mais il m’a pas vraiment écouté et il était encore plus en colère quand y a eut Olistar, snif … Olistar qui n’a rien fait de mal non plus ! »

« Pardonnez moi reine Seiry, princesse Terria, je dois m’en aller. J’ai quelque chose d’important à faire, j’espère que vous comprendrez ma démarche. Je m’en vais tout de suite. Princesse Terria, ne vous inquiétez pas, ce n’est que passager. »

La mère et la fille le laissèrent partir bien que Terria se demandait ce qui se passait. Rapidement, il avait quitté le château une nouvelle fois pour retourner alors à cet endroit si particulier … l’endroit où Earnos travaillait … encore.

« Il n’est pas ainsi. Ce n’est pas dans son comportement habituel. »

Il se répétait encore et encore cela … sans même se sentir peiné par toute cette histoire. Alors pourquoi est-ce qu’il s’en préoccupait autant ? Quelque chose clochait avec lui ? Mais pourtant, il n’arrivait pas à trouver quoi. Etrange, c’était étrange.

« Mais je finirais bien par trouver pourquoi il se comporte ainsi. »

Fierté personnelle ? Nullement, il n’était pas ainsi. C’était simplement un renseignement, comme il avait l’habitude de vouloir en obtenir. Ce n’était donc pas un mal, loin de là mais est-ce que les gens allaient comprendre cela ?

« De toute façon, comme s’ils avaient à être au courant. »

Voilà la seule réplique qui s’inscrivait dans sa tête. Si cela dérangeait quelqu’un, qu’importe ! Il n’était pas là pour se préoccuper des autres mais seulement de ce qui avait réellement une importance. Et à l’heure actuelle, l’importance résidait dans ce jeune garçon aux cheveux blonds. Qu’est-ce qu’il allait faire après le travail ? Mais aussi, pourquoi … il détestait autant la princesse Terria ? Surtout après une telle excuse de sa part. Earnos avait sûrement compris qu’elle était sincère et confuse … n’importe qui aurait accepté.

Chapitre 6 : Comment faire ?

Chapitre 6 : Comment faire ?

« Mais mais mais … Olistar ? Qu’est-ce que je dois faire ? »

« Nous devons rentrer au palais avant qu’il ne soit trop tard. Suivez-moi maintenant … »

« Snif … Snif … Ma foreuse, ma foreuse est cassée. Papa et maman … ils me l’avaient offerte pour mon anniversaire. Snif .. Snif … Ils vont être tristes. »

Mais pas autant que lui. Le garçon aux cheveux violets regardait l’enfant aux cheveux blonds au sol, tentant de récupérer les morceaux de sa foreuse. Elle était brisée, il n’y avait presque aucune chance qu’il arrive à la réparer.

« De base, cet outil est de mauvaise facture. Il se serait rapidement brisé par un choc trop violent. Tu ne perds rien dans le fond. »

« Olistar ? Mais mais … ça ne se dit pas, ça ! Surtout si c’est un cadeau ! » bredouilla la jeune fille aux cheveux blonds, le regardant avec étonnement. Earnos avait relevé son visage, ses yeux complètement vides d’expression alors que ses paumes étaient ouvertes.

« Un simple outil ? C’est un cadeau ! UN CADEAU DE MES PARENTS ! »

Cette fois-ci, il avait vraiment ressenti la colère de l’enfant voire même un peu de haine de sa part. Olistar se retourna vers l’enfant-Aspicot, remarquant alors les deux dards qui sortaient de ses poignets. Par rapport à ceux d’un adulte, ils étaient ridicules mais il n’était pas aveugle, il voyait bien un liquide vert qui suintait au bout des dards.

« Tu veux tenter de m’empoisonner, n’est-ce pas ? »

Alors il vaut mieux prendre ses précautions. D’un geste nonchalant, il fit un pas sur le côté, esquivant les mains d’Earnos avant de le prendre par le bras. D’un petit mouvement du pied, il souleva le corps de l’enfant au-dessus du sien pour le projeter tout simplement sur le sol.

« Et voilà chose faite. Cela devrait normalement te calmer. »

L’enfant blond resta au sol, parfaitement immobile tandis qu’Olistar retournait à côté de la princesse Terria. Celle-ci voulut ouvrir la bouche, bafouillant :

« Oli… Olistar mais … c’était pas de sa faute. Il était en colère et … »

« Non, ce n’était pas de sa faute mais la colère qui l’envahie est peut-être très dangereuse. Par mesure de précaution, j’ai préféré m’en occuper. Maintenant, veuille me suivre, princesse Terria, nous n’avons que trop durer en ce lieu. »

« Sn … Snif … Je me vengerais ! Je me vengerais ! Vous verrez tous les deux ! Princesse ou pas ! Je me vengerais tous les deux ! Je vous le promets ! »

Une promesse de vengeance ? L’enfant violet s’arrêta une nouvelle fois dans ses mouvements. De la vengeance à son âge ? De la vengeance ? Pour un simple objet ? Non … Il valait mieux ne pas trop se concentrer sur ça. Bon, il devait partir avec la princesse Terria.

Quelques heures plus tard, _il se retrouve face à la princesse Terria, au beau milieu des jardins royaux. Celle-ci est assise sur un banc, tremblante de tout son petit être :

« Vraiment ? Dis … Dis … Euh … Tu crois qu’il me pardonnera un jour ? »

« Vous pensez encore à ce qui s’est passé, princesse Terria ? Il n’y a que peu voire aucune chance que vous le revoyez. Ce royaume est gigantesque. »

« Mais si cela doit arriver ! Comment est-ce que je dois réagir ? Snif … Je voulais pas que ça se passe comme ça ! Pourquoi ça s’est passé comme ça, Olistar ? »

« Car vous avez manipulé cet enfant en jouant sur ses sentiments. Cela n’est pas très correct de votre part mais ce qui est fait est fait. Vous ne pouvez pas revenir en arrière. Vous pouvez juste tenter de l’oublier ou tout faire pour réparer le passé. »

« Olistar ? » demanda la jeune fille, un peu soucieuse du ton employé par le Rapion. Celui-ci a la tête baissée en direction du sol, regardant l’herbe verte. Il finit par relever son visage, fixant la jeune princesse aux cheveux blonds avant de dire d’une voix qui se veut calme :

« Oui ? Y a t-il y a un problème ? Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que je dois faire quelque chose pour vous ou non ? Si ce n’est pas le cas, je pense qu’il est bon pour moi de partir. »

« Hein ? Mais tu ne vas pas me laisser seule ! Tu ne vas pas me laisser seule alors qu’il faut que l’on trouve une solution hein ? Hein ? S’il te plaît ! »

« Princesse Terria, vous n’oseriez pas mettre la faute sur ma personne, je l’espère ? »

Le regard violet qu’il posa sur l’enfant la statufia sur place. Elle eut un petit trémolo, reniflant légèrement avant de sangloter. Elle bredouilla :

« Mais mais mais … Je ne sais pas quoi faire moi ! Snif ! »

« Il vous faudra trouver par vous-même. Je ne peux pas toujours être là pour vous. »

« MAIS MAIS MAIS … Olistar ! S’il te plaît ! Je suis sûre que tu as une idée pour m’aider ! »

« Je vous conseille simplement d’en parler avec votre mère. Elle est capable de vous dire quoi faire. Mais pour cela, il vous faudra du courage pour avouer ce que vous avez fait. Et surtout, n’essayez pas de mentir à votre mère. Vous savez parfaitement que ce n’est pas bon. »

« Parler à maman ? Mais mais mais … elle va me gronder ! »

« Et vous pensez que vous ne le méritez pas ? A vous de réfléchir à cela. Maintenant, je dois moi-même aller me laver et ensuite aller en cours. Bonne journée à vous, princesse. »

Elle voulut ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais rien ne sortit de ses lèvres. Olistar n’avait aucune pitié pour elle. Elle se savait en faute ! Elle le savait mais ce n’était pas une raison pour se comporter comme ça ! Ca donnait l’impression qu’il n’avait aucun sentiment ! Comme au moment où il avait parlé à Earnos au sujet de sa foreuse.

« Snif … Je vais aller voir maman, elle me dira quoi faire, oui. » se chuchota t-elle avant de se frotter les yeux pour essuyer ses larmes. Elle quitta les jardins royaux, ne remarquant pas le jeune garçon aux cheveux verts adossé contre une colonne. Il s’éloigna à son tour lorsqu’il la vit disparaître dans un couloir.

Finalement, elle se retrouvait devant la porte la chambre royale, gardée par deux soldats insectes. Ces derniers la saluèrent, évitant de commenter les yeux rougis de l’enfant. Elle toqua faiblement à la porte avant de l’entrouvrir, jetant un œil à l’intérieur. La reine Seiry était en train de se faire brosser les cheveux devant un miroir, tournant son visage vers sa fille en voyant son reflet dans le miroir :

« Et bien ? Que se passe t-il ma fille ? Tu sembles avoir vécu des choses éprouvantes. »

« Maman … J’ai peut-être fait une grosse bêtise aujourd’hui … »

« Oh ? Viens donc tout me raconter et en détails. Mesdemoiselles ? Si vous voulez bien me laisser avec ma fille, refermez donc la porte derrière vous. »

« Comme vous le désirez, reine Seiry. Nous viendrons terminer votre coiffure dès que tout cela sera terminé. Si vous le voulez, nous pourrons nous occuper de votre fille aussi. »

« Qu’est-ce que tu en penses, Terria ? Est-ce que tu voudras la même coiffure que maman ? »

« Euh … Ben oui mais après que je t’ai parlé car c’est très important ! »

La reine Seiry fit un petit geste de la main pour leur signaler de quitter la chambre, chose que les femmes insectes firent dan les secondes qui suivèrent. Enfin, la jeune fille plongea sa tête dans la robe de sa mère, recommençant à sangloter.

« Et si tu commençais par le début, qu’est-ce que tu en penses, non ? Ça ne serait pas une mauvaise idée ? D’ailleurs, tu ne serais pas partie hors du château aujourd’hui ? »

« Ben si … enfin … comme d’habitude mais euh … ce n’est pas ça la grosse bêtise ! »

« Oh ? Il y a pire que cela ? Que de t’enfuir sans aucun garde, ma fille ? Je t’écoute alors, que je vois ce que tu veux dire. Où est donc Olistar ? Il était avec toi, n’est-ce pas ? C’est lui qui t’a trouvé, j’imagine non ? Ou alors, est-ce que je me trompes ? »

« Non non ! Maman, tu ne trompes pas du tout, promis ! Mais euh … Comment dire, c’est un peu compliqué, je dois t’avouer ! Mais euh … »

« Alors, dis moi exactement ce qui s’est passé. Qu’as-tu fait après avoir réussie à t’enfuir du château encore une fois ? Je me demande si tu n’aurais pas un passage secret par hasard. »

L’enfant sursauta, regardant sa mère de ses yeux rubis. Com… Comment est-ce qu’elle savait cela ? Pourtant, à part le sourire de la monarque à la chevelure dorée, aucune parole ne vint chercher cette fameuse informations que l’enfant n’aurait eut aucun mal à divulguer.

« Mais bon, ce n’est pas le sujet de la conversation, n’est-ce pas ? »

« Alors maman … Ben, je suis partie me promener du côté des foreurs. Tu sais, ce sont les insectes qui ont de grosses machines dans les mains. »

« Et qui creusent des galeries pour des nouveaux quartiers pour de futurs insectes. »

« Oui mais euh voilà … Je me suis cachée et je suis tombée sur un garçon-insecte ! C’était un Aspicot en fait ! Il a été très gentil avec moi ! »

« Alors ? Quel est le problème ? Tu peux me le dire ? Quel est le nom de ce jeune insecte ? »

« Earnos ! C’est un garçon-Aspicot ! Il était très jeune ! Comme moi en fait ! »

« Un jeune Aspicot … je vois, je vois … mais cela n’explique pas ce qui s’est passé pour que tu considères que ça soit une grosse bêtise, n’est-ce pas ? »

« Ben euh … Alors, je vais te raconter la suite. »

Mais déjà l’enfant n’osait plus lever les yeux, pour regarder sa mère en face à face. Il fallait dire qu’elle était terrorisée ou presque par ce qu’elle allait révéler. Déglutissant, elle prit une profonde respiration malgré son jeune âge … avant de recommencer à pleurer.

« Ma fille ? Je pensais que tu allais me donner la raison. Ne trouves-tu donc pas le courage ? »

C’était de ça dont elle manquait ! Du courage ! Du courage de lui dire la vérité ! Du courage d’affronter les réactions de sa mère après ce qu’elle avait fait ! Voilà tout ! Elle n’était qu’une enfant, il ne fallait pas l’oublier, non plus. Juste une petite enfant de rien du tout. Peut-être une princesse mais … dans des moments comme ça, la royauté n’avait aucune importance.