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Chapitre 5 : Distante

Chapitre 5 : Distante

« Merci pour tout cela. J’espère pouvoir revenir un autre jour. »

La Trioxhydre s’inclina respectueusement devant la jeune fille, ce qui était assez incongru en un sens. Elle remercia aussi le Gallame qui fit un simple mouvement de la main avant qu’elle ne parte. De retour dans l’appartement où elle habitait, elle remarque aussitôt les fissures dans les murs, poussant un profond soupir énervé.

« Je peux savoir pourquoi est-ce que tu as fait cela ? »

« Où est-ce que tu étais passé ? Où est-ce que tu étais passé ?! JE VEUX SAVOIR ! » hurle l’homme aux cheveux violets alors qu’elle fronce les sourcils.

« Cela ne te concerne pas. J’ai aussi le droit à une vie privée, que cela te plaise ou non. Maintenant, si tu veux bien te pousser, il faut que j’aille me laver. Je suis assez épuisée après tout cela. Cette journée était fatigante … mais enrichissante. »

Très enrichissante même. Mais cela ne le concerne pas. Elle s’enfonce dans le bain, fermant la porte à clé. Elle n’aime pas la tournure que cela prend avec lui. La raison est simple … Très simple même. Tous les soirs, cela sera le même schéma. Elle est déjà prête à riposter pour ce soir. Un soir qui ne tarde pas à arriver.
Bien qu’il va se coucher en premier, elle met un temps assez important avant d’aller le rejoindre, jusqu’à ce qu’elle soit sûre qu’il dorme. Néanmoins, quand elle s’installe dans le lit, il s’approche d’elle, commençant à caresser ses hanches et sa poitrine. D’un geste violent, elle le repousse alors avant de dire :

« Ne refait plus jamais ça, est-ce bien clair ?! »

« Mais pourquoi est-ce que tu refuses cela ? Nous avons été créés pour cela ! C’est même la raison de notre existence, soeurette ! Ne refuse pas cela, je suis sûr que tu aimeras énormément ce qui va se passer. Il ne faut pas refuser ce genre de plaisirs. »

« Ne … refait plus jamais ça ou je te brise les doigts ! Si tu crois que je vais laisser le destin choisir mon existence, il en est hors de question ! Si nous sommes frère et sœur, cela ne devrait même pas te venir en tête de faire une telle chose ! »

« Ne refuse pas … Ça ne sert à rien … »

Pourtant, elle va lui montrer que c’est le cas ! Elle reprend la main qui tente de se montrer baladeuse, commençant peu à peu à chercher à la briser jusqu’à ce que l’homme pousse un cri de douleur. Finalement, elle se relève avant de dire :

« Je ne dormirais plus avec toi, dorénavant. Je vais dormir dans le salon. »

« Pardon … Je ne voulais pas te faire de mal. Tu le sais bien … Tu le sais parfaitement. »

« Il fallait y réfléchir avant de commettre une telle bêtise. La prochaine fois, tu y penseras. Bonne nuit. » termine de dire la Trioxhydre avant de quitter la chambre.

Le lendemain matin, elle était déjà partie sans même l’attendre. Elle se trouve dans une pièce, accompagnée par diverses autres personnes. Au total, lorsqu’ils sont tous réunis et que lui aussi est là, ils sont une dizaine. Tous semblent aller par paire … Tous sont des dragons.

« Je vois que vous êtes réunis en cet endroit. Tant mieux … Malgré le léger retard d’une personne bien que je n’y tienne compte. »

Cet homme … Ce vieil homme … Plus de la cinquantaine d’années mais toujours aussi vif et prompt à réagir. Cet homme qu’elle a soulevé. Elle sait qu’il est important. Il s’appelle Loïc et est l’ennemi juré de Ric. Pourtant, elle n’arrive pas à comprendre ce qu’il fait réellement.

« Je ne vais pas tergiverser plus longtemps à ce sujet. Vous savez où nous nous trouvons. Au Jipen plus exactement, l’une des grosses sections scientifiques de la Triafa, l’une des plus importantes même. C’est ici que vous êtes nés avant que l’une d’entre vous fut envoyée par mes soins en Rousie. »

Il se tourne vers elle alors qu’elle ne fait qu’un hochement de tête positif. Il est possible de remarquer qu’elle est à distance du second Trioxhydre, comme l’ignorant superbement. Loïc la regarde pendant quelques secondes avant de reprendre :

« Je ne vais pas vous faire perdre plus de temps. Ric … L’ennemi que vous connaissez maintenant d’après nos informations, va arriver au Jipen bien assez tôt. »

Il ne la quitte pas des yeux. Qu’espère-t-il ? Une réaction de sa part ? Car elle a demandé à voir Dyamia et Emairon ? A en connaître plus au sujet de Ric ? Pourtant, elle reste imperturbable, ne laissant paraître aucune émotion.

« Votre mission, vous la connaissez parfaitement, est de le retrouver et de l’éliminer. Cela ne sera pas simple car le Jipen est connu pour sa densité d’habitants assez importante. Il se peut même qu’il se déguise ou qu’il soit accompagné. Si tel est le cas, n’hésitez pas à abattre toutes les personnes qui les accompagnent. »

« Même la dragonne nommée Séphyria ? » demande un homme aux cheveux châtains, deux longues mais fines antennes sortant de ses derniers.

« Même la dragonne nommée Séphyria. Et la Mélokrik nommée Roubé. N’ayez aucune pitié pour ceux qui ont trahi la Triafa. »

« Comme vous le désirez. Avons-nous le droit d’agir comme nous le voulons ? Quitte à faire quelques dégâts dans le civil ? »

« Il vaudrait mieux éviter cela … » murmure Loïc avec lenteur à l’adresse du Dracolosse qui a pris la parole pour tous.

« Si nous n’avons plus rien à faire ici, je suis désolée mais je préfère déjà me préparer. » déclare la Trioxhydre avec lenteur alors que Loïc lui sourit sans pour autant prendre la parole. Elle n’aime pas ce sourire. Elle a l’impression qu’il la manipule comme une marionnette. Pourtant, elle ne s’est jamais sentie aussi libre qu’auparavant. C’est étrange, vraiment très étrange même. Mais … Elle ne dit rien du tout. Voilà … Ainsi, c’est mieux.

Elle quitte la pièce où ils se sont tous réunis, rapidement rejointe par son frère. Celui-ci tente de lui adresser la parole, disant d’une voix un peu enjouée :

« Enfin ! On va pouvoir s’occuper de lui ! Ca va me faire du bien ! J’ai envie de l’écraser depuis le premier jour où j’ai vu sa photo ! Je ne sais pas pourquoi mais c’est l’unique envie que j’ai eu en le voyant ! HAHAHA ! »

« L’écraser … Hum … Oui … Peut-être. Bon … Chaque dragon va devoir travailler en solitaire, cela sera bien mieux pour avoir un plus large rayon d’action. Je m’en vais de mon côté, débrouille-toi seul. Tu es assez grand, tu devrais y arriver, je pense. »

« Hey ! Attends un petit peu, soeurette. On pourrait quand même travailler ensemble non ? Ça serait pas une mauvaise idée, je pense. »

« Après ce qui s’est passé, je préfère éviter pendant quelques temps d’être à tes côtés. Une simple mesure de précaution, oui. Au cas où … »

« Mais mais mais … Bon … Comme tu veux. »


Tant mieux. C’est stupide mais elle n’arrive pas à supporter son frère et les autres dragons. Quelque chose a changé … et pourtant, elle est née il n’y a que quelques mois. Du moins, elle est née en tant que pokémon humanoïde. Mais pourtant, elle connait déjà tout ce monde. Mais au final, est-ce qu’elle n’est pas qu’une création comme les autres ?

C’est ça … son plus gros souci à l’heure actuelle. Elle n’en a aucun autre. Elle ne voit rien d’autre … pour le moment … mais ce n’est pas important. Elle n’a pas de tête à penser à une telle chose, loin de là. Oui … Bien loin de là.

Chapitre 4 : Une personne intriguée

Chapitre 4 : Une personne intriguée

« Emairon, tu as l’air d’avoir une très mauvaise mine. Tu as encore mal dormi ? »

Une petite fille aux cheveux noirs était en train de balancer ses pieds, étant assise sur un lit. Elle regardait un homme aux cheveux verts, celui-ci étant assis sur le sol, les yeux fermés. Avec lenteur, il murmura pour s’adresser à elle :

« Tous les soirs … Tous les soirs … Je ne peux pas m’en empêcher. Je n’y arrive pas … mais je sais ce que j’ai fait est la meilleure chose. »

« C’est ce que tu veux … croire ou ce que tu penses ? Ou alors, est-ce que tu es sûr que tu as fait le bon choix ? As-tu quelque chose pour prouver tes dires ? »

« Rien du tout … Rien de rien … Rien de rien … Je suis perdu, Dyamia. Je suis vraiment perdu. Mais je sais que ce que j’ai fait est bon. Je crois que je le sais. »

L’homme aux cheveux verts semblait vraiment désemparé, Dyamia tendant une main vers lui. Il s’approcha d’elle, se mettant à genoux devant la jeune fille qui vint lui caresser tendrement ses cheveux verts et sa joue.

« Ne t’en fait donc pas … petit frère. Ce n’est pas très grave. Cela se comprend. Tu as été obligé de faire un sacrifice pour moi, n’est-ce pas ? »

« Dyamia … J’ai commis un acte horrible, vraiment horrible. Et je ne peux pas m’empêcher d’y penser, je ne peux pas m’en empêcher ! C’est impossible ! »

« Viens donc dans mes bras, Emairon. »

Elle était plus petite que lui, elle ressemblait à une enfant et pourtant, c’était elle qui venait consoler l’homme aux cheveux verts. Celui-ci s’enfonça dans les bras menus de la jeune fille, Dyamia lui caressant doucement maintenant la nuque tout en lui murmurant quelques mots.

« Ne t’en fait donc pas … Tu n’es pas en faute … Loin de là. Tu n’as pas à t’en vouloir, loin de là. De quoi serais-tu fautif ? De rien … Rien du tout. »

« Dyamia … Est-ce que tu veux que l’on parle de Ric ? Cela serait plus simple … Cela serait plus facile pour moi et toi. »

« Je dois te remercier pour tout ce que tu m’as donné comme informations à son sujet. Je suis tellement heureuse de le savoir encore en vie. Même si je dois reconnaître que je n’ai pas apprécié que vous m’avez faite évanouir alors qu’il était si près. La prochaine fois, petit frère ou non, je serais intransigeante, d’accord ? »

« D’a… D’accord, grande sœur. » bredouilla le Gallame humanoïde.

« Bien … Tu comprends très vite, petit frère, n’est-ce pas ? Alors, puisque tu proposais de parler de Ric, de quoi est-ce que tu veux parler à son sujet ? De toutes ses mésaventures ? Du fait qu’il soit avec ma petite sœur ? D’ailleurs, elle a intérêt à me le laisser dès qu’il viendra me délivrer car j’ai des années à récupérer avec lui, beaucoup d’années même. »

« Grande sœur, tu sais que depuis des années, nos pensées ont commencé à changer, non ? Je ne pourrais pas envisager que Ric aille vers une autre personne. »

« Oh ? Tu crois cela ? Ne t’en fait donc pas, j’ai des atouts quand même. Et puis, je suis sûre que Ric viendra vers moi lorsqu’il me reverra. Je n’aurai pas besoin de le convaincre. Cela se fait si… naturellement dans le fond. »

« Grande sœur … Est-ce que tu sais … pourquoi tu parles toujours de Ric ? Pourtant, c’est un humain comme un autre, non ? »

« Oh … C’est plus qu’un simple humain, beaucoup plus. Je suis sûre qu’elle savait ce qu’elle faisait à cette époque. Oui … Ric est vraiment bien plus qu’un humain lambda. »

« Qu’est-ce que tu veux dire par là, Dyamia ? »

« Oh … Tu n’es pas forcé de le savoir, je préfère le garder pour moi actuellement. Tu comprendras plus tard et … Hum ? » dit la jeune fille aux cheveux noirs, s’arrêtant tout en haussant un sourcil. Quelqu’un était proche du dôme, une femme aux cheveux violets. « Je crois la connaître brièvement. Elle est de la dernière génération de pokémons humanoïdes non ? Celle basée sur les dragons. »

« Je ne sais pas ce qu’elle vient faire là. Tu veux que je la repousse ? Je peux le faire facilement si tu le désires, grande sœur. »

« Allons, allons … Pourquoi autant de précipitation ? Vas plutôt lui ouvrir et lui demander ensuite ce qu’elle veut non ? »

« Mais nous étions en train de parler de Ric, je ne crois pas que cela l’intéresse. »

Oh ? Elle était pourtant persuadée du contraire. Elle avait remarqué que la femme avait réagi en entendant le nom de Ric puisqu’il était possible d’entendre ce qui se passait à l’intérieur du dôme. Emairon s’exécute, ouvrant la porte du dôme de l’intérieur ce qui fit se poser quelques questions. Pourquoi Dyamia n’a-t-elle jamais essayé de s’enfuir ?

« Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Normalement, tu ne devrais pas être ici, n’est-ce pas ? » dit l’homme aux cheveux verts avec neutralité.

« J’ai reçu l’autorisation de Loïc après … que je lui ai posé la question. »

« Autorisation ou non, cela n’explique pas pourquoi tu es ici. Est-ce que tu peux donner alors une raison de ta présence ? Je ne crois pas que tu aies un rapport avec Dyamia, non ? »

« J’aimerai … vous écouter lorsque vous parlez de l’humain nommé Ric. »

Depuis longtemps maintenant, Emairon semble surpris, chose assez rare en soi. Haussant un sourcil, il attend que la Trioxhydre continue de parler, celle-ci reprenant :

« Je veux … en connaître plus à son sujet. Je le trouve intriguant, très intriguant. J’espère ne pas trop déranger. Ce n’est pas dans mes intentions. »

« Non non ! Tu peux venir ! Il n’y a aucun souci par rapport à cela ! Viens donc ! Plus on parle de Ric, plus je suis contente ! »

Dyamia s’écrit cela avec joie, tout sourire alors que la Trioxhydre la remercie d’un hochement de tête. Emairon la laisse rentrer, la femme aux cheveux violets se mettant assise sur ses genoux, devant la Pyronille humanoïde.

« Merci de bien vouloir me parler de Ric. Est-ce qu’Emairon vous a parlé de ce qui s’est passé en Rousie ? Par rapport à Ric ? »

« Hum ? Pendant que j’étais évanouie ? Bien sûr que oui, il avait intérêt. Mais je préfère avoir ton point de vue aussi puisque tu étais présente. »

Elle va le faire, elle a aussi beaucoup à dire à ce sujet. Enormément même … pour le si peu de temps qu’elle a parcouru avec le policier. Pourtant, ces quelques instants sont restés gravés en elle, signe de leurs importances.


Ailleurs, dans un appartement, un homme aux cheveux violets frappe le mur avec rage. Les yeux rouge sang, il observe les fissures qu’il a faites sur le mur avant d’hurler :

« Où est-elle ?! OU EST-CE QU’ELLE EST PASSEE ?! »

Il ne peut pas se permettre de la perdre ! Il en est hors de question ! Elle est une Trioxhydre ! Comme elle ! Qu’elle le veuille ou non ! Il l’aime ! Il l’aime comme un dément ! Et elle doit l’aimer elle aussi ! C’est ainsi et pas autrement ! Ça a été décidé ainsi ! Qu’elle rentre rapidement … Ils ont à parler tous les deux.

Chapitre 3 : Un léger soulagement

Chapitre 3 : Un léger soulagement

« Hum … Calsidya est plutôt matinale pour une pokémon spectrale. »

Je dis cela alors que lorsque je me lève avec Séphyria, la Momartik est déjà partie. Autant dire que je suis assez étonné, très étonné même en un sens. Séphyria hausse les épaules, finissant de s’habiller avant de poser une main sur mon front.

« Pas de fièvre, tant mieux. Tu m’as encore fait une rechute cette nuit. J’ai l’impression que j’ai cela tous les soirs maintenant. Il faudrait vraiment trouver une solution mais c’est impossible. Ce n’est pas le genre de choses que l’on peut soigner comme ça. »

« Je devrai peut-être aller voir un psychologue. Mais je te crée trop de problèmes … »

Je dis cela avec une pointe de tristesse mais elle l’embrasse brièvement pour me dire que ce n’est pas grave. Si elle est avec moi, c’est qu’elle accepte tous mes problèmes et qu’elle veut que je les partage. J’ai de la chance … Tellement de chances de l’avoir à mes côtés.

Ah … Aujourd’hui, c’est elle qui prend les commandes. Il faut dire qu’elle a très vite appris à passer son permis. Cela m’a même impressionné. Depuis notre retour, elle est toujours là pour moi, je ne peux pas ignorer sa présence car elle est bien trop importante à mes yeux. Nous arrivons à la gare, prenons le train pour nous rendre dans une plus grande ville.
Dans cette grande ville, nous prenons un taxi pour nous rendre jusqu’à l’aéroport. Là-bas, il est temps pour nous de récupérer nos billets et de nous préparer au voyage qui va s’avérer long … vraiment très long même. Ah … Rien que le fait d’y penser me donne envie de …

« HEY ! RIC ! RIC ! » crie une voix que je reconnais très facilement.


Je me retourne, apercevant Alphonse et Roubé. Qu’est-ce que ça … Qu’est-ce que ça veut dire ? Comment se fait-il qu’ils soient là ? Ce n’est pas normal ! Je me tourne vers Séphyria mais elle semble aussi étonnée que moi. Alors, comment est-ce possible ?

« Euh … Alphonse ? Tu pars aussi en voyage visiblement ? »

« Dans le même pays que toi, le Jipen. Et pour les mêmes raisons que toi. »

« Que … Les mêmes raisons ? Comment est-ce que tu sais ça, Alphonse ? Je ne t’en ai pas parlé ! Enfin, j’ai peut-être un peu … ouvert la bouche. »

« Oh si peu ! Mais d’ailleurs, nous ne sommes pas que tous les deux à venir te rejoindre, Ric. Tu ferais bien de faire attention. »

« De faire attention pour … » dis-je avant d’être stoppé, un poids me tombant sur le dos, me forçant à me pencher en avant.

« Héhéhé ! Devine donc qui c’est, Ric ? » dit une nouvelle fois dont je sais maintenant à qui elle appartient. Séphyria pousse un petit cri pour demander à Calsidya de descendre, la Momartik s’exécute alors que je finis de me tourner finalement vers elle. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

« Vous vous êtes donnés le mot ou quoi ? Ce n’est pas normal ! »

« Oh ! Pas du tout ! Casior m’a dit de veiller sur toi et tu sais quoi ? Je vais m’y appliquer avec attention, une très grande attention même. Quant à Alphonse et Roubé, ils sont tout simplement au courant et ont décidé de venir t’aider. »

Je suis sensé leur dire quoi ? De partir ? Je ne me sens même pas capable d’avoir la force de faire cela … J’ai vraiment l’air ridicule et stupide dans le fond. Je ne sais pas ce que je peux répondre … Je devrais les remercier non ? C’est ce que je fais puis nous nous dirigeons vers le hall pour nous emmener vers notre avion.
Comme par hasard, il semblerait que je sois à côté de Séphyria, chose normale mais aussi de la Momartik. Calsidya a vraiment très bien calculé son coup, je dois le reconnaître. Pfff ! Je ne peux pas lui en vouloir, elle m’est pas antipathique, loin de là. Cela me
rappelle un peu Lania. Dans l’avion, j’attends que celui-ci décolle avant de sortir un petit livre.

« Oh ? Ric, qu’est-ce donc ? » demande Calsidya alors que je montre la couverture du livre.

« Apprendre le Jipenais pour les nuls. Je sais, ce n’est pas … »

« Hahaha ! Ne t’en fait donc pas … Enfin, c’est mignon, Ric. Je sais de plus en plus pourquoi je veux être avec toi. » me répond la Momartik, m’embarrassant bien plus que tout le reste. Qu’est-ce que ça veut dire tout ça ? J’ai fait ou dit une bêtise ? C’est gênant là.

« Tu peux mieux t’exprimer au cas où ? Que je ne dorme pas bête. »

« Non … Non … C’est une surprise, Ric ! Je suis sûr que tu seras étonné et qu’ensuite, tu ne regretteras plus de m’avoir à tes côtés. »

« Je ne le regrette déjà pas. Enfin bon … Je vais me reposer un peu. »

J’ai très mal dormi … et Séphyria le sait parfaitement. Néanmoins, je tente de fermer les yeux et je cherche le sommeil. Je ne sais pas … Aujourd’hui, je sens que j’ai une chance de pouvoir dormir correctement et paisiblement. Je ne sais pas trop pourquoi.

« Oh … Il dort. Il est vraiment trop mignon quand il dort. »

La femme aux cheveux bleus ciel maintenant a un petit sourire aux lèvres alors qu’elle regarde Ric. Séphyria hoche la tête, souriant à son tour avant de murmurer :

« Malheureusement, il a du mal à dormir depuis la mort de Lania. Je peux lui chanter une berceuse, ça l’apaise mais ça ne le guérit pas. »

« Oh ! Est-ce que je peux m’en occuper si ça ne te dérange pas ? »

« Tu ne lui feras aucun mal, je le sais parfaitement. Fais donc … »

« Merci bien ! » répond la Momartik, s’apprêtant à agir avant de s’arrêter. La tête de Ric penche sur le côté, le jeune homme s’écroulant contre Calsidya.

« Hey, Ric, je te rappelle que Séphyria est à côté. Un peu de tenue. »

Pourtant, elle fait un sourire tendre avant de poser une main sur son front. Aussitôt, elle ouvre la bouche, une petite buée blanche sortant de celle-ci, s’insinuant dans les narines et entre les lèvres de Ric. Elle reprend :

« Je pense que je vais me régaler. On va lui dévorer tous ses cauchemars. »

« Fais attention, je te rappelle que tu aspires aussi l’âme vitale en même temps. Ça ne me plaît guère ce que tu fais. Tu es sûre de toi ? »

« Oh ! Ne t’en fait pas, je sais par quoi je vais remplacer ces cauchemars. Oh … oui ! »

« Là … Cela me plaît encore bien moins maintenant. Qu’est-ce que tu manigances ou prépare ? Je n’aime pas la tournure que tout cela prend. »

« Roh … Aller, je suis sympathique, tu seras AUSSI dedans ! » déclare la Momartik tout en rigolant un peu dans l’avion, l’Altaria haussant un sourcil.

« C’est donc bien ce à quoi je pensais ! Je te rappelle que Ric est avec moi ! »

Elle le sait parfaitement ! Mais ce n’est pas une raison pour ne pas donner un petit aperçu de ce que Ric pourrait recevoir ! Oh que oui ! Le voyage en avion allait être très paisible pour lui, contrairement à ce qu’il croyait au départ.

Chapitre 2 : Amusée

Chapitre 2 : Amusée

« Est-ce bien la même chose que d’habitude ? »

« C’est exact … Je compte me rendre au Jipen, que vous le vouliez ou non. Je voulais juste vous prévenir une dernière fois car cette fois-ci, ma décision est prise. »

« Et que cela ne sert à rien de t’arrêter, c’est cela ? Le président lui-même m’a prévenu à ce sujet. Il m’a dit d’arrêter de te retenir. Je crois que j’y suis bien obligé. »

Ah ? Ca me semble un peu étrange. Pendant un bon mois, j’ai tout fait pour essayer … Et je me suis convaincu qu’aujourd’hui, j’allais y arriver mais là … C’est presque comme s’il me poussait à y aller. Etrange, vraiment étrange même.

« Oh ! Ric ! Ca veut dire que tu t’en vas alors que je viens d’arriver ? » me dit la Momartik avec une petite pointe de tristesse bien que j’ai l’impression que cela sonne faux. Je ne sais pas, ça ne doit être qu’une simple impression je pense.

« Hum ? Car je ne pense pas que tu aies un endroit où dormir, on peut te laisser notre appartement pendant que nous ne sommes pas là. Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Tu ferais vraiment ça pour moi ? »

Elle semble un peu étonnée par mes paroles et il est vrai qu’en un sens, moi aussi, je m’étonne par mes dires. Elle n’est pas vilaine, loin de là et elle est gentille. Pourquoi ne pas lui rendre ce service ? Je suis d’ailleurs étonné que Casior ait fait ça.

« Pourquoi pas ? Et puis, bon … Tant que tu ne fais pas n’importe quoi … »

« Oh … Je te promets d’être sage comme une image. Ce mois passé en Fronse m’a permis d’apprendre à bien me comporter, ne t’en fait donc pas. »

Hum ? De quoi est-ce qu’elle parle ? Bien se comporter ? J’ai vraiment l’impression qu’elle cache quelque chose mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Elle ne serait pas en train de me mentir ? Je l’observe pendant quelques secondes.

« Hum … Calsidya, tu ne veux pas me dire la vérité par hasard ? »

« Quelle vérité ? Au sujet de quoi ? » me dit-elle, toujours souriant alors que nous avons quitté le bureau du chef. Séphyria est derrière nous, reprenant la discussion avec la personne avec qui elle parlait auparavant.

« Tu le sais parfaitement, ne fait pas l’innocente, s’il te plaît. »

« Promis, je ne sais rien ! Donc, si tu peux me dire ce que tu veux exactement, peut-être je pourrai alors te répondre. Ou alors … » commence-t-elle à chuchoter avant de se rapprocher de mon oreille, continuant : « Si tu me veux … Là … Il faut aller ailleurs. »

« Toujours cette même idée absurde, n’est-ce pas ? Tu ne changeras donc pas …visiblement. » termine-je de dire tout en poussant un léger soupir désemparé.

« Héhéhé ! Je suis désolée mais lorsqu’une pokémon est attachée à quelqu’un, elle fait tout pour le lui montrer. Je suis sûre et certaine qu’il en est de même pour Séphyria. Par contre, Ric, je tenais à m’excuser … et mes condoléances. »

Ses condoléances pour … Oh … Ce n’était pas d’elle visiblement … Enfin, ce n’était pas d’elle que j’attendais ce genre de choses mais … Ca fait toujours plaisir. Je fais un petit sourire de circonstances, voyant le visage moins joyeux de la Momartik. D’ailleurs, elle a une apparence quand même plus humaine que Lania.

« Ce n’est pas grave … Enfin … C’est pour cela que je vais au Jipen. »

« Je vois … Je vois … D’accord. Mais bon, ça ne répond pas à ma question existentielle : est-ce que tu es heureux que je sois là ou non ? Car je ne connais pas ta réponse. »

« Est-ce que ta présence me déplaît, Friyendia ? »

Je lui réponds doucement alors qu’elle retrouve le sourire. Sans prévenir, elle passe ses bras autour de mon cou avant de se serrer contre moi. Elle rigole avant de dire :

« Je ne crois pas, non. J’ai même l’impression que c’est tout le contraire ! Je vais t’aider à retrouver le sourire, Ric. Ne t’en fait pas du tout ! »

« Je suis sûr que tu y arriveras parfaitement, Calsidya. Rien que ta présence me remonte déjà le moral. » dis-je alors que dans le fond, il faut avouer que la revoir, pétillante de santé, cela montre qu’on peut faire quelque chose des pokémons humanisés. Je tapote doucement sa tête avant de reprendre : « Si tu peux par contre arrêter de m’enlacer, j’aime Séphyria. »

« C’est vrai qu’elle me lance de ces regards … Brrrr ! »

Elle rigole avant de retirer ses bras, me souriant encore une fois. Elle a un joli sourire, fait de dents blanches. On ne dirait pas que c’est une Momartik, pas du tout même. Séphyria revient vers moi, me prenant par le bras avant de me dire :

« Elle te colle quand même un peu trop à mon goût … Il faut que nous allions en mission. »

« Ric ! Je peux déjà avoir les clés s’il te plaît ? »

Comme Séphyria et moi les avons en double, au cas où, cela ne me dérange pas le moins du monde. Je lui tends une partie de mes clés, expliquant brièvement quelle clé il faut utiliser. Elle me remercie alors que je pars avec Séphyria. Pendant que je roule, l’Altaria me dit :

« Pfiou … J’espère que nous allons partir au Jipen assez rapidement. »

« Je ne te le fais pas dire. Je ne peux pas rester ici plus longtemps. J’ai l’impression de trahir la mémoire de Lania et ça ne me plait pas du tout comme impression. »

« Non mais … Je pensais aussi à Calsidya. Je ne sais pas … Elle est un peu trop collante à mon goût, je trouve. Tu ne crois pas ? Tu n’as pas cette impression ? Elle devrait pourtant comprendre que tu es déjà avec une pokémon … enfin … moi. »

« Oui … D’ailleurs, maintenant que tu le dis, elle m’a signalé que ça ne la gênerait pas d’être mon amante car elle a dit que même si vous êtes humanisées, les pokémons sont toujours attachées à leurs maîtres. Enfin … Je ne sais pas … Comme un dresseur possède plusieurs pokémons, elle considérait qu’un homme comme moi peut avoir plusieurs femmes … Enfin plusieurs pokémons humanisées. C’est un peu tordu non ? »

« Très tordu. Qui irait croire une telle chose ? C’est juste absurde ! Complètement absurde même ! Enfin … Je … Je ne sais pas. Je sais juste qu’avec toi, cela me convient plus que tout le reste. Je ne peux pas être avec quelqu’un d’autre. »

Aaaaah. J’aime quand elle me dit ça. Pourquoi ? Car je me sens bien mieux. A un feu rouge, je tends mes lèvres vers elle, l’embrassant pendant quelques secondes. Après ce baiser, je reprends la parole et les commandes de la voiture.

« Après le travail, on prépare de quoi voyager pour le Jipen et dès demain, on prend le premier vol. D’ailleurs, il faut aussi que l’on voie les horaires. »

« Pour Calsidya … Je me demande si elle ne voulait pas venir avec nous. J’ai vraiment l’impression que le président Casior l’a envoyée ici rien que pour toi. »

« J’ai aussi cette idée en tête. Elle lui a sûrement parlé de moi et il s’est dit que cela me ferait du bien d’être accompagné par une nouvelle personne. Tu crois que … je devrais l’inviter au Jipen avec nous ? »

Elle hoche la tête négativement, du moins, elle tente de le faire avant de s’arrêter. Elle ne semble même pas convaincue par ses propres pensées. Enfin bon … Maintenant que je sais que Calsidya est là, je vais un peu mieux … mais pour combien de temps ? De tout façon, dès demain, je suis parti en direction du Jipen.

Chapitre 1 : Rester de glace

Chapitre 1 : Rester de glace

« LANIA ! »

J’hurle en me redressant subitement dans le lit où je me trouve. Haletant et cherchant à reprendre mon souffle, je passe une main pour retirer la sueur qui s’écoule de mon front. Stupide … C’était complètement stupide ce qui s’était passé ! Pourquoi ? Car c’est la même chose tous les soirs ! Tous les soirs ! J’en ai assez !

« Hmmm … Ric ? Tu as encore fait un cauchemar ? » marmonne une voix à côté de moi.
Je sens que cela bouge légèrement avant de tourner mon visage vers la femme qui dort dans mon lit. Une magnifique femme aux cheveux bleus, pas n’importe laquelle, non … Une femme qui a tout d’une reine. Mais je n’ai pas la tête à cela et je murmure :

« Comme … d’habitude … pour ne pas changer malheureusement. »

« Viens donc par-là. » me dit-elle une nouvelle fois, se redressant dans le lit. Elle porte une nuisette bleue, ses épaules nues dont l’une des bretelles tombe légèrement. Je sais ce qu’elle veut … puisqu’elle tend ses bras. J’enfonce ma tête contre sa poitrine alors qu’elle me caresse doucement le dos du crâne, chuchotant doucement : « Ne t’en fait donc pas … Je suis là. Je resterai toujours auprès de toi, Ric. »

« Tu … Tu ne peux pas le savoir, Séphyria. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas le savoir. Lania aussi, je le pensais. Et … Et … Et … »

Je suis parcouru de tremblements, j’ai du mal à terminer ma phrase. Je n’y arrive pas en fait. Je n’y arrive pas ! Je commence à sangloter alors que Séphyria me tapote le dos, commençant à chantonner doucement. C’est bizarre mais à chaque fois qu’elle fait cela, je …

J’ouvre mes yeux, quelques heures plus tard. Je me suis endormi dans les bras de Séphyria, je le sais parfaitement. C’est une habitude, une habitude comme tout le reste. A chaque fois que je tente de dormir naturellement, je n’y arrive pas. Je suis si faible … et ridicule. Séphyria dort encore à côté de moi et je sais ce que ça veut dire.

« Pardon, Séphyria. Tu as sûrement veillé sur moi pendant toute la nuit. »
Je vais appeler le commissariat et prévenir que je ne peux pas venir aujourd’hui. Enfin, que Séphyria ne peut pas. La raison se trouve devant mes yeux. Ca me fait mal au cœur … Très mal au cœur de savoir que je la rends si soucieuse par ma faute. Je me penche en avant, l’embrassant sur le front au même moment où elle ouvre les yeux.

« Je pensais que le réveil de la belle au bois dormant se faisait un peu plus tendrement. »

« Repose-toi … Je vais prévenir le commissariat que nous n’allons pas travailler aujourd’hui. Tu as besoin de repos … encore par ma faute, je suis désolé. »

« Hors de question ! Je file sous la douche et je me prépare. QUOI ?! Nous sommes même en retard ! On n’a plus le temps à perdre ! On prend une douche à deux ! » crie Séphyria, comme survoltée, s’étant levée du lit avant de prendre ma main.


Et autant dire que … Grâce à elle, je fus plutôt bien réveillé pour tout dire. La séance sous la douche m’avait comme revitalisé et je l’embrasse encore une fois alors que nous quittions l’appartement. Elle sait aussi que si je ne vais pas travailler, je risque de me morfondre.

« J’ai une chance infinie de t’avoir avec moi, Séphyria. »

« Répètes-le moi tous les jours, d’accord ? » me dit-elle en souriant, collant un baiser sur mes lèvres à son tour alors que nous nous dirigeons vers le commissariat.

Là-bas, tout le monde nous salue comme d’habitude bien que je sens que quelque chose a changé. Ils sont tous un peu excités, que ça soit les hommes ou les femmes. Qu’est-ce que ça veut dire ? J’hausse un sourcil avant de dire :

« On peut m’expliquer ce qui se passe ici ? Si ça ne dérange pas trop. »

« Ah oui ! Tu viens d’arriver ! Pourtant, je pensais que tu étais déjà au courant ? Enfin, il faudrait que tu ailles dans le bureau du chef, de toute façon, il veut te parler. »

Me parler ? Enfin, ça doit être important mais j’hoche la tête avant de signaler à Séphyria qu’il faut se rendre dans le bureau du chef. Elle signale à la femme avec qui elle parlait qu’elle revient très rapidement avant de me suivre. Je toque plusieurs fois à la porte du chef avant qu’il ne me dise de rentrer. Bien entendu, je ne m’attends pas à Casior, loin de là.

« Ah ! Te voilà, Ric ! Il était temps que tu arrives ! Notre nouvelle recrue est arrivée. »

« Nouvelle recrue ? Ah oui ! Bien entendu ! C’est vrai que ça parlait que de ça depuis une semaine. Une recrue envoyée par le président lui-même. »

« C’est exact, Ric. Le président lui-même a décidé qu’il fallait qu’elle vienne ici spécialement. D’ailleurs, elle ne s’est pas encore présentée à ses camarades car elle attendait que vous soyez là, toi et Séphyria. »

Nous attendre ? Que nous soyons là ? Etrange, très étrange même. Mais c’était une personne envoyée par Casior. Est-ce que je la connais ? Hum … Ca fait un bon mois donc je ne sais pas trop … Enfin, je ne sais pas vraiment et …

« Qu’est-ce que … » commence à dire le chef avec surprise.

De quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Deux mains se posent sur mes yeux alors que je ressens déjà un léger froid m’envahir. Mais la voix qui accompagne ces mains est chaleureuse.

« Devine donc qui c’est, Ric ! »

Deviner ? Mais je ne suis pas doué pour ça ! Pas du tout même ! Surtout que je ne crois pas reconnaître cette voix féminine. Pourtant, elle, elle semble très bien me connaître. Je cherche à prononcer un nom mais rien ne m’arrive en mémoire. Séphyria ne réagit pas ? Car bon, ça ne doit pas être une ennemie alors.

« Comment se fait-il que tu sois là ? » demande tout simplement Séphyria avec lenteur.

« Oh ! Si vous voulez, je vais tout vous expliquer mais d’abord … »

Mais d’abord … ? Je ne sais pas du tout, j’attends qu’elle termine sa phrase mais elle retire ses mains. J’ai à peine le temps de me retourner que j’ai affaire alors aux lèvres d’une jeune femme qui vient se poser sur ma joue gauche puis ma joue droite.
Et finalement, j’ai affaire à une femme aux cheveux blancs mais aussi habillée d’un kimono blanc ? Enfin, ses cheveux semblent changer un peu de couleur, passant du blanc au bleu ciel comme s’ils ne savaient pas quoi prendre comme couleur. Néanmoins, le détail important est le fait qu’elle a deux morceaux de glace plantés dans le sommet du crâne.

« Attends un peu … Je crois que je m’en rappelle… Je sais qui tu es. »

« Oh ! Je l’espère ! Tu veux que je te donne plus d’indices ? »

« Non, non. Je sais ! Tu es Calsidya, la Momartik de la Rousie ! » m’écris-je avec un peu d’étonnement alors qu’elle me félicite, amusée par ma réponse.

« Bravo, Ric ! Bravo ! Tu m’avais bien dit de venir en Fronse non ? Alors, maintenant que je suis là, tu vas pouvoir me faire visiter du pays. »

« Je ne crois pas avoir de temps avec cela, malheureusement. Chef, j’aimerai vous parler de ce que j’ai comme projet. Vous le connaissez déja. »

Oui … Cela fait déjà plus d’un mois … mais je n’ai pas oublié. Loin de là même … Très loin même. Séphyria toussote légèrement à mes côtés, comme un peu gênée que je remette cela sur la table mais je ne veux pas que cette fois-ci, il refuse.

Chapitre 25 : Se sentir bien seul

Chapitre 25 : Se sentir bien seul

« Toutes mes félicitations, Ric. Le président rousien m’a appelé pour te féliciter. De même, il m’a dit qu’il aimerait bien avoir quelques informations sur les pokémons humanisés. Grâce à toi, nous allons allier nos différentes sciences pour les pokémons humanisés et permettre alors à ces derniers de pouvoir vivre en Rousie eux aussi. »

« Tant … mieux … non ? » dis-je avec lenteur en fixant Casior. Celui-ci arrête de sourire. Il semble déjà être au courant de mon absence de joie. Il reprend d’une voix lente :

« Ric, on m’a appris au sujet de Lania. Je suis vraiment désolé … mais … »

« Je partirai vers le Jipen dès que possible. Dans une semaine ou un mois … Mais je partirai là-bas pour aller trouver Emairon et le lui faire payer. »

Je lui coupe la parole et mon ton ne laisse pas la place à une réponse, qu’elle soit positive ou négative. Même s’il refuse, je partirai là-bas. Voilà … Que ça soit bien clair et compris. Casior pousse un léger soupir avant de dire :

« Soit … Fais comme tu veux … Bien que le Jipen soit une île … Il n’en reste pas moins l’un des plus avancés … Enfin, leur culture est bien différente de la nôtre. Mais tu sais à quoi t’attendre si tu vas là-bas n’est-ce pas ? Est-ce qu’Alphonse et Roubé viendront avec toi ? »

« S’ils le veulent ou non … C’est à eux de décider. Il en sera de même pour Séphyria. Pour ma part, j’ai une vengeance à accomplir. Et je compte bien … la réussir. »

J’en ai assez dit, j’en ai assez fait. Je prends congé pour ma part alors que Séphyria m’attends hors du bureau du président. Je ne dis pas un mot, la jeune femme venant chercher ma main alors que nous nous en allons. Quelques heures plus tard, je suis à nouveau dans l’appartement … Un appartement bien vide. Bien trop vide même.

« Plus de cris … Plus de rires … Plus rien du tout … Rien de rien. »

« Ric, la vie continue, que tu le veuilles ou non. Ou alors … Tu penses plus à … Lania qu’à moi ? » me demande-t-elle sur un ton triste.

Elle se pose des questions sur mon amour … Mais … Au final … Comment est-ce que je suis sensé le prendre ? Comment est-ce que je suis sensé le comprendre ? Je …

« Séphyria, tu pourras dormir dans leur chambre ce soir ? Je préfère être seul … »

« Comme … tu le désires, Ric. Si c’est ça qui te rend heureux. »

« Ne complique pas tout. Ça ne me rend pas heureux … mais j’en ai besoin. »

Je la regarde avec tristesse. Mais je sais qu’elle me comprend. Elle sait que c’est pour le mieux pour moi. Je dois passer à autre chose maintenant. Autre chose … Oui … Mais pas pour le moment. Le reste de la journée se passe avec lenteur. Je reste avachi sur le canapé sans même bouger. C’est Séphyria qui a préparé le repas mais je n’ai pas vraiment … faim … Je vais alors me coucher après lui avoir souhaité la bonne nuit.

Je l’entends aller dans l’autre chambre et puis plus rien … Le silence … Les minutes s’écoulent les unes après les autres. Trop lentes … Elles s’écoulent trop lentement alors que peu à peu, j’entends des pas. Séphyria ? Ah … Elle va sûrement aux toilettes. Je n’ai pas sommeil, je n’arrive pas à dormir et …

« Ric ? Je peux rentrer ? Est-ce que tu dors ? Je sais que non … »

Si elle le sait … Pourquoi est-ce que … qu’elle me pose la question ? Néanmoins, je ne fais qu’un hochement de tête dans le noir. Elle rentre dans la chambre alors que j’entends le bruit d’un vêtement qui tombe. Qu’est-ce que …

« Ric … Si tu veux … Tu peux allumer la lampe de chevet. Et même si je ne peux pas te faire oublier définitivement la mort de Lania … Je peux au moins … pour un soir et d’autres fois … te faire penser à autre chose. »

Qu’est-ce que … Je … Je dois allumer la lumière ? Je ne sais pas … J’arrive juste à la percevoir légèrement à travers la nuit. Mais … Je sais ce que je peux voir … Et je commence à avoir une érection violente. L’une de celles qui sont capables de faire tendre la couette par-dessous. Et ça ne passe pas inaperçu puisque Séphyria monte sur le lit.
Elle … est nue … Elle est complètement nue avec ses longs cheveux bleus. Elle a aussi fait apparaître ses ailes mais cette fois-ci, elle ne cherche pas à cacher son corps. Ses ailes qui viennent m’extirper de sous les couettes. Elle pose subitement une main sur mon entrejambe, le massant légèrement avant de dire d’une voix douce :

« Ric … Ne te retient plus … d’accord ? Ne te retient pas … pour tout. »

Me retenir … pour tout ? Qu’est-ce qu’elle … Ah … Elle … Elle comprend … Je commence à sangloter légèrement, me mettant à pleurer avant de me jeter sur elle. Je déverse mes larmes contre sa poitrine nue alors qu’elle ne fait que me déshabiller à moitié. Elle ne me retire rien du tout. Je reste ainsi pendant quelques minutes, j’ai besoin de pleurer, de tellement pleurer. Mais la poitrine de Séphyria est si douce … comme sa peau est chaude. Elle est si chaude et tendre. Je retire ma tête de ses seins, remarquant finalement les pointes qui paraissent au clair de lune. Elle me fait un léger sourire avant de me retirer ma chemise de nuit puis le bas … Je suis nu comme un ver … comme elle.

« Doucement … d’accord, Ric ? Doucement … »

« Je vais le faire, ne t’en fait pas. Enfin … Euh … D’abord, les autres gestes ? »

Je dois penser à autre chose. Là … Je dois juste penser au bonheur que Séphyria veut m’apporter et inversement Je suis sur elle, commençant à caresser ses seins alors que mes lèvres vont embrasser son cou, sa joue et avaler légèrement son oreille pour la mordiller. Elle pousse des petits gémissements de plaisir tandis que je sens peu à peu que je suis … « prêt ».

Mais elle ? Elle ? Je la regarde, Séphyria allant m’embrasser tendrement pendant plusieurs secondes avant de prendre l’une de mes mains pour la descendre jusqu’à l’intérieur de ses cuisses. Elle … Ooooooh. Je vois. Je vois … Euh … Alors, où est-ce que … Je regarde à gauche et à droite. Je n’avais pas vraiment la tête à préparer ce genre de …

« C’est bon … Ric. Ce n’est pas important … n’est-ce pas ? Viens donc par là … mais doucement … Doucement, tout simplement. »

Elle tente de me rassurer … et je me sens anxieux un peu. Mais anxieux … et vraiment excité. Même les soirées où je me masturbe ne m’ont pas excité de la sorte. J’ai vraiment … l’impression d’avoir grandi de plusieurs centimètres par rapport à l’érection habituelle. Et je m’en veux de penser à une telle absurdité liée au machisme en ce moment même.

Finalement, je décide de faire mon « devoir » d’homme. Je rapproche mon gland à nu de l’entrejambe de Séphyria, celle-ci poussant un petit glapissement de surprise. Elle passe rapidement ses bras autour de moi alors que je rentre un peu en elle. Ooooh. C’est plutôt agréable, très agréable même.
Je commence à la pénétrer encore un peu plus puis je m’arrête. Impossible d’aller plus loin. Pourtant, je l’ai à peine rentré … ce qui veut dire que … Je fixe les yeux saphir de Séphyria, celle-ci faisant un petit geste de la tête. Je vais l’embrasser tout en continuant ma pénétration. La résistance s’affaiblit peu à peu, Séphyria me mordant les lèvres jusqu’au sang. Mais … Mais … Aaaah … C’est … C’est …
J’ai … honte … vraiment honte même. Je n’ai même pas tenu cinq minutes après avoir rentré mon sexe en elle … complètement. Et les draps sont un peu tachés de sang. J’ai honte … Est-ce que je suis précoce ? Je ne l’espère pas. Séphyria colle ses lèvres contre ma joue, posant une main sur mon torse avant de dire :

« Le peu de temps … que ça a duré … Je ne le regretterai pas, Ric. »

« Je ferai mieux la prochaine fois ! »

J’ai l’air d’un idiot à parler ainsi mais … ça semble la faire rire. Elle colle maintenant sa tête contre mon torse avant de me murmurer :

« Soit … Si tu te sens d’attaque d’ici quelques heures … pourquoi pas me montrer cela, Ric ? Je suis sûre que nous avons encore beaucoup à découvrir. »

Et elle m’a promis de me faire oublier … Lania. Peut-être que l’amour de Séphyria m’aidera à cela. Mais je n’oublie pas que je me rendrai quand même au Jipen. J’embrasse mon Altaria avant de chercher à me reposer avec elle.

Chapitre 24 : Pour m’endormir

Chapitre 24 : Pour m’endormir

« Grâce aux efforts de nos valeureux soldats, la Triafa vient de perdre l’un de ses plus grands bastions dans notre chère Rousie. »

Le président rousien est en train de faire un discours devant des milliers de citoyens, tous applaudissant alors qu’il continue de parler, parler, parler, sans même chercher à s’interrompre un seul instant. Puis finalement, lorsque le discours est terminé, il s’approche de son secrétaire, murmurant :

« Où est-ce que se trouve nos autres … héros ? »

« Il semblerait que Ric soit partie dès les premières heures pour retourner en Fronse. Nous n’avons pas vu la Gardevoir et le Gallame qui l’accompagnaient habituellement. Néanmoins, d’après le visage qu’il avait, il semblerait que … la mission se soit mal passée pour eux. Avant de partir, il nous a néanmoins demandé de leur envoyer les prisonniers pokémons humanoïdes. Surtout en principal la Momartik. »

« Humpf … Ils nous ont quand même aidé à stopper la Triafa. En même temps … Cela dépendra de la réponse la Fronse à mes questions. Pour l’heure, envoyez seulement la Momartik en Fronse, dans la ville où se trouve Ric. »

« Comme vous le désirez, président. » répond le secrétaire en hochant la tête. Ce n’est qu’un cadeau de remerciement en attendant de voir ce que le nouveau président de la Fronse allait leur répondre. Hum … Normalement, tout cela pouvait donner quelque chose de plaisant.

Ailleurs, dans un train, Ric et Séphyria étaient installés côte à côte. Alphons et Roube ne sont pas là. Ils sont partis sans eux, Ric ayant décidé d’écourter son voyage. Celui-ci regarde par la fenêtre le paysage qui défile, Séphyria murmurant :

« Ric, tu dois te reposer, cela fait deux jours que tu n’as pas dormi. »

« Je ne suis pas … motivé à dormir. »

Je lui réponds cela doucement bien que je sais qu’elle ne veut aucun mal. Je ne peux pas … Je ne peux pas m’endormir. Je revois toujours cette scène … Cette scène où Lania s’est faite tranchée. Je n’arrive pas à y croire. Je n’arrive pas à croire qu’elle soit morte, comme ça, devant mes yeux. Je n’arrive pas à croire Emairon.
Je n’arrive pas à croire ce qu’il a fait. Je me dis que ce n’est pas possible. Que ce n’est qu’un mauvais rêve et rien d’autre. Que ce n’est pas vrai … Pas du tout vrai même … Ce n’est qu’un mensonge, ce n’est pas la réalité. Ce n’est rien … Rien du tout même. Ce n’est qu’une illusion et rien d’autre. Rien d’autre … Emairon … Emairon n’a pas pu faire ça.
Il n’a pas pu commettre l’irréparable. Voilà tout. Je ne veux pas y croire. Si j’arrive à le retrouver seul à seul, je lui demanderai des explications ! Séphyria a bien montré qu’elle était prête à sauver Dyamia sans pour autant faire une telle chose ! SANS POUR AUTANT ARRIVER A DE TELLES EXTRÊMITES !

« Je vais chercher à boire, Ric. Et ne refuse pas l’eau que je t’emmènerai. »

« Je … D’accord … Je ne dirai rien de plus … Je te le promets, voilà tout. »

Je tente de la rassurer mais vu comment je parle, je pense que c’est très mal parti. Très très mal même. Je pousse un léger soupir en la regardant s’éloigner hors de la pièce. Quelques minutes plus tard, elle revient avec une bouteille d’eau déjà ouverte. Elle semble déjà avoir bu dedans mais ce n’est pas ça qui va m’arrêter.

« Je ne fais boire qu’un peu. Après, tu ne me déranges plus, d’accord ? »

« Je te dérangerai si je vois que cela est nécessaire, Ric. » me répond t-elle assez sèchement.

Est-ce que je l’aime vraiment ? Est-ce qu’elle m’aime vraiment ? Je ne sais pas … Je ne sais pas du tout comment je dois réfléchir à cela. Je ne sais pas du tout ce que je dois faire réellement. Je suis si … perturbé par tout ça. Si seulement Lania était là. Mais elle ne l’est plus. Je prends la bouteille d’eau que Séphyria me tend.

« Je ne t’ai toujours pas vu boire, Ric. Alors, tu le fais maintenant, d’accord ? C’est compris ? Ou alors, il faut que je me fâche vraiment pour que tu le fasses ? »

« C’est bon ! C’est bon ! Je vais boire ! Ne t’énerve pas ! »

J’en ai déjà ma claque ! Je crois que je ne suis pas fait pour être heureux. Je crois que c’est ça en fait … On ne veut pas que je sois heureux. Je ne le mérite pas. Je ne mérite pas d’être heureux. J’aurai dû faire comme les autres. Juste coucher avec des pokémons humanisés. Sans même me poser de questions. Voilà tout.

Je porte la boisson à mes lèvres, buvant quelques gorgées. Drôle d’eau non ? Je referme la bouteille, la donnant à Séphyria alors qu’elle me regarde avec suspicion. Qu’est-ce qu’il y a encore ? J’ai une tâche ? C’est ça ? Ou alors … Il y a autre chose ? Qu’est-ce qu’il y a exactement ? Qu’elle ne me regarde … pas …

« Je … Séphyria, tu n’aurais quand … »

« Si … Ric. C’est bien l’unique chose que je pouvais faire pour toi. J’en suis désolé … Viens donc par-là mon amour. »

Je sens déjà la fatigue m’envahir. J’ai du mal … à penser correctement. Elle m’a … Elle m’a … Elle m’a endormi. Elle veut que je dorme mais je ne veux pas. Je ne veux … pas dormir sinon je risque de faire des cau…

« Je suis là, Ric … Je suis là … » me chuchote-t-elle tendrement alors que je ferme les yeux.

« Je ne veux pas … dormir, Séphyria … Je … »

Mais elle ne l’écoute pas alors qu’il plonge dans un sommeil qui sera forcément réparateur. Avec tendresse, la jeune femme aux cheveux bleus vint prendre la tête de Ric pour la déposer sur ses genoux. Avec douceur, elle commence à lui caresser les cheveux. Elle le laisse être en paix … car elle-même ne l’est pas. Elle ne peut pas croire ce qui s’est passé en Rousie. Rien ne prévoyait … qu’Emairon fasse une telle chose. Son frère n’aurait jamais agi … ainsi.

« Non … Emairon, qu’importe ce qu’il a fait … Ce n’est pas normal. »

Quelque chose cloche dans cette histoire mais quoi ? Ils avaient la possibilité de sauver Dyamia, contrairement à ce qu’ils pensaient … mais il … avait tout gâché stupidement. Elle voulait croire qu’il avait fait cela pour être auprès de Dyamia et ainsi la sauver en temps et en heure ! Mais … Mais … mais …

« Il n’y avait pas besoin de tuer Lania, pour ça ! »

Pas du tout même ! Pas du tout ! Elle remarque les tremblements de Ric. Il fait un mauvais cauchemar, elle en est sûre et certaine. Aussitôt, elle soulève sa tête et son corps, faisant que le jeune homme se retrouve collé contre elle. Elle place ses mains sur son dos, murmurant avec une extrême tendresse :

« Dors Ric … Dors s’il te plaît … Ca sera mieux pour ton cœur blessé. »

Et elle va faire de même de son côté. Oui … Elle dépose un rapide baiser sur les lèvres de Ric avant de fermer ses yeux à son tour. Comme ça … Au moins, ils se retrouveront tous les deux dans les rêves de cet homme. Du moins, c’est ce qu’elle espère. Il risque … de se sentir si seul.

Chapitre 23 : Incapable de réagir

Chapitre 23 : Incapable de réagir

« Tout est inutile. Rien ne sert de lutter dorénavant. Tu ferais mieux d’abandonner, Ric. »

« JAMAIS ! QU’IMPORTE AVEC QUI EST-CE QUE TU T’ALLIES ! »

« HAHAHAHA ! Sombre idiot ! Et tu penses faire quoi contre moi ? Séphyria sait parfaitement ce que cela veut dire d’avoir une Trioxhydre en face de soi. »

« … … … Et tu crois que ça va m’arrêter ? Je vais te montrer que je vais te stopper ! »

Comment ça ? Je vais lui montrer clairement ! Je prends de la neige entre mes mains, formant une boule de neige. Ça semble risible, complètement stupide mais j’envoie la boule de neige en plein dans la tête de la Trioxhydre. Celle-ci se la prend sur la face, restant imperméable à mon action. Puis je la vois ouvrir la bouche, Loïc faisant de même bien qu’aucun son ne sorte de la bouche du vieil homme.
Des flammes violettes virent m’entourer, faisant fondre la neige autour de moi mais je ne bouge pas. Je me débarrasse de ma veste en fourrure qui me protégeait du froid, celle-ci flambant juste quelques secondes après. Je fixe avec fureur la Trioxhydre, ne lui montrant aucune crainte de ma part.

« C’est tout ce que tu as à donner, c’est bien ça ? Je vais te montrer que … »

« Nous n’avons pas de temps à perdre avec ces imbécilités. Nous devons nous rendre au Jipen et à partir de là, il est hors de question que tu puisses retrouver la trace de Dyamia. Bien que ce pays soit assez petit, tout ce qui se passe à l’intérieur est bien plus grand que tu ne peux l’imaginer. Hahahaha … Tu risquerais d’être très déçu si tu … »

Il s’arrête alors qu’une seconde boule de neige vient frapper la Trioxhydre. Même si la neige a fondu autour de moi, ça ne veut pas dire qu’il n’en reste plus. Séphyria me murmure d’arrêter mais elle croit vraiment que je vais stopper maintenant ? C’est ça ? Pour qui est-ce qu’elle me prend hein ?! POUR QUI ?! Je pourrais facilement utiliser mes pokémons mais je ne le fais pas ! C’est une affaire entre eux et moi ! Pour ce qu’ils ont fait à Lania ! Lania … Je suis tellement désolé … Je n’ai pas réussi à te protéger … Je n’ai pas réussi à te sauver mais qu’importe … Je vais te venger ! C’est ça que je vais faire ! Mon arme ! Où est mon arme ! Où est-elle ?!

« Non. Ce n’est pas le moment. »

Loïc vient de s’adresser à la Trioxhydre, celle-ci s’étant rapprochée de moi bien qu’elle était à une distance plus que respectable. Peut-être que si je sautais … Je pourrais l’atteindre. Qu’importe si je crève … Je compte les faire tomber tous les trois ! Dyamia ? Je la sauverai … Je la sauverai en utilisant mon propre corps pour que le sien ne se brise pas.

« RIC ! NON ! ARRÊTE CA ! »

Mais c’est déjà trop tard, j’ai pris mon élan, faisant un grand bond vers la Trioxhydre. Celle-ci relâche les deux hommes par la surprise alors que je l’agrippe. Je tombe dans le vide avec elle tandis que je la vois me sourire, comme amusée.

Je remarque qu’Emairon et Loïc, qui tient toujours Dyamia, ralentissent leurs chutes grâce aux pouvoirs psychiques du pokémon aux cheveux verts. Moi ? Je suis soudainement retourné, me trouvant en direction du ciel. La Trioxhydre me manipule avec une telle aisance. Ses pieds me projettent dans les airs, me faisant dépasser la falaise de laquelle j’ai sauté. Je suis rattrapé par Séphyria qui me prend dans ses bras, me hurlant dessus.

« NON MAIS TU ES UN IMBECILE ?! »

« … … … Ils vont s’enfuir, Séphyria. »

« Et alors ? Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? Tu veux mourir ou quoi ?! »

« Je veux me venger … Je veux leur faire payer, c’est tout ! JE VEUX QU’ILS CREVENT ! » dis-je en hurlant.

« Ils le payeront de leurs vies ! MAIS PLUS TARD ! Maintenant, arrête tes bêtises ! »

Des bêtises ? DES BÊTISES ?! C’est comme ça qu’elle le prend ?! J’EN AI MARRE ! Je vois la Trioxhydre réapparaître devant nous. Je la vois qui garde ce même sourire alors qu’elle tient à nouveau Loïc et Emairon ! JE LA VOIS PARTIR !

« JE VOUS POURCHASSERAI AU JIPEN ! QU’IMPORTE SI JE DOIS EN MOURIR ! »

Mes paroles sont étouffées par la tempête alors que Séphyria me fait atterrir sur le bord de la falaise. Je commence à sangloter, tapant rageusement du poing sur le sol. Lania … Lania est morte car j’ai cru trop brièvement à ce bonheur !

Ailleurs, en pleine tempête de neige, la Trioxhydre continue de porter les deux hommes avant d’atterrir au beau milieu de nulle part … ou presque. Non-loin de l’endroit où ils ont atterrit, un avion semble les attendre. Loïc se tourne vers la Trioxhydre, disant doucement :

« Alors … Qu’est-ce que tu en penses ? Sois sincère. »

« Intéressant. » murmura tout simplement la jeune femme aux cheveux violets.

« Je pensais avoir plus de détails à ce sujet. Tu es une dragonne … Tu fais partie de l’élite des pokémons. Et encore plus maintenant que tu as une forme humanoïde. »

« Le reverrai-je ? » reprit calmement la Trioxhydre humanoïde.

« Oh … Il y a des chances … Toi et tes compagnons. Toujours par deux … Vous êtes la nouvelle formation de la Triafa. Hahaha ! Que les plus puissantes créatures devenues humaines. Comme celles d’auparavant … Finalement, nos projets ont fini par avancer. Pourquoi est-ce que tu ne parles pas, Emairon ? »

« Je n’ai guère de motivation à cela … Que l’on nous emmène là où Dyamia sera logée. »

« Ne t’en fait donc pas … Ça sera le cas … Ça sera vraiment le cas. » termina de dire Loïc alors qu’ils pénétraient tous les trois dans l’avion. Là-bas, un pilote les attendait déjà. L’avion décolla quelques minutes plus tard, la Trioxhydre s’étant mise dans un coin, assise en croisant les bras. Le Gallame, quant à lui, avait sur ses genoux la jeune fille aux cheveux noirs. Il lui caressait doucement le crâne, sanglotant légèrement.

« … … … »

Les yeux rouges de la Trioxhydre se posent sur le Gallame, puis la Pyronille avant d’en terminer avec Loïc. Etrange … C’est étrange. Elle trouve tout cela très étrange. Une situation comme … déplaisante même. Mais elle ne dit rien. Elle vient de « naître » en tant qu’humaine. Elle n’a pas à parler pour le moment.

Chapitre 22 : Nouvelle armée

Chapitre 22 : Nouvelle armée

« Lania … La … Lania ? »

J’hoche la tête négativement alors qu’Emairon a toujours sa lame plantée en elle. D’un geste nonchalant, je le vois l’extirper avant de donner un seul coup … horizontal. Je … Je … Le corps … de Lania … Lania est … tranchée en deux. Je … Je … Je …Le corps de Lania … Il le projette dans le vide alors que j’hurle :

« POURQUOI EMAIRON ?! POURQUOI ?! »

« Hum ? Pour ma sœur … Je suis prêt à tout pour elle … même à sacrifier l’être que j’aime. Voilà tout … Est-ce que cette explication te convient ? » me répond t-il avec neutralité, faisant quelques pas en direction de Loïc.

« Ta sœur … Ne te fout pas de ma gueule ! Ta sœur ?! Tu crois qu’elle aurait accepté ça ?! »

« Séphyria ? Tu peux nous rejoindre si tu le désires … Nous ne t’en voulons pas. Il en est de même pour Roubé bien qu’elle ne soit pas encore au courant. »

« Te rejoindre ? Tu as beau être mon frère … Tu restes un déchet. »

Des paroles plus que dures mais je m’en contrefous ! Je pousse un cri de rage alors que je sors mon arme. Je vais le tuer ! JE VAIS LE TUER ! JE VAIS LE TUER ! JE VAIS LE TUER ! JE VAIS LE BUTER CE CONNARD !
JE VAIS LUI FAIRE LA PEAU ! Je commence à tirer toutes les balles dans mon arme, n’ayant nulle peur de viser Loïc ou Emairon. Malgré cette rage, j’arrive à ne pas cibler Dyamia ! Je vais sauver cette gamine ! Je vais la sauver ! Et je la détruirais cette foutue organisation ! JE LA DETRUIRAIS ! JE LA CREVERAI ! Je l’exploserai de l’intérieur ! JE FERAI TOUT POUR LA REDUIRE A NEANT !

JE FERAI TOUT POUR LES TUER CES CONS ! TOUT TOUT TOUT ! Mais mes balles sont arrêtées par télékinésie, Emairon protégeant Loïc avec facilité. Je pousse un hurlement de rage avant de balancer mon arme mais elle aussi touche le sol sans même atteindre sa cible.

J’EN AI ASSEZ ! Je vais y aller moi-même pour la peine ! Je commence à courir dans la neige, ne me préoccupant pas de la tempête. Je vais le frapper, je vais l’étrangler d’abord ! Puis le faire souffrir ! JE VAIS LE TORTURER ET LE BRISER ! Comme le cœur de Lania ! Comme ce qu’il a fait avec le cœur de Lania !

« … … … Tu es peut-être mon frère … mais je ne pardonne pas cela. Quant à ta proposition, tu connais parfaitement ma réponse. »

« L’amour fait faire des imbécilités … Les plus grosses possibles même. »

Emairon dit cela avec dédain, haussant la tête en direction du ciel recouvert par les nuages. Je vais le tuer ! JE VAIS LE TUER ! Mais Séphyria passe à côté de moi, ses ailes déployées malgré le froid. Elle ouvre la gueule, produisant des flammes violettes. Elle a vraiment l’intention de les tuer ! VRAIMENT !

« Séphyria ! FAIS GAFFE A DYAMIA ! »

« Elle supporte les flammes ! Même si elles sont issues des dragons ! » me hurle la jeune femme aux cheveux bleus alors que je tremble de tout mon corps.

Ca ne sert à rien ! RIEN DU TOUT ! Emairon plante une lame dans le sol, créant un mur de glace et de neige pour bloquer les flammes ! CA NE SERT A RIEN ! RIEN DU TOUT ! RIEN DE RIEN ! AAAAAAAAAAAAH ! J’EN AI ASSEZ !

« Je vais libérer Dyamia ! Je vous tuerai tous les deux ! JE VOUS TUERAI ! »

« Ménage donc ta haine, Ric … Cela risque de te causer quelques problèmes … Mais tu comprendras que nous n’avons guère plus de temps à t’accorder malheureusement. »

Je m’en fous ! Je m’en contrefous ! JE M’EN CONTREFOUS ! JE VAIS LES TUER ! JE VAIS LES TUER TOUS LES DEUX ! Je m’en contrefous ! Je cours vers eux mais ils se rapprochent de plus en plus du bord. Ils sont même prêts à tomber tous les deux ! Ils ne feront pas ça ! Lania et Emairon ne pouvaient pas léviter au-dessus du sol ! Pas à cause de cette foutue neige ! ILS SE FOUTENT DE MOI !

« Vous ne ferez pas ça ! Vous n’en avez pas le cran ! »

« Hum ? Visiblement, tu me connais très mal, Ric … Très très mal … Je suis prêt à tout pour ma survie … même à la pire des choses. »

La pire des choses … Il ose parler de la mort de mon père ! Il ose dire cela ! IL OSE ! JE VAIS L’ARRÊTER AVANT QU’IL NE SAUTE ! RIEN A FAIRE DU RESTE ! RIEN A FAIRE DU RESTE ! Je vais le buter !

Je cours vers lui, malgré la fatigue dans mes jambes et mes larmes et le reste ! Je veux juste le tuer ! Je veux juste l’éliminer de la surface de cette planète ! Je ne veux plus qu’il reste ne serait-ce qu’un seul morceau de cet homme ! Mais aussi d’Emairon !

Puis … Ils sautent … Ils sautent tous les deux dans le vide. Loïc et Emairon viennent de sauter dans le vide. Aussitôt, je suis au bord de la falaise pour tenter de voir jusqu’à quelle profondeur elle va. Mais … Mais il n’y a rien …Que du vide … Ils ne peuvent pas avoir survécu à une telle chute.

« Séphy … Séphyria … Lania … Lania est morte … Lania … est morte. »

« POUSSE-TOI RIC ! CE N’EST PAS TERMINE ! »

« Pas … termi … »

Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase que j’ai la tête plongée dans la neige, Séphyria à côté de moi. Je ne remarque rien, sauf une ombre qui vole dans le ciel quand je ressors la tête de la neige. Je … Je … Je … Non … Ce n’est pas possible ! C’est une blague ? C’est une blague hein ?! C’est une blague HEIN ?!

« Toujours avoir plusieurs coups d’avance sur ses adversaires, Ric. »

La voix railleuse de Loïc se fait entendre alors que le vieil homme est tenu par le bras gauche. Le bras droit serre Dyamia contre lui. Et Emairon est aussi tenu par une main. Les deux hommes sont tenus par deux mains.

Deux mains … avec des ongles … Deux mains féminines … Et une femme d’une vingtaine d’années … avec des ailes dans le dos … Elle a aussi des yeux rubis mais je remarque sa chevelure violette … Et cette prestance. Cette élégance … Elle me rappelle quelqu’un. Elle me rappelle … une personne. Séphyria ?!

« Comment est-ce possible ? Ce n’est pas normal ! Ca ne devrait pas être possible ! »

Séphyria crie ce que je voudrais dire mais … La vérité est bien là ! La vérité absurde et stupide ! Cette femme … est parfaitement humaine comme Séphyria ou Emairon ! Comme Roubé ou Dyamia ! Comment … Comment est-ce possible ?!

Mais surtout … Surtout … Ce n’est pas uniquement ça. Cette femme aux cheveux violets … et aux yeux rouges porte … une tenue noire pour recouvrir ses formes généreuses mais aussi un pantalon de toile bleu … Ses ailes ne sont pas uniquement deux … mais six … et de couleur noire. Et cette majestuosité qui émane d’elle … Elle me fait penser.

« Séphyria … C’est une dragonne. C’est une dragonne ! »

« Une Trioxhydre ! Mais ça n’explique pas pourquoi elle est entièrement humaine ! »

Ca n’explique rien du tout oui ! Séphyria a entièrement raison ! Mais les faits sont là ! Les faits … sont là. Cette femme … était là depuis le début. Elle avait attendu le bon moment, celui où Emairon et Loïc s’étaient jetés dans le vide.

Chapitre 21 : La fin d’une histoire

Chapitre 21 : La fin d’une histoire

« Il faut qu’on sorte d’ici et le plus rapidement possible ! »

Je dis cela mais je n’en pense pas moins. Quand même … Comment est-ce que … Enfin pourquoi je n’ai pas réussi à trouver Dyamia ?! Pourquoi ?! Qu’est-ce que ça m’énerve ! Je hais ce genre de stupidités ! Ça m’énerve plus que tout le reste !


Mais bon … Je n’ai pas le temps de penser à ça ! Il faut que l’on sorte d’ici et vite ! Je commence à me diriger vers les couloirs, ne sachant guère réellement où nous allons. Mais finalement, c’est Emairon qui prend les commandes de la troupe, criant :

« Suivez-moi ! Je vais nous sortir d’ici avant que nous soyons tous enterrés vivants ! »

Comme si j’avais envie que ça soit le cas ! AH ! Vraiment, ce n’est pas drôle, ce n’est pas plaisant et ça ne me fait pas rire du tout. Loin de là même ! J’ai surtout envie d’en terminer le plus rapidement avec tout ça et d’aller voir ailleurs si j’y suis ! Enfin … Pas tant que je n’ai pas réussi à faire payer cela à Loïc ! Je vais le crever cette enflure !

Puis finalement, je sens un courant d’air froid … C’est … C’est quoi ? Je m’arrête, disant aux autres de faire pareil avant de leur montrer ce qui semble être une fissure dans un mur. Sauf qu’elle n’est pas artificielle … mais comme prévue ? Je cherche un endroit où appuyer mais Séphyria crie qu’on n’a pas le temps de se préoccuper de ça. Elle utilise toute sa force pour agrandir la fissure et nous permettre de passer. Qu’est-ce que … Ce n’est pas une sortie habituelle, non ? Ou alors, je me trompe …

« Oh ? Je ne m’attendais pas à ce que tu te présentes à moi … Visiblement, les sorties secrètes ne le sont plus autant qu’on ne le pense. »

La voix de Loïc ! LOÏC ! Le vieil homme est là ! Et … Hein ? Je … Je … Ah ! Dyamia ! Dya … mia ? C’est … elle ? C’est elle ? La petite fille si chétive et maigre dans les bras de Loïc ? C’est elle ? Elle a à peine dix ou douze ans ! Et ses cheveux noirs ? Elle a l’air si fragile … comme une poupée de porcelaine. Elle est … évanouie ou endormie.

« Il faudrait qu’elle apprenne à se méfier plus des personnes qui l’entourent. Pauvre enfant. »

« Lâche-la sinon … Sinon … »

« Sinon, quoi ? Ric ? Tu ne voudrais quand même pas prendre le risque de me tuer mais elle aussi n’est-ce pas ? » réplique Loïc en souriant.

Comment … AH ! Je n’avais même pas remarqué où nous étions ! Malgré le froid et la neige, je peux deviner où nous nous trouvons ! Nous sommes proches d’une falaise, surement dans un coin assez éloigné des entrées principales de la base. Mais bref … Il est proche du bord de la falaise. Il n’oserait pas … sauter dans le vide de toute façon.

« Vous voyez ? J’ai toutes les cartes en main alors que vous ne pouvez rien faire. »

« Ne fait donc pas trop le fier … Tu risquerais d’être très déçu … Vraiment très déçu oui … Lania et Emairon peuvent facilement te tuer et récupérer Dyamia sans que … »

« Avec leurs pouvoirs psychiques ? Vas bon … Tu ne crois quand même pas que j’ai pris mes précautions non ? Regarde donc mon cou … Tu vois ce collier noir de métal ? »

« Oui et alors ? Qu’est-ce que c’est sensé me faire ? Je suis sensé être surpris ? Etonné ? »

« Un peu de construction scientifique … Rien que cela. Il s’agit d’objets ténébreux que j’ai aussi aux bras et aux jambes. Oh … Cela n’est pas léger mais à côté, toute tentative d’utiliser des pouvoirs psychiques est voué à l’échec. »

« Et alors ? Tu crois qu’il n’y a que ça à faire ? Que je sache, Dyamia n’est pas habillée de la sorte. Séphyria, tu le tues, Lania et Emairon la récupèrent. »

« … … … Oh ? Tu veux donc agir de la sorte ? Je te pensais un peu plus intelligent que ça … Ric. Tu ne comprends même pas la position dans laquelle tu te trouves actuellement. Tu n’as pas l’air de saisir ce qui se passe, n’est-ce pas ? Réfléchis donc un peu … Tous ces pokémons humanisés que tu as affrontés depuis le début … Ils font partie d’un seul et même groupe que l’on peut nommer les pierres précieuses. »

« Et alors ? J’en ai marre de me répéter … Séphyria … »

« Hum … Actuellement, tous sont morts non ? Vous en avez terminé avec les derniers qui se trouvaient dans la base. Il ne reste plus qu’une seule pierre précieuse encore en liberté. »

Il se trompe lourdement mais je ne vais pas me gêner pour ne pas le lui dire. Et puis quoi encore ? Je ne vais pas me prendre la tête avec ça ! Je … Je veux juste le stopper et le calmer ce salopard ! Qu’il crève ! Mais … Je … Attends un peu. La dernière pierre précieuse ? Qu’est-ce que … On parle bien de Lania non ?

« Lania … Fais attention au cas où. Je ne sais pas ce qu’il prépare mais je me méfie. »

« Oh … Tu fais bien de te méfier, tu fais très bien même. Mais ce n’est pas de moi que tu dois te méfier, Ric, loin de là. Comme tu peux le voir, j’ai les mains chargées. »

Chargées … Chargées … JE VEUX SURTOUT RECUPERER DYAMIA ! Elle est trop importante pour ses sœurs et son frère ! Mais pas seulement ! Je commence à être enragé pour une raison inconnue ! JE VEUX LE BUTER S’IL ME LA LIVRE PAS !

« RENDS… LA … MOI ! C’EST COMPRIS ?! »

« Oh ? Tu utilises du possessif pour elle ? Pourquoi tant de haine ? Hum …. Attends un peu … Ric. Tu commences à t’en rappeler ? »

« Me rappeler de quoi ? Qu’est-ce que je suis sensé me rappeler ?! »

Je n’ai relevé aucune trace d’ironie dans ses propos … Il me pose une vraie question. Et c’est encore plus étonnant que le reste. Je regarde Loïc, cherchant à voir où il veut en venir. Lania et Emairon ne peuvent pas lire dans ses pensées. Et moi non plus d’ailleurs … Et cela m’énerve légèrement d’ailleurs. Comment ça se fait ? C’est quoi cette question absurde ? Je suis sensé me rappeler de quoi hein ?! QU’IL PARLE !

Mais non … Il reste muet … Muet … Silencieux … Il semble réfléchir à quelque chose alors qu’il me fixe puis Dyamia. Il pousse un léger soupir avant de murmurer :

« Bon … Terminons-en maintenant. De toute façon, elle est devenue inutile. Tu peux t’en débarrasser … Et fais vite, nous avons un nouvel endroit où nous rendre. »

« Comme vous le désirez, Loïc. »

J’entends la voix d’Emairon et me retourne en même temps que Séphyria. Juste pour … voir … l’une des lames du Gallame qui se plante dans le ventre de Lania, le traversant complètement. J’ouvre la bouche, estomaqué alors que Séphyria bredouille :

« Emai … Emairon … Pourquoi ? »

« Ric … » murmure faiblement la Gardevoir, tendant une main vers moi alors que je cligne des yeux. Je crois que … Je crois que … Ah … Je … Non. Ce n’est pas possible. J’ai … échoué.