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Chapitre 5 : Mutation et destruction

Chapitre 5 : Mutation et destruction

« Toutes mes félicitations, Ric ! Lania, il en est de même pour toi. »

Je me retrouve dans le bureau du chef de la police. Convoqué avec Lania car je suis toujours avec elle, il est normal qu’elle soit présente à mes côtés. Sans même répondre, j’attends la suite des paroles du chef. S’il dit une telle chose, c’est que cela doit être important non ?

« Vous venez d’être mutés en raison de vos dernières actions et réussites. Vous serez plus au cœur du problème face à la FAPC. Vous partirez dans la semaine. »

« Nous sommes mutés ? Ça veut dire que … Enfin, c’est un surprenant. »

J’ai un peu de mal à dire quelque chose de correct. Je me rappelle que je n’ai jamais été muté auparavant, même en Fronse. Néanmoins, Lania accepte la nouvelle avec un grand sourire tout en remerciant le chef de la police. Moi-même ? Je reprends mes esprits avant de dire :

« Je suis un peu sous le choc, je suis vraiment désolé. Je ne sais pas trop quoi dire à ce sujet. »

« Ça ne fait rien. Encore aujourd’hui, vous allez pouvoir vous reposer … sauf si vous voulez travailler bien entendu. Je ne vais pas vous en empêcher mais se faire emmener à Bagata, la capitale de la Calambie, c’est vraiment une belle promotion. »

« Bagata … La capitale … » murmure-je alors que je reste un peu étonné. Lania me prend par le bras, signalant qu’on va plutôt avoir notre journée encore une fois.
Je ne sais pas trop … Je ne sais pas trop quoi penser, je dois l’avouer. Qu’est-ce qu’il faut que je pense ? Qu’est-ce que je dois imaginer ? Mais bon, si nous allons à Bagata, cela veut dire qu’il va falloir trouver un nouvel appartement. Comme si elle venait de lire dans mes pensées, Lania prit la parole sur un ton amusé :

« Tu sais utiliser un ordinateur non ? Alors, je pense que nous devrions déjà nous renseigner pour savoir où nous allons dormir. Les hôtels vont coûter encore plus cher dans la capitale. »

« Mais je ne pense pas que nous avons pris la journée de repos car tu avais pensé à ça non ? Si c’est encore une idée lubrique de ta part … »

« Tu te fais tellement d’idée à ce sujet … Je ne comprends pas pourquoi. »


Elle me regarde avec tendresse alors que je fronce les sourcils. Je ne suis pas stupide. Nous nous rendons dans l’appartement où nous logeons. Je vais au salon, Lania restant debout à côté de moi. Je ne sais pas pourquoi mais je décide de vérifier l’historique. Soudainement, Lania s’exprime avec confusion :

« Mais qu’est-ce que tu … Qu’est-ce que tu fais ?! »

« Je vérifie simplement s’il n’y a pas de sites problématiques. »

« MAIS NON ! Il n’y a pas besoin de vérifier ça ! » s’écrit-elle alors que je suis de plus en plus suspicieux. Je décide d’y jeter un œil, Lania étant rouge de confusion.


J’ai à peine le temps de lire les différents liens dans l’historique que tout mon corps se retourne. Lania crie alors que ma tête se retrouve coincée dans la poitrine de la Gardevoir. Celle-ci n’a pas hésité à ouvrir sa chemise de policière alors que je suis enveloppé par les seins mis à nu de la Gardevoir. Elle tente de prendre la souris mais je l’en empêche d’un geste de la main tout en cherchant à la repousser.
Qu’est-ce qui lui prend ? Ce n’est pas ça le problème ! Enfin, ce que je crois … Je regarde l’historique et remarque plusieurs sites avec des noms équivoques mais pas seulement … Des sites de médecine ? Tout cela a un rapport avec le sexe. Elle est vraiment intéressée par ça ? Sans rien dire sur le moment, j’efface l’historique puis finalement je murmure :

« Je vais faire comme si tout cela n’a jamais existé, d’accord ? Je n’ai rien vu. »

« Je ne voulais pas que tu vois ça ! Je ne voulais pas du tout ! »

Pourtant, maintenant, c’est fait. Aucun retour en arrière. Je la regarde mais je détourne légèrement le regard. Mes yeux sont quand même rivés sur sa généreuse poitrine. Elle se pince un peu le téton en voyant mon regard, gémissant de plaisir. Il vaut mieux pour moi que je retourne sur l’ordinateur et que je me concentre dessus pour trouver un appartement.

Voilà … Une semaine est passée et nous sommes arrivés à Bagata. Autant dire que je suis plus que surpris par l’endroit. Je n’ai jamais été dans une capitale en hauteur. Oui, car je n’oublie pas celle de l’Inglaterre où je me suis trouvé pendant quelques temps. Il est maintenant l’heure de voir notre nouvel appartement.
Plutôt spacieux et même plus grand que le précédent car grâce à notre promotion, nous en avons plus les moyens, je suis content de voir qu’il y a deux lits. Maintenant, Lania pourra dormir tranquillement dans son lit pendant que j’aurai le mien .Quand je lui dis ça, elle me regarde en fronçant les sourcils et en faisant la moue.

« J’ai pas envie de dormir seule, Ric. »

« Dommage pour toi mais ça sera le cas dorénavant. Si on peut avoir chacun sa chambre, je ne vais pas me priver pour dormir tranquillement. »

« Bien. Comme tu le veux. De mon côté, je ne me priverai pas pour venir dans ta chambre complètement nue pendant que dors pour venir m’occuper de toi. »

« Provocation futile et inutile. Je ne tomberai pas dans cette combine. Déposons les affaires, on ira ranger tout ça après que nous soyons rentrés des présentations avec les collègues. »

« Oui … Oui … Provocation futile, Ric … Provocation futile. »

« Arrête ça. » répète-je alors que je ne me sens plus du tout rassuré maintenant.

Elle va encore faire l’idiote mais surtout mettre son plan à exécution. Ce soir, je ne vais pas dormir pour l’attendre et la repousser. Bien entendu, je ferai semblant de dormir … Le problème, c’est qu’elle va être capable de lire mes pensées. D’ailleurs, si je veux vraiment être tranquille, je n’ai qu’à lui remettre ces bracelets … sauf que peut-être, je ne veux pas être tranquille au fond de moi ? Je veux autre chose ? Je regarde Lania, celle-ci se plaçant en face de moi, se penchant un peu en avant. Elle pose une main sur mon front, comme pour prendre ma température avant de dire :

« Tu es un peu rouge. Est-ce que je dois lire dans tes pensées pour savoir si ce sont des choses perverses ou non ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

« J’en pense que tu ferais mieux de ne rien faire et surtout de te taire. »

Elle rigole un peu alors que nous nous rendons dans le commissariat. Celui-ci n’a rien à voir avec celui de la petite ville où je me suis trouvé quand je suis parti de l’Inglaterre. Non, il est au moins cinq ou six fois plus grand. Peut-être que j’exagère, je ne sais pas. Je pénètre à l’intérieur, allant faire les présentations avec le reste des personnes. Du moins, je me présente, Lania faisant de même tout en expliquant sa « maladie » pour son visage et sa capuche sur le sommet du crâne.

Ensuite, il nous fût donné les clés de notre voiture de fonction. Il était temps d’aller la tester et de faire notre première patrouille pour nous familiariser avec la ville dans laquelle nous allons travailler maintenant. Ah … Vraiment … Je me dirige vers la voiture, grimpant à l’intérieur alors que Lania s’installe à mes côtés. Je tourne la clé et …

Une violente explosion se produit au beau milieu du parking. La voiture dans laquelle je suis montée vient tout simplement … d’être réduite en cendres. Moi ? Je suis couché au sol, Lania sur moi. Je suis étouffé par ses seins mais je suis … plutôt heureux. La raison est simple : elle vient encore de me sauver la vie sans même que je m’en rende compte.

« Je crois que nous avons reçu un petit cadeau de la part du FAPC, Ric. »

« Tu peux croire mais personnellement, j’en suis sûr. »

Je lui réponds en essayant de me rendre le plus calme possible mais une explosion … Cela aurait pu être mortel, plus que mortel même. Lania me sourit faiblement alors que je sens un liquide qui s’écoule sur mon corps. Je suis touché ? Lania s’écroule à mes côtés, un morceau de métal planté dans la hanche alors que j’écarquille les yeux. Je … L’explosion ? La téléportation ? Trop … tard ? Et je ne peux pas l’emmener à l’hôpital ou alors, ils découvriront que c’est une Gardevoir !

Chapitre 4 : Prête à rentrer en action

Chapitre 4 : Prête à rentrer en action

« Et c’est pourquoi, avec l’aide de mon chef et des autres policiers de ma ville, je continuerai de tout faire pour contrer les actions de la FAPC dans cette ville. »

« Qu’on m’éteigne cette télévision, je risque de m’énerver pour rien. » dit une voix féminine alors que l’écran s’éteignait.


Il valait mieux ne pas l’embêter à ce sujet. Quelques hommes et femmes sont présents dans une salle alors que la femme qui avait pris la parole fait quelques pas, semblant en colère. Elle fait apparaître une paire d’ailes de coton dans son dos, reprenant la parole :

« Visiblement, il a quitté l’Inglaterre pour s’installer en Calambie. De même, qu’importe ce que la FAPC fait, il arrive toujours à s’en sortir indemne. Tout cela à cause de cette Gardevoir qui continue de l’accompagner et de le sauver. »

« Qu’est-ce nous devons faire ? Même si la FAPC est liée à la Triafa, si nous allons les aider, cela risque de nous causer des problèmes plus tard, non ? »

« Aucun problème … Et si cela dérange, je m’en contrefiche. Cet homme doit mourir le plus tôt possible ! Et je m’en occuperai personnellement ! »

Elle parle avec véhémence et colère. Jamais auparavant, elle n’avait ressenti cela. Cet homme est une plaie pour elle. Une véritable plaie qu’elle doit cicatriser sous ses flammes issues de l’énergie des dragons. A partir de là … A partir de là …

« Euh madame Séphyria, sauf votre respect, vous avez plus important à faire et … »

« Ne m’appelle surtout pas madame ! Je ne fais pas aussi vieille et ce j’ai à faire peut bien attendre ! Est-ce bien clair ? Je n’ai pas à recevoir d’ordre à ce sujet ! »

« Mais ce n’était pas un ordre, mademoiselle Séphyria ! C’était juste une remarque anodine ! » dit le soldat, confus et perturbé.


Il sait qu’avec une erreur dans ses paroles et Séphyria ne se priverait pas de le tuer. Même si ce n’est pas le genre de la femme aux cheveux bleus, des fois, elle n’hésite pas. Et depuis déjà plusieurs semaines, elle s’énerve pour si peu de choses que cela est perturbant.

« De toute façon, c’est décidé. Je prends le premier avion pour la Calambie ! »

« Hahaha ! Et vous n’êtes pas capable d’y aller avec vos ailes ? »

Des murmures se font entendre alors que Séphyria pose son regard sur la personne qui vient de parler. Visiblement, celle-ci avait voulu faire de l’humour, de l’humour sur elle ? Soit il est suicidaire, soit il est nouveau mais dans tous les cas, il ne s’en sortira pas indemne.

« Je ne relèverai même pas cette phrase mais il vaut mieux pour toi que tu ne recommences plus jamais une telle blague si tu ne veux pas finir tué. »

Elle parle lentement pour bien faire comprendre à l’homme qu’elle ne plaisante pas. Elle n’est pas d’humeur et déjà à la base, ce n’est pas dans son caractère. Les membres de la Triafa se dispersent peu à peu alors que la femme aux cheveux bleus repose ses yeux sur l’écran. Avec lenteur, elle rallume la télévision.

« Je mettrai tout en œuvre pour stopper les actions de la FAPC ainsi que de la Triafa car oui, ces deux organisations sont liées, malgré les apparences. »

Elle a envie de l’étrangler. Elle a tellement envie de passer ses mains autour de son cou et de serrer avec le plus de force possible. Ce n’est pas le fait de lui tenir tête qui lui pose problème, c’est le contraire. Il est humain … Un humain qui tente d’être au même niveau qu’une dragonne ? Et cette Gardevoir ne sait pas ce qui l’attend.

Car oui, elle n’est pas restée là, les bras ballants, sans rien faire. Elle s’est entraîné, elle a décidé de contrôler au maximum ses capacités. Et même si … Même si elle restera toujours plus faible que si elle avait un contrôleur, ça ne changerait rien à ses yeux. Il est hors de question de se salir, de se dégrader avec ça.

Elle en a assez … Elle en a assez de cet homme dans l’écran ! Elle se lève, frappant de toutes ses forces dans l’écran, le brisant en morceaux alors qu’un peu d’électricité se fait sentir. Pourtant, ça ne l’affecte pas le moins du monde. Elle n’est même pas blessée alors qu’une voix s’adresse à elle finalement, la femme aux cheveux bleus se tournant vers son propriétaire.

« Séphyria. Il semble que tu veuilles partir en Calambie, est-ce bien vrai ? »

« C’est le cas Emairon et je conseille de ne pas m’arrêter, est-ce que tu as bien compris ? »

« Je ne suis pas là pour t’arrêter, simplement te demander de trouver un homme avec qui t’unir le plus rapidement possible. Ce sont les ordres de la Triafa. »

« Il en est hors de question ! C’est pourtant simple à saisir ! Jamais je ne m’abaisserai à un rapport sexuel avec un homme dont je n’en ai rien à faire ! Que je sache aussi, tu n’as pas de femme hein ? Alors bon, ne … »

« Ce sont les ordres. Tu es libre de les respecter ou non. »

« Tu sais ce qui m’énerve chez toi ? Tout simplement que tu donnes l’impression de n’avoir rien à faire des personnes qui t’entourent, Emairon ! De toute façon, je pars pour la Calambie dans la journée. La Triafa peut m’arrêter ou m’en empêcher mais il vaut mieux pour elle qu’elle me laisse faire. »

« Cet homme nommé Ric. Il semblerait que ça soit lui qui sois responsable des blessures avec lesquelles tu es revenue il y a de cela plus d’un mois, non ? Ce n’est pas conseillé. »

«  Tu sais où tu peux mettre tes conseils ? Et je reste polie sur le coup. »

« Pourtant, ce dernier conseil t’aidera : va retrouver le chef de la FAPC. Là-bas, il te donnera les moyens logistiques de retrouver la présence de cet homme. Ensuite, tu peux te débrouiller comme tu le désires mais sache qu’une nouvelle défaite risquera de mettre à mal ce que la Triafa pense de toi. Tu seras peut-être forcée … de t’accoupler. »

S’accoupler ? Forcée ? En clair, il vient de lui dire qu’elle risquerait de se faire violer si elle échoue ? Très charmant. Elle attend avec impatience le moment où un soi-disant homme tentera de la toucher. Il n’aura plus de bras, ni de sexe … Puis ensuite, elle s’occupera de sa tête. Un petit tour sur elle-même.

Mais pour le moment, elle a déjà sa première cible. Du moins, sa cible première. Elle doit partir. Sans même jeter un regard à l’homme aux cheveux verts qui s’adresse à elle, elle quitte la pièce à son tour, se préparant à voyager jusqu’en Calambie. A partir de là, tout allait se passer très vite. C’était bien l’idée qu’elle a en tête.

Ailleurs, Ric est en train de sourire alors que Lania est à ses côtés. Celle-ci semble un peu confuse alors que Ric est en train de rouler, faisant une patrouille avec la Gardevoir. Il est heureux, plus qu’heureux d’après ce qu’elle peut voir. Mais bon … Pour l’instant, s’il est heureux, elle l’est aussi. Mais finalement, il prend la parole :

« Lania ? Quand même … Tu vois, il vaut mieux se méfier des premières apparences ! »

« Pourquoi est-ce que tu dis ça, Ric ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« C’est au sujet d’Alphonse. C’était lui ce coup de fil. C’est vrai que tu n’as pas lu dans mes pensées mais bon … Bref, il est vivant et il va bien. Maintenant, il est l’adjoint de Casior mais lui aussi continue de travailler dans la police. Par contre, il semble avoir changé. Il est beaucoup moins joyeux qu’auparavant. »

« Ca veut dire que je ne suis pas responsable … de sa mort ? Puisqu’il ne l’est plus ? »

« Nullement. Je suis désolé pour tout ça il y a maintenant un bon bout de temps. C’est juste que perdre mon meilleur ami … Enfin … »

« Bref ! Je sais comment tu vas pouvoir te faire pardonner, Ric ! Tu pourras m’apprendre les relations sexuelles ! Et peut-être même mettre de la pratique ! »

« Le premier point … Je veux bien même si je ne suis pas un spécialiste. Le second ? Même pas en rêve. Bon … Même si le coup de fil date d’hier et qu’on est en patrouille, je suis pas très motivé, je dois te l’avouer. »

« A travailler ? On peut aller se … reposer quelque part, Ric. »

« Pas quand tu parles avec cette intonation, Lania. Et range-moi cette poitrine dans ta veste, s’il te plaît. Je n’aime pas quand tu ouvres exprès quelques boutons. Alphonse va déjà m’aider à trouver des informations sur la Triafa, c’est parfait. »

Chapitre 3 : Un retour inattendu

Chapitre 3 : Un retour inattendu

« Je me demande pourquoi le chef nous a donné une journée de repos. »

« Car il pensait qu’on la méritait, Ric ? » me dit Lania tout en souriant à ma question. C’est vrai que ça semble logique. Avec la petite capture des deux trouble-fêtes appartenant à la FAPC, on a pu réussir à faire une purge dans la police. C’est aussi simple que ça bien que certains SMS sur les portables semblaient confus, comme des codes secrets. Mais ce n’était pas à moi ou à Lania de s’en occuper, loin de là même.

« Bon. Ca veut dire que pour aujourd’hui, on peut aller se promener. »

« Est-ce que je suis obligée de prendre cette capuche dehors ? Nous sommes en civils, non ? » me demande-t-elle alors que je fronce les sourcils. Je n’ai même pas besoin de parler, elle comprend la stupidité de sa question. Mais je la sens vraiment triste. Je m’approche d’elle, lui grattant derrière l’oreille comme elle aime tant.

« Si tu veux, on peut rester ici aussi. Ca ne me dérange pas de ne pas sortir. »

Elle semble accepter ma proposition puisqu’elle vient se calfeutrer contre moi. Vraiment, si elle n’était pas à moitié humaine, toutes ses marques d’affection … Je pourrais les accepter. Encore que si elle était une pokémon tout ce qu’il y avait de plus normal, ça n’aurait jamais posé de problèmes à la base car elle ne se serait pas comportée ainsi.

Oui … Mais bon, je ne peux pas revenir en arrière, arrêter l’imbécile qui a commis une telle chose en créant ces êtres à moitié humains. Vraiment si je mets la main dessus. Hum ? Qu’est-ce que … Lania est vraiment collée contre moi, à moitié assise sur mon corps. Elle a profité que je sois plongé dans mes pensées pour cela. Il faut dire que je suis assis sur un fauteuil et que j’ai l’air complètement coupé du monde.

« Je peux savoir ce que tu fais, Lania ? »

« Je pensais à ce que l’on regarde un film, tous les deux ! »

« Au beau milieu de la journée ? Ferme les volets, installe l’ambiance sombre et on peut en regarder un. Par contre, tu ne t’installes pas sur moi. »

Elle me fait une petite moue triste et je lui murmure que si elle se dépêche, je réfléchirai à ça. Je suis bête, très bête. La raison est simple. Je ne devrai pas faire ça. Mais pourtant, je n’hésite pas à prendre des risques inconsidérés avec ce genre de propositions stupides. Surtout que la voilà très motivée, plus que motivée. Il suffit de deux minutes avant que tout soit terminé, Lania tapotant doucement le canapé pour me demander de m’asseoir.

« D’accord, je viens, je viens … Par contre, je regarde un film qui ne risque pas de t’intéresser, te voilà prévenue, Lania. Tu as compris ? »

Elle ne semble même pas porter ne serait-ce qu’un peu d’intérêt à mes paroles. On dirait bien qu’elle a une idée en tête, une idée stupide. Je ne sais pas mais je vais devoir me méfier au cas où. Je vais m’asseoir sur le canapé mais à l’autre bout au cas où. Une simple mesure de précaution car je n’ai pas confiance en elle. A force, je risque de tomber dans ses pièges.

« Qu’est-ce que … »

J’écarquille les yeux en voyant le film qui passe à la télévision. On est bien au milieu de l’après-midi non ? Et puis, les petits gémissements de plaisir, les râles et les grognements … Je me tourne vers Lania, celle-ci me disant :

« Une petite surprise de ma part ! Pendant que tu dormais hier, je me suis rendue dans une vidéothèque pour prendre ça. Bon, le vendeur était quand même un peu … pervers mais voilà ! J’espère que ça te plaira ! »

« Tu te moques de qui, Lania ? Arrête-moi tout de suite ! Si je regarde ça, c’est lorsque je suis seul. Pas avec une personne à côté ! »

« Oh … Allez ! S’il te plaît ! Fais-moi plaisir ! »

Sauf que lui faire plaisir prenait un tout autre sens dans cette phrase. Je ne voulais pas de ça ! Je commence à me lever mais je me retrouve une nouvelle fois paralysée mais seulement au niveau des jambes. Mes bras sont encore disponibles ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Tu regardes avec moi ! Je veux en même temps que tu m’expliques exactement comment ça se passe ! Je n’ai jamais fait … Tu sais bien. »

« Et moi donc ? Tu crois que je m’y connais mieux que toi ? Lâche-moi ! »

Mais elle ne me retient pas. Pourquoi est-ce que je suis là ? A regarder un film pornographique ? Elle ? Elle s’est déjà déshabillée à moitié, gardant ses vêtements mais sauf qu’ils ne cachent plus rien du tout, loin de là même. Ce qui était encore plus excitant que d’être complètement nue. Pourquoi est-ce que je suis excité ? Je ferme les yeux et je me bouche les oreilles. Je tente d’oublier ce qui se passe autour de moi. Pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? Pourquoi ? Ah oui … J’en connais parfaitement la raison.

« Ric ! Ric ! Tu devrais regarder ! C’est impressionnant ! Mais c’est si … si violent ? La première fois ? Ca ressemble un peu à ce que tu m’as fait … »

Hein ? Quoi ? Comment ça ? Qu’est-ce qu’elle raconte par la pensée ? J’ouvre les yeux pour regarder le film dont elle parle. Comment est-ce qu’elle a pu prendre un film pornographique mais aussi sadomasochiste ? Elle est en train de voir une femme se faire stranguler à moitié tout en demandant plus ! Je crie aussitôt :

« Arrête ce film, Lania ! Ce n’est vraiment pas pour toi ! Ça ne se passe pas comme ça ! Ce n’est qu’un film et ce n’est pas comme ça ! »

« Mais alors ? Ca se passe comment ? Je sais comment se passe le processus … mais la façon dont ça doit se passer … Je ne sais pas. »

Elle est si … excitée et perverse … mais en même temps, si candide. Ca me touche à moitié ce qu’elle dit. Elle arrête le film et je me retrouve libéré au niveau des jambes. Elle se rapproche de moi, à quatre pattes, la poitrine se balançant devant mes yeux. Elle est excitée, plus qu’excitée mais je lui demande de s’asseoir à côté de moi.

« Déjà, c’est beaucoup plus doux au départ. Le genre de sexe que tu vois dans les films, c’est du cinéma. C’est juste pour exciter. Je ne dis pas que ça n’existe pas mais au départ, c’est bien plus tendre. Tu ne sais même pas ce que c’est d’être amoureuse réellement. Ton problème est que tu veux copuler sans aucun sentiment. Ca ne se fait pas comme ça, Lania. »

Même si j’ai l’impression de me répéter, j’ai plus le sentiment que cette fois, ça rentre bien mieux dans la tête de la Gardevoir humanisée. Peut-être qu’au final, j’ai plus de chance que je ne le crois ? Oui … Je la laisse s’approcher de moi alors que je caresse son bras. Même si elle est excitée et moi aussi, il vaut mieux ne rien faire du tout. Ce n’est pas ce que je la déteste, loin de là mais bon …

« Ric ? Et quand on n’aime pas une personne, on ne peut pas lui donner du plaisir ? »

« Non … Pas de la façon à laquelle tu penses, Lania. Ça ne se fait pas ainsi. »

« J’aimerai bien voir … la même chose que ces hommes rejettent de leurs sexes mais venant du tien. C’est comme ça qu’on donne naissance non ? »

Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Je me le demande. Heureusement pour moi, mon téléphone portable commence à vibrer, Lania disant sur un ton coquin :

« Tu as ton téléphone dans la poche ou tu es alors heureux de me voir ? »

Je ne réponds pas, sortant justement le téléphone de la poche de mon pantalon trop serré pour le moment. Je décroche en voyant le nom : Casior. Tant mieux, ça me permettra de changer un peu la conversation du moment qui dérive grandement.

« Ric ? Enfin, j’arrive à t’avoir en contact ! Je n’ai pas réussi à te joindre depuis des semaines ! Je te demanderai bien où est-ce que tu es passé mais après les derniers évènements en Calambie, j’ai réussi à mettre la main sur toi. »

« Oui, je peux voir ça. Mais bon … Tu deviens quoi depuis le temps ? »

Je regarde Lania, lui faisant un geste du doigt pour lui montrer sa tenue de dépravée. Avec réticence, elle se rhabille correctement bien qu’elle laisse sa poitrine paraître grandement bien que non jusqu’aux monts de chair. Bon, je n’ai pas à me concentrer sur elle. J’attends la réponse de Casior, celui-ci me disant :

« Disons que la Fronse commence à penser de plus en plus à mes propos. Enfin, tu sais que je suis le maire non ? Je peux t’annoncer une bonne nouvelle. »

« La délinquance a disparu de moitié ? La Triafa a été réduite à néant ? »

« Le premier point est plus réaliste que le second, Ric et c’est le cas. Cette ville est considérée maintenant comme l’une des plus sûres de la Fronse. De même, je suis ancré de plus en plus dans le monde politique. Je m’arrange aussi pour ton cas en Inglaterre. Tu n’as pas eu de soucis en Calambie ? Enfin, ce n’est pas un mandat d’arrêt international non plus. »

« Pas vraiment de problèmes en vue. Il semblerait qu’ils ne s’intéressent pas vraiment au casier judiciaire des personnes qu’ils engagent. De toute façon, après les derniers évènements, on peut dire que j’ai fait mes preuves. Mais pourquoi est-ce que tu voulais me contacter ? A part depuis un mois bien entendu. »

« OH ! Je m’en rappelle maintenant ! Quelqu’un voulait te parler. Je vais te donner son numéro. Appelle-le plus rapidement possible. Il pourra t’aider à obtenir plus d’informations sur la FAPC et surtout à ce que les charges disparaissent contre toi. »

Hum ? Je suis plutôt intéressé et je prends le numéro que me donne Casior. Qui est-ce que ça peut être ? Bizarre, je ne le connais pas du tout. Lania est à mes côtés, ayant remarqué mon profond désintérêt pour sa personne. Je remercie Casior et décide de raccrocher. Quelques instants plus tard, je suis déjà en train de tapoter sur le clavier de mon portable. Plusieurs sonneries à la suite jusqu’à ce qu’une voix masculine me dise :

« Oui ? Alphonse Stein à l’appareil. Qui êtes-vous ? »

Chapitre 2 : Agressés de l’intérieur

Chapitre 2 : Agressés de l’intérieur

« Les informations sont plutôt bonnes, Ric. Mes félicitations. »

Je me tiens face à un homme d’une cinquantaine d’années, plus obèse qu’autre chose. Une barbe et une moustache de couleur brune assez touffues, il parait plutôt négligé, c’est même à se demander comment sa tenue tient dans son pantalon. Néanmoins, contrairement aux apparences, il fait du bon travail, du très bon travail même.

« De rien. Est-ce que ça veut dire que le FAPC a perdu du terrain comme prévu ? » demandé-je alors qu’il hoche la tête. A mes côtés, Lania ne bouge pas. Je sais que les deux policiers qui sont présents en plus du chef de la police sont en train de l’observer. Cela m’énerve un peu mais je reste stoïque et calme. Je n’aime pas faire des scènes.

« A peu de choses près, c’est ça. Mais bon … Ca ne veut pas dire qu’il n’y a plus de traces du FAPC dans la ville, loin de là. Mais les zones de contrôle sont de moins en moins nombreuses, ce qui est une très bonne nouvelle. »

« Tant mieux alors. Est-ce que je peux retourner en exploration ? »

« C’est pas vraiment le terme que l’on emploie ici … mais bon, au moins, j’ai compris où tu voulais en venir. Oui, tu peux partir en patrouille. S’il faut, tu as l’un des véhicules disponibles. Tiens, vous allez les accompagner, ça vous fera du bien à tous les deux. Vos résultats sont pas fameux depuis quelques temps. »

Je l’écoute alors qu’il parle aux deux autres policiers présents dans la pièce. Ils hochent la tête, quittant le bureau. Je regarde le chef de la police puis Lania. La jeune « femme » m’observe brièvement, partant à son tour avant que je ne la suive. Sur le chemin, je lui murmure faiblement pour qu’elle puisse m’entendre :

« Lania. Au travail, autant faire croire que nous ne sommes pas en colère. »

« Je ne suis pas en colère, Ric. Loin de là … Mais … Je veux juste éviter que tout ça se reproduise encore une fois. Je ne peux pas m’en empêcher. Je recommencerai, je le sais bien. Alors, je veux essayer de me contrôler au moins en public. »

« Ne t’en fait pas, Lania. Même si hier … Comment dire … Je n’aime pas parler de ça. »

« Ric … Je suis venue hier pour vérifier au cas où si tu dormais bien. Voilà tout. Je me suis rapprochée et j’ai dévoré tes rêves. Ainsi, tu n’as sûrement pas fait de cauchemars. »

« C’est vrai, Lania. C’était … tranquille et calme contrairement à ce que je pensais. Tu veux que l’on fasse la paix en public ? »

« … … … Je ne sais pas. » me dit-elle, regardant à gauche et à droite pour voir si quelqu’un nous observe ou non. Puis subitement, elle se jette sur moi, venant m’enlacer tendrement. On dirait bien que le pardon est accepté. Elle relève son visage vers moi, un petit sourire coquin aux lèvres alors qu’elle a ouvert par télékinésie quelques boutons de sa chemise. Sa peau blanche est visible … ainsi qu’un généreux décolleté. D’ailleurs, heureusement que j’ai réussi à expliquer convenablement aux policiers le souci par rapport à son visage blanc. Une maladie, toutes ces choses, comme Lania m’a expliqué ce qui paraissait crédible, je n’ai eu aucun problème à cela. Tant mieux en un sens.

« Tu n’attendais pas cela par hasard pour en profiter ? Et range-moi cette poitrine. »

« Hum ? Moi ? Nullement ! Pourquoi est-ce que tu dis ça ? Que je sache, qui a voulu que je lui pardonne ? Enfin, que l’on fasse la paix ? »

« Tsss … Petite idiote, va. » répond–je tout en soupirant avant de lui donner une petite tape sur le sommet du crâne. Elle a réussi ce qu’elle voulait. Mais bon, je préfère que l’on n’ait aucune bonne relation plutôt qu’une mauvaise. Il faut simplement qu’elle et moi, nous nous fixions des limites avant que ça ne dérape.
Elle referme les boutons un par un alors que je la regarde faire. Comme « par hasard », elle a du mal avec l’un d’entre eux, continuant d’en dévoiler plus que nécessaire à mon goût. Elle me regarde dans un grand sourire, me demandant de le fermer à sa place. Je refuse mais elle utilise un argument des plus irréfutables :

« Si tu ne fais rien, je le laisse ainsi. »

Je lui répondrai bien que j’en ai rien à faire mais c’est le cas. Je préfère éviter que d’autres personnes ne voient ce genre de spectacles. Déjà qu’hier, je me sentais un peu patraque … Là, avec elle qui s’amuse à ça, difficile de rester de marbre. Je ne sais pas … Je dois être un peu malade. Ou alors, mes convictions s’affaissent les uns après les autres devant la Gardevoir. Je me dois pourtant de rester parfaitement de marbre.

« Tu sais … Je peux encore lire dans tes pensées, Ric. »

« Si tu peux plutôt EVITER de les lire, merci bien, Lania. La confiance doit régner. »

« Bien entendu, bien entendu ! » dit-elle en s’exclamant de joie. Elle me prend le bras, le collant près de ses seins sans que je ne réagisse pour autant.

Finalement, nous arrivons en direction de la voiture. Là-bas, les deux policiers sont déjà aux commandes alors que moi et Lania allons sur la banquette arrière. Finalement, la voiture démarre alors que je regarde Lania. Je ne sais pas où nous allons mais visiblement, les deux policiers savent parfaitement.

« Je n’ai quand même confiance qu’à moitié, Ric. »

Le message est maintenant mental, signe qu’elle n’apprécie pas de parler devant les deux autres policiers. C’est vrai … C’est étrange. Très étrange même mais je ne dis rien. Est-ce que je dois penser pour lui répondre ? Il vaut mieux car elle attend une réponse.

« Tu peux le faire, Lania. Tu as le droit. Je t’en donne l’autorisation. »
Tant mieux car visiblement, c’est ce qu’elle attendait depuis le début. Je reste immobile, les policiers traversant les rues sans même nous poser de question et inversement. J’observe par la fenêtre avant que la main de Lania se pose sur la mienne. Ses yeux se fixent sur moi puis sur les policiers. Pas besoin de message, c’est parfaitement clair.

« Dites-moi, les gars … Je peux vous poser une question : vous comptez nous emmener où spécifiquement ? Car je ne crois pas que ça soit le chemin habituel. »

« De toute façon, pour vous deux, la route s’arrête ici. » dit le policier sur la place passager avant de se retourner, un pistolet dirigé vers moi et Lania.

Aussitôt, je lui donne un coup de coude dans les dents, une balle traversant la fenêtre au même moment où des cris se font entendre. L’autre policier cherche à conduire avec une main sur le volant, se retournant lui aussi avec une arme. Il ne se préoccupe pas de la route ? Qu’importe ! Son allié est sonné à moitié mais je ne me prive pas pour frapper le conducteur mais avec mon poing cette fois-ci.

« Lania, ne les tues pas s’il te plaît. Fais-les foncer droit vers un poteau. »

« Tes désirs sont les miens. » répond Lania. Ce n’est pas vraiment la phrase exacte mais j’ai tout de suite compris le second message derrière celle-ci. Ses yeux deviennent roses, effrayant les deux policiers avant que le volant ne tourne subitement vers la droite. Au même moment, Lania et moi avons disparus de la voiture. La collision est brutale et les deux policiers sont sonnés. Moi ? J’observe Lania qui me sourit.

« Est-ce que tu as ce que je veux, Lania ? »

« Si tu parles de leurs portables pour qu’ils ne soient pas détruit dans la collision, les voilà. »

Elle me les tend pendant que je passe un coup de fil au chef de la police. Je lui demande d’envoyer des renforts dans la zone où l’accident a eu lieu mais aussi de préparer une cellule. La raison ? Les deux membres de la FAPC infiltrés vont avoir besoin d’un endroit à l’ombre. Lania s’approche de moi, poussant un petit gémissement. Ah … Vraiment …

« Qu’est-ce que je ferai sans toi, Lania ? »

« Je suis sûre que ça ne serait pas grand-chose. Tu es content de m’avoir hein ? Et je pourrai être encore plus forte et efficace si tu le désires. »

« Pas besoin de plus, j’ai tout ce qu’il me faut. »

Pourtant, je place ma main sous la capuche de la Gardevoir, commençant à lui caresser ses oreilles et un peu l’intérieur. Voilà qu’elle gémit d’une façon encore plus indécente. Mais cela ne m’affecte pas. Grâce à elle, je suis encore en vie. Je dois tirer un trait sur cette histoire en Inglaterre. Je dois abandonner mon passé mais ce n’est pas aussi simple que ça. Helena … Pourquoi est-ce que je pense à elle dès que je rends heureuse Lania ? Comme pour me rappeler qu’elle ne le mérite pas ? Je dois vraiment être clair dans mes sentiments sinon, je risque d’avoir de sérieux problèmes face à la FAPC. Je n’ai même pas le temps de penser à la Triafa avec toute cette histoire bien que je soupçonne une relation entre les deux.

Chapitre 1 : Cachés

Chapitre 1 : Cachés

« Ric ! Fais attention à toi ! Il y a un tireur embusqué au nord ! »

La voix de Lania m’arrive par la pensée alors que je tourne mon visage vers le nord. C’est vrai. Elle a parfaitement raison. Je pointe mon arme vers une fenêtre, tirant une balle. J’entends un cri après l’impact, une arme tombant au sol. Voilà une bonne chose qui est faite ! Néanmoins, je sais que ce n’est pas suffisant et je transpire à fortes gouttes. Il faut dire que la Calambie n’est pas l’endroit le plus froid qui existe, loin de là.

« Est-ce que tu vas bien ? J’ai entendu un tir, j’espère que tu n’es pas blessé. »

Une femme arrive à mes côtés. Des cheveux bleus, des yeux dorés, elle porte une capuche qui cache ses oreilles alors qu’elle a une tenue de policière qui moule parfaitement son corps et sa généreuse poitrine. D’ailleurs, une pointe dorée sort de sa tenue, entre ses seins. Oui, elle est humaine … ou plutôt, en apparence.

« Ca peut aller. Je suis un peu fatigué par cette chaleur. Il faut dire que je m’épuise rapidement. Je n’ai pas l’habitude de faire autant d’efforts. »

« Ne t’en fait donc pas, on prendra une douche tous les deux quand ça sera terminé ! »

« Toi d’abord, moi après. » corrigé-je alors que je la regarde avec un petit sourire. Elle reste la même, qu’importe ce que je dis, qu’importe ce que je fais. Même si … Même si … Ah … Je perds déjà mon sourire rien qu’en repensant à tout cela. Je ne veux pas y repenser. Je ne veux pas. Nous sommes arrivés en Calambie car nous n’avions pas le choix. Je ne veux pas…

« RIC ! Fais attention à toi ! » crie la jeune femme alors qu’elle se jette sur moi, me faisant tomber au sol. Une nouvelle balle fût au-dessus de ma tête. Pourquoi est-ce que je suis coincé dans cette ruelle ? Pourquoi ? Ah oui, car c’est ma mission. Du moins, celle donnée par les policiers de la petite ville dans laquelle je me trouve. Une ville qui comme les autres de Calambie, a son gros lot de problèmes.

« LA FAPC VAINCRA ! » hurle une voix devant moi bien que je ne puisse pas voir à cause de la poitrine de Lania qui m’étouffe à moitié.

Pourtant, je vois ses yeux dorés qui deviennent roses. Je lui avais dit d’être discrète à ce sujet mais cela semble être un cas de force majeure. Elle nous téléporte, me faisant apparaître ainsi qu’elle derrière celui qui avait essayé de me tuer. Un coup de crosse dans la nuque et le voilà à terre. C’était le dernier, je crois.

« Est-ce que tu peux vérifier les alentours, Lania ? »

« Déjà fait, Ric … Ric Auché. » me dit-elle dans un petit éclat de rire.
Tssss ! L’idiote ! Je n’avais pas de meilleurs noms sur le moment lorsque je me suis présenté à la police de Calambie. Ils m’avaient demandé si j’étais sérieux, je leur avais répondu que oui. Bon … Je préfère ne pas m’en rappeler. Il y a tellement de choses qui me reviennent en mémoire. Je demande à Lania d’immobiliser complètement les personnes capturées pendant que j’appelle les camarades de la police. Ensuite ? Je signale que je me sens mal et que je vais me reposer, je préfère ça … au lieu de rester ici.

« Ric ? Viens … Je te raccompagne à l’appartement. » dit Lania tout en me prenant la main doucement. Depuis les évènements de Landre, je suis un peu faible … psychologiquement.
Je lui en ai voulu à Lania, je lui en ai tellement voulu pendant plusieurs semaines. Je ne pouvais même pas lui adresser la parole ou alors le minimum … Je lui en veux tellement pour ses paroles. Je m’en rappelle encore maintenant. Je pose mon regard sur elle. Elle me sourit alors que nous rentrons à pied. Je n’utilise plus de voiture car je n’en ai pas les moyens et celles des policiers ont une fâcheuse tendance à exploser.

« Merci beaucoup, Lania. Tu peux aller prendre ta douche maintenant. » dis-je alors que nous sommes rentrés dans l’appartement. Pourtant, elle me fixe, attendant quelque chose de ma part. Ah … Quelle idiote. Je sais ce qu’elle veut.

« S’il te plaît, Ric. » me demande-t-elle en me regardant avec des yeux brillants d’envie.

Je suis bien obligé d’accepter sa demande. Je lui retire sa capuche, libérant ses oreilles de Gardevoir. Ensuite ? Je commence à les caresser, passant mes doigts dessus alors qu’elle gémit de bonheur. Elle apprécie ça … un peu trop même.

« Ric, allons sous la douche ! Vite ! »

« Hors de question, tu n’as pas besoin de moi. Et n’essaye même pas de faire tes petites manipulations habituelles. Va te doucher car tu sens mauvais là. »

Elle fronce les sourcils alors qu’elle s’éloigne, me laissant seul. Je vais m’installer sur le canapé, regardant autour de moi. Pour le moment, personne ne sait où je me trouve dans la Calambie. Du moins, pas les personnes qui seraient personnellement intéressées pour me tuer. Je sais bien que ça ne tardera pas à arriver bien assez tôt mais qu’importe, je ne suis pas inquiet. Loin de là même. L’appartement est assez spacieux pour deux personnes. Même s’il n’y a qu’une chambre, il y a une salle de bains, une cuisine, un salon. Bref, je ne suis pas à plaindre, loin de là même.

« Ric … Au sujet de la FAPC … Qu’est-ce nous devons faire ? »

« Attendre qu’ils commettent une erreur. Un moment, nous pourrons les prendre par surprise et alors avoir bien plus d’informations à ce sujet. »

« Je te fais confiance mais quand même … Ces Forces Armées Pokémon de Calambie … On pourrait presque croire qu’elles sont là pour sauver les pokémons mais non … Elles abusent juste de leur puissance. » continue de déclarer Lania alors qu’elle m’adresse la parole par la pensée pendant qu’elle prend sa douche. Vraiment, elle n’a que ça à faire ?

« Tu as bientôt fini d’ailleurs ? J’aimerai quand même la prendre. J’ai vraiment chaud ! La Calambie a vraiment des températures importantes. »

Aussitôt que j’ai fini ma phrase, mon corps quitte le salon pour se retrouver dans la salle de bains. En face de moi ? Lania dans son plus simple appareil. Comme souvent, mes yeux se rivent sur la corne dorée qui sorte d’entre ses seins sauf que cette fois-ci, ils sont non-recouverts par le tissu. Mon corps n’étant pas préparé, il réagit aussitôt à cette apparition, chose qui semble plus que flatter Lania.

« Laisse-moi m’occuper de ça. » me dit-elle alors que je recule, cachant difficilement l’excitation que j’éprouve. Pourtant, je me retrouve paralysé puis ramené sous la douche, Lania commençant à me masser l’entrejambe pour le faire encore plus durcir et s’allonger.

« Lania ! Je t’ai pourtant dit quelque chose à ce sujet ! »

« Ric, il faut se rendre service et … si chacun éprouve de l’envie envers l’autre, pourquoi se retenir, non ? »

« Lania … Je … Je t’ai dit quelque chose ! »

Je me répète mais elle presse déjà sa poitrine nue et trempée contre mon corps. Mes habits sont maintenant complètement mouillés. Elle continue ses caresses alors que je gémis. Hors de question … Hors de question ! Elle le sait bien ! Je commence à bredouiller :

« Lania … Je … Je ne te pardonnerais pas … si tu fais ça. Si tu utilises la force ! Je ne te pardonnerai pas comme pour Helena ! »

Elle s’arrête finalement alors que la pression psychique qui me paralysait disparaît enfin. Je pousse un soupir de soulagement, le robinet de la douche se fermant tout seul. Une serviette lévite au-dessus du sol, enroulant Lania au niveau de sa poitrine et de son entrejambe. Elle passe à côté de moi, murmurant :

« La douche est disponible. Ce soir, je dormirai sur le canapé, Ric. »

« D’accord, je te donnerai une couverture pour ça, Lania. »

Elle ne me répond pas, finissant de se sécher hors de la salle de bains. Moi ? Maintenant que je suis excité, je suis obligé d’en terminer au beau milieu de la douche après m’être déshabillé. Je pose ma tête contre le mur, regardant le sol bien que j’ai les yeux fermés. Tout peut se passer si bien … Tout peut si bien se dérouler … mais dès le moment où elle se laisse posséder par ses pulsions sexuelles, tout se dérègle. J’en peux plus … Cette nuit encore, je vais mal dormir. Malgré l’apparence que je me donne, dormir avec Lania me permet d’oublier ce qui s’est passé avec Helena. Malgré les horribles paroles de la Gardevoir, j’ai besoin de tendresse pour ne plus me souvenir d’Helena. Une mauvaise nuit en perspective, je crois que je ne vais pas aller me coucher. Autant travailler sur l’ordinateur et chercher des informations sur la FAPC …

Chapitre 46 : Le bilan de Mékalarma

Quatrième axe : La légende des Démons

Chapitre 46 : Le bilan de Mékalarma

« Nous sommes bientôt de retour ! Enfin une bonne nouvelle dans ce monde ! »

« Je ne sais pas si vraiment on peut dire ça, Elen, tu t’en doutes? » déclara Clari en rigolant, la jeune femme aux cheveux blonds nes’intéressant pas à ses dires. Elle semblait même accéléré le pas, visiblement bien trop contente de pouvoir retrouver Tery après tout ce temps.

« On dirait une enfant qui va retrouver un ami perdu de longue date. C’est un peu dépriment à regarder d’aussi loin. » soupira Royan en passant une main sur son front.

« On ne peut pas vraiment lui en vouloir. Tery lui manque, Tery lui manque hein? Je ne veux pas dire mais il n’y a personne qui vous manque, prince Royan ? » demanda Elise tandis qu’il hochait la tête pour répondre par le négatif. « Vraiment personne ? C’est dommage. »

« Je ne suis pas ainsi, Elise, c’est tout. On ne peut pas me reprocher cela, non ? »

« Pas vraiment, je ne pensais pas à mal en vous disant cela hein ? »

« Je le sais bien. Je m’excuse, Elise. Je parais assez agressif maintenant. »

Elle émit un petit rire comme pour lui montrer que ça ne la dérangeait pas le moins du monde. La jeune femme aux cheveux auburn resta à côté de Royan, regardant Elen qui mettait de plus en plus de distance par rapport au reste du groupe.

« Elle est vraiment excitée. Cela me rappelle notre jeunesse, Sérest. »

« Insinuerais-tu que je suis vieille, Séran ? Attention à ta réponse. » répondit la femme ailée, se tournant vers son homme qui détourna la tête. Elle lui écrasa faiblement le pied avant de reprendre la parole : « C’est mieux que tu t’abstiennes, oui. »

« Et voilà ce que je dois subir. Je plains Tery d’ici quelques années. »

Clari eut un grand rire tandis qu’elle écoutait les paroles du couple qui était en train de se disputer pour de faux devant leurs yeux. Bon, au moins, ils étaient visiblement en forme tous les deux. C’était une bonne nouvelle car ils avaient du boulot ! Il restait une dernière créature légendaire à combattre donc ils allaient devoir canaliser toute cette force pour plus tard.

« Elle sait que nous avons au moins encore pour une à deux heures de marche ? »

« Je ne pense pas, Royan. Vu l’allure à laquelle elle va, je pense qu’elle n’en a rien à faire personnellement. Je trouve ça amusant dans le fond. »


Amusant ? Il haussa un sourcil aux propos de Clari. C’était amusant de marcher puis de se mettre à courir comme une folle possédée ? Ils n’avaient vraiment pas la même notion de l’humour d’après lui. Mais bon, c’était peut-être lui qui était trop coincé dans le fond. Il ne se posait pas la question à ce sujet. Il regarda tout simplement devant lui, remarquant qu’Elen n’était plus qu’un petit point à l’horizon. Il soupira :

« Elle va vite, un peu trop vite à mon goût, je dirais même. »

« Oh, tu sais bien qu’elle doit s’amuser non ? Elle sera sûrement arrivée à Omnosmos bien avant nous. Elle devrait juste apprendre à se contrôler. »

« Rien que ça ? Je dirais une bonne heure avant nous … si elle se décide à ne pas nous attendre. Enfin, à elle de voir sur ce point. »

« Je ne vais pas la forcer alors qu’elle est surexcitée de vouloir retrouver Tery. »

Au moins, ils sont tous d’accord à ce sujet. Ca ne sert à rien de discuter avec Elen par rapport à Tery. Le plus tôt elle le retrouvera, mieux ce sera pour tous. Du moins, pour leurs oreilles et surtout leurs endurances car oui, ils avaient bien besoin de se reposer psychologiquement. Elen pouvait être très … fatigante et épuisante.

« Cela nous fera tous du bien. Mais bon … J’espère pour elle que … »

« Que Tery n’a pas fait de bêtises avec Manelena, c’est bien ça ? » dit Clari en lui coupant la parole. Qu’elle arrête ça, hein? Enfin, visiblement, c’était facile à deviner.

« Je ne pense pas qu’il en soit capable mais … on ne sait jamais. Il reste quelqu’un d’assez simplet sur les bords par rapport à l’amour. J’ai pût le remarquer. »

« Oh ma Zélisia ! Voilà que Royan s’y connaît en amour ! Et depuis quand ? » s’exclama Clari, visiblement amusée par les propos de l’adolescent aux cheveux bleus. Celui-ci hausse un sourcil, cherchant à voir où était le problème avant de marmonner :

« Non, je ne m’y connais pas mais je sais cerner le caractère de Tery. Il faut dire que nous sommes à ses côtés depuis tellement de temps maintenant. »

« Hmm, je ne sais pas si c’est un bon argument mais pourquoi pas ? Mais Tery n’est pas assez courageux pour cela et puis … qu’on le veuille ou non, il est facile de savoir qu’il aime véritablement Elen. Son souci est qu’il faut être aveugle pour ne pas remarquer le reste. »

« Oui mais voilà, Tery comme Manelena le sont. Je crois que la situation est bien plus compliquée qu’on ne veut le voir. Surtout en vue du comportement d’Elen. »

Le plus choquant pour l’heure, c’était le fait qu’il ait une conversation tout ce qu’il y avait de plus sérieuse avec Clari. A partir de là, il avait du mal à se demander si tout cela était une vaste plaisanterie ou non. Bon, en vue de la situation, ça ne l’était pas.

« Oh ? Tu me regardes bizarrement, Royan. Un problème ? »

« Nullement, je trouve cela étrange de pouvoir parler de choses graves avec toi. »

« Tiens donc ! Cela me fait terriblement mal, Royan ! Je crois que je vais me mettre à courir moi aussi pour la peine ! Pour retrouver Elen et pleurer dans ses bras tout en racontant les méchancetés que tu as dites à son sujet ! » s’exclama Clari avant de commencer à accélérer le pas pour prendre celui d’une course bien que nullement trop rapide.

Dans les rues d’Omnosmos, une ombre aux cheveux blonds déambulait à toute allure, ne se privant pas de bousculer quiconque sur son passage. Pénétrant dans l’auberge, elle se présenta au comptoir avant de s’écrier :

« Tery Vanyan ? Vite ! Vous savez où il est non ? »

« Bien entendu mais … AH ! Elen ? Vous êtes là ? Vous êtes de retour ? Vous semblez excitée. Tery n’est pas ici. Il se trouve normalement à la bibliothèque. »

« J’y vais tout de suite ! Merci bien et encore ! »

Elle part comme une folle furieuse, les clients de l’auberge la regardant sans rien dire, clignant simplement des yeux. L’aubergiste hausse les épaules, retournant à ses affaires avant d’aller répondre à un autre client, visiblement peu décontenancé .Des excentriques, il en voyait tous les jours mais il fallait avouer qu’Elen avait fait fort.

« TERY ! Où est-ce que tu es ?! TERY ! »

« Hey ! Mademoiselle, veuillez ne pas crier dans les … Elen ? »

La vieille dame s’arrêta dans ses propos, fixant la demoiselle aux cheveux blonds qui venait de pénétrer comme une démente dans la bibliothèque. Elle la regarda, un peu interloquée avant de faire un geste machinal de la main :

« Tery est en train de travailler dans les rayon mais … »

« Merci bien ! Et désolée du dérangement ! »

Elle ne laissa pas la possibilité à la vieille femme de s’exprimer, courant à travers les rayons, se déplaçant maintenant avec furtivité. Elle semblait être telle une prédatrice en train de traquer sa proie. D’ailleurs, elle la repéra, penché en avant pour déposer plusieurs livres dans un carton. Elle allait attendre qu’il se retourne.

Le corps du jeune homme fit un demi-tour sur soi. C’était le bon moment ! Sans crier gare, elle avait pris appui sur ses jambes, utilisant la magie du vent pour se projeter sur Tery. Celui-ci n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il se retrouva plaqué sur le sol, le souffle coupé. Il bredouilla, à moitié sonné :

« Qu’est-ce qui se passe ? Mais qu’est-ce qui se passe ? »

« Coucou toi, c’est donc ta réaction quand je suis de retour ? »

« Elen ? C’est bien … » dit-il avant d’être plongé dans le silence, se faisant embrassé par la jeune femme. Celle-ci l’empêche de parler, des murmures autour d’eux se faisant entendre :

« Indécents ! On ne fait pas cela dans une bibliothèque. »

« Ils ne peuvent pas se contenir ? Que fais donc le propriétaire ? Il ne peut pas les laisser faire cela en public ! Un peu de tenue ! »

Finalement, elle arrêta le baiser tandis que le jeune homme reprit son souffle. PFIOU ! Vraiment ? Elen ? Elle n’avait pas vraiment honte ? Il était rouge aux joues alors qu’il cherchait enfin à pouvoir parler, déclarant :

« EUUUUUUUUUUUH ! Elen ? Je peux me relever maintenant ? S’il te plaît ? Je crois que l’on dérange tout le monde en ce lieu, je tiens à te le préciser. »

« Oh. Elle est visiblement de retour. » déclara une voix féminine tandis que le jeune homme tournait son visage vers Manelena, la regardant d’un air gêné :

« Elle l’est. Cela veut dire que Clari et les autres aussi sont là ? »

Il tenta de se relever mais elle l’en empêcha, le fixant longuement. HEY ! Qu’il ne détourne pas le regard d’elle ! Ca faisait bien un mois qu’ils ne s’étaient pas vu ! C’était la seule réaction qu’elle produisait chez le jeune homme ? Grrrr !

« Tu pourrais me dire que je t’ai manqué non ? Tu ne crois pas ? »

« Tu m’as terriblement manqué, Elen. Mais bon, j’étais en plein travail donc je ne sais pas trop si c’est conseillé de me déranger pendant que je fais ça. »

« Roh ! Tu peux prendre une petite pause ou alors tu n’es pas content de me revoir, Tery ? C’est peut-être en fin de compte. Tu m’as tellement manqué … mais c’est peut-être pas vraiment réciproque au final. Je me suis trompée. »

Elle fit une petite mine boudeuse tandis qu’il soupire. Bon, dire qu’il n’est pas heureux de la revoir, ça serait vraiment mentir. Il vient l’embrasser mais finit enfin par se relever, elle dans ses bras avant de regarder les livres. Il s’exclama :

« AH ! Madame Jésiana va me tuer s’ils sont abîmés ! »

« Je viens t’aider, Tery. Oh ? Tu étais là, Manelena ? » dit Elen avec un peu d’ironie dans la voix tandis que Manelena haussait les épaules.

« J’étais là, oui. Bon retour. Tery, n’oublies pas de ranger les livres correctement. »

Et voilà qu’elle partit sans plus de sentiments. Elle les laissait seuls, ils n’avaient pas besoin d’elle pour le moment, n’est-ce pas ? Elle regarda juste pendant un bref instant le couple avant d’hausser les épaules. Elle avait beaucoup mieux à faire de toute façon, pourquoi se sentir concernée par toute cette histoire à la base, n’est-ce pas ?

« Tery ? TU peux pas prendre une petite pause, s’il te plaît ? Que nous puissions parler. »

« Mais Clari et les autres ? Où est-ce qu’ils sont tous ? »

« J’ai juste pris un peu d’avance. Ne me fait pas devenir insupportable, je n’ai pas envie de me disputer, Tery. Tu préfères que je t’attendes à l’auberge, c’est ça ? »

« Mais non, mais non. Je voulais juste savoir, c’est tout. Tu peux rester, Elen. »

Il lui tapota doucement le crâne avant de l’embrasser sur le front. C’est juste que depuis tout ce temps, il était préoccupé par tout le monde, pas uniquement elle. Mais bon, il vient placer une main sur la hanche d’Elen, l’invitant à se rapprocher de lui. Elle se calfeutra contre le jeune homme, poussant un petit soupir :

« Désolée de m’emporter mais j’espérais de meilleures retrouvailles. Tu ne veux pas quitter plus tôt, Tery ? Je ne savais même pas que tu travaillais autant. »

« Il faut une petite rentrée d’argent, tu le sais non ? Et tu ne devineras jamais mais ce n’est pas si mal comme travail ! Je t’avouerai que j’aime bien. »

« Tu comptes devenir bibliothécaire ? Encore que … en y réfléchissant, tu es toujours le nez fourré dans tes livres sur les golems. Qui aurait cru que le jeune homme turbulent devienne intellectuel alors qu’il me disait haïr se battre, travailler et … »

« Mais mais mais … tu vas te taire, Elen ? Il y a du monde autour de nous ! Qu’est-ce qu’ils vont tous y penser si tu commences à parler de ça hein ?

« Ils peuvent penser ce qu’ils veulent ! Ce n’est pas comme si leur avis m’intéressait. »

Elle s’exclama dans un grand sourire avant de sourire. Elle déposa un baiser sur ses lèvres, allant vers l’accueil de la bibliothèque, là où madame Jésiana était en train de répondre à un client tenant plusieurs livres en main.

« Vous devez me les ramener dans le mois qui suit sous peine de recevoir une amende. Tous ces livres sont dotés d’une magie qui permet de les repérer, qu’importe où vous vous trouviez dans le monde. Bonne journée. »

« Euh … à vous aussi, madame. » bafouilla le client avant de partir, ne sachant pas trop quoi penser ou dire après les propos de cette femme âgée.

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’il devait faire ? Qu’ils devaient faire plutôt ? La jeune femme se positionna en face de la vieille dame, regardant longuement celle-ci avant de sourire :

« Pardon pour le dérangement, je ne voulais pas créer trop de troubles. »

« Bien entendu, bien entendu. Ce n’est pas très crédible après tout cela. Heureusement que mon mari n’est pas là sinon il ferait toute une effusion de son côté lui aussi. »

« Je n’en doute pas un seul instant. Est-ce que je peux vous demander de laisser sa journée à Tery ? Bon, à Manelena aussi. Elle voudra sûrement voir les autres. »

« Je ne sais pas trop … Humpf. C’est bon. Je vais aller chercher Manelena. Vous pouvez partir de votre côté, je préviendrais mon mari. »

La vieille femme fit un geste de la main pour signaler qu’elle comprenait parfaitement Elen et Tery. Le couple quitta la bibliothèque, main dans la main puis rapidement tête d’Elen contre l’épaule de Tery, des étoiles dans les yeux. Dire qu’elle était amoureuse était une euphémisme à ce moment précis. Elle ne voyait que lui actuellement. Le reste n’existait plus.

« Hum … Je me disais, il faudrait aller prévenir Ernold, non ? »

« C’est une bonne idée, Tery. On attend pas les autres ! Plus vite c’est fait pour Ernold, plus vite je peux passer du temps avec toi ! Et seul à seule. En tête à tête ! »

« Visiblement, tu ne perds pas le nord, n’est-ce pas ? »

« Pas le moins du monde, Tery. J’ai surtout beaucoup de temps à rattraper avec toi. Un bon mois, tu ne sais pas à quel point tu m’as manqué. Il va falloir que tu me racontes tout ce que tu as fait pendant ce mois, d »accord ? Même avec Manelena ! »

« Oui oui, bien entendu. Mais attention à ne pas trop t’emporter non plus hein ? »

Elle fit quelques gestes comme pour lui signaler qu’elle le lui promettait si ce n’était que ça. Le jeune homme fronça légèrement les sourcils, visiblement peu rassuré mais bon … ils devaient d’abord se diriger vers la tour des archimages. Là-bas, ils demandèrent tous les deux à voir Ernold, évoquant Park. Cela vint suffire à emmener le couple dans le bureau de l’archimage, celui-ci les attendant, déjà debout près de la fenêtre.

« Je vois que mademoiselle Elen est de retour. Le reste du groupe a suivi ? Sans aucune perte, je l’espère, n’est-ce pas ? »

« Disons que ce fût assez risqué mais je viens vous signaler la mort de Park. Bien entendu, il a fallut qu’elle nous attaque. Par contre, nous ne nous attendions pas à ce que ça soit l’arme en elle-même qui soit la créature légendaire. Sur le coup, ce fût une mauvaise surprise. »

« J’aurai mieux fait de vous prévenir à ce sujet. »

« Ca aurait été mieux, oui mais ce qui est fait est fait ! On ne va pas revenir en arrière non plus hein ? Bref, ne vous inquiétez pas, je voulais juste vous signaler ça. »

« Et que comptez-vous faire maintenant ? »

« Ce que je compte faire ? Profiter d’au moins deux semaines aux côtés de Tery. Après, nous verrons. Je ne sais pas ce que les autres comptent faire. »

« Je vais donc vous laisser tranquille puisqu’il en est ainsi. »

Le Gnomold fit un léger sourire après ses propos, Elen rigolant avant de récupérer le bras de Tery pour l’emmener contre sa poitrine. Des étoiles dans les yeux, elle le fixa tendrement avant de chuchoter avec douceur :

« Nous pouvons y aller maintenant, Tery ? »

« Oui, oui. Hum … Pour le dernier sceau, vous savez aussi bien que moi que … »

« Tu n’as pas à t’inquiéter à ce sujet. Comme je te l’ai dit, il ne suffit pas que les sceaux soient brisés pour que la porte s’ouvre. A partir de là, n’aie aucune crainte, elles resteront scellées à jamais malgré la fin des créatures légendaires. » dit Ernold en faisant un geste de la main.

Au moins, il était rassuré maintenant. Il salua le gnomold avant de quitte le bureau mais aussi la tour des archimages. Lorsqu’il sortit du bâtiment, une autre ombre aux cheveux blonds vint le prendre dans ses bras, le forçant à s’étouffer à moitié contre sa poitrine mais cette fois-ci, il se laissa faire, murmurant :

« Clari, moi aussi, je suis vraiment très heureux de te revoir, tu le sais non ? »

« Je le sais mais tu peux continuer à le répéter au cas où ? Nous sommes jamais trop sûrs à ce sujet hein ! Tu vois où je veux en venir ? »

Il le voyait parfaitement mais pourtant, ce n’était pas déplaisant. Lorsqu’elle le libéra après une bonne minute, il remarquait Royan, le couple et Elise. Visiblement, aucun n’était blessé et ils semblaient tous être en bonne santé. Tant mieux. Il se tourna vers le prince de Traslord, lui adressant un sourire avant de désigner Clari :

« Pas trop épuisante de l’avoir dans les pattes pendant tout un mois ? »

« Première et dernière fois que l’on se sépare. Je n’arrivais plus à la contenir ! »

« Hahaha ! J’en étais sûr ! Elle est insupportable hein ? Et dis toi que je la connais depuis plus longtemps que toi. C’est dur, non ? »

« Oh le vilain Tery qui vient provoquer sa Clari chérie en disant de vilaines choses ! Oh qu’il a besoin visiblement d’être dressé le vilain Tery ! »

Elle captura le jeune homme sous son bras, l’empêchant de se mouvoir alors qu’Elen faisait une petite moue. MAIS EUH ! Tery était à elle normalement pour la journée ! Pfff ! Enfin bon, visiblement, tout le monde était content de le revoir.

« On va tous manger un morceau ? Maintenant que nous sommes réunis ? Manelena nous attend à l’auberge. C’est elle qui nous a prévenu que tu partais vers là. »

Hein ? Mais comment ? Il n’avait pourtant rien dit à Manelena, non ? Elle était devenue franchment douée pour deviner ses pensées après ce mois passé avec lui. Il devait la complimenter à ce sujet mais bon …

« Allons-y, si elle nous attend, on ne va pas la faire patienter ! »

« Oh, Tery est pressé de retrouver Manelena ? Tu n’as pas eut assez d’elle pendant tout ce mois passé à deux, non ? Ohlala mais quel vilain gourmand ! »

« Arrêtes donc cela, Clari. Ne m’embête pas alors que tu viens de revenir. »

Elle eut un petit ricanement, signe que c’était justement sa raison d’être à l’heure actuelle. Il fit un geste de la main comme pour bien lui montrer qu’il en avait strictement plus rien à faire alors qu’ils se dirigeaient tous vers l’auberge. Là-bas, Manelena était à une table, une chope à la main, l’air songeuse. Tery se retint de parler, Il valait mieux ne rien dire quand il la voyait ainsi. Ce mois, il n’allait pas l’oublier, comme cette soirée pour le bal. Mais bon, il valait mieux garder toute cette histoire bien enfouie en lui. C’était mieux pour tous.

Chapitre 15 : Poursuivis de partout

Chapitre 15 : Poursuivis de partout

« Repose-toi, Lania. » dis-je alors que je passe une main dans ses cheveux bleus.

Elle m’a sauvé la vie … encore une fois. Mais où nous nous trouvons ? Je regarde autour de moi pour voir une pièce entièrement vide … délaissée … Il n’y a aucun meuble. D’ailleurs, il y a aussi des planches de bois attachées aux fenêtres. Un immeuble abandonné ? Je me rapproche de la fenêtre, jetant un bref regard dehors.
Je suis … dans un immeuble avoisinant celui où se trouve mon appartement ? Bien entendu ! Lania m’a téléporté dans un endroit assez proche mais dans lequel la Triafa n’ira sûrement jamais essayer de me rechercher. Je suis soulagé … et en même temps … Je suis effaré. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui s’est passé bordel ?


Alors que je rumine mes pensées, je m’installe contre un mur, serrant la Gardevoir contre moi. Sa tête posée contre mon torse, je tente de réfléchir à toutes ces scènes. On m’a agressé pendant l’une de mes missions, ma tête est mise à prix par la Triafa, j’en sais beaucoup plus que les autres, beaucoup trop même. Je ne crois pas que cela leur plaise, loin de là même. Ah … ah … Bon … Je dois rester calme.
Je dois rester calme … et me reposer. Ma tête au-dessus de celle de Lania, je m’endors, épuisé par tout cela. Lorsque je me réveille, je ne sais pas combien de temps s’est écoulé depuis. Pourtant, Lania n’est toujours pas réveillée et … Ah non. Elle est réveillée. Je vois ses petits yeux dorés qui m’observent alors qu’elle rougit un peu. C’est vrai qu’elle ne cesse pas de caresser mon torse depuis déjà deux minutes, j’aurai dû le remarquer.

« Tu peux arrêter ? Ou alors, je te brise la main. » commencé-je à dire avant de reprendre aussitôt : « S’il te plaît … Et merci aussi pour la téléportation. »

« C’est normal … Ric … Je n’allais pas les laisser nous tuer tous les deux, tu sais. »

« Je me doutes bien mais … Ce n’est pas pour ça que je ne dois pas te remercier, Lania. Bon, par contre, quelle heure est-il environ ? »

« Nous sommes au beau milieu de la nuit. Il semblerait que nous ayons dormi pendant plusieurs heures, Ric. Qu’est-ce que nous allons faire maintenant ? » murmure la Gardevoir.
Ce que nous allons faire ? Ce que nous allons faire ? J’aimerai bien le savoir moi aussi. Je tente de réfléchir à la situation … Il n’y a qu’une seule chose à faire : quitter l’Inglaterre. Encore quitter un pays. Rien que ça … Je commence à ne plus supporter de devoir « déménager » de pays de force.

« C’est la meilleure des choses à faire, Ric, je trouve. »

« Arrête de lire dans mes pensées … Lania. Et oui, je pense que c’est ce que nous allons faire. Si on veut quitter l’Inglaterre, nous pourrions prendre l’avion mais ce n’est pas conseillé malheureusement … car ils nous attendent. »

« Alors, nous devrions prendre un bateau même si c’est un voyage beaucoup plus long ? Et où est-ce que nous allons nous rendre ? »

Où est-ce que nous allons nous rendre ? Retourner en Fronse ? Hors de question … Mais en même temps, je ne sais pas ce que je peux faire. C’est compliqué … Si compliqué. Mais je sais où nous allons nous rendre ! Bien que je ne le pense pas, Lania crie :

« Mais tu es complètement fou ? La Calambie ?! Mais comment tu vas faire ? Attends un peu ! Est-ce que l’on peut … Enfin non. Ça ne sert à rien car tu es décidé … »

« Tu vas m’accompagner alors ? Puisqu’au final, je suis obligé de me coltiner ta présence depuis le début non ? » dis-je en émettant un petit sourire. Je vais essayer d’être plus agréable … C’est ma façon à moi de me faire pardonner ce que j’ai fait. En même temps, il faut que je titre un trait sur Helene … Comme je l’ai fait pour toutes ces personnes de mon passé. Lania passe une main sur mon bras avant de me dire :

« Et bien … Si tu veux faire le fou, nous serons deux alors, n’est-ce pas ? Nous allons prendre l’avion pour la Calambie. La manipulation de masse n’est pas un problème non ? »

La manipulation de masse ? Comment ça ? Elle va encore utiliser ses pouvoirs ? Je ne suis pas vraiment convaincu de l’utilité de la chose. En même temps … Avec quoi devrions-nous aller ? Des affaires personnelles ? Je ne suis même pas sûr que je puisse rentrer chez moi. Peut-être en allant à mon bureau ? Non, c’est inutile car ils m’attendent là-bas aussi.

« Même si cela n’est pas plaisant … S’il faut obtenir de l’argent, je pourrai en récupérer chez ces personnes dans l’avion. Et là-bas, en Calambie, nous irons alors débuter une nouvelle vie … comme auparavant. Tous les deux, n’est-ce pas ? »

Elle me parle sur un ton très doux alors que j’ai du mal à l’accepter. Néanmoins … Je suis d’accord avec son idée. En même temps, je refuse que l’on vole quelqu’un. Avec l’argent récupéré pour ces dernières enquêtes, je suis sûr d’avoir une coquette somme. J’ai juste à retirer le maximum d’argent à un distributeur.

Nous nous téléportons, la Gardevoir faisant le guet pendant que j’utilise mes trois cartes de crédit. Rapidement, des liasses de billets sortent du guichet. Heureusement pour moi que j’envisage toujours le pire, comme la suppression d’un compte bancaire. Ainsi, malgré le fait que je sois « limité » par semaine sur un compte, avec trois comptes, je peux retirer de quoi nous permettre de tenir pendant un bon nombre de jours voir de semaines.

« C’est bon Lania. On peut y aller maintenant. Direction l’aéroport. » annoncé-je alors que je lui prend la main. Elle me signale qu’elle peut nous téléporter mais je refuse cela.

Ça ne sert à rien de s’épuiser inutilement. De toute façon, le temps que nous arrivions à l’aéroport, je pourrai alors réfléchir à quoi faire. Réfléchir, réfléchir, mon cerveau est en ébullition depuis plus d’une journée ! Depuis les évènements ayant mené à la mort d’Helene mais en même temps, ce n’est pas comme si je peux faire autrement !

« Lania … Qu’est-ce qui se passe ? »
Je la vois qui s’arrête alors que plusieurs hommes et femmes discutent entre eux au loin. Dans la nuit, il est difficile d’apercevoir les autres mais elle … En tant que pokémon, elle en est capable. Au moins, un bon avantage. Je la vois surprise puis en train de rougir.

« Ce sont des personnes de la Triafa. Nous avons bien fait … de vouloir quitter le pays … car dès demain, tu seras considéré comme un poképhile … Il parait … que tu m’as fait des choses et qu’ils ont des preuves visuelles … prises par un appareil photo provenant de l’immeuble en face de celui où tu habites. »

« Mais c’est n’importe quoi, Lania ! Qu’est-ce que tu racontes encore ? »

« Regarde ça. » me dit-elle avant de faire apparaître une photo dans ses mains. Elle vient … de la voler à ces personnes au loin ? Difficile à croire mais pourtant, c’est le cas. J’observe la photo, rougissant violemment alors que nous sommes dans une position des plus équivoques. Elle à genoux devant moi … Je déchire aussitôt la photographie avant de crier :

« C’est un montage ! Ca n’arrivera jamais ! »

« J’espère que si … Un jour … Mais voilà, ils sont en train de faire de la propagande dans les journaux … et par tous les moyens de communication. »

« Saleté, saleté, saleté ! On va dans l’aéroport avant qu’il ne soit trop tard. Normalement, ils ne devraient pas être encore au courant non ? »

Elle ne répond pas, ne faisant qu’hocher la tête après ma question. Elle est d’accord avec moi. Nous nous rendons à l’aéroport, la laissant nous téléporter quelques fois pour accélérer tout cela. Nous voilà à l’intérieur … et je remarque les nombreux dispositifs pour empêcher certains pokémons d’utiliser leurs pouvoirs. Je suis obligé de camoufler la poitrine de Lania en lui donnant ma veste, prétextant que ma pokémon a froid. Un sacré mensonge mais qui marche plus que bien puisque Lania s’accroche à moi en poussant des petits « Gardevoir » de remerciement. Tsss … Je préfère ne rien penser mais elle joue sacrément bien le jeu.

Un peu trop même. Assis sur un siège alors qu’elle fait de même, nous attendons le départ de l’avion. Aucune affaire … juste de l’argent en quantité suffisante pour débuter une nouvelle vie … encore une fois. Lania se loge près de moi, sa tête posée sur mon épaule alors qu’elle garde ses yeux dorés grands ouverts. Je la sens en sueur à cause de sa main moite dans la mienne mais je lui murmure :

« N’utilise tes pouvoirs que si cela s’avère … nécessaire, d’accord ? Peut-être qu’il y en a … qui ne sont pas si loin de nous. »

« C’est le cas … La personne tout à droite de la troisième rangée en fait partie … Mais normalement, elle ne nous reconnaîtra pas. Elle n’est pas encore au courant. »

« D’accord … Repose-toi … Je te réveillerai s’il y a des problèmes. » dis-je en soufflant, espérant sincèrement que ça ne serait pas le cas.

« Merci Ric … Et je suis vraiment désolée … pour ce que j’ai dit. J’espère … me faire soigner un jour … Je l’espère tellement. »

Je ne lui réponds pas alors que l’avion décolle finalement. Encore une nouvelle fuite. Est-ce que je suis voué au final à n’avoir jamais une vie sédentaire ? Je ne sais pas … Je me suis lancé dans une quête dont je ne verrai … peut-être jamais la fin.

Chapitre 14 : Crainte

Chapitre 14 : Crainte

« Bonjour Lania. » dis-je tout en quittant la chambre, les habits froissés car je ne les aie pas retirés hier avant d’aller me coucher. La Gardevoir m’observe de ses yeux dorés, tremblant un peu avant de murmurer :

« Bon … Bonjour, Ric. Tu as bien dormi ? J’espère que … que oui. »

J’observe son corps. Je n’arrive pas à croire ce que j’ai fait hier. D’ailleurs, elle est toujours aussi « salie ». Je n’ai éprouvé aucune satisfaction ou plaisir personnel après ce que j’ai fait. Je me dirige vers elle, la Gardevoir restant de marbre ou plutôt tremblant sur place. Je la prends par le bras, Lania poussant un petit cri de surprise avant de se laisser faire. Je l’emmène à la salle de bain avant de dire :

« Vas te laver … Tu n’es pas présentable comme ça. »

« Est-ce que tu veux … Je … Non. Je vais le faire. » me répond t-elle faiblement.

Je la sens fébrile alors que je reste adossé contre un mur. Elle me tourne le dos, se débarrassant de la robe qui est son unique habit. Je vois ses jambes souillées par le plaisir qu’elle a eu hier. Elle s’enfonce dans la douche avant de l’activer. Elle n’a même pas pris la peine de tirer le rideau. Je ne pense pas qu’elle veuille que je la voie … mais je l’observe.

« Lania … Nous devrions parler de ce qui s’est passé hier. »

« Je … Je … Je sais que c’est de ma faute, pardon. Je n’aurai pas dû … »

« Ne prends pas tout sur toi ! C’est compris ?! » crié-je avec énervement alors qu’elle pousse un cri de surprise, se recroquevillant aussitôt sur elle-même dans la douche. « Est-ce que tu crois que je suis le genre d’homme à ignorer ce qu’il a fait ? Je suis autant responsable que toi ! Je n’aurai pas dû me comporter comme ça ! »

« Tu n’as … Tu n’as pas besoin de crier … Je te le promets. C’était juste … qu’hier … C’est ce que je voulais recevoir de ta part. Mais tu as été un peu trop violent et en même temps, je comprends ce que tu as fait. Je veux dire … J’ai été vilaine, très vilaine. C’est normal que tu me punisses comme ça. J’étais si proche de t’avoir près de moi et tu as refusé cela … Et en même temps, c’est normal, c’est normal que tu as refusé. C’est vraiment normal … »

« Termine donc de te laver. Tu ne veux pas que je t’aide non plus ? Pfff … Sincèrement, pourquoi cet appartement n’a pas de baignoire ? »

« Car tu as dit que cela coûtait trop cher et qu’avec le peu d’argent que tu possédais, il fallait faire attention. » me répond t-elle faiblement.

« Comment est-ce que tu peux te rappeler de ça aussi facilement ? »

Je reste toujours surpris par son intelligence. Dommage que ces fichues … pensées perverses soient toujours là pour obstruer son comportement. A cause de ça, elle n’arrive pas à être rationnelle et c’est plus que dommageable. Mais bon, je ne peux pas changer son comportement … sauf d’une seule manière.

« Lania ? Je peux te remettre les bracelets si tu le désires. Je te laisse le choix. »

Je ferme les yeux car elle se tourne vers moi, complètement nue avec sa peau blanche et laiteuse. Ce n’est qu’une Gardevoir complètement « transformée » mais cela reste une « femme ». Je l’entends qui murmure quelques paroles pour elle-même puis plus rien. Est-ce que je peux rouvrir les yeux ? Je ne préfère pas.

« Je … J’aimerai bien retrouver les bracelets mais en même temps, ce n’est pas une bonne chose, Ric. Je … De toute façon … Je … »

Je rouvre mes yeux. Elle n’est qu’à quelques centimètres de moi et elle est plus que nue … Nue et trempée. Elle tente un geste vers moi mais se téléporte aussitôt. Où est-elle ? Je quitte la salle de bains pour la voir au beau milieu du salon.

Elle coure vers moi, sautant dans mes bras … Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe mais … Elle est encore disparue ? Comment est-ce possible ? Comment est-ce tout simplement possible ? Elle se retrouve derrière moi, poussant un cri de surprise.

« Je … Je n’y arrive pas, désolée … Désolée Ric. »

Désolée de quoi ? Elle n’arrive pas à quoi ? Je la vois retourner dans la salle de bain. Quelques minutes plus tard, elle revient, séchée et avec la robe sur son corps. Elle s’approche de moi, posant sa main autour de mon bras avant de soupirer.

« Ah … Tant mieux. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas … quand je … »

Sans aucune explication, sa robe disparut de son corps, la remontrant complètement nue. Je n’arrive pas à saisir l’utilité de la chose, sauf que c’est particulièrement stupide. Elle tente de se jeter sur moi mais se téléporte aussitôt en arrière. Elle retrouve sa robe sur son corps tandis que je suis perplexe, PLUS QUE PERPLEXE même.

« Je n’arrive plus … J’ai comme un blocage … quand je tente de me rapprocher de toi. »

« … … … Allons dans la voiture. Nous allons nous occupe du travail que j’ai accumulé pendant que je faisais mes missions … personnelles. »

Elle hoche la tête pour accepter ma proposition. Dans la voiture, je la vois qui tente de poser une main sur mon genou mais elle la retire aussitôt. C’est à cause de moi … qu’elle est dans cet état. Peut-être que j’ai exagéré hier … Ah non ! Ce n’est pas un peut-être … C’est une confirmation. Il n’y a aucun pardon pour ce que j’ai fait.

Quelques heures plus tard, nous sommes dans une ruelle, moi avec une paire de jumelles tandis que Linia regarde autour de nous. Je dois observer une imposante demeure pour une histoire d’adultère. Est-ce que tous les hommes et femmes ne pensent qu’au sexe ou quoi ? Car oui, en tant que détective privé, c’est la majorité de ce que je dois faire et …

« RIC ! ATTENTION ! »

J’ai juste le temps d’entendre la voix de Lania que je me retrouve … téléporté au sommet d’un immeuble avec elle ? En même temps, j’entends de nombreux tirs. Je me penche dans le vide pour remarquer trois hommes armés qui regardent autour d’eux. L’un crie :

« Où est-ce qu’il est passé ? Saleté de Gardevoir ! Elle l’a sûrement téléporté ! »

« Qu’est-ce que je leur ai fait, Lania ? Tu as une explication ? » demandé-je alors qu’elle hoche la tête négativement.

« Mettez-lui la main dessus ! D’après les données récupérées sur le portable de l’autre salope, elle était en contact permanent avec lui ! On va lui faire payer de nous avoir pris pour des cons ! On va lui apprendre ce qu’il en coûte d’essayer de détruire un pan de la Triafa ! Quelle garce ! Dire qu’elle a tué plusieurs membres importants sans même que l’on ne le remarque ! » hurla un autre des hommes.


Il parle d’Helene et j’ai déjà du mal à contenir ma colère. Je suis même prêt à sauter de l’immeuble pour atterrir sur cet homme et lui éclater la boîte crânienne mais Lania m’arrête. C’est stupide et à cette hauteur, je n’en réchapperai pas.

« Nous devrions retourner chez nous, Ric. »

Je ne peux qu’acquiescer à ses propos. Elle nous téléporte à l’endroit où se trouve la voiture. Mais elle réagir brusquement, me téléportant une seconde fois avant qu’une explosion ne se produise. Je vois la carcasse de la voiture qui décolle dans les airs avant de retomber au sol dans un bruit sourd. Ma voiture ?

Ma voiture est explosée ? Et dans le sens réel du terme ? QU’EST-CE QUE … Je me tourne avec effroi vers Lania alors que celle-ci continue de me téléporter, encore et encore. Elle ne cesse de me téléporter jusqu’à chez nous … ou plutôt dans les environs. Nous sommes adossés contre un mur alors que l’on peut voir plusieurs hommes et femmes qui rôdent autour de mon immeuble. A travers la fenêtre de mon appartement, je vois qu’ils sont déjà à l’intérieur. J’ai besoin de calme et de raisonnement mais là …

« Lania ? Tu es en sueur ! Tu as abusé de tes pouvoirs ! »

« Je n’avais pas le choix … C’était ça ou alors, tu te prenais une balle … »

Elle me répond en respirant bruyamment alors que je la garde contre moi. Elle est trop affaiblie pour tenter de se téléporter. Mon appartement va être saccagé, je n’ai plus de voiture. Qu’est-ce que je suis sensé faire maintenant ? Il ne vaut mieux pas compter sur les forces de l’ordre. Même si elles sont sûrement plus « propres » que celles de mon ancienne ville, je n’ai pas confiance, loin de là même.

« Qu’est-ce que nous allons faire, Lania ? Hein ? »

« Je ne sais pas … mais je vais nous emmener à l’abri. » me murmure-t-elle, nous téléportant une dernière fois. Je n’ai pas le temps de regarder autour de moi que Lania s’écroule dans mes bras. Je tente de rester calme, soufflant sans grande conviction :

« Repose-toi un peu. Je vais te protéger. »

Chapitre 13 : Hors de contrôle

Chapitre 13 : Hors de contrôle

« Vous confirmez que c’est bien elle ? »

Je ne fais qu’hocher la tête, n’arrivant pas à parler. Je ne suis même pas capable de pleurer. Elle est bien morte … Elle est bien là … devant mes yeux. Je retiens mes larmes, prenant une profonde respiration avant de demander :

« Comment … Comment est-ce que … ça s’est passé ? J’ai besoin de savoir. De quoi ? »

« Empoisonnée … Du moins, d’après ce que son sang nous révèle. Mais quelque chose est vraiment intriguant : le poison était en elle depuis bien longtemps puisqu’il était mélangé à son sang de manière parfaite. Néanmoins, une telle quantité aurait tué n’importe qui si on ne prend aucune précaution. Mais comme je vous l’ai dit, elle est … »

« C’est bon, c’est tout ce que je voulais savoir. Mer … Merci beaucoup. »

« Néanmoins, veuillez rester dans les environs car la police va arriver pour recueillir des informations à ce sujet. Nous avons peut-être quand même une tentative d’empoisonnement sous les bras et donc, on ne peut pas rester là sans rien faire. »

Encore une fois, je ne fais qu’hocher la tête, qu’est-ce que je pourrais faire d’autre ? Rien … Rien du tout même. Je m’éloigne du corps sans vie d’Helene avant de m’asseoir. Voilà que je patiente jusqu’à la police. Je leur dis ce que je sais au sujet d’Helene, la vie de débauches qu’elle avait, son existence plus que triste à mes yeux. Que je voulais la sortir … de là mais elle ne me laissait jamais faire. Les policiers prirent ma déclaration avant de me dire qu’ils me recontacteront. Je peux enfin rentrer chez moi.
Sur le chemin qui m’emmène à mon appartement, je prends finalement mon portable. Je n’ai pas pu l’écouter avant maintenant … Mais il est temps … de savoir d’où viennent tous ces appels. Je sens que c’est de la part d’Helene. Si je mets la main sur son agresseur, je lui promets une mort lente et douloureuse.

« Je suis heureuse que ça soit ton répondeur, Ric. C’est beaucoup plus facile à se confesser lorsque l’on n’a pas la personne en face de soi. Je pense que si … si … ah … »

Voilà que le premier message vocal est terminé. Je suis surpris et étonné avant de passer au second. Encore une fois, la voix d’Helene résonne à mes oreilles :

« Désolée … Mes mains tremblent et j’ai du mal à rester consciente. Je ne devrais pas t’en parler … mais en même temps, après tout ce que tu as fait, ça me parait normal et … ah … »

« Mais qu’est-ce qui se passe ? Mais qu’est-ce qui se passe ? » me demandé-je alors que le second message se termine. Je suis au beau milieu de la rue, passant finalement au troisième message vocal. J’ai besoin de savoir, j’ai vraiment besoin de savoir !

Je veux tout savoir à son sujet ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi est-ce qu’elle est … morte ? Ça me fait mal … terriblement mal de savoir qu’elle est morte. Adossé contre un mur, je tente de reprendre mon calme. Voilà que sa voix revient se faire entendre à mes oreilles. J’ai tellement besoin … de connaître la réponse.

Et finalement, j’apprends tout à son sujet … Qu’elle provient d’un pays qui se situe au loin à l’est, dans les régions sabériennes de la Rousie. Elle fut enlevée à l’âge de quatorze ans à ses parents avant de travailler en Inglaterre … du moins, « travailler ». Mais ce n’est pas tout, elle fait partie d’une section bien spéciale de prostituées. Une « armée » comme elle aime l’appeler. Helene était une soldate ?
Mais une soldate de quoi ? Voilà que les messages défilent les uns après les autres alors que je recommence à trembler. Elle était empoisonnée … depuis le début. Son corps était un véritable poison mais aussi un organisme dévoré par les MSTs. L’unique raison de son existence consistait alors à coucher avec différentes personnes pour les dévorer de l’intérieur. Généralement, il fallait attendre une à deux semaines avant que les cibles ne meurent.
Elle était une meurtrière … une arme utilisée pour éliminer différentes personnes. Et nulle autre … Mais rares étaient les personnes au courant d’une telle section. Rares étaient les personnes qui connaissaient ce qu’elle était réellement. C’est pourquoi nul ne se méfiait d’une simple prostituée qui n’avait rien de bien dangereux, à part sa « qualité ».

« … Ah … Ah … Ce n’est pas possible. Je rêve. »

Je bredouille cela alors qu’il ne me reste plus que quelques messages vocaux à écouter. La voix d’Helene est maintenant faible et souffrante … mais empreinte de douceur en même temps. Je reprends ses messages pour l’écouter.

« Je suis désolée de ne t’avoir rien dit. Je ne voulais pas que tu me prennes en pitié. Tu es le premier homme qui fut aussi gentil avec moi malgré ma condition. Tu ne m’as jamais forcé et tu as toujours pensé ce qui était le mieux pour moi. Tu voulais me faire sortir de cet endroit … mais c’est impossible, tout simplement impossible. J’espère que tu comprends … mon refus … pour diverses choses. Je ne voulais pas te tuer par inadvertance. »

Elle ne voulait pas m’embrasser, elle s’éloignait quand j’avais un geste tendre … tout ça pour moi ? Tout ça pour éviter que je ne sois en danger ? Je … Je … Je déglutis alors que le dernier message me demande de la pardonner de ne m’avoir rien dit. Depuis qu’elle m’a connu, elle a tout fait pour détruire de l’intérieur les nombreux pans de la Triafa. Elle a emporté de nombreux hommes et femmes dans la tombe et il est temps pour elle d’aller les rejoindre. Elle se considère comme une abomination mais il n’en est rien !

C’est pas du tout le cas … Ma main pend lamentablement, mes doigts serrant à peine le téléphone pour éviter qu’il ne tombe. J’ai mal … J’ai terriblement mal. Non pas de savoir ce qu’Helene a fait … mais ce qu’elle a vécu, ce que des gens lui ont forcé à devenir. J’ai besoin de rentrer … J’ai besoin de me coucher et de ne plus quitter le lit pendant des journées. Je me dirige avec lenteur vers l’immeuble où j’habite.

« Helene … Helene … Helene … »

Je ne fais que répéter son nom alors que je ne pénètre dans l’immeuble et que je grimpe les étages avec lenteur. Finalement, j’arrive devant la porte de mon appartement, endroit où m’attends normalement Lania. Je lui ai demandé de ne pas m’accompagner … Ca ne concerne que moi et personne d’autre, oui … Personne d’autre à part moi. Je rentre dans mon appartement, Lania me sautant au cou sans que je ne réagisse.

« Te voilà enfin de retour, Ric ! Je t’attendais ! Tu as dit que tu allais me récompenser ! »

« Lania … Je n’ai pas la tête à ça … Je veux juste me coucher et … »

« Je vais alors me coucher avec toi. Arrête donc de penser à Helene. Elle était trop dangereuse pour toi de toute façon. Avec son corps pourri de l’intérieur, comment est-ce qu’une telle femme pouvait te rendre heureux hein ? »

Je m’immobilise après les paroles de Lania. J’ai dû mal entendre, très mal entendre même … Qu’est-ce qu’elle vient de dire ? Elle commence à passer un doigt le long de mon torse, sentant qu’elle m’a « attrapé » avec ses paroles.

« Elle était dévorée par la maladie, comment est-ce que tu pouvais aimer une telle femme ? Je suis là, moi … Là rien que pour toi et je ne te refuserai jamais, Ric. Tu comprends cela ? J’ai envie de ton corps et je suis prête à tout pour que tu restes avec moi. J’étais au courant pour sa maladie depuis que j’ai récupéré une partie de mes pouvoirs. Mais bon, je lui ai conseillé de disparaître de ta vie car il valait mieux pour toi que tu sois en sécurité avec moi et puis bon … Ce qui est fait est fait non ? Maintenant, tu es tout à moi. »

Tout à elle ? C’est une blague, n’est-ce pas ? C’est une blague de sa part ? Les caresses qu’elle commence à faire sur mon corps sont tout le contraire. Comment est-ce qu’elle peut dire ça ? Quelque chose s’est sûrement brisé en moi … comme auparavant. Tout ce que je sais, c’est que la Gardevoir se retrouve projetée en arrière, s’écroulant sur le sol alors que je me retrouve sur elle.

« N’INSULTE PAS HELENE ! C’EST COMPRIS ?! »

Je masse avec rage son sein droit, la Gardevoir poussant un cri de plaisir alors que je relève aussitôt sa robe blanche. Sans aucune tendresse, je rentre deux doigts en elle, remarquant aussitôt qu’elle est plus qu’humide à cet endroit.

« Espèce de chienne ! Tu ne penses vraiment qu’à ça ! »

« Ah … Ah … Continue, Ric … Continue, c’est … »

Elle n’a pas le temps de parler qu’elle se prend une violente baffe de ma part. Une part qui ensanglante sa lèvre en même temps que je presse son sein gauche. Je le retiré de sa robe, tirant avec force sur le téton alors qu’elle pousse un gémissement entre la douleur et le plaisir.

« Tu veux que je continue ? SALOPE ! Comment est-ce que tu peux insulter Helene alors que la pute entre vous deux, c’est toi ! »

« Ce … Ce n’est pas vrai ! Je … je … »

« NE ME REPOND PAS LANIA ! » hurlé-je de rage avant de la frapper au beau milieu du visage. Maintenant que j’ai deux doigts en elle, je ne me gêne pas pour donner des claques sur ses lèvres vaginales et son clitoris. De même, mon autre main ne se prive pas de griffer ses fesses sous cette robe blanche, deux doigts rentrant dans son anus. Elle pousse des petits cris de douleur mais elle ne me demande pas d’arrêter. Saleté … Saleté … SALETE !

Je la soulève de toutes mes forces, l’obligeant à se mettre debout alors qu’elle est rouge de plaisir et des coups que je lui ai donnée. Elle n’a que ce qu’elle mérite ! Elle n’a que ce qu’elle mérite cette Gardevoir ! Pourquoi est-ce que je la garde avec moi ? Elle ne m’emmène que du malheur ! QUE DES PROBLEMES !

« T’es qu’une traînée ! Tant que tu peux baiser, tu ne t’en priverais pas hein ? T’en aurais rien à foutre de savoir avec qui ! Regarde ça ! »

Je lui montre mes doigts recouverts de sa mouille alors qu’elle continue de gémir et de respirer bruyamment. Elle halète, la bouche grande ouverte avant de murmurer :

« C’est … C’est … parce que c’est toi … et personne d’autre. »


ASSEZ ! ELLE SE FOUT DE MA GUEULE ! Je la projette contre un mur avant de m’enfoncer dans ma chambre en claquant la porte. Je ferme la porte à clé. Elle n’a surtout pas intérêt à venir ! Je me couche sur mon lit, frappant du poing dans le matelas plusieurs fois à la suite. Qu’est-ce que je viens de faire ? Qu’est-ce … que je viens de faire ?

« J’ai violé … Lania. Je l’ai violé … »

J’ai du mal à croire ce que je viens d’accomplir mais je tente de raisonner correctement. Sauf qu’il est impossible pour moi d’être clair dans ma tête. Je n’arrive même pas à dormir. Je ne sais pas ce qui s’est passé. J’entends quelques sanglots de l’autre côté de la porte mais je ne me ferai pas avoir. Tout son corps a apprécié ce que j’ai fait … mais moi … moi … Je me sens mal. Je viens … Ah … Ah … Il vaut mieux que je cherche le sommeil … ou au moins à me calmer car là, je ne sais pas quoi faire. Je suis désemparé.

Chapitre 12 : Un message à transmettre

Chapitre 12 : Un message à transmettre

« Je vous avais laissé une chance auparavant. Mais visiblement, vous n’avez pas voulu la prendre. Vous auriez pu vivre plus longtemps que cela et … »

« Normalement, je m’attendais à ce que des membres de la Triafa me poursuivent et m’empêchent de vivre après notre rencontre. Mais il s’avère que ce ne fut pas du tout le cas. Est-ce que tu as une explication ? »

Je lui coupe la parole, un petit sourire aux lèvres alors qu’elle hausse un sourcil. Elle ne devait sûrement pas s’attendre à une telle réplique de ma part puisqu’elle est redescend, se posant au sol, toujours les bras croisés à hauteur de sa poitrine. Je peux maintenant l’étudier un peu plus en détails mais bon … Avec le regard de Lania qui est posé sur moi, je préfère éviter. De toute façon, pourquoi est-ce qu’elle est jalouse hum ?

« Je pensais vous laisser tranquille … mais vous ne savez pas en profiter visiblement. Dommage pour vous … Ne perdons pas de temps et je vais vous faire disparaître. »

Perdre du temps ? Ce n’était pas comme ça que j’aurais pris la chose mais qu’importe. Je préfère que ça se règle le plus rapidement possible, comme l’Altaria. Par contre, je ne sens pas … Je me sens un peu réticent à la combattre. Pourtant, avec le massacre gratuit qu’elle a commis, j’ai beaucoup de mal à ne pas la considérer comme une ennemie.


Et inversement puisqu’elle crée tout de suite des flammes qui volent en ma direction. Je me sens téléporté pour être emmené de côté tandis que Lania se retrouve déjà la hauteur de l’Altaria. L’affrontement va avoir lieu plus vite que je ne le pensais. Aussitôt, je vois le poing de la Gardevoir en train de se recouvrir de glace avant qu’elle ne tente une frappe directe sur l’Altaria. Je ne peux m’empêcher d’accompagner cela par quelques balles, évitant néanmoins les points vitaux de l’Altaria.

« Et dire que je ne sais même pas son nom ! C’est pas facile comme mission ! »

Je me parle tout seul mais ça m’aide à me concentrer. Un bref regard sur les côtés et je vois que mes deux pokémons oiseaux sont là pour épauler Lania. Tant mieux car je ne me sens pas du tout en confiance dans toute cette histoire, loin de là même. Je ne sais pas comment me rassurer … Peut-être en laissant faire les trois pokémons ?
Car je vois que l’Altaria n’a aucun mal à se battre à trois contre un même si toutes ses attaques se focalisent sur la Gardevoir. En même temps, elle n’hésite pas parfois à essayer de blesser les deux oiseaux mais ces derniers se retrouvent souvent téléportés par Lania et … Et je vois Lania qui est repoussée violemment des hauteurs pour atterrir avec force au sol.

« Idiote. A force de vouloir protéger les autres, tu n’es plus capable de te protéger toi-même. » annonce l’Altaria calmement, les deux oiseaux s’immobilisant dans les airs.


Je cours vers Lania qui gémit, se redressant avec difficultés. Une telle attaque doit sûrement lui faire atrocement mal. Dans la réalité, un simple coup suffit généralement à faire pencher la balance d’un côté et j’ai déjà l’impression que nous avons perdus.

« Ric … ne voudrait pas que ses pokémons meurent encore une fois … alors je les sauve. »

Je suis abasourdi par les propos de Lania, celle-ci ne me regardant pas puisqu’elle s’adressait à l’Altaria. Je ne sais pas pourquoi … Je ne me sens pas à ma place et pourtant, je suis le principal protagoniste de cette histoire. Je sais néanmoins ce que je dois faire … Je suis près de Lania, passant une main autour de mon ventre.

« R … Ric ? Qu’est-ce que tu fais ? » bredouille-t-elle, surprise.

« Ce que j’aurai dû faire avant même que le combat ne commence. »

D’une main agile, je reprends la clé du second bracelet dans ma poche. Au final, ça n’aura pas duré longtemps … n’est-ce pas ? Je fais tourner la clé dans le second bracelet, celui-ci tombant au sol avant que je ne le récupère. Voilà … Et maintenant …

« Mets donc une raclée à cette Altaria. D’après ce que je pense comprendre, elle est aussi … « pure » que toi à ce niveau. Ça ne devrait plus être difficile de la battre. »

« Je te trouve un peu trop présomptueux, l’humain ! »

Voilà qu’elle est en colère … Mais elle sait que j’ai raison. Une Gardevoir est normalement bien plus forte qu’une Altaria et je sens déjà la déferlante de puissance qui émane de Lania. Pourtant, d’après mes souvenirs, elle n’était pas aussi « imposante ».

« Je peux alors être sérieuse lorsque je me bats, Ric ? Mais est-ce que j’ai … »

« Non, tu n’as pas cette permission. »

Je la coupe en comprenant parfaitement ce qu’elle voulait me demander. Je ne veux pas de cela et … Voilà qu’elle se téléporte aussitôt derrière l’Altaria, celle-ci se retournant pour tenter de la contrer. Mais encore une fois, elle se téléporte, se téléporte, se téléporte sans même chercher à s’arrêter. J’entends l’Altaria qui hurle :

« MAIS TU VAS ARRÊTER UN PEU ?! Puisque tu le prends comme ça, je vais plutôt viser tes compagnons qui ne bougent pas ! »

Et elle se jette aussitôt vers moi, prête à m’écarteler. Du moins, c’est l’impression qu’elle me donne. Car comme je me mets en position pour la réceptionner et être prêt à la frapper, elle semble freiner dans ses mouvements. Un frein qui lui cause beaucoup plus de mal qu’il n’y parait puisqu’elle se prend un coup de poing de la part de Lania en plein visage.

L’Altaria se retrouve projetée en arrière et dans les airs mais elle se stoppe grâce à ses ailes. Elle a un peu de sang aux lèvres, se retrouvant aussi blessée que la Gardevoir. Autant dire que du côté de ces deux pokémons, ce n’est pas joli, pas du tout même. Mais bon, c’était ainsi que ça devait se passer et pas autrement.

« Ah … Ah … Ah … Vraiment … Il vaut mieux se méfier de Lania quand elle est en pleine possession de ses forces … du moins d’une partie de ses forces ! » s’écrit l’Altaria avec rage.

« Tu n’es pas en pleine possession de tes moyens aussi. » murmura la Gardevoir qui s’était téléportée derrière elle, ses yeux devenus complètement roses.

L’Altaria fut projetée au sol, s’écrasant avec violence sur celui-ci. Je demande aussitôt à Lania d’arrêter ça avant qu’il ne soit trop tard. Elle en a déjà trop fait ! BEAUCOUP TROP MÊME ! PUREE ! Ça ne devait pas se passer comme ça !

« Lania ! Tu as exagéré un peu ! Elle est peut-être morte ! »

« Tu … m’enterres trop vite … l’humain. » murmure l’Altaria avant de se redresser, me faisant pousser un cri de surprise. Elle n’est pas très jolie, jolie à voir. Du moins, c’est ce que j’en pense puisqu’elle est déjà en train de flotter dans les airs. Malgré ses blessures, elle garde sa prestance et sa grâce naturelle. Visiblement, elle semble encore prête à se battre et … Non. Je la vois serrer les dents.

« Pourquoi est-ce que vous ne me tuez pas ? Vous en avez facilement la force ! Je ne peux rien faire contre une Gardevoir qui m’empêche de l’atteindre et qui pourrait me geler sur place ! C’est de la pitié, l’humain ? »

« Pas du tout … Loin de là même … C’est juste que j’estime te valoir la vie … Donc comme ça, nous sommes quittes tous les deux. De même, j’espère que ça te donnera à réfléchir et … »

« LA FERME ! Ne prend pas ce ton condescendant avec moi ! Pour qui est-ce que tu te prends, l’humain hein ?! Je vais … »

« Je m’appelle Ric, tu pourrais au moins m’appeler par mon prénom. D’ailleurs, je ne connais pas le tien. Et non, je ne voulais pas être condescendant, je pensais juste qu’en tant qu’Altaria, tu étais capable quand même d’être royale et de comprendre la position dans laquelle tu es … et surtout que tu te trompes lourdement de voie. »

Elle s’arrête finalement de crier, calmée par mes propos. Pourtant, elle reste à distance, signe qu’elle n’en a pas terminé avec moi. Mais voilà, elle détourne le regard, murmurant :

« Je m’appelle Séphyria … Rappelle-toi de ce nom car tu ne seras pas prêt de l’oublier quand je reviendrai. Je n’ai pas besoin d’avoir un être pour utiliser mes pouvoirs. Je ne serai pas forcé de faire ça pour en terminer avec vous ! »

Et la voilà maintenant disparue … puisqu’elle s’envole avec difficulté dans les airs. Je préfère la laisser partir alors que j’entends Lania qui souffle avec dépit. Elle pensait en terminer avec elle mais heureusement que je lui ai dit de ne pas le faire. Je rappelle mes deux pokémons dans leurs pokéballs alors que Lania nous téléporte près de la voiture. Je ne sais pas vraiment si on peut dire que j’ai accompli ma mission. Loin de là même.

« Ric … Est-ce que j’ai été une gentille Gardevoir ? »

« Hein ? Bien entendu, mais pourquoi est-ce que tu me poses cette question ? »

Je suis en train de rouler alors que je la vois déjà … AH NON ! QU’ELLE ARRÊTE ! Elle est déjà en train de se caresser le sein droit à travers sa robe ! BORDEL ! Je pense qu’elle aurait finalement compris au fil des mois ! Mais visiblement, ça rentre dans une oreille pour sortir par l’autre ! Qu’est-ce que … Pfiou … Je dois garder mon calme et ne pas m’énerver … mais là, c’est plus que difficile.

« Tu arrêtes ça aussitôt ou alors, tu disparais de ma vie. »

« Tu me récompenseras dis ? » me demande-t-elle, stoppant son mouvement.

« Si tu arrêtes ça … J’envisagerai une récompense. Tu as été très bien ces derniers temps, évite de briser l’estime que j’ai pour toi, compris ? »

Elle hoche la tête pour dire qu’elle a parfaitement compris. Je la vois trembler et chercher discrètement à se caresser mais je lui prends la main gauche, la serrant avec force pendant quelques secondes. STOP ! J’ai dit STOP ! Finalement, elle rougit timidement alors que je reprends le volant à deux mains.

Alors que je descends de la voiture, je sens mon portable qui vivre. Je l’ouvre pour voir que j’ai plusieurs messages vocaux en attente mais surtout que l’on m’appelle en direct. C’est encore un numéro inconnu. Helene ? Sûrement ! Je décroche et avant même que je ne prenne la parole, j’entends une voix féminine :

« Monsieur Ric Auré ? Ici l’hôpital central de Landres. Connaissez-vous une certaine Helene Pradiwoski ? »

« Euh oui … Bien entendu, qu’est-ce qu’il y a ? »

« Je suis au regret de vous annoncer que mademoiselle Helene Pradiwoski nous a quitté. Nous aimerions que vous nous rejoigniez à l’hôpital le plus rapidement possible pour confirmer que ce corps est bien celui d’Helene Pradiwoski. Monsieur ? Monsieur ? »

Je ne lui offre aucune réponse. Je n’arrive pas à parler. Helene ? Helene … est morte ?