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Chapitre 133 : Des brides du passé

Chapitre 133 : Des brides du passé

« Et ? Qu’est-ce que tu veux que l’on fasse maintenant, Katérina ? »

« Que l’on se dépêche de trouver ce Mékos avant qu’il ne nous découvre. Je suis sûre que si on arrive à le buter, là, on pourra clairement faire s’illuminer le ciel pour des journées entières voire même bien plus. Beaucoup plus même ! »

« Hum … Ca ne parait pas être une mauvaise idée, loin de là même. Mais bon … Peut-être bien … J’accepte ça. On va faire comme tu viens de le dire, Katérina. Loa ? »

« Ce que j’en pense ? Oh … Je trouve que c’est une très bonne idée aussi. Pourquoi pas ? De plus, qu’importe le pokémon métallique qui se trouvera en face, ça ne changera rien. Il ne pourra pas lutter contre les flammes d’Harno. C’est aussi simple que ça. »

Au moins, elle était confiante dans ses capacités, c’était une bonne chose car on ne pouvait jamais savoir sur quoi ils allaient tomber. D’ailleurs, ce Mékos, ils n’avaient aucune idée de à quoi il ressemblait exactement. Ah … Et c’était peut-être mieux ainsi.

« Elyséa … Je suis pressé de recommencer l’entraînement cette nuit. »

« Hum ? Est-ce que tu es masochiste ? Je ne compte pas être agréable. Je pense même que tu vas souffrir. Car pour l’instant, je ne me bats pas au maximum de mes capacités. »

« Ah ? J’aurai quand même dû m’en douter de toute façon … Si tu étais seulement de cette puissance, ça aurait été dommage. »

« Oh ? Tu prétends donc que je suis faible à l’heure actuelle ? Soit … Ce soir, tu risques de le regretter amèrement, Kéran. »

Il eut un petit rire qui fit tourner les deux femmes vers lui. Pourquoi est-ce qu’il venait de rire ? Il y avait bien une raison non ? Katérina le regarda en fronçant les sourcils.

« Qu’est-ce que Swar a dit qui est si drôle ? Vas-y ! On a aussi envie de rire ! »

« Euh … Il y a vraiment pas de quoi rire. Elle ne fait que m’insulter comme d’habitude et à force, je préfère en rire qu’en pleurer. »

« … Mouais. J’ai du mal à y croire si tu veux tout savoir. Toute façon, accélérez le rythme, vous deux. Et si elle a tant de choses à dire, elle n’a qu’à sortir de toi-même pour quelques minutes, on sera « ravies » de l’entendre. »

« Je n’ai guère besoin de sortir de Kéran. Je ne vais pas m’épuiser pour ce genre de futilités. S’il y a quelque chose à me dire, je préfère encore que ça soit pendant que je suis en lui. » déclara Swar assez sèchement à Katérina.

« Tsss … Comme tu veux, je te retiens, de toute façon. »

« Hum ? Tu peux faire ce que tu veux … Tant que tu ne blesses pas Kéran, voilà tout. » souffla la voix de Swar avec un léger dédain.

« Et pourquoi je le ferai ? J’ai aucune raison de toute façon … contrairement à toi. Tu pourrais facilement le tuer si tu le désires hein ? Tu n’es qu’une pokémon. »

« Katérina ! STOP ! Elle ne ferait jamais ça ! C’est compris ?! Arrête de te battre avec elle pour ce genre de futilités ! Ca ne sert à rien ! »

« C’est juste une foutue pokémon spectre ou ténébreuse et rien de plus ! » hurla Katérina, comme vexée par les paroles de Kéran.

« Elle est bien plus que ça ! Elle est ma protectrice ! C’est compris ?! Swar est énormément importante ! Elle est vraiment importante ! Au moins autant que toi ou Loa ! Ou de mes pokémons ! C’est compris ?! Peut-être que tu détestes Dumasch mais ça, ça ne concerne que toi ! QUE TOI ! C’est compris ?! »

« … … … Tsss ! Encore à la défendre ! A se demander qui est-ce que tu préfères … »

« Ca n’a rien de comparable ! Et je ne vais pas me prendre la tête avec toi au sujet d’Ely … Au sujet de Swar ! Surtout pas ! » répliqua sèchement le jeune homme.

« Et c’est quoi ce Ely … Tu finis jamais ta phrase ! Me dit pas qu’en plus, elle t’a donné son véritable prénom ? Et puis quoi encore ? Vous me faites chier tous les deux ! Complètement chier ! Surtout cette foutue spectre ! »

Voilà qu’elle s’emportait. Elle s’était même mise à courir sans se retourner. Pourquoi est-ce qu’il fallait qu’elle complique tout ? Pourquoi ? Et puis … Ce qu’elle disait … était problématique maintenant dans le fond. Il ne savait plus trop ce qu’il devait penser à cause de toute cette histoire.

« Qu’est-ce que tu comptes faire, Kéran ? » demanda Loa en s’adressant à lui.

« Loa … Tu devrais savoir que les pokémons spectres et ténébreux sont plus que de simples pokémons. Ce sont des entités qui existaient avant nous pour la majorité d’entre eux. Ils ont une identité, une histoire. Les laisser à leur simple statut … de pokémon … Je ne peux pas. Je ne peux pas ! Swar en a fait énormément pour moi et la considérer comme une simple créature, je ne peux pas ! C’est pareil pour toi non ? Avec Harno ? Tu n’aurais jamais accepté qu’Harno soit considéré ainsi ! Harno est très important pour toi. »

« Kéran … Qu’importe la forme qu’à une personne ou une créature, certains liens ne sont jamais brisés. Je veux surtout que tu retiennes ça. Katérina n’a pas autant de chance que toi avec l’être en elle. Loin de là … Je vais aller lui parler, d’accord ? »

« Il faut surtout que l’on aille à sa suite au cas où. »  marmonna l’adolescent, peu amusé par la situation. Loin de l’être même. Swar était muette, ne disant plus rien.

« Soit alors … Commençons à courir tous les deux. » répondit la femme aux cheveux verts avant d’aller suivre Katérina pour éviter qu’elle ne mette trop de distance entre elle et eux. Kéran soupira avant de faire de même de son côté.

Pfff … pfff … Où est-ce qu’elle était ? Il ne savait pas mais ils finirent par arriver à ce qui ressemblait aux ruines d’une ancienne ville. Ou d’un ancien village car il ne voyait pas de gros bâtiments comme dans ses rêves concernant Elyséa.

« Katérina ! Où est-ce que tu es ? Ne fait pas la gamine ! Ne fait pas l’enfant ! Sors de ta cachette ! Katérina ! Aller ! T’es une grande fille non ? »

« TA GUEULE ! Je suis pas une gamine ! » hurla une voix rageuse de derrière des ruines.

« Pourtant … C’est quand même bien simple de la trouver. » déclara Kéran, Loa rigolant légèrement alors qu’il partait en direction de la voix.
Il retrouva Katérina qui était assise contre un mur en ruines, les jambes repliées vers son visage. Elle avait une petite moue boudeuse, marmonnant :

« J’ai clairement pas envie de te parler alors tu peux dégager de mon espace personnel ? »

« Je sais pas trop … Ca a l’air pas si mal que ça. Et puis, il faudrait que je te remercie. Trouver les ruines d’un village, ça peut nous être utile. Il y a peut-être des indices. »

« Des indices ? Mais j’en ai vraiment rien à battre de ce que tu dis ! Disparais de mon chemin ! De toute façon, si tu veux des informations sur le passé, c’est juste par ce que Swar t’obsède à un tel point ! Tsss ! J’ai été vraiment idiote … »

« Entre obsession et affection, ce sont deux choses différentes. Bon … Pendant ce temps, je vais aller voir ce que les ruines peuvent nous apporter. »

Il n’allait pas se battre encore une fois avec elle. Il n’avait pas la tête à ça, pas du tout même. Il avait plutôt envie d’en terminer maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Toujours trop tard. Car oui … Si les pokémons métalliques arrivaient, il ne pourrait pas chercher dans les ruines trop longtemps. Et à côté, Katérina devait comprendre que ce qu’il ressentait pour elle était différent de ce qu’il ressentait pour Swar.
Enfin … C’était ça, n’est-ce pas ? C’était différent ce qu’il ressentait ? Pfff ! Pourquoi est-ce qu’il se sentait maintenant un peu perturbé. Pourquoi ? Hum … Non … Vraiment … Ce n’était pas très plaisant. Loin de là même.
Il ne voulait pas se prendre la tête avec ça mais … ce qu’il ressentait pour Katérina, c’était différent non ? Ou alors … Etait-ce de la tendresse ? Non … Ce n’était quand même pas pareil … C’était plus fort que ça. De l’admiration ? Pour Katérina avec ses chants ? Ou Swar avec ses capacités ? Pourquoi est-ce qu’il était perturbé.

« Kéran, attention à la pierre dev… »

« AAAAAAAAH ! » s’écria le jeune homme avant de se retrouver face contre terre, son pied ayant buté contre une lourde pierre. Aie, aie, aie ! CA FAISAIT MAL ! Mais quand il rouvrit ses yeux, il remarqua un livre poussiéreux qui se tenait devant lui. Qu’est-ce que … SUPER ! C’était une excellente chose ! Il se redressa, récupérant le livre avant de crier :

« HEY ! J’ai un livre ! J’ai un livre ! »

Il espérait juste que c’était un livre important ! Pas un livre de recettes de cuisine ! Mais bon, ça … Il ne le saurait qu’en allant l’ouvrir. Et quand ce fut le cas … L’incompréhension fut visible sur son visage. Loa arriva à sa hauteur, Katérina traînant la patte.

« Qu’est-ce qui se passe, Kéran ? Tu en fais une drôle de tête. »

« Euh … Je sais pas trop comment est-ce que je devrais réagir. Je comprends rien du tout à ce qui est marqué dedans. Tu veux bien me dire si tu y arrives ? »

« Hum ? Donne-moi donc ce livre. Je vais voir si je peux comprendre quelque chose. Peut-être qu’Harno pourra m’aider aussi car je pense que Swar ou Dumasch ne voudront pas nous aider, n’est-ce pas. » répondit la femme aux cheveux verts.

« Je peux aider si cela est utile. Tant que cela ne me concerne pas. » répondit doucement Swar dans le corps de Kéran, celui-ci faisant un grand sourire.

« Tu vois, Loa ? Elle n’est pas réticente à nous donner un coup de main. » répondit Kéran bien qu’il lui donnait quand même le livre.
Katérina pesta légèrement alors que Loa était déjà en train de parcourir le livre. Elle haussa un sourcil, alors qu’il entendait la voix d’Harno qui marmonnait quelque chose à Loa. Finalement, la femme aux cheveux verts prit la parole :

« Je pense que ce n’est pas bien important mais bon … Ce n’est pas un livre comme les autres. Il s’agit d’un journal intime. Et qui peut donc nous aider. »

« Tu arrives à lire ? Est-ce que je peux essayer aussi ? »

Hum ? On ne pouvait pas apprendre comme ça mais pourquoi pas. Et puis, ce n’était pas lui qui venait de dire à l’instant qu’il n’arrivait pas à lire ? Pourtant, le jeune homme prit le livre, commençant à froncer les sourcils avant de dire :

« Je m’appelle Urgam et voici mon histoire. J’ai décidé de commencer à écrire ce journal après les évènements qui ont emmené à la destruction du monde que l’on connaissait, il y a de cela quelques années. Il m’a fallu du courage pour cela mais je ne suis pas peu fier. J’espère que ces écrits permettront aux générations futures de comprendre pourquoi en un seul instant, tout a été chamboulé en un tel point que… »

« Mais … Kéran ? Comment est-ce que tu peux … » coupa Loa, étonnée.

« Je ne sais pas. Auparavant, je n’y arrivais pas mais là … Je ne sais pas … Ca me semble si facile et compréhensible. C’est bizarre. »

« Je viens encore de perdre mon utilité. » soupira doucement Loa bien qu’elle émit un petit rire après. C’était une bonne chose que Kéran soit capable de ça bien que ça méritait quelques explications. Du moins … Elle-même se doutait un peu de la réponse. C’était Swar, n’est-ce pas ? La créature en lui qui l’aidait … Enfin non … Plus qu’une créature, c’était quelqu’un de très important pour Kéran, elle le savait.

« Et ça va nous servir à quoi ? » rétorqua Katérina.

« A savoir justement ce qui s’est passé. Ca n’arrête pas de parler de dragons mais il faut aussi que l’on sache pourquoi il y a des créatures ténébreuses et spectrales en quantité non ? Et ça, on le saura grâce à ce livre ! Voilà tout ! Enfin, grâce à ce journal ! Je pense que l’on ferait bien de s’installer ici pour la journée ! »

« Mouais … J’ai pas envie de t’écouter me raconter le récit d’un type mort il y a de cela des décennies voire des siècles. Désolée mais j’ai des trucs plus importants à foutre que ça. »

Qu’elle arrête donc d’être négative pour une fois dans son existence. Est-ce que c’était trop demander à la jeune femme ? Il se posait la question avant de se mettre à penser intérieurement, cherchant donc à communiquer avec Swar :

« Elyséa … C’est grâce à toi que je peux lire ce livre maintenant ? »

« C’est le cas. Je t’ai donné une partie de mes connaissances pour que tu puisses le lire. Ainsi, nous sommes liés tous les deux plus profondément. »

« Vraiment merveilleux … Tu sais vraiment tout faire. C’est splendide ! »

« Cessons les compliments, merci bien. Si tu veux lire, tu peux le faire. Tant que cela n’est pas une atteinte à ma vie personnelle, je peux t’épauler. » termina-t-elle de dire alors qu’il hochait la tête. Il comprenait parfaitement.

« Bon ! Bien, on va s’installer ici, puis on va partir chasser dans les environs ou voir s’il y a quelque chose dans le coin qui pourrait nous être utile comme des vêtements ou des tissus ou alors tout simplement des outils ! » s’exclama-t-il maintenant à haute voix.

« Ouais, ouais … Je vais aller fouiller de mon côté. »

« Et moi du mien ! Nous nous retrouvons ici ? » demanda Loa.

« Je pense que ça serait mieux. Comme ça, on ne se perd pas. Compris Katérina ? »

La jeune femme lui fit simplement un geste de la main pour dire que oui avant de partir sans même lui répondre. Il allait bien falloir qu’elle arrête de bouder ne serait-ce qu’un moment. Elyséa était bien plus qu’une simple pokémon. Il fallait l’accepter !

« Kéran … Arrête donc de penser à moi. »

« Je ne peux pas m’en empêcher, Ely … Swar. » souffla Kéran bien qu’il était maintenant seul, le livre à la main.

« Cela devient une fixation et mon existence n’est pas importante. »

Elle pouvait dire tout ce qu’elle voulait mais ce livre allait peut-être lui permettre de comprendre dans quel monde elle avait vécu. Un monde dont il ne connaissait que si peu de choses. Oui … Il sentait que c’était le bon moment pour en savoir plus !

Chapitre 132 : Le Grand Mékos

Chapitre 132 : Le Grand Mékos

« Kéran, depuis deux jours déjà, tu as une sacrée mine. » murmura doucement Loa, Kéran semblant plutôt fatigué. Il fallait dire qu’avec les rides sous les yeux … Enfin bon.

« Et pourtant, je ne lui ai rien fait, c’est même étrange. Comment est-ce que c’est possible ? En fait, il va aussitôt se coucher dès qu’il le peut. »

Katérina semblait un peu énervée par ses propres paroles. Il fallait dire qu’elle avait voulu changer un peu de mentalité mais voilà le résultat … Tous ses efforts étaient remerciés de la sorte alors que le jeune homme bredouillait quelques excuses :

« Désolé … Désolé … C’est juste que j’ai un peu de mal à dormir. Il faut dire qu’Ely … Enfin que … Que je ne sais pas … Je n’arrive pas à bien dormir. »

« Et Swar peut pas t’aider ? Elle sert à rien ou quoi ? Elle pourrait facilement te faire dormir au lieu de rester plantée en toi et de ne rien faire. Vraiment … Cette pokémon est inutile ! »

« … … … Peut-être. Mais en même temps, elle m’est vraiment utile. Désolé … Mais je pense que j’irai mieux demain, n’est-ce pas Swar ? »

« Nous verrons cela … suivant ce qui se passera cette nuit. »

« Que … Qu’est-ce qu’elle veut dire ?! C’est elle la responsable ! J’en suis sûre ! »

Katérina commença à s’exciter sur la place alors qu’il cherchait aussitôt à la calmer. D’un geste de la main, il caressa l’épaule non-bandée de Katérina, celle-ci frissonnant sur le moment. Il vint dire d’une voix calme :

« Mais non, mais non … Je te promets qu’Ely … que Swar m’aide grandement contrairement à ce que tu veux croire. Sans elle, je ne serai pas là en ce moment-même. »

« Et pourquoi est-ce que je devrais lui faire confiance ? Dumasch ! CONNARD ! J’ai à te parler ! T’as des pouvoirs pour t’infiltrer dans les rêves des autres ?! »

« D’abord, tu me demandes plus gentiment ce qui se passe et ensuite, je verrais si je peux t’aider. D’accord ? C’est donnant-donnant, non ? »

« Je veux … juste … savoir … si tu peux rentrer dans les rêves d’autrui ou non. Ou me faire rentrer dans le rêve d’un autre. »

« Et j’ai le droit à mon intimité ou non ? » demanda Kéran en haussant les épaules, Katérina poussant un petit grognement de colère.

« Pas vraiment non … Pas quand je suis dans les parages. »

« Bon ben … C’est triste mais ce soir, je préfère dormir dehors. » déclara le jeune homme, nullement effrayé par les propos de Katérina. Il était fini le temps où il se faisait marcher sur les pieds par Katérina. D’ailleurs, il la regarda pendant quelques instants avant de détourner le regard et d’avancer. Il n’avait pas de temps à perdre avec tout ça.

Une nouvelle journée passa et voilà que la nuit était arrivée. Il termina son repas, restant dehors alors que Loa lui disait d’une voix douce :

« Kéran, si tu préfères, tu peux dormir dans ma tente pendant que je vais dormir avec Katérina. C’est mieux que de dormir dehors, non ? Tu ne trouves pas que c’est une meilleure idée. »

« Non non … Il faut que je m’endurcisse et au moins, dans le froid, je suis sûr de pouvoir dormir correctement. Ne t’en fait donc pas à ce sujet. »

« Comme tu veux, c’était surtout pour toi que je disais ça, hein ? »

Oui, il s’en doutait. Il le savait bien mais bon … C’était ainsi et pas autrement. Il vint s’installer contre un arbre, Loa allant quand même dormir dans la même tente que Katérina pour parler avec elle. C’était compliqué, très compliqué même. Mais bon … Chaque problème avait sa solution et elle devait au moins leur être utile à ça. Car elle avait l’impression d’être simplement là pour décorer entre eux deux.

Kéran était adossé à un arbre, fermant les yeux pour plonger dans son sommeil. Encore une fois, il allait devoir s’entraîner avec Swar. Vraiment … D’ailleurs … Swar était épuisée elle aussi depuis le début. Du moins, elle ne parlait maintenant que très peu lorsqu’il était réveillé. Est-ce qu’elle se fatiguait à cause de ce genre d’apparitions ? Il allait devoir lui poser la question. Lorsqu’il rouvrit les yeux dans son esprit, ce ne fut pas le décor auquel il s’attendait.

Car oui … Ce n’était pas un décor hivernal, avec le froid et la neige … C’était plutôt autre chose. Cela ressemblait à une petite prairie, là où de l’herbe poussait avec quelques rares arbres. Pourtant, tout autour de cet endroit, il y avait de nombreux pans de pierre.

« C’était l’un des rares endroits non-touchés par le froid. Je crois qu’un Pyrax y avait élu domicile pendant des années pour permettre à la végétation de repousser. Nous devons beaucoup à ces pokémons capables de produire du feu. Sans eux, toute l’humanité et les pokémons seraient morts depuis longtemps. Chacun a sa place dans ce monde. »

Swa … Non … Elyséa venait d’apparaître dans son dos. Elle portait la même tenue que d’habitude … mais elle n’avait pas l’air belliqueuse. Loin de là… même.

« Swar ? Nous nous n’entraînons pas aujourd’hui ? »

« Non … Kéran … Même si je ne suis pas très féminine, je sais quand même reconnaître lorsque l’on fait trop d’efforts. »

« Je … Je ne vois pas vraiment le rapport, si tu veux tout savoir, Ely … Swar. D’ailleurs, est-ce que je peux te poser une question ? Si ça ne te dérange pas trop … »

« Dis toujours … Tu sais que je ne réponds que si j’en ai envie. Alors … Fais attention. »

« Est-ce que tous les spectres ou créatures ténébreuses peuvent prendre une forme féminine ou non ? Enfin … Je ne sais pas … Mais quand je te vois … »

« Une forme féminine, ça dépend. Si le spectre était une femme auparavant, bien entendu. Quant à avoir une forme humaine, cela dépend de ce que la personne était auparavant. Je pense que tout est une question de volonté. Si tu as une forte volonté, tu peux surement reprendre une forme humaine. Un peu comme les spectres qui peuvent toucher quelque chose alors qu’à la base, ce ne sont que des volutes de fumée. »

« Donc … Tu dois avoir une sacrée volonté pour que tu puisses reprendre une forme humaine et aussi pouvoir être « touchable » non ? Vraiment, quel sont tes défauts ? Je n’en trouve pas. Et je suis vraiment sincère. »

« … … … Tu peux arrêter les flatteries ? » demanda calmement Swar.

« Et pourquoi ça ? Tu n’aimes pas ça ? Tu trouves que je ne suis pas sincère ? »

« Je n’y suis pas habituée et ce n’est pas dans mon genre d’en recevoir. Alors arrête … »

« Désolé mais non … Si je suis sincère, je préfère te le dire clairement plutôt que de te mentir. Et bon … Qu’est-ce que l’on fait alors ? »

Car au final, il ne le savait toujours pas. Elle s’approcha de lui, le poussant par les épaules pour le faire tomber au sol. Qu’est-ce que … Qu’est-ce qu’elle allait faire ? Il était un tout petit peu inquiet mais pas plus que ça … C’était Swar quand même. Elle vint se coucher à côté de lui, regardant le ciel recouvert par d’épais nuages bien que le Soleil brillait légèrement. Si c’était … une scène du passé d’Elyséa, alors pourquoi n’y avait-il pas encore les spectres ? Elle murmura après quelques secondes :

« Nuit de repos. Voilà tout. Nous avons fait trop d’entraînement ces derniers jours. »

« Je pouvais donc dormir normalement, non ? Ca te causerait moins de soucis. »

« Non, pour deux raisons. La première est qu’ainsi, je suis sûre que tu ne tombes pas sur l’un de mes souvenirs. Le second, c’est que si je te laisse dormir librement, il y a une chance que tu ne te reposes pas correctement. »

« Euh … D’accord, comme tu le veux. »

« Viens par là … Ça sera plus facile. »

Qu’est-ce que … Elle prit maintenant sa tête pour la déposer sur ses genoux. Même s’ils étaient couchés tous les deux, lui se retrouvait sur ses genoux. Quand même, il avait cette étrange impression d’être en sécurité quand elle était à ses côtés.
Et puis, aussi, il avait l’impression qu’elle mentait un petit peu. Enfin un tout petit peu … Mais il ne préférait rien dire. Il remarqua qu’elle s’était mise assise, caressant maintenant ses cheveux blancs. Il murmura faiblement :

« Demain … On reprendra l’entraînement, c’est ça ? »

C’était ça. Elle ne lui répondit pas, fermant les yeux comme lui pour profiter de cette nuit.

« QUOI ?! REPETE DONC UN PEU POUR VOIR ?! »

« Je … Je … L’usine a été détruite par les humains. Leurs corps n’ont pas été retrouvés. »

Un puissant hurlement se fit entendre alors que le sol s’était mis à trembler fortement. Un hurlement qui vint se faire entendre à plusieurs kilomètres de distance. Le pokémon de métal était furieux, pire ! Il était enragé !  PIRE !

« Comment … Comment est-ce que trois humains ont pu réussir à vous faire perdre une usine que nous gardions depuis des décennies ?! Qui était en marche depuis tout ce temps ?! Vous étiez des dizaines et vous n’avez même pas réussi à éliminer trois humains ?! EST-CE QUE VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GUEULE ?! »

« Je … Je suis désolé, grand Mékos ! Mais ces humains sont tous possédés ! Il y en a même une qui possède des pouvoirs liés au feu ! On est sensé faire quoi ?! »

« CREVER POUR LES TUER ! ET COMMENT TU OSES LEVER LA VOIX ENVERS MOI ?! DISPARAIS CLOPORTE ! »

La créature qui s’était adressée à Mékos fut soudainement plantée par une imposante patte de métal. Elle fut soulevée avant d’être tout simplement dévorée par Mékos. Celui-ci observa le ciel, furieux d’une nouvelle défaite.

« Saleté … Saleté … Saleté d’humains ! ILS VONT ME LE PAYER ! Je vais détruire cette montagne s’il le faut ! JE DETRUIRAIS TOUT POUR LES TROUVER ! »

Sa gueule s’ouvrit, laissant paraître une sphère qui se transforma en un puissant rayon épais de plusieurs mètres de diamètre. Le rayon traversa les nuages, laissant paraître la lumière de la lune sur le corps de Mékos.
Celui-ci était gigantesque, une bonne vingtaine à trentaine de mètres de hauteur. Il avait quatre imposantes pattes de métal, en fait, tout son corps était fait de métal. Et ses pattes … Elles aussi étaient épaisses de plusieurs mètres. Son visage était représenté par quatre lumières rouges en croix qui formaient ses yeux. D’ailleurs, une croix de métal blanc séparait les quatre lumières.

Il ressemblait parfaitement à un Metalosse … A un Metalosse bien différent des autres rien que par sa taille mais aussi sa couleur grise métallisée. Comme si cette création avait été modifiée au fil des décennies voire des siècles.

« Je veux leur mort … QUE TOUS LES POKEMONS METALLIQUES SE METTENT A LEURS RECHERCHES ! LES DRAGONS PEUVENT ATTENDRE ! EST-CE COMPRIS ?! QU’ILS CREVENT ! »

La voix tonitruante résonna tel un ordre pour tous les pokémons métalliques capables de l’entendre. Ils devaient abandonner leurs tâches pour se concentrer sur une seule chose : la mort de Kéran, Katérina et Loa. Ses trois personnes leur causaient beaucoup trop de problèmes. Et pendant ce temps, les dragons étaient de retour, prêts à s’abattre sur ce monde une nouvelle fois. Ce monde que les spectres et les créatures ténébreuses contrôlaient.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Kéran alors qu’il se redressait des jambes de Swar. Là, déjà, le décor était en train de se modifier, comme s’il se brouillait.

« Hum … Quelqu’un essaie de te réveiller, Kéran. Ça ne va pas être possible de te regarder endormi plus longtemps. Il semblerait que ça soit important. »

« On se revoit demain alors ? Mais pas pour se reposer. »

« Tu sais que je ne disparais jamais réellement, Kéran. Je suis toujours en toi. » souffla la jeune femme alors qu’elle disparaissait de sa vue, tout devenant autour de Kéran.
Celui-ci ouvrit les yeux, remarquant le visage de Katérina alors qu’elle avait déjà une main levée, prête pour le gifler. Au moins, ainsi, il serait réveillé, non ?

« ENFIN ! Purée ! T’étais mort de froid ou quoi ? Réveille-toi ! Tu vas pas me faire croire que t’as pas entendu ce qui se passait ou quoi ? »

« Et il … se passait quoi ? » demanda l’adolescent, mettant une main sur sa bouche pour bailler. De quoi est-ce qu’elle parlait exactement ?

« On est maintenant les humains les plus recherchés dans la montagne de fer ! En fait, on est surtout les seuls mais on s’en fout ! Ce n’est pas ça le plus important ! Le plus important, c’est que Mékos vient de faire un trou dans le ciel et qu’on a entendu ses hurlements ! Il ne doit pas être très loin de nous ! C’est ça le problème ! »

« On ne sait même pas à quoi il ressemble … Je ne vois pas pourquoi tu t’inquiètes, Katérina. Ce n’est pas bien grave. Pas vraiment de quoi s’inquiéter même. »

« Je te sens un peu trop sûr de toi. Mais au moins, tu n’as pas une sale tête. Tu sembles même dormir … correctement. Du moins, tu n’as pas l’air fatigué. A croire que dormir dehors te plait plus que de dormir avec moi. » marmonna Katérina.

« Ne dit pas n’importe quoi. J’avais juste besoin de bien dormir, c’est tout. Mais bon … Vous avez entendu Mékos ? Et où est Loa ? Je ne la vois pas. »

Il s’était mis debout alors qu’il regardait autour d’eux. Rien du tout … Et les tentes étaient déjà démontées. Katérina soupira avant de dire :

« Elle fait un petit tour de garde. De toute façon, avec son pokémon, elle peut facilement se défendre. En fait, c’est la seule qui soit avantagée par rapport à nous. Et toi … Si t’as bien dormi, c’est qu’il y a eu … cette Swar non ? »

« Tu n’es pas obligé de dire cette Swar … Swar est suffisant mais oui, je crois que je me suis bien endormi grâce à elle. »

Tsss ! La jeune femme pesta légèrement alors qu’elle marmonnait quelques propos incompréhensibles. Elle allait peut-être mettre sérieusement son plan à exécution. Il suffisait juste de forcer la main à Dumasch. Car oui … C’était bien étrange depuis déjà quelques jours. Kéran … était un peu différent même.

Chapitre 131 : Rien qu’eux deux

Chapitre 131 : Rien qu’eux deux

« Je vais déjà me coucher. » déclara Kéran en s’étirant longuement, posant le plat au sol, plat dont il n’avait mangé que la moitié.

« Ce ne va pas, Kéran ? Tu es malade ? » demanda Loa alors qu’il y avait encore quelques heures, ils étaient dans l’usine. Mais cette fois-ci, ils s’en étaient sorti sans trop de problèmes.

« Je vais aussi aller me coucher. » déclara Katérina d’une fausse voix fatiguée, s’étirant à son tour alors qu’elle regardait devant elle. Hum … Vraiment … Ce n’était pas pareil, loin de là mais bon … Elle faisait très bien semblant.
Elle se leva avec lenteur alors que Kéran était déjà parti dans la tente. Néanmoins, lorsqu’elle vint à son tour dans la tente, elle remarqua que le jeune homme était déjà dans le sac de couchage. Elle s’approcha de lui, se penchant au-dessus avant de dire :

« Hey … Tu ne vas quand même pas me faire croire que tu dors déjà, Kéran. Ca ne marche pas. On ne peut pas dormir aussi rapidement. »

Elle vint lui touche le nez avec un doigt, remarquant aucune réaction. Ce n’était pas très drôle de faire autant semblant. Elle avait bien voulu … « s’amuser » avec lui après la petite session dans la rivière. Elle s’était faite un peu plaisir en s’étant imaginé le jeune homme et ses mains mais maintenant, ce n’était pas pareil. Il ne réagissait pas. Elle lui souffla que s’il ne se réveillait pas, elle ne lui ferait pas de petites gâteries. Oui … Elle était excitée … mais visiblement, Kéran ne réagissait pas le moins du monde. Il dormait … donc réellement.

« Pfff … Ce n’est pas très drôle. » marmonna la jeune femme avant de s’enfouir dans le sac de couchage à son tour. Elle plaça ses bras sur les épaules de Kéran, sa tête sur son torse avant de fermer les yeux. Comment était-ce possible de dormir aussi rapidement ?
Elle ne le savait pas mais elle allait le rejoindre au moins dans le pays des songes. Même si elle n’était pas réellement fatiguée, dormir à ses côtés ne devrait pas être trop difficile, loin de là. Elle devait facilement trouver le sommeil même.

Le jeune homme ? Lui ? Il était plongé dans l’obscurité, se retrouvant en position du fœtus alors qu’il avait les yeux fermés. Il s’imaginait … encore en train de rêver, n’est-ce pas ? Oui … mais rêver de quoi ? Est-ce qu’il allait encore plonger dans le rêve de Swar ?
Swar … Maintenant qu’il y réfléchissait bien, ce n’était pas un nom correct pour une femme. Oui … Swar ne devait pas s’appeler ainsi réellement. Comment est-ce qu’elle pouvait s’appeler en vrai alors ? Il ne l’avait jamais su … Il ne le savait pas.

« Ce n’est surement pas important. Ce n’est qu’un prénom … mais un prénom en un sens … définit une personne. Comment est-ce qu’elle s’appelle ? »

« Elyséa, est-ce que tu es encore en train de t’entraîner ? Elyséa ? »

Hein ? Quoi ? Il se retira de sa position de fœtus, ouvrant subitement les yeux. Elyséa ? Qui était cette Elyséa ? Et surtout, qui venait donc de parler ? Il regarda à gauche et à droite, sans trouver pour autant une réponse à sa question. Il était dans un pays froid, un pays très froid même. Très très froid … Trop froid peut-être.

Beaucoup trop même. Mais il ne ressentait pas le froid. Il regardait juste une femme d’une trentaine d’années, emmitouflée dans de lourds vêtements. Elle avançait dans le froid alors que la neige frappait tout son corps. Les chemins qu’elle utilisait semblaient plus que dangereux et escarpés. Il fallait qu’elle fasse attention.

Mais pourtant, elle arriva à ce qui semblait être une plaine non-recouverte par la neige … Peut-être était-ce à cause des nombreux rochers d’importantes tailles ? Mais pourtant, la neige n’était que présente en de rares points. Et au milieu de cette plaine, une adolescente aux cheveux blancs tenait une épée dans sa main. Elle avait une poitrine de taille moyenne mais surtout, c’était sa tenue. Elle ne portait qu’un simple marcel de couleur noir ainsi qu’un pantalon de toile de même couleur.

« BON DIEU ! Tu vas mourir de froid sous cette neige ! Elyséa ! »

« Ah … Je suis donc repérée … madame Valérie. » déclara l’adolescente, ses yeux bleus comme des saphirs se posant sur la femme qui se trouvait en face d’elle.

« Je t’ai déjà dit de ne pas me parler sur ce ton ! Surtout quand tu es dans cette tenue ! Arrête donc de te battre dans le vide et reviens dans la grotte ! »

« Je ne peux pas arrêter mon entraînement … Il faut que je continue de me battre et m’entraîner. Je ne peux pas m’arrêter maintenant. »

« Elyséa, je t’ordonne d’arrêter ça ! Même si tu es anormalement résistante au froid, ça ne change rien du tout à ça ! Ecoute-moi quand je te parle ! »

« Madame Valérie, vous allez attraper froid si vous ne rentrez pas maintenant. »

« RAAAAAAAAH ! Je te veux dans la grotte dans dix minutes ! »

Comme elle le désirait. Comme elle le désirait même. La femme s’éloigna, laissant seule l’adolescente qui planta son épée dans le sol, venant s’asseoir contre la lame. Le froid ne semblait même pas l’atteindre. Elle observait le ciel recouvert par la neige, murmurant :

« De toute façon … Pour qui est-ce que Madame Valérie se prend ? Pour ma mère ? Je n’ai plus personne … Plus du tout même. La seule chose qui m’importe maintenant, c’est de combattre ces dragons devenus complètement fous. Tous ces pokémons dragons … »

Elle poussa un profond soupir, semblant en proie à la tristesse et au désespoir, tout cela mêlé à un sentiment d’abandon et de solitude. Lui ? Kéran ? Il regardait juste l’adolescente. Elle ressemblait encore à Swar. Est-ce que c’était Swar ?

« Ah ! » dit-il soudainement dans un souffle.

Il venait de se réveiller dans la tente. Pourtant, il ne bougea pas, sentant une légère pression contre lui. Katérina dormait contre son torse, un petit sourire aux lèvres. Quelle heure était-il ? Sans même sortir de la tente, il sentait qu’ils étaient en pleine nuit.

« Que se passe-t-il, Kéran ? Tu sembles avoir fait un mauvais rêve. »

« Hein ? Swar ? Je … Non … Ce n’est pas bien grave, El… Swar. Je ferai mieux d’aller dormir une nouvelle fois. Ca ne sert à rien de se réveiller en pleine nuit. »

« … … … Soit. »

Pfiou. Elle n’allait pas lui poser de questions. Tant mieux. C’était tant mieux pour lui. Il avait eu peut de trop en dire et surtout d’avoir de sérieux problèmes et …

« Kéran. Je suis en toi, je peux lire dans tes pensées. Je suis capable de … »

« Désolé, désolé, Swar ! Je suis vraiment désolé ! Je … J’ai encore fait un rêve où je voyais … Enfin … Je crois que je te voyais en tant qu’adolescente. Tu … J’ai entendu aussi ton véritable prénom. C’est vrai que … »

« Swar fait penser à une épée … Swar fait penser à la guerre … C’est ainsi que j’ai vécue … Je préfère ce nom à celui que je portais … quand j’étais humaine. »

« C’était un joli prénom. Enfin … Elyséa … Je trouve ça joli, très joli. » déclara Kéran alors que Swar plongeait dans son mutisme pendant une bonne vingtaine de secondes.

« Les compliments sont sans effet sur moi, Kéran. Néanmoins, j’apprécierai que tu ne te mêles pas de mes souvenirs pour y pénétrer. Cela est un espace privé. »

« Ce n’est pas de ma faute ! Je te le promets ! Je ne voulais pas … »

« Je préfère encore que tu dormes. Dors. » déclara Swar à l’intérieur de Kéran avant que celui-ci ne plonge dans un profond sommeil.

Quel idiot … Mais quel idiot … Il était temps de lui donner une leçon. Une leçon bien spéciale même. Le jeune homme se retrouva à nouveau plongé dans le noir, ne sachant pertinemment pas où il se trouvait. Où est-ce qu’elle l’avait emmené ?

« Ce n’est clairement pas drôle, Swar. Je préfère quand même que tu me laisses sortir de ce rêve. D’accord ? Swar ? Tu m’entends ? »

« Qui a dit que cela allait être un rêve ? Et non pas un cauchemar ? »

« Car tu ne me feras pas croire que tu veux me faire du mal, Swar. Ca ne marche pas comme ça. Enfin … Swar … Je ne sais pas trop. »

« Tu ferais mieux de t’inquiéter … Vraiment … Tu ferais mieux. » souffla la voix de Swar.

« Je me demande si je ferai mieux de t’appeler Elyséa pendant que je rêve. »

« … … … Tu risques de le regretter fortement. Mais tu vas voir … où le rêve se termine pour devenir un cauchemar. Est-ce que tu es prêt à souffrir, Kéran ? » murmura Swar alors qu’il hochait la tête négativement. Puis soudainement, il se prit une violente tempête de neige en pleine face, le faisant tomber en arrière. Qu’est-ce que …

Swar ? Enfin … Elyséa était en face de lui ? Et il se rappelait de cet endroit. Il s’en rappelait parfaitement puisqu’il s’agissait de l’endroit … où elle s’entraînait ? Mais surtout, Elyséa était aussi dans la même tenue qu’auparavant quand elle était adolescente. Sauf que voilà … Un marcel pour une femme aussi joliment proportionné qu’elle …

« Même si je ne peux pas lire dans tes pensées pendant que nous sommes sous cette forme dans ton esprit, je sais parfaitement à quoi tu penses. »

« Je … Vraiment désolé … Je ne pensais à rien de mal. »

« Je ne suis pas féminine, je le sais parfaitement. »

« Hein ? Quoi ? Mais si ! C’est justement ça ! Tu es bien plus féminine que tu ne le crois ! » s’exclama aussitôt le jeune homme, confus. Elle avait pensé très mal ! Très très mal même ! Il n’avait pas pensé du tout ça d’Elyséa !

« Ne mens pas s’il te plaît … Il suffit de regarder cette tenue pour voir que je ne suis pas faite pour ressembler à une femme. Tu as pu voir dans mes souvenirs et tu as pu le remarquer … J’étais anormalement résistante au froid … Comme tant de choses en ce qui me concerne, je n’étais pas unique, loin de là … mais je n’étais pas une femme. »

« Euh … Pour moi, tu es féminine, très féminine, que tu le veuilles ou non. Même si c’est peut-être des paroles qui ne te plaisent pas, tu es féminine. »

« … … … Merci Kéran. » chuchota Elyséa, faisant un sourire des plus discrets, Kéran s’exclamant aussitôt :

« Tu vois ! Tu as en plus un joli sourire ! Vraiment un très beau sourire même ! »

« Que … N’en profite pas trop non plus, Kéran ! » s’écria Elyséa.

Et voilà maintenant qu’elle s’emportait. Où est-ce qu’elle n’était pas féminine ? Hein ? Il y avait erreur de jugement là ! Non mais … Que … Tiens ? Pourquoi est-ce qu’elle faisait apparaître une épée dans sa main ?

« Fais donc de même de ton côté … Kéran. Tu as la possibilité de faire apparaître une épée. »

« Mais … Pourquoi est-ce que je le ferai ? Je veux une bonne raison car sinon, je préfère encore refuser si tu veux tout savoir. Pourquoi est-ce que je ferai ça ? »

« Car c’est là que ton cauchemar va commencer, Kéran. Un douloureux cauchemar même. »

« Qu’est-ce que … tu veux dire par là ? Tu me fais un peu peur, tu sais. »

« Oh … Rien de bien spécial … sauf que tu vas avoir le plus éreintant des entraînements depuis que tu es né. Tu risques de le regretter amèrement … Oh que oui … J’espère que tu es prêt, mon petit Kéran. » termina-t-elle de dire dans un souffle.

… … … Quand elle disait cela, il n’avait pas vraiment l’impression d’être rassuré. C’était même plutôt le contraire. Le petit Kéran était effrayé. Il fit apparaître une épée, la serrant dans ses mains avant de reculer.

« Kéran … Tu voulais en savoir plus à mon sujet, n’est-ce pas ? »

« Euh … De ton passé … Oui … Enfin … J’aurai aimé en savoir plus … si tu veux bien. »

« Si tu arrives à me battre, un jour, alors, je t’en dirai plus. » déclara finalement Elyséa avant de foncer vers lui. Un premier coup d’épée vint percuter la lame de Kéran puis en même temps, elle lui donna un coup de pied dans le ventre. Aussitôt, le jeune homme pouffa, la femme prenant son bras grâce à son autre main libre. Elle le tira vers lui, Kéran tombant la tête contre la poitrine d’Elyséa avant de se retrouver projeté au-dessus d’elle pour atterrir violemment au sol. Elle vint se mettre assise sur lui, plantant sa lame à côté de son visage.

« Je … Hey ! C’était de la triche ! Je … Je n’étais pas prêt ! »

« Nous avons tout notre temps … Kéran … Oh que oui. Tout notre temps … Mais j’espère que tu vaux mieux que ça hein ? Tu ne voudrais quand même pas trahir mes attentes, n’est-ce pas ? Tu n’es pas du genre à décevoir les autres ? »

« NON ! Il en est hors de question ! »

« Tant mieux … Tu ne veux pas me décevoir … C’est ce que je voulais entendre. »

Et lui … Il ne voulait pas souffrir ! Il ne voulait pas souffrir ! Pas souffrir ! Pourquoi est-ce qu’il subissait ça ?! Lorsqu’il fut réveillé par Katérina qui le secouait légèrement, il avait des rides de fatigue sous les yeux, la jeune femme lui demandant :

« Qu’est-ce que … Tu as fait un mauvais rêve, Kéran ? »

« Je … Ah … Je me sens mal … Vraiment exténué … Je ne comprends pas pourquoi … »

« Et moi donc ! Enfin bon … Relève-toi … ou tu veux que je te redonne un peu de quoi te mettre sur pied le plus rapidement possible ? »

« Et comment est-ce que tu vas faire ce miracle ? » demanda-t-il avant qu’elle ne place une main sur l’entrejambe du jeune homme, le caressant longuement.

« Je ne sais pas … Je ne pense pas que tu sois du genre à ne pas réagir à ça … non ? Peut-être que si je m’attarde un peu plus sur … »

« Euh ! C’est bon ! C’est bon ! Je suis réveillé, Katérina ! » s’exclama Kéran.

Il était rouge de gêne mais surtout excité par Katérina. Le problème ? C’est qu’après ce rêve avec Ely … euh Swar, il avait eu quelques pensées assez incorrectes par rapport à sa protectrice. Et là, il faisait le plus grand vide dans son esprit pour ne plus y penser. Mais quelle idée de porter une telle tenue pour se battre aussi hein ? C’était … difficile à ignorer quand elle était aussi proche de lui !

Chapitre 130 : De drame en drame

Chapitre 130 : De drame en drame

« Ca ne va pas être simple de s’enfuir mais ce n’est pas important ! On ne fait pas dans la simplicité ! Lili, je retiens quand même ta superbe idée ! »

Il avait déclaré cela sans méchancetés alors qu’elle semblait un peu confuse. Pourtant, il devait lui sourire, la rassurer en lui faisant un grand sourire. Ce n’était pas forcément … une mauvaise idée que de détruire l’usine. Sauf que voilà, les créatures métalliques ne voulaient pas les laisser partir. Certaines s’exclamèrent :

« On va vous enterrer vivants ! Ces corps de métal seront assez solides pour supporter l’effondrement de l’usine mais vous … Simples êtres de chair et de sang, vous allez mourir ! Mais pas forcément à cause de l’usine ! »

Ah bon ? A cause de qui alors ? Il avait envie de poser cette question mais il préféra s’en abstenir, une aura noire émanant autour de son arme. Il devait se concentrer … Ce combat l’avait un peu perturbé mais surtout, ils avaient parlé de dragons. Ces dragons … C’était bien les fameuses créatures dont il avait déjà entendu parler ?

Mais bon, pas le temps réellement de se concentrer là-dessus. Il regarda Loa qui avait carbonisé tout simplement le pokémon qui avait pris la parole. Elle n’y allait pas avec le dos de la cuillère, n’est-ce pas ? Mais bon, c’était normal … parfaitement normal même. Il fallait partir le plus rapidement d’ici. D’ailleurs, il donna comme consigne :

« Ne vous préoccupez pas des pokémons métalliques ! Pas du tout même ! Cherchez surtout un moyen de sortir de là ! Lili, j’espère que tu peux quand même nous téléporter ! Lala ? Pareil ? Car on va avoir besoin de vous deux ! »

Les deux jumelles hochèrent la tête tandis qu’il regardait. Il fallait trouver un endroit où les flammes n’étaient pas encore présentes car oui … Maintenant, c’était des flammes qui parcouraient l’usine alors que les machines à l’intérieur étaient devenues folles ou presque. Que du bonheur en perspective ! Oui !

« Ne les laissez surtout pas s’échapper ! C’est compris ? SURTOUT PAS ! »

Hum ? Et sinon, qu’est-ce qu’ils allaient faire ? Tenter de les arrêter ? Ca ne servait à rien. Néanmoins, il n’avaient pas encore assez d’informations au sujet des dragons. Ils pouvaient peut-être les forcer à en parler un peu plus

« Et si vous nous disiez un peu quelques trucs au sujet des dragons ? Avant que vous ne mouriez une seconde fois, qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Kéran … Je n’approuve pas ce genre d’idées. Ne demande pas ça. » murmura Swar à l’intérieur de l’adolescent alors que celui-ci haussait les épaules.

« Ce n’est pas grand-chose, c’est tout simplement pour me renseigner puisque tu ne veux pas m’en parler, Swar. Il faut bien avoir d’autres sources d’informations, non ? »

« … … … Non, tu n’en as pas besoin, Kéran. » continua de dire l’être en lui alors qu’il poussait un léger soupir. Pfff … D’accord, d’accord. De toute façon, les pokémons métalliques ne l’écoutaient pas, ne cherchant qu’à l’attaquer.
Mais Katérina était à ses côtés, n’hésitant pas à utiliser ses pieds pour repousser les pokémons ennemis sur leurs congénères. D’ailleurs, elle n’avait pas mal au pied en frappant de la sorte ? A cause de son bandage, il n’avait … jamais vu ce qui se trouvait dessous ? D’ailleurs, il aimerait bien voir ça un jour.
Mais là, ce n’était pas le moment. Lili et Lala repoussaient les attaques psychiques de quelques pokémons métalliques qui avaient eux aussi ce genre de pouvoirs. Elles n’avaient pas de grosses difficultés, peut-être était-ce à cause de leurs apparences différentes des autres Gardevoirs et Siderellas ? De son côté, Lorno soulevait différents morceaux de métal pour les envoyer dans la tête de leurs adversaires.

C’était aussi simple que ça … et c’était drôlement efficace en même temps. Mais ce n’était pas suffisant, loin de là. Ils devaient quitter cette usine ! Il commençait à faire drôlement chaud ! Autant Loa ne semblait pas avoir de problèmes car Harno était un pokémon utilisant le feu à la base, autant lui, il était en train de suer !

« Kéran, quand on sera sortis d’ici, on ira se laver, tous les deux ! »

Hein ? Quoi ? C’était Katérina qui venait de lui proposer ça ? C’est vrai qu’elle aussi, elle était en train de suer mais pas autant que lui. Enfin bon … Ce n’était pas bien important non plus mais quand même … Enfin bref …
Il n’était pas du tout contre ça. Se laver avec elle ? Ca serait plutôt intéressant. Enfin, ça ne lui déplaisait pas le moins du monde. Ohla … Pas du tout en fait. C’était même une très bonne idée quand il y réfléchissait.
Ca lui plaisait bien … Hahaha … Il fit un grand sourire à Katérina, celle-ci le regardant avec un peu d’étonnement. Qu’est-ce qu’elle avait dit de spécial ? AH ! Et merde ! Elle avait dit une chose vraiment absurde en y réfléchissant bien !

« Te fait pas d’illusions mon gros ! C’est pas ce que tu crois ! »

« Je … Je ne pensais à rien du tout, Katérina. » murmura le jeune homme, galvanisé par cette nouvelle alors qu’ils cherchaient la sortie de l’usine.
C’était bien drôle mais il valait mieux quand même se concentrer. Se concentrer sur la fuite ! BON SANG ! Ils n’étaient pas encore partis ?! Et là, il avait aussi quelques blessures sur le corps ! Mais d’ailleurs, il n’avait jamais vu … Katérina complètement nue ? Enfin … Ils avaient sauté quelques étapes puisqu’il avait vu … enfin … la double particularité de Katérina mais quand même. Enfin bon …
« Faudrait quand même que l’on commence correctement. J’ai l’impression que l’on fait n’importe quoi avec tout ça. »

« Kéran, ne parle pas à voix haute, surtout quand ce sont des pensées personnelles. » souffla Swar doucement alors qu’il hochait la tête, sa lame s’enfonçant dans le crâne d’un Metang.

Pfiou … Il y avait encore du boulot ! Et pas qu’un peu ! Il y en avait beaucoup même ! Mais il commençait à être un peu fatigué quand même. Il méritait de se reposer. Katérina poussa soudainement un hurlement, s’écriant :

« BON ! J’en ai ma claque de la gentille fille ! VAIS TOUS LES BUTER CES CONS ! DEGAGEZ DE MON CHEMIN ! Je n’ai pas besoin de vous ! »

Cette fois-ci, tout son corps faisait émettre une aura noire alors que le jeune homme rigolait. Bon … Il n’allait pas l’empêcher d’avoir une petite colère. Mais maintenant, il fallait aussi se méfier du plafond. Car oui … Le plafond était en train de s’effondrer.

« Lili ! Téléporte-nous sur les chemins en hauteur ! MAINTENANT ! »

Les chemins en hauteur ? Comme ceux avant que les pokémons ne les remarquent ? OK ! Elle les téléporta, aidée par Lala alors qu’ils se retrouvaient maintenant en hauteur. Pourquoi est-ce qu’ils n’y avaient pas pensé plus tôt ?

« Pourquoi perdre du temps à chercher une sortie hein ? Pourquoi ? »

« Euh … Car il faut partir avant que ça ne dégénère non ? » répondit Katérina en haussant les épaules, Kéran faisant un petit geste positif avant de reprendre :

« Je pensais plutôt … à ce que l’on fasse notre propre sortie. Nous avons les pokémons pour ça. Même si ça risque de faire un peu mal … Je vais avoir besoin de tout le monde. Harno … Enfin … Loa … Tu peux cracher des flammes sur le mur ? Pendant ce temps, nous te couvrons … Et tu nous préviens quand le mur est en train de fondre. »

« Comme tu le veux … Enfin, je crois … Je ne vois pas où tu veux en venir. »

En fait, personne ne savait où il voulait en venir. Pendant ce temps, ils étaient en train de repousser les rares pokémons métalliques qui fonçaient vers eux. Oui … Il fallait aussi se méfier du plafond. Peu à peu, le mur commença à fondre, Loa criant :

« C’est bon, Kéran ! Mais ensuite ?! Qu’est-ce que tu veux faire ? »

« Pousse-toi, Loa ! Sarène ! Refroidis-moi ça très rapidement ! Je veux que ça gèle ! »

Mais qu’est-ce qu’il était en train de faire ? Sérieusement ? Les deux femmes ne comprirent pas tandis que la Stalgamin s’exécutait. Peu à peu, le métal liquide s’était mis à geler, Kéran ayant un grand sourire aux lèvres. Il était temps maintenant.

« LORNO ! BRISE-MOI CA ! »

AH ! Maintenant, elles comprenaient ! Le mur fragilisé par sa fonte puis son gèle vint se briser en mille morceaux, laissant une sortie se profiler à l’horizon. Bien entendu, il y avait le sol qui était à plusieurs mètres plus bas mais là, ce n’était pas un problème.

« Lili ? Lala ? Vous nous téléportez ? » demanda finalement Kéran alors que les deux pokémons s’exécutèrent. Derrière eux, l’usine était en train de s’effondrer peu à peu.

Ils étaient maintenant … hors de danger, n’est-ce pas ? Il regarda l’usine qui s’effondrait, poussant un léger soupir. C’en était terminé. Ils allaient pouvoir souffler ? Mais quand même … AH ! Katerina se jeta sur lui au niveau de son cou :

« Purée ! Comment est-ce que tu as eu une telle idée hein ? C’est pas dans tes habitudes. »

« Ca m’est venu sur le moment. Je te le promets … Je ne pensais pas que ça … »

« Je paries que c’est encore Swar qui te l’a soufflée ! Tu ne peux pas penser à ça d’habitude ! T’es pas assez malin pour ça ! » reprit la jeune femme aux cheveux argentés.

« Nullement … Mais il semblerait que Kéran … se rappelle d’un mauvais souvenir. » souffla Swar sans expliquer ce qu’était ce mauvais souvenir.

Il se gratta le sommet du crâne avec un peu de gêne. C’est vrai … Il fallait dire qu’il avait pensé … comment dire … A ses séances de torture mais aussi à celles des autres personnes. Certaines qui avaient été marqué au fer … Il avait vu comment le métal fondait … puis quand il était trempé dans l’eau pour le refroidir. Là, il avait fait quelque chose de plus direct et violent, c’était tout. Rien de bien impressionnant.

« On ferait mieux de partir. Car je suis sûr qu’ils nous attendaient à la sortie de l’usine si nous arrivions à en sortir. Néanmoins, ce n’est pas le cas. »

« Ils vont croire que nous sommes morts pendant quelques temps puis se remettre à notre poursuite. Nous ferions mieux de nous en aller, oui. » confirma Loa.

Mais maintenant … C’en était terminé. Il rappela tous ses pokémons sauf Lili, celle-ci allant avoir une petite discussion avec lui mais surtout leur permettre de se téléporter ailleurs. Néanmoins, il fallut plusieurs minutes pour qu’ils fussent téléportés en sécurité.

Et … Ils purent enfin souffler. Tant mieux … Même si Kéran était assez déçu de la tournure des évènements. La raison principale fut qu’il n’avait rien appris de spécial dans cette usine alors qu’il espérait réellement que … qu’il en apprendrait plus.

« Kéran, pourquoi est-ce que tu désires … tant en savoir au sujet de ce passé ? Vous n’avez … non … Pas vraiment … Ce n’est pas … »

« Car je veux simplement mieux connaître ce que tu étais auparavant. Pas seulement … Mais bref, car tu es importante car tu es en moi. »

… … … Swar resta plongée dans son mutisme, ne parlant plus. Il avait encore dit une imbécilité. C’était si important … de savoir ce que le passé avait donné ? C’est ça ? Pourquoi ? Pourtant, il y avait tellement de choses … qu’il n’avait pas besoin de connaître.

« Kéran ? Me dit pas que tu es encore en train de parler avec Swar ! »

« Non non … Pas du tout. Je réfléchissais à quelque chose. J’ai pas l’habitude de donner des idées de la sorte et donc, je suis un peu fatigué. C’est bête mais bon … Il faudrait trouver un ruisseau ou une petite rivière si possible. Enfin, de quoi se nettoyer. »

C’était la moindre des choses. Les trois personnes vinrent marcher, Lili à leur côté tandis que tous les autres pokémons avaient été rappelé dans leurs noigrumes. Kéran observait la Gardevoir et ses bras. Ca semblait aller mieux. En fait, elle avait même réussi à se soigner malgré la douleur. C’était … une bonne nouvelle non ? Du moins, pouvait-on le dire ainsi ?

Il ne savait pas vraiment … Ah … Ils trouvèrent finalement une rivière, Katérina le regardant pendant quelques secondes, comme pour attendre quelque chose de sa part. Il mit un peu de temps à comprendre avant de sourire, faisant un geste de la main :

« Non … Non … C’est bon, Katérina. Tu peux y aller en première. »

« … … … Comme tu veux, Kéran. » répondit tout simplement la jeune femme.
Elle ne semblait pas déçue. Elle acceptait pleinement les paroles de Kéran. D’ailleurs, celui-ci avait signalé à Lili que ce n’était plus bien grave maintenant. Il la rappela dans sa pokéball, ne se préoccupant plus de ce problème. Oui … Pour le moment …

« Kéran ? Tu ne devais pas aller te laver avec Katérina ? » demanda Loa, ne semblant pas gênée plus que ça par ses paroles en ce qui concernait l’intimité entre les deux autres personnes. Kéran fit un petit sourire, disant :

« Je pense que ça peut attendre. Mieux vaut ne pas trop brûler les étapes non plus. »

« Comme tu le conçois, c’est simplement une petite remarque de ma part. »

« Je pense qu’il vaut mieux quand même … être patient. Si je précipite trop les choses, ça ne se passera pas bien entre elle et moi. »

Soit … Il était libre de ses décisions. Elle n’avait pas à juger ces dernières. C’était à lui et seulement à lui de choisir si oui ou non, il devait progresser rapidement avec Katérina. La jeune femme aux cheveux verts fit un sourire avant de murmurer :

« Nous devrions monter la tente maintenant, le temps qu’elle se lave. »

Il confirma les paroles de Loa, l’aidant à faire ceci. De son côté, pendant qu’il montait la tente, il réfléchissait … Il réfléchissait encore. Cette … race des dragons. Il n’en avait jamais vu auparavant, n’est-ce pas ? Même pas dans les livres ou autres.
Comme si cela évoquait une entité disparue … Et pourtant, une entité qui allait revenir sur le devant de la scène. Ah… A quoi est-ce qu’ils ressemblaient ? Si les spectres et les pokémons ténébreux étaient inquiets, est-ce qu’ils étaient des alliés ?

« Ils ont été … corrompus. »

« Hein quoi ? Que … Swar ? »

Il avait entendu la voix féminine dans sa tête. Corrompus ? De qui est-ce qu’elle parlait ? Elle avait lâché cette phrase sans même plus d’explications. Maintenant, il en voulait plus ! Il en voulait encore plus ! Il allait trouver le moyen … d’en savoir plus !

Chapitre 129 : Souffrances nécessaires

Chapitre 129 : Souffrances nécessaires

« Bon … Alors … Nous devrions combattre, n’est-ce pas ? »

Il avait murmuré cela avec lenteur en fixant les personnes en face de lui. Puisqu’il en était ainsi … Que ça se fasse alors. Il amorça le premier mouvement, courant vers l’un des Metang, donnant un coup d’épée qui ricocha contre la carapace de métal du pokémon. Hum ? Visiblement, c’était plus résistant que ça. Mais d’habitude, ça suffisait quand même à briser non ? Qu’est-ce qui clochait ?

« Kéran, prends donc un peu sur toi, d’accord ? Tu es hésitant et ce n’est pas dans tes habitudes, n’est-ce pas ? »

« Swar … Je pensais juste que tuer des personnes innocentes … qui étaient possédées, c’est mauvais, très mauvais même. Imagine si Sélia aurait voulu me tuer si elle savait que j’étais possédé, non ? Qu’est-ce que tu crois qu’elle aurait fait ? »

« Surement cela … Je le confirme … Mais ce n’est pas le moment de penser à elle, Kéran. Kéran … Ah … Qu’est-ce qui se passe avec toi, mon petit Kéran ? »

Il vint rougir violemment aux dernières paroles de Swar. Entendre ce genre de propos était gênant, vraiment très gênant même quand même. En fait, il ne s’était même pas attendu à ça mais visiblement, cela avait fait son effet. Le nouveau coup d’épée dans le corps du Metang vint le trancher en deux alors qu’il reculait après le coup. Il avait réussi … mais en même temps … Il se sentait maintenant un peu mal.

« Bon … Vous dégagez tous ou je dois vous mettre mon pied au c… dans le derrière ?! »

Katérina avait elle aussi hésita mais pas pour les mêmes raisons que lui. Il fallait dire qu’elle venait tout simplement de corriger ses propos. Elle aussi semblait vouloir changer. Bon … Ce n’était pas le moment de se concentrer sur ça, loin de là même.

Ses pokémons. Il était en train de les observer pour voir comment ils se débrouillaient. Il y avait juste la Stalgamin qui avait quelques soucis pour se battre. A côté, Lorno et Lala faisaient de l’excellent travail d’équipe tandis que Lili était encore plus maligne que les autres. Si ses pouvoirs psychiques ne marchaient qu’à moitié sur les pokémons métalliques, elle avait d’autres méthodes pour les combattre.
Elle utilisait ses pouvoirs psychiques pour briser quelques machines plus que dangereuses ainsi que leurs lames avant de tout simplement les envoyer directement sur ses adversaires. Ces derniers, bien que résistants, souffrent atrocement à cause des coups. C’était une bonne technique. Mais le plus efficace restait du côté de Loa.

« Visiblement, j’ai vraiment de la chance de t’avoir à mes côtés, Loa. »

« Hum ? Un compliment en plein combat, Kéran ? Tu sais que ce n’est pas forcément une bonne idée de me distraire. Mais je sais où tu veux en venir. »

Car oui, avec ses flammes, elle pouvait faire facilement consumer … voire même fondre les pokémons ennemis. Autant dire que ce n’était pas très joyeux mais au moins, c’était efficace, très efficace même. Mais Katérina ? Elle utilisait ses pouvoirs liés à Dumasch avec une facilité déconcertante. Il vint combattre à côté d’elle, murmurant :

« Katérina … Tu n’as jamais peur des personnes que tu tues sans même … t’interrompre ? Je veux dire par là … Comment dire … Enfin bon … »

« Exprime-toi un peu mieux. Tu me déconcentres en plein combat, Kéran. Et quand tu as fini avec tes questions, j’en aurai aussi à t’en poser de mon côté ! »

« Je … Tu n’as jamais une pensée pour les personnes innocentes que tu tues ? Du moins, les personnes possédées qui sont innocentes. Tu n’y penses jamais ? »

« Personne n’est innocent dans ce monde. Que tu le veuilles ou non, si des personnes se font possédées par des pokémons spectres ou ténébreux, c’est qu’elles le méritaient ! »

« … … … Katérina, nous sommes tous les trois possédés. Enfin, moi, ça ne me dérange pas, Loa non plus. » souffla Kéran alors que Katérina crachait au sol. Elle donna un puissant coup de pied sur le côté droit d’un Terhal, l’envoyant contre une machine utilisant une lame circulaire Le pokémon émit quelques éclats avant d’être coupé en deux, une fumée noire en sortant, un pokémon spectral décédant une seconde fois à ses côtés.

« Ouais et ? Si je suis possédée, c’est que je le méritais. Pareil pour toi. J’ai pas de remords pour ça. Il n’y a aucune délivrance pour les personnes possédées, AUCUNE ! Que tu le veuilles ou non, on le sera à jamais. On est maintenant au bon vouloir de mademoiselle la spectre et monsieur l’imbécile. »

« Je … D’accord. Si tu le prends comme ça … Je vais continuer à combattre. »

Même s’ils combattaient avec une facilité déconcertante les nombreux pokémons métalliques, il était quand même un peu inquiet. Il ne savait pas comment l’exprimer mais il était inquiet. Il y avait tellement de créatures. Et ces pokémons … n’étaient que des pokémons. Il avait même plutôt peur pour sa Stalgamin.

« Kéran. C’est à moi de te poser une question, je peux savoir ce qui te prend depuis quelques heures ? Et puis, ces grognements, c’était quoi ? »

« Je veux juste que tu apprennes à canaliser ta colère. Mais aussi tes insultes. Je veux juste enfin … que tu sois plus douce et calme. Enfin … Je ne te demande pas d’être la gentille fille de service mais Lili ne veut pas être féminine et une Gardevoir. Je voudrais juste que tu lui serves de modèle. Que tu lui montres que l’on peut avoir une personnalité et être une femme. Mais je veux aussi que … tu … AH ! »

Il avait été surpris par un pokémon métallique, roulant sur le côté mais Katérina avait poussé un cri, plantant ses deux lames dans le corps du pokémon de métal avant de le soulever et de le projeter sur ses congénères. Elle hurla :

« TOUCHEZ A KERAN ET JE VOUS BUTES ! C’EST CLAIR ?! »

« Katérina … Je pensais que tu devais mieux te contrôler … non ? »

« Je … Je … Enfin bon … Ce n’est pas pareil non plus ! Quand tu vois ça … Enfin … Je ne peux pas laisser faire ça, c’est tout. »

Il émit un petit sourire, la jeune femme rougissant très légèrement alors qu’elle paraissait embarrassée. Il valait mieux ne pas continuer là-dessus. Il ne voulait pas la mettre en colère Bon ! Ses pokémons, qu’est-ce que ça …

AH ! SARENE ! SARENE ETAIT ENTOUREE PAR DES POKEMONS ! Il commença à courir à toute allure, esquivant les différents pokémons métalliques alors que ceux autour de la Stalgamin s’étaient déjà préparés à la tuer.

Mais il remarqua Lili qui venait de se téléporter, deux lances se plantant dans ses bras, es traversant complètement. Il cria le nom de sa pokémon mais celle-ci ne semblait souffrir qu’à moitié, repoussant le Lancargot sur son voisin avant de faire enflammer ses poings. Elle frappa tous les pokémons autour d’elle alors que du sang s’écoulait de ses bras. Kéran arriva à la hauteur de ses pokémons, Lili se tournant vers la Stalgamin.

« Lili ! Je t’avais dit de … Enfin non … Je ferais mieux de te remercier. Mais maintenant, tu en as assez fait ! Je ne peux pas laisser ça se faire plus longtemps ! Reviens dans ta noigrume ! Sarène, il en est de même pour toi ! »

Mais ces deux pokémons ne l’écoutèrent pas. Non … Lili semblait même fixer ses bras menus et troués en deux points. Elle semblait avoir une idée en tête. Une idée vraiment sinistre. Qu’est-ce qu’elle comptait faire ? Elle se téléporta subitement, arrivant auprès d’une machine constituée de plusieurs lames d’acier et qui était en marche.

« Lili ! Je peux savoir ce que tu fais ?! »

« Gardevoir … Gardevoir … Garde … » commença à dire la pokémon à voix haute avant qu’une voix féminine ne se fasse entendre dans la tête de Kéran : « Je … ferai mieux de parler comme ça. Je vais juste m’occuper de ça … définitivement. »

Qu’est-ce qu’elle … Elle extirpa deux lames grâce à ses pouvoirs psychiques, les combats s’arrêtant à moitié alors que tous les pokémons métalliques se préparaient déjà à riposter au cas où. Il valait mieux que …

« GAAAAAAAAAAAARDE ! »

C’était de la folie ! De la pure folie ! C’était quoi ce qu’elle était en train de faire ?! Les lames … Elle venait de se les enfoncer sous la peau et une imposante aura rose émanait de ses bras, comme si elle cherchait à faire fusionner … les lames à ses bras. Mais elle était en train de saigner avant de s’écrouler à genoux. Des lames … Elle venait d’enfoncer des lames d’acier au niveau de ses bras … Des lames ? C’était juste de la folie …

« Elle est folle. Elle est vraiment folle. Elle l’est … »

« Maintenant, je vais pouvoir mieux protéger ma sœur et mon maître. » murmura la Gardevoir dans un message mental aux trois humains et aux pokémons présents.

MAIS C’ETAIT … Juste … Juste … Il resta stoïque alors qu’il regardait ce qui se passait. La Gardevoir sortit ses deux lames hors de sa peau sans que pour autant elles tombent. Elles semblaient vraiment avoir fusionnées avec sa peau mais tout cela était simplement dû à ses pouvoirs psychiques. Sans hésitation, les lames furent entourées d’une aura rose alors qu’elle tranchait avec facilité les différents pokémons métalliques.

« Ca marche … mais c’est juste de la folie … juste de la folie. »

« Elle est vraiment bizarre cette Gardevoir. J’ai jamais vu ça auparavant. » souffla Katérina, prenant quelques secondes de repos alors que les combats s’étaient arrêtés brièvement.
Tous avaient été étonnés voire même choqués par ce qu’elle venait de faire. Mais ce n’était pas seulement à cause de ça, loin de là même. Enfin … Il valait mieux se concentrer sur ce qu’il fallait faire. Et il fallait recommencer à se battre.

« Sarène, reste près de moi. Oh et puis zut ! Je sais ce que je vais faire ! »

Il souleva la Stalgamin, la plaçant sous son épaule gauche. Il avait juste besoin de se battre avec sa main droite, rien de plus ! Il n’avait rien à craindre de toute façon ! Rien du tout ! Tout allait très bien se passer ! Lala et Lorno se débrouillaient très bien ensembles.

« Pffff ! Tu ne pourras pas combattre correctement avec elle dans tes bras, Kéran ! Donne-la-moi ! Je vais pouvoir m’en occuper plutôt. » déclara Katérina alors qu’il faisait un hochement de tête négatif avant de dire :

« N’oublies pas que tu n’as pas tes mains disponibles aussi. Ne t’en fait pas pour moi … »

« Justement, je m’en fais un peu trop et c’est problématique ! Alors, ramène-là dans sa noigrume ! Elle ne peut pas se battre contre autant de pokémon, Kéran ! »

« Elle le sait parfaitement mais elle fait des efforts pour ça … n’est-ce pas, Sarène ? »

« Stalga. » murmura doucement la pokémon.
Voilà, il en était maintenant convaincu. Alors … Il valait mieux ne pas perdre plus de temps que ça et se concentrer sur tout ce combat. Mais il était vrai que ça allait le déranger un peu. La Stalgamin crachait néanmoins quelques pieux de glace, cela permettant au jeune homme de profiter du faible aveuglement des pokémons métalliques pour les tuer.
Mais il y en avait toujours … Il y en avait toujours trop … Beaucoup trop même … Beaucoup trop. Ils en avaient peut-être battu une trentaine voire une quarantaine mais ils étaient encore trop nombreux. Et là, quelques blessures paraissaient sur Katérina et Kéran. Loa, elle, n’avait aucun souci pour se battre. Lala et Lorno semblaient se débrouiller très bien. Lili faisait tout simplement un carnage avec ses nouveaux jouets … Et quand il pensait au carnage, ça ne concernait pas seulement les pokémons métalliques possédés mais aussi le décor. Elle était en train de ravager tout ce qui se trouvait autour d’eux.

« Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle ne peut pas se calmer un peu ? »

« LILI ! Arrête donc ! C’est bon ! Tu en as assez fait ! » hurla Kéran.

Mais elle ne l’écoutait qu’à moitié, continuant son travail de sabotage et autant dire qu’il était efficace, vraiment très efficace même. En fait, il y avait même un peu de feu … Oui, elle venait de mettre le feu à l’usine ?!

« Je pense que cela sera suffisant. Cette usine n’aurait jamais dû voir le jour … ou continuer. » murmura la pokémon dans un message mental, terminant de se téléporter pour arriver à côté de Kéran.

« Mais tu n’aurais pas oublié une chose ? Nous sommes dedans ! Je tiens à te le signaler ! Et … surtout … Comment est-ce que tes bras vont ? »

« Ils vont très bien. A part une douleur permanente, je vais juste attendre que ma peau fusionne avec les lames. Ca sera ainsi. C’est possible et … »

« Tu es une imbécile, est-ce que tu le sais, Lili ?! »

« Je voulais devenir une Gallame … Protéger ma sœur … Et ce n’est pas avec cette robe et ces petits poings chétifs que j’aurai pu le faire. »

Elle marquait un … Non. Elle ne marquait pas de point. Ce n’était pas du tout le cas même. Lui-même n’était pas forcément costaud mais … Non … Il avait changé. Mais il n’y avait pas besoin de s’infliger une telle souffrance pour en arriver jusque-là ! C’était tout simplement une bêtise ! Enfin … Elle pouvait tellement faire avec son corps à la base.

Pas besoin de le défigurer … mais il devait l’accepter. Il devait accepter ce qu’il voyait. Il l’avait fait avec Katérina, elle n’avait jamais voulu ça. Il devait l’accepter avec Lili … même si c’était de la folie.

« LES IMBECILES ! ILS VONT DETRUIRE L’USINE ! On va faire comment quand les dragons se ramèneront ?! Mekos est grand et fort ! MAIS IL A BESOIN DE TOUT CA ! »

« Et tu veux que je te dise quoi ? Je ne suis pas devin moi ! Je ne sais pas et je m’en fous ! Moi, je veux surtout me barrer de là ! »

Au moins, comme ça, c’était fait. Par contre … Il venait de bien entendre quelque chose : les dragons ? Les dragons allaient se ramener ? Il murmura à Katérina :

« Katérina … Est-ce que tu crois qu’ils … disent la vérité ? »

« Sur les dragons ? Y a des chances, tu ne vois pas comme ils ont peur. Pourquoi ils mentiraient sur le coup ? Mais je ne sais pas trop ce que les dragons ont de si important. »

« Je ne sais pas non plus … mais je crois qu’on ferait mieux de partir. »

Mais comment faire ? La téléportation n’allait pas être possible et en même temps, certains pokémons métalliques étaient toujours prêts à se battre voire même à se sacrifier pour qu’ils périssent. Les fous … Mais aujourd’hui, c’était vraiment une sale journée ! Une très sale journée même ! Il valait mieux terminer tout ça le plus rapidement possible !

Chapitre 128 : Face aux Dragons

Chapitre 128 : Face aux Dragons

« Et maintenant, qu’est-ce que l’on fait, gros malin ? Puisque tu as une réponse à tout ? »

Il ne répondit pas à Katérina, l’ignorant complètement. Elle amorça un mouvement vers lui, prête à se mettre à colère mais dès l’instant où elle rapprocha sa main, il émit un grognement sonore, caractéristique qu’il ne voulait pas être embêté.

« On fait ce que je dis et on se la ferme, c’est tout. On va être discrets, d’accord ? »

Même si elle ne l’était pas, ça ne faisait rien. Son avis ne l’intéressait pas le moins du monde. Loin de là, même. Il voulait juste voir ce que cette usine contenait. Et pour le moment, ils n’en savaient rien du tout. Ils avancèrent peu à peu, Katérina étant à la hauteur de Loa.

« Qu’est-ce qui se passe avec lui ? Tu l’as foutu de mauvais humeur ou quoi ? Si c’est le cas, ça va pas le faire, j’ai pas envie d’avoir un chieur avec moi et … »

« Hum ? Et pourquoi penserais-tu que le problème vient de moi, Katérina ? » demanda Loa avec une petite pointe d’ironie, accélérant le pas pour passer à côté de Kéran. Elle lui fit un sourire qu’il lui rendit, Katérina restant stoïque et sur place.

« Hey … Mais qu’est-ce qu’ils foutent tous les deux ? C’est quoi ce délire ? J’ai besoin d’une explication ! C’est pas normal tout ça ! Pourquoi est-ce qu’il ne lui fait pas la gueule ? »

« Car c’est peut-être juste envers toi qu’il veut la faire et personne d’autre, qu’est-ce que tu en penses ? De toute façon, ça ne me concerne pas plus que ça. »

Dumasch aussi avait décidé de se taire, restant muet alors qu’elle était restée sur place. C’était quoi ce bordel ? On ne lui parlait pas ainsi ! On ne s’amusait pas de la sorte avec elle ! CA NE LUI PLAISAIT PAS DU TOUT MÊME !

« Et voilà … Tu vas encore t’excitée pour rien. Tu es si prévisible. »

« Et je suis sensé faire quoi ? Être toute gentille et mignonne ?! Ça ne marchera pas comme ça ! Te fout pas de ma gueule ! Je suis pas comme ça, Dumasch ! » cria-t-elle en elle-même, seul Dumasch pouvant l’entendre.

« Tu veux un conseil de ma part ? Un véritable conseil hein ? Boucle-la. Mets-la en veilleuse, cherche un moyen de te calmer et sois plus agréable. Ce n’est pas difficile et pourtant, on pourrait le croire en te voyant. »

Elle … Elle … Elle allait l’écraser s’il continuait. Elle allait l’écraser s’il continuait ! Elle allait le briser s’il continuait et puis … Et puis … Et puis …

« Depuis quand … tu te permets de me donner … des conseils ? Toi ? »

« Depuis le moment où je ne peux pas m’empêcher de vouloir te faire saigner les lèvres pour que tu te taises. Est-ce que tu comptes t’arrêter maintenant ? » demanda doucement Dumasch alors qu’elle plongeait dans son mutisme. D’accord … C’était comme ça et pas autrement.

Mais elle ne se sentait pas mieux pour autant. Kéran et Loa l’attendaient, les deux personnes se demandant ce qu’elle faisait tandis qu’elle arrivait à leur hauteur. Et maintenant ? Maintenant, ils allaient tout simplement se montrer très discrets.

Très discrets car ils n’étaient pas seuls, loin de là même. Il y avait plusieurs personnes … enfin, plusieurs pokémons. De nombreux pokémons de métal. Beaucoup de Terhals et de Metangs d’après ce qu’ils pouvaient remarquer. Mais il n’y avait pas que ça, loin de là.

« Dépêchez-vous, normalement, les humains ne devraient plus trop tarder ! On doit préparer le maximum de métal pour Mékos ! »

« Et on en fait quoi des armes préparées ? Ils seront bientôt de retour selon Mékos ! »

« Ce que l’on fait ? On prépare et on se tait ! Nous ne sommes pas concernés dans la montagne de fer ! Tant que l’on ne quitte pas cet endroit, on n’a rien à craindre ! »

« A craindre … A craindre … Même ces pokémons de métal ne serviront à rien face à eux, j’en suis sûr et certain ! »

Ils étaient tous en train de parler, dialoguer sans même remarquer que Kéran et les deux femmes étaient en train de les écouter. De qui est-ce qu’ils parlaient ? Enfin de qui ou de quoi ? Ils seront bientôt de retour ? Si les spectres et les créatures ténébreuses avaient peur de ça … Puisque dans le fond, ce n’était pas les pokémons de métal directement qui pensaient ainsi mais les créatures qui les possédaient.

« Swar … Est-ce que tu as une idée de qui est-ce qu’ils parlent ? »

« J’en ai bien une … Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Et j’espère réellement que je me trompe. Pourquoi après tout ce temps, ils auraient décidé de réagir ? »

« De qui est-ce que tu parles, Swar ? Tu ne veux pas en parler plutôt ? »

« Je ne préfère pas … Question de sécurité. Moins tu en sauras à leurs sujets, mieux tu te porteras. C’est une question de priorité, Kéran. Si tu en sais trop, tu risquerais de faire l’imbécile à ton habitude et je ne peux pas te laisser aller directement à la mort. »

Mais de qui est-ce qu’elle parlait ? Ca commençait à devenir un peu inquiétant. Elle craignait vraiment quelqu’un ou quelque chose ? Comme ces spectres qui étaient dans les pokémons de métal ? Peut-être … Mais bon … Maintenant ? Il regarda Katérina et Loa avant de reprendre la parole sur un ton qui se voulait rassurant :

« Nous allons passer à côté d’eux et continuer notre chemin. »

« On ne les combats pas alors ? Si ce n’est pas nécessaire, ça serait mieux. » dit Loa.

« Ca serait mieux oui … Au cas où … Car on ne sait pas à quoi s’attendre et puis, combattre toute une usine, ce n’est pas vraiment ce qui me plaît si tu veux tout savoir. D’ailleurs, je pense que je vais faire plutôt ça. » souffla Kéran avant de sortir Lili. La Gardevoir fit son apparition, le regardant longuement. « Lili, tu vas nous servir de transport. Tu vas nous téléporter dans les zones où il y a le moins de monde et … »

« Kéran, je sais que cette technologie t’es inconnue mais regarde donc vers le fond à droite. Il faut que je vous explique quelque chose. »

Quelque chose ? Mais quoi ? Elle prit le contrôle de la main de Kéran, désignant un objet métallique accroché au plafond avec l’épée du jeune homme. Cet objet tournait de gauche à droite et avait une petite partie en verre.

« Cela s’appelle une caméra. Elle est capable de vous repérer et de transmettre l’information à un autre endroit. En clair, cela ressemble à un éclaireur très développé capable de prévenir tout le reste de notre présence. C’est pourquoi il faut que vous fassiez attention. »

D’accord ! D’accord ! Le message était très bien passé ! Faire attention à ne pas se faire repérer par ces machines. Il se tourna vers Lili, celle-ci ne semblant même pas l’écouter. Elle pointa une main vers la caméra, la fermant subitement alors que la caméra se brisait en morceaux, les morceaux restant dans les airs en train de flotter avant de doucement toucher le sol pour ne pas émettre de bruit.

« Lili … Heureusement que l’on avait dit de ne pas se faire repérer, hein ? »

« Gardevoir. » répondit tout simplement la pokémon en haussant les épaules. Pfff … Vraiment. Il tapota doucement le sommet du crâne de la Gardevoir. Comme elle n’allait pas trop bien ces derniers temps, il pouvait bien lui pardonner ça.

Mais en même temps, il n’allait pas perdre de temps. Il fallait se déplacer … Ils parlaient de créatures effroyables et Swar était au courant. Dumasch l’était aussi. Pendant qu’ils se déplaçaient, ils regardaient les différentes machines.
Certaines s’affaissaient sur des plaques de métal, les aplatissant comme de vulgaires … Enfin non. Ce n’était pas le moment de regarder. Surtout que lui-même ne comprenait rien à toute cette machinerie. C’était vraiment un endroit hors du temps.

« Les gens vivaient vraiment avec tout ça auparavant ? Ca devait être … surprenant quand même. Je me demande comment ils faisaient … »

« La vie était beaucoup plus simple auparavant. Mais en même temps, les humains étaient des assistés notoires. Ils avaient tout en main sans même se fatiguer. Cette météorite a au moins eu du bon … en soi. »

Cette fois, ils dialoguaient à cœur ouvert, à voix haute, pour que Katérina et Loa puissent entendre aussi. Entendre l’amertume des propos de Swar. D’ailleurs, elle reprenait :

« Au moins, dans ce monde actuel, même si vous devez vous battre pour survivre, la majorité des humains ont le mérite d’exister. Ils travaillent main dans la main … Ils n’ont besoin que de leur propre personne et de leurs amis. Les outils ne sont pas aussi développés qu’auparavant et c’est tant mieux. »

« Je … D’accord, Swar Je vois … Je vois … ce que tu veux dire. »

Non, il ne voyait pas du tout. Et elle le savait puisqu’elle lisait dans ses pensées en ce moment même. Mais il faisait tout pour la rassurer. L’imbécile … C’était vraiment un imbécile qui ne pensait à rien d’autre qu’aux autres.


Oui … Pourquoi ne pensait-il pas à lui-même plutôt pour une fois ? Non ? Elle ne savait pas … Mais elle sentait qu’ils étaient téléportés plusieurs fois de suite, s’enfonçant de plus en plus dans l’usine jusqu’à ce que finalement, ils arrivent à ce qui semblait être le centre.

« A partir de là, Lili, tu te montres discrète. Nous avons réussi à ne pas nous faire voir … par … les caméras, c’est ça ? Je crois que c’est bien le nom utilisé par Swar. Donc pour l’instant, on avance tout doucement, d’accord ? »

« Pas de problèmes, tant qu’on avance, moi, le reste, je m’en bats les couilles et … Hum … Pardon. Je n’aurai pas dû dire ça comme ça. »

Katérina … venait de dire quoi ? Des excuses ? Il la fixa plusieurs secondes pour être sûr d’avoir bien entendu. C’était bizarre … très bizarre même mais bon. Il allait la féliciter pour ça. Il l’embrassa subitement sur la joue avant de dire :

« Ce n’est pas bien grave, Katérina. Maintenant, on y va. »

… … … C’était comme ça que ça se passait si elle se montrait agréable et gentille ? Elle avait le droit à un baiser sur la joue ? Ce n’était pas … une vilaine récompense mais en même temps … Elle ne devait pas se montrer faible. Pas du tout.


Mais … Si quelques fois, ça pouvait être le cas et ensuite … Hein ? Qu’est-ce que ? Elle venait de donner un petit coup de pied dans un objet métallique. Qu’est-ce que c’était ?

« Katérina, rattrape rapidement cet écrou ! » dit Swar à l’intérieur de Kéran.

Cet écrou ? C’était quoi ce dont elle … AH ! C’était ça ?! Elle venait de remarquer l’objet métallique qui passa par-dessus bord, percutant un pokémon au-dessous.

« Qu’est-ce que ça veut … DES INTRUS ! LES HUMAINS SONT LA ! LES HUMAINS SONT LA ! » hurla le pokémon.

« Et zut … Je … Comment … »

« Ce n’est pas de ta faute, Katérina. Tu ne pouvais pas savoir. »

Pas savoir du tout même. Il vint lui caresser le dos du crâne pour la rassurer. Elle n’avait pas à s’en faire. Pas du tout même. Tout allait bien se passer d’accord ? Tout allait très bien se passer même. C’était ainsi …

« Et maintenant qu’ils savent que nous sommes là … Allons-y ! »

Il sortit ses noigrumes, les projetant au sol pour faire apparaître toutes ses pokémons. Et ensuite ? Il saut tout simplement dans le vide, faisant un grand sourire aux différents pokémons métalliques, tenant Swar … Ah non … Son épée dans sa main.

« C’est la première et dernière fois que vous mettrez les pieds dans cette usine. »

« Ah bon ? Sinon ? Qu’est-ce que vous allez nous faire ? »

Il répliqua cela dans un sourire alors qu’il se tenait face à plusieurs Metang. Tous étaient possédés. Il se demandait d’ailleurs une chose mais il valait mieux en parler avec Swar.

« Est-ce qu’il est possible d’abattre une créature à l’intérieur même d’une personne ou d’un pokémon ? Ou alors … Est-ce que … »

« Tu es trop gentil, Kéran. Beaucoup trop gentil … Mais c’est ça qui te rend spécial. Mais il est déjà trop tard pour eux. Les pokémons métalliques peuvent vivre des décennies, voire des siècles. Mais pas forcément leurs âmes … Il y a des chances qu’ils ne soient plus que des carcasses manipulées par les pokémons en eux. »

« Ah … Zut alors … Je pensais quelque chose … Enfin … Quelque chose de stupide … » souffla Kéran en baissant la tête, un peu confus.

« Non … Tu es juste trop sensible, Kéran. »

Mais être trop sensible était problématique. Il se sentait un peu moins souriant là … d’un coup. Et les pokémons en face d’eux le prirent pour de l’inquiétude puisqu’ils rigolèrent à leur tour.

« Alors … Maintenant, on a peur ? Vous ne pouvez pas vous enfuir. Toute cette usine est sous notre contrôle ! Vous ne pouvez guère vous en aller ! Des dizaines et des dizaines de pokémons métalliques vous entourent ! »

Et alors ? Tout ce qu’il voyait maintenant, c’était les pokémons spectres et ténébreux à l’intérieur de ces pokémons métalliques. C’était la seule chose qu’il voyait … Un Archeomire fonça vers lui, Kéran plantant sa lame dans son corps avant de cligner des yeux. Il retira aussitôt sa lame, un peu apeuré avant de dire :

« C’est … C’est le pokémon que possède Sélia. Enfin … Le même … »

« Tous les pokémons métalliques sont sous notre contrôle ! TOUS ! »
Qu’est-ce qu’il devait comprendre ? Que Sélia était en danger ou non ? Non … Son pokémon métallique n’était pas possédé mais sur le coup … Il avait eu l’impression de le tuer.

Il devait se ressaisir. Il se donna une petite claque sur le côté pour bien se réveiller alors qu’il regardait les deux jeunes femmes. Katérina avait déjà ses armes qui étaient sorties tandis que Loa avait maintenant Harno en elle, la couleur de ses cheveux confirmant cela.

« Lili … Lala … et les autres, je compte aussi sur vous. Je ne suis pas sûr que le métal soit résistant aux pouvoirs psychiques mais bon … »

Mais bon … Ils étaient au beau milieu d’une usine en état de marche, entourés par des pokémons mais aussi des machines plus que dangereuses !

Chapitre 127 : Refus d’accepter ce corps

Chapitre 127 : Refus d’accepter ce corps

« Pourquoi tu me regardes comme ça, Kéran ? Je peux savoir ? »

« Car tu es toute belle, Katérina. » déclara le jeune homme en souriant, Katérina pestant légèrement avant de lui donner un coup de poing derrière le crâne.

« La drague à deux balles, ça marche pas comme ça, chez moi. Je vaux bien mieux que des paroles que tu peux balancer aux petites minettes. »

« Car tu es sublime ? » reprit Kéran, se prenant un second coup derrière le crâne en gémissant un peu de douleur. Aie, aie, aie. Bon, il devait arrêter de se moquer d’elle sinon, elle risquait de très mal le prendre, aie, aie, aie.

« La prochaine fois que tu dis de pareilles conneries, c’est tes couilles qui risquent d’être brisées, c’est compris ? Alors, si tu veux pouvoir les utiliser un jour, je te conseille de t’arrêter maintenant, Kéran. C’est compris ? Ou tu veux que je te fasse un dessin ? »

« Je pense que c’est parfaitement compris, Katérina. Pas besoin d’utiliser la force, tu sais … Je comprends très vite si on m’explique calmement. »

Oh … Il avait encore la force de l’ouvrir ? Il n’avait vraiment pas peur qu’elle lui éclate le dentier hein ? Elle craqua ses doigts les uns après les autres, faisant un bruit sinistre mais il fut plus rapide qu’elle, prenant sa main pour l’interrompre. Elle fut surprise mais se laissa faire. Derrière eux deux, Loa était avec Harno, le pokémon et l’humaine les regardant.

« Tu ne les trouves pas mignons, Harno ? N’est-ce pas ? » Qu’est-ce que tu en penses ? »

« Je t’avoue que les relations humaines ne m’intéressent plus depuis tellement de temps. Mais ça, tu le sais parfaitement, n’est-ce pas ? Ne me jette pas ce regard. Tu sais bien … »

« Que quoi ? Si tu as quelque chose à dire, j’aime bien quand tu t’exprimes clairement, Harno. Non ? Je préfère grandement que ça soit ça … Alors … Que veux-tu dire ? »

« … … … Rien du tout, je suis désolé, Loa. Je ne le pensais pas … sincèrement. Pardon. »

« Je préfère ça, Harno. Tu sais aussi bien que moi quelles sont les relations entre un pokémon spectral ou ténébreux … et un humain, non ? »

« … … … Je le sais parfaitement. Comme cette relation entre nous deux. Pourquoi est-ce que tu mets ça sur le tapis maintenant ? Est-ce que tu penses que Swar est quelqu’un d’aussi important pour Kéran que je le suis pour toi ? »

« Je ne crois pas qu’elle l’ait remarqué … mais cela semble si facile pourtant à lire. Je suis sûre que dans le fond, elle doit s’en douter … ou l’espérer. »

« Je ne suis pas dans l’âme de Swar pour comprendre cela. Néanmoins … Si elle est vraiment ce que l’Absol disait, nous avons une alliée de grande force, très grande force. »

« Ne juge pas les autres selon leur puissance, Harno. » termina de dire Loa.

Quelques heures passèrent et il fut l’heure d’aller déjeuner au beau milieu de l’après-midi. Encore cette fois, il avait été le chasseur mais il avait été accompagné par Katérina qui ne voulait pas le laisser seul. Loin de là même. Néanmoins, il était temps aussi de sortir tous ses pokémons pour les nourrir.

« Voilà … Il y a normalement à manger pour tous. J’espère que ça vous plaira à tous. »
Mais aucun de ses pokémons ne faisait la tête. Du moins … Presque aucun. Car oui, il remarqua que la Gardevoir semblait songeuse. Très songeuse même. Qu’est-ce qu’il avait avec Lili ? Il s’approcha d’elle, lui demandant dans un petit sourire :

« Ce n’est pas bon, Lili ? Ca ne te convient pas ? »

« Garde … Gardevoir ? » dit la pokémon, s’adressant à lui dans un petit sourire à son tour.

« Oui … C’est ce que je te demande. Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as à peine touché à ton assiette. Ce n’est pas dans tes habitudes, tu dévores toujours tout d’habitude. »

« Gar … Gardevoir. » répondit Lili, se frottant le bras en détournant le regard. Ca semblait la gêner d’en parler, Katérina et les autres les regardant tous les deux.

« Puis entre nous, d’habitude, tu es une vraie teigne et là, t’as l’air toute mignonne et douce. »

« GARDEVOIR ! GARDE GARDE ! » s’écria la pokémon, comme blessée par les paroles.


Est-ce qu’elle ne pouvait pas lui parler par la pensée ? Ca serait bien plus simple quand même. Il se demandait même s’il pourrait la comprendre. Pourtant, une voix sortit de son corps, s’adressant à la Gardevoir :

« Lili … Si tu veux t’exprimer correctement, utilise la télépathie pour t’adresser à Kéran. »

La … télépathie ? Elle ne l’avait jamais fait auparavant. Comment est-ce que ça marchait ? Elle fixa longuement Kéran, le regardant de ses yeux dorés. Elle fronçait un peu les sourcils avant qu’une voix féminine ne vienne dans l’esprit de Kéran :

« Maître … Kéran ? C’est bien … comme ça que ça marche ? »

« WOWOW ! Ca … Ca marche ! » s’écria Kéran, sursautant sur le coup alors que Loa rigolait. Il semblait si étonné et surpris que c’en était touchant. D’ailleurs, il reprit sur un ton un peu charmeur : « Je ne savais pas que ma Gardevoir avait une aussi jolie voix dans le fond. Ca change un peu des « Gardevoir, Gardevoir ». Lala, tu es capable de faire pareil ? »

« Siderella. Side … Siderella. » répondit l’autre pokémon en hochant la tête.

« Je me demande quelle voix tu aurais aussi et … AH ! Lili ! Qu’est-ce qu’il y a ? »

« … Je … ne … VEUX PAS ÊTRE MIGNONNE ! »

Le message avait été tellement puissant qu’il se retrouva un peu projeté en arrière. La Gardevoir le regardait avec un peu de colère, tremblante sur elle-même. Qu’est-ce qu’il avait dit de mal ? C’était un compliment, un compliment quoi ! Il avait l’impression d’avoir affaire à une seconde Katérina mais en version pokémon.

« Je peux savoir ce qui t’a pris, Lili ? Pourquoi est-ce que tu réagis comme ça ? »

« Je ne veux pas être mignonne ! Cette robe est vilaine ! Je ne vais pas réussir à me battre ! Et pourquoi est-ce que je porte une robe comme ça ? Et puis, je ne vais pas pouvoir réussir à frapper les autres pokémons s’ils nous attaquent. »

« Euh … Rien ne t’en empêche. Tu ne vas quand même pas me dire que tu te trouves trop féminine et que ça te dérange ? Euh … Si ce n’est que ça … Regarde Katérina. »

Qu’est-ce qu’il y avait avec Katérina ? La Gardevoir posa son regard sur la jeune femme aux yeux dorés, celle-ci la fixant à son tour. Elle n’aimait pas trop être observée.

« Regarde, elle est très féminine mais tu sais pourtant que c’est une vraie teigne non ? Alors, qu’est-ce qui t’empêche de l’être ? Tu es une jolie Gardevoir. »

« Mais je ne veux pas être jolie ! Je … Enfin je … »

« Il le faut bien. Car si ta sœur a réussi à avoir un amoureux, toi aussi, tu en auras un, un jour. Non ? Alors, il faut que tu te prépares à cela et je … »

« Je ne pense pas du tout à ça ! Moi, je veux juste protéger les personnes que j’aime, que ça soit mon maître Kéran et puis ma sœur et son amoureux ! Moi, j’ai pas le temps de penser à ça ! C’est tout ! Voilà tout ! »

Elle était encore plus mignonne quand elle disait ça comme ça. Il vint doucement lui caresser le sommet du crâne, la faisant rougir. Maintenant qu’il était devenu plus fort, ce n’était pas vraiment vrai ce qu’elle disait. Du moins, ce n’était pas correct.

« Je n’ai pas envie que tu te blesses pour moi. Et tu n’as surement pas besoin de ça, d’accord ? Reste comme tu es naturellement et je pense que ça sera parfait. »

« Mais je suis ça ! Je suis une combattante naturellement et puis, je ne veux pas être une Gardevoir ! Je préférai être encore une Gallame ! »

Une Gallame ? Il en avait vu peut-être un ou deux durant toute sa vie. Et encore, l’un lui avait laissé un mauvais souvenir puisque cela avait été pendant … la session de torture. Un Gallame … c’était l’évolution uniquement masculine d’un Kirlia mais il ne savait pas comment ça se faisait exactement. Il n’était pas trop au courant.

« Reste comme tu es. Tu es très bien en tant que Gardevoir et très mignonne. On peut être belle et rebelle. Il suffit de voir Katérina. »

Elle ne savait pas comment réagir aux dernières paroles de son dresseur. Elle avait cru comprendre une pointe humoristique mais le soupir féminin de la part de Swar lui avait fait penser que c’était le contraire. Mais bon … Elle ne voulait pas devenir féminine.

Le reste du repas se passa dans le silence, Katérina lançant quelques regards à moitié furieux envers Kéran. Il fallait dire que ce dernier avait maintenant une fâcheuse habitude … de ne plus parler. Ainsi, elle commençait à se douter de quelque chose.

« Tu ne savais donc pas que les personnes possédées et les pokémons en elles peuvent dialoguer par la pensée ? Comme le ferait un pokémon psychique ? »

« Ta gueule, je ne veux surtout pas entendre de commentaires venant de ta part, c’est compris ? J’ai rien à apprendre de ton côté et … »

« Oh ? Pourquoi est-ce que tu me parles ainsi ? Est-ce que tu ne serais pas un peu … jalouse ? C’est vrai qu’il peut avoir une conversation privée avec elle, au contraire d’avec toi. »

« Tu veux vraiment que je te bute, salopard ?! »

Elle aussi s’était mise à parler intérieurement avec Dumasch. Mais tout simplement car ce dernier lui prenait la tête comme à son habitude ! SALOPARD ! SALETE ! Elle avait envie de l’étriper ce petit connard de merde ! Et elle entendait le rire tonitruant au fond d’elle ! Elle était la seule à l’entendre ! LA SEULE !

« MAIS TA GUEUUUUUUUUUULE DUMASCH ! »

« Hein ? Quoi ? Pourquoi tu t’énerves, Katérina ? » demanda Kéran alors que Loa et Harno s’observaient. Dumasch avait encore fait des siennes ?

« J’en ai marre ! Z’avez fini de manger ?! On se barre d’ici ! Et toi … Kéran, si tu continues à parler avec Swar sans que ça soit en voix haute, je te bute aussi ! C’est compris ?! »

« Hey, hey, hey … Je suis désolé. Je ne pensais pas que ça t’embêtait. »

« MAIS MERDE ! CA M’EMBÊTE ! CA M’EMMERDE ! C’EST PLUS CLAIR ! »

D’accord, d’accord ! Il avait parfaitement compris … Enfin, presque … c’était comment … Pfff … Il n’aimait pas quand elle hurlait. Il fit une petite moue dépitée, regardant ses pokémons. Sa Stalgamin était restée bien muette tandis qu’il hochait tout simplement la tête. Elle s’approcha de lui, Kéran essayant de sourire.
Il n’aimait pas quand ça s’emportait comme ça … aussi facilement que ça. Ce n’était pas possible d’avoir une journée au calme et tranquille ? Non ? Une simple journée bien calme et tranquille … C’était vraiment tout.

« Katérina, Kéran est libre de converser avec moi comme il le désire. Je ne le force pas à dialoguer avec moi. Nous avons des choses à nous dire après tout ce temps, que cela plaise ou non, qu’importe ce que tu en penses. Si avec ta mauvaise humeur, tu fais perdre celle qui est bonne de ceux autour de toi,, tu es priée de ne plus parler. »

« Swar, je … Pas besoin de mettre de l’huile sur le feu, s’il te plaît. Elle bouillonne déjà assez de colère … Je pense que c’est suffisant. »

Il ne regarda pas Katérina, sachant pertinemment dans quel état elle était. Oui … C’était mieux de ne pas regarder. Pas du tout. Il attendit que le repas soit terminé avant de rappeler ses pokémons. Loa s’approcha de lui, posant une main sur son épaule tout en soufflant :

« Ca va ? Tu as l’air plutôt patraque. Ne t’en fait pas, elle est assez jalouse. Il faut dire que maintenant, avec Swar, vous allez être plus intimes qu’auparavant. »

« Je ne pense pas que ça soit une bonne nouvelle, tout ça … »

« Tu devrais pourtant. Il faut que Katérina arrive à contrôler son tempérament, sinon, ça va être invivable pour toi. Montre des limites, impose-en s’il le faut. »

« En imposer à Katérina ? Me montrer assez sec envers elle ? » demanda Kéran alors que Loa hochait la tête positivement.
Se mettre en colère envers Katérina ? Est-ce qu’il pouvait réellement le faire ? Il était quand même un homme. Peut-être que … Oui … Ca serait possible. Il devait juste montrer de quel bois il se chauffait, voilà tout.

Enfin bon … Maintenant, ils s’étaient remis en route, Harno étant le premier à remarquer un bâtiment au loin. Un bâtiment avec plusieurs cheminées sur son toit. Un bâtiment qui était entièrement fait de métal à l’extérieur mais surtout dont des grondements sourds se faisaient entendre. Qu’est-ce qui se trouvait à l’intérieur ? Ils n’allaient pas tarder à le savoir puisque Kéran fit un mouvement rapide et accéléré pour s’y rendre.

« Swar, est-ce que tu sais ce que ça peut être ? »

« Bien entendu … Il s’agit d’une usine. Un endroit où l’on produit différents objets nécessaires à la construction d’objets plus grands. »

« Je ne suis pas stupide non plus, je sais ce qu’est une usine … Enfin un bâtiment de construction. Mais est-ce que ça ne te parait pas bizarre ? »

« Hum ? Le plus bizarre est surtout le fait que l’usine semble être en état de marche. »

« Est-ce que je dois me … »

Il arrêta de parler alors qu’il voyait Katérina à côté de lui. Elle émit un grognement de colère, signe qu’elle n’appréciait pas ce qu’il faisait. Il lui répondit par un grognement plus fort, avançant plus vite en la laissant derrière lui.

« Tiens … Vous vous êtes mis à parler le même langage on dirait bien. » déclara Dumasch.

« Ta … Ta gueule … toi. »

C’était quoi ça ? Ce qu’il venait de faire ? Elle le vit pénétrer dans le bâtiment alors que Loa passait à côté d’elle. Harno s’infiltra dans la jeune femme aux cheveux verts, prête à épauler Kéran. Ils ne savaient pas à quoi s’attendre là-bas mais c’était une mesure de précaution nécessaire. Une usine … qui était en état de marche après tout ce temps ?

Chapitre 126 : Tendres relations

Sixième axe : La destruction de mon monde

Chapitre 126 : Tendres relations

« Bonjour, Katérina. » murmura Kéran alors qu’il tenait la jeune femme contre lui, celle-ci lui tournant le dos tandis qu’ils étaient couchés tous les deux dans la tente. Il avait les mains posées sur son ventre nu, le caressant doucement alors qu’elle marmonnait :

« Je veux rester comme ça encore quelques minutes. Il a l’air de faire froid dehors. Je ne veux pas bouger. C’est compris ? Me force pas à bouger. »

Elle ne faisait que gesticuler dans ses bras, reculant légèrement pour bien appuyer son fessier contre les hanches de Kéran. Celui-ci émit un petit rire un peu gêné, bredouillant :

« On va quand même éviter d’être excités à cette heure-ci, d’accord ? »

« Ah ouais ? Et pourquoi ça ? Si mon corps a envie d’être excité, je le laisse faire ! »

Oui mais bon … Lui-même n’avait pas envie d’être trop excité or avec ce qu’elle faisait … Ce n’était pas vraiment … Enfin, c’était justement problématique. Et elle savait parfaitement qu’elle lui faisait de l’effet puisqu’elle bougeait son arrière-train de haut en bas et de gauche à droite. Finalement, il retira ses mains pour reculer un peu, Katérina grognant légèrement.

« Bon … Je vais aller prendre un peu l’air pour me calmer, ça ne peut me faire que du bien. »

« Tsss … Couille molle, t’as une érection et t’es même pas capable de t’en occuper. »

« Disons plutôt que je préfère ne pas m’en occuper, hein ? Et fais attention à toi, tu es aussi très excitée, Katérina. Ca dépasse un peu. »

Il avait répondu cela en rigolant alors qu’elle baissait la tête vers sa culotte blanche. Tsss … Elle rangea tout ce qui dépassait, pestant un peu comme Kéran alors que celui-ci rigolait, quittant la tente. Il se sentait bien … très bien même.
Bon … Il était quelle heure ? Le soleil était déjà dans le ciel et … Hahaha. Quelle blague. Il n’y avait pas de soleil. Malgré le combat contre cet Absol, tout cela n’avait rien changé malheureusement. C’était triste à déclarer et à dire.

« Enfin bon … Visiblement, elle dort encore. Je ferai mieux de préparer à manger. »

Il s’en alla de son côté, ne remarquant pas Katérina qui l’observait, la tête hors de la tente. Elle le voyait partir alors qu’elle était un peu rouge aux joues. Ce qu’il avait fait hier … Ca n’avait pas été une illusion non ? Avec les rires et les sourires, il était quand même un peu gêné mais plus du tout effrayé, n’est-ce pas ?

« Pfff … De toute façon, ça ne sera pas possible. »

Elle le savait parfaitement. Déjà hier, elle s’était arrêtée. Cela prouvait tellement de choses bien que ces choses étaient encore invisibles aux yeux de Kéran. Peut-être qu’elle pourrait lui en dire un peu plus … plus tard … non ? Hum … Non … En fait, non.

Bon … ça … et ça … C’était quand même dur de trouver des pokémons pour se nourrir dans cette montagne de fer. Très dur même mais il avait réussi à avoir un petit déjeuner convenable. Il revint quelques minutes plus tard, les deux femmes étant réveillées.

« Bonjour Loa … Bonjour Katérina. Aujourd’hui, c’est moi qui aie chassé. »

« Je vois ça … Toutes mes félicitations. C’est toi aussi qui prépare le repas, Kéran ? » demanda Loa, lui souriant alors qu’il haussait les épaules.

« Pourquoi pas ? Mais je ne promets pas forcément quelque chose de très bon. »

« Je suis sûre que ça sera le cas néanmoins. J’ai confiance en toi, Kéran. »

Loa lui faisait à nouveau un sourire qui le perturbait. Qu’est-ce qu’elle avait aujourd’hui ? C’était un peu bizarre et étrange mais pas forcément déplaisant. Elle semblait heureuse de quelque chose qu’il ne comprenait pas. Qu’est- ce qu’il y avait de spécial ? Lorsqu’il eut terminé de préparer de quoi se sustenter, il se tourna vers Loa, demandant :

« J’ai quelque chose sur le visage, Loa ? Tu m’observes depuis que tu es réveillée. »

« Oh ? C’est vrai ? Je ne l’avais pas remarqué. Mais je vais te le demander maintenant … Ca sera plus rapide et moins suspicieux. Comment est-ce que tu vas ? »

« Hein ? Mais je vais bien … Enfin, je pense aller bien. Pourquoi ça ? Il y a un souci ? »

« Hein ? Non … Pas vraiment, pas vraiment même. Je voulais juste si tu ne te sens pas bizarre. C’est quand même étrange non ? D’avoir un pokémon en soi ? »

« AH ! Tu veux parler de ça ? Euh … Pas tant que ça. Swar est quelqu’un de très gentil et agréable, je ne ressens aucune différence. »

« Tant mieux alors. J’avais peur que tu changes de comportement à cause de ça. »

Sans mentir, il se sentait très bien. Il ne ressentait rien de différent ou autre. Non, c’était comme d’habitude. Peut-être qu’il allait devoir discuter avec Swar. Il se demandait d’ailleurs s’il était possible de communiquer par la pensée.

« C’est possible, Kéran. Nous pouvons parler sans même qu’ils ne nous entendent. »

« AH ! » s’écria Kéran, surpris et étonné par les paroles de Swar. Katérina se tourna vers lui, le regardant avec suspicion avant de demander d’une voix lente :

« Qu’est-ce qui se passe encore ? T’as l’air d’avoir vu un monstre. »

« C’était … c’était chaud ! Je ne m’y attendais pas ! »

Il avait menti délibérément, gardant secret ce que Swar venait de lui dire. Il souffla un peu sur son repas, commençant à penser que ce n’était pas une si mauvaise chose tout ça. Du moins, il pouvait garder une petite part secrète en lui et ça lui plaisait bien.

« Donc … Swar … Si je pense que je pense, est-ce que tu m’entends ? »

« Je t’entends parfaitement bien que je ne vois pas où tu veux en venir exactement. A quoi est-ce que tout cela va te servir ? Si tu veux bien me l’expliquer. »

« Euh … Juste que j’avais envie de parler avec toi après tout ça. Est-ce que c’est interdit ? »

« Nullement … Bien que je ne vois pas où tu veux en venir. Néanmoins, tu es libre de m’adresser la parole, bien entendu. Je ne vais pas t’en empêcher, loin de là. »

Elle avait déclaré cela avec nonchalance, attendant de voir où Kéran voulait l’emmener en parlant de la sorte. Néanmoins, il semblait heureux, très heureux, pourquoi donc l’empêcher de l’être ? Loin de là même … Elle resta muette, attendant que les humains terminent leurs repas. Quand ce fut le cas, ils se préparaient maintenant à quitter les lieux mais Kéran regarda autour de lui avant de se tourner vers les deux femmes, disant :

« Ça ne vous dérange pas si je prends pas un peu d’avance ? Que je serve d’éclaireur. »

« Moi, ça me dérange. » déclara Katérina, le fixant longuement. Il haussa les épaules, se disant que de toute façon, maintenant, il pouvait converser avec Swar quand il le désirait.
D’ailleurs, c’est ce qu’il commença à faire alors que la jeune femme aux cheveux argentés arrivait vers lui, marchant à ses côtés. Elle semblait un peu énervée et irritée. Est-ce qu’il avait fait quelque chose de mal pour mériter tout ça ?
« Et dire que tu voulais être seul pour converser avec moi, pas trop déçu ? »

« Pas vraiment … Mais au moins, elle semble quand même être très attachée à moi non ? »

« Je dirai plus que ça. Mais bon … Tu voulais me parler à quel sujet, Kéran ? Tu as une idée en tête non ? Ou alors autre chose, n’est-ce pas ? »

« Juste prendre de tes nouvelles. Même si je ne me sens pas différent, je ne sais pas … Ca fait quand même un peu bizarre de savoir que tu es en moi, Swar. Que tu saches tout ce que je pense, tout ce que je fais, toutes ces choses … »

« La vie privée, je ne m’en occupe pas. Je reste plongée dans mes ténèbres pendant ces moments, si tu veux tout savoir. »

« D’accord … Merci beaucoup car je t’avoue que ça me gênait un peu tout ça. »

« Il y a des limites à l’intrusion dans une personne. Si je le pouvais, je ne serais jamais venue en toi, Kéran, je peux te le confirmer. »

« Je sais … Je sais … Swar … Je suis quand même rassuré de savoir que tu vas bien … Enfin … J’avais peur pour l’épée … qu’elle soit … détruite et toi aussi. Ca m’a fait peur. »

« Kéran ? Est-ce que je suis vraiment si importante pour toi ? Je ne suis qu’une pokémon, rien d’autre. Je tiens à le signaler. Tu n’as pas à faire de telles choses … ou à en dire. »

« Tu étais une femme auparavant et tu as plus l’habitude d’être sous formme de femme que sous forme de pokémon non ? La seule Swar que je connaisse est une femme, une femme très gentille et douce … Vraiment très douce … »

« Je suis une pokémon ténébreuse. Ne l’oublie jamais … d’accord ? »

« Je ne l’oublierai pas. Mais je n’oublie pas tout ce que tu as fait pour moi, Swar. J’espère juste que j’en connaitrai plus à ton sujet car tu sais tout de moi. »

La voix à l’intérieur de son corps reste muette, signe qu’elle ne voulait pas répondre aux paroles de Kéran. Celui-ci eu un léger rire, amusé par l’absence de réactions de Swar. Il fallait dire qu’avec Swar, il en avait assez … vraiment assez … en un sens.

« Il faudra vraiment quand même me dire la vérité, un jour … hein ? »

« La vérité n’est pas forcée d’être révélée, est-ce bien compris ? »

« Et je pense que si justement, j’en ai besoin. Du moins … Je trouve que ça soit nécessaire. Comme avec Katérina. J’ai eu peur au départ mais ensuit … J’ai accepté, voilà tout. Tout est dans l’acceptation, Swar. J’espère que tu comprends ce que je veux dire. »

« Je comprends parfaitement où tu veux en venir … Kéran … mais non. »

« Pfff … T’es vraiment bête comme femme. Une tête de mule. »

Elle ne répondit pas alors qu’il rigolait intérieurement. Dans l’obscurité, Swar était assise, regardant dans les airs. Dans cet état … là où elle était en Kéran, elle ne voyait rien du tout. C’était ainsi … Si elle ne possédait pas le corps de Kéran, elle ne pouvait alors pas alors voir autour d’elle. Depuis des années, elle était plongée dans l’obscurité.

« N’importe qui serait devenu fou … après tout ce temps. »

« Mais pas toi, Swar. Hahaha … Tu vois que tu as aussi des petits moments de faiblesse. »

« Qu’est-ce que … Kéran ! Ne t’avise plus de faire ça ! C’est compris ?! » déclara la femme aux cheveux blancs et aux yeux bleus, se relevant dans le vide ténébreux qui l’entourait.

« C’est toi qui laisse vaguer tes pensées. Même si je ne sais pas si je peux t’atteindre, je peux au moins t’entendre parler en moi. Et s’il le faut, tu peux me contrôler brièvement quelques fois … Enfin, si tu as envie de voir un peu plus … A toi de voir. »

« Tu es particulièrement stupide. Tu me laisserais prendre le contrôle complet de ton corps juste pour que j’évite d’être désespérée dans cet endroit, c’est bien ça ? »

« A peu de choses près, je dirais que c’est exactement ça. Mais après, je peux peut-être me tromper, non ? Hein ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

Elle ne lui répondit pas. Des fois, il disait de ces imbécilités … mais ces imbécilités étaient … ce dont elle avait besoin en ces temps difficiles, très difficiles même.

Ailleurs, dans un endroit reculé dans la montagne, des grognements se faisaient entendre en même temps que de nombreux cliquetis métalliques. Quelqu’un … ou quelque chose semblait énervé, réellement énervé même alors qu’une voix s’exclamait :

« Comment ça ?! Répète donc un peu pour voir ? »

« Je … L’Absol qui se considérait comme … capable de les battre est porté disparu. Il y a eu un petit flash au loin, le ciel s’est ouvert dans une partie du monde mais bref … »

« Tu insinuerais donc que cet Absol n’a servi à rien, c’est ça ? TSSS ! Obligé de tout faire par soi-même visiblement ! ON NE PEUT COMPTER SUR PERSONNE ! »

Il en avait assez de ce ramassis d’imbéciles qui ne servaient à rien ! L’une de ces gigantesques pattes vint s’abattre sur le porteur de mauvaises nouvelles, se plantant en lui comme si de rien n’était. Une petite ombre en sortit mais l’être reprit :

« Tu oses t’enfuir devant moi ?! Quand je veux voir une personne disparaître, elle disparaît ! »

L’ombre fut comme aspirée par l’imposante créature de métal, poussant un hurlement strident alors que les morceaux du pokémon métallique dont elle avait été issue … disparaissaient à leurs tours ? Un Terhal s’approcha avec inquiétude et tremblements.

« Que … Que devons-nous faire, grand Mékos ? »

« Ce que vous devez faire ? Eliminez ces personnes le plus rapidement possible ! Je suis le seigneur de ces monts de fer ! Je contrôle tous les pokémons métalliques qui existent ! »

« Je … Je vais demander à tous les pokémons métalliques de se mettre en route et de capturer ces humains et de … »

« AUCUNE CAPTURE ! JE VEUX VOIR LEURS SANGS TERNIR NOS GRIFFES DE METAL ! Aucune pitié pour eux ! »

« Je … Je … Il en sera fait selon votre désir. »

Le Terhal s’éloigna aussitôt, horrifié par la vision de l’un de ses compagnons … du moins, de ce qu’il en avait été pendant un court instant avant que le dit-compagnon ne disparaisse définitivement en Mékos. Celui-ci grattait le sol avec énervement, murmurant :

« J’en ai assez de cette bande d’incapables ! Qu’ils disparaissent ! Qu’ils disparaissent tous ! J’irai les dévorer ! J’irai me repaître de leurs corps ! »

« Tu n’irais quand même pas empiéter sur mon territoire, non ? »

« Qu’est-ce que … Toi ? Je peux savoir ce que tu fais ici ? » s’écria Mékos.

« Une simple … visite de courtoisie. » répondit l’être en face de Mékos, éclatant de rire. « Mais ce n’est pas pour toi que je suis là … non … Je suis là pour elle … princesse. » souffla la voix avec amusement alors que Mékos grognait : il le détestait … comme tant d’autres.

Chapitre 12 : Nullement apprécié

Chapitre 12 : Nullement apprécié

« Je dois m’en aller dès maintenant. Bonne journée. »

Hmm ? Dès maintenant ? Il avait fallût un bon mois pour qu’Earnos prononce ces paroles qui étaient loin d’être anodines. Qu’est-ce que cela voulait dire exactement ? Tout simplement qu’il comptait aller voir le quartier des Munjas.
Sauf que cette fois-ci, il était prêt. Il avait décidé de tout faire pour être sûr de ne rien manquer, loin de là. Humpf ! C’était étrange, vraiment très étrange que de vouloir suivre un garçon-Aspicot mais en même temps, c’était bien ce qu’il s’était promis non ? Avec la vélocité qui le caractérisait tant, il finit par retrouver la trace du garçon-Aspicot, qui prenait bien le chemin du quartier des Munjas. Comme la dernière fois, il disparut dans un bâtiment.

Cette fois-ci, hors de question de ne rien faire ! Il se rapprocha du bâtiment, y jetant un œil. Oui, bien entendu, il y avait des fenêtres. C’était la logique même. Il n’appréciait guère de faire cela mais il pénétra dans une chambre … de femme ? Hein ? Une chambre de femme-Munja ? D’après ce qu’il pouvait voir ? Et il entendait aussi des paroles ?

« Alors, comme cela, Earnos, tu as fait tout ça aujourd’hui en cours ? Surprenant. »

« Baaaaaaah … Euh … Oui, madame Douély. Mais bon, c’est pas forcément simple aussi hein ? Faut pas se mentir ! Si c’était si facile, je serais pas là ! »

« Et c’est pour cela que je te donne encore des cours malgré que … hum … tu sois maintenant dans une école spéciale du château. Mais bon, cela ne te dérange pas trop non ? »

« Non non ! Pas du tout ! Je suis toujours content de te voir ! »

« Tant mieux car tu sais parfaitement que c’est réciproque, petit Aspicot ! »

Tant de mièvreries. Il voyait les deux personnes qui lui tournaient le dos. Earnos était sur les genoux d’une personne encapuchonnée. D’après le ton de le voix et la chambre, aucun doute sur le fait qu’il s’agissait d’une femme. Celle-ci reprenait la parole, disant :

« Alors bon, que veux-tu que l’on fasses, toi et moi, Earnos, aujourd’hui ? Encore des cours ? Tu as peut-être une autre idée en tête non ? A toi de décider pour aujourd’hui ! »

« Beeeeeen ! Encore des cours ! Encore ! J’aime bien ça, ça ne me dérange pas du tout en fait, Douély ! Je préfère apprendre encore ! »

« Pour impressionner tes camarades, n’est-ce pas ? D’ailleurs, les nobles sont-ils toujours aussi … prétentieux, Earnos ? Ils ne te dérangent pas ? »

« Ben en fait, pas vraiment, c’est même le contraire ! Ils aiment bien passer du temps avec moi, je comprends pas vraiment pourquoi, je dois avouer. Tu as une explication, dis ? »

« Hmm, sûrement car tu es le plus mignon des garçons-Aspicot que je connaisses. »

« C’est vraiment … perturbant. Je crois qu’il va falloir que je prévienne ses parents. »

Mais pour l’instant, il valait mieux observer tout cela. Pendant plusieurs heures, l’enfant restait sur les jambes de cette étrange femme-Munja. D’après les rumeurs, les Munja étaient des êtres plutôt problématiques, causant de nombreux ennuis. Ici, c’était tout le contraire, chaleureuse, amicale, tendre avec un enfant, est-ce qu’Earnos avait ce pouvoir ?

« Bon ! Earnos, il se fait tard, il va être l’heure pour toi de partir ! »

« Mais euh … tu ne voudrais pas que je parte hein ? N’est-ce pas ? »

« Tu sais parfaitement que non, petite fripouille. Tu es en train de jouer avec moi, vilain petit garçon ! Mais oui, il faut que tu t’en ailles. Par contre, continues de te méfier de ce garçon Rapion, d’accord ? Ne lui fait pas vraiment confiance. »

« Comme tu le voudras, Douély ! Mais moi non plus … et tu sais pourquoi. »

« Oui, oui, mais ce n’est pas uniquement pour cela, hein ? Tu t’en doutes ? N’est-ce pas ? »

« Oui bien sûr mais euh … enfin, t’en fais pas, promis, je serais prudent ! »

Il vint lui dire cela avec un petit sourire aux lèvres alors qu’elle venait le serrer plus fortement dans ses bras. L’enfant-Aspicot sembla ravi de tout cela, rigolant légèrement à l’enlacement tandis qu’Olistar quittait cet endroit par l’endroit d’où il provenait.

« Cette femme-Munja … lui met de curieuses idées en tête. Je me demande ce qu’elle fabrique. J’espère pour Earnos que ce n’est pas très dangereux. »

Et voilà, il avait quitté cet endroit pour retourner au château. Ce qui allait se passer ne le concernait plus maintenant. Mais dès l’instant où il posa un pied dans celui-ci, une voix se fit entendre, agressive bien que juvénile :

« HEY ! Olistar ! Qu’est-ce que tu faisais dehors à cette heure-ci ? »

« Cela ne te concerne pas. Cela relève du domaine du privé. »


Voilà à qui il s’adressait : Un garçon qui devait être à peine moins âgé que lui mais habillé de vert comme ses cheveux assez aplatis. Ses yeux rouges le fixaient avec colère et dégoût ainsi que beaucoup de haine avant de dire :

« Cela me concerne car il en va de la sécurité de la princesse Terria. »

« La princesse Terria est en sécurité alors pourquoi s’évertuer à chercher querelle ? Qu’est-ce que tu y gagnerais à me provoquer ? »

« Simplement que tu fasses ne serait-ce qu’un faux pas envers la monarchie et je te jetterais dehors. On ne veut pas d’êtres comme toi par ici. »

« Tu ne veux pas, voilà la nuance et la différence … Holikan. Maintenant que c’est fait, je vais plutôt aller me reposer, il se fait tard et je commence à être fatigué par toute cette histoire. Bonne soirée à toi, nous nous reverrons sûrement demain. »

« HEY ! J’ai pas fini de te parler, tu as compris ? »

Aucune réponse de la part d’Olistar, celui-ci avait déjà disparu du champ de vision d’Holikan, le laissant alors seul. Celui-ci émit un grognement de mécontentement. Il n’aimait guère qu’on le prenne pour un imbécile, loin de là.

« Je te le ferais payer … et salement, tu verras demain. »

Mais pour l’heure, il allait voir les gardes pour leur demander s’ils savaient où était passé Olistar ces dernières. Lorsqu’il se présenta en face d’eux, malgré le fait qu’il n’était qu’un enfant, ils firent le salut militaire. Holikan dit d’une voix lente :

« Qu’est-ce que le garçon Rapion a fait dernièement ? Avez vous une idée de l’endroit où il a pût se rendre ? Quelqu’un l’a t-il observé ? »

« Nullement, Holikan. Nous ne l’interrogeons jamais. Cela ne regarde que lui et la reine Seiry a été formelle à ce sujet : nous ne devons pas lui chercher querelle. »

« Tu devrais donc faire attention à ce sujet. Si tu ne veux pas avoir trop d’ennuis. »

« Je m’en contrefiches de tout ça ! Mais sinon, rien d’autre à savoir à son sujet ? Y a bien un truc qui a dût vous marquer non ? Il part des fois ! »

« Ah ! Il est parti après le jeune garçon-Aspicot qui vient parfois au château pour des cours. Mais à part ça, rien de spécial, non. »

« Le jeune garçon-Aspicot ? J’ai remarqué que la princesse parlait souvent avec lui. Merci, j’ai tout ce qu’il fallait. Je me retire dès maintenant. »

Le garçon-Yanma salua les gardes avant de s’éloigner. Les deux soldats se regardèrent avant de se concerter entre eux, le premier disant au second :

« Future graine de chevalier ce petit Yanma. Si on m’avait dit ça dans le passé. »

« Hey ! Ne parle pas trop haut, il risquerait de t’entendre, tu sais bien qu’il est assez têtu comme une mule non ? Enfin, ce n’est pas un mauvais garçon, loin de là. »

« C’est la fierté du roi. Il faut dire qu’un jeune Yanma si prometteur, ça ne peut qu’éveiller l’intérêt de notre bon monarque. »

« Et puis, n’oublie pas aussi que c’est le futur fiancé de la princesse Terria. Et oui, rien que ça. Ah … Il y en a qui ont de la chance. Si jeune et déjà promis à un destin si grand. »

« Hey, sois pas jaloux d’un enfant, être soldat du roi, c’est déjà un sacré bon poste ! »

Vrai qu’il n’avait pas à se plaindre de sa position, hahaha ! Le soldat émit un petit rire, rapidement accompagné par celui de son camarade. Ils avaient plutôt la belle vie à l’heure actuelle. Mais ce petit soldat miniatue était vraiment remarquable … quant au garçon-Rapion, il l’était tout autant malgré la haine de certains insectes envers lui.

« Il faut que je me renseigne absolument sur les Munja. »

C’était la seule remarque qu’il s’était fait au moment où il avait décidé de se coucher sur son lit. Il l’avait décidé, il en était certain. Mais maintenant, c’était peut-être un domaine très dangereux dans lequel il allait s’enfoncer. S’il ne faisait guère attention, il risquait d’avoir de sérieux ennuis … et cela, il ne pouvait pas réellement se le permettre.

« Trop dangereux, très dangereux … mais bon, cela pourrait être intéressant. »

Intéressant, voilà le terme auquel il pensait quand il réfléchissait à cette histoire. C’était tout simplement n’importe quoi. Mais peut-être que cela serait une nouvelle motivation ? Lui qui n’avait pas vraiment de but personnel à l’heure actuelle ?

« Peut-être est-ce une bonne chose dans le fond ? »

Car cela faisait maintenant plusieurs mois, peut-être une année qu’il connaissait Earnos. Oh bien entendu, ils n’étaient pas amis, c’était tout le contraire en vue de la haine viscérale que lui portait le jeune garçon aux cheveux blonds mais … pourquoi pas ?

« Au moins … ah … pour quelle raison cela me préoccupe tant ? »

Aucune explication raisonnable. Rien de concret dans ses pensées ne lui permettait de comprendre son propre raisonnement. Il était étrange depuis ce jour où un simple garçon-Aspicot avait osé lui tenir tête. Mais ce sentiment n’était pas mauvais.

Chapitre 125 : Etape par étape

Chapitre 125 : Etape par étape

« Je peux rester seul encore une fois avec Swar ? S’il vous plaît ? »

Il avait dit cela alors qu’ils avaient recherché un nouvel endroit pour dormir. Comme ces ruines étaient bien plus nombreuses que prévu dans la montagne, il avait été facile de trouver une nouvelle maison abandonnée. Un peu plus spacieuse et avec trois chambres, chacun pouvait avoir la sienne. Et visiblement, vu comment Katérina le regardait, ça voulait tout dire au sujet d’une plausible couche à deux.

« Fais comme tu veux, ça m’intéresse pas, putain ! » s’écria-t-elle avec rage avant d’aller dans sa chambre, claquant la porte derrière elle. Heureusement que ces ruines étaient plus solides qu’on ne pouvait le penser.

« Merci beaucoup, Katérina. Loa ? Tu veux bien accéder à cette requête aussi ? »

« Comme tu désires, Kéran. De toute façon, tu as des choses à lui dire et ça me parait normal que vous soyez seuls pendant un instant. » dit Loa tout en lui souriant tendrement, le jeune homme la remerciant à son tour. Elle quitta la chambre, le laissant seul tandis qu’il fermait les yeux, se mettant assis sur le lit. Il murmura :

« Swar … Est-ce que tu peux te présenter à moi ? S’il te plaît ? »

Sans réticence, contrairement à auparavant, la femme en armure noire fit son apparition. Elle le regarda fixement, attendant qu’il reprenne la parole. Chose qui ne mit guère de temps à venir puisque le jeune homme se leva à son tour, demandant :

« Est-ce que tu peux retirer le haut de ton armure ? Bien entendu, j’espère que tu as quelque chose dessous. C’est juste quelque chose … que je dois faire. »

« Hum … » marmonna Swar, le regardant d’un air méfiant. Même s’il avait l’air confus et un peu gêné, il ne semblait pas avoir de mauvaises intentions. Elle se faisait surement des idées, oui … Elle retira l’armure recouvrant la partie supérieure de son corps, un haut en tissu noir venant camoufler ses formes. Et après ? Qu’est-ce qu’il …

… … … C’était pourquoi qu’il faisait cela ? Le jeune homme avait tout simplement décidé de l’enlacer, sans même lui demander si elle était d’accord. Bien que son corps était celui d’un être mort il y a longtemps, il n’en était pas pour autant moins physique … Même les spectres avaient une consistance physique.

« Je pensais que les gestes étaient plus éloquents que les parole. »

« Ça … C’est inexplicable de ta part, Kéran. Mais cela te correspond bien. Néanmoins, ces gestes d’affection ne sont pas à faire à moi mais à Katérina. »

« Ce n’est pas Katérina qui me protège depuis des années. Je voulais juste que tu comprennes parfaitement que je suis heureux que tu sois en moi pour me protéger. »

« Je ne fais que … ce que j’estimais être bon. Kéran … Tu es exactement comme ta mère. Tu ne juges pas les spectres et les créatures ténébreuses aussitôt quand tu les voies. »

« S’ils étaient vraiment mauvais de nature, ça se saurait. Maintenant, j’ai plus l’impression qu’ils sont là pour nous protéger. Du moins, qu’au départ, c’était ainsi … »

« Kéran … » chuchota la femme aux cheveux blancs, caressant le dos du crâne du jeune homme avec une certaine tendresse. « Si seulement les humains étaient aussi ouverts que toi et les Doctes, peut-être que tout ceci ne se serait pas passé. »

« Tout ceci ? De quoi est-ce que tu parles ? » demanda le jeune homme aux cheveux blancs bien que Swar ne lui donnait aucune réponse.

« Je ne peux rien te dire … Rien du tout, j’en suis désolée. Peut-être qu’un jour … »

« Ca ne fait rien. Je vais pas te déranger plus longtemps. Mais dis-moi, si je t’accepte complètement, est-ce que ça veut dire que je vais changer physiquement ? Comme Loa ? »

« Kéran ? Nous avons tous les deux des cheveux blancs et des yeux bleus. Où veux-tu donc changer, hum ? Tu es bête quelques fois mais bon … Peut-être qu’un jour, des changements s’opéreront, hum ? Au niveau de tes habits. »

« Si je peux avoir une aussi belle armure que toi, pourquoi pas ? Ou alors une arme, je ne sais pas du tout, je dois avouer. Par contre, si je peux éviter de me retrouver dans le même état que Katérina, ça serait une bonne chose. »

« Je croyais que tu voulais devenir comme elle pour mieux la comprendre ? Aurais-tu alors changé d’avis, Kéran, entre temps ? »

« Pas du tout ! D’ailleurs, je me sens plus rassuré et plus confiant. Je crois que … Enfin bon … Si tu peux fermer les yeux et te boucher les oreilles. »

« Je le ferais, Kéran. Va donc … Essaye de lui montrer ce que tu penses réellement d’elle. »

« Merci beaucoup. » murmura Kéran, la femme aux cheveux blancs disparaissant peu à peu, Kéran prenant une profonde respiration.


Il devait vraiment se rendre dans la chambre de Katérina. Du moins, celle où elle dormait. Avec lenteur, il se dirigea vers la chambre, toquant plusieurs fois. Il devait prendre sur lui car bon, comment dire … Il était peu rassuré.

« Katérina, est-ce que je peux rentrer ? S’il te plaît, J’aimerai te parler. »

« Pas envie … mais tu peux rentrer quand même. » murmura la jeune femme alors qu’il se demandait pourquoi est-ce qu’elle avait une voix saccadée. Il pénétra à l’intérieur, Katérina étant sous les couettes, le rouge aux joues. « Je peux savoir ce que tu me veux ? J’étais occupée si tu n’as pas l’air de l’avoir remarqué. »

Ah bon ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Du moins, il n’avait pas compris sur le moment jusqu’à regarder les couettes. Oups … Ah … Euh … Il comprenait bien. Il passa une main derrière le crâne, plus confus qu’auparavant. Il ne devait pas reculer maintenant.

« Katérina, est-ce que … je peux dormir avec toi si ça ne te dérange pas ? »

La jeune femme aux cheveux blancs le regardait. Il se moquait d’elle ? Pourtant … Aucun souci ? Enfin, presque ou non. Elle ne savait pas vraiment …

« Tu sais parfaitement ce que je vais faire et tu veux quand même venir ? »

« … … … Oui, Katérina. » dit le jeune homme aux cheveux blancs alors qu’elle faisait un geste de la main pour l’inviter à venir.

Tant mieux. Il s’approcha du lit, regardant Katérina mais comment dire … Il ne savait pas. Il devait prendre sur lui et se sentir confiant. Il vint dans le lit après avoir retiré son pantalon, restant en sous-vêtement alors qu’elle le regardait à son tour.

« Je peux savoir à quoi tu joues, Kéran ? Je te préviens, je compte pas m’arrêter en plein milieu de mon affaire alors que tu es là. »

« Fais donc … Katérina … Fais donc … Ne t’inquiète pas. »

« J’ai pas à m’inquiéter ! Je fais ce que je veux encore, Kéran ! » déclara la jeune femme en lui tournant le dos. Pourtant, elle ne fit rien du tout. Du moins, le jeune homme n’entendait rien du tout. Il posa ses mains sur le ventre de Katérina, gardant son sourire. Même si elle ne faisait rien, il devait rester auprès d’elle.

Les minutes passèrent, les unes après les autres sans même que Katérine ne fasse quelque chose. Lui non plus d’ailleurs. Il avait fini par fermer les yeux, jusqu’à ce que des petites secousses le réveillent. Accompagnées par des gémissements, cela voulait tout dire ce que Katérina était en train de … se branler. C’était donc le moment.

« Hey ! Qu’est-ce que tu fous, Kéran ? T’as pas intérêt à faire de même alors que je suis là ! Ou alors, c’est clair hein ? C’est compris ? Range tes mains et … »

Elle s’arrêta dans ses paroles, Kéran ayant retiré les mains de Katérina pour poser la sienne à leur place. Elle s’immobilisa, figée sur place avant de souffler :

« Kéran, tu tiens pas la tienne là … Tu le sais ? »

« Je le sais parfaitement, Katérina. Si je dois t’accepter, c’est comme tu es … »

Il avait amorcé quelques mouvements de haut en bas alors qu’elle gémissait, poussant un petit râle de plaisir. C’était la première fois qu’on lui faisait ça. C’était complètement différent de sa propre main. Savoir que c’était quelqu’un d’autre … la rendait encore plus excitée qu’auparavant. Elle souffla, cherchant ses mots sans y arriver. Pourquoi est-ce qu’il faisait ça maintenant ? C’était juste quelque chose d’horrible !

« C’est un … C’est un pénis, Kéran. Je suis une femme … une femme avec ça ! »

« Et je dois t’accepter comme tu es … Voilà tout. Katérina, peut-être que j’ai été un peu trop vite sur le coup. Je pense que j’aurai dû commencer par là pour te montrer que je suis sérieux par rapport à toi. » murmura le jeune homme.

Sérieux ? Elle voyait bien qu’il l’était. Sinon … Il ne ferait pas ça. Il ne ferait pas ça du tout. Elle était confuse, bien plus que confuse même. Le jeune homme avait placé sa seconde main sous son menton, lui faisant tourner le visage pour qu’elle puisse voir le sien. Tendrement, il vint l’embrasser alors qu’elle écarquillait les yeux.
Elle le voyait … les yeux fermés. Il était complètement rouge aux joues, comme pour montrer qu’il ne savait pas du tout comment il avait réussi à faire ça. Elle ? Elle était là, continuant le baiser sans même chercher à s’arrêter. Instinctivement, elle sortit sa langue, venant caresser l’intérieur de la bouche de Kéran. Finalement, elle lui donna une petite tape sur la seconde main, le forçant à arrêter de la branler. Elle se retourna complètement, prenant son visage à deux mains pour continuer le baiser.
He … HEY ! C’était lui qui avait pris les devants mais c’était elle qui dirigeait maintenant. Il pensait qu’avec ça, il aurait pu … Enfin comment dire … Il avait senti que c’était le bon moment pour une telle chose mais maintenant, c’était lui qui perdait le contrôle de la situation. Il fut enjambé par la jeune femme, celle-ci se couchant à moitié sur lui alors qu’elle ne cherchait pas à retirer ses lèvres.
Lui ? Il avait encore un peu peur d’ouvrir les yeux et de voir le … colosse de la jeune femme mais il devait prendre son courage. Il devait le voir en face. Ne pas avoir peur. Respirant un bon coup par le nez, il ouvrit ses yeux, Katérina les regardant descendre peu à peu vers l’entrejambe de la jeune femme. Il le voyait … Il le voyait sorti de la culotte blanche de Katérina. Il le voyait sur sa quinzaine de centimètres fièrement tendu. Il voyait aussi les bourses qui pendaient au bout mais est-ce qu’elle était vraiment une femme ? Au-dessous ? Il reposa son regard sur celui de Katérina. Celle-ci stoppa finalement son baiser.

« T’as pas l’air vraiment convaincu de ce que tu vois … Ouais, faut dire que c’est surtout ce qui a été rajouté qu’est visible. Tiens … »

Le jeune femme aux cheveux blancs se redressa du corps de Kéran, posant sa main sur sa culotte, attendant que Kéran la regarde. Bien que son sexe masculin fût déjà à l’air libre, il y avait autre chose. Elle descendit sa culotte, la retirant complètement alors que Kéran sentait déjà l’excitation qui montait en lui.

Oui … Il avait une vision féérique et en même temps « cauchemardesque ». Enfin, non, ce n’était plus un cauchemar. Il avait déjà vu son propre sexe alors celui de Katérina, il devait s’y habituer. C’était plutôt celui qui était au-dessous des bourses de la jeune femme … qui l’enchantait. C’était vraiment spécial. Il n’était pas sûr d’en avoir déjà vu, après, il n’était pas pervers et donc, ce n’était pas ça qu’il recherchait. Peut-être qu’avec Sélia quand il était petit ? Et qu’ils se lavaient ensembles ? Ce qui remontait à très longtemps.

Puis soudainement, Katérina remit sa culotte, cachant complètement la vision de sa « particularité » alors qu’elle semblait bien moins excitée. En fait, elle semblait même tout le contraire. Complètement attristée, elle se retourna une nouvelle fois pour ne plus le voir. Qu’est-ce que ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Pourtant, il …

« Kéran … Tout ça n’était qu’un jeu de ma part, depuis le début, tu le sais bien. »

« Pas après ce soir, ce n’est pas possible, Katérina. »

« Mieux vaut que tu oublies tout ça et … »

« Hors de question. J’ai … J’ai rien à perdre maintenant que j’ai eu le courage de te dire ce que je pensais de toi ! Si vraiment tu ne … si tu ne … ressentais pas la même chose, tu n’aurais pas continué … Tu n’aurais pas répondu à mon baiser ! »

« Tu n’as rien à perdre, je n’ai plus rien à donner, Kéran … »

Hein ? Comment ça ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Il posa ses mains au-dessous de sa poitrine, la serrant contre lui alors qu’elle tentait de les retirer. Il recommença jusqu’à ce qu’elle se laisse finalement faire, chuchotant et murmurant :

« Envahis-moi, mélancolique amertume.
Moi voulant un cœur léger comme une plume.

Pourtant, tout mon être souffre tant et pleure.
Moi qui un jour, je fus belle comme une fleur.

Mon être a été sali, mais aussi terni

Et maintes fois, j’ai voulu que ça soit fini.
Pourtant, je pensais que j’allais enfin m’ouvrir.

Mais maintenant, je préférais plutôt mourir.

Il existe une chose qu’on n’offre qu’une fois

Kéran, désolée, je l’ai perdue autrefois

Tu n’es nullement fautif dans cette histoire

Est-ce que tu m’en voudras ? Me détestera ?

Kéran, mais est-ce que tu me pardonneras ?

Tous tes mots sont pour moi purificatoires. »

Katérina … Il la regardait, semblant découvrir enfin à quel point elle souffrait à l’intérieur. Même s’il ne connaissait pas la raison … Même s’il ne pouvait pas donner de nom au mal qu’il l’habitait, il était là pour elle. Les dernières paroles de sa chanson, il allait y répondre.

« Katérina, je ne t’en veux pas. Je ne te déteste pas. Je n’ai pas à te pardonner car tu n’as rien à te reprocher. Si mes mots peuvent se coupler à mes actes pour soulager ta peine alors prends-les, prends tout ce qu’il te faut de chez moi. »

« Kéran, je … » commença à dire la jeune femme, sanglotant légèrement sans pour autant déverser des torrents de larme. Elle avait bien quelques larmes aux yeux mais discrètes. Ils étaient brillants, si brillants. Le jeune homme caressa la joue de Katérina, rapprochant ses lèvres des siennes. S’il pouvait la convaincre qu’il serait à ses côtés, qu’importe ce qu’elle était et ce qu’elle avait vécu, il le ferait.

Quelques temps plus tard, il la serrait dans ses bras, il la serrait de tout son corps. La tête au-dessus de la sienne, il formait comme un cocon protecteur autour d’elle, ne voulant plus la lâcher. Il était là pour elle, qu’importe s’il ne connaitrait jamais la vérité. Les rares moments de faiblesse de Katérina, il sera là. Il sera là pour elle, pour lui montrer qu’il tient à elle et qu’il ne l’abandonnera pas, qu’il ne l’abandonnera jamais.