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Chapitre 15 : Prêts à perdre, prêts à tuer

Chapitre 15 : Prêts à perdre, prêts à tuer

« Vous êtes sûrs de n’avoir besoin de rien d’autre ? »

« Pas du tout, merci de vous préoccuper de nous mais ça devrait aller. Est-ce que la situation s’améliore là-bas ? Je ne peux pas vraiment … comment dire cela … être au courant. »

« On n’a plus vraiment subi d’attentats cherchant à vous viser tous les deux donc c’est une bonne chose. La mauvaise, c’est que le silence de la FAPC dans les coins habituels est plus qu’inquiétant. Méfiez-vous tous les deux au cas où. »

Je hoche la tête alors que je m’adresse à un soldat de l’armée de Calambie. Ils sont plusieurs, cinq pour être exact. Au cas où ils se feraient attaqués sur le chemin. Ils m’ont ramené de quoi vivre une nouvelle semaine mais aussi de quoi me rendre un peu plus propre et présentable. Il en est de même pour Lania. Celle-ci est d’ailleurs un peu loin, ayant reculé alors que je la regarde brièvement.

« Et des nouvelles de la base de la FAPC de votre côté ? »

« Rien du tout pour tout vous dire. C’est triste à déclarer … mais bon … On n’a rien trouvé. Pourtant, je sens qu’on s’y rapproche car on entend de plus en plus de voix non-loin de nous. Heureusement, nous savons comment nous déplacer sans nous faire repérer. »

« Si vous êtes sûrs … et que vous êtes convaincus … Je ne peux qu’espérer ça pour vous. Bonne chance, nous devons nous en aller maintenant. Vous avez de quoi tenir une nouvelle semaine. Vous avez aussi plusieurs portables au cas où. Ca ne sert à rien de vous en donner qu’un seul. Bonne chance encore une fois. »

« Ce n’est pas seulement de la chance qu’il nous faudra dans cet endroit. »

Le soldat hausse les épaules en écoutant mes propos alors que je pousse un petit soupir. Ca ne fait rien, rien du tout même. Je ne suis pas là pour me plaindre. Je regarde les soldats partir les uns après les autres avant de me tourner vers Lania. Celle-ci est adossée à un arbre, le regard lointain. J’ai maintenant deux sacs dans les mains.

« Lania … Il y a aussi des affaires pour toi. »

« Merci … beaucoup, Ric. » murmure faiblement la Gardevoir, posant ses yeux sur mon visage. Elle semble un peu perdue. Je comprends pourquoi …

Je comprends parfaitement ce qui se passe avec elle. Elle n’a pas l’habitude, loin de là même. Elle est … Non. Ce n’est pas exactement ça. C’est juste qu’elle a compris qu’on ne peut pas forcer une personne à nous aimer et qu’on ne peut pas forcer notre corps à aimer une personne. On ne peut jamais faire ça.

« Lania, nous ne devons pas rester ici, est-ce que tu comprends pourquoi ? »

« Bien entendu … Ric. Je reste encore ici quelques secondes et je viens. »

« Je préfère attendre que tu aies terminé. » répond-je calmement avant de m’installer à côté d’elle. Je ne sais pas trop quoi lui dire de toute façon. Je n’ai jamais eu de petite amie, jamais eu le temps à cause du travail. Tout le contraire d’Alphonse quoi. Mais maintenant, je ne pense pas que ce dernier soit enclin à ça de toute façon.

« Ric … J’ai vraiment mal au cœur depuis qu’Emairon est parti, c’est normal ? »

« C’est normal, Lania. Ne t’en fait pas, ça te passera un moment. J’ai ressenti la même chose pour Helena. Tu n’as pas à t’inquiéter, d’accord ? Je te le promets. »

« Pourquoi est-ce qu’Emairon est un membre de la Triafa ? Pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas tuée ? Pourquoi est-ce qu’il … » commence-t-elle à me dire avant que je ne l’arrête d’un doigt sur ses lèvres.

« Tu verras que tout est bien plus compliqué que prévu … »

« Oui mais … » reprend t-elle mais je l’arrête une nouvelle fois. Il vaut mieux qu’elle n’en demande pas plus. La raison est simple : même si elle a le corps d’une femme, même si elle est humaine, elle reste une pokémon qui ne comprend pas encore les émotions et les sentiments. Je ferai mieux de la considérer ainsi dorénavant. Non pas comme mon « égale » dans le sens où je ne la rabaisse pas, mais plus comme une enfant dans le domaine de l’amour. L’idée que c’est moi qui doit lui apprendre quelque chose que je ne connais pas moi-même … Je ne sais pas. Ca me parait risible. Est-ce qu’avec Helena, j’ai vraiment eu des sentiments pour elle ? Ou alors, je voulais tout simplement la sortir de ce monde car elle n’était encore qu’une enfant quand elle y a été plongée ?

Je ne sais pas. Je suis de plus en plus perdu et cela ne semble pas passer inaperçu aux yeux de Lania qui me regarde avec tendresse. Elle tend ses bras et nous nous enlaçons tous les deux. Et si je la perdais ? Et si je perdais Lania ? Je ne sais pas … Je ne veux pas y penser mais … depuis tout ce temps, elle est la seule chose qui me retient encore ici. Je ne sais pas ce que je ferai si elle devait disparaître, si elle devait mourir. Je ne veux pas y penser plutôt, il vaut mieux pour moi que … Ah … Pourtant, je garde cette image fixée dans ma tête. Quel idiot ! Mais quel idiot ! Je n’ai pas y penser !

« Lania ? Avançons … Il va falloir que j’appelle encore mes pokémons. »

« Pour qu’ils aillent explorer les environs, c’est bien ça, Ric ? »

« Oui … Mais avec cette forêt, ces montagnes, nous sommes sûrement très loin de la capitale maintenant. J’espère que tu ne m’en veux pas. »

« T’en vouloir pour quelle raison, Ric ? »

« Pour le fait que tu ne puisses pas vivre … correctement. »

Elle me regarde avec un peu d’étonnement. J’ai dit une bêtise ? Je ne sais pas vraiment, je dois l’avouer. J’espère que non. Néanmoins, elle me fait un petit sourire avant de me dire que nous devrions marcher plus rapidement. Elle ne me répond pas, n’est-ce pas ? J’ai surement proféré une bêtise pour ne pas changer. Mais bon … Elle ne m’en veut pas. Tant mieux en soi. Les journées vont être longues dorénavant, très longues.

« La situation est préoccupante en Calambie. »

« Vous parlez des dernières actions de la FAPC ? Il semblerait qu’à force de rechercher cet homme nommé Ric, la FAPC commet de plus en plus de bêtises. Des soldats sont capturés ou tués de plus en plus chaque jour. »

« Que fais donc Anaïs ? Elle n’est pas capable d’arrêter ne serait-ce qu’un seul homme ? Si nous lui avons donné ces deux projets, c’est pour qu’elle les utilise. »

« Nous devons envisager le pire pour la Calambie … Je veux bien entendu de perdre notre domination dans ce pays. Dans le pire des cas, c’est ce qui arrivera. »

« Si cela continue dans cette voie, je me déplacerai moi-même là-bas. »

« Est-ce que tu es sûr que c’est la bonne chose à faire ? Je ne te le déconseille pas, loin de là mais au cas où, est-ce que tu penses vraiment qu’il faut que tu fasses ça ? »

« Oh … Des fois, je me dis que c’est la meilleure chose à faire. De même, il semblerait que les deux pokémons envoyés ne soient guère efficaces. »

« Tout cela car ils n’ont pas été encore été liés. Nous ne pouvons pas nous permettre de recommencer la même erreur. Il faut que nous soyons prudents. »

« Ne vous en faites donc pas. Faites quelques menaces à Anaïs et je suis sûr qu’elle comprendra qu’elle n’a pas vraiment le choix. »

« Bonne initiative. Il vaut mieux pour elle qu’elle nous craigne. Elle est décevante … très décevante même depuis l’apparition de Ric dans la Calambie. Quant à ce dernier, il faut envisager des méthodes bien plus radicales. »

« Nous allons tout préparer pour « l’accueillir » lorsqu’il quittera le pays. »

« Tant mieux … La réunion est terminée. »

Chapitre 14 : La vie sauvage

Chapitre 14 : La vie sauvage

« Lania, je peux savoir c’est quoi le numéro que tu as joué ? »

Je lui pose cette question qui me tiraille alors que je commence à la soigner. Heureusement que j’ai des bandages dans le sac à dos car sinon, je ne sais pas ce que j’aurai pu lui donner pour m’occuper d’elle. Difficile à dire, oui. Elle me regarde avec étonnement, me disant :

« De quoi est-ce que tu parles, Ric ? De quel numéro tu parles ? Je ne jouais pas ! Je devais te défendre ! Ce joli Gallame était vraiment très fort, tu sais ? »

« C’est pour ça que tu ne t’es pas battue sérieusement contre lui, c’est ça ? »

Je réponds sèchement alors qu’elle retire son bras que j’étais en train de bander. Même si elle rougit, elle semble offusquée de mes paroles. Qu’importe, je lui ai dit le fond de ma pensée et rien d’autre. Qu’elle le veuille ou non.

« J’ai tout fait pour essayer de te sauver la vie ! Et c’est comme ça que tu me remercies, Ric ? C’est très aimable de ta part ! Je pensais quand même bien plus de toi ! Mais toi, tu penses ça ? C’est ça hein ? Alors que j’ai combattu Emairon pour te protéger ! »

« Tu m’as protégé et je t’en remercie mais ça ne change rien aux faits ! »

« SI ! Ca change tout ! Contrairement à ce que tu dis ! Sans moi, tu serais mort ! Et voilà comment tu me remercies ! »

« Arrête donc tes larmes d’Escroco ! Ca ne marche pas avec moi ! Tu étais complétement envoûtée par cet homme ! Tu étais complètement sous le charme ! Si ça ne tenait qu’à toi, je suis sûr que tu te serais jetée dessus ! »

« CE N’EST MÊME PAS VRAI ! La seule personne que j’apprécie, c’est toi ! »

Mais je sens l’hésitation dans ses propos. Je sais qu’elle hésite. Je le sais parfaitement. C’est peut-être la première fois qu’elle comprend … ce sentiment. Depuis que je lui ai donné ces explications sur les sentiments d’une personne …

« Et pourquoi … est-ce que tu dis ça hein ? Moi, la seule personne avec qui je veux me lier, c’est toi, Ric ! Et personne d’autre ! Mais peut-être … Oh ! Je vois ! »

Elle se montre soudainement plus câline et docile. Elle semble avoir compris quelque chose mais quoi ? Sans même que je ne puisse réagir, elle se téléporte, venant coller sa poitrine contre mon torse. Elle se frotte bien, le haut de son corps parcourant le mien de haut en bas. Je ne réagis pas, je suis un peu trop en colère … mais contre moi-même.

« Ric … Tout ce que tu sens … contre toi … t’appartient, hein ? »

« Tu ne m’appartiens pas, que tu le veuilles ou non. Maintenant … Si tu veux bien retirer ton corps du mien, il faut que je m’occupe de te soigner. »

« Bien entendu, Ric. D’ailleurs, je vais t’y aider. »

Elle semble un peu trop … trop … Non … NON ! Purée ! Elle vient de se mettre complètement nue. Elle semble avoir remarqué ma jalousie et a décidé d’en profiter et de m’aider à en profiter ! Elle me couche sur le sol, les bandages et autres objets pour le soigner à d’elle et moi. Elle est au-dessus de moi, à quatre pattes. Je peux observer toute l’anatomie de son corps … la corne dorée entre ses volumineux seins, ces derniers aux pointes parcourues par le désir, son entrejambe … Ses oreilles de Gardevoir, sa peau entièrement blanche.

« Tu vas très bien me soigner, dorénavant, n’est-ce pas ? »

« Lania … Tu vas commettre une bêtise alors arrête et … »

« Je suis sûre de ne pas faire de bêtises. Je veux te voir comme tu me vois actuellement. » murmure-t-elle dans le creux de mon oreille. Elle commence à me retirer le haut alors que je lutte du mieux que je peux. Je dois lui répondre quelque chose.

« Lania ! Je pense toujours à Helena ! Que tu le veuilles ou non, ça ne sera jamais possible entre nous deux ! Et oui, j’étais inquiet pour toi à cause de ce combat ! Je me faisais du souci ! Mais arrête ces bêtises ! Tu le regretteras toute ta vie ! »

« Je ne pense pas regretter mon choix. Je ne l’ai pas regretté depuis plusieurs mois, depuis le moment où nous nous sommes vus, Ric. Je veux que tu deviennes mon … »

Elle s’arrête dans ses propos, commençant à me fixer longuement. Puis elle se relève, ses yeux dorés toujours posés sur moi. Ses vêtements lévitent au-dessus du sol avant qu’elle ne se rhabille, présentant ses blessures. Elle murmure à nouveau :

« Si tu veux bien me soigner, Ric. Ça serait gentil de ta part. »

« Euh … Oui … Bien sûr. Sans problème. Je te fais ça tout de suite. » bredouille-je alors que je me relève. Je prends les bandages qui sont au sol.

Je recommence mon travail alors qu’elle se montre plus docile qu’auparavant. Aucune allusion sexuelle, elle ne me regarde même pas. Elle détourne tout simplement le regard. Pourquoi est-ce que je devrai être jaloux ? Pourquoi ? Car son attention n’est plus totalement fixée sur moi ? Peut-être … Je ne sais pas. Je ne sais pas du tout.

« Voilà, c’est bon, Lania. »

« Merci beaucoup, Ric. C’est du très bon travail. » dit Lania.

« De rien, je fais tout simplement mon travail. Est-ce que tu vas bien, Lania ? Je veux dire, ça ne restreint pas tes mouvements ? »

« Pas du tout, tu n’as pas à t’en faire, Ric. C’est vraiment très bien fait. Mes félicitations … Toutes mes félicitations. » répondit une nouvelle fois Lania.
Moi ? Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je reste maintenant immobile, assis à côté d’elle. Est-ce que je dois lancer la discussion sur ce qu’elle a fait ? Ou plutôt, ce qu’elle n’a pas fait ? Car oui, si elle avait été dans son état normal, elle n’aurait pas hésité à continuer.

« Ric … Je voulais juste te dire … »

« Nous ferions mieux d’avancer, Lania. On ne peut pas rester au même endroit après tout ce qui s’est passé, tu vois où je veux en venir ? »

« Bien entendu … Ric … Bien entendu, je comprends parfaitement. »

« Tant mieux alors … Donne-moi la main, tu es blessée. »

Je me montre terriblement doux. Terriblement car ce n’est pas forcément dans mes habitudes. Avec toute cette histoire, je ne sais plus vraiment ce que je dois penser ou non. Lania n’est pas une humaine, voilà ce que je dois retenir de tout ça.

Pourtant, elle est chaude … Sa main est chaude. Elle ressemble à une humaine … Elle a un corps humanoïde. C’est tout ce que je dois retenir de sa personne, normalement … Normalement … Normalement …

Si la vie était véritablement normale, si le destin avait été un peu conscient de ses actes, il n’aurait jamais créé une telle chose. Je serre un peu plus la main de Lania. Ce n’est pas de sa faute si elle est née ainsi, loin de là. Je dois éviter de … Je dois éviter d’y penser.

« Ric, je vais faire de véritables efforts, je te le promets. »

« Ne me promets rien du tout, Lania. Tu n’as pas à faire des efforts pour moi mais pour toi. Mais essaye d’être sérieuse dans tes actes, voilà tout. »

« Je vais faire de mon mieux, je peux te juste te le promettre. » murmure Lania avec une petite pointe de tristesse alors que je ne dis rien du tout.
Je ne veux pas de promesse, loin de là. Je veux juste qu’elle soit heureuse, si ce n’est pas trop demander. Mais je ne sais pas … Je ne sais plus. Je suis vraiment perturbé par tout ça. Cette affaire dépasse le cadre judiciaire, je le sais parfaitement. Je sais ou je ne sais pas ? Je m’arrête, commençant à poser une main sur mon front. J’ai chaud, cette chaleur me fait vraiment mal au crâne. Je demande à Lania de s’arrêter. Combien de temps avons-nous marché ? Une demi-heure ? Une heure ? Est-ce que nous sommes à l’abri ? J’aperçois un petit ruisseau et j’invite la Gardevoir à venir nettoyer ses blessures pendant que je remplis les bouteilles. Il va falloir que l’on m’emmène un nouveau portable très rapidement. Un portable qui ne se ferait pas repéré par le Gallame si possible. Je ne sais pas comment il a fait … mais il a réussi à nous retrouver grâce à ça. En même temps, je ne veux pas revoir cet homme. Lania n’est pas faite pour un être comme lui. Du moins … Je le pense mais je ne suis même pas convaincu de mes propres paroles.

Chapitre 13 : Perturbés

Chapitre 13 : Perturbés

« Bon ! Comment est-ce que je vais le combattre ? »

Je ne sais pas du tout ! Ce n’est pas à moi de réfléchir à cela non plus ! Elle devrait le savoir non ? C’est elle qui combat, pas moi ! Je la regarde avec un peu de peur. Est-ce qu’elle va y arriver ? Cet homme est quand même très dangereux. Je le crains bien plus que Séphyria alors que je suis pourtant du genre à ne pas avoir peur.

Lania fait déjà flamber l’un de ses poings alors que le Gallame la fixe longuement. Hum ? Il n’y a pas un problème ? Il semble réfléchir à la situation et je payerai cher pour lire dans sa tête. Néanmoins, je ne suis pas sûr que ça soit une bonne chose. Lania disparaît, apparaissant dans le dos d’Emairon. Celui-ci s’affaissa sur le sol, fauchant la Gardevoir d’un coup de pied circulaire dans les jambes. Elle poussa un cri de surprise, se téléportant une nouvelle fois pour arriver au-dessus d’Emairon. Son poing droit s’était parcouru de glace alors que celui de gauche était toujours recouvert par les flammes. Elle voulut frapper le Gallame avec ses deux poings mais celui-ci l’esquiva, les deux attaques créant une légère explosion en même temps qu’un nuage de fumée.

« Tu ne t’enfuiras pas ! » s’écrit Lania avant qu’Emairon ne lui réponde :

« Je ne comptais pas m’enfuir. Pourquoi ferai-je cela ? Tu n’es qu’une débutante, cela se voit. Cela devrait être très simple de te battre. »

Elle avait pensé à utiliser la fumée pour se cacher mais cela ne servit à rien. Elle avait perdu de vue l’homme aux cheveux verts. Où est-ce qu’il était ? Elle ne le voyait pas ! Elle ne le trouvait pas ! Elle fit un demi-tour sur elle-même, remarquant Emairon juste en face. Elle poussa un nouveau cri de surprise, reculant au dernier moment avant qu’une des lames ne vienne tracer une ligne horizontale au niveau de la poitrine de la Gardevoir. Celle-ci s’écroula au sol sur les fesses, le tissu se déchirant un peu à cause de l’entaille crée.

« Tu comprends que tu ne peux rien contre moi ? »

Emairon avait pris calmement la parole alors qu’il se tenait debout en face d’elle. Il pointait une lame vers la Gardevoir, celle-ci le regardant. Elle n’avait pas peur, loin de là. Pourtant, subitement, l’homme vint déchirer une partie de sa veste. Ses yeux rouges devinrent roses avant que de la sève ne sorte de plusieurs arbres. Sans rien dire sur le moment, il déposa le morceau de tissu sur la partie légèrement à l’air de la poitrine de Lania, la sève servant à se « coller » sur la peau de la créature à moitié humaine.

« Cela devrait permettre de tenir le temps que ce combat soit terminé. Ainsi, même si tu meures, tu ne seras pas ternie. »

« Je crois que … Je dois dire … merci ? »

Elle est un peu rouge aux joues. Elle n’est pas en train de se faire amadouer par Emairon par hasard ? Même si c’est un ennemi, il est vrai que c’est un Gallame. Or un Gallame et une Gardevoir. Cette idée me traverse l’esprit et je me sens un peu en colère. Je ne sais pas réellement pourquoi. Je ne suis quand même pas jaloux, non ? Du moins, pas de tout ça ? Pas de ce que l’homme fait pour Lania, non ?

Le combat reprend après que Lania ait observé que sa tenue tienne bien. Ca ne semblait pas la déranger d’avoir le sommet de sa poitrine à l’air et je pousse un soupir en pensant à ça. Vraiment … Cette femme est irrécupérable. Mais bon … Elle est comme elle est. Je reste quand même méfiant. Il est plutôt fort, très fort même.

Mais Lania n’est pas n’importe quelle Gardevoir. Maintenant, elle est capable de se battre ! Et même si … Je n’ai pas touché la Gardevoir de façon sexuelle … du moins, qu’il n’y a rien eu de vraiment sexuel entre nous … enfin à part … ce qui s’est passé après la mort d’Helena. Non même pas … Ce n’était pas le moment de penser à ça. Je m’en veux encore pour mon acte même s’il y avait une raison bien particulière à ça. Et même si … Ca n’avait pas arrangé les choses, je dois l’avouer.

Lania, de son côté, tente de se débrouiller du mieux qu’elle le peut. Elle crée des feuilles psychiques, les envoyant entailler le Gallame qui se protège sans même chercher à les esquiver. L’un comme l’autre, j’ai l’impression que ce n’est pas … un véritable combat. Comment dire ça … Lania ne donne pas le maximum.

Elle semble se restreindre alors que je cherche une explication à tout ça. Pourtant, elle n’arrive pas. Hum … Qu’est-ce que je dois penser ? Je ne sais pas trop. Pourquoi réagirait-elle ainsi ? Je vois les rougeurs à ses joues et je me demande si … Non ? Quand même pas. Est-ce qu’elle ne serait pas tombée sous son charme ? Si c’était le cas, ça serait bien trop problématique. Je sors mon arme, prenant la parole :

« Le combat est terminé, Emairon. Vas t’en ou je n’hésiterai pas à tirer ! »

« RIC ! C’est mon combat ! Ne t’en mêle pas du tout ! D’accord ?! »

Il est rare que Lania soit en colère envers moi. En fait, c’est peut-être même la première fois qu’elle l’est … Je ne sais pas comment je dois réagir mais ça ne me plaît pas du tout. En fait, ça ne me plaît carrément pas ! Pourquoi est-ce qu’elle me parle ainsi ?!

« Je peux savoir ce qui se passe avec toi, Lania ? »

« Tu ne devrais pas détourner ton regard du combat. » déclare Emairon sans même se préoccuper de ce que je dis. J’ai l’impression d’être la cinquième roue du carrosse. Une impression déplaisante, vraiment très déplaisante même.

Pourtant, elle n’a pas détourné le regard d’Emairon même pendant qu’elle me parlait. Je ne sais pas mais ça ne me plaît pas ! PAS DU TOUT MÊME ! Ça ne me plaît pas ! Pourtant, je sens bien qu’elle m’empêchera de tout faire pour attaquer Emairon. D’ailleurs, le combat a repris et se fait surtout à coups de téléportation. Chacun se téléporte pour attaquer l’autre et je reconnais que j’ai du mal à suivre le combat.
Ma tête tourne sur la droite puis sur la gauche mais je les aie perdus de vue. Je ne sais pas où ils sont mais les traces de sang me signalent leurs présences. Est-ce qu’ils se battent bien ? Je ne sais pas … mais les arbres commencent à tomber les uns après les autres. Les branches sont coupées, les troncs sont calcinés … J’ai l’impression que c’est un tout autre monde qui se passe devant moi, devant mes yeux alors que je ne vois rien. Je ne vois rien du tout … et ça m’énerve. Ça m’énerve encore plus … que tout le reste.

Puis finalement, le combat semble se terminer. Je vois Lania devant moi, un genou au sol, du sang s’échappant des nombreuses entailles sur son corps. Elle semble avoir été blessée en de nombreux endroits au contraire d’Emairon. Oh … Celui-ci semble avoir quelques brûles, gelures et autres mais … rien de bien grave.

« Ce combat est terminé. » déclare l’homme aux cheveux verts avec lenteur.

Lania continue de l’observer, essoufflée. Contrairement à lui, elle n’est plus en état de se battre. Je le sais parfaitement. Mais pourtant, elle se lève alors qu’Emairon fait disparaître ses lames, se téléportant subitement sans un mot. Qu’est-ce que …

« Hein ? Où est-ce qu’il est passé ? Ric, fais attention ! »

Elle me demande de faire attention mais ce n’est pas vraiment un problème. Loin de là même. Emairon a complètement disparu de notre vue. J’entends un petit soupir de la part de Lania mais je ne pense pas que ça soit un de soulagement. Ca semble plutôt de dépit. Pourquoi est-ce que je suis un peu jaloux ? Je devrais plutôt être heureux, non ?

Ailleurs, Emairon est rentré à la base de la FAPC. Là-bas, Séphyria semble l’attendre, restant de marbre sans même sourire. Il passe à côté d’elle mais elle l’arrête d’un geste de la main, prenant calmement la parole :

« Je pensais que tu étais capable de les tuer. »

« Quelque chose d’imprévu s’est produit. » répond le Gallame sans donner plus d’explications. C’est à ce moment précis qu’Anaïs fit son apparition derrière Séphyria.

« Deux incapables, voilà ce que vous êtes. A se demander pourquoi on vous a créé si c’est pour être aussi inutile l’un que l’autre. »

Les deux pokémons humanisés ne répondent pas, Alice passant à côté d’eux. Derrière elle, ses deux propres pokémons l’accompagnent. Emairon s’en va de son propre côté, l’air songeur. Lorsqu’il est enfin seul, il murmure :

« Lania … Lezuna … n’est-ce pas ? Elle est un demi-échec … comme les autres. »

Mais il n’y a pas que ça, il le sait bien. Ce combat était étrange, vraiment étrange. Il aurait pu la tuer mais il ne l’avait pas fait. Il ne savait pas pourquoi. Son corps avait-il refusé d’agir ? Sans qu’il n’en sache la raison ? C’était bizarre … vraiment bizarre.

Chapitre 12 : Allure noble, actes mortels

Chapitre 12 : Allure noble, actes mortels

« Quand même, Ric, la situation est préoccupante, tu t’en rends compte ? »

« Je m’en rends parfaitement compte, oui. C’est pour ça que je te contacte, Casior. »

J’ai un portable en main et je lui explique tout ce qui s’est passé. Bien entendu, je n’ai pas besoin de lui raconter tout en détail. Il est déjà au courant puisqu’il se coordonne avec les policiers calambiens en ce qui me concerne. Ah … Je suis devant l’entrée de la grotte, Lania dormant encore dans la tente. J’aimerai bien mener une vie plus tranquille pour elle.

« Quand même, changer de portable à chaque utilisation, est-ce bien raisonnable ? »

« La FAPC a les moyens de me trouver grâce aux signaux émis par mon portable. Je préfère m’en méfier. De même, cette Altaria humanisée était très proche hier. J’ai eu de la chance de ne pas m’être fait repérer par elle en même temps. »

« Vivre comme un ermite, je ne sais pas si c’est vraiment conseillé … »

« Ce n’est pas vivre comme un ermite, n’exagérons pas. C’est juste le temps que la situation se stabilise et que l’on trouve où est la base principale de la FAPC. Pendant ce temps, je sers d’appât et la FAPC est concentrée sur moi. »

« Tu as drôlement changé depuis cet incident, Ric. Tu sembles … plus déterminé. Tu sais que des milliers d’hommes à ta recherche ? Mais tu ne t’enfuis pas. Tu fais simplement une partie de cache-cache avec eux comme si de rien n’était. »

Je ne sais pas pourquoi mais je prends ça comme un compliment. Ça me fait un peu rougir alors que je tente d’expliquer ce qui se passe concrètement. Pour le moment, je suis au beau milieu de la forêt calambienne. Et je ne sais pas quand je vais en sortir …

« Bon, je vais mettre Alphonse sur l’affaire mais aussi plusieurs autres hommes. On ne peut pas se permettre de perdre plus de temps à ce sujet. »

« Euh … Ne déploie pas tous tes hommes pour moi hein ? Si je suis seul avec Lania, c’est bien parce que cela me permet d’être discret. »

« Je ne pensais pas à ça … Je veux principalement que tu sortes de la Calambie le plus tôt possible. D’ailleurs, dès que c’est réglé, tu rentres en Fronse. »

« En Fronse ? Je ne crois plus que ça soit ma place là-bas. Comme en Inglaterre. »

« Pourquoi dis-tu cela ? Il n’y a aucune charge contre toi en Fronse. Et dans ma ville, je peux te promettre que tu seras en sécurité. Bon, bien entendu, les fonctionnaires sont un peu paranoïaques et la sécurité est plus que poussée mais au moins, tu ne risques rien. »

« Je ne sais pas … Maintenant que j’ai commencé à voyager, je crois qu’une vie sédentaire est le mieux pour moi. Je n’ai plus vraiment de maison. »

« Tu seras toujours chez toi dans ma ville, Ric. »

« Merci … beaucoup, Casior. Ca me touche vraiment. Je vous recontacte d’ici deux ou trois jours. Je vais briser ce portable bien assez tôt maintenant. »

Je l’empêche de continuer, coupant la communication. Je ne vais pas briser tout de suite ce portable. Je fais un second appel, demandant aux personnes avec qui je suis en contact de me ramener un nouveau portable. Je leur demande de localiser où je suis avant de signaler que je partirai vers l’Est. Je me réfère à la mousse sur les arbres. Après ce second appel, je brise le portable, l’écrasant du pied avant de retourner dans la tente.
Voilà une bonne chose qui est faite. Je me rapproche de Lania, la secouant doucement pour la réveiller. Elle tend ses bras, les passant autour de mon cou avant de me forcer à me coller contre elle. Je refuse pendant un temps puis me laisse faire.

« Réveille-toi bien … Ensuite, tu pourras boire puis nous repartons … en direction de l’Est. »

« Tout de suite, Ric ? On ne peut pas … souffler un peu ? »

Non, on ne peut pas. Je lui réponds cela alors qu’elle me fait une petite moue boudeuse mais adorable. Dommage qu’elle soit obligée de me montrer une partie de sa poitrine à cause de son comportement habituel. Elle est obligée de briser ces petits instants avec ce genre de comportement ridicule. Je quitte la tente, lui donnant de l’eau auparavant avant de sortir de la tente. Ah … Quelle bonne température. Au petit matin, cet endroit n’est pas si mauvais que ça. Pour l’heure, nous avons aussi réussi à éviter les pokémons sauvages. Tant mieux car sinon, je ne pense pas que ça soit une bonne chose pour nous.

« Te voilà donc … Ric Auré. »

J’entends une voix dans ma tête avant qu’une lame ne soit au niveau de ma gorge. J’ai à peine le temps de cligner des yeux que la lame recule ainsi que son propriétaire. Celui-ci est projeté contre un arbre, Lania apparaissant à côté de moi.

« Ric ! J’ai senti une force suspecte et j’ai décidé de … »

Elle s’arrête dans ses propos. Qu’est-ce qu’il y a ? Je la vois fixer l’homme qui a essayé de m’attaquer. Et alors ? Hum … Que je suis bête. Comme je peux voir des lames qui sortent de ses bras, ça veut tout dire sur ses origines. Et cette coiffure … était vraiment bizarre. On aurait pu croire à l’un de ces punks sauf que …

« Il est vraiment beau ! »

Que … Que … Quoi ? Je me tourne vers Lania, clignant des yeux plusieurs fois pour être sûr d’avoir bien entendu ce qu’elle vient de dire. C’est bien elle qui … vient de dire ça ? J’observe une nouvelle fois l’homme plutôt bien habillé et élégant, il est vrai.

« Tu es un Gallame … C’est pour ça ta crête et tes lames. »

« Je me nommes Emairon. Tu t’appelles Ric Auré … et elle s’appelle Lania Lezuna. Je suis bel et bien un Gallame comme mon apparence le montre. Je suis un membre de la Triafa et je suis donc chargé de vous éliminer. »

« Tu connais donc une Séphyria, n’est-ce pas ? Vous vous ressemblez en quelque sorte. Je veux dire … Lania est à moitié humaine alors que vous l’êtes totalement mais que vous pouvez utiliser vos pouvoirs … et faire apparaître ce qui fait de vous des pokémons. »

« Je la connais, oui. Pourquoi veux-tu savoir cette information avant de mourir ? »

« Juste un petit renseignement, rien de plus. Par contre, par rapport à elle, je ne crois pas que je vais t’apprécier. » dis-je, Lania semblant surprise à son tour.

Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a de surprenant ? Est-ce que j’ai dit une bêtise ? Je n’en suis pas sûr mais le regard que me lance Lania semble assez colérique. Emairon semble un peu étonné, chose qui semble extraordinaire en vue de son visage. Même si je ne le connais pas, je crois savoir qu’il n’a pas l’air d’un joyeux plaisantin.

« Je peux savoir ce qui se passe avec vous deux ? Enfin, de toute façon, Lania, là, par contre, je ne peux rien faire contre ses pouvoirs psychiques. »

« Ca sera avec un grand plaisir que je vais m’occuper de lui ! »

Elle semble enjouée. Un peu trop même à mon goût. Je ne sais pas … Ca ne me plaît que moyennement comme idée. Emairon a fait réapparaître ses deux lames sur ses bras alors que je recule, me déplaçant un peu plus loin par rapport à la grotte. Lania semble un peu différente de son comportement habituel.

« C’est donc toi … la Gardevoir qui s’est échappée de la Triafa ? »

« Disons que j’ai été récupérée par Ric et que même s’il ne veut pas encore de moi pour l’instant, je compte bien faire de lui celui qui m’aimera un jour ! »

« Ces paroles sont bien candides … Penses-tu vraiment qu’un humain t’aimera ? Nous sommes des objets dont la puissance se décuple lorsque nous obéirons aux ordres d’une seule personne … C’est ainsi que cela doit se passer. C’est ainsi que nous avons été conçus. »

« Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas comme ça que je vois les choses ! Ric m’a tout expliqué ! Il y a une différence entre ce que tu dis et la vérité ! »

Je n’ai jamais réellement parlé de ça mais je pense qu’il vaut vraiment mieux que je ne me mêle pas de cette histoire. Enfin, je tiens quand même mon arme dans ma main au cas où. S’il s’avère que le combat prend une mauvaise tournure pour Lania, je l’épaulerai.

Chapitre 11 : Autant recherché que le président

Chapitre 11 : Autant recherché que le président

« Encore aujourd’hui, une nouvelle explosion s’est faite ressentir dans les quartiers de Bagata. Une explosion revendiquée au nom de la FAPC. Encore aujourd’hui, l’homme le plus recherché de la Calambie n’est pas le chef de la FAPC mais bel et bien Ric Auché, alias Ric Aula alias Ric Auré de son véritable nom. Recherché par la police ? Nullement. Cet homme est l’ennemi numéro 1 … mais de la FAPC. Encore aujourd’hui, quelques rares personnes sont au courant de sa position. Ces personnes étaient visées par les attentats de la FAPC et … » dit la télévision avant d’être éteinte.
Ric n’est pas mort. Elle le savait parfaitement depuis le début. Maintenant, le souci est : où est-ce qu’il est ? Car il est hors de question de le laisser s’enfuir trop longtemps ! Mais maintenant, il est introuvable ! C’est ça le gros problème ! Elle ne sait pas du tout par où commencer les recherches. Les gens disent qu’il est dans les alentours de Bagata mais est-ce une donnée suffisante ? Ce n’est pas sûr du tout. Comment faire … pour y arriver ? Pour avoir des données plus précises ? Hum.

« De toute façon … Avec les moyens de la FAPC, ce n’est qu’une question de temps. »

Mais avant, elle doit se préparer. Elle-même va participer aux recherches. Elle ne doit pas voler trop haut car sinon, il y a des chances qu’elle se fasse repérée par l’aviation de Calambie. Pas la plus puissante au monde mais toujours problématique. Même si elle se considère plus que fort, si … un missile vint s’exploser contre elle, elle n’est pas sûre d’en échapper. Mais bon, le jour où cela doit arriver, elle sera prête. Elle sera prête à contrer ce missile en utilisant ses pouvoirs. Pour l’heure … Il faut retrouver Ric et le combattre.

« Qu’est-ce que cela donne ? »

Je demande à Lania la situation alors que je suis au beau milieu de la forêt. J’ai bien entendu de quoi il en retournait et je commence à être lassé. Je suis fait pour être policier, pas vivre dans les bois. Pourtant, je n’ai pas le choix. Ici, il est plus que difficile de me trouver et on ne pourra pas m’atteindre comme si de rien n’était.

« Je ne sais pas, Ric. Je ne suis pas un oiseau à la base hein ? Et utiliser mes pouvoirs pour léviter, cela m’épuise grandement. Ce soir, je dors avec toi ! »

« De toute façon, on n’a pas le choix. Je ne peux pas te dire de retourner travailler car sans toi, je risque d’être un homme mort sans même m’en rendre compte. »

« Oh … C’est vraiment très mignon ce que tu viens de me dire, Ric ! Mais tu sais quoi ? Tu devrais appeler plutôt tes deux pokémons ! Ils feront un bien meilleur travail que moi. »

« Tu as parfaitement raison. C’est ce que je vais faire. » réponde-je tout en prenant deux pokéballs. Je n’ai pas pour habitude de les sortir mais bon : « Ersone ! Néverri ! »
Les deux pokéballs vont toucher le sol avant que n’apparaissent deux oiseaux mais pas n’importe lesquels : Une Déflaisan et un Corboss. Oui … C’est vrai qu’ils ont évolué depuis mon arrivée en Calambie. Et je sais qu’avec eux, j’ai toutes mes chances pour éviter de me retrouver tué au beau milieu de cette forêt. La forêt calambienne … Je ne suis pas sûr que ça soit le meilleur endroit pour me cacher mais bon …

J’envoie mes deux pokémons dans les airs alors que je regarde le sac à dos que j’ai posé sur le sol. Un petit cadeau de la part des policiers de Bagata. Dedans, il y a de quoi me nourrir et vivre pendant quelques jours ainsi qu’une toile de tente et deux sac de couchage. Ca a l’air tellement invraisemblable mais je n’ai pas le choix. Aucun bâtiment n’est sûr et avec les nombreuses explosions de ces derniers jours, ce n’est pas comme si on me laissait le choix. Non … Je suis vraiment dans un sacré pétrin.

Ailleurs, les deux pokémons oiseaux volent au-dessus des arbres, observant les alentours. Les consignes sont claires : ils doivent trouver s’il y a quelque chose de suspect dans cette forêt ou non. Qu’importe les humains présents, qu’ils soient bons ou mauvais, il faut prévenir leur dresseur. Mais ce n’est pas une tâche facile bien qu’elle ne soit pas ingrate, loin de là. Et malgré la chaleur, ils font leur travail sans réticence.

« Hum ? Un Corboss ? Et une Déflaisan ? Dans ce coin de la Calambie ? »

Les deux oiseaux s’arrêtent subitement, poussant des petits piaillements alors qu’en face d’eux se trouvent une femme aux ailes de coton. Ils la connaissent ! Ils l’ont déjà vue auparavant ! Cette femme est cette … Altaria qui ressemble un peu à Lania ! Elle est capable d’utiliser les pouvoirs des pokémons.

« D’ailleurs … Cela m’étonne un peu mais je crois me rappeler qu’une certaine personne possède un Cornèbre et une Colombeau. »

« Déflai ! Déflaisan ! » commence à crier Névérri alors que le Corboss hoche la tête. Il se place entre elle et cette femme aux ailes de coton.

« Hum ? Je ne rêve pas ou … Tu comptes réellement me tenir tête pendant qu’elle va prévenir Ric de se mettre à l’abri ? »

« Corboss. » répond calmement le pokémon au chapeau borsalino, pointant une aile vers la femme aux cheveux bleus. Celle-ci reste immobile, regardant du coin de ses yeux saphir la Déflaisan qui s’envole au loin. D’un geste de la main, la femme projette le Corboss sur plusieurs mètres en arrière avant de reprendre :

« Si tu comptes m’arrêter, il vaut mieux pour toi que tu sois sérieux … car je ne te laisserai aucun répit. Est-ce bien compris ? »

« Corboss, cor … corboss … Corboss. »

Il ne semble pas inquiet pour autant. Bien qu’il devrait avoir peur, ce n’est pas le cas. Et elle ? Elle ne peut pas s’empêcher de remarquer que le courage de cet homme se reflète dans ses pokémons. Ils n’ont pas peur. Ils ne la craignent pas … alors que c’est perdu d’avance. Vraiment … Cet homme …

« Disparais de ma vue. Je n’ai pas besoin de vous poursuivre pour vous trouver. Tu peux néanmoins lui déclarer que je suis à sa recherche … comme tant d’autres. Il vaut mieux pour lui que ça soit moi qui le trouve avant les autres membres de la Triafa. »

« Corboss ? » demande le pokémon alors qu’elle le fixe. Elle ne lui laissera pas une autre chance. Il vaut mieux pour lui qu’il disparaisse maintenant avant qu’elle ne décide de le tuer.
Elle regarde le Corboss qui s’en va à son tour, prenant une direction différente de celle de la Déflaisan. Malgré cela, il a eu la réflexion de ne pas prendre le même chemin. Sinon … Elle aurait pu découvrir où Ric se trouvait. Cet homme … La chasse était plus intéressante quand elle ne se faisait pas aider. Le problème ?

« Ils sont tous à sa recherche. Si ce n’est pas moi, ça sera quelqu’un d’autre. »

Et ça, elle ne peut pas se le permettre. Maintenant qu’elle a donné de l’avance à ces deux pokémons oiseaux, il est temps de repartir en chasse. Une chasse bien spéciale puisqu’il s’agit d’une chasse à l’homme. Un homme appelé Ric.

« Ainsi … Séphyria est à ma recherche ? Et elle n’est pas seule ? »

Mes pokémons sont revenus rapidement, très rapidement même. La Déflaisan fut la première avant que ça ne soit le cas du Corboss. D’ailleurs, d’après ce que Lania m’a dit, le Corboss devait retenir Séphyria. Alors … Pourquoi est-ce qu’il n’est pas blessé ?

« Qu’importe … Ce n’est pas le plus important. Il va falloir que nous voyagions encore un peu. Cherchons un endroit discret et à l’abri des regards pour la nuit. Continuez à voler, d’accord ? Mais pas au-dessus des arbres. J’ai l’impression qu’un Corboss ne soit pas si commun que ça par ici. Une question de sécurité quoi. »

« Déflai ! Déflaiiiiiiiisan ! » crie alors mon second oiseau avant que je ne rigole.

« Mais non, toi aussi, tu es unique, ne t’en fait pas, Néverri. »
Je lui tapote doucement le sommet du crâne alors qu’elle se laisse faire. Je fais de même avec mon Corboss, Lania tendant la tête elle aussi. Hum ? Sur une Gardevoir, je n’aurai pas été réticent mais sur une femme …

« Bon, d’accord, viens par-là, Lania. » dis-je tout en soupirant.
Je lui caresse le sommet du crâne avant de la prendre dans mes bras. Voilà, elle a le droit à son câlin .C’est ce qu’elle veut non ? Je reste ainsi pendant une bonne minute avant de la libérer de mon étreinte. Elle semble être au paradis.

Finalement, nous trouvons une grotte pour la nuit. Je ne pense pas faire de flamme mais comme Lania a des pouvoirs … Nous montons un petit feu alors qu’elle semble être comme une petite fille ravie. Elle n’a jamais fait de camping de toute sa vie. C’est un peu normal quand on connait sa condition. D’ailleurs, il y a quelque chose que je n’ai jamais osé lui demander … Je ne pense pas que ça soit le bon moment pour ça. Pourtant, j’avoue que … j’aimerai savoir … ce qu’elle faisait avant que je la connaisse. Je ne sais toujours pas son passé. Je l’observe dormir dans la tente, celle-ci étant ouverte alors que je m’occupe du feu pour encore quelques minutes. Elle a rapidement trouvé le sommeil. Dire que je suis recherché par les pires criminels existants dans ce monde. Ce n’est pas la tête du président de la Calambie que ces hommes et ces femmes cherchent, non. C’est la mienne. Ma tête … Celle de Ric Auré. Je vais me coucher après avoir éteint le feu mais je sais que j’aurai du mal à trouver le sommeil cette nuit-là. Mon existence en a sûrement gâché tant d’autres.

Chapitre 10 : De l’honneur

Chapitre 10 : De l’honneur

« Tsss … Je suis de retour. »

« Séphyria ? Mais vous êtes blessée ?! Comment est-ce possible ? »

Comment est-ce possible ? Comment est-ce possible ? Pourtant, je suis blessée et ce n’est pas un drame ! Pas le moins du monde ! Je passe à côté des deux soldats de la FAPC, les ignorant complètement malgré l’état dans lequel je suis. Je suis blessée, et alors ? Ces blessures sont des preuves concrètes que cet humain a réussi à me livrer bataille sans même avoir peur de mourir. Il était prêt à mourir à n’importe quel moment !

Je me dirige vers ma chambre, fermant la porte à clé avant de m’observer dans le miroir. J’ai vraiment une sale tête … Les coups que cet homme nommé Ric m’a donnés, je peux encore les sentir. Et ces balles dans mon bras et ma jambe. Cette précision diabolique ! Il était fort, très fort même, il faut le reconnaître. Je ne sais pas où il a appris à viser aussi précisément mais les faits sont là : il sait se débrouiller avec une arme. Par contre, au niveau du combat à mains nues, cela ressemblait plus à du pugilat de bas étage qu’à autre chose.

En même temps, je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu faire … ça. Je pouvais facilement le tuer. En un claquement de doigts, il serait mort sans même qu’il ne puisse réagir. Je voulais lui donner une chance ? De faire ses preuves ? Mais prouver quoi ? Qu’il puisse être à ma hauteur ? Et cette … pokémon qui l’accompagne. Elle était présente mais il ne l’a pas fait intervenir. Là-aussi, il aurait pu refuser ma requête et me combattre à mon niveau. Je ne sais pas. Je reste un peu perturbée.
Sous la douche, je passe doucement le gant sur mes blessures. Ça fait mal mais pas comme auparavant. Peut-être suis-je fière d’être blessée par un humain ? Quelle idée ridicule. Vraiment ridicule. Je devrai avoir plutôt honte de ce résultat. Ce Ric est une véritable plaie pour la Triafa. Néanmoins, il n’a pas encore touché à cette Gardevoir nommée Lania. Elle n’a pas dévoilé sa véritable puissance. Qu’est-ce qu’il attend ? Les hormones des humains devraient être plutôt excitées en voyant une telle créature.

« Non … Nous sommes des aberrations pour lui. »

Je le conçois parfaitement. J’étais une pokémon auparavant … ou du moins, c’est ce que je pensais être. J’ai toujours été une jeune fille, puis une adolescente … et enfin une femme. J’ai cette particularité des Altarias. J’ai leurs pouvoirs, je suis une Altaria … mais humanisée. Comment peut-on croire que je suis une pokémon ? Cet oiseau au plumage de coton et à la voix de soprano … Je n’ai aucune ressemblance « réelle » avec ça.

Je sors de la douche, complètement nue avant de faire apparaître mes ailes de coton. Je me sers d’elles pour m’essuyer. Au moins, elles ont une utilité assez spécifique. Être une humaine … alors que je suis une pokémon. C’est risible. Me forcer à coucher avec un humain pour débloquer tous mes pouvoirs ? Et puis quoi encore ? Cette idée est stupide. Même en n’utilisant qu’une infime partie de ma force, je peux combattre n’importe qui ! Je m’écroule sur mon lit, portant simplement un peu de lingerie de dentelle bleue ainsi que de nombreux pansements assez visibles sur le corps. Je dois me reposer … Ce combat m’a fatigué plus que je n’osais l’admettre. Je n’admettrai jamais … que cet homme me cause autant de problèmes et que je ne fais les choses qu’à moitié … pour le combattre. J’ai sommeil …

Quelques heures plus tard, je me rhabille correctement, regardant la tenue que je porte. Un kimono, n’est-ce pas ? C’est un vêtement provenant du Jipen. Je ne sais pas, je me sens bien dans cette tenue. J’ai été appelé par le chef de la FAPC, comme quoi, visiblement, j’ai échoué dans ma mission. Pourtant, je n’y tiens guère compte.

« Séphyria, est-ce que tu as une explication sur ton échec ? »

« Il était bien plus résistant que prévu. Il semblerait que … »

« Un humain ? Plus résistant qu’une pokémon comme toi ? » me demande la personne en face de moi. Un homme qui a environ mon âge. Il a des cheveux verts, une crête au beau milieu des cheveux et des yeux rouges. Il porte d’élégants habits ressemblant à ceux des cérémonies bien que cela soit une veste verte et un pantalon blanc.

« Je n’ai pas réussi à le battre et j’ai été blessée. Fin de l’histoire en ce qui me concerne. Si ce n’était que pour cela que l’on m’a appelée, je préfère encore terminer ma nuit. »

« Ton échec était prévu de toute façon. C’est pourquoi nous avons pris d’autres mesures. »

Mon échec était prévu ? Je n’apprécie guère ces paroles. Je pose mon regard sur l’homme en face de moi. Si Emairon cherche le combat, il risque de le regretter amèrement. Je reprends la parole, cherchant à avoir des explications :

« Comment cela ? Mon échec était prévu ? Fais attention à ce que tu vas dire, Emairon. Que tu sois un pokémon comme moi ne change rien … »

« Tout simplement que depuis quelques temps, tu sembles bien affaiblie. Depuis la première apparition de Ric, tu as beaucoup de mal à te concentrer sur tes objectifs. »

« Me concentrer sur mes objectifs ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Tout simplement que tu ne sembles pas te donner à ton maximum pour remplir tes fonctions envers la Triafa. De même, tu perds ton contrôle dès que tu le remarques, que cela soit à la télévision ou ailleurs. Enfin, quand on en parle … »

« C’est la première fois que j’échoue … à cause d’un humain. Je ne peux pas supporter ça ! Il doit payer de sa vie pour ce qu’il m’a fait ! » m’écrie-je, coupant la parole à Emairon alors que celui-ci reste de marbre et stoïque. Voilà pourquoi je ne l’apprécie guère.

« Ne laisse pas tes émotions te commander. La cheffe de la FAPC veut te parler. Elle a quelque chose à te dire concernant cet homme nommé Ric. »

« Qu’est-ce qu’il y a encore avec elle ? »

J’apprécie encore moins cette femme. Il faut dire … qu’elle est spéciale. Très spéciale même. Comme de nombreux chefs des différentes organisations dirigées par la Triafa, elle possède un pokémon humanisé … ou du moins, à moitié humanisé dans ce cas précis. M’enfin, c’est encore autre chose car femme ne possède pas qu’un pokémon mais deux. Comme si coucher avec un seul pokémon ne lui suffisait pas, il lui en faut deux.

Je me retrouve en face de la cheffe de la FAPC, une certaine Anaïs. A ses côtés ? Deux hommes sur lesquels je ne m’attarde pas. Ce qu’ils sont, je n’y éprouve strictement aucun intérêt. Comme si j’avais du temps à perdre là-dessus. Cette femme doit avoir une trentaine d’années voire même une quarantaine plutôt. On peut remarquer à quel point la chirurgie peut faire des miracles de nos jours sur les visages.

« Qu’est-ce que vous me vouliez, Anaïs ? » demande-je en croisant les bras.

« Je pense qu’Emairon t’a déjà mis au courant au sujet de ton échec concernant ce jeune policier un peu trop présomptueux à Bagata. »

« Il porte un nom, il vaudrait mieux que vous le reteniez en vue des problèmes qu’il n’arrête pas de causer à la FAPC. »

« A cause de ton échec bien entendu. Sinon, cette affaire serait résolue depuis déjà longtemps. » déclare Anaïs, la femme qui dirige la FAPC.

« Ne me mettez pas tous vos échecs sur le dos. Si vous n’êtes pas capable d’abattre un seul homme avec tous vos soldats, je ne suis pas fautive. »

« Tu ferais mieux de faire attention à ce que tu dis. Tu n’es qu’une pokémon et non encore liée. De toute façon, à l’heure où je te parle, Ric doit être mort. »

J’hausse un sourcil en la fixant. Qu’est-ce qu’elle vient de dire à cet instant ? Je pense avoir très mal entendu. Peut-être que la surprise se lit sur mon visage puisqu’elle reprend :

« Pendant que tu t’évertuais à essayer de tuer cet homme sans y arriver, mes hommes ont placé des explosifs dans son appartement. Ils ont tout simplement attendu qu’il revienne avec cette Gardevoir pour les éliminer tous les deux. »

« IMBECILES ! Vous n’avez donc aucune décence ?! Aucun courage ?! »

Je m’emporte car c’est bien l’une des choses que je déteste le plus dans ce monde pourri ! Comment peuvent-ils encore se regarder alors qu’ils ne sont même pas capable de régler leurs affaires en face à face ?!

« La faim justifie les moyens. Maintenant que tu es au courant de ton échec mais de notre réussite, tu peux retourner là d’où tu viens. Nous n’avons plus besoin de toi. »

Je me retourne, enragée à cause de toute cette histoire. J’ai déclaré à cet homme nommé Ric que je comptais bien l’affronter une nouvelle fois ! Même si je ne vais pas le crier dans la face de cette femme, je sais dans le fond qu’il en faut bien plus pour réussir à abattre Ric. Ce n’est pas avec une ridicule explosion qu’ils arriveront à le tuer !

Chapitre 9 : Preuve de clémence

Chapitre 9 : Preuve de clémence

« Je tiens à te prévenir : même si on ne le croit pas en me voyant, je sais quand même me battre. Quand on est policier, il ne faut pas croire qu’on ne doit pas utiliser la force. »

« Et si tu penses que c’est parce que je retiens mes pouvoirs que je suis faible, tu risques d’avoir une petite surprise … une très grande plutôt. »

Je me méfie … Je me méfie grandement d’elle contrairement à ses propos. Mais je reste quand même un peu tonné de la proposition de la femme en face de moi. Si elle n’a pas peur des coups, je ne vais donc pas me retenir contre elle ! Je commence à courir alors qu’elle fait de même. Un coup de poing droit de ma part au niveau du visage mais elle bouge la tête sur la gauche, esquivant le coup comme si de rien n’était. Moi ? Je me prends son genou droit en plein dans le ventre, me faisant pouffer de douleur.

« Oh … Un petit conseil encore : si tu retiens tes coups parce que je suis une femme, tu vas encore plus le regretter. Mais comme je suis une aberration, tu ne devrais pas avoir de mal, n’est-ce pas ? Tu vas te donner à fond hein ? Je veux te briser en utilisant ta propre force, en utilisant tes moyens, pour te montrer à quel point je hais ta personne ! »

Je ne peux pas vraiment répondre, ayant le souffle coupé. Je tente de lui prendre le genou, y arrivant avant de la pousser en arrière. Elle pousse un cri de surprise, tombant en arrière sur les fesses. Elle ne devait pas s’attendre à ce que je réagisse ainsi.

« Ce n’est même pas un combat ! C’est juste de la bagarre de rue ! »

« Je dois t’avouer que je ne connais aucun art martial ou de combat. Je ne suis pas boxeur ou autre, loin de là même. Je sais juste me battre. »

« Je n’ai pas de temps à perdre pour apprendre un art martial. De toute façon, la seule chose qui m’importe, c’est … » commence-t-elle à dire avant de se lever. « De te mettre à terre et de te tuer ! Qu’importe la méthode utilisée ! »

« Car j’ai froissé ton self-estime ? C’est ça ? »

Elle ne me répond pas mais le cri qu’elle pousse veut tout dire. Je ne sais pas me battre correctement mais elle non plus. Pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? Du moins, qu’elle s’abaisse à un combat de chiffonniers car c’est exactement ça.
Je ne me prive pas pour la frapper, sauf à la poitrine car je sais que c’est un endroit sensible chez une femme. Elle-même ne se gêne pas pour me frapper de tous les côtés sauf dans les valseuses. C’est bizarre … J’ai l’impression de me battre sans aucune raison. Mes poings l’atteignent, mes pieds aussi. Elle-même n’hésite pas à foncer tête baissée sur moi. Je me retrouve soudainement à terre, Séphyria sur moi à cheval.

« Je dirai bien que c’est une position … enfin un peu équivoque mais le poing que tu recules montre que tu risques de me faire mal. »

Elle ne me répond pas tandis que je tente un trait d’humour. Au moment où son poing droit vint s’abaisser pour frapper mon visage, je penche la tête sur le côté, le poing terminant sa course sur le sol, du sang se faisant sentir à côté de moi.

Pourtant, elle ne s’arrête pas et sa tête percute la mienne, nos deux fronts venant s’ensanglanter. Le souci ? C’est qu’une douleur se fait sentir sur le dos du crâne. Avec le coup qu’elle a donné, ma tête a bien touché le sol. Je dois m’échapper ! Je place mon pied sur le ventre de Séphyria, la projetant en arrière alors se retrouve sur le dos à son tour. Ce n’est pas un combat loyal, ce n’est pas un combat qui serait montré à la télévision. C’est juste un match barbare où tous les coups sont permis.

« Relève-toi ! Je pense que tu n’en as pas assez ! »

« Tu as du répondant, hein ? Mais est-ce que tu penses pouvoir tenir encore très longtemps ? Je suis une pokémon ! Mon endurance est bien plus grande que la tienne ! »

« Tu marques un point … mais si ça me permet de t’arrêter sans te tuer, je continuerai ! »

« M’arrêter ? Et tu crois vraiment ça ? »

Pas le moins du monde mais ce n’est pas ce que je peux lui dire. Je suis essoufflé, très essoufflé même. Et en même temps, avec les blessures causées par les coups de Séphyria, je ne suis plus vraiment apte à me battre. Pourtant, il est hors de question que je reste là sans rien faire ! Il est l’heure de se battre ! ENCORE ! Je la laisse se relever pendant que je reprends mon souffle. Tiens ? Elle aussi … Elle respire bruyamment.

« Et d’ailleurs, tu te bats pour quoi ? Pour tes propres convictions ? Pour ton pays ? Impossible ! Tu n’as plus de pays ! Pourquoi est-ce que tu te bats ? Pourquoi est-ce que tu es comme ça ? Pourquoi tu parles ainsi ? »

« Ça en fait beaucoup des questions. Je suis ce que je suis et c’est tout ! Je ne pourrai pas changer fondamentalement, qu’on le veuille ou non ! »

« Changer … Bien sûr ! Bien sûr que l’on ne peut jamais changer ce que l’on est dans le fond ! La preuve avec l’aberration que je suis ! Qu’importe la forme que j’ai, je reste avec ces gênes d’Altaria en moi car je suis une Altaria ! »

« Alors, ne me demande pas pourquoi je fais tout ça ! »

De toute façon, je ne connaissais pas la réponse ! Je fais ça car j’estime que j’ai à le faire ! Comme j’ai estimé que je devais protéger Lania ! Que je devais me venger de la Triafa après tout ce qui s’est passé ! Je fais ça car je l’ai décidé ! Je recommence à courir vers Séphyria, donnant des coups mais plus lents qu’auparavant. Elle aussi … Elle semble réagir plus lentement. Elle pare mes coups, tente de m’en donner mais j’arrive à donner des petites tapes pour les faire dériver sur le côté.

« Alors ? Tu es bientôt hors combat ? Tu as une sale tête avec les bleus que tu vas avoir ! »

« Je pourrai en dire autant du tien ! Avec le sang séché sur ton front et qui a dégouliné avant ! Tu es dans le même état que moi ! »

Elle ne me conteste pas. Nous arrêtons de nous frapper, étant à quelques centimètres l’un de l’autre. Elle est essoufflée, moi aussi. On respire bruyamment, cherchant à prendre de l’air alors que nos deux bras sont ballants. Elle aurait pu gagner si facilement. Si facilement … si elle avait décidé d’utiliser ses pouvoirs.

« Tu pourrais me tuer si tu le désirais. » dis-je en la fixant dans ses yeux saphir.

« Ah oui ? En utilisant mes pouvoirs ? Je tiens mes paroles ! Si je n’ai pas réussi à te tuer en évitant d’utiliser mes ailes et mes flammes issues des dragons, c’est un échec ! Tsss … Ca en fait deux à la suite ! »

Elle me répond avec nonchalance avant de me tourner le dos. Elle fait apparaître ses ailes dans le dos, commençant à décoller dans les airs. Pourtant, à environ cinq mètres du sol, elle se retourne une nouvelle fois, me faisant face.

« Sache que ce n’est pas terminé. Je n’en ai pas fini avec toi ! Si tu continues de t’immiscer dans les affaires de la Triafa, je serai toujours là pour t’arrêter. »

« Normalement, ce genre de propos, c’est la police qui le déclare. Tu veux en faire partie ? »

Je dis cela pour détendre l’atmosphère mais elle semble imperméable à mes propos. D’un geste de la main, elle crée une dernière lame qui vint blesser ma hanche. Ensuite ? Elle s’en va comme si de rien n’était. Je la regarde partir alors que je ne sais pas quoi penser. Qu’est-ce que je dois faire ? Ah … Pourtant, c’est très simple : je dois aller me reposer.

Voilà que quelques heures plus tard, je sors de l’hôpital. Quand est-ce que je vais pouvoir travailler ? Sérieusement ! Je me pose la question alors que je marche à côté de Lania. Les autres ont voulu entendre et savoir ce qui s’était passé mais elle aussi. Je les aie rassuré du mieux que je le pouvais.

« Nous sommes bientôt rentrés, Ric. Tu devrais … te reposer. Je vais bien m’occuper de toi. Mais la prochaine fois, je viendrai t’aider ! »

« Non … Pas en ce qui la concerne. Elle et moi, c’est une affaire personnelle. »

Je parle avec lenteur pour montrer que je ne rigole pas. Je suis plus que sérieux. Séphyria, je t’attends ! Nous avons encore beaucoup à nous dire ! Nous sommes finalement dans l’appartement alors que je m’installe sur le canapé. Moi aussi, me voilà maintenant avec des bandages sous les vêtements, je suis épuisé mais je sais que tout ceci va s’accélérer de plus en plus. Je commence à prendre une profonde respiration avant de m’arrêter. Il y a une drôle d’odeur ici, qu’est-ce que …

« RIC ! » crie la voix de Lania alors que je sens à peine mon corps disparaître une nouvelle fois.
Le souffle de l’explosion est visible à plusieurs pâtés de maisons plus loin. Mon appartement … a été réduit en cendres. J’ai été encore victime d’un attentat ? Mais cette fois-ci, Lania m’a téléporté assez loin pour ne pas être blessée elle aussi. Je crois que je suis une cible privilégiée de la FAPC. Elle veut vraiment ma mort.

Chapitre 8 : Corps à corps

Chapitre 8 : Corps à corps

« Alors ? Qu’attends-tu maintenant ? Est-ce que tu vas te battre ou non ? »

Se battre ? Avec une arme à feu ? Il y a combat plus glorieux mais je ne compte pas lui dire cela. Cette femme a l’air très motivée à vouloir me faire souffrir. Je pointe mon pistolet en sa direction, peu enclin quand même à tirer Pourtant, je vise son bras droit, une balle quittant mon arme alors qu’elle reste de marbre. D’un geste de la main, le vent repousse la balle … Une balle ?! Comme ça ? Comme si de rien n’était ?

« Il te faudra faire bien mieux que ça si tu veux essayer de me toucher. »

« Si je le veux. » déclare-je alors qu’elle me fixer longuement avant de serrer les dents. Oups ! Elle croit que je ne prends pas au sérieux son combat ! Ses pieds se transforment subitement en serres avant qu’elle ne décolle dans les airs.

« QUE TU LE VEUILLES OU NON … TU N’AURAS PAS LE CHOIX ! »

Elle semble passablement énervée alors que je fais un saut en arrière, ses deux serres venant se planter dans le sol. Elle compte vraiment me tuer hein ? Je dois prendre cela plus sérieusement ! Si je ne le fais pas, je vais mal finir, très mal finir ! Je recommence à tirer mais cette fois, deux balles partent de mon arme en même temps. A cette distance, elle ne sera pas capable de les éviter ! Pourtant, c’est ce que je croyais … Je ne m’attendais pas à ce qu’elle fasse ça ! Elle s’est penchée en avant, mais vraiment bien pencher de telle sorte que son corps soit à la hauteur de mes jambes.

« Comment est-ce que tu fais ça ? «

« Moins de paroles, plus de combat ! Je pensais que tu valais mieux que ça ! »

Elle est à ma hauteur, ses deux mains devenant eux aussi des serres alors que le long de ses bras, des ailes de coton font leurs apparitions. Je ne peux pas parer avec mes bras ! Je ne peux pas parer avec mon arme ! Je tente d’esquiver du mieux que je le peux alors que Séphyria pousse des petits cris. Combien j’ai de balles encore ? Normalement, à la base, j’en ai une quinzaine voire une vingtaine. J’en ai déjà utilisée trois.

« Malin … Très malin même hein ? Tu ne peux pas bloquer mes serres avec tes bras. »

« Je ne suis pas stupide au point de me faire déchiqueter les bras pour te parer, oui. »

« Et pendant ce temps, tu continues d’essayer de viser mes bras et mes jambes ? C’EST UN COMBAT A MORT ! A MORT ! »

« Un policier n’a pas pour but de tuer. »

« Des paroles bien stupides et aberrantes ! On verra si tu es encore capable de les tenir après que je me sois occupé de ton cas ! Si tu ne me tues pas, tu seras mort d’ici quelques instants ! Tu ne comprends donc pas hein ? Tu ne comprends pas ! »

« Je comprends parfaitement … et je vais t’arrêter sans te tuer. »

Elle doit me prendre pour un fou. Il suffit de voir son visage qui me regarde avec étonnement avant de passer à de la rage. Je tire deux nouvelles balles pour viser dans ses jambes. Contrairement à auparavant, elle ne peut pas se pencher, étant trop près de moi. Pourtant, elle déplace ses jambes de telle façon que les balles ne viennent que toucher le sol. ET ZUT ! Je n’arriverai donc pas à la blesser ?

« Tu n’as jamais l’intention de me tuer ! Et tu penses pouvoir m’atteindre ?! Si tu me visais en plein cœur, je ne pourrai pas esquiver complètement tes balles ! »

« Et tu cherches quoi en me disant ça ? A mourir ? C’est ça ? Tu veux mourir ! »

Je lui rétorque quelque chose de particulièrement stupide car cette femme est … Je ne sais pas ce qu’est cette femme. Enfin, cette pokémon ! Je ne sais pas quoi penser ! Je suis plus que confus par la faute de cette femme ! Cette femme est plus que bizarre !

« A mourir ? A mourir ? Je veux surtout laver mon honneur ! »

« En me combattant ? Mais je ne suis qu’un simple humain ! Si tu veux de l’honneur, tu n’as qu’à affronter une autre aberration comme toi ! »

Je crois que j’ai fait mouche. Elle semble s’arrêter dans ses paroles alors qu’elle me fixe longuement. Elle ne semble pas avoir apprécié ce que je lui ai dit. J’ai peut-être été un peu trop sec dans mes paroles … non ?

« Tu crois que j’ai voulu naître comme ça ? Comme une foutue humaine avec des gênes d’Altaria en elle ? Capable de me transformer à moitié ? Hein ? Tu crois que j’ai voulu l’être hein ? Devine quoi, ce n’est pas le cas ! »

« Pardon … Je ne pensais pas ce que je … »

« Mais tu te moques de qui ? Assume au moins tes paroles ! Tu peux demander mon pardon mais si c’est pour balancer ensuite que tu ne le pensais pas alors que tu l’as dit sur le moment, ce qui montre que tu étais sincère … »

Elle pose une main sur son front, sa serre étant redevenue normale entre temps. J’ai fait une bêtise, une très grosse bêtise même. Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que ça se finisse mal avec les femmes ? Je n’ai pas le temps de penser plus longtemps à ça que trois longues entailles se présentent sur mon torse, la serre remplaçant la main gauche de Séphyria s’étant ensanglantée … MON SANG !

« Autant te tuer tout de suite, n’est-ce pas ? De toute façon, tu ne veux pas me tuer. »

« D’abord, je tiens à m’excuser réellement pour mes propos. Tu n’es pas une aberration ! Tu ressembles même plus à une humaine et … »

« Continue tes insultes … Continue tes palabres … Ca ne changera plus rien ! »

Mais qu’est-ce qu’il y a avec elle ?! Je me suis excusé ! Je me suis réellement excusé ! Je ne dois pas le tuer ! Ce n’est pas pour ça … Mais qu’est-ce que je fais ? Pourquoi je ne devrais pas la tuer ? C’est une ennemie … Une membre de la Triafa !

« C’est vrai. Pourquoi est-ce je me complique la vie ? Avant d’être une femme, tu es une membre très dangereuse de la Triafa ! »

Il faut que je sois sérieux, très sérieux. Je ne peux pas penser autrement. Je dois envisager cette possibilité de la tuer car elle … Elle ne s’en privera pas ! Je commence à tirer, tirer, tirer ! J’utilise peut-être bien cinq à six balles mais maintenant, je ne me gêne pas pour viser dans la poit… non … même pas. Instinctivement, je ne vise pas dans sa poitrine ou sa tête, simplement sur ses bras et ses pieds !

Mais cette fois-ci, elle n’arrive pas à toutes les éviter. Loin de là même. Elle s’en prend deux, une dans la jambe gauche, l’autre dans le bras droit. Je vois son sang qui s’écoule alors qu’elle pousse un petit cri de douleur.

« C’est donc comme ça hein ? Quand tu es sérieux … On ne dirait pas mais je crois qu’au final, tu vises plutôt bien, trop bien même. Tu aurais pu me toucher en plein cœur plusieurs fois de suite mais tu ne l’as jamais fait ! Ca sera ta plus grande erreur ! Mais maintenant … On va régler ça de la manière la plus égale entre toi et moi ! »

Quoi ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Je l’observe avec méfiance alors qu’elle fait disparaître ses serres et ses ailes. Qu’est-ce qu’elle compte faire là ? Elle place un pied en avant, prenant une position de combat alors que je reste là, écarquillant les yeux. Elle ne croit quand même pas que …

« Bon … Si tu le prends comme ça. »

Mes paroles dépassent ma pensée alors que je jette mon arme à terre. Un combat avec nos poings et nos pieds ? Moi-même, j’ai beaucoup de mal à croire ce que je vais faire contre elle. Pourtant, Séphyria a l’air de ne pas vouloir utiliser ses serres et ses ailes. Elle veut vraiment se battre au corps à corps contre moi ? Je dois me méfier pour voir si ce n’est pas un piège mais pourtant, je ne sais pas … J’ai l’impression que sur ce point encore, je peux lui faire confiance. Confiance en son ennemie ? Quelle idée ridicule !

Chapitre 7 : Duel

Chapitre 7 : Duel

« Tu me mens, n’est-ce pas ? Ça n’a pas l’air d’aller bien. Est-ce que tu veux que je lise dans tes pensées, Ric ? Pour que tu me dises ce qui se passe ? Si c’est à cause de ce matin, je suis désolée car je ne pensais pas le faire réellement. Vraiment … »

« Ce n’est pas vraiment ça, Lania. Aller … On y va. On a encore beaucoup de chemin à faire avant d’arriver jusqu’au commissariat. Est-ce que tes blessures vont un peu mieux ? »

Je concentre mon inquiétude sur elle. Cela semble marcher puisque la Gardevoir se montre encore plus douce qu’auparavant. Elle me prend le bras, murmurant un petit non doux bien que je sais qu’il sonne un peu faux. La raison est simple : elle veut encore en profiter … comme d’habitude mais qu’importe.

Nous arrivons au commissariat tandis que la surprise se fait voir parmi les membres. Il fallait dire que normalement, je n’aurai pas dû m’y trouver ainsi que Lania. Avec cette blessure, elle ne peut pas faire grand-chose mais bon … Si elle décide d’attaquer, je me dois d’être présent. Car je ne peux pas laisser les autres se faire tuer par ma faute.

Pourtant, la journée se passa tranquillement. Du moins, le début de la journée. Je pensais qu’elle aurait attaqué dès le départ mais visiblement, ce n’était pas le cas. Enfin, c’est ce que je pensais avant que le commissariat ne soit secoué par de nombreux tremblements, une voix puissante, forte et féminine se faisant entendre :

« RIC ! SORS DE CE BÂTIMENT MAINTENANT ! »

Toutes les têtes se tournent vers moi alors que Lania est déjà sur le pied de guerre. Pourtant, je l’empêche d’en faire trop avant de lui murmurer de me laisser seul. Je vais m’occuper de ça. Lania me prend le bras, m’empêchant d’avancer :

« Je ne te laisserai pas te tuer pour cette femme ! Cette folle, Ric ! »

« Tu es trop blessée. Tu serais plus un problème et un poids qu’autre chose. Laisse-moi gérer çà, d’accord ? Ça ne prendra pas trop de temps normalement. »

Je tente de la rassurer alors que les policiers me demandent ce qui se passe. Certains sont déjà à la fenêtre alors que des flammes violettes parcourent le bâtiment, empêchant quiconque d’en rentrer ou d’en sortir. Ils peuvent apercevoir l’Altaria dans les airs. Cette femme porte quand même un haut de tissu bleu, ses longs cheveux bleus étant noués en deux petites couettes bleues derrière son crâne.

« Je suis présent, Séphyria. Tu peux arrêter ces flammes ? Sinon, je ne pourrai pas sortir de cet endroit. » crie-je alors qu’elle me répond par une remarque dédaigneuse :

« Si tu n’es pas capable de sortir de ce bâtiment, il vaut mieux encore que je le réduise en poussière ! Tu ne vaux même pas la peine que je m’occupe de toi ! »

« Ouvrez la fenêtre. » déclare-je alors que l’un des policiers s’exécute. Ils ne savent pas ce que j’ai comme idée en tête mais ils vont le découvrir bien assez tôt. Je commence à courir, Lania comprenant finalement ce que je veux faire. Arrivé à la hauteur de la fenêtre, je bondis par celle-ci, faisant une roulade avant de jeter ma veste qui se recouvre de flammes. Mais je remarque que celle-ci ne flambe pas à ma grande surprise.

« Ces flammes peuvent consumer si je le désire. Voilà la différence entre les flammes d’une dragonne et d’un simple pokémon de feu. »

Elle est là … Elle est à nouveau en face de moi. Je la vois … Il faut reconnaître que par rapport à Lania, il n’y a « aucun » raté. La femme ressemble vraiment à une humaine contrairement à Lania qui a gardé ses oreilles de Gardevoir. Je ne sais pas, je suis un peu déçu en un sens. Est-ce que l’Altaria est capable d’être plus … Altaria que ça ? A part les ailes de coton ? Séphyria fait une mimique de colère :

« C’est quoi ce visage dépité en me regardant ?! On dirait que tu ne comprends pas la situation dans laquelle tu es ! »

« Si, je la comprends parfaitement mais est-ce que tu peux éteindre les flammes autour du commissariat ? Ils n’ont rien fait pour l’instant. »

« Seulement si tu m’affrontes en duel. J’ai une revanche à prendre sur ta personne mais cette fois-ci, cela sera uniquement toi contre moi. Elle ne s’interposera pas. »

Drôle de demande. Est-ce qu’elle comprend le ridicule de la chose ? Comment est-ce que je suis affronté une pokémon humanisée ? Pourtant, j’hoche la tête positivement alors qu’elle fait un simple geste de la main droite. Un vent puissant se fait sentir, éteignant les flammes comme si de rien n’était. Puis mon corps se soulève, ma veste aussi et je devine alors qu’elle utilise le vent pour pouvoir me faire voler.

« Tu as le mal de l’air ? » demande-t-elle alors que j’hoche la tête négativement. Je ne suis pas très enclin à parler alors que je vois Lania qui crie mon nom. Les policiers nagent en pleine incompréhension et je me sens obligé de crier :

« Lania ! Explique-leur la situation par rapport à cette femme ! »

« NON ! RIC ! Elle va te tuer si je ne viens pas ! »

« Fais ce que je te dis s’il te plaît ! Je ne vais pas mourir ! »

« Tu m’as l’air bien sûr de toi … » murmure Séphyria avant que le vent ne m’emmène contre le mur d’un bâtiment, tout mon corps le percutant avec une légère violence.

Je ne saigne pas mais je sais que je suis rouge au visage. Elle veut me montrer par là qu’elle est en pleine domination sur ce coup. Je suis bien sous son contrôle, parfaitement sous son contrôle. Je regarde une dernière fois Lania alors que je me retrouve en train de flotter au-dessus du sol, à côté de Séphyria.

« On va trouver une zone déserte. Ainsi, je n’aurai à restreindre mes pouvoirs pour t’éliminer, Ric. » me dit-elle alors que je n’ai pas posé de questions.


Moi ? Je suis tout simplement en train de jeter un œil aux passants qui nous observent. Je suis sûr et certain que demain, je serai dans le journal aux côtés de Séphyria. Mais pas trop le temps de penser, l’atterrissage se fait lourdement alors qu’elle a stoppé ses pouvoirs sur ma personne. Face contre terre, je me relève et m’époussette. Je ne suis pas rassuré mais je tente de garder une certaine contenance face à elle.

Je regarde où je suis. Un parking d’une usine abandonnée ? Elle semble s’être renseignée pour être sûre que personne ne nous trouve … si elle me tue. Enfin, ce n’est pas comme si elle avait à craindre la police ou quiconque.

« Tu possèdes une arme, n’est-ce pas ? Tu ferais mieux de l’utiliser si tu ne veux pas mourir trop vite. Je ne me priverai pas d’utiliser tous mes pouvoirs contre toi. »

« J’ai bien mon pistolet mais si je peux éviter de tirer sur une personne qui n’a sensiblement pas envie de me tuer, je préfère … »

Je m’arrête dans mes paroles après le regard furieux qu’elle vient de me lancer. Visiblement, il vaut mieux pour moi que je me taise ou sinon, je serai mort avant même d’avoir pu reprendre ma respiration. Bon … Comme quoi … Je sors mon arme.

« Tu veux vraiment te battre, Séphyia ? Est-ce que ta vanité t’empêche de raisonner correctement ? Et de voir la situation que tu t’imposes et que tu m’imposes ? »

« Un beau parleur, il ne manquait plus que ça ! Moins de paroles, plus d’actes ! »

Elle est finalement en face de moi. Elle est plus grande que moi, de cinq centimètres environ. Ce n’est pas le plus important, loin de là. Mais bon … Je la fixe avant de pointer mon arme vers elle. Je vais viser ses bras ou ses jambes, ça sera mieux. Mais avant, je ne l’attaquerai pas en premier. Je ne suis pas ainsi. Tant que je peux régler cela pacifiquement, je le ferai.

« Alors ? Tu attends quoi ? Je te donne la possibilité de commencer ce combat. Je te conseille aussi de viser directement la tête. »

« Hors de question. Si tu ne m’agresses pas, je ne le ferai pas. »

Elle semble perdre contenance. Du moins, elle veut se montrer calme pour m’affronter. Mais comme je n’attaque pas, elle fait de même. Je ne me suis pas trompé à son sujet. Je le sens bien. Elle fait peut-être partie de la Triafa mais elle est différente. Elle semble avoir une moralité que l’on ne possède pas normalement là-bas.

« Si tu ne fais rien … Je vais t’y forcer ! »

Voilà qu’elle se met finalement en position. Elle bouge une main et une lame de vent vint se former, passant à côté de moi. Je sens ma joue qui saigne, passant un doigt dessus pour y voir du sang. Elle ne rigole plus. Et une telle lame vint se créer une fissure dans le sol juste derrière moi. Heureusement que Lania n’est pas là. Ça ne risque pas d’être très beau à voir.

Chapitre 6 : Menace réelle

Chapitre 6 : Menace réelle

« Lania … Réponds-moi … Comment est-ce que tu vas ? Comment est-ce que tu vas ? »

« Plus de peur que de mal. Mais c’est toi qui m’as fait ça ? »

Elle me demande au sujet du bandage qu’elle a autour de la hanche. Je lui réponds que oui alors qu’elle me fait un grand sourire. J’ai signalé que je l’emmenais se faire soigner avant qu’il ne soit trop tard mais je n’ai jamais dit que c’était dans un hôpital.

« Donc tu m’as déshabillée pour me soigner, c’est bien ça ? » me demande-t-elle une seconde fois alors que je lui réponds par l’affirmative. Voilà qu’elle commence à nouveau à se déshabiller devant mes yeux mais je l’en empêche. Je n’ai pas le temps de blaguer avec ça et surtout, j’ai déjà assez vue sa poitrine. Pas que cela bien entendu … Mais bon, je préfère me retirer cette image de la tête et surtout ne pas y penser quand j’aurai une envie pressante.

« Tu es capable de te lever ? Il faut quand même que l’on aille rassurer nos futurs compagnons de travail. Habille-toi correctement et … »

« Je ne peux pas m’habiller. J’ai trop mal pour … » dit la Gardevoir alors que je la regarde fixement. Elle se moque de moi n’est-ce pas ? Je réponds sèchement :

« Utilise tes pouvoirs psychiques pour t’habiller. Je t’attends en bas d’ici dix minutes. »

Elle me fait la moue mais je n’en ai strictement rien à faire. Je ne vais pas me laisser manipuler par la Gardevoir de cette façon hum ? Je suis dehors, croisant les bras. Je dois éviter de me rappeler ce que j’ai vu. La voir habituellement est une chose … mais lorsqu’elle est évanouie, si faible et si fragile, je ne peux pas m’en empêcher. Je suis risible et pathétique comme homme. Je n’ai pas à faiblir maintenant.

« Voilà … Je suis prêt … mais tu peux au moins me donner la main ? »

Ca, je le peux parfaitement. Même si elle est capable de s’habiller, ça ne veut pas dire qu’elle ne souffre pas. Je ne peux pas m’en empêcher. Je prends sa main mais elle préfère me prendre le bras gauche alors que nous nous rendons au commissariat. Bien entendu, à cette heure-ci, alors qu’il est déjà plus que tard, nous ne devrions plus être en train de travailler et les équipes de nuit sont déjà sur le terrain mais … Il faut quand même les rassurer. Lorsque nous arrivons, déjà plusieurs personnes nous entourent, demandant :

« Comment est-ce que tu vas ? On ne s’attendait pas à ça ! »

« Je crois que personne s’y attendait. On a trouvé des traces comme quoi c’est la FAPC qui a fait ça. Ils t’ont dans le collimateur, Ric. Tu devrais faire gaffe. Tu veux que l’on installe une patrouille près de chez toi ? »

« Non, non … C’est bon. Avec Lania, nous ne devrions pas avoir trop de problèmes normalement. C’est pourquoi je préfère que l’on ne se préoccupe pas de ça. Lania va plutôt bien et il semblerait que ça ne soit pas aussi grave que prévu. »

« Mais Ric sera obligé d’être aux petits soins pour moi, n’est-ce pas ? Ric, tu veux bien faire cette promesse devant les autres ? »

Ah ! La saleté ! Je sais pourquoi elle dit ça ici particulièrement ! Ainsi, je ne peux pas refuser car sinon, je paraitrais pour un salopard qui n’en a rien à faire d’elle ! Je la retiens, je la retiens vraiment ! Tsss ! Je suis bien obligé de dire :

« Bien entendu que je serai à tes petits soins, Lania. Tout le monde le sait. Je t’en fais la promesse. Si maintenant, nous pouvons laisser … Hum non en fait. »

J’ai une autre idée en tête. Comme elle veut que je sois aux petits soins, je ne vais pas aller me coucher maintenant, du moins rentré avec elle. Elle semble un peu décontenancée tandis que les autres policiers sont surpris. Ils ne s’attendaient pas vraiment à ce que je dise ça. Pourtant, je m’installe sur une chaise avant de dire :

« Si vous pouvez me mettre au courant de la situation de la FAPC par rapport aux alentours de la capitale ? Je ne connais pas du tout cet endroit. »

« Tout d’abord, comme tu as pu le remarquer en arrivant jusqu’ici, tous les alentours de la capitale sont faits de montagnes ou alors de forêts. La FAPC, du moins, la base principale de la FAPC est enfouie par là mais on n’a guère réussi à les retrouver. Impossible de leur mettre la main dessus malgré tous nos efforts. »

« D’accord donc nous sommes entourés par de la forêt et des montagnes. Enfin, des terrains rocheux. Qu’est-ce qu’il y a d’autre à savoir à ce sujet ? »

« Pas grand-chose malheureusement. Ils nous filent entre les doigts et comme tu as pu le voir d’une manière un peu brutale, ils n’ont pas peur de venir nous titiller. »

Ah … La fameuse explosion qui a failli me couter la vie. Je vois parfaitement de quoi est-ce qu’il veut parler même si ça ne me rassure pas le moins du monde. Finalement, j’ai eu ce que je voulais mais je continue à discuter de tout et de rien.
Les heures passent, il doit être maintenant plus de deux heures du matin. Comme cela normalement aurait été ma première journée, je dois me préparer pour demain mais exceptionnellement, nous serons au repos car Lania a été blessée. D’ailleurs … La pauvre Lania tient à peine éveillée. En même temps, je me dis que j’en ai de la chance. Car oui, avec ces journées exceptionnelles, je n’ai pas eu beaucoup de travail.

« Bon … Je vais aller ramener Lania à l’appartement. Aller … Lania … C’est l’heure. »

« Fatiguée … » marmonna la Gardevoir tout en tendant ses mains. Elle ne croit quand même pas que … Les autres policiers me regardent alors que je soupire. Je me mets de dos, Lania venant grimper sur mon dos, passant ses bas autour de mon cou. Je souhaite une bonne soirée et matinée aux autres avant de quitter le commissariat.

« N’en profite pas trop … Tu crois que je ne sens pas tes seins bien appuyés contre moi, Lania ? » murmure-je alors que je n’obtiens aucune réponse pendant que je marche avec elle sur mon dos. Il va falloir que j’économise pour une voiture … et pas qu’un peu. Je ne peux pas compter toujours compter sur les voitures de patrouille.

Arrivé dans l’appartement, je dépose doucement Lania dans son lit, la laissant toute habillée. Visiblement, elle dormait déjà depuis quelques temps. J’ai encore voulu l’accuser de quelque chose dont elle n’était nullement responsable. Je lui souhaite la bonne nuit avant d’aller me coucher à mon tour, quelques instants plus tard. Par contre, je me débarrasse de mes affaires. Deux heures du matin, même moi, je n’y suis pas si habitué que ça. Je me couche en simple caleçon et t-shirt, fermant les yeux à mon tour.
Quelques minutes plus tard, une ombre ouvre la porte, marchant d’un pas lent vers l’homme couché dans le lit. Elle ne porte aucune tenue, étant complètement nue. Sans rien dire, elle vient tout simplement se faufiler dans le lit, passant ses bras autour de l’homme qui dort paisiblement. Elle ne fait rien d’autre que de dormir paisiblement, contrairement à ses paroles d’il y a quelques heures. Bien entendu, sa tenue laisse à désirer puisqu’elle n’existe pas à proprement parler.
Pourtant, deux heures plus tard, alors qu’il était déjà quatre heures du matin, une autre ombre fait son apparition mais au niveau de la fenêtre. D’un geste de la main, un objet s’échappe de l’ombre, traversant la vitre sans la briser avant de venir se planter sur la table de chevet de Ric. Puis l’ombre disparait complètement, semblant être capable de s’envoler.

« AH NON ! Lania ! »

Je crie alors que je viens de me réveiller avec le poteau du matin. Pourtant, la raison est simple ! Lania est complètement nue à côté de moi, semblant dormir paisiblement ou presque. Je tente de ne pas m’emporter alors que je remarque qu’elle porte quand même quelque chose. Le bandage taché de sang au niveau de ses hanches. Purée … Ca m’énerve de m’emporter inutilement alors qu’elle ne fait rien. Pendant qu’elle dort, je remarque finalement quelque chose de bizarre sur ma table de nuit. Qu’est-ce que c’est que cela ? Je ne connais … pas ? Ah si ! On dirait une feuille de papier ? Mais avec une plume plantée ? Mais une drôle de plume puisqu’elle est recouverte de coton.

Pendant que Lania se réveille, je vais dans la salle de bain, la lettre à la main. Avant même de la lire, je suis « obligé » de me soulager, cherchant à me rappeler une femme que j’ai connue, que ça soit à la télévision ou alors dans la vie réelle. Pourtant, ma mémoire se focalise sur Helena et au lieu d’éprouver du plaisir, j’éprouve du dégoût et de la tristesse. Qu’importe la façon dont ça s’est passé, je me suis calmé … à mon grand désarroi.

Je prends enfin mon temps pour lire cette lettre, commençant à la parcourir. L’écriture est fluide, très belle, on sent quand même que la personne qui l’a écrite a quelque chose de royal … ou presque. Car bon, ce n’est pas vraiment l’écriture qui m’intéresse. Plutôt le fait que le message est … particulièrement troublant.

« Demain, je te tuerai, Ric. Demain, je n’hésiterai pas un instant à te tuer … qu’importe que tu sois chez toi ou dans le commissariat. Ne baisse pas ta garde sinon, tu le regretteras. »

Même si sur le moment, cette écriture ne me dit rien, c’est la plume qui l’accompagne qui me permet de savoir qui a écrit cette lettre. Visiblement, j’ai encore affaire à cette Altaria. Peut-être que je pourrai la raisonner plus tard ? Je ne sais pas.