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Chapitre 8 : Des vagabonds

Chapitre 8 : Des vagabonds

« Hémaltone, je t’en supplies. Fais quelque chose ! »

« Non. Je n’en ait pas besoin. Je ne vois pas pourquoi je le ferais. »

Deux semaines, n’est-ce pas ? Deux semaines qu’il voit la jeune femme qui rôde en bas de son appartement. Qu’est-ce qu’elle espère réellement de sa part ? Elle peut lui dire ? Meloetta se rapproche de lui, le regardant droit dans les yeux.

« Elle va mourir si tu ne fais rien ! Elle va mourir ! »

« Cela ne me concernes pas. Laisses-moi tranquille, je ne veux pas que l’on me dérange. »

Ce n’est pas à lui de régler les problèmes des autres. Ca ne cause que des ennuis … ou des morts. Meloetta sanglote presque mais part de son côté. Mais pendant qu’elle fait ça, il tourne son visage vers la fenêtre, regardant Kastry. La jeune femme est à peine reconnaissable dans ses habits un peu déchirés, son aspect crasseux et autres.

« Une mendiante … n’est-ce pas ? C’est donc ça ? »

Il pousse un soupir. Deux semaines … qu’elle attends quelque chose de lui. Deux longues semaines. Mais il n’a rien à lui offrir. Rien du tout. Il la regarde longuement, pendant une heure, puis deux … puis trois. Elle ne bouge pas de sa position. Elle reste assise, regardant les pièces qui tombent puis parfois l’immeuble. A cette distance, elle ne peut pas le voir.

Lui-même ne remarque pas que Meloetta l’observe discrètement. Elle tente de lire dans ses pensées mais elle se retrouve face à un mur impénétrable, ce qui l’étonne. Finalement, il se relève de son fauteuil et part dans la chambre. Il ouvre les armoires, regardant à l’intérieur. Que ça soit les habits de Faldéla … ou les siens.

« Inutile, inutile, inutile, tout est inutile. »

Il regarde tout ça. Ca ne l’intéresse pas le moins du monde. Il peut tout abandonner, que ça soit le mobilier, les affaires ou autres. Peut-être un ou deux vêtements, rien de plus. Non, ça ne sert à rien du tout de continuer ça.

« Tss … vraiment ? Je dois faire ça maintenant ? »

Il se murmure ça avant de prendre simplement un petit sac, rangeant ses différents instruments de musique et de récupérer pas mal de monnaie qui lui restait grâce à Meloetta. Celle-ci s’approche de lui, demandant faiblement :

« Meloetta, melo ? Meloetta ? Melo melo ? »

« Regardes donc cet appartement. Inscris-toi le dans le crâne, Meloetta. Car c’est la dernière fois que tu le verras. Nous partons à jamais. »

« Oh … je vois, Hémaltone. Est-ce que … nous y allons où je pense ? » demande t-elle dans ses pensées alors qu’il ne réponds pas, se dirigeant vers la sortie de l’appartement.

Finalement, il referme la porte derrière lui, gardant les clés. Peut-être ? Un jour ? Non, il n’y a aucune chance que ça se produise de la sorte. Il finit par descendre de l’immeuble, se dirigeant vers Kastry. Celle-ci finit par relever les yeux mais avant même qu’elle ne prenne la parole, il vient lui demander calmement :

« Es-tu prête à retrouver une vie de vagabonder, Kastry ? »

« Je … » commence t-elle à dire mais il l’arrête d’un mouvement de la main.

« Oui ou non ? Tu n’as que deux choix possibles. Est-ce que tu es prête à tout abandonner pour retourner à ce que tu étais auparavant ? »

« Oui. Mais sans … cette … partie. Est-ce que tu ne me juges pas, Hémaltone ? »

« Je n’ai pas de temps à perdre à écouter ce que les autres pensent. »

« Hémaltone ! Hémaltone ! Hémaltone ! »

Elle crie avant de se presser dans ses bras. Elle se serre contre lui, fortement, très fortement alors qu’il est obligé de relâcher son sac, gémissant un peu. Elle l’entends qui pleure dans ses bras alors que des personnes les regardent, étonnées.

« Arrêtes donc de pleurer, ça ne mènera à rien du tout, compris ? Rien du tout … tu ne vas pas créer des problèmes maintenant, non ? »

« Hémaltone, s’il te plaît … serres-moi aussi, tu es … tu es la dernière personne qui me reste. S’il te plaît, Hémaltone. S’il te plaît. »

« Pourquoi, je le … »

Il s’arrête dans ses paroles, remarquant qu’il ne contrôle par ses mains qui se posent sur le dos de Kastry. Il tourne son visage pour voir Meloetta qui disparaîtr juste à temps après son méfait accompli. Il cligne des yeux. Cette chaleur contre son corps, ce n’est pas déplaisant. Il chuchote après quelques secondes :

« Maintenant, il faut que tu sois prête à tout. Cela fait des années que tu vis comme une princesse, dorénavant, la vie réelle va recommencer. »

« Je me contrefiches d’être une princesse si je ne trouves pas mon prince. »

« Alors tant mieux. Nous pouvons y aller … par contre, il faudrait que tu me lâches. »

« Pas vraiment envie. Je veux être sûre de ne pas rêver cette fois-ci, Hémaltone. »

Il pousse un soupir mais la laisse faire. Il continue de lui caresser le dos comme pour la rassurer. Bon sang, dans quoi est-ce qu’il s’est mis ? Mais surtout, il va vraiment partir avec elle ? Il a fait son choix donc … ça veut certainement dire que oui. Bon … partir à l’aventure, partir à l’aventure. Non, il n’y a aucune aventure. Maintenant, ils font tout pour survivre tous les deux dans ce monde hostile, voilà tout. Elle et lui … Et rien d’autre.

Chapitre 7 : Désintérêt

Chapitre 7 : Désintérêt

« Prostitution, orgie, toute la vérité sur Kastry est enfin révélée. »

Les informations ne peuvent être plus claires que cela. Le jeune homme reste parfaitement interdit alors qu’il observe l’écran de la télévision. Tout cela … est véridique. Les médias sont pourris jusqu’à la moelle mais leur recherche de la vérité fait qu’ils ne se trompent que trop rarement. Oh, ils ne doivent pas enjoliver le tout mais … c’est ça.

« Une femme des rues … qui a vendu son corps de nombreuses fois. »

Il murmure cela, comme si ça ne l’intéressait guère. Kastry, avec son corps si désirable. Maintenant qu’il y réfléchit, ça n’a rien d’anormal. Elle a aussi tenté son charme sur lui. C’est pour ça que ça ne l’affectes pas du tout.

« Ce n’est pas vrai, Kastry n’est pas ainsi. C’est de la désinformation ! »

« Ca ne l’est pas. Ils ont décidé de tout révéler puisqu’elle n’est plus dans le monde de la musique. Maintenant, elle n’aura plus rien pour la protéger, voilà tout. »

« Si ! Elle t’a toi ! Tu peux la protéger, Hémaltone ! Tu en es capable si tu décides de le faire ! Fais-le pour la protéger, s’il te plaît ! Fais-le maintenant ! »

« Je n’ai pas de temps à perdre avec ces idioties. J’ai mieux … pour cela. Maintenant, si tu veux bien me lâcher, je ne voudrais pas que l’on me dérange plus que ça. »

Un coup à la porte le tire de ses paroles. Il sait parfaitement de qui il s’agit. Il ouvre celle-ci, voyant Kastry qui lui fait un petit sourire intimidé. Sans un mot, il l’invite à rentrer à l’intérieur alors qu’elle tire une valise derrière elle.

« Coucou, Hémaltone. Hier, tu n’étais pas là donc je n’ai pas voulut te déranger. Si je m’attendais à ce que tu prennes l’air, mais bon, tant mieux et … »

Elle s’arrête dans ses paroles, tournant son visage vers l’écran de télévision. Elle hoquette un petit peu, rougissant violemment de honte. Pourtant, Hémaltone ne vient pas éteinre la télévision, c’est Meloetta qui le fait.

« Comment est-ce que tu vas, Hémaltone ? Depuis tout ce temps ? »

« Comme d’habitude. Pourquoi est-ce que tu es là maintenant ? Comme tu n’es plus envoyée par Solomon, tu n’as plus de raisons de venir ici … non ? »

« Oh ! Euh … Oui, c’est vrai, ce n’est pas totalement faux, hahaha. Tu as parfaitement raison, Hémaltone. C’est vrai, pourquoi est-ce que … je suis ici. »

« Tu peux y réfléchir un peu, oui. Mais après, tu peux partir. »

Elle accuse le coup tandis que Meloetta se place aussitôt devant lui, visiblement furieuse et en colère. Le jeune homme est juste immobile, comme si cela ne le dérange guère puis tente de partir vers sa chambre. Sans comprendre, il se retrouve assis sur une chaise.

« Hémaltone ? Comment … euh … non, je l’ai déjà dit, cela. »

« Je vais comme d’habitude. Kastry, tu peux manger une fois encore ici. Après, tu pourras partir. Tu n’auras plus de raisons de revenir ici. »

« Hémaltone … est-ce que tu es en colère ? »

Elle demande cela faiblement, n’osant pas relever son visage. Elle ne veut pas le regarder, ce changement de coloration de coiffure, c’est pour lui à la base ! Qu’il ne l’oublie pas ! Alors juste … qu’il n’oublie pas cela, c’est tout.

« Pourquoi serais-je en colère ? Par rapport à ce qui se passe à la télévision ? Tu fais ce que tu veux de ta vie ou de ton existence. Cela ne me concerne pas. »

Elle accuse le coup, encore une fois. Elle déglutit, cherchant à contrôler ses tremblements avant de se lever. Elle respire bruyamment, bredouillant :

« Hémaltone, je vais plutôt partir maintenant, ça sera mieux. Promis, je ne viendrais plus te déranger. Ce n’était pas dans mes intentions. »

« Comme pour tout le reste. Mais oui, je comprends. Tu n’as aucune raison de rester ici, Kastry. De toute façon, Faldéla non plus. »

« Hein ? Qu’est-ce que tu veux dire, Hémaltone ? Je … Faldéla est … »

« Ne parles pas sinon je vais me mettre très en colère, Kastry. »

Elle ne saisit pas un traître mot de la part du jeune homme. La seule chose qu’elle comprends, c’est qu’il ne veut pas qu’elle parle mais surtout qu’elle parte. Elle reprend sa valise en main, la tirant derrière elle avant de se diriger vers la sotie.

« Tu ne veux pas manger ici ? Je te l’avais dit non ? »

« Je n’ai plus très faim, désolée, Hémaltone. Je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps. Passes le bonjour à tes pokémon de ma part, d’accord ? »

« Comme tu veux. Ils ne me le disent pas de mon côté. » répond calmement le jeune homme alors qu’elle ouvre la porte. Elle reste immobile quelques secondes devant l’entrée, attendant une réaction d’Hémaltone qui n’arrive pas. Son visage se tourne faiblement vers lui mais il ne la regarde même pas. Il est retourné sur son fauteuil. Elle ferme la porte derrière elle, laissant seul le jeune homme aux cheveux verts.

« MELOETTA ! » hurle la pokémon aux cheveux verts alors que le jeune homme se prend plusieurs coussins sur la figure à cause des pouvoirs psychiques de Meloetta.
Pourtant, il se laisse faire alors qu’elle continue, encore et encore. Les minutes s’écoulent et elle finit par s’épuiser. C’est vraiment si inutile que ça ? Tout ce que Kastry a fait ? Il n’y a vraiment aucune possibilité de pouvoir sauver le jeune homme ? Elle veut … le sauver. Elle veut le sauver … mais elle-même commence à abandonner tout espoir au final.

Chapitre 6 : Réputation perdue

Chapitre 6 : Réputation perdue

« Petite idiote ! Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fait ? »

« Oui, je voulais être sûre que tous et toutes comprennent ma décision. Qu’ils soient tous et toutes au courant pour que je ne puisse pas revenir en arrière. »

« Imbécile ! Tu viens de mettre ta carrière en l’air ! Tu n’as donc aucune réflexion ou quoi ? Tu ne vois pas ce que tu viens de commettre ?! »

Elle hoche la tête une nouvelle fois. Elle tremble mais elle tient bon. Elle n’a aucun remord … les remords, c’était avant, plus maintenant. Elle prends une profonde respiration :

« Oui, je m’en rends compte. Et comme je me rappelles du contrat, je n’aurais plus aucun bénéfice sur tout ce qui est lié à mon travail avec vous. »

« Non, c’est bien plus grave que ça. Ca ne se passera pas ainsi, Kastry. Tu es devenue complètement folle ! Tout ça à cause du fait que tu t’es amouracher d’un homme qui n’en a rien à faire de toi ! Tu te rends compte ?! »

« Oui, je m’en rends compte … mais je l’acceptes pleinement. »

« Oh ? Quitte à ce que ta réputation revienne sur le devant ? Car maintenant que tu ne seras plus protégée, tout ce qui était caché depuis des années va remonter à la surface. Tu t’en rends compte ? Tu es prête à tout cela ? Et surtout, tu n’auras plus aucune fortune. »

« C’est moi-même qui ait décidé ce dernier point. S’il n’y a que cela, je … »

« Expliques-moi. Donnes-moi une bonne raison de te laisser partir, Kastry. Et ne me baratines pas avec l’amour que tu portes à Hémaltone, je n’y crois pas un traître mot. Tu sais aussi bien que moi que c’est une chose que tu n’obtiendras jamais ! Tu n’y as jamais cru ! Les gens sauront ton passé, Kastry ! Et toi-même tu sais parfaitement que tu ne fais que fabuler ! »

« Hémaltone peut donner le meilleur de chacun grâce à la musique. »

« HAHAHAHAHA ! Non, il est meilleur que les autres, grâce à Meloetta. Cette pokémon est l’incarnation de la symphonie, de la chanson et de la musique. »

« Mais Hémaltone lui-même est capable de choses merveilleuses. Je ne veux plus perdre mon temps à faire des chansons qui n’ont aucun goût ou désir. Il n’y a aucune âme dans ce que je faisais, voilà tout. Je ne suis qu’une coquille vide depuis des années mais grâce à lui, j’ai eut l’impression de revivre. Ce n’est pas l’argent, la gloire et les fans qui m’ont fait ressentir cela. C’est juste lui qui a réchauffé mon cœur. Dès l’instant où mes oreilles ont put entendre sa mélodie, j’ai compris, j’ai parfaitement compris. »

« Tu es pathétique. Il vaut mieux que tu disparaisses de ce bureau dans les secondes qui viennent. Je ne te pensais pas aussi faible que ça. Dire que tu m’as déçue après toutes ces années, ce coup de poignard dans le dos ne sera pas oublié, saches-le. »

« Adieu, Solomon. Nous ne nous reverrons plus, j’imagine alors. »

Elle ferme la porte derrière elle. Elle n’a rien à récupérer dans le studio. La chambre d’hôtel dans laquelle se trouve ses affaires est déjà disponible. Ses affaires sont sur le pas de la porte. Elle délaisse les récompenses de la musique. Ce n’est pas pour ça qu’elle est là …

« Une nouvelle vie … n’est-ce pas ? Ou le retour à l’ancienne ? »

Elle espère qu’Hémaltone voudra encore d’elle. Du moins, l’héberger quelques jours avant qu’elle ne reparte. Ses cheveux auburn pour ses yeux bleus fixent le mur en face d’elle. Elle a pris la bonne décision, n’est-ce pas ? Elle ne doit pas être effrayée.

« Je ne dois pas avoir peur … je ne dois pas avoir peur. »

Elle tente de se rassurer. Sa conduite était parfaite. Elle a fait ce qu’elle voulait depuis qu’elle connaissait Hémaltone. Elle ne le regrettait pas. Elle ne s’en voulait pas. Hémaltone ! Il avait sûrement d’ailleurs entendu ce qu’elle avait dit ! Elle voulait voir sa réaction ! Elle avait fait pareil que lui justement ! Alors, il devait être heureux, n’est-ce pas ?

« Je suis si pressée de voir sa réaction, oui, oui ! »

Elle rigole avant de récupérer sa valise, la tirant derrière elle, quittant l’hôtel complètement. Une nouvelle vie s’offrait à elle, c’était donc une nouvelle occasion de savoir faire quelque chose de sa vie, non ? C’était bien ça, n’est-ce pas ?

« Hémaltone. J’arrive ! Hémaltone ! »

Elle crie son nom alors qu’elle se dirige vers chez lui. Malheureusement, il n’est pas là. La porte est fermée, aucune réponse. Hémaltone serait sorti ? Et vu l’heure, est-ce que ça serait mieux que d’attendre demain, non ? Hum, bon un autre hôtel. Puis ensuite, un passage à la banque pour faire les différents dons, comme elle l’avait promis.

« Hémaltone ? Tu as vu ce qu’elle a fait ? Elle … a définitivement quitté la musique. »

« Je ne veux rien savoir, Meloetta. Cela ne me concerne pas. Nous rentrons. »

Il a finit par se lever, comme si de rien n’était, se dirigeant vers son appartement. On lui signale qu’une femme est passée, celle habituelle mais il s’en fiche. Pourquoi est-ce qu’il s’y intéressait ? Ça ne le concerne pas le moins du monde.

« Elle a tout fait pour toi … comme toi … et tu n’as même pas une pensée pour elle. »

« Meloetta, depuis ces derniers mois, tu communiques bien plus facilement par la pensée. Auparavant, ce n’était que très peu mais maintenant … »

« Est-ce que cela te déranges de m’inquiéter pour toi ? Mais surtout que tu n’aies aucune réaction par rapport à ce qu’à fait Kastry … »

Il hausse les épaules, s’enfermant dans son appartement en ignorant ses paroles. Qu’elle comprenne une simple chose : le bonheur et le malheur des autres ne l’intéressent plus. Il a déjà bien assez à faire avec sa propre peine qui ne sera jamais comblée de toute façon.

Chapitre 5 : Arrêt brutal

Chapitre 5 : Arrêt brutal

« Tu dois sortir maintenant, Hémaltone ! Prendre un peu l’air ! »

« Je ne veux pas mais comme tu m’y forces, je le fais alors. »

Il dit cela avec monotonie, sans aucune volonté propre, comme si tout cela l’importe tellement peu. Il regarde droit devant lui, se cachant un peu les yeux. Il a mal aux yeux. Pourquoi est-ce qu’il est sorti ? Pourquoi il fait aussi beau ? Il n’aime pas ça.

« Meloetta ! Melo melo ! Meloetta melo meloetta melo ! »

« Je ne veux pas. Je ne veux pas. Kastry n’est pas en danger. Ne parles pas de Faldéla. Je ne veux pas que l’on se redispute encore une fois … comme la dernière fois. »

Une dernière fois très récente mais bon … qu’importe. Il ne veut pas que cela se reproduise, voilà tout. Le jeune homme murmure quelques mots, venant s’asseoir sur un banc comme pour prendre l’air. Ce n’est pas bon pour lui, pas bon du tout.

« Pourquoi tu ne veux pas la sauver ? C’est très dangereux ! Elle risque de mourir si tu ne fais rien pour la sauver ! Tu ne comprends pas, Hémaltone ? »

« Elle ne mourra pas car c’est une battante, c’est différent. Faldéla ;.. n’a pas eut cette chance. Elle n’a pa put se battre. Je ne veux plus parler de ça. Je ne veux pas. »

Il a sortit ses pokémon mais ces derniers se sont éloignés pour jouer de la musique. Ils ne lui ont guère proposé qu’il y participe. Mais cela n’affecte pas son moral. Il a d’autres choix à fouetter … aucun en fait. C’est juste que cela ne le concerne guère.

« Hémaltone, tu nous perds tous, peu à peu. Mais cette fois-ci, tu seras l’unique responsable de ce qui est arrivé. Tu veux vraiment cela, Hémaltone ? Que l’on partes ? »

« Pourquoi me poser cette question ? Tu sais bien que non. »

« Alors, il faut que tu changes de comportement car sinon, c’est ce qui arriveras. Et je ne veux pas que ça arrive car je tiens beaucoup à toi, voilà tout. »

Elle lui a dit cela de but en blanc. La pokemon a les joues rougies par l’aveu tandis qu’il la fixe. Pendant un instant, elle le croit sourire, elle croit qu’il fait un mouvement vers elle mais il s’arrête dans ce geste, reprenant sa nonchalance habituelle.

« Meloetta ? Melo melo… meloetta melo meloetta. »

« Non, je n’ai pas envie. Tu t’es sûrement imaginée des choses. Il faudrait que cela cesse pour ton bien. Cela est assez problématique pour toi. »

Elle émet une petite mimique de surprise et de dépit. Elle n’aime pas vraiment quand il lui parle ainsi. Il la fait passer pour ce qu’elle n’est pas. Elle comprend que le jeune homme n’est plus adapté à la vie citadine … et elle sait ce qu’il va tenter de faire. A parti de là, il n’y a pas cinquante solutions à ce problème malheureusement.

« Annonce spéciale ! La chanteuse Kastry a signalé qu’elle donnerait une interview exclusive dans trente minutes. Aucune information à ce sujet ne fut relayée. Doit-on penser à ses déboires actuels ? D’autres choses ? Nous vous tiendront au courant ! »

Il relève finalement la tête, regardant l’écran géant en face de lui, installé sur un imposant gratte-ciel. Kastry ? Interview ? Qu’est-ce qu’elle va faire encore ? Il se tourne vers Meloetta, la regardant dans les yeux alors qu’elle fait un geste du genre : « Je te l’avais dit ! »

« Si j’écoutes son interview, est-ce que … tu comprendras qu’elle n’est pas autant en danger que tu ne veux le faire croire ? C’esr ça ? »

« Non, tu n’as rien compris mais .. c’est déjà une chose donc je ne vais pas t’arrêter. »

Il hausse un sourcil mais ne réplique pas. La demie-heure passe lentement, très lentement alors qu’il fixe l’écran en face de lui. Il faut juste que les minutes s’écoulent et enfin, elle apparaît sur l’écran, ses cheveux auburn, ses yeux bleus et sa poitrine généreuse étant bien visibles. Elle est une jolie fille, il le sait parfaitement.

« Bonjour à tous et à toutes. A mes fans qui sont moins nombreux depuis quelques mois, je me dois de vous expliquer … tout. J’ai une annonce à vous faire. »

Une annonce à leur faire ? Comme il n’est pas fan, ça ne le regarde pas. Il tente de se lever mais les pouvoirs psychiques de Meloetta l’en empêchent. Pourquoi est-ce qu’elle veut qu’il regarde ça ? Ca ne le concerne pas de toute façon et …

« Je vous annonce un arrêt de ma carrière musicale. Mon producteur l’apprend en même temps que vous mais j’ai préféré vous l’annoncer à tous de vive voix pour que l’on sache que ma décision est mûrement réfléchie. »

Lui-même paraît surpris par ce qu’elle vient de dire. Mûrement réfléchie ? Stopper sa carrière ? Est-ce qu’elle comprend ce que cela veut dire ? Mais surtout …

« La quasi-totalité de ma fortune ira à des œuvres caricatives pour aider ceux parmi les plus démunis dans nos rues et dans nos villes, qu’importe le pays. »

Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Quasi-fortune ? Elle qui aime l’argent ? Il n’est pas bête car il a travaillé avec elle. Oh, elle n’est pas follement attachée à l’argent mais elle ne se prive pas d’utiliser celui qu’elle possède. Alors maintenant qu’elle fait ça ? Qu’elle vient de déclarer ça ? Qu’est ce qu’elle manigance ?

« Elle fait une énorme bêtise. Il ne lui restera plus rien. »

« Moi, je sais pourquoi. » murmure une voix à côté de lui alors qu’il se tourne vers Meloetta. Elle lui parle encore par la pensée mais il la fixe.

« Et qu’est-ce que c’est donc ? »

Aucune réponse de la part de Meloetta. Est-ce qu’elle voulait jouer à ça ? Qu’importe, il s’en fiche complètement. Cela ne le concerne pas le moins du monde.

Chapitre 4 : En danger

Chapitre 4 : En danger

« Meloetta ? Melo melo ? » demande la pokémon aux cheveux verts avec lenteur alors que Kastry termine de nettoyer la pièce, Hémaltone ne faisant que la regarder.

« Oui ? Qu’est-ce qui se passe Meloetta ? Il y a un petit problème ? »

« Melo … meloetta melo. » murmure une nouvelle fois la pokémon, comme pour lui dire que ce n’est pas bien important. Elle a sûrement rêver au final.


La jeune feme cligne des yeux, faisant un petit sourire avant de tapoter son crâne doucement. Depuis qu’elle vient deux fois par semaine, même Meloetta se laisse faire par elle. Oh bien entendu, elle reste un peu hystérique, propose toujours à Hémaltone de recommencer à chanter … mais quelque chose est différent, peu à peu. La pokémon ne sait pas quoi exactement, c’est étrange et un peu déplaisant en y réfléchissant.

« Bon, j’ai l’impression que tout est bon pour ce soir ! Hémaltone ? Tu ne veux pas me pousser une petite musique s’il te plaît ? Je suis sûre que tu as quelque chose de bien à me faire entendre, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ? »

« Je ne penses pas. Tu veux encore pleurer, Kastry ? »

« Pourquoi pas ? J’en ait peut-être besoin ? Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Tu es définitivement bizarre. » murmure calmement le jeune homme aux cheveux verts, la regardant en clignant des yeux. Très bizarre. Pourtant, il reprend son violon alors que la mélodie qui en sort est aussi triste que la précédente.

Les minutes s’écoulent et les larmes montent aux yeux de la jeune demoiselle. Celle-ci se frotte les yeux avant de poser une main sur l’épaule d’Hémaltone, comme pour l’arrêter. Le jeune homme stoppe ses mouvements, penchant la tête sur le côté :

« Est-ce que cela te convient ? Pourquoi tu veux que je fasses ça ? »

« Pour au moins entendre ta musique, Hémaltone. Je me sens un peu privilégiée maintenant. Merci beaucoup, je vais repartir. Fais attention à toi, d’accord ? »

« Je ne partirais pas d’ici. Il n’y a pas de raisons que je me blesses … normalement. »

« Normalement. Meloetta ? Je peux te le confier ? »

« Pourquoi est-ce que tu ne lui dis rien ? »

La jeune femme aux cheveux auburn est surprise, se statufiant sur place alors qu’elle fixe Meloetta. Elle la désigne du doigt, sans parler, se désignant ensuite au niveau de son crâne. C’était bien dans ses pensées qu’elle venait de l’entendre ?

« C’est bizarre la première fois ! Je dois m’en aller, Meloetta ! Par contre, c’est bête mais c’est un peu déplaisant la lecture de pensées, non ? Je m’en vais ! » s’exclama t-elle une nouvelle fois avant de quitter la pièce, un dernier sourire adressée à Hémaltone.

Lorsqu’elle part, Meloetta flotte aussitôt en direction d’Hémaltone, se plaçant bien en face de lui comme pour lui dire quelque chose. Il la fixe d’un air neutre, presque vide, sans pourtant prononcer une quelconque parole.

« Si tu ne fais rien, elle sera en danger, Hémaltone ! Il faut que tu fasses quelque chose. »

« Je ne peux pas. Ce n’est pas à moi de faire quelque chose. »

« Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ça fait des mois qu’elle tente de te faire réagir et c’est à peine si tu bouges, Hémaltone ! Je suis sérieuse ! »

« Je le suis aussi. Je n’ai rien à faire car cela … ne me concerne pas. Maintenant, j’aimerais pouvoir être tout simplement tranquille. Merci. »

« Qu’est-ce que … Hémaltone ! Assez ! Faldéla ne voudrait jamais que tu réagisses comme ça ! Tu ne comprends pas ? Hémaltone ! »

« Ne parles plus d’elle … sinon, cela serait très fâcheux, vraiment très fâcheux. »

Il murmure cela doucement, pourtant, cela sonne comme une menace. Meloetta a un petit soubresaut, se demandait si elle n’a pas rêvé aux propos d’Hémaltone. Il … la menace vraiment ? Elle ? Sur elle ? Vraiment ? Elle bredouille quelques mots puis part aussitôt, comme attristée par ce qu’il vient de faire. Il observe le violon dans ses mains, ne prenant plus la parole comme à son habitude. Kastry n’avait pas l’air d’aller si mal.

« Tu es vraiment devenu très bête depuis la mort de Faldéla, Hémaltone. »

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Si, je le vois. Juste que je n’ai pas de temps à perdre, voilà tout. Qu’importe les mois qui passent. »

« Tu es devenu très bête. Que tu le veuilles ou non, Hémalone. J’espère vraiment que tu redeviendras comme avant, c’est tout ce que je veux. »

« Ce n’est plus possible cela. Ce n’est plus possible. Tout a été perdu . Tu devrais le savoir, tu devrais le comprendre, Meloetta. Kastry n’est rien d’autre qu’une étrangère. »

Elle ne peut pas prétendre le contraire ! Mais cette inconnue fait tout pour tenter de lui arranger la vie ! Et il n’a pas remarqué que même ses pokémon se sont éloignés de lui ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle est encore là, elle ? Car elle tient à lui ?

« Je vais aller dormir, Meloetta. Bonne nuit. »

« Où est-ce que tu vaas dormir, Hémaltone ? D’habitude, ce n’est … »

D’habitude, depuis plusieurs mois, il va juste dormir sur le fauteuil, sans bouger de ce dernier. Pourquoi est-ce qu’il part alors vers sa chambre ? Elle entend juste le bruit d’un corps qui s’écroule sur un matelas puis quelques sifflements. Qu’est-ce qu’elle doit faire ? Mais qu’est-ce qu’elle doit faire ? Hémaltone n’est peut-être pas complètement perdu mais la situation ne s’est pas forcément arrangée ! Voilà le problème, le gros problème !

Chapitre 3 : S’en sortir sans

Chapitre 3 : S’en sortir sans

« Que se passes t-il avec Kastry ? Depuis maintenant plusieurs mois, ses chansons sont fades, dénuées d’émotions et d’intérêt. Que se passes t-il chez elle pour réagir de la sorte ? Nous vous donnerons plus d’informations dans les jours qui suivent. »

« Kastry ? Tu as une explication à donner ? » demande Solomon tout en regardant la jeune femme, celle-ci ne répondant pas, se trouvant dans le bureau de son producteur.

« Laquelle pourrais-je vous donner exactement ? Que désirez-vous entendre ? »

« Ne me parles pas de la sorte, petite effrontée ! Tu sais parfaitement de quoi je veux parler, n’est-ce pas ? Alors, il vaut mieux que tu changes de ton, compris ? »

« Je veux bien le faire mais est-ce que cela changera réellement quelque chose ? »

« Encore Hémaltone, n’est-ce pas ? Après ton échec de la dernière fois, j’ai décidé de te faire suivre. Il s’avère que tu vas le voir deux fois par semaine au minimum. »

« Je m’occupes du ménage et de tout le reste, chez lui, pour lui permettre alors de pouvoir se reposer. Avec ce qu’il a vécu, il est hors de question que … »

« L’empathie mènera à ta perte. Je te l’ai déjà dit et je me répète : si tu continues, tu … »

« Je suis libre de décider ce que je veux, Solomon. Je suis la seule responsable de mes actes. »

« Pas quand tu es la star d’une des plus grandes productions mondiales ! »

L’homme se relève subitement de son fauteuil, semblant agacé par le comportement de Kastry. Celle-ci fait un pas en reculant, visiblement impressionnée par lui alors qu’elle reprend d’une voix lente :

« Je le sais bien … mais le fait que je vais voir Hémaltone ne change rien à … »

« Ne changes pas ? Qui espères-tu avoir avec ce genre de mensonges ? Tout le monde le dit depuis des mois ! Est-ce que tu veux retourner à ton ancienne vie ?! »

Il a fait mouche, il le sait. Elle tremble de tout son être, baissant la tête alors que l’homme retourne s’asseoir, comme si de rien n’était, reprenant la parole après quelques secondes :

« Non ? N’est-ce pas ? Alors, il s’avère qu’il vaut mieux pour toi que tu te concentres si tu ne veux pas que cela arrive car si tel est le cas, tu ne t’en relèveras pa une seconde fois. »

« Je ne veux pas de ça … mais je ne veux pas oublier Hémaltone. Vous savez aussi bien que moi ce qu’il est ! On ne peut pas le laisser à son désespoir ! »

« S’il a décidé de quitter ma boîte, je ne vais pas le retenir mais je ne vais pas me préoccuper de lui non plus. Qu’il reste à ce qu’il est puisque c’est ce que qu’il désire. Je ne suis pas philanthrope, je ne suis pas là pour aider tous ceux dans le besoin et tu devrais faire de même. Tu es une star, intouchable normalement. Si les gens apprennent ce que tu fais … »

« Qu’ils apprennent, ça ne me déranges pas ! Je ne suis pas là pour ça ! »

« Hémaltone est devenu un homme à tendance suicidaire. Si tu continues de le voir, ta réputation sera complètement ridiculisée et aux plus bas fonds. »

« Peut-être que je devrais faire comme lui ? Si Hémaltone a réussi à s’en sortir, je … »

« Que dis-tu ? Essayes donc de répéter pour voir, Kastry ? » demanda le producteur avant de se redresser, , la jeune femme se mettant à bafouiller :

« Hémaltone a décidé de quitter le monde de la musique pour se lancer dans l’aventure en étant seul. C’est pourquoi je le respectes. Il veut se débrouiller seul, sans vouloir que des lois, des modes ou autres, modifient sa perception de la musique. »

« Et ? Quel fut le résultat à l’heure actuelle ? Est-ce que le monde reconnaît son talent ? Tu n’as pas l’impression que ce jeune homme te fait perdre la tête ? Ca serait vraiment dommage alors que tu es si belle à l’heure actuelle. »

« Hémaltone a subit une lourde perte mais il se relèvera ! Sa musique lui permettra de s’en sortir ! Il faut juste qu’il ait de l’aide et alors, nous l’entendrons partout ! Pourquoi vous ne voulez pas comprendre raison, Solomon ? Hémaltone est un cadeau d’Arceus ! Grâce à lui, tout ce qui compose le monde la musique va se retrouver entouré par une nouvelle aura ! C’est une nouvelle ère qui débute si on décide de le sauver ! »

« Tu es vraiment devenue … agaçante, Kastry. Tu as complètement perdu de vue ton objectif que tu t’étais promis lorsque tu es venu chez nous. »

« Je ne l’ai pas perdu. Je continuerai de briller mais à côté d’une autre lumière, voilà tout. »

L’homme paraît agacé. Il prend une profonde respiration avant de se lever, commençant à faire quelques pas en direction de Kastry. Celle-ci se fige sur place, déglutissant tandis qu’il pose deux doigts sur son menton, comme pour le soulever.

« Il vaut mieux que tu réfléchisses à ce que tu viens de dire. Réfléchis-y très longuement. Observes les pour et les contre. Je suis sûr que demain, tu auras pris une parfaite décision par rapport à tes paroles, n’est-ce pas ? Maintenant, quittes ce bureau et ne revient pas avant demain. Oh … et interdiction de revoir Hémaltone. »

« Vous ne pouvez pas m’en empêcher, Solomon. Vous n’avez pas le droit. »

« ‘D’après ce qui est marqué sur ton contrat, il s’avère que si. Maintenant, retires-toi. »

« Comme vous le voulez … comme vous le voulez. »


Elle se répète cela, ne serrant pas les poings. Elle est pieds et mains liés à Solomon. Elle ne se rappelle plus exactement du contrat qu’elle a signé mais elle ne se fait pas d’illusions à ce sujet. Elle sait qu’il était bien moins généreux que celui offert à Hémaltone. Il fallait dire qu’à l’époque, il avait été accompagné par Faldéla. Elle ? Elle avait été seule … et elle avait trouvé une issue grâce à ce contrat. Est-ce qu’elle voulait vraiment tout briser ?

Chapitre 2 : Pleurs

Chapitre 2 : Pleurs

« Hémaltone! S’il te plaît ! Laisses-moi rentrer ! Hémaltone ! »

Elle ne peut pas rester là sans rien faire. Elle tapote à la porte, finissant par réussir à pénétrer dans l’appartement… car il n’était pas fermé. Elle émet un petit rictus, une odeur fétide se faisant ressentir. Elle remarque Hémaltone encore assis sur le fauteuil, courant vers lui alors qu’il ne bouge pas.

« Hémaltone ! Hémaltone ! » crie t-elle, courant vers lui avant de donner une petite claque. Elle le sent gémir. C’est à peine s’il vit ! Elle tente de voir autour d’elle et remarque que les pokémon d’Hémaltone mais aussi Meloetta.

« Meloetta ? Melo … meloetta melo. » murmure faiblement la pokémon alors que Kastry peut voir ce qu’elle tente de faire. Elle est en train de tenter de faire le ménage et autre ? C’est elle aussi qui cherche à faire les courses ? Avec les pokémon d’Hémaltone ?

« Mais attendez un peu ! Je vais vous aider ! »

Elle dit cela et retrousse déjà ses manches invisibles. Hémaltone est amorphe. C’en est pathétique. Elle a envie de le gifler pour le faire réagir mais elle ne sait pas si cela marcherait vraiment. Meloetta la regarde, étonnée, bafouillant quelques mots :

« Meloetta, melo ? Meloetta melo meloetta, melo. »

« Je vais pas le laisser faire ça. Je … voudrais qu’il revienne avec moi. »

Comment ça ? La pokémon l’observe pendant de longues minutes tandis que Kastry met de l’ardeur au travail. Voyant que les pokémon se sont arrêtés, elle reprend :

« Je veux qu’il revienne faire de la musique avec moi, c’est tout. Je suis sûre que ça lui ferait le plus grand bien que d’avoir à nouveau un objectif, c’est tout. »

Elle n’ose pas dire que l’idée vient de Solomon même si indirectement, c’est aussi elle qui en a bien besoin. Savoir qu’Hémaltone reviendrait lui procurerait … Une nouvelle motivation. Le laisser là, seul et isolé, elle ne veut pas que ça continue. Meloetta la regarde d’un air accusateur, la jeune femme rougissant faiblement avant de bafouiller :

« Je sais bien que … enfin bon … je ne suis pas la mieux placée pour ça, désolée. »

« Meloeta, melo, meloetta, melo meloetta melo melo. »

« Je sais aussi que je … ferais mieux de partir mais je veux qu’Hémaltone réfléchisse sérieusement à cette proposition ! Je suis sûre que ça pourrait le sortir d’affaire ! Hémaltone, s’il te plaît ! Réfléchis le plus longtemps possible et … »

« Je ne peux plus. Je peux plus … jouer, Kastry. Ecoutes. »

Elle veut bien écouter mais de quoi ? Le jeune homme se libère enfin de son fauteuil, se dirigeant vers le violoncelle qui a pris la poussière. Il souffle doucement dessus.

« Il n’a pas été utilisé … depuis si longtemps en fin de compte. »

« Hémaltone, tu vas en jouer ? Mais c’est … »

La symphonie qui sort du violon est sinistre, terriblement sinistre. La jeune femme est prise de soubresauts et de trémolos, commençant à sangloter sans pour autant réussir à l’expliquer. Elle ne sait pas ce qui se passe mais son corps … pourquoi ? Mais elle n’est pas la seule, tous les pokémon d’Hémaltone, sauf Meloetta pleurent eux aussi.

« Meloetta ! MELO MELOETTA ! MELOETTA MELO ! »

La petite pokémon pousse un cri avant de faire quitter le violoncelle des mains d’Hémaltone. Celui-ci la laisse faire, comme si de rien n’était avant qu’elle ne range l’instrument de musique pour qu’il ne puisse plus l’utiliser.

« Hein ? Que ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu as fait ça, Meloetta ? Elle était si belle cette musique, tellement belle et je … »

« Elle ne voulait pas que je te fasses souffrir comme mes pokémon. Cette musique … est l’expression de mes sentiments. Quiconque l’écoute ne peut s’empêcher de les ressentir. »

« Mais attends un peu, tu veux dire que tu me faisais souffrir tout en le sachant ? Tu me hais tant que ça, Hémaltone ? Je comprendrais qu’après tout ce qui s’est passé, c’est normal que tu m’en veuilles, oui je comprends ça parfaitement, Hémaltone. Snif … »

« Meloetta, melo, meloetta. » explique la pokémon à la chevelure verte avec lenteur. Ce n’est pas envers elle qu’il en a, c’est envers ce monde horrible.

« Tu ferais mieux de partir et de ne plus revenir, Kastry. Il n’y aura rien de bon avec moi de toute façon. Pars et ne te retournes pas. »

« Je suis la seule à décider ce dont je veux, Hémaltone ! Enfin … je … je ne vais pas te mentir. C’est Solomon qui a voulut que je te parles aujourd’hui. Il voulait que tu reviennes dans le monde de la musique mais si tu ne t’en sens pas capable, il vaut mieux éviter. Je vais m’en aller maintenant, Hémaltone. S’il te plaît, prends soin de toi et essayes surtout de te laver. Même si c’est difficile, je vais tenter de passer un peu plus souvent si possible. »

« Ne te forces pas, tu sais bien que c’est inutile, de toute façon. »

« C’est encore à moi de décider ça, Hémaltone. Je suis la seule à savoir si ça en vaut la peine ou pas. Pour l’heure, ça l’est à mes yeux, c’est ce qui compte le plus donc. »

« Comme tu le désires mais ne penses pas que j’y accorderais une quelconque importance. »

Pfff ! Rien à faire ! Elle essuie les larmes sur ses joues. Elle a bien fait de venir. Elle a put remarquer à quel point Hémaltone est dans une grande détresse. C’est donc à elle de tout faire pour l’en sortir. Elle avait raison de venir, oui. Elle s’approche d’Hémaltone, l’embrassant sur les joues en rougissant avant de se tourner vers Meloetta, comme pour lui dire qu’elle la charge de continuer à surveiller Hémaltone après qu’elle soit partie.

Chapitre 1 : Meurtre

Dixième son : Vide

Chapitre 1 : Meurtre

« Meloetta ! Melo, Meloetta, melo, melo ! »

Rien à faire, elle n’arrive pas à extirper un seul mot de la part d’Hémaltone. Celui-ci reste assis sur le fauteuil, ne bougeant plus. Depuis des semaines, tout est terminé. Il ne réponds plus ou presque, ne parle pas ou presque, ne fait rien.

« Meloetta ? Melo meloetta melo meloetta melo meloetta ! »

Elle présente la télévision, venant l’allumer alors que le reste des pokémon d’Hémaltone est présent aussi. Ils viennent tous prendre place alors que les annonces concernant le meurtre de Faldéla sont encore présentes sur les écrans. D’ailleur, la présentatrice révèle de nouvelles informations à ce sujet bien que lui-même les connaissent déjà.

« D’après les dernières informations signalées par la police, il … »

Il n’écoute plus. Il sait ce que va dire cette femme. L’enquête piétine mais une information majeure en est sortie : Faldéla a été assassinée. Tout simplement … aussi bêtement que ça. C’est sorti sans même qu’il ne puisse dire quelque chose.

« Police. Est-ce que l’on peut rentrer, monsieur Hémaltone ? »

« Oui. » dit tout simplement le jeune homme, sans aucune motivation sur les lèvres, comme complètement dénué de toute vie.

Les policiers pénètrent dans l’appartement, faisant une nouvelle fois le tour de la chambre de Faldéla. Bien entendu, il n’a touché à rien du tout, pour ne pas changer. Pourquoi devrait-il le faire ? Tout cela était trop important pour elle … et pour lui aussi.

« Rien de rien. Il n’y a vraiment rien du tout. Désolé, on ne trouve aucun indice. On ne va pas pouvoir vous aider à cette allure. L’enquête va prendre du temps mais on trouvera qui a fait ça et on l’arrêtera ! C’est notre devoir de le faire. »

« Est-ce que … cela fera revenir Faldéla ? » demande le jeune homme avec une extrême lenteur, les policiers se regardant, embarrassés par la question. Finalement, c’est l’un d’entre eux qui vient reprendre la parole après quelques secondes :

« Nous allons devoir vous laisser. Nous allons signaler que nous n’avons pas trouvé d’autres informations au sujet de Faldéla, désolé. Bonne journée à vous. »

Les policiers partent de l’appartement aussi vite qu’ils sont venus. Le jeune homme reste immobile, amorphe, pour ne pas changer. Complètement dénué de tout mouvement, il finit alors par se coucher sur le canapé, étant passé du fauteuil à ce dernier.

« Dormir, je vais juste dormir et ne rien faire d’autre. Juste dormir, oui. »

« Melo. » soupire tristement la pokémon avant de lui caresser la joue.

Trois mois … Cela fait trois mois que tout cela dure. Malheureusment, la progression est juste inexistante et l’affaire est presque mise sans suite … sauf qu’il ne s’agissait pas de n’importe qui. Faldéla étant une ancienne célébrité, les gens veulent la vérité.

« Kastry ? Sais-tu pourquoi je t’ai convoquée aujourd’hui ? »

« Je le sais parfaitement, monsieur Solomon. Il n’y a pas cinquante raisons qui poussent un producteur à vouloir communiquer avec sa chanteuse. »

Elle est à, les bras sur le ventre. Elle a les cheveux auburn, comme ce qu’elle voulait. Ses yeux fixent tout simplement le producteur alors qu’elle reste parfaitement de marbre, attendant la suite des paroles du producteur. Pourtant, l’homme ne lui adresse pas encore la suite de son discours, semblant réfléchir. Finalement, c’est Kastry qui dit :

« Qu’est-ce que vous me vouliez alors, monsieur Solomon ? Car si ce n’est pas aussi important que je le pensais, j’aimerais retourner à ce que je faisais. »

« Ca l’est. Cela fait trois mois maintenant que ton travail n’est plus aussi exemplaire qu’auparavant. Tu sembles distante, un peu perdue. Tu n’adresses plus tes sourires à tes fans et cela inquiète tout le monde, tu le sais, n’est-ce pas ? Tu dois t’en douter non ? »

« Je le sais parfaitement … mais je vais tenter de voir Hémaltone tous les jours quand je le peux. Je ne peux pas le laisser seul alors qu’il risquerait de commettre une bêtise. »

« Cela ne te concerne pas, Kastry. Tu n’as pas à faire le travail des médecins ou des psychologues. Tu es une star de la musique, n’oublies pas cette position. »

« Je suis surtout une femme. Je ne peux pas laisser Hémaltone seul dans cet état. On ne sait pas ce que ça pourrait donner. Ça peut être très dangereux si on ne fait pas attention à ça. »

« Cela ne te concerne pas, Kastry. Ne me forces pas à me répéter. Si Hémaltone avait continué dans le monde de la musique, tout cela aurait été nécessaire pour trouver une solution à son problème mais à l’heure actuelle, ça ne nous regarde pas. »

La jeune femme fait une mine effarée en écoutant les propos du producteur. Elle tente d’ouvrir la bouche pour répliquer mais elle sait qu’il n’a pas totalement tort. A force de se préoccuper d’Hémaltone, elle en oublie complètement le reste.

« Je vais retourner dans ma chambre d’appartement. »

« Tu fais bien. Demain, je te veux en pleine forme pour accompagner tes musiciens. »

« Ils sont fades, vraiment très fades. Je me demande où vous les avez trouvés. »

Elle ne cherche pas plus à se confronter à cet homme. Elle se retourne, se dirigeant vers la sortie. Bien entendu, elle savait que cela n’aurait rien emmené, elle ne peut pas s’empêcher d’être déçue par la tournure des événements. Qu’est-ce qu’elle pourrait imaginer de plus ? Elle veut revoir Hémaltone car il ne répond jamais aux coups de fil mais même … il ne la laisse pas rentrer. Maintenant que Faldéla n’est plus là, elle doit se montrer présente.

Chapitre 23 : Le responsable de tout cela

Chapitre 23 : Le responsable de tout cela

« Hum … Olistar ? Je peux te parler ? Juste cinq minutes, pas plus. »

L’enfant aux cheveux blonds s’était rapproché de lui, regardant le garçon-Rapion qui était adossé à une colonne. Aussitôt, le regard d’Olistar vint fuir, n’osant pas le fixer au grand étonnement d’Earnos qui finissait par arriver à sa hauteur.

« Tout le royaume est au courant … pour ce qui s’est passé avec la reine Seiry. Si j’avais su, je n’aurais pas hésité à venir et … mais enfin … »

« Oui, je suis aussi au courant mais bon, ce qui est fait est fait. »

« Et elle, enfin, elle va comment ? Elle ? » demanda Earnos alors qu’Olistar haussait un sourcil. Le fait qu’il répète ce « elle » montrait bien qu’il n’évoquait pas la reine mais la princesse. Tiens donc, si tel était le cas, bon ben … hahaha.

« Elle va mal, du moins, elle a toujours mal car sa mère a été blessée mais sinon, pour la reine, elle prend cela avec le sourire, comme à son habitude. Elle ne blâme personne. »

« Qu’est-ce qui te fait dire que je parlais de la princesse Terria ? Je parlais de la reine Seiry, pas de sa fille ! Ne commence pas à t’imaginer n’importe quoi ! »

« Oh, mais je ne m’imagine rien du tout, loin de là. Je ne suis pas ainsi, tu te trompes lourdement, Earnos. Ce n’est guère mon genre que de réagir de la sorte. »

« Bien entendu, ne te moque pas de moi, enfin bref, j’ai eut tout ce que je voulais, je te laisse tranquille pour le moment. »

L’enfant aux cheveux blonds s’était décidé à partir mais s’immobilisa après quelques mètres, finissant par se retourner en direction d’Olistar. Comme pour chercher ses mots, il vint finalement demander avec une extrême lenteur :

« Sinon, t’as pas l’air bien … dans ton assiette, toi. Tu vas bien ? »

« J’ai connu des jours meilleurs, on va dire. Pas de quoi s’en préoccuper. »

Il poussa un petit soupir avant de chercher à sourire, n’y arrivant guère. Comme ce n’était pas du tout son habitude, le sourire fut des plus forcés, Earnos pouffant un peu.

« Non, ça te colle guère, évite alors. »

« Au moins, ça te fait autant sourire que moi. Et oui, ce n’est pas mon genre. Je préfère éviter à l’avenir. Mais maintenant, tu peux t’en aller, comme tu peux le remarquer, je n’ai aucun souci, contrairement aux apparences, loin de là. »

« Bien entendu, bien entendu. Fais juste gaffe à Holikan par contre, je sais qu’il te cherche partout. Il doit aussi faire de même de mon côté, comme il doit s’attendre à ce que je vienne te parler. Mais je ne crois pas que ça soit son cas. Bref, il vaut mieux pour toi que tu joues la carte de la sécurité et que tu te montres discret, Olistar. »

« Si tu t’inquiètes du fait qu’il cherche à m’attaquer, je peux alors te confirmer que tu n’as guère à t’en faire à ce sujet. Il ne m’effraie pas. »

« Je ne suis pas sûr que tu gagneras contre lui dans cet état d’esprit. Tu as l’air complètement ailleurs et je parie qu’en tant que Rapion, tu te dois de garder une part de secret, tout ça. »

« Hein ? Que je sois un Rapion ne change pas à ce que je suis réellement. » dit simplement l’enfant aux cheveux violets. Pourquoi est-ce qu’il s’était imaginé une telle chose ?

« Ah bon ? Pourtant, tu es toujours isolé, dans ton coin, on ne sait jamais ce que tu fais, ce que tu penses, ce que tu es réellement. Alors bon … »

« Qu’est-ce que tu racontes donc ? Je ne suis pas ainsi. Je suis comme les autres. » déclare l’enfant-Rapion, quittant sa colonne pour se tenir face à Earnos. Bien entendu, il était plus grand que lui car plus âgé mais ça ne changeait rien à la situation.

« Non, tu es totalement différent, et tu fais tout pour sauvegarder cette différence. La preuve, à part moi ou la princesse Terria, à qui est-ce que tu parles ? Et Holikan ne compte pas vraiment, si je peux me permettre hein ? »

« Je parle à d’autres personnes, bien entendu. De plus, je ne vois pas en quoi cela te regarde ce qui se passe de mon côté. Bref, là, tu as totalement raison, il vaut mieux que l’on arrête. »

« Tu cultives cette différence, voilà tout. Mais oui, fais juste gaffe. »

« Arrête de te préoccuper de moi alors que tu me hais encore pour cette foreuse. »

« Tsss, tu veux aussi que je cultive ma haine à ton égard ? Désolé mais avec tout ce qui se passe, j’ai mieux à faire que de me disputer pour cela. Je ne te pardonnerai pas mais ut n’es pas le premier responsable à ce sujet. »

« Et combien de temps comptes-tu ne pas pardonner à la princesse, Earnos ? » questionna le Rapion tandis que l’enfant-Aspicot pouffait de déception, murmurant :

« Autant qu’il le faudra. Ce n’est pas aussi simple que ça. C’est plus … compliqué qu’une simple promesse. Si Terria est incapable de régler ça par elle-même, elle n’aura rien … »

« Oh, mais je viens de comprendre finalement. Tu veux la faire grandir, malgré ta déception. Ah, plus je te parle, plus je te découvre, Earnos. »

Et qu’est-ce qui lui prend de dire ça ? Tsss ! Il raconte n’importe quoi pour ne pas changer ! Ca ne le concerne pas ! Pas du tout même ! Mais bon, ce n’est pas suffisant. L’enfant aux cheveux blonds finit par s’éloigner définitivement, laissant complètement seul Olistar qui s’était mis alors à regarder le sol pendant de longues secondes.

« Qu’est-ce qu’il peut en savoir ? Je ne suis pas … si différent que ça. »

Mais la vérité était là. Il se savait différent, il se sentait différent, il était différent, qu’importe ce qu’il voulait prétendre, qu’importe ce qu’il voulait faire croire. Il le savait, il s’en voulait.

Mais il ne faisait rien pour changer. Il poussa un petit soupir. Alors, il devait se cacher du vilain Holikan ? Et il n’était pas en forme pour réussir à le battre ? Il ne fallait pas croire cela. Mais Earnos avait remarqué que quelque chose clochait.

« Le souci, Earnos, c’est que tu es celui responsable de mon état. Qu’est-ce que tu es ? »

La reine Seiry le portait dans son coeur. Pour avoir une place de choix dans ce dernier, même alors que la reine adorait tous ses sujets, c’est qu’il y avait une chose unique qui les reliait. Était-ce possible que … non. Il se faisait des idées.

« Si tel était le cas, deux familles seraient brisées. Le roi ne pourrait tolérer cela. »

Alors ce n’était pas cela. Mais quoi ? Etait-ce plus profond que ça ? Plus qu’une simple affection. Pourquoi est-ce qu’il ne pouvait pas trouver ? Ne pas connaître la vérité ? Il s’apprêtait à partir mais une voix le héla :

« OLISTAR ! Ne bouge plus ! Je te l’ordonne ! »

« Holikan. » murmura Olistar, évitant de soupirer avant de se retourner vers l’enfant Yanma. Celui-ci avait le visage des mauvais jours, le visage de quelqu’un qui était prêt à commettre une bêtise malgré son jeune âge. Si jeune et pourtant déjà si adulte, tout en gardant un comportement immature sur certains points.

« Il vaut mieux pour toi que tu m’accompagnes dans un endroit isolé … et ne t’avise pas de refuser car sinon, ça pourrait très mal se finir. »

« Soit, soit, devant de telles paroles, je me vois contraint alors de te suivre. »

« Bien, tant mieux pour toi, on causera moins de troubles. »

Et visiblement, le garçon-Yanma avait une idée déplaisante en tête. Il n’était pas stupide, il avait remarqué qu’Holikan avait son arme à la ceinture. Une sorte de griffe … humpf. C’était ça la particularité des soldats du royaume des insectes. Avoir une arme … mais aussi son propre corps pour attaquer. Encore que certaines personnes avaient les mêmes objets bien que cela soit illégal. Finalement, ils marchèrent pendant cinq minutes jusqu’à arriver dans un coin des plus reculés du château.

« Charmante décoration, est-ce une visite d’une aile inconnue ? »

« Ne raconte pas n’importe quoi. Je ne supporte plus tes manigances et tu le sais. Ce que tu as fait ces derniers jours ne passera pas inaperçu ! »

« Et qu’ai-je donc fait qui mérite autant de haine à mon égard ? Nous sommes arrivés ? »

Tiens donc, une salle d’entraînement. Avec des toiles de Mimigal un peu partout, des mannequins tâchés de sang et tout le reste, ça semblait très appréciable. Surtout que pour rentrer dans cette pièce, Holikan avait donné un coup de pied dans la porte en bois vétuste.

« Nous sommes arrivés. Ça sera ta dernière demeure, Olistar. Je vais mettre un terme. »

« Tu es vraiment très prévisible, est-ce que tu t’en rends compte ? Tu n’as même pas chercher à cacher tes sentiments de meurtre à mon égard. Je ne trouve même pas cela désolant … juste vraiment dommage venant de ta part. »

Il avait aussitôt fait un saut en avant, esquivant la griffe qui avait tenté de l’attaquer en traître dans son dos avant de se retourner. Il reprit en soupirant :

« Tu en es jusqu’à perdre ton honneur en cherchant à me frapper dans le dos. Non pas comme un chevalier le ferait, Holikan. »

« NE JUGE JAMAIS MA VALEUR ! COMPRIS ?! »

« Pourtant, je le ferais et je recommencerais autant de fois que cela nécessaire puisque tu ne veux pas comprendre l’absurdité de tes actions. »

Sauf que de telles absurdités étaient très dangereuses. Malgré les dires d’Earnos, il devait rester plus que concentré sur Holikan. Celui-ci avait pour but de l’éliminer en le tuant. S’il ne se trompait pas, il n’y avait qu’une seule raison à cela ;

« Tu me crois responsable de l’attaque sur la reine Seiry ? »

« IL N’Y A QUE TOI QUI SOIT AUSSI PROCHE POUR METTRE AU COURANT CEUX QUI S’EN SONT PRIS A ELLE ! »

« Ta haine t »aveugle. Je vais devoir t’infliger une violente correction. Et cette fois-ci … je ne suis que d’humeur peu joyeuse. Je ne retiendrais aucun de mes coups. »

Le sol trembla au moment le dard frappa ce dernier, Olistar fixant Holikan de ses yeux violets. S’il voulait subir une punition, il allait bientôt l’obtenir.

Chapitre 63 : Un remplaçant

Chapitre 63 : Un remplaçant

« Est-ce que tu te moques de moi, Tery ? »

« Je ne vois pas pourquoi cela, Manelena. Et bonjour à toi aussi. » dit calmement le jeune homme aux cheveux bruns, déjà assis devant le feu qu’il avait rallumé. La matinée venait à peine de se lever alors que Manelena était sortie de la tente, les cheveux un peu en bataille. Il ne put s’empêcher de sourire alors qu’elle marmonnait :

« Tu as décidé de me contredire après mes dernières paroles ? »

« C’est exactement ça ! Je n’avais que ça à faire, oui … j’espère que tu me pardonneras hein ? Je ne voudrais pas trop te vexer. Tu as faim ? »

Elle ronchonna à moitié avant de finir par s’asseoir en face de lui. Le jeune homme lui tendit de quoi se sustenter alors qu’elle se mettait à manger en silence maintenant. Voilà, c’était bien mieux quand chacun était calme et tranquille. Ils avaient trouvé un petit coin paisible bien qu’il restait toujours étonné par Claudiska.

« Quand même … voyager d’îles flottantes en îles flottantes, c’est … surprenant. »

« Disons qu’heureusement que ces îles sont assez grandes et nous prennent plusieurs jours pour arriver au bout … et encore, nous n’avons pas pris de bateau pour le moment. »

« J’espère que je n’aurai jamais le mal de l’aide par rapport à tout ça. Des bateaux volants … »

« Tant que tu ne me vomis pas dessus, tu peux faire tout ce que tu veux. »

« Merci de ta compassion. Elle me fait toujours aussi chaud au coeur, Manelena. Ne t’en fait pas, on va finir par tout arranger, d’accord ? »

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler exactement. Qu’est-ce que tu insinues ? » demanda calmement la femme aux cheveux argentés, le regardant de ses yeux rouges.

« Je sais que ça n’a pas l’air d’aller depuis quelques temps donc je m’inquiète … mais bon, ne t’en fait pas. On trouve l’aigle et on y retourne là-bas, d’accord ? »

« Comme tu veux, cela ne te concerne pas, c’est … familial de toute façon, rien de plus. » marmonna encore une fois Manelena bien qu’elle évitait de montrer que cela la touchait qu’il se préoccupe de toute cette histoire. Même si ce ne sont que des rumeurs, certaines d’entre elles peuvent faire très mal si elles sont bien placées.

« Et alors ? Je te considère comme tel après toutes ces années. Pareil pour Clari qui n’arrête pas de me rabâcher que je ressemble à son petit frère. Bon, Sérest et Séran, c’est plus compliqué mais même Elise, elle est déjà assez importante pour moi. »

« J’ai remarqué ça la dernière fois que vous êtes partis en tête à tête. »

« Rien … d’important pour vous autres. Rien du tout … mais cela m’a permis de me rassurer et réciproquement donc … tant mieux en un sens. »

« De quoi est-ce que vous parliez exactement ? »

« De ce qui se passe dans nos têtes dernièrement. Mais bon, je n’aime pas l’évoquer en public donc ça ne concernait que moi et elle, rien de plus. »

« Maintenant, tu vas devoir en parler et vite … » dit calmement le femme aux yeux rouges avant de se relever pour se rapprocher de lui.

« Je ne dirais rien, Manelena. Ce n’est rien d’important pour les autres, je n’ai donc pas à évoquer de quoi il s’agit exactement. Je suis désolé pour toi. »

« Tu n’as pas à l’être car tu vas devoir parler même si tu le refuses, c’est aussi simple que ça. » murmura calmement Manelena, continuant de se rapprocher de lui .Il ne bougeait pas de sa position, comme s’il savait que ça ne se passerait pas comme elle le désirait.

« Non, Manelena. Tu peux toujours essayer de me retirer les vers du nez, tu n’y arriveras pas. Surtout pour l’intant, désolé pour toi. »

Il n’avait pas à être désolé car elle allait y arriver. Finalement, elle se retrouva à sa hauteur, venant s’accroupir entre lui et les flammes. Aussitôt, le jeune homme eut un grand sourire.

« Attention à toi, Manelena. A cette allure, tu risquerais d’avoir très chaud aux fesses. Tu ne voudrais quand même pas te brûler, n’est-ce pas ? »

« Arrêtes tes bêtises. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? Surtout que tu as commencé à me parler donc il vaut mieux me dire tout maintenant. »

« Je ne sais pas trop. Ah ! Les autres se réveillent. Je vais aller les … »

Le coup de poing de Manelena l’empêcha de se relever, atteignant son visage pour le faire tomber au sol. Elle se redressa d’un air rageur, se frottant le poing avant de retourner dans la tente tout en l’ignorant complètement. Saleté.

« Ouch, ça fait vraiment mal quand elle s’y met, beaucoup trop. »

Il se frotta la joue, se redressant à son tour alors qu’Elen sortait de leur tente à tous les deux. Elle remarqua que le jeune homme se frottait la joue, se rapprochant de lui :

« De quoi est-ce que vous parliez, toi et Manelena ? Elle t’a encore frappé ? Je … »

« Rien de bien plaisant comme tu peux le voir. Et sur le coup, je le mérites. Attendons que les autres se réveillent et nous nous remettons en route aussitôt. »

Il ne cherchait pas à discuter avec Elen. Il ne voulait pas se créer plus d’ennuis maintenant. Le jeune homme aux cheveux bruns lui demanda comment elle allait tandis qu’Elen murmurait qu’elle trouvait qu’il faisait plutôt froid sans lui avant de se coller contre son corps. Il se laissa faire, amusé par sa réaction, espérant que les autres allaient arriver. Bien sûr, il ne devait pas compter sur Manelena cette fois, jusqu’à ce qu’ils partent, puisque visiblement, elle allait lui faire la tête pour quelques heures.


Finalement, il fût décidé qu’ils allaient suivre les routes jusqu’à trouver un nouveau village mais sur les côtes de l’île où ils se trouvaient. A partir de là, ils iront prendre un bâteau pour voyager vers une autre île, plus en direction du centre de Claudiska. Il n’avait jamais été dans la capitale de cette nation mais ce n’était pas un problème. Il y avait toujours une première fois de toute façon. Son seul souci résidait dans l’aspect monétaire.

« Sérest ? Séran ? Est-ce que cela ne risque pas de nous revenir assez cher au final ? »

« Pas forcément. Il ne faut juste pas espérer prendre les bateaux les plus rapides ou les mieux équipés et ça sera alors déjà un prix bien plus abordable. »

« S’il le faut, en contrepartie, on peut toujours voir pour monter sur un bateau et les aider à faire quelques tâches en contrepartie. Du genre, moi-même devenir mousse ! J’ai réussi à supporter l’armée pendant deux ou trois ans, je peux bien tenir le coup pour un voyage en bateau non ? C n me semble pas si effarant que ça. »

« C’est aussi une idée, Tery. Le mieux serait de demander à Royan. Il doit connaître un peu quels sont les différents employés des bateaux volants. Ce n’est pas la première fois qu’il doit prendre l’un d’entre eux, non ? » dit Sérest en se tournant vers le garçon aux cheveux bleus.

« Je suis le dernier prince de Traslord. Sincèrement, vous pensez que je perdais mon temps à savoir quels métiers étaient liés à un navire volant ? »

« Vous ne le savez pas, prince Royan ? » demanda lentement Elise, surprise.

«  … … … Si. Bon, vous pouvez compter sur moi pour que je nous présente sur un bateau mais je préfère vous prévenir que cela sera sûrement des tâches ingrates. »

« J’ai été dans l’armée, Royan. » répéta une nouvelle fois Tery tout en rigolant.

« Oui mais bon, ça ne change rien au fait que ça peut paraître ennuyant et surtout très usant. Si toi, Clari et Manelena, vous connaissez cela, je ne pense pas que ça soit le cas de mademoiselle Elise, Elen, Sérest et Séran. »

« Oh, vous savez, prince Royan, nul besoin de s’inquiéter pour moi. Je fus serveuse donc bon, j’ai eut aussi mon quota de surprises déplaisantes. »

« Ce n’est pas totalement faux, il est vrai … Mais bon, si on peut éviter de vous rappeler cela, j’aurai préféré, je dois vous l’avouer. »

« Vous êtes bien aimable mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en sucre. »

« Pardonnez alors mes paroles et ma considération à votre égard. Cela ne se reproduira plus de la sorte, je peux vous le promettre, mademoiselle Elise. »

« On ne vous dérange pas trop, tous les deux ? » demanda Tery alors que Clari allait ouvrir la bouche mais aucun son nen sortit. Au final, elle ne fit qu’un petit sourire en direction de Tery, comme si elle appréciait ce qu’il venait de dire. Hey, le but n’était pas de lui plaire à elle hein ? Mais bon, visiblement, ils s’étaient tous mis d’accord sur ce point.

Grâce à Royan, ils n’eurent aucun mal à trouver l’un de ces fameux bateaux flottants, le prince utilisant ses connaissances diplomatiques. Royan comme Séran s’occupaient de nettoyer le pont tandis que Tery était en cuisine, ce qui aurait put être pire. Les quatre femmes, quant à elles, devaient s’occuper de faire le ménage et le lavage des vêtements. Seule Clari avait eut la chance de pouvoir être à la cuisine avec Tery.

« Et je vous préviens, si je vous entends encore discuter une fois entre fois, ça risque de chauffer, est-ce bien clair tous les deux ? »

« Oui, le message est très bien passé. Pardon, messire. »

Clari ne répondit pas, toute sourire alors que Tery cherchait maintenant à se concentrer. Il faut dire quavec Clari, même la cuisine devenait plus amusante et plaisante. Néanmoins, tout cela avait une bonne chose en fin de compte : il pouvait écouter les rumeurs. Mais malheureusement, certains n’étaient guère plaisantes à entendre, surtout en ce qui concernait le royaume de Shunter.

« Quand même, tu penses que le roi va abdiquer quand ? »

« Je ne sais pas trop, je me suis pas posé la question faut avouer hein ? Il fait ce qu’il veut mais ça vaut mieux pour lui qu’il ne perde pa trop de temps s’il veut pas perdre la tête. »

« Comment passer d’un monarque craint à un être qui ne va pas avoir d’autre choix que de quitter son propre royaume. La débâcle face aux autres royaumes lui a fait très mal. »

« C’était de la folie que de vouloir affronter les autres nations en même temps. A se demander ce qui lui est passé par la tête à ce moment précis. »

« Sauf qu’au final, depuis cette défaite majeure, il perd de plus en plus de pouvoir. »

« Avec les rebelles qui sont de plus en plus nombreux, faut dire qu’il est pas aidé non plus. »

Et voilà, blablabla. Son plus gros problème résidait dans le fait qu’il n’était pas sûr que Manelena ait entendu cela. Mais si c’était le cas ? Bonjour les dégâts. Mais bon, le mieux était de ne pas trop s’intéresser à ça car elle allait sûrement être d’une humeur de chienne. Pfiou, après une bonne dizaine d’heures à cuisiner, couper les patates, faire la vaisselle et autres, il pouvait enfin souffler. Il regarda ses mains complètement rouges alors qu’il était assis sur un lit. Bien entendu, les chambres étaient aussi modestes que leurs positions dans ce bateau flottant. D’ailleurs, il avait fait confiance à Royan pour la destination bien qu’il n’avait aucune idée de l’endroit où ils allaient se rendre.

« Comme on n’a pas forcément cinquante chambres pour vous, vous allez occuper un dortoir pour votre petite bande. Demain, debout à l’aube. »

C’était l’unique parole de ce l’un des « chefs » de ce navire qui flottait parmi les nuages. Résultat ? Ils étaient tous les huit réunis au même endroit. Il y avait heureusement assez de lit pour chacun bien que pour deux couples, il était hors de question de dormir séparés.

« Combien de temps est-ce que ça va durer, Royan ? » grogna Manelena.

« Une semaine, au grand maximum, je dirais. Profitez du voyage, ça sera bien mieux. »

« C’est une blague, Royan ? Car je ne suis franchement pas d’humeur à ça. »

« Pas le moins du monde. Après tous nos efforts, vous pouvez toujours profitez du paysage. Les cieux de Claudiska sont magnifiques la nuit. Vous pourrez voir les étoiles. »

« Oh ! Prince Royan, vous pourrez me les présenter alors, s’il vous plaît ? »

L’adolescent se frottat les yeux puis le front, semblant réfléchir longuement à la demande d’Elise, celle-ci étant ravie d’apprendre à ce sujet. Elen avait fait de même, tournant ses yeux saphir vers Tery comme si elle attendait qu’il lui propose la même. Le jeune homem s’étira longuement en marmonnant quelques mots :

« Oui ? Elen ? Un petit souci ? Qu’est-ce que tu veux exactement ? »

« S’il te plaît, ne te moques pas de moi. On va aussi les voir ou non ? »

« Autant que tout le monde y aille, non ? Manelena ? Clari ? Vous aussi ? Sérest ? Séran ? »

Manelena s’apprêtait à répondre qu’elle allait passer son tour mais déjà les autres se portaient volontaires. Elle pouvait toujours rester seule dans la chambre mais tous les regards étaient tournés vers elle, attendant sa réponse.

« Oui bon, j’ai compris, je viens aussi. J’avais mieux en tête que ça pour passer ma soirée. »

« Passer un moment sous les étoiles n’est pas mauvais non plus hein ? »

« Ce n’est pas faux mais j’ai mieux à faire … ah … mais si je ne viens pas, vous allez me râbacher que j’ai loupé un merveilleux moment, toute ces choses. »

« Ce n’est pas totalement faux. Clari était déjà en train de travailler son petit discours. » dit Tery en désignant la femme aux couettes blondes, celle-ci faisant un petit sourire machiavélique à Manelena bien qu’il ne paraissait pas très crédible en la regardant. Bien entendu, comme si elle était réellement crédible.

C’était juste … pathétique de leur part mais bon, elle y était habituée au final. C’est pour ça qu’elle acceptait de les accompagner. De toute façon, on ne lui laissait pas vraiment le choix. Ils quittèrent ensemble la chambre commune, passant sur le pont, évitant de déranger les marins. Heureusement que le bateau pris n’était pas un bateau de fortune. Sans être une croisière paisible, il permettait néanmoins de profiter de la nuit sans forcément déranger les marins employés à bord.

« Tu n’avais pas tort, Royan. C’est vrai que c’est magnifique. »

« Je n’avais aucune raison de mentir à ce sujet. Pourquoi l’aurais-je fait, non ? » répondit calmement le prince de Traslord alors qu’ils étaient positionnés les uns à côté des autres. Tery se retrouvait entre Manelena et Elen, une mauvaise chose mais pour l’instant, tout était calme et aucune ne provoquait l’autre. Pour combien de temps ?

« Par contre, est-ce que l’on donne des noms aux étoiles ? »

« Pas forcément, du moins, peut-être qu’à Claudiska, je crois me rappeler que oui mais c’est un domaine assez précis et pointu. Je pense que certain y travaillent jour et nuit mais les personnes comme nous n’y voient aucun intérêt. »

« Madame Sérest ? Vous vous y connaissez ? » demanda Elise une nouvelle fois, se tournant vers la femme ailée, celle-ci hochant la tête négativement tout en souriant.

« Malheureusement, je ne suis pas portée sur l’astronomie. Je suis plus une érudite qu’autre chose. Désolée de te décevoir sur ce point. »

« Oh, mais vous ne me décevez pas, je m’en doutais dans le fond. Vous connaissez bien plus le domaine des livres et de l’histoire des deux dieux que les étoiles. »

« C’est exact. Je ne l’ai jamais cachée mais après, il faut bien savoir ce dont on est issu, non ? Avec mes lignes d’Alzar et les lignes de Zélisia de Séran, je trouvais cela normal. »

« C’est pas faux en un sens. Vous me raconterez ce que vous savez ? »

« Bien entendu, Elise, bien entendu mais ne parlons plus. Je pense que nous dérangeons les autres. » murmura Sérest, tournant ses yeux vers Elen et Tery. La jeune femme s’était calfeutrée contre le jeune homme, semblant avoir froid. Tery n’avait fait aucune remarque à ce sujet, gardant tout simplement son sourire aux lèvres.

« Pour les rumeurs, Manelena, est-ce que … »

« Je suis au courant, merci. Ils n’ont que ce mot-là à la bouche. Certains passagers viennent de Shunter. Je sais que ce n’est pas la panacée là-bas, merci bien. »

« Non ce que je veux dire, j’ai aussi put les entendre mais je me disais … après qu’on en ait terminé avec l’aigle, tu voudras que l’on t’accompagne ? »

« Pourquoi est-ce que tu me proposes ça ? Comme ça sera fini, on n’aura plus à être ensemble. Vous pourrez aller faire votre petite vie tranquille à Omnosmos. Je suis sûre et certaine que vous aurez des places de choix dans cette bibliothèque. Ce qui se passe à Shunter ne concerne que moi et personne d’autre. »

« Sauf que je viens de Shunter et que je tiens à toi. Mais bon … Si le roi doit être remplacé … je pense que … »

« Tu es sûr de pouvoir dire cela avec elle dans tes bras ? »

« Elle s’est assoupie et il n’y a rien de mal à dire que je t’apprécie grandement, Manelena. Bref, de toute façon, ce que je voulais dire, c’est que je me demandais : et si tu … devenais la future reine de Shunter ? »

« Hein ? Mais qu’est-ce que c’est que cette absurdité venant de ta part ? Moi ? Heureusement que les autres ne nous entendent pas. Qu’est-ce qui te prend d’imaginer ça ? »

« Je pense que c’est juste le meilleur choix possible, voilà tout. »

« Encore une idée absurde venant de ta part plutôt. Je ne serais jamais reine et cela pour une simple et bonne raison : ça ne m’intéresse pas. »

« Tu as toujours fait passer les intérêts de Shunter avant les tiens. Même si cela ne te plairait pas, tu le feras quand même. Et puis, reine Manelena, ça te correspondrait plutôt bien. »

« Pour que je me retrouve pomponnée avec du maquillage partout et de robes bouffantes ? »

« Non non, plutôt une reine guerrière, le genre qui se positionnerait devant ses troupes, lame à la main en leur hurlant de se lancer à l’assaut. Comme ton père. »

« Pour que je finisse pareil ? Non merci, c’est juste une idée absurde, Tery. » marmonna Manelena, pourtant peu agacée pour une fois par les propos du jeune homme.

« Je ne trouve pas. Bien entendu, si tu reproduis les mêmes erreurs que lui, tu finiras pareil mais au final, ça ne sera pas le cas car tu auras appris de ses erreurs et surtout, tu seras bien entourée, voilà tout. Tu devrais y réfléchir. »

« Ca serait plus simple avec toi comme conseiller royal alors. » soupira la femme aux cheveux argentés alors qu’il clignait des yeux. Il répondit dans un sourire :

« Conseiller Tery. C’est vrai que ça sonne plutôt bien à l’oreille quand on y réfléchit. »

« Cela ne te poserait aucun problème ? Humpf … Je vais aller me coucher en avance. Bonne nuit, Tery. Essaie de bien dormir et de ne pas être malade. »

« Évite de me le rappeler surtout … et bonne nuit, Manelena. On va pas tarder non plus. »

Avec Elen qui dort dans ses bras, bien calfeutrée dans ces derniers, difficile d’ignorer tout cela. Il a juste un petit sourire aux lèvres tandis qu’il réfléchit à tout ce qui vient de se dire. Manelena aurait moins de réticence si lui-même travaillait à ses côtés ? Mais bon, conseiller la future reine de Shunter ? Hahaha. Heureusement que ce n’était qu’une idée comme ça.

« De quoi vous parliez, tous les deux ? »

« Oh ? Elen ? Tu ne dors pas ? Si tel est le cas, je pense que tu as put entendre non ? »

« J’ai put entendre … à moitié. Pourquoi tu me fais des infidélités de la sorte, Tery ? »

« Ce n’est pas de l’infidélité car il ne se passera rien entre elle et moi. Mais ça ne veut pas dire que je dois la conspuer alors que je l’apprécie énormément. Je t’emmène dans la chambre, Elen ? J’imagine que tu veux dormir dans le même lit que moi, non ? »

Elle ne répondit pas, ne faisant qu’un simple mouvement de la tête dans ses bras alors qu’il saluait déjà les autres personnes pour leur dire qu’ils allaient se coucher. Dans la chambre, il jeta juste un bref regard au lit dans lequel Manelena se trouvait, bougeant simplement ses lèvres pour lui souhaiter de bien dormir. Le voyage n’allait poser aucun souci.