Tous les articles par ShiroiRyu

Chapitre 208 : Mission suicidaire

Chapitre 208 : Mission suicidaire

« Elian, j’aimerai vous parler si cela est possible. »

« Ah ! Te voilà, Sélia. Comment est-ce que tu vas aujourd’hui ? Un peu mieux que ces derniers jours, j’espère. »

« Disons justement que j’ai connu des jours bien meilleurs … Enfin bon, j’aimerai … »

« Attends, attends, attends. Il vaut mieux que je parle en premier. »

Hum … Comme prévu, elle s’en doutait. Il ne lui laisserait pas le temps de prendre la parole. Néanmoins, elle hocha la tête positivement, attendant qu’il continue ce qu’il avait à dire. Il valait mieux jouer le jeu et ne rien dire ou faire.

« J’ai une mission pour toi. Néanmoins, le souci, c’est qu’elle est assez dangereuse. Et je ne suis pas sûr que cela te plaise réellement. Cela concerne un groupe de Doctes qui vient de recruter quelques membres de l’Enceinte aux Esclaves. »

« L’Enceinte aux Esclaves ? N’ont-ils pas déjà assez souffert par ma faute ? Je ne pense pas que ça soit une bonne idée de continuer à les agresser. »

« Malheureusement, nous ne pouvons pas prendre le risque de les laisser revenir sur le devant de la scène. Même si cela me dérange, il faudrait envisager l’élimination des membres des Doctes et de l’Enceinte aux Esclaves. Est-ce que tu t’en sens capable ? »

« Je le pense, oui … Donnez-moi les coordonnés et j’irai tout de suite. »

« Et ta question ? Tu en avais une, non ? »

« Elle n’est plus très importante maintenant. Je me mets de suite en mission. »

Elle avait la preuve qu’elle voulait. Il ne lui faisait pas confiance, loin de là. On n’envoyait pas son meilleur soldat combattre seul un bon nombre de membres des Doctes et de l’Enceinte comme ça. Généralement, on l’accompagnait.

« Tout ce que tu disais semble se confirmer, Sélia. »

Elle hocha la tête positivement alors qu’elle quittait déjà le bâtiment de la Sainte Alliance. Oui … C’était exactement ça. Et puis … Bon … Elle avait déjà tant tué … pour des raisons vraiment futiles. Même si elle se trompait, qu’est-ce que cela changeait ? Qu’il meure, ça ne causerait pas de troubles pour elle.

« Allons-y, ne perdons pas trop de temps. Je sais où il faut me rendre, il n’y a rien besoin de plus. » marmonna la femme aux cheveux bleus.

Elle ne voulait pas faire attendre les membres des Doctes et de l’Enceinte aux Esclaves. De toute façon, plus vite elle en terminait, mieux c’était. Hyathéna semblait néanmoins songeuse, elle le sentait en elle. Qu’est-ce qui se passait ? Elle avait du remord pour ce qu’elle allait faire ? Elle lui posa la question, Hyathéna murmurant :

« Nous n’avons pas besoin de faire cela que je sache … »

« Qui a dit que je comptais le faire ? Je n’ai pas que ça à foutre, c’est compris ? »

« C’est compris … C’est compris … Alors, qu’est-ce que tu comptes faire exactement ? Je ne vois pas où tu veux en venir, je dois te l’avouer. »

« Il n’y aurait pas un dragon non-loin de cet endroit ? Je crois avoir ressenti sa présence quand il m’a donné la localisation de la mission. »

Un endroit ? Ressentir sa présence ? Elle était capable maintenant de les ressentir ? Qu’est-ce que … cela voulait dire ? Elle avait déjà tant progressé ? Tant que ça ? Ce n’était pas normal ! Loin de là même ! C’était même plutôt … effrayant en soi.

« Tu peux me répondre ? Je déteste que l’on m’ignore de la sorte, Hyathéna. »

« Hein ? Oui, oui … Il y a bien un dragon là-bas … mais encore une fois, ce n’est pas un véritable dragon, juste un pokémon qui est issu de cette race sans y appartenir. »

« Qu’importe, je m’en contrefous de ça… Je veux juste savoir si ce que je pensais était bon ou non. Bref, on va s’y rendre, on l’élimine et ensuite, on va retourner dans la Sainte Alliance. »

C’était une bonne tactique … Enfin, elle croyait. Elle n’en était pas aussi sûre que ça mais elle avait confiance en Sélia. De toute façon, maintenant, elles ne pouvaient plus réellement être séparées après tout ce qui s’était passée entre elles.

« Ce pokémon n’est plus forcément très dangereux pour toi. »

« Ah bon ? Je m’y attendais de toute façon. Plus vite je vais le trouver, mieux c’est. Est-ce que tu sais à quoi il ressemble ? De quelle espèce il est ? »

« Je ne m’en rappelle plus malheureusement. Ma mémoire est encore assez confuse après tous ce temps. Pardon … Mais tu ne devrais avoir aucun mal. »

« Je m’en doutais aussi … Comme si on pouvait me faire du mal d’ailleurs … AH ! »

« Mais si nous arrivons à le battre et à le … dévorer … Je pense que tu seras fin prêtre contre lui. Normalement, tu aurais toutes tes chances. »

« Tu penses que le pokémon en Elian est bien trop fort pour moi actuellement ? Tu sembles bien le connaître, est-ce que tu as une idée de qui c’est ? »

« Pas d’idée réellement … Juste des suppositions. Et ce ne sont pas forcément des bonnes. »

« Humpf ! J’aurai dû m’en douter. Bon … Si on a le temps de parler, on a aussi le temps de se mettre en route. » rétorqua la jeune femme aux cheveux bleus. Elle en avait assez de discuter actuellement. Elle avait besoin de passer à autre chose et vite. Elle commença à marcher rapidement, regardant à gauche et à droite avant de quitter la ville. Maintenant, il fallait se diriger vers l’endroit … où se trouvait ce pokémon.

« Kéran ? Est-ce que tu dors ? »

Il ne lui répondit pas. Ce n’était pas la voix de Katérina mais d’Elyséa. Il se trouvait dans son rêve, le sien, à lui. Enfin, son absence de rêve. Maintenant qu’il avait Elyséa en lui, il avait pleinement conscience de ce qu’il pouvait rêver ou non. Et là … Il ne rêvait de rien du tout. Rien de rien … Juste le vide le plus complet, le plus total.

« Kéran … Laisse-moi avoir accès à ton rêve … s’il te plaît. »

« Je ne veux pas, Elyséa. Tu voulais être tranquille, je te laisse l’être. Mais attention, je ne boude pas par rapport à toi. Je veux juste être tranquille moi aussi. »

« Ce n’est pas bon, Kéran. Laisse-moi … sinon, je vais devoir me forcer à utiliser mes pouvoirs, d’accord ? Tu ne voudrais pas cela hein ? »

« Je ne peux pas avoir un peu d’intimité ? C’est trop demander ? »

« Pas avec moi … Je pensais que tu me faisais confiance et inversement. Mais bon, visiblement, ça ne semble pas être le cas en ce qui te concerne. »

« Elyséa, je ne pense pas que tu puisses m’aider. Je ne vais pas te demander de coucher avec moi juste pour que je devienne meilleur dans mes rapports sexuels hein ? Ca ne se fait pas, ça ne se dit pas ! Ca ne se propose même pas ! »

« Et si j’avais accepté ? Est-ce que tu aurais quand même voulu ? »

Hein ? Il redressa la tête, la tournant en direction du vide autour de lui. Qu’est-ce qu’elle venait de dire là ? Si elle aurait accepté ? Non et non ! NON ! ET NON !

« Je ne peux pas ! Déjà car je trouve ça blessant envers toi, tu n’es pas un objet sexuel pour m’entraîner. Et puis … J’aime Katérina … Je ne veux pas la blesser. J’ai quand même plus de sentiments pour toi que ça. »

« Idiot … »

Ce fut le seul mot de la part d’Elyséa. Mais après que ce mot continua de se faire entendre, il remarquait des fissures blanches sur le décor noir autour de lui. Puis subitement, son décor explosa, laissant paraître du blanc tout autour de lui … et Elyséa qui se retrouvait dans son dos, ses bras autour de son cou.

« Je n’aurai jamais accepté moi aussi, Kéran. Je voulais juste voir ce que tu en pensais. Tu es resté le même … qu’importe les journées qui s’écoulent. Rien ni personne ne t’a changé … C’est tant mieux en soi. »

« Je n’ai pas changé ? Et je voulais être seul … mais je ne peux pas dans le fond. Je n’y arrive pas … Et je pensais avoir changé … en bien mais peut-être que je suis resté aussi néophyte qu’au début, c’est tout. Je ne me suis pas amélioré. »

« Certaines personnes n’arrivent pas à reconnaître la valeur des autres. »

De qui est-ce qu’elle parlait ? Il savait qu’il était faible, terriblement faible. La preuve ! Il n’arrivait pas à la repousser alors qu’il avait dit qu’il voulait être seul. Qu’est-ce qu’il était stupide, terriblement stupide et faible.

« Je n’oserai jamais te demander une telle chose hein ? » dit-il à nouveau comme pour rassurer Elyséa que ses intentions étaient pures.

« Je le sais parfaitement. Ne t’inquiète donc pas à mon sujet. Je te rappelle que je peux lire dans tes pensées quand tu es réveillé. »

« Oui mais … Je ne sais pas … Je préfère prévenir encore une fois au cas où. Je préfère … Au cas où … C’est mieux que de ne rien dire. »

Il valait mieux justement qu’il ne dise rien du tout. Avec lenteur, elle le tira un peu plus en arrière, le serrant contre elle. Voilà, c’était mieux, bien mieux maintenant. Beaucoup mieux même. Surtout qu’elle ne portait pas son armure.

« Elyséa … Je voulais m’excuser si j’ai paru méchant auparavant … Quand j’ai refusé que tu viennes ici. Ce n’était pas … »

« Ne t’en fait pas, même si j’ai décidé que je voulais être seule, tu as bien remarqué que je ne pouvais pas rester dans mon coin bien longtemps. Je me préoccupe de toi et inversement … Nous tenons à l’autre, tout simplement. »

« Tu as quand même décidé de faire une moue pendant toute la journée ou presque. »

Hmmm … Il ne comprenait pas la situation hein ? Elle lui tira faiblement la joue, lui chuchotant de se taire. Elle avait ses soucis, il avait les siens … mais ce n’était pas pour ça qu’ils ne pouvaient pas se réconforter tous les deux.

Elle forma comme un cocon protecteur autour de lui, ses jambes venant croiser les siennes alors qu’elle avait sa poitrine collée contre son dos. Le jeune homme toussa légèrement, gêné avant de bredouiller à Elyséa :

« Euh … Elyséa, je ne peux plus vraiment bouger dans cette position, tu le sais ? »

« Je le sais parfaitement … mais est-ce que c’est un souci ? Tu dors actuellement … Ce n’est pas comme si le fait de te mouvoir avait une certaine importance. »

« C’est vrai … C’est vrai … Enfin bon … Peut-être que tu me serres un peu trop quand même ? Enfin, pas que ça ne me dérange non plus ? »

« Alors chut, Kéran. Tu peux me laisser apaiser tes souffrances. »

Il n’y avait pas cinquante solutions à cela pour lui faire oublier sa déconfiture par rapport à ce qui s’était passé avec Katérina. Elle n’avait que … cette chaleur dans les rêves à lui offrir. Peut-être qu’un jour, dehors, elle irait reprendre une forme physique, même temporaire, pour le réconforter … mais il ne valait mieux pas. Elle se sentait un peu trop faible actuellement. A force de se préoccuper de lui … elle ne faisait plus attention à elle, c’était ainsi.

« Se déplacer en pleine nuit, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée. »

« Tout le monde dort, on pourra alors ignorer ma présence, c’est aussi simple que cela. »

Simple et ingénieux, elle le savait … mais ce n’était pas forcément une bonne idée. Surtout qu’avec ses nouveaux pouvoirs, Sélia se déplaçait rapidement, très rapidement même. Deux à trois fois plus rapidement qu’un humain normalement constitué.

« Nous sommes proches de l’endroit où le pokémon se trouve. »

« Je suis prête … mais je ne sais pas … Je me sens tellement confiante. J’ai l’impression qu’il ne me fera rien de mal. Que je n’ai pas à m’inquiéter à son sujet. »

« Hmm … Fais attention au cas où. Tu sais parfaitement où l’abus de confiance peut mener. »

Elle le savait, oui. Elle n’était pas stupide. Mais ce pokémon … Il se trouvait dans une forêt … encore. Il n’y avait donc aucun pokémon qui habitait dans une grotte ou une montagne ? Elle avait l’impression que c’était trop demandé.

« Je commence à en avoir assez de me balader dans les forêts. La végétation m’exaspère plus que tout. Où est-ce que ce pokémon se trouve ? »

« Je ressens sa présence … Toi aussi, tu devrais normalement non ? Si tu as réussi une première fois, cela ne devrait pas être difficile d’y arriver une seconde fois. »

Pourtant, c’était le cas … Elle n’y arrivait pas. Peut-être que cela avait été sur le moment mais bon … Ce n’était pas le plus important. Sortant son épée, elle fit craquer son cou. Même si elle ne savait pas où il était exactement, elle ressentait sa présence. Oui … Il était proche, très proche même. Elle le sentait.

« Attention, Sélia ! Il est derrière toi ! »

« Bien sûr que je le sais ! » cria Sélia, faisant une roulade en avant alors qu’une lame passa au-dessus d’elle, tranchant l’arbre qui était à ses côtés.

Ce n’était pas une lame … mais une feuille ? Elle put voir le pokémon qui tentait de l’attaquer. Un Jungko ? Qui était deux fois plus grand que la moyenne. Et elle avait remarqué une cicatrice à son œil gauche. Il était borgne ?

« Qu’importe ce qu’il est ! Il ne m’aura pas comme ça ! »

Mais … Où est-ce qu’il se trouvait ? Il venait de disparaître de son champ de vision ! Il avait déjà réussi à se camoufler ? Elle se remit correctement debout, prenant une profonde respiration. Il était là, elle le sentait. Elle le savait.

Il était visiblement adepte du camouflage … Cela pouvait rendre le combat bien plus difficile que prévu. Un combat où on ne voyait pas l’adversaire était quand même bien plus dangereux qu’on ne le croyait. Oh que oui … Mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait abandonner. Non … Ce combat pouvait être vite résolu si elle le désirait.

Chapitre 207 : Des soupçons

Chapitre 207 : Des soupçons

« Ce que Loa a dit n’était pas totalement faux, Kéran. »

« A quel sujet, Elyséa ? » demanda le jeune homme aux cheveux blancs argentés.

« Au sujet de Katérina. Tu devrais quand même être plus dur … enfin … Un peu moins candide à ce sujet. J’ai l’impression que tu ne veux pas voir la réalité. »

« Voir quelle réalité ? Il n’y a rien d’étrange chez elle, je trouve. Vraiment … Je trouve que vous vous inquiétez toutes les deux pour pas grand-chose. Je ne me fais aucun souci pour ma part, hahaha … Vous en faites pas. »

« Je ne m’en fais pas pour elle … mais pour toi, Kéran. C’est différent. » murmura la voix d’Elyséa en lui alors qu’il haussait les épaules.

Il s’imaginait des choses ? Plutôt, il évitait d’y croire ? N’importe quoi. Il avait la tête bien sur ses épaules et rien de plus. Pas de quoi se compliquer la vie inutilement. Surtout pour des détails sans importance même. Faiblement, il crut entendre la voix d’Elyséa :

« Kéran … Tu te voiles la face … Ce n’est pas bon. »

Il ne se voilait rien du tout ! Mais il ne lui répondit pas, bloquant ses propres pensées. Il n’avait pas envie de se disputer avec elle, c’était bien la dernière chose qu’il voulait ! PFIOU ! Vraiment … Qu’est-ce que c’était compliqué tout ça !

« Loa ? Est-ce que je peux te demander quelque chose ? »

« Hmmm ? Bien entendu, Kéran. Qu’est-ce qu’il s’agit ? D’ailleurs, tu préfères m’appeler ainsi ? Du moins, continuer ainsi ? Ca ne me dérange pas. »

« Je t’ai connue avec ce nom, je ne compte pas changer maintenant hein ? Tu sais ? »

Elle eut un petit sourire, attendant que le jeune homme réfléchisse à la question qu’il voulait poser. Celle-ci semblait plutôt compliquée puisqu’il s’était mis à marcher avec Loa sans même continuer à parler. Qu’est-ce que cela pouvait être ?

« Euh … Qu’est-ce que tu penses de la relation entre Katérina et Hodan ? »

Hein ? Même si elle était à l’intérieur de Kéran, elle restait surprise par la question du jeune homme. Au final, il se posait des questions ? Tant mieux, oui, c’était tant mieux. Qu’ils arrêtent avec cette farce grotesque.

« Euh ! Attention ! Je veux dire par là : par rapport à un spectre et une humaine. Est-ce qu’elle ferait une bonne Docte ? C’est tout ce que je veux savoir, rien de plus. »

Quel idiot … Mais quel idiot … Pourquoi est-ce qu’il se forçait à ne pas comprendre ? A ne pas croire en la vérité ? A ne pas l’assumer ? Pourquoi ? POURQUOI ? POURQUOI ? Elle ne se mettait pas souvent en colère, surtout pas contre Kéran. Jamais elle ne s’était mise en colère à cause de lui … mais elle avait envie d’hurler qu’il était un idiot !

« Une Docte ? hmmm … Il est vrai que depuis quelques temps, sa relation avec Hodan semble être au beau fixe. Je pense qu’il y a des chances qu’elle puisse l’être. »

« Oh … C’est bien ce que je pensais alors. Ne lui dite pas que j’ai pensé à cela, merci bien. D’accord ? Vous serez très gentille. »

« Hein ? Du vouvoiement ? Tu me vouvoies ? Qu’est-ce que cela cache, Kéran ? Je te sens un peu perturbé. Si c’est à cause des Doctes, ne t’en fait pas, tu es bien plus proche d’être un Docte que Katérina. Si ça peut te rassurer. »

« Oh, ce n’est pas à cause de ça, loin de là même. »

« … … … Hmm, je ne te forcerai pas à parler, Kéran, je te le promets. Mais ne me vouvoies pas, cela me vieillit et je suis encore bien jeune, je pense. »

Hahaha. Il fit un petit sourire pour la réconforter. C’est vrai, il s’excusait. Ce n’était pas du tout voulu. Pas du tout. Il eut un petit peu mal au cœur, gémissant faiblement. Qu’est-ce qui se passait ? Aie, aie, aie ! Vraiment !

Il avait l’impression qu’Elyséa était en colère mais il ne voyait pas pourquoi. Ce n’était pas normal non ? Enfin … Il n’avait rien fait de mal normalement. Il …ne voulait pas de cela. Loin de là ! Pourquoi est-ce qu’elle était en colère ?

« Elyséa ? Qu’est-ce qui se passe avec toi ? »

« Rien, ça ne te concerne pas, Kéran. Maintenant, vas voir Katérina pour passer la nuit ensemble, voilà tout. Le reste, je m’en fiche. »

HEY ! Elle était en colère mais il n’avait aucune explication à ça ! Néanmoins, quand il tenta de poser des questions, elle ne lui répondit pas. Pourquoi est-ce qu’elle était en colère ? Il ne voulait pas de cela ! Pas du tout même !

« Kéran. Tu as pu voir quand je suis en colère. Or, ce n’est pas le cas. Je peux lire tes pensées, je te le rappelle. Là, je suis seulement irritée par quelque chose dont je ne veux pas te donner plus d’informations, compris ? »

« Mais mais mais … Elyséa … »

« ASSEZ ! KERAN ! Lorsque tu arrêteras d’être aussi niais, peut-être que je te le dirai ! Lorsque je saurais que tu acceptes la vérité, je te le dirai ! Mais pas maintenant ! Maintenant, laisse-moi tranquille ! KERAN ! »

« Elyséa, je … S’il te plaît. »

Aucune réponse. Elle ne vint plus communiquer avec lui. Est-ce qu’il avait commis une bêtise ? Fauté ? Est-ce qu’il avait fait quelque chose de stupide ? Et se voiler la face ? Mais sur quoi ? Tout ce qu’il savait, c’est qu’il avait à nouveau mal au cœur … mais ce n’était pas pareil. Il n’aimait pas … se battre avec Elyséa, pas du tout même. C’était une chose horrible à ses yeux, vraiment horrible même. Il voulait que ça s’arrête.

Mais … Cette peine était différente de celle qu’il avait lorsque Katérina l’insultait comme à son habitude. D’ailleurs, il retrouva la jeune femme alors qu’il était maintenant temps de quitter la ville. Avec elle et Loa, ils repartirent hors de la ville.

Et la journée passa tranquillement … Un peu trop tranquillement … Trop tranquillement puisqu’il se sentait terriblement mal, trop mal … Beaucoup trop mal même. Elyséa ne lui avait pas adressé la parole et alors que Katérina lui murmurait qu’elle allait déjà se coucher en l’attendant, il s’approcha de Loa, bredouillant :

« Euh … Loa … Est-ce que … Enfin Hodan … Peut avoir des sauts d’humeur ? Mais du genre, se mettre en colère. Je ne sais pas mais quand un pokémon spectre ou ténébreux qui était un humain fait la tête, c’est quoi le meilleur moyen pour se faire pardonner ? »

« Oh ? Elyséa et … toi ? Hahaha … Ne pense donc pas à Elyséa comme une pokémon mais plutôt à comme une femme, ça sera bien plus simple, tu ne crois pas ? »

« Comme à une femme … Mais Elyséa … Enfin, c’est différent de Katérina mais merci. Je vais y réfléchir. Comme elle me fait la tête, elle ne m’écoute surement pas. »

Bien sûr qu’elle l’écoutait. Trop gentil … Il était encore trop gentil … beaucoup trop. On ne pouvait pas changer la nature profonde d’une personne, elle le savait parfaitement. Alors … C’était stupide … Tout simplement stupide. Pour qu’il s’excuse, il fallait bien plus que ça. On ne pouvait pas l’amadouer avec des fleurs, on ne pouvait pas l’amadouer avec des paroles ou des gestes. Non … On ne pouvait pas l’avoir de cette manière.

« Katérina ? Tu dors déjà ? »

« Bien sûr que non … Qu’est-ce que tu croyais ? Regarde dans quel état je suis. »

C’est vrai qu’elle semblait bien excitée. Elle avait déjà une bosse qui déformait sa culotte blanche mais aussi ses tétons qui pointaient à travers le tissu. Gloups ! Voilà qui était très accueillant ! Peut-être qu’Elyséa pouvait attendre ?
Il ne savait pas trop … Pas vraiment même. Ah … Il était déjà en train de se déshabiller, caressant la poitrine de Katérina. Est-ce qu’il devait jouer avec ses tétons ? Il ne savait pas …. Il avait envie de les sucer mais en même temps … Il avait l’impression de trop en faire. Il n’était pas un bébé, hein ?
Lorsqu’elle fut nue et lui aussi, il continuait de penser à Elyséa. Quand même … Qu’est-ce qu’une femme comme elle pouvait aimer ? Pas les fleurs, les petits oiseaux, rien du tout. Bon ! Il devait plutôt se concentrer sur Katérina ! Il la regarda tendrement, la jeune femme poussant des petits gémissements mais il avait l’impression qu’ils étaient forcé. En fait, il n’avait même pas son regard dans le sien mais il vint l’embrasser dans le cou alors qu’il la pénétrait vivement.

« Kéran, il faut que tu me préviennes quand même au cas où. Avec tes idées de vivre dans un monde en paix et en harmonie, on ne peut pas se permettre au final que tu me mettes en cloque. Ca le ferait pas vraiment. »

Hein quoi ? Comment ça ? AH ! Il retira aussitôt son sexe, distrait avant de jouir sur elle. C’était quoi cette remarque ? C’était vraiment blessant de sa part là ! Il la regarda avec étonnement, Katérina le regardant avec dépit.

« Kéran … Il faut aussi que tu me préviennes quand tu vas jouir. »

« Je … Je … Je n’ai pas tenu aussi, Katérina. Pardon … Je … »

« Dès qu’il s’agit de vrai sexe, tu n’es pas franchement doué, tu sais ? »

« Je … Je le sais … Enfin, j’étais mieux quand ce n’était que des caresses, je le sais bien mais on ne peut pas s’aimer qu’avec des caresses. Mais Katérina, il ne faut pas dire ça. »

« Ouais ouais … mais c’est juste la réalité. »

« Est-ce que tu veux que je m’occupe de toi ? Je peux quand même faire des efforts hein ? »

« Non, ça ira, Kéran. On va plutôt dormir. Je suis fatiguée. »

Mais mais mais … Qu’elle le laisse s’occuper d’elle ! C’était à lui de faire ! Qu’elle ne reste pas en retrait ! NON NON ! Aller ! Ce n’était pas drôle du tout ! Il n’appréciait pas ça ! Mais rien à faire. Katérina remit ses vêtements alors qu’elle lui tournait le dos. Il faisait des efforts … mais c’était de sa faute. Il en était certain, réellement certain même. Il était puni pour avoir pensé à Elyséa alors qu’il faisait des choses avec Katérina. Il était vraiment stupide, plus que stupide même ! Quel homme faisait ça ?!

Il tenta de s’endormir, cherchant le sommeil sans réellement y arriver. Cette nuit, il ne voulait même pas rejoindre Elyséa. Il ne préférait pas. Il n’avait pas besoin de réconfort. Il ne le méritait pas, pas du tout même. Loin de là … Ah … Il détourna la tête, fermant les yeux pour ne pas avoir Katérina. Quel nul ! Mais quel nul !

Il entendait aussi les petits rires de la jeune femme. Elle devait surement s’enfuir dans ses rêves pour être sûr d’être heureuse. Il n’y avait bien que là-bas que tout était parfait ou presque, il en était sûr et certain. Quel idiot ! MAIS QUEL IDIOT ! MAIS QUEL IDIOT ! Il en avait assez d’être con ! Il en avait assez d’être stupide !

Il chercha le sommeil mais le trouva subitement lorsque ses pensées disparurent au loin sans même qu’il ne comprenne ce qui se passait. Il s’était endormi, tout simplement. Une aura noire se forma autour de lui, se dirigeant vers Katérina avant de s’arrêter. Des éclairs commencèrent à se former autour de l’aura noire mais disparurent quelques secondes après. La voix d’Elyséa se fit entendre :

« Aucun effort … Des paroles de ce genre en plein acte. Avoues plutôt que Kéran ne peut pas te contenter … Avoues-le et laisses-le tranquille. Je ne voudrai pas … te faire souffrir inutilement. S’il est brisé, autant qu’il le soit maintenant. Plus longtemps sa peine sera subie, plus dure sera ta punition. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? »

Comme en réponse aux paroles d’Elyséa, le corps de Katérina s’était mis à trembler mais de plaisir, la bosse dans sa culotte s’agrandissant. L’aura noire revint en Kéran, s’engouffrant en lui pour ne plus réapparaître de la nuit.

« Sélia ? Est-ce que tu es sûre de toi ? »

« Je n’ai aucune preuve tangible ou presque … mais je suis prête à prendre le risque. »

« Je suis avec toi … et tu sais parfaitement que je ne lui faisais pas confiance dès le départ. Si tu le veux, nous pourrons l’attaquer rapidement. »

« Non … Il nous faut une dernière preuve … Une preuve comme quoi il est possédé. Mais cela est bien plus difficile que prévu. »

« Je veux bien te croire … Mais jusqu’où est-ce que tu es prête à risquer cela ? »

« Si tu parles de ma place, elle m’importe peu. Cela fait … depuis maintenant quelques temps que je n’ai plus aucun intérêt pour la Sainte Alliance. »

Elle ne lui posa pas la raison, elle la connaissait parfaitement. Depuis la mort de ses parents, mort causée de ses propres mains, la jeune femme avait changé. Elle avait perdu encore une parcelle d’humanité. Elle le savait parfaitement.

« Que faisons-nous alors ? Il finira bien par se douter de quelque chose non ? »

« Nous allons juste surveiller ses actions. De même, s’il s’interroge sur nous, il tentera alors de nous éliminer, rien de plus, rien de moins. »

« Cela me semble normal, ça lui correspond bien. » murmura Hyathéna, Sélia haussant un sourcil. Hum … Elle lui cachait quelque chose ? Non, pas exactement. Mais bon … Tant qu’elles mettaient leur plan à exécution.

« Demain, j’irai voir s’il a une mission pour moi. Cela expliquera beaucoup de choses. Ensuite, je prendrai m décision en ce qui le concerne. »

« Comme tu le désires, Sélia … mais sinon … J’ai pu lire dans tes rêves. Tu penses encore à lui, n’est-ce pas ? Même dans ce déluge de pouvoirs … »

« Je t’ai déjà dit d’arrêter de faire ça ! Est-ce bien compris ?! » s’écria la femme aux cheveux bleus avec énervement, Hyathéna reprenant :

« Tu m’as demandé de ne plus lire dans tes pensées, ce que j’ai fait. »

« ET DANS MES RËVES MAINTENANT ! »

« Tu ne devrais pas trop crier. Si quelqu’un remarque cela, il se posera des questions à ton sujet … Cela serait problématique. »

« Qu’importe ! De toute façon, je ne dors plus dans un bâtiment de la Sainte Alliance si tu n’as pas encore remarqué. »

Elle l’avait remarqué … Elle l’avait parfaitement remarqué. Comme elle avait remarqué les changements caractériels de Sélia … Mais elle restait avec elle … Oui, elle le restait.

Chapitre 206 : Cela ne change rien

Chapitre 206 : Cela ne change rien

« Je … Enfin bon … Je crois qu’il faut que je vous laisse alors. Si Loa est votre cheffe, vous avez sûrement des choses à vous dire. »

« Non, non. Kéran. Ne fait donc pas l’idiot. » dit Loa avant de lui prendre la main avec douceur, lui faisant un sourire délicat. « Il faut bien que je te donne des explications mais aussi à Katérina et à Sarène, hein ? »

« Je … Enfin bon, je ne sais pas … Je ne sais plus. Pardon. »

Il retira sa main de celle de Loa, hochant la tête avant de faire quelques pas en arrière. Il était juste un peu … choqué ou déçu, voilà tout. Il pensait faire confiance à Loa mais au final, elle aussi cachait des choses. Bref, c’était aussi simple et décevant que ça, rien de plus, rien de moins. Il poussa un léger soupir, la voix d’Elyséa lui chuchotant :

« Tu devrais plutôt rester avec elle. Elle a beaucoup de choses à t’apprendre, Kéran. »

« Pourquoi est-ce qu’elle a fait des cachotteries ? C’est comme si Katérina me cachait aussi quelque chose. Je n’ai jamais rien caché de mon côté. J’ai toujours tout dit quand cela s’avérait nécessaire mais voilà ce que je reçois … »

« Peut-être que ce n’était pas nécessaire ce que Loa avait besoin de te révéler. »

« C’était quand même très important ! VRAIMENT très important ! Elle est une Grande Docte ! Je ne sais pas ce que c’est mais elle est plus impressionnante qu’une Docte, c’est au moins sûr ! Et voilà … ce que je reçois. »

« Est-ce que tu es déçu, Kéran ? »

« Un petit peu … Je dois te l’avouer. J’ai l’impression d’avoir été trahi au plus profond de mon cœur. Pourtant, ce n’est pas si important que ça. Loa est une Docte ou une Grande Docte, ça ne change pas grand-chose. Elle n’a peut-être pas le même nom mais toi aussi, tu ne l’avais pas … C’est juste que … »

« Tu es juste beaucoup trop sensible, Kéran mais je dois te féliciter pour ce que tu as dit. C’était vraiment remarquable. »

Il vint rougir légèrement, gêné par les propos d’Elyséa. Ce n’était pas grand-chose, pas vraiment non … Elle se faisait des illusions. Il n’était pas remarquable ou autre. Loin de là même … Hahaha … Enfin bon … Peut-être que … Elle avait raison.

« Je n’aime pas avoir l’impression d’être un objet entre les mains d’autrui. Je pense pareil des pokémons qui sont utiilisés par la Sainte Alliance ou alors les spectres et créatures ténébreuses utilisés par l’Enceinte. Je n’aime pas du tout cela. »

« C’est bien ce que je disais. Tu es trop sensible comme garçon … mais c’est ce qui te rend si spécial en soi. Enfin, je ne devrai pas dire cela sinon, tu risques de prendre la grosse tête. »

« Je ne suis pas comme ça, Elyséa ! Je ne prends pas la grosse tête ! »

Il vint rougir à nouveau alors qu’il entendait un très faible rire de la part de la femme en lui. C’était si rare les moments où elle rigolait. C’était tellement différent, il pouvait les compter sur les doigts de la main.

« Elyséa, tu as vraiment un joli rire. Il est beau à entendre. »

« Ah bon ? Tu ne m’auras pas avec des compliments, Kéran. Je ne suis pas gênée facilement si c’est cela que tu tentes de faire. »

« Non, comme je te le disais, je suis sincère dans mes paroles. »

« Alors je le serai aussi dorénavant. Du moins, si cela s’avère nécessaire. »

Mais c’était quoi cette notion de nécessité ? Il n’aimait cela qu’à moitié. Enfin, il avait l’impression que ça en cachait beaucoup trop ou plus que prévu. Ce n’était donc pas une bonne chose, du moins, à ses yeux. Après, peut-être que ça l’était aux yeux d’Elyséa. Il regarda Katérina, celle-ci haussant les épaules.

« Quand même, tu te prenais pour qui, Kéran ? Un maire ? Un chef ? Je suis plutôt étonnée que tu parles de la sorte. Ca m’a surprise, faut l’avouer. »

« Est-ce que ça te plaît ? » demanda-t-il avec un petit sourire.

« Bof bof … Tant que tu ne prends pas la grosse tête, je trouve ça pas si mal. Mais bon, t’as pas la carrure pour être un chef, je te le rappelle. »

« Merci bien, je sais que ça fait toujours plaisir d’entendre cela. Est-ce que tu pourrais me dire quelque chose de gentil, s’il te plaît ? »

« Et tu veux que je te dise quoi ? Un mensonge ? Comme avec cette Loa qui nous ment depuis le début, c’est ça ? Je n’ai pas que ça à foutre. »

« Loa avait de bonnes raisons, je le sais. »

« Ouais, ouais … De bonnes raisons de nous en foutre plein le cul. Elle nous a menti depuis le début et tu veux que ça me fasse ni chaud, ni froid. »

« Je croyais t’avoir déjà dit que tu n’étais pas la mieux placée pour parler de la sorte, Katérina. » déclara la voix d’Elyséa, sombre et menaçante.

« Elle est vraiment au courant, Katérina. » chuchota Hodan en elle. « Il vaut mieux tout lui dire dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard. »

« Ce qu’elle pense, j’en ai strictement rien à foutre, c’est clair ? Je m’en bat les couilles de cette femme. Si elle a un problème, elle n’a … »

« Katérina, cette femme comme tu le dis, est l’une des trois créatures ténébreuses les plus puissantes existant dans ce monde. Non … On pouvait même la considérer comme supérieure au reste du trio. Je ne veux pas d’elle comme ennemie. Je ne l’ai jamais voulu réellement. »

Alors qu’il arrête d’avoir les jetons et qu’il se la ferme, c’était aussi simple que ça. Elyséa ne lui faisait pas du tout peur, loin de là. Elle avait en plus la force d’un dragon en elle, rien que ça ! Pourquoi est-ce qu’elle devait craindre une simple pokémon ténébreuse ? Qui préférait prendre une forme humaine que sa véritable forme. AH !

« HODAN ! Ce soir ! Après l’acte, je veux voir à quoi tu ressembles réellement ! »

« Pourquoi une telle demande ? C’est assez étonnant de ta part. »

« Pas de question, juste une exécution. Si j’ai pu voir à quoi elle ressemblait, je vois pas pourquoi je le pourrai pas avec toi. Tu dois être impressionnant … si c’est comme ton corps humain, ça risque d’être pas mal du tout. »

Elle lui balançait un compliment indirectement tandis que Kéran restait immobile, ne sachant pas qu’elle parlait avec Hodan. Finalement, il passa à côté d’elle mais Katérina vint le prendre par le bras, lui chuchotant doucement :

« Toi sinon … Puisque tu as été très gentil aujourd’hui avec cette balade dans la ville, je pense que je pourrai te récompenser non ? Il faut que l’on te travaille, tous les deux. »

« Me … travailler ? Euh, je ne suis pas sûr que ça soit vraiment le terme à employer mais … Enfin, je veux bien … Katérina, il n’y a pas de soucis. » rougit-il bien qu’heureux. Elle lui laissait une seconde chance, tant mieux ! Il était vraiment content. Cette fois-ci, il n’allait vraiment pas se rater ! Il se le promettait ! Oh que oui !

« Kéran ? Est-ce que je peux te parler ? En privé ? »

Loa était revenue finalement, un peu confuse et gênée. Accompagné d’Harno, elle semblait vraiment vouloir lui en dire plus à son sujet. Avec lenteur, il hocha la tête positivement, murmurant d’une voix qui se voulait neutre :

« D’accord. Je veux bien, Loa … enfin … Anély. »

« Tu peux toujours m’appeler Loa, c’est beaucoup plus simple et c’est ainsi que tu m’as connue. Pourquoi changer maintenant ? »

« Ouais, ouais … Je vais vous laisser, de toute façon, ces histoires de Docte ne me concernent pas le moins du monde et surtout, je m’en contrefous. »

« C’est bien pour cela que j’ai juste demandé à Kéran et non à toi, Katérina. Je savais parfaitement que tu n’étais pas intéressée par cela, Katérina. »

« A force, tu me connais bien hein ? Mais c’est pas réciproque, on dirait. »

Loa ne fit qu’un hochement de tête alors qu’elle demandait à Kéran de l’accompagner. Marchant côte à côte, les deux personnes ne dirent rien du tout pendant deux bonnes minutes, traversant les rues alors que quelques têtes se tournaient vers elles. Il fallait dire que la petite scène de Kéran et celle de Loa avait déjà été rapidement transmise sous forme de rumeurs. Mais bon, il n’en connaissait pas le dénouement.

« Par où est-ce que je peux commencer alors ? »

« Qu’est-ce qu’il va arriver aux membres de l’Enceinte ? »

« Ils ont décidé d’accompagner les Doctes. Généralement, ils sont solitaires ou ne forment que de petites … tribus mais ici, ils étaient tous prêts à changer. C’est grâce à tes paroles et à cette proposition qu’ils ont accepté. Ils ont considéré qu’il n’y avait pas de meilleure façon que de rendre hommage à Ranor que de continuer à travailler avec les pokémons spectres et ténébreux. La tache va être difficile, très difficile mais ils sont motivés. »

« D’accord, tant mieux alors … s’ils comprennent qu’on peut œuvrer pour la paix de cette manière. C’est tant mieux … oui. »

« Kéran, pardon de t’avoir caché le fait que j’étais la Grande Docte. Je n’aime pas vraiment ce titre car je ne suis pas si différente des autres Doctes. »

« Mais ça consiste en quoi exactement ? Tu dois quand même être spéciale ? » dit-il alors qu’ils finissaient par s’installer sur un banc.

« Pas tant que ça. Du moins, pas de la manière à laquelle on croit. Je suis juste la plus jeune Grande Docte qui existe depuis des siècles. Je suis aussi la plus puissante. Enfin … Voilà pourquoi je n’aime pas en parler. Tu vas croire que je me vante. »

« Non non ! Continue, c’est intéressant. Mais la plus jeune et la plus forte ? C’est quand même impressionnant. Mais ce n’est pas ça qui fait de toi une Grande Docte non ? »

« C’est exact … Ce qui fait de moi une Grande Docte, c’est ma relation fusionnelle avec Harno. Une telle relation est très rare, vraiment très rare. »

« Qu’est-ce que c’est exactement comme relation ? »

« Hmm … Une relation où l’autre n’a aucun secret pour l’un. Et l’un n’a aucun secret pour l’autre. Je sais tout d’Harno, ses pensées les plus intimes, les plus personnelles et inversement. C’est pour cela que je suis une Grande Docte. Une telle confiance me permet alors d’obtenir une force inégalée, c’est aussi simple que ça. »

« Ah … Donc Elyséa et moi, ce n’est pas encore ça. »

« Je pensais que vous pourriez l’être mais il y a encore quelques zones d’ombre, n’est-ce pas ? Tu ne sais pas tout au sujet d’Elyséa, n’est-ce pas ? »

« Elle veut garder un peu de secret pour elle, je crois. Je ne peux pas l’en empêcher non plus hein ? Elle est libre de ce qu’elle veut. »

« Un jour, peut-être, Kéran. Mais pas maintenant … Je ne pense pas en être capable. Moi-même, je ne sais pas tout de mon passé. Je me le cache … Je me cache des souvenirs auxquels je n’arrive pas à accéder. Pardon. » murmura faiblement la voix d’Elyséa.

« Ce n’est pas bien grave. Je serai patient. »

« Au moins, vous vous faites mutuellement confiance, Elyséa vient dans tes rêves et cela ne t’insupporte pas. De même, tu lui laisses prendre le contrôle de ton corps. »

« C’est une preuve quand même que nous sommes très proches ? »

« Bien plus que moi et Harno. Du moins, sur la durée. Car cela ne faisait pas si longtemps que ça que tu étais au courant qu’elle était en toi non ? »

« Pas du tout, tu étais même là … lorsque c’est arrivé. » murmura le jeune homme, préférant ne pas trop se rappeler de cette mauvaise histoire.

« Oui, je le sais parfaitement. Enfin … Maintenant, Kéran, tu es au courant à mon sujet. Qu’est-ce que tu vas faire ? Tu es libre de choisir, je ne t’arrêterai pas. »

« Hein ? Au sujet de quoi ? Enfin, je suis sensé faire quoi ? Je ne comprends pas. »

« Je parle bien de notre voyage. Tu es libre de décider ce qui va se passer. Si tu ne veux plus que je t’accompagne, je le comprendrai parfaitement, Kéran. »

« Hein ? Mais pourquoi faire ça ? Parce que tu es une Grande Docte et plus une Docte ? Parce que tu t’appelles Anély et non Loa ? »

« A peu de choses près, c’est ça. » dit-elle dans un petit sourire, baissant la tête, légèrement déconfite et un peu soucieuse. Kéran fit un geste de la main pour balayer les propos de Loa, reprenant aussitôt la parole :

« Hors de question. Je ne vois pas pourquoi je te rejetterai maintenant. »

« C’est tout ce que je voulais savoir. Tu es vraiment remarquable comme garçon. » termina-t-elle de dire avant de venir l’embrasser sur le front. « Ne t’en fait pas, Harno ne sera pas jaloux, il sait que je fais ça en toute amitié. »

« J’ai l’impression d’avoir été béni par la Grande Docte. Hahaha. »

« Oh … Peut-être. Que ta relation avec Elyséa soit longue et prospère. »

Elle fit quelques gestes de la main avant de rire en même temps que lui. Tant mieux … Tout s’était résolu mieux qu’il ne le pensait. C’était mieux qu’il ne le pensait. Au moins, ils n’avaient aucune raison de se séparer.

« Quand même … J’espère que cela ne dérangera pas Katérina. »

« Katérina est toujours grognon. Je crois que je suis trop gentil avec elle mais bon … Je ne peux pas m’en empêcher quand je la vois. »

« Tu es un peu trop laxiste à ce sujet, je trouve, Kéran. Mais je ne vais pas te donner des cours. Voilà tout. » conclut-elle alors qu’il hochait la tête positivement. Il le savait bien qu’il était laxiste voire même un peu trop. Mais bon, il était ainsi et on ne pouvait pas vraiment le changer comme ça. Maintenant qu’il était au courant, ça ne changeait rien pour autant.

Chapitre 205 : Agacé

Chapitre 205 : Agacé

« Quand même … Les Doctes qui se déplacent pour eux. »

« C’est chose normale … Kéran. Les membres de l’Enceinte ont décimé plusieurs villes. Enfin, pas forcément ceux que nous avons en face de nous hein ? »

« Oui mais bon … Enfin … Je ne sais pas … J’ai l’impression qu’ils sont comme des pokémons qui se déplacent en meute. Sans chef, ils sont perdus. »

« C’est à peu de choses près ce qui se passe actuellement, Kéran. Tu as fait une bonne comparaison je trouve. Même si ce n’est pas forcément très élogieux pour eux. »

« Ce n’est pas ce que je voulais dire, Loa. » marmonna le jeune homme, un peu inquiet malgré la situation qui semblait s’apaiser. Il y avait trois groupes actuellement. Les membres de l’Enceinte et leurs pokémons, les Doctes et leurs pokémons et la Sainte Alliance.

« Bon … Ca veut dire que je ne risque pas d’en tuer un ou deux, c’est bien ça ? »

« Pas vraiment, Katérina, pas vraiment. Laissons-les faire. »

Il ne pouvait que croiser les bras de toute façon et rien d’autre. Il regarda ce qui se passait devant lui, prenant une profonde respiration. Il était un peu anxieux, oui … vraiment un peu anxieux. Mais cela devait surement passer avec le temps.

« Loa ? Commet tu es une Docte, est-ce que tu sais ce qu’ils risquent de dire ? »

« J’ai ma petite idée … oui … Mais je ne suis pas sûre que cela soit « bon ». Du moins que les membres de l’Enceinte vont les écouter. »

Mais ça ne l’aidait pas ! De quoi est-ce qu’elle parlait exactement ? Il voulait se rapprocher. Sortant Sarène pour montrer sa bonne foi, il vint s’approcher peu à peu, restant néanmoins sur ses gardes. Il ne voulait pas être blessé non plus.

« Hum ? Est-ce qu’il fait partie des membres de l’Enceinte ? » demanda une homme d’une trentaine d’années, accompagné par un Spectrum alors qu’il se tournait vers Kéran.

« Je ne crois pas. Il n’était pas avec eux lorsque nous les avons arrêtés. » répondit le Spectrum calmement, l’homme reprenant d’une voix lente :

« Est-ce donc un Docte ? Mais cela m’étonnerait. Même si nous ne les connaissons pas tous, avoir une Momartik assez soi, ce n’est pas donné à n’importe qui. »

« Je ne suis pas un Docte mais je suis accompagné par l’une d’entre vous. Je voulais juste savoir ce qui se passait exactement ici. »

« Plutôt ce que nous avons évité de justesse. Les membres de l’Enceinte ont essayé d’attaquer cette ville pour se venger de la mort de leur chef par la Sainte Alliance. »

« Ces chiens qui n’hésitent pas à utiliser des spectres et des créatures ténébreuses méritent de mourir ! » s’écria un membre de la Sainte Alliance.

« La ferme. Je ne crois pas qu’un homme qui utilise des objets nécessitant le sacrifice de pokémons pour les forger soit le mieux placé pour l’ouvrir. »

« Kéran, je t’a… »

C’était bien lui qui venait de s’exprimer sèchement en direction de l’homme appartenant à la Sainte Alliance. Mais par contre, il haussa un sourcil, ayant entendu la voix d’Elyséa.

« Ça ne va pas, Elyséa ? Tu as parlé à voix haute. »

« Non non … C’est rien du tout, je te le promets. »

Elle avait eu une petite absence. Elle ne savait pas pourquoi, ni comment mais sur le moment, celui où Kéran avait pris la parole, cela était venu instinctivement, comme ça. Sans aucune explication, sans aucune raison. Elle avait trouvé Kéran … « magnifique » Elle était un peu honteuse de penser une telle chose. C’était bien la première fois que ça lui arrivait. Même pendant ses combats dans l’arène, là où il se faisait torturer, il avait eu une certaine stature indéniable … mais depuis, quelque chose avait changé mais quoi ?

« Hmmm ? » marmonna la Momartik, tournant son visage vers Kéran ou plutôt son dos … comme si elle essayait de lire dans les pensées ou dans l’âme de ce dernier donc indirectement d’Elyséa. Mais elle n’eut pas le temps de réfléchir à cela car un second membre de la Sainte Alliance répliqua à Kéran :

« Et qu’est-ce qu’un petit gamin comme toi vient faire ici ? T’es aussi un Docte ? Ou un membre de l’Enceinte aux Esclaves ? T’es accompagné d’une foutue créature spectrale. »

« Je ne sais pas qui sont les êtres les plus infâmes ici. Ceux qui se permettent de juger des pokémons ténébreux et spectraux sans chercher à les comprendre ou alors ceux qui tentent de dialoguer et converser avec eux, voire même de se lier d’amitié comme avec n’importe quel autre pokémon ? Si je commence à faire la liste de chaque organisation, je crois que celle de la Sainte Alliance risque d’être longue, très longue. »

C’était quoi cette chaleur ? Celle qu’elle ressentait actuellement ? Elle n’arrivait pas à l’expliquer, pas du tout même. Mais plus elle écoutait Kéran, plus elle se sentait chaude. Est-ce qu’elle était fiévreuse ? Pourquoi maintenant et non pas auparavant ?

« Il parle bien pour une fois, je trouve. »

« On pourrait presque croire à un vrai Docte. » murmura Loa après les paroles de Katérina, ne pouvant s’empêcher de sourire. Le second homme de la Sainte Alliance commença à serrer le poing droit, s’avançant vers Kéran.

« Petit avorton, de quel droit tu te … »

« Frappez-moi et confirmez donc à quel point les membres de la Sainte Alliance sont peut-être actuellement la pire engeance existante sur cette planète. »

« Tsss … J’en ai même plus envie maintenant. »

« Qu’est-ce que l’on fait alors ? » demanda l’un des membres de la Sainte Alliance.

« On les laisse se débrouiller seuls. S’ils ont des emmerdes, ils ne pourront que se plaindre à ce gamin et aux Doctes. »

« Et pendant ce temps, vous montrez que vous êtes incapables de résoudre une situation sans utiliser la violence. » murmura faiblement le jeune homme aux cheveux blancs argentés. Ce n’était pas un message qui leur était adressé, loin de là.

Finalement, lorsqu’ils partirent, il resta immobile et de marbre, jusqu’à ce que la Momartik ne vienne près de lui, l’enlaçant avec ses petites pattes en criant :

« Moma ! Momartik ! Moma ! Momartik ! »

« Je pense que tu tentes de me féliciter, c’est ça, Sarène ? Merci beaucoup mais je n’ai pas fait tant que ça, contrairement à ce que l’on croit. »

Mais la pokémon ne semblait pas réellement s’intéresser à ce qu’il tentait de dire. Elle semblait juste fière de ce qu’il avait fait. Il haussa les épaules, le même Docte qu’auparavant s’approchant de lui, tendant sa main :

« Mes félicitations. Vous n’auriez pas mieux réussi. »

« Ce n’était pas grand-chose dans le fond … mais au sujet des membres de l’Enceinte. »

« Ils sont calmés … pour le moment mais ils ne veulent pas nous écouter. »

« Est-ce que je peux leur parler ? » murmura le jeune homme, se sentant plus motivé que jamais. Même s’il ne se rendait pas vraiment compte de ce qu’il avait fait.

« Après votre petite scène d’avant, vous pouvez y aller franchement. »

Tant mieux alors … Car même s’il ne savait pas quoi exactement dire, il avait peut-être une idée ou deux. Enfin … Surtout réussir à les convaincre et à les contacter. Finalement, il se présenta face aux membres de l’Enceinte, disant :

« Vous êtes furieux à cause de la mort du chef Ranor, n’est-ce pas ? »

« Bien entendu ! Qui ne le serait-pas ?! Cet homme a été tué par sa propre fille ! Sa fille qui appartenait à la Sainte Alliance ! Cette garce de Sélia ! »

« Et est-ce que vous pensez que c’est normal de s’en prendre aux villages et villes en tentant de les saccager et de les raser ? »

« Hey, c’est pas parce que t’es un beau-parleur et que t’as réussi à virer la Sainte Alliance que tu peux nous prendre de haut comme ça. Ces villages et villes n’ont que ce qu’ils méritent. Ils ne vantent que les actes de cette foutue Sainte Alliance ! Et malgré que t’as dit la vérité. »

« Ca ne répond pas à ma question que je vous ai posé. Est-ce que les citoyens doivent payer pour ce que la Sainte Alliance a fait ? »

« Non mais il y a toujours les innocents qui trinquent. »

« Je ne crois pas que c’est ce que Ranor voulait que vous fassiez, non ? »

« Qu’est-ce que tu en sais toi hein ?! Ranor n’était pas le salopard que la majorité de ces foutus hommes et femmes croyaient ! PAS DU TOUT MÊME ! »

« Peut-être parce que j’ai fait partie de l’Enceintes aux Esclaves, moi aussi ? Si je suis avec ma Momartik, c’est pour une bonne raison hein ? »

L’homme qui parlait au nom du groupe de l’Enceinte aux Esclaves resta muet, semblant se demandant si Kéran mentait ou non. Avec lenteur, le jeune homme poussa un soupir, commençant à ouvrir son haut avant de le retirer. Des murmures se firent entendre alors qu’il présentait les nombreuses cicatrices, toujours présentes sur son torse et son dos.

« Vous savez d’où ils proviennent ? De l’Antre des Artisans et des membres de la Sainte Alliance. Pendant des semaines voire des mois, je n’ai pas compté, j’ai vécu un véritable enfer dans l’une de leurs fichues arènes. Vous avez le résultat devant vos yeux. Je sais parfaitement que Ranor était un excellent chef, je l’ai su dès les premiers instants. Et encore plus dernièrement. Mais ce n’est pas une raison … »

« Non, tu ne sais rien … Tu ne t’es jamais demandé d’où est-ce que nous venions, pourquoi y a-t-il tant d’hommes et de femmes désespérés dans l’Enceinte aux Esclaves. Pourquoi est-ce que nous sommes ainsi et pas autrement. »

« Je n’ai jamais posé la question mais je pense que tu vas me donner la réponse. »

« Nous sommes les parias de la société ! Mendiants, voleurs d’un jour, orphelins, nous n’avons jamais été acceptés auparavant ! Mais lui … Lui, s’en fichait complètement d’où nous venions ! Alors que ces fichus citoyens avec un travail et une vie paisible ne s’intéressaient guère à nous, lui nous donnait un toit pour nous abriter, un endroit pour vivre ! Il nous disait de canaliser nos sentiments mauvais dans les pokémons spectres et ténébreux que nous avions mais en même temps, il nous disait de ne jamais être purement mauvais et sadiques envers eux, que ça ne mènerait à rien ! »

« Et maintenant qu’il n’est plus là, vous voulez gâcher tout ce qu’il a fait par la colère ? »

« MAIS ON N’A PAS LE CHOIX ! ON N’A PAS LE CHOIX ! C’est tout ! On est sensé faire quoi ?! Les humains nous rejettent, les pokémons spectres et ténébreux que nous avons vont nous haïr, nous avons à peine de quoi nous défendre, nous n’avons plus rien, plus rien du tout ! On est juste bons à retourner à nos anciennes vies maintenant. »

« Vous pourriez nous rejoindre. Nous sommes venus pour ça à la base. » déclara une voix non-loin d’eux. Kéran tourna son visage vers l’origine de cette voix. Une femme d’une trentaine d’années, accompagnée par un Tenefix, une petite créature violette avec des yeux en cristal et un rubis sur le torse.

Les rejoindre ? Il y avait pensé brièvement, il s’était même dit que c’était cela que les Doctes étaient venus faire mais il n’avait pas été certain que ça soit le cas donc il avait préféré ne rien dire. Néanmoins, maintenant que c’était fait, il reprit :

« Mais il va d’abord falloir trouver un moyen de vous faire pardonner envers vos compagnons. Ca me semble le plus important. Certaines personnes maltraitaient complètement leurs pokémons spectres ou ténébreux. Ils n’hésitaient pas à les blesser de toutes leurs forces. Il faudrait voir suivant l’état des pokémons qui vous accompagnent. Peut-être qu’avec le temps, leurs blessures mentales guériront mais rien n’est moins sûr. Dans le pire des cas, il faudra envisager que vous les libériez pour qu’ils soient apaisés. »

C’est bien là l’unique solution qu’il voyait actuellement. Il n’y en avait pas d’autres à ses yeux. C’était triste et malheureux mais c’était bien cela qu’il avait en tête. A voir maintenant si c’était faisable ou non. De toute façon, ce n’était pas à lui de décider. Une main se posa sur son épaule, Loa étant venue jusqu’à lui.

« Kéran, tu en as déjà assez fait et dit pour eux. Ils sont libres de décider. La vie d’un Docte n’est pas facile, ressemblant presque à celle d’un membre de l’Enceinte aux Esclaves. Néanmoins, ils sont en paix avec eux-mêmes et ne font souffrir aucun pokémon. C’est souvent là la solution pour les membres de l’Enceinte. »

« Mademoiselle Anély ? Mais qu’est-ce que … »

« Anély ? De qui est-ce que vous parlez ? »

Il avait posé la question après que l’un des Doctes ne s’adresse à Loa. Anély ? C’était qui ? Il ne connaissait personne de ce nom. Enfin, Loa était Loa normalement. Devant la surprise peinte sur son visage, Loa passa une main dans les cheveux bruns de Kéran, murmurant :

« Oh … Je pense que tu m’as incité à me montrer aux yeux de mes pairs. Je ne pensais pas vraiment le faire maintenant mais comme quoi … Il faut bien que l’on résolve cela un jour. »

« Mais Anély, c’est quoi ce nom, Loa ? »

« Mon véritable prénom, Kéran mais ne t’en fait pas, je ne suis pas démoniaque, loin de là. »

Oui mais … Pourquoi lui avoir caché la vérité ? Enfin, depuis tout ce temps ? Cela commençait à faire depuis si longtemps qu’ils étaient ensemble non ? Enfin, qu’ils voyageaient ensemble, alors pourquoi le lui cacher ?

« Je comprends maintenant pourquoi ce jeune homme parlait aussi bien des spectres et des créatures ténébreuses. S’il était accompagné de la Grande Docte en personne, c’est normal. »

« Non, il pensait déjà ainsi bien avant de me connaître, c’est même la raison qui m’a poussé à l’accompagner dans son voyage. »

Grande Docte ? C’était quoi ça ? Il savait ce qu’était un Docte mais une Grande Docte ? Quand même, il était un peu perturbé maintenant. Il ne comprenait pas vraiment ce que tout cela voulait dire mais il espérait des explications.

Chapitre 204 : Des villes ravagées

Chapitre 204 : Des villes ravagées

« Sinon, il faudra prendre des nouvelles des environs, qu’on se tienne au courant. »

Il disait cela avec amusement car pendant qu’il mangeait, il s’amusait à jouer avec la Momartik, lui donnant à manger en même temps. Il lui en fallait peu pour se distraire. Loa confirma les propos de Kéran, disant à son tour :

« Nous n’avons pas réellement d’endroit où nous rendre si je ne me trompe pas. »

« En fait si … Mais disons que ça ne plait pas vraiment à Elyséa. »

« Je ne veux pas qu’il se rende dans la montagne des dragons, il en est hors de question. Il n’est pas assez fort pour cela et nous ne savons pas ce qui risque de se trouver là-bas. » déclara faiblement une voix en Kéran, juste assez pour que les personnes autour de la table puissent entendre. Hodan prit la parole à son tour :

« Et pourquoi cela ? Revoir les dragons serait une bonne chose, je trouve. »

« Est-ce que tu ne comprends pas la situation ? Il n’est pas assez fort, il risque de se faire tuer, voilà tout. Je ne peux pas laisser passer cela ! »

« Nous sommes présents et il ne faut pas oublier que nous sommes bien accompagnés. Il faut arrêter de considérer Kéran comme un enfant. Je suis sûr qu’il est capable de se débrouiller comme il le faut si on lui en laisse l’occasion. »

« Euh … Vous n’allez pas vous disputer à cause de moi ? Pardon, Elyséa. »

« Arrête de faire un peu la chochotte, Kéran. Elyséa n’est pas ta mère que je sache. Si tu veux te rendre là-bas, on n’a qu’à s’y rendre. Je suis d’accord avec Hodan. »

« Je pense qu’il vaut mieux que tu te taises, jeune fille. » déclara Elyséa sur un ton impérial. « Tu n’es pas vraiment en droit de donner tes réclamations concernant Kéran. »

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Elle n’aimait pas du tout le ton employé par Elyséa. Elle savait quelque chose ? Du moins ? Par rapport à quoi ? Ce fut Hodan, dans sa tête, qui vint lui dire d’une voix légèrement inquiète :

« Elle doit être au courant entre nous deux dans tes rêves. »

« Et alors ? Qu’est-ce que c’est censé me faire ? Hein ? Elle fait pareil avec Kéran. »

« Katérina, je t’ai déjà dit : est-ce que tu as la confirmation de cela ? Et si ce n’était pas le cas ? Si rien du tout ne s’était passé ? Est-ce que tu ne le regretterais pas ? »

« Je m’en voudrai un peu, ouais … Y a des chances oui. Par contre, regretter ce que j’ai fait ? Et puis quoi encore. C’est juste un rêve, rien de plus, pas comme si on le faisait concrètement de toute façon hein ? Faut pas pousser. »

« Et pourtant, tu lui en veux s’il fait pareil avec Elyséa alors que ce n’est qu’un rêve. »

« C’est pas pareil. Cette garce n’arrête pas de sortir de son corps pour se matérialiser. Elle pourrait facilement le faire avec lui en vrai. »

« Et inversement. Je pourrai aussi le faire mais cela m’épuise trop. Un moment, elle n’en sera plus capable sauf si elle veut risquer sa vie et la perdre définitivement. »

« Hmmm ? J’ai appris quelque chose de bien là. Donc … Si elle fait une connerie, elle risquerait d’y passer en restant trop longtemps hors de lui ? »

« Surtout loin de lui ou qu’elle fait trop d’efforts en étant loin de lui. »

Mais en quoi est-ce que cela la concernait ? Elle n’avait quand même pas une sombre idée en tête hein ? Pas du genre à vouloir … chercher à l’éliminer ? Il n’accepterait que moyennement cela. Plus maintenant. Il avait martyrisé Katérina pendant toutes ces années, c’était bel et bien pour qu’elle évite de devenir de la sorte … Même si la méthode n’était pas forcément bonne, il refusait une telle chose.

« Katérina ? Qu’est-ce qui se passe ? Tu me regardes bizarrement. »

« Hmmm ? Ah ouais, Kéran. T’en fait pas, t’en fait pas, rien de bien important. Rien du tout même … Héhéhé … Je me parlais à moi-même en fait. »

« Euh … D’accord, d’accord. Bon, pendant ce temps que tu te parlais toute seule, nous avons fini de manger. Il faudrait que tu fasses de même de ton côté hein ? »

Ouais, ouais. Le message était très bien passé, qu’il ne s’en fasse pas du tout, oui. Kéran continua de regarder Katérina, semblant songeur et réfléchir à quelque chose. Il avait besoin de lui parler en privé mais comment faire ?

« Demande-lui tout simplement, Kéran. »

« Hmmm ? Qu’est-ce qu’il doit me demander ? » dit Katérina après les propos d’Elyséa.

« Euh … Rien de bien important, j’aimerai juste te parler en privé. C’est tout. »

« Ah … Ouais … Ben y a pas de soucis, je crois, non ? » répondit la femme aux cheveux argentés tout en souriant à Kéran.
Le repas définitivement terminé et payé, Kéran fut laissé seul avec Katérina, Loa déclarant qu’elle allait prendre des nouvelles de ce qui se passait dans les villes aux alentours. C’était toujours bon de se renseigner, n’est-ce pas ? Marchant côte à côte, le jeune homme n’osait même plus regarder Katérina, celle-ci marmonnant en elle :

« S’il met le sujet sur le tapis, ça va pas me plaire. »

« S’il me pose la question, je lui répondrai honnêtement. Je tiens à te le signaler. »

« Ouais, ouais … Moi aussi, mais ça change rien que ça va pas me plaire. » complèta-t-elle. Elle n’avait pas vraiment envie de se fritter par rapport à tout ça. C’est tout.

« Katérina ? Je me disais … Enfin … Est-ce que ça te plaît ? »

« Quoi ? Entre toi et moi ? Ca pourrait être largement mieux si c’est ça ce que tu veux dire mais c’est pas déplaisant pour autant. »

« Non, non … Je ne parlais pas de ça. Je parlais de vivre dans une ville. Enfin … Tu sais, on n’a pas encore fini de voyager mais tu as déjà pensé à après ? »

« A après ? Comment ça ? Tu me vois en train d’aller traire des Ecremeuh dans une ferme ou quelque chose du genre ? Ca va pas être possible, tu sais. »

« Non non … Ce que je veux dire, mais tu aimerais habiter dans un petit village paisible et tranquille ? Enfin, un endroit calme et serein, rien de plus. »

« Mouais … Pas vraiment, je suis pas faite pour ça. Après, je ne dis pas que j’y arriverai pas, loin de là hein ? Mais juste que ça va pas me plaire plus que ça. »

« Je comprends, c’était juste ça que je voulais te dire, rien de plus. Pardon. »

Katérina n’avait pas envie d’une vie paisible et tranquille ? C’est vrai qu’après toutes ces années, contrairement à lui, elle était toujours prête à voyager et à explorer de nouveaux mondes. Lui ? Il était … plutôt du genre pépère voilà tout. Mais bon, ça ne plaisait pas forcément à tout le monde aussi, loin de là. Il pouvait parfaitement comprendre cela, hahaha … Oui … C’était juste bête de réfléchir à ça alors qu’ils étaient encore en train de voyager.

« Kéran, je ne pense pas que tu retrouveras une vie paisible. »

« Elyséa ? Tu en es sûre ? Même en terminant tout cela ? »

« Ce que tu as fait était infime par rapport à la situation … Tu ne pourras jamais réellement délivrer tout le monde. Il faut que tu le saches maintenant. »

« Je le sais … Je le sais bien … mais … Je voulais y croire, voilà tout. Rien de plus … »

« Je ne veux pas que tu te fasses de fausses idées, c’est simple, Kéran. Ce que tu demandes est révolu. Si je n’avais pas échoué dans cette grotte … Enfin, si tout cela n’avait jamais commencé, peut-être que tu aurais pu continuer à vivre paisiblement avec Sélia. C’était peut-être la meilleure chose qui aurait pu t’arriver. »

« Je ne sais pas vraiment … Je ne sais pas du tout. Je ne veux pas me rappeler du passé, pas du tout même. Pas du tout … Je … Vraiment … »

« Ne parlons plus de ça. Je n’aurai jamais dû te lancer sur le sujet. Excuse-moi. »

Il l’excusait mais il était tout aussi fautif au final. Rien de plus, rien de moins. Voilà tout … Ah … Il poussa un léger soupir désespéré alors qu’il se mettait à réfléchir. Penser à tout cela n’était pas très motivant au final. Il ne valait pas grand-chose dans toute cette histoire. Le futur ne le concernait pas. Il n’avait peut-être aucun lendemain quand il y réfléchissait bien. Oui … Peut-être qu’il allait mourir dans les jours qui suivent.

Il devait retrouver Loa. Cette balade avec Katérina n’était plus aussi bonne que prévue au final. Il accéléra le rythme, recherchant la femme aux cheveux verts. Il la trouve finalement, celle-ci se déplaçant avec une certaine grâce et agilité. Il fit un geste de la main pour la saluer, courant vers elle jusqu’à la rattraper.

« Quoi de beau, Loa ? Ca s’est bien passé ? »

« Hmm ? La recherche d’informations ? Bien entendu, Kéran. Et toi ? »

« Disons que ça aurait pu aller mieux … mais ce n’est pas bien important, hein, Katérina ? »

« Bof, il voulait juste savoir ce que je pensais de vivre paisiblement dans un petit village paumé après que tout ça soit terminé. Je lui ai juste dit que ça me motivait pas trop, voilà tout. Mais bon, rien d’important comme il a dit. »

« Je vois … Je vois … Bon, de mon côté, il semblerait que la Sainte Alliance ait quelques soucis avec les membres de l’Enceinte Enfin, les survivants. »

« Qu’est-ce qui se passe avec eux ? » demanda Kéran, déjà un peu inquiet. Après ce qu’avait fait Sélia, tout n’était guère joyeux, il se le rappelait.

« Ils veulent se venger, voilà tout. C’est normal et logique. »

« Tout cela par la faute de Sélia. Qu’est-ce qui lui a pris à ce moment-là ? Et ça donne quoi comme situation alors ? Enfin, je … »

« AU SECOURS ! AU SECOURS ! Les membres de l’Enceinte mettent le feu à la ville ! »

« Visiblement, ça ne donne rien de bien joyeux. »

Oui, il l’avait remarqué aussi. C’était problématique, très problématique même ! Il devait aller faire quelque chose ! Il avait fait partie de l’Enceinte ! Peut-être qu’il pouvait les calmer en discutant avec eux ? Tant qu’il ne tombait pas … Non, de toute façon, il n’était plus avec eux depuis le temps.

« Kéran, qu’est-ce que tu fous ? On se barre de là. »

« Katérina, tu veux qu’on les laisse détruire et ravager la ville ? Il en est hors de question ! »

« Ouais, ouais … Vas encore faire ton héros, tu ne fais que ça de toute façon. Bon … Il faut alors que l’on sorte les armes si j’ai compris. »

« Pas forcément … Je préfère éviter que l’on se batte si tu veux tout savoir. »

Mais lui-même sortait déjà Elyséa au cas où. Enfin non, l’épée … Son épée. Il ne pouvait rien faire d’autre, rien du tout même. Ah … Il poussa un léger soupir avant de se mettre à questionner les personnes pour savoir où tout cela se passait.

« Loa ? Est-ce que tu nous accompagnes ? »

« Les Doctes peuvent servir de médiateurs, tu sais ? Surtout quand cela concerne des personnes proches des pokémons spectraux et ténébreux. »

« Ah bon ? Tu aurais pu le faire avec moi et Elyséa si nous nous disputions ? »

« Sauf que ce n’est jamais réellement le cas, non ? Vous êtes tous les deux très proches dans le fond, qu’importe ce qui se passe. »

« C’est vrai … C’est vrai … Je reconnais et assume complètement cela. »

« Tu vois, j’avais parfaitement raison. Même si Elyséa ne parle pas, je sais qu’elle n’en pense pas moins de ce que je viens de dire. »

« Je n’en pense pas moins, je confirme tes propos, Loa. Il faut bien que je le protège et le surveille du monde extérieur ou des personnes malintentionnées. »

Hein ? Pourquoi est-ce qu’il pensait avoir entendu Elyséa faire encore une mauvaise remarque sur Katérina ? Il ne savait pas vraiment … mais c’était l’impression qu’il avait eu en fait. C’était étrange, vraiment étrange, oui. Mais bon, il n’allait pas se plaindre non plus. Il valait mieux ne pas se disputer ou poser des questions qui fâchent.


Se mettant à courir à toute allure, le jeune homme fut rapidement rattrapé par les deux femmes alors qu’il arrivait sur la scène des combats. Les membres de la Sainte Alliance étaient en train de se battre avec les membres de l’Enceinte aux Esclaves. Enfin, les anciens membres maintenant. Mais bon !

« Ce n’est pas le moment de penser à ça ! Il faut rentrer en action ! »

« Ou alors … Nous n’aurons pas à intervenir au final, Kéran. »

Hein ? Qu’est-ce que Loa voulait dire par là ? Il leva la tête au ciel, remarquant ce dont elle parlait. Des hommes et des femmes … mais accompagnés par des créatures ténébreuses ou spectrales ? Capables de voler ?

« On dirait bien que … ça va être le moment. Je ne pourrai pas me cacher éternellement. »

« De quoi est-ce que tu veux parler, Loa ? »

« Oh rien de spécial, Kéran, rien de spécial. Ne t’en fait donc pas, ce ne sont pas des ennemis, loin de là. »

Alors pourquoi est-ce qu’il la sentait un peu soucieuse ? Mais surtout, pourquoi est-ce qu’il y avait des Doctes ici ? AH ! Elle venait d’en parler justement ! Les Doctes pouvaient servir de médiateurs dans ce genre de conflits. Il allait donc pouvoir … constater ce qui allait se passer devant ses yeux ? Assister à une résolution du débat sans violence ? Peut-être … Il n’était pas sûr mais il gardait son épée dehors au cas où donc. Il valait mieux rester méfiant. On ne pouvait jamais réellement savoir ce qui risquait de se passer. Mais bon, si tout pouvait être résolu sans effusion de sang, il ne pouvait qu’apprécier. En plus, voir d’autres Doctes, c’était plutôt une bonne chose. C’était la première fois qu’il en voyait autant.

Chapitre 203 : Dans la ville

Chapitre 203 : Dans la ville

« Elyséa, je ne sais pas encore ce qui te manque mais je te promets d’y travailler sérieusement, d’accord ? On trouvera tous les deux cela, d’accord ? »

« Je te fais confiance, Kéran. Mais ne te complique pas l’existence pour ma personne, je ne suis pas aussi nécessaire que cela, tu n’as pas besoin de te créer des problèmes pour moi. »

« Ce n’est pas une question de créer des problèmes ou autres, c’est juste que tu es importante pour moi et qu’après tout, il est normal que je veuille t’aider, voilà. C’est aussi simple que ça, Elyséa. Donc, maintenant, je viendrai t’aider, que tu le désires ou non. »

« Je le désire, Kéran. Je le désire sincèrement. »

Alors, comme ça, ils étaient d’accord tous les deux sur un point. Hahaha ! Maintenant, il allait devoir réveiller Katérina puisqu’elle était la seule à ne pas s’être réveillée. Pfiou … Il retourna dans la tente, observant la jeune femme aux cheveux argentés. Celle-ci semblait assez excitée puisqu’il remarquait la pointe des tétons à travers le tissu.

« Un moment, je ferai mieux, je te le promets, Katérina. Je suis juste … inexpérimentée. »

C’était aussi simple que ça … en théorie. Car dans la pratique, ce n’était pas du tout le cas. Il était nul, vraiment nul. Il méritait de s’en prendre plein les dents de la part de Katérina. Néanmoins, il vint doucement poser une main sur son épaule, chuchotant :

« Katérina, il est l’heure de se réveiller. Aller … Hop, hop. »

« Hmmm … Pas maintenant, Hodan. Profitons-en encore un peu. »

Il écarquilla les yeux. Hodan ? Ah mais non, lui, c’était Kéran. Hahaha … Il eut un petit rire nerveux avant de la secouer à nouveau tendrement, reprenant :

« Aller, debout, Katérina. Il faut que tu te lèves maintenant. »

« Hmmm ? Kéran ? Oh bonjour, Kéran. Désolée … Je dormais. » marmonna la femme aux yeux bleus alors qu’il lui souriait. Ce n’était pas bien grave. Il quitta la tente, heureux de l’avoir réveillé alors qu’Elyséa murmurait pour elle-même :

« L’imbécile. Et Kéran … qui préfère ignorer cela. »

Elle pouvait lire librement dans son cœur actuellement. Elle avait trouvé une faille au moment même où Katérina avait murmuré le nom d’Hodan. Mais il avait préféré ignorer cela. Il lui faisait confiance, une confiance aveugle. Une confiance aveugle délibérément. Car il ne pouvait pas faire autrement.

« Et je souffre autant qu’il souffre lui aussi … Je ne comprends pas. »

Elle ne comprenait pas comment cela était-il possible d’être autant lié à Kéran au point d’avoir les mêmes sentiments que lui. Mais … Katérina le faisait tellement souffrir, elle avait l’impression de revivre cela bien qu’il n’ait aucune explication.

Quelques minutes plus tard, Katérina sortit de la tente, toute souriante et heureuse. Kéran vint la laisser s’installer à côté de lui, attendant qu’elle soit assise avant de prendre la parole d’une voix calme, ayant réfléchit à quelque chose :

« Nous sommes proches d’une ville normalement. Je me disais, Katérina … »

« Oui ? Tu te disais quoi, Kéran ? Tu as l’air d’avoir une idée en tête. Donc ça ne me plait que moyennement mais, dis-là, ouais. »

« Je pensais que tu pourrais venir avec moi et Loa cette fois. Je parle bien d’aller dans la ville hein ? Ca te ferait le plus grand bien. Je suis sûr que tu devrais le faire, c’est une bonne chose. Sincèrement, Katérina, j’aimerai me promener en ville avec toi. »

« Kéran ! Je t’ai déjà dit que je m’en bats les couilles de ça ! De ne pas aller en ville ! Je n’en ai rien à faire de tout ça ! Je n’aime pas la foule ! C’est pourtant facile à comprendre non ?! Pfff ! T’es chiant ! M’embête pas de bon matin ! »

« Katérina, je pense que cela est une bonne idée. Tu dois recommencer à reprendre une vie normale et pour cela, il faut que tu te rendes dans une ville. »

« … Pfff ! Mais j’en ai pas envie ! Qu’est-ce que je m’en branle de tout ça ! Ca fait vraiment chier quoi ! J’en ai marre de ces conneries ! Bon, je veux bien aller dans une ville, tu as de la chance, Kéran ! Mais je me camoufle ! »

Se camoufler ? Et avec quoi ? Loa eut un petit sourire, signalant à Katérina qu’elle avait ce qu’il fallait pour cela. Elle sortit une cape avec une capuche bleue, la tendant à la jeune femme avant de déclarer d’une voix amusée :

« Tu sais, tu n’es pas la première à devoir te cacher en ville. Être une Docte ne comporte pas que des avantages malheureusement. »

« Ca ne fait rien. Je trouve les Doctes merveilleux. »

« Vil flatteur, Kéran. Ca ne marche pas comme cela, les compliments mais … Tu es sincère donc je te remercie. » répondit Loa en rigolant après les propos du jeune homme.

« Je suis toujours sincère pour ce genre de choses. Enfin, dans la grande majorité du temps. Je n’aime pas mentir du tout. Je n’aime pas ça. »

Certaines, visiblement, préféraient garder quelque chose secret, pensa Elyséa à l’intérieur du corps de Kéran. Cela ne ciblait qu’une seule et unique personne, rien d’autre. Voilà tout … Elle n’allait pas le dire de vive voix mais elle n’en pensait pas moins à ce sujet.

« Bon … Avec ça, je devrais réussir à me camoufler on dirait bien. »


Katérina s’était recouverte de la cape et de la capuche, camouflant tout son corps et son visage. Elle avait l’air d’une idiote ! D’une vraie idiote ! Mais si Kéran et Hodan voulaient qu’elle fasse cela, pourquoi pas alors ? Elle pouvait faire un PETIT effort pour eux quand même. Pfff … Aller dans une ville et puis quoi encore ?

« Bon, de toute façon, j’ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec ces conneries. Allons-y maintenant puisque Monsieur Kéran veut que je me balade dans la ville. »

Et avec la main dans la main bien entendu ! Il vient prendre celle de Katérina dans la sienne avant de se remettre en route, tout souriant en même temps que Loa qui les suivait derrière, accompagnée du Mélancolux.

Après une bonne heure de marche, la ville était finalement à l’horizon et Kéran était un peu anxieux, comme Katérina. Il sentait la main de la jeune femme qui le serrait avec plus d’insistance, Katérina marmonnant :

« C’est pas une bonne idée je vous dis, pas du tout une bonne idée. Loin de là même. Je sens que ça va pas me plaire du tout. Vraiment … »

« Aller … Fais un petit effort pour moi, Katérina s’il te plaît. »

« T’as intérêt à faire des efforts pour moi au lit, Kéran. Je te préviens. » déclara Katérina, le jeune homme perdant son sourire. Là, il n’y avait pas de raison d’être aussi méchante.

Il faisait des efforts, beaucoup d’efforts même. C’est juste qu’il n’était pas doué, pas du tout même. Enfin … Dans l’acte même, il n’était pas très endurant … et puis bon … Il s’y connaissait un peu grâce à elle mais à côté, c’était juste ça ! Quoi ! Y avait pas de raison d’être aussi méchante avec lui. Il ne méritait pas ce traitement … pas du tout même. Snif … Enfin bon … Il fallait juste espérer que la journée se passerait mieux.

« Bon … Euh… Kéran, ne lâche pas ma main, d’accord ? »

« C’est compris, Katérina. » murmura faiblement le jeune homme, sans réelle motivation maintenant. Peut-être qu’il n’arrivait plus à supporter ses insultes ?

Enfin bon, il la sentait un peu apeurée à l’idée même de rentrer dans la ville. Peut-être qu’il devait se faire craindre par Katérina ? Pour qu’elle le respecte plus ? Que même s’il n’était pas doué sexuellement, il faisait de son mieux ?

Pfff … Non … Il n’était pas violent, loin de là même. Il commença à vagabonder à travers les magasins, regardant à gauche et à droite pour voir si quelque chose intéressait peut-être Katérina. Maintenant qu’elle était en ville, tout devait être différent non ?

« Katérina, ça faisait combien de temps que tu n’avais pas mis les pieds ? »

« Tellement longtemps. Je ne le sais pas moi-même … mais cela se compte en années normalement. Ca a pas tant changé que ça en fin de compte. »

« Hahaha … J’espère que ça te plaira, on pourra aller boire si tu veux. »

« J’aime pas vraiment l’alcool. Tu voudrais pas essayer de me bourrer pour me mettre dans ton lit, Kéran ? » rétorqua-t-elle, Kéran répliquant :

« Si c’était le cas, est-ce qu’il y aurait un problème ? »

« Humpf ! Surement pas même si je préfère être consciente pendant la baise. »

Enfin, lui aussi hein ? Sauf qu’il ne parlait pas comme ça, pas du tout même. Ah … Il poussa un petit soupir amusé avant de se remettre en route, regardant Loa qui marchait derrière eux, accompagnée d’Harno. Hmmm … D’ailleurs.

« Loa, ça ne te dérange pas ? Beaucoup te regardent, non ? »

« Je suis une Docte, le regard des autres ne m’étonne plus vraiment, tu sais ? »

« Oui mais bon … Viens donc avec Katérina et moi au lieu de rester en retrait, je serai plus rassuré si je savais que tu es avec nous. »

« Comme tu veux, Kéran. Je te laisse choisir à ma place. » répondit la femme aux cheveux verts, amusée par les paroles du jeune homme avant de se placer à côté de lui, Harno faisant de même par rapport à Loa. Voilà, il trouvait cela déjà bien mieux.

« Au moins, nous pourrons aller manger un morceau tous ensemble. »

« Ouais, ouais, pour la balade en privé, faudra visiblement repasser. »

« Roh … Katérina, c’est quand même mieux lorsque nous sommes plusieurs non ? »

Il trouvait cela mieux qu’auparavant. Enfin, il appréciait de pouvoir avoir Katérina à ses côtés, ça changeait quand même que de se promener « seul » dans la ville. C’était une bonne chose, une très bonne chose.

Quelques minutes s’écoulèrent et finalement, ils se retrouvèrent dans une taverne, Katérina gardant sa capuche et sa cape autour d’elle. Vue la tenue qu’elle portait, c’est vrai que certaines personnes indélicates penseraient qu’elle fut « achetée » par Kéran.

« Bon … Euh … Et bien ? On commande à manger ? »

Il cherchait un sujet de conversation au cas où car il n’en avait aucun pour le moment. Mais bon, Katérina ne répondit pas, regardant juste ce qu’on pouvait lui servir alors que Loa faisait de même. Harno fut rappelé dans sa noigrume mais Kéran vint dire :

« Loa, refais le sortir, il mérite de prendre un peu l’air. »

« Non, non … Ce n’est pas ça le problème, Kéran. Je ne veux pas qu’il … »

« Fais-le, je vais sortir aussi Sarène. Si cela pose un problème, je m’en fiche. Ils ont le droit de bouger, même si ma Momartik n’est pas aussi « humaine » qu’Harno. »

« … … … Merci de le considérer comme tel, Kéran. Je suis sûre qu’il apprécie. »

Puisqu’il vint sortir la Momartik, Loa ne tarda pas à faire de même avec le Mélancolux. Voilà tout. Est-ce qu’il était satisfait ? Plus que satisfait même. Il finit de commander, demandant aussi un peu de nourriture pour les pokémons.

« Nous ne servons pas les créatures spectrales et ténébreuses. » dit la serveuse.

« Pourtant, sans ces deux-là, vous n’auriez jamais vu le Soleil au loin dans la montagne de fer. Ce sont grâce à eux qu’il est possible de voir le Soleil là-bas. »

« Je ne vous crois pas mais bon … Evitez de vous plaindre. Je vais apporter de la nourriture pour pokémons. J’espère qu’ils ne sont pas difficiles. »

« Sarène ? Tu l’es ? » demanda le jeune homme alors que la Momartik poussait un petit cri ravi en hochant négativement la tête. « Visiblement, non. C’est bon. »

« Elle ne parle pas comme les autres pokémons spectres ou ténébreux ? » questionna la serveuse alors qu’il hochait la tête à son tour.

« Malheureusement, non. Il existe des pokémons spectraux et ténébreux qui sont … « basiques ». Qui ne sont pas des anciens humains ou pokémons morts au combat. Sarène en fait partie. Parcontre, Harno, le Mélancolux est un ancien humain. »

« Oh … D’accord … Euh … Bonjour, Sarène … et Harno. »

« Moma ! » répondit la pokémon avec entrain alors qu’Harno ne faisait que pencher l’un de ses « bras » de métal pour la saluer sans prendre la parole.
Finalement, la serveuse s’en alla, ayant pris leurs commandes alors que Loa avait toujours un grand sourire aux lèvres, regardant avec amusement Kéran. Celui-ci, remarquant qu’elle l’observait, sembla gêné, bredouillant :

« Il y a quelque chose sur mon visage, Loa ? »

« Non … Non … Je me disais que tu supportais terriblement bien les spectres et les pokémons ténébreux. C’est impressionnant en soi. »

« Je … Je suis possédé par l’une d’entre elles, ces créatures ne sont pas mauvaises de nature. Je ne vois pas pourquoi je ne les aimerai pas. »

« Oui … Si seulement tout le monde pouvait penser de la sorte. Néanmoins, tu as une façon d’en parler qui montre que les pokémons ne sont pas mauvais. Regarde cette serveuse, elle était agressive puis quelques secondes après tes paroles, elle a décidé de saluer Sarène et Harno. Tu ne trouves pas ça étonnant ? Et ne parlons même pas des pokémons métalliques ans la montagne hein ? Sans toi … »

« Euh … On peut arrêter les compliments un peu ? C’est gênant … »

« Ouais, car pourtant, y a pas de quoi être si fier que ça non plus. T’es plein de défauts, Kéran. Ça, faudra pas l’oublier. »


Voilà, un peu comme Katérina qui continuait de l’insulter. Il était peut-être masochiste. Il préférait se faire insulter que complimenter. C’était vraiment étrange et tordu en soi. Mais bon … Il avait peut-être réellement une affinité avec les pokémons spectraux et ténébreux ?

Chapitre 202 : Un manque à combler

Chapitre 202 : Un manque à combler

« Bonne nuit toutes les deux, je vais déjà me coucher. »

« Ca n’a vraiment pas l’air d’aller on dirait bien … »

Katérina fit la remarque alors que Kéran lui souriait doucement. Si, si, ça allait mieux qu’elle ne le croyait. Elle n’avait pas besoin de s’inquiéter tant que ça à son sujet. Il salua les deux femmes, se dirigeant vers la tente avant de pénétrer à l’intérieur.
Aussitôt, il vint se coucher à l’intérieur, fermant les yeux. Il sombra bien rapidement dans le sommeil, Katérina arrivant quelques minutes plus tard. Avec tendresse, elle vint caresser le dos du jeune homme, lui chuchotant doucement :

« Kéran … J’ai une bonne idée pour te remonter le moral et autre chose … Tu sais, c’est un peu de ta faute si tu n’es pas doué mais tout le monde n’est pas doué au début hein ? »

Le jeune homme ne lui répondit pas, plongé longtemps dans son sommeil. Hum … Elle le regarda en haussant un sourcil. Il s’était endormi bien rapidement quand même. Est-ce qu’il était vraiment fatigué ? Pfff … Elle était prête à faire un effort pour lui mais si de son côté, il n’en faisait aucun. Enfin bon … Elle alla l’embrasser doucement sur les lèvres avant de s’installer à côté. S’il allait prendre du plaisir, autant qu’elle fasse de même de son côté. Elle ferma les yeux, plongeant dans ses propres rêves, là où l’attendait déjà Hodan. Autant continuer la formation et autres petites choses personnelles et plaisantes, voilà tout ! Pourquoi s’en priver ? Ce n’était qu’en rêve et Kéran faisait bien pareil de son côté.

« Elyséa ? Où est-ce que tu es ? Je ne te vois pas … Je … Ca me fait un peu peur, je t’avoue. Elyséa ? Où est-ce que tu te trouves ? »

Où est-ce qu’elle se trouvait ? Il était plongé dans l’obscurité mais il sentait quand même le vent glacial qui frappait sur tout son corps. Rien que ça, où est-ce qu’il se trouvait ? Dans la zone habituelle et enneigée ? Bizarre, vraiment bizarre.

« Elyséa, si je suis ici, c’est que tu dois y être. Est-ce que tu veux bien te montrer ? »

Aucune réponse de la part d’Elyséa. Il n’allait pas être inquiet à cause d’elle hein ? Il vint marcher dans cet endroit enneigé, le décor se dessinant au fur et à mesure. Il avait un peu froid … Oui, même dans le rêve, il avait froid. Finalement, il la trouva au loin. Adossée à une pierre, la femme était assise, ses yeux bleus dirigés vers l’horizon. Enfin, c’est ce qu’il pensait puisqu’elle le tournait le dos mais qu’importe.
Il vint s’approcher d’elle discrètement. Il se sentait soulagé et en paix lorsqu’elle était là. C’était aussi simple que ça. Il avait l’impression que la solitude … qu’il vivait était aussi la sienne. Et dire que cela n’avait commencé qu’à partir de quelques mois. Lorsqu’il avait fini par comprendre qu’elle était là depuis des années en lui.

« Elyséa ? Je t’ai demandé si tu étais là. » murmura doucement alors qu’il se penchait au-dessus de la pierre, se retrouvant la tête à l’envers mais positionnée en face d’elle.

« Oh ? Kéran ? Tu étais là ? Enfin … Visiblement, mes rêves ne sont plus secrets. »

« Et les miens non plus. Je peux m’asseoir à tes côtés ? »

« Bien entendu. Je ne vois pas pourquoi je te refuserai cela hein ? »

« Je ne sais pas. Je préfère demander. » dit le jeune homme avant de s’asseoir, se plaçant bien à côté d’elle pour s’adosser au rocher. Il observa la même chose qu’elle, c’est-à-dire le vide, vraiment le vide … On pouvait le dire ainsi. « Elyséa, comment cela se fait ? »

« Qu’il n’y a aucun décor au loin ? Car je n’ai pas … souvenir de cela. Cet endroit est très important, c’est là où j’allais m’entraîner. Mais tu remarqueras que tu ne peux pas réellement le modifier, non ? Qu’importe ce que tu fais maintenant, le lendemain, lorsque tu reviendras ici, tout sera redevenu comme avant. »

« Car ce sont tes souvenirs exacts, c’est cela ? Mais bon, est-ce que tu aurais des souvenirs te liant à moi ? Du moins, des souvenirs auxquels je suis attaché peut-être ? »

« Pourquoi cela ? Pourquoi une telle question ? C’est étrange, vraiment étrange non ? »

« Je ne sais pas … Je me disais que même si je ne m’en rappelle pas tellement, peut-être que ça me ferait du bien de m’en souvenir grâce à toi. »

« Hmmm … J’ai bien un souvenir ancré dans ma tête mais je ne sais pas s’il est plaisant pour toi. Tu veux quand même le voir ? C’est à toi de décider. » murmura-t-elle alors qu’il hochait la tête positivement. Bien entendu, il avait envie de le voir.

Le décor changea subitement, prenant l’apparence d’un lac. Hein ? Mais ce lac ? Qu’est-ce que … Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il s’en rappelait parfaitement. Il allait se baigner parfois avec Sélia. Mais néanmoins, il n’y avait pas que ça.

« J’allais parfois me baigner seul mais comment ça se fait que tu aies choisi ce moment précis ? Enfin, je sais bien que … »

« Cet endroit était tranquille et calme … mais un jour … »

« Je crois que l’on m’a parlé d’un pokémon spectre qui a décidé d’habiter cet endroit sauf que je n’étais pas au courant. »

AH ! Il s’était mis à trembler ! Il s’en rappelait maintenant ! Il s’en rappelait maintenant ! Comme pour confirmer ses dires, un garçon qui devait à peine avoir une dizaine d’années plongea dans le lac. C’était lui ? Les souvenirs d’Elyséa étaient si précis.

Le jeune garçon nageait paisiblement dans l’eau, ne semblant avoir aucun problème à cela. Néanmoins, puisqu’il pouvait voir cela d’un point de vue extérieur, Kéran remarqua que quelque chose flottait à la surface de l’eau. Puis subitement, la créature disparu dans l’eau. Quelques secondes plus tard, le jeune garçon fut tiré vers les abysses du lac.

« Je croyais que j’avais été attrapé par des racines ou que j’avais une crampe. J’ai eu tellement peur cette fois, je me débattais du mieux que je le pouvais mais rien n’à faire. Je n’y arrivais pas du tout. Je pensais ma dernière heure qui arrivait mais … »

Une explosion se produisit. Du moins, c’est ce qu’il crut voir puisque des giclées gigantesque d’eau, tel des geysers, sortirent du lac. Le corps d’une pieuvre rose vola aussi dans les cieux, retombant dans l’herbe. Au milieu du trou dans le lac, il remarqua Elyséa ? Dans son armure noire ? Et sous sa forme humaine ? Elle tenait l’enfant contre elle, bien qu’il semblait évanoui. Est-ce qu’il s’était noyé ?

« Que … Qu’est-ce que ça veut dire ?! Une créature spectrale ? »

« Non, ténébreuse, malheureusement pour toi. Mais ne t’en fait donc pas, je vais me débarrasser de toi. »

« Attends un peu ! Je ne savais pas que le gamin était possédé ! Si j’avais su, je n’aurai jamais fait ça ! Je te le jure ! »

« Tu aurais continué à tuer sans même te poser de questions. Vas en enfer. »

Un claquement de doigts de la part de la femme aux cheveux blancs et la foudre vint s’abattre sur la Viskuse qui se dissipa, tuée sur le coup. Kéran cligna des yeux plusieurs fois de suite, tournant sa tête vers Elyséa, enfin, celle qui était à côté de lui.

« Mais mais mais … C’était quoi ça ? »

« Juste un exemple de ce qui peut arriver si on me met en colère. »

« Euh … J’espère que je ne mettrai jamais en colère alors. Mais donc, cela veut dire que j’ai été sauvé par toi, c’est bien ça ? Encore une fois ? »

Encore une fois ? Elle n’avait pas quand même fait que ça non hein ? Il ne fallait pas tendre à exagérer non plus. Mais maintenant ? Le souvenir n’était pas arrêté ? Le lac reprit sa forme originale, Elyséa tenant le jeune Kéran contre elle.

« Il ne respire plus … Elle a eu le temps de le noyer avant que je ne m’occupe de son cas. »

« Hein ? Mais si je ne respirai plus … Comment … »

« Je ne sais pas exactement. Enfin si … Mais il vaut mieux arrêter ce souvenir maintenant. »

« Mais non ! Mais non ! Je veux au moins assister à la fin, après, il n’y aura aucun souci. Je te le promets, Elyséa. »

« Comme tu le désires. » soupira-t-elle bien qu’il ne voyait pas ce qui la dérangeait.

Il ne tarda pas à comprendre où elle voulait en venir. Pour sauver quelqu’un de la noyade, il n’y avait pas cinquante solutions. Il regarda la jeune femme qui pressait ses mains sur son torse plusieurs fois de suite et puis …

Et puis … Il pouvait voir Elyséa qui faisait du bouche à bouche au jeune garçon, lui faisant recracher finalement de l’eau et le sauvant par la même occasion. Le souvenir disparu quelques instants plus tard, Kéran se grattant la joue avant de murmurer :

« Euh … Bon, est-ce que ça compte comme un premier baiser ? »

« Je ne crois pas non … Pas du tout même. »

« Je me disais aussi. Mais quand même … J’ai l’impression que je serai mort des dizaines de fois sans toi, c’est vraiment ce que j’ai l’impression quand que je te vois. »

« Tu exagères un peu, Kéran. Tu exagères un peu. »

Oui mais bon, en même temps, il n’avait pas totalement tort, non ? Enfin, elle ne pouvait pas nier que sans elle, il serait mort quand même assez souvent. Pourtant, elle resta muette, les deux personnes se retrouvant à nouveau dans la zone enneigée.

« Et maintenant ? Enfin, Elyséa, je peux te demander ce que tu as ? Ça n’a pas l’air d’aller depuis que … Enfin, depuis que moi et … Katérina, nous avons fait cela. »

« Oh ? Ce n’est pas bien dramatique de toute façon. Tu feras des efforts et tu arriveras, j’en suis sûre et certaine, Kéran. »

« Quand même, tu n’as aucun conseil à me donner ? Un conseil hein ? Pas un exemple ! » dit-il, rougissant violemment. Il en voulait pas qu’Elyséa pense du mal de lui.

« Je ne suis pas douée par rapport à cela. J’en suis désolée, je ne risque pas de pouvoir t’aider comme tu le désires. Et oui, je ne suis pas une fine connaisseuse … contrairement à Katérina. » termina de dire la jeune femme aux cheveux blancs, un peu ironiquement.

Hein ? C’était bien la première fois qu’il entendait Elyséa faire une véritable remarque « désobligeante » envers Katérina. C’était étrange, très étrange même.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Elyséa ? Tu peux tout me dire hein ? Et inversement hein, »

« Je suis heureuse pour toi et Katérina, Kéran. Je suis vraiment heureuse. Je suis sincère, le plus sincère du monde même. »

« Mais … Qu’est-ce qui ne va pas alors ? Je ne veux pas me répéter mais tu m’inquiètes. Dis-moi en plus, d’accord ? Alors ? »

« Je ne sais pas … Quand je vous vois, j’ai l’impression que quelque chose me manque. J’ai l’impression que l’on me retirer … ce que je possédais. »

Ce qu’elle possédait ? Elle … ne parlait quand même pas de lui hein ? Enfin, il n’était pas un objet et il ne pensait pas qu’elle envisageait ça de cette manière. Il attendit qu’elle reprenne la parole, chose qui ne tarda pas.

« J’ai l’impression que l’on me …fait du mal. Mais ce n’est pas à cause de toi et Katérina, loin de là. Pourquoi je ne serai pas heureuse que le jeune garçon que j’ai surveillé pendant des années soit heureux ? »

« Euh … Ce n’est pas à moi de te répondre à ce sujet, normalement. »

« Je le sais parfaitement, c’est pourquoi je ne voulais pas t’en parler. »

Néanmoins, ce n’était pas pour autant qu’il devait rester là, sans rien faire du tout hein ? Il regarda Elyséa, se demandant comment l’épauler. Ah ben en parlant d’épaule, ben tiens, ça ne serait pas une mauvaise idée.

Il vint prendre la tête d’Elyséa, la forçant à aller sur son épaule. Voilà, ça serait bien mieux et puis bon, il pouvait quand même la réconforter non ? Après tout ce qu’elle faisait pour lui, c’était la moindre des choses.

« Kéran, tu sais, au sujet de Katérina, je voulais te dire … »

« Oui ? Me dire quoi au sujet de Katérina ? Il y a un souci avec elle ? »

« Non, rien du tout, Kéran. Je suis désolée, je ne voulais pas t’embêter avec cela. Pardonne-moi, je ne voulais pas te créer de problèmes. »

« Tu ne m’en crées pas, pas du tout même. Elyséa, si tu es en manque de quelque chose, dis-toi que je peux tout faire pour te l’apporter. Ca me semble logique et normal après tout ce que tu as fait pour moi, non ? »

« Merci beaucoup, Kéran. Cela me touche mais ça ne sera pas nécessaire. Je n’ai pas besoin de t’embêter avec ma personne. Mais je veux bien que l’on reste ainsi pendant quelques minutes, jusqu’à ce que tu te réveilles alors. »

« Alors, ce n’est pas quelques minutes mais quelques heures. »

Il corrigea les propos d’Elyséa mais elle ne lui répondit pas. La tête de la femme aux cheveux blancs se pencha un peu, finissant par atterrir contre le torse de Kéran. Celui-ci, bien que gêné, passa une main dans le dos du crâne d’Elyséa.

Il vint la coller contre lui, caressant ses cheveux. Elle se sentait seule ? Enfin, comme s’il manquait une partie d’elle-même ? Il était sûr que c’était aussi la raison qui l’avait poussé à hurler comme une folle.
Mais ça, il préférait ne pas s’en rappeler. Il ne voulait pas se créer de problèmes, loin de là. Puis bon, ce n’était pas une bonne chose de ressasser le passé, non ? Même s’il était récent. Il voulut parler à Elyséa mais remarqua que la femme avait fermé les yeux.

« Il est possible de dormir dans un rêve ? C’est vraiment étrange … mais bon, ce n’est pas comme si c’était la première fois que je vois cela. »

« Je ne dors pas, je me repose, c’est différent. »

« Ah ! Tu ne dormais pas, oui ! Je confirme ça ! Hahaha … Désolé. »

Vraiment désolé même. Mais bon, ce n’était donc pas pour ça qu’elle allait bouger, n’est-ce pas ? Il ne fallait pas se faire d’illusions. Et puis, tant mieux si c’était bien réel, lui aussi avait besoin d’avoir une personne contre lui … et Elyséa était là pour le moment.

Chapitre 201 : Refus de s’y rendre

Neuvième axe : Le fond de mes souvenirs

Chapitre 201 : Refus de s’y rendre

« Bonjour, Katérina. Tu as bien dormi ? »

Il vint dire cela tout en embrassant la jeune femme aux cheveux argentés. Celle-ci se laissa faire, un petit sourire aux lèvres avant de dire d’une voix douce :

« J’ai plutôt bien dormi, oui. Ne t’en fait donc pas et toi ? Comment cela est-ce que ça s’est passé ? Tu sembles avoir une … sale tête. »

« Euh … Disons que j’ai mal dormi, enfin, un peu. Mais ça va bien mieux maintenant. »

« D’accord, comme tu veux, Kéran. Comme tu veux … Bon, je vais me lever. »

Il allait faire de même de son côté. Avec lenteur, il se leva, s’étirant longuement pour bien se réveiller. Finalement, après quelques secondes, il quitta la tente, se demandant ce qu’il allait faire de sa journée maintenant. Il n’en avait aucune idée ! Pas du tout même !

« Bonjour, Elyséa. » murmura-t-il dans sa tête avec tendresse.

« Hmm ? Bonjour, Kéran. Tu sembles aller bien mieux, n’est-ce pas ? »

« Je pense que c’est grâce à toi, n’est-ce pas ? »

Elle ne lui répondit pas, restant complètement muette. Pourtant, il avait envie de lui parler et il sentait qu’elle aussi … avait envie de lui parler. C’était étrange, sans elle, il sentait qu’il n’aurait pas si bien dormi, surtout qu’il se rappelait de tout ce qui s’était passé hier.

Ah … Hier soir … Il perdit son sourire, faisant une petite mine avant de mettre les mains dans les poches. Vraiment, il reconnaissait amplement … qu’il avait tout fait foiré. Il était nul, vraiment nul même. Comment est-ce qu’il avait pu se louper de la sorte ?

« Je suis vraiment nul … Katérina devait être sacrément déçue. »

« Tellement déçue que … » commença à dire une voix en lui qui s’arrêta aussitôt. « Ce n’est pas de ta faute, Kéran. Tu ne pensais pas être une foudre de sexe dès la première nuit. »

« Ah et bien ça … Pour la foudre, c’est le bon terme, Elyséa. Très bon terme. Aussitôt venu, aussitôt reparti. Ça a duré quelques secondes. »

« Ce n’est pas ce que je voulais dire, Kéran. Si tu veux bien m’excuser pour ces propos. »

« Hein ? T’excuser pour quelle raison ? Tu n’as rien dit de mal. »

Rien du tout même. C’est lui qui avait décidé d’utiliser les propos d’Elyséa et de les tourner de cette façon. En fait, il n’allait pas si bien que ça. Il n’osait pas retourner dans la tente à cause de Katérina. Il avait honte de ce qu’il avait fait hier. Peut-être qu’il pourrait se rattraper ce soir ? Peut-être, oui. Il l’espérait un peu quand même.

Il salua Loa qui sortait finalement de l’autre tente, remarquant l’air soucieux du jeune homme. Elle vint se place en face de lui, s’asseyant tandis que le pokémon qui l’accompagnait se présentait à son tour à ses côtés. Elle lui demanda :

« Tu as eu quelques problèmes, Kéran ? »

« Disons que … Ca ne s’est pas aussi bien passé que prévu, voilà tout. »

« Tu ne t’attendais quand même pas à une réussite, non ? »

« Non mais … Pas à un tel échec. Ohlala… J’ai honte … J’ai tellement honte. »

Il baissa la tête, n’osant même plus regarder Loa alors que celle-ci poussait un léger soupir. Quand est-ce que les hommes allaient comprendre qu’échouer la première fois n’avait rien de honteux ? Vraiment … Elle soupira une nouvelle fois, faisant un geste de la main.

« Ce n’est pas bien grave, Katérina ne doit pas t’en vouloir, n’est-ce pas ? »

« Je ne sais pas … vraiment … Je suis désolé. »

Il ne savait pas vraiment ? Ça n’allait pas l’aider, loin de là même. Il valait mieux qu’il aille voir Katérina le plus rapidement possible pour qu’ils règlent cela tous les deux. Même si elle ne voyait pas Katérina faire la tête à ce sujet. Du moins, ils s’aimaient tendrement tous les deux, pourquoi compliqué tout cela, hein ? Pourquoi ?

D’ailleurs, Katérina sortit de la tente éloignée de l’autre, s’approchant des deux personnes avant de les saluer. Kéran fit un petit geste intimidé avant que Katérina ne s’approche de lui, venant s’asseoir à ses côtés.

« Pourquoi est-ce que tu fais la tête ? »

« Je … Euh … Je ne fais pas du tout la tête. Je te le promets. » murmura le jeune homme, n’osant pas la regarder. Elle vint l’embrasser sur le coin des lèvres.

« D’accord, si tu le dis, je te fais confiance. Tu as réussi à dormir après ce qui s’est passé hier ? Moi, j’ai dormi comme un loir. »

« Je … J’ai eu un peu de mal, je dois t’avouer. »

Il n’osait pas la regarder. Elle avait réussi à bien dormir ? Grâce à lui ? Ou alors, c’était autre chose ? Il se sentait tellement peiné, tellement honteux. Il n’osait pas la regarder, il n’osait pas la fixer. Il n’osait rien du tout, rien de rien. Il n’osait rien faire de tout cela. Comment pouvoir la regarder en face ? Comment ?

Il n’y arrivait pas. Ca ne servait à rien. Il n’osait pas la regarder en face. Il n’osait pas la regarder … Qu’est-ce qu’il avait honte ! Qu’est-ce qu’il avait honte quoi ! Il … Ah … Ah … Vraiment … Il … Il n’avait pas de chance. Pas du tout même. Snif … Ca ne servait à rien. Pour la journée, il allait plutôt être seul. Vraiment seul même. Il se redressa à côté de Katérina, déclarant d’une voix lente :

« Terminons de ranger les tentes et nous nous en allons. »

Voilà. Rien de plus … Rien de moins. Il vint descendre celle dans laquelle il avait dormi avec Katérina, aidant aussi pour celle de Loa. Il se sentait … vraiment démotivé. Et il n’avait pas envie de parler. Pas du tout même.

« Katérina, est-ce que tu peux marcher aux côtés de Loa aujourd’hui ? Merci. »

« Hein ? Mais pourquoi ? Ca ne va pas, Kéran ? Tu n’as pas l’air en forme du tout. »

« Si … Si … Ca va, ne t’en fait pas. J’ai juste besoin de réfléchir à quelques petites choses et je ne voudrai vraiment pas t’embêter avec cela, j’en suis désolé. »

Vraiment désolé même ? Elle tenta de s’approcher de lui mais il vint la repousser légèrement, lui souriant tendrement pour bien lui montrer qu’il allait bien. Sauf que ça ne marchait pas le moins du monde. Ah …

« Bon, ça ne fait rien. Avançons, avançons, voilà tout. »

Il commença à marcher avec rapidité, Katérina haussant un sourcil. Si Kéran n’allait pas bien, elle devait s’occuper de lui sauf qu’actuellement, elle ne voyait pas vraiment ce qu’elle pouvait faire pour l’aider. Bien entendu quoi faire en ce moment ?

« Loa ? Est-ce que tu as une idée de ce qui se passe avec lui ? »

« Ce n’est pas plutôt à moi de te le demander ? Hier, c’était votre première fois à tous les deux non ? Est-ce que tu as été blessante ? Car il semblerait qu’il n’a pas été … fameux. »

« Oh ça … J’en doutais pas vraiment. Enfin, non, je n’ai pas été vexante ou blessante normalement. Je ne lui aie rien dit de mal d’après mes souvenirs. »

« Tu en es sûre et certaine ? C’est quand même important pour un homme. Enfin bref … Essayez de prendre votre rythme à tous les deux et d’y aller lentement et calmement, ça ira mieux surement après, d’accord ? » dit Loa avec lenteur, Katérina ricanant.

« Si on m’avait dit qu’un jour, je recevrai des cours d’éducation sexuelle de ta part, je n’y aurai jamais cru, Loa. Pas du tout même. »

« Oh, il y a beaucoup de choses que tu ignores à mon sujet, Katérina. Beaucoup de choses. … » murmura Loa en souriant doucement, tournant son visage vers Harno.

« Ah ouais ? Un jour, faudra bien que tu en parles, hein ? »

« Un jour, peut-être, oui. Si tu es sage … ou si cela s’avère nécessaire mais pour le moment, tu es ni l’un, ni l’autre. Mais écoutons les paroles de Kéran et laissons-le seul. Même si je sais que ça ne te plait pas, celle qui peut l’aider en ce moment même, c’est bel et bien Elyséa et personne d’autre. Désolée de te le dire de la sorte, Katérina. Mais c’est un peu comme toi et Dumasch, enfin Hodan. Il est le seul qui puisse mieux te connaître que quiconque, tu ne crois pas ? Bref, laissons-le tranquille et seul, ça lui passera avec le temps, je pense. »

Katérina haussa les épaules. Elle n’avait pas vraiment son mot à dire en ce qui concerne Kéran … et surtout sa relation avec Elyséa. Enfin, ce que Loa venait de dire lui triturait l’esprit. Il était vrai qu’Hodan était le mieux placé pour la connaître

Elle n’y avait jamais réellement pensé mais avec toutes ces années passées en elle, il était vrai qu’il devait savoir tout ce qui lui faisait plaisir. Par contre, l’inverse était faux. Comme avec Elyséa et Kéran, elle-même n’en savait que toujours très peu sur Hodan. Oh ! Au niveau sexuel, par contre, elle avait déjà réussi à trouver ses « atouts » pour lui faire plaisir.

« Héhéhé … Au moins, tout cela a eu une bonne conséquence, oh que oui. »

Elle eut un petit rire amusé qui n’échappa pas à Loa. Celle-ci lui demanda ce qui se passait mais Katérina signala que c’était un secret qu’elle préférait garder … en elle. Oh oui. Il valait mieux que Loa ne le sache pas. Par contre, Kéran … Elle restait toujours méfiante.

Le jeune homme avait le visage baissé, observant juste les pierres dans lesquelles il donnait un coup de pied sur le chemin. Il avait mauvaise mine, une très mauvaise mine même mais il évitait de trop le montrer. Loin de là … Ah …

« Kéran ? Où est-ce que nous nous rendons ? Tu m’empêches de lire dans tes pensées et dans ton cœur … Tu as une idée sombre non ? »

« Non … Non … Je sais où nous nous rendons. Je crois savoir ce qu’il faut faire pour en terminer définitivement avec toute cette histoire. Enfin, pour permettre au soleil de revenir dans le ciel et que les pokémons ténébreux et spectraux ne dirigent plus ce monde ou presque … Enfin … Je crois, je n’en suis pas si sûr que ça. »

« Ah bon ? Et qu’est-ce qu’il faut faire alors, Kéran ? Tu m’étonnes … et tu me fais un peu peur. J’ai l’impression que tu veux commettre une bêtise. »

« Je veux me rendre à la montagne des dragons. Voir si cette météorite est définitivement hors course ou non et à partir de là, je … »

« Hors de question de s’y rendre, Kéran, c’est trop dangereux. »

« Mais ça ne fait rien, ce n’est pas dangereux si tu es avec moi, Elyséa ! »

« Je devra être flattée mais je ne le serai pas, Kéran. C’est beaucoup trop dangereux. De toute façon, je ne t’aiderai pas à te guider vers cet endroit, que tu le désires ou non. »

« … … .. Tu penses aussi que je risquerai de rater tout ça, n’est-ce pas ? »

« Que … Mais … »

Elle fut sous le choc des propos de Kéran. Il pensait quoi exactement là ? Qu’elle ne lui faisait pas confiance ? Qu’elle considère que … Non, c’était ce qu’il pensait n’est-ce pas ? Ou alors, il avait décidé de continuer à se plaindre après son échec de cette nuit ?

« Oh toi … Kéran, je déteste faire cela mais tu risques de souffrir intérieurement. Serre les dents, c’est juste un mauvais moment à passer. »

Qu’est-ce que … AAAAAAAH ! PUREE ! Il ouvrit les yeux en grand, s’immobilisant alors qu’il avait l’impression de se prendre des claques mentales dans son cerveau. AIE ! AIE ! AIE ! AIE ! CA FAISAIT MAL !

« Mais arrête ! C’est horrible, Elyséa ! »

« Je crois que tu en as pas eu assez, Kéran. »

« Mais arrête, s’il te plaît ! Ca fait horriblement mal ! Comment ça se fait que tu puisses me faire mal ! Mais je ne te vois même pas ! Ah ! Elyséa ! »

« Cela s’appelle des dommages mentaux. Je peux affaiblir et faire souffrir ton corps sans même le toucher réellement. Est-ce que tu comprends cela maintenant ? »

Oui oui ! Il comprenait ! IL COMPRENAIT PARFAITEMENT ! Mais qu’elle arrête quoi ! Il souffrait atrocement ! Il souffrait ! Elle ne lui faisait pas mal mais il souffrait ! Ce n’était pas pareil ! Elle … Elle … Elle … Elle pourquoi ? Pourquoi elle faisait ça ?

« Maintenant que tu veux faire semblant d’être démotivé par le monde qui t’entoure, tu viens m’en parler. Je te remettrai sur pied très rapidement, Kéran. »

« D’habitude, tu n’es pas aussi violente … Pas du tout même. »

« Des fois, il faut employer la manière forte pour que certaines personnes comprennent que nous sommes atta … Hmmm, non. »

« Non ? De quoi non ? De quoi est-ce que tu parles ? »

« Cela ne te concerne pas voilà tout. Maintenant, fais donc, est-ce bien compris ? »

Bien compris. Le message était clair. Enfin … Il croyait. Il n’en était pas aussi sûr. Il ne comprenait pas vraiment ce que … Enfin, ce qu’Elyséa venait de faire. Enfin si. Elle venait de lui faire mal et elle refusait qu’il aille à la montagne des dragons mais … Il irait quand même. Il suffisait juste de … AIIIIIIIIE !

« Hmmm ? Tu comptais te rendre où, Kéran ? »

« Aie, aie, aie ! Nulle part ! Nulle part ! Je te le promets ! »

« Brave garçon. Ce soir, tu pourras dormir tranquille, je veillerai sur toi … pour évacuer toutes les mauvaises pensées qui t’habitent. »

Il le savait. Oui, il le savait qu’elle veillait sur lui. Il eut un petit sourire intimidé. Même s’ils ne parlaient pas beaucoup, savoir qu’elle était là, non-loin de lui, ça lui suffisait amplement. Oui … Ca lui suffisait. Il continua de marcher, se sentant un peu mieux maintenant qu’Elyséa l’avait revigoré à sa manière. Grâce à elle, il allait un peu mieux. Oui … Il ne devait plus penser à son échec. Il y aurait d’autres moments entre lui et Katérina, il en était certain.

Chapitre 60 : Projets pour le futur

Chapitre 60 : Projets pour le futur

« Ernold ? Qu’est-ce que vous comptez faire ? »

« Hum ? Comment cela, Tery ? Qu’est-ce que tu veux dire par cela ? Est-ce que tu veux mieux t’exprimer peut-être ? Cela m’aiderait à comprendre tes propos. »

« Vous allez vous rendre à Claudiska comme nous mais à part ça … qu’est-ce que vous allez faire exactement ? Nous-mêmes, nous allons explorer tout Claudiska mais vous ? »

« Nous nous arrêterons à une ville notre destination. Nous nous séparerons alors ensuite, chacun de notre côté. Nous avons tous des objectifs différents, cela va de soit. »

« Je me disais aussi. Mais bon, nous n’y sommes pas encore, non ? »

« Oh que non, il y a beaucoup de chemin. Cela devrait nous prendre une semaine environ avant d’arriver à la ville où nous comptons nous arrêter. » compléta le gnomold tandis que le jeune homme aux cheveux bruns hochait la tête. Il voulait juste savoir jusqu’où ils comptaient continuer à se balader avec eux. Non pas que ça le dérangeait spécialement, loin de là.

« Tery ? A quoi est-ce que tu penses spécialement ? Tu peux me le dire ? »

« Hum ? Elen ? Oh ? Rien de spécial, rien du tout hein ? Et toi ? » demanda t-il à son tour alors qu’elle lui répondait de la même façon, accompagnant cela par un lever d’épaules. Le jeune homme aux cheveux bruns tapota le crâne de sa demoiselle, lui disant ensuite : « Je réfléchissais juste au moment où nous serions moins nombreux. Non pas qu’ils m’embêtent mais je me sens mieux en petit comité, tu ne trouves pas ? »

« Je suis tout à fait d’accord avec toi, Tery mais je n’osais pas trop t’en parler, je dois avouer. »

« Alors, vite fait, bien fait, on se dépêchera d’accélérer un peu le rythme et zou. »

«Et zou ? On met le turbo, c’est bien ça ? Enfin, c’est étrange si je le dis comme ça. »

La femme aux cheveux blonds rigola à son tour tandis que le jeune homme aux cheveux bruns reprenait le petit golem dans ses bras. Il avait l’impression d’avoir une peluche vivante, enfin, presque vivante et ce n’était pas tellement un problème.

Tellement un problème ? Hmm, pourquoi est-ce qu’il était légèrement perturbé ? Et surtout, pourquoi est-ce qu’il pensait à cette voix à cet instant même ? Est-ce qu’il y avait une maigre chance que sa réussite soit liée à celle-ci ? Bah ! C’était stupide, non ?

« Elen, j’ai quelques instants … pour quand on en aura terminé. Enfin, quand je dis ça, je veux dire, j’y ait pensé mais toi, tu as pensé ? Où est-ce que tu voudrais vivre, tout ça ? Du moins, j’avais dans l’idée de vouloir vivre en Omnosmos ou alors auprès de ma mère. »

« Est-ce que tu me proposes une vie à tes côtés, Tery ? Ce n’est pas encore officiel mais bon, je suis pour que l’on y réfléchisse, toi et moi. Alors pour ma part, je comprends ce que tu veux dire par Omnosmos. A cause de Périk et Jésiana, n’est-ce pas ? Tu es réellement attaché à ces derniers, n’est-ce pas ? Mais je comprends, ils sont adorables. »

« Plus qu’adorables tu veux dire. Mais bon, enfin, il faudra que toi et moi, on en parle un peu ce soir, imaginer tous nos plans, tout ça. »

Elle était d’accord avec cette idée. Mais à quoi est-ce qu’il pensait exactement ? Une vie ensemble ? Lui et elle ? Réunis ? C’est ça ? Mais après ? La jeune femme aux cheveux blonds le regarda après quelques secondes avant de le laisser tranquille.
Alors ? Une femme ? Elen bien entendu. Des enfants ? Un garçon ? Une fille ? Plusieurs garçons ? Plusieurs filles ? Il n’en était pas vraiment sûr mais bon, il voulait une famille un peu nombreuse. Comme métier ? Qu’est-ce qu’il envisageait ? Car bon, il allait devoir se ranger, bien entendu. Il ne pouvait pas partir à l’aventure.

Hmmm ? Bibliothécaire ? Comme Périk et Jésiana ? S’ils voulaient bien de lui comme assistant ou autre. Si ce n’était pas le cas ? Qu’est-ce qu’il pouvait imaginer d’autre ? Hum, peut-être voir par rapport aux golems ? S’il arrivait à en créer un certain nombre sans user de magie ? Enfin, faire une magie perpétuelle mais c’était tout simplement une idée folle.

Pourquoi est-ce qu’il réfléchissait autant à cela ? Car peut-être que son avenir était incertain ? Qu’il avait un peu peur mais qu’il n’en parlait pas ? Il n’osait pas en parler à Elen mais surtout pas à Manelena et les autres. Il ne verrait pas comment réagir, etc. Il soupira longuement, plaçant une main sur son front. Ça ne servait à rien du tout. Il se compliquait la vie inutilement et il le savait parfaitement mais il était ainsi.

« Nous nous arrêtons pour la journée, c’est bien cela ? »

Ernold avait levé la voix, attendant visiblement les paroles de Tery qu’il considérait comme le chef de son groupe. Celui-ci regarda autour de lui avant de dire d’une voix calme :

« Ca me semble être un bon endroit, je pense que c’est convenable. Fouillons juste les alentours pour voir s’il y a un meilleur emplacement. »

Il s’était alors mis à observer le décor. Vu qu’ils se dirigeaient vers Claudiska, le ciel était entre le nuageux mais aussi ensoleillé. A côté, le jeune homme aux cheveux bruns remarquait que les plaines étaient verdoyantes. Sûrement dût au fait que si Claudiska n’était pas loin, Traslord non plus. Tout ce qu’il fallait comme eau était donc à portée. Hmm, il y avait bien un petit coin boisé mais aussi quelques arbres solitaires, loin de la route principale qu’ils prenaient pour se rendre à Claudiska.

« Ça me semble plutôt pas mal par là, non ? »

Il désigna un arbre au loin. Bien entendu, s’il pleuvait, ils seront à peine à l’abri mais ça, il ne pouvait rien y faire. C’était juste que ça semblait plutôt tranquille et calme, tout ce qu’il recherchait à l’heure actuelle. Alors pourquoi pas ?

« Vas pour cet endroit. Hey, vous autres, on se réunit comme l’a conseillé Tery ! Préparez-vous , hop hop ! » s’exclama le Gnomold.
Si tout pouvait vraiment être aussi simple que ça. Le jeune homme les regarda faire, signalant à son propre groupe l’endroit où ils allaient tous se réunir.

Voilà. Ils étaient tous autour d’un feu commun tandis qu’il recommençait à cuisiner pour eux. Le petit golem miniature faisait tourner la cuillère pendant qu’il observait la cuisson. Il était vraiment très utile. Outre le fait qu’il ressentait une fatigue infime,

Mais à part ça, le golem était resté animé comme si de rien n’était. Le jeune homme avait été le premier surpris par cette facilité mais n’avait rien dit. Il fallait avouer que vu la tête que lui faisait Manelena, il préférait éviter de trop ouvrir la bouche.
Il y avait aussi le fait qu’il réfléchissait à cette voix qui était habituellement dans sa tête sans même qu’il ne puisse réagir. Pourquoi est-ce qu’il y pensait à nouveau ? Cela lui trottait dans l’esprit sans même qu’il n’ait d’explication logique et rationnelle. C’était particulièrement stupide, surtout quand il n’en connaissait pas la raison.

« Tery ? Fais attention, le repas rique de finir carbonisé. »

« Heureusement que son golem miniature surveille à sa place. »

Elise était à ses côtés, penchée en avant pour mieux regarder la casserole alors que Royan avait fait la remarque sur le golem miniature. Il fixa la casserole, non, c’était parfait pour la recette, heureusement pour lui. Il n’avait pas à s’en faire.

« Je suis concentré, le repas sera excellent, du moins si on me laisse le terminer et s’il vous convient, pour ne pas changer. Je ne veux pas penser plus que la normale. »

« Ah ça, c’est sûr que tu ne penses pas beaucoup plus que la normale, loin de là ! » s’exclama Manelena alors que certains rires se firent entendre. Il répondit aussitôt :

« Puisque tu es si maline, tu n’auras aucun problème à ce que je te serves en dernier et surtout le peu qu’il restera, n’est-ce pas, Manelena ? »

« Ne fait donc pas l’impressionnant, tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas très crédible venant de ta part, Tery. Tu risquerais de te faire mal et te de te froisser un muscle. »

« Bon ben, il semblerait que quelqu’un n’aura pas à manger ce soir. »

Et il vient tenir parole … pendant cinq minutes au grand maximum. Manelena n’avait pas chercher à se servir elle-même et avait juste croisé les bras. Le jeune homme s’était alors approché d’elle, levant les yeux au ciel en disant :

« Ma bonté me perdra, j’imagine, c’est ça que je dois penser ? »

« C’est exactement ça, Tery. Mais des fois, la bonté est nécessaire. Merci … et bon appétit. » dit la femme aux cheveux argentés alors qu’il lui souriait.

« Bon appétit à toi aussi, Manelena. Je retourne vers mon assiette. »

Son assiette aux côtés d’Elen qui, comme bien trop souvent, n’avait guère apprécié que le jeune homme aille voir Manelena. Même si c’était pour une raison parfaitement futile, elle n’avait pût s’en empêcher et elle s’en voulait après réflexion mais voilà, elle était ainsi !

Pendant une semaine, une semaine entière, ils passèrent leur temps aux côtés du groupe d’Ernold. Pendant une semaine, le petit golem était toujours là, à sa grande surprise. Etait-ce parce qu’il décidé de lire les différents livres sur les golems ? Le fait qu’il avait du retard sur ces derniers ? Il n’en savait trop rien mais ce n’était pas un problème pour lui.

Le plus importait résidait dans le fait qu’il avait réussi et c’était ce qui comptait le plus pour lui. Il n’avait pas encore ouvert le livre offert par madame Jésiana mais il attendait le bon moment pour ça. Finalement, ils allaient tous se séparer, non ?

« Nous stoppons à cette ville, comme prévu. Faites attention à vous, d’accord ? »

« Je le ferais, grand archimage. Et vous-même, nous reviendrons lorsque nous en aurons terminé avec le dernier des monstres légendaires. »

« Je vous souhaite bonne chance pour le trouver. Contrairement aux quatre autres, aucune nouvelle ne fût donnée à son sujet. Nous ne savons pas où il se trouve. »

« Pas grave, ne vous inquiétez pas. Nous allons juste nous reposer dans une auberge pour la soirée et nous repartirons presque aussitôt. »

« Comme vous le désirez, je vous fais confiance à e sujet. Vous voulez donc dîner avec nous tous ? Je pense que la moindre des choses est de vous offrir le dîner et les chambres pour la soirée. Je suis sûr que les autres sorciers seront d’accord. »

Tous hochèrent la tête positivement tandis que le jeune homme souriait. Puisque c’était aussi gentiment proposé, pourquoi il refuserait ? Il signala la proposition à Elen et aux autres, tous se mettant alors en route pour accompagner le gnomold et ses amis.

« Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde que cela. Ca en est presque étrange. Mais vous avez vu, c’est le grand archimage ? »

« Quoi ? Tu étais pas au courant ? Paraitrait qu’il est par ici pour étudier la situation par rapport au dernier des monstres légendaires. Tu sais, notre emblème, l’aigle bicéphale, rien de plus, rien de moins hein ? Enfin bon … »

Hum ? Bizarre que dans son petit village, il n’avait jamais entendu le nom d’Ernold mais en même temps, il était assez reculé. Par contre dans les autres villes, il était plutôt connu. En même temps, il ne savait pas auparavant ce qu’était réellement Omnosmos donc bon … il n’était franchement pas très doué.

« Des fois, je me demande si je ne suis pas un parfait imbécile. »

« Si tu veux la réponse à cette question, je peux te dire : oui. Voilà, de rien Tery. »

« Toujours aussi agréable et sympathique, Manelena. Merci de ton aide inutile. Aucun problème à ce qu’ils nous invitent ou non ? » demanda t-il alors qu’elle semblait justement en avoir un bien qu’elle fit un geste de la main, déclarant :

« J’aurai qu’à t’expliquer quand tu seras seul, tu verras que c’est pas compliqué. »

Hein ? Elle n’allait pas l’insulter ou autre ? Elle était même plutôt sérieuse. Bon, puisqu’il en était ainsi, il n’avait aucune raison de refuser. Ils arrivèrent à ce qui semblait être la meilleure auberge de la ville. Vu qu’ils étaient presque une vingtaine, ils ne passèrent pas inaperçus mais Ernold arriva auprès d’eux, leur demandant d’aller chercher les chambres dont ils avaient besoin et donc les clés.

« Dès que tu auras fini, tu viendras dehors, compris ? »

Manelena lui avait encore chuté quelques mots avant de prendre une chambre individuelle. Pour une fois, elle ne comptait pas dormir avec Clari et Elise. Si elle pouvait se permettre de dormir seule, elle n’allait pas s’en priver. Cinq chambres : trois double et deux individuelles. Néanmoins, dès qu’il se trouva dans la chambre avec Elen, il vint dire :

« Désolé Elen, j’ai quelque chose d’important à faire, je reviens vite, compris ? »

« Et ce quelque chose concerne Manelena, j’imagine non ? Sinon, tu me l’aurais précisé, n’est-ce pas ? Ou alors, se pourrait-il que je me trompes ? »

« Pas vraiment. Elle veut me parler au sujet d’Ernold, j’imagine. Tu ne m’en veux pas ? »

« Si, et terriblement. Surtout sur la partie où tu te décides à ne pas me prévenir, c’est ce qui m’affecte le plus, Tery, voilà tout. »

« Pardon … mais c’est elle qui préférait cela. De toute façon, elle n’osera rien faire de mal. Elle ne me frappera pas ou autre, non ? Aie confiance. »

« J’aimerai l’avoir, Tery. Je n’en suis pas si sûre mais vas-y avant qu’elle ne s’emporte pour rien. Tu sais aussi bien que ça arrive un peu trop fréquemment en ce qui concerne. »

Il la remercia d’un baiser sur les lèvres avant de se mettre en route. Alors ? Dans une ruelle sombre et sordide ? Propice aux coups de poignard en plein coeur. Brrr ! Rien que d’imaginer Manelena faire ça le mettait mal à l’aise.

« Je peux savoir ce que tu fous, Tery ? Bon … Il n’y a personne. J’imagine que tu n’as aucune idée de ce pourquoi je t’ai appelé, n’est-ce pas ? »

Il hocha la tête négativement alors que Manelena se trouvait dans son dos, l’ayant forcé à se retourner. Il avait une petite idée du pourquoi de la chose mais bon …

« Est-ce que ça a encore un rapport avec Ernold et les autres ? Que je sache si je pers mon temps ou non à essayer de discuter ou pas. »

« Ca ne sert à rien de discuter et tu dois t’en douter facilement. Bon, c’est bien au sujet d’Ernold, visiblemen, tu as put y réfléchir et … »

« Je t’arrête tout de suite. J’ai encore ce malaise quand je les regarde. Je me doutes parfaitement que quelque chose cloche. C’est beaucoup trop de coïncidences pour qu’ils viennent au même moment à Claudiska comme nous. Mais bon, que veux-tu que l’on fasse ? Se mettre à dos le grand archimage et Omnosmos ? Manelena … »

« Bon … au moins .. ah … »

Elle n’arrivait pas à formuler corectement sa phrase alors que le jeune homme aux cheveux bruns se grattait la joue. Si ce n’était que ça, il s’en doutait depuis le début. Il faut dire qu’il avait encore au travers de la gorge le coup de l’arène.

« C’était tout, Manelena ? Car bon, Elen m’en veut encore de venir te voir discrètement. »

« Qu’est-ce qu’elle peut s’imaginer comme stupidité celle-là. Je me demande comment tu fais pour réussir à être attaché à elle. Un jour, elle causera ta perte. »

« Je ne pense pas que ce jour arrivera. Encore que bon, si un jour, je perd les pédales, je préfère mourir de vos mains plutôt que de celles d’un inconnu lambda. »

« Et arrêtes de parler comme ça. Si j’ai réussi à contrôler ma force, tu peux aussi le faire. »

« Est-ce que tu en es vraiment certaine ? Je ne suis pas … humain, Manelena. »

Le coup de poing rageur qui frappa à côté de son visage le laissa sans voix, la bouche grande ouverte. Il ne voyait pas de sang qui s’écoulait mais les lignes noires étaient bien présentes.

« Ne redit plus jamais ça. Et je ne me répéterais pas. Tu es autant humain qu’un autre. »

« Manelena, arrêtes donc de te faire des illusions. Je commence à entendre une voix dans ma tête, je ne sais plus exactement de quoi elle parle mais je ne veux pas me mentir à moi-même. Manelena, soyons un peu sérieux. »

Second poing de l’autre côté. Il était maintenant bloqué par la femme aux cheveux argentés alors que celle-ci avait ses yeux rubis posés sur lui. Sa tête se rapprocha de la sienne d’un air menaçant avant qu’elle ne reprenne :

« Ne me force pas à être méchante, Tery, ne me force vraiment pas, compris ? »

« Je ne veux pas que tu le sois mais … je veux que tu voies la vérité en face. Elen ne semble pas le comprendre mais toi, tu es raisonnable comme femme, non ? »

« Je ne suis pas plus raisonnable qu’une autre, ne l’oublie jamais, Tery. »

Et voilà qu’elle partait sans même chercher à discuter plus longtemps avec lui. Il déglutit, ayant un poids sur le coeur tandis qu’il réfléchissait à la situation. Bon … d’après ce qu’il avait compris, Manelena n’était pas plus différente qu’Elen par rapport à lui.

« Est-ce que ça voudrait dire qu’elle … est inquiète pour moi ? »

Il ne se trompait pas. Il ne se faisait pas d’illusions mais … il valait mieux ne pas la remercier. Cela serait beaucoup trop dangereux de s’amuser à une telle chose. Dans un tel cas, il préférait alors garder ça pour lui. C’était la meilleure action à faire pour ne pas avoir de problèmes avec Manelena. Comme c’était réglé, il retourna auprès d’Elen, lui expliquant brièvement ce qui s’était passé, Elen marmonnant :

« Tout ça pour ça ? Vraiment, j’aimerai avoir ce qui se passe dans son crâne des fois. »

« Des fois, il vaut mieux ne pas poser trop de questions, tu ne crois pas ? »

« Sûrement … Tery. Sûrement .. Dis, à part le repas, est-ce que tu ne veux pas profiter d’un petit moment d’intimité entre toi et moi, Tery ? »

Elle détourna la tête, gênée à cette proposition qui d’habitude, ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle avait un problème ? Il caressa sa joue, la questionnant doucement :

« Pourquoi pas non ? Il est vrai que cette dernière semaine, nous n’avons pas été seuls. Je ne vois aucune raison de refuser cela, ma belle demoiselle. »

« Vraiment ? Ca ne te dérange pas ? Tant mieux, je suis si soulagée. J’avais peur qu’avec tout cette histoire et les derniers soucis, nous n’ayons pas de temps pour nous. »

« Nous en aurons, tu n’as pas à t’inquiéter pour cela, loin de là. »

Il vient caresser sa joue avec tendresse avant de déposer ses lèvres sur les siennes. La caresse se fit plus insistante avant que la main ne glisse jusqu’à ses hanches. Elle eut un petit hoquet de surprise, regardant Tery en rougissant :

« Ahem, désolée, je ne m’y attendais pas forcément, je dois t’avouer. On patiente ? Et on rattrape cette semaine ce soir, Tery ? J’aimerais … bien, je dois t’avouer. »

« On se rattrapera et plus encore, je peux te le promettre. »

Elle n’avait pas besoin de promesse. Le seul fait qu’il la touche lui suffisait. Ce fût elle qui l’embrassa cette fois, venant se coller à lui de tout son être. Elle remarqua le regard rougi du jeune homme, celui-ci rigolant faiblement avant de dire :

« Hahaha. Visiblement, mademoiselle Elen ne veut pas me quitter. »

« Il en est hors de question, Tery. Si tu veux bien m’accompagner, nous allons nous rendre jusqu’au lit où tu vas gentiment te coucher dessus et moi-même, je vais me servir de ton corps pour me reposer. Qu’est-ce que tu en dis ? »

« Proposition très alléchante et qui m’intéresse. Je suis pour. »

Et hop ! Il souleva Elen à sa grande surprise, celle-ci se laissant faire, ravie du fait qu’il entreprenait ce genre de choses. Elle fût déposée sur le lit, contrairement à ce qu’elle avait dit, le jeune homme la recouvrant de tendres baisers avant de se coucher à côté d’elle. Aussitôt, elle grimpa sur lui, souriant.

Bien qu’ils n’étaient pas fatigués, ils se retrouvèrent vite tous les deux en train de dormir, le jeune homme pressant Elen contre son coeur. Signaler qu’il entendait encore cette voix, de plus en plus souvent, ne mènerait à rien de bon. Il le savait. Il eut un petit soupir dans son sommeil, cherchant visiblement à bien avoir l’être entier de la jeune femme aux cheveux blonds, pour être sûr de ne jamais la perdre.

Chapitre 23 : La violence d’une petite être

Chapitre 23 : La violence d’une petite être

« Ryusuke ? Est-ce que tu veux voir si la Draco t’écoute ? »

« Je ne suis pas sûr que ça soit le cas mais … Draco ? Est-ce que tu me fais confiance pour t’aider dans ce combat ? Si c’est le cas, j’ai quelques idées. »

« … Draco, draco, dra draco draco. » répond la pokémon au long corps cylindrique, se tournant vers lui en hochant la tête positivement.

« Merci alors. On va se focaliser sur le Drakkarmin, il n’y a aucune raison que tu ne puisses pas le battre. Tu me sembles assez puissante aussi, je … »

« FOUTAISES ! Pourquoi est-ce qu’un pokémon sauvage écouterait un adolescent à l’agonie ? DRAKKARMIN ! TUES-LA ! N’hésite pas ! »

Voilà que Naro ordonne à son pokémon de cracher déjà quelques flammes. Malgré la douleur, Ryusuke fait un mouvement de la main pour lui conseiller d’esquiver. La Draco l’écoute sans aucun problème, échappant au jet de flamme avec une aisance certaine.

« Parfait ! Tu te débrouilles bien ! Répliques avec tes propres flammes mais tournes-lui autour ! Tout en même temps si tu y arrives ! »

Voilà que la Draco continue de l’écouter, se mettant à produire des flammes liées aux dragons. Parfait, c’est vraiment parfait, comme il s’en doutait ! Le meilleur, c’est qu’elle l’écoute sans même se poser de questions.

« Fais attention à toi, Draco ! Essaie de provoquer un Ouragan pour l’envelopper ! Il ne peut pas réellement voler de ce que je sais ! »

« Depuis quand est-ce que tu sais te battre avec un pokémon, toi ? C’est quoi cette foutue blague ? Comment c’est possible ? »

Naro est complètement décontenancé par ce qui se passe. Il faut dire qu’il ne s’attendait pas à ce que Ryusuke soit encore capable de se tenir debout mais surtout de combattre. Mais aussi de mettre la Draco à sa cause. Comment as t-il put se faire écouter par un pokémon sauvage ? Surtout un dragon ! Le genre de pokémon qui n’ont d’estime que pour eux normalement ! Pourquoi est-ce que cette pokémon lui obéit ?

« POURQUOI EST-CE QU’UN POKEMON SAUVAGE T’ECOUTE ?! »

« Tout simplement car nous avons le même but. Contrairement à ton pokémon qui te suis aveuglément, cette Draco est là pour m’épauler. »

« Ne te fout pas de moi, ce n’est pas une raison valide et … »

« Tu ferais mieux de t’inquiéter au sujet de ton Drakkarmin au lieu de me parler. » réplique l’adolescent aux cheveux bruns, souriant tout en serrant les dents.

« Comment … DRAKKARMIN ! BON SANG ! ESQUIVE ! »

Mais le pokémon ne peut faire grand-chose par rapport au Draco qui semble s’amuser de la situation avec une aisance assez grisante. Elle n’avait aucun problème à obéir à Ryusuke, ce qui pouvait paraître étrange alors qu’ils se connaissaient à peine. De son côté, Kasiopé n’avait que peu de soucis malgé la faiblesse de son pokémon par rapport au Rapasdepic. Il faut dire que ce dernier craignait plus la dresseuse que le pokémon.

« Alors ? Tu as peur d’une petite décharge électrique ? Ne t’en fait pas, sur le coup, cela risque de te faire un choc mais tu t’y habitueras bien vite. »

En même temps, le Ludicolo n’utilisait aucune de ses attaques liées à la végétation. Pire ! Il profitait du lieu pour que ses attaques soient principalement aqueuses, arrosant le Rapasdepic à distance bien que celui-ci échappait aux différents jets.

« Mais c’est quoi cette blague ? Vous savez pas vous battre ou quoi ? »

Naro est énervé. C’est parfait. Avec la confusion, ses ordres ne seront plus vraiment compréhensibles ses pokémon. Le mieux est de réussir à les battre pour ensuite les délivrer ou alors les confier à des dresseurs plus respectables.

« Ryusuke ! Tu supportes la douleur ou pas ? Comment ça se débrouille de ton côté ? »

« Draco est d’une aide essentielle ! Je ne te mentirais pas que j’ai presque l’impression qu’il s’agit de ma poké mon ! C’est pour te dire à quel poine je me sens en confiance avec elle ! Mais bon, je ne me fais pas d’illusions, ce n’est pas la mienne ! »

« Ne dit pas cela, peut-être est-ce le début d’une belle aventure non ? »

Tsss ! Il n’a pas le temps de rire même si l’idée n’est pas déplaisante ! Déjà qu’il a du mal avec Sirénia alors une autre pokémon ? AH ! Le Drakkarmin semble grandement affaibli ! C’est parfait ! Ils vont pouvoir réussir à le …

« ATTENTION ! DRACO ! IL DEVIENT DANGEREUX ! »

La Draco a à peine le temps d’esquiver le coup de griffe mais les blessures sont là, bien réelles. Elle pousse un petit cri de douleur mais se remet en position, droite et fière, loin d’être prête à reculer devant son adversaire.

« Tu peux y arriver, tu peux y arriver ! Fais exploser ta rage, Draco ! »

Cela peut paraître stupide quand on connaît le nom de cette attaque mais il sait que c’est diablement efficace et c’est le plus important. Les flammes finissent par recouvrir le Drakkarmin. Quand celui-ci arrive à s’en extirper, il est au bord de l’évanouissement.

« Mais vous ne servez à rien ou quoi ? DRAKKARMIN ! RAPASDEPIC ! Inversez vos rôles ! Vous allez leur faire comprendre ! »

Inverser les rôles ? Zut ! Ils n’y avaient pas pensé ! Cela pouvait finir par être très dangereux ! S’il ne jouait plus sur leur force mais plutôt sur leurs différentes capacités, c’était quelque chose de nouveau et donc potentiellement inquiétant.

« Ne t’en fait pas, Ryusuke, ce n’est pas aussi surprenant que ça. Il faut bien que pendant un véritable combat, l’adversaire change de tactique pour espérer avoir une chance ! Nous allons gagner ! Ne t’inquiète pas ! Je sais quoi faire ! Ludicolo … poing-glace. »

Le visage de Naro se distord par la surprise alors que le poing de Ludicolo commence à émettre un froid assez déplaisant dans la zone. D’un coup de poing bien placé, voilà qu’il frappe le Drakkarmin déjà grandement affaibli.

Et ce pokémon tombe au sol, inerte, Naro faisant une mimique qui cache difficilement toute la haine qu’il porte à l’égard du pokémon plante et aqueux. Celui-ci regarde le Rapasdepic qui livre une bataille aérienne avec la Draco qui est de plus en plus blessée.

« Je n’arrive pas … à la garder … enfin à la faire m’obéir, Kasiopé. »

« Ce n’est pas grave, on arrive ! Occupes-toi en ! HYDROCANON ! »

Hydrocanon ? Mais c’est une blague ! C’est quoi cette gamine avec un pokémon aussi fort ? Celui-ci ouvre la bouche, le jet d’eau qui sort de sa bouche percutant le Rapasdepic de plein fouet, le faisant rencontrer un mur de la grotte.

« Draco … Profites de ça … pour le frapper physiquement. »

Malgré les blessures, la pokémon s’exécute et voilà que tout son corps claque comme un fouet contre le crâne de leur adversaire, celui-ci s’écroulant au sol à son tour. Ca en est terminé … c’est fini pour lui. Naro a perdu, hahaha … enfin.

« Tu ne peux plus rien faire contre nous, Naro. Tu n’as aucune arme, nous avon encore nos pokémon pour t’arrêter. Abandonne … »

« Vous avez complètement oublié qu’il m’en reste un hein ? REPTINCEL ! Viens par là ! »

Rien ne se produisit. Aucune présence. Le Reptincel ne se montre pas avant qu’un corps ne vole devant Naro, celui-ci reconnaissant son pokémon de feu.

« Hein quoi ? D’où est-ce qu’il vient ? Qui a fait ça ? Montrez-vous ! »

« Sirénia ? » murmure Ryusuke, surpris alors qu’il aperçoit deux yeux verts au loin.

Sirénia se présente à lui, s’étant téléportée pour arriver à sa hauteur. Sauf que ses yeux ne laissaient filtrer aucune émotion à part de la haine et de la colère. Il jette un regard au Reptincel. Celui-ci vit encore mais ses membres ne sont pas bien placés.

« Sirénia, est-ce que c’est toi qui a fait ça ? »

« Oui … Ryou … Oui. » répète t-elle avant de se retourner vers Naro. Elle se téléporte à sa hauteur, clignant plusieurs fois des yeux avant que Naro n’éructe, cherchant à la frapper d’un coup de poing. Celui-ci fait subitement un angle des plus bizarres par rapport au poignet, Naro s’écroulant à genoux au sol en hurlant de douleur. Elle vient … de lui briser la main ? Mais qu’est-ce qui lui prend de se comporter comme ça ? Elle est folle ou quoi ?

« MA MAIN ! SALOPE ! MA MAIN ! »

« Sirénia ? Arrêtes ça, c’est bon il n’est plus dangereux. Tu peux arrêter. »

« Mal. Ryusuke. Mal. » répète inlassablement la petite pokémon avec colère en fixant Naro, celui-ci ayant des larmes de rage aux yeux.

« Je vais te buter ! JE VAIS TOUS VOUS BUTER ! TOUS ! »

Qu’est-ce que ? De sa main encore valide, voilà qu’il la plonge dans sa veste, en extirpant … un second pistolet ?! Il avait encore une arme ? C’était une blague, n’est-ce pas ? Comment est-ce qu’il pouvait encore ? Mais surtout, il s’était mis à tirer partout, surtout pour tenter de toucher Sirénia qui se téléportait comme si de rien n’était.

« Kasiopé ! Couches-toi ! » crie Ryusuke avant de se jeter sur elle, utilisant le peu de force qu’il lui restait pour la recouvrir de tout son corps. Il entend les balles qui fussent dans tous les sens, Naro tirant presque à l’aveuglette.

« Arrêtes de bouger et prends-toi une balle ! CREVE ! »

Il ne porte aucun intérêt au reste mais Ryusuke sent que le corps de la Draco le recouvre. Elle veut aussi le protéger ? Il n’a pas besoin de ça ! Mais ils ne sont pas à l’abri ! Couchés au sol, oui, mais pourtant, ils sont loin d’être en sécurité. Il tente de ramper avec Kasiopé mais la jeune fille lui chuchote doucement :

« Mieux vaut ne pas bouger. Il peut alors croire que nous sommes mortellement touchés et il ne se préoccupera plus de nous. Il finira bien par ne plus avoir de balles, non ? »

« Je ne sais pas. S’il a un gros chargeur ou autre, je ne suis pas sûr de connaître réellement les pistolets. Déjà que je ne savais pas qu’il en avait un second. »

« Ne bouge pas trop néanmoins. Tu es bien installé ? » demande t-elle dans un petit sourire. Elle a vraiment la tête à s’amuser ? Alors que la situation est plus que dangereuse ? Pourtant, il lui répond dans un sourire :

« Je ne pouvais pas rêver mieux … mais je suis inquiet pour Draco. Comment te portes-tu ? »

« Dra… co. » soupire la pokémon avec difficultés, Ryusuke perdant son sourire.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Kasiopé, s’il te plaît, est-ce que tu peux me pousser ? Je crois que Draco est blessée ! Vite ! »

Il tente de l’aider du mieux qu’il le peut, roulant sur le côté, la Draco toujours sur lui. Du sang ? Elle est blessée ! Ou ça ? VITE ! Inquiet et visiblement affolé, l’adolescent aux cheveux bruns la tâte jusqu’à ce que la pokémon ne pousse un petit cri.

« En plein … centre … Il faut que je te soigne et vite. »

« Tu as de quoi panser ses blessures, Ryusuke ? Je n’ai aucune potion ! »

« On va faire avec les moyens du bord, je n’ai pas le choix. Et Sirénia ? Et ton Ludicolo ? »

Son Lucidolo ? AH ! Elle l’a complètement oublié ! Elle se retourne vers lui, le rappelant dans sa pokéball tandis que Naro est en train de changer de chargeur. Il est déà maintenant en train de tirer à nouveau sur Sirénia qui continue de flotter autour de lui, sans pour autant s’en amuser. Elle ne fait que murmurer quelques mots qui résonnent dans la grotte :

« Blessure. Ryusuke. Mauvais. Mort. »

Et elle arrive à la hauteur de Naro, ses yeux verts posés sur lui. Yeux qui prennent une couleur rose avant que l’homme ne soit projeté en arrière, percutant un mur de pierre qui lui arrache un cri de douleur. Pourtant, il reste debout, continuant de tirer :

« Rien à foutre ! Je vais te buter, qu’importe qu’ils m’achèvent après ! »

Cette fois-ci, elle ne cherche plus à esquiver. Ses pouvoirs psychiques repoussent les balles alors qu’elle flotte vers lui. Peu à peu, l’homme devient de plus apeuré, criant :

« DEGAGES ! NE T’APPROCHE PAS ! MONSTRE ! RECULE ! »

« Blessure Ryusuke. Grave. Blessé … PRESQUE ! »

« Je ne comprends rien à ce que tu racontes ! Disparais de mon champ de vision ! PRENDS-TOI CA PUISQUE TU N’AIMES PAS LES BALLES ! »

C’est un monstre ! Cette Tarsal est un monstre ! Comment est-ce qu’elle peut encore tenir debout ? Il a envoyé son pistolet dans la tête mais elle ne semble même pas réagir ! C’est un monstre ! Elle ne peut pas être normale ! C’est pour ça qu’ils la recherchent ? Parce qu’elle est différente ? Elle n’est pas chromatique ! Elle est différente ! Totalement différente !

« DISPARAIS ! JE T’AI DIT DE DISPARAÎTRE ! JE NE VEUX PAS TE VOIR ! »

Mais tout ce qu’il dit est parfaitement inutile. Elle est impossible à arrêter ! Elle finit par se retrouver face à lui, quelques centimètres. Il tente de glisser sous elle mais les pouvoirs psychiques de la pokémon le paralysent contre le mur.

« Kasiopé … j’ai réussi, avec ce que ce que je pouvais … faire de mieux. »

Un bandage avec un morceau de tissu mais la blessure est sale, très sale. La balle a transpercé la Draco qu’il regarde avec inquiétude. Lui-même se demande comment il peut encore avoir la force de rester conscient. Il n’est pas vraiment debout, seulement avachi sur la Draco qui le regarde de ses grands yeux.

« Pardon … garrot de fortune, je n’ai rien d’autre à te proposer, tu ne devras pas perdre ton sang mais il faudra te faire soigner. Désolé … »

La pokemon hoche la tête faiblement comme pour lui montrer que ce n’est pas grave. Elle s’est chargé de les protéger tous les deux bien qu’elle soit une pokémon sauvage. Elle estimait que c’était son rôle de réagir ainsi. Elle ne pouvait s’en vouloir qu’à elle-même et encore.

« Faire de toi ? Quoi moi faire de toi ? »

La petite Tarsal continue de répéter cela alor que Ryusuke remarquait quelque chose d’étrange chez elle. Pas seulement ses paroles et ses actes, il y avait autre chose mais il n’arrivait pas à savoir quoi exactement. Si, il le sait maintenant. Le corps de la Tarsal était en train de s’illuminer, peu à peu.

« Ce n’est pas ce que je pense, Kasiopé ? Elle n’est pas … »

« Si, Ryusuke. Sirénia est en train d’évoluer. Et je ne sais pas si cela est rassurant ou non vu son comportement à l’heure actuelle. Fais attention à toi, Ryusuke. »

Il ne peut pas vraiment bouger, ce n’est pas comme s’il allait chercher à arrêter Sirénia. Mais il la voit grandir à travers cette forte lumière. Elle est en train de grandir. Il peut apercevoir aussi ses petites jambes ainsi que sa jupe. Il sait en quoi elle va évoluer. Il sait parfaitement … mais comme elle n’a pas la même apparence que les autres, il est inquiet.

Et elle apparaît finalement devant lui : 80 centimètres de hauteur, une belle jupe blanche mais ses jambes étaient rouges, comme sa chevelure. Quant à ses cornes et ses yeux, l’émeraude était la teinte principale de tout cela. La Kirlia se tourne vers Ryusuke, petit sourire aux lèvres avant de chuchoter dans sa tête :

« Plus personne ne te fera du mal, Ryusuke. »